Chapitre 11 : Lunard, Queudver, Patmol et Cornedrue

 
« Je dois le reconnaître, ce double-jeu est excitant ... Je ne jouais pas seulement avec les Maraudeurs, je jouais aussi avec moi-même. Je jonglais en permanence entre la tueuse et l'actrice. Mais ce soir, j'ignore laquelle des deux je suis vraiment. »
 
 
Chapitre 11 : Lunard, Queudver, Patmol et Cornedrue




| 22 novembre 1976 – Poudlard – Dortoir des filles – 21h |

Trois petites semaines s'étaient écoulées depuis l'affaire du Boucher de Londres. Trois semaines pendant lesquelles les cours s'étaient enchaînés, tout comme les entraînements de Quidditch, les farces des Maraudeurs... Une certaine routine s'était mise en place et je ne la trouvais pas si désagréable que ça en fait. J'apprenais de plus en plus à connaître les Maraudeurs, à me rapprocher d'eux. C'était de l'illusion bien sûr, car je me maudissais bien assez de me comporter de la sorte. Ma mission m'obligeait à ne pas être moi-même. J'incarnais un double personnage en permanence : avec eux, la tueuse se rendormait, laissant place à une fille normale. Puis, dès que je me retrouvais seule, l'assassin reprenait ses droits. Si j'avais avancé encore un peu avec mes cibles, en trois semaines, j'avais également trouvé le temps de faire quelques petits extras pour mon père. Je m'étais engagée dans deux traques se soldant par l'exécution de mes proies.
 
Ce double-jeu m'excitait, je dois le reconnaître. Je ne jouais pas seulement avec les Maraudeurs, je jouais aussi avec moi-même. C'était un jonglage permanent entre la tueuse et l'actrice. Il fallait que je sois capable de rendormir la bête en moi aussi vite que je la libérais. Mon jeu de masque devait être parfait.. et je dois avouer qu'il ne l'était pas toujours. Je lui trouvais des failles en ce moment. Heureusement, cela n'avait jamais eu de conséquences pour le déroulement de ma mission, mais je devais faire attention.
 
-       Prue !
 
Je tournai la tête vers Evans. Elle venait de sortir de la salle de bains pour se faire belle. Elle et Cindy allaient rejoindre les Maraudeurs pour une bataille explosive dans la salle commune. Un jeu de cartes version sorcier qui animait de nombreuses soirées.
J'eus un sourire en coin en voyant Lily se regarder une dernière fois dans le miroir. Elle avait beau râler après James et lui trouver tous les défauts imaginables, son attitude prouvait qu'au fond d'elle, elle se sentait attirée. James avait raison de ne pas perdre espoir. Il était loin de la laisser indifférente, je n'avais aucun doute là-dessus. Je fus amusée de la regarder avec indifférence d'ailleurs. Au début, j'avais pour plan de l'éloigner de James, pour enterrer définitivement leurs chances de finir ensemble, afin de ne pas avoir à la supporter. Depuis mes découvertes sur les nés-moldus, sa présence n'était plus un problème.

-        Hmm ?
-        Tu es sûre de ne pas vouloir venir jouer ?
-        Certaine. Je suis un peu fatiguée, je ne vais pas tarder à aller me coucher.
-        Ok, mais si tu changes d'avis, n'hésite pas à venir, les garçons en seraient ravis.
 
J'acquiesçai, la regardant quitter le dortoir pensivement. Lily Evans... les Maraudeurs... ils m'avaient amenée à faire des recherches, à me remettre en cause sur un sujet qui me tenait à c½ur. Un sujet sensible. Je soupirai en y repensant, regardant à nouveau vers le parc à travers la fenêtre. C'était l'unique problème de cette mission... et il était de taille : je me rendais compte que ce « nouveau monde » ne correspondait pas tout à fait à celui auquel je m'attendais. Mon père m'avait bourrée le crâne d'idées que je croyais vraies et qui se voyaient souvent contredites. Cela m'énervait souvent parce que des questions auxquelles je pensais avoir les réponses se trouvaient à nouveau dans l'incertitude.
 
Comme si cette remise en question n'était pas suffisamment difficile à encaisser, je me rendais compte que j'étais parfois un peu trop ... naturelle dans mon rôle avec les Maraudeurs. Dans des instants comme celui-là, où je me retrouvais seule pour réfléchir, je repensais à certains moments passés avec eux. En prenant du recul, je m'apercevais que j'entrais souvent dans des jeux qui n'étaient absolument pas obligatoires pour mener à bien ma mission. Cela me menait souvent à m'énerver contre moi-même et à penser des trucs du style :
« Pourquoi j'ai fait ça... ?! Moi, Prudence Jedusor, fille du Seigneur des Ténèbres, ose répondre aux provocations d'un loup-garou au travers de regards ou de répliques, entrer dans le jeu du traître Sirius en faisant mine de répondre à sa drague, trouver un capitaine compétent en la personne de James... »
Je détestais ces instants où je prenais conscience que mes cibles n'étaient pas si détestables que ça... que les moments passés avec eux n'étaient pas si difficiles à supporter. Je me rendais compte que je n'avais pas besoin de jouer un rôle complètement faux. Même si parfois j'agissais par intérêt, tout n'était pas qu'illusion.
Il était là le souci. Le c½ur du problème. Je me rendais compte que parfois, mon jeu de rôle se mélangeait. Il arrivait que la tueuse et l'actrice se confondent. Que je ne sache plus vraiment si j'étais en train de jouer ou si j'étais naturelle. Je remarquais cette confusion de plus en plus souvent. Il faut dire aussi que rien ne jouait en ma faveur. Je devrais me tenir loin de Remus, qui me déstabilisait sans arrêt, mais ma mission m'obligeait à rester.Je devrais tuer la née-moldue qu'est Lily Evans, mais la science prouvait qu'elle ne pouvait pas être une voleuse, et elle prouvait chaque jour qu'elle n'était pas inférieure.
Je devrais massacrer Sirius pour toutes les insultes envers sa famille, mais je n'étais pas là pour faire respecter les Mangemorts, au contraire.
Au final, j'étais constamment en train de calmer la louve enragée en moi alors qu'elle ne demandait qu'à attaquer. Pas par haine. Pas par besoin de tuer. Non, je voulais en finir parce qu'il m'était difficile de constater que plus les jours passaient, et plus la vérité à laquelle j'étais confrontée risquait de tout remettre en cause. Je me sentais perdre l'équilibre.
Je sentis la colère monter d'un coup en voyant mon reflet dans un carreau de la fenêtre et frappai dedans, causant un gros impact. Je ne supportais pas de voir l'incertitude dans mon regard... de la sentir au fond de moi. Il fallait que cette mission se termine. Je commençai à déraper au bout de deux mois, alors je ne tiendrai jamais plusieurs années.
« Pourquoi ne pas les tuer maintenant au lieu d'attendre qu'ils gênent ?! On n'a pas besoin d'eux pour triompher ! »

-         Morts, ils ne me servent à rien, murmura une voix dans la pièce.

Je bondis du rebord en sortant ma baguette, scrutant la pièce avec attention. Je ne voyais personne, mais j'étais persuadée que cette voix n'était pas mon imagination.

« Bon sang, qui a parlé ? »
« Parlé ? Non... Je suis dans ta tête, Prue, comme d'habitude... Ouvre ton esprit »
« Père... ? » pensai-je surprise.
« Et oui. J'ai enfin réussi à entrer dans ta tête. Ça devient de plus en plus difficile ces derniers temps. Tu es très... fermée »

Sa voix glaciale résonnait dans ma tête plus clairement maintenant que j'avais baissé ma défense psychique. Je rangeai ma baguette et me remis à la fenêtre. Heureusement qu'il n'avait pas entendu mes pensées au sujet des Maraudeurs et de la née-moldue quelques secondes plus tôt. Je sentis malgré moi un frisson me parcourir la nuque à l'idée qu'il ait pu surprendre ce débat mental que je menais depuis quelques minutes. Je secouai la tête. Je ne devais pas penser à ça. Père était dans ma tête, mes pensées étaient accessibles.

« Il le faut... »
« Comment ça se passe ? »
« Les Maraudeurs m'apprécient. Je vais même les accompagner demain soir pendant la pleine lune... ça devrait renforcer les liens... »
« Bonne initiative. Fais absolument tout pour devenir une amie proche.»
« C'est ce que je fais, oui »
« Bien. Et Dumbledore ? »
« Quoi Dumbledore ? »
« Il ne t'a pas encore accostée ? »
« Pourquoi, il va le faire ? »
« Certainement. Tu as raté l'épreuve des BUSE qui se passe en cinquième année. Il voudra sans doute te convoquer pour valider tes compétences avant de t'inscrire aux ASPIC pour l'année prochaine »
« ... Il n'y aura pas de problème avec ça. Je m'en sors très bien »
« Il vaut mieux pour toi. Si je t'ai fait intégrer l'école, c'est pour que tu puisses passer ensuite la formation d'Auror, alors ne te plante pas dans les matières importantes »
« Rassurez-vous Père, j'ai de très bons résultats jusqu'à maintenant »
« Fais en sorte que ça continue. Je te recontacterai plus tard pour te faire parvenir ton nouveau contrat. »
« Reçu »
« Encore bravo pour ta traque de la semaine dernière. Jack m'a raconté... c'était une belle chasse. Celle des vacances te plaira, il y a huit cibles au total »
« Hum... sacré défi. Excitant. »
« Retiens tes pulsions envers les Maraudeurs en attendant »
« Ok. A bientôt père. Il faudra qu'on parle à mon retour »

La connexion se rompit et je fermai à nouveau mon esprit. Je soupirai en repensant à cette conversion. Pourquoi je me sentais mal à l'aise ?
Je chassai mes doutes pour me concentrer sur les nouvelles informations. Dumbledore. Voilà un sujet qui devrait m'occuper l'esprit. Père avait certainement raison, je n'allais pas tarder à voir mes compétences testées. Mes compétences... cela me fit penser à mes pouvoirs un peu particuliers qui me permettaient d'user de certains sortilèges sans baguette. Je maîtrisais bien la télékinésie... mais j'avais toujours quelques soucis avec le feu quand les émotions prenaient le dessus. Je secouai la tête. Il n'y avait aucune raison pour que je perde le contrôle en la présence de Dumbledore. Je serai en parfaite possession de mes moyens. Il ne fera rien pour me déstabiliser. Il vaudrait mieux en tout cas. Une fois, j'avais mis le feu à mes appartements... Pour me tester, mon père avait mis un Epouvantard dans ma chambre. J'avais tellement eu peur qu'il prenne la forme de ma terreur que j'avais répandu une vague de feu sur lui avant qu'il se transforme, sans parvenir à arrêter l'incendie. Un dérapage qui aurait pu réduire en cendres le manoir de mon père et toutes les personnes qui s'y trouvaient.




|23 novembre 1976 – Poudlard – Cours de Défense contre les Forces du Mal – 8h|

Les cours de Défense contre les Forces du Mal étaient un jeu d'enfant pour moi. Pour la plupart des sortilèges que l'on voyait en cours, j'avais l'impression de faire des révisions. J'avais appris à combattre toute forme d'obstacle aussi bien moldu que magique depuis mon enfance. Alors autant dire qu'il était impossible de me coller dans cette matière. Que ça soit en théorie, ou en pratique. Et ne parlons pas des duels... j'étais l'incontestable numéro une, absolument imbattable. Le professeur était impressionné par mes compétences. J'avais un niveau bien plus élevé que les autres élèves.

-        Prue...

Je tournai la tête.

-         La pleine lune est demain soir... toujours partante ? me chuchota Sirius.
-         Toujours.
-         ...
-         ...
-         Toujours aussi bavarde...
-         Je ne suis pas habituée à faire la conversation. Tu devrais le savoir maintenant.

Il sourit.

-         J'étais comme ça au début.
-         Au début ?
-         Ouais. Je refusais de m'ouvrir... une véritable carapace blindée.
-        Et qu'est-ce qui t'a changé ?
-         L'amitié.
-        Ah... Je crois que je vais prendre ton exemple.
-         Je me ferais un plaisir d'être ton prof, dit-il avec son éternel sourire charmeur.
-      Monsieur Black ! Veuillez suivre mon cours, s'il vous plaît ! Ou si ça ne vous intéresse pas, ne dérangez pas les autres ! aboya le professeur.
-        Oui, monsieur, répondit-il sur un ton de gamin qui fit sourire la classe.
-        Miss Hunt, je vous autorise à lui donner un coup de livre s'il vous ennuie.
-        C'est noté ! dis-je en lançant un regard amusé à Sirius.
-        Tu ne ferais pas ça à ton Sirius adoré hein ?
-         ... ... Bien sûr que non.

Il lança un regard provocateur au prof.

-        Je préfère régler mes comptes en duel, ajoutai-je. Ça fait longtemps que je ne t'ai pas fait tester la solidité des murs...

Ce fut au tour du professeur de sourire à Sirius, après quoi il reprit ses explications. Sirius fit semblant d'être renfrogné, mais je savais bien que ce serait passé dans cinq minutes. M'affronter en duel était synonyme de bien des misères pour mes adversaires. Ce n'était un secret pour personne. En cours, lors des séances pratiques, les élèves ne m'affrontaient que par deux et une fois que j'avais gagné, j'affrontais le professeur. Maxwell était très impressionné à chaque fois et me choisissait souvent pour faire des démonstrations. Il faut dire aussi que je lui mettais systématiquement une raclée. J'étais la « bête noire des duels ». Pourquoi diable ce surnom me décochait toujours le même sourire ? Ah... s'ils savaient tous qui j'étais réellement... ils comprendraient qu'ils n'ont pas la moindre chance de me battre. Comme personne d'autre d'ailleurs.




|Salle commune des Gryffondor – 17h45|

Je faisais tranquillement mes devoirs quand les Maraudeurs arrivèrent. Je relevai la tête l'espace d'une seconde, juste le temps de les voir m'adresser un grand sourire, avant de me replonger dans ma rédaction pour ne pas perdre le fil de ma réflexion. Je les entendis s'asseoir autour de la table, m'agaçant quelque peu. N'y avait-il donc aucun moyen de bosser pénarde ?

-       Hey ! T'as le don de disparaître toi ! taquina James.
-      C'est toi qui as le don de me perdre, répondis-je sans me détacher de mon parchemin.

Ils gardèrent le silence plusieurs secondes, comprenant qu'il ne fallait pas trop me déranger quand je travaillais.

-       T'en as pas marre de bosser ? demanda Sirius. T'arrêtes pas !
-       Je préfère m'avancer, histoire de ne pas me laisser déborder.
-       Gryffondor a vraiment gagné une bonne élève ! Tu es aussi forte que Lily !
-       ...Merci...

Le simple fait de me rappeler des talents incontestables d'une Sang-de-... – putain c'est vraiment dur de s'y faire – d'une née-moldue suffit à m'agacer, car je repensais à tout le reste. Les Maraudeurs étaient doués eux aussi, comme tout bon Sang-Pur qui prend la peine de travailler un minimum. Mais ils se faisaient toujours plantés sur les questions de cours qu'ils n'apprenaient jamais. Il n'y a que Remus qui bossait un peu ses leçons.

Je mis un point final à mes devoirs et commençai à ranger mes affaires. Ça faisait du bien de se dire que j'avais enfin terminé.

-        Ça te dit de venir faire un tour avec nous ? proposa Sirius.
-        Oui, avec plaisir.

J'aurais préféré rester seule un peu, mais consentis tout de même à les suivre.

-          Une minute ! leur dis-je en montant dans mon dortoir.

Je balançai mon sac au pied de mon lit et redescendis aussitôt.

-          C'est bon !

On se balada un peu, à travers les couloirs, le parc... Ils me parlaient de Poudlard, me racontaient des anecdotes, et je les écoutais avec attention. Seul Remus restait silencieux. Il n'était pas sur le qui-vive aujourd'hui. Peut-être qu'à force d'être avec eux, je devais moins dégager de sentiments négatifs.

-        Parle-nous un peu de toi, fit Sirius.
 
Cette question revenait régulièrement. Les Maraudeurs profitaient toujours de la moindre occasion pour me relancer sur le sujet.

Je trouvais qu'ils avaient le disque sérieusement rayé. S'attendaient-ils à une version différente chaque fois qu'on abordait le sujet ?
 
-       Tu peux me reposer la question tous les mois, la réponse restera inchangée. J'ai grandi à l'orphelinat, j'ai pris des cours là-bas et je suis venue ici. Heureusement que j'ai eu un très bon professeur parce que l'année prochaine on a les ASPIC et que je dois absolument les avoir si je veux entrer au Ministère et pouvoir me construire une vie. Fin de l'histoire.

Je savais bien que s'ils me reposaient la question de temps en temps, c'est parce qu'ils voulaient avoir plus de détails, mais je m'obstinais à leur donner toujours les mêmes lignes de ma soi-disant vie. C'était le seul moyen de ne pas m'embrouiller en racontant un passé qui n'était pas le mien et où je pouvais me trahir. Remus pouvait sentir le mensonge alors il ne fallait pas que je m'étale.

-         Plutôt courte, plaisanta James.

Je m'arrêtai de marcher. Je n'aimais pas parler de mon passé. C'était le seul sujet sur lequel j'avais de grosses difficultés à mentir. Déjà parce que je devais leur tenir un discours complètement faux qui pouvait éveiller la suspicion de Remus à cause de ses sens sur-développés. Et ensuite, parce que ça me faisait penser à mon vrai passé, et à ce que j'étais réellement : la fille d'un tueur en puissance et tueuse à gages... ça me ramenait dans mon enfance. Mes origines. Cette fameuse nuit est toujours gravée dans mon esprit, comme une plaie constamment à vif. Cette nuit qui a fait basculer ma vie et qui m'a envoyé directement en enfer pendant plusieurs années. Un enfer dont je suis ressortie pire que démon, avant que je retourne au manoir de mon père.

-       Tu sais, je n'ai pas grand-chose à dire. Pour moi, ma vie commence depuis cette année. Avant... il ne se passait rien. Tous les jours se ressemblaient.
-         Et ils se constituaient de quoi tes jours ? demanda Peter.
-        Hé, stop ! coupa Remus. Elle ne va pas faire une biographie complète et détaillée non plus.

Je le regardai avec une certaine reconnaissance. J'interceptai un regard amusé et complice entre James et Sirius qui me frustra, devinant leurs pensées.
« Que ce genre de conneries reste dans vos têtes messieurs, parce que si elles en sortent je vous les ferais ravaler ! »
 
-         Bon, faut qu'on descende aux cachots, on a une blagounette à faire à nos chers ennemis Serpentard... lança Sirius. Vous venez ?
-            Pas tout de suite, j'ai une ronde à faire, rappela Remus.
-            Ah oui, c'est vrai... et toi Prue ?
-            Et bien... chaque fois que je me retrouve avec des Serpentard en dehors des cours ça dérape... alors...
-             Ok, bonne balade avec Remus, me dit Sirius avec un clin d'oeil.
 
Je haussai les sourcils devant l'air taquin de Black. Les trois Maraudeurs tournèrent les talons et s'éloignèrent avec entrain. Je me détournai pour continuer la ronde, aux côtés de Remus. On marcha tranquillement dans le silence jusqu'à ce qu'il prenne la parole.
 
-        Ça tombe bien que tu sois restée... commença Remus. Je voudrais te parler...
-        Je t'écoute.
-        C'est par rapport à demain soir...
 
Je ricanai et le stoppai de suite en lui barrant la route.
 
-         Je te préviens, si c'est pour me dire que finalement tu ne veux pas que je vienne, tu perds ton temps, dis-je catégorique.
-         Prue s'il te plait écoute-moi.
-         Non Remus. J'ai été claire. Demain soir je viens avec vous.
-         Je pensais pouvoir arriver à le supporter... mais je n'arrête pas d'y penser depuis que l'échéance se rapproche. Ça me ronge de savoir que tu seras là.
-         Et moi ça me démange de t'en coller une pour te remettre les idées en place, renvoyai-je un peu froide.

Il baissa les yeux. Je remarquai qu'il était effectivement assez tendu. Il se triturait nerveusement les mains. Je posai ma main dessus pour le stopper.
 
-           Ça va très bien se passer Remus... tu auras juste un partenaire de plus.
-           Et si je te blessais ?
-           Tu n'auras aucune raison de me blesser...
-           Tu ne peux pas prévoir la réaction que j'aurai en te voyant... moi-même j'en suis incapable.
 
Je serrai un peu plus ma main pour essayer de le rassurer.
 
-            Regarde-moi, intimai-je en lui relevant le menton. Arrête de douter de toi... tout ira bien. Ne t'inquiète pas. Et puis demain on fait nos retrouvailles, lui dis-je plus doucement avec un clin d'oeil, ça ne peut que bien se passer.
 
Il sourit à mon allusion à notre combat contre les centaures. Moi par contre, je me sentis déstabilisée en pensant à la véritable portée de mes paroles. Demain, j'allais réellement retrouver celui qui m'avait sauvée la vie. Cette fois, il n'y aurait pas de combat, pas de poursuivants... Rien qui puisse gâcher ce moment.

-          Je ne peux pas m'empêcher de redouter ce moment... dit-il. Ça m'angoisse, tu peux comprendre ça ?
-            Non...
 
Remus me prit la main pour la poser sur son coeur. Le courant qui me traversa en sentant ses pulsations affolées me fit frémir. Je perdis toute mon assurance. Je n'aurais su dire si c'était le fait de ressentir sa peur... ou de sentir son coeur battre aussi furieusement contre ma main. 
 
-           Et maintenant...? demanda Remus.
 
Je levai les yeux sur lui, me sentant perdre pied comme à chaque fois. Peut-être même plus. Je n'étais pas habituée à sentir la vie sous mes doigts... j'étais davantage familière avec la mort.
 
-            Je la sens... mais je ne la comprends toujours pas... soufflai-je.
 
Il soupira, un peu exaspéré. Je fis glisser mes mains jusqu'à ses trapèzes et entrepris de le masser doucement. Je souris en repensant à la salle commune il n'y a pas si longtemps que ça, lorsque c'est lui qui m'avait massée pour me détendre.
 
-             Quelle boule de nerfs, narguai-je en l'imitant, une vraie brique !
 
Remus eut un rire nerveux à mon allusion.
 
-         Tu ne peux pas m'empêcher de me faire un sang d'encre... Je ne me le pardonnerais jamais si je venais à te blesser.
 
Je pinçai volontairement ses muscles, lui arrachant un gémissement.
 
-        Primo, tu ne me blesseras pas. Et secondo... même si tu venais à déraper... penses-tu sincèrement que c'est parce que tu seras dans le corps d'un loup-garou que je ne te mettrai pas une raclée ? provoquai-je. Aurais-tu oublié qui je suis...?
-        La pro des duels. Miss Imbattable.
-        Exact. Je te ferais mordre la neige si jamais tu lèves une griffe sur moi !
 
Il rit doucement, et je repris mon massage tranquillement. Je sentais son regard posé sur mon visage alors que j'étais concentrée sur mes gestes. Je ne voulais pas croiser son regard, pas quand nous étions si près.
 
-            Détends-toi Remus... m'exaspérai-je en le sentant toujours aussi tendu.
 
Remus eut un sourire en coin et me regarda avec un air taquin.
 
-            Tu ne m'y encourages pas...
 
On avait bien échangé nos rôles cette fois. Je m'arrêtai de le masser, affichant une mine réprobatrice.
 
-             Tu as retrouvé ton humour, je crois qu'on peut continuer notre ronde.
 
Je fis à nouveau glisser mes mains en m'éloignant, sentant au passage la musculature de son torse. On se sourit avant de reprendre notre marche à travers les couloirs.
 
Après une bonne demi-heure, je laissai Remus devant le bureau directorial pour qu'il aille faire son rapport à Dumbledore.
 
-           A tout à l'heure, lui dis-je en m'éloignant.
 
Je repris ma route, en direction de la Grande Salle. La balade avec Remus avait été agréable. Comme à chaque fois qu'on se retrouvait tous les deux d'ailleurs. C'est bien ce qui me dérangeait. Je me sentis à nouveau en proie à la confusion en repensant à ce qu'il s'était passé concernant ses inquiétudes. Je n'avais pas agi dans le but de faire un pas de plus dans son cercle. Je n'avais même pas pensé à ma mission. Je m'étais exprimée spontanément pour le rassurer. J'aurais pu rester loin de lui, mais j'avais profité de l'occasion de franchir ses limites, de jouer avec, de le provoquer... Le courant électrique qui m'avait parcourue en sentant les battements de son c½ur était bien réel. Cette curiosité à découvrir ses formes sous sa tenue en parcourant son corps m'avait bien piquée. Le tout m'offrant une fois de plus l'occasion de me rapprocher de lui, de renforcer nos liens... Illusion ou vérité ? Actrice ou non ? Est-ce qu'à force de faire semblant constamment ça devenait naturel ? L'avais-je manipulé sans même y penser ? Ou voulais-je réellement entrer dans ce jeu... découvrir cette personne... cette personne dont le côté animal m'avait sauvée la vie ? Est-ce à cause du loup au fond de lui que je me sentais attirée comme un aimant ? Ce soir, je l'avoue, j'ignorais qui j'étais, et dans quel but j'agissais vraiment.
 
~ Point de vue de Remus ~
 
Je regardais Prue s'éloigner dans le couloir, le sourire aux lèvres. J'avais encore une fois passé un bon moment en sa compagnie. Je n'arrivais pas à me lasser de sa présence. Elle avait ce don de me faire frémir. J'adorais son caractère de pitbull et son masque froid, qui cachaient une personne gentille et agréable. Elle arrivait à me rassurer sur ma condition... à balayer mes doutes. C'était apaisant. D'un autre côté, elle me faisait flancher. Le simple contact de ses mains m'avait irradié le corps. C'est dans ces moments-là que j'avais l'impression d'avoir reçu un sortilège de Confusion. Je me sentais incapable de réfléchir, comme pris d'une soudaine fièvre. Elle était capable de me paralyser, d'enfermer mon esprit dans un étau. Je fermai les yeux et posai ma main sur le coeur, pour revivre ce court instant. Etait-ce seulement la peur qui m'avait fait bondir le rythme cardiaque à ce moment ? Je souris à cette pensée. Sûrement pas !
 
| . . . |
 
Ça y est, l'heure avait sonné. L'heure du loup. Cet horrible moment où la lune ordonne au monstre réfugié en moi de prendre possession de mon corps d'homme. Comme toujours, incapable de refouler plus longtemps la bête qui ne demandait qu'à sortir, je tombai à genoux sur le plancher de la Cabane Hurlante pour me soumettre à la métamorphose. La douleur me submergea par vagues de plus en plus puissantes. Je sentis mes os se tordre dans tous les sens, mes muscles se modifier... c'est comme si tout en moi se déchirait. Aucune parcelle n'était épargnée par cette torture. Je me sentis grandir... mes muscles se développèrent et se durcirent, les mains sur mon visage déformé s'allongèrent. Encore quelques secondes atroces, et je parvins à respirer normalement. La douleur, bien que toujours présente, cessa d'augmenter. C'était enfin terminé.
Je n'étais plus moi-même. J'étais devenu la bête. Le loup-garou affamé de proie. Bon sang ce que j'avais faim. Je ne pensais qu'à ça. Je voulais partir à la chasse, courir sans m'arrêter, sans jamais ressentir de fatigue... me battre contre tout assaillant. Mais je ne pouvais pas encore me livrer à mon rituel. Mes compagnons n'étaient pas encore arrivés. Je me mis à tourner en rond, impatient. J'étais plus nerveux que d'habitude. Beaucoup plus. En fait, j'avais un grand besoin de me défouler. J'avais une grosse quantité d'énergie à dépenser.
 
J'arrêtai de tourner en entendant les habituels bruits de sabots précédant l'arrivée de mes compagnons. Je tendis l'oreille, les yeux rivés sur la porte défoncée. Elle s'ouvrit doucement, et j'aperçus le grand chien noir avec lequel j'aimais bien jouer. Le cerf aussi était là. Toujours aussi appétissant. Je me souvins de ses redoutables coups de bois qui m'avaient plus d'une fois rappelés à l'ordre lorsque je le sentais de trop près... mieux valait patienter de trouver une autre proie. Et puis il était amusant lui aussi à être fidèle au rendez-vous. Le rat était sur son dos, comme d'habitude, me fixant curieusement en faisait bouger ses moustaches.
J'entendis d'autres bruits, plus étouffés. Plus discrets. Quelque chose se rapprochait. Le chien et le cerf s'écartèrent pour laisser entrer... un loup. Un grand loup noir. Un courant me parcourut le corps.
Que faisait-il là ? Qui était-il ? Il me rappelait vaguement quelque chose... Mon esprit se focalisa lorsque le nouvel arrivant amorça un pas vers moi. Je retroussai les babines, émettant un grognement préventif. Il était sur mon territoire, hors de question d'empiéter dessus sans autorisation. J'ignorais pourquoi mes compagnons m'avaient amené un rival, mais il allait très vite déguerpir. Le loup continua d'approcher, calmement, me fixant de ses yeux bleus. Il n'émettait aucune signe menaçant. Aucune provocation. Il ne se comportait pas comme un loup normal face à un autre. Il ne semblait pas vouloir se battre. Moi par contre, la rage montait. Je n'aimais pas ce genre de surprise. J'hérrissai les poils et grognai de plus belle, prévenant mon adversaire qu'il n'allait pas tarder à sentir mes crocs dans sa nuque s'il continuait à avancer. Mais le loup ne s'arrêtait pas, poursuivant sa lente progression vers moi.
Excédé, je bondis sur lui en poussant un rugissement. Ma mâchoire se referma sur la gorge de mon adversaire cloué au sol. Saisi par une irrésistible soif de sang, j'augmentai la pression en serrant la mâchoire. Mes crocs percèrent la chair tendre, et je sentis le liquide chaud au goût si exquis se répandre dans ma gueule. L'envie d'arracher la chair me démangeait, je me sentais perdre patience. Mais quelque chose me percuta violemment, me projetant un peu plus loin. Je me relevai pour faire face au cerf, tête baissée, prêt à renouveler sa charge en me menaçant de ses bois. Le chien quant à lui avait les crocs et griffes dehors, prêt à bondir. Cette vision me plongea dans une profonde rage. J'eus envie de les terrasser pour oser prendre la défense d'un rival.
Ne baissant pas ma garde, je bondis à nouveau, sur le cerf cette fois, pour le dissuader de s'interposer en lui faisant voir mes crocs de plus près. J'anticipai la réaction du chien en faisant volte-face juste à temps pour lui donner un coup de patte en plein dans son bond, l'expulsant plus loin. Mon attention se focalisa sur le loup, mal en point, qui se relevait.
Une offense. Une erreur.
Je bondis mais le loup m'esquiva. Il me fit face malgré sa blessure à la gorge qui l'affaiblissait. Le sang coulait doucement. Il ne tiendrait pas longtemps. Il ne se soumit pas pour autant. Au contraire. Il avait abandonné son calme pour afficher une mine menaçante. Il ne comptait pas me laisser le tuer. Il livrerait un combat jusqu'à la mort. Un loup digne de son rang. C'est alors que je le reconnus. Ce loup noir au regard bleu où rage et détermination brillaient... comme la promesse d'une lutte à mort... il m'avait aidé lors d'un précédent combat contre des centaures. Il s'était battu à mes côtés. Ce n'était pas un ennemi. Il n'était pas venu pour me prendre le territoire. Je fermai les yeux, prenant conscience de mon erreur. Je venais de blesser à mort un compagnon. 
 
Lorsque je les rouvris, je ne compris pas ce qu'il se passait. A la place du loup noir, c'est Prue qui me faisait face, la gorge ensanglantée. Elle semblait fatiguée. Elle porta une main à sa blessure en me regardant d'un air désolé avant de s'effondrer. Sirius et James se précipitèrent sur elle. Et moi aussi. Je me jetai à ses côtés, frappé d'horreur en voyant la quantité de sang qu'elle perdait.
 
-           Non... soufflai-je.
 
La panique me submergea. La culpabilité. J'eus envie de mourir en voyant ses yeux se voiler. Je portai ma main à ma ceinture et eus l'impression de faire un arrêt cardiaque en ne sentant rien. Pas de vêtement... pas de baguette. Bien sûr, je venais de reprendre forme humaine. Sirius sortit sa baguette et lança des sortilèges pour stopper l'hémorragie. James partit chercher de l'aide. Peter était terrifié, incapable de détacher ses yeux de Prue. Je vis Sirius verser une larme, relevant la tête en me regardant avec dégoût.
 
-           Tu l'as tué... sale monstre !!!
 
Il se jeta sur moi avec violence, me secouant avec force.
 
-           Remus !!! REMUS !!!!
 
Je fronçai les sourcils. C'était bien la voix de Sirius que j'entendais, mais elle ne venait pas de celui qui me frappait avec haine. Elle était plus lointaine. Je sentis une vague de froid me saisir d'un coup, sans que je sache d'où elle venait, et je me réveillai en sursaut.
Je fus stupéfait de voir un Sirius au visage inquiet penché sur moi. Très loin de l'image que j'avais eu de lui une seconde avant. Je secouai la tête, confus, ne comprenant rien à ce qu'il se passait. Je n'étais pas dans la Cabane Hurlante... j'étais dans le dortoir. James, Peter et Sirius étaient auprès de moi.
 
-          Bon sang Remus, tu nous as fait quoi là ? demanda James.
 
J'étais incapable de répondre. Je me sentais épuisé. J'étais couvert de sueur. J'étais trempé aussi. La peur me tordait toujours l'estomac. J'avais l'impression que je n'étais pas encore tout à fait sorti de mon horrible cauchemar. Je me sentais toujours coupable. Monstrueux. Effrayé à l'idée d'avoir commis l'irréparable.
 
-           Prue... soufflai-je. Où est-elle ?
-           Elle dort Remus... répondit doucement James. Il est trois heures du matin.
-           Tu es sûr... elle va bien ?
-         Remus, j'ignore de quoi tu as rêvé, mais tout va bien maintenant, tu es là avec nous... dans la réalité.
-            Qu'est-ce qui s'est passé ? demanda Sirius.
-            ... J'ai fait un cauchemar... la pleine lune... je me suis vu attaquer la louve noire... la saisir à la gorge... je vous blessais tous... et puis on a repris forme humaine... et Prue continuait de saigner... je l'ai tué...
-             C'était un très mauvais rêve Remus... Tu es trop anxieux par rapport à demain. Il faut que tu arrêtes de te torturer l'esprit...
-             Je pensais m'être calmé... mais c'est plus fort que moi...
 
Mes amis ne répondirent rien et me prirent dans leurs bras, dans un câlin collectif qui me fit du bien. Ils étaient vivants. Ce n'était qu'un mauvais rêve. Ils allaient bien. Et Prue était vivante. Mais cette pensée ne suffit pas à me rassurer. Inutile de se voiler la face : je redoutais plus que jamais la prochaine pleine lune. J'avais envie de la fuir. Mais elle était inévitable pour moi. Inévitable pour Prue qui voulait à tout prix m'accompagner. Je fermai les yeux, le coeur battant en la revoyant s'effondrer sur le plancher de la Cabane Hurlante, en train de se vider du sang que j'avais pris tant de plaisir à goûter.
 
|Salle commune des Gryffondor 19h|
 
~ Point de vue de Prue  ~

Remus avait été nerveux toute la journée. Visiblement, mon réconfort de la veille n'avait pas été suffisant pour le rassurer. Je ne pensais pas que ce serait si terrible de lui faire accepter ma présence pendant la pleine lune. L'heure vint pour lui de nous quitter. Il vint vers moi, et je m'attendis à l'entendre à nouveau tenter de me convaincre de ne pas venir.
 
-          Par pitié Prue... si tu me vois commencer à grogner, n'insiste pas. Va-t-en. Ne t'approche surtout pas.
-              Je suis sûre que je n'aurais pas à imposer ma présence...
 
Il acquiesça lentement, mais je sentais bien qu'il n'était pas du tout rassuré. Il commença à partir, mais je le retins.
 
-           Ne profite pas de notre rencontre pour me sentir l'arrière train.
 
Il rit malgré lui et reprit sa route. Je jetai un coup d'oeil vers les trois autres Maraudeurs. Ce soir, j'allais enfin les connaître sous leur forme animale.
 
|Parc – 19h30|

-          Suis-nous.

Je marchai discrètement derrière Sirius, James et Peter. Je jetai un rapide coup d'½il à la lune toute ronde qui venait d'apparaître entre deux nuages, éclairant le parc d'une douce lueur argentée qui se reflétait dans le lac. On se rapprochait du Saul Cogneur qui s'était agité à notre approche, nous menaçant de ses énormes branches. Peter se métamorphosa en rat et galopa à toute vitesse jusqu'au tronc. Je le vis grimper avant de s'immobiliser sur le noeud. Le Saule se figea instantanément.

-      C'est la seule façon d'accéder à la Cabane Hurlante sans finir en bouillie, m'informa Sirius. Il a été planté par Dumbledore lui-même à la scolarisation de Remus pour qu'il arrête de...

Il se racla la gorge en recevant un coup de coude de James. S'il pensait avoir été discret, il se trompait, car j'avais remarqué son geste de suite.

-           Enfin inutile de lancer un sortilège à l'arbre. Le n½ud est la seule clé.

Je devais avouer qu'il venait de piquer ma curiosité. Dumbledore l'avait planté pour arrêter Remus de faire quoi ?
« Laisse tomber, c'est sans importance »
J'avais beau essayer de me raisonner, je voulais savoir. La curiosité était sans aucun doute l'un de mes pires défauts. Quand quelque chose semblait mystérieux ou quoi, il fallait que je creuse pour connaître la vérité. J'aimais savoir ce que les gens s'évertuaient à cacher. Déformation professionnelle sans doute.

-            C'est toujours bon à savoir, dis-je.

Excellent même ! La Cabane Hurlante pouvait être accessible depuis Pré-au-Lard. Même si ce passage devait être sécurisé, il représentait une faille.

-            Entrons, avant qu'il ne reprenne vie, pressa James.

Je dus me baisser pour passer dans le creux du tronc. On marcha une minute à peu près dans un long tunnel obscur où seul l'écho de nos pas résonnait. Les Maraudeurs avaient allumé leur baguette pour y voir. Le tunnel finit par déboucher sur un escalier aux marches défoncées et à la rampe à moitié démontée. Je remarquai malgré la faible lumière diffusée par les baguettes des traces de griffures sur le mur miteux à gauche des marches. Des coups de griffes aussi espacées que celles sur le visage de Remus.

-         Je te conseille de te métamorphoser avant d'entrer dans la chambre, me dit James.
-      Autre chose : Lunard n'est pas habitué à toi alors... tache de te montrer amicale, ajouta Sirius.

En effet, à cet instant, Remus ne devait déjà plus avoir son esprit humain. C'est ce qui faisait d'un loup-garou un être si dangereux : la métamorphose était aussi bien physique que mentale. Il devenait l'animal sous l'influence de la pleine lune. Notre passé commun était toutefois la preuve que la mémoire pouvait rester intacte. Remus avait semblé me reconnaître le premier jour à la gare... pourtant, je ne l'avais connu que sous sa forme animale auparavant.

-         Je prends note... histoire de ne pas finir en pâté.

J'aurais certainement eu plus de chances en restant sous ma forme humaine, vu comment cela s'était passé la dernière fois... mais je ne voulais pas éveiller de soupçons. Normalement, un humain ne devait surtout pas approcher un loup-garou.

-        Ce serait dommage, en effet, confirma Sirius avec un sourire entendu.
-      Bop, il ne devrait pas s'en prendre à une louve, plaisantai-je. Et puis s'il a bonne mémoire, il se souviendra de mon intervention contre les centaures.

Je pris une grande inspiration et me métamorphosai en un clin d'½il. Les autres m'imitèrent. Je m'étirai pour détendre mes muscles avant de me mettre en marche, montant les escaliers dans la plus grande discrétion.
Sirius, enfin Patmol, était derrière moi. Je mis les oreilles en arrière en entendant le bruit des sabots de Cornedrue qui fermait la marche, Queudver sur son dos. J'aurais préféré être seule pour mes retrouvailles avec le loup-garou, pour pouvoir en profiter pleinement.

J'arrivai en haut de l'escalier et poussai doucement la porte avec le museau. Le grincement qu'elle fit hérissa mes poils le long du dos. Je vis le loup-garou présent dans la pièce faire volte-face, sans doute surpris par le bruit. Il retroussa les babines instantanément en posant les yeux sur moi, poussant un grognement menaçant. J'hésitai à faire un pas en avant sur son territoire. Jusqu'où pouvais-je l'approcher ?
Je poussai à mon tour un grondement bas et sourd, que je voulais dépourvu de menace, et entrai lentement dans la pièce. Lunard grogna de plus belle. Je me souvins de ce que Remus m'avait dit juste avant qu'il parte : ne pas insister s'il venait à grogner. Partir. Mais je m'y refusais. Je ne pouvais pas abandonner maintenant. Je continuai donc d'avancer, lentement. Lunard bondit en avant juste devant moi, arrêtant nette mon avancée. J'étais forcée de lever les yeux pour ne pas lâcher les siens. J'étais...comment dire ? Scotchée. Mes muscles s'étaient tendus à bloc et refusaient de bouger. J'étais incapable de quitter les yeux ambrés de Lunard. Ce n'était pas de la peur malgré l'agressivité qu'il affichait. J'étais juste... fascinée...je n'aurais su dire à cause de quoi. Je sentais quelque chose s'émaner de lui... quelque chose de puissant, de redoutable... de dangereux... Et j'aimais ça. J'avais devant moi la bête réfugiée au fond du corps de Remus quand il est sous sa forme humaine... Et j'appréciais de constater à quel point cette bête était aussi redoutable que superbe. Je n'avais eu qu'un petit aperçu de lui la dernière fois, car les évènements étaient allés trop vite pour que je prenne le temps de le détailler.
« Je te retrouve bien... tu n'as pas changé. Peut-être un peu plus grand... »
Petit à petit, mon corps de louve se détendit. Plus confiante, je m'assis sans le lâcher des yeux, attendant son verdict. Il retroussa à nouveau ses babines, laissant voir des crocs dont la taille faisait sans aucun doute celle de mon couteau... et tout aussi tranchants.
« Dois-je conclure que tu me rejettes...? »
Ses yeux, toujours plongés dans les miens, n'exprimaient que de la rage... et une envie de combat, de meurtre. Un regard que je reconnus bien et qui ramena de lointains souvenirs. Lui par contre, il ne se souvenait pas de la louve noire qui était intervenue il y a deux mois. Il avait oublié la partenaire de combat que j'avais été. Ses poils s'étaient hérissés le long de sa colonne. Je vis ses muscles, bandés, attendant le moindre mouvement de ma part pour faire une bouchée de ma tête. Il m'avertissait d'une attaque imminente. Moi j'étais toujours assise, très calme, la tête levée dans sa direction pour continuer à lire dans ses yeux sauvages. Je ne bougeais pas une griffe, pour ne pas l'offenser ou l'inciter au combat.
« Tu ne peux pas m'attaquer Lunard... pas après ce qu'on a vécu. La louve que je suis t'a sauvé la vie... Regarde mes yeux... regarde-les bien. Il y a quelques années, c'est toi qui bondissais pour me sauver. Tu ne peux pas briser notre lien ce soir »

La chose la plus simple aurait été de me soumettre à ses énormes pattes en gémissant, mais je m'y refusais. Il était hors de question que je me couche devant lui. Au contraire. Je me quillai doucement sur mes pattes arrières, voulant me rapprocher de sa gueule. Ma démarche sembla le surprendre. Il se contenta de m'observer, ne bougeant plus. Je répétai l'opération plusieurs fois, jusqu'à ce qu'il baisse sa tête pour la mettre à hauteur de la mienne. Je sentis son souffle chaud sur moi lorsqu'il rapprocha sa truffe. Je le reniflais doucement, pour lui faire comprendre que je venais en amie, pas pour me battre. Il avança un peu plus sa tête, dépassant la mienne pour continuer son analyse, reniflant mon dos. J'en profitais moi aussi pour m'imprégner de son odeur. Jamais encore je ne l'avais approché de si près. J'entendais son c½ur, calme, alors que le mien battait à tout rompre. Je m'écartai d'un bond lorsque je sentis sa truffe glisser vers mon derrière.
Le loup-garou sembla choqué par mon écart. Certes, chez les animaux, se renifler faisait partie de la coutume... mais il ne fallait quand même pas oublier que nous étions deux humains dans ce corps animal. Même s'il en avait perdu conscience.
Pour me faire pardonner, je le provoquai en me mettant en position de jeu. D'abord perplexe, Lunard se courba à son tour pour me faire face. Il ne m'en fallait pas plus pour lui sauter dessus. Il en fit de même, et on se battit gentiment quelques minutes. Et puis, Lunard finit par assurer sa position de force en me clouant au sol sur le dos entre ses pattes avant. Je ne bougeai plus, attendant tranquillement la suite. C'était impressionnant de voir son énorme tête penchée sur moi. Mais je n'étais pas affolée. Il voulait juste me faire comprendre que c'était lui le dominant. Il rejeta la tête en arrière sur un long hurlement qui résonna dans la pièce jusque dans ma poitrine. Lorsqu'il eut fini, il se pencha à nouveau vers moi et frotta sa truffe contre la mienne.
Victoire, il m'acceptait.
Il me libéra et sortit au galop, le cerf avec le rat à sa poursuite. Moi je n'avais pas bougée. Toujours allongée au sol, je retrouvai forme humaine essayant de me remettre de mes émotions. Je me redressai pour me mettre à genoux. Patmol, le chien noir incarné par Sirius, s'approcha de moi et posa sa tête contre mon visage. Je pris sa tête dans mes mains et collai mon front contre le sien. Je fus presque choquée par mon geste. J'avais fait ça si...spontanément.

-        J'ai réussi, rigolai-je nerveusement.

Le chien aboya comme pour me répondre avant de me donner un bon coup de langue sur la main. Soudain gênée, je me relevai et me métamorphosai à nouveau, détalant hors de la chambre. Patmol était juste derrière moi. On sortit de l'antre du Saule comme des fusées, ne ralentissant pas jusqu'à la forêt. Une fois la lisière dépassée, je n'eus pas besoin de ralentir l'allure : les empreintes laissées par mes camarades étaient clairement visibles dans la neige. J'entendis Lunard pousser un hurlement à la lune.
« Il n'est plus très loin... »
J'accélérai encore, bondissant pour ne pas être ralentie par l'épaisse couche de neige qui s'était accumulée. Lorsque j'aperçus Lunard, je ralentis immédiatement, admirant encore une fois son pelage gris foncé sur le dessus de son corps, plus clair sur le dessous. Ce dernier me regarda arriver au petit trot. Notre escapade au clair de lune pouvait commencer.
Je pointai ma truffe vers les étoiles et poussai un hurlement avant de m'élancer en avant. Lunard me rattrapa en quelques foulées et modéra sa vitesse pour rester à ma hauteur. Patmol arriva sur ma gauche. On traça tous les trois, sur une même ligne, guidés par nos instincts. Le cerf n'avait aucune difficulté à nous suivre et ne tarda pas à se mettre à la hauteur de Patmol. Le rat quant à lui, rebondissait sur le dos du cerf, les griffes plantées pour ne pas être éjecté. Je sentis un courant électrique me traverser le corps, sans que je puisse en expliquer l'origine. J'accélérai encore, poussée par une force invisible qui me donnait des ailes. Ce sentiment inconnu était puissant... et excitant.
Ce soir je n'avais pas à me demander qui j'étais. Quel rôle je jouais. J'étais juste l'animal. Alors je n'avais plus qu'à savourer la nuit dans ce corps de chasseur.


|24 novembre 1976 – Poudlard – Forêt interdite – 07h27|

Ma nuit auprès des Maraudeurs avait été assez plaisante. J'avais fini par réussir à regarder Lunard sans repenser au passé. On avait chassé une bonne partie de la nuit, et pas toujours des proies. Nous avions beaucoup joué aussi. C'était tellement hallucinant de voir un loup-garou provoquer un cerf, un chien lui sauter sur le dos... ils m'avaient bien amusé. J'en avais moi-même profité pour me joindre à leur délire. Patmol m'avait beaucoup cherché, et je ne m'étais pas gênée de lui montrer qu'il m'avait trouvé. Quant à Lunard, il avait bien vite oublié d'être agressif avec moi. Une bonne nuit donc, au clair de lune, dans une forêt dont nous avions oublié la réputation dangereuse. Contrairement à ma dernière sortie en solitaire, cette fois, avec eux, j'avais eu l'impression d'être parmi les maîtres de la forêt. Mais les bonnes choses ont une fin. Le ciel commençait à s'éclaircir. Lunard ralentit l'allure jusqu'à s'arrêter complètement. Il s'affaissa un peu, se mettant à pousser des gémissements de douleur. Patmol et Cornedrue le regardaient, immobiles et silencieux. Je sentais leur tristesse aussi fort que la douleur qui émanait de  Lunard. Il se tenait bizarrement pour un loup-garou, comme s'il était à genoux. Il se prit la tête entre ses énormes pattes avant en poussant  des hurlements de douleur qui hérissèrent les poils sur tout mon corps. La transformation commença, et je restai interdite. Il reprit peu à peu forme humaine, dans des craquements d'os horribles. La métamorphose était assez impressionnante. La douleur était visible dans chacun de ses gestes, dans son regard... 
James donna un coup de baguette pour l'habiller avant que ses poils de loup aient fini de disparaître. Sirius et Peter vinrent l'épauler pour l'aider à se relever.

-         Ça va mon Lunard ? demanda Sirius.
-         Autant que d'habitude... répondit le concerné d'une voix faible.

J'étais la seule à ne pas avoir repris ma forme humaine. Je les regardais... absorbée par mes pensées. Remus leva péniblement la tête et croisa mes yeux de loup. Il était exténué. Je repris ma forme humaine.

-         Je n'ai blessé personne ? demanda-t-il inquiet.
-         Non, lui assurai-je.

Il s'appuya sur ses amis pour se relever et marcher lentement jusqu'à l'entrée de l'école.

-         Comment as-tu trouvé ta première escapade ? demanda Sirius.
-         Géniale !

C'était la première fois que j'appréciais autant être la compagnie de toute la bande. J'étais même impatiente de vivre de nouvelles nuits comme celle-ci.
Il nous fallut un peu de temps pour rejoindre notre salle commune. Nous étions tous très fatigués, et Remus avait du mal à avancer à cause de la douleur provoqué par sa récente métamorphose. Il refusa de retourner dans le dortoir, voulant rester près du feu. Je le comprenais, il avait dû avoir froid en reprenant forme humaine avec la température extérieure. Je fis signe aux Maraudeurs d'aller se reposer. Remus s'allongea sur le canapé, tourné vers moi.
 
-          Alors, ça valait le coup d'assister à ça ? demanda Remus d'une voix faible.
-          ... Oui. Cette nuit, c'est toi qui as fait battre le mien, répondis-je avec un clin d'oeil en posant la main sur le côté gauche de ma poitrine.
 
Je vis une lueur émue dans son regard avant qu'il ferme les yeux, apaisé. Une vision qui eut pour effet de me rendre pensive. Je restai encore quelques minutes éveillée, à regarder tantôt Remus dormir, tantôt les flammes dans la cheminée. Et puis, ce fut à mon tour de me laisser emporter par le sommeil, exténuée, loin de Poudlard... pour retourner dans la prison infernale de mon passé, où les fantômes continuaient à me hanter.





Chapitre 11 : Lunard, Queudver, Patmol et Cornedrue
 
 
Bonsoir chers lecteurs !
Tout d'abord, j'espère que ce chapitre vous a plu. Ensuite, et bien comme toujours, je sollicite votre avis ! Qu'est-ce que vous avez aimé (ou pas), quelle est votre impression sur la tournure de la mission de Prue, de sa relation avec les Maraudeurs...? Bref, dites-moi tout, je suis à votre écoute  :)

Tags : L'histoire d'un assassin - Partie 1 : L'amour d'un Assassin - tome 1

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Comments :

  • Dum-Cha

    21/12/2016

    Coucou prie se perd de plus en plus dans ses différentes personnalités..

  • x3-Hogwarts-x3

    01/11/2015

    Ah oui et le rêve de Remus !! Olala j'ai eu peur xD mais j'ai commencé à trouvé ça étrange quand Sirius l'a insulté... ;) Le pauvre Lunard, il me fait de la peine :( ...

  • x3-Hogwarts-x3

    01/11/2015

    Waaaah j'ai adoré :D
    Prue est de plus en plus perturbé... Et c'est normal ! Je trouve ça super de voir sa carapace se briser, son masque tomber... même pour elle ! Quelque part, elle se découvre elle-même, elle découvre de nouvelles facettes de sa personnalité en même temps que nous et c'est super !
    Par contre, qu'est-ce que c'était flippant l'intervention de son père x) même plus possible de penser tranquillement dans son lit, voilà qu'il s'invite dans sa tête ! C'était assez tendu, surtout qu'elle commence à douter... alala si jamais il l'apprend !!
    Et alors cette fin, cette nuit... Génial ! Un bol d'air, un vrai moment de lâcher prise et de liberté... Et puis dis donc, ça devient de plus en plus chaud avec Remus ;)

    Bref, encore bravo ! Je viendrai lire la suite dès que possible ;)

  • fichp-lifealwaysrestart

    24/08/2015

    J'aime bien voir à quel point Prue entreprend de rassurer Remus sur le déroulement de la pleine lune. Je t'avoue que j'ai eu un peu peur en voyant le rêve de Remus, qui a eu l'effet que tu avais escompté, je pense. C'était drôle de voir les cinq s'amuser sous leur forme animale, peut être plus sincèrement que sous leur forme humaine. On sent que Prue laisse peut à peu tomber le rôle et peut-être bientôt le masque...

  • aliseevila

    27/06/2014

    Coucou, j'ai eu un peu peur de la longueur du chapitre, mais il est très facile et agréable à lire.
    J'ai beaucoup aimé la scène dans la cabane entre Prue et Lunard. C'était très émouvant, attendrissant.

  • hostfresh-HarryPotter

    23/06/2014

    Mais quand va-t-elle abandonner son père ?! Elle est amoureuse de Remus, ça se voit comme le nez au milieu du visage !!!

  • harry-potter-8-fic

    28/03/2014

    C'est super qu'elle ait autant insisté pour les accompagné.
    Ca crée toujours des liens important

  • assassin-maraudeurs

    12/01/2014

    ApparencesFic wrote: "se fait plus de mal (en tout cas physiquement) alors c'est un peu moins pire, mais quand même. Quand il s'est retransformé, après la nuit, j'avais envie de lui faire un gros câlin et de lui dire que c'était fini. (je crois que mes règles me rendent beaucoup trop hypersensible… hahah (x)))

    Bref, j'ai beaucoup aimé et je vais lire la suite dès que je peux!

    Désolée encore, j'ai accroché le bouton --'

    Arie
    "

    Merci pour ton impression sur ce chapitre =)

    Oui, j'ai tenu à montrer à quel point les nuits de pleine lune sont éprouvantes pour lui. Il les vit mieux depuis qu'il les passe dans la forêt, mais la métamorphose est toujours aussi douloureuse.
    Et t'inquiète, c'est normal si tu te sens proche du personnage, c'est ce que j'essaie de créer : attacher le lecteur aux personnages.

    Bonne lecture pour la suite en tout cas ! Et bonne semaine
    Bisous

  • ApparencesFic

    12/01/2014

    se fait plus de mal (en tout cas physiquement) alors c'est un peu moins pire, mais quand même. Quand il s'est retransformé, après la nuit, j'avais envie de lui faire un gros câlin et de lui dire que c'était fini. (je crois que mes règles me rendent beaucoup trop hypersensible… hahah (x)))

    Bref, j'ai beaucoup aimé et je vais lire la suite dès que je peux!

    Désolée encore, j'ai accroché le bouton --'

    Arie

  • ApparencesFic

    12/01/2014

    J'ai beaucoup aimé ce chapitre, le fait qu'on voit à quel point Remus redoute chaque pleine lune, surtout en sachant que Prue se mettait de la partie. Mais au moins, tout s'est bien déroulé.

    C'est peut-être stupide, mais ça me rend triste de "voir" (même si techniquement je vois rien (x))) à quel point Remus souffre. Autant avant, pendant, qu'après la pleine lune. Au moins, maintenant, il ne se fait

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