Chapitre 33 : Une vérité inattendue

 
« Le voile du mensonge a trop longtemps masqué mes sentiments... et mon passé. Il est grand temps d'ouvrir les yeux sur la vérité, et de l'accepter. Mais je me demande ce qui sera le pire ... avouer ou entendre une impossible vérité ? »
 
Chapitre 33 : Une vérité inattendue

 
 | 5 septembre 1977 – Poudlard – Infirmerie |

J'étais réveillée depuis un long moment. Ca faisait trois jours que je n'avais pas quitté l'infirmerie. Pomfresh m'administrait régulièrement des calmants pour que je reste tranquille et que je me repose. J'étais incapable du moindre mouvement. Trop épuisée malgré mes sommeils forcés. A chaque réveil, je me sentais comme morte. Vidée. Je pensai à Remus dès que j'ouvrais les yeux... à l'incendie que j'avais déclenché pour la deuxième fois dans l'infirmerie. Celle-ci avait retrouvé sa blancheur éclatante et ses lits moelleux. Rien ne laissait deviner que je l'avais réduite en cendres deux jours plus tôt.

 

Je sortis de mes pensées en entendant les doubles-portes s'ouvrir. J'espérai que ça soit l'infirmière qui vienne me remettre sous somnifère. C'était la seule manière de m'empêcher de gamberger. Au lieu de voir une femme en blouse blanche, c'est Dumbledore qui se dirigeait d'une démarche tranquille vers moi. C'était la première fois que je le revoyais depuis mon dérapage. Il faut dire aussi que je passais trop de temps à dormir pour savoir qui venait me rendre visite. Je gardai le silence lorsqu'il s'assit sur une chaise près de mon lit. Je n'osais pas le regarder dans les yeux. Pas après ce que j'avais fait. Pas après ce que j'avais failli faire.
 
-         Comment te sens-tu Prudence ? demanda doucement le directeur.
 
Je ne répondis pas. A quoi bon ? Je crevais de douleur. J'étais rongée par la culpabilité. Mais ça, il devait le savoir non ? Mon pétage de plombs avait été suffisamment clair à ce sujet.
 
-         Remus... ? soufflai-je.
-         Toujours à l'hôpital. Mais ça va. Il va s'en sortir.
 
J'acquiesçai lentement, guère soulagée. Pourquoi était-il si long à sortir de Saint Mangouste si ce n'était pas grave ?
 
-         Je ne vais pas rester longtemps, tu dois encore être fatiguée. Je reviendrai te voir demain.
 
Dumbledore se leva et se détourna de mon lit.
 
-         Professeur, appelai-je d'une voix faible.
 
Le concerné se retourna.
 
-         Pourquoi suis-je toujours ici ?
 
Dumbledore ne sembla pas comprendre, alors je continuai :
 
-         Vous savez très bien que je représente un danger pour votre école. Pourquoi m'avoir gardée ?
 
Le directeur eut un faible sourire et revint vers moi.

-         Parce que tu fais partie de mes élèves Prudence. Ton dérapage est lié à tes pouvoirs. Alors en tant que professeur, mon devoir est de t'aider. De t'apprendre à maîtriser la magie qui est en toi. Que tu sois plus puissante que les autres élèves ne change rien. Tu es là pour apprendre. Et je t'apprendrai, si tu veux bien.
 
Je n'arrivais pas à le croire. Il ne me renvoyait pas ? Il allait sérieusement laisser au sein de son école une bombe constamment sur le point d'exploser ? Fou. Cet homme était fou ! A ce stade, ce n'était plus de la bienveillance, mais de l'inconscience. Il était aveugle. Il ne voyait pas - ou refusait de voir - la menace que j'incarnais. Il préférait me garder au lieu de m'isoler. Il savait pourtant qu'il ne pouvait rien pour moi. Comment pouvait-il m'apprendre à maitriser un pouvoir que lui-même ne pouvait contrer ? 

 

Je soupirai et fixai à nouveau le plafond sans vraiment le regarder. Je tournais en rond dans mes pensées. Je n'arrêtais pas de me répéter sans cesse que j'avais failli tuer Remus. Que j'étais un monstre. Que je ne méritais plus rien. Je ne voyais aucune raison valable de rester ici. De continuer à faire semblant. Si le directeur ne voyait pas la menace que je représentais, moi j'en avais parfaitement conscience, et je refusais de continuer à prendre des risques. Ca n'en valait pas la peine.

 

Je rejetai le drap au fond du lit et me levai pour aller chercher mes affaires en vitesse dans la pièce d'à côté. Je sortis en douce de l'infirmerie et montai dans mon dortoir, profitant que tout le monde soit en cours pour préparer ma valise, et quitter le château sans prévenir personne. Je n'avais pas le courage de dire au revoir aux Maraudeurs. Pas après ce que j'avais fait à l'un de leur frère. D'ailleurs, ils devaient me haïr. Quant à Dumbledore, je savais qu'il était inutile de lui faire comprendre ce que je ressentais. S'il pensait que je pouvais reprendre le quotidien scolaire comme s'il ne s'était rien passé, il se trompait. J'étais incapable de rester entre ces murs. Plus maintenant.
 

| 7 septembre 1977 – Hôpital Sainte Mangouste – Chambre n°479 |

 
Cela faisait deux jours que j'avais quitté Poudlard. Mon corps avait entamé une pénible grève. Plus de nourriture ni de sommeil, et trop peu d'eau. Je faisais l'effort de subvenir à mes besoins pourtant... mais mon corps rejetait tout. Je sentais mes forces me quitter au fil des heures. Alors je me contentais de tourner en rond dans mes idées noires, seule dans ma planque. Là au moins, j'étais tranquille. Je savais qu'en cas de dérapage, seules les armes que j'avais fabriquées pouvaient être victimes. Dans ma planque, je ne représentais un danger pour personne. Je n'avais même pas prévenu mon père que j'avais mis un terme à la mission. Je n'avais pas encore la force de l'affronter. Ni l'envie d'ailleurs. Comment lui dire sérieusement que j'avais tout plaqué parce que j'avais failli tuer l'une de mes cibles ? Comment avouer cette incohérence ? Il n'était pas apte à comprendre ce que je ressentais. Il ne le sera jamais. Alors, pour être tranquille encore quelques jours, j'avais préféré repousser le moment où je lui avouerais.

 


J'avais profité d'être seule pour réfléchir à ce que j'allais faire désormais. J'étais toujours persuadée que l'exil était la seule solution qui me restait. Mais avant de partir, j'avais éprouvé le besoin de venir ici... dans cet hôpital. Dans cette chambre précisément. Je ne pouvais pas partir sans voir Remus une dernière fois. J'avais bien tenté de venir avant... mais il y avait eu à chaque fois les Maraudeurs, ou bien son père. Et je ne pouvais pas leur imposer la présence de la coupable. Par respect pour eux, j'étais restée loin de Remus. Mais aujourd'hui, c'était mon dernier délai. Ma dernière chance de lui dire adieu.

Cela faisait un long moment que j'étais assise auprès de Remus, le regardant silencieusement dans son profond sommeil. J'avais longuement hésité à venir... mais c'était plus fort que moi. Je ne pouvais pas me voiler la face plus longtemps. Je ne devrais pas être là... je ne devrais pas me sentir mal à l'idée d'avoir failli le tuer. Il était censé être ma cible après tout... Mon pantin. Mais ce n'était pas le cas. C'est lui qui tirait mes fils depuis le début. Lui qui avait réussi à me détourner du chemin que je m'étais fixé sans même s'en rendre compte. Lui qui avait ramené l'humaine en moi sans même se douter qu'elle était morte pendant des années. Lui, mon ange, mon idéal... c'est lui qui faisait de moi ce qu'il voulait. J'en étais arrivée à vouloir l'épargner, à rêver d'envisager la possibilité de parcourir un bout de chemin avec lui. Tous ces désirs insensés étaient bien réels. Ces sentiments interdits qui me procuraient un pur plaisir. Tous ces moments de complicité que j'avais savourés. Et pourtant, par ailleurs, je l'avais toujours maintenu à distance. J'avais laissé passer toutes les occasions de franchir le pas avec lui. A contrec½ur. Le doute n'était plus permis, j'étais réellement partagée entre deux mondes, deux vies... mais depuis que j'avais failli tuer Remus, la question ne se posait plus. Le choix, je l'avais fait. J'aurais dû le faire bien avant.  
 
-         Pardonne-moi Remus. Pour tout ce que je t'ai fait... pour tout ce que je t'ai empêché de me faire. Je me suis voilée la face depuis notre rencontre. J'ai osé croire que tu n'étais rien pour moi... rien d'autre qu'un loup qui m'avait inexplicablement protégée dans mon passé. Mais tu es tellement plus. Tu es la seule personne capable de lire en moi... et c'est pour cette raison que je t'ai toujours repoussé. Je me sens à découvert sous ton regard qui transperce ma carapace. Alors j'ai toujours été sur la défensive avec toi. Parce que tu as tout chamboulé. J'ai débarqué dans votre vie, mais tu as réussi à t'infiltrer dans la mienne. Alors que j'ai toujours été insondable... toi tu passes mes défenses sans difficulté... tu me désarmes. Je contrôle toujours tout... les événements, les sentiments, les gens.... mais toi non, je n'y arrive pas. Toi tu échappes à mon contrôle. Depuis toujours. Et c'est ce qui me faisait peur. J'avais peur de ce que tu pouvais me faire. Peur que tu me tiennes par les sentiments. Peur que tu puisses te saisir de mon c½ur... et en faire ce que tu veux. Je sais pourtant que tu en aurais pris soin. Tu as toujours été attentionné avec moi. Je sais que tu ne m'aurais jamais rien fait de méchant. Mais je ne pouvais pas te laisser en prendre possession. J'avais déjà trop la terrible sensation de t'appartenir, alors que je me suis toujours battue pour rester indomptable. Mais à quoi bon continuer à mentir ? Tu me possèdes déjà. Tu es déjà ma faiblesse. Je sais que je ne pourrai jamais faire ce que mon père m'a demandé. Je tiens trop à toi pour ça. Le simple fait de te voir là, allongé sur ce lit par ma faute, m'a déjà presque tuée. Alors je n'ai plus d'intérêt à me voiler la face. La vérité est là. Implacable. Je t'aime. Je t'aime alors que je m'étais jurée de ne plus jamais ouvrir mon c½ur.

Je baissai les yeux en pensant à l'origine d'une telle promesse. Je pensais avoir compris la leçon... mais j'avais à nouveau commis la même erreur. J'avais failli. Et la raison était toute simple. Trop simple.

 

-         Au lendemain de la noyade, lorsque je me suis réveillée à tes côtés, je rêvais que ce genre de moment se renouvelle. Je caressais l'espoir fou de pouvoir caler mon avenir sur le tien, alors que je me suis promis de toujours suivre mon chemin, mon unique volonté... Il est là le vrai fond du problème : ma volonté est d'être avec toi. Je l'ai renié. J'ai fait comme si je pourrais étouffer à jamais ces sentiments qui m'étaient interdits. J'ai même essayé de me détourner de toi avec Diego. Mais même ça, ça ne marche pas. Alors que je l'aime depuis des années. Je sais que ça ne peut plus marcher avec lui, parce qu'entre temps, je t'ai rencontré. Toi, l'ange qui a illuminé ma vie. Comme si ce n'était pas suffisamment beau, je sais en plus que tu me désires... et c'est  inespéré pour moi d'être aimée par une personne comme toi. Nous aurions tellement de bons moments à partager. Je suis presque certaine que nous serions heureux ensemble. C'est le chemin que je rêverais de suivre. C'est le chemin pour lequel je me sentais de plus en plus apte à me battre pour le défendre. Mais une barrière s'est dressée. Infranchissable. Il ne s'agit pas de mon père comme je le croyais... il ne s'agit pas de Diego... ce n'est même pas mon statut qui m'empêche de m'engager dans cette voie que je désire tant. Cette barrière, c'est moi. Moi seule. Trelawney avait raison. Mon c½ur s'est réellement déchiré entre deux mondes. C'est toi que j'aimerais choisir. Toi qui es tombé amoureux d'une femme capable de faire aussi bien ton bonheur que ton malheur. Mais je refuse ce destin. Je refuse cet avenir. Je ne peux pas me résoudre à te faire souffrir. L'ange que tu es mérite mieux qu'un monstre tel que moi. Je t'aime, je l'admets. Tu es la plus belle chose qui me soit arrivée... et c'est pour cette raison que je dois renoncer à toi. Je refuse de prendre le risque de te faire du mal... ou pire de te tuer. Je ne veux pas que tu t'ajoutes à la liste de mes drames. Alors à ton réveil... je t'en supplie, ne me cherche pas. Oublie-moi.
 
Je me penchai sur lui et posai ma tête contre la sienne. J'avais l'impression d'avoir le c½ur ouvert... saignant... douloureux... mais ça m'avait fait du bien de me libérer enfin. De lui avouer ce qu'il ne pourra jamais entendre. Je regrettais de devoir renoncer à mes sentiments pour lui alors que je les acceptais enfin. C'était insupportable. Je n'arrivais pas à me résoudre à partir. Pourtant il le fallait. Je savais que c'était la meilleure chose à faire si je tenais réellement à lui. Je devais sortir de sa vie. C'était le seul moyen de le protéger. J'aurais tellement voulu voir ses yeux une dernière fois. Mais je ne pouvais pas rester. J'avais pris une décision, il fallait que je l'assume. Je caressai doucement sa joue et posai mes lèvres sur les siennes avec tendresse. Mes larmes ne tardèrent pas à monter, et pour la première fois depuis longtemps, je ne les retins pas. Je me laissai aller... parce que c'était mon dernier moment avec lui... et que j'aurais tout donné pour qu'il en soit autrement. Une larme coula, puis deux. Je les sentis mouiller mes joues. L'une d'elles glissa sur le visage de Remus. Une toute petite flamme bleue vacilla à l'endroit où la larme était tombée. Une autre larme vint se joindre à la première, et la flamme grandit à son contact. Je me redressai légèrement, regardant cet étrange phénomène contradictoire sans broncher. Les flammes étant bleues, Remus ne pouvait pas se brûler. Alors je laissai le feu se répandre doucement sur son corps. Je ne tardai pas à m'enflammer moi aussi. Les draps ne se consumaient pas. Je posai la tête sur le torse de Remus. Le feu, d'un bleu électrique, se vivifia davantage, diffusant une douce chaleur. Je sentis ma migraine et les autres douleurs s'estomper, comme balayées par le doux souffle des flammes.

 

La main de Remus tressaillit dans la mienne, me faisant relever brusquement la tête vers lui. Le feu s'éteint immédiatement, sans doute à cause de ma surprise. Il cligna des yeux plusieurs fois avant de les poser sur moi. Je le regardai, interdite. Je ne comprenais pas ce qu'il s'était passé. Remus n'était pas censé se réveiller avant plusieurs heures à cause du somnifère qu'il avait eu juste avant mon arrivée. Ce réveil prématuré ne faisait pas partie de mon plan.
J'étais toujours assise sur son lit, une main dans la sienne. Ce devait être l'origine de son sourire.
 
-         C'est mon charme irrésistible qui te fait tant ouvrir la bouche ? plaisanta Remus.
 
J'étais toujours aussi stupéfaite, incapable de répondre. Il était réveillé. Et de bonne humeur en plus. Comment pouvait-il avoir de l'humour alors qu'il ouvrait les yeux sur la fille qui avait bien failli le tuer ? Je me rendis compte que mes larmes continuaient de couler doucement. Remus m'attira contre lui et me serra dans ses bras avec douceur.
 
-         Ça va Prue... je suis là.
 
Je serrai la mâchoire et essayai de prendre le dessus sur mes émotions. Je ne devrais pas être là. Mais c'était si bon de le revoir. Je lui déposai un baiser dans le cou et mis mon front contre le sien, goûtant au plaisir de le voir à nouveau éveillé. Pour la première fois, je pouvais savourer le réveil de la personne à laquelle je tenais. Pour la première fois, la Mort n'était pas venue me l'arracher des bras. Je ne pus m'empêcher d'admirer l'or de ses yeux, pétillants malgré la fatigue.
 
-        Je suis sincèrement désolée... soufflai-je.
-        C'était un accident...
-        Accident ou non, tu es quand même ici par ma faute avec une nouvelle cicatrice au ventre.
-      Tu n'étais même pas consciente Prudence, murmura Remus en remettant une mèche derrière mon oreille.
-         Ça ne change rien...
 
Remus fronça les sourcils et me regarda plus attentivement. Je soutins difficilement son examen.
 
-         Ça ne va pas bien toi... me fit remarquer Remus sur un air grave.

 

Je déglutis pour faire passer la boule qui me nouait la gorge.

-         ... Je ne le supporte pas, soufflai-je.
-         De quoi tu parles ?
-       D'avoir attenté à ta vie Remus ! Ne réagis pas comme s'il ne s'était rien passé putain ! m'énervai-je en me levant d'un bond.
-         Calme-toi...
-         J'ai failli te tuer !
-         Failli.

 

J'eus un instant d'arrêt devant son calme.

-         Comment peux-tu me regarder sans la moindre lueur de reproche après ce que je t'ai fait ? m'exaspérai-je.
-         Parce que je sais très bien que tu n'as jamais voulu que ça arrive.
-         Mais c'est arrivé !
-      Que voudrais-tu que je fasse ? ricana Remus. Que je te haïsse ? Que je t'en veuille ? Pire, que je te demande de disparaître ?
-         Tu n'as pas besoin de me le demander Remus. Je passais justement te dire au revoir.
 
Je crus que le visage de Remus se décomposait. L'effarement traversa ses yeux.
 
-          Quoi ? Qu'est-ce que tu racontes ? demanda Remus d'une voix blanche.
-         Je refuse de continuer à représenter un danger... pour toi, pour les autres... je suis une putain de bombe armée et instable. Il faut que je parte. C'est le seul moyen de vous protéger.
-          N'y songe même pas, dit-il fermement en se redressant sur son oreiller.

Je tendis la main vers lui par réflexe. Je le plaquai sur son oreiller par la pensée, tandis que les draps s'occupaient de le maintenir immobile. Il était hors de question qu'il me retienne.

-          J'ai pris ma décision, dis-je avec détermination.
-          Change d'avis !
 
Je secouai négativement la tête.
 
-         Tu ne peux pas me faire ça Prue... dit-il d'une voix tremblante.
-         Crois-moi, c'est mieux ainsi.
 
Il fallait vraiment que je parte... je ne supportais plus de voir la souffrance dans son regard. Je savais que j'étais en train de lui faire mal, mais j'étais persuadée qu'à long terme, c'était pour son bien. Je me détournai de lui difficilement et me dirigeai vers la porte.
 
-         J'aurais préféré que tu m'atteignes en plein c½ur, lâcha Remus.
 
Je m'arrêtai nette, sentant une violente décharge me parcourir. Je me retournai, et cette fois, je vis le reproche et la colère briller dans ses yeux.
 
-         Si tu pars Prue, tu m'enfonces une lame dans la poitrine... à la seule différence que je serais obligé de vivre avec. Je ne sais pas d'où te vient cette idée de t'en aller... juste à cause d'un accident alors que ça s'est bien terminé... mais si tu pensais que j'allais t'en vouloir à mon réveil, tu t'es trompée. Je ne veux pas que tu partes. Ce qu'il s'est passé dans le bureau de Dumbledore ne fait que prouver que tu as besoin d'aide... d'être en paix avec ton passé, et avec toi-même. Un exil ne fera qu'empirer ton état.
-         Mais il balaiera tout risque d'atteindre d'autres personnes.
-       Viens-là, arrête de dire des bêtises. Je comprends que tu te sentes coupable, je ressentirais la même chose à ta place. Mais je te dis que je vais bien... le simple fait d'avoir ouvert les yeux sur toi me fait du bien. Alors tu ne peux pas partir. Plus maintenant. Je...
 
Remus s'interrompit brusquement. Je me sentais fébrile. Je me mordis la lèvre en sentant ma gorge se nouer. Voilà la raison pour laquelle j'avais voulu profiter de son sommeil pour partir. Pour ne pas vivre cette situation. Cette scène que je trouvais atroce parce qu'elle me partageait à nouveau en deux. D'un côté, ma raison me hurlait de quitter la pièce sans plus tarder, mais d'un autre, mon c½ur avait envie d'aller prendre cette main que Remus me tendait avec supplication.
 
-         J'ai besoin de toi Prue, finit-il par dire.
 
Je déglutis péniblement et me dirigeai lentement vers lui. Je serrai doucement sa main et le regardai tristement. C'était regrettable... qu'un ange ait besoin d'un démon. Je trouvais ça aussi insensé qu'une tueuse amoureuse de sa cible. Et pourtant... c'était réel. Je n'étais pas la seule à m'être éprise de la mauvaise personne. J'avais l'impression que nous étions condamnés tous les deux. Condamnés à nous aimer, irrésistiblement, malgré les dangers que cela nous faisait encourir.
 
-         Reste avec moi, demanda Remus en déposant un baiser sur ma main.
 
Je le regardai longuement, prise entre deux eaux. Encore une fois, il était en train de remettre en question le chemin que j'avais choisi. J'avais décidé de m'éloigner le plus possible, et il me demandait de rester. L'influence qu'il avait sur moi était terrifiante. Mon regard fut attiré de l'autre côté du lit par le fantôme incertain de mon passé, me faisant lâcher la main de Remus.
* Assume Prue... ne fuis pas... tu n'as jamais été lâche, ne le deviens pas *
Je baissai les yeux sur Remus, qui me regardait avec toujours autant de supplication dans les yeux. Je m'assis auprès de lui et repris sa main, la caressant avec douceur. Les draps qui s'étaient noués autour de lui pour l'immobiliser se relâchèrent.

-         Je reste... soufflai-je au bout de plusieurs secondes, incapable de dire non face à ses yeux d'ange.
 
Il sourit faiblement et ferma les yeux, apaisé. Et moi, au lieu de partir... je restai là... à veiller sur lui.

 
 
| 8 septembre 1977 – Poudlard – Bureau directorial – 8h |

 
-       Je craignais de ne jamais te voir revenir... avoua Dumbledore lorsque j'entrai dans son bureau.
Je baissai les yeux quelques secondes. Ça aurait dû être le cas si Remus ne m'avait pas convaincue de rester.

-         J'avais besoin de prendre le large... dis-je à voix basse.
-         Comment tu te sens ?
-         Comme quelqu'un qui a failli tuer son ami et incendier une école...
-         J'aimerais savoir ce qu'il s'est passé... avec le Choixpeau.
 
Je jetai machinalement un ½il vers l'objet en question, et l'envie de le détruire me saisit aussi sec. C'est lui qui m'avait fait perdre les pédales. Lui qui avait continué sa torture alors que je le suppliais d'arrêter.
 
-         J'ai... revécu des souvenirs. L'un d'entre eux n'est pas très bien passé.
-         La mort de ta mère ? demanda une voix dans mon dos.
 
Je me retournai vivement et fus surprise de voir Remus.
 
-       Qu'est-ce que tu fais là ?
-       Les médecins m'ont laissé sortir. Maintenant, j'aimerais qu'on reprenne là où on s'est arrêté.
-         Sors d'ici, intimai-je en le repoussant par la pensée vers la porte.

Cette fois, Remus avait prévu ma réaction. Il contra mon attaque par un charme du Bouclier. Ne voulant pas le brusquer, je dus stopper la télékinésie contre lui.

-         Je veux savoir. Je veux pouvoir t'aider, dit-il fermement.
 
Mes sentiments durent me trahir, car il sourit faiblement. La peur me tordait violemment le ventre en repensant à ce que je lui avais fait la dernière fois.
 
-         Je te promets d'être plus réactif la prochaine fois que tu m'envoies un objet dessus.
-         Je ne trouve pas ça drôle, répliquai-je avec froideur. Ce n'est pas un jeu, Remus.
-         On échange les rôles pour une fois.
 
Je serrai la mâchoire et me tournai à nouveau vers Dumbledore. L'entêtement de Remus avait le don de m'exaspérer. J'avais envie de lui mettre des claques dans ces moments-là. Je secouai la tête avec agacement. Avec lui, même les claques je les transformerais en caresses.
 
-         Donc... il s'agit de la mort de ta mère ? insista Remus.
-         ... Oui...
-         Je sais que ce sujet doit être douloureux pour toi... mais si tu veux que je t'aide, il va falloir que j'en sache davantage, prévint Dumbledore.
-     Vous en parler ne changera rien. Sauf que je souffrirai encore plus de m'en souvenir... une fois encore. 
-         Tu n'es pas obligée de nous le raconter, fit remarquer le directeur.
 
Je fronçai les sourcils, ne comprenant pas. Il contourna son bureau et ouvrit un placard. Il sortit un objet imposant d'où s'émanait une lumière bleue.
 
-         Tu n'as qu'à sortir ton souvenir avec ta baguette et le mettre dans la Pensine.
 
Je regardai l'objet en question avec hésitation. Je ne me sentais pas capable de leur dévoiler ce souvenir si marquant. Cette faille si énorme. Cette blessure si cuisante. Je sentis deux bras m'entourer par derrière.
 
-         Prue, fais-le s'il te plait, m'implora Remus. Je n'en peux  plus de te voir souffrir sans savoir pourquoi ni comment t'aider.
 
Je fermai les yeux pour retenir mes larmes et serrai la mâchoire avec force. Trop de choses m'avaient atteinte ces derniers temps. J'étais arrivée à un point de rupture. Jamais mon passé n'avait été aussi présent. Et jamais les évènements ne m'avaient autant échappé. C'était comme une lame qui surgissait soudainement et se plantait dans des points sensibles, en se retournant pour me faire souffrir au maximum. Je craignais trop de leur révéler l'épisode qui avait fait basculer ma vie à jamais.
 
-         Prue...
-         ... Tu ne sais pas ce que tu me demandes...
-         Ça va te libérer.
-         Je n'en suis pas si sûre...
-         Essaie au moins.
-         ...
-      Je suis sûr qu'avec un regard neutre, on pourra t'aider à comprendre ce qu'il s'est passé ce soir-là.
 
Je tournai la tête pour trouver de l'aide dans ses doux yeux ambrés. Je me souvins de la discussion que l'on avait eue l'an passé... après mon dérapage avec les Serpentard. Il m'avait dit qu'il était persuadé que quelque chose m'avait échappé dans ma mémoire. Et s'il avait raison ? Inconsciemment, presque sans le vouloir, je sortis ma baguette et la posai sur ma tempe. Je fermai les yeux et tirai lentement un fil argenté. Il se coupa et je le déposai doucement dans la Pensine.
 
-         Allez-y sans moi, leur dis-je sans quitter des yeux la fumée noire qui se dispersait lentement dans le liquide.
 
Remus me déposa un long baiser sur la joue pendant que Dumbledore posait la Pensine sur un support. Je retins Remus lorsqu'il voulut le rejoindre. C'est bête mais... je craignais qu'il n'ait plus jamais le même regard sur moi s'il visionnait ce souvenir. Remus eut un faible sourire en sentant mes craintes, et me prit le visage entre ses mains, collant son front au mien.

 

-         Nous ne sommes pas des juges, souffla Remus.

 

J'acquiesçai lentement et le laissai s'éloigner de moi... pour aller retrouver la petite fille que j'avais été. Cette jeune louve qui avait goûté au sang pour la première fois.

~ Point de vue de Remus ~

Ça me faisait mal de laisser Prue seule. Mais il fallait que je visionne ce souvenir si je voulais avoir une chance de la comprendre, et de l'aider. Alors je me dirigeai vers Dumbledore, à la fois impatient et redoutant ce que j'allais découvrir.
Il se pencha au-dessus de la Pensine. La lumière bleue se refléta sur son visage avant qu'il plonge. Je lançai un dernier regard à Prue. Elle semblait ailleurs. Je me penchai à mon tour pour plonger dans ce sombre souvenir.
Je fis une longue chute et atterris sans douleur à côté de Dumbledore. Nous étions dans une maison, au salon visiblement. La pièce était bien décorée et laissait deviner l'aisance dans laquelle la famille qui habitait là devait vivre. Je remarquai Dumbledore, tourné dans l'autre sens, pétrifié. Qu'avait-il ?
 
-         Professeur ?
-         ...
-         Professeur Dumbledore ?
 
Il cligna plusieurs fois des yeux avant de se détourner pour me regarder.
 
-         Que se passe-t-il ?
-         Mes soupçons s'avéraient justes...
-         De quoi parlez-vous ?
-         ... Je t'expliquerai plus tard. Ne ratons rien de ce précieux souvenir.
 
Incertain, je hochai la tête et me retournai pour regarder dans la même direction que lui, me demandant ce qui pouvait bien le mettre dans un état pareil. Je vis alors une femme d'une grande beauté assise autour d'une table. On aurait dit Prue en plus âgée. Elle lisait la Gazette, sans grande attention. Son visage avait l'air paisible. Deux couverts étaient mis sur la table. La pièce arborait des couleurs de fête avec une banderole : « Joyeux Anniversaire ma chérie ». Les assiettes se soulevèrent lentement, attirant mon regard. La femme leva les yeux du journal et observa les assiettes flotter, un sourire se dessinant sur son beau visage.
 
-         Prue... repose ces assiettes, demanda-t-elle gentiment.
 
Une petite fille arriva en sautillant dans le salon. Je reconnus sans difficulté Prue. Brune, avec des grands yeux bleus magnifiques. Elle était craquante. Elle ressemblait beaucoup à sa mère. C'était sa miniature.
 
-         Maman ! dit-elle en lui sautant dans les bras.
 
La mère la réceptionna avec un large sourire, attendrie. Les assiettes se reposèrent en douceur.
 
-         Tu es incorrigible... tu ne peux  pas t'empêcher de te servir de tes pouvoirs.
 
La petite fille regarda sa mère avec des yeux d'anges et un sourire qui auraient fendu le c½ur à n'importe qui. Minuit sonna, et les yeux de Prue s'agrandirent davantage.
 
-         Joyeux anniversaire ma chérie ! souhaita chaleureusement sa mère en l'embrassant.
-         Merci !!!
 
La mère commença à chatouiller sa fille. Immanquablement, Prue partit dans un fou rire incontrôlable. Un gâteau apparut sur la table lorsque la mère cessa de jouer avec Prue, redoublant la joie de celle-ci. La mère posa un appareil en face d'elles.
 
-        Tu souffles à trois... un... deux...
 
Prue prit une grande inspiration, l'impatience brillant dans son regard rieur.
 
-        Trois !
 
Prue souffla tout ce qu'elle pouvait sous le flash de l'appareil. Elle fut encore plus émerveillée lorsqu'un cadeau apparut devant elle. Je trouvai trop mignon l'attention avec laquelle elle le déballa, en prenant grand soin de ne pas abîmer le papier. Elle adressa son plus beau sourire à sa mère en découvrant une peluche. Je m'approchai un peu plus et fus attendri en voyant qu'il s'agissait d'un loup gris.
 
-         Merci beaucoup maman !! Il est trop beau !!
-         J'étais sûre qu'il te plairait.
 
Prue regarda sa mère avec une adoration troublante. C'est fou tout l'amour qu'elle ressentait pour elle. La pièce entière était imprégnée des sentiments que mère et fille se vouaient mutuellement. J'eus un sourire. Dumbledore aussi était attendri devant la scène, mais je voyais toujours le trouble dans son regard. J'avais hâte de savoir ce qui pouvait bien le préoccuper à ce point.
 
-         Maman, regarde, j'ai un nouveau pouvoir !
 
Je vis des flammes danser dans ses prunelles avant que les bougies disposées sur le gâteau ne s'allument. Elle s'amusa à augmenter et diminuer les flammes. D'un coup, les bougies prirent complètement feu, dégoulinant sur le dessert.
 
-         Prue !!! s'indigna la mère sous la surprise.
-         Oups... !  
 
La mère éclata de rire, et ne sembla pas lui tenir rigueur de son léger dérapage. Prue arborait un air à la fois désolé et amusé. Son visage tendre et doux avait le don de me faire bondir le c½ur. Ses sentiments étaient presque palpables tellement ils étaient intenses. La mère sortit sa baguette pour faire disparaître la cire qui avait coulé sur le dessert.
 
-        Sois patiente ma chérie, tu maîtriseras bientôt tes nouveaux pouvoirs, assura la mère. Mais en attendant, j'aimerais que tu évites de mettre le feu à la maison. Nos ancêtres te maudiraient jusqu'à la vingtième génération si tu détruisais notre manoir familial.
-         Je suis désolée maman. Mais j'ai tellement envie de m'en servir... d'apprendre !
-         Je suis certaine que tu seras une excellente élève à Poudlard !
-         Six ans... encore six ans à attendre ! C'est trop looong !
 
La mère eut un faible sourire en regardant tendrement sa fille.
 
-         ... Tu tiens de ton père, tu sais ?
-         Ah bon ?!
 
Prue semblait heureuse d'apprendre ressembler à son père. Elle regardait sa mère avec de grandes billes illuminées par la curiosité.

-       Oui. Aussi impatiente que lui. Lui aussi s'amusait à se servir de ses pouvoirs dans sa jeunesse alors qu'il n'en avait pas encore le droit...

Si Prue avait redoublé d'intérêt en entendant parler de son père, la mère en revanche semblait attristée d'aborder le sujet.
 
-         Maman ? appela Prue au bout de plusieurs secondes.
-         Oui, ma chérie ?
-         Il est où Papa ?
-         ... Je te l'ai déjà dit. Il est parti il y a longtemps.
-         Pourquoi... ?
-         Ses projets ne lui permettaient pas d'avoir une vie de famille.
-         Il ne nous aimait pas ?
-         Si. Il nous aimait énormément. Où qu'il soit en ce moment, je suis certaine qu'il pense à toi ce soir... et qu'il aurait voulu être avec nous.
-         Alors pourquoi il n'est pas là ?
-         C'est compliqué ma chérie... Tu comprendras plus tard.

Prue n'insista pas davantage, mais je sentais qu'elle brûlait d'envie d'en savoir plus. Tout comme moi d'ailleurs. Quel homme était suffisamment fou pour laisser une telle famille derrière lui ? La mère inspirait douceur et gentillesse... tandis que Prue était tout simplement adorable. Quel projet pouvait éloigner un père ? Je ressentis instantanément du mépris pour cet homme. Je sortis de mes pensées en voyant Prue se diriger vers la fenêtre, sans doute attirée par les éclairs au-dehors. Elle ne semblait pas avoir peur de l'orage, car elle se rapprocha avec fascination.
 
-         Tu as fait venir des gens pour mon anniversaire ? demanda-t-elle toute excitée.
 
L'inquiétude balaya le visage de sa mère.
 
-         Non, je ne fais venir personne, qu'est-ce que tu racontes ?
-        Il y a des gens dehors qui viennent. Regarde, dit-elle en pointant le doigt vers eux.
 
La mère se leva d'un bond pour rejoindre sa fille. Dumbledore et moi nous approchâmes aussi. En effet, des gens étaient dans le jardin et venaient vers le manoir. 
 
-         Monte dans ta chambre, ordonna la mère.
-         Mais pourquoi ?
-         Fais ce que je te dis. C'est... C'est une surprise !
-         Oh chouette !
 
Prue passa à travers moi et monta les escaliers à toute vitesse. La mère reporta son attention au-dehors.
 
-         Avant que les choses ne dérapent, commença Dumbledore, n'oublie pas que tu n'es qu'un simple spectateur... un fantôme. Rien de ce que tu pourras faire ne changera quoi que ce soit.
 
J'acquiesçai, redoutant la suite des évènements. Le moment de complicité entre la mère et la fille avait réussi à me faire oublier momentanément que ce souvenir allait tourner au drame. Cette attaque était le c½ur du traumatisme de Prue. Même si les évènements appartenaient au passé, je sentais la peur s'émaner de la mère. L'atmosphère avait changé. Je remarquai que Prue était en haut des escaliers, accroupie, tenant la peluche du loup gris contre elle. La mère ne s'en était pas rendue compte, trop concentrée sur les intrus. Elle sortit sa baguette et s'éloigna de la fenêtre. Je jetai un dernier coup d'½il vers les gens qui étaient maintenant à une dizaine de mètres de l'entrée. Ils étaient habillés en noir et encapuchonnés. Méconnaissables. Ils s'arrêtèrent, en ligne. L'un d'eux sortit sa baguette et visa la porte d'entrée.

 

Il y eut un coup de tonnerre au même moment qu'une explosion fit voler la porte en éclats. Je protégeai ma tête avec mes bras, bien que ce fut inutile. Je me souvins des paroles de Dumbledore. Nous n'étions que fantômes. La mère fut projetée sous le souffle de l'explosion et atterrit sur une commode avec vitrine qui se brisa. Les assaillants entrèrent et se mirent en position d'attaque. Ils lancèrent différents sortilèges à la mère, mais elle s'était relevée et n'avait aucune difficulté à contrer toutes les attaques malgré le surnombre. La mère avait une fluidité de mouvement assez impressionnante. Elle était vraiment une excellente duelliste. Prue avait de qui tenir.

 

Je me détournai des combats et constatai avec horreur que Prue était toujours accroupie dans les escaliers, assistant au spectacle sans comprendre la gravité des évènements. Bien que je ne puisse rien changer au passé, j'étais tendu, ayant peur de la suite. Je savais que les combats allaient basculer d'un moment à l'autre, et je craignais à chaque sortilège lancé que ça soit celui qui renversait le cours des choses. Et c'est ce qui finit par arriver. Alors que la mère parvenait toujours à tenir tête à ses adversaires, l'un d'eux la toucha. Elle fut à nouveau expulsée, cette fois contre le mur. Elle retomba sur le sol dans un bruit sourd. 
 
-         MAMAN !! cria Prue.
-         PRUE, SAUVE-TOI !!! hurla la mère.
 
La mère avait peur, mais je sentais autre chose. Je reportai mon attention sur la petite Prue, qui regardait sa mère avec crainte. Je crois qu'elle avait enfin compris ce qu'il se passait. Les assaillants avaient reporté leur attention sur Prue. L'un d'eux sortit un couteau et la visa. Il murmura quelque chose, et la lame fusa vers elle.
 
-         NOOON !
 
Mon cri s'était joint à celui de la mère. Sauf qu'elle seule pouvait la sauver. Elle s'était relevée au moment où le couteau était parti. J'avais l'impression que la scène passait au ralenti. Le couteau était sur le point de toucher Prue, mais le mouvement de bras qu'elle fit renvoya la lame dans l'autre sens, poignardant la mère en plein c½ur. Prue regarda sa mère s'effondrer au sol, et je vis une lueur étrange dans ses yeux. Les hommes ricanèrent en voyant la mère s'écrouler au sol.
 
-         Tu nous as facilité la tâche jeune fille... Aller... Attrapez-là !
 
Je fronçai les sourcils en voyant Prue fixer quelques instants l'homme qui avait lancé le couteau. En voyant les autres se diriger vers elle, elle détala et finit de monter à l'étage. Je me ruai à sa poursuite pour passer devant les hommes. Je ne voulais pas rater un seul instant. J'arrivai dans le grenier... aucune trace d'elle. Mon odorat me permit de la localiser dans une vieille armoire légèrement entrouverte. Les hommes arrivèrent sans bruit. Je pris une grande inspiration, ne voulant imaginer ce qui allait se passer. Ils allaient forcément la trouver. Sa cachette était évidente.
 
-         Où es-tu jolie poupée... ? Je sais que tu es là. Aller petite, montre-toi...
 
Je sentais la peur à plein nez. L'un d'entre eux  passa devant moi et je remarquai un tatouage peu courant au travers de sa manche déchirée : une tête de mort transpercée par un poignard et un serpent. Je fronçai les sourcils. Il me semblait l'avoir déjà vu quelque part. Mais où ? Je n'eus pas le temps de m'y attarder davantage, car l'un des hommes s'approchait de l'armoire, baguette dans sa main gantée. Il y eut du mouvement derrière moi, et lorsque je me retournai pour voir ce qu'il se passait, tout devint flou. Je fus aspiré vers le haut. Il me sembla entendre des hurlements qui s'évanouirent lorsque mes pieds touchèrent le sol du bureau.
 
La Prue du présent était assise dans un fauteuil. Je la trouvai d'un calme étrange. Son regard était perdu dans le vide. Pourquoi avoir coupé le souvenir à ce moment ?
 
-         Prue, que s'est-il passé ensuite ? demanda Dumbledore, l'impatience trahissant sa voix.
 
Elle ne répondit pas et remit sa baguette à sa tempe, tirant un autre filament. Elle le laissa tomber dans la Pensine d'un air absent. Je ne lui demandai pas pourquoi elle n'avait pas mis tout le souvenir d'un coup, trop pressé de replonger. Je laissai Dumbledore passer le premier et le suivis.
 
Au lieu de réapparaître dans le grenier, on était dans l'entrée. Le corps inanimé de la mère gisait au milieu des débris ensanglantés. Je me retournai en entendant quelqu'un dévaler les marches. Prue manqua plusieurs fois de tomber, emportée par l'élan. Elle se précipita sur le corps et se jeta au sol, ses genoux baignant dans le sang de sa mère. Elle était horrifiée à la vue du sang qui coulait de sa bouche. Elle fixa avec stupeur les yeux voilés de sa mère. Je ne compris pas comment elle avait pu redescendre... où étaient les hommes ?
 
-         Maman ? appela Prue incertaine.

Bien sûr, la mère ne répondit pas. Prue remarqua alors le couteau planté dans son c½ur. Elle fronça les sourcils, comme si elle avait déjà oublié ce qu'il s'était passé un peu plus tôt. Elle paniqua davantage.
 
-         Maman ? Réponds-moi ! Maman !!
 
Toujours rien. Les larmes coulèrent sur son visage d'enfant... sa voix se brisa... Elle se mit à la secouer de toutes ses forces. 
 
-         MAMAN !!!! hurla-t-elle désespérée.
 
Sa voix résonna dans la maison vide. Une larme coula sur ma joue... puis deux. La scène était assez horrible à voir. A l'inverse du présent où il y avait une sorte de barrière, ici, je sentais absolument tous ses sentiments.
Tout redevint flou. Je voyais noir, mais j'entendais toujours.
 
-         MAMAN ! MAMAN REVEILLE-TOI !! REVEILLE-TOI ! cria-t-elle.
 
Il y eut une sorte de coupure. Puis l'image revint. Prue n'était plus dans la pièce. Je fronçai les sourcils et tournai sur moi-même. Dumbledore et moi étions bien seuls. Prue entra dans la maison. Que faisait-elle dehors ? L'expression sur son visage avait changé. Elle ne pleurait plus. Elle semblait résolue. Quelque chose l'animait. Une certaine résignation. Je vis son regard fixer quelques instants une autre pièce. Puis, elle s'agenouilla et déposa un bisou sur le front de sa mère. Elle fixa à nouveau le couteau et je fus choqué de voir un faible sourire se dessiner sur ses lèvres. Elle regarda encore une fois vers l'autre pièce et se releva, se détournant de mère pour ressortir. Je voulus la suivre pour savoir où elle allait, mais là encore, tout redevint noir et je fus aspiré pour revenir dans le présent.
 
J'atterris sans douceur dans le bureau. Mon esprit était encore chamboulé par ce que j'avais vu. J'étais assez choqué, et je comprenais le traumatisme de Prue. Le voir avait été éprouvant... je n'osais imaginer ce que ça avait été de le vivre. Pourtant, il restait encore des zones d'ombre. Tellement de questions étaient venues s'ajouter... De mystères supplémentaires. J'avais l'impression d'avoir fait un grand pas en regardant ce souvenir, et en même temps de reculer.
 
-         Prue, je comprends ta douleur... commençai-je en me rapprochant d'elle.
-         ...Tu veux savoir ce qu'il s'est passé pendant les coupures, n'est-ce pas ? demanda-t-elle d'une voix un peu froide.
 
Son ton stoppa mon avancée. En l'observant plus attentivement, je me rendis compte qu'elle avait retrouvé un visage indéchiffrable. Son regard s'était endurci. La louve était retournée dans sa carapace, bien à l'abri. Je ne devais pas la brusquer. Nous donner ce souvenir avait sûrement été douloureux, il ne fallait pas précipiter les choses.
 
-         Désolée, je ne suis pas encore prête à le dévoiler.
 
Pourquoi ? Qu'est-ce qui avait bien pu se passer ? Je n'arrivais pas à imaginer ce que Prue pouvait tant vouloir garder secret après nous avoir laissé voir son « meurtre ».
 
-           Comment t'es-tu échappée du grenier ? demanda Dumbledore.
 
Je vis une lueur assombrir le regard de mon amie lorsqu'elle le braqua sur le directeur.
 
-     Je ne suis pas encore prête à le dévoiler, répéta Prue avec un certain détachement.
 
Bien sûr... elle n'avait pas crée les coupures pour rien. Je n'arrivais pas à trouver le scénario qui expliquerait l'évasion de Prue. Il y avait beaucoup d'assaillants au grenier... comment avait-elle pu leur échapper ? Surtout qu'ils ne l'avaient même pas poursuivie lorsqu'elle était redescendue... qu'étaient-ils devenus ? Et où Prue était-elle allée après cette soirée ? Elle était seule... comment avait-elle atterri dans un orphelinat ? Je secouai la tête avec agacement. Ce souvenir m'avait apporté la lumière sur la mort de sa mère, mais de nombreuses autres questions venaient épaissir le voile de mystères autour de Prue.
 
~ Point de vue de Prue ~

Je me sentais bizarre depuis que Dumbledore et Remus étaient revenus. Je crois que je ne réalisais pas encore tout à fait qu'ils savaient désormais... qu'ils avaient été témoins de mon premier meurtre.  En croisant le regard de Remus, je compris qu'il se posait encore plus de questions qu'avant de voir ce souvenir. Il est vrai que les coupures que j'avais crée tombaient à chaque fois à un moment critique... mais je ne pouvais pas les laisser voir apparaître mon père.
 
-         C'est déjà un énorme progrès ce que tu as fait, dit Dumbledore doucement, me sortant de mes pensées.
-         Ça ne changera rien. Ce soir-là, j'ai renvoyé le couteau sur ma mère à cause de mon pouvoir. Vous l'avez vu... Je l'ai tuée. C'était volontaire. J'en ai même éprouvé de la satisfaction sur le moment. J'ai répété ce geste avec Remus en le revivant sous l'influence du Choixpeau.
 
Je détournai mes yeux de Remus, à nouveau envahie par la culpabilité. Après cette soirée, je n'avais plus jamais été la même. Elle continuait à me torturer toutes les nuits... et c'est la raison pour laquelle mon désir de voir mortes les personnes responsables de cette attaque ne s'était toujours pas apaisé. Certes, j'avais réussi à décimer la plupart d'entre eux... sauf que le chef était toujours en vie. Il fallait que je poursuive mes recherches, que je continue à le traquer. Je devais le tuer pour mettre un point final à ces années de souffrance. La mort de ma mère m'avait envoyée directement en enfer... les choses s'étaient succédées sans que j'arrive à intervenir pour ralentir et changer les choses... Sans que je comprenne que le camp était en train de me métamorphoser. Je l'avais compris trop tard... j'avais déjà perdu toute mon humanité. Et c'est la mort de ma mère qui avait tout déclenché. Je ne serais jamais devenue celle que j'étais si elle était toujours en vie.

 

Pourquoi l'avais-je tué ? Pourquoi... ? J'aurais peut-être eu une vie normale... Je ne serais pas un assassin. Je ne serais pas obligée de continuer ma traque obsessionnelle pour tirer un trait définitif sur le passé. Je ne serais pas obligée de m'empêcher de vivre la vie que je voulais.
 
-    Tu n'avais que cinq ans, murmura Dumbledore. Tu n'as pas pu la tuer volontairement.
-     La télékinésie est le pouvoir que j'ai toujours su plus ou moins maîtriser...  J'aurais pu renvoyer l'arme n'importe où... pourtant, il est allé se planter précisément en plein c½ur...
-         Choc émotionnel, objecta le directeur. Tu n'as fait que te défendre.
-        C'était intentionnel ! m'emportai-je en me levant. La lame aurait dû repartir droit devant et se loger dans le mur d'en face, à ma hauteur, mais à la place, j'ai donné une trajectoire plongeante ! Je l'ai visée ! J'ai été soulagée de l'atteindre ! J'ai même souri lorsque je me suis accroupie auprès de son corps ! Je l'ai assassinée putain !! Arrêtez de fermer les yeux sur la réalité ! Je l'ai tuée !
 
Remus et Dumbledore m'observèrent avec tristesse quelques secondes, me laissant le temps de reprendre le contrôle sur mes émotions. Pourquoi ... pourquoi refusaient-ils d'admettre la réalité qui s'était offerte à eux ? Pourquoi cherchaient-ils à m'excuser ?
 
-         Il faudrait que je voie tes souvenirs en entier pour que je puisse comprendre... Les coupures que tu as crée renferment peut-être des moments clés, suggéra Dumbledore.
-         Non ils ne renferment rien...  assurai-je fermement.
 
Remus baissa les yeux en soupirant discrètement.
 
-         Comme tu voudras, dit Dumbledore. C'est déjà bien que tu aies montré ça.
-         Je n'en suis pas sûre. Ça ne change rien.
-         Si. En fait, ça change pas mal de choses...
 
Je fronçai les sourcils, ne comprenant pas. Qu'est-ce que ça pouvait bien changer, à part que maintenant ils savaient quelle louve j'abritais ?
 
-     J'ai connu ta mère, informa le directeur. Tu es l'héritière d'une famille légendaire.
 
Mon c½ur rata un battement. Comment diable Dumbledore avait-il pu connaître ma mère ? Et puis ce qu'il disait n'avait pas de sens. La famille Blade n'avait rien d'exceptionnel... le noble héritage me venait du côté de mon père, mais ça, Dumbledore ne pouvait pas le savoir. Il ne pouvait pas connaître mon lien avec Serpentard.
 
-    J'ai souvent fait des recherches sur Rosalie Hunt... dis-je calmement. Je n'ai trouvé que sa tombe et rien d'autre.
-     C'est parce que tu as cherché du mauvais côté.
-     Que voulez-vous dire ?
-     Le nom de la femme de ton souvenir n'est pas Hunt...
 
Je me crispai à l'entente des paroles du directeur. Père avait été très clair avant le début de ma mission... le nom de Jedusor et de Blade devaient rester absolument secrets. Etais-je démasquée ? Je commençais à amèrement regretter d'avoir montré ce souvenir. La panique me tordait les tripes. J'étais grillée. Il savait pour mes origines. Il savait que ma mère s'appelait Blade.
 
-         Ta mère s'appelait Rosalie Halliwell.
 
J'eus l'impression de recevoir un coup de lame en plein c½ur. Pendant plusieurs secondes, c'est comme si tout mon être s'était mis en pause. Comme si le temps s'était arrêté. J'étais paralysée par la surprise. J'en avais presque oublié de respirer. On m'avait toujours dit que le nom de ma mère était Blade... C'était quoi ces conneries... ?! Je baissai la tête, fermant les yeux douloureusement. Je pensais que Hunt était la fausse identité pour cacher le nom de Blade... mais ça aussi c'était faux... je ne m'appelais pas Blade... j'étais la descendante des Halliwell. Ça expliquait les similitudes que j'avais trouvées en faisant des recherches sur cette illustre famille l'an passé. Il n'y avait pas eu deux attaques le 6 février 1965... il n'y en avait eu qu'une. La mienne. Celle de ma famille.
 
-         Ça explique le fait que tu arrives à maîtriser certains sortilèges sans baguette, continua Dumbledore. C'est une caractéristique de ta famille. L'un de tes ancêtres, Jacob, était un excellent télépathe. J'en viens donc à penser que tes crises mentales sont les manifestations de ce nouveau pouvoir. Comme tu ne le maîtrises pas encore, ton esprit se connecte accidentellement à d'autres et abaisse ta défense psychique.
 
Je relevai les yeux sur Dumbledore, légèrement tremblante autant de rage que de douleur. Mensonge ! Encore et toujours ! On m'avait caché la vérité sur ma famille. Pourquoi ?! Dans quel but ? Quelle importance que je sois une descendante des Halliwell ? Je restai sans voix pendant plusieurs secondes, choquée par la révélation de Dumbledore. Je n'arrivais toujours pas à croire que j'étais une Halliwell. Et pourtant, tout concordait. Il n'y avait aucune place au doute. J'étais une Halliwell.
 
-         Prue... j'aimerais vraiment savoir ce qui t'est arrivé après cette soirée, reprit doucement Dumbledore.
-     ... J'ai été recueillie par un inconnu... qui m'a amenée dans un orphelinat, soufflai-je.
-         Est-ce que cette personne t'a amenée de suite à l'orphelinat, ou est-ce que tu es restée avec... ne serait-ce que quelques minutes ?
 
J'étais tellement sonnée par la vérité qui m'avait éclaté à la figure que j'étais incapable de réfléchir à l'intérêt d'une telle demande.

-         Pourquoi vous demandez ça ?
-         Réponds à mes questions Prue, c'est important.
-         J'y suis allée directement. En quoi est-ce important ?
-         Est-ce que tu te souviens des membres de ta famille ?
 
Là encore, je ne compris pas. Dumbledore semblait avoir une idée très précise en tête. Mais j'avais beau essayer de rassembler mes idées, je ne voyais pas où est-ce qu'il voulait en venir avec ses questions.

-         De ma mère seulement, répondis-je.

Dumbledore garda le silence, me regardant avec autant de tristesse que d'inquiétude. Il semblait un peu perdu lui aussi. Mon c½ur accéléra davantage. Je me doutais que le directeur savait quelque chose que j'ignorais. Je sentais que je n'étais pas au bout de mes surprises.

-          Pourquoi vous me demandez tout ça ? 
-          Il est clair que ta mémoire a été trafiquée.
-          Quoi ? Qu'est-ce qui vous fait croire ça ?
 
L'hésitation passa dans ses yeux. Tout comme lorsque je m'étais réveillée à l'infirmerie et que j'avais demandé des nouvelles de Remus. Dumbledore semblait s'attendre à un autre dérapage de ma part. Pourtant, au bout de quelques secondes qui s'étirèrent douloureusement, il finit par répondre.

-          Tu avais une s½ur... une s½ur jumelle. Sandra.
 
Une violente décharge me percuta le corps. Je me souvins effectivement que lors de ma lecture l'année dernière, le livre parlait de deux descendantes. Mais à peine je pensai à cela, j'eus l'impression de me vider. Je sentis un courant d'air me traverser, emportant le peu de forces qui me restaient. Cette fois, le choc était trop fort pour que je perde le contrôle... je n'avais pas la force de produire la moindre étincelle. Un voile tomba devant mes yeux, et je me sentis partir dans l'inconscience.
Chapitre 33 : Une vérité inattendue
Tadam ! Alors, que pensez-vous de ce looong chapitre ? J'espère vraiment que vous avez accroché, parce que certains passages ont été durs à écrire.
Ce chapitre apporte pas mal de révélations, d'explications aussi, et devrait vous amener à vous poser de nouvelles questions. Vous devinez pourquoi ce chapitre amorce un nouveau tournant dans l'histoire, non ?  ;)
Alors comme chaque semaine, j'attends vos réactions !

Le mot de Tracker et l'aperçu du prochain chapitre arrivent sous peu.
En attendant, je vous souhaite une bonne semaine, et espère vous retrouver le week-end prochain avec le sourire ! (je passe mon BTS la semaine qui arrive).
Gros bisous, et merci à ceux qui sont toujours dans l'aventure !

Tags : L'histoire d'un assassin - Partie 1 : L'amour d'un Assassin - tome 1

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Comments :

  • Dum-Cha

    22/12/2016

    Remus..le pauvre va avoir le coeur brisé..❤️

  • fichp-lifealwaysrestart

    05/09/2015

    Ça se complique à ce que je vois ! J'ai beaucoup aimé ce chapitre, on sait enfin ce que redoutais Dumbledore ( tu en avais parlé dans un de tes chapitres en point de vue externe, je crois). Et la première partie avec Remus était juste géniale, jusqu'à la fin je me suis demandé si Prue allait partir ou rester. Je me demande juste si Remus a entendu tout ce que lui as dis Prue pendant qu'il dormait. Et puis le fait que Prue ait une jumelle, c'est juste.. Trèèèèèè inattendu !!

  • MikaWolfeHP

    02/07/2014

    My god! C'est trop malade!!! Je cours lire la suite!!!

  • hostfresh-HarryPotter

    24/06/2014

    Une soeur ???? Elle est où ???

  • harry-potter-8-fic

    13/06/2014

    Encore un excellent chapitre riche en nouveautés.

  • evanalinch-lunalovegood

    01/06/2014

    Vache, une frangine. Ça j'y avais pas pensé du tout

  • Harry-Potter-generationx

    29/05/2014

    AAAAAAAAAHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHH !!!!!!!!
    Une jumelle ?!!!!!!! une jumelle !!!!!! alors la je suis sur le cul ! (désolé pour l'expression pas très polie mais la ....) :o
    Pas Possible !!!! Je me doutais bien que Prue étais une Halliwel depuis ses recherches mais une jumelle ! Alors la ! Je m'en remettrais jamais ! Comment ca se fait qu'elle ne le sache pas, pourquoi son pere ne lui en a jamais parler ?! :O A moins qu'il ne le sache pas ... ;D (ok j'arrete avec mes hypotheses foireuses ! xD )

    Le monologue de Prue ! J'te jure j'ai cru que j'allais pleurer ! :') trop emouvant et sensationel ! Par contre j'aurais bien aimé voir la réaction des autres maraudeurs, enfin on verra ca une autre fois ;)

    Bon cette fois, c'est erminer pour se soir meme si je vais avoir du mal a pas aller lire la suite ! ^^ promis je reviens demain ! :D

    Bis'

    Camille

  • aSupernaturalLife

    14/05/2014

    Hello ! Désolée, mais je n'ai pas reçu le commentaire en question ^^
    __

    Mince... je te redonne mon avis dans ce cas. Désolé du malentendu. :/

    Je disais donc, que j'ai surkiffé ton chapitre haha !
    Surtout la révélation sur SANDRA! Je me demande bien où elle est maintenant, si ce sont ceux qui ont tué leur mère qui l'ont emmené avec eux, et si du coup elle est "méchante" (je veux dire vraiment méchante, pas comme Prue qui est une "méchante gentille", je ne sais pas si tu me comprends !). Est-elle même au courant de l'existence de sa soeur ? Bref, c'est à ce moment là que j'ai dis stop aux hypothèses bizarres.
    J'ai hâte de lire la suite!

  • assassin-maraudeurs

    14/05/2014

    aSupernaturalLife wrote: "Oups désolé, je viens de voir que je n'étais pas connecté quand j'ai posté mon dernier commentaire. Il finit par "je m'arrête là avec mes hypothèses chelou" ou un truc du genre x)
    Excuse moi, je vais mettre ça sur le compte de la fatigue x)
    "

    Hello ! Désolée, mais je n'ai pas reçu le commentaire en question ^^

  • aSupernaturalLife

    13/05/2014

    Oups désolé, je viens de voir que je n'étais pas connecté quand j'ai posté mon dernier commentaire. Il finit par "je m'arrête là avec mes hypothèses chelou" ou un truc du genre x)
    Excuse moi, je vais mettre ça sur le compte de la fatigue x)

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