Chapitre 23 : Représailles

" Le problème dans les affaires de vengeance, c'est qu'en prenant une proie pour cible, il y a toujours un risque d'être pris pour cible à son tour... "


Chapitre 23 : Représailles


Chapitre 23 : Représailles







| 21 avril 1977 – Allée des Embrumes - 18h40 |

~ Point de vue de Remus ~

 
Ça faisait deux jours que je pensais à un moyen de lui faire payer, complètement obsédé de le savoir en liberté, et j'avais enfin trouvé. J'étais prêt. Et je savais déjà où retrouver ma cible. Il était temps de passer à l'acte, je n'en pouvais plus d'attendre. La haine me pesait trop sur le c½ur, il fallait que je m'en libère.
Je ralentis l'allure en arrivant à une intersection. Je jetai un ½il dans la ruelle perpendiculaire et souris en voyant qu'il y avait un homme qui attendait un peu plus loin en train de fumer, une jambe pliée appuyée contre le mur. Il était là, comme je m'y attendais. Je m'engageai dans la ruelle sans plus attendre, pressé de le rencontrer. Il tourna la tête vers moi lorsque j'approchai, m'adressant un regard indifférent. Au moment où je passai devant lui, je le frappai brusquement à la tête pour le sonner. J'enchaînai quelques coups et le mis à genoux, baguette pointée sur son visage pour le dissuader de tenter quoi que ce soit.
 
-          Putain t'es qui ? Qu'est-ce que tu veux ?! s'exclama l'homme en se tenant son nez ensanglanté.
-          Ton patron.
-          Et pourquoi faire hein ?
-          J'ai des comptes à régler avec lui.
-          C'est clair qu'il va régler le tien si tu ne rebrousses pas chemin de suite.

Une décharge me traversa le corps, et je frappai à nouveau. Il tomba sur le côté, peinant à se redresser.
 
-          C'est mon affaire. Où est-ce que je peux le trouver ?
-          J'en sais rien putain ! Je ne vais le voir que sur demande, et c'est jamais au même endroit !
-          Mais tu as un moyen de le contacter n'est-ce pas ?
-          Non !

Nouvelle décharge, plus intense. Je lui mis un coup de pied dans le ventre. Il empestait le mensonge. C'était insupportable de le voir se jouer de moi.
 
-          J'ai lu ton dossier... alors je sais certaines choses sur toi. Tu vas contacter Jiménez et lui donner rendez-vous.
-          Dans tes rêves, articula l'homme en se tenant le ventre.
 
Je dus me faire violence intérieurement pour ne pas le massacrer sur place. J'avais des pulsions de plus en plus difficiles à contrôler.
 
-          Dans mes rêves, tu es suffisamment intelligent pour faire ce que je te demande gentiment... avant que je me montre plus persuasif. 
-          Tu n'auras pas le temps d'en arriver là.
 
Je serrai les poings de rage en le voyant sourire. Un sourire méprisant. Il n'avait pas peur, il se croyait supérieur à moi. Je me détournai néanmoins de mon adversaire en entendant du bruit dans mon dos. Un groupe de quatre personnes s'engageait dans la ruelle.
J'aurais dû disparaître à cet instant. Transplaner pour éviter ce combat perdu d'avance. Mais je ne comptais pas fuir.
 
|Allée des Embrumes – 19h|
 
~ Point de vue de Prue ~
 
Mon c½ur battait à cent à l'heure, mais je n'aurais su dire si c'était la crainte ou ma course effrénée qui en était à l'origine. J'avais quitté l'école dès que McGonagall avait tourné le dos, et je m'étais pressée chez les Lupin pour essayer d'en savoir un peu plus. Si Lyall ne m'avait pas été d'une grande aide, la chambre de Remus avait répondu à mes questions. En fouillant, j'étais tombée sur un dossier... le même que j'avais copié lors de ma petite virée dans le bureau de Lyall au Ministère... le même qui m'avait apporté la majorité des informations nécessaires à la préméditation du meurtre de Jiménez.

Je pris appui au bord de l'immeuble et sautai, me soulevant par la pensée pour atteindre un autre bâtiment bien plus éloigné. Je repris ma course immédiatement, ne pouvant pas m'arrêter. Remus avait tracé un cercle sur une carte dans cette zone, mais je n'avais aucune idée de l'endroit précis où il se rendrait. Tout ce que je savais, c'est qu'il rejoindrait une personne capable de lui dire comment approcher Jiménez. J'espérais qu'il ne l'avait pas déjà trouvée. Il fallait que je le retrouve. Je ne pouvais pas le laisser faire une connerie qu'il regretterait toute sa vie. Il était mon ange. Et un ange ne tue pas.

Je crus sentir une pierre tomber dans mon ventre en entendant des duels à proximité. Je changeai brusquement de direction, ayant un mauvais pressentiment. Les duels ne manquaient pas dans les quartiers situés autour de l'Allée des Embrumes... mais je sentais que j'avais intérêt à m'intéresser à celui-là. Je m'arrêtai au bord de l'immeuble, regardant en bas ce qu'il se passait. La surprise me tordit les entrailles en voyant Remus se battre contre deux personnes en même temps, trois autres étant au sol. Mon c½ur rata un battement à l'idée qu'elles soient mortes. Non. Ce n'était pas possible. Remus avait dû simplement les neutraliser. C'était obligé. Je me reportai donc sur le duel en cours et fus impressionnée de voir que Remus n'avait aucun mal à gérer le surnombre. Il se battait avec une férocité que je ne lui connaissais pas.

Je sortis ma baguette, prête à intervenir à tout moment. Mais ce n'était visiblement pas nécessaire, car Remus parvint à stupéfixer un adversaire supplémentaire. Je faillis bondir de mon perchoir en le voyant prendre un sort. Il atterrit violemment contre un mur, mais se rattrapa de suite pour reprendre le combat comme s'il n'avait rien reçu, et je restai en position. Il désarma son adversaire quelques secondes plus tard, et l'expulsa à l'autre bout de la ruelle. Remus resta sur place quelques secondes, haletant, regardant ses adversaires au sol. J'étais tout simplement impressionnée de constater qu'il avait réussi à mettre au pli cinq hommes à lui tout seul. Ma crainte à son sujet ne fit que s'amplifier. Je savais mieux que personne à quel point une haine profonde mais contrôlée décuplait les capacités de combat. Remus tourna les talons et reprit sa route d'une démarche raide. Je le suivis depuis les hauteurs, trop curieuse de savoir où il allait comme ça.
 
Ma filature dura bien vingt minutes. Je ne cessais de me poser des questions à son sujet. Il me ressemblait tellement dans ces moments-là... en avançant avec assurance et détermination vers – j'en étais persuadée – sa cible. Une cible sur laquelle il s'était bien renseigné pendant deux jours... pour se préparer à l'affronter. Le simple fait de l'imaginer en train de préméditer un meurtre me nouait le ventre. Remus s'arrêta brusquement, et j'en fis autant. Je m'accroupis au bord du toit, priant pour que la faible brise qui s'était levée ne trahisse pas ma présence en transportant mon odeur jusqu'à lui. Mais visiblement, Remus était trop concentré sur son objectif.

Remus se mit en embuscade à une dizaine de mètres d'une porte d'un vieux bâtiment. J'étais presque certaine qu'il s'agissait de l'arrière d'une boutique. Deux minutes après, une personne en sortait. Une décharge me parcourut en la reconnaissant. Jiménez. Remus l'avait retrouvé. Celui-ci resta en retrait et laissa sa cible partir dans le sens inverse. Remus se mit à lui suivre quelques secondes plus tard. Il sortit sa baguette une fois proche de sa cible, et l'espace d'un instant, je voulus sauter pour atterrir entre eux. Bloquer le passage à Remus et laisser fuir Jiménez temporairement. Mais j'étais incapable de réagir. Même si je refusais qu'il dérape, au fond, je voulais savoir de quoi il était capable. Je voulais connaître ses véritables intentions. Et je n'eus pas besoin d'attendre longtemps pour les avoir.
 
Lorsqu'il fut à un mètre derrière Jiménez, celui-ci se retourna en se sentant suivi et se prit un beau coup de poing en pleine tête, avant de décoller pour aller se cogner contre un mur. J'avais beau être sur les toits, je n'étais pas suffisamment haute pour ne pas remarquer le sourire narquois qui se dessina sur ses lèvres. Jiménez semblait avoir attendu ce moment, mais pas autant que Remus. Jiménez sortit sa baguette mais Remus le désarma en un tour de poignet. Il se dirigea vers lui en rangeant la sienne, résolu.
« Mauvaise idée Remus... »

Il avait tort de se désarmer ainsi. Jiménez savait sûrement mieux se battre que Remus, et de manière plus vicieuse. Je changeai de position pour mieux voir la scène. Remus agrippa son ennemi et se mit à enchaîner les coups. Comme je m'y attendais, Jiménez ne se laissa pas faire et parvint à se redresser pour faire face à Remus. J'observai le combat, les entrailles nouées, ne sachant que faire. Je voulais intervenir avant que les choses ne dérapent de manière irréversible, mais d'un autre côté, j'étais incapable de bouger. J'étais absorbée par l'incroyable spectacle que m'offrait Remus. Il était en train de laisser le loup en lui s'exprimer. Même lorsqu'il se prit un mauvais coup qui permit à Jiménez de prendre le dessus, je ne parvins pas à sortir de ma surprise. Tout cela était tellement irréel... 
 
~ Point de vue de Remus ~
 
Ma tête me tourna violemment en me prenant un coup dans la mâchoire. L'environnement devint instable autour de moi. La douleur me traversait le corps sous les coups de mon adversaire, mais c'est à peine si elle m'atteignait. Tout ce que je ressentais, c'était une immense haine pour Jiménez, et l'envie irrésistible de lui faire payer le meurtre de ma mère.
 
-            J'aurais préféré que ça soit ton père qui se tienne à ta place, avoua ma cible en me mettant un coup de pied dans le ventre.
 
La décharge qui me parcourait si fréquemment depuis l'enterrement de ma mère me traversa plus intensément que jamais. J'avais l'impression d'avoir les nerfs à vif... le c½ur ouvert... le corps prêt à exploser à tout moment. Je levai un regard noir vers mon ennemi. L'idée de lui faire avaler sa langue me traversa l'esprit pendant une seconde, au sens propre.
 
-             Il n'a fait que rendre justice, dis-je en me redressant. C'est ce qu'il se passe quand un Auror croise une criminelle... il l'arrête. Si tu ne voulais pas perdre ta chère et tendre, tu n'avais qu'à assumer tes fautes plutôt que de la laisser tuer pour toi !
 
Nouveau coup de la part de ma cible, beaucoup plus violent. La sensation de vertige augmenta lorsque je retombai au sol. Je me sentais désorienté. Jiménez m'agrippa et me retourna de force. J'essayais tant bien que mal de garder la tête froide.
 
-            Merci d'être venu jusqu'à moi... dit Jiménez avec un large sourire malgré les éclairs dans ses yeux. Après la mère... le fils... ma vengeance n'en sera que meilleure.
 
Ses paroles auraient dû me faire exploser. J'avais envie d'exploser d'ailleurs. A la place, je me contentai de sourire. Un sourire aussi large que le sien, accompagné d'un regard aussi triomphant. Je lui mis un coup de tête brusquement et le repoussai violemment, le faisant tomber en arrière. Je me redressai et me dirigeai lentement vers lui, sortant ma baguette pour la pointer sur son visage pissant le sang au niveau de l'arcade.
 
-             Merci de me l'avoir avoué, lançai-je.
 
Mon ennemi ricana, méprisant.
 
-       Oh, tu avais besoin que je te le dise ? Pourquoi, hein ? Pour justifier ta venue jusqu'à moi ?
-         Juste pour te l'entendre dire...
-        J'ai fait tuer ta mère... je vais te tuer... et je terminerai avec ton minable de père... Et tu ne pourras rien faire pour empêcher ça.
 
J'eus l'impression que tout mon corps vibra d'un seul coup. J'avais tellement envie de lui faire payer sa monstruosité... enfin je pouvais satisfaire ce désir. Cette obsession qui me hantait nuit et jour allait être satisfaite. Rendre justice à ma mère. Jiménez avait tort... je pouvais l'empêcher de continuer sa quête de vengeance. Je n'avais qu'une seule chose à faire. 
 
~ Point de vue de Prue ~
 
J'étais figée, incapable de me détourner de la scène, ou de prédire la suite. Remus tenait son ennemi en respect, baguette pointée sur le visage. Il est clair qu'à sa place, je tuerais cet homme sans la moindre hésitation... mais lui, cet ange... il ne pouvait pas faire ça. Il ne pouvait pas tuer, même s'il avait toutes les raisons de le faire, même si son adversaire le méritait. Un courant très désagréable me parcourut lorsque je le vis s'approcher davantage pour poser le bout de sa baguette sur le front de Jiménez. Celui-ci avait la tête relevée vers lui, le fixant sans trembler. Sans perdre son sourire. Je comprenais tellement que Remus ait envie de lui faire payer...
« Réagis Prue ! Remus a besoin d'être ramené à la raison ! »
Je tournai la tête l'espace d'une seconde vers le fantôme de Jeff que j'arrivais tout juste à distinguer dans la clarté du soleil couchant.
« Pourquoi faire... ? Si Remus a basculé, tu sais aussi bien que moi que c'est irrémédiable. L'empêcher d'atteindre sa cible aujourd'hui n'atténuera pas son désir de vengeance. Au contraire. Ce sera une obsession. Il ne vivra que pour ça. »
« Alors tu vas le laisser faire ? »


Je ne répondis pas, me reportant sur Remus. Je ne voulais pas rater le dénouement. C'est vrai que je refusais qu'il devienne comme moi... mais en le regardant ainsi... j'avais l'impression que c'était déjà fait. Je savais ce que c'était de se faire détruire injustement... de rêver la mort de son ennemi. Au-delà de la vengeance, c'est aussi un moyen de se libérer de l'emprise de la haine. D'atténuer la souffrance. Si Remus était dans cette situation... s'il avait besoin de s'occuper lui-même de Jiménez pour se sentir mieux... je n'avais pas le droit de l'en priver. Après tout, je pourrai veiller sur lui pour m'assurer qu'il ne plonge pas complètement dans la noirceur. Je pouvais le guider sur ce chemin que je connaissais par coeur.
 
Remus leva sa main gauche et déboutonna son manteau. Je fronçai les sourcils, me demandant pourquoi il faisait ça. Je restai interdite en le voyant détacher un objet de son pull pour le brandir devant Jiménez. Je n'en crus pas mes yeux. Un micro. Remus avait un micro sur lui. Scotchée, je retrouvai néanmoins le sourire en le voyant relever de force son adversaire pour faire apparaître des liens attachant solidement ses mains dans son dos. Je sentis une sorte de poids disparaître, et le soulagement m'envahit.
Remus n'avait pas suivi l'homme qui avait détruit sa vie pour le tuer... mais pour le piéger. Pour rendre justice comme son père le faisait, et comme sa mère l'aurait voulu. Je jetai un ½il vers le fantôme de Jeff.
« Tu vois bien que je n'avais pas à intervenir... le sort de cette cible ne m'appartenait pas »

Je rangeai ma baguette, m'insultant presque d'avoir pu penser que Remus aurait pu céder à l'appel de la vengeance. Je le regardai disparaître dans un craquement sonore, libérée de toute inquiétude. Remus avait le sens du devoir, et non de la vengeance. Il ne me ressemblait pas. Son coeur était toujours aussi pur.
 
| 22 avril 1977 – Poudlard – Salle commune des Gryffondor – 8h30 |
 
Je fus assaillie par les Maraudeurs dès mon retour dans la salle commune. J'étais partie sans prévenir la veille, et je n'avais donné de nouvelles à personne depuis. Personne ne m'avait vue revenir, encore moins regagner mon lit comme si de rien n'était. Sauf la Grosse Dame peut-être... comme toujours.
 
-          Prue ! Où étais-tu ?! demanda Sirius.
-          A la recherche de Remus, répondis-je simplement.
-          Tu l'as trouvé ?
-          Pas besoin.
 
Je tendis le journal aux Maraudeurs et leur passai devant, allant me poster devant la fenêtre avec impatience. Remus faisait la une de la Gazette pour avoir arrêté Rodrigo Jiménez... pour avoir réussi là où les flics avaient échoué pendant des années. Je souris, gardant en tête la photo de son visage réjoui, tandis que Jiménez avait enfin perdu son sourire. Remus était déjà annoncé comme un futur combattant pour la justice, à l'instar de ses parents. Il était promis à un bel avenir, et je lui faisais confiance pour réussir.

J'allai prendre le petit-déjeuner avec les Maraudeurs, qui ne cessaient de parler de leur ami avec engouement. Ils étaient fiers de lui. Remus avait réussi un vrai coup de maître. Je sentis néanmoins mon c½ur dérailler à cette pensée. « Ils sont les futures ombres à mes projets » avait dit mon père en parlant des Maraudeurs. Je me mordis la lèvre inférieure. Oui, je n'avais plus aucun doute à me faire à ce sujet. Remus sera un excellent Auror, tout comme ses amis. Je ne doutais pas un seul instant qu'ils sauront se montrer gênants envers mon père. Mais ce n'était pas le moment de repenser à tout ça. Aujourd'hui, c'était jour de justice pour les Lupin, et ça me convenait très bien. Je n'étais même pas frustrée d'avoir vu une proie attrapée par un autre chasseur à ma place.
 
Lorsqu'on sortit de la Grande Salle, je souris en apercevant Remus près de l'immense porte d'entrée. Il s'arrêta en nous voyant. Les Maraudeurs se ruèrent sur lui pour l'étreindre, l'engueuler de leur avoir fait peur, le féliciter... je restai en retrait pour observer la scène avec un sourire en coin. Lorsque Remus put enfin se libérer, je me dirigeai vers lui pour le prendre à mon tour dans mes bras.
 
-          Ne refais jamais un truc pareil sans nous, soufflai-je.
-         Désolé... c'était mon combat.
 
J'eus un faible sourire et me détachai de lui. Je me rendis compte que malgré sa victoire, la peine était toujours lisible sur son visage. Elle était moins visible mais toujours présente, m'arrachant un soupir. C'est clair que la justice apaise mais ne suffit pas à guérir. Avoir capturé Jiménez ne comblera pas le manque induit par la perte de sa mère.
 
La journée fut plus détendue. C'était bon de se retrouver. Même si ce n'était pas comme avant puisque Remus n'était toujours pas prêt à sortir de son deuil, les autres Maraudeurs savaient s'y prendre pour lui décocher le sourire de temps en temps. C'est dans ces moments-là que je me rendais compte à quel point ils n'étaient pas une simple bande de copains. Ce n'était pas des paroles en l'air lorsqu'ils se disaient frères.
 
 
| 23 avril 1977 – Cimetière – 1h45 |
 
Je regardais Remus de loin, devant la tombe de sa mère. Je me décidai à le rejoindre quelques minutes plus tard, après lui avoir laissé le temps de se recueillir. Je l'entourai par derrière, le serrant contre moi en posant ma tête contre la sienne.
 
-          Comment tu m'as retrouvé ? demanda-t-il.
 
Remus avait émis le souhait de rester seul dans la salle commune lorsque tout le monde était monté se coucher. Et pourtant, lorsque j'étais redescendue une demi-heure plus tard pour voir comment il allait, il n'y avait plus personne. Je n'avais pas eu besoin de chercher bien longtemps pour deviner sa destination. J'aurais fait la même chose à sa place.
 
-          Je savais que tu viendrais ici...
 
Après avoir capturé l'assassin de sa mère, il m'avait semblé évident qu'il vienne ici. C'est pour elle qu'il avait fait ça. Pour lui rendre justice. Je ne dis rien pendant un long moment, laissant Remus à ses pensées. Je sentais qu'il était préoccupé.
 
-          Qu'est-ce que tu as ? demandai-je doucement.
 
Remus ne répondit pas de suite, hésitant. Je lui laissai prendre son temps, ne voulant pas le presser.
 
-          J'ai passé des heures à me renseigner sur Jiménez... à voler des archives à son sujet... Je voulais en savoir le plus possible sur lui, pour le cerner et le retrouver. Quand j'ai su comment l'atteindre, j'ai eu cette idée d'utiliser un micro.
 
Il s'interrompit pendant plusieurs secondes.
 
-          Mon plan fonctionnait... j'ai réussi à le retrouver... à le faire avouer... mais jusqu'au dernier moment j'ai hésité...
 
Il déglutit péniblement, et je devinai la fin de sa phrase. Je comprenais tout à fait. Il avait hésité entre se servir du micro pour livrer Jiménez aux flics, et se servir de sa baguette pour satisfaire son désir de vengeance. Je lui déposai un baiser dans le cou, le serrant davantage contre moi.
 
-          Au final, tu as pris la bonne décision, rassurai-je.
-          J'ai hésité à le tuer Prue... ça prouve quand même que quelque chose ne va plus chez moi.
-          Non Remus... tu as pensé comme n'importe qui d'autre à ta place. Une partie de toi t'a été enlevée par cet homme. Tu as voulu lui reprendre. Tu ne peux pas te reprocher d'avoir voulu te venger. C'est une réaction humaine. 
-          Mais ça voudrait dire que je ne vaux pas mieux que lui.
-          Tu plaisantes ?! m'exclamai-je en me détachant de lui.
 
Je le contournai pour lui faire face, révoltée qu'il pense une chose pareille.
 
-          Il a tué ta mère Remus. Il a osé venir à son enterrement pour provoquer ton père. Il comptait certainement continuer à s'en prendre à ta famille. Et tu es en train de dire que tu ne vaux pas mieux que lui parce que l'idée t'a traversé l'esprit de lui faire payer le juste prix de ses actes ?
 
Il ne répondit pas, baissant légèrement les yeux. Je lui pris le menton doucement pour qu'il me regarde.
 
-          Tu n'as rien à te reprocher. N'importe qui aurait eu envie de profiter de l'occasion pour tuer ce crevard. Toi tu as réussi à te contrôler et à faire ce qu'il fallait.
 
Je n'arrivais pas à croire qu'il puisse s'en vouloir pour quelque chose qu'il n'avait même pas fait ! Je le repris contre moi, caressant sa nuque avec douceur.
 
-          Ce n'est pas tout le monde qui aurait réussi à se raisonner, murmurai-je. Et je suis fière que tu y sois parvenu tout seul.
 
Il enfouit son visage dans mon cou en guise de réponse. Je pensais vraiment ce que je disais. J'étais fière de lui, parce qu'il s'était montré suffisamment fort pour ne pas céder à la tentation de la haine. Il n'avait pas eu besoin de moi. Il n'était pas tombé dans la noirceur. Il était toujours un ange. Mon ange. Un peu sauvage, mais pas démon. C'est tout ce qui comptait.
 
-          Prue ?
-          Hmm ?
-          Quand tu dis que ce n'est pas tout le monde qui se serait raisonné...
-          Si j'avais l'occasion de retrouver les responsables de la mort de ma mère... je doute que j'aurais pris la peine de me mettre un micro. En fait, l'idée ne me serait même pas venue.
 
Remus se détacha un peu de moi, m'interrogeant du regard avec surprise. Je souris faiblement et posai ma main sur sa joue pour le caresser doucement. C'était toute la différence qu'il y avait entre nous... lui écouterait toujours la voix de la justice... et moi celle de la vengeance.
 
-          Comment peux-tu dire ça ?
-          Parce que c'est ce que je ressens. C'est ce que je suis.
-          Non, ce n'est pas ce que tu es.
 
Oh que si. Le simple fait de penser que le responsable de la tragédie qui m'avait frappée respirait encore suffisait à m'étouffer. Cette rage profonde était en moi constamment. Mon calme n'était qu'illusion. Lorsqu'il s'agissait des coupables de mon drame... je devenais incontrôlable. Je m'en étais rendue compte lorsque j'avais retrouvé des membres du gang Cobra. La Tracker calme et patiente s'était vite envolée pour faire place à une louve impulsive. Pourtant, j'avais eu de longues années pour tenter de refouler cette haine, d'oublier mon chagrin. Mais je n'avais jamais tourné la page. Je n'avais jamais accepté de lâcher prise. C'est aussi ça l'amour. J'aimais ma mère, et sa perte me rendait folle de rage. Je ne serai jamais en paix tant que je ne l'aurais pas vengée.

Je pensais que Remus se retrouverait dans la même situation que moi, avec les mêmes désirs brûlants. Mais c'est à croire que nous n'avons pas la même vision de la justice. Lui avait choisi de laisser le sort de son ennemi entre les mains du Magenmagot... moi j'estimais que cette décision de vie ou de mort m'appartenait. C'est moi qui avais subi les conséquences... c'était à moi de rendre justice. Cela constituait une différence cruciale... qui prouvait que l'âme de Remus restera à jamais pure... et la mienne noire comme l'encre.
 
-          Si je comprends bien... tu es en train de dire qu'à choisir entre la justice et la vengeance...
-          J'aurais choisi la vengeance, terminai-je.
-          Alors pourquoi tu es fière de mon choix ?
-          Tu n'as pas seulement choisi de la justice Remus... tu as choisi ta famille. Tes amis. Tu as évité à ceux qui t'aiment de te perdre.
 
Un courant me traversa en prononçant ces paroles. Je détournai mon regard des yeux de Remus, qui étaient traversés par une lueur qui me serra le c½ur.
 
-          Ça aurait été terrible que tu finisses à Azkaban, terminai-je dans un souffle.
 
Il prit doucement mon visage entre ses mains, et il me fallut plusieurs secondes pour parvenir à le regarder dans les yeux.
 
-          Promets-moi que tu en feras autant, dit-il.
 
J'eus un faible sourire. Mais là encore, il y avait une différence cruciale entre lui et moi... moi je n'irai jamais à Azkaban. Même si un jour je me faisais avoir par les flics... il est impossible d'enfermer un fantôme.

Je posai mon front contre celui de Remus, comme pour promettre silencieusement... même si je ne pouvais pas le faire réellement. Je savais que tôt ou tard, on se perdra tous les deux. Comme il l'avait si bien dit à Jiménez... lorsqu'un Auror croise le chemin d'une criminelle... il l'arrête. C'était inévitable. On ne pouvait pas envisager d'autre option.

On finit par se détacher, tous deux à contrec½ur. Il était temps de rentrer à l'école. Je tournai la tête vers la tombe d'Espérance Lupin avant de baisser les yeux sur ma main où la rose avait laissé ses marques. La blessure disparut lentement, me décochant un sourire.
« Reposez en paix... »
 
| 8 mai 1977 – Poudlard –  Salle commune des Gryffondor – 19h|
 
Le temps s'écoulait au château, me rapprochant de plus en plus de la fin de l'année. Dans moins de deux mois, ma première année à Poudlard sera terminée. Je soupirai en pensant à tout ce qui s'était passé depuis le début de ma mission... tout ce que j'avais appris... à mes doutes sur l'avenir... mes envies irréalisables. J'avais changé, c'était une évidence. Je le prouvais chaque jour depuis la mort de la mère de Remus. J'avais rangé mon masque pour me montrer beaucoup plus proche et affectueuse avec lui. Le lien s'était considérablement resserré entre nous. Je ne devrais pas me comporter ainsi, mais c'était plus fort que moi. Je sentais comme un devoir de le réconforter, et d'être présente pour lui. Je me demandais sérieusement combien de temps encore je pourrais supporter tout ce poids. Je jouais à un jeu très dangereux, j'en étais consciente. C'était comme une drogue. Je savais que ça me tuerait, mais j'étais trop accroc pour m'en passer.
 
Je secouai la tête pour tenter de rester dans la réalité. J'étais dans la salle commune, regardant d'un air absent les Maraudeurs faire leurs devoirs. Remus était parti pour se balader seul. Ça lui arrivait souvent de s'éclipser, et je respectais son besoin de solitude. Les Maraudeurs, Lily, Cindy et moi avions beau passer énormément de temps à le réconforter et à lui faire penser à autre chose, il fallait parfois le laisser tranquille. Quelque chose attira mon regard sur l'extérieur. Au loin, une épaisse fumée noire s'échappait au-dessus de la forêt.
 
-         Il y a le feu dans la Forêt Interdite ! m'exclamai-je en me levant sous le coup de la surprise.
 
Sirius et James tournèrent vivement la tête.
 
-         Qu'est-ce qui a bien pu déclencher un incendie ? s'étonna Peter.
-         Bizarre... surtout à cette époque de l'année, dit James.

Mon regard se posa sur la carte du Maraudeur posée sur la table, et plus précisément sur la représentation de la forêt, où une seule personne s'était isolée. Le nom de Remus me provoqua une décharge violente qui me fit détaler. Je sortis en courant, le c½ur battant à l'idée qu'il soit piégé par les flammes.

J'entendis les Maraudeurs me suivre, et je me transformai en louve pour aller plus vite. Il n'y avait pas de temps à perdre, un incendie prend très vite une ampleur incontrôlable. Beaucoup d'élèves s'agitaient alors que les préfets tentaient de ramener le calme. Des professeurs se dirigeaient rapidement vers la forêt, et je les dépassai sans ralentir. Je finis par atteindre la forêt et m'y enfonçai, me faisant griffer par les branches qui dépassaient sur le sentier sinueux. Je vis une barrière de feu devant moi, et une désagréable sensation de déjà vu me saisit. La chaleur était de plus en plus étouffante et l'odeur de brûlé me piqua jusqu'aux poumons. Je m'arrêtai en voyant l'immense brasier engloutir notre terrain de jeux nocturnes. L'air était presque irrespirable. Les autres personnes qui me suivaient arrivèrent à ma hauteur, essoufflées. Dumbledore sortit sa baguette et créa une vague qui alla s'abattre sur les flammes. Au lieu d'arranger les choses, l'incendie ne fit que s'intensifier. Il était de toute évidence ensorcelé.

Je n'arrivais pas à croire que cet incendie soit d'origine criminelle... j'eus très vite une petite idée sur l'identité du coupable, mais ce n'était pas le moment de penser à ça.

-         REMUUUUS !!!! hurla Sirius désespéré.
 
Le rugissement des flammes fut l'unique réponse à son appel. Les professeurs se joignirent à Dumbledore pour essayer de stopper le feu.
 
-         JE SUIS LA !!! entendis-je.
-         Par Merlin... il est de l'autre côté, souffla McGonagall.
 
Remus. Bloqué de l'autre côté de cette barrière de flammes. Grâce à l'ouïe fine du loup que j'incarnais, je l'entendis s'étouffer. Il devait manquer d'air. Ne réfléchissant pas davantage, je détalai sans prévenir droit devant. Je bondis sur un dolmen avant de sauter pour passer au travers des flammes. Je sentis leur souffle brûlant sur mon corps, mais la seconde d'après, j'étais de l'autre côté. Je m'arrêtai nette en voyant Remus par terre, inconscient. Je me métamorphosai immédiatement pour reprendre forme humaine et sortis ma baguette. J'essayai plusieurs sorts sur lui, en vain. Il lui fallait de l'oxygène. Je tendis ma main vers les flammes qui avançaient sur nous, resserrant toujours plus leur étau. Je me concentrai avec plus d'intensité que jamais. Ma main se mit à trembler, et je finis par fermer les yeux, luttant contre l'envie d'arrêter. Je me vidais de mes forces petit à petit. Créer du feu était facile... mais contrôler un incendie qui n'était pas le mien était inédit. Je n'avais jamais fait ça auparavant, et c'était beaucoup plus éprouvant.

Le combat sembla durer une éternité. Quand je rouvris les yeux, les flammes étaient toujours là, à peine réduites. Le temps me faisait défaut. Remus avait besoin de sortir de cet environnement étouffant. Je sentis quelque chose basculer en moi, comme un souffle de puissance. Je lançai un sort à Remus pour faire apparaître une bulle protectrice autour de lui avant de pointer ma baguette en l'air, mettant toute la volonté dont j'étais capable pour arrêter cette catastrophe. La foudre sortit de ma baguette et alla crever la fumée noire pour déchirer le ciel bleu qui se noya dans l'encre comme en pleine nuit, plongeant Poudlard et ses environs dans l'obscurité. Le tonnerre fit vibrer le sol par ses rugissements puissants et une averse d'une rare violence s'abattit sur nous.

L'éclair sorti de ma baguette continuait de zigzaguer en intensifiant toujours plus les trombes d'eau. Je regardai les flammes se courber sous cette violence. Si un crétin avait réussi à créer un feu ensorcelé, la trombe d'eau que je faisais tomber l'était aussi. Je tendis ma main libre en direction des flammes et me concentrai à nouveau, mêlant les deux formes de magie pour doubler d'efficacité. Le feu finit par s'étouffer, laissant découvrir peu à peu des arbres calcinés. Je stoppai le sort envoyé au ciel d'un coup, exténuée par la puissance magique que cet effort m'avait demandé. Je reportai mon attention sur Remus et annulai le sort pour faire disparaître la bulle protectrice.

J'allai m'accroupir à ses côtés et pris le haut de son corps dans mes bras pour le serrer contre moi. Cela me ramena brièvement dans le passé, par un flash qui me montra une cellule où une faible lueur éclairait à peine un visage déjà marqué par la mort. Cette pensée me fit monter les larmes aux yeux. Je ne voulais pas que ça recommence. Pas avec lui. Je lui ouvris doucement la bouche et déposai mes lèvres, soufflant lentement. Je répétais l'opération à plusieurs reprises, bien que je manque moi-même un peu d'air. Je posai ma baguette sur sa poitrine pour essayer de lui rendre de l'oxygène au travers d'un sort. Son corps sursauta brusquement dans mes bras une seconde après, et je me redressai, soulagée. Remus se réveilla en toussant violemment... j'étais vraiment contente qu'il ouvre les yeux. Il m'adressa un regard d'incompréhension, auquel je répondis d'un faible sourire. Il allait bien. Il était en sécurité désormais. Je pouvais me laisser aller. L'air m'avait trop manqué à moi aussi. J'avais dépensé trop d'énergie en éteignant le feu. Je n'avais plus la moindre force. Je passai doucement ma main sur sa joue, et puis son corps m'échappa, et ce fut à mon tour de sombrer. 
 
|Couloir de l'infirmerie|

~  Point de vue de Remus ~
 
J'étais inquiet pour Prue. Je ne cessais de repenser à mon réveil dans la forêt. J'avais ouvert les yeux sur elle, trempée et exténuée... avant qu'elle s'effondre d'un coup. Je chassai cette image de ma tête. L'infirmière était en train de l'ausculter. Je tournais en rond devant les doubles portes de l'infirmerie, priant pour qu'elle n'ait rien de grave. Je m'en voulais tellement. Si je n'avais pas été dans la forêt, peut-être qu'elle n'aurait pas cherché à dépasser ses limites. Les professeurs et mes amis de Maraudeurs n'avaient pas vu Prue pendant qu'elle essayait d'éteindre les flammes, mais tous savaient que c'était elle à l'origine du déluge qui s'était abattu sur Poudlard. Dumbledore avait été très impressionné même s'il n'en avait pas trop parlé. Sirius quant à lui, m'avait raconté comment elle avait sauté à travers les flammes pour me retrouver. J'étais à la fois touché par son acte de bravoure et impressionné de sa folie douce. Je lui devais probablement la vie. Les Maraudeurs étaient avec moi, tout aussi inquiets. On ne disait rien, mais chacun avait bien en tête ce qui s'était passé. Prue avait été capable de réussir à elle seule là où toute une équipe de professeurs expérimentés avait échoué.

L'infirmière sortit enfin pour nous donner des nouvelles :
 
-         Elle est simplement épuisée. Une bonne nuit de sommeil et demain elle sera en pleine forme.
-         Merci, dis-je. On peut la voir ?
-         Allez-y.
 
On s'installa à ses côtés et on resta un long moment. Mes amis finirent par aller se coucher, mais j'étais incapable de les suivre. J'avais beau savoir que Prue n'avait rien de grave, je ne voulais pas la quitter. Alors je restai auprès d'elle pour la veiller. Elle était bien restée auprès de moi quand j'étais inconscient dans la forêt. Jusqu'au bout. 
 
| Jour, heure et lieu indéterminés |
 
~ Point de vue de Prue ~ 
 
J'ouvris les yeux et ne fus pas surprise de voir le plafond blanc de l'infirmerie. Je m'accordai quelques secondes pour finir de me réveiller avant de basculer sur le côté pour me lever. Je ne sentais plus aucune fatigue m'alourdir le corps. Je me sentais bien. Peut-être même plus puissante encore. Je m'habillai en vitesse et sortis de l'infirmerie en douce, ne voulant pas risquer de rester enfermée dans cet endroit. Me souvenant peu à peu des évènements, je me mis à courir à travers les couloirs pour sortir. Je traversai le parc sans m'arrêter et montai sur une petite colline qui dominait l'environnement. Mon c½ur se serra à la vue d'une portion de forêt dévastée.
 
-         Impressionnant ce que tu as fait hier, lança une voix derrière moi.
-         Merci professeur, répondis-je sans quitter la forêt des yeux.
-         Où as-tu appris à faire ça ?
-         Aucune idée. C'est sorti tout seul. Je n'ai eu qu'à l'imaginer pour que ça se produise.
-         ... En tout cas, tu pourras constater que Gryffondor a gagné quelques points grâce à ton exploit. Tu as sauvé Remus.
-         Plus que les points, retrouvez le coupable si vous voulez vraiment me remercier... Ce feu était ensorcelé, sinon je l'aurais maîtrisé sans problème.
-         Ne t'en fais pas, nous le retrouverons.
 
Pas avant moi. Un souffle de colère me traversa en repensant à cet incendie et aux conséquences qu'il aurait pu avoir.

-         Prue ?
 
Je me retournai et vis Remus venir vers nous. Un sourire vint illuminer son visage lorsque je le regardai, ce qui me fit oublier momentanément ma haine. J'étais contente de le voir en bonne santé. La veille, j'avais vraiment craint de le perdre.
 
-         Et bien je vous laisse, me dit Dumbledore en souriant.
 
Remus salua le directeur d'un signe de tête en le croisant et vint se mettre à ma hauteur.
 
-          Je tenais à te remercier. Tu m'as sauvé de ce brasier.
-          Je ne pouvais pas te laisser griller, plaisantai-je.
 
Il sourit en regardant vers la forêt.
 
-       Tu as vu quelque chose qui pourrait nous aider à comprendre ce qui s'est passé ? demandai-je.
-         Non... Je me baladais et je me suis retrouvé piégé par les flammes. Elles sont apparues d'un coup, je n'ai vu personne.
-         Hum... Peu importe. Tu es là maintenant, c'est le principal.
 
Je sentis son regard sur moi, et je me retins de sourire en reportant mon attention sur la forêt.
 
-         J'ai eu peur pour toi hier, me dit Remus au bout d'un moment.
-         C'est toi qui dis ça ? rigolai-je nerveusement.
-         Quoi, toi, Prudence Hunt, tu as eu peur ? plaisanta Remus.
 
Je ne répondis pas, baissant momentanément les yeux.
 
-         Un peu, avouai-je.
 
C'est terrible n'est-ce pas ? Avoir peur de le perdre... lui... lui que je suis censée tuer plus tard. Bon sang, comment avais-je pu en arriver là ?

Remus me prit doucement dans ses bras, et je répondis à son étreinte. Je le caressai longuement d'une main dans les cheveux, le serrant fort contre moi de l'autre. Je n'arrivais pas à croire à quel point je tenais à lui. A quel point sa présence me faisait du bien. A quel point je ne pourrai me passer de ces moments-là. J'étais si bien dans ses bras. Si bien contre lui. J'avais eu l'impression que tout s'effondrait autour de moi en le découvrant inconscient la veille. Et le voir se réveiller m'avait provoqué une joie inconnue. Je soupirai et enfouit ma tête dans son cou, savourant son contact. Cette sensation au premier abord agréable m'alourdissait.
« Remus Lupin... que vais-je bien faire de toi ? »

L'avenir que m'avait prévu mon père m'apparaissait de plus en plus irréalisable. Mais d'un autre côté, me retourner contre lui me semblait impossible. Avais-je un moyen de sauver la vie à Remus sans perdre mon père ? J'en doutais énormément, mais il fallait que j'envisage toutes les possibilités. Je finis par me dégager de lui, et je dus admettre que les secondes qui suivirent furent difficiles. Parce que nous étions à quelques centimètres l'un de l'autre, que le désir était clairement lisible dans ses yeux, et que je repensais au moment où j'avais posé mes lèvres sur les siennes pour lui donner du souffle. Je crevais d'envie de réduire la distance qui nous séparait pour y goûter à nouveau, seulement je gardais à l'esprit pourquoi j'étais là, et cela suffit à me faire détourner les yeux malgré moi. Contre ma volonté. J'avais de plus en plus de mal à l'accepter... à ne pas pouvoir faire ce que bon me semblait.
« Mon désir actuel est irréalisable... cesse de te faire du mal »
Pourtant lorsque Remus m'entraîna vers le Saule près du lac, je le suivis. Et je restai un long moment contre lui, partagée entre le plaisir d'être avec lui et l'anxiété des conséquences. 
 
|Bureau directorial | 

~ Point de vue général ~
 

-         Comment va Miss Hunt ? demanda McGonagall. Je ne l'ai pas vue à l'infirmerie.
-         Elle est sortie tout à l'heure, répondit Dumbledore. On a plus à s'inquiéter pour notre infirmière qui a failli faire un infarctus en voyant le lit déserté que pour Prudence...
 
Il était assez troublé depuis l'incendie et ne quittait pas la fenêtre. Il regardait  dehors, perdu dans ses pensées.
 
-         Elle va très bien, ajouta le directeur.
-         Je vous trouve préoccupé depuis hier... qu'y a-t-il Albus ?
-         Sa puissance m'impressionne tellement... elle maîtrise l'art de la magie avec une facilité déconcertante. C'est si naturel. Elle me rappelle quelqu'un que j'ai bien connu.
-         De qui parlez-vous ?
-         Peu importe Minerva. Je sais que je me fais de faux espoirs. Ça ne peut pas être la personne à laquelle je pense. C'est impossible, elle est morte depuis longtemps. Il faut que j'accepte l'idée de ne jamais résoudre le mystère de cette tragédie. Même si parfois tout m'y ramène.
 
Minerva comprit de qui le directeur parlait et ne dit plus rien. Elle croyait que cette blessure avait cicatrisé depuis le temps mais elle avait tort. Elle était toujours à vif. Ce qui était normal après tout... un coup de lame se soigne mais ne disparaît jamais.
 
 
| 10 mai 1977 – Pré-au-Lard – 11h |
 
J'étais accroupie sur un toit, regardant les alentours avec une grande attention. Je suivais les Maraudeurs depuis leur arrivée. Quand ils m'avaient proposé de venir avec eux pour la sortie à Pré-au-Lard, j'avais décliné, prétextant le besoin de retourner à l'orphelinat pour régler deux trois trucs. En réalité, je n'avais pas lâché les Maraudeurs, revêtue de ma tenue d'assassin. Et il ne me fallut pas attendre longtemps pour avoir la preuve que j'avais eu raison d'agir ainsi. Lorsque les Maraudeurs s'engagèrent dans une petite rue menant à une nouvelle boutique de farces et attrapes, une personne apparut quelques mètres derrière eux. Une joie sauvage s'empara de moi. Je regardai l'intrus marcher activement dans les pas des Maraudeurs, et en particulier derrière Remus. Lorsqu'il sortit un couteau, je sautai dans le vide, ralentissant ma chute pour atterrir juste derrière lui. Je l'agrippai et le tirai en arrière, l'emportant avec moi sans que les Maraudeurs ne se doutent de quoi que ce soit. 
 
|  Planque de Tracker |
 
J'envoyai ma cible percuter un mur dès que je me matérialisai dans ma planque. Je n'amenais pas mes proies ici normalement, mais là je voulais faire exception. Cette personne masquée n'était autre que l'assassin de la mère de Remus. Si j'avais renoncé à le prendre en chasse au début, car je considérais que le vrai coupable était Jiménez, et non son tueur à gages, j'avais changé d'avis après l'incendie dans la Forêt Interdite. Cet " accident " n'était rien d'autre qu'une tentative de meurtre. Des chaînes s'enroulèrent autour de ma proie, l'immobilisant totalement. Je m'approchai de lui lentement.
 
-           Pourquoi je suis ici ? demanda ma proie.
-          Quand on prend une proie pour cible, il y a toujours un risque d'être pris en chasse à son tour. Jiménez a commandité le meurtre d'Espérance Lupin pour se venger de Lyall... Remus Lupin l'a piégé pour se venger de lui... tu as tenté de le tuer en déclenchant un incendie à Poudlard pour venger ton patron... et tu te retrouves à ma merci parce que je compte me venger. Tu vois, tout n'est que représailles. Tu touches à quelqu'un, et ça déclenche un engrenage. Un engrenage qui s'arrête aujourd'hui, avec ta mort. Personne ne me prendra pour cible.
-          Vraiment ? ricana ma proie.
-          Oui, assurai-je. Déjà, parce que personne ne saura que c'est moi qui t'ai tué... et ensuite, parce que je suis Tracker, et que personne n'est assez fou pour ça.
 
Il déglutit à l'entente de mon nom. Là, c'est le moment où il réalise qu'il n'avait plus aucune chance de ressortir vivant.
 
-          Que peut bien représenter ce type pour " le fantôme de la Mort " ?
-        Ma cible. Et tu n'as pas idée à quel point les prédateurs détestent se faire piquer leur proie. Son sort m'appartient, et tu as essayé de me le prendre.
-          Si tu me laisses sortir, je te jure de ne plus rien tenter contre lui.
-          Je n'en doute pas, dis-je en sortant mon couteau.
 
Je plantai la lame dans son c½ur, plongeant mon regard dans ses yeux jusqu'à ce que toute trace de vie disparaisse. Je sentis un poids s'enlever. Une boule de rage se défaire. Remus était en sécurité désormais.
 
 
|11 mai 1977 – Poudlard – Cours de DFCM – 16h50|
 
Je ne cessais de regarder l'heure sur ma montre, pressée de partir. J'avais encore mal dormi cette nuit, et je commençais sérieusement à manquer de sommeil. Même absent mentalement, Remus l'avait remarqué.
 
-          Tu fais quoi la nuit au juste ? me demanda-t-il à voix basse.
-          Si tu savais... répondis-je avec un clin d'½il.
-          Prue... s'exaspéra Remus. Je rêve ou ton esprit commence à dériver ?
-          C'est pas moi m'sieur, c'est Sirius qui me déteint dessus !
 
Il sourit et secoua la tête. Je jetai un ½il vers le prof pour m'assurer qu'il était toujours en train d'aider des Serpentard à l'autre bout de la salle. Je regardai à nouveau vers Remus et sentis une pointe s'enfoncer, comme très souvent depuis la mort de sa mère. La lueur qui faisait tant pétiller son regard sauvage ne s'était toujours pas rallumée. Je baissai les yeux sur son bras et finis par poser doucement la main dessus, en signe de réconfort et de soutien. Remus eut un faible sourire et posa à son tour sa main sur la mienne.
 
 
~ Point de vue de Remus ~
 
J'avais toujours un peu de mal à me concentrer sur les cours. J'avais souvent l'esprit ailleurs depuis la mort de ma mère. Même si la douleur commençait à être moins forte, il m'était difficile de ne pas y penser. Mes amis m'apportaient énormément de réconfort, et leur présence m'était précieuse même si j'avais parfois besoin de m'isoler. Mais de la part des Maraudeurs, ce n'était pas surprenant. Nous étions des frères, je n'en attendais pas moins de leur part même si leur attention était toujours un véritable cadeau. Celle qui m'avait le plus surpris, c'était Prue. D'habitude distante et froide, elle avait changé à la mort de ma mère, m'apportant une présence chaleureuse. Elle était devenue beaucoup plus proche, beaucoup plus douce. Comme si finalement, elle avait fini par ôter son masque froid et impénétrable pour m'apporter du réconfort. Enfin, elle était toujours aussi mystérieuse. Je ne comprenais pas comment elle pouvait avoir des cernes aussi prononcées.
 
-          Tu fais quoi la nuit au juste ? demandai-je sans pouvoir m'en empêcher.
-          Si tu savais, répondit-elle avec un clin d'½il.
-          Prue... m'exaspérai-je. Je rêve ou ton esprit commence à dériver ?
-          ...C'est pas moi m'sieur, c'est Sirius qui me déteint dessus !
 
Je souris en secouant la tête. Elle n'avait pas changé d'un poil pour ça par contre. Toujours à me répondre à côté quand je lui posais une question personnelle. Elle mit sa main sur mon bras, et je souris à son contact auquel je répondis, sentant une fois de plus mon c½ur battre plus fort. Ce n'était pas extraordinaire comme geste, mais venant de sa part, c'était précieux. J'avais l'impression d'avoir une autre Prue ces derniers temps. La même que j'avais rencontrée lors de sa cuite à mon anniversaire.
Une Prue spontanée.

Le professeur passa à côté de nous, et chacun se remit au travail. A la fin du cours, je rangeai mes affaires, impatient de monter dans la salle commune pour me poser tranquillement avec mes amis.
 
-          Prudence ? appela Maxwell alors qu'on se dirigeait vers la sortie.
-          Oui ? dit-elle en se retournant.
-          J'aimerais vous parler.
-          On se rejoint dans la salle commune, me lança Prue.
 
J'acquiesçai et rejoignis les Maraudeurs. 
 
~ Point de vue de Prue ~
 
Je revins vers Maxwell, me demandant de quoi il voulait me parler.
 
-          Je suppose que vous n'avez eu aucun problème avec l'exercice ? commença mon professeur.
-          Aucun.
-          Bien. Comment va Remus ?
 
Je haussai les épaules.
 
-          Un peu mieux. Il lui faudra encore du temps pour se remettre du meurtre de sa mère.
 
Il acquiesça. Je sentais que Remus n'était pas la raison pour laquelle il m'avait gardée. Que voulait-il vraiment ?
 
-          Voyez-vous, j'étais là l'autre jour lorsque vous avez arrêté l'incendie, reprit Maxwell après un temps d'hésitation. Vous avez accompli de véritables prouesses magiques. C'était très impressionnant.
-          Merci monsieur.
-          Alors je ne peux m'empêcher de me demander... pourquoi vous n'arrivez pas à créer un Patronus ? C'est complexe, certes, mais vous avez réussi à faire bien plus dur.
-          ...Le problème ne vient pas de la technique professeur, dis-je sombrement. J'arrive très bien à faire un Patronus.
 
Liant le geste à la parole, je sortis ma baguette et un loup blanc éclatant en sortit pour s'asseoir à côté de moi.
 
-          Donc c'est l'influence que le Détraqueur a sur vous qui vous bloque... dit-il pensivement en regardant mon loup.
-          Que voulez-vous dire ?
-          Nous ne réagissons pas tous de la même façon face à un Détraqueur. Bien sûr, il répand le froid et le désespoir partout où il passe, mais plus la personne est vulnérable, plus il est influant, et donc dangereux.
-          Pardonnez-moi professeur, mais je ne pense pas appartenir à la catégorie des « gens vulnérables », dis-je d'une voix un peu raide.
 
Maxwell eut un sourire à l'entente de ma réponse, comme s'il s'y était attendu.
 
-          Vous êtes incroyablement puissante pour votre âge Prudence... ça ne fait aucun doute, vous êtes incontestablement l'élève qui maîtrise le mieux la magie dans tout Poudlard, professeurs y compris. Votre seul rival de taille est Dumbledore. Il est clair que vous êtes également dotée d'une grande force d'esprit et de caractère. Mais ce n'est pas pour autant que vous êtes dénuée de faiblesse. Les Détraqueurs se nourrissent de la joie humaine. Ils aspirent tout sentiment d'espoir, tout souvenir heureux... Une personne qui en a beaucoup mettra donc plus de temps à être touchée.
 
Mon regard se perdit à l'entente de ces paroles. Des souvenirs heureux ? Je ne pensais pas en avoir... et Maxwell l'avait compris. En m'expliquant ainsi, il laissait clairement sous-entendre... que je n'avais pas ça dans ma mémoire. Je soupirai.
 
-          Vous n'avez pas un souvenir en particulier qui vous rend heureuse ?
-          J'étais trop petite pour m'en souvenir aujourd'hui, répondis-je froidement.
-          ...Vous n'avez plus qu'à vous en faire, dit-il avec douceur.
 
Comment ? Comment avoir des souvenirs heureux ? Il faudrait pour cela que je vive heureuse... et je ne crois pas que ça soit possible dans mon cas. J'étais une tueuse. Ma vie n'était que ténèbres, à l'image de mon âme. Je n'étais pas prête à affronter un Détraqueur avec ça.
 
-          Je vous dirai quand je serai prête.
-          Quand vous le serez, et je suis certain que vous le serez bientôt, repassez me voir.
 
J'acquiesçai et sortis de la salle. 
 
|Salle commune des Gryffondor |
 
 
-        Que voulait Maxwell ? demanda Sirius en me voyant arriver dans la salle commune.
-          M'aider au sujet des Détraqueurs.
-          Alors ?
-          Rien pour l'instant. Je ne suis pas prête à en affronter un. Il faudra patienter.
-          Sans doute ton unique point faible dans la matière.
-          L'unique, en effet.
 
J'allais m'asseoir dans le fauteuil en face de Remus qui m'adressa un faible sourire en me regardant.
 
-          Il sait à quoi ton blocage est dû ?
-          ... Ce sont les mauvais souvenirs qui prennent le dessus quand le Détraqueur s'approche... et je n'arrive pas à me concentrer suffisamment pour en trouver un qui me permettrait de me défendre.
 
Il acquiesça lentement, sachant très bien que je parlais entre autres de ma mère. S'il savait la quantité de souvenirs que j'aimerais effacer...
 
-          Tu finiras bien par passer le cap, assura Remus.
-          Oui.
-          Bataille explosive, ça vous dit ? lança Sirius.
-          Aller c'est parti.
 
Et on se mit en place. On essayait souvent de faire ce genre de jeu qui était vraiment l'occasion de se vider la tête et de rigoler, sans penser à tout le reste. C'était bénéfique pour tout le monde, et en particulier pour Remus.

Cette fois, je ne parvins pas à faire le vide. Je ne cessais de repenser aux évènements récents. Et en particulier à ma dernière traque. J'avais pris en chasse l'homme qui avait tenté de tuer Remus... et ça n'avait rien à voir avec la mission. Contrairement à ce que je lui avais dit, c'est uniquement parce que je n'avais pas envie de perdre Remus que je l'avais protégé de ce prédateur. Je soupirai en posant une carte.
J'avais laissé tomber mon masque pour apporter du réconfort à Remus... j'avais voulu venger sa mère pour apaiser sa souffrance... je venais de tuer pour le protéger.
Jusqu'où étais-je prête à aller pour lui ?
 
 
Chapitre 23 : Représailles



Et voilà pour ce nouveau chapitre ! J'espère qu'il a été à la hauteur de vos attentes =) Laissez vos impressions, c'est toujours intéressant de savoir ce que vous pensez.
 
Bisous à tous
 

Tags : L'histoire d'un assassin - Partie 1 : L'amour d'un Assassin - tome 1

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Comments :

  • Dum-Cha

    22/12/2016

    On dirait que Remus prends de l'importance dans la vie de Prudence, espérons qu'il sauront la faire basculer du bon côté..mais quel est le bon côté ?

  • aliseevila

    03/01/2016

    Un chapitre excellent. C'est un vrai plaisir de suivre ton histoire. Désolée de mon manque d'inspiration dans mes commentaires.

  • hostfresh-HarryPotter

    23/06/2014

    Mumus a bcp d'importance chez Prue ca se voit.

  • aSupernaturalLife

    16/04/2014

    Mais bon, je patienterais, ta fiction vaut le coup ;)

  • aSupernaturalLife

    16/04/2014

    Franchement, je serais très triste quand j'aurai tout les chapitres publiés xD il va falloir attendre après x) !

  • aSupernaturalLife

    16/04/2014

    J'ai eu raison de continuer, ce chapitre était d'enfer *.*

  • harry-potter-8-fic

    08/04/2014

    J'ai encore beaucoup aimé ce chapitre.

  • evanalinch-lunalovegood

    05/03/2014

    Canon comme chapitre. Ai eu un sérieux doute quand remus se tenait devant jeminez

  • assassin-maraudeurs

    04/03/2014

    evannarogue-hpfanfic wrote: "J'adore! J'étais certaine que Remus ne pourrait pas tuer Jiménez, il est trop bon pour ça… Quoique j'ai quand même eu un petit doute quand il s'est tenu devant lui… :)

    On dirait que Prue et Remus affectionnent l'infirmerie… C'est devenu leur lieu de rendez-vous! haha (x))

    J'aime bien voir Prue se "transformer" peu à peu, s'attacher toujours un peu plus à Remus. Le fait qu'elle ait tué pour le venger (et le protéger) prouve qu'elle tient vraiment à lui. Je suis surprise que le tueur ait réussi à l'infiltrer dans l'enceinte de Poudlard (la forêt est dans l'enceinte?) et qu'il se soit fait prendre par Prue après!

    On dirait que Dumbledore a connu la mère de Prue, et qu'il était attaché à elle. Je me demande si c'était seulement parce qu'il l'avait aimé comme élève (un peu comme Harry et Tom) ou s'il avait un lien avec elle… Est-ce que ça pourrait être sa fille/nièce…? Je trouve ça un peu farfelu comme hypothèse, mais j'y ai pensé quand même (x)).

    Je n'ai pas grand-chose de profondément constructif à dire, c'est pas mal tout! Je m'excuse du retard, je n'ai pas eu beaucoup de temps pour lire cette semaine. Ça va sans doute prendre encore du temps avant que je lise au complet l'autre chapitre. ://
    "

    Haha, oui Prue et Remus se retrouvent souvent à l'infirmerie ^^ Il faut dire qu'ils se le cherchent un peu aussi hein.

    La forêt se trouve bien dans l'enceinte de Poudlard, mais Prue est la preuve qu'aucune sécurité n'est infaillible ^^

    Dumbledore était effectivement attaché à la mère de Prue. D'abord comme élève, puis ensuite comme amie. Pas de lien familial entre eux ;)

    T'inquiète, prends ton temps pour lire la suite =) C'est sympa d'avoir laissé ton avis, comme à chaque fois.
    Bisous et à bientôt !

  • evannarogue-hpfanfic

    04/03/2014

    J'adore! J'étais certaine que Remus ne pourrait pas tuer Jiménez, il est trop bon pour ça… Quoique j'ai quand même eu un petit doute quand il s'est tenu devant lui… :)

    On dirait que Prue et Remus affectionnent l'infirmerie… C'est devenu leur lieu de rendez-vous! haha (x))

    J'aime bien voir Prue se "transformer" peu à peu, s'attacher toujours un peu plus à Remus. Le fait qu'elle ait tué pour le venger (et le protéger) prouve qu'elle tient vraiment à lui. Je suis surprise que le tueur ait réussi à l'infiltrer dans l'enceinte de Poudlard (la forêt est dans l'enceinte?) et qu'il se soit fait prendre par Prue après!

    On dirait que Dumbledore a connu la mère de Prue, et qu'il était attaché à elle. Je me demande si c'était seulement parce qu'il l'avait aimé comme élève (un peu comme Harry et Tom) ou s'il avait un lien avec elle… Est-ce que ça pourrait être sa fille/nièce…? Je trouve ça un peu farfelu comme hypothèse, mais j'y ai pensé quand même (x)).

    Je n'ai pas grand-chose de profondément constructif à dire, c'est pas mal tout! Je m'excuse du retard, je n'ai pas eu beaucoup de temps pour lire cette semaine. Ça va sans doute prendre encore du temps avant que je lise au complet l'autre chapitre. ://

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