Chapitre 27 : Désaccord

 
" La vérité, c'est que je n'ai pas changé. Ceux qui me connaissent le savent. Ils savent que le visage de la tueuse que j'ai montré ces quatre dernières années n'était pas totalement le mien. Il est temps que ça change. Je refuse d'agir contre mon gré. De faire semblant. Il est temps de renouer avec les origines de Tracker. Que ça plaise à mon père ou non. "
 
 
Chapitre 27 : Désaccord

 
|3 juillet 1977 – Manoir Voldemort – Appartement de Tracker – 7h00 |

 
J'étais plantée devant ma fenêtre. La mort de l'Auror était encore présente dans mon esprit. Sa mort avait fait la une des journaux. Je n'avais pas réussi à passer à côté de cette terrible lecture. Je me sentais bizarre depuis sa mort. Pourtant, assassiner une personne, criminelle ou innocente, revient à la même chose, non ? Le geste reste le même. C'était la première fois que je tuais une personne alors que je savais qu'elle était innocente. Je soupirai, essayant de penser à autre chose.

 

Je souris en reconnaissant Diego au-dehors, en train de s'entraîner avec Jack. Diego... j'étais si heureuse qu'il soit de retour. Me réveiller en sachant qu'il était là, de l'autre côté du mur, m'avait procuré un bien fou. J'étais tellement attachée à lui. Il était une partie de moi-même. Tout comme j'étais une partie de lui. Nous ne serions pas ici l'un sans l'autre. Nous n'aurions pas réussi à surmonter les innombrables épreuves endurées dans notre jeunesse. Il m'avait tellement manqué pendant un an... La vie sans lui était plus terne. Même si nous n'avions jamais été très démonstratifs l'un avec l'autre, il est clair que nous étions liés par un attachement sans limite. Il était le seul homme au monde à me connaître aussi bien. Le seul avec lequel j'avais partagé tant d'années de ma vie. Je pouvais tout lui confier... mes plus sombres secrets, mes rares tourments, ma propre vie. S'il y a bien une personne sur laquelle je pourrai toujours compter, c'était lui. Je savais que c'était réciproque. Il n'y avait aucune barrière entre nous. Nos vies étaient identiques. Nous étions semblables.
Tout comme moi, il avait deux  personnalités : l'une violente, brutale, meurtrière... L'autre, gentille et attentionnée. Il ne portait cette dernière facette qu'avec moi. Le reste du temps, il se montrait sous l'apparence la plus impassible et impitoyable qui soit. Un vrai tigre redoutablement sanguinaire.

 


Je sortis de mes pensées en voyant l'entraînement s'arrêter brusquement à la venue d'une troisième personne. Je les observai discuter tout juste une minute avant qu'ils partent chacun de leur côté. Je trouvai ça étrange d'ailleurs. Je suivis Diego du regard aussi longtemps que le champ de vision offert par ma fenêtre me le permettait. Deux minutes après seulement, j'entendais frapper à ma porte.
 
-          Tracker ! appela Diego en frappant plusieurs coups rapides.
 
J'allai ouvrir sans plus tarder, me demandant ce qui pouvait bien l'agiter ainsi.
 
-          Qu'est-ce qui se passe ?
-          Ton père veut qu'on commence à faire connaître le nom des Mangemorts.
-          Quoi ?! Mais il a dit encore avant-hier devant les nouveaux qu'on devait rester dans l'ombre !
-          Il a dû changer d'avis... Il a programmé une attaque à Hertford.
 
Mon c½ur rata un battement. Ça y est. Le moment que je redoutais le plus : le jour où mon père lancerait les attaques publiques. Bon sang, je ne pouvais pas y aller. Je m'en voulais déjà pour un Auror, je ne pouvais pas m'en prendre à des civils innocents. Moi qui pensais avoir encore du temps devant moi... pourquoi un tel revirement ?

-         Et... ? demandai-je innocemment.
-         Tu viens ? Les Mangemorts sont déjà prêts. Il faut qu'on les rejoigne.
 
Des flashs me traversèrent l'esprit, mêlant des souvenirs qui me firent serrer la mâchoire. Des cris, des coups de feu, du sang... un tapis de cadavres. Je secouai la tête. Je refusais de participer à nouveau à ce genre d'attaque.
 
-         Je ne serai pas du voyage, dis-je avec détermination.
 
Diego tressaillit. Il regarda de chaque côté du couloir, comme pour s'assurer que nous étions bien seuls, avant de me faire reculer dans mes appartements. Il ferma soigneusement la porte derrière lui pour garder cette discussion confidentielle.
 
-         Qu'est-ce qui te prends Prue ? Ton père a été clair, il te veut sur le terrain !
 
Je m'en doutais. Seulement je ne voulais pas y aller. Ce n'était pas digne de moi. Pas digne de Tracker. Je ne pouvais pas obéir. Pas cette fois. Ça allait trop à l'encontre de mes valeurs. Je... ne pourrai pas... résister. J'allais forcément me retourner contre les hommes de mon père. Je l'avais déjà fait lors de la première guerre alors que j'étais une gamine... je le ferai encore. C'était inévitable.

-         Je suis une tueuse à gages, dis-je avec fermeté. Un assassin de l'ombre. Pas une Mangemort. Je n'ai rien à faire à Hertford. Merci quand même pour l'invitation, narguai-je.
-         Ton père va être furieux, dit sombrement Diego.
-         Ne t'en fais pas pour moi.
-         Pourquoi reculer Prue ? Tu es le fantôme de la Mort aux yeux de tous...
-       Tuer ne me dérange pas. C'est le pourquoi qui me gêne. C'est contraire à mon code. Tu le sais bien. Les gens que vous allez massacrer ne méritent pas de mourir. C'est du terrorisme. Et je regrette que tu sois obligé d'y participer toi aussi.
 
Il soupira.
 
-         Tu n'as pas changé d'un poil en fait. Je sens que ça va être explosif avec ton père.
-         Je gère.
-         J'espère... fais tout de même attention à ce que tu dis. J'ai assez de boulot pour aujourd'hui. Je n'ai pas envie de devoir en plus enterrer ton cadavre.
 
Il sourit en me regardant de haut en bas.
 
-         Quoi que... je pourrais mater ton corps de rêve tranquillement.
 
Je ricanai, autant par la provocation de Diego que par l'impossibilité qu'une telle chose se produise.
 
-         Prends garde que ce cadavre ne soit pas le tien. 
-         Dans tes rêves ma belle.
-         On verra ça à la fin de la journée...
-         C'est ça, à tout à l'heure.
 
Il fit demi-tour mais je le retins, reprenant mon sérieux.
 
-         Sois prudent Diego.
 
Il sourit en prenant mon visage dans ses mains, me déposant un baiser sur le front.
 
-         Il ne m'arrivera rien, ne t'en fais pas.
 
Je consentis à le laisser partir, le regardant s'éloigner dans le couleur à contrecoeur. Ça ne me plaisait pas du tout qu'il soit sur ce genre de mission... que mon frère puisse prendre part à ce genre de travail. Seulement contrairement à moi, il ne pouvait pas dire non. Ce serait du suicide, et je préférais qu'il se salisse les mains plutôt que de lui demander de prendre un tel risque. Je ne voulais pas qu'il meure.
J'allais retourner dans ma chambre quand je sentis un poids froid glisser sur mes pieds. Le c½ur me remonta à la gorge et je fermai un instant les yeux. Je détestais le contact du serpent. Je vis Nagini se dresser de toute sa taille. Elle me tira sa langue fourchue, me regardant de ses yeux pénétrant. Si elle n'était pas la chouchoute de mon père, je l'aurais poignardée sur-le-champ.
 
-        Le maître veut te parler, siffla Naguini.
-        J'ai bien compris sinon tu ne serais pas là à faire le pigeon voyageur, répondis-je en fourchelang.
 
Elle cracha de colère, me faisant ricaner. Cette saloperie de serpent n'avait jamais été dans mon coeur. Au contraire, elle m'énervait. Elle avait une façon de se pavaner sur mon père... et lui de prendre soin d'elle... il était plus complice et affectueux avec ce foutu reptile qu'avec moi, sa propre fille. Alors j'avais de quoi avoir les nerfs. D'autant plus que je ne pouvais même pas m'occuper de son cas... elle était absolument intouchable. Mon père y était très attaché. En guise de consolation, je ne me privais pas pour la narguer à la moindre occasion. On peut dire qu'elle crachait souvent de fureur en ma présence, j'adorais la mettre hors d'elle. Père me reprochait souvent de la provoquer, mais c'était plus fort que moi. Nous étions comme deux gamins incapables de résister à la tentation de se chamailler. Je la suivis à contrec½ur au travers des couloirs. Je savais déjà où elle m'emmenait, et pourquoi.
Je me préparai mentalement d'ailleurs. Cette fois, le rendez-vous avec mon père n'allait pas être agréable.
 
 

|Cinq minutes plus tard – Appartements du Lord|
 
 
-           Prue... murmura mon père à mon arrivée dans son bureau.
-           Père... lançai-je calmement en ôtant mon masque.
-         Pourquoi n'es-tu pas avec l'équipe qui va mener l'attaque... ? Ça fait déjà dix minutes qu'ils sont prêts.
 
Sa voix douce et à la fois menaçante laissait deviner une colère ravalée. J'avais l'impression de sentir sa rage d'ici alors que j'étais à l'autre bout de la pièce. Je voyais bien qu'il essayait de se contrôler... mais il bouillonnait de l'intérieur. Parce qu'au fond, il connaissait déjà la raison de mon refus, et ça lui était intolérable.
 
-         Je suis une tueuse à gages, répondis-je simplement. Alors à moins qu'une cible ne m'attende là-bas, je n'ai aucune raison de m'y rendre.
-         Certes, tu es une très bonne tueuse à gages. Sans aucun doute la meilleure. Tu peux aussi être une Mangemort hors paire. N'était-ce pas ce que tu désirais... ? Me servir ?
 
Désirer être une psychopathe ? Jamais. Jamais je ne deviendrai une Mangemort. C'était... au-delà de mes limites. Au-delà de tous les efforts que j'étais capable de faire pour mon père.

-         Tueuse professionnelle et Mangemort sont incompatibles. Je vous sers suffisamment en étant tueuse et espionne. Je ne peux pas jouer sur tous les fronts.
 
Il haussa les sourcils. Apprendre que je ne serai jamais cette louve sanguinaire obéissante devait fortement le contrarier.
 
-         C'est quoi ce retournement soudain ? siffla mon père.
-         Je peux vous retourner la question ! Avant-hier vous disiez encore qu'on devait rester discrets... et voilà qu'aujourd'hui vous frappez publiquement !
-          C'est moi qui pose les questions !
-       Ne soyez pas aveugle ! L'assassin que je suis ne peut pas s'abaisser à mener des attaques sur des civils !
-          Tu insinues que les attaques que je planifie ne valent pas ta présence... ? s'énerva le Lord.
-          Attaquer des gens sans défense juste pour le plaisir de montrer la puissance armée que vous possédez... ? Pardonnez-moi, mais je croyais que vous ne me donniez que les missions stratégiques... les cibles importantes... les vrais défis. En acceptant de participer aux attaques publiques, j'accepte d'être un soldat... un simple pion dans votre partie.
 
Je me rapprochai de lui d'une démarche féline, soutenant l'intensité de son regard.
 
-         Je suis bien plus que ça, non ?
 
Il continua à me fusiller du regard. J'avais l'impression de voir des éclairs dans ses yeux. Sa mâchoire était serrée à bloc. Il était sur le point d'exploser. Mon père n'était pas du genre à accepter que les choses ne se passent pas comme il les avait prévues. Mais je n'étais pas non plus du genre à me taire.
 
-         Bien sûr que tu es plus, finit-il par lâcher avec froideur. Mais si je décide de t'envoyer sur le terrain, ce n'est pas pour rien. Quand je te donne un ordre, tu l'exécutes. N'oublie pas à qui tu t'adresses !
 
Une onde de colère se propagea brusquement dans mon corps, j'eus un mouvement d'impatience. Je serrai le poing avec force pour me contenir. Ce fut à mon tour de lui faire comprendre d'un simple regard qu'il s'approchait dangereusement de mes limites. Comme je le redoutais, la louve en moi menaçait de se retourner.
 
-         Vous avez beau être mon père, n'oubliez pas qui je suis, répliquai-je d'un ton glacial.
-         Tu restes ma fille... tu me dois le respect et l'obéissance absolus.
 
J'éclatai d'un rire empli de froideur et d'amertume. Il jouait dangereusement.
 
-         Je te fais rire ? demanda mon père d'une voix menaçante en approchant d'un pas.
-         En vrai, vous me désespérez. Pour vous, père et fille, c'est la même chose que maître et esclave, crachai-je.
 
Je le regardai droit dans les yeux, avec rage et défi.
 
-      Je croyais que vous me connaissiez suffisamment pour savoir... que je ne supporte pas ça.
 
Ça allait déraper. C'était obligé. Je le voyais dans ses yeux. Pour lui, je n'avais pas le droit de réagir, de dire quand quelque chose ne me convenait pas. Et pour moi, c'était inconcevable de garder le silence. Je ne savais pas obéir quand ça divergeait de mes intérêts.
 
-         Reste à ta place, ordonna mon père.
 
La rage monta d'un cran. Il savait pourtant que je n'aimais pas ce genre de discours... il savait qu'il allait me faire dégoupiller... pourquoi continuait-il sur ce chemin qui ne pouvait mener qu'au pire ?
 
-         J'y suis. En tant que digne héritière de Serpentard et assassin, je ne me soumettrai jamais. Je serai toujours seul maître de ma vie. Ne comptez pas sur moi pour n'être que votre pantin, une chienne prête à sauter du haut d'un ravin juste pour vous satisfaire !
 
Mon père s'empara de sa baguette d'un geste vif et je tombai à genoux, retenant un cri de douleur. J'avais l'impression que des milliers d'aiguilles chauffées à blanc me transperçaient la chair dans tout le corps. J'étais incapable de me libérer de cette puissante emprise qui m'enfermait le corps dans un étau de souffrance. Je fixai le sol, serrant la mâchoire à bloc, essayant de me concentrer au maximum pour supporter la douleur. Mon père maintint le sortilège, l'intensifiant davantage. J'avais l'impression que mon corps tout entier était sur le point de s'ouvrir. Je n'avais encore jamais subi la torture magique, et je devais reconnaître que ce sortilège méritait amplement de figurer dans la liste des Impardonnables. Mais en fait, ce qui me faisait le plus mal, bien plus que ce maudit sortilège...  c'est que lui... mon propre père... tienne à cet instant sa baguette pointée sur moi, me forçant à rester à genoux en m'emprisonnant dans la souffrance. Lui qui disait vouloir empêcher quiconque de me toucher était en train de se comporter comme mes bourreaux. Comme ceux que je détestais et que j'avais juré de tuer un jour. Lorsque l'étau qui me paralysait au sol me libéra enfin, je relevai la tête, lui lançant un regard meurtrier. Toute l'affection que j'avais eue pour lui s'était volatilisée. A cet instant, je n'avais plus que l'envie de le réduire en miette. De me venger. Il avait réussi à faire sauter la muselière que j'avais moi-même posé sur la louve rebelle réfugiée dans mon être.
 
-       Je te croyais domptée depuis longtemps... cracha mon père. Mais apparemment, ta montée en puissance en tant qu'assassin t'a fait oublier que c'est moi le patron. Je n'ai jamais eu à te punir parce que tu as toujours fait ce que je te demandais. Et ça va continuer. Sinon, tu sais quel sort est réservé aux rebelles... je croyais que tu avais compris la leçon.
 
Il se pencha vers moi et je ne le lâchai pas des yeux, mon visage trahissant la rage qui m'abritait. Je tremblais de fureur. Je sentais la bête en moi qui ne désirait qu'attaquer.
 
-         Tu es ma fille... dit-il d'une voix  glaciale en caressant du bout des doigts ma poitrine où se trouvait le tatouage du Basilic sous mon tee-shirt. Les enfants... obéissent aux parents. Et c'est encore plus vrai avec moi qui suis le Seigneur des Ténèbres. Que ça te plaise ou non, quand je décide, tu fais.
 
C'était trop. Sur l'impulsion de la colère, je bondis sur lui, le plaquant au sol avec violence. Je lui fis une prise pour maintenir une position de force. Mon masque enveloppa mon visage presque inconsciemment. Nagini fonça sur moi, mais je l'expulsai d'une simple pensée à l'autre bout de la pièce. Une bulle apparut autour d'elle pour l'emprisonner. Je me reportai sur mon père, envahie par la haine. Je me rendis compte que j'avais placé ma lame sous sa gorge par réflexe. J'étais en train de perdre le contrôle. J'approchai le visage à quelques centimètres du sien, le fusillant du regard.
 
-         Personne n'a le droit de me toucher. Même pas vous Père. Le fantôme de la Mort ne saurait tolérer le moindre manque de respect. Je resterai à jamais indomptable. Vous qui connaissez si bien mon histoire... vous devriez savoir à quel point tenter de me soumettre peut s'avérer... mortel.
 
Je vis à ses yeux qu'il désirait me châtier pour un tel comportement. Mais je ne doutais pas un seul instant qu'il voyait dans les miens toute la haine que j'avais à son égard. J'étais sur le point d'exploser. J'avais un tel désir de vengeance. Pourtant, une partie de moi ne voulut pas perdre le contrôle. Pas sur lui. Je me redressai, tenant toujours mon couteau à la main, hésitant encore à m'en servir. Je le regardai plusieurs secondes, essoufflée par la rage. Je tournai les talons et préférai partir avant que les choses ne s'aggravent davantage. Je savais que je serais incapable de maîtriser très longtemps les pulsions meurtrières qui me faisaient vibrer le corps. 
 

| Appartements de Tracker |
 
 
Je claquai la porte de mes appartements avec rage. Je fis plusieurs allers retour d'un pas vif à travers le salon, emportée par la colère. Après tous mes efforts pour essayer de me réconcilier avec mon père à mon retour du camp... mon acharnement à lui plaire et à gagner son estime. Ma volonté de le servir. Tout venait d'exploser. Il n'en restait plus rien. Je pris ma tête entre mes mains, n'arrivant pas à croire ce qu'il venait de se passer. Mon père m'avait lancé un sortilège Impardonnable... il avait essayé de me dominer... et je l'avais menacé de mort. Comment père et fille pouvaient en venir à se haïr autant d'une seconde à l'autre ?

 

Je regardai mon reflet dans le miroir. J'ôtai mon masque, faisant face à ce visage que je connaissais si bien. Le visage de la haine et de la rébellion. J'enlevai le haut de ma tenue en retenant un gémissement. Le Doloris m'avait énormément marquée. Mes vieilles blessures étaient réapparues, m'offrant une vision effroyable. Celle d'un corps meurtri par des années de torture et de combat. Je sentis ma gorge se nouer. Il fallait être inhumain pour faire subir ça à une personne. Et mon père m'avait prouvé qu'il était un monstre comme mes bourreaux. Châtier sa propre fille sans la moindre hésitation... ça m'éc½urait. Je pris conscience que j'avais été naïve de penser qu'il y avait pu exister la moindre relation entre nous. Il venait de me prouver qu'il n'y avait jamais rien eu de sincère. Il était capable de vouloir me détruire. Lui qui se disait mon père. Il se comportait avec moi comme avec n'importe lequel de ses serviteurs. Il se fichait de me blesser ou non. Tout ce qu'il voulait, c'est que je lui obéisse. Et ça me faisait mal.

 


Je remis mon haut rageusement et sortis de mes appartements, ne supportant plus d'être ici. Je croisai Nagini qui glissait rapidement sur le sol dans ma direction. Elle cracha de fureur à mon approche en feintant une attaque. Je sortis immédiatement ma baguette, prête à la réduire en cendres si elle s'amusait encore une seule fois à me menacer de ses crochets.
 
-          Le Maître veut que tu ailles t'excuser ! siffla le reptile.
-         Dis-lui que je ne m'excuserai jamais d'avoir défendu mon honneur, répliquai-je dans sa langue.
 
Je lui passai à côté et continuai ma route, mais Nagini me rattrapa et s'enroula autour de moi pour me retenir. Cette sensation d'étouffement faillit me faire perdre le contrôle pour de bon. Je me dégageai d'elle d'une pensée, l'esprit enflammé.
 
-          Où vas-tu ?
-          Ça ne te regarde pas !
-          Tu vis ici ! Tu dois des comptes au maître des lieux !
-          Si c'est le cas, va dire au " Maître " que je pars !
 
Nagini tenta de me retenir encore, mais je fis apparaître une barrière de flammes. Je quittai le manoir, le c½ur blessé et l'esprit haineux.
 

 |Manoir Voldemort – Appartements du Lord – 21h|

~ Point de vue général ~
 
Lord Voldemort s'était rarement senti aussi mal. Prudence n'était pas rentrée au manoir. Il s'en voulait de s'être laissé emporter par son satané caractère dominateur. Mais il ne supportait pas de la voir lui résister. Pourquoi ne voulait-elle pas intégrer pleinement ses rangs en devenant une Mangemort ? Pourquoi fallait-il toujours qu'elle garde ce statut de tueuse indépendante ? Ne voulait-elle pas la même chose que lui ? La grandeur éternelle ? Voldemort serra la mâchoire en surveillant le portail fermé au loin. Il voulait juste qu'elle soit avec lui. Totalement. Il craignait de l'avoir perdue en tentant de la forcer. Il savait bien pourtant à quel point elle ne supportait pas qu'on essaye de la dominer. Mais pendant quelques minutes, c'est comme s'il avait oublié qui elle était, ce qu'elle avait subi... et ce qu'un tel geste de sa part pouvait avoir comme conséquences.

 

Il ne cessait de la revoir lui bondir dessus, se recouvrant de sa tenue de tueuse et plaçant sa redoutable lame sur sa gorge. Il reconnaissait bien la réaction d'une louve sur la défensive. Une louve blessée qui préférait faire face plutôt que de fuir. Il ferma les yeux, essayant de chasser le regard haineux de sa fille braqué sur lui. Elle n'avait pas changé. A son retour du camp, il pensait qu'elle serait capable de tous les crimes. Elle incarnait si bien la Mort. Le Lord s'était trompé. Elle était toujours cette fille refusant le sang des innocents. Cette tueuse dotée d'une conscience. Une conscience qui lui dictait une certaine ligne de conduite.
Trois coups frappés à la porte le sortirent de ses amères pensées.
 
-       Entrez, autorisa le Lord.
 
Ce n'est pas un Mangemort qui entra dans la pièce, mais une personne entièrement vêtue de noir. Ce n'était pas non plus Tracker, malheureusement. En fait, il s'agissait de Jack, le mentor de Prue. Le seul à pouvoir réparer la terrible erreur du Lord.
 
-        Vous vouliez me voir ? lança le tueur à gages.
-        Oui... il s'agit de Prue.
 
Le c½ur de Jack dérailla. L'attaque de Hertfort avait-elle mal tourné ? Etait-elle blessée ? Il s'en voulut de ne pas être intervenu. Il n'aurait jamais dû la laisser partir.
 
-        Qu'est-ce qu'il s'est passé ? demanda Jack, sa voix trahissant l'inquiétude. Hertford ?
-         Non justement. Prue... a refusé de s'y rendre.
 
Jack se retint d'éclater de rire. Il aurait voulu sortir de cette pièce en courant pour aller étreindre sa protégée dans ses bras, la félicitant pour son choix. Mais il conserva son impassibilité habituelle, profitant néanmoins de son masque pour sourire.
 
-           J'ai lancé cette attaque pour la tester, avoua le Lord.
 
Jack fronça les sourcils, ne comprenant pas les paroles du Seigneur des Ténèbres.
 
-           Que voulez-vous dire ?
-         Lorsque j'ai demandé à Prue de délier la langue de Rosens... j'ai bien senti qu'elle était réticente. Et tu as vu comme nous tous comment elle a réagi lors de la mise à mort...
 
Le Lord s'interrompit, traversé par une onde de colère.
 
-         Elle a même pris la peine de ramener le corps... cracha-t-il avec amertume. Elle m'a dit que c'était pour « marquer les esprits »... pour faire passer un message. J'ai voulu la croire. Croire que la louve rebelle qu'elle a pu être dans sa jeunesse n'était pas revenue. Mais je voulais en avoir le c½ur net...
 
Jack déglutit en voyant le mépris passer dans le regard de Voldemort. Il n'aimait pas savoir Prue dans le collimateur de son père. Ca pouvait être dangereux pour elle.
 
-         Elle m'a prouvé qu'elle n'avait pas changé.
 
Ce qui représenta le plus beau cadeau de Jack. Il se sentit plus léger en apprenant une si bonne nouvelle. Ses enseignements n'auront pas été vains. Prue avait choisi de rester fidèle à ses principes, et non à ceux de son père.
 
-         Prue ne changera jamais, dit le mentor de la concernée. Il faut que vous l'acceptiez. Ou vous la perdrez.
 
Voldemort se détourna de Jack, masquant la souffrance qui le traversait à l'entente de ces paroles. La perdre... ? C'était inconcevable. Pourtant... les pensées du Lord s'égarèrent l'espace de quelques secondes, son esprit lui ramenant le visage de celle qu'il avait tant aimé. Celle qu'il avait perdue. Il ne voulait pas que ça recommence. Pas avec sa fille. Il s'était promis de ne plus jamais souffrir de la sorte.
 
-         Je l'ai peut-être déjà perdue, finit par dire le Lord.
 
Jack comprit alors que le refus de Prue n'avait pas été sans conséquences. Voldemort lui raconta leur dispute, et le maître-assassin n'eut aucun mal à comprendre dans quel état se trouvait en ce moment sa protégée. Lui aussi connaissait son histoire. Il lui avait fallu beaucoup de patience et d'attention avant de parvenir à apprivoiser la louve sanguinaire qu'était Prue à son retour du camp. Une louve agressive à cause de la trop grande souffrance endurée, qui s'était transformée en haine. En bombe. Elle s'était calmée ces dernières années, mais Jack craignait que le geste du Lord ait rouvert de vieilles blessures. Elle était si fragile. La moindre menace pouvait la faire basculer dans une folie meurtrière incontrôlable. Elle était prête à tout pour ne plus jamais avoir à souffrir.
Lorsque le silence retomba dans les appartements du Lord, Jack n'eut plus que l'envie de retrouver sa protégée. Prue devait se sentir mal, elle avait besoin de réconfort. Il fallait qu'il la retrouve. Il avait beaucoup d'affection pour cette fille. Bien plus qu'un simple professeur devrait avoir.
 
-        Tu penses qu'elle va revenir ? demanda le Lord au bout d'un moment.
 
Jack fut presque surpris de capter de la crainte dans la voix de Voldemort. Une crainte inspirée à l'idée que sa fille l'abandonne.
 
-         Je ne sais pas... Prue doit beaucoup vous en vouloir, avoua Jack. Vous savez aussi bien que moi ce qu'elle a enduré. Et... un tel geste de votre part ne peut qu'avoir brisé la confiance qui régnait entre vous. Même si elle revient, je crains que ça ne soit plus pareil.
 
Le Lord serra les poings, regrettant plus que jamais de ne pas avoir su se contrôler.
 
-         Retrouve-la. Ramène-la moi.
 
Ce n'était pas un ordre pour une fois. Mais une demande. Une demande à la limite de la supplication. Jack avait deviné depuis longtemps qu'au-delà de toute la froideur que pouvait afficher le Lord, il avait un réel attachement pour sa fille, et qu'il ne voulait pas la perdre. Seulement la vérité était là : lui et sa fille étaient différents. Parfois même incompatibles. Ils faisaient des efforts chacun de leur côté pour ne pas se disputer, mais il arrivait des moments comme celui-là, où l'affrontement était inévitable. Deux loups dominants sur le même territoire ne pouvaient qu'en venir à se battre. Et c'était arrivé.
 

|4 juillet 1977 – Planque de Tracker – 10h|

~ Point de vue de Prue ~
 

J'étais réveillée depuis longtemps. En fait, je n'avais pas dormi de toute la nuit. Seulement j'étais incapable de me lever. Je ne voulais pas quitter mon lit. J'étais bien là. Seule. Dans ma planque. Au calme. Tournée vers le mur, je fixai un point sans vraiment voir, sans vraiment être présente mentalement. Je n'arrêtais pas de penser à ma dispute avec mon père. Je savais que je le décevrais en refusant de participer à l'attaque. Pas à ce point. Pas au point de me torturer. Je n'aurais jamais deviné un tel dérapage. Je soupirai pour la énième fois, fermant les yeux pour essayer de trouver le repos. Des souvenirs lointains m'assaillirent, me serrant le c½ur. Rien n'avait changé. Je devais toujours me battre pour défendre mon opinion. Souffrir pour avoir le courage de refuser. Être rejetée parce que je pensais différemment. Je n'avais pas ma place auprès de mon père. J'en avais conscience désormais. Mes craintes s'étaient réalisées. Il ne pouvait m'accepter telle que j'étais.

Je me redressai en entendant un léger claquement. Je bondis hors de mon lit, laissant une épaisse fumée noire m'envelopper pour me recouvrir de ma tenue de tueuse. Baguette à la main droite braquée devant moi, couteau dans l'autre à l'horizontale, j'avançai avec méfiance vers l'origine du bruit. Lorsque je dépassai un angle de mur, une main se posa vivement sur mon bras pour abaisser mes armes. Je réagis en faisant une prise à mon adversaire, me retrouvant à deux centimètres du visage de Diego.
 
-         Qu'est-ce que tu fais là ? soufflai-je avec surprise.
 
La planque d'un tueur n'est censée être connue que de lui-même. Mais j'avais fait une exception pour Diego, lorsqu'il avait eu besoin de se mettre à l'abri le temps de régler un conflit. Je lui faisais confiance, et c'était aussi un moyen d'avoir un lieu secret, rien que pour nous deux.
 
-         Je te pose la même question, retourna Diego. Pourquoi n'es-tu pas au manoir de ton père ? Je t'ai cherchée partout.
 
Je m'éloignant de lui en rangeant couteau et baguette. Je laissai mon masque se volatiliser dans une bulle de fumée noire.
 
-       Je me suis disputée avec lui.
-       A cause de l'attaque ?
-       Ça n'a été que le déclencheur.
-       Qu'est-ce que tu veux dire ?
-       ... Il y a toujours eu un gros problème entre lui et moi. Lui demande l'obéissance absolue, et moi la liberté de choisir. Le droit de refuser.
-         Ah... donc ça a pété.
 
Je revis l'espace d'une seconde le visage haineux de mon père alors qu'il me lançait le terrible sortilège de Doloris.
 
-         Il m'a torturée, soufflai-je.
 
L'effarement passa sur le visage de Diego, bien vite remplacé par la haine. Il serra le poing, le regard endurci par la rage.
 
-         Je vais le tuer, dit-il avec colère.
-         Tu ne peux pas. Personne ne le peut. Même pas moi.
 
Diego se rapprocha de moi et prit mon visage entre ses mains avec douceur. Il colla son front au mien, et je sentis à quel point ça le touchait que mon père m'ait ainsi traitée.
 
-         Je ne le laisserai pas te faire du mal.
-         Je ne veux pas que tu interviennes.
-         Tu ne peux pas me demander ça ! s'énerva Diego.
-         Je te l'ordonne, dis-je plus fermement. C'est entre lui et moi. Compris ?
 
Je vis dans ses yeux la promesse de me désobéir si jamais mon père me touchait encore. D'un autre côté, j'en ferais de même à sa place. Nous ne pouvions plus supporter la souffrance de l'autre. Diego m'embrassa sur le front et me serra contre lui, restant silencieux plusieurs secondes.
 
-         A l'époque, nous étions jeunes et sans défense... nous ne pouvions que subir, dit-il. Aujourd'hui nous sommes des tueurs. Nous sommes libres, et on le restera. Je refuse qu'on ait à revivre le genre d'épreuves qu'on a traversé.
-         C'était un simple dérapage Diego. On ne retombera jamais dans l'enfer qu'était notre quotidien.
 
J'enfouis mon visage dans son cou, le serrant un peu plus contre moi. Je me sentais en sécurité dans ses bras. Il n'avait pas perdu sa capacité à me procurer un sentiment de soulagement. Avec lui, même dans les pires moments, je me sentais toujours protégée.
Mes pensées s'égarèrent vers Remus malgré moi. La scène me rappela les moments où j'étais contre lui. Lui aussi était capable de m'apaiser. Il était le seul en dehors de Diego. Je fermai les yeux, me remémorant quelques souvenirs. Même si mon frère de c½ur me suffisait amplement dans ce genre de moment... j'aurais aimé que Remus soit là lui aussi. Près de moi. Il me manquait déjà.



|6 juillet 1977 – Londres – 8h|
 
  
Je marchais tranquillement sur le toit d'une maison, surveillant une cible dans la rue. Cela faisait trois jours que je vivais pleinement pour moi. Je me consacrais à mes projets pour oublier la douleur infligée par mon père. Ça me faisait mal de ne pas rentrer au manoir. J'avais l'impression d'être une louve en exil. Mais je ne me sentais pas capable d'y retourner. De faire à nouveau face à mon père. Je ne voulais plus prendre le risque qu'on se dispute et qu'on en vienne à se battre.

 

Je pris de l'élan pour sauter sur le toit d'en face. Les filatures depuis les hauteurs me procuraient suffisamment d'adrénaline pour me faire du bien. Pourtant, je fus interrompue en voyant quelqu'un transplaner devant moi.
 
-         Enfin je te retrouve.
-         Bonjour, Maître.
-         ... Bonjour Tracker. Comment tu te sens ?
-         Bien. Pourquoi j'irais mal ? demandai-je en lui passant à côté pour continuer à suivre ma cible.
-         Ne joue pas à ça avec moi. Ton père m'a parlé de votre dispute. Je sais pour son dérapage.
 
Je m'arrêtai nette, surprise. Mon père avait parlé de ça à Jack ?
 
-          Il s'en veut tu sais.
-          Je m'en tape, répondis-je en reprenant ma route.
-          Tracker... écoute-moi.
-         Pour me dire quoi hein ? Qu'il regrette et qu'il souhaite que je revienne ? Qu'est-ce qu'il y a, il a besoin de moi sur une mission délicate ?! m'emportai-je.
 
Je sautai à nouveau pour changer de repère. Ma cible était toujours un peu plus loin devant moi, et je ne voulais pas la perdre. Jack me suivit, déterminé à me dire ce qu'il avait en tête. Ce qu'il pouvait m'exaspérer des fois.
 
-          Non il n'a pas de mission à te donner. Il veut que tu rentres.
-          Je ne peux pas revenir. Il voudrait que je m'excuse et je ne le ferai pas !
-          Il ne demande pas d'excuse. Il veut juste te revoir.
 
Je secouai la tête avec agacement. Blesser les gens et leur demander de revenir... non mais il pensait que j'étais sado ou quoi ?
 
-          A quoi ça sert ?! Je ne suis pas son pantin qui fait tout ce qu'il demande, alors ça n'ira jamais !
-         Calme-toi.
-        Je ne peux pas ! Il ne s'intéresse à moi que pour ce que je suis capable de faire ! Il est vrai qu'au début je voulais me joindre complètement à ses rangs... sauf que j'ai changé d'avis. Parce que je ne peux pas. C'est au-dessus de mes forces ! Je n'ai aucune difficulté à tuer des criminels... mais m'attaquer à des gens dans la rue comme ça... je ne peux pas ! La mort de Rosens m'en a apporté la preuve ! J'étais au bord de la rébellion tant j'étais écoeurée par une telle injustice ! Je ne peux pas prendre en chasse des gens qui ne comprennent même pas pourquoi ils meurent ! Je ne peux pas être aussi sadique qu'il le demande ! Il a tort à mon sujet, je ne suis pas cette machine à tuer qu'il prétend ! Je suis une excellente tueuse, qui a besoin d'un mobile solide pour passer à l'acte. Je n'ai pas sa facilité à lancer des sortilèges de Mort !
 
Jack me prit par le bras pour m'arrêter. Je ne lâchai pas ma cible du regard, essayant de me raccrocher à un objectif pour ne pas exploser. Vider mon sac m'avait fait du bien, et j'avais en même temps envie de me battre, de hurler.

-        Tu n'as pas idée à quel point je suis fier de toi, dit Jack avec sincérité.
 
Je me détournai momentanément de ma cible, surprise.
 
-      A ton retour du camp, ton père m'a contacté pour te former. Il disait que tu avais un potentiel exceptionnel... que tu serais le meilleur élément dans ses rangs. Quand j'ai appris pour ton passé et quand j'ai vu de quoi tu étais capable, je trouvais dommage de faire de toi une terroriste. Tu vaux tellement plus que ça. En te voyant évoluer au fil des jours, je croyais que cette petite fille prête à tout pour défendre ses valeurs était morte...
 
Je vis une lueur passer dans ses yeux. Je ne savais pas quoi penser de ses paroles. Ça me faisait un bien fou bien sûr... mais c'était tellement surprenant de la bouche d'un tueur.
 
-      Mais tu n'as pas changé. Tu es restée toi. Celle qui mérite d'être admirée. L'élève que je ne voulais pas perdre.  
 
J'étais incapable de dire quoi que ce soit. Je n'aurais jamais imaginé un tel discours de la part de Jack... mais j'étais sacrément émue. Je me sentais soulagée. Jack ne faisait pas qu'accepter celle que j'étais... il en était fier. C'était ma plus belle récompense.
 
-         C'est trop d'honneur, soufflai-je.
-         Tu le mérites amplement. Je pense que tu es prête.
 
Je me sentis larguée tout d'un coup.
 
-         Prête ? Prête à quoi ? demandai-je.
-         A rejoindre l'Agence.  
-         Mais j'en fais déjà partie non ? J'ai déjà honoré des contrats.
-         Je te parle d'intégrer MON agence.
-         Vous être patron d'une agence ?! demandai-je impressionnée.
-      Depuis quelques années, oui. Nous ne sommes pas très nombreux, mais j'ai rassemblé l'élite de l'élite. Seuls les meilleurs tueurs en font partie, alors autant te préciser qu'ils sont rares.
-         Je suis honorée que vous me proposiez une place...
-         Prue... tu es une tueuse exceptionnelle. Tu es capable de commettre le meurtre parfait en toutes circonstances, même sans avoir recours à la magie. Tu es une recrue en or pour moi. Je n'attendais qu'une occasion pour te proposer ce nouveau job... et te voir capable de tenir tête à ton père montre que tu es devenue une tueuse sûre de toi. Voir que tu ne veux plus obéir et choisir ta propre voie prouve incontestablement que tu es prête à te ranger parmi les maîtres.
 
Je repris ma filature, réfléchissant à cette offre plus qu'alléchante. Faire partie d'une Agence de tueurs à gages... voilà une opportunité qui ne se refusait pas.

-         Si tu l'intègres, reprit Jack en me suivant, tu auras des contrats directement par l'agence. C'est elle qui te paiera. Les contrats ne seront pas à prendre comme des ordres, mais des demandes. Tu auras le droit de les accepter ou non. Il n'y a pas de hiérarchie. A moins que l'un des tueurs soit en danger, tu n'auras jamais l'occasion de faire la connaissance des autres membres. Le code de conduite que je t'ai enseigné reste le même.
-        Qui gère les contrats ?
-        J'ai engagé une femme qui joue le rôle d'intermédiaire entre les clients et les tueurs. C'est aussi elle qui s'occupe des transactions.
-         Hmm...
-       Ce serait beaucoup mieux  pour toi. Ton père filtre les contrats qui te sont envoyés pour ne garder que ceux qui l'intéressent.
-         Je m'en étais aperçu, dis-je amèrement.
-        En faisant comme ça, tu auras accès à tous les contrats qui te seront proposés. Et contrairement à ton père, je ne prends que quinze pourcent sur le paiement.
-         ... Très intéressant.
-      Il n'est pas bon que tu restes sous l'aile de ton père comme tu le fais. Il faut que tu sois indépendante. Les tueurs à gages n'ont pas de patron.
-      Vous n'étiez pas venu pour me convaincre de retourner au manoir ?
-      L'un n'empêche pas l'autre. Tu peux très bien jouer sur deux tableaux. Retourner auprès de ton père, et accepter les contrats de l'Agence. Ça fera partie de tes activités parallèles, comme tu en as déjà en ce moment. 
 
Je souris en reportant mon attention sur ma cible un peu plus loin, toujours en vadrouille sous ma surveillance.

-        Comment ça se passe pour les contrats ?
-       Comme tu as l'habitude. Une fois le contact établi avec le client, des éclaireurs sont envoyés pour récolter les informations nécessaires à l'assassinat. C'est moi qui m'occupe de sélectionner le tueur le plus apte à remplir la mission, en fonction de sa spécialité ou de son emplacement géographique. Je transmets ensuite mon choix à mon intermédiaire, qui contacte le tueur en question pour lui proposer le contrat.
-         Combien y a-t-il de tueurs ?
-       En Angleterre, six. J'en ai également quelques uns qui interviennent dans d'autres pays.
 
J'étais vraiment tentée par la proposition de Jack. Je savais que je pouvais lui faire confiance et qu'il n'y aurait aucune embrouille.

-         Je ne te force pas, reprit Jack. Ce n'est pas parce que c'est moi qui te le propose que tu dois accepter.
-         Je suis très intéressée par votre offre. J'accepte d'intégrer l'Agence. Quand puis-je commencer ?
-         Dès que j'aurais du travail pour toi. C'est-à-dire très bientôt. Les demandes sont assez fréquentes. Je te laisserai un moyen de liaison avec l'Agence avant ton premier contrat.
-         C'est un plaisir et un grand honneur de me mettre à vos services.
-       Tu es au service des clients. Moi, je ne fais que gérer les contrats. Un dernier conseil : n'en parle pas à ton père. Ton appartenance à l'Agence doit demeurer secrète le plus possible. Diego pourra faire exception si tu veux, mais c'est tout.
 
Ça me convenait très bien.
 
-        Cela dit... reviens au manoir. Tu n'as pas idée à quel point ton père se sent mal depuis trois jours. Il n'attend que ton retour.
 
J'acquiesçai sans rien dire et me décidai enfin à terminer la mission dans laquelle je m'étais lancée. Ma cible eut le malheur de s'arrêter dans une rue moins fréquentée pour allumer sa cigarette. Je sautai du toit et ralentis ma chute pour atterrir sans bruit dans son dos. Je sortis mon couteau et entourai la gorge de ma cible du bras gauche, plantant la lame de l'autre main dans son ventre. Je transplanai avec ma victime pour faire disparaître le corps.
 
| Manoir Voldemort – Premier étage – 19h30 |
 
Je me tenais devant la porte de la salle à manger, les yeux fixés sur la porte, hésitante. La visite de Jack le matin même m'avait fait réfléchir. J'osais encore espérer que mon père attendait réellement mon retour. Cet espoir fou que tout n'était pas foutu entre nous. Ma rancune m'avait fait hésiter toute la journée... mais j'avais fini par me décider. Je pris une grande inspiration et ouvris la porte. Les fidèles Mangemorts étaient là, en train de manger en discutant. Je remarquai de suite le fauteuil de mon père situé en bout de table... vide. Les autres se turent en me voyant.
 
-         Où étais-tu ? demanda Bellatrix.
-          J'avais à faire ces derniers jours...
-         Décidément... pire que le Maître.
-         Pourquoi tu dis ça ?
-         Il est tellement occupé qu'il ne descend même plus manger.
 
Je ne répondis rien. Mon père mangeait toujours avec ses fidèles serviteurs.
 
-         Tu restes avec nous ? demanda Orion.
-         Non, j'ai déjà mangé. On se voit plus tard.
 
Je tournai les talons, et les Mangemorts reprirent leurs discussions. Je montai rapidement les marches du grand escalier et eus à nouveau un instant d'arrêt devant la porte des appartements de mon père. J'étais incapable de prédire comment ça allait se passer. Je me résolus à frapper à la porte. J'entendis la voix neutre de mon père m'autoriser à entrer, ce que je fis. Il était devant la fenêtre, comme bien souvent. Nagini siffla méchamment en tournant la tête vers moi. Mon père se retourna, et la surprise traversa ses yeux lorsqu'il me vit.
 
-         Tu es revenue...
-         Pas encore, rectifiai-je. Avant, il faut revoir certaines règles.
-        ... Je t'écoute.
-       Ce qu'il s'est passé l'autre jour... je ne veux plus jamais que ça se reproduise. Je vous interdis de me torturer sans raison. Ensuite, je refuse d'intégrer pleinement le rang des Mangemorts. Alors maintenant c'est très simple : soit vous acceptez d'avoir l'une des tueuses à gages les plus efficaces du pays comme alliée... soit vous vous obstinez à vouloir faire de moi votre serviteur... et dans ce cas, je me retire complètement de vos projets.
 
Je vis au visage de mon père que ça ne lui convenait pas. Il ne voulait pas me laisser dicter les règles. Normalement, c'était lui qui donnait les ordres ! Seulement il n'avait pas le choix. C'était ça ou on se disait au revoir... pour de bon.
 
-         Je vous laisse réfléchir, dis-je en tournant les talons.
-         Inutile, arrêta mon père.
 
Je me retournai, et il s'approcha de moi.
 
-         Votre choix ?
-         ... Toi.
 
Ce simple mot, prononcé dans un souffle calme, suffit à me faire frissonner. Même si quelque chose s'était cassé en moi depuis notre dispute... sa réponse me soulageait.
Il tendit lentement la main vers mon visage, agrippant mon masque. Je le laissai se volatiliser dans une bulle de fumée noire. On se regarda dans les yeux, et je vis effectivement le regret dans son regard, comme m'avait dit Jack.
 
-         Je regrette ce qu'il s'est passé entre nous, dit-il. Mais je souhaite tellement que tu participes à toutes les actions... j'envisageais de faire de toi mon bras droit... pour qu'on soit toujours ensemble.
-         Nous pouvons être ensemble sans que je devienne une Mangemort, lui fis-je remarquer.
 
Il posa doucement ses doigts sur ma joue, avec un faible sourire.
 
-         Tu ressembles à ta mère.
 
Je fus incapable de savoir si c'était un compliment ou un reproche. Il y avait à la fois fierté et douleur dans sa voix. Je sentis une décharge me parcourir. On ne parlait jamais de maman...
 
-         Parce que je refuse de vous obéir ? lançai-je sans parvenir à me retenir.
-         Parce que tu refuses de changer. Même par amour.
 
Je déglutis, détournant le regard. Alors c'était ça la raison de leur séparation... ?
 
-         C'est pour ça que vous êtes parti ?
-         C'est ta mère qui me l'a demandé.
-         Alors elle savait pour vos projets ?
-         Je lui ai dit. Elle ne voulait pas en faire partie.
 
Ce que je n'avais aucun mal à comprendre.
 
-         Pourquoi ne pas avoir laissé tomber ? ne pus-je m'empêcher de demander.
-        Laisser tomber ? répéta mon père. La puissance ? La grandeur ? L'immortalité ?
-         Oui.
-         Je ne voulais pas.
-      Vous voyez, vous aussi vous êtes incapable de changer par amour. Et c'est normal. C'est le principe de l'amour. Aimer une personne comme elle est. Ne pas lui demander de changer pour vous. Sinon, c'est que vous n'êtes pas fait pour aller ensemble... qu'il y a une incompatibilité.
 
Je le regardai à nouveau dans les yeux.
 
-         Sommes-nous incompatibles ?
-         ... Non. Je t'accepte comme tu es.
-         Bien. Je réintègre le manoir.
 
Je fis réapparaître mon masque et sortis de la pièce. Je retournai dans mes appartements. Ma chouette m'accueillit en venant se poser sur mon épaule. Je lui caressai doucement la tête et soupirai en voyant la pile de journaux sur mon bureau.
 
-         Tu ne pouvais pas me les apporter là où j'étais, soufflai-je.
 
Ma chouette poussa un petit cri et vola jusqu'à sa cage pour manger quelques graines. Je pris la pile de journaux, sentant mon c½ur se serrer en voyant la une de la Gazette. Les Mangemorts avaient fait parler d'eux... il y avait eu une dizaine de morts chez les civils à Hertford... personne n'avait compris les raisons d'une telle attaque. Mais je savais qu'après la mort de Rosens, mon père venait de déclarer la guerre aux Aurors. Je fermai les yeux, imaginant des maisons brûler, entendant des hurlements d'effroi, des gens courir, des enfants perdus... je pris ma tête entre mes mains, ne voulant pas voir ces images. Des vies innocentes... brisées en quelques sortilèges par une armée sous la volonté... de mon père. Une volonté inflexible de voir mourir tous ceux qui s'opposeront à l'avenir qu'il avait choisi pour notre pays.

 

Je regardai dans le grand miroir qui me faisait face, et ce que je vis me fis frissonner. Moi, le fantôme de la Mort, la tueuse la plus efficace qui existe... je tremblais légèrement à l'idée d'une guerre. Je marchai vers mon reflet, essayant de faire le tri dans mon esprit. De reprendre contenance. Mais plus je m'approchais, et plus des souvenirs lointains me revenaient en tête. Des souvenirs de massacres. Des exécutions injustifiées pour prendre le contrôle d'une terre qui n'était pas la nôtre. Et qu'avais-je fait à l'époque... ? Rien. J'avais pris part à la guerre, car je n'avais pas eu le choix si je voulais continuer à vivre. Je regardai mes yeux dans le miroir.
Je n'avais pas eu le choix.
Aujourd'hui je l'avais.
On m'avait forcée à aller contre mon gré si je voulais un jour espérer quitter cette île maudite.
Aujourd'hui, personne ne pouvait m'obliger à faire quoi que ce soit.
J'étais Tracker. La tueuse dont le seul nom répandait la crainte et inspirait le respect. Alors une chose était sûre : je ne pourrai pas être éternellement auprès de mon père. Le chemin qu'il avait choisi allait trop loin. Le paysage d'arrivée ne me convenait pas. J'eus une triste pensée pour lui. J'aimerais tellement le dissuader de continuer dans cette voie. Nous aurions tant de meilleures choses à accomplir si seulement il ouvrait les yeux. Je ne lui demandais pas de raccrocher avec le crime, j'en étais moi-même incapable... je voulais juste qu'il réfléchisse bien avant de condamner notre pays à vivre l'enfer. Mais je savais que c'était perdu d'avance. Je ne parviendrai pas à le détourner. Ma mère elle-même, la femme qu'il avait tant aimée, en avait été incapable.

 


« Un territoire conquis par la violence ne peut appeler qu'à la résistance. Surtout quand c'est injustifié. Père... j'aimerais tellement te détourner du chemin que tu as choisi. Mais je sais à quel point tu es déterminé. Je sais que tu n'abandonneras jamais. C'est la raison pour laquelle, un jour, je sais que c'est moi qui t'abandonnerai. Malgré ma promesse. Je ne pourrai pas continuer à me voiler indéfiniment la face. Je ne pourrai pas supporter les injustices sans broncher. Tu me perdras. Comme tu perdras cette guerre insensée que tu es sur le point de faire éclater. Malgré toute ta puissance. Malgré l'impressionnante armée derrière toi. Malgré moi. Tu perdras parce qu'une telle cruauté ne peut rester éternellement impunie. Le jour où ce pays n'aura plus rien à perdre... le jour où tu lui auras tout enlevé... il se soulèvera contre toi et viendra récupérer ce que tu lui as pris. Tu mourras pour tout le sang déversé sur notre terre. C'est inévitable. Un bourreau ne peut opprimer éternellement ses victimes. Je le sais que trop bien pour l'avoir vécu. J'ai accepté de continuer à vivre l'enfer dans le seul but de me venger. Ils le feront eux aussi. L'espoir de retrouver la liberté est plus fort que toute la violence et la crainte que tu feras tomber sur eux. Car, si au début ils auront peur, il arrivera un jour où leur détermination à te voir mourir sera plus forte que la tienne à les dominer. La chasse est ainsi faite. Si le prédateur joue trop avec sa proie, celle-ci, dans l'espoir fou de survivre et de retrouver les siens, tente toujours un dernier coup. Mais tu ne peux pas comprendre... toi qui te crois au-dessus de tout. Intouchable. Immortel. Continue de vivre dans cette illusion de puissance suprême. La vie s'occupera de te faire redescendre sur la terre ferme. Moi j'ai conscience que personne n'est à l'abri. Je refuse de devenir la cible du peuple. Je refuse de consacrer ma vie à détruire celle de tout un pays. J'ai de bien meilleures choses à accomplir. »
 
 
Chapitre 27 : Désaccord

 

Coucou ! Voilà pour ce chapitre, j'espère qu'il vous a plu ! Alors, que pensez-vous de ce " désaccord ", et des choix de Prue ? J'attends comme toujours vos avis :P
Je reviens très bientôt pour vous poster le mot de Tracker, et l'aperçu du prochain chap !
Bisous et bon week-end

Tags : L'histoire d'un assassin - Partie 1 : L'amour d'un Assassin - tome 1

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Comments :

  • Dum-Cha

    22/12/2016

    Ce Chapitre est excellent on voit le lien de Voldemort et de sa fille.. ? Ca rend l'histoire encore plus compliqué mais j'adore.

  • aliseevila

    23/10/2016

    Un très bon chapitre. J'ai bien aimé les scènes entre prue et son père. Leur relation est difficile mais ils s'aiment malgré tout. Les scènes entres Prue et Diego sont très émouvantes.

  • LeMaitreDesLieux

    31/08/2015

    j'aime beaucoup lorsque tu mets l'accent sur la relaition père-fille qu'ils ont :)

  • hostfresh-HarryPotter

    23/06/2014

    La pauvre petite tueuse !!!Je la plains sincèrement de devoir faire un choix aussi difficile.....

  • Harry-Potter-generationx

    29/05/2014

    Ouah !!!! J'ai literralement adoré ! *_* surtout les dernières lignes du chapitre ! Prue est si mature et réaliste ! J'ai de la peine pour elle, elle sait se qu'il va de passer et pourtant ... Elle peut rien faire ! :(

    Elle devient de plus en plus humaine, au milieu de gens inhumain ... Je ne m'attendais pas a se que sa confrontation avec son père dérape comme ça ! :o
    Il la quand même torture et elle a failli le tuer ! O.o
    Les moments avec les maraudeurs me manquent quand même un peu même si j'adore le côté sombre ! ;)

    Bon ! Direction le chapitre 28 ! Je rattrape peu a peu mon retard ! ;)

  • harry-potter-8-fic

    09/04/2014

    Merveilleux chapitre :)

  • MikaWolfeHP

    02/04/2014

    Oh.... Tant que ça ne vient pas de Diego, Jack ou Remus, ca ne devrait pas trop me choquer!

  • assassin-maraudeurs

    02/04/2014

    MikaWolfeHP wrote: "Ah! Oui c'est a moi que tu avais dit ca, mais bon, j'avais juste mal compris le ambiguë ;)"

    T'inquiète c'est normal, personne encore ne sent le coup venir, j'espère que ça ne sera pas mal accueilli...

  • MikaWolfeHP

    02/04/2014

    Ah! Oui c'est a moi que tu avais dit ca, mais bon, j'avais juste mal compris le ambiguë ;)

  • assassin-maraudeurs

    02/04/2014

    MikaWolfeHP wrote: "WOWOWOWOW! J'adore! Encore une fois, tout est très bien placé! J'apprécie beaucoup les choix de Prue! Et j'ai fini par découvrir l'autre personne qui aime Prue, m'enfin je crois. Jack? Mais l'aime-t-il plus en père ou... comme Remus? :P"

    Hey ! Merci beaucoup !
    Alors non ce n'est pas Jack. En fait, il ne faut pas chercher qui aime Prue... Je t'ai juste dit l'autre jour que Diego n'était pas le seul à être ambigu dans ses relations ;) (enfin il me semble que c'est à toi que j'ai dit ça)

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