Chapitre 29 : Etat de choc

 
" J'ai lutté pendant des années pour ne jamais être à leur image... mais au fond, il est inutile de se mentir... Je suis comme eux. Une bête. Un monstre. Rien de plus. Ces valeurs que je pensais avoir ne sont qu'une infâme illusion. Je ne vaux pas mieux. "
 
 
Chapitre 29 : Etat de choc

 
| 24 juillet 1977 – Manoir Voldemort – Appartements du Lord |
 
~ Point de vue général ~
 
 
Chapitre 29 : Etat de choc


Le journal était posé sur le bureau du Lord, alors que celui-ci regardait au-dehors par la fenêtre, son énorme serpent Nagini enroulée autour de son corps. Il lui caressait la tête pensivement, lui sifflant de temps en temps dans sa langue pour échanger quelques mots complices. Il était assez préoccupé ces derniers temps. Prue était distante depuis leur dispute, mais depuis trois jours, il ne la voyait plus du tout. Trois jours. Cela correspondait à la date inscrite sur le bas de la page de la Gazette. Etait-ce une simple coïncidence ? Le Lord en doutait. Il savait au fond de lui que sa fille était mêlée à ces meurtres et à l'incendie. La question était pourquoi ? Pourquoi s'en être pris à ce gang ? Il soupira. Une fois de plus, Prue ne lui avait rien dit. Elle était partie se battre seule, sans prévenir, éternel fantôme solitaire et redoutable qui frappe sans jamais rater sa cible. Cette pensée suffit à lui serrer légèrement les entrailles. Sa fille était en train de s'éloigner de lui. Elle avait ses propres projets. Ses propres batailles. Elle n'avait pas besoin de lui, et elle savait lui faire ressentir.

 


Voldemort se détourna de la fenêtre et se décida à descendre d'un étage pour aller obtenir des réponses aux questions qu'il se posait depuis trois jours. Il demanda à Nagini de rester là, sachant que Prue ne l'appréciait pas. Une minute plus tard, il se trouvait devant la porte des appartements de sa fille. Il frappa et attendit patiemment, mais personne ne vint lui ouvrir. Elle devait encore être en train de parcourir son territoire. Le Lord repartit, énervé. Il sentait qu'un vide s'était creusé depuis leur dernière dispute, et ça l'insupportait. Il pensait qu'elle reviendrait vers lui, mais elle n'avait pas fait le moindre pas. Cette pensée lui arracha malgré tout un faible sourire. Tel père telle fille. Un maître digne de ce nom ne court après personne. D'ailleurs, en parlant de maître, Jack savait peut-être où son élève était partie.
 

 


En réalité, Prue n'était pas en vadrouille comme le pensait son père. C'est pourtant ce qu'elle devrait faire. Parcourir le pays pour se renseigner sur le monde criminel, rechercher de nouvelles recrues, entraîner ses loups débutants, envoyer les plus expérimentés en mission, éliminer des influences criminelles trop menaçantes ou des monstres enragés, se perfectionner avec Jack, provoquer Diego... mais elle ne faisait rien de tout cela. Prue n'avait plus envie de se glisser dans sa tenue de tueuse.
Pour le moment, elle était juste allongée sur son lit, regardant le mur sans vraiment le voir. Elle se sentait vidée. Elle se sentait mal. Quelque chose n'allait pas. Quelque chose s'était brisée. Elle ne supportait pas d'être l'auteur d'un massacre aussi affreux. Son acte ne relevait pas simplement de la vengeance, mais d'une réelle folie meurtrière. Elle en avait conscience. Elle était traumatisée par sa propre cruauté. Elle ne se reconnaissait pas dans tant de monstruosité. Elle ne comprenait pas comment elle avait pu déraper autant. Elle s'en voulait. Pour la première fois, le remord la rongeait. L'incertitude sur son état mental aussi, car si elle avait souvent pu faire preuve de violence sur les personnes impliquées dans son passé, jamais elle n'avait commis de telles atrocités. Elle n'arrivait pas à croire qu'elle avait été capable de tuer tous ces hommes... à elle seule... de cette manière. C'était tout bonnement incroyable. Pourtant la vérité était là : à ce jour, elle était la tueuse la plus redoutable du pays. Pas parce qu'elle était Tracker, mais parce que sa rage n'avait aucune limite. Sa puissance la rendait imbattable...  et sa haine incontrôlable.
 

| . . . |

 
Une lumière verte. Une pensée défensive. Et un corps supplémentaire s'écroulait.
Une approche par surprise. Une esquive. Et un coup de lame d'une redoutable précision tranchait la gorge offerte par mégarde.
Une tentative d'évasion. Et une fumée noire faisait apparaître la Mort devant la sortie.

 


Toute attaque était déjouée. Tout espoir de survie perdu. Les quelques survivants le savaient. Ils ne pouvaient rien faire d'autre que de continuer à se battre jusqu'au bout, priant intérieurement pour qu'un miracle les sauve. Mais le torrent de haine continuait à se déverser sur eux, emportant des vies sur son passage. Les hommes du gang se sentaient impuissants face à une mort certaine.

 

Un nouveau cri de douleur domina le bruit des duels. Un nouveau mort.
Malgré tous leurs efforts, leurs qualités au combat, leur stratégie... rien ne semblait pouvoir atteindre ce démon qui frappait inlassablement. Même eux, les criminels figurant parmi les plus redoutables du pays... n'étaient rien face à ce fantôme incarnant terriblement bien la Mort.
Encore un coup de lame, un déroulement de chaînes, et un flot de sang venait agrandir un peu plus la marre qui baignait déjà l'entrepôt, tandis qu'un corps s'agitait en tous sens dans les airs pour se libérer.

 


Les duels s'arrêtèrent enfin. L'unique survivant leva les yeux et vit avec horreur son dernier collègue succomber à l'étouffement provoqué par sa pendaison.
Seul. Il était tout seul désormais. Seul face à ce monstre qui se tenait devant lui, le corps soulevé par une respiration haletante. Le dernier « cobra » regarda avec haine son ennemie, regrettant de ne pas l'avoir tuée tant qu'elle était attachée, inconsciente et à leur merci. Leur volonté à vouloir attendre son réveil pour profiter d'une si belle créature avait coûté la vie à la quasi-totalité du gang. Il savait qu'il ne ferait pas exception. Son adversaire confirma ses pensées en amorçant lentement une avancée vers lui. Il se tendit, essayant de contrôler les tremblements qui lui parcouraient le corps. Fini. Il était fini. Il allait mourir. Là, maintenant. Il ferma les yeux et pensa à sa famille... sa gentille femme, son fils adolescent et sa jeune fille... il ne les reverrait pas. Il le savait. Supplier son adversaire serait vain... tenter de fuir aussi... il savait qu'il n'échapperait pas au sort qui lui était réservé. Le même qu'à tous les membres du clan d'ailleurs. Une morte certaine. Même pour son chef qui était parti avant. L'homme savait que ce démon assoiffé de vengeance finirait par le retrouver. Il sentit un souffle chaud sur son visage et trouva le courage de rouvrir les yeux. La redoutable femme se tenait juste devant lui, lui assurant d'un simple regard qu'il vivait ses derniers instants. Ses yeux brillaient de rage.
 
-         Qu'est-ce que ça fait d'échanger les rôles ? demanda Prue dans un souffle tremblant de colère.
 
L'homme ne répondit pas. Il comprit qu'au-delà de toute la haine qui brillait dans ses yeux, il n'y avait que de la souffrance. Cette femme avait une plaie béante dans le c½ur. Une plaie que son gang avait taillée. Il repensa alors à toutes les attaques qui avaient été menées... à toutes les vies qu'ils avaient brisées... et il comprit que la cruauté de cette survivante était à la hauteur de la leur. Tout ceci n'était qu'une punition. Une terrible vengeance. Voilà de quoi ils étaient victimes. Pour avoir échangé la vie d'innocents contre des Gallions, ce fantôme revenait les faire payer. Les tuer. Impitoyablement. Comme ils l'avaient fait avec tant d'autres. Mais il refusait d'admettre qu'il méritait son sort. Il refusait de mourir. Pas après tout ce qu'il avait fait dans sa vie. Il voulait tellement retrouver sa famille. Partir. Oublier. Changer de vie.

 


Alors il tenta un dernier coup, transformant sa baguette en poignard pour le planter dans le corps de son adversaire. Mais la tueuse para son attaque et retourna la lame contre lui, l'éventrant d'une blessure horizontale profonde. Il se laissa tomber à genoux sous la douleur, frappé par la rapidité avec laquelle son adversaire avait réagi. Et puis il releva la tête, et sentit une lame tranchante glisser sur sa gorge. Il tomba face contre terre, poussa quelques râles, et son regard se voila en fixant le visage froid de cette femme dont la beauté était gâchée par le sang et la haine. 

 


Celle-ci resta quelques secondes à contempler la mort dans les yeux de sa dernière victime, avant de jeter un coup d'½il tout autour d'elle. Le sol de l'entrepôt était couvert de sang et de cadavres. Un carnage. Un massacre digne d'un film d'horreur, voilà ce qui s'offrait à son regard. Une vision apaisante. Sa haine sembla moins lourde. Son c½ur moins douloureux. Pas encore guéri... mais déjà en grande partie soigné. Elle se baissa sur sa victime pour graver dans sa chair un message de vengeance à l'adresse des survivants. Un message qui disait clairement qu'ils étaient les prochains sur sa liste, et qu'ils ne lui échapperaient pas.
Mais l'heure n'était plus à la vengeance. Prue estimait qu'elle avait suffisamment fait couler le sang de ses ennemis pour cette nuit. Elle décida de parfaire cette soirée en la terminant en beauté. Elle quitta l'entrepôt d'une démarche féline, regardant au passage avec une joie sauvage ses ennemis vaincus. Ces monstres qui ne frapperont plus jamais.

 


Elle transplana pour se rendre dans le jardin d'une maisonnette, située non loin d'une forêt. Elle tendit l'oreille pendant une bonne minute et trouva étrange de ne pas entendre de hurlements bestiaux venant de la forêt. Son instinct la poussa vers la porte d'entrée, ce qu'elle fit sans hésiter. Une simple pensée suffit à lui ouvrir la porte. Tout était silencieux à l'intérieur. Normal au vu de l'heure tardive. Elle s'avança sans bruit dans l'entrée et alla presque machinalement dans la cuisine, où au fond se situait la porte de la cave. Cette fois, elle dut user de sa baguette pour enlever un à un les puissants sortilèges qui bloquaient l'accès. Une fois fait, elle ouvrit la porte lentement et découvrit un loup-garou debout au centre de la pièce, saignant à quelques endroits du corps. Il la regardait férocement. Ne prenant pas peur pour autant, Prue descendit les quelques marches de la cave. Le loup-garou gris ne la lâchait pas des yeux, grognant toujours pour la prévenir d'une attaque.
 
-         Allons petit loup... tu ne vas tout de même pas attaquer une vieille amie...
 
A l'entente de ces paroles, le loup-garou cessa de grogner, surpris. Il observa plus attentivement cet intrus qui avait osé venir sur son territoire... et il la reconnut. La rage fut vite remplacée par la joie de la retrouver. Le redoutable prédateur s'élança vers elle, lui réchauffant le c½ur avec l'éternelle intensité de son regard ambré. Prue sourit et leva lentement sa main vers sa gueule, posant délicatement ses doigts sur les trois cicatrices pour suivre doucement leur tracé. Le loup-garou savoura ces caresses qui lui avaient tant manqué.
 
-         Il est temps de te rendre ta liberté, dit Prue dans un souffle au bout d'un moment.
 
Le loup la suivit docilement jusque dehors, où la vue de la forêt suffit à l'exciter. Prue se transforma alors en louve noire et suivit son compagnon le restant de la nuit, sous l'éclat de la pleine lune.
 

| . . . |
 
~ Point de vue de Prue ~
 
Je me réveillai en sursaut, m'échappant de la forêt que je parcourais en rêve aux côtés de Lunard. Je balayai rapidement la pièce du regard. J'étais allongée sur mon lit, dans ma chambre. Rien d'anormal, il fallait que je me calme. J'étais bien de retour dans la réalité. Je soupirai et me tournai vers le mur, ne voulant pas être dérangée par la clarté du jour qui parvenait à filtrer les rideaux.

 


J'ignorais quel jour nous étions exactement... j'avais perdu la notion du temps. J'avais l'impression que ça faisait une éternité que je ne vivais plus. Je passais mes journées dans ma chambre, incapable d'en sortir. J'étais constamment dans un état fiévreux. Malgré la douce chaleur agréable en cette période de l'année, j'étais régulièrement parcourue de frissons, qui se transformaient en tremblements. Je me sentais vidée de mes forces. Pourtant, je n'arrivais pas à me reposer. Je refusais de m'endormir, et lorsque je finissais par tomber de fatigue, je revivais en cauchemar les atrocités que j'avais faites la nuit de mon dérapage. Ou que j'imaginais. Je ne sais pas. En fait, j'étais incapable de savoir si ce n'étaient que de terribles rêves... ou bien les souvenirs de ce que j'avais réellement fait. Je n'avais aucun moyen de faire la distinction entre le rêve et le vécu. Tout ce que je savais, c'est que j'avais fait un réel carnage... et que j'y avais pris du plaisir sur le moment.
Cette idée m'effrayait. Je n'arrivais pas à comprendre comment j'avais pu être aussi cruelle. Je ne me reconnaissais pas dans tant de brutalité. Et pourtant, c'était bien moi qui avais répondu à l'appel de la vengeance. Moi et moi seule capable de tenir tête à tous ces hommes malgré le surnombre.

 


Un nouveau tremblement me parcourut, et je me tendis pour l'empêcher de se répandre. Ces violentes secousses me faisaient mal. Il fallait que j'arrive à penser à autre chose, que je cesse de tourner en boucle dans mes idées noires. Peine perdue.
J'entendis frapper à ma porte, ce qui me ramena encore une fois à la réalité. Mon c½ur accéléra. Je ne comptais plus le nombre de fois qu'on venait frapper à ma porte, et que je faisais comme si j'étais absente. Diego devait être inquiet, Jack se poser des questions, mon père s'énerver... mais peu importe, je ne voulais pas ouvrir. Je ne pouvais pas. Je n'avais pas la force de faire comme si j'allais bien. Si j'ouvrais, je prenais le risque d'avoir une nouvelle mission... un nouveau contrat, et je ne voulais plus en accomplir. J'avais besoin de faire une pause, de ranger ma lame. Mais ça, de la part du fantôme de la Mort, personne ne pouvait comprendre. Tout ce que les gens voyaient, c'est que je ratais les séances d'entraînements, les repas, les réunions... tout. Je ne répondais plus à personne. J'étais mieux en isolement. Je ne voulais pas remettre mon masque et reprendre mes activités comme si de rien n'était. J'en étais incapable. Le remord était insupportable. Je m'en voulais trop. Je me détestais pour ce que j'avais fait. C'était la première fois que je donnais la mort à des personnes aussi cruellement. J'avais manqué à mes règles. A celles que Jack m'avait enseignées. Ça m'avait coupé l'appétit tellement ça m'éc½urait. Je ne mangeais plus. Le peu que j'avalais ressortait immédiatement de toute façon. Ajouté à mon manque de sommeil, autant dire que j'étais en train de me laisser partir. Je ne voulais pas pourtant... je ne voulais pas mourir. Cette idée me répugnait. Je n'étais pas lâche. Ça ne me ressemblait pas ce genre de comportement. Je n'étais pas du genre à me laisser abattre, même dans les pires moments. Je m'étais toujours battue. Pourquoi cette fois en était-il autrement ? Pourquoi mon être tout entier refusait de se relever une fois de plus ?

 


Je frissonnai à nouveau en revoyant mentalement le tapis de cadavres dans l'entrepôt et la douleur se raviva. La réponse, je l'avais. Je me laissais aller parce que je ne supportais pas la réalité. Je ne supportais pas d'avoir massacré ce gang de merde, même si c'était au nom de la vengeance. Même s'il le méritait. Je m'étais abaissée à leur niveau. Pendant des années j'avais lutté pour ne jamais devenir comme ce genre d'individu, mais au fond, il était inutile de se mentir... J'étais comme eux. Une bête. Un monstre. Rien de plus. Ces valeurs que je pensais avoir n'étaient qu'une infâme illusion. Je ne valais pas mieux qu'eux. La louve que j'avais tenté de dompter était toujours autant assoiffée de sang.

 


La personne de l'autre côté de ma porte ne semblait pas décidée à me laisser tranquille. J'entendis encore frapper, plus fort, me sortant de mes sombres pensées. Pourquoi s'entêter devant une porte close ? Pourquoi ne pas passer son chemin ?
 
-          Tracker, je sais que tu es là. Ouvre.
 
Je reconnus sans peine la voix d'Asesino, même dans mon demi-sommeil. Que me voulait-il ? Peu importe, je n'avais pas envie de bouger. Je refermai les yeux, sentant la fatigue m'emporter encore. Une sueur froide me fit claquer les dents le temps d'un tremblement. Je serrai un peu plus la couverture, qui ne semblait pas être en mesure de me réchauffer. Cela faisait longtemps que je n'avais plus connu le froid, grâce à mon pouvoir sur le feu qui m'assurait une chaleur permanente. Ce feu était mort.

 

Diego continua de frapper et de m'appeler, m'empêchant de me reposer. Je soupirai et finis par me lever péniblement. Le seul moyen de savoir ce qu'il voulait était d'ouvrir. Au moins après il me laissera tranquille, et je pourrai retourner au lit. Mon masque apparut dans une bulle de fumée noire dans ma main. Réflexe. Je le regardai plusieurs secondes avec hésitation, sentant ma gorge se nouer. Je le fis éclater, regardant pensivement la fumée se dissiper. Je n'avais pas envie de le porter. Pour cacher tout de même ma mauvaise mine, je pris une potion. Après quoi je me dirigeai prudemment vers la porte, déséquilibrée par des vertiges. J'avais l'impression d'être droguée. La pièce autour de moi était instable.
 
-          T'en as pas marre de rester planté tous les jours devant ma porte pendant une demi-heure ? demandai-je en ouvrant la porte avec agacement.
-          Si. Raison pour laquelle aujourd'hui tu vas me laisser entrer, répondit Diego en essayant de pousser davantage la porte pour passer.
 
Mais je continuai à bloquer le passage. Diego avait beau avoir son masque, je savais qu'il n'appréciait pas mon geste.
 
-          Qu'est-ce que tu veux ? demandai-je sèchement.
-          Te parler.
-          J'ai pas envie, renvoyai-je de mauvaise humeur.
-          Tant pis.
 
J'étais en train de refermer la porte, mais Diego mit un grand coup de pied dedans. Je dus l'esquiver pendant qu'elle s'ouvrait à la volée avant d'aller se cogner contre le mur. Ce simple bruit résonna dans ma tête, augmentant mon mal. Je jetai à Diego un regard noir. Il savait combien je ne supportais pas qu'on dépasse les limites que je posais. Mais Diego n'y fit pas attention et referma derrière lui comme si de rien n'était. Je croisai les bras, sentant la colère chasser momentanément ma fatigue. Il ôta son masque, et je vis à son regard qu'il était aussi énervé qu'inquiet.
 
-          Maintenant, tu vas me dire ce qu'il se passe. Qu'est-ce que tu fous de tes journées ? s'emporta mon frère de c½ur.
-          Je me repose, répondis-je calmement. 
-          Ne me mens pas ! On dirait un cadavre !
 
Une décharge me piqua désagréablement à l'entente de cette comparaison. Ma potion n'était visiblement pas assez puissante pour couvrir les dégâts.
 
-           Tu n'as pas mieux à faire ? répliquai-je froidement.
-          Ta santé est prioritaire sur le reste. Je croyais que c'était naturel chez les frères et s½urs de veiller les uns sur les autres, dit-il en remontant la manche de son bras droit, paume vers le plafond.
 
Je regardai le tatouage dessiné sur la peau tendre, près de la main. Un huit couché sur toute la largeur du bras en symbole du lien infini. Un tatouage que je portais moi aussi et qui me rappela des souvenirs douloureux. Je serrai les dents, essayant de repousser la vague d'émotions qui me submergeait. Oui, en tant que frère et s½ur, je n'avais pas le droit de le maintenir ainsi dans l'ignorance. Mais j'avais tellement honte de ce que j'avais fait. Comment lui avouer la vérité ?
 
-          Pourquoi tu t'isoles autant ? reprit Diego plus doucement.
 
Ma gorge se noua rien que d'y repenser. Je fermai les yeux et allai m'asseoir sur le lit, ne sentant pas mes jambes capables de me tenir debout plus longtemps.
 
-          J'ai commis des meurtres... d'une façon inacceptable.
-          Qu'est-ce que tu veux dire ? demanda Diego en s'asseyant à côté de moi.
 
Ce n'était pas une bonne idée de me lancer dans des explications... ça allait encore raviver des souvenirs, déjà trop présents. Mais lorsque Diego posa sa main sur la mienne avec douceur en signe de soutien, j'eus un souffle de courage, et je me lançai.
 
-          Le soir de mes cinq ans, des hommes sont venus chez moi... pour nous tuer, ma mère et moi. C'est ce soir-là que je l'ai perdue. Ces hommes appartenaient tous à un gang spécial... un gang que j'ai fini par retrouver après toutes ces années de traque.
-          Le gang des Cobras... ?
 
Je fronçai les sourcils, le coeur bondissant. Comment avait-il deviné ?
 
-          Comment tu sais ?
-          Ça a fait la une des journaux.
 
J'avais mis le feu à l'entrepôt... comment était-ce possible ?
 
-         Les flics ont réussi à identifier quelques cadavres, dont celui de Chistopher Stall, expliqua Diego.
 
Le désespoir m'envahit. Tout le monde savait que cet homme faisait partie du gang des Cobras. Visiblement, mon incendie n'avait pas été suffisamment destructeur. Je n'avais pas effacé mes traces correctement. Une erreur de plus.
 
-          C'est une bonne chose qu'ils soient morts Prue... Pourquoi t'en vouloir ?
-          Je les ai massacrés, soufflai-je. J'ai complètement pété les plombs.
-          Ils ont détruit ton enfance... Ils méritaient amplement de mourir.
-        Pas comme ça ! Tu aurais dû voir les corps... c'est atroce ce que j'ai fait ! J'ai tellement perdu le contrôle que je ne m'en souviens même pas dans les détails ! J'ai dû enquêter sur mes propres meurtres pour reconstituer ma soirée ! J'ai –
 
Un éclair me foudroya la tête, avec la même violence que lorsque ça m'était arrivé chez Remus. Je me pris le crâne entre les mains, essayant de retenir un cri de douleur.
 
-         Prue ?! Qu'est-ce qu'il se passe ? s'affola Diego.
 
Mais c'est à peine si je l'entendis. La douleur me lancinait la tête, j'avais l'impression d'avoir le cerveau irradié. Des images passèrent furtivement dans mon esprit. Du sang, des corps, des gorges ouvertes... je ressentis à la fois la haine et la peur, l'assurance et le désespoir, l'apaisement et la douleur... une infinie douleur... La pression augmenta davantage, les images changèrent et je vis un paysage urbain inconnu, une main d'homme tenir une lame qui n'était pas la mienne... je secouai la tête, essayant de reprendre le contrôle, de chasser ces images étrangères.

 


Et puis tout s'envola aussi vite que c'était arrivé. Je rouvris les yeux et croisai le regard inquiet de Diego. Il prit ma tête entre ses mains et colla son front au mien, parcourut d'un tremblement. Je sentais sa peur. C'était horrible.
 
-         Calme-toi ma puce... calme-toi, dit-il dans un murmure en me déposant un baiser sur le front.
 
Je m'accrochai à son torse pour ne pas tomber. Je me réfugiai dans son cou, haletante, le c½ur à fond. Diego me caressait les cheveux, me serrant contre lui avec douceur. La douleur à la tête sembla s'apaiser un tout petit peu. Mais je me sentais mal. Que m'arrivait-il bon sang ?
 
-             Je suis en train de devenir dingue... soufflai-je avec effroi.
-         Non Prue... tu es juste sous le choc. Ça va passer. Je te le promets. Je vais t'aider.
 
J'avais du mal à y croire. C'était la deuxième fois qu'une douleur aussi violente me prenait d'assaut, et je n'arrivais toujours pas à en déterminer l'origine. Je ne comprenais pas. Comme lorsque ça m'était arrivé avec Remus, je sentis une forte fatigue m'envahir soudainement, et je me laissai emporter dans l'inconscience, trop assommée pour lutter.
 

~ Point de vue général ~
 

Le c½ur de Diego accéléra brusquement en sentant le corps de Prue se relâcher dans ses bras. Il l'allongea sur son lit et vérifia son pouls... toujours battant. A peine rassuré, il alla chercher de l'aide, ne comprenant pas le mal qui rongeait sa chère s½ur. Il tambourina à la porte de Jack, espérant que celui-ci ne soit pas parti en chasse. Par chance, le mentor des tueurs était là.
 
-         Et bien Asesino, qu'est-ce qu'il te prend ?! s'emporta Jack en ouvrant.
-         Tracker...
 
Jack ne posa pas plus de question, sentant son estomac se nouer. Il n'avait pas vu sa protégée depuis plusieurs jours... lui était-il arrivé quelque chose ? Il suivit Diego jusqu'aux appartements de la concernée et eut un léger moment de panique en la voyant allongée sur son lit, inconsciente. Jack s'assit à ses côtés et sortit sa baguette, pendant que Diego lui expliquait la situation. Le Maître des tueurs sentit un poids l'alourdir en apprenant que c'était Prue à l'origine de l'attaque du gang des Cobras. Il s'en était douté mais avait espéré avoir tort. Ce n'était pas le cas. Prue était bien sur les traces de son passé. Jack balaya bien vite ses pensées pour se consacrer uniquement à la soigner.
 

 


Une demi-heure plus tard, Prue revenait enfin à elle. Jamais Jack ne l'avait vue dans un tel état. Elle avait le visage creusé par la fatigue et le teint cadavérique. Son regard était dénué d'expression. Elle poussa un gémissement en portant sa main à la tête.
 
-         Ça va ? demanda Jack.
 
Elle ne répondit pas et lui tourna le dos, se recroquevillant. Jack ne comprit pas son attitude. Qu'avait-elle bon sang ?! Il échangea un regard inquiet avec Diego.
 
-         Partez, demanda Prue à voix basse.
 
Les deux hommes sentirent une pointe s'enfoncer dans leur c½ur. Ils auraient voulu rester auprès d'elle, mais ils ne pouvaient pas imposer leur présence. Jack se leva et entraîna Diego avec lui hors de la pièce, l'esprit confus.
 

~ Point de vue de Prue ~

 
J'avais encore revu des scènes atroces. Je n'en pouvais plus de voir toutes ces images. Couplées à mes propres souvenirs plus anciens qui étaient eux aussi insupportables à revivre, j'avais l'impression de replonger en enfer. Et puis je sentais l'inquiétude de Jack et de Diego, et ça m'insupportait. Je souffrais suffisamment de mes propres émotions, sur lesquelles j'avais perdu le contrôle, je n'avais pas besoin de ressentir leur peur en plus. Je me sentis donc un peu mieux lorsqu'ils sortirent de mes appartements. Comme si je n'étais plus exposée à des ondes. Je me laissai à nouveau emporter par le sommeil, incapable de garder plus longtemps les yeux ouverts.

 


Et cette fois, mon esprit choisit de piocher dans ma mémoire les pires souvenirs de ma vie... je revis ma mère mourir de la lame que je lui avais envoyée, un jeune loup s'écrouler en tentant de me protéger, mes interminables séances de tortures, les jeux insensés auxquels je devais participer pour échapper à la mort, mes combats incessants... et puis Jeff... mourant dans mes bras alors que je refusais de le laisser partir... des centaines de cadavres sur une île maudite, des têtes éclatées par des balles, des corps explosés par des grenades... et toutes les fois où j'avais regardé la mort en face... où je l'avais affrontée, pensant que ce serait la dernière. Je me revis tenant le corps inerte d'une s½ur... l'abandon d'un frère lors d'une fuite... une barrière de feu dressée devant moi... une balle me transperçant le corps... et une douleur... une douleur immense. Insoutenable. Je poussai un cri, ayant l'impression de sentir mon corps tout entier se déchirer. J'ouvris les yeux et croisai le regard de Diego, penché sur moi. Je ne comprenais plus rien à ce qu'il se passait, ni où j'étais. Tout ce que je savais, c'est que j'avais terriblement mal, et qu'il fallait que ça s'arrête. C'est comme si on me découpait l'intérieur de mon être. Lentement. Très lentement.
 
-         Tue-moi, suppliai-je à bout de nerfs.
-         Ne dis pas n'importe quoi !
-         S'il te plait... ne me laisse pas comme ça... arrête ça...
-         Tais-toi, dit-il la voix brisée.
 
Il me prit dans ses bras, me serrant avec force. Il me couvrit le visage de baisers, me soufflant des mots d'encouragement et de réconfort. Mais ça ne suffisait pas à atténuer la douleur. Je n'en pouvais plus. Trop d'émotions venaient s'ajouter à mon mal, incontrôlables et intenses.
 
-         Tu vas te relever de cette épreuve Prue... comme toujours. Je suis là pour t'y aider. Je ne te quitte pas. On va y arriver. Je t'interdis de baisser les bras. Tu n'as pas le droit. Tu ne peux pas me faire ça.
 
Je fermai les yeux, essayant de supporter la douleur en silence. Diego avait raison, je devais me battre... encore une fois. Je puisai un peu de force dans son étreinte pour me redonner courage. Je pensai à tout ce qu'il me restait à accomplir. Une part de moi osa même s'égarer auprès de Remus. Je n'avais pas le droit d'abandonner...
* Accroche-toi Prue... pense à ceux qui t'aiment... *
Mon regard s'aimanta au fantôme incertain derrière Diego... lui qui était toujours là quand j'étais au bord de la rupture. Mes yeux se fermèrent, et cette fois, je parvins à trouver un peu de repos.
 

~ Point de vue général ~

 
Prue n'allait vraiment pas bien. Les jours passaient, et elle était toujours dans le même état. Elle était incapable de sortir du lit, constamment assommée par une forte fièvre. Elle était régulièrement en proie à des crises hallucinatoires, où elle était à la limite de la perte de contrôle sur le feu. Seule la présence de Diego à ses côtés l'empêchait de réellement déraper. Il lui apportait un soutien précieux. Il était là pour la rassurer. Il ne la quittait plus, passant nuit et jour à ses côtés pour la veiller.

 

Voldemort finit par remarquer l'absence anormale du duo. Il partit donc à la recherche de sa fille, avec la ferme intention de la retrouver et d'obtenir des explications. Il trouva Jack dans la salle d'entraînements avec un autre jeune tueur. Lui devait savoir ce qu'il se passait. Prue était très proche de lui.
 
-         Jack, je peux te parler ?
-         Bien sûr. Continue comme ça, dit-il à l'adresse de son élève.
 
Jack se dirigea vers le Lord, sachant déjà ce qu'il voulait.
 
-         Où est Tracker ?
-         ... Dans ses appartements.
-         Elle ne répond pas quand j'y vais.
-         Elle est souffrante.
 
Une décharge parcourut le corps du Lord. Sa fille était mal et il n'était pas au courant ?! Il tourna les talons sans rien ajouter et se rua jusqu'à la chambre de sa fille. Il frappa fermement. Il fallait qu'elle ouvre. Qu'il la voie. La porte se déverrouilla, mais c'est un masque noir tigré de gris qui lui fit face. Le Lord eut un instant d'arrêt en le reconnaissant. Que faisait Diego dans les appartements de sa fille ?
 
-         Où est Prue ?
-         Au lit. Elle se repose.
-         Et toi, qu'est-ce que tu fais là ?
-         Je veille sur elle.
 
Le Lord déglutit en voyant sa fille malade. Qu'est-ce qu'il s'était passé ?
 
-         Laisse-moi, ordonna le Lord.
 
Diego aurait préféré rester auprès de Prue, mais il comprit qu'il ne pouvait rien face à la volonté de son père. Il ne pouvait pas l'empêcher de rester avec sa fille. Il céda donc sa place de gardien, temporairement. Une fois seul, Voldemort se dirigea lentement vers le lit de sa fille, ressentant une étrange sensation en lui. Un sentiment particulier, qu'il n'avait eu qu'en de rares occasions. Aujourd'hui c'était le cas. Aujourd'hui, il voyait sa fille inconsciente, envahie d'un mal dont il ne savait rien... dont personne ne l'avait prévenu. Pourquoi Jack et Diego ne lui avaient-ils rien dit ? Etait-ce à la demande de Prue ? Préférait-elle souffrir dans son coin alors qu'il pouvait la guérir ?

 


Le Lord soupira, se maudissant de se poser toutes ces questions. Il ne devrait pas douter. Il ne devrait pas s'inquiéter. Lui qui était le Seigneur des Ténèbres ne devait pas accorder la moindre place aux sentiments. Mais elle était sa fille, son bien le plus précieux, une part de lui-même. Il s'assit à ses côtés et regarda tristement son visage maladif. Prue avait les poings crispés et le corps tendu. Elle semblait avoir un sommeil agité. Le Lord ressentit une chaleur intense dans la pièce. Le feu dans la cheminée grossissait à vue d'oeil.
Le Lord posa sa main glaciale sur le front de Prue et se pencha sur elle pour lui déposer un doux baiser sur sa tempe. Il passa ses doigts sur le tatouage du Basilic de sa main libre et ferma les yeux, concentré. A cet instant, il ne désirait qu'une chose : qu'elle se réveille. Et son souhait ne tarda pas à s'exaucer. Au bout de plusieurs minutes, le Lord sentit Prue s'éveiller lentement, et il se redressa avec un faible sourire. Elle n'avait pas encore ouvert les yeux, mais elle n'allait plus tarder. Alors le Lord se leva et quitta les appartements, sans laisser de trace de son passage derrière lui. Lorsque Diego retourna auprès d'elle, il eut la stupéfaction de voir qu'elle était réveillée, et que la détermination brillait à nouveau dans ses yeux fatigués.
 

~ Point de vue de Prue ~

 
J'appréciai que Diego soit là à mon réveil. J'étais rassurée en sa présence. J'étais toujours fatiguée bien sûr, mais la douleur à la tête avait disparu. J'espérai cette fois ce serait définitif.
 
-         Comment tu te sens ? demanda doucement Diego.
-         Epuisée, soufflai-je.
 
Il passa lentement ses doigts sur mon visage, dans une agréable caresse. Il s'attarda un peu sur mon front et sourit faiblement.
 
-         Tu n'as plus de fièvre, dit-il.
-         Une bonne nouvelle... j'ai cru ne jamais en sortir.
-         Ce n'est pourtant pas faute de t'avoir administré des potions pour lutter contre...
 
Je gardai le silence, me laissant emporter dans mes pensées. Mes souvenirs des derniers jours étaient assez confus... je ne savais pas trop ce que j'avais réellement vécu ou imaginé. Mais je revis effectivement quelques images, où Diego me soignait. Cela me fit sourire d'ailleurs. Diego était toujours là pour moi.
 
-         Qu'est-ce qui te fait sourire ? s'intéressa Diego.
-         Toi.
-         Ah. Continue de me regarder alors.
 
J'eus un petit rire et refermai momentanément les yeux, encore fatiguée. Mon esprit ne mit pas longtemps à me rappeler ce que j'avais fait. Je déglutis péniblement en sentant mon c½ur se serrer une fois de plus.
 
-         Quel jour sommes-nous ? demandai-je au bout d'un moment.
-         Le 12 août.
-         Bon sang... je n'ai pas vu le temps passer.
-         Je ne peux pas en dire autant.
 
Je rouvris les yeux et regardai Diego avec attention. Il semblait beaucoup plus fatigué lui aussi.
 
-         Pardonne-moi de t'avoir fait vivre ça.
-         Ne t'excuse pas. Tu n'étais pas bien, il fallait bien que quelqu'un veille sur toi.
 
Ses paroles le firent sourire. Je crois que ça lui plaisait ce rôle d'ange gardien. Cette pensée m'accéléra légèrement le c½ur, me faisant soupirer.
 
-         Tu as toujours mal à la tête ?
-         Non. Heureusement... c'était insupportable.
 
Diego soupira, continuant pensivement ses caresses sur mon visage. Ça me faisait du bien. Mon regard fut attiré par une tâche noire au plafond.
 
-         J'ai perdu le contrôle ? demandai-je.
-         ... Tu as failli. Mais Jack et moi avons réussi à te calmer. Tu... avais des petites hallucinations.
 
Je sentis mon c½ur se serrer. J'aurais pu les tuer.
 
-         Tu ne devrais pas rester auprès d'une bombe constamment sur le point d'exploser...
-         Tu avais beaucoup de fièvre Prue...
-         Ce n'était pas le cas lorsque j'ai pété les plombs avec le gang...
-         Nous avons encaissé tellement. Nous avons vécu les pires horreurs dans notre jeunesse... on nous a fait vivre l'enfer pour faire de nous des tueurs. Des machines de guerre. C'est triste à dire, mais malgré nos rebellions... ils ont réussi. C'est d'ailleurs grâce à ça si on est toujours vivants. Ça ne nous quittera pas, il faut que tu l'acceptes. Tu n'es pas devenue folle... tu as juste libéré toute la douleur que tu traînais depuis des années. Tu as enfin eu l'occasion de te délivrer. Tu as vengé ta famille. C'est terminé tout ça maintenant.
 
Je secouai négativement la tête, sentant une épine s'enfoncer douloureusement dans ma poitrine. J'avais éliminé la majorité du gang, certes, mais le chef était toujours vivant. Tout comme le commanditaire de l'attaque. Rien n'était terminé, et la chasse s'annonçait encore plus difficile. Cobra avait certainement dû prendre les mesures nécessaires pour disparaître.
 
-          Je n'ai pas eu le chef, soufflai-je. Il avait quitté l'entrepôt avant.
-        Tu le retrouveras, assura Diego. Comme tu as retrouvé les autres. Il ne t'échappera pas. Mais avant de te remettre en chasse, il faut que tu reprennes des forces. Tu as l'air de tout sauf du prédateur le plus redoutable du pays. Repose-toi, mange, et arrête de repenser à tes victimes. Il faut que tu redeviennes Tracker, la vraie, celle que rien n'atteint et qui garde son sang-froid en permanence. Tu te souviens... ? Ne jamais laisser les émotions te dominer.
-          Oui...
 
Il me prit contre lui, et je l'entourai, contente qu'il soit là.
 
-          Je vais rester près de toi... tu peux compter sur moi. Tout ça ne sera bientôt qu'un mauvais souvenir. Tu as surmonté pire. Tu vas te relever, comme toujours. Je vais t'aider.
-          ... Merci.
 
Il m'embrassa tendrement sur le front avant de se lever pour se mettre dans un fauteuil qu'il avait déplacé près de mon lit.
 
-          Repose-toi, me dit-il. Tu as encore besoin de dormir.
 
J'acquiesçai lentement. Il avait raison, il fallait que je me reprenne. Mais à peine je fermai les yeux que je me mis à revivre l'épisode dans l'entrepôt... ainsi que d'autres, qui étaient totalement étrangers à ma mémoire. D'où provenaient ces visions ?
 
 

| 15 août 1977 – Manoir Voldemort – Appartements de Tracker – 19h |

 
Cela devait bien faire une demi-heure que j'étais allongée dans ma baignoire, de l'eau chaude jusqu'au cou. Le silence régnait dans mes appartements, et c'était agréable. Je tendis l'oreille lorsque la porte de la salle de bains s'ouvrit discrètement.
 
-         Grillé, lançai-je calmement.
 
Je souris en ouvrant les yeux. Diego enleva son masque et regarda la mousse qui cachait mon corps avec une certaine déception.
 
-         Il se passe quoi si je fais disparaître les bulles ? demanda-t-il.
-         T'en prends une.
-         Roooh... entre frère et s½ur... nargua Diego.
 
Ses paroles me firent légèrement froncer les sourcils. Justement, entre frère et s½ur, il n'y a pas la volonté de se voir nus. Je le regardai avec attention. Il avait toujours son regard pénétrant... et troublant. Je remarquai qu'il était très bien habillé.
 
-         Tu sors ce soir ? demandai-je.
-         Oui. Avec toi.
-         Quoi ?
-         Tu me dois toujours un dîner je te rappelle.
 
Je me souvins que j'avais effectivement décliné son invitation, trop pressée par l'appel de mes hommes juste avant d'aller me venger. Je n'avais pas très envie de sortir... c'était la première fois que je laissais mon lit, et je ne me sentais pas prête à quitter mes appartements. D'un autre côté, les yeux de Diego me suppliaient d'accepter. Il semblait tellement y tenir. Je lui devais bien ça.
 
-         C'est vrai...
-         Je repasse vers 20h. Ne t'endors pas dans l'eau.
-         Compte là-dessus.
 
Il sourit et se pencha pour me déposer un baiser sur le front. Je frissonnai au contact de ses lèvres et le suivis du regard pendant qu'il sortait de la salle de bains. Un peu perdue dans mes pensées, je me laissai glisser sous l'eau pour reprendre mes esprits. Mes sentiments devenaient de plus en plus confus, il fallait que je me ressaisisse.
 

|16 août 1977 – Manoir Voldemort – 10h |
 

Je me réveillai en sursaut en entendant frapper précipitamment à la porte.
 
-       Tracker !
 
Je reconnus la voix de Jack. Je ne pris donc pas la peine de mettre ma tenue de tueuse et allai ouvrir, encore un peu endormie.
 
-        Hum ? lâchai-je en ouvrant.
-        Il faut que tu viennes ! Une réunion importante a lieu, et je pense que tu devrais y participer !
-        J'arrive.
 
Je fermai la porte et filai sous la douche, me lavant en un temps record. Je m'arrêtai devant le miroir en sortant. Je semblais toujours fatiguée. Je laissai ma tenue de tueuse m'envelopper dans un tourbillon de fumée noire. Je me sentis étrange en voyant mon reflet : ça faisait trois semaines que je ne l'avais pas mise. Je remarquai qu'elle m'était légèrement grande. J'allais devoir me remplumer. Mon masque apparut dans ma main, machinalement. J'eus un faible sourire avant de le mettre sur mon visage. J'avais retrouvé le moral depuis hier. J'avais passé une super soirée en la compagnie de Diego. Il avait eu raison de me pousser à sortir. Prendre l'air m'avait fait du bien, surtout en sa compagnie. Je m'étais changée les idées.

 

Je jetai un coup d'½il à ma montre et sortis. Il était temps que Tracker refasse une apparition au sein des Mangemorts. Je me dirigeai d'un pas vif vers la salle de réunion, me demandant pourquoi Jack était si perturbé. Lorsque j'arrivai, j'eus la surprise de constater qu'il n'y avait que très peu de monde. Orion, Cygnus, Bellatrix, Diego, Jack et mon père étaient en train de discuter. La réunion avait visiblement déjà commencé. J'ignore pourquoi je restai devant la porte entrouverte au lieu d'entrer.
 
-           Comme vous le savez, le Premier Ministre Français arrive dans deux jours en Angleterre. Une alliance très attendue doit se faire avec notre gouvernement.
 
Il y a des semaines que j'avais entendu parler de la visite programmée du Premier Ministre Français sur notre sol. J'avais d'ailleurs été étonnée que mon père ne me demande pas de le tuer. Cela m'avait toutefois un peu rassurée, car cet homme était parfaitement innocent. J'aurais eu énormément de difficulté à le tuer. Son sang ne méritait pas d'imprégner ma lame.
 
-     Grâce à vous, dit mon père à l'adresse de Cygnus et Orion, toutes les informations que vous avez récupérées ont permis la préparation de la mission... Asesino, es-tu prêt ?
-           Oui, répondit Diego.
 
Je sentis mon c½ur dérailler. De quelle mission parlaient-ils ? Je me souvins alors du fameux travail que m'avait caché Diego... un travail qui me déplairait. La peur m'envahit. C'était trop dangereux, Diego n'avait jamais prémédité le meurtre parfait. Lui confier une mission aussi délicate était quasi suicidaire. Il n'avait pas l'expérience suffisante.
 
-          Avec tout le respect que je vous dois, et la confiance que j'accorde à Asesino, je tiens à vous rappeler que vous commettez une erreur, intervint Jack.
-          Je peux le faire, assura Diego avec détermination.
-        Ton orgueil t'aveugle. Tu es excellent dans ton domaine, mais tu n'as aucune expérience en tant que tueur à gages. Et se lancer dans une mission aussi délicate et importante pour ta première fois relève de la folie. Tu n'es pas prêt.
-           J'y travaille depuis des semaines ! Personne ne pourra être mieux préparé que moi en moins de deux jours.
-         Si, intervins-je en entrant dans la pièce. Moi je peux le faire.
 
Le silence tomba dans la salle. Toutes les têtes se tournèrent vers moi avec surprise. Sauf Jack bien sûr.

-          Tracker... on finissait par ne plus croire à ton retour, railla Bellatrix.
-        Me revoilà, me contentai-je de dire. J'ignore pourquoi vous m'avez caché une telle mission, lançai-je à l'adresse de mon père. Encore moins pourquoi vous ne m'avez pas choisie. Jack a raison. Asesino n'est pas prêt.
-        Le Seigneur des Ténèbres estime que je le suis Tracker... répliqua Diego. Cette cible est la mienne.
-       Je refuse de perdre un élément aussi important que toi. Ton heure de gloire viendra... mais pas avec cette mission.
 
Je me tournai à nouveau vers mon père.
 
-         Laissez-moi prendre le relai.
-         Ne fais pas ça Tracker ! s'énerva Diego.
-         Vous irez tous les deux, trancha mon père.
 
Je soupirai, énervée que mon père soit aussi borné, et désespérée que Diego ne voie pas le risque, aveuglé par son désir de faire ses preuves. J'aurais tellement voulu l'éloigner de ce danger. De cette mission qui pouvait tourner au cauchemar au moindre faux pas.
 
-         Tracker... ? rappela le Seigneur des Ténèbres.
-         Ok. Ça me va. On ira ensemble.
-         Dans ce cas, le sujet est clos.
 
Diego se leva d'un bond et quitta la pièce d'une démarche raide. Jack m'arrêta lorsque j'essayai de le suivre.
 
-         Tu as fait le bon choix, murmura mon Maître.
-         Je sais.
 
Je jetai un coup d'oeil vers mon père, qui parlait avec les trois Black.
 
-         Il faudra qu'on ait une discussion, lançai-je.
 
Mon père eut un sourire en coin.
 
-          Quand tu veux, Tracker.
 
Je refoulai ma colère et sortis. Je rattrapai Diego juste à temps avant qu'il ne rentre dans ses appartements. Il tenta de fermer la porte mais je la retins mentalement.
 
-         Je n'ai pas envie de parler, lança Diego avec agressivité.
-         Tant pis, renvoyai-je en ouvrant la porte de force.
 
J'entrai et fermai la porte, comme il l'avait fait avec moi. Diego tournait en rond d'un pas énergique. Je comprenais ce qu'il pouvait ressentir, mais je n'avais aucun regret.
 
-         Tu m'as humilié ! s'emporta Diego.
-         Je t'ai sauvé la vie crétin ! Tu es doué Diego, ça ne fait aucun doute. Mais tu manques d'expérience dans ce domaine, il faut que tu l'acceptes ! Je suis étonnée que mon père t'ait proposé une telle mission, mais plus encore que tu aies eu la folie de l'accepter !
-         C'est pour toi que je l'ai fait !
-         ... Quoi ?
-         Bien sûr que ton père ne voulait que toi pour cette mission ! Tu crois qu'il s'est naturellement tourné vers moi alors qu'il dispose de la Mort sur demande ? Je l'ai convaincu de me choisir !
-         Pourquoi t'as fait ça ?
-       Parce que le premier ministre français est innocent ! Et je sais à quel point c'est difficile pour toi de tuer ce genre de cible ! Tu en es venue à te faire torturer par ton père pour avoir refusé de participer à l'attaque de Hertford. Je voulais t'éviter un nouvel affrontement ! Je comptais t'en parler, mais tu as passé des semaines en état de choc suite à ta vengeance et je n'ai pas voulu t'infliger d'autre souffrance !
 
Je restai sans voix plusieurs secondes, essayant d'encaisser ses paroles. J'ôtai mon masque lentement. J'avais l'impression d'être sonnée. Diego avait accepté une mission à haut risque... pour m'empêcher d'aller à nouveau à l'encontre de mes valeurs. Son geste était à la fois fou et touchant. Terriblement touchant.
 
-        Mais Diego... comment as-tu pu envisager une seule seconde que je te laisserais courir un tel risque ?
 
Diego ne répondit pas, déchiré par la situation.  Je me rapprochai de lui et enlevai son masque, ayant besoin de voir son visage.
 
-         Cette mission, on va l'accomplir... ensemble. Je vais revoir le plan que tu as élaboré... et je t'accompagnerai sur le terrain. C'est toi qui tueras la cible, mais je serai là pour m'assurer que tu le fasses dans les règles de l'art. Que tu ressortes insoupçonné.
 
Le regard de Diego avait changé. Il n'y avait plus de la colère dans ses yeux... juste une lueur beaucoup plus brillante, avant d'être ombragée par le doute.
 
-         Même si ce n'est pas toi qui tues le premier ministre français, tu te rends complice de l'assassinat d'un innocent. Un innocent qui a contribué au bien de son pays et qui a défendu de nobles causes. Pourras-tu vivre avec ça ?
 
J'eus un rire nerveux.
 
-         Ce dont j'ai la certitude Diego, c'est que je ne pourrai pas vivre sans toi. Le code inspire une ligne de conduite, mais il faut savoir s'adapter aux circonstances... et dans notre cas, ta vie est prioritaire sur le reste. Alors oui, je vivrais avec ça sur la conscience si c'est le prix à payer pour assurer ta réussite.
 
Diego me prit dans ses bras avec élan, me serrant avec une certaine émotion qui me fit sourire. Comment pouvait-il encore douter de mon attachement pour lui ? Sa vie avait bien plus d'importance à mes yeux que mon code. S'il était prêt à mettre sa vie en danger pour moi, il était aisé de comprendre que j'étais prête à renoncer à mes valeurs le temps d'un crime pour lui.


Chapitre 29 : Etat de choc


 
Me revoilà avec ce nouveau chapitre ! Encore désolée d'avoir sauté une semaine de publication, mais je n'avais vraiment pas le temps de m'y consacrer avant, et je trouve dommage de bâcler.
J'espère qu'il vous a plu (et que vous vous posez toujours autant de questions) :P
Votre avis sera le bienvenu, comme toujours. Certains d'entre vous émettent des hypothèses sur les personnages et l'histoire, n'hésitez pas à en faire autant, c'est toujours constructif pour vous et pour moi ;)
Sur ce, je vous fais de gros bisous et vous prépare le mot de Tracker, ainsi que l'aperçu du prochain chapitre pour l'après-midi.
 
Au fait, vous avez dû remarquer que j'ai changé le fond du blog... qu'en pensez-vous ?
 
J'en profite aussi pour rappeler que le concours d'OS est terminé, et que les participants ont posté leurs écrits sur ce blog. Le jury est en train d'attribuer ses notes (et pour ma part, je m'y mets dans la journée, j'ai hâte de les lire !).
 
A très bientôt
 

Tags : L'histoire d'un assassin - Partie 1 : L'amour d'un Assassin - tome 1

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Comments :

  • Dum-Cha

    22/12/2016

    Sacré prudence. ?

  • LeMaitreDesLieux

    29/09/2015

    Bonsoir,
    Alors là tu m'as encore une fois scotché ! Je ne m'attendais pas à ce que Diego est fait ça. Mais bon ça prouve bien le lien fort qui les unit ;) sinon je suis un peu déçu que personne ne parle de la venue du Lord à Prue, j'aurais aimé au moins qu'elle sache qu'il est venu ... mais bon c'est un détail ça ! je vais continuer tranquillement de combler mon retard :)

  • hostfresh-HarryPotter

    24/06/2014

    Mais sont-ils fous ??? Bon en tout cas on voit qu'ils sont attachés l'un à l'autre....

  • Harry-Potter-generationx

    29/05/2014

    Ohlala mais ton titre est un euphémisme ! C'est bien pire qu'un état de choc ! ^^
    Mais qu'est-ce qu'à bien pu faire son père pour l'aider comme ça ! :o Enfin ça a marcher ! :D
    Ça fait plaisir de voir qu'elle va mieux :D en plus la rentrée est bientôt ! Elle va retrouver son Remus ! ;)
    Pourquoi le premier ministre français ? Le président aurais été encore plus important non ? :)

    Bon je vais lire la suite ! :D

  • aSupernaturalLife

    19/04/2014

    Ça y est, j'ai tout lu ! Va falloir attendre maintenant x)
    J'adore toujours autant, puis je être inscrite à la liste des prévenus stp ?
    Bonne continuation, bisous !

  • assassin-maraudeurs

    16/04/2014

    xsmileyx93-dramione wrote: "Coucou !!
    J'arrive tard désolée, avec les OS j'ai pas eu le temps de passer avant^^
    C'est un très bon chapitre. J'ai adoré la complicité avec Diego. Bon j'avoue les Maraudeurs me manque mais bon, ça change ! En plus la mission s'annonce intéressante, ça va être cool x)
    juste une petite remarque : J'en pouvais plus de voir toutes ces images. (normalement c'est "je n'en pouvais plus", après tu as peut être fait exprès je sais pas.)
    Bisou ! vivement la suite
    "

    Hello !
    Aucun problème, je comprends, ça prend du temps d'organiser un concours ^^
    Les Maraudeurs reviennent très bientôt, promis =)
    Tu as fait une bonne remarque, mais pour cette fois c'était voulu. Prue est dans un sale état donc elle ne pense pas trop à son vocabulaire xD
    Bisous à bientôt !

  • xsmileyx93-dramione

    16/04/2014

    Coucou !!
    J'arrive tard désolée, avec les OS j'ai pas eu le temps de passer avant^^
    C'est un très bon chapitre. J'ai adoré la complicité avec Diego. Bon j'avoue les Maraudeurs me manque mais bon, ça change ! En plus la mission s'annonce intéressante, ça va être cool x)
    juste une petite remarque : J'en pouvais plus de voir toutes ces images. (normalement c'est "je n'en pouvais plus", après tu as peut être fait exprès je sais pas.)
    Bisou ! vivement la suite

  • assassin-maraudeurs

    16/04/2014

    evannarogue-hpfanfic wrote: "Comme toujours, très bon chapitre! :)

    En effet, comme le nom l'indique, Prue était vraiment dans un état de choc! Je me demande vraiment pourquoi elle a ces maux de tête, qui semblent lui faire avoir des visions… je sais qu'au dernier chapitre, tu m'avais dit que l'une des trois hypothèses que j'avais nommé était la bonne, mais je me demande laquelle c'est… Pour l'instant, je pencherais pour la famille Haliwell…

    Bref, la fin du chapitre était surprenante, quoique compréhensible et logique. Ça prouve que Prue tient beaucoup à Diego. Comme un frère, dans le fond. Qu'elle soit prête à participer au meurtre d'un innocent pour que Diego ne meurt pas… Quoique, Diego est innocent, donc s'il échouait, un innocent mourrait également (ou du moins aurait de graves ennuis) alors tant qu'à ce qu'un innocent doive mourir, aussi bien que ce ne soit pas Diego!

    En tout cas! J'ai hâte que Remus et les Maraudeurs reviennent en scène, même si les intrigues du monde criminel de Prue sont très intéressantes et différentes aussi! :p

    À la semaine prochaine!

    PS: J'aime beaucoup ton nouveau fond, je ne me souviens pas si je te l'avais déjà dit… (x))
    "

    Hello ! Merci pour ton commentaire =)

    Alors concernant les " maux de tête " de Prue, on en saura un peu plus dans peu de chapitres ;)

    Pour ce qui est de Diego, il est loin d'être innocent ! Son surnom, Asesino, veut dire "assassin" en italien.
    Il a reçu la même formation que Prue, c'est un tueur lui aussi. C'est juste que jusqu'à maintenant, il n'agissait pas en tant que tueur à gages. Mais il a déjà commis des meurtres. Il a d'ailleurs participé à l'attaque de Hertford, donc il a lui aussi les mains sales.

    Remus et les Maraudeurs reviennent pas au prochain chapitre, mais à celui d'après, donc très bientôt =)

    Merci pour le fond !

  • evannarogue-hpfanfic

    16/04/2014

    Comme toujours, très bon chapitre! :)

    En effet, comme le nom l'indique, Prue était vraiment dans un état de choc! Je me demande vraiment pourquoi elle a ces maux de tête, qui semblent lui faire avoir des visions… je sais qu'au dernier chapitre, tu m'avais dit que l'une des trois hypothèses que j'avais nommé était la bonne, mais je me demande laquelle c'est… Pour l'instant, je pencherais pour la famille Haliwell…

    Bref, la fin du chapitre était surprenante, quoique compréhensible et logique. Ça prouve que Prue tient beaucoup à Diego. Comme un frère, dans le fond. Qu'elle soit prête à participer au meurtre d'un innocent pour que Diego ne meurt pas… Quoique, Diego est innocent, donc s'il échouait, un innocent mourrait également (ou du moins aurait de graves ennuis) alors tant qu'à ce qu'un innocent doive mourir, aussi bien que ce ne soit pas Diego!

    En tout cas! J'ai hâte que Remus et les Maraudeurs reviennent en scène, même si les intrigues du monde criminel de Prue sont très intéressantes et différentes aussi! :p

    À la semaine prochaine!

    PS: J'aime beaucoup ton nouveau fond, je ne me souviens pas si je te l'avais déjà dit… (x))

  • assassin-maraudeurs

    14/04/2014

    Visiteur wrote: "Le frère est vraiment attentionnée et proche de sa s½ur, on voit vraiment qu'il sont lié, Prue tient vraiment a lui, je me demande si sa ne vas pas rendre Remus un peu jaloux si jamais il vient a l'apprendre, impatiente pour la suite !!!! =)
    Ps : le tigre, il l' aime beaucoup sa louve.......un peu tros, non ???
    "

    Bonne remarque au sujet du tigre concernant SA louve ... ce sera d'ailleurs le sujet du prochain chapitre ;)

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