Chapitre 31 : Retour à Poudlard

" C'est parti pour une nouvelle année auprès des Maraudeurs. Rien n'a changé. Tout recommence exactement comme ça s'est terminé. Provocations, rigolades, câlins... en fait la seule chose qui diffère, c'est moi. Moi et ma tête, qui continue à faire des siennes. Moi et mon c½ur, qui me trahit à la moindre occasion.
Bon retour à Poudlard... "
 
 
Chapitre 31 : Retour à Poudlard

 
 
| 30 août 1977 – Manoir Voldemort – Salle d'entraînement – 8h30 |
 
- Ravi de constater que tu as repris du poil de la bête, je commençais à croire que tu vieillissais avant l'âge ! provoqua Jack.
 
Je contre-attaquai un coup et frappai dans son ventre en guise de réponse. C'est vrai, j'allais mieux. Je remontais doucement la pente. Grâce à Diego. Je puisais ma force dans sa présence pour me relever. Il m'encourageait à reprendre mon rythme habituel, disant que c'était important pour ne pas continuer à s'enfoncer. Je chassais peu à peu l'épisode de l'entrepôt, même s'il était toujours bien présent. Mon esprit n'était plus aussi tourmenté dans la journée, bien que les cauchemars continuent à torturer mes nuits. La mort du Premier Ministre Français était venue s'ajouter à ma liste noire. Les hommages rendus en son honneur avaient été difficiles à regarder. C'était un homme bien, et j'avais largement contribué à sa mort. Alors, je préférais passer mon temps libre dans la salle d'entraînements, loin de tout. Frapper. Encore et encore. Sans jamais s'arrêter. J'avais un grand besoin d'évacuer.

 

Jack tenta une prise que je détournai, et je ne me privai pas pour lui mettre un coup au visage pour m'avoir provoqué quelques secondes plus tôt.
 
- L'entraînement est terminé pour aujourd'hui, annonça Jack un peu sonné.
 
J'eus un sourire au coin des lèvres, le défiant du regard.
 
- Déjà fatigué papi ? narguai-je.
 
Il me fit comprendre d'un regard que j'allais regretter mes paroles. Je souris davantage en le voyant approcher. On recommença à se battre, et même si on se donnait de vrais coups, on n'y mettait pas trop de force pour ne pas se faire mal. Chacun avait beau s'acharner, l'autre contrait toujours. J'adorais me battre avec lui. Il était le seul vraiment à la hauteur pour m'affronter en combat rapproché. Je finis par réussir à lui faire une prise pour l'emporter au sol et l'immobiliser. Je tirai un peu sur son épaule en arrière avec un sourire triomphal.
 
- Ça va, ça va, t'as gagné ! reconnut Jack.
 
Je rigolai et le lâchai. Je me relevai, essoufflée, et lui tendis la main pour l'aider.
 
- Prochain entraînement demain. Même heure.
- Pressé de reprendre une raclée ? provoquai-je.
 
Il feinta une attaque, que j'esquivai en rigolant. J'allais chercher mes affaires quand je vis Diego, l'épaule appuyée contre le mur.
 
- Toujours un plaisir de te voir te battre, me dit-il.
- C'est sûr qu'il vaut mieux se contenter d'être spectateur... répondis-je avec un clin d'½il.
 
Il haussa les sourcils, avec cet air qui ne présageait rien de bon. Il s'éloigna du mur et s'avança avec assurance. Provocation quand tu nous tiens...
 
- Bon, je vous laisse régler vos comptes, lança Jack en sortant.
 
Je reculai jusqu'au centre de la pièce, sans lâcher des yeux mon "adversaire". Diego avançait vers moi, dominateur. On se tourna autour quelques secondes avant de commencer à se battre. On ne s'épargna pas, il n'était pas question de laisser gagner l'autre. On enchaîna les frappes, sans jamais se lasser. Je parvins à lui mettre un coup au visage. Il passa sa main sur son arcade, me jetant un regard réprobateur.
 
- Tu veux jouer à ça ? demanda-t-il la voix légèrement menaçante.
- Oh... je t'ai fait mal tigrounet ? provoquai-je.
 
Il ôta son débardeur avec vivacité, se jetant sur moi avec acharnement, me faisant ricaner. Je ne me laissai perturber ni par son torse musclé, ni par la vitesse de ses tentatives pour m'atteindre. Il parvint cependant à m'emprisonner dans une puissante étreinte. Je lui mis un coup de tête en arrière et me dégageai, me débarrassant de mon haut au passage.
 
- Je sens que ça va bien finir... dit-il avec un large sourire.
 
Le duel reprit, et à force d'effort, je parvins à lui mettre un coup dans le ventre qui le plia en deux. Un coup de genou, et il tombait en arrière. Avant qu'il ne se relève, je me mis à califourchon sur lui dans ma position de force favorite. Il m'afficha un sourire charmeur, le regard glissant sur mon corps.
 
- Il ne fallait pas te donner tant de mal pour en arriver là... me fit-il remarquer.
 
Il tenta de se redresser, mais je continuai à le bloquer. Je fis venir ma baguette jusqu'à moi et entrepris de lui soigner le visage. Je l'avais légèrement ouvert à l'arcade et à la lèvre. Diego ne chercha plus à se défaire de mon emprise. Il se contenta de me regarder avec attention. La douceur revint dans ses yeux, balayant l'ombre de l'orgueil qui s'était installée le temps du combat. Il posa ses mains sur mes hanches pour m'attirer à lui. Je m'arrêtai à quelques centimètres de ses lèvres, plongeant mes yeux dans les siens.
 
- Je repars dans deux jours, annonçai-je.
- Je sais... murmura sombrement Diego. Tu vas me manquer.
- Toi aussi, assurai-je avec un sourire.
 
Après plusieurs secondes à s'observer, je finis par me relever. Il fallait que j'aille me doucher, j'avais du travail pour la journée. Avec la reprise à temps plein de la mission qui approchait, il fallait que je prenne quelques dispositions.
 
|31 août 1977 – Manoir Voldemort – Appartements de Tracker – 22h12|
 

Je n'avais eu aucune nouvelle des Maraudeurs. Excepté ma brève visite chez Remus, je n'étais pas entrée en contact de toutes les vacances. Je m'en voulais de ne pas avoir fait l'effort de me déplacer. J'aurais pu y aller plus souvent, ou au moins leur envoyer des lettres, mais je n'y parvenais pas. Je n'arrivais pas à mélanger les deux mondes. Quand j'étais au manoir, je me coupais des Maraudeurs, et quand j'étais à Poudlard, j'évitais au maximum tout contact avec mon père. C'est comme ça. Comme si j'avais besoin de privilégier une facette plus qu'une autre selon l'endroit où je me trouvais. Quand je quittais les Maraudeurs, je n'étais que Tracker. Et après deux mois à temps complet, j'allais pouvoir délaisser à nouveau mon masque.

J'avais préparé mon retour à Poudlard avec grand soin. J'étais à la fenêtre, et je rêvassais. Je ne pouvais refouler l'impatience qui s'était emparée de mon être depuis mon réveil. Le quotidien auprès des Maraudeurs me manquait. Je souris en repensant à ces rigolades qu'il y avait eu dans l'année, aux nuits de pleine lune, et aux moments de complicité avec Remus. Tout allait pouvoir reprendre. Je m'assombris un peu en me rappelant la dernière discussion avec Sirius près de lac. Je n'avais pas pris la moindre décision pendant les vacances. Je savais que faire des efforts pour prendre une position claire et précise avec Remus serait vain. Nos retrouvailles ne pouvaient que rimer avec la poursuite de ce jeu infernal que nous avions commencé il y a plusieurs mois déjà. Parce qu'on en revenait toujours au même problème : je ne savais pas quel avenir choisir. Et il n'y avait rien pour m'aider à prendre position. J'avais l'impression que c'était insoluble.

Je me retournai en attendant la porte s'ouvrir dans mon dos. Je souris en voyant Diego entrer. Il se rapprocha de moi, et je vis à son regard qu'il était déjà nostalgique.

- Ça y est, tu as fini ta valise ?
- Oui.
- Tu n'oublieras pas de passer me voir ?
- Promis.

Diego me prit la main et la retourna pour embrasser tendrement mon tatouage. Son geste me fit sourire, et je posai ma main sur sa joue pour le caresser doucement. Il se redressa en m'adressant un clin d'½il.

- A bientôt.
 
| 1er septembre 1977 – Gare King Cross – Quai 9 ¾ - 10h45 |

- PRUE !!!



Je n'eus pas le temps de me retourner que je ne voyais plus la lumière du jour.
 
- Contente de vous revoir les garçons, leur dis-je en les serrant à mon tour dans les bras.
- Comment vas-tu ? On n'a pas eu de tes nouvelles de toutes les vacances !! reprocha James.
- J'en suis désolée, je ne pouvais pas trop communiquer avec le monde extérieur.
- Pourquoi ? s'étonna Sirius.
- Et si on parlait plutôt de vous ? coupai-je avec un grand sourire.
- Grr... tu ne changeras pas toi, se renfrogna James.
- Et il n'y a pas de raison qu'elle le fasse, lança une voix derrière moi.
 
Je me retournai vivement, le c½ur sautillant rien qu'au son de sa voix. Remus venait d'arriver et me souriait. Cette simple vision me fit lâcher la valise. J'allai le serrer dans mes bras avec un élan qui me surprit moi-même. C'était si bon de le retrouver !
 
- Tu m'as manqué, dit-il dans un souffle.
- ...Toi aussi. Désolée d'être partie un peu vite la dernière fois...
- Ce  n'est pas grave, dit-il sur un ton peu convainquant. Comment tu vas ?
- Bien.
- Prue ?
- Je t'assure... tout va bien.
 
Je me demandais parfois pourquoi je m'obstinais à penser que je pouvais duper ses sens de lycanthrope.
 
- Si tu le dis, soupira-t-il.
- Si on montait dans le train ? proposai-je pour changer de sujet. Avant que tous les wagons les plus spacieux soient pris...
 
Ils sourirent et on monta dans le Poudlard Express. On trouva un wagon assez grand pour nous tous. A peine on eut finit de hisser nos valises dans les filets que Peter arrivait à son tour.
 
- Salut Peter ! lança Sirius.
- Salut tout le monde ! Alors ces vacances ?
- Parfaites et toi ?
- Excellentes. J'ai beaucoup voyagé avec mes parents. Ça m'a fait du bien ! Vous avez reçu ma carte ?
- Oui, je me suis bien marré, répondit James.
- Et je n'avais pas suffisamment de place pour tout écrire ! Mais avant de tout vous raconter, je vais chercher des provisions pour le trajet.
 
Sa réflexion nous décocha un sourire. Il n'avait pas changé d'un poil. Je m'installai sur la banquette, contre la vitre et laissai mon regard vadrouiller sur les quais. Les jeunes élèves disaient au revoir à leurs parents une dernière fois avant les prochaines vacances, d'autres se poursuivaient en rigolant... Je sentis un bras passer autour de mes épaules. Je tournai la tête et me retrouvai à quelques centimètres de Remus. Je lui souris et me calai dans son cou avec un naturel presque effrayant. J'interceptai un échange de regard complice entre James et Sirius avant de fermer les yeux, et je ne cherchai pas à rétorquer quoi que ce soit. C'était inutile de nier l'évidence. Si j'avais réussi à me contrôler pendant les vacances en me tenant loin de Remus, je me rendais compte aujourd'hui à quel point il m'avait manqué. A quel point c'était bon de le retrouver. J'avais l'impression de combler un vide rien qu'en étant contre lui. C'est comme si je retrouvais avec bonheur l'addiction à une drogue dont j'avais été trop longtemps privée.
 
Une main me caressa doucement les cheveux, une autre la joue. Cette dernière fut remplacée par des lèvres chaudes au contour légèrement piquant. J'ouvris les yeux.
 
- Il faudrait peut-être que tu te changes ma belle, lança Sirius depuis la banquette d'en face.
 
Je fronçai les sourcils, ne comprenant pas. En regardant au-dehors, je reconnus les contours de Pré-au-Lard se dessiner. La nuit avait succédé au jour. J'étais toujours contre Remus et j'avais du mal à m'en dégager. Cette sieste m'avait fait du bien. Surtout dans ses bras. Je me levai en bâillant, l'esprit encore un peu embrumé, quittant le wagon pour aller me changer dans les toilettes.
 
| Dix minutes plus tard... |
 

Je me frayais un chemin à travers le couloir pour essayer de rejoindre les Maraudeurs. L'approche de Poudlard causait pas mal d'agitation. Je fis glisser la porte du wagon et m'engouffrai dedans, prenant une conversation en cours.

- Vous avez lu le journal pendant les vacances ? Vous avez vu tous ces meurtres qu'il y a eu ? demanda James.
- Oui, j'ai vu, répondit Remus. Il y a eu de nombreuses attaques un peu partout dans le pays. C'est de plus en plus fréquent...
- Il s'agirait du même groupe criminel à chaque fois... les « Mangemorts », informa Sirius. On n'a toujours pas trouvé leur mobile...
- Les tarés n'en ont pas en général, maugréa James.

Je soupirai. C'est sûr qu'entre les Potter et Lyall Lupin, les Maraudeurs ne rataient rien des évènements criminels marquants. Ils étaient bien informés.

- Et cet entrepôt qui a brûlé... ajouta Peter. Une quinzaine de corps a été retrouvée.

Je me laissai tomber lourdement sur la banquette à l'évocation de ce lieu, comme si mes jambes n'avaient soudainement plus la force de me porter. Une décharge me piqua dans tout le corps. Remus repassa son bras autour de moi comme tout à l'heure, et je me figeai.

- Oui, j'ai trouvé des photos en fouillant un peu dans les affaires de mes parents, dit James. C'était terrifiant !
- Ils ne savent toujours rien sur les circonstances des meurtres ? demanda Peter.
- Non, rien. L'enquête est quasi impossible à cause de l'incendie.
- Mais c'est bizarre quand même que ce gang ait été pris pour cible.
- Je ne vois pas en quoi cela est bizarre, murmurai-je.
- Ah bon ? s'étonna James.
- Il suffit que ce fameux groupe en gêne un autre pour qu'il y ait un règlement de compte. Les armes sont le seul moyen de communication de ce genre de criminels.
- Ouais... t'as peut-être raison, répondit Sirius indifférent. En tout cas, moi je demande aux Aurors de ne pas perdre leur temps avec cette histoire... qu'on les laisse s'entretuer, ça fait des monstres en moins.

James haussa les épaules et regarda par la fenêtre, exaspéré par le raisonnement de son frère de c½ur. La justice était sans aucun doute l'un des rares sujets qui mettaient les deux amis en désaccord. James défendait la justice au sens légal... celle des tribunaux. Sirius quant à lui ne crachait pas sur ce genre de règlement de compte, ni sur tout ce qui pouvait frapper les criminels.

- De toute façon, la priorité est donnée aux Mangemorts. Ils attaquent et tuent beaucoup d'innocents sans raison. C'est surtout sur eux que tout le monde bosse, rappela Remus pour couper court.

Je cessai d'écouter la conversation, trop impliquée pour y prendre part. Et puis ça avait le don de me faire monter une vague de stress. Je pouvais me trahir bêtement. Mon c½ur s'était emballé à l'évocation du souvenir de ce que j'avais fait à l'entrepôt. J'avais choqué tout un pays. Heureusement que j'avais brûlé la scène de crime pour effacer les atroces marques que j'avais laissées sur les cadavres de mes victimes. Ne voulant plus y penser, je retrouvai ma place contre Remus. Cette fois, ce ne fut pas suffisant pour m'apaiser.

- Ça va Prue ? demanda Remus incertain.

Je pris une grande inspiration, essayant de me calmer. Mais les battements de mon c½ur continuaient d'accélérer. Je me sentais étouffer dans ce wagon tout fermé.

- Je reviens, dis-je d'une voix évasive en me levant.

Je sentis ma tête s'engourdir au fur et à mesure que j'avançais dans le couloir. Je poussai les gens devant moi pour les écarter de mon chemin. Une personne n'apprécia pas d'être mise sur le côté. Je me fis bousculer brutalement. Contrairement à ce que je m'attendais, c'est un Serdaigle qui avait eu sale caractère.

- T'as un problème ?! agressa l'élève.

Il devait avoir mon âge, ou un an de moins. Je tâchai de garder mon calme malgré la vague de colère qui montait progressivement en moi.

- Ça va, je voulais juste passer, ne m'emmerde pas ! renvoyai-je en continuant ma route.

Mon mal de tête s'intensifia. Je sentis une main m'agripper fermement l'épaule pour me retourner. Je me retrouvai à nouveau face au Serdaigle.

- Excuse-toi !

La pression augmenta encore dans mon crâne... je commençais vraiment à m'énerver. Que je m'excuse... ? Lui, il croyait encore au père noël...

- Va te faire foutre ! fut la réponse qui me sembla la plus adéquate.

Il me plaqua contre la porte des toilettes. Quelque chose bascula en moi. J'eus une sorte de pulsion. Je me défis de son emprise et me jetai sur lui, le heurtant avec élan contre la porte d'en face. Il me lança un regard noir, et je lui mis un coup dans le ventre en guise de réponse, lui coupant le souffle net.

- Je te conseille de rester loin de moi si tu ne veux pas que je te finisse avant qu'on arrive à Poudlard, menaçai-je.

J'ouvris la porte des toilettes et m'enfermai dedans. J'agrippai les bords du lavabo avec force, essayant de garder le contrôle sur ma colère... de retrouver une respiration normale. Je levai les yeux sur mon reflet dans le petit miroir suspendu au mur. Je vis à mon regard que j'étais sur le point de libérer la louve... alors que je n'avais aucune raison de le faire. Je repensai à l'entrepôt, et je craignis de perdre à nouveau le contrôle. L'entrepôt... Cobra... Je tombai à genoux en sentant une violente décharge. Ça recommençait. Mon cerveau était à nouveau comme irradié. Un flash m'aveugla, et je retins un cri sous la douleur. Je me mordis le poing à m'en faire saigner. C'était insupportable. J'avais l'impression d'imploser. Des images furtives passèrent dans mon esprit. Je ne parvenais pas à reprendre le contrôle, prise au piège par cette infâme torture mentale.

J'entendis frapper derrière moi, et je rouvris les yeux, essoufflée. Sur le coup, je me demandai où j'étais. Je me relevai avec peine et me passai la tête sous l'eau pour essayer de faire tomber la température de mon corps qui était montée en flèche. J'ouvris la porte et me retrouvai nez-à-nez avec Lily, toujours aussi rayonnante.

- Et bien, tu es tombée dans le trou ? plaisanta la rousse.
- Désolée, marmonnai-je. On se retrouve tout à l'heure, dis-je en m'esquivant.

Je pris tout mon temps pour retourner au wagon, essayant de reprendre contenance. A mon arrivée, je fus soulagée de voir les Maraudeurs au complet le nez plongé dans un livre de Quidditch. Je repris ma place sans rien dire, essayant de me faire oublier. Peine perdue. Remus se détourna du livre. Je vis à ses yeux qu'il comprenait que quelque chose n'allait pas. Il s'appuya contre le dossier et s'approcha de mon visage. Il m'observa en silence et passa une main sur ma joue encore brûlante malgré l'eau qui n'avait pas fini de sécher. Je devais avoir une sale mine. Je fermai les yeux et laissai ma tête aller contre lui. Il me serra dans ses bras sans rien demander, se doutant que c'était inutile. La fatigue balaya mon esprit, et je soupirai. Moi qui pensais que c'était terminé cette histoire... je n'avais apparemment pas fini d'en baver. Je ne comprenais toujours pas à quoi c'était dû.

La locomotive siffla longuement, et je me redressai. Je vis la fumée s'épaissir par la vitre. On commençait à perdre de la vitesse. Lorsqu'elle s'arrêta complètement, un sourire éclaira le visage des garçons. Malgré le nouveau choc mental enduré, je sentis à mon tour un grand plaisir en regardant au-dehors.

- Bon retour à Poudlard ! lança joyeusement Sirius.
 
| Poudlard – Grande Salle – 20h08 |

- Bon appétit, souhaita Dumbledore en se rasseyant.


Il venait d'achever son discours sur le règlement et le déroulement de l'année, sensiblement identique à celui de l'an passé. Les plats apparurent pour soulager l'attente de nos estomacs, source d'émerveillement comme à chaque fois. Cette appétissante nourriture nous donnait envie de goûter à tous les plats. Le joyeux brouhaha s'adoucit tandis que les élèves commençaient à manger. L'ambiance était toujours aussi chaleureuse dans la Grande Salle, ça faisait plaisir de revenir. Les Maraudeurs avaient déjà des projets de blagues auxquels je me joindrais peut-être. Je ne doutais pas un seul instant que le quotidien allait reprendre comme l'an passé.

 

Mon regard se perdit un peu dans mon verre en réalisant que j'étais heureuse de retrouver les Maraudeurs et un train de vie normal. Le malaise m'envahit comme à chaque fois que j'avais ce genre de pensée. J'avais de plus en plus l'impression de trahir les miens. Et après ma nuit avec Diego, j'avais la sensation de le trahir lui aussi. Bizarre n'est-ce pas ? Où que je sois... j'avais toujours l'impression de mal agir avec quelqu'un. Au manoir, j'étais mal à l'aise par rapport à Remus, et à Poudlard par rapport à mon père, Jack et Diego. Comme si je n'étais jamais vraiment à ma place tout compte fait. Une sensation d'engourdissement me saisit à nouveau. Le bruit autour de moi devint plus gênant. Remus posa sa main sur la mienne en me sentant préoccupée.
 
- Ça va ? demanda-t-il doucement.
 
Un simple regard de sa part suffit à chasser mes angoisses, me redonnant le sourire.
 
- Oui. Juste un peu fatiguée. Je ne vais pas traîner ce soir. On se voit demain, dis-je en me levant.
- Mais Prue, le dessert n'a même pas encore été servi ! s'indigna Peter.
- Je n'ai plus très faim, désolée.
 
Je m'éloignai sans rien ajouter. Le mal de tête ne m'avait pas quittée depuis ma crise dans la locomotive. J'avais la désagréable impression que ça allait recommencer. Je ne voulais pas prendre le risque d'être dans la Grande Salle si ça arrivait.
 

 


Je m'empressai donc de sortir, de m'éloigner le plus possible. Au lieu d'aller vers les escaliers, je profitai que Rusard soit à table pour sortir. L'air doux me fit du bien. J'inspirai à pleins poumons, essayant de reprendre mes esprits. Le chemin jusqu'au saule pleureur me parut long. Un peu comme si je me vidais un peu plus à chaque pas. Pourtant, je ne m'arrêtai pas. C'était pire lorsque j'étais immobile.

 

Lorsque je passai sous les branches, je me laissai tomber par terre, presque à bout de force. Je n'allais vraiment pas bien. Je portai mes mains à la tête, et je sentis une sorte de fourmillement me parcourir le crâne. Je poussai un gémissement, essayant de me concentrer pour ne pas replonger. Je ne voulais pas subir à nouveau ça... Mais mes pensées m'échappèrent à nouveau, et un éclair me transperça le cerveau. Je me recroquevillai, serrant ma tête avec force comme pour contenir la douleur. Un mélange d'émotions me saisit violemment. Je ressentais à la fois de la joie... de la tristesse, de la frustration... de l'amour. Pourquoi ? La Grande Salle de Poudlard apparut vivement dans mon esprit. Je secouai la tête, et mes pensées allèrent s'enfermer dans une chambre faiblement éclairée et inconnue. J'entendais des discussions, des rires, des disputes... tout se mélangeait, faisant augmenter ma migraine. Je ne comprenais rien à mes visions. Rien de tout cela ne figurait dans ma mémoire. Etais-je en train de perdre la raison ? Mon corps se tendit à bloc, je sentis mes muscles au bord de la rupture.

 

Je fus saisie par un liquide frais qui me ramena à la réalité. Je rouvris les yeux et eus une sensation désagréable. Comme si j'avais le regard voilé par quelque chose. Tout était obscur autour de moi, je ne discernais rien. Je voulus respirer mais j'avalai de l'eau, me faisant tousser. Ce fut pire, j'en avalai encore. Comprenant que j'avais dû tomber dans le lac, je cherchai une quelconque luminosité qui pourrait m'indiquer la surface. La panique m'envahit en constatant un épais voile noir autour de moi. Je n'avais aucun repère, mes sens étaient brouillés, je n'avais plus d'air. Je cherchai désespérément la surface... sans succès.
 
| ... Quelques minutes avant ... |
 
~ Point de vue de Remus ~

Prue me préoccupait depuis que je l'avais revue sur les quais. Contrairement à ce qu'elle voulait faire croire, j'avais bien senti qu'elle n'était pas en forme. Elle avait confirmé mes doutes en allant se coucher alors que le repas n'était même pas terminé. Je me rappelai que Prue s'absentait souvent de l'école l'année dernière, pour des motifs jamais très clairs. Par acquis de conscience, je demandai à James la carte du Maraudeur, pour m'assurer qu'elle était montée dans le dortoir.

- « Je jure solennellement que mes intentions sont mauvaises », récitai-je.

La carte dessina alors lentement le plan du château, faisant apparaître le nom des personnes s'y trouvant. Sans surprise, la majorité des gens se trouvaient ici, dans la Grande Salle. Je soufflai d'agacement en voyant que Prue n'était pas au septième étage. Où était-elle encore passée ? Je balayai rapidement la carte du regard, à sa recherche. Je la localisai près du saule où nous avions l'habitude de nous reposer. Je me levai donc de table à mon tour, expliquant à mes amis qu'il fallait que je parle à Prue. Je sortis sans plus tarder. La température extérieure était très agréable. Il n'y avait pas de vent. La lune éclairait doucement le parc. Je me dirigeai tranquillement vers le saule, me demandant ce qui pouvait bien tourmenter ma belle, et sachant d'avance qu'il ne me serait pas facile d'obtenir des réponses.

Je trouvai bizarre de ne pas la voir alors que je n'étais plus qu'à une vingtaine de mètres du lac. Je fouillai les alentours du regard... tout était désert. Ce n'était pas possible qu'elle ait pu rentrer sans que je la croise. Par instinct, je me mis à courir vers le saule. Je m'arrêtai net une fois en-dessous. J'inspirai lentement... Prue s'était tenue ici il n'y a pas si longtemps, je sentais encore son odeur. Je tournai sur moi-même, à sa recherche. J'entendis une bulle d'air éclater à la surface de l'eau. Mon c½ur rata un battement. Je me ruai au bord du lac et vis avec horreur que plusieurs bulles remontaient à la surface. Je plongeai sans réfléchir. Je nageais comme un fou vers le fond. La lune ne filtrait pas suffisamment à travers l'eau à cette profondeur. Mes mains finirent par rencontrer une masse mouvante. J'entourai le corps de Prue qui essayait de nager. Je ne parvins pas à la remonter tellement elle se débattait. La peur me noua l'estomac, il fallait qu'elle se calme si je voulais la sortir de là. Je parvins à agripper ma baguette, et d'une pensée, elle s'éclaira. Prue était au bord de l'inconscience, mais elle cessa de se débattre lorsqu'elle me vit. Je l'entourai et la remontai en vitesse vers la surface. Je la sortis de l'eau et l'allongeai sur l'herbe. Elle avait perdu connaissance. Je pris ma baguette d'une main tremblante et lui lançai plusieurs sorts pour la ranimer... sans résultat. J'entrepris un massage cardiaque, le c½ur battant à l'idée d'être arrivé deux secondes trop tard. Je sentis des larmes se mêler à l'eau qui dégoulinait de mon visage. Je tentai encore un sort. Son corps se souleva à plusieurs reprises sous l'impact. Et enfin, elle recracha la quantité d'eau qu'elle avait avalée.

- Prue, murmurai-je le souffle court.

Elle se mit péniblement à quatre pattes, secouée par une violente quinte. Je la regardai ébahi, ne comprenant rien à ce qu'il venait de se passer. Comment avait-elle pu frôler la noyade ? Qu'est-ce qu'il s'était passé bon sang ? J'étais complètement sonné.
Il lui fallut plusieurs minutes pour reprendre son souffle. Pour ma part, j'étais incapable de parler, j'avais le c½ur qui battait trop vite. Je tremblais toujours un peu sous le coup de la peur. Tout s'était passé tellement vite. Prue se laissa tomber sur le sol, épuisée. Je sortis de ma léthargie pour me rapprocher d'elle.

- Qu'est-ce qu'il s'est passé ? soufflai-je.

Elle me fit signe qu'elle était trop essoufflée pour répondre. Elle avait du mal à respirer. Je la soulevai pour la prendre contre moi, caressant son visage glacé. Je lui lançai un sort pour sécher ses vêtements et fis apparaître un feu près de nous pour la réchauffer. Je n'arrivais pas à croire qu'un drame avait failli avoir lieu... que quelques secondes de plus auraient pu la tuer. Ma gorge se noua rien que d'imaginer mes yeux se poser sur son corps inerte... sur ses paupières qui ne s'ouvriraient plus jamais. Une autre larme coula lentement, brûlante, douloureuse. Je déposai un long baiser sur la joue de Prue, et enfouis mon visage dans son cou.

- Ne me refais plus jamais un truc pareil Prudence...

Elle passa sa main dans mes cheveux en guise de réponse. Elle aussi tremblait légèrement. Je relevai la tête pour la regarder. Je détestais voir cette fatigue dans ses yeux. C'est comme si une lueur s'était éteinte dans son regard.

- Pleure pas, murmura difficilement Prue en essuyant doucement mes joues.

Je serrai la mâchoire pour me reprendre, chassant mes idées noires. Elle était vivante, il fallait que j'arrête d'imaginer ce qu'il se serait passé si je n'étais pas arrivé à temps. Elle était là, c'est tout ce qui comptait.

- Je t'amène à l'infirmerie, prévins-je.
- Non. S'il te plait, non. J'ai juste besoin de repos.
- Tu as failli te noyer Prue...
- Ce n'est pas arrivé. Grâce à toi. S'il te plait, ne m'amène pas là-bas.

Je renonçai à l'amener de force à l'infirmerie face à son regard suppliant. Je lui lançai alors à nouveau un sort, pour lui insuffler de l'oxygène. Après quoi, je la soulevai doucement et la portai jusqu'à l'intérieur de l'école. Je croisai les doigts pour qu'on ne rencontre personne. Heureusement, tout le monde était encore en train de profiter de la première soirée à Poudlard. Je montai les sept étages et installai Prue dans le canapé de la salle commune. Je restai auprès d'elle, la gardant contre moi. Elle s'endormit assez rapidement, assommée par la fatigue. Pour ma part, je ne parvins pas à me reposer. J'avais eu trop peur. Trop peur de la perdre.

L'heure sur l'horloge au-dessus de la cheminée me fit bouger. Il fallait que je déplace Prue avant que les autres élèves ne reviennent. Pour la première soirée, les Gryffondor allaient certainement s'attarder dans la salle commune pour discuter. Je pris donc ma belle brune dans mes bras avec douceur en faisant bien attention à ne pas la réveiller. Je la montai dans mon dortoir et l'allongeai dans mon lit. Je me mis auprès d'elle et jetai un sort aux rideaux pour qu'ils nous isolent à la fois des bruits et des regards. J'étais ainsi persuadé qu'elle ne serait pas réveillée par un facteur externe. Je la veillai un long moment, jusque tard dans la nuit. Les rares fois où je décrochais, je revivais l'épisode de la soirée en cauchemar. En pire. La peur me saisissait et me réveillait en sursaut. Finalement, le jour commença à se lever, je n'avais pas réussi à me reposer.
 
| 2 septembre 1977 |
 
~ Point de vue de Prue ~
 
Je me réveillai dans les bras de Remus, une fois de plus. J'appréciais d'ouvrir les yeux sur lui... de pouvoir admirer son visage pendant son sommeil. Je ne me souvins pas pourquoi j'étais contre lui... pourquoi nous dormions ensemble. Peu importe. Mes yeux s'accrochèrent à ses lèvres, toujours aussi attirantes. Incapable de résister, je l'embrassai tendrement. Remus ouvrit les yeux avec le sourire, et je me perdis dans son beau regard ambré.

- Bonjour mon ange, soufflai-je.


Il me serra davantage contre lui, me faisant ressentir sa joie. Je l'embrassai encore, incapable de me détacher de lui. J'adorais sa tendresse... ses douces caresses réveillaient un certain désir. Il me provoquait la même vague de chaleur que Diego. Peut-être même plus intense. Mais je m'emballai trop vite, car le souffle me manqua. Un peu trop d'ailleurs. Un éclair me traversa l'esprit, et je me retrouvai au fond du lac. Prisonnière de l'eau. Incapable de remonter. Je sentis mes poumons se remplir, je n'allais pas tarder à succomber. Je sentis deux bras m'agripper et me hisser hors du lac. Je toussai plusieurs fois pour recracher l'eau. Je levai la tête vers mon sauveur et croisai le regard froid de mon père. Je sentis sa fureur. Un sentiment qui ne se prêtait pas à la situation.

- Merci, dis-je.
- Ne me remercie pas Prudence... je voulais avoir le plaisir de te tuer moi-même.
- Quoi ?!
- Tu as souillé notre sang et l'honneur de notre famille avec ce bâtard...
- Remus n'est pas -
- AVADA KEDAVRA !


Une violente décharge me secoua le corps à l'impact du sortilège de Mort. J'ouvris les yeux avec stupéfaction sur le visage de Remus. Il me regardait avec inquiétude, me caressant doucement la joue. Un rêve. Ce n'était qu'un mauvais rêve. Troublant mais irréel. Essoufflée, je me concentrai sur Remus pour retrouver mon calme. La peur se dissipa peu à peu en sa présence. Mon père n'était pas là... je ne m'étais pas noyée. Grâce à Remus. Ce loup protecteur qui était contre moi, à quelques centimètres de mon visage. D'ailleurs, peut-être étais-je encore en train de rêver... ? Je ne me souvenais pas m'être endormie dans son lit... mais ça me plaisait. J'aurais pu rester là toute la journée, à me baigner dans ses yeux. Il y avait tant d'affection dans son regard... rien que ça me procurait un bien fou et avait le don de me faire oublier le reste. J'avais l'impression que plus rien n'existait dans ces moments-là.

- Bonjour mon ange, soufflai-je.

Une lueur de surprise traversa ses yeux, avant qu'un sourire illumine son visage fatigué. Les mots m'avaient échappé.

- Ton ange gardien ? s'amusa Remus.

Je lui déposai un baiser sur la joue et enfouis mon visage dans son cou.

- Mon ange sauvage... murmurai-je.

On resta longuement l'un contre l'autre, à se câliner mutuellement avec toute la tendresse dont nous étions capables. Mon esprit avait beau m'envoyer des avertissements en rêve, j'étais incapable de me retenir. J'étais dans les bras d'un ange... mon c½ur ne pouvait que me trahir. Je n'étais pas encore suffisamment redescendue de mon nuage pour prendre conscience des conséquences d'un tel comportement. J'étais en train d'encourager Remus à continuer à tenter sa chance... et ça me plaisait. Alors que je savais que ça me mènerait tout droit dans une impasse. Comme quoi, la raison fait bien pâle figure face à l'intensité des sentiments.

- J'aimerais que tu me racontes ce qu'il s'est passé hier... commença Remus.
- Pas maintenant, soufflai-je.
- Prue –
- Chuut...

Je lui caressai doucement les lèvres du bout des doigts et collai mon front au sien. Le temps des explications viendra... lorsque le jour aura fini de se lever. Lorsque le rêve sera réellement terminé. Pour le moment, je ne voulais rien faire qui puisse gâcher cet instant que je considérais toujours comme volé. Formellement interdit. Un instant qu'une personne de mon genre ne devrait pas avoir le plaisir de vivre. Pourtant, Remus était bien là... à veiller sur moi, à me protéger, à me donner de la douceur... un pur moment d'évasion que rien, même pas la culpabilité, ne pouvait venir gâcher. J'étais encore trop fatiguée pour reprendre ma lutte intérieure entre les deux mondes. Je choisirai le côté de la balance plus tard... pour l'heure, je préférais essayer de rester en équilibre entre les deux. Avec, même si j'ai du mal à l'admettre, un léger avantage pour ce qui m'était défendu.
 
| 7h |
 
L'heure nous rappela tristement à l'ordre. J'aurais voulu rester contre Remus encore un peu, mais nous ne pouvions pas manquer les cours. Déjà que les autres Maraudeurs devaient trouver la situation étrange, si je pouvais passer inaperçu aux yeux du reste de l'école, ça m'arrangerait.
 
- Prue, je vais devoir parler de ce qu'il s'est passé à Dumbledore.
 
Ses mots me percutèrent, me sortant brusquement de mes pensées.
 
- Quoi ? Non ! Non, je ne veux pas qu'il sache ! rétorquai-je.
- Mais Prue ! Je ne peux pas garder le silence ! Surtout en tant que préfet en chef ! Je dois signaler l'accident.
- Remus, non... je ne veux pas ébruiter cet accident.
 
Remus me regarda presque choqué.
 
- Je ne sais pas moi-même ce qu'il m'arrive... S'il te plait, épargne-moi, j'ai besoin de continuer à avancer.
- Tu as besoin d'aide Prue ! Justement parce que tu ne sais pas ce qu'il t'arrive ! Il va falloir que tu décides entre les docteurs et Dumbledore ! Tu ne peux pas rester comme ça, c'est clair et net.
 
Je soupirai avec une pointe d'agacement. Je ne voulais pas d'aide... les docteurs ne m'inspiraient pas confiance, et je me méfiais de Dumbledore. Personne ne pouvait rien contre ce qui m'arrivait. Mes crises avaient commencé après la nuit à l'entrepôt... personne ne devait jamais l'apprendre.
 
- Fais-le pour moi Prue, murmura Remus.
 
Je croisai son regard, fatigué et inquiet.
 
- Je ne veux plus jamais qu'une chose pareille se produise... et puis regarde-toi... Tu es crevée. Ça se voit que tu ne vas pas bien. Accepte de te faire aider pour une fois dans ta vie.
 
Malgré ma position claire à ce sujet, il arrivait à me faire réfléchir. Ce fut pire lorsqu'il posa sa main sur ma joue pour la caresser du pouce avec douceur. J'avais l'impression d'être manipulée par son regard.
 
- Je voudrais tellement retrouver la Prue telle qu'elle était juste avant de partir en vacances... continua Remus. Souriante. J'ai l'impression que quelque chose s'est cassé cet été.
 
Je baissai les yeux. Difficile d'avoir le sourire avec ce qui m'arrivait. Je m'étais rendue compte que j'étais un monstre de la pire espèce... ça m'avait d'ailleurs peut-être rendue folle. Comme si ça ne me suffisait pas... comme si cette mission à Poudlard n'avait pas déjà suffisamment remis en cause tout ce en quoi je croyais... mes sentiments me trahissaient de plus en plus. D'abord avec Diego... maintenant avec Remus... c'est comme si j'étais en train de supprimer mes barrières. Que je me fichais de combler les failles de ma carapace. Comme si tout cela n'avait plus d'importance. J'étais trop larguée. Trop touchée. Quand je pensais m'en sortir plus forte, je replongeais et c'était pire. Alors non Remus... tu n'es pas prêt de retrouver la " Prue souriante ".
 
- S'il te plait, insista Remus. C'est trop dur de te savoir mal et de rester impuissant.
 
Il me déposa un long baiser sur le front. Lorsque je croisai à nouveau ses yeux, je compris qu'il était inutile de lutter plus longtemps.
 
- J'irai voir Dumbledore, promis-je.
 

Chapitre 31 : Retour à Poudlard
 
 
Et coucou ! Me revoilà avec ce nouveau chapitre, qui j'espère, vous réconciliera un peu avec Prue. J'attends vos avis avec impatience (un peu comme chaque semaine).
 
Le mot de Tracker et l'aperçu du prochain chapitre sont déjà en ligne ;)
 
Dans les bonnes nouvelles, sachez que j'ai pris de l'avance sur les prochains chapitres... du coup, j'ai le plaisir de vous annoncer qu'il n'y aura pas de coupure pendant la période de mes examens. Le rythme hebdomadaire ne sera pas changé :)
 
Voilà, sinon je souhaite d'excellentes vacances pour ceux qui ont le plaisir d'y être, de bonnes révisions à ceux qui sont bientôt en exams, et puis bon courage aux autres qui ont encore cours.
 
Bisous !

Tags : L'histoire d'un assassin - Partie 1 : L'amour d'un Assassin - tome 1

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Comments :

  • Dum-Cha

    22/12/2016

    Eéron que prudence saura faire le bon choix.

  • hostfresh-HarryPotter

    24/06/2014

    Làlala.... Ma p'tite prue faut choisir. Mais quel est ton Bien et quel est ton Mal ???

  • MikaWolfeHP

    19/06/2014

    Woah! C'était vraiment génial! Je me demande bien ce qu'elle va dire à Dumbledore.... Je cours lire l'autre chapitre!
    Désolé d'avoir pris du retard... je me rattrape tranquillement pas vite! :)

  • harry-potter-8-fic

    11/06/2014

    Comme pour les autres chapitres j'ai adoré celui-là et je suis vraiment contente qu'ils retournent à Poudlard.
    Et j'ai vraiment hâte de voir comment la relation Prue-Remus va évoluée.

  • harry-potter-8-fic

    11/06/2014

    Coucou, désolé pour le retard j'ai eu pas mal de choses à faire

  • Harry-Potter-generationx

    29/05/2014

    Me revoila ! :D
    Je viens de lire tes commentaires / reponses :)
    J'espere que ton epreuve s'est bien passée :D
    City Hunter c'est un manga, en fait le personnage principal est un tueur a gage qui est capable des meme atrocité que Prue meme pire peut etre, mais le mangas est tout sauf serieux vu que le gars est un pervers de premiere mais quand il s'agit de proteger ses amis ou sa partenaire ca devient un tueurs hyper doué et parfais ultre sanguinaire ! ^^
    Quand a Once upon a time, c'est de l'amour, de l'amour partout et l'amour triomphe toujours ;)

    Bon revenons au chapitre ! :D
    Super comme toujours, enfin de retour a Poudlard, j'adore se coter de la personnalité de Prue,un coter bien plus humain qu'animal, parfois je me demane si elle n'est pas scyso ;)
    Mais qu'est-ce que c'est que ces migrianes sa ne peu pas etre simplement le contre cou de se qu'elle a fait dans l’entrepôt ... MAIS QU'EST-CE QUE C4EST BON SANG ! ^^
    Je me demande comment elle va expliquer tout ça à Dumbledore ....

    Bon je vais lire la suite !!! :D

  • assassin-maraudeurs

    01/05/2014

    Selenba wrote: "Que dire... Ils sont trop mignonnss!!! >o< On peut dire que Prue a pris à la lettre "une douche froide pour sa calmer" ;p C'est vrai que c'est mots de tête deviennent inquiétants :s
    C'est encore un super chapitre (comme d'habitude en même :p) et comme tout le monde dirait vivement la suite!!! :D
    "

    merci beaucoup ! :)
    Les maux de tête seront bientôt expliqués ;)
    Suite vendredi !

  • Selenba

    01/05/2014

    Que dire... Ils sont trop mignonnss!!! >o< On peut dire que Prue a pris à la lettre "une douche froide pour sa calmer" ;p C'est vrai que c'est mots de tête deviennent inquiétants :s
    C'est encore un super chapitre (comme d'habitude en même :p) et comme tout le monde dirait vivement la suite!!! :D

  • Kleacrazy

    29/04/2014

    Wahou ! J'adhère ! Ce chapitre était juste magnifique. Mais qu'est-ce que Pure foutait dans le lac ? Elle a voulu prendre un bain de miniiut ou quoi ? Enfin bref, heureusement que Remus était là, notre ange sauvage ! C'est d'ailleurs un beau surnom ! :) Vivement la suite !

  • assassin-maraudeurs

    29/04/2014

    evannarogue-hpfanfic wrote: "Encore un très bon chapitre, ça fait du bien de revoir Remus et les autres Maraudeurs après tout ce temps! x)

    J'ai été très surprise de lire que Prue embrassait Remus, comme ça, en se réveillant. Je ne suis pas déçue (pas du tout (x))) mais ça m'a surprise. Elle devait se sentir en sécurité dans ses bras, après le soir d'avant et son rêve/sa vision(?). (Faut que j'en parle à chaque chapitre x), mais:) les maux de tête de Prue s'en viennent inquiétants. En plus d'être de plus en plus fréquents, ils deviennent dangereux, elle a failli de noyer! Même si ç'a abouti à une scène cute et tout… ^^

    J'aurais une petite question, par contre, juste pour vérifier que j'ai bien compris. Dans les derniers paragraphes, quand Remus demande à Prue d'aller voir Dumbledore, c'est la réaction de Remis après que Prue lui ait parlé de ses maux de tête, ou c'est à propos du fait qu'elle soit tombée dans le lac?

    J'ai très hâte de lire la suite, j'aime toujours autant ta fiction qu'au premier jour!

    À la fin de semaine prochaine!
    "

    Hello !
    J'avoue que cinq chapitres loin des Maraudeurs, ça fait beaucoup, mais en même temps, c'était nécessaire à l'histoire =)

    Juste un petit détail, lorsque Prue embrasse Remus au matin...elle rêve !
    A son vrai réveil, ils sont très proches tous les deux, s'embrassent un coup sur la joue, sur le front, et se câlinent, mais ils ne franchissent toujours pas le cap.

    Pour répondre à ta question, Remus souhaite parler de l'accident dans le lac à Dumbledore. Comme Prue refuse, il veut au moins qu'elle aille voir le directeur pour parler des maux de tête.

    Merci pour ton commentaire en tout cas, contente que la fiction continue à te plaire =)
    La suite est déjà prête, elle sera publiée vendredi =)
    Bisous !

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