Chapitre 14 : Les inquiétudes de Remus

« Je finis par ne plus savoir comment me comporter... Remus est d'une grande gentillesse, mais sa facilité à lire dans le c½ur des gens s'avère dangereuse. Il est capable de voir en moi ce que personne avant lui n'a jamais remarqué. Il semble déterminé à m'aider... c'est noble de sa part, mais comment lui dire que s'il veut vraiment m'aider, il ne doit surtout pas chercher à me comprendre ? Comment lui dire de rester le plus loin possible, quand tout nous rapproche ? Je l'ignore encore, mais il faut que j'y parvienne. Les conséquences deviendraient ingérables sinon. »
 
Chapitre 14 : Les inquiétudes de Remus

 
 
|20 décembre 1976 – A bord du White Castle – 6h |

~ Point de vue général

 
La croisière avait perdu son charme au fil des heures. Si au début les voyageurs commençaient à se poser des questions sur la qualité du bateau et du service après les deux accidents, l'effroi s'était peu à peu installé en voyant la Brigade Criminelle Magique arriver en pleine nuit. Car oui, il y avait eu d'autres cadavres. De vrais meurtres. Le personnel de bord avait bien tenté d'étouffer au maximum l'affaire, pour rassurer les voyageurs, mais cette croisière avait bel et bien tourné au cauchemar dès le premier soir. Les nouvelles s'étaient peu à peu répandues malgré l'heure tardive. Néanmoins, pour faciliter le travail des policiers, le bateau continuait son voyage, et avait été ensorcelé pour empêcher tout transplanage. Il avait atteint l'océan Indien, comme prévu. Il y avait juste huit personnes de moins à son bord. Les policiers étaient arrivés depuis déjà deux heures pour commencer leur enquête. Au vu de l'heure avancée de la nuit, les voyageurs avaient eu pour seule consigne de rester dans leur chambre et d'essayer de dormir. Pour l'instant, seul le personnel de croisière était interrogé.
 
-         Une soirée dramatique... soupira un cuisiniste. Ça ne va pas nous faire un bon coup de pub. Sept morts et un disparu... Je n'arrive pas à y croire.
-         Avez-vous vu quoi que ce soit d'inhabituel ? Quelqu'un de suspect ? demanda le policier.
-         Ça ne risque pas, je n'ai pas quitté les cuisines de la soirée.
 
Le policier en question, le lieutenant Bradley Moser, relut rapidement les notes que sa plume grattait rapidement, essayant de faire le lien entre les différentes informations déjà récoltées. Pour l'instant, le seul bilan qu'il pouvait tirer, c'est que personne ne savait rien, pas même le personnel présent à proximité des différentes scènes de crimes. Le tueur avait su se montrer discret pour n'attirer l'attention de personne sur lui. Néanmoins, le policer ne perdait pas espoir. L'enquête n'avait commencé que depuis quelques heures, il était bien trop tôt pour tirer des conclusions. Il restait encore énormément de monde à interroger, et c'était autant de témoins potentiels.
Le lieutenant leva les yeux de son bloc notes en voyant dans son champ de vision une personne entrer avec élan dans les cuisines. Il fut assez surpris de reconnaître Lyall Lupin. Si Moser était sans doute le meilleur flic de la Brigade Criminelle Magique, Lyall faisait quant à lui partie de l'élite des Aurors, les chasseurs de mages noirs. Ils n'avaient pas souvent l'occasion de travailler ensemble, les deux brigades n'ayant pas le même domaine d'intervention.
 
-        Lyall ? Que fais-tu là ? Il n'y a pas eu de magie noire, l'enquête revient aux  policiers magiques.
-         Je sais, je ne viens pas me saisir de l'enquête... mais j'étais encore au Ministère pour boucler une affaire sur un sérieux cas criminel. J'allais partir quand j'ai appris ce qui s'était passé sur ce bateau, et je t'avoue que ça a piqué ma curiosité... Que savons-nous ?
 
Moser soupira, entraînant son collègue en dehors des cuisines pour revenir vers l'avant du bateau, au premier étage.

-         Pour l'instant, pas grand-chose. On a beau avoir une centaine de témoins potentiels, personne n'a rien vu de particulier. Bilan de la soirée : une disparition, un empoisonnement, un accident avec un lustre qui a coûté la vie à trois personnes et a fait un blessé, trois autres meurtres dont le capitaine du bateau, son coffre-fort ouvert sans effraction mais pas d'argent volé... La totale.
-               Voilà un tueur efficace... lâcha Lyall assez impressionné.
-           En effet, je ne crois pas en la théorie des accidents. Et si on retrouve l'homme disparu, je suppose qu'il sera mort lui aussi. Cela nous fait donc huit meurtres en une soirée avec des modes opératoires très différents. J'ai presque du mal à y croire.
-               Des modes opératoires différents...?
-             Poison, lustre, couteau, foulard... voilà les armes de notre coupable. Le tueur peut atteindre ses cibles de loin ou au contraire en être très proche. Il est aussi bien capable d'être brutal en tranchant une gorge que d'être fin en déguisant trois meurtres en accident.
-          Je sens que tu vas avoir du fil à retordre avec cette enquête.
-          M'en parle pas... Je ne t'ai pas encore montré le meilleur.
 
Moser ouvrit la porte de la salle de surveillance et s'approcha du gardien toujours endormi.
 
-         Il a reçu une grosse dose de somnifère. Impossible de le réveiller pour le moment, dit Moser. Le tueur a coupé tout dispositif d'enregistrement à 20h10, nous n'avons donc aucune vidéo de la soirée. Et regarde...
 
Le policier pointa le petit trou dans la gorge du gardien.
 
-         Une piqûre ?! s'étonna Lyall.
-      Exact... en fait, le tueur ne s'est quasiment pas servi de sa baguette. Pas pour commettre les meurtres en tout cas.
 
Lyall regarda un moment le gardien profondément endormi, essayant d'assimiler toutes les informations récoltées sur les évènements. C'était vraiment bizarre que le tueur ait un tel mode opératoire. C'était tellement plus simple et sans risque de se servir d'une baguette... même si cela laissait des traces, il était impossible d'identifier l'auteur. Alors pourquoi se donner tant de mal ? Surtout que concernant le gardien, le tueur avait pris un risque pour se rapprocher de sa cible sans se faire remarquer... l'alerte aurait pu être donnée si le gardien s'était retourné pour une quelconque raison.
 
-         Il s'agit bien d'une croisière adressée exclusivement aux sorciers ? demanda Lyall.
-         Je me suis posé la question aussi, puisqu'au premier abord, on pourrait penser que le tueur est moldu... mais c'est impossible. L'agence de voyage, le bateau, les clients, les animations... la magie est présente partout, alors cette croisière n'est pas accessible aux moldus. Et de toute façon, le tueur s'est servi de sa baguette au moins une fois, pour provoquer la chute du lustre. Il ne pouvait pas se décrocher autrement.
 
Lyall acquiesça lentement. Donc aucun doute possible, il s'agissait bien d'un tueur sorcier...
 
-          Et personne n'a rien vu lorsque ça s'est produit ?
-         Ça s'est passé dans le casino... tout le monde était concentré sur les jeux. Personne ne faisait vraiment attention à ce qui se passait autour.
-           Hmm... Vous avez réussi à reconstituer les évènements ?
-           Les équipes sont encore en train de faire des analyses sur les scènes.
-           Tu penses que c'est l'oeuvre d'une seule personne ? Ou ils étaient plusieurs ?
-        Au début, en voyant les différents modes opératoires, j'ai pensé qu'ils étaient plusieurs. Mais il y a peu de chances que ça soit le cas. On a découvert que le capitaine était à la tête d'un réseau criminel. Les croisières n'étaient qu'une couverture. Les victimes appartenaient toutes à ce réseau. Ces exécutions ressemblent plutôt à un règlement de compte finement mené. Notre tueur savait déjà qui il allait tuer en venant et savait comment déjouer les différents dispositifs de sécurité. Tout était calculé, et jusqu'à maintenant, rien n'a été laissé au hasard. On a affaire à un vrai pro.
-           Tu penses à un tueur à gages ?
-           Précisément. Je ne vois pas d'autres explications... le tueur a recouru à plusieurs méthodes sans la moindre difficulté et a été capable d'agir aussi bien dans des salles bondées que dans des lieux isolés. Cela demande beaucoup d'expérience, ce n'est pas à la portée de n'importe quel criminel.
 
Lyall adressa un regard compatissant à son collègue. Il savait déjà que cette enquête serait très difficile à résoudre. A moins que le tueur ait commis une erreur lors de ses assassinats - ce qui paraissait peu probable -, il serait quasiment impossible de remonter une quelconque piste. Le tueur qui avait sévi sur ce bateau semblait appartenir à la catégorie très restreinte des tueurs professionnels. Des assassins fantômes qui, en plus d'être insaisissables, faisaient en sorte que leurs clients ne soient jamais soupçonnés. De véritables maîtres en matière de crime.
 
~ Point de vue de Prue ~  
 
Ayant eu un grand besoin de me reposer après une soirée si bien remplie, je n'avais pas monté le réveil en revenant de ma mission. Résultat : au lieu de me réveiller dans les temps pour me préparer et être à l'heure pour le repas à Poudlard, je n'avais émergé qu'à 14h. Malgré une nuit en pointillés à cause de mes habituels rêves qui gâchaient mon sommeil, je m'étais levée en pleine forme. Je m'étais habillée de ma tenue de tueuse pour pouvoir circuler dans le manoir de mon père, en direction de l'immense salle à manger pour prendre un repas en solitaire sur la table ovale en granit noir. J'avais profité d'être tranquille pour lire la Gazette du Sorcier qui parlait déjà d'une soirée dramatique en pleine mer, sans avoir plus d'informations au sujet de ce qui s'était vraiment passé. Il faudra laisser plus de temps aux enquêteurs avant de nourrir quelques pages d'actualités. Pour l'instant, je n'avais aucun souci à me faire. J'étais sûre de moi, j'étais persuadée de n'avoir rien laissé qui puisse me nuire. Et de toute façon, mes sources sauraient me prévenir si ce n'était pas le cas. Il était donc temps de délaisser ma tenue de tueuse pour retourner au château. 
 
| Poudlard - 15h10 |
 
J'atteignis la salle commune des Gryffondor après avoir passé le portrait de la Grosse Dame. Je ne fus pas surprise du calme qui régnait dans la salle bien que ça soit les vacances. Avec une si belle journée, malgré des températures un peu piquantes, beaucoup en profitaient pour prendre l'air. Il n'y avait que peu de monde ici. Tant mieux, je préférais ça au brouhaha qui rendait bien souvent cet endroit invivable. Mon attention se reporta près des fenêtres en entendant quelque chose se briser violemment. Je souris en voyant Remus et Sirius s'affronter dans une partie d'échiquiers version sorcier. Ils ne m'avaient pas remarqué, trop absorbés par leur partie visiblement accrochée. J'aurais pu passer mon chemin, mais je n'avais rien de particulier à faire, et si je passais mes vacances à Poudlard, c'était aussi pour rester avec eux. Je me rapprochai donc pour les saluer.
 
-         Hey ! lançai-je en arrivant.
-      Hey ! répondirent les garçons en reportant leur attention sur moi avec un grand sourire.
-         Alors, comment va la directrice ? demanda Remus.
-         Mieux ! Plus de peur que de mal. Et vous, comment ça va ?
-        Crevés de la nuit, mais je vais bien, répondit Remus, le visage effectivement marqué par la fatigue.
-         Idem, ajouta Sirius.
-         Je suppose qu'il n'y a pas eu de problème pendant l'excursion ?
-         Non, rassure-toi, me dit le brun. On a l'habitude, ça fait deux ans maintenant.
-         Seulement deux ans ? m'étonnai-je.
 
Je remarquai que Remus toisait son ami. Sirius s'en aperçut lui aussi car il ne répondit pas. Je pris place dans un fauteuil à côté de lui, intéressée.
 
-         Les autres Maraudeurs n'ont réussi à se transformer qu'en quatrième année. Et c'est déjà un exploit, dit simplement Remus.
-         Comment ça se passait avant pour toi ?
 
Il haussa les épaules.
 
-         J'étais seul dans la Cabane Hurlante. 
 
Voix trop calme, ton évasif, regard fuyant... aucun doute, Remus ne voulait pas s'éterniser le sujet. C'était la deuxième fois que je remarquais de la gêne dès que la période de solitude de Lunard était abordée. Ne voulant pas m'aventurer sur un sujet qui pourrait refroidir l'ambiance, je choisis de ne pas insister et conservai le silence pendant que les deux Maraudeurs continuaient de déplacer leurs pions. J'observais attentivement la partie, misant sur la victoire de Remus. Sirius était bon mais n'anticipait pas suffisamment. Il commettait trop d'erreurs. Sans surprise, Remus finit par faire échec et mat.
 
-         Rah, ça m'énerve de jouer contre toi ! râla Sirius.
 
Remus rit devant l'air blasé de son ami.
 
-         Parce que tu perds tout le temps ! taquina le lycanthrope.  
-         Je t'ai gagné une fois, se défendit Sirius.
-         Sur combien...? railla Remus avec un clin d'½il.
 
Sirius grommela, préférant ne pas répondre. Il reporta son attention sur une fille qui venait d'entrer dans la salle commune. Un sourire illumina de suite son visage au même moment qu'une lueur passait dans ses yeux.
 
-         Mon loulou, je t'abandonne, le devoir m'appelle, lança Sirius avec un sourire entendu.
 
Remus acquiesça en échangeant un regard complice avec son ami. Inutile de préciser que la fille en question était une petite bombe qui explosa littéralement en voyant Sirius se diriger vers elle avec son éternel sourire charmeur. Exaspérant. Elles étaient vite impressionnées ces filles-là... tellement faciles.
 
-         Toujours en train de draguer à la moindre occasion, soupira Remus en m'adressant un sourire.
-         Fidèle à sa réputation, renvoyai-je sur le même ton.
-         Bon, puisque mon adversaire est parti... tu veux prendre une leçon ?
 
Je haussai les sourcils, esquissant un sourire. A peine arrivée, le jeu reprenait déjà. Il n'y avait pas d'alternative entre nous : soit on observait le silence, soit on se provoquait. Comme si nous étions incapables de nous comporter autrement.

-         Qui te dit que ce n'est pas moi qui vais t'en donner une...? répliquai-je.
-         Il n'y a qu'un moyen de le savoir, dit-il en m'invita à m'asseoir face à lui.
 
Je pris place avec un sourire, pas décidée à laisser passer cette provocation. Je jouais souvent aux échecs avec Jack, et je n'avais pas beaucoup de défaites à mon actif. Les pions se réparèrent et se remirent à leur position initiale, prêts pour une nouvelle partie.
 
-         Blancs ou noirs ? demanda Remus.
-         Noirs, répondis-je sur un ton d'évidence.
 
Ce fut donc à Remus de commencer, puisque l'honneur revient aux blancs d'entamer la partie. Il poussa un pion, et je réfléchis plusieurs secondes avant de jouer mon premier coup. Et ainsi de suite. Contrairement à lorsqu'il jouait avec Sirius, où les tours allaient assez vite, moi je prenais bien mon temps pour réfléchir. Le silence s'était imposé entre nous à cause de la concentration qu'exigeait ce jeu. Les premiers coups sont bien souvent les plus importants et déterminent le restant de la partie. Il faut sacrifier ses pions au bon endroit et au bon moment avant d'envoyer les pièces maîtresses.
 
Il y eut bientôt autant de débris noirs que blancs éparpillés autour de l'échiquier. Car oui, une partie version sorcier impliquait que les pièces se détruisaient entre elles en guise de « prise ». La partie était vraiment intéressante. Remus était bien meilleur adversaire que je pensais. J'avais beau être prise dans le jeu, j'eus droit à un petit coup de barre. Rester assise ne jouait pas en ma faveur avec les heures de sommeil qui me manquaient encore. Heureusement que nous étions en vacances, j'avais besoin de repos. Je pourrai me reposer ce soir en me couchant de bonne heure. Je bâillai tout en réfléchissant à mon prochain coup.
 
-           Tu m'as l'air bien fatigué, fit remarquer Remus.
-           Un peu... avouai-je.
-           Ça s'est bien passé à l'orphelinat ?
-           Comme d'hab. Je suis allée voir la directrice, j'ai passé un petit moment avec elle... et je suis allée faire un tour en ville.
-          Tu n'es pas restée dans l'établissement ? s'étonna Remus.
-          Pourquoi faire ?
- Voir tes amis qui sont là-bas...?
-          Je n'ai pas d'ami là-bas. Les autres habitants ne sont que des fantômes pour moi. 
 
Cette discussion était étrange, parce que ce n'était pas totalement un mensonge. Disons que c'était une vérité transformée. Au manoir de mon père, je ne fréquentais aucun Mangemort. Je rendais des services, et puis c'est tout. Je menais mes activités de mon côté.
 
- Alors tu as vraiment grandi dans la solitude ?
- Pas exactement. Je suis très proche du professeur qui s'occupait de moi. J'ai un frère de coeur aussi... mais il a quitté l'orphelinat l'année dernière.
-            Pourquoi ?
-            Il est retourné dans son pays natal... pour faire des recherches sur son passé.
 
Remus acquiesça lentement.
 
-              Il doit beaucoup te manquer.
-              Tu n'as pas idée... soufflai-je en reportant mon attention sur la partie.
 
Mes pensées s'égarèrent auprès de mon « frère ». Diego. Ça oui il me manquait. J'avais une sensation de vide depuis qu'il était parti. Je ne pensais pas y être attachée à ce point. Ce n'est qu'après son départ que j'avais compris à quel point je m'étais habituée à vivre à ses côtés. Sans lui, c'est comme si une partie de moi était éteinte, n'attendant que son retour pour s'éveiller à nouveau. Il était le seul à me comprendre. Le seul en qui j'avais une confiance absolue.

-       Non c'est sûr... répondit Remus. Je vois rien que nous comment on se comporte lorsqu'on se sépare pour quelques semaines... j'ai l'impression qu'une partie de moi me quitte. Alors toi... ça fait longtemps qu'il est parti ? 
-           Dix mois.
-           Et tu as des nouvelles quand même ?
-           Pas trop, non. Je sais qu'il va bien... mais on ne s'écrit pas.
 
Remus fronça les sourcils, ce qui me fit sourire. Comment pouvait-il comprendre que je puisse être fusionnelle avec Diego tout en ayant une relation... distante ? Nous n'avions pas besoin de nous envoyer des lettres pour nous dire à quel point on se manquait. C'était une évidence. Par contre, le faire prouverait notre attachement l'un pour l'autre... et ce n'est pas une attitude acceptable chez deux assassins de notre trempe. Témoigner de l'affection à un semblable ne se faisait pas. Par respect. Cela ne ressemble à rien deux personnes censées être de redoutables prédateurs se comporter comme le commun des mortels, sensible et souffrant de l'absence de l'autre. Diego et moi avions quasiment le même passé en commun. Lui comme moi étions incapables de manifester des sentiments. Mais tous deux savions qu'ils existaient... et qu'ils étaient forts. Très fort. Jamais de ma vie je ne pourrai éprouver de sentiments plus forts pour un homme. Diego était une partie indispensable de mon être... de ma vie. Si je supportais la séparation, c'est uniquement parce que je la savais temporaire. Bientôt, mon frère serait de retour. J'avais hâte.
 
-         Bizarre, glissa Remus.
-         On n'est pas très émotifs... ricanai-je.
-         Alors ça tu vois, je l'avais déjà remarqué sur toi ! ironisa Remus.
-         Roh ça va, tu ne vas pas me resservir le coup de la plante ! renvoyai-je.
 
Remus eut un instant d'arrêt. Il baissa les yeux sur la partie. Je sentis que je venais de lancer une pique un peu trop aiguisée.

-         Non, dit-il. Ce serait inutile. Tu n'es pas encore apte à comprendre.
-         De quoi tu parles ?
-         Tu l'as dit... tu as grandi avec peu de personnes autour de toi. Et même avec elles, tu as une relation distante. Alors tu ne peux pas comprendre qu'on s'inquiète pour toi.
 
J'eus un rire nerveux. La seule personne à s'inquiéter pour moi, c'était Diego, quand je partais sur des missions trop dangereuses. Et c'était réciproque. Mon père n'avait jamais manifesté la moindre crainte à mon égard, tandis que Jack restait trop impassible pour que je sache quoi que ce soit.
 
-         S'inquiéter de quoi Remus ? Je vais bien.
-         Prue... tu as le droit d'être réservée, mais s'il te plait, n'essaie pas de me la faire.

Je serrai la mâchoire. J'avais oublié une chose importante... avec Remus, soit on ne se dit rien, soit on se provoque... soit on se dispute.
 
-         Je ne sais pas de quoi tu parles...
-         Alors parlons-en... Déjà, tu es très absente mentalement...
 
« Excuse-moi d'avoir eu huit meurtres à préparer ! »
 
-         Ça a été le cas ces deux dernières semaines, mais je l'ai remarqué depuis le début.  Tu as souvent l'air triste et fatigué. Tu n'es jamais vraiment parmi nous.
C'est vrai que je suis souvent dans la lune... mais je ne suis pas triste, répliquai-je fermement.
 
Remus eut un faible sourire face à ma réponse.
 
-           Il n'y aurait pas de honte à l'être... après ce que tu as vécu.
 
Une décharge me parcourut le corps. Je me mordis lentement la lèvre, inspirant profondément pour calmer ce soudain courant de haine qui m'avait submergée. Je savais que Remus ignorait à quoi il venait de faire allusion... il ne connaissait pas mon passé. Mais je ne pouvais pas garder le contrôle sur cette immense rage réfugiée en moi et qui refaisait surface dès que mon passé était abordé.
« Ce que j'ai vécu... bon sang si tu savais... tu n'oserais pas en parler. »
 
-           Je sens depuis le début que tu portes un fardeau...lourd à porter... tu en as gros sur le c½ur. Tu es constamment sur le point d'exploser parce que tu ne t'es jamais vraiment libérée.
 
Je ne répondis rien et baissai les yeux sur l'échiquier. Si au début je pensais que Remus était à des années lumière de la vérité... là il avait visé juste. Comment pouvait-il être autant dans le vrai... sans avoir la moindre idée de " ce que j'ai réellement vécu " et de qui j'étais ? Remus joua son coup, exposant volontairement son fou à ma tour. J'envoyai ma pièce faire son travail, et ne fus pas alarmée de voir Remus satisfait de jouer un nouveau coup, ouvrant une brèche dans ma défense. J'étais assez perturbée qu'il se lance sur ce sujet. Il devait bien sentir ma gêne... l'accélération de mon coeur... ma colère... c'était obligé qu'il le sente parce qu'à cet instant, j'étais incapable de rester indifférente. De n'émaner aucun sentiment. C'était impossible. Pas sur ce sujet. Je ne pouvais pas rester sans broncher, parce que ses sens l'aiguillaient sur la vérité sur ma personne. Je ne savais pas comment l'en détourner. Je ne savais pas comment m'échapper de cette situation qui devenait délicate. 
 
-           Qu'est-ce qui te fait dire ça ? demandai-je très calmement.
-           Ta façon d'être...
 
Je fronçai les sourcils en relevant les yeux sur lui.
 
-           Comment ça ?
 
Remus inspira profondément, détournant le regard quelques secondes. Il ne semblait pas savoir comment répondre, peut-être par crainte de me blesser.
« Lance-toi Remus... j'ai besoin de savoir à quel point mon passé continue de transpirer sur celle que je suis devenue. »
C'était la première fois que j'avais ce genre de conversation, et j'en étais assez perturbée. Normalement, les gens ne devinaient rien de ma personne. Normalement, c'est moi qui laissait voir ce que je voulais aux autres.
 
-            Depuis le début... tes paroles, ton comportement, ton caractère, tes réactions... tout montre que tu as eu... un passé difficile. Un passé qui a encore de l'influence sur toi.
 
Je déglutis péniblement. Comment était-il possible qu'il voie ça ? Mon masque était-il défaillant ? Comment pouvait-il voir ce que même les personnes qui me connaissaient depuis plus longtemps que lui n'avaient jamais deviné ? Ses paroles étaient tellement justes. Je n'en revenais pas. C'était aussi rageant que douloureux. C'est vrai, mon passé me pesait. Et c'est bien pour l'alléger que j'étais devenue... celle que j'étais.

-         C'est vrai. Je ne peux pas le nier, finis-je par dire en jouant à nouveau.
 
J'avais envie de partir. De partir loin de lui. Je me sentais prisonnière dans cette discussion. Le sujet était plus qu'épineux, je ne devais rien lui avouer... et en même temps j'étais incapable de nier sous peine d'être démasquée. Ses sens lui permettaient de savoir quand je mentais.

-          Ça n'a pas dû être facile de grandir dans un orphelinat... reprit Remus.
 
Je baissai les yeux, sentant la lame éternellement plantée dans mon c½ur se retourner dans mon être. J'aurais mille fois préféré être dans un orphelinat... connaître la solitude... A la place, j'avais traversé bien pire. Une longue et lente destruction... dont je ne m'étais jamais vraiment relevée. J'avais beau être devenue une sorcière puissante, une tueuse redoutée et respectée de tous... j'étais toujours victime de mes souvenirs, qui me rappelaient à chaque instant par quoi j'étais passée pour devenir ce que j'étais. Remus était loin d'avoir tort. C'est sur la douleur que s'est bâtie ma carapace. C'est sur la haine que s'est ajouté le masque de Tracker. Une haine issue d'un chagrin, d'injustices, d'incompréhension, de dégoût. Aujourd'hui c'est terminé, mais les blessures m'avaient profondément marquée. Elles étaient toujours bien là... ancrées en moi. Cuisantes. Inoubliables... Incurables. 

Je sentis quelque chose se poser sur ma main, me faisant sursauter en revenant dans la réalité. Remus avait posé sa main avec douceur sur la mienne. Si lui était calme et m'adressait un regard apaisant, moi j'avais l'impression d'être au bord d'un précipice. Il arrivait à me cerner avec tant de facilité... j'en avais le c½ur qui cognait furieusement contre ma poitrine, délivrant un courant d'adrénaline dans tout mon être. J'avais l'impression de me faire découvrir, et de ne rien pouvoir faire pour empêcher ça.
 
-         Si tu as besoin de quoi que ce soit Prue... je suis là. Tu peux compter sur moi. Sur nous quatre. N'hésite pas à nous parler... je ne te demande pas de déballer ta vie... juste de te libérer quand tu en as besoin. Tu n'es plus seule désormais.
 
Je souris faiblement. C'est dans ces moments-là que je regrettais qu'une personne telle que lui figure sur ma liste de cibles. Le simple contact de sa main me faisait ressentir son soutien... me transmettait ses encouragements. Ça faisait du bien, mais je ne pouvais pas donner suite. Même si je sentais qu'il était le genre de personne sur laquelle on pouvait se reposer... je ne pouvais pas le faire. Il était ma proie. Je ne devais pas me dévoiler. Jamais. Cette discussion devait cesser.
 
-          Merci Remus... soufflai-je. Mais j'avoue ne pas avoir très envie de remuer tout ça...
 
Remus comprit de suite qu'il s'aventurait sur un terrain miné car il se contenta de sourire et baissa les yeux sur sa main posée sur la mienne. Il passa doucement son pouce dans une caresse réconfortante avant de laisser glisser ses doigts pour reprendre la partie. Je sentis un vide lorsqu'il retira sa main chaude.
 
-         Je comprends. Excuse mon manque de finesse. C'est juste que tu me rappelles Sirius, et je ne veux pas que tu fasses les mêmes erreurs, avoua Remus en jouant un nouveau coup.
-            Comment ça ?
-         Sirius a eu... un passé difficile avec sa famille. Un passé douloureux qui ne s'est achevé que l'an dernier, lors de son départ définitif. Mais au début, il refusait d'en parler ou d'essayer de sortir de ses idées noires. Il subissait, point à la ligne.
-         Je ne subis rien, dis-je catégorique en envoyant mon cavalier survivant transpercer sa tour d'un coup d'épée.
-         Vraiment ? Pourtant c'est ce que je vois chaque jour en te regardant. Une fille devenue forte suite à ses blessures.
 
Je serrai la mâchoire. Il fallait vraiment qu'on change de sujet. Là, tout de suite !
 
-        Tu es bien placé pour savoir que les blessures profondes laissent des cicatrices, lui fis-je remarquer.
-          Les miennes sont visibles mais ne me font pas souffrir.
-       Je t'assure que je vais bien, tu n'as aucune raison de t'inquiéter pour moi. Tu as raison, j'ai eu une enfance difficile qui a laissé des marques. Mais aujourd'hui, c'est passé... je veux juste oublier.
 
Remus soupira en poussant sa reine.
 
-         C'est dommage que tu choisisses de cacher tes blessures plutôt que de les soigner...
 
Je regardai Remus dans les yeux sans me détourner cette fois. " Plutôt que de les soigner...? " Etait-il sérieusement en train d'insinuer... que mes blessures continuaient de saigner ?
 
-         Echec, dit-il avec un calme imperturbable en me regardant dans les yeux.
 
J'eus un sourire malgré moi. Il avait raison. Je n'étais pas guérie. Je ne pouvais pas guérir. Pas tant que vengeance n'aura pas été faite jusqu'au bout.
 
-         Ce sont ces mêmes blessures qui me permettent aujourd'hui de ne pas en avoir d'autres... répondis-je en jouant un dernier coup.
 
Ces mêmes blessures qui avaient rendu ma détermination inébranlable. Remus afficha une certaine surprise.
 
-          Echec et mat, dis-je avec un clin d'oeil.

Il eut un faible sourire en s'apercevant trop tard de son erreur.
 
-         Belle volte-face, je ne l'ai pas vu venir.
-         Merci, mais je t'avais bien dit que c'est moi qui te donnerais une leçon, dis-je en me levant.
-         Tu ne me laisses pas l'occasion de prendre ma revanche ?
-         Un autre jour... J'aimerais profiter de l'extérieur.
-         Je peux venir avec toi ?
 
A vrai dire, si je voulais me balader, c'était bien pour m'éloigner de lui. Pour mettre un terme à cette discussion trop délicate. Pour qu'il arrête de s'inquiéter à mon sujet. Il ne devait pas se rapprocher ainsi de moi. Et pourtant...
 
-         Oui bien sûr, avec plaisir, assurai-je.
 
Remus sourit et prit son manteau. Je le regardai se couvrir, me demandant sérieusement pourquoi j'avais accepté. Un refus n'aurait pas affecté ma mission. Pourquoi ne pas m'être accordée une peu de répit ? Surtout après une discussion aussi... étrange. Je soupirai. Une fois de plus, j'étais en désaccord avec ma raison.
 
On parcourut les couloirs jusqu'aux étages inférieurs sans dire un mot. Une fois dehors, on marcha en direction du parc, tous deux ralentis par l'épaisse couche de neige qui nous arrivait à mi-mollet.  J'aimais beaucoup venir ici à cette saison. La neige avait vraiment le don de rendre Poudlard encore plus magique que d'habitude. Il y avait un ciel bleu magnifique qui contrastait avec la blancheur éclatante de la neige qui s'était accumulée ces dernières semaines. Mais j'avoue que j'avais du mal à savourer pleinement ma contemplation du paysage après les paroles de Remus. Je n'arrêtais pas d'y repenser. Ma souffrance était si visible que ça... ? Ou c'est juste lui qui la sentait grâce à ses sens surdéveloppés ? Ça me perturbait qu'il puisse voir au-delà du masque que j'affichais. Au-delà de l'illusion qui trompait tout le monde. C'était dangereux pour moi qu'il lise aussi bien en moi. Il me faisait flipper, je dois l'avouer. Le problème avec lui, c'est qu'il arrivait à échapper à mon contrôle... je n'arrivais pas à choisir ce qu'il pouvait savoir de moi. Il arrivait à me découvrir contre ma volonté. Une situation vraiment frustrante... et déstabilisante.

Je ne m'étais pas rendue compte que nous étions arrivés près du lac. Remus m'agrippa avec force et me relâcha sur le lac recouvert de glace. Avec l'élan, je fis plusieurs mètres en glissant avant de perdre l'équilibre. Plus j'essayais de me rattraper, et plus j'étais déséquilibrée. Il éclata de rire.
 
-         Putain, toi... ! menaçai-je.
 
Dans ma précipitation, ma jambe droite glissa et je tombai sur la glace dans un sacré dérapage. Je m'immobilisai, m'attendant à ce qu'elle cède, mais il n'y eut pas la moindre fissure. Il devait vraiment y avoir une bonne épaisseur pour qu'elle soit aussi résistante !
Je me relevai doucement et me dirigeai vers le rebord en prenant garde de ne pas rechuter, m'aidant de la télékinésie pour réduire mes mouvements. A nouveau sur terre, je me baissai et enfonçai les doigts dans la neige. Une bataille commença entre nous deux. A croire que nous étions deux gamins ne pouvant s'empêcher de se faire mordre la neige. C'était ma deuxième bataille avec lui en peu de temps.
 
-         Raté ! me nargua le Lycanthrope en esquivant une de mes attaques.
 
Je lui en envoyai une autre s'écraser sur son front.
 
-         Ou pas ! rigolai-je.
 
J'avais les doigts engourdis par le froid. Alors que je soufflais dans mes mains pour les réchauffer, je me sentis percutée. Un grand froid me saisit le dos qui me coupa le souffle et je fus parcourue de frissons. Remus m'avait carrément fait un plaquage. J'attrapai de la neige et lui lançai sur la joue. Je me relevai et me mis à faire des bonds pour avancer dans la neige. Bien sûr, il me poursuivit et finit par me rattraper. Il m'entoura de ses bras et m'attira à nouveau sur la glace. Sauf que cette fois, je ne lâchai pas son manteau et l'attirai avec moi. On glissa tous les deux avant de finir dans une belle chute. Je me relevai prudemment. Lui ne semblait pas gêné et se mit à patiner habilement sur la glace en me lançant des regards supérieurs et provocants. Je ricanai en le voyant me narguer. Il voulait jouer à ça ? Ok.

Au moment où il passa près de moi, je lui bondis dessus et le fis tomber. Il éclata de rire pendant qu'on glissait à cause de l'élan. On s'immobilisa quelques mètres plus loin. J'essayai de me relever, mais il m'en empêcha en me faisant des chatouilles. Les craignant, je partis dans un fou rire incontrôlable et il en profita pour inverser les rôles. Je me retrouvai dos à la glace avec lui à califourchon sur moi pendant qu'il continuait sa douce torture. J'en pouvais plus de rire, je commençais à en avoir mal au ventre. Je dus faire un gros effort pour parvenir à entourer une de ses jambes avec la mienne et le faire basculer pour échanger à nouveau les rôles. Je lui saisis les poignets et les plaquai solidement sur la glace. Je profitai de ce court moment de répit pour reprendre mon souffle. Il sourit jusqu'aux oreilles, sans doute à cause de la position que j'avais. J'étais un peu à califourchon sur lui, ma position favorite qui me permettait de clouer mes adversaires au sol pour assurer ma domination. C'était la deuxième fois déjà que Remus et moi jouions à prendre le dessus sur l'autre. Mais une fois de plus, c'est moi qui avais le dernier mot. Cependant, je lus dans les yeux de Remus qu'il n'avait pas rendu les armes.

Je me relevai et commençai à m'éloigner, ayant vu suffisamment d'espièglerie dans son regard pour savoir qu'il n'avait pas fini de me faire la fête. Il me rattrapa et on recommença à jouer. Je n'aurais su dire combien de temps on resta là, à se provoquer et à rigoler. Je n'arrêtais pas de perdre l'équilibre sur la glace, Remus était tout le temps en train de me rattraper.
 
-        Laisse-toi guider, me dit Remus en m'entourant la taille d'un bras.
 
D'abord un peu méfiante, pensant que c'était encore une ruse pour me faire une misère, je surveillai de près Remus, m'attendant à contrer une nouvelle "attaque". Mais il n'en fit rien, se contentant de m'emporter doucement sur la glace. Je finis par prendre de l'assurance et parvins à conserver un certain équilibre. On parcourut le lac dans tous les sens, agrippés l'un à l'autre.
 
-        Ça y est, tu commences à prendre le coup, félicita Remus en me lâchant.
 
En effet. Jusqu'à ce que je doive prendre un virage qui me rappela que je n'étais pas encore douée sur la glace. Je perdis à nouveau l'équilibre, mais Remus me rattrapa à temps. Je me retrouvai à nouveau dans ses bras, le visage assez près du sien. Je lui lançai un regard réprobateur en voyant ses lèvres esquisser un sourire.
 
-         Ne te moque pas, dis-je sur un ton faussement menaçant.
-         C'est tellement énorme de te voir perdre l'équilibre... toi que rien ne déstabilise habituellement, me dit Remus avec un clin d'oeil.
 
Je déglutis en prenant conscience que cette phrase était assez juste. Outre le fait d'être nulle sur la glace... j'étais effectivement en train de perdre l'équilibre entre l'actrice et moi-même. Encore une fois. J'avais l'impression que j'enchaînais les faux pas depuis mon retour à Poudlard aujourd'hui.

Remus me raccompagna au bord du lac et je fus contente de regagner le sol enneigé. Je préférais garder mes appuis bien campés sur la terre ferme. Je regardai néanmoins le lac argenté avec le sourire aux lèvres. Je m'étais bien amusée. Remus arrivait à faire surgir l'enfant en moi qui n'avait jamais eu l'occasion de se manifester.
 
-         Suis-moi, me dit Remus en m'entrainant.
 
Il m'emmena sur une colline où on dominait l'école. La douce pente enneigée nous fit battre le c½ur un peu plus vite, mais ce n'est rien comparé au courant qui me parcourut lorsque je découvris ce que voulait me montrer Remus. J'eus le souffle coupé en voyant le château encore plus féérique que d'habitude. J'avais déjà remarqué sa beauté sous la neige, mais d'ici, avec plus de recul, la vision était parfaite. Tout était calme, le parc était recouvert, et en fond, la neige recouvrant l'école dressée de toute sa taille semblait briller sous les doux rayons du soleil. Je dus reconnaître que...
 
-         Wouah... la vue est magnifique d'ici !
-         Oui...Magnifique...
 
Je fronçai les sourcils et me retournai. Remus était juste devant moi, trop près à mon goût. Une fois de plus, son regard ambré s'était planté dans le mien, et j'étais incapable de m'en détourner. Je voyais à travers ses yeux  un souvenir marquant, en plus de la nature du loup qui me fascinait. Pourtant, je finis par tourner la tête et reportai mon attention sur l'imposante école blanche. Ce n'était pas le moment de me perdre dans ma contemplation.
 
-         On rentre ? Il fait plutôt froid, me proposa-t-il.
-         Bonne idée.
 
Un silence gêné s'installa. Je ne savais pas quoi lui dire. Que pouvait-il bien penser ? Je secouai la tête. Je n'avais pas à savoir, ça ne m'intéressait pas. La seule chose qui importait, c'était ma mission, rien d'autre. Certainement pas un loup-garou ! Il y avait bien quelque chose, mais ce n'était dû qu'à mon passé, rien d'autre. Je mis un point d'honneur à ne pas approfondir le sujet. Ah ce que ça m'agaçait de me surprendre perturbée et hésitante face à... lui.

Je fus soulagée lorsqu'on arriva dans la salle commune. Cette fois il fallait vraiment que je prenne le large. Que je m'éloigne de lui le temps de me ressaisir. Ce devait être la fatigue qui me mettait dans cet état.
 
-         Euh... je vais monter  prendre une bonne douche bien chaude, dis-je.
-         Ok. On mange ensemble ce soir ?
-         Oui comme d'habitude, assurai-je.
-         A tout à l'heure.
 
Je me rendis rapidement dans mon dortoir. Je pris une bonne douche rafraichissante contrairement à ce que j'avais dit. Le feu en moi me préservait du froid. Il fallait que je reprenne mes esprits. Ce n'était pas normal que j'aie l'esprit aussi confus. Je m'habillai en tenue décontractée. Ça faisait du bien pendant les vacances de ne pas avoir à porter la robe.

Je ne descendis pas de suite, ayant besoin comme souvent de m'installer sur le large rebord de la fenêtre pour laisser mon esprit errer, le regard perdu au-delà des carreaux embués.
 
~ Point de vue de Remus ~
 
J'étais installé dans le fauteuil en face de la cheminée, comme souvent. Il y avait pas mal de bruits autour de moi, car nombreux élèves étaient présents pour discuter et faire des jeux. A vrai dire, c'est à peine si je les entendais tellement j'étais perdu dans mes pensées. Je repensais le c½ur léger à ce nouveau moment partagé avec Prue. Et puis, notre discussion pendant la partie d'échec me revint en tête. Elle ne le niait pas, elle portait vraiment de vieilles blessures. J'avais vu juste. Qu'est-ce qui avait bien pu lui arriver si elle avait grandi dans un orphelinat depuis ses cinq ans ?

Je soupirai, un peu agacé de ne pas savoir. Je savais que je ne devrais pas lui poser de questions... c'était délicat d'aborder le passé d'une personne qu'on ne connaît pas encore très bien. Surtout quand celui-ci s'avère dur. Mais je voulais l'aider à aller mieux, il fallait donc que je prenne le risque de me lancer. Je me doutais bien que ce ne serait pas facile. Ça ne l'est jamais dans ces cas-là. Nous avions déjà eu l'exemple avec Sirius. Je ne voulais pas que ça recommence avec elle. Je ne voulais pas encore avoir à me retrouver impuissant face à une personne à laquelle je tiens qui préfère souffrir dans son coin. D'un autre côté, je n'étais pas encore suffisamment proche de Prue pour espérer l'amener à se confier. Elle n'était pas du genre à partager ses problèmes.
 
-         Alors mon loulou... gagné ou perdu face à la louve ?
-         Perdu. Et toi, avec ta nouvelle conquête... ?
-         Conquise.
 
Je ris à sa réponse. Évidemment, personne ne résistait à mon ami, le séduisant Sirius Black. Sauf Prue bien sûr.
 
-         Une pierre deux coups, lançai-je.
-         Deux ? reprit Sirius avec un air étonné.
-         Tu crois que je ne t'ai pas vu venir ? Tu essaies toujours de prendre ta revanche quand tu perds... mais là tu as préféré t'éclipser.

Le sourire de mon ami s'élargit davantage avant qu'il rigole.
 
-         On ne peut rien te cacher. Bon alors, raconte !
-         J'ai perdu aux échecs, on est allé se balader dehors, on s'est battu gentiment, on a un peu patiné, et on est rentré.
-         ... Et sinon, dans les détails, ça donne quoi ?
-         Curieux !
-         Hé ! Je te rappelle qu'on a tous parié !
 
Je levai les yeux au ciel, exaspéré. J'aurais préféré qu'il ne me rappelle pas ce détail.
 
-         Il n'y a rien Sirius. On s'entend bien mais c'est tout. Elle me garde à distance.
-         Je vais te poser une question très simple : est-ce qu'elle te plait ?
 
Je soupirai. Je n'avais pas l'habitude de déballer mes sentiments. Pas l'habitude de parler d'amour. Je n'avais jamais envisagé avoir une relation, à cause de ma condition. J'avais bien essayé une fois, mais la raison m'avait rappelé à l'ordre. Ce n'était pas prudent, ni viable. Il faudrait que je mente pour cacher ma condition. Depuis que Prue avait débarqué dans ma vie... chaque jour elle me donnait envie d'essayer à nouveau. Elle était déjà au courant pour mon problème de fourrure, et ne semblait pas effrayée. Au contraire.
 
-         Bien sûr qu'elle me plait, répondis-je à voix basse. Tout me plait chez elle. Même ses défauts.
-         Alors tu attends quoi pour tenter ta chance ? Tu as peur de te faire mordre ou quoi ?
 
J'eus un rire amer. C'est vrai que Prue pourrait effectivement faire son pitbull si je ne respectais pas ses limites. Mais non, ce n'était pas de la peur. Disons... qu'elle me semblait inaccessible. Même si on passait toujours de bons moments ensemble... je ne sais pas comment l'expliquer.
 
-         Remus, quand elle est venue la dernière fois pour la pleine lune... tu avais beau grogner et afficher ta mine la plus menaçante pour la dissuader de se rapprocher de toi, elle a continué à avancer, et au final tu l'as acceptée. Parce qu'elle s'est montrée à la fois prudente et audacieuse. Respectueuse mais déterminée.
 
Mon regard se perdit momentanément. Oui, ça avait bien marché. La seule différence, c'est que Prue souffrait au fond d'elle. Il n'y a rien de pire qu'une louve blessée. Je ne voulais pas la perdre en me montrant trop intrusif. Et puis... rah quelles étaient les chances qu'elle s'intéresse à moi ? On s'entendait bien mais ça ne voulait rien dire. Une fille comme elle devait certainement être attiré par des mecs d'un autre genre, sans cicatrices en travers du visage !
 
-         Ça ne te coûte rien d'essayer, ajouta Sirius.
 
Je ne répondis rien, regardant à nouveau les flammes dans la cheminée. C'est clair que Prue en valait la peine. Elle correspondait vraiment au style de fille que j'appréciais.
 
-          Pourquoi tu n'as rien tenté toi...? demandai-je à Sirius.
 
C'est vrai quoi... le tombeur, c'était lui. Je savais très bien que Prue était son genre. Pas pour son tableau de chasse bien sûr... Prue n'appartenait pas à ces filles que l'on drague  pour s'amuser et que l'on oublie le lendemain. Elle représentait plutôt un trésor à conserver avec soin. Depuis le début, ça me surprenait de constater que Sirius se contentait de jouer au charmeur sans rien essayer avec elle. Je vis mon ami afficher un petit sourire, avec ce regard rempli de certitude que je connaissais par c½ur. Qu'allait-il encore me sortir ?
 
-           Parce qu'il est évident depuis que vous vous êtes croisés tous les deux que vous vous plaisez. Même si tu es trop aveugle pour le voir et elle pour l'accepter. Je sais que Prue ne sera pas facile à aborder parce qu'elle est dans une véritable carapace. Mais si quelqu'un a une chance de parvenir à l'en faire sortir, c'est toi et personne d'autre.
 
 ~ Point de vue de Prue ~
 
L'heure du repas sonna, et je me décidai à descendre de mon perchoir. Je quittai le dortoir pour me rendre dans la Grande Salle, où les Maraudeurs étaient déjà installés.
 
-         Hey ! salua James. Ça va ?
-         Oui, très bien.
-         Tu restes avec nous jusqu'à la fin des vacances, ou tu vas devoir repartir ? interrogea Sirius.
-         Je n'en sais rien. Je ne pense pas.
-         Ça dépend de quoi ? demanda Peter.

« De mon père et du marché criminel... »


- De l'état de santé de la directrice.
-         Oh ok.
 
Je m'assis à côté de Remus, bien contente de ne pas l'avoir en face cette fois. Au moins ce soir, je pourrai lever les yeux de mon assiette sans craindre de me perdre dans l'ambre de son regard.

-         Hé ! lança James. Si on faisait un gros coup pour Noël ?
-         Ouais ! Bonne idée ! ...Comme quoi ? demanda Peter.
-         ... Hum...On va y réfléchir, fit Sirius sur un ton énigmatique tout en souriant à son frère de c½ur.
 
Il était évident qu'il avait déjà une ou deux tonnes d'idées à ce sujet.
«Pauvre Serpentard...ça va encore être leur fête... »
Le restant du repas se passa dans la bonne humeur. J'essayais de prendre part aux discussions mais à vrai dire, j'étais un peu ailleurs. Alors que les plats disparaissaient pour faire de la place avant le dessert, je sentis une violente douleur me saisir la tête. Je fermai instantanément les yeux en retenant un gémissement. J'avais l'impression qu'un étau s'était puissamment refermé sur ma tête.
 
-         Prue ? appela Remus. Qu'est-ce qui t'arrive ?
-         ...
-         Prue... ?
 
Je le sentis passer un bras autour de mes épaules. A son contact la migraine partit et la douleur s'estompa. Je rouvris les yeux, la mâchoire serrée. Sirius et James me regardaient avec inquiétude. J'étais incapable de dire quoi que ce soit, l'esprit trop engourdi par cette soudaine agression mentale. J'avais beau essayer de garder le contrôle, mon regard devait être suffisamment dur pour exprimer ce que je tentais de cacher.
 
-         Ça va aller ? me demanda-t-il doucement.
 
Je ne tournai pas la tête, ne voulant pas rencontrer ses yeux qui allaient une fois de plus lire en moi la réponse. Je me levai brusquement et partis précipitamment sans rien dire. Dès que je ne fus plus en contact avec Remus, mon esprit se brouilla à nouveau. J'avais des flashs et une douleur fulgurante dans ma tête. J'avais du mal à marcher droit, et je dus faire un effort considérable pour rejoindre les toilettes. Il fallait que je m'isole pour pouvoir laisser entrer mon père dans ma tête. Une fois seule, mon esprit s'ouvrit d'un seul coup, me donnant l'impression d'avoir des éclairs dans la tête.
 
-         « Pourquoi lutter ? » siffla la voix de Père dans ma tête.
-         « Je n'étais pas seule ».
-         « Tu n'avais qu'à le penser ! »
-         « Hum...Qu'y a-t-il ? »
-         « On a un problème ».
-         « Lequel ? »
-         « Un de mes hommes a fait une gaffe. Son fils est au courant pour ta mission ».
-         « Je croyais que nous n'étions que quatre à être au courant ?! » m'énervai-je.
-       « J'ai dû lui dire. Il a entendu un morceau de discussion entre Jack et moi. Je lui ai donc tout expliqué pour qu'il fasse attention »
-         « Apparemment, il n'a pas retenu toutes les consignes. Qui est-ce ? »
-         « Wayne »
-         « Je m'occupe de lui »
-         « Laisse-lui une chance. Ne le tue qu'en dernier recours. »
 
Mais je réfléchissais déjà à comment le tuer. Je savais qui était ce Wayne, et j'avais déjà une idée pour l'effacer. Agir à l'intérieur même de Poudlard ne serait pas un problème. C'était même un défi très excitant.
 
-         « Reçu »  pensai-je pour mettre un terme à la discussion.
 
La connexion se rompit aussi vite qu'elle s'était établie. Je croisai mon reflet dans le miroir au-dessus du lavabo. Je voyais clairement la tueuse en moi quand je pensais au meurtre. Mes traits étaient beaucoup plus durs, mon regard plus agressif. Je respirais la haine et la colère. Je voyais la bête en moi qui se manifestait, qui voulait prendre le dessus. Pourtant, il fallait que Tracker se rendorme. Je ne pouvais pas la libérer, pas maintenant. Même si ça m'était insupportable de savoir que quelqu'un que je n'avais pas choisi connaissait mon identité. L'envie d'agir dès ce soir me démangeait.
 
-         Prue ?
 
Je fermai momentanément les yeux  pour m'efforcer à reprendre un visage impassible. Il fallait vraiment que je me retienne. Je me retournai pour faire face à Remus.
 
-         Oui ?
-         Ça va ? demanda-t-il incertain. Tu es partie vite...
-         Migraine, répondis-je évasive.
-         Je t'accompagne à l'infirmerie ?
-         Non c'est bon, ça ira, dis-je en me dirigeant vers la sortie.
-         Prue... s'exaspéra Remus en me retenant par le bras.
-         Je vais bien, assurai-je.
 
Je vis à son regard que je ne l'avais absolument pas convaincu, mais mon visage redevenu impénétrable l'empêchait de jouer aux devinettes. Bon c'est vrai que j'avais la tête comme un pot, ce n'était jamais sans douleur les conversations avec mon père car je ne lui laissais jamais totalement libre accès à mon esprit. Cela dit... je commençais à ne plus sentir mon mal de tête, trop troublée par la chaleur que me provoquait la main de Remus sur mon poignet.

-         Je t'ai pourtant dit de ne pas t'inquiéter pour moi, rappelai-je en essayant de rester calme.
-         Pourquoi ça ?
-         Parce que je vais bien. Ne cherche pas à creuser. J'ai l'habitude de m'en sortir seule. Accepte-le. Je ne suis pas de ces filles fragiles qui ont besoin de quelqu'un d'autre pour avancer. Je n'ai pas besoin d'être soutenue pour tenir debout et suivre ma route.
 
Il sourit à mes paroles.
 
-         Ça je le sais. Tu as une véritable carapace en toi... que je veux percer.
 
La détermination était clairement lisible dans son beau regard ambré. Il ne lâchera pas l'affaire, quelques soient les avertissements que je lui donnerai. Je pensai à ma prochaine cible que je devais abattre parce qu'il en savait trop sur moi. J'aurais aimé trouver les mots pour persuader Remus de ne pas chercher à me cerner, mais je savais que c'était inutile. Je ne pourrai pas l'empêcher de se poser des questions ou d'essayer de me comprendre. La seule chose que je pouvais faire, c'est de ne pas lui donner l'occasion de se rapprocher de moi. Sinon, je serais obligée de réduire la bande des Maraudeurs à trois.
 
-         Ma carapace est blindée... soufflai-je en reprenant ma route.
-         Je ne compte pas la briser par la force, entendis-je derrière moi.

« Alors tu n'auras aucune chance de la faire disparaître. »

-         ... Tu t'ouvriras de toi-même...
 
Je m'arrêtai nette, un peu surprise par une telle assurance dans ses paroles. Je me retournai pour lui faire face. Il souriait. Comment pouvait-il penser une chose aussi absurde ?!
 
-         Ça j'en doute, lançai-je.
-         L'avenir nous le dira, dit-il toujours sur le même ton.
 
« C'est tout vu »
 
Je m'éloignai, un peu perturbée par le comportement de Remus. Je repensai au moment que j'avais partagé avec lui dans la journée. A tous les autres d'ailleurs. Il est clair qu'au-delà du simple jeu, il essayait de franchir mes barrières. Il voulait se rapprocher. Pourquoi ? Il ne fallait pas. Il ne devait pas chercher à me connaître. C'était trop dangereux.
« Reste loin de moi Remus... les conséquences deviendraient ingérables sinon...»
Je me sentais fébrile. Il fallait que cela cesse. Je ne pouvais pas continuer ainsi. Rien qu'aujourd'hui je lui avais donné trop d'occasions de s'approcher. Je ne pouvais pas le laisser continuer à avoir le dessus. Mais il avait cette emprise sur moi qui me poussait à ne jamais fuir très loin. Qui le rendait capable de dissiper ma douleur au simple contact de sa peau. Que se passait-il ? Comment était-il possible qu'il ait une telle influence sur moi ?

Je me sentais faible, incapable de le tenir réellement à distance. Comment faisait-il pour rendormir de la sorte le prédateur réfugié en moi ? Lui... ma proie. Désigné pour mourir de ma main. Capable de me déstabiliser. De me calmer.
Dites-moi que ce n'est qu'un mauvais rêve. Dites-moi que la louve en moi est toujours aussi indomptable. Je ne pourrais supporter le contraire.
 

Chapitre 14 : Les inquiétudes de Remus
 
 
Et voilà pour ce nouveau chapitre, essentiellement centré sur la relation Prue / Remus =) J'espère que ça vous a plu. Laissez vos impressions  ;)
 
Un aperçu du prochain chapitre sera posté dans le week-end. Il sera à l'ordre du jour puisqu'il se déroulera pendant les fêtes de fin d'année. D'ici là, je vous souhaite de bonnes vacances et d'excellentes fêtes ! Amusez-vous bien =)
 
HS : j'ai été taguée la semaine dernière. Si ça vous intéresse, allez jeter un coup d'oeil, j'ai répondu personnellement... et Prue a également participé ;)
 
Bisous !

Tags : L'histoire d'un assassin - Partie 1 : L'amour d'un Assassin - tome 1

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Comments :

  • aliseevila

    13/11/2015

    La dernier partie avec prue est excellente.

    En résumé j'ai pris plaisir à lire ce chapitre. Quoi un peu long. Mais je sais que c'est ta signature. Je dois m'y faire.
    à bientôt pour la suite.

  • aliseevila

    13/11/2015

    Le point de vue de Rémus m'a beaucoup plu. Les paroles de Sirus sont très censés. Rémus devrait suivre ses conseils.

  • aliseevila

    13/11/2015

    J'ai lu la partie de Prue quand elle est à Poudlard. J'ai bien aimé son mal être face à Rémus. On se pose les mêmes questions qu'elle.
    Par contre, j'ai trouvé certains passages un peu trop long, comme quand ils sont sur la glace.

  • aliseevila

    13/11/2015

    Coucou, vu que le chapitre est très long, je l'ai divisé pour pouvoir le lire. La première partie sur le bateau m'a beaucoup. On voit le début d'une enquête. J'aime bien ce genre d'écrit.

  • hostfresh-HarryPotter

    23/06/2014

    J'adore, je sais pas quoi dire d'autre.

  • harry-potter-8-fic

    01/04/2014

    Excellent chapitre comme toujours

  • assassin-maraudeurs

    09/02/2014

    Harry-Potter-generationx wrote: "euh oui c’était inintéressante que je voulais dire, je sais pas pourquoi j'ai écris inintéressante xD"

    Haha, relis ta phrase, t'as réécrit la même chose xD mais t'inquiète, j'avais compris, tu m'as juste fait flipper en début de phrase et après j'ai vu que c'était une faute de frappe ;)

  • Harry-Potter-generationx

    09/02/2014

    euh oui c’était inintéressante que je voulais dire, je sais pas pourquoi j'ai écris inintéressante xD

  • Harry-Potter-generationx

    09/02/2014

    ah oui une dernière chose ! Pour les petites questions rhétorique que Prue se pose a la fin du chapitre, j'ai une réponse toute simple pour elle ... : Elle est amoureuse ! enfin peut être pas, on va dire qu'il la trouble voila :p

  • Harry-Potter-generationx

    09/02/2014

    Coucou ! :D Je suis de retour !
    Malheureusement je vais devoir lire tes chapitres au compte gouttes car je beaucoup de choses a faire ces temps ci :(
    Super chapitre !!! :D
    Franchement je plains les pauvres enquêteurs, ils vont en baver ^^
    La partie d’échec était inintéressante, on découvre une Prue plus ... humaine je vais dire. Sa va être inintéressant de voir comment Remus compte percer sa carapace blindée. Je suis sure qu'il y arrivera ;)
    J'ai vraiment hâte de lire la suite et comment elle va gérer le fils du mangemort qui est au courant pour elle .. ça risque de devenir vachement drôle *rire sadique* xD

    Bon je vais continuer ma lecture ! :)

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