Chapitre 26 : Retour dans l'ombre

" Il est temps de dire au revoir à Poudlard et aux Maraudeurs... et de retourner dans l'antre des Ténèbres. Rien n'a changé là-bas... rien, sauf moi. "
 
Chapitre 26 : Retour dans l'ombre
 
>> Chapitre contenant une allusion au précédent mot de Tracker : " Au rapport "
 
 
|30 juin 1977 – Poudlard –  Parc – 17h12|

 
Dernier jour avant le départ. Dernier jour avant que je réintègre pleinement mes appartements au manoir de mon père.
Assise sous le saule, je regardais pensivement les Maraudeurs se charrier un peu plus loin. J'étais quasi certaine qu'ils allaient finir dans le lac à force de faire les andouilles. Je soupirai en pensant au rapport que j'avais rédigé sur eux la veille. Un rapport très positif qui allait satisfaire mon père : j'avais atteint tous les objectifs. Je les avais même largement dépassés.

La seule petite nuance que j'avais oublié de préciser... c'est que si j'étais devenue importante aux yeux de mes cibles... c'était réciproque. Les Maraudeurs faisaient eux aussi parties de mon quotidien. Moi aussi je les appréciais. Moi aussi j'attachais de l'importance à la relation que j'avais avec eux. Une relation que je ne voulais pas voir s'affaiblir... encore moins disparaître. A la lecture de ce rapport, mon père allait penser que je contrôlais tout à la perfection, fidèle à mon image. Que tous mes actes étaient soigneusement réfléchis pour me permettre d'avancer avec précision dans le cercle des Maraudeurs. Tout laissait croire que je manipulais mes cibles. C'était vrai au début. Mes actes et mes paroles étaient choisis avec soin. Je sautais sur la moindre opportunité qui se présentait pour me rapprocher de mes cibles. Seulement j'avais bien vite cessé ce jeu. J'avais arrêté de réfléchir au bout de quatre mois à peine. C'était inutile. Ma relation avec les Maraudeurs était naturelle.
En fait, c'est bien ce qui me faisait peur. Surtout avec Remus. Je craignais de ne pas résister à la prochaine étape de la mission. « Devenir intime »... ah ça aucun problème, je savais que je n'aurai aucun mal à atteindre ce nouvel objectif. Le seul petit souci, c'est que ça risquait d'être pour de vrai.

Je fermai les yeux en soupirant, appuyant ma tête contre le large tronc du saule. Dans les moments comme celui-là, où je faisais le bilan « réel » de la mission, je me disais que je ferais mieux de l'abandonner. De tout arrêter. C'était de la pure folie. Je n'étais pas faite pour ce genre de travail. Je réussissais tellement bien ma mission que je risquais de la faire échouer. C'est vrai quoi. Tout se passait tellement bien... si naturellement... que j'en étais arrivée à ne plus me sentir en mission ! Je n'avais plus besoin de faire semblant. Plus besoin de me forcer. Cette mission, je la vivais pleinement. Et c'était ça le problème. Je lui trouvais un intérêt personnel. Pourtant, Jack m'avait bien appris à ne jamais rendre une mission personnelle. Toujours rester concentrée sur les objectifs, pour agir en véritable professionnelle du crime et de la manipulation. A la place, j'étais en train de m'attacher à ceux que je devrais tuer. Cela m'avait paru aberrant depuis que j'en avais conscience. Mais maintenant, la cause de cette erreur me paraissait évidente.

Jusqu'à mon entrée à Poudlard, j'étais coupée du monde. Je ne sortais que pour tuer. Ma vie se résumait à mes activités criminelles. Je n'étais qu'un fantôme, connu véritablement de trois personnes seulement. Malgré toute l'affection que j'avais pour eux, je ne pouvais pas leur montrer. L'explication était très simple : nous étions tous les quatre des tueurs. Mon père était un mage noir exceptionnel... mon mentor était un assassin hors catégorie... quant à Diego et moi, nous étions des survivants par excellence. Des loups qui avaient combattu ensemble dès le début. De quoi auraient l'air des personnes telles que nous si on se mettait à se montrer nos sentiments ? C'était incompatible. Nous étions des tueurs.  Des guerriers. Les sentiments n'avaient pas leur place dans nos vies. Aucune faiblesse n'était permise. Il nous fallait une carapace infaillible.

Ici à Poudlard... il n'y avait aucune règle. Tout était tellement différent. J'avais l'impression que c'était un autre monde, parallèle au milieu criminel dans lequel je baignais depuis toujours. Quand je ne mettais pas le masque de Tracker, quand j'étais Prue et rien d'autre, je n'avais pas besoin de dégager cette image froide, distante, infaillible. Ici, tout était simple. Je n'avais pas à me faire craindre ou respecter. Il n'y avait aucun enjeu autre que celui de réussir mes examens et de gagner la coupe de Quidditch. Cela ne voulait pas dire que je n'aimais plus ma vie de l'ombre. Loin de là. J'étais très impliquée dans mes activités criminelles. Les projets de mon père n'étaient qu'une partie de mon travail. En parallèle, j'avais mes propres projets, et j'oeuvrais avec acharnement pour les réaliser. Mais il fallait reconnaître que ça faisait du bien de vivre autre chose.
Avant, ma vie n'était faite que de violence et de meurtre. D'honneur et de vengeance. Aujourd'hui, je faisais toujours couler le sang, c'est vrai, mais ma vie ne se résumait plus qu'à ça. J'avais abordé le monde avec une vision neuve. Je m'étais un peu ouverte. Ca m'avait beaucoup apporté. Au début, je pensais qu'il me faudrait prendre sur moi pour supporter cette mission. Maintenant, j'aurais voulu qu'elle ne s'arrête jamais.
 
Je sortis de mes pensées en entendant un bruit de plongeon. Et voilà, comme je l'avais prédit, Peter avait fini à l'eau, suivi par James et Remus, sous les rires de Sirius qui se tenait fièrement au bord. Il me sembla donc normal de le pousser par la pensée afin qu'il rejoigne ses amis. Ce fut à mon tour de sourire en le voyant perdre l'équilibre et tomber la tête la première, sans même savoir qui l'avait attaqué. Il ressortit une minute plus tard, après avoir coulé James une ou deux fois. Ah, Sirius Black. Mon regard sur lui avait peut-être évolué, il restait ma cible préférée. Il était bon joueur, j'aimais bien m'en prendre à lui. C'était amusant. Il m'adressa un grand sourire en se dirigeant vers moi, un peu essoufflé. Il se laissa tomber à mes côtés et se colla à moi pour me faire un câlin... mouillé.
 
-         Enfoiré, lâchai-je en voyant mon tee-shirt se tremper.
-         Moi aussi je t'aime, nargua Sirius en se redressant.
 
On regarda les autres Maraudeurs qui continuaient à s'amuser dans l'eau.
 
-         J'ai un truc à te demander, commença Sirius.
-         Hmm ?
-         J'aimerais que tu profites des vacances pour réfléchir à toi et Remus.
-         De quoi tu parles ? m'étonnai-je.
-         Prue, arrête. Tu crois qu'on est aveugle ? Remus et toi vous comportez presque comme un couple. Vous êtes inséparables dans tous les sens du terme !
 
Mon c½ur accéléra brusquement.
 
-         Je l'apprécie beaucoup, mais je ne peux pas aller plus loin Sirius.
-         Pourquoi ? Pourquoi tu refuses de te lâcher ?
 
Je soupirai, ne voulant pas répondre. Avoir ce genre de discussion alors que j'étais en train de faire le bilan de ma mission n'était vraiment pas une bonne chose.
 
-      Lâche prise Prue... la vie est tellement plus agréable quand tu te libères. Franchement, qu'est-ce qui te retient ? Je ne t'ai jamais vue aussi souriante que depuis que tu t'es rapprochée de lui. Et Remus aussi est beaucoup plus heureux depuis que tu es là.
 
Je sentis mon c½ur dérailler malgré moi. Je n'arrivais pas à croire que Sirius puisse voir à quel point je me sentais bien avec Remus. A quel point il était capable d'influencer mon humeur... mon bien-être.
 
-         Promets-moi d'y réfléchir.
-         Je le ferai, assurai-je.
 
Je n'avais pas le choix de toute façon. Il fallait que je prenne une position claire à ce propos. Sirius avait raison, notre relation était déjà trop ambiguë. Je ne pouvais plus continuer ainsi
 
|1er juillet 1977 – Train Poudlard / Quai de Londres n°9 ¾ - 17h|
 
Le train s'arrêta progressivement. Je ne me décidai à quitter l'épaule de Remus que plusieurs secondes après l'arrêt total. Comme les Maraudeurs, je n'avais pas envie de descendre. Je n'avais pas envie de leur dire au revoir. Pourtant il le fallait.
 
-         On s'écrit pendant les vacances ? demanda James en serrant Remus dans ses bras lorsqu'on fut sur les quais.
-         Promis. On se verra aussi ! répondit le concerné.
-         On se tient au courant, assura Sirius en prenant à son tour Remus contre lui.
 
Ils se serrèrent dans les bras chacun leur tour. Je regardai ces adieux assez... émouvants. Les voir s'aimer autant était assez troublant. Leur amitié était une véritable forme d'amour. On aurait dit des frères qui ne se reverraient plus jamais, alors qu'ils allaient sans doute se voir dans une semaine. Je soupirai, regardant les autres élèves se souhaiter de bonnes vacances. Ils allaient tous couler des jours de repos et de plaisir avec leur famille, peut-être voyager, s'amuser avec leurs amis... pendant que moi j'abattrai des cibles sur mon territoire de chasse, passant le reste du temps dans mes appartements ou à me battre. J'avais prévu de faire pas mal de recherches aussi. Je n'allais pas m'ennuyer, ça c'est sûr, mais c'était la reprise des affaires à temps plein. Mes vacances prenaient fin alors qu'elles commençaient pour tout le monde. Sans que je m'y attende, deux bras m'étreignirent par derrière.
 
-         Tu vas me manquer beauté fatale, me dit Sirius en m'embrassant tendrement dans le cou.
 
Je souris et me retournai pour répondre à son étreinte.
 
-         Toi aussi beau gosse, plaisantai-je.
 
Il m'adressa son sourire le plus charmeur en se dégageant quelques secondes plus tard. Je devais sans aucun doute être la seule fille au monde à y rester indifférente.
Ce fut au tour de Peter de me prendre contre lui, puis James. Il prit ma tête et la colla contre son torse si bien que je ne vis plus rien.
 
-         Eclipse ! rigola le jeune Potter. 
-         Haha, ne fais pas trop de bêtises avec Sirius, lui dis-je en me dégageant, bien que ce fut inutile.
-         Nous ? Naaaan ! Tu nous connais ! On sera sage comme des images, assura James en faisant apparaître une auréole au-dessus de sa tête.
-         Ou agités comme un vif d'or... acheva Sirius avec une lueur de malice dans les yeux.
 
Ils pouffèrent, ayant sans doute déjà deux ou trois idées de conneries en tête.
 
-         Prends bien soin de toi, murmura Remus en me prenant à son tour dans ses bras avec douceur.
 
Je le serrai moi aussi, me calant dans son cou. Je fermai les yeux et profitai de ce dernier contact. Je savais que pendant les vacances, la séparation avec le monde « normal » allait me replonger dans la noirceur de mon être. Je savais que la louve reprendrait le dessus. Je n'aurai aucune raison de l'endormir, au contraire. Il était temps de lui rendre sa liberté. Cela allait me faire le plus grand bien. Pourtant, je devais bien admettre que la relation avec Remus allait beaucoup me manquer. Plus d'affection, plus de provocation... plus de frustration non plus.
 
-         Tu vas me manquer, murmura Remus.
 
Je le serrai davantage, comme pour lui dire que je ne voulais pas qu'on parte chacun de notre côté. Je n'avais pas envie de vivre cette séparation qui était pourtant nécessaire.  Lorsqu'on se détacha, je lui adressai un sourire réconfortant, alors que je sentais déjà une toute petite partie de moi s'éteindre à l'idée de partir. Je lui déposai un bisou sur la joue, m'attardant un peu près de son visage.
 
-         Bonnes vacances mon Lunard, lui soufflai-je.
 
Je reculai d'un pas, tenant toujours ses mains dans les miennes, sans le quitter des yeux. Et puis nos mains finirent par glisser, et on se lâcha complètement. J'adressai un dernier sourire à toute la bande avant de me retourner. Je me mordis la lèvre pendant que j'avançais, ayant une insupportable envie de me retourner pour les voir une dernière fois. Mais je tins bon et continuai ma route, jusqu'à transplaner avec mes bagages. 
 
 
| Manoir  Voldemort – 19h|
 

J'avais pris le temps de déballer toutes mes affaires dans mes appartements et de me poser. J'aurais pu régler ça en quelques secondes avec l'aide de la magie, mais j'avais préféré ne pas l'utiliser. J'avais besoin de me retrouver un peu seule. Je soupirai pour la énième fois, des souvenirs de l'année refaisant surface. J'étais déjà nostalgique. Je parvins toutefois à retrouver le sourire en songeant à Diego. J'allais bientôt retrouver mon cher frère de c½ur. J'étais tellement impatiente. En attendant, il fallait que j'aille dire bonjour à mon père.  
 
-         Ah... te voilà enfin, accueillit la voix sifflante de mon père lorsque j'entrai dans ses appartements.
 
Il se leva de son fauteuil en ouvrant les bras.
 
-         Père, saluai-je avec respect.
 
Il me prit dans ses bras, me mit une tape amicale sur l'épaule et me relâcha.
 
-         Alors, bilan de l'année ?
-         Nickel. Voici le rapport, dis-je en lui tendant.
-         Et au niveau scolaire ?
-         J'ai passé une excellente année. Les ASPIC ne poseront aucun problème.
-         C'est très bien. Je suis désolé de te dire ça, mais ta mission va te mener jusqu'au métier d'Auror, c'est une certitude désormais. Alors autant de prévenir : tu n'auras pas le droit d'échouer aux examens l'an prochain. Une fois le rang des Aurors intégré, tu seras notre meilleure espionne, et une source d'informations en or. En plus d'être une excellente tueuse à gages bien sûr. Probablement la meilleure infiltration jamais réalisée.
 
J'avais l'impression que des ondes de plaisir me parcouraient malgré moi. La mission allait encore durer. J'avais du temps devant moi.
 
 -         Assez parlé de tout ça. J'ai besoin de toi pour un travail...
 
Je balayai bien vite mes pensées réjouissantes.

-          En quoi puis-je vous servir ?
-          Matt a découvert une taupe parmi les récentes recrues. Il affirme l'avoir vue discuter avec des Aurors.
-             Une taupe ?
-             Il fallait bien s'y attendre.
-             Les Aurors savent donc que nous existons ?
-         Ils savent que les « Mangemorts » existent. Rien d'autre. Je n'ai pas encore parlé aux nouvelles recrues des sujets importants justement à cause de ce genre d'homme.
-         Vous me demandez de tuer un Auror ?
-         Exact. Ça ne devrait pas trop te coûter.
-         Bien sûr que non.

Je déglutis sous mon masque. Une onde de choc atteignit mon coeur, comme si j'avais reçu une violente décharge.

-           Parfait, se réjouit mon père.
-           Où est-il ?
-       Aux cachots. Matt t'attend là-bas. Les nouvelles recrues viennent ce soir. Je compte bien que cette taupe soit exécutée sous les yeux des autres. Il servira d'exemple. Avant, je veux que tu saches ce qu'il a dit à ses copains de travail.
-         Ok, j'y vais. 
 

| Cachots |

 
Je sentis mon estomac se nouer légèrement lorsque j'arrivai devant la cellule. Le prisonnier était déjà mal en point, presque inconscient. Matt était là lui aussi, baguette à la main. Il était assez doué quand il s'agissait de délier les langues.
 
-         Tu peux nous laisser, dis-je à Matt. Je prends le relai.
-         A vos ordres, dit-il en s'inclinant avant de partir.
 
J'attendis que Matt soit loin pour reporter mon attention sur l'Auror. Je sentis un n½ud se former dans mon ventre rien que de penser à ce que j'allais devoir faire... à un Auror... Un homme de bien et de justice.
 
-         Qui êtes-vous ? souffla ce dernier.
-         Quelle importance ?
-         Je ne vous avais encore jamais vu jusqu'ici.
-         Je suis un fantôme.
 
Il eut un instant d'arrêt, fixant mon masque avec une certaine crainte au fond des yeux.
 
-          Alors c'est vous Tracker ?
-          Je vois que votre court séjour parmi nous vous aura au moins appris ça...
-          Vos petits copains ne peuvent pas me tuer eux-mêmes ?
-          Je ne viens pas vous tuer...  Je viens parce que je dois savoir ce que vous avez dit à vos collègues de travail.
-           Vous savez très bien que je ne parlerai pas.
-         Je peux vous assurer le contraire. Peu importe ce que vous ont fait subir les Mangemorts jusque là. Avec moi, vous serez obligé de céder. Vous ne pourrez pas me résister indéfiniment. Alors au lieu de me faire perdre mon temps et vous de souffrir pour rien, autant que vous me disiez tout maintenant.
 
L'Auror rigola avec amertume.
 
-         J'ai résisté jusqu'à maintenant... je vous résisterai encore.
 
Je m'y attendais, mais au moins j'avais essayé d'obtenir des résultats par la discussion. Maintenant, j'allais devoir employer d'autres méthodes, à mon plus grand regret. Un scalpel posé sur la table du fond s'éleva dans les airs et flotta jusqu'au prisonnier.
 
-         Avant de commencer, je veux que vous sachiez que vous n'avez qu'à me dire la vérité pour que ça s'arrête.
-         Vous pouvez toujours rêver.
 
Je haussai les épaules, et commençai la torture, histoire qu'il comprenne que mes paroles n'étaient pas des menaces en l'air. 
 

|Une heure plus tard...|

 
Ça faisait un moment maintenant que j'avais commencé ma séance de torture. Au début, je ne voulais pas trop toucher l'Auror, mais il s'amusait à m'insulter, à me provoquer... et ça, je ne supportais pas. S'il y a bien une chose qui me mettait hors de moi, c'est le manque de respect. Il fallait que je le domine. Tout comme je m'y attendais, la bête n'avait pas mis très longtemps à refaire totalement surface. Que pouvais-je y changer ? J'étais comme ça, c'est tout. Il suffisait d'un rien pour que je bascule. Mon esprit était rarement en équilibre entre la femme et la louve. Ici, je n'avais aucune raison de mettre une muselière à la bête en moi. Je savais très bien qu'un retour total à la liberté criminelle allait balayer en quelques jours la lumière que j'avais réussi à faire naître en plusieurs mois. Et voilà, c'était fait. Ma cible avait tapé où il ne fallait pas.
 
-         Je commence à me lasser de ce petit jeu... prévins-je.
 
Je n'avais pas encore réussi à lui soutirer quoi que soit, mais ça n'avait aucune importance. Je n'avais rien à faire d'autre de ma journée... j'avais tout mon temps. Il parlera. Tôt ou tard.
 
-          Parle. Qu'as-tu dit aux autres Aurors ?
-         Que vous étiez une belle bande de crétins qui se prenaient pour l'élite ! cracha le prisonnier.
 
Je soupirai devant son entêtement et continuai à faire jouer le scalpel, qui alla se balader sur son torse nu. Il poussa un hurlement, et j'éloignai l'accessoire quelques secondes après. Toutes mes tortures étaient ordonnées par la pensée sur des outils très variés.
 
-         Comment imagines-tu ta mort ? demandai-je de but-en-blanc.
-         En sacrifice pour mon pays.
 
Je ricanai.
 
-          Est-ce que tu es seulement conscient que ton silence ne changera rien à l'avenir de l'Angleterre... ? Tu ne détiens aucune information importante. Mon patron veut juste savoir ce que tu as balancé, par simple curiosité. Que tu parles ou non ne changera rien. Ni pour toi, ni pour personne. La seule chose que tu as à gagner, c'est le choix de ta mise à mort...
-          Alors pourquoi vous donner satisfaction ?
-          Parce que dans le cas où tu t'obstines, mon boss finira par me demander d'aller faire un tour du côté de ta famille pour te faire craquer. Tu n'as pas envie que ça arrive je présume ?
-         Ne les touchez pas !
-        Alors parle. Parle parce qu'au moment où l'ordre me sera donné, je ne pourrai plus rien faire pour eux. Si tu les aimes, passe aux aveux  tant que tu le peux encore. Tu es mort de toute façon. Alors protège-les. Fais-le pour eux.
-         Qui me dit que vous ne les toucherez pas quand même ?
-        Moi je te le dis. Je n'ai qu'une parole. Si tu coopères, j'empêcherais mon patron de s'intéresser à ceux qui te sont chers. Je ne suis pas sadique. Si tu me donnes ce que je veux, je n'aurais aucune raison d'aller jouer avec ta famille. Je n'aime pas faire des morts inutiles.
-         Je n'ai aucune garantie...
-         Tu as ma parole.
-         Que vaut la parole d'un Mangemort ?
-       Rien du tout. Par contre, la parole d'un assassin vaut amplement un Serment Inviolable.
 
L'Auror me regarda plusieurs secondes, et je le vis hésiter.
 
-         Je suis une tueuse à gages... ma vie se résume à l'accomplissement de contrat. Si tu remplies ta partie, je remplirais la mienne.



| Salle de réunion – 21h30 |

 
Mes paroles avaient eu pour effet de rendre l'Auror plus bavard. Il avait enfin lâché le morceau. Les Aurors savaient que nous étions une organisation criminelle, dirigée par un mage noir très puissant. Ils savaient aussi que notre effectif augmentait de jour en jour grâce à nos recrutements réguliers un peu partout. Quant à nos projets, les Aurors savaient seulement qu'il était question de « purification du pays ». L'enquête allait ramer un moment avec ça. C'était bien trop vague pour mettre en place des actions contre nous. Et ils allaient perdre leur unique source d'informations. Mon père n'avait aucun souci à se faire.

J'étais debout, derrière l'imposant fauteuil de mon père, dans l'ombre. Le prisonnier était inconscient et bâillonné sur la longue table en granit noir.
 
-        Bonsoir à tous. Comme vous le savez déjà, nous sommes tous réunis ici ce soir parce que nous avons la volonté d'½uvrer pour atteindre un objectif commun. L'objectif de purifier notre pays. Seulement, pour y parvenir, nous avons besoin d'être encore discret et bien dans l'ombre à cause d'un petit imprévu politique. Le plus dur a déjà été fait. Il ne nous reste qu'à finaliser nos rangs pour concrétiser nos projets. Alors vous comprendrez... qu'avoir un espion parmi nous est... assez gênant.
 
Je ne voyais pas le visage de mon père, mais je devinai qu'il balayait son regard pénétrant et meurtrier autour de la table. Ce regard dont il avait le don pour faire frissonner n'importe qui.
 
-         C'est pourquoi, je tiens à ce que vous voyiez la sanction réservée aux traîtres.
 
Il désigna le corps devant lui d'un signe de tête.
 
-         Cet homme s'appelle Rosens. C'est un Auror, doué pour l'espionnage et les infiltrations. Visiblement pas assez pour nous berner. Comme vous pouvez le voir à son état, il a subi la torture tout l'après-midi. Ça ne s'est arrêté qu'avec votre arrivée. Maintenant, il faut qu'il paie le prix de ses actes.
 
Il siffla à son serpent en Fourchelang, et je sentis mes entrailles se tordre. L'ordre était simple : « mords-le ». Nagini se déroula de ses épaules et glissa sans bruit sur le granit jusqu'au corps. Quelques personnes qui étaient assises autour s'appuyèrent sur le dossier de leur chaise sur le passage du reptile, pour s'en éloigner. Mon père jeta un sort au prisonnier pour qu'il se réveille. A la vue de l'énorme serpent qui approchait, Rosens poussa un cri et essaya de se libérer. Mon père lui coupa le sifflet d'un mouvement de poignet. Nagini se dressa de toute sa taille, restant droite plusieurs secondes avant de frapper violemment, plantant ses crochets venimeux dans le mollet. L'Auror ouvrit la bouche sur un hurlement de douleur que mon père n'insonorisa pas cette fois. Je savais ce qu'il faisait. Il voulait choquer un maximum les nouvelles recrues pour les dissuader de toute tentative de trahison. Personne ne voudrait se trouver à la place de l'Auror.
 
-         Il te reste exactement trois minutes à vivre, annonça mon père sur un ton neutre.
 
L'homme s'affaiblissait à chaque seconde. Le venin de Nagini était terriblement efficace. Mon père eut un sourire cruel et se tourna vers ses hommes les plus fidèles.
 
-         Faites-en sorte que ses derniers instants soient dignes de la mort d'un traître... siffla-t-il.
 
Les Mangemorts encapuchonnés se levèrent et sortirent leur baguette, lançant des sortilèges de torture à tour de rôle. L'Auror ne cessait de hurler de douleur. Je n'avais pas bougé d'un poil, toujours dans l'ombre. Mes poings étaient si serrés que j'en avais mal aux doigts. Ma respiration devenait plus saccadée à chaque hurlement, qui me provoquait des ondes de choc. Cette sensation, je la connaissais par coeur. C'était un souffle de révolte. J'avais envie de bondir hors de l'ombre pour mettre fin à cet effroyable cauchemar. Nous avions obtenu tout ce qu'on voulait de lui, pourquoi continuer le massacre ? J'en voulais à mon père d'ordonner ce genre de mise à mort. Je lui en voulais terriblement. Je sentis une présence à côté de moi.
 
-         Cet homme n'a fait que son travail, souffla quelqu'un.
 
Je reconnus la voix de mon Maître sans difficulté. Jack n'appréciait pas plus que moi la scène.
 
-         Je l'ai torturé plus d'une heure, alors je n'ai pas de commentaire à faire, répondis-je dans un murmure sans quitter l'homme des yeux. Néanmoins, ils pourraient au moins lui accorder une mort plus digne.
 
Mon Maître... Jack. Le meilleur tueur à gages qui existe... mon professeur... mon mentor. J'avais l'immense honneur d'être son élève et sa protégée. De toutes les personnes qu'il entraînait, c'est avec moi qu'il parlait le plus. Il me donnait des astuces, me formait à être réellement à son image. J'avais un grand respect pour lui et une loyauté indéfectible. Lui était un vrai tueur. Les Mangemorts étaient... des psychopathes.
 
 
La victime n'avait déjà plus la force de crier. Et pourtant, il n'était qu'à la moitié de son calvaire. Le temps passait incroyablement lentement. Le venin n'allait pas encore l'achever. Son corps s'élevait légèrement à chaque sortilège avant de retomber... comme un pantin sans fil. J'étais éc½urée.
 
-         Si mes souvenirs sont bons, c'est toi qui étais désignée pour le tuer... rappela Jack dans un souffle.
 
Jack me demandait clairement de mettre fin au supplice. J'eus un moment d'hésitation en regardant le fauteuil de mon père. Il avait ordonné une mort atroce pour dissuader les traîtres. Que penserait-il si j'intervenais avant ? Mon regard se posa à nouveau sur l'Auror, et ce fut comme si mon esprit se vidait. Jack avait raison, c'était à moi de le tuer... et c'est ce que je voulais. Je refusais d'assister à ça plus longtemps. Je sortis mon couteau et visai le corps de l'Auror. J'hésitai encore une fraction de seconde. J'allais tuer un innocent. La lame s'éleva par la pensée et alla frapper en plein c½ur, mettant un terme à son agonie. Les Mangemorts se tournèrent vers moi, me reconnaissant au travers de l'usage d'un couteau. Je ne voyais pas leur visage à cause des masques, mais je pouvais deviner qu'ils étaient choqués par mon geste. Mon père se tourna vers moi, le visage fermé, et je sortis lentement de l'ombre.
 
-         Tu aurais pu attendre encore une minute, reprocha mon père avec froideur.
-         La Mort n'attend pas.
 
Mon geste avait répandu une vague froide dans la pièce. J'étais intervenue alors que le Seigneur des Ténèbres avait demandé une mort lente pour le traître. Mais je m'en fichais. C'est moi qui incarnais la Mort ici, et j'avais décidé que son heure avait sonné. Je lançai un sort au cadavre de l'Auror pour le faire léviter, et je quittai la pièce d'une démarche raide en emportant ma victime. Je ne voulais pas qu'il serve de festin à Nagini. J'entendis des pas derrière moi, mais je ne ralentis pas. Jack se mit à marcher à ma hauteur.
 
-         C'est la première fois que je te sens si amère de tuer quelqu'un... fit remarquer Jack.
-         Je ne supporte pas de voir ce genre de mise à mort. Il avait déjà été torturé tout l'après-midi, il avait assez souffert. Pourquoi ne pas lui avoir envoyé un sortilège de mort comme il sait si bien le faire ? Rapide et sans douleur !
-         Tu as toi-même eu recours à ce genre de mise à mort, rappela Jack.
-       Avec un innocent ? Jamais ! Qu'avec les criminels de la pire espèce qui ne méritaient pas de vivre. Avec eux oui, je me régale !
 
Jack ne dit rien pendant plusieurs secondes, et je me rendis compte que j'avais dérapé. Les tueurs à gages sont censés être capables de tuer n'importe qui, mais ça n'avait jamais été mon cas. Je ne pouvais pas. C'était plus fort que moi. Il fallait que mes victimes soient coupables, sinon je n'y arrivais pas.

-          Tu as beaucoup changé ces derniers temps... reprit Jack.
-         Vous savez très bien que je n'ai jamais aimé les injustices. C'est juste qu'avant aujourd'hui, mon père ne m'avait jamais confrontée à cette situation.
-         Tâche de ne pas oublier où ça t'a mené de refuser le meurtre d'un innocent.
-         C'est une menace ? m'enflammai-je en m'arrêtant pour faire face à mon mentor.
-         Un simple avertissement. Je tiens à toi Tracker, je ne voudrais pas que ton père te fasse du mal. Je ne veux  pas que ta vie redevienne un enfer.
 
Des flashs traversèrent mon esprit, enfonçant une lame dans le coeur. Un refus coûte toujours très cher.
 
-         Tracker ! appela un Mangemort. Viens, on va rendre une petite visite à la famille de ce chien de Rosens !
 
Les images de mon passé se volatilisèrent, balayées par un souffle de haine. Je me dirigeai vers le groupe de Mangemorts d'une démarche raide, laissant le corps de ma victime immobile derrière moi.
 
-         Qui vous a donné l'ordre ?
-         Personne. Pourquoi, ça ne te branche pas ?
-         En échange de sa coopération, j'ai promis à l'Auror Rosens de ne pas toucher à sa famille. Alors en plus de ne pas « me brancher », je vous interdis formellement d'y aller.
-         Malgré tout le respect que je te dois Tracker, tu n'es pas mon Maître. Je n'ai pas d'ordre à recevoir de ta part, rappela le Mangemort sur un ton trop sec à mon goût.
 
Je lui mis un puissant coup de poing à la tête en guise de réponse. Je sortis ma lame d'un geste vif et la plaçai sous la gorge de ce merdeux qui osait me défier.
 
-         J'ai fait une promesse... et je compte bien la tenir. Alors si tu veux vraiment y aller... vas-y. Mais sache que je te tuerai dès que tu approcheras un membre de la famille Rosens. Je ne te laisserai pas trahir ma parole.
 
Je le repoussai contre le mur et rangeai mon arme.
 
-         Les règles sont fixées. A toi de voir si tu veux  jouer.
 
Je tournai les talons, passant devant mon Maître sans un mot. Je n'avais pas besoin de voir son regard pour deviner qu'il m'observait attentivement. J'allais éveiller des soupçons en me comportant ainsi, et probablement m'attirer les foudres de mon père. Pourtant, j'étais résignée à protéger la famille de Rosens. Je repris le contrôle sur le cadavre de ma victime, sortant du manoir sans plus attendre. J'avais une dernière chose à faire. Une chose qui allait fortement déplaire. Peu importe.
 
| 2 juillet 1977 – Quartier Général des Aurors – 7h |
 
~ Point de vue général ~
 
Alastor Maugrey Fol ¼il arriva le premier dans le Quartier Général des Aurors, comme tous les matins. Il aimait bien profiter du temps qui lui restait avant le début du service pour jeter un ½il aux différentes missions en cours, et ainsi diriger les équipes. C'était un chef un peu ronchon, mais apprécié pour son efficacité. Il était le meilleur Auror d'Angleterre.

Lorsqu'il arriva dans la salle de réunion, ses entrailles pourtant solides se serrèrent. Son ½il magique balaya la pièce à toute vitesse, à la recherche d'un intrus. Mais il n'y avait que ce corps allongé sur la longue table. Un homme qu'il reconnut de loin. Il s'approcha lentement du cadavre, serrant la mâchoire avec haine. Rosens... un Auror brillant à la carrière ponctuée de belles captures de mages noirs. Un Auror qui avait eu le courage de se porter volontaire pour une mission d'infiltration à haut risque dans le c½ur d'un réseau criminel en pleine montée en puissance. Aujourd'hui il était là, allongé sur la table où toutes les décisions importantes étaient prises. Il reposait dans la tenue avec laquelle il était parti, les yeux clos, les mains jointes sur son torse. Il avait le visage apaisé. Maugrey baissa la tête, sentant le chagrin l'envahir. Il avait perdu l'un de ses hommes. L'Angleterre toute entière avait perdu un combattant pour la justice. Rosens laissait une femme aimante et deux adorables enfants derrière lui. L'Auror eut le coeur lourd face à une telle tragédie.
 
-         Je te promets de continuer le combat jusqu'au bout mon ami...
 
Maugrey ne lâcherait pas. Il n'avait jamais abandonné de lutte, et cette fois-ci ne fera pas exception. Si « les Mangemorts » pensaient que ramener le corps d'un Auror jusque dans le QG serait dissuasif, ils avaient tort. Rien ne pourrait les arrêter. Ils étaient faits pour combattre les Forces du Mal, et ils continueraient. Pour le Bien. Pour l'Angleterre.
 
| Salle de vidéosurveillance – 7h20 |
 
Maugrey avait prévenu les meilleurs Aurors d'arriver plus tôt que prévu pour commencer l'enquête avant l'arrivée des autres équipes. Aaron Potter et Lyall Lupin arrivèrent en même temps dans la salle de vidéosurveillance, où les images de chaque pièce du Ministère étaient projetées sur les murs. Ils étaient déjà au courant pour leur collègue et ami défunt.
 
-        Qu'est-ce qui s'est passé ? demanda Aaron à Maugrey.
-         Rosens a dû se faire démasquer par les Mangemorts, répondit sombrement Alastor.
 
Lyall fronça les sourcils en voyant le gardien assoupi dans son fauteuil. La scène lui rappela étrangement l'enquête sur le drame du White Castle, où tant de morts avaient été découverts en pleine croisière sur l'Océan Atlantique. Le gardien avait lui aussi été neutralisé, laissant le champ libre au tueur. En était-il de même cette fois-ci ?
 
-           Les vidéos ont été supprimées ? demanda Lyall.
-           Pas exactement non. Les vidéos sont toutes bien là. Seulement elles n'ont pas filmé l'intrusion.
-           Attends, je ne comprends pas, arrêta Aaron. Tu es en train de dire qu'il manque des morceaux ?
-            Les vidéos n'ont pas été coupées. On a tout. Seulement on ne voit pas l'arrivée du tueur. Comme si les images avaient été trafiquées.
-          Comment est-ce possible ?
-       Je l'ignore pour l'instant. L'équipe technique est en train de vérifier les dispositifs de sécurité.
 
Maugrey remonta le temps sur les vidéos du QG et s'arrêta à 22h15. La salle de réunion était bien évidemment déserte et fermée. Quelques secondes plus tard, la porte s'ouvrit. Entièrement vêtue d'une tenue noire sans aucun signe distinctif, une personne entra dans la pièce. Son visage était dissimulé des caméras par une capuche rejetée sur sa tête. La personne entra lentement, portant un corps dans ses bras. Maugrey zooma un peu. La tête de Rosens reposait contre l'épaule de l'intrus. La scène était étrange, l'individu transportait le cadavre comme on porte un gamin endormi. Il arriva près de la table et monta sur une chaise pour s'en servir de marche. Il se plaça au centre de la table et s'accroupit pour déposer lentement le corps en position allongée. L'individu sauta à terre et arrangea le cadavre, lui positionnant les mains sur le torse. Il passa une main gantée sur les yeux pour les clore et resta quelques secondes à contempler le cadavre. C'est comme s'il se recueillait. Puis, l'intrus se détourna et leva la tête vers une caméra l'espace de deux secondes. Maugrey arrêta l'image pour zoomer sur son visage. Il était impossible de discerner quoi que ce soit. L'endroit où aurait dû se trouver le visage était caché dans l'obscurité. Maugrey remit la vidéo, et l'intrus sortit de la pièce, passant devant les caméras sans chercher à se cacher jusqu'à la sortie.
 
-        Vraiment étrange, souffla Aaron.
-         Exact, confirma Maugrey.
-         Alastor ! Le légiste a du nouveau.
-         J'arrive.
 
Les Aurors se rendirent silencieusement à l'étage au-dessous pour retrouver leur collègue légiste.
 
-         Alors ? demanda Lyall en arrivant.
 
Le médecin se détourna du cadavre de Rosens pour faire face aux Aurors. Grand et sec au teint cireux avec un regard morne, il avait vraiment la tête de l'emploi.
 
-         Je ne vais pas vous le cacher, Rosens est parti dans la douleur. Il a subi une torture très intense, aussi bien magique que manuelle.
 
Les trois Aurors déglutirent, sentant la rage et le chagrin faire vibrer leur corps.
 
-         Il a également été mordu par un serpent très venimeux. Vu la taille de la blessure, je dirais que le serpent mesure plus de trois mètres.
-         C'est le venin qui l'a tué ? demanda Maugrey.
-         Il est vrai que le venin était mortel, mais ce n'est pas la cause de la mort. Il a reçu un coup de couteau dans le c½ur. Lame de dix-huit centimètres, crantée sur un côté... le genre d'arme qui ne laisse aucune chance. Rosens est mort sur le coup.
-         Tes impressions ? demanda Aaron.
-         Je vous avoue que le tueur a offert une mise en scène qui ne colle pas avec ce qu'a vécu Rosens... tout indique qu'il a subi des heures et des heures de souffrance... et pourtant, le corps a été déposé sur la table dans une position de repos. Le visage semble apaisé. Sa tenue est impeccable. Le tueur a vraiment pris le temps de s'occuper du cadavre alors qu'il a été traité avec beaucoup de brutalité de son vivant. D'ailleurs, le coup de lame dans le c½ur implique une grande précision et une bonne connaissance du corps humain.
-         En clair, tu es en train de nous dire que le tueur est un pro ?
-         Je suis en train de dire qu'à partir de ce que j'ai analysé jusqu'à maintenant, le profil du tortionnaire et du tueur sont totalement différents. Après, il me reste encore du travail, ce ne sont que les premières constatations.
-         Ok, merci pour les infos.
 
Les trois Aurors sortirent de la pièce, pas tellement plus avancés. Il n'y a que Lyall, qui ne cessait de repenser à ce tueur professionnel de la croisière. Ce tueur au profil parfait qui pourrait être le meurtrier de Rosens.
 
| Manoir Voldemort – Appartements Tracker – 9h |
 
~ Point de vue de Prue ~ 
 
J'étais allongée sur mon lit, les yeux grands ouverts fixés sur le plafond. Je ne cessais de penser à Rosens. Je me sentais souillée depuis que j'avais envoyé ma lame transpercer le c½ur de l'Auror. Je n'arrivais pas à me le sortir de la tête. Je ne voulais pas me lever, lire les journaux annonçant la mort tragique de cet Auror en mêlant des témoignages des proches. Je voulais effacer cette journée de ma mémoire. J'allai prendre un bain pour me changer les idées, et essayer de me détendre. En vain.

Je m'habillai avec ma tenue de tueuse. Je sortis mon fidèle couteau et le regardai pensivement. Si j'avais autant de mal à tuer un Auror, qu'est-ce que ça allait être quand mon père allait lancer les attaques publiques... ? Jamais je ne pourrai supporter la mort de tous ces innocents. La louve rebelle en moi m'ordonnerait de sauter à la gorge des Mangemorts.

Je sortis de mes sombres pensées en entendant un sifflement de l'autre côté de la porte. J'allai ouvrir à Nagini pour savoir quel message elle avait à me faire passer.
 
-         Le Maître veut te voir dans son bureau, siffla le serpent. Immédiatement.
-         J'arrive, répondis-je en Fourchelang.
 
Je fermai la porte derrière moi et suivis le reptile à travers les couloirs jusqu'aux appartements de mon père. Arrivés devant la porte, Nagini se dressa et tourna son imposante tête vers moi. J'ouvris pour la laisser passer et entrai à mon tour. Elle glissa directement vers mon père, se dressant une fois près de lui pour se faire caresser la tête.
 
-         Bonjour Père, lançai-je sur un ton neutre.
 
Mon père se détourna de la fenêtre pour me faire face.
 
-            Bonjour Prue.
-            Que voulez-vous ?
-         J'ai appris que tu avais ramené le corps de Rosens jusque dans le QG des Aurors... pourquoi ?
-         Pour marquer les esprits. Je pense que les Aurors doivent connaître le prix à payer pour ce genre de mission.  
-         Un message assez fort, en effet. Bonne initiative.
 
Je ne répondis rien. La véritable raison de mon geste était bien différente. Je voulais simplement que le corps de Rosens puisse revenir à sa famille. J'estimais que cet homme méritait mieux que de disparaître, enterré dans l'immense domaine de mon père. Là au moins, il mourait avec les honneurs. Le pays entier saura pour son courage, qui l'a mené au sacrifice de sa vie.
 
-         J'ai une surprise pour toi, reprit mon père, me sortant de mes pensées.
 
Une surprise ? Depuis quand mon père avait ce genre d'attention à mon égard ? J'entendis la porte s'ouvrir, et je me retournai machinalement pour savoir qui osait entrer sans frapper. Mon c½ur rata un battement en voyant une personne entièrement vêtue de noire, le visage caché par un masque... tigré.
 
-         Asesino... soufflai-je avec effarement.
 
J'aurais voulu lui sauter dans les bras, mais la présence de mon père me rappela à la retenue. Je me dirigeai calmement vers mon frère, le c½ur bondissant de joie.
 
-         Ma Tracker... salua Diego en ouvrant largement les bras.
 
Je ne me fis pas prier pour le serrer contre moi, avec un peu plus d'élan que prévu. C'était si bon de le retrouver enfin après tout ce temps. J'avais l'impression de me sentir plus entière. Plus vivante. Diego était de retour. On se détacha à regret, et je fixai un instant ses yeux bleus au travers de son masque. J'avais tellement envie de revoir son visage.
 
-         As-tu trouvé ce que tu cherchais ? demanda mon père.
-         Oui, répondit simplement Diego. Je suis à nouveau à votre service.
-         Voilà une excellente nouvelle. J'organise un repas ce soir, pour fêter ton retour.
-         C'est un honneur.
-         En attendant, prends le temps de retrouver tes marques. Tracker va te débriefer sur les évènements qui ont eu lieu en ton absence.
 
Asesino inclina légèrement la tête et se dirigea vers la porte, mais je ne le suivis pas tout de suite.
 
-         Merci, lançai-je à mon père une fois Diego sorti.
-         Hmm ?
-         Pour le repas en son honneur.
-         Je sais combien Asesino occupe une place de prestige pour toi. Tu dois être contente de son retour.
-         Je le suis. A ce soir Père.
 
Je sortis à mon tour pour rejoindre Diego dans le couloir. On marcha silencieusement jusqu'à ses appartements, situés juste à côté des miens. Il ouvrit la porte et resta quelques secondes sur le seuil avant d'entrer.
 
-         Tu veux rester seul ? demandai-je.
-         Non, entre. Tu m'as trop manqué.
 
Ses paroles me réchauffèrent le coeur. J'entrai, ôtant mon masque une fois à l'intérieur. Diego referma la porte derrière moi, et je me retournai pour lui faire face. Il resta quelques secondes interdit en posant les yeux sur moi, me décochant un faible sourire.
 
-         Enlève ton masque, demandai-je avec douceur pour le sortir de ses pensées.
 
Il sembla se réveiller et s'exécuta. Il ôta son masque, et ce fut à mon tour de marquer un instant d'arrêt. Il avait beaucoup changé en un an. Il faisait beaucoup plus mature.
 
-         Je t'ai quitté adolescent et je retrouve un homme, plaisantai-je.
-         Que devrais-je dire de toi ?!
 
Je ris en le prenant dans mes bras, le serrant avec émotions. Je sentis Diego hésitant sur le coup. C'est vrai que nous n'étions pas très démonstratifs d'habitude, mais là je ne pouvais pas résister au plaisir de le revoir. J'avais trop souffert de son absence.
 
-         C'est bon de te retrouver vieux  frère, soufflai-je.
-         Ce n'est rien de le dire...
 
On resta une bonne minute l'un contre l'autre, à savourer nos retrouvailles. Pas celles des deux tueurs... mais celles d'un frère et d'une s½ur, à nouveau réunis.
 
-         Tu n'as plus l'intention de partir ? demandai-je en me détachant de lui.
-         Non, rassure-toi.
 
Il me caressa la joue avec une tendresse dans le regard qui me dérouta.
 
-         Alors ce voyage ? demandai-je pour reprendre contenance.
 
Il sourit en s'éloignant un peu.
 
-         C'est une longue histoire.
-         J'ai tout mon temps.
 
Il m'invita à m'asseoir dans un fauteuil côté salon, et il se mit en face de moi, commençant son récit. Je l'écoutai avec attention, fière de tout le chemin qu'il avait parcouru en une année, mais un peu attristée aussi par ce qu'il avait découvert. La vérité avait été douloureuse pour lui.
 
-         Et toi ? demanda-t-il quand il eut fini.

J'aurais voulu trouver les mots justes après le récit de Diego, mais il ne semblait pas disposer à s'éterniser sur le sujet. Respectant son choix, je répondis plutôt à sa question.

-         Contrairement à toi je n'ai pas beaucoup avancé sur mon passé... en revanche, j'ai bien continué ma route en tant qu'assassin... je pense avoir beaucoup évolué depuis la dernière fois qu'on s'est vu.
-         C'est-à-dire ?
-         Disons que je ne suis plus seulement la tueuse à gages de mon père. J'ai pris la tête d'un clan, et je recrute des hommes pour agrandir la meute. Je suis également sur une mission de long terme pour mon père, à Poudlard, où j'ai dû me rapprocher de personnes spécifiques.
-         Woaw toi à Poudlard ?
-         Et oui, dis-je avec le sourire.
-         Tu as réussi je présume ?
-         Oui... seulement vivre en dehors du manoir m'a... dévoilé une facette du monde que je ne connaissais pas.
-         Vraiment ?
-         Oui. Ça a remis en cause pas mal de choses... certains principes, certains projets...
-         Hum, je vois. Tu es en phase de transition quoi.
-         Exactement.
-         C'est quoi cette mission précisément ?
-         Infiltrer les ennemis dès le début pour les surveiller, les manipuler, et les tuer lorsqu'on aura atteint tous les objectifs.
-         Un sacré défi !
-         Que je relève haut la main.
-         Ca je n'en doutais pas, plaisanta Diego.
 
Je ricanai et me lançai à mon tour dans un récit, lui racontant les points clés qu'il avait manqué au niveau des projets de mon père. Il devait savoir où nous en étions pour pouvoir reprendre du service dans les règles.
 
-         Vous aussi vous avez bien avancé, dit Diego impressionné lorsque j'eus fini.
-         Oui. Les choses vont de plus en plus vite.
-         Tu vas avoir du boulot pendant les vacances non ?
-         Oui. Entre les projets de mon père et les miens, je ne vais pas m'ennuyer.
-         Et moi dans tout ça ? taquina Diego.
-         Tu fais partie de mes projets personnels, assurai-je avec un clin d'½il.
-         Intéressant... et qu'as-tu prévu ? demanda-t-il avec le sourire.
-         Je veux que tu prennes la tête d'un clan.
 
Diego haussa les sourcils. Les « clans » dispersés dans le pays désignaient tout simplement des réseaux criminels de petite taille, dont les activités dépendaient des orientations fixées par le chef. Chaque clan avait son territoire. Actuellement, le mien était le mieux placé. J'avais réussi à m'imposer comme leader dans les points les plus stratégiques du pays. Mais j'estimais que Diego devait lui aussi se faire une place dans le milieu en devenant chef. Je ne voulais pas qu'il dépende de mon père pour le "travail".  
 
-         Je t'aiderai à constituer ton groupe. Quand tu seras prêt, tu pourras gagner du territoire sur les autres.
 
Diego eut un sourire en coin, me lançant un regard empli de malice.
 
-       Je ne me suis pas consacré qu'à mon passé pendant un an... le clan des « Tigres » ça te dit quelque chose ?
-         Putain oui, ils gagnent du territoire rapidement depuis deux mois !
-         C'est moi le chef.
 
Je restai sans voix plusieurs secondes. Il est vrai que le choix de l'animal aurait dû me faire penser à Diego, mais j'étais tellement persuadée qu'il était occupé en Italie... Pourquoi ne m'avait-il rien dit ?
 
-         Mes félicitations. Tu as une bonne équipe.
 
Diego continuait de me regarder avec cette assurance dans le regard. Il était encore plus troublant qu'avant son départ. Son charme était encore plus magnétique.
 
-        Je ne pouvais pas revenir en simple tueur solitaire. Je voulais faire mes preuves.
-        C'est réussi. Tu peux être fier.
-         Et toi ? Es-tu fière ?
 
La question me décocha le sourire. Je lui lançai un regard pénétrant.
 
-         J'ai toujours été fière de toi Diego. A mes yeux, tu as fait tes preuves il y a bien longtemps.
 
Une lueur passa dans ses yeux. Je lui tendis la main, où notre tatouage était gravé sous le poignet. Il s'en saisit doucement et posa ses lèvres dessus avec tendresse, me faisant dérailler.
« Moi aussi je t'aime... mon cher frère. »
 

Chapitre 26 : Retour dans l'ombre

 
 
Coucou ! Bon mes vacances ont été malheureusement écourtées. La bonne nouvelle pour vous, c'est que ce chapitre est arrivé dans le week-end comme d'habitude. J'espère qu'il vous a plu.
Je vous prépare le mot de Tracker et l'aperçu du prochain chapitre dès que je peux, j'espère vous les publier ce soir.
Bisous

Tags : L'histoire d'un assassin - Partie 1 : L'amour d'un Assassin - tome 1

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Comments :

  • Dum-Cha

    22/12/2016

    Retour chez elle..prudence à mallgré elle changer et reconnaît l'importance de ses cibles.. je ne sais pas ce qu'il se passe si elle change d'avis ?

  • aliseevila

    25/09/2016

    Encore un excellent chapitre. Merci.

  • fichp-lifealwaysrestart

    01/09/2015

    Hey !
    Déjà j'ai adoré ce chapitre, même si on quitte Poudlard, et donc les Maraudeurs. Les séparations entre eux et Prue étaient touchantes, et j'ai hâte de les retrouver à la rentrée pour leur septième année ! Mais n'allons pas trop vite... Effectivement Prue se fait rapidement rattraper par la part plus sombre qui se cache en elle en torturant Rosen, mais je ne pense qu'elle se fasse complètement engloutir par elle...

    Quant à Rosen, j'ai vraiment admiré son courage. On aurait pu penser qu'il ne dirais rien du tout, et je suis persuadée qu'il aurait tenu si Tracker n'avait pas fait flotter une menace au dessus de sa famille. Toujours aussi cruel Voldemort et ses Mangemorts. J'admire encore une fois l'intégrité de Prue quant à ses valeurs, et aussi comment elle manie la vérité pour qu'elle fasse croire à son père que ramener le corps de Rosen au ministère n'était qu'une provocation envers ce dernier alors que c'était une question d'honneur.

    Par ailleurs j'admire la perspicacité de Lyall Lupin lorsqu'il établit un lien entre le tueur du bateau et celui de Rosen.. J'ai hâte de voir le rôle qu'il va jouer pour la suite, si il en a un, bien sûr.

    Pour ce qui est de Diego, je n'arrive pas à me faire une opinion après cette première apparition, j'attends les prochains chapitre pour me faire une idée.

  • hostfresh-HarryPotter

    23/06/2014

    Ah Diego, libre dans sa tête, derrière sa fenêtre. Petit hommage à Johnny Hallyday. ... Je sens qu'on va pas s'ennuyer dans les prochains chapitre.....

  • Harry-Potter-generationx

    29/05/2014

    Coucou ! :D

    La séparation était trop mignonne ! Mais sur va décider Prue sur sa relation avec Remus ? Grande question ! ;)

    Ah ! En fin on retrouve le Voldemort qu'on connais, cruel et sanguinaire ! C'était asser perturbant de le voir presque amical et sympa dans les chapitres précédent ! ^^

    Les aurorse sont pas sorti de lNauberge avec Tracker même si Lyall a déjà fait le lien avec son affaire précédente :)

    Enfin on découvre Diego ! Comme j'aurais aimer savoir de qu'il s'est passer en Italie mais ça ne fait pas partie de l'histoire on dirais

    Bon je vais aller lire la suite ! :D

    A toute !

    Camille

  • harry-potter-8-fic

    08/04/2014

    magnifique chapitre. Ca va me manquer qu'elle soit plus à poudlard pendant 2 mois et qu'elle soit pas avec rémus.
    Je continuerai à lire demain.
    Bonne soirée.
    Biosus

  • MikaWolfeHP

    31/03/2014

    oh! oh! Je crois que Diego est ... un peu amoureux de Prue on dirait.... ! J'adore ton chapitre! Belle inititative de la nouvelle Prue de ramener le corps de l'auror à leur QG! Et aussi qu'elle empêche les mangemorts de torturer et tuer sa famille. Elle devient plus humaine la Prue!

  • Kleacrazy

    22/03/2014

    Magnifique ! La mise à mort de l'homme était vraiment horrible, heureusement que Tracker à tout stoppé. J'ai beaucoup aimé le faîte que Prue ramène le corps, c'est une belle preuve d'humanité ! :)

  • assassin-maraudeurs

    20/03/2014

    evannarogue-hpfanfic wrote: "Wow. Beaucoup d'éléments dans ce chapitre, et pourtant, je ne sais pas quoi dire!

    Oui, le fait que Prue retourne auprès de son père pour l'été va la ramener dans l'ombre, mais je crois qu'avec tout ce qu'elle a vécu durant l'année scolaire, elle ne pourra pas complètement redevenir celle qu'elle était avant. La mort de Rosens en est la preuve. Je ne sais pas si c'est quelque chose qu'elle aurait fait avant, mais j'ai l'impression (tu me le diras si je me trompe) que Prue a une vision différente de la mort. Différente de celle de son père, c'est certain, mais aussi de celle qu'elle avait avant. Non?

    Ça veut au moins dire que Prue accorde une certaine importance, ou un respect, pour les Aurors? Est-ce que c'est ce que tu voulais démontrer quand elle disait qu'elle était "nerveuse" ou qu'un "n½ud se formait dans son estomac" à l'idée d'infliger cela à un Auror? Ou est-ce que c'était autre chose?

    En tout cas, ce qu'elle a fait avec le cadavre de Rosens, l'apporter au Bureau des Aurors et tout ça, une chance que son père l'ait bien pris! Elle a pris un risque, mais elle est comme ça, notre Prue! ;)

    Pour ce qui est de l'arrivée de Diego, j'ai l'impression qu'il éprouve plus que de la fraternité pour Prue… c'est peut-être juste une impression… En tout cas, j'ai été surprise, mais contente, que Voldemort ne réprimande pas sa fille pour être attachée â Diego, ou qu'il comprenne qu'elle ressentait cette émotion. Peut-être qu'il ne la comprend pas, mais qu'il l'accepte, ça m'a surprise.

    Je ne sais pas trop quoi dire d'autre, à part peut-être que Jack, qu'on n'avait pas vraiment vu/entendu agir avant, a l'air de vouer beaucoup d'importance au respect et à la dignité, comme Prue. Elle n'a pas appris que l'assassinat de son Maître! ;)

    J'ai très hâte de lire le prochain chapitre, je ne demande comment sera la suite! À bientôt!
    "

    Hey ! Toujours un plaisir de lire tes commentaires qui prouvent que tu cernes vraiment bien l'histoire ;)

    Alors pour répondre à ta question, disons que Prue n'a jamais été confrontée à cette situation auparavant. Le fait que son père lui demande de tuer un Auror est inédit. D'habitude, en tant que " nettoyeuse ", ses cibles étaient toutes coupables de quelque chose (même s'il est vrai qu'elle a parfois des réactions extrêmes par rapport au degré de culpabilité). Vision de la mort complètement différente de son père, qui lui est capable de tuer sans aucun problème n'importe qui sans se poser de question. La contradiction de Prue, c'est qu'elle est à la fois une tueuse redoutable, mais aussi dotée d'une certaine conscience.
    Donc Prue n'accorde pas un respect particulier aux Aurors. Elle en accorde aux innocents en général. Quand elle a l'estomac noué avant la torture, c'est parce qu'elle sait très bien que Rosens n'a fait que son métier et ne mérite pas de finir ainsi. Elle se sent coupable, mais d'un autre côté elle n'a pas le choix.
    Et en ce qui concerne l'après-mort de Rosens, Prue a réussi à trouver une "excuse" valable aux yeux de son père pour justifier ses agissements, sans qu'il ne la soupçonne.

    Ah ! Diego. Alors là, on aura beeeauucoup d'occasions d'y revenir, car maintenant qu'il est de retour, il va prendre de l'importance dans l'histoire. Pour ce qui est de ses sentiments à l'égard de Prue, tu auras très vite l'occasion de savoir si tu as vu juste ou pas ;) Concernant la réaction de Voldemort.... disons qu'il le prend bien parce que ça reste de la fraternité. Prue et Diego se définissent comme des frère et s½ur d'armes et de c½ur. Donc pas de souci pour Voldemort. Le problème pourrait éventuellement se poser si la relation était plus intime.

    Quant à Jack, si Prue l'a choisi comme mentor, c'est bien parce qu'il est un tueur avec des valeurs. Et Jack a continué à former Prue dans ce sens, pour qu'elle soit à son image.

    Pour la suite, tu sauras dès samedi où ça mène lorsque les ordres de Voldemort vont trop à l'encontre des valeurs de Prue... et lorsque celle-ci se permet de le dire. " Désaccord " est un faible mot pour illustrer le prochain chapitre ^^

    Bonne fin de semaine, et à très bientôt =)

  • evannarogue-hpfanfic

    20/03/2014

    Wow. Beaucoup d'éléments dans ce chapitre, et pourtant, je ne sais pas quoi dire!

    Oui, le fait que Prue retourne auprès de son père pour l'été va la ramener dans l'ombre, mais je crois qu'avec tout ce qu'elle a vécu durant l'année scolaire, elle ne pourra pas complètement redevenir celle qu'elle était avant. La mort de Rosens en est la preuve. Je ne sais pas si c'est quelque chose qu'elle aurait fait avant, mais j'ai l'impression (tu me le diras si je me trompe) que Prue a une vision différente de la mort. Différente de celle de son père, c'est certain, mais aussi de celle qu'elle avait avant. Non?

    Ça veut au moins dire que Prue accorde une certaine importance, ou un respect, pour les Aurors? Est-ce que c'est ce que tu voulais démontrer quand elle disait qu'elle était "nerveuse" ou qu'un "n½ud se formait dans son estomac" à l'idée d'infliger cela à un Auror? Ou est-ce que c'était autre chose?

    En tout cas, ce qu'elle a fait avec le cadavre de Rosens, l'apporter au Bureau des Aurors et tout ça, une chance que son père l'ait bien pris! Elle a pris un risque, mais elle est comme ça, notre Prue! ;)

    Pour ce qui est de l'arrivée de Diego, j'ai l'impression qu'il éprouve plus que de la fraternité pour Prue… c'est peut-être juste une impression… En tout cas, j'ai été surprise, mais contente, que Voldemort ne réprimande pas sa fille pour être attachée â Diego, ou qu'il comprenne qu'elle ressentait cette émotion. Peut-être qu'il ne la comprend pas, mais qu'il l'accepte, ça m'a surprise.

    Je ne sais pas trop quoi dire d'autre, à part peut-être que Jack, qu'on n'avait pas vraiment vu/entendu agir avant, a l'air de vouer beaucoup d'importance au respect et à la dignité, comme Prue. Elle n'a pas appris que l'assassinat de son Maître! ;)

    J'ai très hâte de lire le prochain chapitre, je ne demande comment sera la suite! À bientôt!

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