Chapitre 12 : Empoisonnement


« La Mort a toujours aimé me rendre visite... mais cette fois elle s'est invité à l'improviste»
 
 
Chapitre 12 : Empoisonnement

 
|24 novembre 1976 – Cours de défense contre les forces du mal – 11h|
 
J'avais les paupières lourdes... très lourdes. Une nuit entière à galoper au clair de la lune toute ronde, aux côtés de Lunard, Queudver, Patmol et Cornedrue. Une nuit à hurler, chasser, courir, se provoquer gentiment, faire la course, bondir, se sauter dessus les uns sur les autres... une nuit de pur plaisir dans le corps souple et musclé d'un redoutable prédateur. Une nuit non-stop... voilà à quoi ressemblait une escapade en groupe !
 
Comme toutes les bonnes choses, il y avait des inconvénients, comme avoir des difficultés sans nom à se lever, à mettre trois fois plus de temps sous la douche, bien que froide, à manquer de descendre sans les affaires de cours... J'avais le cerveau au ralenti depuis le début de la journée. Sans parler des courbatures. C'était bien beau de passer la nuit à galoper à différentes allures... le résultat, c'est que j'avais les bras et les jambes en décomposition. Je m'imaginais déjà être le soir pour me glisser dans le lit. Je crois bien que même une traque humaine ne pourrait me pousser à sortir du château aujourd'hui. Je n'avais qu'une envie : dormir. Les Maraudeurs m'avaient exténuée. Sans rancune, eux aussi étaient morts.
 
Pourtant, le deuxième cours venait à peine de commencer, et pas une seule heure de libre n'était prévue de toute la journée. Pour couronner le tout, il y avait des devoirs à faire à 17h. Entre mes nuits agitées de souvenirs plus horribles les uns que les autres qui ne rendaient pas mon sommeil très reposant, et cette nuit blanche de pleine lune assez sportive, autant dire que j'étais épuisée. Il fallait que je fasse attention à avoir un quota correct d'heures si je voulais tenir le coup, car j'accumulais les heures de retard de sommeil ces derniers temps. Les trois petits quarts d'heure que j'avais eu au retour de la forêt devant la cheminée ne m'avaient pas suffit. Surtout que j'avais encore fait une petite virée dans mon passé pendant mon sommeil...
 

Je bâillai pour la énième fois, essayant vainement de me concentrer sur le cours. J'avais l'impression que les paroles du professeur de DCFM n'atteignaient même pas mon cerveau. Ça faisait légèrement courant d'air dans ma tête. Le prof n'était qu'un fantôme qui glissait lentement dans la salle à mes yeux. Je n'arrivais pas à le suivre, me perdant souvent sur un point invisible devant moi.
Les Maraudeurs n'avaient pas meilleure mine et semblaient complètement ailleurs. Je souris en voyant que Sirius était complètement figé dans une pensée qui devait être agréable vue l'air béat qu'il avait. Peter quant à lui dormait tranquillement, la tête posée sur ses bras. Remus était le plus crevé de nous tous, mais c'était normal chez lui. Il avait toujours cette tête calme et fatiguée qui le vieillissait un peu. En clair, nous étions tous les cinq dans un état bien comateux. Complètement éteints. Les lendemains de pleine lune devaient vraiment être les seuls jours de répit pour les Serpentard. Les Maraudeurs étaient en mode off. Il n'y a que James qui avait encore assez de force et de motivation pour faire voleter des petits bouts de papier en forme de fleur vers Lily. Celle-ci, était à la fois amusée de les recevoir, et agacée d'être déconcentrée en plein cours. L'élève modèle de la classe était partagée entre le sérieux et la flatterie.
 
-         Si j'ordonnais à un Inferi de vous attaquer, vous feriez quoi ? demanda le prof.

La question resta suspendue plusieurs secondes, sans que personne n'y réponde. Nous étions habitués aux rhétoriques des profs, alors tout le monde attendait sagement la suite.



- Miss Hunt ? rappela le prof.

Oh mince, c'est à moi qu'il parlait. Je reportai mon attention sur lui dans un sursaut, comme si l'on venait de me réveiller, décochant des rires discrets de la part des Maraudeurs.



-         Je lui enverrais une belle boule de feu avant de vous incendier vous aussi, quoi d'autre ? répliquai-je sur un ton d'évidence.
 
Certains élèves rigolèrent. Je ne quittai pas des yeux le professeur, le regardant d'un air encore endormi. Il eut un faible sourire en secouant un peu la tête. J'avais beau être crevée, j'étais toujours aussi directe, et cela semblait beaucoup l'amuser.
 
-         Mise à part la deuxième partie de la réponse, la première est correcte. L'unique façon de vaincre un Inferi est de lui faire peur avec le feu, source de lumière et de chaleur.
 
Maxwell reprit le cours de ses explications, me laissant retourner tranquillement dans un coin tranquille de mon esprit.
 
-         Ça sert parfois d'être froide et implacable, chuchota une voix à côté de moi.
-      Comme quoi, même les mauvaises choses peuvent parfois avoir du bon, répondis-je en croisant des yeux ambrés.
-        Toutes les choses sont bonnes et mauvaises... tout dépend comment on les utilise...
 
Si seulement cela pouvait être aussi simple.
 
-           Miss Hunt, en place je vous prie.
 
Je tournai la tête vers le professeur, exaspérée de devoir bouger.
 
-           Vous ne vous lassez jamais n'est-ce pas ? lançai-je avec une pointe d'arrogance.
 
Le professeur sourit et m'invita à le rejoindre. Je me levai, sortant ma baguette pour un nouveau duel. J'ignore si Maxwell voulait profiter de ma fatigue pour tenter de me vaincre... mais cela ne changea pas l'issue du duel. Encore une fois, je le battis à plate couture. Et en mettant en ½uvre ce qu'on venait de voir en cours bien sûr. Ah, ce que j'aimais cette matière... et cette tête de mule qui me servait de prof.
 
| Serres : cours de Botanique – 15h|
 
Deux heures de Botanique, c'était la mort après une si longue journée suivant une nuit blanche.
« Deux heures... plus que deux heures »
Je m'encourageais mentalement depuis la fin du repas pour ne pas m'endormir. Mes yeux ne demandaient qu'à se fermer. J'avais des absences de plus en plus fréquentes mentalement. J'avais hâte d'en finir. Tant pis pour les devoirs, je les ferai pendant un cours de DCFM, comme ça je n'aurai pas à rattraper.
 
- Prue ?
- Oui, excuse.
 
Je faisais équipe avec Remus pour extraire des graines du c½ur d'une plante vénéneuse. Mais j'avoue que j'avais du mal à rester concentrée sur les travaux pratiques. Protégés de la tête aux  pieds par une combinaison, on se débattait contre ses fouets qui s'agitaient en tout sens, de la même manière que le Saule Cogneur.
 
Mesurant près de quatre-vingt centimètres de hauteur et autant de large, ce maudit végétal agité prenait de la place. Sans oublier ses foutues branches souples qui frappaient tout ce qu'il y avait à portée. En l'occurrence, c'était à nous de déguster.
Trop absorbés par les cours et la fatigue depuis le matin, Remus et moi n'avions pas encore eu l'occasion de reparler de la nuit de pleine lune. Je sentais pourtant qu'il avait envie d'avoir plus de détails, cependant, je préférais le laisser venir.
 
-         Tu reviendras ? me demanda-t-il au bout d'un moment.
-         Hum ?
-         Tu nous accompagneras à nouveau dans un mois ? demanda Remus.
-         Oui, bien sûr. Les mois suivants aussi.
 
Il me sourit. Difficile de savoir à cet instant s'il était soulagé ou non.
 
-         Je suis content que ça se soit bien passé... je craignais tellement un dérapage de ma part...
-         Tu n'avais pas de quoi t'en faire Remus. Tu as été super.
 
Remus esquissa un sourire, et je me perdis un peu dans ma contemplation. La plante rappela sa présence en nous mettant de bons coups de fouets au niveau des épaules.
« Saloperie ! »
Il n'y avait rien de plus énervant que de prendre des coups quand on est fatigué ! On reprit donc la lutte pour essayer de l'immobiliser. Ce serait tellement plus simple de se servir de nos baguettes ! Mais non, Chourave voulait qu'on agisse dans les règles. Ça me démangeait de faire apparaître mon couteau pour lui faire la coupe d'hiver à cette plante !
 
-        Pas trop éprouvant pour toi les soirs de pleine lune ? demandai-je après avoir rabattu deux branches.
-         Si, mais j'ai l'habitude depuis que je suis tout petit. Dès que je vois la lune... je bascule de l'autre côté, et la transformation commence.
 
L'expression me fit sourire. Basculer de l'autre côté... c'est exactement ce que je ressentais lorsque j'étais sur le point de commettre un crime.
 
-         C'est toujours la même douleur... c'est surtout ça qui me crève.
 
Je serrai la mâchoire, repensant malgré moi à quelques souvenirs. Je comprenais de quoi parlait Remus. Il y a des tortures auxquelles il est impossible de s'habituer. Même si elles sont régulières. La douleur est aussi intense à chaque fois. Je n'avais aucun mal à imaginer la souffrance de Remus lorsqu'il sentait son corps tout entier se transformer en moins d'une minute...
 
-         Il n'y a rien qui pourrait te soulager ? demandai-je sans lâcher le végétal qui crachait de fureur.
-        Non. Tu sais, à part les lycanthropes eux-mêmes et leur famille... il y a peu de gens qui s'intéressent à faire des recherches pour améliorer notre condition.
-         C'est dommage...
 
Remus haussa les épaules.
 
-          C'est comme ça. Au fait... Prue...
-         Hmm... ?
-         Tu sais, tu n'es pas obligée de passer toute la nuit avec nous. Je veux dire...tu es crevée, ça se voit. Je ne me vexerais pas si tu ne restes pas toute la nuit.
-          Ok.
 
Il me sourit et se remit au combat avec cette foutue plante.
 
-         Mais je m'y habituerai. J'ai envie de rester avec toi toutes les nuits de pleine lune jusqu'au matin, ajoutai-je en parvenant à arracher plusieurs graines en même temps.
 
Je le vis sourire davantage. Je fronçai les sourcils, ayant un instant d'arrêt dans ma lutte avec le végétal.
« Je voulais dire...avec vous, pas avec toi...tant pis. Si je me corrige, il va l'interpréter différemment. Putain, je suis vraiment crevée... »

Nouveau coup de fouet, en plein dans la poitrine. Je pris une grande inspiration, essayant de conserver mon calme malgré l'envie de plus en plus pressante qui montait de réduire ce végétal fouettard en brindilles.
 
-         Ça t'a plu à ce point... ? s'étonna Remus.
 
Mon agacement retomba un peu au souvenir de cette nuit. Ce que j'avais ressenti...? J'étais bien incapable de mettre des mots dessus. Tellement d'émotions différentes... mais toutes agréables et positives. Enivrantes. Revoir Lunard de plus près après tant d'années... pouvoir admirer toute sa puissance et sa dangerosité durant l'attente de son verdict. Une attente interminable, où calme et impatience s'étaient mêlés d'étrange manière. Et enfin le soulagement lorsqu'il m'avait acceptée. La libération avant l'extase toute la nuit au coeur de la Forêt Interdite.
 
-          Je n'arrive pas à expliquer ce que j'ai ressenti... mais c'était vraiment génial.
-        Un sentiment de puissance...de liberté... L'impression que rien ne peut nous faire face... L'impression d'être les rois de la forêt... la liberté à l'état pur. L'évasion totale.
 
Je relâchai une branche qui en profita pour me fouetter au niveau du cou. Je ne réagis même pas. Je ne pensais pas à ça au début, mais Remus venait de très bien décrire notre escapade nocturne. D'ailleurs, comment le pouvait-il ?
 
-         Je ressens la même chose, reprit-il en souriant pour répondre à ma surprise. Sauf que moi, je n'ai aucun contrôle sur mon corps... je sens l'instinct du chasseur prendre l'ascendant sur moi... et je suis incapable de lui résister. Je deviens spectateur.
 
Je le regardai toujours, songeuse.
 
-           Tu te souviens de la nuit...? demandai-je.
-        Pas vraiment non. Quelques flashs juste. Des bribes de souvenirs. Comme si la mémoire du loup-garou et la mienne étaient séparées.
 
Je me remis au travail en souriant à ce que venait de dire Remus. Primo, les deux mémoires n'étaient pas "séparées", sinon Remus n'aurait jamais cru me connaître le premier jour. Et secundo...
 
-          Tu es les deux à la fois, rappelai-je.
-          Hmm ?
-         Tu dis la "mémoire du loup-garou" et la tienne... comme si l'animal t'était étranger. Mais il est en toi Remus, il faut que tu l'acceptes. Sois en paix avec ta nature animale, ne la rejettes pas.
-           Si tu crois que c'est si simple de vivre avec un monstre en soi...
 
« Tu veux vraiment qu'on parle de monstre intérieur ... ? »
La situation était assez ironique. C'était la tueuse sanguinaire qui rassurait le loup-garou inoffensif. Une humaine monstrueuse par nature et un garçon qui pensait l'être. Je secouai la tête. Remus était réellement exaspérant dans ces moments-là.

 
 -         Le monstre en toi comme tu dis... est juste un grand loup qui chasse en forêt et qui joue avec ses compagnons. Dont l'un est un cerf au passage... C'est vrai que t'es le genre impitoyable, plaisantai-je.
 
Remus me regarda un instant, et la plante en profita pour lui en coller une, me faisant rire.
 
-             Ne m'aide pas surtout, maugréa Remus.
-             Si ses coups peuvent te réveiller...
 
Ce fut à mon tour de recevoir un coup de fouet, en plein sur le masque. Remus rigola devant mon air un peu sonné. Je vis dans mon champ de vision une branche s'élever. Je l'attrapai fermement avant qu'elle ne me frappe et l'attachai avec une autre. Je sautai littéralement sur cette putain de plante qui ne cessait de nous interrompre avec ses coups. J'allais lui régler son compte une bonne fois pour toute. Remus était plié en deux devant mon acharnement. Faut dire qu'avec toutes ces branches... je n'avais pas encore réussi à prendre l'avantage. Mais je n'abandonnai pas pour autant, pas du tout décidée à lâcher le morceau. Chourave était à l'autre bout des serres, elle ne pouvait pas voir que j'étais en train de massacrer sa précieuse plante.
 
Au bout de trois minutes, il ne me restait que trois branches à attacher. Alors que je faisais un n½ud, je sentis quelque chose s'enrouler autour de mon cou.  Je baissai les yeux pour voir de quoi il s'agissait et me rendis compte que deux branches s'étaient libérées. Je n'avais pas dû suffisamment serrer. Une erreur qui me coûta cher. Je portai vivement les mains sur les branches pour me dégager de leur emprise, mais elles serrèrent davantage, m'étranglant à moitié. Je sentis des pointes transpercer les protections avant d'atteindre ma chair et un liquide s'en échapper. La pression disparut aussi vite qu'elle était arrivée. Remus avait réagi immédiatement en les sectionnant avec un sécateur.
 
-       Pouh, merci Remus ! dis-je en me reculant.
 
J'eus une bouffée de chaleur qui me fit bien vite suffoquer dans cette combinaison. Je manquais d'air. J'ôtai mon masque pour mieux respirer. Une douleur me lançait. J'avais l'impression que quelque chose me parcourait le corps.
 
-      Prue, tu saignes !
 
Sa voix résonna dans ma tête. Je portai une main à mon cou, passant doucement mes doigts sur la peau. Je sentis effectivement un liquide chaud. Je fus perturbée de voir ma main ensanglantée... trouble et instable. J'avais de plus en plus l'impression de m'endormir sur place J'avais déjà ressenti ça auparavant. Empoisonnée. La plante avait réussi à injecter son poison en m'enlaçant avec ses branches. J'avais l'impression que mes forces me quittaient un peu plus à chaque seconde. Je levai les yeux sur Remus, mais je fus prise de vertige. Il afficha une mine stupéfaite en me regardant dans les yeux. Je sentis mon c½ur se calmer, ma vue se troubler davantage, l'air me manquer de plus en plus...
 
-         Prue !
 
Je l'entendis m'appeler, mais c'était loin, très loin. Alors qu'il était juste à côté de moi. Sa voix résonna comme un écho dans ma tête... Je me sentis tomber, puis plus rien. Je connaissais trop bien cette sensation de chute pour savoir ce qui m'attendait. Une nouvelle visite d'une vieille amie... la Mort.




| Quelques minutes avant ... |
 
~ Point de vue de Remus ~
 
J'éclatai de rire en voyant Prue se jeter sur la plante et se battre avec. Je la laissai faire, sentant qu'elle voulait se venger du coup qu'elle venait de prendre dans la tête. Elle m'amusa pendant plusieurs minutes, m'offrant un spectacle des plus hilarants. Elle qui ne perd pas son calme habituellement. Je jetai un coup d'oeil vers James et Sirius, qui eux aussi menaient une lutte acharnée contre leur plante, agitée en tous sens. Je n'avais pas encore eu l'occasion de leur demander plus de détails à propos de ma "rencontre" avec la louve noire qu'avait incarné Prue cette nuit. Je n'osais pas lui poser directement la question. Mais ça avait dû très bien se passer pour qu'elle ait autant envie de continuer.    " Toutes les nuits de pleine lune... ". Je souris en me remémorant ces paroles, laissant mon esprit rêver un peu. Moi aussi j'aimerais qu'elle reste auprès de moi.
 
Un bruit étrange me força à sortir de mes agréables pensées. Je me retournai pour reporter mon attention sur le duel entre Prue et la plante et sentis comme une violente décharge. Prue se faisait étrangler par la plante et était apparemment immobilisée. J'attrapai un sécateur et coupai les branches en un quart de seconde. Prue put à nouveau respirer, mais elle semblait sonnée. Elle recula pour s'éloigner de son adversaire, un peu titubante.
 
-       Pouh, merci Remus, dit-elle dans un souffle.
 
Elle enleva son masque, à la recherche d'air tout en reculant. Mon regard glissa sur son cou... rougi par le filet de sang qui coulait sur sa peau.
 
-      Prue, tu saignes ! m'exclamai-je.
 
Je me rapprochai d'elle pour regarder de plus près sa blessure. Je sentais qu'elle n'allait pas très bien. Elle leva ses yeux sur moi, comme pour me dire quelque chose. Un flash me remontra mon ignoble cauchemar où elle était comme à cet instant en train de se tenir la gorge, avec un air sur le visage qui ne présageait rien de bon. Je vis ses jambes fléchir et la rattrapai par réflexe.
 
-         Prue !
 
Je l'accompagnai doucement au sol pour l'allonger, gardant le haut de son corps dans mes bras. Je lui tapai vivement les joues pour qu'elle reprenne connaissance, en vain. Je vis malgré le sang trois épines plantées dans son cou. 
 
-         PROFESSEUR ! hurlai-je.
 
Chourave arriva en trombe, alertée par mon  cri.
 
-         Oh mon Dieu ! s'exclama-t-elle en sursautant à la vue de Prue.
 
Elle repartit en courant en sens inverse. Je reportai mon attention sur Prue, toujours inconsciente.
 
-         Tiens bon...
 
Les élèves s'agitaient eux aussi, se rassemblant autour de nous pour savoir ce qu'il se passait. Chourave revint avec des pinces et une fiole, ordonnant aux autres de s'éloigner. Elle lança un sort à Prue pour nettoyer sa gorge, et je vis avec horreur que ses veines viraient au bleu foncé.
 
-         Retirez-lui les pointes mon petit, me dit-elle paniquée en me passant les pinces. Je dois lui administrer l'antidote immédiatement. Nous n'avons pas beaucoup de temps !
 
Effectivement, le corps de Prue était déjà en train de se raidir. Le poison parcourait ses veines à une vitesse folle. Je pris l'une des pinces sans plus tarder, écartai la peau avec soin et retirai la première pointe avec une autre pince. Je réitérai l'opération pour les deux autres.
 
-         C'est fait !
 
Je sentais la température du corps de mon amie chuter. J'entendais les battements de son c½ur ralentir. La peur me noua la gorge en voyant le trajet du poison dessiné les veines qui s'était encore répandu. Je sentis mes yeux devenir humides. Mon cauchemar était en train de se réaliser, sauf que ce n'était pas moi qui avait mis Prue dans cet état. Je secouai la tête pour rester concentré. Ce n'était pas le moment de craquer. Chourave planta l'aiguille de la seringue dans une veine et injecta le contre poison. Je remarquai d'autres points dans le creux de son coude, plus anciens. Comme d'anciennes piqûres.
 
-         J'ai arrêté la progression du poison.  A présent, amenez-là à l'infirmerie, elle a besoin d'autres soins !
 
Je dus soulever Prue magiquement pour la transporter, son corps étant devenu trop raide pour que je puisse la prendre dans mes bras. Je parcourus les couloirs sans m'arrêter, filant à toute vitesse jusqu'à l'infirmerie. Pomfresh m'arrêta lorsque j'arrivai, me demandant ce qu'il s'était passé en voyant Prue flotter derrière moi. Je lui expliquai rapidement, et elle me demanda d'allonger mon amie sur un lit. Elle fit apparaître plusieurs fioles de potions ainsi qu'une seringue. Je restai là tout le temps qu'elle passa à soigner Prue, incapable de me détourner de son visage figé par le froid qui avait enveloppé son corps. Une vision assez impressionnante. J'avais l'impression qu'elle était morte.





|Jour, heure et lieu indéterminés |
 
~  Point de vue de Prue ~
 
Je repris lentement le contrôle de mon corps. J'ouvris les yeux lentement... j'avais l'impression d'émerger d'un sommeil très profond. Ma vue mit un certain temps avant de s'habituer à la lumière. Je clignai plusieurs fois jusqu'à découvrir un plafond... blanc. Une salle blanche. Je me redressai d'un bond, le c½ur bondissant. La peur m'envahit en une fraction de seconde. Je me calmai un peu en voyant d'autres lits autour de moi. Ce n'était pas la salle à laquelle j'avais pensé.
Une dame d'un certain âge arriva sur moi. Je la regardai stupéfaite. Où étais-je ? Que se passait-il ?
 
-         Comment vous sentez-vous Miss Hunt ?
 
Je fronçai les sourcils davantage, toujours sur mes gardes, me préparant à me battre à tout moment. Hunt ? C'est quoi ces conneries ? Mon esprit était encore confus. Je n'étais pas tout à fait bien réveillée.
 
-         Où suis-je ?
-         A l'infirmerie. Comment vous sentez-vous ?
 
Je commençai à me calmer en chassant le passé pour rester bien campée dans le présent. Je me souvins que j'étais à Poudlard. Prudence Hunt. Mon identité pour ma mission secrète. Je ne courais aucun risque ici. Il n'y avait pas de danger.
 
-         Je vais bien... finis-je par répondre.
 
Je me rendis compte que j'avais du mal à articuler.
 
-         Vous êtes sûre... ?
-         Puisque je vous le dis ! renvoyai-je en me redressant.
-         Non, Miss, restez couchée ! C'est encore trop tôt ! dit-elle en se précipitant sur moi pour me forcer à m'allonger.
-         C'est bon, je vais bien ! répliquai-je malgré la douleur.
 
Je sentais la colère commencer à m'envahir. Je sentais quelque chose de bizarre en moi. Ça me faisait mal. Ça me parcourait le corps. La haine. La haine m'irradiait de toute sa puissance.
 
-         Mais... vous avez reçu une grosse dose de poison !
-       Peut-être, mais si je suis réveillée c'est que je vais bien ! dis-je avec difficulté en réussissant à me lever.
 
J'étais peut-être allée un peu trop vite dans mes gestes car je me sentis prise de vertige. Ma tête tournait dans tous les sens. L'environnement était instable autour de moi. J'avais l'impression d'avoir été droguée. M'avait-elle droguée ? Je secouai la tête. Non. Pomfresh est l'infirmière de Poudlard. Elle ne me veut aucun mal. A moins que Poudlard ne soit pas l'école que le monde connaisse... peut-être qu'elle abrite des tarés... des psychopathes... Je pris mon visage entre mes mains, essayant de faire taire mes pensées incohérentes qui ne faisaient qu'augmenter ma migraine.
 
-         Vous n'êtes pas encore apte à sortir Miss, je vous conseille de vous recoucher, vous avez l'air encore fatigué !
 
J'ôtai lentement mes mains pour faire face à l'infirmière. Elle se tenait devant moi... entre moi et la sortie. Elle voulait m'empêcher de partir... je ne supportais pas ça...
 
-         Ne vous mettez pas en travers de mon chemin, dis-je d'une voix menaçante.
-         Je suis désolée, Miss, je ne peux  pas vous laisser sortir aujourd'hui. C'est beaucoup trop tôt. Vous êtes dans un état trop fragile.
 
Fragile ? N'importe quoi ! J'ai enduré bien pire ! Je sursautai violemment en sentant quelque chose se refermer sur mon poignet. L'infirmière me tenait pour me ramener au lit. J'eus un flash lorsque mes yeux se posèrent sur le matelas découvert. Je vis des sangles détachées qui n'attendaient que moi pour me piéger. Je me dégageai instinctivement de l'emprise de l'infirmière. Elle se retourna vivement, et je crus sentir mon c½ur s'arrêter. Ce n'était pas Pomfresh. C'était un homme. Un homme que je reconnus de suite et qui attisa aussi bien ma peur que ma haine.
 
-        Ne soyez pas têtue Miss, vous avez encore besoin de repos.
 
La voix de l'infirmière me ramena dans la réalité. Je vis à nouveau son vrai visage.
« Je suis à Poudlard... la personne avec moi est Pomfresh... je ne risque rien ici... »
Je me répétai inlassablement ces quelques mots dans ma tête pour garder le contact avec le présent. Mais j'étais énervée, très énervée. Ça montait de plus en plus. La pression devenait insoutenable. Je devais avoir pas mal de fièvre car mes pensées se mélangeaient d'étrange manière. Je continuais à avoir des flashs qui se superposaient à la réalité. Des souvenirs revenaient de façon incontrôlée, j'entendais des voix qui se mélangeaient, sans jamais cesser de parler, et par-dessus tout, j'avais cette rage profonde qui refaisait lentement surface. Cette vieille blessure qui s'était ravivée. Cette envie de tout détruire. Cette bombe qui ne demandait qu'à exploser.
 
« Tu crois qu'un jour ça finira ? »
« On fera tout pour... et on pourra vivre libre... ensemble »
 
« Voyons comment tu t'en sors sans elle... »
« Tiens bon Jeff ! »
 
Stop. Je ne voulais pas revoir ça. Je me pliai, serrant ma tête plus fort que jamais pour résister à la douleur, à l'envie de me livrer à mon passé. Mais la fièvre me faisait délirer, et j'avais du mal à reprendre le contrôle sur mes souvenirs.
 
« Jeff ! Ne me laisse pas »
« Pardonne-moi... »
 
La douleur atteignit un pic. La haine aussi. Tout devenait confus... ça fusait dans tous les sens, sans plus aucune logique.
 
« Tu es à moi ! »
 
« Liés à jamais, unis par la volonté de vaincre... »
 
« Attends un peu que je te fasse payer sale chienne ! Je vais t'apprendre ce qu'est la souffrance ! »
 
« Prue viens là !!! Je t'ordonne de tuer ! »
 « Toi et tes semblables êtes les seuls que je tuerai... »
 
« Tu n'auras pas le choix... tu seras obligée de tuer pour survivre »
 
« Je suis seule maître... »
 
« Je vais te briser Prudence... »
« Accepte le fait que tu ne me changeras jamais et tues-moi... si tu me laisses vivre, je me relèverais toujours. Tu ne gagneras pas »
 
« On dirait que tu n'apprendras jamais la leçon... ici c'est moi qui commande... je suis le patron. Faites-lui côtoyer la mort à cette merdeuse ! »
 
 Je plaquai la paume de ma main sur mon front et retins un gémissement. Malgré les efforts que je faisais pour rester dans le présent, mes souvenirs continuaient de jouer avec mes pensées, me faisant perdre le contact avec la réalité par séquences de flash. J'étais en proie à des hallucinations qui me donnaient envie de frapper... de tuer. Je voulais évacuer toute la rage qui me consumait. Je refusais de revivre encore des scènes de mon passé. J'en avais marre qu'il continue à me hanter alors que j'étais ressortie vivante. Sortir...




« Prue ? Qu'est-ce que tu fais ? »
« On s'évade de ce trou à rat les amis ! Venez ! »
 
« Des loups-garous ?! »
 
« Cours ! »
 
« Nos ennemis sont juste derrière nous »
« Je ne renoncerai pas maintenant »
 
Je vis une barrière de feu se dresser devant moi, comme à l'époque de ce dernier souvenir. Je secouai la tête, essayant de ne pas repenser à tout ça, mais le mélange était vraiment insupportable.
 
« Sauve-toi s½urette... ne les laisse pas vous avoir »
« Je ne peux pas t'abandonner... »
« Partez !!! »
 
Je retins un cri sous la douleur, sentant les flashs me percuter comme des éclairs. J'avais l'impression que chacun d'entre eux tombait sur mon cerveau comme la foudre. Je me sentais irradiée.
 
« Tu deviendras la louve que je désire... tu apprendras l'obéissance »
« C'est impossible... une louve digne de ce nom est indomptable. Et je le serai »
 
J'entendis un rire dans ma tête. Je rouvris les yeux, essayant de me raccrocher à la réalité. La barrière de feu que j'avais imaginé était bien réelle. J'avais vraiment mis le feu à la moitié de l'infirmerie. Il me semblait voir quelqu'un tenter d'inonder les flammes de sa baguette, mais tout était tellement confus. Je ne savais plus où j'en étais. Je ne maîtrisais plus rien.
 
« Je suis à Poudlard... la personne près de moi n'est pas un danger... je ne dois pas perdre le contrôle... Aller Prue, ressaisis-toi ! »
 
Je fermai les yeux pour faire le vide dans mon esprit et essayer de reprendre le contrôle sur les flammes, mais c'est comme si je n'étais plus moi-même. Comme si je n'avais plus la force de rien faire. Au prix d'un énorme effort qui m'affaiblit davantage, celles-ci s'éteignirent. L'infirmière avait les yeux comme un vif d'or. Je sentis à nouveau mes forces m'abandonner, mais je tendis les jambes pour m'empêcher de tomber. J'entendis les portes s'ouvrir sans voir la personne qui entrait. Ma vue me joua encore des tours. L'obscurité tombait devant mes yeux.
« Tu es plus forte que ça, bats-toi !! »
Je luttai contre l'évanouissement, allant jusqu'à utiliser la télékinésie pour me tenir, mais ce combat contre mon propre corps m'épuisait. Quelque chose m'encercla et me souleva. Le décor disparaissait peu à peu. Avant de sombrer à nouveau, je pus sentir une odeur...agréable et sauvage.
 
« Vivre libre... ou mourir. Telle est mon unique volonté. Mon choix. Demeurer indomptable ou périr au combat. Ce sera ma seule ligne de conduite. Mon unique certitude concernant mon avenir : je ne me soumettrai jamais »
 
Je vis cette dernière image de forêt qui s'éloigne à l'infini, et dont même la pleine lune éclatante ne parvient à éclairer le chemin. La nuit engloutit tout. Souvenirs, voix, visages... et je sombrai... dans l'obscurité silencieuse où je trouvai enfin l'apaisement.
 
| Quelques secondes avant |
 
~ Point de vue de Remus ~
 
J'étais inquiet au sujet de Prue, raison pour laquelle je me rendis à l'infirmerie pour tenter une énième visite auprès de Pomfresh. Elle n'avait pas voulu me laisser entrer jusqu'à maintenant à cause de l'état de Prue qui demandait pas mal d'attention et de soins. Mais cette fois, lorsque j'approchai de la double-porte, je sentis une odeur de brûlé. De peur. Ainsi que beaucoup de haine. J'entrai en coup de vent et eus un instant d'arrêt en voyant que la moitié de l'infirmerie était en feu. Mais ce qui attira mon attention, c'était Prue, qui se tenait la tête entre les mains, les yeux  fermés sous la douleur. Je vis ses jambes fléchir, et je bondis en avant pour la rattraper. A l'instant où je la réceptionnai dans mes bras, les flammes s'éteignirent. Comme ça, d'un seul coup.
 
-         Mettez-là sur le lit ! me dit l'infirmière. Je reviens tout de suite.
 
Je me sentais sonné par la rapidité des évènements. Je sentis à nouveau la panique m'envahir, comme dans les serres. Prue était inconsciente. Son corps pourtant brûlant était en train de refroidir à une vitesse affolante. Et son c½ur... son c½ur ralentissait, battait de moins en moins fort. Je la serrai un peu plus contre moi, sentant ma gorge se nouer.
 
-        Reste avec moi.
 
C'était insupportable de voir son visage complètement éteint, ses yeux fermés. Je lui caressai la joue d'une main tremblante, espérant qu'elle ne soit pas en train de partir. Je collai mon front contre le sien, luttant contre la peur qui me tordait le ventre. Je ne comprenais rien à ce qu'il se passait. Le temps me parut long jusqu'au retour de l'infirmière, et je fus soulagé de voir Dumbledore à ses côtés.
 
-         Il va falloir nous laisser Remus, me dit le directeur.
 
Je sortis sans discuter pour les laisser agir. Lorsque les doubles-portes se fermèrent derrière moi, je remarquai qu'une douleur me traversait la poitrine et m'irradiait le corps. Je baissai les yeux sur mes mains tremblantes. C'était la première fois que la peur m'envahissait totalement. Je ne fis que quelques mètres avant de me laisser glisser le long d'un mur, me prenant la tête entre les mains  pour essayer de reprendre mes esprits. Je me sentais vidé. Sans force. Le contrecoup de l'émotion sans doute. J'avais des sueurs. Je ne me sentais pas très bien. Et c'était très simple à expliquer. Je ne voulais pas la perdre. Malgré sa froideur, malgré sa distance, ses mystères, et parfois même l'agressivité qu'elle était capable de dégager... Prue me fascinait. On ne peut pas dire que nous étions très proches tous les deux... c'était tellement difficile de nouer une relation avec elle. On avait beau passer nos journées ensemble, elle ne semblait jamais être totalement avec nous, jamais totalement détendue... et malgré tout, je l'appréciais. Je savourais chaque seconde où je la sentais vraiment présente, chaque parole qu'elle prononçait, chaque regard qu'elle avait pour moi... parce que c'était une joie indescriptible de la connaître.  Inexplicablement, je tenais à elle. Peut-être pas comme une amie. En fait c'était pire. Elle pouvait m'ignorer si elle le souhaitait, tout ce que je voulais, c'est la protéger. Mon seul souhait était de la sentir bien. J'avais si peur qu'il y ait des complications quant à son état de santé... si peur de la perdre. Je m'en voulais tellement de ne pas avoir été attentif au cours de Botanique... je n'aurais jamais dû la laisser se défouler sur une plante que je savais dangereuse. Je n'aurais jamais dû avoir confiance aux protections que nous portions. Et maintenant, voilà où j'en étais. Saisi de regrets, le c½ur déchiré à l'idée qu'elle ne sorte pas de l'infirmerie indemne.
Incapable de retourner en cours, je me relevai pour me rendre directement dans la tour de Gryffondor, l'esprit encore confus. J'avais besoin de rester seul pour reprendre le contrôle sur mes émotions.
 
Je restai longuement assis, à regarder pensivement le paysage. Et puis, mes amis me rejoignirent, m'ayant sans doute localisé grâce à la carte du Maraudeur. Ils s'assirent à mes côtés et gardèrent le silence quelques minutes.
 
-            Comment va Prue ? demanda James à voix basse.
-            ... Elle était réveillée quand je suis arrivé... mais elle n'était vraiment pas bien, et elle a reperdu connaissance. Dumbledore et Pomfresh s'occupent d'elle.
-            Ça va aller Remus. Ne t'en fais pas. C'est une sacrée louve. Elle se relèvera.
 
J'aimerais tellement avoir cette certitude. Je savais que Prue était forte. C'était une battante. Mais elle n'était pas non plus invincible. Je secouai la tête. Ce n'était pas le moment de laisser de sombres pensées m'envahir. Il fallait que je reste positif. En vain.
Je pensai à la nuit de pleine lune en regardant la forêt au loin.
 
-            Comment ça s'est passé... la nuit dernière ? demandai-je au bout d'un moment, espérant oublier momentanément mes angoisses en pensant à autre chose.
-            Comme dans un rêve... répondit Sirius un peu perdu dans ses pensées.
 
Je tournai une tête un peu surprise vers lui.
 
-          C'était beau à voir. Je t'assure. Enfin au début tu nous as un peu fait flipper... Quand Prue est entrée sous sa forme animale, tu ne semblais pas très content de la voir. Tu essayais de la dissuader de t'approcher... mais elle a continué, elle a fait abstraction. J'aurais aimé que tu vois comment elle te faisait face. Elle n'a pas affiché la moindre agressivité, pas la moindre peur. Rien. Une confiance absolue. Comme si elle était certaine que tu ne lui ferais rien. Elle s'est assise devant toi, et elle a attendu que tu te calmes un peu. Et puis elle s'est mise à te chercher, à te faire la fête, à te renifler... vous avez même joué. Pendant plusieurs minutes vous vous êtes cherchés gentiment. Une fois que tu l'as accepté, le plus dur était passé. Le restant de la nuit s'est passé comme d'habitude, on a beaucoup couru, chassé et joué dans la forêt. Mais le début de soirée est vraiment inoubliable...
 
J'avais écouté chaque parole prononcée par mon ami. Je n'aurais jamais pensé que Prue gagnerait ma confiance si rapidement.
 
-          Tu n'avais vraiment pas de quoi être aussi inquiet... renchérit James. Le courant passe très bien entre vous. Tu étais assez content d'avoir un compagnon de chasse.
 
C'est vrai que jusqu'à maintenant, j'étais le seul prédateur du groupe. Ça devait me faire du bien d'avoir une louve à mes côtés. Ça m'apaisait de parler d'elle. Je sentais la douleur moins vive dans ma poitrine.
 
-           Comment était-elle ? demandai-je.
-           Une louve pleine de puissance, rusée à la chasse, forte au combat...
-           Comme sous sa forme humaine quoi.
-          Même mieux. Hier soir, elle a aussi beaucoup joué avec nous. Elle avait vraiment la connerie, c'était assez amusant à voir, je n'aurais jamais pensé qu'elle serait aussi cool.
 
Je souris en essayant d'imaginer une louve un peu fofolle. Ça ne correspondait pas trop au caractère de " l'humaine ". Prue était au contraire très droite, sérieuse...
 
-          Je ne serais pas étonné que tu te rapproches d'elle au cours des prochaines pleine lune... taquina Sirius. Elle t'a beaucoup cherché hier soir.
 
Je sentis à nouveau mon c½ur s'évader, comme à chaque fois que je parlais de Prue avec mes amis. Ils n'arrêtaient pas de me provoquer à son sujet. Ils étaient certains qu'elle m'appréciait un peu plus que comme une simple amie. J'avais du mal à y croire... mais dans les moments où je me retrouvais seule avec elle, j'étais forcé de constater qu'il y avait bien quelque chose entre nous. Une certaine complicité nous unissait. Elle était avec moi comme avec personne d'autre dans cette école. Mais était-ce suffisant pour me permettre d'espérer franchir ses limites ?










|Jour, lieu et heure indéterminés|
 
~ Point de vue de Prue ~
 
Je me sentais émerger peu à peu... comme si je me réveillais après des mois de sommeil. Pourtant, je n'étais toujours pas dans la réalité. J'étais incapable d'ouvrir les yeux... ou ne serait-ce que de sentir mon corps. Je crois que je n'avais pas tout à fait repris connaissance. Comme si j'étais entre deux eaux. Pas suffisamment réveillée pour reprendre le contrôle, mais bien assez pour avoir conscience que j'étais encore en vie. 
Que se passait-il ? Que m'était-il arrivé ?
 
-         Je t'en supplie Prudence... réveille-toi.
 
Cette voix m'était familière. J'ignore d'où est-ce qu'elle venait. Je l'entendais dans ma tête. Un faible murmure. Un murmure brisé. Qui pouvait bien me parler ? Je n'arrivais pas à reconnaître la voix tellement elle était basse. Incertaine. Comme un souffle.
« Jeff ? »
Cela faisait une éternité que je ne l'avais pas entendu, et j'espérais que ça soit lui qui revienne enfin vers moi après tout ce temps. Mais de toute évidence, il avait quitté mon esprit depuis longtemps, car aucune voix ne résonna dans ma tête pour me répondre.
« Tu disais que tu resterais à jamais à mes côtés... pourquoi ce silence qui dure depuis des années... ? Pourquoi cette absence alors que j'ai besoin de ton soutien ? Tu m'as habitué à tes encouragements chaque fois que je croisais la Mort... chaque fois que je sentais mes forces m'abandonner... aujourd'hui je suis visiblement hors jeu. Alors pourquoi n'es-tu pas là pour me ramener ? »
Mes questions restèrent sans réponse, et je sentis mon c½ur se serrer, preuve que je n'étais pas si inconsciente que ça. Je me résignai à ne plus jamais entendre la voix du fantôme qui m'avait tant épaulé quand plus rien n'allait. J'étais seule depuis mon retour du camp. J'avais pu compter sur quelques personnes au début. Mais depuis que j'étais devenue une tueuse respectée, il ne restait que moi pour m'encourager. Mon père n'a jamais été là. Jack est occupé ailleurs maintenant qu'il a fini de me former. Diego est parti depuis un an.
Je pensais que ça me serait égal... que je me suffisais. J'avais tord. A cet instant je me sentais seule, car j'ignorais ce qui m'arrivait, et il n'y avait personne pour me le dire.
 
-         Reviens parmi nous...
 
Ah si. Il y avait bien quelqu'un. Cette voix qui me disait de revenir. Mais revenir d'où ? Je ne sais même plus le nom de la personne qui parle. Pourtant elle m'est familière. Tellement familière.
« Continue de me parler, ça me fait du bien... »
 
-         De toute ma vie... je n'ai jamais eu de sentiment aussi fort qu'en ta présence. Je t'en supplie, ne pars pas avant de m'avoir donné l'occasion de te dire à quel point je tiens à toi.
 
A nouveau je sentis mon c½ur se serrer... mais pas pour la même raison. La personne qui murmurait semblait tellement attachée. Qui ça pouvait bien être ? Bon sang, comment pouvais-je avoir oublié l'une des rares personnes qui ne me haïssait pas ? J'aurais tellement voulu pouvoir ouvrir les yeux... me réveiller en découvrant le visage de celui qui était là, à me parler malgré mon inconscience. Mais je n'avais plus le contrôle de rien. J'étais incapable de bouger. Tout ce que je pouvais faire, c'est lutter mentalement contre l'envie de me laisser emporter par le silence. Il fallait que je reste concentrée... que je m'accroche. Il fallait que je me réveille. Je ne pouvais pas mourir. Pas maintenant. Il me restait encore trop de choses à accomplir. Et j'avoue que cette voix apaisante m'aidait à remonter lentement vers la surface.
 
|. . .|
 
~ Point de vue de Remus ~
 
Le temps me paraissait durer une éternité. J'étais assis à côté du lit de Prue, attendant patiemment que le calmant de Pomfresh cesse de faire effet. Suite à son premier réveil il y a deux jours, l'infirmière et Dumbledore avaient jugé nécessaire de la mettre sous un puissant somnifère afin qu'elle puisse vraiment se reposer. J'étais encore tellement sonné de la voir là... étendue immobile. Elle avait néanmoins retrouvé quelques couleurs, ce qui lui donnait un air beaucoup plus paisible. Loin de l'image de mort qu'elle avait donné le jour de l'accident. Je fermai les yeux douloureusement en y repensant.
Je la vis à nouveau s'effondrer dans mes bras... sa température qui chutait... son corps devenant raide... les anciennes marques de piqure que j'avais remarqué au creux de ses bras... l'incendie qu'elle avait déclenché involontairement dans l'infirmerie... cette odeur de haine et de peur que j'avais senti... avant qu'elle sombre. Encore. Que s'était-il passé ? Malheureusement, il m'était impossible de deviner. Jusqu'à maintenant, jamais je n'aurais pensé que Prue était aussi perturbée. Je me doutais que son enfance dans la solitude d'un orphelinat avait laissé ses marques... mais il y avait bien plus que ça. J'en étais persuadé.
 
Je levai les yeux en voyant mes amis Maraudeurs entrer dans l'infirmerie. J'avais encore raté l'après-midi de cours, incapable de quitter le chevet de mon amie plus longtemps. Ces deux derniers jours sans elle me paraissaient assez vides. Je n'arrivais pas à rester concentré sur les cours tellement je pensais à elle. Alors autant être là. A la veiller. J'étais bien à ses côtés. Je me sentais plus rassuré. Et je voulais bien croire que lui parler accélérait son réveil.
 
-         Comment va-t-elle ? demanda Sirius.
-         Elle se repose.
-         Et le poison ?
-         Elle est tirée d'affaire de ce côté-là. L'antidote a terminé son travail.
-         Alors pourquoi elle ne se réveille pas ?
-        Pomfresh la mise sous calmant... elle dit que Prue était en proie à des hallucinations à son réveil. C'était assez violent.
-         Des hallucinations ?! s'étonna Peter.
-         Elle avait beaucoup de fièvre... et très peu de forces.
 
Mes amis se rapprochèrent. Sirius posa sa main sur mon épaule.
 
-          Je comprends ton inquiétude Remus... mais il faut que tu arrêtes de rester ici. Prue est entre de bonnes mains.
-          Je l'ai senti partir à deux reprises dans la même journée...tout ça parce que je n'étais pas suffisamment attentif !
-       Ce n'est pas de ta faute Remus, dit doucement James. Ce n'est pas le premier accident qui arrive en cours. Et rester là ne la fera pas se réveiller plus vite si elle est sous calmant.
 
Je déglutis péniblement. Ils avaient raison bien sûr. Mais j'avais eu si peur ce jour-là.
 
-              Viens manger Remus... reprit Sirius.
 
J'acquiesçai lentement. Je me levai de la chaise en regardant Prue une dernière fois. Incapable de résister, je me penchai sur elle pour l'embrasser sur le front. Après quoi je sortis de l'infirmerie, suivant mes amis, l'esprit ailleurs.
 
| . . . |
 
~ Point de vue de Prue ~
 
Je me réveillai lentement, ayant la vague sensation de me libérer d'un puissant étau. J'étais dans l'infirmerie. Encore. Je ne bougeai pas de suite cette fois. J'avais mal partout, comme si un feu intérieur avait ravagé mon organisme. Je refermai les yeux, encore un peu sonnée.
J'entendis des pas se rapprocher, et je fis l'effort de rester éveillée. Ce n'est pas l'infirmière qui arriva comme je le pensais, mais un homme. Je clignai des yeux plusieurs fois pour éclaircir ma vue.
 
-         Bonjour, Miss Hunt.
 
« Cette voix... Dumbledore ? »
 
-         Comment vous sentez-vous aujourd'hui ?
-         « Aujourd'hui... ? » Ça fait combien de temps que je suis ici ? demandai-je la voix encore un peu endormie.
-         Cinq  jours. Nous sommes le 29.
-         Qu'est-ce qui s'est passé ?
-         Tu ne te souviens pas ?
 
Je fronçai les sourcils, essayant de me remémorer mon plus récent souvenir. Je me revis gambader au clair de lune dans la forêt avec les Maraudeurs sous leur forme animale, échanger quelques paroles avec Remus dans la salle commune avant de m'endormir...un réveil difficile, une préparation hâtive, une journée interminable de cours... des serres, une plante agitée, une discussion avec Remus... des branches autour de mon cou... une douleur...une brûlure intérieure...du sang...
Je passai instinctivement mes doigts sur mon cou. Je sentis trois croutes bien distinctes.
 
-         Le cours de Botanique... soufflai-je.
-         Oui. Une plante t'a agrippé au cou et a planté ses épines venimeuses.
-         Je ne me souviens pas de la suite.
-         C'est normal... tu étais inconsciente. Le Professeur Chourave t'a administré un antidote sur place avant que ton ami Remus t'amène ici.
-         ...
-         Prue, vois-tu... Je viens, d'abord pour m'assurer que tu vas bien, et ensuite pour te parler de ce qui s'est passé l'autre jour. Le feu, tu te souviens ?
 
J'essayais de me remémorer ce qui s'était passé, mais c'était assez vague. J'eus un flash me montrant des flammes dans l'infirmerie. Oui, j'avais bien mis le feu... je n'avais aucune idée pourquoi j'avais fait ça. C'était encore trop confus...
 
-         Pardonnez-moi... je ne me souviens pas vraiment de ce qu'il s'est passé... mais s'il y avait le feu à l'infirmerie, je suppose que c'est bien moi qui l'ai déclenché. Désolée, je ne voulais pas faire ça.
-         Je sais bien, je ne t'accuse pas. C'est juste que... tu es parvenue à te servir de la magie – d'une certaine puissance au passage – sans avoir recours à ta baguette... ni à la moindre incantation.
-         Même les elfes savent le faire, renvoyai-je. Ainsi qu'un bon nombre de jeunes sorciers qui ont leur première manifestation magique.
-         Tu n'es ni un elfe ni une gamine qui n'a pas appris à canaliser ses pouvoirs. Je sais ce que Pomfresh a vu.
-         Où est le problème ? J'avais de la fièvre, je ne maitrisais plus rien...
-         Tu sais te servir de la magie sans baguette n'est-ce pas ? Ce n'était pas la première fois ?
-         Je maîtrise certains sortilèges comme ça oui... Et alors ?
-         Alors c'est la preuve d'une grande puissance magique. Je veux  juste m'assurer que tu en aies le contrôle.
-         Bien sûr que j'en ai le contrôle.
 
Ses yeux bleus me fixèrent, comme pour essayer de voir dans ma tête. Je me fermai pour lui bloquer l'accès juste au cas où l'idée lui vienne d'entrer dans mon esprit. Dumbledore était sans doute le sorcier le plus à craindre pour ma couverture.
 
-         Comment peux-tu en être sûre ?
-         Ça ne m'était pas arrivé depuis très longtemps. J'avais de la fièvre, c'est sans doute ça qui m'a...dérouté.
-         La fièvre... ? J'aurais parié que c'est la colère qui avait été le déclencheur.
-         Dans ce cas c'est la fièvre qui m'énervait.
 
Il me passa à nouveau au rayon X. Je conservai un calme imperturbable.
 
-         Tu me rappelles beaucoup quelqu'un... finit-il par dire.
-         Ah... 
 
Mon coeur tressaillit quelque peu, car Dumbledore était déjà professeur du temps où mon père était dans cette école. Il ne devait surtout pas faire le rapprochement entre nous deux, sinon j'étais grillée. Je repoussai les draps et me levai avec précaution, prétexte de couper court à cette discussion. Je ne sentais plus ce feu me faire bouillonner le sang dans mes veines. Ça allait mieux, enfin.
 
-         Ça va ?
-         ... Oui.
-         Miss Hunt ! s'indigna une voix.
 
Je levai les yeux au ciel en voyant l'infirmière se précipiter vers moi.
 
-         Recouchez-vous !
-         Ce n'est pas nécessaire cette fois. Merci de vous être occupée de moi.
 
Je pris mes vêtements et allai me changer dans la pièce d'à côté. Une fois fait, je rendis ma tenue de patiente et quittai l'infirmerie, inondée des protestations de la vieille. J'étais encore fatiguée, c'est vrai, mais je n'avais aucune envie de rester dans l'infirmerie. J'avais besoin de me dégourdir les jambes, de prendre l'air...
 
Je marchai à travers les couloirs et sortis. Mes muscles étaient fatigués et me le faisaient ressentir. Mon cerveau était comme...endormi lui aussi. J'approchai du lac. Je m'accroupis au bord et mis la main dans l'eau glacée. Je la posai sur ma nuque pour me réveiller un peu. L'effet fut immédiat, je sentis déjà mon esprit plus vif. Je restai un moment là, à genoux dans la neige, saisie par le froid. Je n'étais pas très couverte, mais le feu en moi me permettait de ne pas ressentir les piqûres de la température.
Une fois l'esprit un peu plus clair, je rentrai pour aller chercher mes affaires de cours. A un croisement, je percutai quelqu'un. L'impact à l'épaule me fit reculer, m'arrachant un gémissement.
 
-         Fais attention sale garce ! menaça une voix de fille.
-         Pardon ? répondis-je, glaciale.
-         Ne m'oblige pas à me répéter saloperie ! siffla-t-elle en se relevant.
 
Ma haine augmenta bien vite. Trop vite. Je n'avais pas encore repris mes esprits... pas suffisamment pour garder le contrôle sur mes pulsions en tout cas. J'attrapai la fille à la gorge et la collai violemment contre le mur, resserrant mon étreinte. Je sentis son pouls s'affoler sous mes doigts. Un sentiment de puissance s'empara de moi. Elle ne pouvait plus parler...presque plus respirer. Ses yeux surpris et effrayés m'imploraient... des larmes commençaient à apparaître dans ses yeux. Mon regard fut attiré par quelque chose de brillant sur sa poitrine. J'eus l'impression de recevoir une décharge, me faisant relâcher mon étreinte d'un coup. La Serpentard tomba à genoux, se tenant la gorge, respirant avec difficultés. Je la regardai, calme, sans remord... Je commençais à en avoir plus qu'assez de toujours devoir remettre des Serpentard en place dès que j'en croisais. C'était une putain d'ironie pour une descendante de Salazar de me disputer systématiquement avec !
 
-         Ne t'avise plus jamais de me parler sur ce ton... Suis-je claire ?
-         Oui, très claire, dit-elle avec difficulté.
 
Je continuai ma route, toujours un peu énervée. J'aperçus les Maraudeurs au loin, se dirigeant vers une salle de cours. J'aurais préféré qu'ils ne me voient pas, je n'étais pas encore prête à reprendre mon rôle, mais c'était peine perdue. Sirius tapota l'épaule de James et Peter en me voyant. Je ne compris par l'illumination qui balaya leur visage. Ils sourirent instantanément en me regardant, apparemment très contents de me revoir. Ils se ruèrent sur moi, parcourant la distance qui nous séparait en quelques secondes. Sirius me prit directement dans ses bras, suivi de James. Je vis Peter m'adresser un sourire par-dessus l'épaule de ses amis. J'étais un peu surprise par leur comportement.
Pourquoi un tel élan ?
 
-         C'est bon de te revoir ! me dit Sirius. Comment te sens-tu ?
-         Bien, répondis-je platement en me détachant de lui. Je vais chercher mes affaires et je vous rejoins en cours.
-         Hé ! Attends une seconde ! me retint Sirius.
 
Je m'arrêtai pour leur faire face.
 
-         Quoi ?
-         C'est tout ?
-         Quoi "c'est tout" ?
-        Putain Prue c'est une blague j'espère ?! Tu te réveilles d'un accident avec un poison mortel après cinq jours de soins intensifs, et la seule chose que tu trouves à dire c'est : "je vais chercher mes affaires" ?!
-         Que veux-tu que je te dise d'autre ?
 
Sirius me regarda avec effarement. James aussi d'ailleurs. Je ne comprenais pas trop. Qu'est-ce qu'ils avaient ? Je n'étais pas morte ! C'était un accident de rien du tout, j'avais été prise en charge immédiatement. Je m'étais retrouvée entre de bonnes mains, pas de quoi s'inquiéter.
 
-         Boh rien, y a rien à dire ! Nous on s'est juste fait un sang d'encre pendant cinq jours. No souci. Tout va bien.
 
Je ricanai. Bon sang, c'était bien la première fois que quelqu'un s'inquiétait pour mon réveil. Il n'y a que Diego qui s'intéressait vraiment à mon état de santé. Mais eux... mes cibles, s'inquiéter ?! Pourquoi ? Nous n'étions pas assez proches pour justifier une telle attention !
 
-         Y  avait vraiment pas de quoi les gars.
-         T'as pas vu dans quel état tu étais ! s'indigna James. 
-         Et bien aux dernières nouvelles, je ne suis pas morte ! fis-je remarquer.
 
Je n'étais pas habituée à ce qu'on s'en fasse pour ma santé. Rencontrer la Mort avait été si habituel que ça en était presque devenu un jeu. Un truc banal.
 
-         Ça aurait pu, ce poison était très dangereux !
-         Ce n'est pas le cas ! Oh et puis... pourquoi on a cette discussion ?!
-         Attends, tu réagis comme s'il ne s'était rien passé ! intervint Peter. C'est grave ce qui t'est arrivé ! Tout le monde s'est inquiété !
-         Hé, je me suis juste faite attaquer par une plante - que je massacre si je revoie -, Remus m'a sauvé, cinq petits jours de repos à l'infirmerie et me revoilà en pleine forme ! Fin de l'histoire. D'ailleurs, il est où Remus ?
-           Probablement en haut de la tour de Gryffondor, à repenser en boucle à ce petit incident sans importance, ironisa Sirius. Il a eu un peu de mal à venir en cours ces derniers jours.
 
Je me calmai de suite en entendant ça bien que le ton de Sirius me donne envie de lui en coller une.
 
-              De quoi tu parles ? demandai-je.
-              Si ça fait cinq jours qu'on flippe pour toi, tu n'as pas idée dans quel état est Remus. C'est dans ses bras que tu étais quand la température de ton corps chutait et que ton coeur ralentissait... c'est lui qui te sentait partir... Alors si pour toi il ne s'est rien passé parce que tu étais inconsciente, ce n'est pas le cas pour les personnes qui t'entouraient. Tu ne peux pas savoir ce que c'est de sentir la vie de quelqu'un s'échapper dans tes bras.


Mon regard se perdit l'espace de quelque secondes et je sentis mes muscles se tendre. J'ignore si c'était de la haine ou du chagrin qui m'envahissait dans ces moments-là. Peut-être les deux. Je savais précisément ce que Remus avait dû ressentir pendant que la vie s'échappait. Un sentiment d'impuissance, de panique... du désespoir à l'idée que la personne n'ouvre plus jamais les yeux. Je balayai ce souvenir de ma tête. Il ne valait mieux pas que je pense à ça si je ne voulais pas perdre à nouveau le contrôle.
 
-         Je vais le chercher, dis-je. Allez en cours, on se retrouve tout à l'heure.
 
Je m'éloignai sans leur laisser le temps de répondre, mais je vis bien la lueur de tristesse qui leur traversait les yeux. A avoir trop souvent croisé la mort, je n'en avais même plus peur. C'était comme un jeu. Un jeu où le risque de perdre ne m'effrayait pas. Mais Sirius avait raison. Pour eux qui ne savaient rien de la mort... ils avaient dû avoir peur.
 
J'atteignis le haut de la tour presque sans m'en rendre compte, trop absorbée par mes pensées. Je vis que Remus était effectivement assis contre le mur de pierre, à regarder loin devant lui, le regard un peu vide. Il semblait assez préoccupé.
 
-         Remus, appelai-je doucement.
 
Il releva vivement la tête dans ma direction. Je vis la surprise dans ses yeux avant qu'un grand sourire éclaire son visage jusqu'alors dénué d'expression. Il se leva d'un bond pour me faire face. Il retint un élan vers moi qui ne passa pas inaperçu. J'appréciai cependant qu'il ne me saute pas dessus comme les autres Maraudeurs l'avait fait. Lui savait respecter les distances.
 
-           Prue... comment vas-tu ?
-           Bien, merci.
 
Je souris en voyant qu'il hésitait toujours à amorcer un pas dans ma direction. J'essayai d'afficher un masque moins froid pour l'encourager. Il rigola nerveusement avant de me prendre enfin dans ses bras. Cette étreinte me dérouta un peu. Je sentais tellement d'émotions venant de sa part. Sirius n'avait pas exagéré... Remus avait vraiment eu peur. Je le sentais. Il était assez ému. Ça me fit sourire d'ailleurs. Ce grand et puissant loup avait une grande part de sensibilité.
 
-          C'est bon de te sentir vivante, souffla Remus au bout d'un moment.
 
Je sentais qu'il en avait gros sur le c½ur. Je me détachai un peu de lui, prenant sa tête dans mes mains pour l'obliger à me regarder. Je ne voulais pas qu'il se sente mal par ma faute. Je n'en valais pas la peine.
 
-         Je suis désolée de t'avoir fait vivre ça. Mais comme tu peux le voir, je suis bien en vie. C'est fini, je vais bien.
 
Je me rendis compte que c'était la première fois que j'étais aussi près de lui. Son regard était encore plus déroutant. Je le lâchai, commençant à trouver mes mains un peu trop chaudes sur ses joues.
 
-         Bon, si on allait faire un tour ? proposai-je en reculant d'un pas. J'ai besoin de me réveiller avant d'aller bosser.
 
Je vis une lueur taquine lui traverser les yeux.
 
-          ... Ok.
-         Aaaaaargh !!!
 
Un courant glacé me parcourut le corps. Je levai la tête. Un sceau d'eau s'était renversé sur moi.
 
-          Putain d'enfoiré ! m'exclamai-je. Je vais te faire mordre la neige !!
-          J'aimerais bien voir ça... dit-il en éclatant de rire.
 
Indignée, je me ruai sur lui, l'encerclant tout en le faisant reculer vers le rebord. Je l'emportai avec moi par-dessus, sans le lâcher, l'entraînant dans une chute vertigineuse. Je nous ralentis au dernier moment pour le poser en douceur sur la neige. Je me retrouvai en partie allongée sur lui, morte de rire devant son air choqué. Il était livide.
 
-          ... Je crois que j'ai laissé mon c½ur en haut de la tour, répondit Remus d'une voix blanche.
 
Je ris de plus belle. J'avoue que j'y étais allée un peu fort dans les sensations extrêmes. Mais c'était vraiment trop tentant.
 
-          Désolée, mais tu sais très bien qu'il ne faut pas me provoquer.
-          Je ne t'ai pas provoqué ! s'indigna Remus.
-          Tu ne me croyais pas capable de te faire mordre la neige !
-          Parce qu'il n'y a pas de neige dans les couloirs !
 
J'eus un instant d'arrêt. Je n'avais pas pensé les choses sous cet angle. Un sourire commença à se dessiner sur les lèvres de Remus, tout comme sur les miennes, et on éclata de rire.
 
-          On devrait aller en cours, dis-je lorsqu'on commença à se calmer.
-          Autant attendre la prochaine heure, McGo ne nous acceptera pas, on a dépassé les quinze minutes tolérées.
-          Et on fait quoi d'ici là ?
 
Remus me fit un clin d'oeil, souriant de plus belle. Il se redressa vivement pour me faire basculer et échanger nos rôles. Je sentis une vague de froid me saisir le dos lorsque la neige se mit à fondre sous mes vêtements. J'eus un flash me remontrant la Cabane Hurlante... lorsque Lunard avait fini par me clouer au sol pour que je me retrouve sous lui. Un peu comme maintenant.
 
-         Sérieusement ? dis-je. Tu veux jouer à ça ?
-         Mais à quoi ? demanda innocemment Remus.
 
Je lui fis une prise pour échanger à nouveaux nos places. J'attrapai un peu de neige au passage pour lui envoyer au visage. Je me relevai d'un bond, tournant autour de lui avec le sourire aux lèvres. Remus ne se fit pas prier pour se relever et me faire face. Il avait une lueur joueuse dans les yeux qui me fit sourire.
 
-            Et maintenant ? demanda Remus.
 
D'une pensée, je soulevai la neige derrière lui avant de la laisser retomber. Il poussa un cri de surprise en s'affaissant sous le poids. Il sortit sa baguette pour me rendre la pareille, et commença alors une bataille de neige. La première de ma vie.
 
Je ne sus dire combien de temps on passa ensemble, à s'amuser en se lançant de la neige et en se battant gentiment. Remus finit par rendre les armes, trop frigorifié pour continuer. J'avoue que j'avais un sacré avantage en me servant de mon pouvoir sur le feu pour conserver mon corps à une température normale. J'étais immunisée contre les morsures de l'hiver contrairement aux autres. J'éclatai de rire en voyant Remus essayer de se lancer un sort pour se réchauffer. Il tremblait tellement qu'il venait de se manquer pour la seconde fois. Je sortis ma baguette pour lui lancer moi-même le sort, dans un élan de compassion.
 
-             Merci, dit-il. Ça va mieux ! On rentre ?
-             Oui.
 
On se mit à marcher vers l'entrée de l'école, ralentis par l'épaisse couche de neige qui recouvrait le sol.
 
-             Prue, j'aimerais te poser une question...
-             Je t'écoute.
-         Qu'est-ce qu'il s'est passé l'autre jour... à l'infirmerie ? Pomfresh dit que tu semblais... halluciner.
 
Je restai silencieuse plusieurs secondes. Je n'avais pas tellement envie d'aborder le sujet. Je ne pouvais pas lui dire la vérité de toute façon.
 
-            C'est possible...
 
Remus m'encouragea d'un regard à poursuivre.
 
-          Excuse-moi, mais je n'ai qu'un vague souvenir de ce qu'il s'est passé. Je ne sais pas trop ce qui m'a traversé l'esprit.
 
Je compris au regard de Remus qu'il n'était pas très convaincu. Cependant, je n'étais pas résolue à lui en dire plus. Les souvenirs qui étaient remontés à la surface devaient restés secrets.
 
-             Je vois... mais si un jour tu as besoin de parler... je suis là. Ok ?
-             Merci Remus. Mais ça va aller, je vais bien.
 
Il sourit faiblement.
 
-             Oui, bien sûr, dit-il.
 
Nous étions arrivés devant la grande porte. On se rendit directement en cours de Sortilèges. Pour la séance pratique, je n'avais pas besoin de mes affaires de cours, ma baguette me suffisait. J'irai les chercher avant d'aller manger. Mon arrivée devant la salle de cours ne passa pas inaperçue. Beaucoup d'élèves étaient là, attendant le professeur pour entrer. Pas mal de Gryffondor demandèrent de mes nouvelles, et je leur répondis assez brièvement. Le professeur Flitwick arriva et nous autorisa à entrer. Il m'adressa un large sourire en me voyant.
 
-            Content de vous revoir parmi nous, dit-il. 
 
Je souris en guise de réponse.
 
-             Comme nous tous, lança Sirius.
-             Elle commençait à nous manquer, ajouta Remus avec un clin d'oeil.
 
J'eus l'impression que mon esprit fut traversé d'un courant.
«De toute ma vie... je n'ai jamais eu de sentiment aussi fort qu'en ta présence. Je t'en supplie, ne pars pas avant de m'avoir donné l'occasion de te dire à quel point je tiens à toi. »
 Je me souvins avoir entendu une personne me parler pour m'encourager à me réveiller lorsque j'étais inconsciente. C'était lui. C'était Remus qui était à mes côtés. Il était resté auprès de moi. Je sentis une douce chaleur m'envahir en l'imaginant auprès de mon lit. Trop de choses inhabituelles s'étaient produites ces derniers jours... mon passé s'était plus que jamais invité dans le présent. Et j'avais plus que jamais passé de trop bons moments avec Remus. Ce n'est que maintenant que je prenais conscience à quel point j'avais fait du bon travail. Je n'avais pas seulement réussi à entrer dans le cercle des Maraudeurs... ils s'étaient tellement attachés à moi qu'ils ne voulaient plus m'en voir sortir.
J'aurais dû crier victoire pour ma mission... mais ce ne fut pas le cas. J'étais juste perturbée. Perturbée qu'une de mes proies ait un tel attachement à mon égard.
Perturbée de ressentir tant de plaisir à en découvrir l'existence.




Chapitre 12 : Empoisonnement
 
 
Et voilà pour ce nouveau chapitre ! Je vous avoue qu'il n'a pas été facile à écrire celui-là, alors une fois de plus, vos avis sont très attendus. Je vois que beaucoup visitent régulièrement mon blog et kiffent mes articles... ça me fait plaisir bien sûr, mais les commentaires restent le meilleur moyen de m'améliorer. Je ne vous demande pas un roman, juste quelques mots pour me dire ce que vous avez pensé du chapitre.
Sur ce, je vous dis à demain pour le mot de Tracker et l'aperçu du chapitre 13  =)
Bisous !

Tags : L'histoire d'un assassin - Partie 1 : L'amour d'un Assassin - tome 1

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Comments :

  • Dum-Cha

    21/12/2016

    Bonjour, jeff ? Un nouveau personnage..

  • x3-Hogwarts-x3

    24/11/2015

    En tout cas, je rajouterai une chose : on se demande pourquoi j'aime pas la botanique !! xD

  • x3-Hogwarts-x3

    24/11/2015

    Coucou ! Me revoilà ;)

    Olala lala... Quel chapitre intense en émotion !! Je me pose plein de question maintenant : Qui est Jeff ? Que s'est-il passé ? A quoi correspondent ces souvenirs ? J'ai hâte de savoir ! Même si j'ai cru comprendre quelques petites choses... Je suis sûre de me tromper xD
    Et... Remus est très attaché à elle. Et elle aussi. ça la perturbe vraiment. Elle va avoir du mal à réaliser sa mission... :/ (heureusement pour nous !) Mais ça, ça fait un bon moment qu'on le devine ;) Seulement, je crois que Dumbledore commence à deviner, lui aussi...

    Un très bon chapitre en tout cas, bravo !

  • fichp-lifealwaysrestart

    24/08/2015

    Chapitre assez conséquent... Il s'y passe beaucoup de choses. Le passé de Prue m'intrigue de plus en plus, je me demande quel rôle a eu Remus dans ce souvenir, et qui est ce Jeff. J'aime bien pefait qu'il y ait action et sentiments dans ce chapitre.

  • aliseevila

    27/06/2014

    Un chapitre assez lourd à lire, sûrement dû aux différents point de vue.
    Pour la première scène, prue parle avec quelqu'un mais on ne sait pas qui. J'étais frustrée de ne pas savoir.
    Le premier point de vu de Rémus était super bien écrit. On entre facilement dans l'histoire.
    Le premier point de vue de prue dans l'infirmerie est très floue. J'ai eu du mal à suivre le récit.

    Je t'avouerais que pour la suite j'ai lu sans relevé grand chose.

    Je trouve les points de vue de Rémus remplit d'émotions et de sentiments.

  • hostfresh-HarryPotter

    23/06/2014

    Quand vont-ils s'embrasser ???? Allez, ça rajouterai du piquant dans ses décisions !!!

  • aSupernaturalLife

    07/04/2014

    Hey !
    ça faisait longtemps que je n'étais pas venu.
    Je n'ai pas eu un moment à moi, mais je regrette de ne pas être venue avant! Ce chapitre était extra, j'ai vraiment adoré. Tu écris comme une pro, on est dedans du début à la fin!
    A bientôt pour la suite ;)

  • harry-potter-8-fic

    31/03/2014

    j'ai adoré ce chapitre

  • assassin-maraudeurs

    12/01/2014

    Apparencesfic wrote: "J'ai beaucoup aimé, comme toujours.

    Remus m'a donné envie de verser une larme, c'est fou comme il était inquiet. Et ça se comprend. On voit qu'il est beaucoup plus attaché à Prue que ce qu'il pourrait croire ou avouer.

    Les souvenirs de Prue étaient déconcertants, ils donnaient pas mal d'indices, mais en même temps, c'est encore tellement vague... J'imagine que c'est ce que tu voulais que ça fasse, que ça nous amène à se poser plein de questions. Comme tu l'as dit dans un commentaire sur un autre chapitre, l'histoire est loin d'être terminée! Je ne ferai aucune supposition sur ce qui a pu arriver dans le passé de Prue, car, honnêtement, j'ai peur de me tromper et d'avoir l'air nouille (x)) Au moins, on a les noms de certaines personnes qu'elle a connu et qui ont fait partie de son passé, ça aide toujours! Et on peut avoir une petite (toute minuscule) idée de comment Prue a pu rencontrer Remus pour la première fois. On sait par exemple qu'elle n'était pas seule, et qu'il y avait plus qu'un loup-garou. En fait, peut-être même que Lunard les a aidés, elle et ses amis (ou peu importe comment on peut les qualifier) à se défendre contre les autres loup-garous. Je suis peut-être carrément dans le champ, je ne sais pas. Pour une fille qui a dit qui ne ferait pas de suppositions, j'en fait, mais pas grave! (x))

    Et pour ce qui est de la fin, quand Prue se rend compte que c'est Remus qui est resté à ses côtés, elle se rend enfin compte que les Maraudeurs, et Remus en particulier, tiennent à elle. Je suis contente aussi qu'elle soit contente de l'apprendre. Même si elle est perturbée de ça et que ses barrières ne sont pas près de tomber, c'est un pas dans la bonne direction! (en sachant que la bonne direction, selon moi, c'est qu'elle s'ouvre aux Maraudeurs et qu'elle soit moins "anti-amicale" ;) )

    Je ne sais pas si Prue va un jour être vraiment chaleureuse, vu qu'elle semble avoir un passé sombre et que ce n'est pas dans sa nature, mais j'aimerais bien. Au moins avec les Maraudeurs. Surtout en voyant qu'ils font bien des efforts pour faire tomber ses barrières. Je suis pratiquement certaine qu'elle va finir par... je ne dirais pas laisser tomber sa mission, mais... disons ne plus agir uniquement pour cela. Ç'a même déjà commencé, elle s'en ait rendu compte. Mais j'imagine qu'elle va finir par réellement les apprécier, tous, et c'est certain, selon moi du moins, qu'elle n'arrivera pas à les tuer. Ou qu'elle va changer de camp avant qu'ils arrivent au Ministère. Ou qu'il y ait quelque chose qui fasse en sorte qu'elle n'aura plus à le faire. Ou peu importe. Si les Maraudeurs meurent tous à la fin, c'est poche.

    J'ai pas mal... "extrapolé" comme dit ma prof de français (x)) mais bon! Arrange-toi avec ça hahah! (c'est une blague!)

    Arie
    "

    Merci pour ton commentaire détaillé =)

    Oui, tu l'as bien remarqué, c'est normal si le passé de Prue est encore flou. Je laisse des indices, mais ils ne sont pas suffisant pour deviner. Cependant, tu peux quand même faire des suppositions, comme ça je vois où le lecteur en est ;) n'aie pas peur de te tromper.
    Tes suppositions sur la rencontre avec Lunard ne sont pas si mauvaises, t'es sur la bonne voie.

    Concernant l'avenir du comportement de Prue avec les Maraudeurs, tu auras très vite les réponses. A partir du chapitre 14, et surtout 15, il va commencer à y avoir un net changement qui va perdurer dans la suite de l'histoire.

  • Apparencesfic

    12/01/2014

    J'ai beaucoup aimé, comme toujours.

    Remus m'a donné envie de verser une larme, c'est fou comme il était inquiet. Et ça se comprend. On voit qu'il est beaucoup plus attaché à Prue que ce qu'il pourrait croire ou avouer.

    Les souvenirs de Prue étaient déconcertants, ils donnaient pas mal d'indices, mais en même temps, c'est encore tellement vague... J'imagine que c'est ce que tu voulais que ça fasse, que ça nous amène à se poser plein de questions. Comme tu l'as dit dans un commentaire sur un autre chapitre, l'histoire est loin d'être terminée! Je ne ferai aucune supposition sur ce qui a pu arriver dans le passé de Prue, car, honnêtement, j'ai peur de me tromper et d'avoir l'air nouille (x)) Au moins, on a les noms de certaines personnes qu'elle a connu et qui ont fait partie de son passé, ça aide toujours! Et on peut avoir une petite (toute minuscule) idée de comment Prue a pu rencontrer Remus pour la première fois. On sait par exemple qu'elle n'était pas seule, et qu'il y avait plus qu'un loup-garou. En fait, peut-être même que Lunard les a aidés, elle et ses amis (ou peu importe comment on peut les qualifier) à se défendre contre les autres loup-garous. Je suis peut-être carrément dans le champ, je ne sais pas. Pour une fille qui a dit qui ne ferait pas de suppositions, j'en fait, mais pas grave! (x))

    Et pour ce qui est de la fin, quand Prue se rend compte que c'est Remus qui est resté à ses côtés, elle se rend enfin compte que les Maraudeurs, et Remus en particulier, tiennent à elle. Je suis contente aussi qu'elle soit contente de l'apprendre. Même si elle est perturbée de ça et que ses barrières ne sont pas près de tomber, c'est un pas dans la bonne direction! (en sachant que la bonne direction, selon moi, c'est qu'elle s'ouvre aux Maraudeurs et qu'elle soit moins "anti-amicale" ;) )

    Je ne sais pas si Prue va un jour être vraiment chaleureuse, vu qu'elle semble avoir un passé sombre et que ce n'est pas dans sa nature, mais j'aimerais bien. Au moins avec les Maraudeurs. Surtout en voyant qu'ils font bien des efforts pour faire tomber ses barrières. Je suis pratiquement certaine qu'elle va finir par... je ne dirais pas laisser tomber sa mission, mais... disons ne plus agir uniquement pour cela. Ç'a même déjà commencé, elle s'en ait rendu compte. Mais j'imagine qu'elle va finir par réellement les apprécier, tous, et c'est certain, selon moi du moins, qu'elle n'arrivera pas à les tuer. Ou qu'elle va changer de camp avant qu'ils arrivent au Ministère. Ou qu'il y ait quelque chose qui fasse en sorte qu'elle n'aura plus à le faire. Ou peu importe. Si les Maraudeurs meurent tous à la fin, c'est poche.

    J'ai pas mal... "extrapolé" comme dit ma prof de français (x)) mais bon! Arrange-toi avec ça hahah! (c'est une blague!)

    Arie

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