Chapitre 18 : Facettes dévoilées

« Le problème lorsqu'on encaisse depuis des années... lorsqu'on accumule sans jamais rien faire sortir... c'est qu'au bout d'un moment, la moindre étincelle fait tout exploser. Mon masque n'est pas simplement fissuré... il vole en éclats, et je crains que cette fois, les conséquences de mon débordement soient irréversibles. »
 
 
Chapitre 18 : Facettes dévoilées
 
 
|10 février 1977 – Manoir du Lord – Salle de réunion – 22h|
 

Après plusieurs mois à former sa "troupe rapprochée", composée d'une trentaine d'hommes et de femmes motivés plus que jamais, mon père avait lancé un recrutement plus large. Seulement il n'avait donné aucun détail aux nouvelles recrues. Les Mangemorts avaient seulement lancé une rumeur, disant qu'un puissant sorcier voulait s'entourer de personnes de confiance pour un " grand et noble projet "... un projet qui assurerait gloire aux participants. Le bouche à oreille avait suffi ensuite pour ramener une cinquantaine de curieux à ce premier rassemblement. Je n'avais encore jamais vu la salle de réunion aussi remplie.

La plupart des Mangemorts étaient assis autour de l'immense table en granit noir, vêtus de leur tenue sombre à reflet vert et argent. Ils avaient rejeté leur capuche sur la tête de sorte à ne laisser visible d'eux qu'un masque vert, bleu foncé ou argent. Quelques-uns se situaient aux quatre coins de la salle, ainsi que deux devant la porte. Les autre personnes venues pour en apprendre davantage étaient debouts, attendant patiemment. Quant à moi, je me situais à deux mètres derrière le fauteuil vide qu'occupait normalement mon père, bien dissimulée dans l'ombre, recouverte de ma tenue de tueuse habituelle, auprès de mon maître et de quelques autres assassins.
 
Les quelques bavardages qui s'étaient installés durant l'attente s'étouffèrent lorsque mon père apparut à l'entrée de la pièce. Les Mangemorts se levèrent de leur chaise par respect. Mon père s'arrêta à peine un mètre à l'intérieur pour balayer du regard l'assemblée qui s'était tournée vers lui.
 
-          Bienvenue dans le berceau d'une nouvelle ère. 
 
Il y eut quelques applaudissements pour saluer son arrivée. Je regardai mon père se déplacer lentement dans la pièce, balayant les hommes de son regard pénétrant.
 
-           Des rumeurs ont circulé ces derniers mois au sujet d'un mage noir, qui a l'intention de transformer le pays en profondeur. Je suis ce mage. Lord Voldemort. Et voici mes fidèles alliés, les Mangemort, dit-il en les désignant. Vous deviendrez très prochainement comme eux, j'en suis sûr. Vous êtes venus jusqu'ici en ne sachant presque rien de mon projet, animés par les seules récompenses que j'ai à vous offrir : le pouvoir, la richesse, le respect. 
 
Il laissa planer quelques secondes de silence, tout en continuant à marcher lentement parmi les hommes. Je l'observai avec la plus grande attention, lui et les gens qui étaient à proximité, afin d'anticiper tout dérapage. Je n'avais absolument pas confiance en tous ces inconnus, raison pour laquelle j'avais la main posée sur l'étui de ma baguette en permanence. Comme tous les autres assassins dissimulés dans l'ombre d'ailleurs. Nous étions prêts à défendre le Lord.
 
-           Ce projet a un but simple : hisser la communauté de la sorcellerie au-dessus des autres. NOUS sommes supérieurs. Par conséquent, il va de soi que NOUS devrions avoir le pouvoir absolu. Et quand je dis « nous », je ne parle pas que des honorables gens qui emplissent cette salle, mais de tous nos semblables... Les « Sang-Purs ». 
 
Inutile de préciser que mon père venait de capter l'attention des personnes rassemblées ici. Un ordre qui privilégie les Sang-Purs... de suite, ça intéresse.
 
-      Voyez-vous, je ne suis pas de ces personnes qui ont jugé bon de lâcher la bride...d'être tolérant... Je considère que le monde de la sorcellerie est le nôtre. Nous n'avons pas à le partager avec de la vermine. C'est notre territoire... notre peuple... notre sang. Et pourtant, regardez le monde qui nous entoure... Un monde rempli de Sang-de-Bourbe... un monde gouverné par des faibles.
 
On ressentait dans sa voix un torrent de haine et de mépris... Je devais reconnaître que mon père dégageait une puissance et une dangerosité qui clouaient sur place.
 
-          Je veux changer ça. Je veux rétablir l'ordre... en donnant à notre communauté la place qu'elle mérite. Nous devons prendre le pouvoir sur les moldus... mais avant cela, nous devons d'abord nous occuper de notre communauté... en la purifiant. En la rendant puissante et bien organisée.
 
 
Malgré son ton toujours aussi calme et maîtrisé, l'excitation était facilement décelable dans la voix de mon père.
 
-          J'assure gloire et puissance à chaque personne qui permettra de rendre sa grandeur à notre communauté.
-              Et que devons-nous faire ? demanda un homme dans l'assemblée.
 
L'attention se tourna vers lui. Nul doute que cette question brûlait les lèvres de chacun.
 
-           Rejoindre mon armée. Vous serez formés le temps que je finisse de préparer le terrain. Et quand nous serons prêts... nous passerons à l'acte.  
-            Vous êtes en train de dire que vous comptez déclarer la guerre à notre propre pays ?
-             Je suis en train de dire que je suis prêt à tout pour parvenir à mes fins. Si cela peut se faire en douceur, tant mieux. Je ne suis pas pour faire des victimes inutiles. Mais si ça doit se faire par la force, je le ferais aussi. Notre cause vaut la peine d'être défendue. Le pouvoir et la liberté méritent qu'on soit prêt à se battre pour les obtenir. 
 
L'assemblée était encore un peu hésitante. Mon père s'en rendit compte, car il sourit.
 
-       Sachez que ma détermination est inébranlable... tout comme celle des personnes qui me suivent depuis le début. Ce projet se réalisera, avec ou sans vous. La question est : voulez-vous participer ? Pour l'instant nous sommes dans l'ombre, mais à terme il n'y aura que deux solutions : être avec ou contre mon armée. Je pense que vous avez plus à gagner en vous plaçant du côté des vainqueurs. Nous ½uvrons pour une juste cause. Trouvez-vous normal que les sorciers soient obligés de vivre cachés des moldus ? Que des êtres aussi insignifiants que les Sang-de-Bourbe soient jugés comme égaux à la noblesse des Sang-Purs... ?
 
Il y eut des "non" répétés dans toute la salle. Mon père était en train de conquérir son auditoire en parlant ainsi.
 
-         Ils veulent vivre parmi nous... ? Très bien. Dans ce cas, le seul statut auquel ils ont droit est celui d'esclave !
 
Il y eut des cris d'approbation, mêlés à des applaudissements... auxquels je ne parvins pas à me joindre.
 
-         Il est grand temps de remettre chaque individu à sa place ! Nous devons purifier ce monde si nous voulons qu'il soit à nouveau le nôtre... et qu'il nous appartienne !
 
Les applaudissements furent plus nourris. Mon père était vraiment doué pour les discours, il fallait bien lui reconnaître. Je reçus un coup de coude. Je me tournai vers la personne masquée se trouvant à côté de moi. Jack. Mon maître. Il me fit les gros yeux, et je soupirai en me joignant aux applaudissements, sans grande excitation. Je reportai mon attention sur mon père. J'aurais dû être fière de lui... ça faisait quatre ans que je collaborais pour que ce jour arrive. Mais ce n'était pas le cas.
Depuis mon entrée à Poudlard, quelque chose me gênait et freinait de plus en plus mon élan : ses vérités ne collaient pas du tout avec la réalité. Avant, je le croyais, buvant ses paroles avec avidité, pressée de contribuer à ce "grand et noble projet". Maintenant, je trouvais que c'était toujours un aussi grand projet, sauf qu'il avait perdu de toute sa noblesse. Depuis que je fréquentais le monde extérieur au manoir et aux contrats d'assassinats, j'avais découvert une vérité... elle était difficile à avaler, mais indéniable. Les nés-moldus avaient autant de talent que nous et ils n'étaient pas des « voleurs de pouvoirs ». Ils étaient nés avec, comme nous. Rien ne les différenciait. Aurais-je reconnu en Lily Evans la Sang-de-Bourbe qu'elle était si un Serpentard ne l'avait pas insultée devant moi ? Ça m'énervait de devoir le reconnaître, mais il aurait été stupide de nier la réalité en s'enfermant dans des idées fausses et insensées. Les nés-moldus méritaient autant que nous leur maîtrise de la magie... ils méritaient de vivre. Je ne voyais donc pas pourquoi ils devraient être exclus de notre monde, ou se soumettre pour y rester.

Incroyable n'est-ce pas...? Pourtant, mon manque de motivation était réel. Depuis que j'étais entrée à Poudlard, ma vision des choses changeait au fil des jours. Je ne restais plus enfermée dans le manoir de mon père, me divertissant que d'entraînements intensifs au combat et au meurtre... non, elle était révolue cette époque. J'avais ma propre opinion des choses désormais. Mon père m'avait inculqué tant de haine, tant d'idées pendant quatre ans... J'étais partie à la découverte de ce monde en méprisant ceux qui n'étaient pas des sangs purs, des traîtres... et maintenant... je ne parvenais plus à trouver du sens à tout cela. J'avais l'impression que ça sonnait creux.

Je me sentais mal de ressentir tout ça. Je me sentais mal parce que c'était une infâme trahison que d'avoir de telles pensées. De douter de mon propre père. En même temps, j'avais l'impression de lentement reprendre conscience. N'est-ce pas pour ça que le fantôme de mon passé était enfin revenu près de moi ? Parce que j'étais en train de renouer avec mes origines ?
« Tu es la fille de ce puissant mage... alors tu vas refouler tes idées stupides et le servir, comme tu le fais si bien depuis quatre ans... »
Je serrai la mâchoire. Encore et toujours, j'étais abritée par la contradiction. J'aurais voulu demander à mon père pourquoi ses projets le tenaient réellement à c½ur, mais d'un autre, je refusais de me le mettre à dos. Je ne voulais pas prendre le risque de le perdre. Il était mon père... lui montrer une quelconque hésitation pourrait conduire à un grave conflit entre nous.

-         Qui est avec moi ? lança mon père, me sortant de mes pensées.
 
Les poings se levèrent d'un seul mouvement. Je ne fus pas surprise d'un tel engouement. Les Mangemorts avaient fait en sorte d'informer les personnes ayant un "profil" intéressant pour la cause de mon père. Enfin... à l'exception d'un. Un homme n'avait pas levé le poing. Cela ne passa pas inaperçu aux yeux de mon père.
 
-        Je vois que nous avons un réticent ... siffla mon père.
 
Mon père semblait presque satisfait que cela se soit produit. Il avait un sourire mauvais scotché aux coins des lèvres. Un sourire cruel que je lui connaissais bien. L'homme en question s'avança pour se détacher de la masse, et prit la parole d'une voix claire.

-         Vos projets sont symboles de votre amour pour la magie et notre monde... Sauf qu'à mes yeux, quand je croise les gens en marchant, je ne parviens pas à les différencier. Le sang... nos origines... ne sont pas des critères de classement. Nous avons tous le même rang. Il n'existe pas de race chez les humains... Je suis entré ici en pensant me battre pour mon pays... pas pour le saigner à blanc.
-        Avada Kedavra !
 
L'homme fut projeté à travers la pièce. Il percuta le mur et retomba au sol, les bras en croix. Les gens restèrent quelques secondes paralysés par la rapidité avec laquelle avait frappé mon père. Il n'avait pas hésité un seul instant. La mort avait été sa seule réponse. Je déglutis péniblement, incapable de me détacher du corps de la victime.
 
-          Contrairement à ce que pensait cet ignorant... mon but n'est pas de "saigner le pays". Mon but est de hisser la communauté de la sorcellerie au-dessus des autres, en légitimes maîtres que nous sommes. Mon but est d'éliminer les faibles, les parasites... pour qu'à la fin, la sorcellerie soit digne de sa grandeur.

Il y eut des hochements de tête dans la salle. Bien sûr, il valait mieux gober la version du Lord... que celle d'un cadavre déjà refroidi. Mon père releva la manche de son bras gauche, dévoilant ainsi sa marque : une tête de mort dont un serpent à la gueule ouverte sortait en formant un huit vertical.

-         Cette marque représente notre force, le pouvoir suprême de notre race supérieure... pure et puissante. Chaque personne ici présente ainsi que les autres à venir la porteront. Elle sera le symbole de votre appartenance à un projet qui va changer le monde.
 
Les personnes présentes étaient comme envoûtées, les yeux fixés sur la Marque des Ténèbres. Marque que portaient déjà les Mangemorts. Seuls les assassins ne l'avaient pas. Même pas moi.
 
-        Avant de vous faire passer dans la salle d'à côté pour vous faire la Marque, j'aimerais vous prouver à quel point il est impensable que notre armée ne triomphe pas. En plus des combattants surentraînés parmi nous, des innombrables espions infiltrés dans les points les plus stratégiques du système, nous avons des alliés puissants. Nous disposons de tueurs exceptionnels, qui font un travail remarquable en abattant discrètement des cibles gênantes pour nous permettre d'avancer... de nous préparer le terrain. Parmi eux, sacrée prodige des Assassins l'année dernière, vous avez sans doute entendu bien des histoires à son sujet... mais personne ne peut vraiment raconter les exploits de ce génie de l'ombre, même pas moi. Mes amis, j'ai l'honneur de vous présenter... la redoutable lame de la mort...
 
Je n'avais pas bougé d'un millimètre pendant le discours de mon père, étonnée qu'il me présente ainsi et me mette à l'honneur. J'étais toujours en retrait normalement. Jack me tapota le bras pour me ramener dans la réalité, et je me décidai à sortir lentement de l'ombre. Toutes les têtes se tournèrent vers moi, la plupart ébahies.
 
-         Tracker...
 
Mon nom se répéta dans un souffle sur toutes les lèvres. Un silence de deux secondes s'ensuivit, où était suspendu crainte et admiration, avant qu'ils se mettent tous à applaudir. J'adressai un signe de tête vers l'assemblée, montrant que j'appréciais leur reconnaissance.
 
-           C'est un honneur de vous rencontrer en personne, me dit un homme situé près de mon père.
-          Vous serez les rares à pouvoir l'approcher sans craindre sa lame, lança mon père en me regardant.
 
Il eut un instant d'arrêt. Je souris sous mon masque en voyant son regard ciller. Nous pensions à la même chose : "quoi que...".

-       Maintenant, rendez-vous dans la salle d'à côté, ordonna mon père. Nous aurons tout le temps de faire plus amples connaissances lorsque vous aurez officialisé votre statut de Mangemort.
 
Il y eut un mouvement de foule. Ils se pressèrent tous en dehors de la salle, impatients de devenir les alliés du Seigneur des Ténèbres. La salle se vida assez rapidement. Une fois seuls, mon père plaça ses mains sur mes épaules, me regardant avec le sourire. Il était bien enthousiaste aujourd'hui, c'était plutôt rare.
 
-        Je suis fier du chemin que nous avons parcouru... mais le plus glorieux est devant nous ma fille. Ensemble, nous continuerons de gravir les sommets de la grandeur. Ensemble, nous serons les conquérants victorieux de ce monde... jusqu'à en devenir les seuls maîtres. Toi et moi. Peu importe les pertes que nous subirons dans nos rangs... les innombrables combats à mener... nous survivrons à toutes les épreuves. Ensemble. Rien ne pourra nous arrêter.
 
Il me prit dans ses bras, et je répondis à son étreinte par respect. Son attitude me touchait. Pour la première fois je pouvais savourer un semblant de proximité. Mais ses paroles me refroidissaient. Je n'avais plus besoin de lui demander pourquoi il haïssait les nés-moldus... pourquoi il parlait de purification. Tout cela n'était que façade. Mon père faisait une pierre deux coups en poursuivant l'½uvre de notre ancêtre... mais je pense que même si le monde était dénué de nés-moldus, son chemin serait le même. La véritable raison de son combat, il venait de me la donner : atteindre la domination absolue. Régner éternellement. Il était là son réel objectif.

J'étais surprise qu'il dise "nous", car mon père n'était pas du genre à partager le pouvoir. Mais pour l'instant, je préférais le laisser parler. Même s'il me faisait presque peur en employant un ton aussi assuré. Il se croyait vraiment intouchable. Il NOUS croyait vraiment intouchables. Je ressentis un fourmillement dans un point précis de mon dos, me faisant serrer la mâchoire en me rappelant de cette vieille blessure si particulière. Cette même blessure qui donnait raison à mon père. Tant que nous étions ensemble, rien ne pouvait nous battre.

Mon père se détacha et m'adressa un dernier regard empli de fierté avant d'aller rejoindre les autres dans la salle d'à côté, me laissant seule. Je restai encore quelques secondes, reportant mon attention sur le cadavre de l'homme qui s'était interposé. J'allai m'accroupir à ses côtés, regardant ses yeux fixant le vide avec une étrange boule à l'estomac. Je passai lentement ma main gantée sur ses yeux.
 
-          Tu es probablement mieux là où tu es... ce monde sera bientôt le théâtre d'une guerre sans précédent. Repose en paix.
 
Il était mort pour avoir donné son opinion... au travers de paroles qui se répétaient dans ma tête.
 
-           Je pensais que tu serais plus enthousiaste pour ce premier rassemblement.
 
Je sursautai légèrement en me relevant d'un bond. Jack me faisait face. Je n'aimais pas lorsqu'il portait sa tenue de tueur... je n'aimais pas ne voir que son masque. Je me rapprochai de quelques pas, au moins pour discerner son regard.
 
-          Franchement... vous l'êtes vous ? demandai-je calmement.
 
Mon maître m'analysa quelques secondes, et j'en fis de même. Nous ne pouvions voir que nos yeux... mais c'était suffisant. On se connaissait assez pour savoir. Savoir qu'aucun de nous deux n'était réellement enchanté. Comme si avions déjà conscience que tout cela irait trop loin... et que rien ne pourrait l'empêcher. Même pas nous, les maîtres du crime.
 
-          Je suis neutre Prue, dit-il enfin. En tant que tueur à gages... je suis neutre. Tâche de garder ça à l'esprit.
 
Il s'éloigna, me laissant avec mes incertitudes, avant que je parte à mon tour, ayant une mission à reprendre.

 
|15 février 1977 – Poudlard – Grande Salle  - 11h|

 
Samedi... au programme de la journée : grasse mat', Quidditch et blagues. Voilà un programme « très chargé »... Je soupirai en prenant mon verre de jus de citrouille. Ça allait mieux avec les Maraudeurs depuis la soirée qu'ils avaient organisée pour mon anniversaire, une semaine plus tôt. Je passais à nouveau plus de temps avec eux. J'étais moins absente mentalement, bien que ma quête de vengeance continue à me travailler, tout comme les projets de mon père qui étaient en train de changer de phase lentement mais sûrement.

Mes yeux se posèrent sur le groupe de Serpentard qui traînait avec Wayne de son vivant. Ça me rappela mon meurtre, et l'enquête des flics qui était arrivée à la conclusion "certaine" de l'accident. Sa mort avait continué à faire un peu de bruits pendant le mois de janvier. Certains parents songeaient à retirer leurs enfants de l'école, d'autres au contraire, répondaient que c'était l'endroit le plus sûr... que rien ne serait arrivé si ce gamin n'avait pas désobéi aux règles. J'avais entendu dire que Dumbledore en personne avait aidé les policiers. Même lui arrivait toujours à la conclusion de l'accident. Du coup, l'enquête était classée depuis la semaine dernière. Mais pour les Serpentard, je voyais bien que la plaie était toujours ouverte. On ne fait pas le deuil d'un ami perdu aussi brutalement en si peu de temps. Et surtout de manière aussi violente.
 
-         Rendez-vous dans vingt minutes sur le terrain, prêts à décoller.
 
Je sortis de mes pensées. James avait fini d'avaler son petit-déjeuner et se levait, sans doute pour aller prévenir le restant de l'équipe. Remus, Sirius et Peter lui emboîtèrent le pas.
 
-         Prue ? appela Remus en voyant que je ne suivais pas. Tu ne viens pas t'entraîner ?
-         Si, bien sûr. Je finis mon jus de citrouille. J'arrive.
 
Remus se tourna vers ses amis.
 
-         Allez-y, on vous rejoint.
-         Ok Mumus. A tout à l'heure, répondit Sirius avec le sourire.
 
Je regardai pensivement Remus revenir vers moi. Il avait du mal à me laisser seule, c'était amusant.
 
-         Sympa d'attendre, dis-je en souriant.
-         Je ne voudrais pas que tu te perdes en route, répondit-il avec le même sourire.
 
Je ne réagis pas. Après tout, à quoi bon ?
 
-         Je vois que James se dévoue toujours pour chercher les autres, lançai-je.
-         C'est lui le capitaine de l'équipe.
-         Oui, ou alors c'est une bonne excuse pour trouver Lily.
-          Aussi.
-         Curieux qu'ils ne soient pas encore ensemble... repris-je.
-         C'est vrai... mais tu connais Lily maintenant, tu sais ce qui la retient.
-       Quoi la crainte d'être "un nom de plus sur une liste de conquête" ? Franchement, si elle n'était que ça, James aurait lâché l'affaire depuis longtemps. Je pensais qu'elle le comprendrait hier.
 
Pour la Saint Valentin, James avait offert un bouquet de lys à Lily. Pas très surprenant étant donné qu'il l'appelle toujours "Fleur de Lys", mais en tout cas ça avait suffi pour que les joues de la concernée deviennent aussi vives que sa chevelure. Quoiqu'il en soit, d'après les autres Maraudeurs, James n'avait jamais eu de geste d'attention pour ses conquêtes.

-        Le problème c'est que Lily a du mal à croire qu'il ait vraiment changé. J'essaie de la rassurer pendant nos rondes, mais bon...
-         Qu'est-ce qu'elle en dit ?
-         Elle ne veut pas céder tant qu'elle n'est pas sûre.
-         Qu'est-ce qui lui faut comme preuve pour qu'elle accepte ?
-         Un peu plus de maturité, je pense.
-         ...hem... il faudra attendre encore un peu alors.
 
Ma remarque fit rire Remus. James n'était pas un exemple de ce côté-là. Il était plutôt un gamin incorrigible, et c'était pire encore quand il était avec Sirius.
 
-         James pourrait se montrer très mûr, dit Remus plus sérieux en s'asseyant à côté de moi. Tu n'as pas connu ça, mais les autres années, quand Sirius vivait encore chez ses parents, c'était une guerre ouverte entre les deux  frères. James voulait à tout prix aider Sirius, et lui, trop fier, refusait. Nous avons passé des soirées entières à être proches de Sirius quand celui-ci revenait brisé par ses propres parents. James le rassurait, il savait trouver les mots pour que Sirius tienne le coup. Il se comportait vraiment comme un grand frère protecteur. Sirius en avait grandement besoin même s'il refusait de l'admettre. Il en bavait tellement chez lui... Sans notre soutien, il n'aurait jamais trouvé la force de continuer et aurait sans doute fini par se résigner. Finalement, James a pété les plombs et s'est disputé avec Sirius, juste avant de partir en vacances. Il en avait marre que son ami soit aussi borné. Il en avait marre de le voir revenir en piteux état, sur le point de craquer ou de se faire violence. Deux  jours après les vacances, Sirius a réagi et s'est enfui de chez ses parents. Il a enfin accepté de se laisser aider.
-         Et c'est là qu'il est parti trouver refuge chez les Potter...
-         Comme tu l'as appris en début d'année oui. Ça fait un an à peu près maintenant.
-         Je ne savais pas que Sirius avait tant souffert...
 
En vérité, je le savais. C'était une évidence même. J'avais souvent écouté le venin que crachait Orion Black quand il parlait de son fils avec mon père. Seulement je n'avais jamais vu les choses sous cet angle. Sirius ne lâchait jamais et préférait se faire torturer pendant des heures que de devenir un Black, un vrai. J'avais de lui l'image rebelle et déterminée. Le récit de Remus m'avait dévoilé les dessous de cette façade intouchable. Sirius avait vécu un calvaire avec ses parents. Malgré son orgueil, il n'avait pas pu y rester insensible. La torture est toujours violente, mais elle est encore plus douloureuse lorsqu'elle vient d'un proche.

Nous n'étions pas si différents lui et moi finalement. Nous avions tous les deux mené une guerre contre des adversaires plus forts avant de leur échapper. Je secouai la tête pour chasser ces souvenirs. Un point crucial pourtant nous différenciait... lui avait pris la fuite et était devenu un jeune homme plein de vie et de charme. Moi, je n'avais pas pu fuir à temps. Le jour où j'avais enfin réussi, c'était trop tard. J'étais déjà  devenue une tueuse. Une évasion qui m'a ramenée aux côtés de mon père. Je n'avais jamais quitté l'obscurité. J'étais simplement passée du statut de victime à assassin hors paire. Et aujourd'hui, maintenant que je n'avais plus rien à craindre, je ne comptais pas prendre le risque de m'exposer à nouveau. Je ne voulais plus souffrir... plus jamais.
 
-      Bon aller... on ferait mieux d'y aller si on ne veut pas être en retard, lança Remus, me sortant de mes pensées.
-         Oui. James nous bassinerait dix minutes.
 
L'après-midi passa à une vitesse hallucinante. Je n'avais jamais le temps de m'ennuyer en la compagnie des Maraudeurs. Ils arrivaient à me faire rire, à me détendre, à me faire penser à autre chose... et j'appréciais. Parce que lorsque je me retrouvais seule, je tournais en rond dans mes pensées préoccupantes. Je me torturais l'esprit. Avec eux, je soufflais. Nos rigolades furent néanmoins interrompues par une bande de Serpentard que l'on croisa alors qu'on marchait dans le parc pour rentrer au château. Comme souvent, il fallait s'attendre à un nouvel affrontement entre les deux maisons.
 
-         Tiens tiens tiens... regardez qui voilà, ricana l'un d'entre eux.
 
Je savais déjà où cette rencontre allait nous mener. Les Serpentard ne pouvaient pas s'empêcher d'insulter, et les Gryffondor ne pouvaient pas s'empêcher de répliquer. Lily et Remus poussèrent James et Sirius pour les forcer à continuer d'avancer, mais ils ne l'entendirent pas de cette oreille. Peter resta en retrait, et j'en fis de même. Je ne préférais pas m'en mêler, sinon ça allait encore dégénérer. Je m'étais battue chaque fois que je m'étais disputée avec un Serpentard. Cette fois, il y avait trop de témoins pour qu'un débordement soit sans conséquence.
 
-         Alors Potter... toujours pas réussi à te mettre avec ta Sang-de-Bourbe ? Je ne comprends pas pourquoi tu t'acharnes... Franchement, elle n'en vaut vraiment pas la peine cette sous-merde.
 
Là, je compris que ça allait dépasser la simple querelle. Les yeux habituellement rieurs de James s'assombrirent. La haine était clairement lisible dans son regard. Les traits de son visage s'étaient durcis en moins de deux secondes. Il se jeta sur le Serpentard et commença à le rouer de coups de poings. Remus et Lily voulurent l'en empêcher, mais Sirius se joignit à son frère de c½ur. Le combat rapproché laissa bien vite place à la magie. Les duels s'engagèrent. Lily et Remus utilisèrent eux aussi leur baguette pour former des boucliers afin de les séparer. Je ne me décidais toujours pas à intervenir, me contentant d'observer attentivement les duels, en particulier du côté de Remus. J'avais du mal à retenir mes coups, je préférais agir en dernier recours. Peter était à côté de moi lui aussi, suivant le déroulement des combats avec angoisse. Moi, je regardai calmement les duels, pariant évidemment sur la victoire des Gryffondor. Même si les Serpentard étaient doués au duel, James et Sirius étaient meilleurs qu'eux. Et ils étaient aussi beaucoup plus virulents à cause de la rage qui les abritait. Toucher aux personnes qu'ils aimaient était vraiment le meilleur moyen de les transformer en lions.
 
Mon regard fut attiré par Remus, expulsé par un Serpentard. Je ralentis instinctivement sa chute pour le poser en douceur sur le sol. Ce moment de déconcentration me coûta à moi aussi un décollage, sauf que personne ne me rattrapa. J'atterris violemment sur le sol et me cognai la tête contre un tronc, emportée par l'élan. La douleur à la tête me submergea par vagues régulières au même rythme que la haine. Une haine profonde. J'allais faire regretter au sale petit con qui avait osé m'attaquer alors que je ne prenais même pas part aux duels.

Je me relevai d'un bond, ne prenant même pas la peine de sortir ma baguette. Lorsque le lâche qui m'avait eue par surprise renouvela son attaque, je parai d'un mouvement de la main pour retourner le sort contre lui. Il valsa dans les airs avant d'aller s'écraser plus loin avec violence. Les autres restèrent bouche bée pendant plusieurs secondes. Les Serpentard se reprirent les premiers, tentant de m'envoyer des sortilèges en même temps, mais je les expulsai tous avec force. Je répétai l'opération quelques fois, histoire de leur remettre les idées en place. Je me fichais des témoins désormais... j'avais juste très, très envie de leur faire payer leur affront.
 
 
~ Point de vue de Remus ~
 
Ces enfoirés de Serpentard m'avaient envoyé dans les airs. Alors que je m'attendais à me cogner violemment contre le sol, je me sentis ralentis et je me posai en douceur. Je remerciai intérieurement la personne qui m'avait rattrapé. Mon regard se posa sur Prue qui venait d'atterrir non loin de moi, et mon coeur rata un battement en la voyant se cogner contre un tronc d'arbre. J'espérai qu'elle ne se soit pas fait mal malgré l'apparente violence du choc. Je me relevai pour aller la voir, mais elle se redressa. Elle posa ses deux mains devant elle, les frappant sur le sol pour reprendre appui. Elle leva sa tête, et je vis un filet de sang couler de sa tempe. Son visage se durcit, et son regard devint noir. Il émanait d'elle une odeur dangereuse. Elle se releva d'un bond et marcha vers les Serpentard, d'une démarche tendue. Un autre sortilège fusa vers elle, et elle le renvoya sur son assaillant d'un simple mouvement de main. Immédiatement, les autres duels se stoppèrent. Comment avait-elle fait ça, sans baguette ? Les Serpentard firent une attaque en masse sur elle et ils s'envolèrent tous à une dizaine de mètres. Et elle répéta l'opération, inlassablement, les manipulant dans tous les sens comme des pantins dans les airs avant de les faire chuter avec violence sur le sol.
 
-         Sale pute ! finit par cracher l'un des Serpentard. Laisse-nous nous relever ! Espèce de lâche !
 
L'odeur de dangerosité devint plus forte... et le visage de Prue prit une toute autre expression. Elle serra les poings, et ils s'enflammèrent. J'étais stupéfait, mais l'heure n'était pas à la surprise. Je sentais qu'il fallait agir très vite. Me souvenant que Prue n'était pas du genre à se laisser manquer de respect, je me précipitai pour me placer devant elle. Il ne fallait pas qu'elle dérape.
 
-         Calme-toi, tentai-je.
 
Elle ne me regarda même pas. Ses yeux étaient braqués sur son ennemi et je pus voir avec stupeur que des flammes dansaient dans ses prunelles. Il y avait une telle rage dans son regard. Une telle envie de combat. Le feu continuait à se répandre lentement sur son corps, sans la consumer. La chaleur qu'elle diffusait devenait étouffante pour moi qui étais si près.
 
-         S'il te plaît, arrête ! Il n'en vaut pas la peine ! Tu vas avoir des ennuis !
 
Elle ne semblait pas avoir envie de m'écouter. J'avais l'impression qu'elle avait perdu le contrôle d'elle-même... je ne la reconnaissais plus. C'est comme si c'était une autre personne. Les autres étaient comme envoûtés, fascinés par le phénomène magique incroyable qui se déroulait sous leurs yeux. Jamais encore nous n'avions vu une telle magie. Une boule de feu se forma dans sa main, et je pouvais déjà deviner la suite si je n'intervenais pas. La fureur lui faisait perdre la raison.
 
-         Prue, arrête. Ça suffit !
 
Son corps tout entier s'était enflammé. Elle continuait de m'ignorer. Je me mis dans son champ de vision, mais elle se décala sans même détourner ses yeux. J'avais l'impression d'être un fantôme pour elle... de ne plus exister. Un sentiment insupportable.
 
-         Prue, regarde-moi ! REGARDE-MOI !
 
Sur l'impulsion, je pris son visage dans mes mains pour la forcer à me regarder. Je retins un cri sous la brûlure intense, mais l'instant d'après, les flammes virèrent au bleu, et la douleur disparut instantanément. Sans m'attarder davantage là-dessus, je reportai mon attention sur Prue et plantai mon regard dans le sien, toujours empli de haine.
 
-         Reprends-toi, dis-je fermement.  Ça ne vaut pas la peine d'aller aussi loin pour ces abrutis. Tu vas avoir de gros ennuis si tu n'éteins pas ça de suite. Les duels entre élèves sont interdits en l'absence de professeur. Ne les laisse pas gagner. Tu vas te faire virer.
 
Après quelques secondes d'hésitation, les flammes s'étouffèrent petit à petit. Je voyais dans ses yeux quelque chose d'étrange. Je la pris dans mes bras, soulagé d'être parvenu à la convaincre, et elle ne broncha pas. Son corps était brûlant. Les Serpentard prirent la fuite en se ruant vers l'intérieur. Ils avaient eu chaud, ce n'était rien de le dire.
 
| Une minute plus tôt ... |
~ Point de vue de Prue ~
 
 
-         Sale pute ! cracha l'un des Serpentard. Laisse-nous nous relever ! Espèce de lâche !
 
J'avais juste l'intention de lui donner une bonne leçon, sans aller trop loin, juste ce qu'il fallait pour qu'il comprenne qu'il me devait le respect, mais ce fut l'insulte de trop. Moi, une pute ? Une lâche ?! Je serrai les poings sous la colère, et ils s'enflammèrent d'une simple pensée. Mon côté sombre s'était entièrement emparé de moi désormais. J'étais possédée par cette rage profonde. Cette rage qui me commandait d'attaquer... de détruire. Cette boule de haine qui ne demandait qu'à exploser. La louve en moi voulait se libérer... se battre. Je vis quelqu'un se placer entre ma proie et moi...c'était Lupin.
« Ôte-toi de mon chemin... »
 
-         Calme-toi.
 
Cette fois, le regarder ne suffit pas à m'apaiser. La colère était bien trop forte pour qu'il parvienne à avoir le moindre effet sur moi. La seule chose qu'il me déclenchait en cet instant, c'était la frustration. Je ne supportais pas qu'on me barre la route. J'étais incapable de me détacher de mon adversaire. Mes yeux étaient braqués sur le Serpentard qui était devenu ma cible. Le feu continuait à se répandre lentement sur mon corps, le sang dans mes veines bouillonnait...
 
-         S'il te plaît, arrête ! Il n'en vaut pas la peine ! Tu vas avoir des ennuis !
 
Je sentais la panique dans sa voix, à tel point que je n'avais pas besoin de le regarder pour savoir qu'il était choqué. Tout comme les autres. Mais je m'en fichais. Tout ce qui comptait, c'était cet enfoiré de serpent. Lui et ses crétins amis qui étaient allés trop loin pour la dernière fois.

D'une pensée, une boule de feu se forma dans ma main droite. Je me concentrai pour l'envoyer, sans toucher Lupin. Il m'agaçait plus qu'autre chose.
 
-         Prue, arrête. Ça suffit !
 
Mais le feu avait fini de se répandre... je ne l'écoutais plus.
 
-         Prue, regarde-moi ! REGARDE-MOI !
 
Il prit mon visage dans ses mains et se brûla. Je fus forcée de le regarder. En croisant son regard, les flammes virèrent au bleu. Il pouvait me toucher sans se brûler apparemment. C'était bien la première fois que ça arrivait, encore une preuve que mes pouvoirs n'avaient pas fini de se développer. Je lus dans ses yeux qu'il n'avait plus peur. Au contraire, il semblait comme perdu dans sa contemplation. Je détectai sa nature sauvage... je ne pouvais plus détourner mon regard du sien. J'étais à nouveau comme aimantée à ses beaux yeux ambrés. Ces flammes dégageaient une chaleur beaucoup plus douce que les autres. Je n'avais plus l'impression d'avoir de la lave en fusion dans mes veines.
 
-         Reprends-toi, dit-il fermement.  Ça ne vaut pas la peine d'aller aussi loin pour ces abrutis. Tu vas avoir de gros ennuis si tu n'éteins pas ça de suite. Les duels entre élèves sont interdits en l'absence de professeur. Ne les laisse pas gagner. Tu vas te faire virer.
 
Je repensai à ma mission, qui nécessitait que je reste dans l'école. Ce n'était pas le moment de me faire expulser. Il avait raison... malgré mon orgueil qui m'ordonnait de réduire en cendres ces moins que rien qui avaient osé m'insulter, il fallait que je prenne sur moi. Que je garde le contrôle. Je ne pouvais pas déraper maintenant. Je ne pouvais pas assouvir mes pulsions.

Les battements de mon c½ur ralentirent, et je retrouvai une respiration normale. Petit à petit, les flammes s'étouffèrent. En voyant le regard inquiet de Remus, je compris que je venais de leur dévoiler une facette de ma personnalité qui les rebuterait.
« J'ai tout gâché... les Maraudeurs ne voudront pas continuer à fréquenter une impulsive aussi extrême... c'est fini, j'ai échoué. Dumbledore va me tailler en pièces quand il saura que j'ai failli me servir de mes dons pour me battre... je vais me faire virer...»
Mon estomac se noua en pensant à cela. Je n'envisageais pas devoir annoncer à mon père que ses projets seraient ralentis parce que j'avais échoué dans ma mission... à cause d'une simple réaction d'orgueil.

Remus me prit dans ses bras sans que je ne m'y attende, et j'eus l'impression de sentir le poids de mes angoisses s'envoler. Je ne comprenais pas... la réaction normale était celle des Serpentard, à savoir prendre la fuite. Eux non. Les autres se rapprochèrent de moi et Remus resserra son étreinte. Lentement, j'entourai mes bras autour de lui, incertaine. Je sentis une chaleur m'envahir qui n'avait rien à voir avec le feu.  Malgré mon bien-être contre lui, je finis par le repousser, gênée de ce que je ressentais. J'aurais pu rester une heure contre lui.
 
-         J'ai vraiment cru que tu allais les griller ! lança Sirius.
-         Désolée...
-         Prue, comment se fait-il que tu ne te serves pas de ta baguette pour pratiquer la magie ? demanda Lily impressionnée. Surtout d'une telle puissance ! Seuls les sorciers très expérimentés y parviennent !
-         C'est...je sais pas, c'est naturel... enfin je veux dire...je ne maîtrise pas tout par la pensée, juste le déplacement des choses et le feu...  
 
Mes mots et mes pensées s'embrouillaient. J'avais du mal à parler. J'étais un peu perdue. Pourquoi restaient-ils à mes côtés ? N'avaient-ils pas vu que j'avais failli commettre l'irréparable juste sous leurs yeux ? Étaient-ils donc aveugles au point de ne pas avoir remarqué la tueuse qui était en moi qui avait réclamé sa dose de sang ?
 
-          Mais comment-
-         James, Prue répondra à une interview prochainement. En attendant, il faut la laisser reprendre ses esprits, coupa Remus pour qu'ils me lâchent.
-         Ça va, ça va, on a compris ! En tout cas, belle raclée ! me dit-il en me mettant une tape à l'épaule.
 
Je les regardai s'éloigner en silence. La confusion la plus totale régnait en moi. Chose rare... en fait, c'était bien la première fois depuis des années que ça m'arrivait. Je ne savais pas ce qui se passait depuis un certain temps. Je n'étais plus moi-même, et j'avais tendance à me laisser prendre par les évènements.

Je m'éloignai de Remus en soupirant, essayant de reprendre mes esprits. J'allai m'asseoir contre le tronc du saule pleureur. Remus se mit à côté de moi, sans rien dire. J'appréciais qu'il se fasse oublier tout en étant là, bien présent. Quant à moi, je n'arrivais pas à croire ce qu'il venait de se passer. J'avais failli perdre le contrôle... juste à cause d'une insulte, alors que je me trouvais dans une école, devant témoins. N'étais-je donc plus capable de garder le contrôle ? D'avoir des limites ? Je pensais pourtant avoir réussi à dompter la louve qui était en moi... mais de toute évidence, ce n'était pas le cas. Elle demeurait sauvage.
 
-         Tu n'as pas peur... ? demandai-je soudain, sans pouvoir résister.
-         De quoi ?
-         De moi.
-         Non. Pourquoi, je devrais ?
 
Je tournai la tête, croisant à nouveau ses yeux ambrés. La scène me rappela vaguement le jour où je lui avais dit que je savais pour sa lycanthropie. La seule différence qu'il y avait entre nous, c'est que moi j'étais réellement dangereuse.
 
-      Ton flair est infaillible Remus. Je sais que tu as senti tout à l'heure... ma colère.
-         Mais tu t'es calmée.
-         C'est toi qui m'as calmée !
-         Tu aurais pu choisir de ne pas m'écouter.
 
Je détournai le regard, un peu exaspérée qu'il soit aussi borné. Je savais que le visage de Tracker s'était montré. Je savais que l'envie de meurtre s'était imprégnée sur mes traits. Pourquoi refusait-il de le voir ? Pourquoi refusait-il d'admettre que j'étais tout sauf quelqu'un de bien ? Pourquoi restait-il près de moi alors qu'il devrait me fuir ? L'évidence lui crevait les yeux ou quoi ?
 
-         Je ne comprends pas pourquoi tu t'obstines, soufflai-je. La vérité est devant tes yeux, ton instinct te le dit depuis le premier jour, pourquoi tu ne l'écoutes pas ?
-         Tu essaies de me faire comprendre quoi là ? s'étonna Remus.
 
Comment lui dire ? Comment lui faire comprendre qu'il devait absolument écouter son instinct et non son c½ur... ? Je sentis mes entrailles se nouer. Pourquoi étais-je en train d'essayer de lui ouvrir les yeux ? Il ne devait pas savoir ce que j'étais.

-           Je suis dangereuse... mais tu refuses de le voir, dis-je à voix basse.
-          Ta puissance est impressionnante, c'est vrai, mais tu ne serais dangereuse que si tu t'en servais mal.

J'éclatai de rire. Je ne parlais pas de ma maîtrise magique. Encore une fois, il ne voyait pas le vrai fond du problème. Peut-être que mon masque était suffisamment épais finalement. Quel dommage...
 
-         C'est bien plus que de la volonté Remus... La magie échappe à mon contrôle dans ces cas-là. J'étais sur le point de leur faire très mal... tu le sais, et c'est pour ça que tu es intervenu.
-         Je suis intervenu parce que je connais tes aptitudes au duel et que je voulais t'éviter une expulsion. Ce n'était pas pour les protéger... ils méritent largement une raclée.
 
Alors selon lui, j'allais juste me contenter de leur mettre « une raclée » ? Il n'avait pas vu que je voulais aller beaucoup plus loin ? Ou c'est la tueuse qui ne se révèle pas aussi facilement... ou c'est lui qui est complètement aveugle. Les deux sûrement.
 
-         Prue ?
-         Hum ?
-         Ce n'est pas la première fois que tu as ce genre de discours...
-         Ce genre de discours ?
-         Oui... contre toi-même. Tu...
 
Il eut un instant d'arrêt, cherchant ses mots.
 
-         Tu sembles tellement te haïr. Tu parles toujours comme si tu te sentais monstrueuse...
 
J'eus un rire nerveux. Remus avait raison sur ce coup-là. Je me vouais presque autant de haine que de fierté. Encore et toujours... contradiction.
 
-         Je le suis, avouai-je.
-         Qu'est-ce qui t'est arrivé... ?
 
Je ne savais pas pourquoi je le laissais s'avancer sur ce sujet. Pourquoi j'acceptais de lui répondre. Pour la première fois depuis une éternité, j'avais envie d'en parler. Mais... sans surprise, une barrière vint me couper la parole. Remus s'en rendit compte d'ailleurs. J'étais incapable de prononcer un mot. Je baissai la tête. C'était plus fort que moi. J'avais une carapace. Parfois défaillante, certes, mais elle était quand même bien là. Remus ne dit rien pendant plusieurs secondes avant de reprendre.

-         Depuis que je t'ai rencontrée, je sens que quelque chose t'a blessée... profondément.
 
Ma gorge se serra. Après toutes ces années à faire la dure, la brèche dans ma forteresse ne s'était pas comblée. Toujours la même... au même endroit... toujours aussi douloureuse... Mais j'étais étonnée qu'elle soit aussi visible. Comment pouvait-il la voir ? Je regardai ailleurs, essayant de refouler les souvenirs qui remontaient à la surface. J'avais cessé depuis longtemps de dresser la liste des choses qui m'avaient "profondément blessée". Mais elles avaient toutes une seule origine... un seul déclencheur. La mort de ma mère. Si cette attaque n'avait jamais eu lieu... je n'aurais probablement jamais connu le reste. J'aurais eu une vie normale... j'aurais grandi avec ma mère... je ne serais sans doute pas devenue une tueuse. Une tueuse qui ne vivait que dans un but : la vengeance. C'était plus qu'un objectif, c'était une raison de vivre. Sans ça, je ne serais pas là. Sans ça, je n'existerais pas. Je n'étais rien de plus qu'un monstre assoiffé de sang, animé par la rage, qui ne savait rien faire d'autre que préméditer des meurtres parfaits.
 
-         Prue... parle-moi. Ça va te libérer, dit doucement Remus.
 
Je me levai pour m'éloigner un peu, me dirigeant vers le lac. Je pris ma tête entre mes mains, essayant de reprendre le dessus sur mes émotions envahissantes. J'avais le c½ur gonflé par la rage et le chagrin chaque fois que je repensais à mon passé. A ma mère... ma chère mère... comment avais-je pu lui faire ça ? Elle qui était si douce... si gentille... si aimante. Comment avais-je pu volontairement envoyer une lame transpercer son c½ur ? Ce sont les agresseurs que j'aurais dû viser. Mais non, c'est elle qui s'était effondrée sous mon regard. Elle voulait juste me protéger... et je l'avais tuée. Alors que je l'aimais.
Je me mordis la lèvre inférieure en fermant douloureusement les yeux. Oh oui je l'aimais. Les rares souvenirs que j'avais d'elle en dehors de cette soirée dramatique m'étaient précieux. Je passais des heures entières à essayer de fouiller ma mémoire, pour me rappeler d'elle, de nos moments ensemble. Mais même ça, mon esprit était incapable de remonter le temps... comme si cette maigre consolation m'était interdite après ce que j'avais fait.
 
Remus me prit doucement dans ses bras par derrière, posant sa tête son mon épaule. Bon sang que sa présence me faisait du bien. J'avais l'impression que sa proximité parvenait à apaiser ma souffrance... ma haine. Je posai doucement ma tête contre la sienne, me laissant aller dans ses bras. J'étais si bien contre lui.
 
-         Je comprends tout à fait que tu n'aies pas envie d'aborder un sujet douloureux, souffla Remus. Tu n'es pas obligée si ça te fait trop mal... mais pour avoir vécu l'expérience avec Sirius, je pense que tôt ou tard, il faudra que tu acceptes de te libérer. Il n'y a que comme ça que tu pourras te relever de tes chutes.
 
Je n'étais absolument pas convaincue que parler du passé pouvait guérir. Et pourtant...

-          J'ai tué ma mère, lâchai-je d'un trait.
-          Comment ça...?
-        C'était le soir de mon cinquième anniversaire... nous avons été attaquées. Un des types avait un couteau sur lui. Il l'a envoyé dans ma direction... et je l'ai dévié sur ma mère.
 
Remus resta sans voix pendant plusieurs secondes, frappé de surprise. Il découvrait enfin de quoi j'étais capable. Je l'avais fait. J'avais tué ma propre mère. Celle que j'aimais tant. La seule personne au monde qui me donnait de l'amour. Pourquoi ? Je l'ignorais encore. Souvent, je me disais qu'il n'y avait pas réellement d'explication. J'étais un monstre après tout. Une louve qui avait eu besoin de faire couler le sang une première fois.
 
-         ...Je... je suis désolé. Mais... ce n'est pas ta faute. Tu as voulu te protéger, essaya de rassurer Remus.
-          Bien sûr que c'est de ma faute ! dis-je en me dégageant de lui.
-          Comment tu peux affirmer ça ?
-       Comme tu as pu le voir tout à l'heure, je suis télékinésiste... c'est moi qui ai dévié la trajectoire sur elle. Moi et moi seule !
-           C'était un accident... tu ne voulais pas la tuer.
 
Hallucinant. J'avais beau lui avouer le meurtre le plus ignoble de ma vie... il persistait à croire que j'étais innocente.

-           Je me souviens très bien l'avoir fait exprès. Comme si depuis le début de l'attaque, je n'attendais que ça. Comme si j'avais pour objectif de la tuer. Tu comprends ça ? J'ai tué ma mère Remus ! Volontairement.
 
Cela pouvait paraître improbable, mais mon souvenir était assez clair. J'avais toujours eu cette sensation lorsque j'y repensais... que je l'avais fait exprès. C'est pour cette raison que je me sentais affreusement coupable. J'étais rongée de l'avoir volontairement visée... rongée de l'avoir atteinte.
La douleur de ce souvenir me piétinait le c½ur. Je menais une lutte intérieure pour retenir mes larmes. Il était hors de question que je craque. Je m'étais promis de ne plus jamais me montrer faible. Remus fit un pas en avant, un peu incertain, avant de me reprendre doucement dans ses bras. J'avais beau rester derrière mon masque, il devait sentir que j'avais le c½ur gros. Il me caressa lentement le dos d'une main.
 
-         Prue... je suis sûr qu'il y a une explication à tout ça. Tu n'as pas pu tuer ta mère volontairement. A force de te souvenir et de revivre cette scène en cauchemar, tu ne dois plus parvenir à faire la différence entre le rêve modifié et la réalité.
-         Je ne comprends toujours pas pourquoi tu me fais tant confiance.
-      Ça fait douze ans... et tu en souffres encore. Preuve que tu l'aimais. Tu ne l'aurais jamais tuée volontairement si tu tenais tant à elle. Quelque chose t'échappe. Sinon tu n'éprouverais pas tant de remords. Et puis on ne peut pas désirer la mort de sa mère à cinq ans ! Surtout pendant une attaque, où vous étiez menacées toutes les deux. Ta mère représentait la protection pour toi... la seule à pouvoir t'aider. Tu n'aurais pas pu faire le choix de la tuer dans un moment pareil.
 
Ses paroles ne me laissaient pas indifférente. Je me souvenais avoir aimé ma mère... pourquoi l'aurais-je tuée ? Le plus logique aurait été de tuer un autre... mais non, c'est sur elle que j'avais dévié l'arme. C'était incohérent, insensé... mais c'est ce que ma mémoire me renvoyait inlassablement. Je baissai la tête. J'avais déjà eu ces réflexions un millier de fois. Je tournais en rond, sans parvenir à comprendre mon geste. Remus avait peut-être raison... Peut-être que quelque chose m'échappait. Mais quoi ? J'avais beau retourner la question dans tous les sens depuis des années, je n'avais jamais trouvé la réponse.
 
-         Je suis certain que tu n'aurais jamais fait une chose pareille. Personne n'est tueur à la naissance, c'est un évènement qui déclenche l'instinct meurtrier. Qu'est-ce qui aurait pu te pousser à tuer ta propre mère ? Alors que vous étiez attaquées... ce n'est pas logique Prue...
 
Mon c½ur accéléra. La mort d'un être cher était effectivement le déclencheur de mon instinct meurtrier, mais pas celle de ma mère. Ça s'était produit bien après. Remus me serra un peu plus contre lui et je me laissai aller dans ses bras. Je n'avais jamais été réconfortée... jamais rassurée... Je n'avais jamais eu le temps de panser cette vieille blessure. Non... j'étais restée seule et j'avais grandi avec cette tragédie pendant que je luttais contre la mort présente au quotidien. Je n'avais pas eu le temps de m'attarder sur le passé à l'époque. Tout s'était enchaîné trop vite. Depuis mon retour au manoir il y a de cela quatre ans... mon passé ressurgissait en permanence et restait présent. Je continuais à en souffrir... comme si les horreurs de mon enfance continuaient à se répéter dans mes cauchemars, dans mes flashs, mes hallucinations. Comme si mon évasion n'avait pas suffi à mettre un terme à ces années de torture. Il fallait que ça me suive et me hante à chaque instant. Comme pour me rappeler qu'avant de devenir l'une des meilleures tueuses du pays... j'avais été une victime. Cela ne faisait que me rendre plus déterminée à me venger. J'osais espérer, qu'en éliminant mes démons, je pourrais enfin tourner la page et guérir.
 
Je sortis de mes pensées en sentant la main de Remus glisser dans mes cheveux. Je me détachai un peu de lui et vis son visage, illuminé d'un faible sourire. Je fronçai les sourcils en voyant une trace de sang sur sa joue. Je passai doucement une main dessus pour effacer cette couleur qui ne lui allait pas. J'interrompis mon geste en me rendant compte que Remus ne me quittait pas des yeux. Je me sentis dérailler en croisant les siens. J'étais incapable d'enlever ma main de sa joue. En fait, j'étais paralysée en voyant cette tendresse sur son visage qui avait le don de me faire bondir le c½ur. J'étais contente de l'avoir finalement. Il comblait un vide sur lequel personne d'autre ne s'était attardé. Encore moins mon père. Pourtant, lui... un loup-garou, ma future cible... il était présent pour moi. Il était attentionné. Il ne voyait pas en moi le monstre que j'étais. C'était une situation assez délicate, il fallait bien l'admettre. Je jouais souvent la comédie à Poudlard... mais avec lui, je laissais de plus en plus mon rôle de côté. Et c'était dangereux pour moi. Il ne fallait pas que je m'attache à lui. Jamais. Son nom était sur un contrat de sang... et je ne pouvais pas l'effacer.

Pourtant, lorsque sa main se retrouva sur ma joue pour la caresser avec douceur, je ne parvins à me détacher de ses yeux. L'idée de le repousser ne m'effleurait même pas l'esprit. Au contraire... j'aurais pu passer des heures à admirer son regard... à savourer son étreinte qui me procurait un sentiment d'apaisement sans limite. Je n'aurais pour rien au monde brisé le contact visuel qui s'était installé... et dans lequel je lisais beaucoup d'affection.
J'étais tellement captivée par son regard que c'est à peine si je me rendis compte que nous étions beaucoup plus proches... Je pouvais sentir son souffle sur mon visage... nos lèvres n'étaient plus qu'à quelques centimètres. La tentation qu'il m'inspirait était difficilement contrôlable. Je fermai les yeux... et je me revis attachée et impuissante face à mon bourreau, mes premiers meurtres, une île, mon père parler de ses projets à deux, la Marque, un champ de bataille tapis de cadavres, une forêt... Ces images s'étaient enchaînées très vite et m'avaient paralysée. Je rouvris les yeux et déviai ma trajectoire. Je me retrouvai à côté de la joue de Remus. Je posai doucement la tête contre la sienne, confuse.
 
-         Excuse-moi... soufflai-je à son oreille.
 
Je m'éloignai précipitamment sans me retourner, regrettant déjà ce qu'il venait de se passer. Je ne comprenais pas ce qu'il m'avait pris, ni comment nous en étions arrivés là. C'était insensé venant de ma part. Il fallait vraiment que j'arrête de dériver. Je risquais de mettre en péril la mission. Si ce n'était pas déjà fait. J'enchaînais les conneries aujourd'hui, il fallait que je m'isole pour reprendre le contrôle. Je savais que je venais de commettre un faux pas... qui aurait des conséquences délicates à gérer. Je craignais d'avoir brisé le lien qui m'unissait à Remus.
Voilà ce qu'il en coûte de se laisser envahir par les sentiments... de se montrer faible. Je venais de commettre une erreur.
 


Chapitre 18 : Facettes dévoilées
 
 
Désolée pour la publication tardive... un petit contretemps m'a empêchée de m'occuper de ce chapitre pour le poster samedi dans la journée. Et comme je tenais absolument à le peaufiner avant de vous le faire partager... Bref, j'espère qu'il vous a plu, parce qu'il est à ce jour le chapitre que j'ai eu le plus de difficultés à écrire (parce qu'il va faire prendre un "léger" tournant à l'histoire). Autant la réunion que le dérapage de Prue ! Alors j'attends vos impressions avec impatience. N'hésitez pas à me faire des remarques !
Bisous !

Tags : L'histoire d'un assassin - Partie 1 : L'amour d'un Assassin - tome 1

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Comments :

  • aliseevila

    15/12/2015

    J'ai bien aimé d'avoir un double point de vue d'une même scène. Je suis aussi contente que Prue s'est confiée à Rémus. Des scènes très émouvantes entre eux.

  • aliseevila

    15/12/2015

    Pour la partie 2 quand les serpentards narguent les griffondors, juste avant le point de vue de Rémus, j'ai eu du mal à suivre le combat. Le scènes de combats sont difficile à décrire.

  • aliseevila

    15/12/2015

    Une première partie intéressante. On voit une Prue perdue. Le discours de son père ne l'enchante guère. Ton personnage est partagé, c'est bien décrit.

  • LeMaitreDesLieux

    16/08/2015

    Bonsoir,
    Pour ma part, ce chapitre est le meilleur depuis que j'ai commencé à lire ton histoire. Ton histoire est tout simplement parfaite. Sérieusement, j'adore. :)
    Au faite, j'ai quelque questions à te poser ? ;)
    Pourquoi as-tu choisi un assassin comme personnage principal ?
    Pourquoi as-tu choisi Remus comme "petit ami" de Prue ?
    Pourquoi Peter Pettigrow n'est pas mis en avant ? Je veux dire qu'il es présent, mais on ne le voit pratiquement jamais. Je me demandais la raison et si cela n'avait pas de lien avec le fait que dans l'original, c'est un traître.
    Voilà je te laisse me répondre ;)

  • hostfresh-HarryPotter

    23/06/2014

    Mais non mais oh! Dray tu peux pas faire ca !!!

  • Harry-Potter-generationx

    26/05/2014

    Ta p'tetre raison, je vais te laisser de petits commentaires a chaque fois en fait, ca serra plus simple ! ;)

    J'ai literalement adoré ! Impossible de me detacher de l'ordi ^^ Ta maniere d'ecrire est si fluide

    Tu retranscris tellement bien les caracteres des personnages du roman (je parle surtout de Voldemort) que j'ai souvent l'impression que c'est la veritable histoire que je lis ^^

    Perso je suis persuadée que Voldemort a commis une grave erreur en envoyant Prue a Poudlard, il a deja perdu son meilleur atout et la seule personne qui l'aurait suivie aveuglement jusqu'au bout !

    J'imagine la scene de perte de controle de Prue ... C'est terrifiant ! O.o ;)

    Le baiser ! J'y croyais tellement ! Tu n'imagines pas a quel point j'etais degouter quand elle a tourner la tete ! ^^

    Bref, terminer pour se soir ^^ je reviens demain soir, promis ! ;)

    Bisous !
    Camille

  • aSupernaturalLife

    15/04/2014

    Plus j'avance dans ton histoire, et plus j'ai l'impression que lire HP. Ou plutôt de vivre du HP. Franchement, j'adore!
    Quand j'aurais fini de rattraper mon retard, je lirais ton autre fiction, la première si je ne dis pas de bêtise. J'ai vu qu'il y avait pleeeeeeeeins de chapitre publié, je sens que je vais m'éclater :p
    Bisous!

  • harry-potter-8-fic

    02/04/2014

    Excellent chapitre encore.
    J'ai hâte de lire la suite

  • JSRPetLEMA

    01/02/2014

    Oh mon dieu, Prue se révèle ! Enfin, un petit peu. Un tout petit peu. Mais quand même ! Remus a raison, le mur finira par disparaître. mais pas tout de suite. Sinon, où es l'histoire ? J'aime autant ce chapitre que tous les autres, et je deviens de plus en plus accro à ta fiction.
    P.S. : Désolée du retard, j'avais du travail
    Tar-Ancalimë

  • evanalinch-lunalovegood

    21/01/2014

    C'est un chapitre génial. On voit prue devenir de plus en plus humaine est ça c'est génial

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