Chapitre 21 : Le tueur déchu

" Mon père a la fâcheuse habitude de filtrer les contrats que je reçois de l'Agence pour ne m'engager que sur ceux qui l'intéressent. Il a tendance à oublier que c'est moi la tueuse à gages... c'est à moi de choisir. Et j'ai très envie de prendre cette proie en chasse... quel que soit son avis "
 
Chapitre 21 : Le tueur déchu
 
|11 mars 1977 – Poudlard – Tour de Gryffondor – 18h |
 
La neige avait peu à peu fondu ces derniers jours, rendant à Poudlard ses contours bien dessinés. Le lac avait presque fini de dégeler, ne pouvant plus servir de patinoire. Le soleil était au rendez-vous aujourd'hui, même si les températures étaient encore assez fraîches. Je profitais de cette fin de journée pour regarder l'hiver se retirer lentement du paysage. Dans une dizaine de jours, le printemps prendra le relai. Une renaissance pour la nature, que j'aurai le plaisir de retrouver pendant la nuit de pleine lune. J'avais hâte de retrouver mon corps de louve pour m'abandonner à la chasse et au jeu avec les Maraudeurs, même s'il m'arrivait encore de faire des excursions en solitaire. J'aimais toujours autant m'isoler de temps en temps, pour laisser mon esprit errer tranquillement. Après ce qu'il s'était passé la veille avec Remus, mes pensées ne pouvaient que s'orienter vers lui.

J'appréciais énormément le comportement qu'il avait eu pendant la nuit. Il était resté près de moi, dans le même lit, et n'avait pas essayé de profiter que je sois bourrée pour jouer à l'opportuniste. Il n'avait rien fait de déplacé. Il m'avait respectée sans que j'aie à le menacer ou à me battre. Il l'avait fait naturellement. Je savais que je pouvais lui faire confiance, et c'était important. .

Je pensais que la seule chose que j'apprécierais chez lui, c'était sa forme animale, rattachée à mon passé. Je m'étais trompée. J'aimais tout autant sa forme humaine, parce que c'était un type bien. Un homme avec lequel je pouvais me détendre, m'ouvrir, penser à autre chose. Il ne venait pas vers moi parce qu'il avait besoin d'un service. On passait juste de bons moments ensemble. Je me rendais compte seulement maintenant à quel point ça m'avait toujours manqué d'avoir ce genre de relation. J'avais bien un frère de c½ur, pour lequel j'avais toujours eu des sentiments forts et auquel j'étais énormément attachée... mais ce n'était pas pareil. Notre lien était né il y a bien longtemps, au c½ur de l'enfer. C'était un partenaire de lutte, un frère d'armes... je lui confierai ma vie sans la moindre hésitation. La question de confiance ne se posait même pas.

Remus c'était différent. Nous n'avions rien partagé de fort, nous n'avions pas besoin l'un de l'autre pour survivre. Ce n'est même pas son rôle dans mon passé qui nous unissait puisqu'il ne s'en souvenait pas. Non il n'y avait rien d'autre que lui qui m'attirait. Sa douceur, sa gentillesse, ses attentions... et par-dessus tout ce regard pétillant d'une sauvagerie dépourvue de menace. Je souris en repensant au moment où je m'étais réveillée près de lui. La surprise avait bien vite laissé place à la rêverie. Je soupirai. Des rêves... toujours des rêves.
C'est vrai, je l'admets... j'étais sous le charme. Il parvenait à m'adoucir, à me pousser à être à peu près normale... et ce n'était pas si désagréable en fait. Lui et les autres Maraudeurs m'apprenaient à vivre en plein jour sans le masque de la tueuse, sans que j'aie forcément besoin de jouer un rôle ou de mentir.
 
Pourtant, malgré tout, au fond... j'étais toujours la même. La louve était bien présente en moi, et elle commençait à refaire surface. Comme toujours. Rien ne pouvait l'éloigner éternellement. Cette fois, la raison de son retour était simple : les journaux m'avaient désigné une nouvelle cible : un trafiquant de drogue qui faisait du nettoyage pour affirmer sa montée en puissance à Manchester. Ce n'était pas la première fois que j'entendais parler de lui. Mes sources me tenaient au courant de tout. Cela faisait plusieurs mois que ce caïd se faisait une place sur le marché des stupéfiants. Etant donné que ce n'était pas mon domaine, je n'avais aucune raison de me mêler de cette histoire. Ses nombreuses victimes étaient jusqu'à maintenant d'autres dealers, et quelques parrains. La donne venait de changer. Il s'en était pris à un gamin pour punir son policier de père, un certain Miller, d'avoir simplement fait son travail. Je ne tolérais pas cette attitude. Alors j'allais me renseigner sur lui. Je voulais le prendre en chasse pour lui faire payer ce crime odieux et inutile. Son acte n'avait pas pour objectif dissuader Miller comme le pensaient les journaux. C'était un message qui ne voulait dire qu'une chose : « je serai le nouveau maître de la ville... toute personne essayant de m'en empêcher paiera très cher ». J'eus un sourire mauvais en coin en regardant la forêt au loin.
" Un gamin de neuf ans, c'est facile... c'est lâche.  Que feras-tu face à un adversaire qui n'a rien à perdre... ? Un adversaire capable de frapper plus fort que toi... ? "

J'avais hâte de répondre à ces questions. Hâte de voir ce que ce monstre avait dans le ventre. Mes yeux se posèrent sur la photo de la famille brisée, et en particulier sur ce petit garçon au regard d'ange arborant un sourire innocent. Je sentis la décharge si particulière me parcourir le corps... cette décharge qui avait le don de jouer avec mes nerfs sous la pression de la haine... de réveiller l'esprit de la tueuse.  Je sortis ma baguette et en fis sortir mon patronus en forme de loup.
 
-          La chasse est rouverte. Renseignez-vous davantage sur le trafiquant dont vous m'avez tant parlé.
 
Le loup bondit dans les airs et s'éloigna. Je le regardai pensivement jusqu'à ce qu'il disparaisse. Pourquoi fallait-il toujours que les traques les plus intéressantes aient lieu pendant mes semaines les plus chargées ? Je soupirai. Les professeurs avaient eu l'idée géniale de choisir la même semaine pour faire des contrôles. Résultat : pas une seule journée de repos en perspective. Je n'avais pas intérêt à trop me déconcentrer si je ne voulais pas faire chuter ma moyenne. Même si je n'avais pas trop de souci à me faire de ce côté-là... Je me replongeai dans mes pensées, confortablement installée dans un recoin de mon imagination.
 
 
|15 mars 1977 – Poudlard – Salle commune des Gryffondor – 17h |
 
Je sortais du dernier contrôle. Enfin libérée. Je n'avais pas vu la semaine passer. J'allais enfin avoir un peu de répit. La masse de boulot m'avait empêchée de passer autant de temps que d'habitude avec les Maraudeurs. Eux aussi s'étaient consacrés aux révisions. Contrairement à eux, j'étais incapable d'étudier en groupe. J'avais besoin d'être isolée, et au plus grand calme. Du coup, moins de moments complices avec Remus, moins de rigolades avec les autres... et je me rendais compte que ça me manquait. Constat qui avait le don de me mettre mal à l'aise bien sûr. Comme si ça ne suffisait pas, le trafiquant qui faisait la une des journaux continuait à faire parler de lui, alors que mes hommes cherchaient toujours le moyen de me préparer le terrain. Ils ne parvenaient pas à trouver les informations nécessaires pour la traque.

Les policiers n'avançaient pas vite dans leur enquête eux non plus. Une bonne chose, je ne voulais pas qu'ils capturent ma proie avant moi. Après avoir passé une semaine sans me détendre avec les Maraudeurs ni me défouler au Quidditch, autant dire que la louve tirait sur mes nerfs. J'avais besoin de la libérer. Je n'avais pas tué depuis plus d'un mois, et mon instinct meurtrier commençait à réclamer sa dose d'adrénaline et de sang chaque fois que j'entendais parler de ce caïd. Je voulais le prendre en chasse. La bombe se réarmait, prête à exploser à tout moment. Il fallait que j'évacue pour retrouver l'équilibre. Alors autant dire que cette proie m'était plus que nécessaire. Maintenant que les contrôles étaient passés, j'allais enfin pour m'y consacrer.
 
Alors que les Maraudeurs s'installaient dans les fauteuils à notre arrivée dans la salle commune, je montai dans le dortoir, prétextant le besoin de me reposer une demi-heure. J'avais besoin de me retrouver seule pour rassembler les informations dont je disposais sur ma cible. En approchant de mon lit, je me rendis compte que le tiroir de ma table de nuit était mal fermé. Cela attira de suite mon attention, car je ne me souvenais pas l'avoir laissé ainsi. Je l'ouvris donc et eus la surprise de découvrir une enveloppe. Je l'ouvris et mon étonnement ne fit que doubler en reconnaissant l'écriture de Jack.
 
Chapitre 21 : Le tueur déchu

 
Mon c½ur accéléra légèrement en lisant cette lettre. J'étais contente que le trafiquant qui avait réveillé mon instinct meurtrier apparaisse sur un contrat. Mais... pourquoi mon père ne m'en avait-il pas parlé ? De quel droit il se permettait de filtrer les contrats que je recevais ? Je serrai la mâchoire, n'appréciant pas que mon père prenne des décisions qui me concernaient directement sans même me consulter. Je remerciai Jack de m'avoir tenu informée. Une fois de plus, il prouvait qu'il me connaissait à merveille. Un peu que j'étais intéressée par ce contrat, mes hommes cherchaient déjà la cible depuis une semaine ! Pas question de laisser la traque à un autre tueur à gages. Cette cible était la mienne.
J'attrapai ma plume dans mon sac et répondis au dos du parchemin.
 

Chapitre 21 : Le tueur déchu




Le parchemin disparut de mes mains. Je m'allongeai, réfléchissant à la suite. Mon père n'apprécierait certainement pas que j'accepte un contrat qu'il venait de refuser. Cependant, la tueuse à gages, c'était moi. Quand les contrats émanent de l'Agence, je bosse pour un client, pas pour mon père. Ce n'était donc pas à lui de décider quel travail je devais accepter ou non.
Je redescendis un peu plus tard dans la salle commune pour retrouver les Maraudeurs, de bonne humeur. Sirius m'invita à prendre part à leur bataille explosive, et je me joignis à eux. On s'amusa jusqu'au repas, mais j'avais toujours l'esprit préoccupé, excitée par la perspective de cette nouvelle chasse. 
 


|17 mars 1977 – Parc – 15h|
 
J'avais reçu le briefing de ma nouvelle mission le matin. Je comprenais mieux pourquoi mes hommes avaient du mal à se renseigner sur la cible. J'avais eu droit à une double surprise en lisant le rapport. D'abord concernant le client, qui n'était autre que le patron de l'Agence. Le trafiquant était un ancien tueur à gages qui avait mal tourné suite à une mission d'infiltration dans le milieu de la drogue. Ce qui m'amenait donc à la deuxième surprise : si l'Agence accepte des contrats des clients moldus et sorciers... c'est parce qu'elle recrute des tueurs également issus des deux communautés. Encore une fois, cela montrait toute la neutralité qu'est censé avoir un tueur professionnel. Quel que soit le client, la cible, ou la raison de la demande d'assassinat... tous les contrats doivent être exécutés de la même façon.

Enfin pour celui-là, je n'avais pas vraiment le droit à l'erreur. Le briefing laissait bien comprendre qu'il s'agissait avant tout d'une affaire d'honneur. En plus d'avoir échoué dans sa mission et d'avoir tourné le dos à l'Agence, ce tueur s'amusait à menacer certains membres pour les pousser à rallier sa propre cause. S'il est autorisé de quitter l'Agence pour suivre son propre chemin, il est en revanche interdit de tenter de détourner « le personnel ». Par analogie au monde de l'entreprise, on appelle ça de la « concurrence déloyale ».  Et ce n'est pas le genre de comportement qu'un patron d'agence de tueurs à gages peut accepter.
 
Ma cible s'appelait Arctacus Berk, connu dans le milieu sous le nom du « Roi de pique ». Ce surnom venait tout simplement du fait qu'il laissait toujours une carte représentant un roi de pique sur le lieu du crime. C'était sa manière de prouver au client que c'était bien lui qui agissait. Ce brillant tueur dont était très satisfait le patron a mal tourné lors d'une mission qui consistait à éliminer un parrain de la drogue. Il avait eu besoin de s'infiltrer pendant plusieurs semaines pour espérer atteindre sa cible. Malheureusement pour lui, il était devenu accro à la drogue avant. Il avait rapidement pris goût à ce milieu où il se voyait déjà grandir pour se faire un nom. Il avait donc laissé tomber la mission, emportant avec lui l'une des filles de sa cible pour disparaître pendant plusieurs mois le temps que ça se calme, avant de refaire surface et de commencer son nettoyage. Il avait bien évidemment commencé par éliminer son ancienne cible.

Dangereux et précis quand il s'agit d'assassiner, il est en revanche presque constamment sous l'emprise de la drogue le reste du temps. Ce qui le rendait encore plus redoutable et imprévisible. Si en temps normal cela ne m'aurait pas posé problème, cette fois était différente. Le seul moyen de l'approcher à ce jour était d'entrer dans son cercle. Et comme je n'étais pas disposée à prendre le risque de tomber à mon tour dans la drogue, ma seule chance était de prendre la place de sa fiancée. Rôle un peu délicat dans ce contexte. Mais c'était la faille. Une occasion que je devrai saisir lorsque la fiancée en question ira auprès d'un fournisseur de drogue pour négocier le réapprovisionnement.

Je ne devais pas rater cette chance de prendre sa place, même si accomplir cette mission dans de si brefs délais ne me convenait pas. Il y avait un détail qui me dérangeait. Les sources de l'Agence avaient réussi à assembler des informations d'une précision redoutable. Je savais où retrouver la fiancée de ma cible le jour d'une négociation avec un fournisseur... le genre d'information hyper sensible qu'un trafiquant préfère garder secrète. Et pourtant les sources de l'Agence savaient... alors que les miennes n'avaient pas réussi à repérer cette faille. Je ne doutais pas une seule seconde de la fiabilité et de l'efficacité de mes sources. Alors encore une fois, la surprise était au rendez-vous. Mais la demande émanait directement du patron... alors je ne pouvais pas me permettre de lui faire part de mes interrogations. 




| 19 mars 1977 – Poudlard – Salle commune 19h |
 
Les Maraudeurs étaient en train de jouer aux cartes, comme bien souvent. Je les regardais depuis mon fauteuil, souriant aux provocations de Sirius lorsqu'il faisait voler les cartes de ses adversaires en remportant un coup. Je n'avais pas le coeur à jouer ce soir. Je n'allais plus tarder à quitter l'école pour accomplir ma mission. Je m'étais bien préparée ces deux derniers jours. J'avoue que ça ne m'arrangeait pas de partir en mission en pleine semaine. Mais je ne pouvais pas reporter. Je jetai un coup d'oeil à ma montre. C'était l'heure d'y aller. Il fallait que je passe par ma planque pour me préparer avant de me rendre à Manchester.
 
-          Bon les garçons, je vous laisse.
-          Tu rentres dormir ? demanda Sirius.
-          Oui, mais je risque de revenir tard alors n'attendez pas mon retour.
-          Ok. Bonne soirée alors, à demain.
 
Je leur souris et me détournai pour quitter la salle commune. J'eus une sensation étrange en dépassant le portrait de la Grosse Dame à l'entrée. Je me retournai et jetai un dernier coup d'oeil vers Remus. J'avais beau être aussi confiante que d'habitude avant de partir en mission, je gardais toujours en tête que ça pouvait être la dernière. Bien sûr, je doutais fortement que ça arrive ce soir, mais j'avais quand même éprouvé le besoin de me retourner pour regarder mes cibles... jusqu'à ce que le portrait se referme.
 


| Manchester 21h30 |
 
Manchester... ce n'était pas une ville dans laquelle je venais souvent, mais je connaissais quand même les principaux lieux. Je circulais en pleine rue, conduisant une moto. Mon habituelle tenue d'assassin avait été remplacée par une combinaison en cuir, comme tout motard qui se respecte. Quant à mon masque, il était caché par un casque à visière dont le verre était fumé. Je me fondais ainsi dans la faible circulation, suivant de loin une voiture noire. C'était le seul moyen que j'avais trouvé pour prendre ma cible en filature, et j'avoue que ce n'était en rien une contrainte. J'adorais conduire ce genre d'engin. Ce n'est pas mon jeune âge qui m'avait empêchée d'en avoir une bien avant la majorité. Je l'avais achetée deux ans auparavant, trouvant utile d'avoir ce genre de moyens de transports de temps en temps. Moto sorcière, elle avait l'avantage de rouler aussi bien sur route... que de voler dans les airs. Noire, puissante, à la ligne sportive... je n'avais besoin de rien d'autre pour me faire plaisir en accélérant à fond. Il y avait de quoi se faire des sensations fortes. Mais pour l'heure, étant donné que j'étais en filature, je conduisais à une vitesse raisonnable pour ne pas me faire remarquer.

Cela faisait bien une heure que je pistais ma cible. Elle avait fait je ne sais combien de détours avant d'arriver à destination, dans un quartier situé au nord-est de la ville. La voiture se gara devant une épicerie de nuit. Je m'arrêtai sur le trottoir d'en face, surveillant de loin. Je n'avais pas besoin de suivre ma cible. Inutile d'assister aux négociations, je savais que je ne pourrai pas l'atteindre là-bas. Et puis je me ferais repérer par le chauffeur, toujours au volant de son véhicule. Il valait mieux rester en retrait. Ce n'était pas encore le bon moment pour prendre sa place.
 
J'attendis donc patiemment, observant ce qu'il se passait autour de moi pour faire passer le temps. Je vis quelqu'un ressortir de l'épicerie cinq minutes plus tard avec une poche opaque. Je devais reconnaître que l'idée de l'épicerie nocturne était une bonne couverture. Mais sérieusement, dans un quartier pareil avec la population qui y circulait... pas besoin d'être devin pour savoir ce qu'il s'y passait. J'étais d'ailleurs étonnée de ne pas avoir croisé de flics en patrouille. Je fronçai les sourcils en repérant une fourgonnette garée un peu plus loin, une vingtaine de mètres derrière la voiture de ma cible. Ou alors... peut-être qu'ils étaient là mais ne se montraient pas. Je serrai les dents à cette pensée. J'espérais vraiment que ça ne soit pas des flics... ce n'était pas le moment de les avoir dans les pattes. Savaient-ils eux aussi que le point faible du trafiquant qu'ils recherchaient activement était justement en train de se servir... et qu'elle les conduirait tout droit à leur cible ?

La tension monta légèrement. J'essayais de trouver rapidement un plan B au cas où ça soit vraiment des flics qui se trouvaient dans la fourgonnette. Ce serait vraiment bizarre qu'ils aient réussi à avoir l'information eux aussi... mais s'ils avaient de bons indic', c'était possible. Je continuai donc à observer les alentours. Je vis des jeunes un peu plus loin en train de faire les beaux, assis sur des mobylettes, tenant une bière d'une main et un joint d'une autre. Ils se croyaient des hommes en fumant ce genre de conneries à tout juste quinze ans et en matant les filles qui passaient devant eux. Ça m'exaspérait qu'ils appellent ça « profiter de la jeunesse » : traîner toute la journée, ne rien branler en cours, sortir tous les soirs pour se mettre minable, crachant foie et poumons par la même occasion, et choper quelques filles faciles au passage. Je menais une vie bien plus saine en étant une tueuse, c'était fort quand même.

Je reportai mon attention sur l'entrée de l'épicerie en voyant qu'une autre personne en sortait. Je reconnus la fiancée de ma cible. Elle portait une grosse poche. Elle remonta dans la voiture, et celle-ci démarra. J'attendis quelques secondes, observant attentivement les environs. Comme je le craignais, la fourgonnette démarra à son tour, lentement, et suivit la voiture. Ça ne pouvait pas être une coïncidence, il fallait se résigner : les flics feraient partie de la chasse.

Je soupirai et démarrai à mon tour, suivant les deux véhicules à une trentaine de mètres en conservant une vitesse normale, réfléchissant toujours à un moyen de déjouer les policiers pour garder la cible pour moi toute seule. La bonne nouvelle si je puis dire, c'est qu'au bout de plusieurs minutes et malgré de nombreux changements de direction, je n'avais pas vu le moindre relai s'effectuer. C'était toujours la même fourgonnette qui suivait ma cible. Je pouvais donc en conclure que si les flics avaient du renfort, ce n'était pas sur le trajet.

Lorsque la fourgonnette arriva à une intersection, un 4x4 surgit de la rue voisine pour la percuter sur le flanc, la traînant sur plusieurs mètres. Surprise, je freinai d'un coup et gardai le contrôle sur la moto de justesse alors que je dérapais un peu sur le côté. Les portières du 4x4 s'ouvrirent et des hommes armés se mirent à mitrailler la fourgonnette. Sans réfléchir, je sortis mon arme et fonçai sur eux en ouvrant le feu. Pris par surprise, les assaillants s'écroulèrent chacun avec une balle dans la tête. Je n'avais pas le temps de m'arrêter pour voir dans quel état étaient les flics, mais le peu que j'aperçus n'annonçait rien de bon. Malgré mon intervention rapide, la fourgonnette avait pris une sacrée rafale, et je doutais que les balles aient laissé beaucoup de chances aux personnes à l'intérieur.

Je ne m'arrêtai pas pour en avoir le c½ur net, devant rattraper la voiture noire déjà loin. Je n'hésitai pas à accélérer encore. L'heure n'était plus à la discrétion, tout cela n'était qu'un piège. La fiancée avait servi d'appât pour tendre une embuscade aux policiers. La voiture tourna à une intersection, et le temps que j'arrive, je ne la vis plus. Je continuai la route, regardant avec attention de tous côtés. Je n'arrivais pas à croire que j'avais perdu ma seule chance d'atteindre ma cible ce soir. Je ralentis en apercevant la voiture un peu plus loin, arrêtée. Je me dirigeai vers elle avec prudence, tenant toujours mon arme en même temps que le guidon. J'entendis des bruits de talons qui me détournèrent de la voiture. Je parvins à voir ma cible courir dans une ruelle sombre et étroite. Je m'engageai pour la rattraper, mais je pris un coup de crosse en plein casque, et je tombai de la moto en arrière. Sonnée, je vis un homme apparaître dans mon champ de vision. Il braqua son pistolet sur moi et tira. Mais la balle repartit en sens inverse et lui transperça le front.

Je me redressai d'un bond et relevai ma moto, rattrapant ma cible en quelques secondes. Je l'entendis parler d'une voix paniquée. Je tirai sur sa main en voyant qu'elle tenait un téléphone. Elle tomba à genoux en poussant un cri de douleur. Je coupai le contact et laissai reposer la moto sur sa béquille. Je descendis et contournai ma cible, le pistolet pointé sur sa tête. Je m'accroupis sans la quitter des yeux pour récupérer le téléphone.
 
-          Bonsoir Arctacus, soufflai-je dans l'appareil.
-          Qui êtes-vous ? s'énerva ma cible.
-          ... Venez me retrouver si vous voulez le savoir. Je suis dans la rue Grimshaw avec votre fiancée. Erika... c'est bien ça ?
-          Si vous la touchez –
-          Vous n'êtes pas très bien placé pour me menacer... coupai-je.
-          Que voulez-vous ?
-          ... Vous punir.
 
Je tirai dans le c½ur de sa fiancée. Malgré le silencieux qui prolongeait mon arme, je savais que ma cible avait entendu le bruit étouffé si caractéristique. Je raccrochai et jetai le téléphone au sol près de ma victime. Je rangeai mon arme et sortis une carte représentant un roi de pique. Je la regardai quelques secondes. Ce n'est pas comme ça que la soirée aurait dû se finir, mais ce n'était pas plus mal tout compte fait. Il fallait que ma cible sache ce que ça fait de perdre un être cher avant de mourir à son tour. Il fallait qu'il sache qu'il n'était pas ce maître intouchable qui pouvait frapper impunément. Je comprenais mieux pourquoi les sources de l'Agence avaient si facilement réussi à trouver des informations. Arctacus avait volontairement fait apparaître une faille pour que les flics la repèrent et saisissent leur chance. J'étais prête à parier que le lieutenant Ban faisait partie de l'équipe de surveillance... lui qui avait "osé" affirmer que justice serait faite dans les journaux. Tout cela n'était qu'un piège destiné à punir à nouveau les policiers qui s'intéressaient trop à son cas. Je déchirai la carte d'un geste sec et m'accroupis auprès de ma victime. Je passai doucement une main gantée sur son visage pour clore ses yeux avant de déposer les deux parties de la carte dessus.

Je remontai sur la moto, quittant la ruelle. J'allai la garer un peu plus loin avant de revenir sur le lieu du crime par les toits. Je me mis au-dessus de ma victime, sortant mon arme pour la recharger. Je n'eus pas besoin d'attendre longtemps avant de voir débouler une voiture sur la rue principale, qui s'arrêta dans un crissement de pneus. Je souris en voyant ma cible en sortir, braquant son arme dans tous sens, à la recherche d'un intrus. Une fois rassuré, il accourut vers sa fiancée. Il se jeta à ses côtés et eus un instant d'arrêt en voyant les deux parties de la carte posées sur ses yeux. Le message était clair. Le Roi de pique n'était plus. J'armai mon arme, dans un bruit qui résonna dans la ruelle silencieuse. Ma cible leva la tête brusquement comme je m'y attendais et je tirai dans son épaule. Il tomba sur le côté en poussant un cri de douleur. Je sautai dans le vide et ralentis ma chute pour atterrir devant lui. Ma cible me regardait avec haine, piégé. Il savait qu'il était fini.
 
-          Je pensais qu'un ancien tueur à gages saurait reconnaître un piège aussi gros... soufflai-je.
 
Ma cible eut un rire amer.
 
-          Un tueur à gages ne se fait pas piéger, rappela Arctacus.
 
J'entendis plusieurs voitures arriver en trombe. Je braquai mon arme sur lui.
 
-          Je ne te le fais pas dire...
 
J'appuyai sur la détente pour mettre fin à sa vie... et à la mission. Je me retournai et vis une voiture se mettre en travers de la sortie. Je pris la fuite dans l'autre sens sans plus tarder. Je souris en voyant de loin une autre voiture stationner à l'autre bout de la ruelle. Sérieusement, ils pensaient vraiment pouvoir me cerner ? Comme l'avait si bien dit ma cible, un bon tueur à gages ne se laisse pas piéger. Parce que nous sommes des pros de la préméditation... de l'anticipation... et par-dessus tout des putains de fantômes qui ont l'art de disparaître.

Je sautai sur le mur de droite pour prendre appui et bondir sur le mur d'en face, me rattrapant à une bordure de fenêtre. J'escaladai rapidement la façade alors que mes poursuivants ouvraient le feu tout en me rattrapant. J'étais presque arrivée au toit lorsqu'une balle ricocha à proximité. D'autres coups de feu partirent. Je regardai derrière moi et m'expulsai de la façade pour me rattraper à la corniche d'en face. Je me hissai en vitesse sur le toit et m'éloignai rapidement, tirée d'affaire. Mes poursuivants ne pouvaient plus me voir, et je savais qu'ils ne prendraient pas le risque de monter.

Je retrouvai donc la rue où j'avais laissé ma moto. Je sautai dans le vide et ralentis ma chute pour atterrir sans bruit sur le sol de pierre. Je soupirai en voyant les rayures sur mon engin. Il ne faudra qu'un tour de baguette pour la réparer, mais je repensai aux raisons de ma chute. Sans ma maîtrise particulière de la magie, je serais morte ce soir. La télékinésie m'avait sauvée la mise pour cette fois. Jamais encore une mission n'avait autant dérapé. Heureusement, tout était terminé désormais. J'avais atteint mon objectif. Je pouvais rentrer au bercail. Je démarrai la moto et accélérai d'un coup, cabrant sur plusieurs mètres sous la puissance de l'impulsion. Je refis le trajet en sens inverse pour retrouver la fourgonnette, mais je freinai en voyant d'autres voitures de police, ainsi qu'une ambulance. Des gens me pointèrent du doigt, et je fis demi-tour aussi sec. Le temps qu'ils démarrent, j'étais déjà loin, isolée, et je pus disparaître.
 
 
|20 mars 1977 – Poudlard – Salle commune des Gryffondor – 3h|
 
J'étais passée en vitesse par ma planque pour déposer mes affaires, prendre une douche et me changer avant de revenir à l'école. Je m'étais encore faite engueuler par la Grosse Dame, qui n'appréciait guère mes retours en plein milieu de la nuit. Malgré la fatigue, je n'étais pas montée dans le dortoir. J'étais assise dans le fauteuil, en face de la cheminée. J'avais ravivé le feu qui s'était presque éteint. J'avais besoin de me poser un peu après une telle soirée. Moi qui étais en manque d'adrénaline ces derniers temps, là j'avais eu mon compte, et ça faisait du bien. J'avais le sentiment d'avoir fait une bonne action ce soir. Un acte de vengeance.

Je soupirai, fermant les yeux pour laisser mon esprit se détendre après toute cette agitation. J'avais bien failli passer à côté de la mission... et y laisser ma vie. Mon instinct s'était une fois de plus révélé finement aiguisé. J'aurais dû l'écouter. Mes doutes sur la fiabilité des informations étaient fondés. J'aurais pu mourir d'être restée sourde à mes intuitions. Comme quoi, l'orgueil faisait commettre bien des imprudences. Je n'avais pas fait part de mes suspicions pour ne pas faire penser au patron de l'Agence que je n'étais pas à la hauteur pour la mission. C'est le genre de connerie que je ne ferai plus. Protéger ma vie était bien plus important que ma réputation. J'avais mal jugé sur ce coup-là. Je pouvais m'estimer heureuse de m'en être sortie aussi bien. Mes pensées finirent par s'égarer, et je décrochai enfin de la réalité.
 
|Dortoir des garçons de Gryffondor  – 7h |

~ Point de vue de Remus ~
 
Le réveil venait de sonner. Je grommelai en sortant de mon sommeil, l'arrêtant en laissant retomber lourdement ma main dessus. Je me tournai de l'autre côté, ayant besoin de cinq minutes supplémentaires pour émerger, comme tous les jours. Je captai une odeur agréable... et familière. Curieux d'en découvrir l'origine, je me levai et me douchai en vitesse. Je m'habillai de ma robe de sorcier et descendis à la salle commune, alors que mes trois frères se levaient à leur tour pour se préparer. L'odeur m'enivra davantage. Je balayai la pièce du regard. Mes yeux se posèrent sur le canapé. J'approchai en silence, reconnaissant le parfum naturel de sa peau pour avoir passé plusieurs heures contre elle le soir de mon anniversaire. Je contournai le canapé et découvris Prue, endormie. Je m'assis en face d'elle et la regardai pendant un moment. Son visage était détendu et pas aussi impassible que d'habitude. Je pouvais lire sur ses beaux traits qu'elle rêvait. Elle se crispa peu à peu et je fronçai les sourcils. Elle revivait une scène. Encore une fois. Je sentis de la peur s'échapper d'elle. Je me levai d'un bond et m'accroupis à ses côtés, prenant doucement son visage dans mes mains.
 
-                Calme-toi... murmurai-je à son oreille en caressant sa joue.
 
Elle cessa de bouger et son visage se détendit à nouveau. Elle ouvrit les yeux et fronça légèrement les sourcils en me voyant, mais l'instant d'après elle avait un petit sourire.
 
-         Tu as fait un mauvais rêve, dis-je en essayant de faire abstraction de sa proximité.
 
Elle resta silencieuse, se contentant de plonger ses yeux  dans les miens, comme pour m'analyser.
 
-          Pourquoi tu dormais ici ?
-          J'étais bien devant le feu...
 
Je souris faiblement. J'avais toujours ma main sur sa joue.
 
-         Tu as vraiment besoin d'avoir quelqu'un qui veille sur toi pendant ton sommeil, taquinai-je.
 
Elle se contenta de sourire. Ses yeux bleus étaient plantés dans les miens et me faisaient chavirer. Et son odeur... sauvage... j'inspirai lentement pour m'en imprégner. Je la sentais plus que d'habitude... ça me ravivait les sens et me faisait tourner la tête. Je redescendis sur terre en me souvenant de ses paroles : « laisse-moi du temps ».  Elle ne m'avait pas lâché des yeux et je dus prendre sur moi pour ne pas céder à la tentation que m'inspiraient ses lèvres. J'avais tellement envie de les embrasser à nouveau...

Mes frères sortirent du dortoir avec élan, me faisant lever les yeux. Sirius m'adressa un signe de tête et attira James vers la sortie... qui lui-même entraîna Peter avec eux. Je souris face à leur attitude avant de reporter mon attention sur Prue. Elle se redressa lentement, encore un peu endormie. Elle se frotta les yeux et soupira. Je m'assis près d'elle, attendant. Elle me regarda à nouveau, et me sourit faiblement. Je me doutais que son rêve était encore présent dans son esprit. Je la fis basculer lentement contre moi, et elle se cala volontiers dans mon cou, posant sa main sur mon ventre. Encore une fois, je sentis mon c½ur dérailler. Je souris en regardant les flammes dans la cheminée, laissant mon esprit rêveur s'évader. Prue n'était peut-être pas prête à s'engager dans une relation... mais j'étais persuadé qu'une part d'elle ne réclamait que ça. Elle acceptait de plus en plus facilement ma proximité. 
 
 ~  Point de vue de Prue ~
 
C'était la deuxième fois que je me réveillais en découvrant le visage de Remus près du mien. Croiser son beau regard de bon matin, j'avoue que c'était un bon moyen de chasser momentanément les images de mon passé. Encore un peu endormie à cause de la fatigue, je me laissai aller contre Remus. J'étais bien là, au calme, dans ses bras. J'aurais pu rester toute la journée comme ça. Je savourais cette sensation de soulagement qu'il me provoquait. Je me sentais plus légère, plus sereine. L'heure nous rappela à l'ordre, et je me redressai doucement.
 
-          Merci, soufflai-je.
 
Remus m'interrogea du regard.
 
-          D'être resté, ajoutai-je.
 
Il sourit en me remettant une mèche en place.
 
-          Toujours, murmura-t-il.
 
Une douce décharge me parcourut, et je me levai, le c½ur bondissant mais douloureux. Toujours... ? Je crains que ça ne soit pas possible.
 



| Grande Salle |
 
Je levai les yeux de mon bol en entendant quelques cris stridents annoncer l'arrivée du courrier. Je levai les yeux, cherchant ma chouette du regard parmi la multitude de volatiles au-dessus de nous. J'accueillis ma chouette d'une caresse sur la tête. J'adorais la douceur de ses plumes, je me surprenais parfois à ne plus vouloir cesser mes caresses, comme une gosse émerveillée. Ma chouette restait alors sans broncher, car c'était bien les rares moments où elle avait un semblant de contact avec moi. J'avoue que je n'avais pas vraiment de temps à lui consacrer. Je finis par me reporter sur le courrier, toujours accroché à sa patte. Trois enveloppes se trouvaient au milieu des deux journaux habituels. Devinant les expéditeurs, je posai tout sur mes genoux et continuai à manger mes céréales, ne voulant pas attirer l'attention des Maraudeurs.

Ce n'est qu'à la fin du petit-déjeuner que je m'éclipsai avant les autres, pour prendre le temps de lire avant d'aller en cours. Je me mis au calme dans un coin, à côté d'une fenêtre. Je commençai par déplier The Times. Comme je m'en doutais, les évènements de la soirée faisaient la une des journaux. Je lus rapidement l'article, où le lieutenant Ban en charge de l'enquête racontait comment leur filature avait mal tourné, pris au piège dans un traquenard. Pari gagné, c'était bien à cause de sa détermination que ma cible avait tenté de le tuer. Il parlait également d'un étrange motard qui était passé comme une flèche pour descendre les assaillants, lui sauvant la vie. Je serrai la mâchoire en apprenant la mort du collègue qui était avec lui, même si je me doutais que le conducteur aurait difficilement pu survivre en étant en première ligne. Je continuai ma lecture et retrouvai le sourire en voyant que les flics avaient été stupéfaits de découvrir le fameux trafiquant qu'ils cherchaient, mort auprès de sa fiancée. Le mode opératoire les amenait à la conclusion du règlement de compte, ce qui n'était pas entièrement faux. Les soupçons étaient évidemment tournés vers le motard que j'avais incarné. Mais ils n'auraient aucun moyen de m'identifier. J'étais donc tranquille de ce côté-là.

Je rangeai le journal dans mon sac et parcourus rapidement les gros titres de la Gazette. Rien à signaler en particulier dans notre communauté. Je passai donc aux enveloppes. J'ouvris la première.
 
Chapitre 21 : Le tueur déchu

 
Je souris, contente que l'un de mes patrons soit satisfait. J'ouvris la seconde enveloppe et reconnus l'écriture de Jack.

 
Chapitre 21 : Le tueur déchu



Je ricanai et ouvris la dernière enveloppe, me doutant qu'il s'agissait de mon paternel.
 
Chapitre 21 : Le tueur déchu

 
Je pris ma plume et écrivis simplement :  « Je ne pourrai pas venir ce soir. Report à demain ».
 
Je savais déjà de quoi il allait me parler, et je savais aussi que ce serait inutile. Alors je n'allais pas rater la pleine lune pour rien. Mon père pouvait attendre. 
 
| Bibliothèque – 17h02|
 
A peine sortie de mon dernier cours de la journée, je me retrouvai entre deux étagères pour faire mes devoirs. J'avais besoin d'un grand calme pour réussir à me concentrer malgré mes paupières qui avaient tendance à se fermer sans se rouvrir de suite. Il fallait vraiment que je fasse des nuits correctes si je voulais rester en forme. Les Maraudeurs étaient dans la salle commune et travaillaient eux aussi. On avait une bonne pile de devoirs et je voulais dormir un peu avant l'ascension de la pleine lune dans le ciel. J'ouvris le livre que je venais de prendre et commençai à faire mes devoirs, dans un silence que j'appréciais. J'étais venue m'isoler dans la bibliothèque pour être au calme et plus efficace que si j'étais avec le groupe. 
 
|19h38  |

~ Point de vue de Remus ~
 
J'arrivai dans la bibliothèque. Prue avait dit qu'elle reviendrait dans la salle commune au plus tard à 19h15 pour faire une petite sieste, mais elle n'était toujours pas revenue. Je trouvais ça bizarre car nous avions tous eu besoin de faire une petite pause pour tenir le coup cette nuit. Je parcourus les allées de la bibliothèque et souris en la voyant. Elle s'était tout simplement endormie, la tête posée sur ses bras sur la table, la plume à côté de sa main. De nombreux bouquins étaient entassés à côté d'elle. J'approchai et posai ma main sur son épaule. Elle ouvrit un ½il et se redressa en sursaut.
 
-            Putain quelle heure il est ? demanda-t-elle d'une voix endormie.
-            A peine 19h40.
-          Hummm... merci d'être venu me chercher, dit-elle en se passant les mains sur le visage. Heureusement que j'ai fini mes devoirs avant de sombrer...
 
Je voyais bien qu'elle était crevée, et ça me fit culpabiliser. D'après Lily, Prue ne dormait pas très bien la nuit depuis pas mal de temps. Et elle devait encore faire nuit blanche ce soir, à cause de moi. Ce n'était vraiment pas raisonnable.
 
-         Écoute... ne viens pas ce soir... Tu es crevée. Repose-toi.
-         Non, c'est bon, je t'assure. Je viens de dormir une heure, c'est bon.
-         Je n'ai pas beaucoup de temps pour te convaincre, dis-je en souriant.
-         Tu n'as pas à le faire.
-         Prue j'insiste.
-         Mais-
-         Fais-moi plaisir, coupai-je.
 
Je mettais tout ce que je pouvais dans mon regard pour la dissuader de venir.
 
-           Remus...
-         Prue, s'il te plait. Je tiens vraiment à ce que tu te reposes ce soir. Lily m'a dit que tu dormais très mal... il faut que tu arrêtes de tirer sur la corde.
 
Je vis son expression se durcir un peu. Elle soupira.
 
-             Il y aura d'autres pleine lune, assurai-je.
 
Je savais bien qu'elle adorait prendre forme animale... mais ce soir, le prédateur en elle ne devait pas sortir. Elle n'aurait pas la forme suffisante pour garder le contrôle dessus. Je sentis une sensation naître au plus profond de moi que je connaissais trop bien... la bête était en train d'ouvrir les yeux.
 
-            Il faut que j'y aille... dis-je précipitamment. A demain.
 
Je quittai la bibliothèque en courant. 

 
~ Point de vue de Prue ~
 
Je regardai Remus partir, me doutant bien que sa nature sauvage commençait à se répandre.
 
-         La bibliothèque ferme dans cinq minutes, avertit la voix de Mme Pince.
 
Je ne répondis pas et rangeai mes affaires d'un coup de baguette. Je me rendis dans la Grande Salle. Les Maraudeurs n'étaient déjà plus là quand j'arrivai. Comme à chaque pleine lune, ils mangeaient plus tôt. Je m'installai donc en bout de table, seule. En début d'année, j'aurais donné cher pour être tranquille ainsi. Ce soir, j'avais un sentiment de vide. La bonne humeur des Maraudeurs me manquait. Je mangeai donc en silence, essayant de ne pas trop les imaginer en train de s'amuser avec Lunard, au coeur de la forêt.
 
Je quittai la Grande Salle pour monter me coucher dès la dernière bouchée avalée. Arrivée dans le dortoir, je regardai la lune toute ronde par la fenêtre.Je sentis mes entrailles remuer... ça me faisait quelque chose de ne pas être dehors. Seulement Remus avait raison. Mes activités nocturnes dans ma tenue de tueuse avaient du mal à se conjuguer avec les escapades au clair de lune dans mon corps de louve. Je me mis en pyjama et tombai raide dans mon lit, me laissant emporter rapidement par le sommeil.
 
 
|21 mars 1977 – Poudlard – Lisière de la forêt – 6h55|
 
Lunard tomba à genoux et se mit à hurler douloureusement en se tortillant. J'avais beau être une tueuse, j'avais beau côtoyer la mort, je ne parvenais pas à assister à cet effroyable spectacle sans rien ressentir. Les craquements d'os me donnaient la chair de poule à chaque fois et me tordaient les entrailles. Je repris forme humaine et sortis ma baguette pour l'habiller avant que les poils n'aient fini de disparaître. Sirius se baissa pour l'entourer de ses bras et le soulever avec l'aide de James.  
 
-         Ça va vieux ? demanda James.
-         Ouais... répondit faiblement Remus.

Ses yeux se posèrent sur moi et il fronça les sourcils. Il ne dit rien pour autant, à bout de souffle et encore trop faible pour prononcer quoi que ce soit. On le soutint jusqu'à l'entrée. Rusard nous vit mais ne dit rien, habitué à nous voir dehors un soir par mois. Les jours et nuits de pleine lune étaient les seuls où on pouvait circuler librement, sur ordre de Dumbledore. Cependant, le concierge ne pouvait s'empêcher de nous toiser froidement en nous regardant passer. On emmena Remus dans le dortoir  pour le coucher sur son lit.
 
-         Repose-toi un peu mon grand, fit James.
 
J'adressai un faible sourire à Remus avant de passer dans le dortoir d'à côté pour commencer à me préparer.
 
 
|Grande salle – 7h30|
 
-         Prue, tu n'étais pas censée te reposer cette nuit ? me demanda Remus sur un ton réprobateur en nous rejoignant.
-         Ce que j'ai fait.
-         Ah bon ?
-         Oui. Je ne vous ai rejoint qu'à 5h.
-         Ah... ok. Tu n'as pas pu résister ou quoi ?
-         Hum... exactement !
 
Je vis une lueur pétiller dans  ses yeux. Ma réponse lui avait donné le sourire.
 
-         Dans ce cas, je n'ai rien à redire... tu t'es reposée comme je te l'avais demandé.
-         Et ouais. Inattaquable, chambrai-je.
-        La prochaine fois, je serai plus précis dans les termes de mon contrat, rigola-t-il.

Contrat... Un mot qui résume assez bien mes activités. Cela me fit sourire à mon tour.

Voilà. Tu as tout compris. Il faut fixer les règles à l'avance, plaisantai-je.
-         Je prends note.
 
On se sourit, continuant notre petit-déjeuner. La journée passa, mais plus les heures s'écoulaient, et plus mes nerfs se tendaient. Une boule ne cessait de grossir dans mon ventre. L'heure de mon rendez-vous avec mon père approchait, et je n'avais pas la moindre envie de m'y rendre. Remus sentit ma tension, car il essaya de m'amener à en parler à plusieurs reprises tout au long de la journée. Fidèle à moi-même, j'avais à chaque fois détourné la conversation.

Le soir après le repas, j'allai me poster à la fenêtre de la salle commune, pendant que les garçons riaient, installés sur les fauteuils. Je n'avais pas le c½ur à rester avec eux. J'avais besoin de réfléchir. Au bout d'un moment, je sentis deux mains se poser doucement sur ma taille, avant de glisser lentement jusqu'à entourer mon ventre. Je ne bougeai pas, me laissant aller dans les bras de Remus. Il posa sa tête sur mon épaule et ne dit rien pendant plusieurs minutes, se contentant juste d'être là. Mais pour une fois, son contact ne suffit à me détendre.
 
-          J'aime pas te sentir comme ça, souffla Remus.
 
Je déglutis, avant de poser doucement ma tête contre la sienne.
 
-          Ça ira mieux demain, assurai-je.
 
Je me séparai de lui et lui adressai un dernier regard avant de monter dans le dortoir. J'attendis patiemment que les Maraudeurs aillent se coucher à leur tour avant de filer en douce pour quitter l'école.

 
| Manoir Voldemort – Appartements du Lord – 23h05|
 
-          Tu es en retard, lança mon père lorsque j'entrai dans la pièce.
-           Rusard, répondis-je simplement.
 
Mon père se détourna de la fenêtre pour me faire face. J'enlevai mon masque, et il disparut dans une bulle de fumée qui se dissipa lentement.
 
-          De quoi voulez-vous me parler ?
-          Tu n'as pas une petite idée... ?
-          Arctacus Berk... ? proposai-je innocemment.
-          Par exemple, répondit amèrement mon père.
 
Je haussai les épaules.
 
-            Une cible comme une autre. Où est le problème ?
-          J'avais refusé ce contrat. De quoi j'ai l'air ? Tu passes derrière moi pour faire l'inverse de ce que je dis !
-          Ce n'était pas à vous de choisir, renvoyai-je. Pas quand il s'agit de l'Agence. C'est moi qui bosse pour eux, pas vous. C'est à moi qu'on envoie les contrats. Vous n'auriez même pas dû être au courant de cette mission si vous n'aviez pas l'habitude de lire mon courrier.
 
Je vis la mâchoire de mon père se serrer. Je savais qu'il n'aimait pas que je lui tienne tête. Que je réponde. Mais je ne savais pas me taire.
 
-          Prue... tu as remis en cause mon autorité.
-          Vous avez pris une décision qui ne vous revenait pas.
-          Je suis ton père !
-       Ça ne vous donne pas le droit de décider à ma place ! Je suis majeure. Vous n'aviez pas à refuser une mission qui me concerne sans mon accord.
 
Mon père eut un mouvement d'impatience. Il se rapprocha de moi, avec ce regard que je détestais. Un regard imprégné de colère. Personne n'osait lui résister. Personne n'avait suffisamment de cran pour lui désobéir. Sauf moi. Sa propre fille. La personne sur laquelle il estimait avoir un droit de propriété. Je ne supportais pas cette attitude. Je n'étais pas un pantin, ni un chien qui se contente d'attendre les ordres de son maître pour agir. Mes choix n'appartenaient qu'à moi. Il ne pouvait pas tout gérer dans ma vie, même si c'est ce qu'il voulait. Il posa lourdement ses mains sur mes épaules, et je levai les yeux sur lui sans ciller. Il contrôlait parfaitement sa colère pour me la faire ressentir dans ses gestes et expressions, sans lever la voix. Mais elle était palpable. Je n'en perdis pas mon calme pour autant.
 
-          Tu sais combien je n'apprécie pas ce genre de comportement...
-          ... Je vous fais la même remarque.
 
Une lueur passa dans ses yeux. Il pressa légèrement son emprise sur mes épaules. Pas pour me faire mal... simple réflexe suite à mon allusion. Malgré son visage froid, je vis ses traits se détendre légèrement. J'avais visé juste en prononçant ces quelques mots.
 
-          Tu es une véritable tête de mule, s'exaspéra mon père, la voix moins empreinte de colère.
-          Il parait que je vous ressemble.
 
Il eut un sourire en coin.
 
-          Je ne suis pas têtu...
-          ... je  suis déterminée, terminai-je.
 
Je la connaissais par c½ur cette réponse. On se lança un regard complice. Mon père soupira.
 
-          Si j'ai pris cette décision à ta place, c'est parce que je savais que ce type était un ancien tueur à gages. Un tueur déchu qui avait en prime les flics à ses trousses. Tu as pris énormément de risques en acceptant cette mission.
-          Comme je le disais... c'était une cible comme une autre...
 
Il acquiesça.
 
-          La Mort ne fait pas de distinction n'est-ce pas... ?
 
J'eus un moment d'hésitation.
 
-          Pas du moment qu'elle a décidé de frapper en tout cas, répondis-je.
 
Mon père recula d'un pas.
 
-          Retourne à Poudlard. Et tâche de ne plus ignorer mes décisions.
-          ... Ok... si vous arrêtez de lire mon courrier, lançai-je en sortant.
 
Rendez-vous parfaitement stérile, comme je l'avais prévu. Mon père voudrait avoir un contrôle total sur ma vie, alors que l'une de mes valeurs était justement de rester libre. Et étant aussi borné l'un que l'autre, nous ne pouvions pas nous convaincre.
Je sortis de mes pensées en croisant Nagini dans le couloir, glissant vers les appartements de mon père. Elle s'arrêta en se dressant pour mettre sa tête à hauteur de la mienne.
 
-            Il faut toujours que tu n'en fasses qu'à ta tête, siffla le reptile.
-      C'est l'avantage d'être humain... renvoyai-je en fourchelang. J'écoute plus souvent ma tête que les ordres.
 
Nagini cracha, me montrant ses deux redoutables crochets.
 
-          N'oublie pas ta dette envers lui.
-          Je n'ai pas besoin de toi pour m'en souvenir.
 
Je poursuivis ma route, ne voulant pas poursuivre cette discussion. Pas plus le serpent que son maître ne parviendra à avoir le dernier mot. Pas quand j'ai raison. J'avais agi de façon légitime.
 
 
|4 avril 1977 – Cours de DCFM – 11h|

~ Point de vue de Prue ~
 
C'est fou comme le temps passait vite. Je n'arrivais pas à croire que nous étions déjà en avril. L'année filait à une vitesse impressionnante. J'avais l'impression que c'était hier que je faisais mon entrée à Poudlard et en même temps... tellement de choses s'étaient passées depuis. Je soupirai, regardant le paysage lumineux à travers la fenêtre. J'avais fini l'exercice en avance, et j'attendais patiemment que les autres terminent. Je regardai avec un sourire amusé les autres élèves galérer autour de moi. Sirius et James essayaient de me soutirer des infos, mais j'aimais bien les laisser chercher par eux-mêmes. C'était trop facile sinon. Moi pendant ce temps, ça me permettait de penser tranquillement. Et ces derniers temps, mes pensées étaient principalement tournées vers une seule personne. Remus.

Je soupirai. C'était plus fort que moi. Quand je ne pensais pas à la chasse, je pensais à lui. Alors j'écumais les journaux, je me renseignais souvent auprès de mes sources, à la recherche d'une nouvelle proie. Il fallait que je m'occupe l'esprit pour l'empêcher de se focaliser sur la personne censée me laisser insensible. Ça me dépitait d'en arriver là. Mais c'était plus fort que moi, je n'arrivais pas à m'en empêcher. Je revoyais souvent les moments de proximité que j'avais eu avec lui... et je me rendais compte à quel point je les savourais.
Je sentis un souffle chaud sur mon épaule, me ramenant dans la réalité. Quand on parle du loup...
 
-         Tu as fait comment pour neutraliser cette bestiole ? demanda Remus.
 
Je ne parvins pas à répondre de suite. Mon esprit était comme bloqué. Incapable de réfléchir. Incapable de penser à quoi que ce soit d'autre que son visage tout près du mien. Ce n'était pas la première fois que cette situation se produisait, et j'avais toujours les mêmes difficultés à me ressaisir.
 
-         La chaleur l'affaiblit au point de le plonger dans un demi-sommeil, répondis-je dans un murmure.
-         Ok merci !
 
Il se redressa, et je sentis son magnétisme s'éloigner un peu. Je me sentais libérée d'un poids, et en même temps, j'aurais voulu qu'il reste comme ça. Le sentir tout proche, même sans le toucher, me répandait des ondes délicieuses.

Qu'est-ce qui m'arrive ?! J'étais en train de perdre la raison. Rien n'allait plus chez moi. Déjà que Remus a toujours eu une influence anormale sur moi, depuis le soir de son anniversaire, c'est de pire en pire. Que se passait-il ? Avais-je vraiment attrapé cette infernale maladie dont je croyais être immunisée depuis longtemps ? M'étais-je trompée ? Non. Ça ne se pouvais pas. D'ailleurs, comment serait-ce possible ? J'étais abritée par la haine. La rage. L'irrésistible désir de vengeance. Bon c'est vrai que Remus parvenait à faire monter une chaleur qui n'avait rien à voir avec la colère... qu'il me procurait un bien être que je n'avais jamais ressenti auparavant... mais est-ce que ça voulait dire que... ?

Je secouai la tête avec agacement. Je ne savais pas vraiment où j'en étais et je ne comprenais pas tout ce qui m'arrivait... mais une chose était sûre : il avait un effet sur moi. Positif ? Négatif ? Les deux à la fois. Car s'il me procurait un certain plaisir... ressentir ça, pour une personne comme moi, revenait à se détruire. Je ne pouvais pas accepter un tel sentiment en moi. Il me détournerait du droit chemin.

Je sentis mes entrailles se nouer en me remémorant mon court passage au manoir il y a une dizaine de jours. Mon père me tenait rigueur simplement pour avoir commis un meurtre qu'il n'avait pas voulu. Je n'osais imaginer sa fureur si un jour il me venait à l'idée d'épargner une cible qu'il avait désigné... Je tournai la tête vers Remus et déglutis péniblement en le regardant appliquer les conseils que je lui avais donné. L'épargner. Pourquoi avais-je envisagé ne serait-ce qu'une seule seconde en arriver là ? C'était impossible. Je repensai à Nagini.
« N'oublie pas ta dette envers lui ».

Je fermai les yeux douloureusement, sentant une pointe se raviver dans mon dos... et tous les souvenirs qui allaient avec. Non en effet... je n'oubliais pas... ni d'où je venais, ni le chemin à suivre. Mais je n'aurais jamais pensé caresser l'illusion dérisoire de pouvoir changer de direction. Je rouvris les yeux et aperçus faiblement le fantôme de mon passé au-delà de Remus. Une vision qui retourna encore une fois la lame éternellement plantée dans mon c½ur en repensant à cette effroyable leçon que j'avais reçu dans ma jeunesse.
L'amour est une faiblesse. L'amour est destructeur. Il ne faut jamais céder à ce sentiment qui mène inévitablement à l'erreur.

Et pourtant, j'avais beau connaître la leçon par c½ur, il m'était de plus en plus difficile de l'appliquer. J'eus une pensée pour ma victime... ce tueur déchu... et un instant, j'imaginai que c'était moi à genoux, une baguette pointée sur ma poitrine avant qu'une lumière verte m'aveugle jusqu'à ne plus rien voir, pas même le visage froid de mon père.


Chapitre 21 : Le tueur déchu

 
Et voilà pour ce nouveau chapitre, qui laisse pas mal d'indicateurs sur l'état de Prue, son évolution, ainsi que sur sa relation avec son père. Laissez vos impressions :)
En vous souhaitant un bon week-end, je vous fais de gros bisous  

Tags : L'histoire d'un assassin - Partie 1 : L'amour d'un Assassin - tome 1

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Comments :

  • Dum-Cha

    21/12/2016

    Coucou, lecture de ce chapitre.. toujours aussi impressionnant la manière dont tu mélange Harry Potter et ton univers..

  • aliseevila

    27/12/2015

    Un trés bon chapitre, que j'ai pris plaisir à lire. J'ai pris des notes pendant ma lecture.
    Partie 1, très bonne partie, on voit une prue juste et sensible.
    Partie 2 et 3, elles sont intrigantes. On a aucun mal à ce mettre à la place de prue, concernant ses interrogations.
    La partie 5 est rempli d'action et de suspense, merci pour cela. J'ai adoré la lire.

    Les scènes entre Rémus et prue sont remplies d'émotions. Ils sont mignons.

    Dans les parties avec Voldemort. J'ai eu peur de sa réaction.

    En résumé un chapitre avec un mélange de goût ce j'aime : action, suspense, émotion, angoisse...

  • fichp-lifealwaysrestart

    27/08/2015

    Comme tous les chapitres où l'on voit Tracker en action, j'ai adorée. Et j'ai aussi adoré le fait qu'elle ne soit pas dupe quant à la nuit de l'anniversaire de Remus. Elle sait qu'il s'est passé quelque chose, il n'y a plus qu'à savoir quoi...

  • hostfresh-HarryPotter

    23/06/2014

    Prue lache ton pere

  • Harry-Potter-generationx

    28/05/2014

    Hé oui c'est de nouveau moi, tu vas avoir du mal de te débarrasser de moi ;)

    Arctacus Berk ... Ou tu l'as trouver se nom ? xD c'est imprononçable même pour moi et je viens d'une région où les noms sont pas mal dans se genre ;)

    Je savais que sa sentais mauvais cette histoire de source, c'était trop facile. Mais Prue s'en ai très bien sortie ! :D
    J'adore ce "monde" bien sombre de tueurs a gages et mafieux, serais-tu une fan de City Hunter ? ;)
    Par contre j'ai pas bien compris un point, Prue travaille pour l'agence et en même temps pour son père ? C'est a dire qu'elle reçoit des demandes de l'agence et de gens qui la contacte elle sans passer par l'agence ? Je suis un peu perdu ^^'

    Comme j'ai adoré quand elle a tenu tête a Voldemort ! Je la respect a mort ! ;)
    Par contre je supporte pas le serpent ! x)

    Ah ma pauvre Prue, coincer entre 2 extrêmes ! Mais l'Amour triomphe toujours ! (cf : Once upon a time)
    Ouhlaaaaaaa ! Faut vraiment que j'arrête avec mes références mangas/série ! x)

    Bien bien bien ! Vite la suiiiite ! :D

  • harry-potter-8-fic

    04/04/2014

    comme toujours un excellent chapitre

  • JSRPetLEMA

    24/02/2014

    J'aime beaucoup (comme toujours) la partie de chasse. Pour la première fois j'ai eu peur pour Prue. La relation Voldemort-Prue est étrange : d'un côté Voldemort est froid et distant avec elle, comme si elle n'étais qu'un simple Mangemort particulièrement efficace, de l'autre elle se permet un comportement qu'aucun Mangemort ne se permettrait jamais.

    Tar-Ancalimë

  • evanalinch-lunalovegood

    13/02/2014

    J'adore. Superbe partie de chasse

  • MikaWolfeHP

    12/02/2014

    Un très bon chapitre! J'ai adoré! J'espère bien que Tracker va épargner les Maraudeurs! Et de voir leur réaction si ils découvrent qui elle est! :)

  • Kleacrazy

    11/02/2014

    J'adore les passages avec Remus, mais j'ai beaucoup aimé le dialogue entre Prue et son père ! Et Nagini m'a franchement intrigué ! Très bon chapitre et désolé d'avoir mis mon com' avec un extrème retard ! ^^'

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