Chapitre 13 : Une croisière sanglante

« Je ne quittais plus les Maraudeurs une seule seconde lorsque j'étais en dehors du dortoir. Ou plutôt, ce sont eux qui ne me quittaient pas. Mon petit accident avec la plante avait au moins eu l'avantage de nous rapprocher. Mais depuis quelques jours, j'étais très absente mentalement. Depuis que j'avais reçu le briefing sur mes prochaines victimes pour être précise. C'était la fameuse mission tant attendue où huit cibles devaient trouver la mort. Une partie de chasse qui promettait d'être excitante... »
 
Chapitre 13 : Une croisière sanglante


 
|30 novembre 1976 – Poudlard – Cours de DCFM - 17h|

 
Depuis ma sortie de l'infirmerie la veille, je m'étais rendue compte que ma petite mésaventure avec la plante avait fait le tour du château. Encore une fois, les gens avaient une raison de s'intéresser à ma personne, et c'était vraiment pénible.  Moi qui étais satisfaite d'avoir réussi à me fondre dans la masse petit à petit... voilà que je me retrouvais à nouveau sous les projecteurs. Le problème des internats, c'est comme avec les médias : le moindre évènement fait la une, et tout le monde en parle. Le pire, c'est que l'histoire se déformait au fur et à mesure. Toujours pareil avec les ragots... je détestais ça.
Beaucoup de Gryffondor prenaient de mes nouvelles, alors qu'on ne s'était jamais adressé la parole. Même si je devais reconnaître qu'ils étaient sympas, ça avait le don de m'exaspérer. Pourquoi ils se comportaient tous comme s'il y avait eu un drame ? Chourave m'avait de suite administré l'antidote et j'étais restée entre les bonnes mains de Pomfresh pendant cinq jours. Ce n'est pas comme si j'avais manqué de soins ! Même les professeurs que je croisais m'avaient tous arrêtée pour parler de l'accident avec moi et prendre de mes nouvelles. Une attitude pesante pour moi qui avais tourné la page à l'instant où j'avais franchi le seuil de l'infirmerie.

La bonne nouvelle, si on peut appeler ça ainsi, c'est que les Maraudeurs s'étaient encore rapprochés de moi. Pour le bien de ma mission, je les laissais faire et essayais de me montrer de meilleure compagnie. Surtout avec Remus. Me rappelant la conversion un peu tendue que j'avais eu avec les Maraudeurs à ma sortie de l'infirmerie, j'essayais de ne pas me montrer trop indifférente à ce qui m'était arrivé, par respect pour lui. J'avais vraiment du mal. Je ne comprenais pas pourquoi il s'était tant inquiété. Ok, ça avait dû être éprouvant pour lui d'avoir l'impression de me sentir partir... il n'avait sans doute pas l'habitude de ce genre de situation. Ok, il avait eu peur. Mais... bon sang, qui suis-je pour qu'il attache autant d'importance à mon état de santé ? Même dans le cas où ça avait mal fini, qu'est-ce que cela pouvait bien lui faire ? Ce n'est pas comme si nous étions proches !
 
Je soupirai d'agacement. Bon c'est vrai, il y avait bien un petit quelque chose chaque fois qu'on était ensemble qui prouvait qu'il m'appréciait beaucoup. C'était réciproque d'ailleurs, Remus était un garçon assez intéressant. Attachant même. Je jetai un ½il vers le concerné. Il était inchangé, avec son air calme et serein peint sur le visage. Toujours cette sagesse mêlée à la malice lisibles dans la profondeur de son regard. J'avais du mal à me représenter le Remus inquiet et déstabilisé que m'avait décrit Sirius. Je fermai momentanément les yeux, me remémorant encore une fois les quelques paroles prononcées par Remus pendant mon inconscience. C'était pourtant bien réel... il était vraiment resté auprès de moi, craignant une mauvaise fin. Je passai lentement mes mains sur mon visage, soupirant. Cet attachement qu'il avait pour moi... sur le coup ça m'avait fait plaisir... mais depuis je commençais à le sentir de plus en plus pesant. Déstabilisant. Je ne savais pas jusqu'où je pouvais laisser Remus se rapprocher. Je n'arrivais pas à poser la limite entre ma mission... et moi-même. Il fallait que je garde le contrôle sur lui. Je ne pouvais pas le laisser me perturber ainsi.

Je secouai la tête, essayant de me recentrer sur le cours, bien que je maîtrise le sujet. Maxwell ne m'avait pas sollicitée aujourd'hui. Pour la première fois depuis le début de l'année d'ailleurs. J'étais un peu frustrée. Pas de ne pas être prise pour une démonstration, ça je m'en foutais à vrai dire. Non ce qui me frustrait, c'est qu'il me "ménage". Je n'en avais pas besoin. J'allais très bien. Je ne voulais pas que les gens changent leur attitude juste parce que j'étais passée par l'infirmerie quelques jours.
La fin du cours sonna, et je rangeai mes affaires, toujours plongée dans mes pensées.
 
-         Vous semblez perturbée miss Hunt...
 
Je sursautai légèrement en regardant le prof. Je ne l'avais pas vu arriver.
 
-         Non non, ça va, assurai-je.
 
Il fallait vraiment que je remette mon masque d'impassibilité.
 

-        Gagner contre un professeur et perdre contre une plante... franchement, me taquina Maxwell.
-         Un léger moment d'inattention de ma part, dis-je en souriant malgré une pointe d'amertume.
-         Je suis content que vous alliez bien. Vous nous avez fait une belle petite frayeur.
-         Il n'y avait vraiment pas de quoi professeur... j'étais entre de bonnes mains.
 
Il eut un faible sourire.
 
-         Vous êtes probablement la seule à ne pas prendre conscience de la dangerosité de ce poison. Il aurait pu faire de sérieux dégâts. Vous avez eu énormément de chance de vous en sortir indemne.
 
Je haussai les épaules.
 
-          Encore une ou deux bonnes nuits de sommeil et ce sera de l'histoire ancienne, assurai-je.
 
-         Vous êtes bien une lionne, dit-il avec un clin d'½il.
 
Je ris en mettant le sac sur le dos. Une lionne ? Non, une louve.
 
-         Bonne fin de journée professeur.
-         A vous aussi. Reposez-vous bien.
 
Je sortis de la salle de cours et rejoignis les Maraudeurs, qui m'attendaient dans le couloir en discutant.
 
-         Qu'est-ce qu'il te voulait le prof ? Si ce n'est pas indiscret... demanda Sirius.
-         Prendre de mes nouvelles... encore un, soupirai-je.
 
J'interceptai un regard entre les Maraudeurs en leur passant devant, mais je n'avais pas le temps de m'y attarder. J'avais du travail.
 

 ~  Point de vue de Remus ~
 
Je sentis un pincement au niveau de la poitrine en voyant Prue se comporter comme s'il ne s'était rien passé. Encore. Chaque fois qu'une personne avait pris de ses nouvelles, j'avais bien senti que ça l'agaçait. Comme si elle ne comprenait pas pourquoi nous avions pu nous faire du souci pour elle. Je soupirai, n'arrivant pas à cerner cette fille que je passais pourtant mon temps à observer. Je suivis mes amis au travers des couloirs pour regagner notre salle commune, un peu perdu dans mes pensées.
 
-         Je ne la pige pas... soupira Sirius.
 
Je tournai la tête vers mon ami. Je n'étais apparemment pas le seul à rester perplexe face à l'attitude de la belle brune.
 
-        Hmm ?
-        Elle ne comprend pas qu'on se soit tous inquiétés pour elle.
-        Ou bien elle n'est pas du tout émotive... ou bien elle est inconsciente du danger...
-        Ou alors elle en a tout simplement rien à faire !
-        Je ne pense pas quand même...
-        Attends, tu n'étais pas là quand on l'a croisée à sa sortie de l'infirmerie, intervint James. On lui a sauté dessus tellement on était content de la revoir, et la seule chose qu'elle a trouvé à dire, avec un calme imperturbable, c'est qu'elle allait chercher ses affaires de cours...
 
Je haussai les sourcils. Vraiment pas émotive en effet. Comment pouvait-elle faire comme s'il ne lui était rien arrivé ? N'importe qui aurait été chamboulé à sa place. On ne pouvait pas rester indifférent à un empoisonnement.
 
-         Ouais, confirma Sirius. Et quand je lui ai fait la remarque, elle a dit qu'il ne s'était rien passé de grave... limite elle nous prenait pour des fous d'avoir été inquiets.
 
J'eus un rire nerveux, sentant une pointe s'enfoncer dans ma poitrine. Fou ? Oui, Prudence, tu m'as rendu fou. Fou d'inquiétude à l'idée que tu puisses mourir soudainement dans mes bras. Fou en imaginant les séquelles que pouvaient te laisser le poison si tu t'en sortais. Fou à la simple idée que rien ne soit plus comme avant.
Je fronçai les sourcils, repensant aux paroles de Sirius... et au comportement que Prue avait eu depuis la veille avec tous ceux qui s'étaient intéressés à son cas. Et là tout s'éclaira. L'explication m'apparut comme évidente.
 
-      Comment peut-elle être aussi aveugle...? soufflai-je, ne croyant pas à mes conclusions.
-          De quoi tu parles ? demanda Peter.
-          Prue a grandi dans la solitude... elle n'est pas habituée à ce qu'on s'en fasse pour sa personne. Elle réagit exactement comme quelqu'un qui n'a jamais reçu d'affection. Quelqu'un qui ne sait pas ce que c'est d'être aimé. C'est pour ça qu'elle ne comprend pas notre inquiétude. Elle doit penser qu'elle n'est rien pour nous. Qu'elle nous laisse indifférents.
 
Mes trois frères de c½ur ne répondirent rien, réfléchissant sans doute à mon hypothèse. Je vis le regard de Sirius se perdre loin devant lui. Il devait savoir de quoi je parlais, lui qui n'avait connu que la haine et le mépris avant de nous rencontrer. Il était un peu comme Prue à son arrivée à Poudlard. Il avait fallu beaucoup de temps avant qu'il change peu à peu. J'étais certain que c'était aussi le cas pour Prue. Sauf qu'elle n'avait pas connu la haine mais la solitude. Elle n'avait jamais rien reçu. De personne. J'avais remarqué quelques signes depuis le début de l'année qui montraient qu'elle manquait d'affection. Mais je n'aurais jamais cru que c'était à ce point. Je secouai la tête, me traitant intérieurement d'imbécile. Prue était orpheline depuis ses cinq ans... son père n'avait jamais cherché à la retrouver... elle n'avait pas eu un semblant de famille de remplacement depuis... bien sûr qu'elle manquait d'affection. J'aurais dû prendre conscience plus tôt à quel point ça avait laissé des marques. Je me promis de lui faire ressentir à quel point elle comptait pour nous. Elle devait comprendre la place qu'elle occupait désormais à nos yeux... et dans mon coeur.

 

|12 décembre 1976 – Salle commune des Gryffondor – 17h32|
 
~ Point de vue de Prue ~

Mon petit accident avec la plante était enfin passé aux oubliettes. Il avait bien fallu dix jours avant que je n'en entende plus parler. C'était de l'histoire ancienne désormais, je pouvais être tranquille avec ça. Retour dans l'ombre. Les Maraudeurs n'avaient plus abordé le sujet depuis notre petit accrochage lors de ma sortie de l'infirmerie. Eux au moins avaient compris que je n'aimais pas qu'on s'attarde sur mon cas. Tout était redevenu comme avant.

J'étais donc en train de faire mes devoirs, assez sereine malgré la pile de livres sagement posée à côté de moi. J'avais beaucoup de choses à faire, certes, mais la moitié concernait le cours de DCFM, alors autant dire que je n'allais pas avoir de difficulté. Et puis je dois avouer que c'était un plaisir de travailler, même dans les autres matières. Je préfèrerais ne pas avoir tout ce travail, c'est sûr, mais ça ne me dérangeait pas de le faire. Contrairement à beaucoup d'autres, je ne le prenais pas comme une corvée. Sauf en Divination bien sûr. J'avais d'ailleurs un petit exercice à faire dans cette matière inutile. La prof nous avait demandé à tous de choisir un objet, de le regarder attentivement, et d'essayer d'ouvrir notre troisième ½il afin de savoir quel rôle pourrait bien jouer cet objet dans l'avenir. Dans le genre imparable, Sirius avait choisi une boite de Bombabouses, annonçant que les Serpentard en seraient victimes dans un avenir très proche. James avait choisi un vif d'or, devinant la victoire des Gryffondor au prochain match contre Serpentard. Il a toutefois ajouté entre parenthèses qu'il n'était pas nécessaire d'être devin pour prédire cet avenir-là. Peter avait opté pour une boite à flemme, que j'avais au début pris pour de simples bonbons. Mais apparemment, ça rend malade... là encore, pas besoin d'être voyant pour savoir à quoi allait être utilisé le contenu... Pauvres Serpentard.
 
-           Et toi Remus... tu as choisi de prédire l'avenir de quoi ? demandai-je en le voyant finir de rédiger.
 
Il sourit en relevant la tête pour m'adresser son éternel regard pétillant. Il ne me répondit pas de suite, se contentant d'abord de jouer dans mes yeux. Je me traitai intérieurement de mazo en me sentant une fois de plus perdre pied. Je cherchais le bâton pour me faire battre ou quoi ?
 
-            D'un collier, finit-il par dire.
-        Attends laisse-moi deviner... il va se faire attacher au cou d'une personne ? Tu cherches à étrangler un Serpentard avec ? plaisantai-je.
-         Non, pas du tout ! Ça ne vise pas les Serpentard, contrairement à mes chers frères de c½ur. Non, j'essaie juste de deviner ce que la personne fera de ce collier.
-         C'est plus une espérance qu'une prédiction... non ?
-         C'est un devoir de Divination... il faut garder une part d'imagination, me dit-il avec un clin d'½il.
 
C'est sûr. Personne n'avait choisi un objet dont il serait très difficile de deviner l'avenir, car dans le cas contraire, il fallait inventer. Moi par exemple, si j'étais honnête, j'aurais choisi mon couteau, pour dire qu'il allait bientôt tuer huit personnes à bord du White Castle lors des prochaines vacances. Mais finalement, j'avais opté pour ma baguette, qui allait encore battre Maxwell au prochain cours de duel. J'aurais voulu garder la boule de cristal de Trelawney pour prévenir qu'elle ne révèlerait pas plus de chose que d'habitude, mais je crois que ça aurait été mal vu... par son troisième ½il !

Enfin bref, l'amusement était terminé, il était temps de passer aux choses sérieuses. Je commençai donc véritablement mes devoirs avec DCFM. Je m'entraînai d'abord aux sortilèges informulés avant de passer à une rédaction. Cela me prit au total tout juste une heure. Mes devoirs étaient terminés pour les deux prochains jours. Je n'avais plus qu'à profiter que les Maraudeurs soient encore en train de travailler pour m'avancer pour la semaine prochaine. Avec la mission qui approchait, j'allais devoir me rendre disponible avant le jour J pour tout préparer.

Alors que j'étais en plein devoir de métamorphose, je sentis un souffle chaud sur mon épaule au bout de plusieurs minutes.
 
-         Tu as fini ? demanda doucement Remus.
 
Je fus incapable de répondre de suite, traversée par un courant électrique qui hérissait chaque poil de mon corps. Son approche discrète m'avait surprise... tout comme sa proximité. Si je tournais la tête, je me retrouverais à quelques centimètres de lui. Raison pour laquelle je ne le fis pas.
 
-         Euh oui. Oui j'ai terminé.
-         Tu peux m'aider pour la DCFM ? J'ai du mal avec le dernier sort.
 
Je ne répondis pas de suite, essayant de réprimer le frisson qui continuait de me parcourir lentement le corps. Je ne supportais pas de me sentir comme ça.

-         Prue ?
-         Oui, bien sûr. J'arrive.
 
Il se redressa et j'eus l'impression de pouvoir respirer. Comme si un étau m'avait enfermée et venait tout juste de me libérer. Je me levai maladroitement pour lui faire face. Il fallait que je me reprenne très vite.
 
-         Tu bloques sur lequel ? demandai-je.
-         L'Expelliarmus... j'arrive à désarmer la personne, mais pas à l'expulser.
 
Cela ne m'étonnait pas. Les sortilèges étaient beaucoup plus durs à réaliser lorsqu'ils étaient informulés... même pour les plus basiques. Je me concentrai sur l'exercice pour reprendre contenance.
 
-         Tu as essayé sur qui ?
-         Sirius.
-         Est-ce que tu voulais vraiment l'expulser ?
-         Et bien oui.
-       Je pose la question parce que c'est ton ami... inconsciemment, tu pourrais ne pas vouloir lui faire mal. Avec les sortilèges informulés, il faut que la volonté soit encore plus forte que lors des incantations. Concentre-toi, vise-le, et désire son décollage !
-         Merci pour les bonnes idées Prue, maugréa Sirius.
-         Je l'aide... répondis-je innocemment. Puis c'est pas comme si tu n'étais pas habitué à t'envoler lors des duels...
-         Je n'ai rien entendu.
-         Vas-y, montre-moi comment tu fais, dis-je à Remus.
 
Il se mit en place et leva sa baguette, visant un Sirius très confiant. Je vis bien que Remus tentait de lancer le sort, mais rien ne se produisait. Je me plaçai derrière lui et pris son bras armé, lui tenant fermement vers Sirius.
 
-         Ferme les yeux, et pense à la personne que tu détestes le plus... soufflai-je à Remus. Penses-y fort, et imagine que c'est cette personne qui est en face de toi. Tu veux l'expulser. Tu veux qu'elle parte loin.
 
Il fallut plusieurs secondes à Remus avant que le sort parte enfin... Sirius avec. Je lui lançai un sort néanmoins pour le rattraper, estimant qu'il serait dommage d'abîmer les tableaux accrochés au mur. Sirius m'adressa un sourire reconnaissant, dont je me détournai sans m'attarder. Remus tourna la tête à ce moment-là, affichant une mine surprise et radieuse, et je restai accrochée à ses yeux, incapable de m'en détacher. J'eus à nouveau cette sensation de me perdre. Je n'aurais jamais imaginé que sa proximité puisse autant me mettre mal à l'aise. Que se passait-il ? Pourquoi étais-je incapable de me détacher de son regard ? Il y avait quelque chose de fascinant dans ses yeux que je n'arrivais pas à identifier.
 
-         Tu vois, dis-je. Ce n'est qu'une question de volonté.
-         Merci, murmura Remus.
 
Si j'appréciais pouvoir scruter ses beaux yeux de si près, je perdis mon assurance en les voyant se baisser sur mes lèvres l'espace d'une fraction de seconde.
 
-         Recommence, soufflai-je en m'éloignant précipitamment.
 
« Arrête tes conneries ! »
Je secouai la tête, aussi perturbée qu'agacée en retournant m'asseoir. Je repris ma plume pour continuer mon devoir de métamorphose, mais je n'arrivais plus à me concentrer. Mes phrases n'avaient pas de sens, je les trouvais creuses. Je soufflai, énervée, effaçant pour la énième fois ce que je venais d'écrire. Je regardai en direction de Remus, toujours en train de s'entraîner aux sortilèges informulés avec Sirius. Je l'observai un moment, appréciant de le voir réussir tout en le détaillant. Je soupirai en me reportant sur mon devoir. Pourquoi me faisait-il cet effet ?
« Oublie-le. La dérive n'est pas permise. » 
 
Chapitre 13 : Une croisière sanglante




|19 décembre 1976 – Quelque part sur l'Océan Atlantique – 20h|

Une semaine supplémentaire s'était écoulée. Malgré mon rapprochement avec les Maraudeurs depuis l'accident, j'étais très absente mentalement ces derniers jours. Plus distante. J'avais besoin de m'éloigner. D'abord parce que la proximité de mes cibles me dérangeait. Ensuite, et c'est surtout ça, j'avais enfin reçu le briefing de ma prochaine mission. Le fameux ordre d'exécution visant huit personnes. J'avais déjà récupéré des informations sur la croisière avant de recevoir le dossier de l'affaire. Depuis, je m'étais soigneusement renseignée sur mes cibles, raison pour laquelle j'avais eu besoin de pas mal de temps seule. J'avais tout préparé ces derniers jours afin de pouvoir embarquer sur le White Castle, fin prête à accomplir ma mission. Faux papiers, fausse identité, accessoires multiples, potions, plan du bateau, programme de la soirée, configuration de la sécurité... Il y aurait une grosse part d'improvisation bien sûr, comme toujours, car je n'avais aucune idée de ce que feraient mes cibles. Cependant, pour réussir au mieux, il fallait que je connaisse l'environnement par c½ur. Surtout concernant tout ce qui touchait à la sécurité. Je ne pouvais pas arriver en simple touriste en me contentant de suivre le mouvement. Aujourd'hui enfin, c'était le grand jour. Il était temps pour moi de relever le défi consistant à éliminer huit cibles en quelques heures.

Pour justifier mon besoin de partir de l'école, j'avais dit à McGonagall la veille que la directrice de l'orphelinat avait eu un petit problème de santé et que je voulais aller la voir. McGo avait accepté sans broncher. C'était les vacances après tout, elle n'avait aucune objection à ce que je retourne dans mon établissement. J'avais servi la même version aux Maraudeurs. Ainsi, je pouvais prendre tout le temps qui m'était nécessaire pour mener à bien ma mission. Une contrainte de moins à gérer dans une mission si délicate. 

J'avais donc embarqué un peu plus tôt dans l'après-midi. Jusqu'à maintenant, je m'étais comportée comme toutes les personnes ici présentes. J'avais laissé ma valise dans ma cabine dès mon embarcation, qui contenait tout l'équipement nécessaire à l'accomplissement de cette mission. J'étais ensuite ressortie pour suivre le mouvement comme tous les touristes, histoire de me comporter normalement. J'avais passé tout l'après-midi à circuler au milieu des autres, à visiter avec la plus grande attention, à repérer les lieux clés... Il était primordial que je prenne mes marques avant de passer à l'acte. Même si je connaissais le plan des lieux, visiter était une occasion que je ne pouvais pas laisser passer. Il était rare que je puisse ainsi me balader librement sur les lieux du crime avant de passer à l'acte. C'était une chance à saisir.

A la nuit tombée, les gens se rassemblèrent au restaurant pour déguster un délicieux repas. J'étais l'une des rares encore dehors, accoudée à l'avant du bateau malgré le froid de la soirée. Je regardais pensivement la grande étendue d'eau tout autour de moi. Cela faisait une éternité que je n'avais pas pris la mer. Cependant, cette croisière n'avait rien à voir avec ma dernière expérience. La dernière fois, j'étais plus jeune, j'étais sur un navire instable sur une mer démontée... un navire qui allait me mener droit dans un nouvel enfer. Ici, rien n'était comparable. Ce luxueux paquebot était pensé pour faire passer d'agréables jours à ses voyageurs. Contrairement à ce que je pensais, circuler sur un tel bateau se faisait insensiblement au mouvement de l'eau. Tout était stable.
 
Je pris une grande inspiration en me retournant pour faire face au bateau, toujours appuyée sur le rebord. J'avais suffisamment attendu. Il était temps d'agir. Une bouffée d'excitation m'envahit à l'idée de me lancer enfin.
« Que la partie commence ! »

Je levai les yeux vers la cabine éclairée du capitaine tout en haut, où il m'était impossible de discerner quoi que ce soit. Je me doutais que ma cible principale s'y trouvait déjà, avec champagne et repas servis dans ses appartements privés. Lieu hautement sécurisé, autant par les sortilèges que par des gardes postés devant la porte. Il me sera impossible d'accéder à ses appartements en ayant recours au classique déguisement du personnel. Les rares personnes autorisées à entrer figuraient sur ma liste d'exécution. Même les serveurs ne mettaient pas un pied dedans. Tout transitait par des ouvertures qui se dérobaient temporairement le temps de laisser passer les plats. Mais ce n'était pas un énorme problème. Passer les zones sécurisées n'a jamais été un réel souci pour moi. Juste une question de patience. Pour l'heure, ce n'était pas au capitaine d'attirer mon attention. Je me le réservais pour le dessert. Je pensai à mes autres proies qui étaient probablement toutes éparpillées sur le paquebot. J'allais devoir être très attentive aux évènements pour ne pas avoir à fouiller tout le bateau si je voulais les retrouver rapidement. J'avais des photos d'eux, ce qui allait grandement me faciliter la tâche. J'en avais repéré quelques-uns dans la journée. Je n'avais pas pu agir afin de ne pas empêcher le départ du bateau. C'est ce soir que tout devait se jouer.

J'étais à la fois calme et impatiente. Huit meurtres en quelques heures, c'était beaucoup. La sécurité sera sans doute de plus en plus sur ses gardes si les corps sont découverts coup sur coup. Il serait difficile de faire avaler à qui que ce soit qu'il s'agit d'une coïncidence. J'allais donc devoir être discrète au maximum pour me laisser le temps d'atteindre toutes mes cibles.
 
Je me décidai enfin à me décoller de la barrière et m'avançai jusqu'aux premiers escaliers. Je les gravis tranquillement, croisant un serveur en sens inverse qui me salua avec respect. Je passai la porte que le serveur avait franchi quelques secondes avant moi pour me retrouver dans un long couloir. Je m'arrêtai à la première porte où était écrit "Réservé au personnel". J'avais désigné cet endroit comme la première étape de ma mission. Je jetai un rapide coup d'½il au couloir pour m'assurer qu'il n'y avait personne pour me griller. D'une simple pensée, le verrou bascula et j'entrai. Je vis un peu plus loin des bras posés sur les accoudoirs du fauteuil tourné, devant une immense vitre sur laquelle étaient projetées les vidéos des différents lieux du bateau. Je balayai rapidement les multiples scènes projetées. Il n'y avait rien d'anormal, raison pour laquelle le gardien était aussi calme. Je m'approchai lentement du fauteuil sans faire le moindre bruit, surveillant régulièrement la vitre pour m'assurer que je n'étais pas trahie par mon reflet. Le gardien avait vraiment une sacrée vue d'ensemble sur tout ce qui se passait sur le bateau. Je remarquai d'ailleurs l'une de mes cibles accoudée à une barrière sur le flan ouest. Ma prochaine étape. Mais avant, il fallait que je règle un petit problème.
Je sortis ma fidèle seringue remplie de somnifères. Je me plaçai juste derrière le gardien et plantai d'un geste rapide l'aiguille dans sa nuque. Il gémit sous la piqûre mais n'eut pas le temps de réagir que j'avais déjà injecté la potion. Le gardien, un homme d'une quarantaine d'années, s'endormit immédiatement, me laissant le champ libre pour la soirée. Ceci étant fait, je sortis de la pièce, verrouillant la porte derrière moi. A nouveau dans le couloir, je me dirigeai vers l'ascenseur pour me rendre là où j'avais aperçu celui que j'avais désigné comme étant ma première cible.

Je sortis à nouveau et compris pourquoi ma cible était là. Tout était calme de ce côté. Tous les balcons alentours étaient désertés. Il n'y avait rien pour interrompre le silence. La lune illuminait doucement l'eau un peu plus bas. Quelques flocons tombaient lentement, disparaissant au contact du bateau. On pourrait penser que ce n'est pas la bonne période pour faire une croisière. Mais l'intérêt d'être sur un bateau de sorciers, c'est qu'il allait changer d'allure dans la nuit pendant le sommeil des voyageurs pour qu'ils se réveillent le lendemain sur l'océan indien, à proximité des îles où les saisons sont inversées. Toujours immobile derrière ma cible fumant sa cigarette, je regardai autour de nous pour m'assurer une dernière fois qu'il n'y ait pas de témoin. Nous étions bien seuls.
« Pas de chance pour toi... »
Mon couteau apparut dans son habituelle bulle de fumée noire dans ma main gantée. Je le levai à hauteur de ma proie. Je pris le temps de viser et, d'un coup vif et sec, plantai la lame dans la nuque. Je sentis instantanément mon arme absorber la vie de ma victime. L'énergie passa le long de mon bras et se propagea dans tout mon corps, me faisant frémir. Je retirai la lame et poussai le corps par-dessus bord avant qu'il laisse trop de traces. Le sang se nettoya de lui-même sur mon arme, et je dus user de la télékinésie pour virer les quelques gouttes tombées au sol. Je vérifiai une dernière fois que je ne laissais pas de témoin derrière moi et laissai disparaître mon couteau avant de revenir sur mes pas.
 
Alors que je parcourais les longs couloirs, je me représentais mentalement le plan du bateau pour ne pas me perdre. J'arrivai devant une grande double-porte finement sculptée. Le restaurant se trouvait de l'autre côté. Sans plus hésiter, je poussai les portes. A l'heure qu'il était, c'est ici que la plupart des gens se trouvaient. Je balayai lentement la salle du regard, cherchant un visage connu autour d'une table. Mais la salle était immense et bondée, j'allais avoir besoin de plus de temps pour observer chaque personne avant de chercher ailleurs.
 
-         Bonsoir Madame. Vous avez réservé ?
-         Je vais me contenter de boire un verre au bar, répondis-je sans arrêter mes observations.
-         Je vous commande des toasts ?
-         Avec plaisir, dis-je en daignant enfin tourner la tête vers le serveur.
 
Je le suivis jusqu'au bar et m'assis sur un haut tabouret confortable, regardant vers la partie de la salle que je n'avais pas encore observé.
 
-         Un San Francisco s'il vous plait, lançai-je à l'adresse du serveur.
 
Il acquiesça en souriant et se tourna vers les bouteilles pendant que je reportai mon attention sur les personnes en train de manger. Toutes les têtes que je voyais étaient souriantes. Ils semblaient tous apprécier le voyage, en couple ou en famille, autour d'un bon repas. L'ambiance était joyeuse bien sûr. Les plats servis avaient l'air exquis, une douce musique s'élevait d'un orchestre situé sur le côté. Une ambiance qui allait bientôt refroidir. Et pour cause, je venais enfin de repérer l'une de mes cibles, à une vingtaine de mètres de moi. L'homme était accompagné de deux jeunes femmes, ravies d'être là. Elles ne cessaient de glousser et de lancer des regards mielleux à ma cible.
« Désolée les filles, votre plan à trois va être annulé ce soir... »
Je savais que celui-là, je n'aurais aucune chance de l'isoler dans la soirée, et je n'avais pas l'intention d'attendre jusqu'au matin. Il fallait donc que j'agisse ici même.
 
-         Voici votre commande, me dit le serveur.
-         Merci.
 
Je pris mon verre et bus une gorgée du cocktail, sans lâcher ma cible des yeux. Je savourai la chaleur de la vodka en même temps que la douceur des fruits, attendant le bon moment pour passer à l'acte. J'eus le temps de finir mes toasts avant que l'occasion ne se présente enfin. Ma cible fit signe au serveur de commander une autre bouteille de vin, et cette fois, je sus que mon travail dans ce restaurant allait bientôt se terminer.
Lorsque le serveur revint avec la bouteille, je décapsulai une petite fiole dissimulée dans ma poche et me concentrai. Une goutte du liquide empoisonné flotta dans les airs pendant que le serveur débouchait la bouteille. La goutte se déposa incognito dans le verre, pendant que le serveur faisait couler un petit fond pour faire goûter le vin, histoire de savoir s'il convenait.
« Tu ne vas pas être déçu... »
Dès que l'homme but une gorgée, l'effet ne se fit pas attendre. Il lâcha le verre qui tomba sur la table, imprégnant la nappe initialement blanche du liquide pourpre avant de rouler et de se briser au sol. Le bruit eut pour effet d'attirer les regards des personnes alentours sur ma proie. L'homme commença à suffoquer et à manquer d'air.
« Bouchonné... »

Les deux filles qui l'accompagnaient commencèrent à paniquer, essayant de comprendre ce qu'il se passait. Elles avaient beau parler à ma proie, celle-ci était trop occupée à chercher l'air pour répondre. Le serveur sortit sa baguette pour essayer de lui venir en aide. Mais ses tentatives restèrent vaines, mon poison était mortel, ma cible commençait déjà à bleuir. Il suffisait d'entrer en contact du bout des lèvres pour être condamné à une mort certaine. Ma proie ne fit pas exception et succomba en quelques secondes, provoquant incompréhension et effroi dans cette partie de la salle, pendant que les autres, trop loin pour avoir remarqué l'incident, continuaient de discuter et de profiter de la soirée. Ceux qui avaient assisté à la scène ne quittaient pas des yeux le corps sans vie de ma victime dans son fauteuil, frappés par la vitesse avec laquelle tout cela était arrivé. Ils essayaient de savoir ce qu'il s'était passé, et la plupart regardait avec un air suspect leur bouteille de vin et renonçait à leur verre. J'eus un petit sourire en voyant cela, me détournant pour finir mon verre. Je patientai quelques minutes pour ne pas sembler fuir l'endroit. Et puis, lorsque des agents de sécurité eurent fini d'évacuer le corps, je quittai le restaurant, en quête de mes autres proies. Ce meurtre, bien que perpétré à la vue de tous, ne me poserait pas de problème. Les types de la sécurité ne sauront pas déterminer la cause de la mort avant plusieurs heures, ce qui me laissait le temps de continuer. Pour l'instant, il s'agissait d'un accident à leurs yeux, pas de quoi augmenter le niveau de vigilance.
J'aimais bien déguiser mes meurtres ainsi. La première chose que les témoins diront lorsqu'ils auront compris qu'il s'agit bien d'un empoisonnement, c'est que c'est en goûtant le vin que la victime a trouvé la mort. Un vin se trouvant dans une bouteille qui était bouchonnée lorsqu'elle était arrivée à la table. Un meurtre qui allait donner du fil à retordre aux policiers.
 

Je parcourais le bateau au hasard, faisant confiance en mon instinct de chasseur. J'aimais ce petit jeu... mes intuitions ne me trompaient jamais.
Après de longues minutes de vadrouille, je vis un homme et une femme s'embrasser dans un peu plus loin dans un couloir. Reconnaissant l'une de mes cibles, je m'arrêtai et me dissimulai derrière un angle de mur. Je les observai... leurs gestes et l'exhibition de leur passion amoureuse me laissèrent deviner qu'ils étaient sous l'emprise de l'alcool.
« En parlant d'être sous l'emprise de quelque chose... »
Je sortis une petite fiole et bus une gorgée pour prolonger les effets du Polynectar, sans lâcher des yeux ma cible. J'étais comme en transe dans ces moments-là... j'étais impatiente de tuer et en même temps, j'étais d'un calme impressionnant. Un calme que je garde au moment du meurtre, quand je vois la peur dans les yeux de ma victime avant qu'ils n'expriment plus jamais rien...
J'allais devoir être patiente avant que cela arrive cette fois. Je n'avais aucun moyen d'agir pour le moment. J'attendis plusieurs minutes, exaspérée de ne jamais les voir se détacher. Tout serait plus simple si je pouvais me servir de l'Imperium, mais comme je n'étais pas encore majeure, je ne pouvais user de ma baguette en dehors de l'école sans me faire pister. Et ce genre de sortilège ne faisait malheureusement pas partie de ceux que je maîtrisais par la pensée. Je réfléchis rapidement, mes yeux rivés sur ma cible. Ils finirent par arrêter leurs caresses et se mirent à marcher main dans la main en titubant. Je les pris en chasse, maintenant une distance respective. Un serveur m'accosta en route.
 
-         Le programme de la semaine à bord de ce bateau, me proposa-t-il. Désirez-vous une coupe de champagne ?
-         Non merci, répondis-je en prenant le programme tendu sans même m'arrêter.
 
Je savais déjà où allait ma proie, ce qu'elle allait y faire en compagnie de cette femme, et à quel moment je pourrai intervenir. Mais pour ça, il ne fallait surtout pas que je prenne trop de retard sur eux. Je souris en les voyant tous les deux fouiller dans leurs poches, sans doute à la recherche de leur carte pour ouvrir la porte de leur chambre. L'homme trouva enfin la sienne et dut s'y prendre à plusieurs reprises avant de parvenir à l'insérer dans la fente au-dessous de la poignée. La femme le pressa dans la chambre une fois la porte déverrouillée, et ils entrèrent en rigolant, reprenant leurs caresses. Ne voyant personne dans le couloir, j'accélérai le pas et bondis sur la porte pour bloquer la fermeture avec le programme. Je souris en voyant que la porte ne s'était pas verrouillée à nouveau. Ma cible n'avait plus aucune échappatoire.

J'attendis quelques secondes, écoutant à la porte avec attention. Je devinai à leur respiration et leurs bruits qu'ils n'allaient pas tarder à finir au lit. Quand j'entendis le matelas s'affaisser sous leur poids, je poussai lentement la porte et entrai dans la chambre plongée dans le noir. Je parvenais tout de même à voir le contour du mobilier de la chambre. Cela faisait bien des années que l'obscurité n'existait plus pour moi. Ce n'était qu'une semi-pénombre. Ne pouvant pas agir de suite, je restai là, derrière le mur, attendant patiemment. L'envie de meurtre était plus pressante, et je devais rester concentrée pour garder le dessus sur la bête en moi. Ce n'était pas le moment de perdre patience. J'étais largement capable de commettre ce double meurtre et de repartir comme d'habitude, ne laissant aucun indice compromettant. Seulement voilà, la femme ne faisait pas partie du contrat et je ne savais pas si elle méritait la mort ou non. Cela suffisait à retenir mes envies meurtrières.
 
Cela faisait un bon moment que j'attendais, la tête appuyée contre le mur et les yeux  fermés, lassée de les entendre dire n'importe quoi pendant leur acte « amoureux ». On aurait pu se croire à une représentation comique sans problème tellement ils débitaient de conneries. Je mis cela sur le compte de l'alcool.
« Il faut parfois avoir des nerfs en acier pour être une bonne tueuse... »
Je rouvris les yeux brusquement lorsque les bruits de secousse cessèrent. Mon occasion allait se présenter, je le sentais.
 
-         Je vais prendre une douche chérie, murmura l'homme.
-         Je t'attends... répondit-elle mielleusement.
 
Un sourire cruel illumina mon visage. Enfin ! C'était son heure, son compte était bon. Je poussai la porte juste à côté de moi et entrai sans bruit dans la salle de bains. Je me plaçai à droite, enfilai le peignoir par-dessus ma tenue et le fermai avant de sortir mon poignard. Réfléchir comment déguiser un meurtre en accident faisait partie de mes petits amusements... mais le couteau...était incontestablement mon mode opératoire favori. Ce n'était pas pour rien que certains me surnommaient « la lame de la Mort ». Meurtre de proximité, plus brutal, plus effroyable... c'est cette arme qui avait ôté la vie à ma mère, et c'est avec celle-là que j'avais commis mon premier acte de vengeance. Cette redoutable lame avait une valeur symbolique inestimable à mes yeux.

La porte s'ouvrit vers moi et je dus me mettre sur la pointe des pieds pour qu'elle ne me touche pas. L'homme laissa échapper la porte derrière lui qui se referma lentement. Il alluma la lumière et ses yeux s'écarquillèrent en me voyant dans le miroir. En une seconde, je l'entourai par derrière pour placer vivement la main sur sa bouche et lui trancher la gorge d'un geste vif, ouvrant une plaie béante d'où le sang s'échappa en abondance. Sa tête bascula sur le côté et le sang inonda son corps dénudé. Je le retins et le posai doucement au sol qui commençait déjà à rougir. J'ouvris le robinet d'eau dans la douche, pour que la femme ne se doute de rien, et enlevai le peignoir qui avait lui aussi viré au rouge pour recouvrir le cadavre de ma cible. Je sortis discrètement de la salle de bains et quittai la chambre, à la recherche des autres proies. Il fallait que je profite de ce meurtre isolé pour tuer les autres. La femme ne mettrait pas longtemps à s'impatienter... et à donner l'alerte une fois le corps découvert. Alors, l'alerte serait donnée. Il ne me restait plus beaucoup de temps.
 
| . . . |
 

Une heure plus tard, j'étais accoudée au balcon d'une vaste chambre luxueuse. La nuit était vraiment belle. Je pensais, le regard perdu dans la mer qui s'étendait à perte de vue, reflétant le ciel noir parsemé d'étoiles. Un long et large trait blanc ondulé reflétait la lune sur l'eau sombre. Je levai les yeux vers elle, toute ronde. Mes pensées s'égarèrent du côté de Remus, ou plutôt  de Lunard. Il devait être en train de galoper à une vitesse folle, entouré de ses amis. Je fermai les yeux pour mieux m'imaginer avec eux, une douce brise m'amenant les odeurs de gibier en me caressant le visage. J'aurais voulu être à leurs côtés ce soir, d'autant plus que j'avais promis ma présence à Remus le mois dernier. J'aurais voulu profiter de l'occasion de passer une nuit de plus auprès de ce compagnon de jeu, de combat et de chasse. Seulement voilà, j'avais des délais à respecter concernant mes victimes. Elles devaient mourir ce soir, et pas un autre. J'avais pris des gants lors de l'annonce de mon départ à Remus, lui montrant bien que cela m'embêtait par rapport à la pleine lune. Mais il s'était montré très compréhensif, m'assurant qu'il y aurait de nombreuses autres nuits à partager. Un sourire étira mes lèvres en y repensant. Je participerai à la prochaine, sans faute.

Des gémissements étouffés me ramenèrent à la réalité et je rouvris les yeux. Ici, la brise que j'avais imaginée était un souffle glacial, le vent s'étant levé depuis un bon moment, et la seule odeur qui flottait était celle de la peur. J'oubliai les Maraudeurs pour me concentrer sur ma mission. Ma cible avait enfin repris connaissance, il était temps de terminer le travail. L'instinct du tueur reprit instantanément le dessus. Je me détournai du paysage et entrai lentement dans la chambre. Je me dirigeai vers le lit en enjambant le corps d'une autre de mes victimes. Ma cible principale quant à elle, le capitaine, était bâillonnée sur le lit et me fixait apeuré.
 
-         Chuuut, capitaine, dis-je d'une voix doucereuse et menaçante à la fois.
 
Il était terrorisé, et ça m'amusait. Mon père était entré en contact avec moi quelques minutes avant que je parvienne à m'infiltrer dans les appartements de ma proie. Cet homme avait en sa possession des preuves embarrassantes contre un gang criminel. Une information très intéressante, car c'était une occasion en or pour moi d'orienter les soupçons des policiers sur eux. Une fois de plus, le maquillage était important. Pour demeurer insoupçonnée, je choisissais parfois de faire tomber d'autres personnes à ma place. C'était un formidable moyen de brouiller les pistes, ou de faire d'une pierre deux coups.
 
-         Je sais que vous avez des documents très...compromettants, dis-je à l'adresse de ma victime.
 
Le capitaine était paniqué. Il faut dire que je ne faisais rien pour me montrer rassurante. Je l'avais attaché à son lit après une arrivée assez inattendue, et l'avais endormi, attendant patiemment qu'une de mes autres cibles sorte de la douche. Celle-ci avait à peine eu le temps d'atteindre le placard pour s'habiller que je l'avais entourée par derrière pour l'assassiner à son tour. Je n'avais pas pris le soin de cacher le cadavre de la vue du capitaine... histoire qu'il voie sa maîtresse une dernière fois.
 
-         Alors voilà ce qu'on va faire : je vais enlever le foulard de votre bouche. Si vous faites du bruit, vous êtes mort. Si vous coopérez, vous aurez éventuellement la vie sauve. Est-ce clair ?
 
Il fit un « oui » précipité de la tête, ne cessant de jeter des coups d'oeil au cadavre de la femme baignant dans une flaque de sang. Oui capitaine... vous allez finir comme elle si c'est la question que vous vous posez.
 
-         Parfait.
 
J'agitai mes doigts en pensant au foulard, qui se posa innocemment sur son cou, lui redonnant la parole.
 
-         L-Les documents sont dans m-m-m-mon co-coffre-fort.
-         Le code ?
-         4863.
-         ... Vous êtes sûr ?
-         Oui ! C'est le code ! Je vous jure que c'est le bon !
 
Je bondis sur le lit tel un prédateur, me mettant à califourchon sur lui. D'une pensée, le foulard se remit sur sa bouche et je plantai mon couteau dans son épaule.  Le cri du capitaine fut étouffé par le foulard. Je retournai plusieurs fois la lame dans sa chair pour bien lui faire comprendre qu'il ne fallait pas jouer avec moi.
 
-          Vous auriez également dû me dire que je dois impérativement faire analyser votre baguette avant de composer le code sous peine d'alerter la sécurité... dis-je d'une voix glaciale.
 
J'avais profité que ma cible soit inconsciente pour bien fouiller la chambre et analyser avec attention le dispositif qui sécurisait le coffre. Je dois reconnaître que c'était bien essayé de la part de ma proie : donner le bon code pour me satisfaire en sachant que j'allais me faire griller en sortant. Un autre que moi se serait sans doute fait avoir... mais j'avais l'expérience à mon avantage.
 
-         Y a-t-il autre chose que vous avez oublié de me dire, capitaine...? demandai-je toujours sur le même ton doucereux et menaçant en remettant le foulard sur sa gorge.
 
Il fit un non paniqué de la tête.  Je me dirigeai donc vers le grand bar dont un côté abritait le coffre-fort. Je composai le code, assurée qu'il n'y avait pas d'autres pièges. J'entendis un déclic et ouvris la lourde porte en acier. Une enveloppe bien remplie s'y trouvait parmi beaucoup de gallions et d'autres dossiers. Je pris l'enveloppe et vérifiai son contenu. Satisfaite, je la mis dans mon sac à main.
 
-         V-Vous allez me relâcher maintenant ?
 
Je le regardai intensément. Je m'approchai lentement du lit. Son torse bombé se soulevait rapidement, la transpiration perlait sur tout son corps. La peur était lisible sur son visage. Elle avait déformé ses traits. Mon regard se planta dans le sien, un sourire mauvais étira mes lèvres. Je levai ma main. Il la suivit du regard, haletant. Je fermai mon poing et le foulard sur son cou se serra. Ses yeux semblèrent s'exorbiter, son teint bleuit peu à peu. Sa gorge faisait un gargouillement assez horrible. Dès que je ne vis plus aucune trace de vie dans son regard, je me détournai de ma victime. Plus que trois cibles.
 
-         Capitaine ? appela une voix de l'autre côté de la porte. Le spectacle ne va pas tarder à commencer.
 
Je tournai la tête dans la direction de la voix. Je ne craignais pas d'être découverte. Je savais que personne n'entrait sans autorisation. Je pris donc le temps de balayer la pièce du regard, m'assurant que je ne laissais rien derrière moi. Je sortis tranquillement sur le balcon et sautai par-dessus. Mon c½ur remonta à la gorge pendant ma chute. J'aimais bien cette sensation. J'atterris avec souplesse dans un bruit sourd sur les planches. Je poussai la première porte que je trouvai. La salle était pleine de monde. Les gens s'étaient effectivement rassemblés devant une scène, attendant le début du spectacle. Difficile de savoir si mes cibles restantes se trouvaient ici, car la lumière était tamisée et il y avait énormément de personnes. Cependant, j'étais persuadée que je ne trouverais pas de proie à abattre. Compte tenu du profil de mes cibles, je les imaginais mal assister à un spectacle. Ce n'était pas leur genre.

Je me frayai un chemin à travers la salle, emportant une coupe de champagne au passage, répondant à quelques provocations lancées par les hommes que je croisais, sans jamais m'arrêter. Arrivée à l'autre bout, je fus contente d'ouvrir les portes sur une salle moins bondée. L'ambiance n'était pas la même. Ici, c'était plutôt un casino. De nombreuses tables rondes étaient positionnées, où des joueurs s'affrontaient dans diverses parties. Mon regard fut attiré par une explosion de cartes qui s'envolèrent au-dessus d'un joueur pour retomber lentement, signe qu'il avait probablement perdu une manche.  Mon c½ur fit un bond en voyant mes trois dernières cibles à la même table en train de faire une partie de cartes.
« Bon sang ! Ma fiole de Polynectar est bientôt vide... je ne peux  pas me permettre d'attendre toute la soirée, voire une bonne partie de la nuit. Je dois agir...maintenant ! Mais comment les séparer ? Ça paraîtrait trop louche... »

J'avais espéré ne pas trouver l'une de mes cibles ici. Les gens qui venaient jouer restaient très tard. Là j'avais décroché le gros lot, toutes mes cibles restantes étaient dans cette satané salle. Je repérai le bar et allai m'y asseoir pour ne pas rester plantée pendant que je réfléchissais. Je regardai autour de moi pour essayer de remarquer quelque chose qui pourrait me rendre service. Il fallait vraiment que je trouve une solution. Je balayai la pièce du regard, à la recherche de n'importe quoi pouvant m'être utile. Mon regard fut attiré vers le plafond. Je souris en ayant une idée.
« Pauvre gens... je vais achever leur soirée... et anéantir la réputation de la compagnie chargée de ce bateau. »

Tant pis. Je me concentrai intensément sur le mécanisme qui fixait un lustre au plafond. Les grosses vices se retirèrent, ainsi que le système de sécurité. L'énorme lustre tomba et s'écrasa sur mes cibles. Comme je m'y attendais, cette fois il y eut un mouvement de panique, et j'en profitai pour bouger. Les gens crièrent de surprise, se levant d'un bond de leur chaise pour s'éloigner au maximum du lustre meurtrier qui s'était écrasé tout près d'eux. Je m'éloignai du bar, me dirigeant vers l'une des portes, sans quitter la scène des yeux. La sécurité s'agita, cherchant à comprendre comment diable ce lustre avait-il pu s'abattre sur une table de joueurs, causant à vue d'½il quatre morts.
« Quatre ?! »
Je m'arrêtai nette à quelques mètres de la sortie. J'aurais dû quitter immédiatement cette salle, mais je regardai plus attentivement les corps sous le lustre. Sous cet angle, je parvins à repérer une autre personne allongée, inconsciente et la tête ensanglantée, auprès de mes cibles... Une personne qui n'était pas censée mourir ce soir.
« Non... ! »
Je me frayai un chemin à travers la foule pour me rapprocher des corps. Au moment où j'arrivais enfin auprès de mes cibles, un agent de sécurité fit apparaître une bulle autour des corps pour conserver la scène de crime. Je poussai un juron intérieur. Je ne pouvais plus accéder à victime innocente. Impossible désormais de déterminer si l'homme était mort ou non. Je refusais de partir sans savoir. L'un des agents s'agenouilla près de l'une de mes cibles pour vérifier son pouls. Il réitéra l'opération avec les deux autres cibles, vérification qui augmenta légèrement mon rythme cardiaque à chaque fois. Cela aurait été un comble que l'une de mes cibles survive. Mais je pouvais être rassurée de ce côté-là, l'agent fit un signe négatif de la tête pour mes trois proies. Mission accomplie. Maintenant il restait à déterminer si j'avais commis une erreur ou non. Le courant qui me traversait redoubla lorsque ce fut au tour de la quatrième personne. J'espérais vraiment qu'elle ne soit pas morte, et pas seulement pour assurer la perfection de mon palmarès. Je n'aimais pas faire des victimes inutiles. L'agent fit signe à ses collègues de venir le rejoindre. Il sortit sa baguette et lança un sort au lustre pour le soulever pendant que les deux autres agents dégageaient le corps. Un médecin arriva en trombe à ce moment-là, et je fus soulagée lorsque celui-ci fit apparaître un brancard pour amener ma malheureuse victime en dehors de la pièce. L'homme n'était pas mort, c'était déjà un bon point. Et il y avait peu de chances qu'il succombe plus tard maintenant qu'il s'en était sorti. Il devait juste être un peu assommé, avec quelques fractures qui seraient soignées rapidement. J'espérais seulement qu'il n'ait pas un traumatisme à la tête, qui pourrait laisser des séquelles. Il me faudra me tenir informée de son état de santé.

Pour l'heure, il était temps de partir. Je venais d'éliminer mes dernières cibles, ma mission était terminée. Il fallait que je disparaisse avant que la sécurité empêche quiconque de quitter le bateau pour procéder à des interrogatoires. Je sortis donc sans plus tarder, me rendant tranquillement à l'arrière du bateau, cherchant un coin tranquille où il n'y aurait personne. J'enjambai la balustrade et plongeai. Avant que mon corps n'entre en contact avec l'eau, je touchai mon collier pour disparaître.
 

|20 décembre 1976 – 4h – Manoir Voldemort – Quartiers privés du Lord |

-         Je savais que tu reviendrais avant le lever du soleil, lança mon père en m'entendant entrer dans son bureau.
 
« Et moi je savais que vous attendriez mon retour ».

-         Je viens vous annoncer que j'ai rempli le contrat.
-         Des complications ?
-         Aucune. Ça a provoqué pas mal d'agitation tous ces morts en si peu de temps, mais j'ai réussi à éliminer toutes les cibles. Et j'ai les documents, comme vous m'aviez demandé.
-         Parfait. Cette valise est pour toi. Ton client nous l'a envoyée il y a une heure quand il a reçu la confirmation. Pourquoi as-tu été si longue à revenir ? Un problème...?
-         Je prenais l'air, dis-je ne voulant pas me justifier.
 
Je me voyais mal avouer à mon père que j'avais fait le nécessaire pour savoir dans quel hôpital irait ma victime involontaire et rester au courant de l'évolution de son état. Mon regard se posa sur la valise ouverte posée sur la table, remplie de Gallions. C'était la principale raison qui poussait mon père à accepter de nombreux contrats : le partage de la rémunération lui permettait de payer ses hommes.
 
-         Ton contrat a rapporté 270 000 gallions. 135 000 te reviennent. Le reste, je le garde pour -
-         Je sais à quoi vous l'utilisez Père, inutile de me le rappeler. Je vais dormir un peu. Je rentrerai à Poudlard en fin de matinée.
-         Bien, va te reposer. Tu en as besoin et c'est amplement mérité.
 
Son immense serpent, Nagini, vint s'enrouler autour de ses épaules. Comme toujours, les poils se hérissèrent sur ma nuque. Je n'aimais pas ce serpent. Ce devait être ma nature animale qui me faisait ressentir ça. Ou peut-être pas, je ne l'avais jamais appréciée de toute façon. Toujours en train de me tirer la langue ce foutu reptile.
Je fermai la lourde valise et l'emportai à l'aide de la télékinésie. J'allais sortir quand un détail me revint en tête. Quelque chose que je voulais lui demander depuis un moment. J'hésitais à lancer le sujet... craignant où il pourrait mener.

-         Père...
-         Oui ?
-         Vous m'aviez expliqué comment j'avais perdu mes pouvoirs dans ma jeunesse, mais je crois que j'étais trop jeune pour comprendre. Un rafraîchissement ne me ferait pas de mal...
-         ...Des moldus avaient trouvé le moyen de récupérer la magie en toi grâce à une puce. Ces satanés voleurs devaient vouloir ton incroyable puissance.
-         C'est pour ça que vous détestez les nés-moldus ?
-         La magie dont ils usent appartenait forcément à un sorcier qu'ils ont volé.
-         N'est-ce pas un gène... ?
-         Si.
-         ...Comment ont-ils pu me « voler » un gène ?
-         La science est une ombre de la magie. Pourquoi tu t'y intéresses ?
-         Simple curiosité. J'y repensais, alors je voulais savoir.
-         Oublie le passé... Ta vie est devant toi. Une vie de grandeur qui te hissera au-dessus de tout ce que tu as pu endurer dans ta jeunesse.
 
Je baissai les yeux devant cette allusion à mon enfance. Oui... j'étais tombée bien bas à l'époque. Si bas.
 
-         Va ma fille. Tu es fatiguée.
 
Je lui fis un signe de tête et sortis. Mon père pensait vraiment ce qu'il disait. Il pensait vraiment que les moldus avaient la capacité de récupérer ce gène. J'allais devoir faire de nouvelles recherches... il fallait que je découvre comment les nés-moldus pouvaient prendre ce gène. Il fallait que j'en sache davantage sur cette puce.

Une chose au moins me rassurait : Père ne m'avait pas trahi. Il ne m'avait pas poussée à aller contre ma volonté délibérément. Je pouvais le pardonner.



Chapitre 13 : Une croisière sanglante
 
 
Et voilà pour ce chapitre ! Dites-moi ce que vous en avez pensez, ce qui vous a plu, pas plu....
 
Le mot de Tracker et l'aperçu du prochain chapitre seront publiés demain.
Bon week-end 

Tags : L'histoire d'un assassin - Partie 1 : L'amour d'un Assassin - tome 1

Leave a comment

We need to verify that you are not a robot generating spam.

See legal mentions

Don't forget that insults, racism, etc. are forbidden by Skyrock's 'General Terms of Use' and that you can be identified by your IP address (54.167.202.184) if someone makes a complaint.

Comments :

  • Dum-Cha

    21/12/2016

    Sirius est trop mignon.. Il est amour-euh il est amour-euh..

  • x3-Hogwarts-x3

    03/12/2015

    Coucou !

    J'ai beaucoup aimé ce chapitre par sa variété on va dire ! Tu nous emmènes partout : Poudlard, le bateau, le Manoir de Voldemort... C'est cool ;)

    Je trouve Prue assez... Touchante, quand on voit à quel point elle ne comprends pas qu'on puisse s'intéresser à elle. En fait, c'est plus compliqué que ça, parce qu'on voit que vraiment elle n'appréhende pas les rapports humains comme les autres, elle n'envisage aucun lien affectif, chez elle ça n'existe pas, et elle n'en a même pas vraiment conscience. Ce n'est pas un choix, c'est ça façon d'être. C'est triste pour elle, je trouve :(
    Mais heureusement il y a Remus ;) il est tellement mignon avec elle, et il est fermement décidé à lui faire comprendre qu'ils l'apprécient, et à l'entraîner sur les chemins de l'affection, c'est chou !

    Quant à sa mission... Fidèle à elle même ! ça m'a fait un peu bizarre de retrouver Tracker, ça faisait longtemps :P Toujours aussi flippante et efficace... Et je trouve toujours ça aussi intéressant du point de vue de la psychologie du personnage de voir comme elle ne supporte pas de blesser ou tuer d'autres personnes que celles du contrat. Elle fait vraiment ça d'un point de vue professionnel. C'est très glaçant d'ailleurs quand on y pense, mais au moins quelque part elle a une certaine conscience de la vie humaine, on va dire. Mais bon, quand même, elle est super flippante x) !

    Mais alors cette fin, non non non, Prue, ne crois pas ton père !! Pardon x) c'est cool, j'ai aimé cette fin. Mais qu'est-ce que c'est frustrant. Quelque part, c'est normal, mais je sais que Voldemort à tort, et Prue avait progressé là dessus et puis... Elle parle un peu avec lui et hop ! Il l'a à nouveau amadouée, en quelque sorte. Il est fort...

    J'ai hâte de voir comment la suite va se dérouler !
    Bisous ! :D

  • fichp-lifealwaysrestart

    24/08/2015

    Comme toujours, j'aime vpir Prue en pleine action, la voir tuer de sang froid, et échaffauder des plans dès que quelque chose ne se passe pas comme prévu. Ce qui m'inquiète c'est la fin du chapitre, quand Voldemort ment à Prue sur son enfance, parce que je suis persuadée qu'il ment pour l'utiliser.

  • aliseevila

    28/06/2014

    Un superbe chapitre. Je suis désolée je n'ai rien d'autre à dire. J'espère que tu ne m'en veux pas.

  • hostfresh-HarryPotter

    23/06/2014

    Pas tout compris la dernière constatation de Prue..... Peux expliquer ???

  • aSupernaturalLife

    08/04/2014

    Tu te rends compte que tu écris super bien :O J'ai surkiffé ce chapitre. Les scènes de meurtres surtout *oui je ne dois pas être normale* ;)
    Je m'empresse de lire la suite!
    Au fait, je voulais juste savoir quel logiciel tu avais utilisé, pour ton générique, pour "filmer" l'écran ? ça me serait utile :/

  • harry-potter-8-fic

    01/04/2014

    Encore un super chapitre.
    Mais il y a deux petites choses minimes que je trouve dommage.
    La première c'est que normalement à l'époque des Maraudeurs Trelawney n'est pas encore prof à Poudlard. Elle y arrive un peu avant que James et Lily ne se fassent tuer. Et la seconde c'est que les boites à flemmes ont été in ventés par Freg et Goerges Weasley.
    Mais sinon excellent chapitre

  • assassin-maraudeurs

    12/01/2014

    ApparencesFic wrote: "Ah oui! J'ai oublié le début du chapitre! Moi, j'étais totalement partie sur le bateau et j'avais oublié que la scène de sorts informulés était dans ce chapitre! :P

    On voit bien que Prue ne reste pas indifférente à Remus. Je me demande par contre s'il a fait exprès en se penchant comme ça derrière elle, pour lui demander son aide. Ou s'il s'est rendu compte de l'effet que ç'a produit. Le connaissant, je ne crois pas. J'aurais plutôt vu Sirius faire ça pour la drague, mais en beaucoup moins subtil! ;)

    Et, j'ai l'impression que Prue à besoin de moins en moins se forcer pour être agréable avec les Maraudeurs. Si elle ça la dérange, moi, pas du tout! Comme je l'ai dit sur l'autre chapitre je crois, j'ai hâte qu'elle baisse un peu sa garde contre les garçons, surtout contre Remus. Même si je sais que ce n'est pas près d'arriver! Connaissant Prue... ;)

    Arie
    "

    Remus n'a pas fait exprès de déstabiliser Prue. Disons qu'il profite de la moindre occasion pour se retrouver avec elle, discuter, etc... mais il ne pensait pas lui faire un tel effet en se penchant pour se mettre à son niveau.

    Tant mieux si tu aimes la tournure de la relation de Prue avec les Maraudeurs, car on va de plus en plus tendre vers l'agréable pour le lecteur, et le déraillement de Prue. Et ça va arriver plus vite que tu le crois =P

    Sur ce, je te souhaite une bonne nuit, une bonne semaine, et bonne lecture pour quand tu reviendras =)
    J'espère que les prochains chapitres sauront te satisfaire !
    A bientôt !

  • assassin-maraudeurs

    12/01/2014

    ApparencesFic wrote: "Je trouve que Prue "pardonne" bien vite à son père... comment est-ce qu'elle peut être certaine qu'il ne lui mente pas? Je sais bien que c'est son père, mais quand même. Il y a quelques chapitres, elle était d'accord que c'était impossible pour les Moldus de voler leurs pouvoirs aux sorciers, elle se demandait si son père ne lui avait pas menti pour qu'elle ait dans son sens ou s'il croyait vraiment ce qu'il lui disait, etc. Dans ce chapitre, elle semblait vouloir vérifier que la première option n'était pas la bonne. En quoi le fait qu'il lui répète ce qu'il lui avait déjà dit prouve qu'il ne lui ment pas? Est-ce que ce serait en quelque sorte une façon de "se mentir à elle-même", ou je ne sais pas trop comment appeler ça d'autre? Qu'elle se convainque que son père croit vraiment ce qu'il lui dise, car elle ne peut pas accepter qu'il lui mente?

    J'ai peut-être mal interprété ce qu'elle disait dans le chapitre (je crois que c'était "Remise en question"?) où elle lisait sur les Nés-Moldus et celui ici, ça se peut.

    Je sais que je n'ai pas été très clair mais, si tu as bien compris ce que je voulais, j'aimerais que tu m'éclaircisses. :)

    Pour ce qui est du chapitre, je trouve qu'il prouve bien à quel point Prue est douée dans ce qu'elle fait. Elle a quand même réussi à tuer huit personnes en une seule nuit! Et encore, la nuit n'était même pas finie!

    On voit aussi bien qu'elle se sent plus proche des Maraudeurs, surtout de Remus. Je ne sais pas si "proche" est le bon terme, mais simplement le fait qu'elle pense à lui et qu'elle veuille être avec lui à cet instant prouve qu'elle n'est pas totalement indifférente, du point de vue amical ou amoureux, peu importe. Car, je ne crois pas que ce soit simplement la partie de chasse et de jeu avec le loup qu'elle voulait, mais bien se retrouver avec Lunard et les Maraudeurs.

    Tu n'hésites pas à me le dire si je me trompe, mais c'est mon impression! ;)

    Je crois que je vais devoir faire une petite pause pour aujourd'hui, ma mère trouve que je suis anti-sociale hahah! ;)

    Arie
    "

    Prue est certaine que son père ne lui ment pas, parce qu'il croit en ce qu'il affirme. C'est un fanatique. Elle le considère comme un ignorant, ou un aveugle qui refuse d'accepter la réalité. ça ne change pas ce qu'elle pense des nés-moldus désormais : elle reste persuadée qu'ils sont innocents. Disons que ce qui allait faire une différence pour elle, c'est si son père l'avait manipulé ou non. S'il l'avait conduit à l'erreur volontairement ou pas.

    Après, si elle ne cherche pas à creuser plus pour le moment, tu l'as bien souligné, c'est parce qu'elle craint un peu ce qu'elle pourrait découvrir. Malgré toute la froideur qu'il y a dans la relation Voldemort / Prue, elle reste attachée à lui. Elle ne veut pas le perdre. Mais ne t'en fais pas, Prue reviendra là-dessus. Elle n'a pas terminé avec cette histoire de nés-moldus. Disons que pour l'instant, elle n'a pas envie de remuer tout ça. Elle préfère attendre d'avoir plus de précisions sur les réelles intentions de son père. Parce que pour l'instant ce n'est pas abordé (à ce stade de l'histoire), mais Prue reste persuadée que Voldemort a une ambition qui dépasse la simple idée de "purification". Elle préfère donc attendre un peu avant de confronter son père.

    Concernant la relation Prue / Maraudeurs, tu ne trompes pas, tes impressions sont les bonnes. Prue se rapproche d'eux, elle trouve de plus en plus agréables les moments passés en leur compagnie.

  • ApparencesFic

    12/01/2014

    Ah oui! J'ai oublié le début du chapitre! Moi, j'étais totalement partie sur le bateau et j'avais oublié que la scène de sorts informulés était dans ce chapitre! :P

    On voit bien que Prue ne reste pas indifférente à Remus. Je me demande par contre s'il a fait exprès en se penchant comme ça derrière elle, pour lui demander son aide. Ou s'il s'est rendu compte de l'effet que ç'a produit. Le connaissant, je ne crois pas. J'aurais plutôt vu Sirius faire ça pour la drague, mais en beaucoup moins subtil! ;)

    Et, j'ai l'impression que Prue à besoin de moins en moins se forcer pour être agréable avec les Maraudeurs. Si elle ça la dérange, moi, pas du tout! Comme je l'ai dit sur l'autre chapitre je crois, j'ai hâte qu'elle baisse un peu sa garde contre les garçons, surtout contre Remus. Même si je sais que ce n'est pas près d'arriver! Connaissant Prue... ;)

    Arie

Report abuse