Chapitre 17 : Retour sur le chemin de la vengeance

 
« L'excitation est à son comble... je ne pouvais pas avoir un meilleur cadeau pour ma majorité que de retourner sur le chemin qui me tient tant à c½ur... celui de la vengeance.»
 
 
Chapitre 17 : Retour sur le chemin de la vengeance
 
|15 janvier 1977 – Poudlard – 8h20 – Cours de Défense contre les Forces du Mal|

 
Je suivais le professeur Maxwell du regard pendant ses explications, essayant de l'écouter avec attention. Peine perdue, mon esprit était ailleurs. Le doute s'était installé, je tournais en rond dans des questions sans réponses...

Depuis quatre jours, je pensais à la famille Halliwell... cette famille avec laquelle j'avais deux points communs non négligeables... Et si ce n'était pas une coïncidence ? Ça me rendait dingue de ne pas savoir. D'un côté je voulais m'assurer que cette attaque n'avait rien à voir avec la mienne... mais d'un autre, s'il s'agissait bien du même gang criminel... cela me relancerait enfin sur le chemin de la vengeance. Un chemin sur lequel je tournais en rond depuis des années, cherchant à l'aveugle, sans la moindre piste concrète. Et depuis quatre jours, j'attendais douloureusement le dénouement. Ça me hantait d'envisager l'éventualité que ce gang de merde ait pu continuer de sévir... toujours impunément.
 
Je fus ramenée dans la réalité en entendant la voix de Remus juste à côté de moi, donnant une réponse au professeur.
Remus... chaque fois que je voyais son beau regard, je repensais à ses paroles prononcées en haut de la tour de Gryffondor... au fait qu'il voit en moi une source de lumière qui n'existait pas. J'avais vite oublié que le Choixpeau s'était trompé à mon sujet lors de la répartition en début d'année, que Sirius se trompait parce qu'il était bourré au réveillon... mais comment lui, le loup-garou, lui qui pouvait tout sentir, pouvait-il lui aussi se laisser berner par l'illusion ? Comment pouvait-il voir quelque chose qui n'avait probablement jamais existé ? Affirmer de telles absurdités avec autant de calme et de sincérité ? Il semblait y croire en tout cas.

C'est regrettable, mais il avait tort. Je ne renfermais aucune lumière dans mon c½ur... tout mon être n'était que noirceur et haine. Je tirais ma puissance de la tueuse qui m'habitait... que j'étais. J'étais ancrée dans le Mal, et depuis le début de l'année, je n'avais jamais rien montré de bon. J'étais la louve solitaire égale à moi-même, souvent froide et impassible. Une simple observatrice silencieuse dont le regard était la plupart du temps agressif. Si je donnais la plupart du temps l'illusion d'être calme, ce n'était qu'une façade, car je renfermais une haine sans limite qui ne demandait qu'à exploser. Un désir de vengeance brûlant. Obsessionnel. La rage me consumait depuis mon enfance, me tenait les tripes d'une poignée de fer. Et pourtant, eux, les Maraudeurs, mes cibles... pensaient qu'il y avait autre chose. Ils pensaient que j'étais un peu comme Sirius : une fille blessée qui abritait la lumière. Leur déception sera grande lorsqu'ils verront ma vraie nature. Quand j'aurai reçu l'ordre de cesser la comédie et de leur montrer mon vrai visage. Ce jour-là, ils comprendront qu'ils s'étaient trompés dès le départ. Ils comprendront que je n'ai jamais été quelqu'un de bien. Je ne suis que le fantôme de la Mort pour mon père et mes clients, qui me désignaient des cibles. Une louve sanguinaire dont l'instinct était guidé par le seul désir de vengeance et de liberté. Rien d'autre. Il n'y avait rien d'autre en moi qu'une bête sauvage.
 
-            Miss Hunt, approchez je vous prie.
 
Je sursautai légèrement en revenant dans la réalité. Le professeur me regardait, ainsi qu'une bonne partie de la classe. Depuis combien de temps me parlait-il ? Je me levai lentement et m'approchai du professeur calmement. Je ne savais pas du tout ce que je devais faire. J'avais l'impression de me réveiller d'un sommeil profond. Il fallait que je me reprenne, ce n'était pas le moment de perdre la face.
 
-        Comme je le disais il y a quelques instants, les Détraqueurs représentent un énorme défi quand il s'agit de les repousser. Alors qu'ils répandent froideur et désespoir, le seul moyen de faire apparaître un Patronus est de penser au souvenir le plus heureux que nous ayons dans notre mémoire. Il ne doit pas s'agir d'un souvenir joyeux... il doit vraiment être profond. Miss Hunt, vous vous souvenez de la formule à prononcer ?
-           ...Spero Patronum, dis-je à voix basse.
-      Excellent. Maintenant, si vous le voulez bien, je vais faire apparaître un Détraqueur devant vous. Vous vous sentez prête ?
 
Je regardai plusieurs secondes le professeur, presque exaspérée qu'il doute encore de ma réponse.
 
-         Comme toujours.
-         Alors allons-y.
 
Je sortis ma baguette et me concentrai, sachant que la tâche n'allait pas être simple, même si le Détraqueur n'avait pas vraiment de souvenir heureux à me prendre. Le professeur recula et donna un coup de baguette en direction d'une armoire qui s'ouvrit lentement. Une vague de froid se répandit instantanément dans la pièce, balayant les flammes des bougies, givrant lentement les fenêtres. J'eus l'impression de sentir tous mes souvenirs remonter à la surface. La haute silhouette encapuchonnée sortit alors de sa cage et s'avança vers moi. J'entendis son râle comme le souffle de la Mort. Je levai ma baguette sans trembler et prononçai d'une voix claire et forte :
 
-         Spero Patronum !
 
Ma baguette vibra, mais aucun Patronus ne jaillit. J'essayai plusieurs fois, sans succès. Comment était-ce possible ? J'arrivais à produire un Patronus corporel quand il s'agissait d'envoyer un message. Pourquoi ça ne sortait pas ? Mes souvenirs m'enveloppèrent, je me revis dans une cellule, tenant un corps dans mes bras, je revis par flash des séances de tortures, des combats, des massacres... des cris fusaient, interrompus par des rafales de tir... Je me concentrai sur mon évasion, qui avait été le tournant de ma vie, sur mon père qui était le seul membre de ma famille, sur mon sacre en tant que tueuse à gages du Lord, qui était le plus grand honneur... mais ces souvenirs ne suffisaient pas à m'aider à créer un Patronus. Quand le Détraqueur arriva juste devant moi, je me rendis compte que toute source de chaleur avait disparu de la pièce... et en moi. Ma baguette avait cessé de vibrer.
 
-         Concentrez-vous Prudence... entendis-je derrière moi.
 
La voix me semblait lointaine, comme si elle provenait d'un autre monde. Je fixai l'endroit sous la capuche où aurait dû être la tête du Détraqueur, pensant que j'avais un sacré rival pour incarner la Mort. Je me sentais désarmée face à lui... sa sentence inévitable. Il se pencha un peu plus sur moi, et cette fois je me revis auprès de ma mère, transpercée du couteau que je lui avais envoyé... Jeff perdre la vie dans mes bras, son regard désolé me fixant jusqu'à ne plus rien exprimer... une fille blonde que j'avais considéré comme ma s½ur s'interposer pour me sauver la vie... un autre garçon rester au sol pendant notre évasion, gravement blessé et sans doute condamné... Diego quitter le manoir, se retournant pour me regarder peut-être une dernière fois...
La douleur qui me traversait le c½ur était telle que j'en oubliais le danger du Détraqueur. Ou alors je me résignai à recevoir son baiser. Je l'ignore. Quoi qu'il en soit, j'abaissai ma baguette. La tête du Détraqueur n'était plus qu'à vingt centimètres de la mienne. Je me sentis aspirée de l'intérieur... je savais ce qui était en train de se passer, mais je ne pouvais plus rien faire pour l'empêcher. Je m'abandonnai à cette effroyable créature, le laissant se nourrir de mon âme meurtrie. Et puis, je perdis toute sensation... je ne vis plus rien... je n'entendis plus le souffle provoqué par ce monstrueux aspirateur d'âme... Tout s'était volatilisé, même le froid répandu par le Détraqueur.
 
 
| . . . |
 
Je fus étonnée de me réveiller dans  l'infirmerie. Que s'était-il passé ? Pourquoi étais-je ici ? Je ne me souvenais de rien.
 
-           Je suis vraiment désolé pour ce qui vous est arrivé Prudence...
 
Je tournai la tête et vis le professeur Maxwell. J'avais l'impression d'avoir raté un épisode. Pourquoi était-il à mon chevet ? Pourquoi s'excusait-il ? Que s'était-il passé bon sang ?!
 
-          Je suis allé un peu loin dans ma démonstration. Je n'aurais pas dû vous faire affronter un Détraqueur.
 
Les souvenirs me revinrent alors lentement en tête. Je revis effectivement le Détraqueur sortir de l'armoire pour s'avancer vers moi, sans que je parvienne à le repousser.

-         Qu'est-ce qui s'est passé ? demandai-je.
-         Vous n'avez pas réussi à créer un Patronus. Sans défense, le Détraqueur a pu vous atteindre. Je l'ai chassé quand il s'est trop rapproché mais il avait déjà fait des dégâts.
-         C'est-à-dire ?
-         ...Vous avez fini par abaisser votre baguette. Comme si le désespoir vous avait complètement envahi.
-         Pas le désespoir... des souvenirs, dis-je en me redressant.
-         Tenez, mangez ça.
 
Il me tendit une barre de chocolat. Connaissant ses bienfaits après une rencontre avec un Détraqueur, je ne me fis pas prier pour le manger. Maxwell me regarda pensivement pendant que j'avalais mes carrés de chocolat. Il semblait vraiment affecté que je sois à l'infirmerie suite à son cours. Je pouvais presque sentir ses remords.

Une fois ma barre terminée, je repoussai les draps et me levai. Je me sentais un peu vide. J'étais tellement mal que mes souvenirs soient revenus ainsi... tellement mal que l'image de mon père et de mes gloires ne suffisent pas à repousser un Détraqueur. Je n'avais aucun souvenir heureux suffisamment puissant pour créer un Patronus défensif. Triste n'est-ce pas ? Les quelques joies que j'avais eu n'avaient aucun poids face à mon terrible passé.
 
-             Vous vous sentez mieux ?
-             Oui. Merci pour le chocolat.
-         C'est la moindre des choses. Je crois qu'à force de vous voir toujours tout réussir, j'ai fini par oublier que vous n'avez que seize ans. Je vous ai demandé beaucoup ce matin. Beaucoup trop.
-          Il semblerait que je ne sois pas parfaite tout compte fait, dis-je avec un  faible sourire. Je ressaierai plus tard.
 
Le professeur prit congé en voyant que je n'avais pas envie de m'étaler sur le sujet. J'allai dans la salle d'à côté pour me changer. Pomfresh me laissa sortir sans broncher, ce qui me soulagea. Je n'avais vraiment pas envie de rester dans cet endroit. Je fus étonnée de voir les Maraudeurs qui m'attendaient à la sortie de l'infirmerie. Ils vinrent de suite vers moi, l'air inquiet.

-            Ça va ? demanda James.
-            Oui... t'inquiète, rien de méchant. Un peu sonnée c'est tout.
 
Je leur adressai un sourire qui se voulait réconfortant pour changer de sujet.
 
-          Maxwell est allé trop loin ! Il te demande trop à chaque fois, râla Sirius.
-          Sirius, il essaie juste de donner des exercices de mon niveau... j'ai toujours tout réussi jusqu'à maintenant, il ne pensait pas qu'un Détraqueur poserait problème étant donné que la majorité de la classe arrive à créer un Patronus.
-         Ouais, mais nous on le crée à l'entraînement, sans Détraqueur ! objecta James. C'est pas pareil quand on en a un en face.
-           Je réussirai la prochaine fois, dis-je en haussant les épaules.
 
James leva les yeux au ciel et partit devant. Je regardai ma montre. On avait cours de Botanique, il était temps d'y aller. En chemin vers les serres, Remus ralentit pour rester à ma hauteur et laisser les trois autres garçons un peu plus loin devant nous.
 
-         Qu'est-ce qui s'est passé ce matin ?
-         ... Je n'ai pas choisi le bon souvenir... me contentai-je de dire.
 
Cet échec était humiliant. Un Détraqueur avait réussi à avoir le dessus sur moi... Rare preuve que je n'étais pas totalement invincible. Je ne comprenais pas pourquoi je m'étais résignée à mon sort... pourquoi j'avais abaissé ma baguette. Je n'abandonnais jamais un combat. Je me battais toujours jusqu'au bout. Même à terre et désarmée j'étais encore prête à lutter. Alors pourquoi cette fois j'avais si facilement accepté l'idée de laisser le Détraqueur me tuer ? Pourquoi le fait de revoir les horreurs de mon passé m'avait résignée à mon sort ?
 
-         C'est très difficile de se battre face à un Détraqueur, reprit Remus comme s'il devinait mes questions. Il a une telle capacité d'absorption que la personne n'a que très peu de temps pour réagir efficacement. Chaque seconde lui donne plus d'influence sur toi...
-            J'ai vu ça oui, dis-je amèrement.
 
Remus passa son bras autour de mes épaules pour me ramener contre lui, tout en continuant de marcher.
 
-           Tu l'auras la prochaine fois, assura Remus.
 
Impossible. Le problème sera toujours le même. Je n'avais aucun souvenir suffisamment puissant pour produire un Patronus défensif. Je soupirai en mettant machinalement mon bras autour de Remus pour continuer à avancer, bras dessus bras dessous.
 

| 22 janvier 1977 - Poudlard - Cours de Métamorphose |

J'avais contacté mes hommes dans la matinée pour savoir où l'enquête en était, une énième fois. Malheureusement, ils n'avaient rien pour l'instant. Je n'en pouvais plus d'attendre. Je n'arrêtais pas de m'isoler dès que j'avais cinq minutes pour prendre des nouvelles de mes hommes. Je devais me faire violence intérieurement pour ne pas délaisser les cours et me joindre pleinement à la traque pour accélérer les choses. Il fallait vraiment que je sache le fin mot de l'histoire concernant l'attaque de la famille Halliwell.

-           Prue ?

L'idée de m'éclipser était tellement tentante. Je pouvais largement me permettre de rater quelques jours. J'avais un niveau suffisant pour rattraper sans problème. Mais comment justifier mon absence de l'école ?

-           Prue ?

Je sentis une main sur mon bras, me sortant de mes pensées. Je tournai la tête vers Remus. Il m'observait calmement. Son contact me sortit momentanément de mes pensées meurtrières. Comme s'il parvenait à me ramener dans le présent, ici à Poudlard, alors que mon esprit était partout ailleurs.

-           Hmm ?
-           Ça va ?
-           Oui pourquoi ?
-           J'sais pas, t'es bizarre depuis quelques jours. Je te sens absente.
-           Je le suis... avouai-je.

Inutile de nier une telle évidence. J'étais hors réalité depuis mon entretien avec Dumbledore. Je n'avais qu'une envie : chasser. Me venger selon le résultat de l'enquête. Ça faisait des années que je cherchais à savoir pourquoi mon enfance avait viré au cauchemar... pourquoi ma vie avait basculé. Je n'avais jamais eu de piste intéressante. La tragédie des Halliwell était mon seul espoir de faire le lien avec la mienne. Si c'était réellement lié... alors je pourrais enfin obtenir des réponses... me soulager du poids de la haine qui me pesait depuis si longtemps.

-         Un souci ? demanda Remus.
-         Monsieur Lupin, réprimanda McGonagall sans trop de sévérité.
-         Pardon madame.

Merci à la prof, elle m'offrait une échappatoire. Remus me fit un timide sourire. Je savais bien qu'il s'inquiétait à nouveau parce qu'il sentait que j'étais ailleurs... mais je ne pouvais pas lui dire ce qui me troublait. Je me replongeai donc tranquillement dans mes pensées, quittant à nouveau la réalité. J'étais en proie à une joie sauvage à l'idée de préméditer le meurtre de ces salauds, et angoissée que mes hommes ne parviennent pas à les localiser. Pire, et si ce gang n'avait rien à voir avec ma famille ? Si les deux attaques n'avaient pas de rapport ? Ce serait un nouveau retour à la case départ. Non... il ne fallait pas que ça arrive. Ça faisait trop longtemps que j'espérais voir un jour un chemin apparaître à travers le brouillard qui masquait mon passé. Depuis trop longtemps j'avais cette boule dans l'estomac qui me pesait... cette main de fer qui me tenait les tripes, m'enserrait le c½ur. Je voulais tellement m'en libérer. Apaiser cette haine qui m'abritait. Mais il me fallait encore attendre. Cette fois plus que jamais je ne devais pas perdre patience... même si ça me rongeait de plus en plus.

|28 janvier 1977 - Poudlard - 18h |

J'étais d'une humeur massacrante. Mes hommes n'avaient toujours pas de piste valable. Ce n'était absolument pas bon signe. Ils étaient beaucoup plus rapides d'habitude. Je ne doutais pas de leurs capacités. Ils étaient très efficaces. Donc s'ils ne parvenaient à rien, c'est que la piste était réellement bien brouillée. Et ça m'insupportait. J'étais au bord de l'explosion, je ne supportais plus de rester ici. Je me sentais enfermée. J'étouffais.

Je sortis dans la nuit tombante en cette fin de journée. La neige était toujours aussi présente, tout comme le froid mordant infligé par le vent qui soufflait depuis des jours. Et pourtant ça me faisait du bien. Ça me faisait du bien de sentir la nature s'attaquer à mon corps pas suffisamment couvert, l'air glacial s'infiltrer dans mes poumons. Malgré tout, mon corps ne se refroidissait pas. La nature se heurtait à mon pouvoir sur le feu, qui me protégeait contre les températures négatives. J'avais besoin de sentir cette opposition en moi... à la fois le feu et la glace. Je pris une grande inspiration, me mettant à courir dans la neige vers la forêt. Il fallait que je me défoule.
 
~ Point de vue de Remus ~
 
J'étais dans la salle commune, comme la majorité des Gryffondor. Mais je n'avais pas le c½ur à rester avec mes amis. J'étais à la fenêtre, regardant pensivement le paysage enneigé dehors. La nuit avait presque fini de s'installer. Pourtant au loin, je parvins à distinguer une personne qui courait à travers le parc. Je trouvai étrange un tel comportement. Je sortis la Carte du Maraudeur pour savoir de qui il s'agissait. Mon estomac se noua en voyant le nom de Prue dans l'étiquette qui se déplaçait rapidement vers la forêt. Que lui arrivait-il bon sang ? Ça faisait deux semaines maintenant que j'avais l'impression de la voir s'éloigner de nous au fil des jours. Elle était complètement absente mentalement, elle profitait de la moindre occasion pour s'éclipser... pourquoi ce brusque changement ? Pourquoi un tel besoin d'isolement ?
 
Je soupirai, surveillant mon amie pendant toute sa balade à travers la forêt. Au vu de la vitesse de ses déplacements, je me doutais bien qu'elle s'était abandonnée à sa nature animale. J'essayais de comprendre... de trouver une explication... mais rien ne me venait. Tout ce que je voyais, c'est que ses nerfs étaient tout simplement en train de lâcher. Je la sentais sous pression depuis des jours. Elle était tendue, énervée, excitée... sans que je parvienne à savoir pourquoi. Elle refusait d'aborder le sujet et trouvait toujours une excuse pour partir si jamais on essayait de comprendre par nous-même.

|4  février 1977 –  Poudlard – 22h |

J'étais à l'une des fenêtres de la salle commune des Gryffondor, regardant au-dehors sans vraiment voir. L'impatience avait raison de moi depuis quelques jours. Je ne cessais de me rendre dans la forêt interdite pour évacuer mon énergie. J'avais une telle envie de combat... de chasse... de sang. L'attente me faisait péter les plombs. Un très mauvais suspens qui était en train de sérieusement nuire à ma mission. Je délaissais complètement les Maraudeurs depuis trois semaines. Je sentais qu'ils cherchaient à comprendre mon soudain éloignement... je sentais que j'étais en train de les perdre en me comportant ainsi. Mais j'étais incapable de jouer la comédie dans l'état où j'étais. La seule chose qui pouvait me sortir de là, c'était la vérité. J'en avais besoin. L'espoir de l'atteindre me faisait oublier mes obligations. Parce que mon passé... ma vengeance... avait toujours été mon unique priorité. 

Je sursautai légèrement en sentant mon tatouage en forme de loup me brûler au ventre. L'excitation monta en flèche en moins de deux secondes. L'un de mes hommes essayait de prendre contact. Je me détournai enfin de la fenêtre. Sirius m'interpella en voyant que je m'éloignai.
 
-           Où tu vas ? demanda-t-il.
-           Me coucher. Je suis fatiguée.
 
Il acquiesça lentement, mais je sentis que je n'étais pas assez convaincante. Les Maraudeurs ne dirent rien et continuèrent leur partie. Je sentais bien qu'ils m'en voulaient un peu d'être si distante... mais sans m'étaler davantage, je montai dans le dortoir. Je fus surprise de voir Cindy et Lily déjà présentes.
 
-         Tu te couches tôt pour une fois, me dit Lily avec un sourire.
-         Toi aussi, répondis-je.
 
Et ça m'énervait. Pour une fois que je devais être seule, elle était là, m'empêchant d'entrer en contact avec les hommes de mon clan. J'allai m'enfermer dans la salle de bains pour me changer. Quand je ressortis, les filles venaient à peine de se glisser dans leur lit. Je me couchai à mon tour. Je regardai pensivement le plafond, me posant mille questions au sujet de ce qu'avait bien pu découvrir les autres « loups ». J'étais trop impatiente pour attendre davantage. Je me redressai et pris ma baguette, lançant un sortilège à Lily, qui était la plus proche de moi. Ça faisait office de somnifère. J'en fis de même avec Cindy et appuyai sur mon tatouage pour donner le feu vert à mes hommes. Une minute après à peine, je vis une lumière blanche à l'extérieur. Je me précipitai à la fenêtre pour laisser entrer le Patronus en forme de loup qui venait me rapporter, je le savais, de bonnes nouvelles.
 
-         Nous n'avons pas réussi à retrouver les assassins de la famille Halliwell. Mais nous avons localisé le gang portant la marque que tu nous as décrite. Deux membres du groupe se trouveront dans un hangar pour vérifier de la marchandise reçue de Russie. L'un d'eux est un ancien du gang... il sera bien placé pour répondre à tes questions. Le hangar se situe au nord de la ville. Les deux cibles s'y rendront demain dans l'après-midi et y resteront trois jours, nuits comprises. Fais-moi signe quand tu seras prête, je t'y amènerai. Le restant de la meute se tient à ton entière disposition.
 
Mon c½ur s'était accéléré. Ma respiration était devenue plus difficile. Je me fichais que mes hommes n'aient pas réussi à trouver les responsables de la tragédie des Halliwell... ils avaient fait tellement mieux en retrouvant ceux que je cherchais depuis des années. Une fois de plus, mes hommes avaient fait du bon boulot, comme toujours. J'étais tellement impatiente de rencontrer ces fumiers. J'avais tellement de questions à leur poser... avant d'entamer mon impitoyable vengeance. Ils allaient comprendre ce qu'est la souffrance... ce qu'est la justice rendue par une survivante. Je me sentais fébrile rien que d'y penser. Mais j'allais prolonger cette insupportable attente encore un peu. L'occasion de me relancer dans ma quête de vengeance ne pouvait pas mieux se présenter. J'irai dans deux  jours. Je leur tomberai dessus aux alentours de minuit. Ce sera sans nul doute mon plus beau cadeau d'anniversaire.
« On ne fête pas sa majorité tous les jours »
 
 

|6 février 1977 – Poudlard - 9h |
 

Je venais d'obtenir l'autorisation de McGonagall pour rentrer le week-end à "l'orphelinat ". Cela me permettrait de prendre mon temps ce soir, sans avoir à me soucier de l'horaire pour revenir.
 
-          Alors comme ça tu rentres ce week-end ? demanda Remus.
-          Oui.
-          Un problème ?
-          Non, du tout. La directrice de l'orphelinat a organisé un dîner ce soir.
-          Ah c'est cool !
-          Oui.
-          ... Bon week-end alors.
-          Merci, toi aussi.
 
J'étais incapable de poursuivre la discussion. Il fallait que je parte. L'impatience avait atteint son sommet.
 
| Hangar - 23h48| 
 

J'étais dans ce hangar depuis plus d'une heure, à observer les moindres faits et gestes de mes proies. Deux au total. Mes hommes ne s'étaient pas trompés. Ces gars-là passaient effectivement leur temps à ouvrir des caisses pour en vérifier le contenu. Il y avait beaucoup d'armes qu'ils devaient tester. Au vue de la quantité de caisses entreposées dans cet endroit, ils étaient loin d'avoir terminé.
Depuis trois ans, je m'étais lancée dans une traque qui me tenait à c½ur. Et ce soir, ma vengeance pourrait commencer.  Ce qui tombait à merveille, puisqu'à minuit, un jour très particulier à mes yeux naîtrait... Mon anniversaire... qui était également le jour d'anniversaire de mort de ma mère.
L'anniversaire de mon premier meurtre.
L'anniversaire du drame de ma vie.

Ces deux hommes ne faisaient certainement pas partie de l'attaque, puisque mon père avaient tué ceux qui étaient présents. Mais s'ils étaient là... visiblement impliqués dans un trafic d'armes magiques, c'est que le gang avait continué à vivre. A briser d'autres familles, parmi toutes les autres activités criminelles qu'ils ont poursuivi ces onze dernières années.
Je savais dès le départ que le chef du gang était toujours en vie. Raison pour laquelle je n'allais pas tuer mes deux cibles tout de suite. Il fallait d'abord que j'en apprenne plus. Je ne comptais pas seulement tuer le responsable, je voulais exterminer tous les autres chiens sous ses ordres.
 
Accroupie dans l'obscurité, en équilibre sur une poutre, j'attendais le bon moment pour agir. Ce soir plus que les autres, je n'avais pas le droit à l'erreur. Je ne pouvais pas prendre le risque que l'une de mes proies s'échappe pour aller prévenir les autres. J'avais des pulsions... les souvenirs revenaient sans cesse... mon c½ur battait trop vite depuis que j'étais là... J'étais très impatiente, j'avais du mal à contrôler mes envies de meurtre.

L'un des deux hommes s'éloigna et changea de pièce. L'aiguille de ma montre dépassa le douze. Minuit. Enfin. Je sautai et ralentis ma chute en me servant de la télékinésie pour atterrir en silence au sol. J'approchai à pas feutrés dans le dos de ma première cible qui transportait une caisse. Dès qu'il la posa sur d'autres, je l'entourai pour mettre ma main devant sa bouche et l'endormis grâce à une seringue de l'autre main. Je le retins par les aisselles et le traînai pour le planquer derrière une montagne de caisses.
 
-         Clark ? appela l'autre homme.
 
Je relevai la tête et abandonnai ma proie. Je restai cachée et attendis. Dès que mon autre cible passa à côté de moi, je lui mis un coup à la gorge avec le tranchant de la main. Il eut le souffle coupé et j'en profitai pour enchaîner mes coups, ma force décuplée par la rage. Il finit par tomber, inconscient, et je dus me faire violence intérieurement pour me stopper. C'était le plus jeune des deux. Celui qui ne m'intéressait pas. L'autre par contre...
 

 
| Quelques minutes plus tard...|
 

Je tabassais ma première victime pendant que le jeune était toujours dans les pommes. Ce crétin refusait de répondre à mes questions. Grossière erreur...
 
-           Que sais-tu sur l'attaque menée par tes copains de merde la nuit du 6 au 7 février 1965...? demandai-je pour le laisser reprendre son souffle.
-            Tu crois vraiment que je me souviens de chaque attaque menée ... ? renvoya faiblement ma proie.
 
Nouveau coup en plein dans le ventre. Il gémit mais serra les dents.
 
-           Celle-là a dû vous marquer... les hommes venus s'en prendre à ma famille ne sont jamais revenus de mission.
 
Je vis au regard de ma proie qu'il se souvenait. Bien sûr. S'il faisait déjà partie du gang à l'époque, il n'a pas pu oublier la mission qui a coûté la vie à une dizaine de ses collègues.
 
-             Pourquoi avez-vous attaqué ?
-       Nous ne sommes que des exécutants... on nous paie pour accomplir des missions de toutes sortes, on les accomplit. Point barre. On ne cherche pas à comprendre.
 
Je le frappai à nouveau. J'avais la rage.
 
-             Qui vous a donné cette mission ? m'énervai-je.
-             Je l'ignore.
-             Ton chef doit le savoir...
-             Vous ne le retrouverez pas.
-             C'est toi qui vas me dire où il se trouve.
-             Plutôt mourir.
 
Je ricanai.
 
-             La mort n'est rien comparé à ce que je vais te faire subir... crachai-je.
 
J'entamai alors une longue séance de torture. Je le faisais souffrir comme jamais je n'avais fait souffrir quelqu'un avant lui. J'étais en proie à une folie meurtrière. C'est dans ces moments-là que je ressemblais à mon père, car jamais je ne m'étais autant délectée de la souffrance d'une victime. J'étais en train de le briser. Je finis par m'arrêter, estimant que ma proie avait compris qu'il ne fallait pas jouer avec mes nerfs.
 
-            Parle, ordonnai-je. Qui est ton chef ?
-          Va te faire foutre. Je ne dirai rien. Je suis mort si jamais je parle... alors à être condamné, je préfère mourir en protégeant le reste du groupe.
 
C'était presque incroyable qu'un criminel de sa trempe attache de l'importance à la sécurité du restant du groupe. Ça me rappela la mentalité qui régnait dans mon propre clan, où chaque membre était prêt à mourir pour les autres. Je serrai les dents. La souffrance ne suffira pas à venir à bout de la loyauté de ce salopard. J'allais devoir changer de plan. Je haussai les épaules en enfonçant légèrement ma lame au niveau du coeur de ma victime.
 
-          C'est noble de ta part... mais ça ne les sauvera pas. Que tu parles ou non... je finirai pas les retrouver. Et ce jour-là je les exterminerai. Ce n'est qu'une question de temps. Ton sacrifice est vain, ma vengeance inévitable.
 
J'enfonçai la lame complètement, transperçant le coeur de ma victime. Son regard empli de haine se voila, et je lui fermai les yeux en abandonnant son corps. Je me reportai vers le jeune, toujours inconscient.  Il devait être à peine plus âgé que moi. Il avait quoi... ? Dix-huit, dix-neuf ans ? Plus jeune... moins expérimenté... il sera sans doute moins tenace. Pouvant enfin me servir de ma baguette en dehors de Poudlard, je décidai de profiter de cette joie offerte par ma toute récente majorité. Je lançai un sort à ma proie pour le ramener dans la réalité. Quand le jeune ouvrit les yeux, il vit son collègue gisant dans son sang à un mètre de lui. Il tourna sa tête vers moi, m'adressant un regard affolé et suppliant. Je posai mes yeux sur lui calmement, presque amusée de voir sa tête. Il avait peur. C'était une excellente chose.
 
-        Tu es sur le point de finir comme ton ami, lui dis-je pour répondre à la question qu'il devait se poser mentalement.
 
Les quelques couleurs qui lui restaient s'effacèrent de son visage.
 
-     Sauf si tu réponds à mes questions, poursuivis-je. Je me doute que tu n'appartiens pas au gang depuis très longtemps. Tu n'y es pour rien dans ce que tes copains ont fait dans le passé... et je me fiche des missions auxquelles tu participes actuellement. Tout ce que je veux savoir, c'est qui est ton chef... et où je peux le trouver.
-           Tout ce que je sais, c'est qu'il s'appelle Cobra. Il est très secret sur sa personne. Un vrai fantôme. Il nous donne les ordres, mais nous le voyons rarement. Il ne montre jamais son vrai visage.
-            Vous avez bien un moyen pour entrer en contact ? 
-            C'est lui qui nous convoque.
 
Je pris mon couteau en main, pas très convaincue de sa réponse. Ma jeune proie eut un instant d'hésitation en voyant mon arme.
 
-            Mais il doit venir demain matin pour voir où on en est avec les armes, ajouta précipitamment ma cible en voyant la lame se rapprocher de son visage.
-            Voilà qui est mieux.
 
J'étais excitée comme jamais. Le chef allait se déplacer. Je n'avais que quelques heures à patienter. Quelques petites heures avant d'en apprendre davantage.
 
-             S'il vous plaît, relâchez-moi, supplia ma proie.
-             Pour que tu ailles prévenir tes petits copains ? Ça ne risque pas...
-             Je ne dirai rien... ne me tuez pas, par pitié.
 
Mes yeux se posèrent sur son tatouage à l'épaule. Un tatouage gravé à jamais dans ma mémoire : une tête de mort transpercée par un poignard. La haine me submergea d'un seul coup. Pitié ? Pourquoi en aurais-je ?
 
-         Tes enfoirés de copains n'en ont pas eu il y a douze ans... dis-je avec rage. Ils sont venus détruire ma famille alors que je n'avais que cinq ans.
-           Je n'y suis pour rien... je ne fais partie du clan que depuis peu... vérifier ces armes était ma première mission... s'il vous plait...
 
Sourde à ses supplications, je me penchai sur lui, le couteau levé visant sa poitrine. Mon collier sortit de sous mon tee-shirt et pendit sous mes yeux. Je repensai à Remus, et mon regard se perdit un tout petit peu.
« Arrête...il n'y est pour rien dans ce qui t'est arrivé. Ce jeune chiot n'a pas encore goûté au sang. Sa mort ne t'apportera aucune satisfaction. Epargne-le. Fais preuve de clémence pour ta majorité, ne tue pas sans raison. Prouve que tu es digne d'être un maître-assassin »

Ma respiration redevint normale peu à peu et je retrouvai mon calme. Je reprenais le contrôle. Mon envie de meurtre s'atténua peu à peu. Je revins à la réalité en regardant le jeune apeuré. Je soupirai et rangeai mon arme. Ma main s'enflamma et je la posai sur son tatouage pour effacer cette marque maudite. Il poussa un hurlement déchirant, et j'en profitai pour lui verser une potion dans la bouche. Je le forçai à l'avaler pour  le rendre amnésique. Son regard commença à se perdre, et j'en profitai pour transplaner avec lui, le laissant dans une rue au hasard avant de disparaître à nouveau. Il pourrait repartir de zéro. Et moi je n'avais plus qu'à retourner dans le hangar, à attendre l'arrivée du vrai responsable.

De retour sur place, je m'installai en haut d'une montagne de caisses, laissant mon esprit errer. Ça faisait tellement longtemps que j'attendais ça. J'avais presque du mal à réaliser que bientôt, je saurai la vérité. J'avais stagné pendant si longtemps dans mes recherches. Aujourd'hui enfin, j'avançais.
 
| . . . |
 
Le jour commença à filtrer tout doucement. Je n'étais même pas fatiguée de ma nuit blanche, passée à réfléchir sur tout le chemin qu'il me restait encore à parcourir, et pas seulement concernant la vengeance de ma mère. J'avais retrouvé mon calme habituel précédant les meurtres. Mais il me fallut attendre encore. Je me redressai en sentant une onde me traverser le corps. C'était quoi ça ? Je balayai attentivement le hangar. Il n'y avait rien d'autre que ma victime. Une énorme détonation déchira le silence. Un puissant souffle balaya tout. Je tombai de mon perchoir, emportée par la violence de l'explosion. Je transplanai en plein vol, réapparaissant en dehors du hangar, à une vingtaine de mètres. Une personne se tenait devant, recouverte d'une tenue noire. Impossible à identifier. La personne se retourna et me vit. Je sortis ma baguette mais il transplana. Sonnée par la rapidité des évènements, je me laissai tomber à genoux, hurlant de rage. C'était le chef. J'en étais persuadée. Il avait dû lancer un sortilège pour savoir qui se trouvait dans le hangar avant d'entrer... il avait senti le danger... et m'avait échappé. Je n'arrivais pas à y croire. Il était là... si près... et maintenant il allait être encore plus sur ses gardes. Comment est-ce que ça avait pu arriver ? Comment avais-je pu commettre une telle erreur ?
 
| 7 février 1977 |

~ Point de vue général ~
 
 
Une dizaine de policiers de la Brigade Criminelle Magique s'était déplacée pour enquêter sur l'explosion qui avait en grande partie détruite le hangar.

-             Qu'est-ce qui s'est passé ici ? demanda Lyall en arrivant.
-       Bonjour Lyall, salua Moser en voyant son ami. Et bien c'est ce que nous essayons de comprendre. Nous avons retrouvé quelques restes de ce qui semble composer des armes. Je pense que ce hangar servait de stock vu la quantité.
-              Des trafiquants ?
-            Aucun doute là-dessus. Ce qui me chiffonne, c'est pourquoi ça a explosé. Pas de piste pour le moment, mais apparemment, ce ne serait pas un accident.
-              Bizarre en effet. Mais pourquoi m'as-tu fais venir ?
-           Et bien nous avons également retrouvé un cadavre calciné. Le médecin légiste l'a identifié grâce à sa dentition... il s'agit de Clark Hederman... l'un des rares membres connus du gang des Cobras.
 
Lyall fut stupéfait de la nouvelle. Le gang Cobra. Voilà bien des années qu'il échappait à la justice, pourtant traqué par une équipe montée spécialement pour les retrouver. Et aujourd'hui, pour la première fois... un membre du clan apparaissait comme une victime ?
 
-           Je ne crois pas en la théorie de l'accident pour l'explosion. Ça ressemble plutôt à un règlement de compte. La personne qui a fait ça a anéanti tout un stock d'armes. Un gros coup de poing pour le gang.
 
Lyall sourit malgré les nouvelles.
 
-            On dirait bien que nos chers salopards se sont fait des ennemis redoutables... 
-          J'ai hâte de découvrir qui est assez fou pour s'en prendre à un gang d'un tel poids.
-            Qui que ce soit, je lui souhaite de réussir.
 
Moser adressa un regard réprobateur à son ami.
 
-           Quoi ? Si les criminels se mettent à s'entretuer, autant les laisser faire.
 
Moser pouffa et se remit au travail. Il n'était pas en désaccord avec son ami... mais en tant que représentant de la justice, tout meurtre, même d'un criminel, doit être puni. Pas dans le sang, mais dans un tribunal.
 

| Poudlard – Parc |

~ Point de vue de Prue ~
 
 Je rentrai enfin à l'école après m'être isolée dans mes appartements au manoir de mon père pendant plusieurs heures. J'avais eu besoin de réfléchir et de reprendre mes esprits. J'avais espéré me venger enfin en me rendant dans ce hangar. Mais le patron, ma véritable cible, ne s'était échappé. Rien n'était terminé. Au contraire, ma traque ne faisait que commencer. Je repensai aussi à la victime que j'avais épargnée. La première. Je sortis machinalement de sous mon tee-shirt le collier que m'avait offert Remus. Etait-il possible qu'il ait une telle influence sur moi alors que j'étais sur le point d'abattre ma proie... un moment où je n'ai plus aucune raison ?
« Si c'est le cas, fais en sorte de le garder près de toi »

Je sursautai, cherchant du regard l'origine de la voix. Je la connaissais trop bien. Ça faisait une éternité que je ne l'avais pas entendue. Le fantôme noir et flou qui m'avait tant accompagnée apparut dans la clarté du soleil à quelques mètres devant moi.
« Ce garçon te ramène sur le chemin de la raison... celui que tu as suivi et défendu pendant longtemps... »
« Je pensais ne plus jamais entendre ta voix »
« Tu m'as oublié Prue »
« Jamais. Il n'y a pas un seul jour qui passe sans que je pense à toi... »
« Je ne vis que dans ton c½ur... et tu l'as tellement enfermé que tu as étouffé mon souvenir. Tu as oublié qui tu étais »
« Je sais qui je suis »
« Non Prudence... Tu sais simplement que tu es une tueuse... mais tu es bien plus que ça »

Je me levai lentement et me rapprochai du fantôme qui m'avait accompagnée bien souvent dans ma jeunesse dans les pires moments, mais il s'évanouit et disparut, me laissant voir un peu plus loin Remus qui arrivait le sourire aux lèvres. Je le regardai calmement, encore troublée par mes brèves retrouvailles avec le fantôme de mon passé.
 
-         Hey ! lança Remus.
-         Hey.
-         Alors ce repas ?
-         C'était bien.
-         Je ne pensais pas que t'y resterais dormir.
-         La soirée s'est finie tard.
-         La soirée ?
 
Je me rendis compte que j'avais complètement oublié de leur dire.
 
-         C'était mon anniversaire, précisai-je.
 
Il perdit son sourire.
 
-         Tu n'es pas sérieuse ?
-         Si.
-         Pourquoi tu ne nous l'as pas dit ? Il faut qu'on fête ça !
-         Non Remus, pas de fête s'il te plait.
-      Bon ok mais... c'est ta majorité. On ne peut pas laisser passer ça. Il faut faire quelque chose.
-         Votre amitié est un cadeau suffisant, dis-je.
 
Remus eut un instant d'arrêt, affichant une mine un peu surprise. Une vague de stress m'envahit. Avais-je laissé paraître quelque chose de suspect ?
 
-         Alors tu as beau être froide et distante, tu nous aimes bien au bout du compte ?
-         Bien sûr, t'en doutes ?
-         Il y a de quoi. Avec toi, on ne sait jamais si on t'ennuie ou si t'apprécies. Et ces dernières semaines, on ne peut pas dire que tu sois... énormément restée avec nous.
 
Ce fut à mon tour d'avoir un instant d'arrêt. Je jetai un bref coup d'½il à l'endroit où le fantôme était réapparu. J'eus un faible sourire et passai à côté de Remus en lui mettant une petite tape sur l'épaule.
 
-         Je ne te garantie rien... mais je vais essayer de changer ça.
 
Je m'éloignai, me dirigeant vers le château. Après coup, je me demandai pourquoi j'avais dit ça. Ce n'était pas dans mes habitudes de faire de fausses promesses. Mais j'étais encore trop troublée par ma nuit pour attacher de l'importance à quoi que ce soit. Le bilan que je pouvais en faire, c'est que maintenant j'avais la certitude que vengeance n'était pas terminée. J'avais un gang à exterminer... un chef à faire avouer... et un commanditaire à retrouver. Autant dire que ma liste de cibles s'allongeait. Mais avant de foncer tête baissée, il fallait que je prenne quelques dispositions. Ce chef me semblait loin d'être stupide. Je n'aurai pas droit à le laisser m'échapper une seconde fois.
 
 
|8 février 1977 – Salle commune des Gryffondor – 17h30|
 
 
J'entrai en coup de vent dans la salle commune, maudissant Sirius d'être parti en courant avec mon sac. Moi qui voulais finir mes devoirs ce soir pour ne pas avoir à travailler demain, voilà que mes plans étaient compromis ! Quel enfoiré celui-là ! J'allais lui faire regretter une telle perte de temps !

Pour couronner le tout, les Maraudeurs étaient tous introuvables. Je me demandais bien pourquoi ils étaient partis ainsi du dernier cours. Ils m'attendaient d'habitude. Agacée, je montai dans mon dortoir, espérant retrouver Lily pour qu'elle me rappelle les devoirs qu'il y avait à faire et me prête ses cours. J'ouvris la porte avec élan, l'esprit en ébullition. Je sursautai en voyant un mini feu d'artifice éclater tout autour de moi et les Maraudeurs au complet me souhaiter un joyeux anniversaire. Sirius me sauta dans les bras en premier, et je laissai toute colère à leur égard me quitter.
 
-        Bon on a une petite journée de retard, mais on ne savait pas... s'excusa Sirius.
-       Vous êtes pardonnés, je ne vous avais pas prévenu, répondis-je en me détachant un peu de lui.
-       Comme on sait que tu n'aimes pas trop te mettre une mine, on s'est dit qu'on allait se faire une petite soirée entre nous, tranquille.
-         C'est gentil, mais il ne fallait pas... je... je ne fête jamais mon anniversaire.
-         Et bien il est temps que ça change ma grande, lança James.
 
Ils pensaient sans doute me faire plaisir, mais ce n'était pas le cas. Par respect pour la mort de ma mère, mon anniversaire n'était jamais un jour de fête, mais de deuil. J'avais tout perdu ce soir-là, alors s'il y a bien un jour de l'année que je détestais, c'est celui-là. Je me résignai toutefois à ne pas me montrer réticente en voyant tout le mal que les Maraudeurs s'étaient donnés pour décorer le dortoir. Et puis c'était un moyen de renouer avec eux après trois semaines d'éloignement.
« C'était hier soir ton anniversaire... aujourd'hui ne représente rien pour ton passé »
Mon regard s'aimanta à celui de Remus.
« En fait si... ça représente quelque chose... c'est la première fois depuis douze ans qu'on me souhaite mon anniversaire. Ce n'est pas grand-chose, mais leur attention me touche »

Il me fallait bien avouer que les Maraudeurs étaient vraiment gentils. Je regrettais presque de ne pas pouvoir être leur amie... pour de vrai. C'est fou n'est-ce pas de penser ça ? Moi qui étais leur chasseuse.
Je m'approchai de Remus pendant que les trois autres garçons allaient chercher les boissons dans leur dortoir.
 
-         Je t'avais pourtant bien dit que votre amitié me suffisait, dis-je à Remus.
 
Il haussa les épaules en souriant.
 
-         Et en tout bons amis que nous sommes, il est bien normal qu'on s'occupe de fêter ta majorité. Même si c'était hier.
-         Merci...
-         Bon et si on enterrait ta vie de jeune fille ? lança Sirius en revenant.
-         Sirius !! gronda Remus.
-         Ah pardon c'est vrai... c'est à toi de t'en occuper, dit Sirius sur un ton d'excuse.
 
Remus le foudroya du regard, et je souris en le voyant prendre une teinte légèrement rosée.
 
-         Ne l'écoute pas, il dit n'importe quoi, assura Remus.
 
James afficha une mine perplexe. J'hésitai entre la gêne et l'amusement. Remus semblait vouloir se sortir de la situation, mais ses deux amis l'enfonçaient.
 
-         Avoue que ce serait tout sauf déplaisant, renchérit Sirius.
-     Je commence à me demander si c'est une bonne idée de passer ma soirée entourée de quatre mecs, plaisantai-je.
-         Arrête tes conneries frangin, tu vas la faire fuir, rigola James.
 
J'affichai une mine renfrognée et croisai les bras, histoire de leur faire comprendre qu'il était temps de changer de sujet.
 
-            Pas besoin, je la protégerai, assura Remus avec un clin d'½il.
-         Voilà un homme galant, renvoyai-je. Même si je doute d'avoir besoin de ta protection mon cher Lunard... Sirius semble oublier qu'il ne tient pas deux secondes en duel face à moi.
 
Les trois garçons éclatèrent de rire et Sirius prit un air boudeur. Je ris à mon tour en le voyant aller dans son coin et le rejoignis, histoire de me faire pardonner. Je m'en prenais souvent à son ego.
 
-         Fais pas la gueule Sirius, je te taquine...
-         Humpf.
 
Je haussai les épaules et tournai les talons. Une seconde après à peine, Sirius m'entoura par derrière et me serra contre lui.
 
-         Je rigole ma ptite Prue, je peux pas te bouder, j't'aime trop pour ça.
 
Je sentis mon c½ur dérailler malgré moi, surtout en voyant Remus venir pour me prendre dans ses bras par devant, ainsi que James et Peter se joindre à l'étreinte pour faire un câlin collectif. Je fermai les yeux en me calant sur l'épaule de Remus. J'étais bien là, à sentir sa chaleur, son contact. Je rouvris les yeux, frappée par ce que je venais de penser. J'étais bien. J'étais au milieu de quatre hommes... dans les bras de mes cibles...et j'étais bien. Je me mordis la lèvre et serrai davantage Remus contre moi, cachant mon visage dans son cou chaud. Je recommençais à dérailler, car jamais ma gorge n'aurait dû se serrer sinon. 



Chapitre 17 : Retour sur le chemin de la vengeance
 

Et voilà pour ce 17ème chapitre ! J'espère qu'il vous a plu, car il n'a pas été facile à écrire ! J'ai essayé de glisser des infos tout en ménageant le suspens pour la suite. Qu'en pensez-vous ? Donnez vos impressions  ;)

Tags : L'histoire d'un assassin - Partie 1 : L'amour d'un Assassin - tome 1

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Comments :

  • assassin-maraudeurs

    09/09/2017

    Visiteur wrote: "Coucou je relis ta fiction (génialissime au passage) en attente du tome 3 et je viens de me dire que il y a une légère incohérence: sur la carte du Maraudeurs sont écrit le prénom ET le nom des personnes présentes donc comment se fait il que les Maraudeurs ne voient pas que Prue s'appelle en réalité Prudence Jedusor ou Halliwel au lieu de Hunt?
    Enfin voilà, bon courage pour le tome 3 qu'on attend avec impatience!
    Mila
    "

    Hello ! Tout d'abord, je te souhaite une bonne lecture pour cette replongée dans l'histoire ;) je pense que ce sera bénéfique pour le tome 3.

    Tu as tout à fait raison, il y a une incohérence avec la carte. J'en étais consciente quand j'ai écrit le tome 1. Comme dans l'oeuvre originale, la carte pose de légers problèmes. J'avais vraiment besoin de changer le nom du personnage, et je ne pouvais pas supprimer la carte du maraudeur pour autant (même si j'avoue que cette idée m'a effleurée). Si je n'avais pas laissé l'incohérence, Prue serait apparue avec les deux noms : Halliwell et Jedusor, ce qui aurait posé un gros problème pour le déroulement de l'histoire. Premier point gênant : Prue aurait découvert l'identité de sa mère trop tôt. Deuxième point (vraiment très) gênant : si les Maraudeurs lui avaient parlé de ça, Prue aurait été obligé de les tuer et de brûler la carte pour protéger son père et faire disparaitre le nom de Jedusor. L'histoire aurait été plus courte x)

    Merci en tout cas pour ton commentaire. N'hésite pas à me faire part d'autres questions / incohérence au fil de ta lecture. Comme tu connais l'histoire, tu vas avoir un autre regard sur les chapitres, donc si tu repères des erreurs, ou que tu as des remarques, je prends note.

    Je travaille dur sur le tome 3 (entre finition de mémoire et préparation de soutenance....). Encore un peu de patience, il arrive ;)

    Bon week-end, et à bientôt !

  • Visiteur

    09/09/2017

    Coucou je relis ta fiction (génialissime au passage) en attente du tome 3 et je viens de me dire que il y a une légère incohérence: sur la carte du Maraudeurs sont écrit le prénom ET le nom des personnes présentes donc comment se fait il que les Maraudeurs ne voient pas que Prue s'appelle en réalité Prudence Jedusor ou Halliwel au lieu de Hunt?
    Enfin voilà, bon courage pour le tome 3 qu'on attend avec impatience!
    Mila

  • aliseevila

    13/12/2015

    Un chapitre palpitant. Je l'ai lu d'une traite. Je n'ai aucune critique à faire. Toujours un délice de suivre ton histoire. à bientôt pour la suite.

  • aliseevila

    13/12/2015

    La première partie concernant le cours contre les forces du mal est excellente. On voit une Prue fragile, sans défense. Cela change. J'ai beaucoup aimé. Je vais lire la suite.

  • fichp-lifealwaysrestart

    25/08/2015

    Je la voyais venir cette fête... Sinon c'était un três bon chapitre, avec diffèrents sentiments mêlés. J'aime bien la manie qu'a Sirius de toujours chambrer Remus, et de de faire remballer par Prue après... C'est assez comique et ça contraste avec le début du chapitre.

  • hostfresh-HarryPotter

    23/06/2014

    Mais c'est pas possible !!! Un jour, chère Dray, tu vas te décider a nous raconter la vérité? ????

  • Harry-Potter-generationx

    26/05/2014

    Hey ! Je suis de retour ! Eh oui je ne suis ni morte ni enterrer ! ;) Mais essaie de comprendre avec le bac qui approche et la fin de l'année, je n'ai plus aucune vie sociale ! :'(

    C'etait un superbe chapitre ! J'aime beaucoup comment tu jongles entre les coter tréééééééés noir et les passage plus joyeux comme par exemple la fete surprise ! ;)

    Je viens de me rendre compte que j'ai un pris enormement de retard dans la lecture de ta fiction ! :o
    Alors j'ai penser que je vais tout lire en bloque et je te mettrais un commentaire de synthese ! ;) j'espere que ca ne gene pas mais comme ca au moins je rattrape mon retard ! :D

    Bon et bien a plus tard ;)

  • aSupernaturalLife

    15/04/2014

    Par contre, une question que je me posais (et oui, encore une) : comment ça se fait que les maraudeurs ne voient pas le vrai nom de Prue sur la carte ? Normalement, il devrait y avoir "Prudence Jedusor", non ?

  • aSupernaturalLife

    15/04/2014

    Que dire ? A part que cette fin est adorable quoi :3

  • harry-potter-8-fic

    02/04/2014

    Merveilleux chapitre.
    J'espère qu'elle va finir par avoir le chef du gang

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