Chapitre 35 : Bienvenue dans l'Agence

« On dirait bien que l'heure d'intégrer l'élite des assassins a sonné ...  j'ai comme l'impression que ce nouveau partenariat va me plaire »
 
Chapitre 35 : Bienvenue dans l'Agence
 
 
|  26 septembre 1977 – Poudlard – Salle commune – 22h10  |

Je m'étirai sur le canapé et en profitai pour changer de position pour mieux voir les Maraudeurs jouer aux cartes. J'avais fait quelques parties pour faire bonne figure, histoire que les garçons ne s'interrogent pas trop à mon sujet avant de me retirer du jeu. Quinze jours s'étaient écoulés depuis mon dernier rendez-vous avec Dumbledore, et j'avais un peu de mal à reprendre le rythme comme avant. Même si les Maraudeurs faisaient tout pour me replonger dans le bain et me détendre, j'avais l'impression que quelque chose s'était cassé en moi. Je n'avais pas encore tout à fait retrouvé ma forme, ni mon moral. Pourtant, j'allais devoir reprendre les choses en main très vite, car j'avais reçu un message de la part de Jack. Apparemment, il fallait que je revienne au manoir ce week-end sans faute. Il ne m'avait pas dit pourquoi, et j'avoue qu'il avait éveillé ma curiosité. Je sentais que Tracker allait devoir reprendre du service. Ce n'était pas plus mal. Si je voulais reprendre ma vie comme avant, il fallait que je parvienne à rejouer sur les deux tableaux. Il fallait que je redevienne Prue et Tracker en même temps.

 


Je sortis de mes pensées en voyant Remus s'appuyer sur le canapé, juste à côté de moi.
 
-         Tu rends les armes ? lançai-je avec un sourire.
-         Pour l'instant.
 
On ne dit rien pendant plusieurs minutes, regardant les trois autres Maraudeurs continuer leur jeu. Je me pris plusieurs cartes lorsque Peter perdit un tour, me faisant sursauter. Les garçons en rigolèrent et je ne leur en tins pas rigueur. Je me secouai pour faire tomber les cartes de mes cheveux, et Remus m'en enleva une dernière.
 
-         On a entraînement ce week-end ? demandai-je.
-         Demain après-midi, répondit James.
 
Ça me laissait la matinée pour aller voir  Jack, ce qui devrait suffire.
 
-         Pourquoi, tu as quelque chose de particulier ? interrogea Remus.
-         Je vais m'absenter. Je serai de retour pour l'entraînement, ajoutai-je pour devancer  James qui allait intervenir.
-         Tu vas à l'orphelinat ? demanda Remus.
-         Non, en ville. J'ai une course à faire.
 
Remus acquiesça et ne chercha pas à en savoir plus. Cela m'amusa, car je vis bien que  ça lui brûlait les lèvres de me poser davantage de questions.
 

| 27 septembre 1977 – Manoir Voldemort – 9h |

 
Je me sentais étrange depuis que j'étais entrée dans le manoir de mon père. J'avais l'impression que ça faisait une éternité que je n'avais pas enfilé ma tenue de tueuse... non pas que ça me manquait, mais j'avoue que je me sentais toujours aussi bien derrière ce masque.
 
-         Tracker !
 
Je me retournai vivement, reconnaissant la voix de mon père.
 
-         Que fais-tu là ? demanda-t-il en se rapprochant.
 
Je ne répondis pas de suite, devant lutter contre une soudaine envie de lui bondir dessus pour m'avoir maintenue dans l'ignorance sur mes origines pendant des années. Le désir de lui délier la langue faillit me faire oublier mon jeu de masque. Mon père ne devait pas apprendre que j'avais découvert la vérité... pas encore. Je devais profiter de cette longueur d'avance sur lui.
 
-         J'ai à faire, me contentai-je de répondre.
 
Ma voix était un peu froide, je m'en rendis compte. Mon père m'observa de suite avec plus d'attention, sentant que ça n'allait pas.
 
-         Besoin de te défouler ?
 
A nouveau, je dus serrer les dents. Oui, j'avais un immense besoin de me défouler... sur LUI ! Lui qui avait osé me mentir pendant tout ce temps !
 
-         Non, j'ai juste une affaire à régler. Rien d'extraordinaire.
-         Ok. Et la mission ?
-         Tout roule.
-         Alors c'est parfait.
-         Comme d'habitude.
 
On resta face à face quelques secondes, silencieux. Il y avait un vrai « blanc ». Le genre qui laisse bien deviner que je n'avais pas la moindre envie de m'éterniser dans la discussion.
 
-         Je dois y aller. A plus tard, dis-je en tournant les talons.
 
Mon père devait certainement trouver étrange que je ne demande pas la moindre nouvelle concernant l'avancée de ses projets, mais je n'avais pas envie de rester une seconde de plus en sa présence. La blessure était encore trop récente pour que je puisse lui parler sans laisser transparaître ma ranc½ur. Je lui en voulais énormément.

 

Je continuai ma route jusqu'aux appartements de Jack et frappai trois coups. J'attendis plusieurs secondes avant de conclure qu'il était absent. Je soupirai et changeai de direction, redescendant d'un étage pour me rendre dans la salle d'entraînement. Je fus soulagée de l'y voir avec un autre « élève ». Cela me rappela les nombreuses heures que j'avais passé dans cette même salle, face à Jack, m'entraînant avec acharnement pour me perfectionner toujours plus. Ça n'avait pas toujours été une partie de plaisir, mais globalement, j'avais plutôt de bons souvenirs dans cette pièce. Je m'assis sur un banc et attendis patiemment que Jack ait terminé de donner sa leçon. Il finit par me remarquer et accorda une pause à son élève. Celui-ci me jeta un ½il et m'adressa un signe de tête respectueux. Je lui rendis, bien que je ne sache pas qui était cet ado.
 
-         Bonjour Tracker.
-         Bonjour Maître.
-         Je suis content que tu aies pu te libérer rapidement.
-         Qu'est-ce qu'il se passe ?
-     Oh, rien de grave. Je voulais juste te donner ça, dit-il en faisant apparaître un parchemin roulé.
 
Il me le tendit avec un sourire, et je compris que ça avait un rapport avec la proposition qu'il m'avait faite pendant les vacances. Pressée d'en apprendre davantage sur l'Agence, je pris le parchemin sans tarder.
 
-         Quoi d'autre ? demandai-je.
-         C'est tout. Tu peux y aller. On se voit après l'entraînement.
 
Il m'adressa un sourire entendu et retourna auprès de son élève pour poursuivre l'entraînement. Un peu perplexe, je jetai un ½il au parchemin noir dans ma main. Je le rangeai dans la poche intérieure de ma cape et quittai la pièce. Je me rendis dans mes appartements pour être tranquille.  
 
 
Une fois dans ma chambre, je m'installai à mon bureau et dépliai le parchemin. A mon grand étonnement, il était... vierge. J'eus beau le regarder sous tous ses angles, ce foutu parchemin était complètement noir. C'était une blague ?! Non, ce n'était pas le genre de Jack. Il ne me ferait pas perdre de temps si ce n'était pas important.

 


Je posai sagement la feuille devant moi, essayant de trouver une explication. Qu'est-ce que je pouvais bien faire d'un parchemin vierge ? Je ricanai en prenant ma plume. Je la trempai dans l'encre rougeâtre et commençai à écrire. Un parchemin vierge est fait pour être utilisé n'est-ce pas ? Alors j'écrivis :
 
« Mon Maître espère me faire passer du temps en me collant une énigme sur un parchemin vierge... »
 
Je souris devant ma phrase totalement stupide mais le perdis bien vite en voyant l'encre disparaître, absorbée par le papier. A la place, c'est une tête de mort cagoulée qui apparut sur toute la longueur du parchemin au-dessus d'une baguette croisée d'un pistolet doté d'un silencieux. Je souris devant cette image très significative, sans doute servant de logo à l'Agence de Jack. L'image disparut lentement et une  phrase s'écrivit toute seule :
 
« Ce n'est pas un parchemin comme les autres ».
 
-         Je sens que je vais adorer cette Agence.
 
Je trouvai la prise de contact assez originale. Un parchemin... quelle bonne idée ! Neutre, pratique, discret, anonyme... dénué de sens pour une personne étrangère qui tomberait dessus par mégarde. Je saluai Jack pour son choix de mode de communication.
 
« Alors qu'est-ce que c'est ? A quoi il sert ? » écrivis-je pour démarrer la conversation.
« C'est le seul moyen d'entrer en contact avec moi. Je me présente : dans le milieu, on me connait sous l'identité de La Renarde. Je suis l'associée de Jack, et l'intermédiaire entre tous les tueurs. »
« Ravie de faire votre connaissance. Je suis Tracker ; élève de Jack et tueuse à gages. »
« L'Agence de la Mort sur Demande vous souhaite la bienvenue dans ses rangs. Jack m'a beaucoup parlé de vous, et votre réputation vous précède. Ce sera un plaisir de vous compter parmi notre élite. »
« Tout le plaisir est pour moi de vous rejoindre »
« Cette première prise de contact a pour seul but de vous faire connaître les principales règles de l'Agence, et de répondre à vos éventuelles questions. »
« Vous avez toute mon attention »
« Pour commencer, sachez que vous êtes bien évidemment soumise au secret le plus absolu, aussi bien concernant les clients, que le contenu de vos missions, ou ne serait-ce que votre appartenance à l'Agence. Nous ne sommes pas reconnus dans le milieu en tant qu'organisation. Les clients ne savent pas vraiment qui ils contactent. Ils savent juste qu'ils ont affaire aux meilleurs services criminels qui puissent exister. Pour le reste, nous n'avons pas de marque distinctive, nous n'organisons aucun rassemblement, vous ne rencontrerez aucun autre membre de l'Agence. Moins vous en saurez sur les autres, mieux ça ira. »
« Ça me va, j'aime rester dans l'ombre. »
« Ainsi donc, vous comprendrez que chaque contrat est individuel. Cependant, lorsque nous vous donnons un contrat, cela ne veut pas dire que l'on attend de votre part que vous éliminiez la cible seule. Si vous avez des partenaires de confiance qui ne posent pas de question, vous pouvez les faire participer au meurtre. L'Agence ne sert qu'à faire le lien entre le client et le tueur. Le choix des méthodes vous revient totalement. »
« Parfait. »
« Pour les contrats en eux-mêmes, nous ne vous faisons que des propositions. Vous êtes libre de refuser, sans justification. Dans ce cas, nous transmettrons l'offre à un autre tueur. En revanche, si vous acceptez le contrat, son exécution est obligatoire. L'inexécution serait vue comme une trahison qui engagerait d'autres tueurs à votre poursuite. »
« Normal. J'apprécie le fait d'avoir le choix pour signer... »
« Tous les tueurs aiment cet aspect. Concernant la rémunération, les prix varient en fonction des missions. Nous prenons comme critères la difficulté de la mission, le temps de préparation nécessaire, la notoriété de la cible, etc... Lorsque nous vous proposons le contrat, vous êtes en droit de faire rectifier le montant. Quoi qu'il en soit, l'Agence prend quinze pourcent sur le paiement. »
« Ça me va »
« Par ailleurs, nous ne demandons pas l'exclusivité à nos tueurs : vous avez tout à fait le droit d'avoir vos activités de votre côté. Cependant, il vous est formellement interdit d'interférer avec une mission d'un autre tueur de l'Agence, quel que soit le motif. Ce serait considéré comme une trahison. »
« Je comprends »
« La prise de contact se fera grâce à un petit bipper très discret qui vous avertira lorsque vous devrez vous servir du parchemin. Une vibration brève signale une proposition de contrat ; une longue répétée signale une urgence. Le bipper ne doit donc jamais vous quitter. »
« Reçu »
« J'ai fait le tour des principales règles. Avez-vous des questions ? ».
« Comment savez-vous qui écrit sur le parchemin ? »
« Le parchemin est bien évidemment ensorcelé. Il permet d'identifier la personne à partir de son écriture. Seule une personne reconnue comme étant un assassin peut prendre contact avec l'Agence. Pour les autres, ce parchemin est ordinaire, dont les phrases ne me parviendront pas ».
 
Je réfléchis quelques instants. Tout me convenait dans ce que « La Renarde » m'avait énoncé. Je reconnaissais bien la mentalité de Jack au travers des règles de l'Agence. Ce travail en parallèle allait me plaire, j'en étais persuadée. Je trempai rapidement ma plume dans l'encre.
 
« Dites m'en plus sur l'Agence... »
« Nous travaillons en totale indépendance, ce qui nous rend libres de nos actes. Nous ne recevons aucune influence, criminelle ou politique. Chaque client et chaque cible sont traités avec la même considération. »
« Je vois. Vous arrive-t-il d'avoir des missions... un peu spéciales ? »
« En effet. Vous devez savoir que nous travaillons régulièrement avec une brigade de lutte contre le crime. Ils nous considèrent comme leur partenaire ».
 « Une brigade de lutte contre le crime ?! »
« Exact. Si cela vous gêne, vous pourrez refuser les contrats émanant de cette organisation ».
« Non non, c'est juste que je ne m'y attendais pas. Comment des tueurs peuvent-ils travailler avec une brigade qui se bat... contre nous ? »
« Parce qu'on ne peut pas se comparer aux autres tueurs. Les autres tuent pour des motifs très variés, souvent personnels... nous, on tue pour des clients, nous n'avons pas de lien avec la victime en général »
« C'est la définition même du tueur à gages : tuer sur commande en échange de rémunération »
« Exact. Cette brigade est composée d'anti-criminels... extrémistes. Les contrats les plus courants concernent des criminels qui ont des mêlés avec la justice et qui s'en sortent blancs comme neige. D'autres encore consistent à arrêter des tueurs en puissance... »
« Je vois... donc nous avons un peu le rôle de justiciers quand nous travaillons pour cette brigade ? »
« Chasseurs de primes serait plus exact. Disons que nous comblons certaines failles du système judiciaire... Mais nous avons aussi de nombreux autres clients qui nous donnent des contrats moins... contradictoires avec notre statut ».
« Justement, en parlant de ça. Je demande une petite restriction dans les contrats que vous m'enverrez. »
« Très bien, laquelle ? »
« Je ne veux  pas de cible innocente ».
« Votre choix, bien que surprenant, sera respecté »
 
Voilà une bonne chose de faite. Je réfléchis encore, pour voir si j'avais fait le tour. Une nouvelle question me vint.
 
« Comment ça se passe si l'un de nous se fait attraper par les flics ? »
« Tout dépend de la faute commise par le tueur. Si nous le pouvons, nous le faisons évader. Si cela risque de mettre en péril l'Agence, le tueur devra assumer son échec. S'il est trop bavard au sujet de l'Agence, tous les autres tueurs ont ordre de l'éliminer. La sécurité de l'Agence prime sur tout le reste »
« Ok. »
« D'autres questions ? »
« Pas pour l'instant ».
« Très bien. N'hésitez pas à me demander plus de renseignements au besoin. Faites-moi savoir lorsque vous serez prête à commencer à travailler pour nous. »
« Je le suis »
« Dans ce cas, nous avons un contrat pour vous. Voici la cible. »
 
Une brume noire s'éleva du parchemin sur laquelle apparut une photographie immatérielle de la cible.
 
« Il s'appelle Jake Leg, 48 ans, 1m91, 88kg. Il est ingénieur le jour, violeur doublé d'un tueur la nuit. Il a déjà fait quatre victimes. Très intelligent et doué dans l'art de la magie, il ne laisse jamais aucune trace de son passage ».
« Alors  comment être sûre que c'est bien notre homme ? »
« Une simple erreur : un soir, ayant trop bu, il a menacé une fille devant témoins dans un bar, en parlant de ce qu'il pourrait lui faire subir. Il a donné certains détails qui coïncidaient avec les précédentes agressions, jamais communiqués par la presse. Les Aurors ont pu confirmer leurs soupçons, mais ils n'avaient toujours aucune preuve concrète. C'est la raison pour laquelle il a été relâché. Seulement il y a une semaine, il a fait une nouvelle victime. Le frère de cette dernière a essayé de se venger, persuadé de sa culpabilité, mais l'un de ses amis est intervenu pour l'en empêcher. Ne pouvant plus agir sans être soupçonné, il a fait appel à nos services. Ce sera donc à vous de le venger ».
« Où puis-je trouver ce Jake ? »
« Il consacre nombreuses de ses soirées à boire au Chaudron Baveur »
« Je connais... C'est souvent plein d'ailleurs. »
« Il vous faudra être d'une extrême vigilance. »
 
Une idée me vint sur le mode opératoire, me décochant un sourire. Je savais déjà comment tuer ma cible.
 
« Ne vous en faites pas pour ce cher Jake... je n'aurai même pas besoin d'être sur les lieux  pour l'exécuter...»
« Oh je ne m'en fais pas. Du moment qu'il meurt, je n'ai rien d'autre à savoir sur vos méthodes. Une somme de dix mille gallions vous sera transférée sur le compte de votre choix lorsque la cible sera morte. Vous n'avez pas de délai spécial pour remplir votre contrat ».
« Je le tuerai avant qu'il fasse une autre victime ».
« Avant toute chose, veuillez confirmer le contrat ».
 
Deux mots apparurent au milieu du parchemin. « Accepter » ou « Refuser » ?
 
« Comme je vous le disais tout à l'heure, les contrats sont des propositions. Mais si vous entourez « Accepter », vous scellez une sorte de pacte avec nous. Vous serez obligée d'exécuter la cible ».
 
C'est à peine si j'avais lu ces dernières phrases. J'avais les yeux rivés sur ces quelques mots écrits plus grands que ceux de notre discussion. J'entourai le mot « Accepter ». L'encre s'enflamma avant de fondre dans le parchemin. Je sentis une sorte de courant me traverser l'espace de quelques secondes.
 
« Bonne chasse Tracker »
 
Le parchemin redevint vierge. Je restai immobile encore quelques secondes avant de plier la feuille et de la mettre dans ma poche. Une certaine excitation m'envahit : je venais de rejoindre l'élite des tueurs. L'Agence semblait tout gérer à la perfection, et dans des règles qui me convenaient. J'ouvris la porte de mes appartements et tombai nez à nez sur Jack.
 
-         Tiens, je venais justement te parler, me dit-il.
-         Dans ce cas, entrez, invitai-je.
-         Je suppose que tu as réussi à entrer en contact avec la Renarde ? demanda Jack une fois la porte refermée derrière nous.
-         Oui. Pas mal le coup du parchemin.
-         Merci. Tiens.
 
Il me tendit un petit boitier noir.
 
-         Elle a dû te parler d'un bipper, dit Jack.
-         Oui.
 
Je pris l'objet en question et souris en le mettant dans ma poche.
 
-         Tu as accepté le contrat sur Jake Leg ?
-         Bien sûr.
-         Parfait. Tu devras être prudente, ce chien aime bien rester dans les lieux publics. Il sait qu'il est devenu la cible des familles des victimes.
-         Ne vous en faites pas, il n'aura pas le temps de comprendre ce qui lui arrive qu'il sera déjà mort.
-         Comment comptes-tu t'y prendre ?
-         Surprise.
 
Jack ricana et enleva son masque. J'en fis de même par respect.
 
-         Et sinon, ta mission à Poudlard ?
-         Tout se passe très bien.
-         Pas trop dur ?
-         Je me suis faite à mon quotidien. Ce n'est pas si désagréable en fait. Ça me change un peu.
-         Tant mieux.
-         Diego est ici ? demandai-je pour changer de sujet.
-         Non, il est parti en mission. Il devrait revenir ce soir.
-         Ah... vous lui passerez le bonjour de ma part, je ne peux pas attendre son retour.
-         Je n'y manquerai pas.
-         Merci. Veuillez m'excuser, mais je vais devoir y aller.
-         Prue ? retint Jack.
-         Hum ?
-         J'ai croisé ton père... il t'a trouvée très froide. Il y a un problème ?
-         ... Aucun.
 
Je parvins à conserver un visage impassible et un regard suffisamment convainquant pour ne pas attiser la curiosité de mon Maître. J'avais une confiance absolue en lui... mais je ne me sentais pas de lui raconter toute cette histoire. Pas maintenant. J'avais l'occasion de me changer les idées avec un meurtre, de reprendre ma double vie comme avant. Je ne devais pas m'attarder sur les récents évènements. Il fallait que je me relève et que je répare ma carapace. J'avais été trop fragilisé, je ne pouvais pas continuer ainsi.
 
 

| Poudlard – 15h |
 

 
Je rentrai juste à temps à Poudlard pour l'entraînement de Quidditch. J'avais passé quelques heures dans ma planque pour reprendre un loisir vieux de plusieurs années : la fabrique d'armes spéciales. Etant donné que je ne pouvais pas me servir de la magie à mes débuts parce que j'étais mineure, il me fallait mes propres armes, mes propres accessoires. Cette habitude était difficile à rompre, j'aimais beaucoup les armes moldues. En fabriquer était une vraie passion à laquelle je consacrais souvent du temps à mes heures perdues, bien à l'abri dans ma planque. J'aimais bien fabriquer des armes personnalisées. En fait, l'objectif était simple : associer une arme moldue à la magie pour obtenir une arme parfaite. C'était une déformation de mon passé. J'adorais les fusils de précision. Après de nombreuses heures de travail, j'avais enfin réussi à mettre au point un fusil à lunette. J'avais fabriqué moi-même les munitions. C'était des balles « pisteuses ». Contrairement aux balles moldues qui ont des trajectoires « droites », les miennes peuvent prendre des virages grâce à mon pouvoir de télékinésiste. Ajouté à cela un sortilège que j'avais mis au point pour retrouver une cible au milieu d'une foule, autant dire que le fusil avait de bonnes chances d'être redoutable. Jusqu'à maintenant, je m'étais entraînée au tir avec, sur de fausses cibles. Après avoir passé un nombre d'heures incalculable pour parvenir à bout de sa fabrication et effectué des corrections pour la perfectionner, j'étais impatiente de tester son efficacité sur une vraie cible en situation réelle... et ce contrat était l'occasion parfaite d'atteindre ma cible dans un lieu public.
 
Pour cet après-midi, la seule chose que j'aurai à viser serait les anneaux sur le terrain de Quidditch, que je n'avais pas intérêt à rater si je ne voulais pas qu'un certain James Potter me tombe dessus. Malgré mon impatience pour ma nouvelle mission, celle-ci devra attendre encore un peu.
 
-         J'ai bien cru que tu ne reviendrais pas à temps, me lança James en me voyant arriver sur le terrain.
Toute l'équipe était déjà en cercle autour de James et de la caisse contenant les précieuses balles.

-         Est-ce que tu m'as déjà vue en retard ? renvoyai-je.
 
Sans lui laisser le temps de répliquer, je mis un coup de pied dans la caisse pour l'ouvrir et libérai Cognards, Souaffle et Vif d'or d'une simple pensée, ne laissant pas le temps aux Maraudeurs de me poser des questions sur mon absence. Ils décollèrent tous sur-le-champ à la poursuite de leur balle respective, et j'en fis de même avec le sourire. Facile de détourner l'attention, non ?
Je tapai du pied fermement sur le sol et fusai sur mes partenaires pour les rejoindre, oubliant mes préoccupations pour me donner à fond dans l'entraînement. 
 

| 28 septembre 1977 – Londres – 19h12 |

 
J'avais réussi à déjouer la sécurité de Poudlard pour quitter son enceinte incognito. Je n'avais que très peu de temps pour exécuter ma cible, car les Maraudeurs m'attendaient pour le repas. Il me restait  exactement quarante-huit minutes pour rentrer au bercail, alors autant dire que je n'avais pas le temps de traîner. Je n'avais pas le droit d'échouer aujourd'hui, car avec la semaine qui allait reprendre et la pleine lune le lendemain soir, je ne pouvais pas me permettre de laisser un tueur sans surveillance pendant plusieurs jours. Je ne voulais pas prendre le risque qu'il fasse une nouvelle victime.
 
Je marchais donc d'un pas tranquille sur Charing Cross Road en direction du Chaudron Baveur, recouverte de ma tenue habituelle. Mon fusil était soigneusement rangé dans une mallette, dont la taille avait réduit de sorte à rentrer dans ma poche pour passer inaperçue. Pas question d'attirer l'attention.
Je m'arrêtai devant le pub, regardant à travers la fenêtre à la recherche de ma cible. Il y avait, comme toujours, pas mal de monde. L'ambiance était aussi sinistre que d'habitude, avec un mauvais éclairage, et une clientèle en grande majorité saoule à cette heure-ci. Tom, le patron, zieutait les femmes assises plus loin, tout en remplissant les verres qui venaient se poser devant lui avant de repartir en flottant vers les clients. J'entendais les rires s'élever, des gars qui se donnaient des tapes dans le dos devant un jeu de cartes, des chopes qui s'entrechoquaient pour un énième toast... tout ce qu'il y a de plus banal dans ce genre de bar.
 
Je tournai les talons et regardai la grande façade devant moi. C'était un hôtel miteux où seules les personnes défavorisées mettaient les pieds. Ce qui m'intéressait, c'était la hauteur du bâtiment et son emplacement. Il était pile en face du Chaudron Baveur, et les éclairages publics ne suffisaient pas à percer l'obscurité dans laquelle étaient plongées les fenêtres des derniers étages. J'entrai donc dans l'hôtel sans plus tarder. Il fallait que je sois en place avant l'arrivée de ma cible. Une vieille femme passait le balai, entraînant un bon tas de poussière avec elle. La lumière était tamisée, l'accueil n'était même pas gardé. Quelques moldus fumaient leur pipe en silence dans un coin, écoutant la radio qui grésillait. Je contournai le guichet et pris les escaliers pour monter au dernier étage. Il me fallut plusieurs minutes pour arriver tout en haut, même en étant dynamique. J'aurais pu prendre l'ascenseur, mais la simple idée d'être enfermée dans cette petite boite ne serait-ce que quelque secondes m'avait dissuadée.

 

J'arrivai enfin au dernier étage, découvrant un couloir aussi miteux que le rez-de-chaussée, mais plus bruyant. Je rasai le mur de gauche, m'attardant devant chaque porte pour écouter. En passant devant une chambre, je pouvais entendre un couple se chamailler  ; dans une autre, du verre exploser... dans la suivante, c'était le lit qui grinçait... et enfin, dans l'avant dernière, je n'entendis rien. Je me concentrai sur la porte, fermant les yeux  pour essayer de détecter le moindre bruit. Je pus discerner des ronflements. Exactement ce que je cherchais. Je me concentrai sur le verrou de la porte qui bascula sous mon emprise. J'entrai et refermai la porte en silence. La pièce était dans le noir complet. D'une seule pensée, quelques bougies s'enflammèrent, me permettant de voir suffisamment pour me déplacer sans risquer de heurter quoi que ce soit. Je m'approchai discrètement du lit, ne lâchant pas la personne endormie des yeux. Arrivée à sa hauteur, je mis une main dans la poche de ma cape et empoignai un peu de poudre blanche. Je lui lançai dessus, le faisant tomber dans un sommeil suffisamment profond pour être sûre qu'il ne se réveille pas pendant que j'opère. Une fois fait, je me dirigeai vers la fenêtre et me mis en place.
 
 

| Dix - huit minutes plus tard... |

 
Allongée sur le petit balcon de la chambre, j'observais avec attention les clients de l'autre côté de la rue au travers de la lunette de mon fusil. Grâce à la photo de ma cible disponible dans le briefing, j'avais pu programmer la reconnaissance faciale. Je n'avais qu'à attendre l'alerte. En attendant, j'observais attentivement les scènes qui se déroulaient dans le pub, je visais des têtes, faisant comme si j'allais tirer pour me préparer, sauf que mon doigt ne touchait pas la détente. Cela faisait longtemps que je n'avais pas effectué un tir de précision en situation réelle. L'adrénaline était toujours à son comble.
 
Enfin, plusieurs minutes après, mon fusil changea de direction tout seul, faisant ressortir une personne d'un point rouge sur mon viseur. Je regardai plus attentivement et reconnus en effet ma cible. Je pris le contrôle du fusil pour suivre la cible moi-même. L'homme entra dans le pub. Je le perdis quelques secondes de ma ligne de mire avant qu'il réapparaisse, s'asseyant seul à une table. Les réglages de précision se firent automatiquement, en fonction de la distance et du vent. Je visai la tête, le doigt posé patiemment sur la détente. Son verre arriva et se posa devant lui. Il le but d'un trait et fit signe vers le comptoir pour en demander un autre. Il observait la pièce, tournant la tête de tous côtés pour observer ce qui l'entourait, comme font la plupart des gens quand ils n'ont rien à faire. Enfin, lorsque le second verre arriva, il arrêta de trop bouger, me décochant un sourire. Je retins ma respiration pour stabiliser ma visée et appuyai sur la détente. Dotée d'un silencieux, l'arme ne fit qu'un bruit étouffé à peine perceptible. La balle arriva instantanément sur sa cible, traversant la tête par la tempe gauche. Je vérifiai dans ma lunette le corps tombé au sol, inerte, où le sang se mettait à couler abondamment. Il y eut un mouvement d'agitation, et les cris s'élevèrent au moment où j'appuyai une seconde fois sur la détente, visant le c½ur cette fois. Le corps tressauta à l'impact de la balle.

 

Je me redressai, et vis les deux balles ensanglantées revenir vers moi à vive allure. Elles se nettoyèrent toutes seules et allèrent se ranger dans l'emplacement de la mallette que je réservais aux munitions utilisées. Je surveillai le démontage automatique de mon fusil, veillant à ce que tout se passe bien. Neuf secondes. C'était rapide, mais pas assez. Il me faudra accélérer davantage le processus de démontage. Une fois le fusil posé dans sa mallette, je la refermai et balayai mon emplacement du regard pour m'assurer que je ne laissais rien derrière moi.
Reprenant la même taille qu'à l'arrivée, la mallette retourna dans la poche de ma cape. Je jetai un coup d'½il rapide à la pièce, m'attardant sur la personne profondément endormie. Je me concentrai sur les bougies qui s'éteignirent une seconde après. Après quoi, j'enjambai le balcon et restai un moment à regarder la rue sous moi, où la panique régnait. Prenant une grande inspiration, je me laissai tomber, et transplanai dans l'ombre.
 

| Cinq minutes plus tard |
 
~ Point de vue général ~

 
Moser était arrivé en trombe avec son équipe. Il avait été prévenu d'un meurtre hors du commun : un assassinat moldu réalisé sur un lieu sorcier. Nombreuses étaient les personnes présentes au moment du meurtre, et pourtant, personne n'avait compris ce qu'il s'était passé. Une fois les témoignages recueillis, Moser  retourna auprès de Lyall Lupin, qui s'était une fois de plus déplacé.
 
-         Je dois reconnaître que ce crime est bien pensé, soupira Moser. En utilisant des méthodes moldues, il nous confronte à une situation inhabituelle.
 
En effet, l'arme avait permis au tueur d'atteindre sa cible depuis le monde moldu... mais la scène du crime se trouvait dans un pub sorcier. C'était donc à la Brigade Criminelle Magique de résoudre cette enquête, et les policiers n'avaient pas l'habitude de ce genre d'arme.
 
-         Jamais mon taux de résolution n'aura été aussi bas. Je n'avais pas besoin d'un nouveau tueur atypique sur les bras.
 
Lyall regarda son collègue et ami avec un regard compatissant. Le taux de criminalité en Angleterre était en augmentation depuis des années, contrairement à celui de résolution d'enquête.
 
-         Je ne veux pas t'enfoncer, mais ce tueur a l'air de vouloir qu'on parle de lui. Je pense que ce crime n'est que le début d'une longue série.
 
Moser baissa les yeux sur le cadavre en soupirant une nouvelle fois. Encore un tueur au profil audacieux. 

| 19h47 |

~ Point de vue de Prue ~

 
J'étais passée par ma planque pour ranger soigneusement mon arme après l'avoir nettoyée avec attention. J'étais très satisfaite de son efficacité. Les sortilèges fonctionnaient très bien et en faisaient une arme redoutable. Entre le couteau pour les meurtres rapprochés et le fusil pour ceux à distance, j'étais assez bien équipée. Il fallait peut-être que j'envisage d'autres accessoires pour me diversifier un peu...

 


Je sortis le parchemin noir de sous ma cape et le déroulai sur ma table qui me servait de bureau. Je pris ma plume et écrivis simplement : « Cible atteinte », suivi du numéro de compte sur lequel j'attendais la rémunération. Après quoi, je pris une douche et me changeai, laissant ma tenue de tueuse recouvrir ma statue. Je mis ma robe d'étudiante et revins vers le bureau, voyant qu'une phrase grise avait remplacé la mienne.
« Bon boulot. Virement effectué ».
« Au plaisir »
Je roulai le parchemin avec satisfaction et quittai ma planque sans plus tarder, impatiente de poursuivre sur ma lancée en passant une bonne soirée avec les Maraudeurs.
 

| Poudlard – Grande Salle – 20h |

 
Dès que j'arrivai à la hauteur des Maraudeurs, je remarquai que Remus était crispé. Pourtant, les autres Maraudeurs semblaient de bonne humeur, blaguant comme à leur habitude. Je m'assis à leur côté et me joignis aux conversations comme si je ne les avais jamais quittés. La gêne du côté de Remus était toujours perceptible, ce qui me perturbait. Qu'avait-il ? Etait-ce mes absences répétées qui l'inquiétaient ? Il faudrait peut-être que j'envisage de réduire au maximum mes virées en dehors de l'école, je savais combien il n'aimait pas ça. Le repas se passa normalement, et l'on quitta la Grande Salle sans tarder, les Maraudeurs ayant envie de faire une partie de cartes dans la Salle Commune.
 
-         Je vous retrouve tout à l'heure, j'ai une ronde à faire, prévint Remus lorsqu'on arriva en bas des escaliers.
 
Je laissai les Maraudeurs s'éloigner et rattrapai Remus.
 
-         Je peux venir avec toi ? demandai-je doucement.
 
Il sembla un peu surpris par ma proposition mais accepta volontiers. On marcha en silence en direction du troisième étage. Je sentais Remus toujours aussi perdu dans ses pensées.
 
-         Alors, cette blague avec les Serpentard, ça a donné quoi tout à l'heure ? demandai-je pour briser le silence.
-         On s'est bien marré. Rogue est encore parti en courant, répondit Remus d'une voix neutre.
-         ... Qu'est-ce qui te tracasse Remus ?
-         J'ai croisé l'infirmière tout à l'heure.
 
Je l'encourageai d'un regard à continuer.
 
-         Elle m'a demandé de tes nouvelles, donc nous en sommes venus à parler de toi et...
-         Et... ?
 
Remus s'arrêta et j'en fis autant pour lui faire face.
 
-         Qu'est-ce qui s'est passé à l'infirmerie quand j'étais à l'hôpital ? Dumbledore m'a dit que tu avais « dérapé » et Pomfresh était sous le choc rien que de s'en souvenir...
 
Mon c½ur accéléra au souvenir de ce « dérapage ». Je mis un certain temps à répondre.
 
-         J'ai déjà perdu un être cher par ma faute, dis-je à voix basse en baissant les yeux. Sauf que la personne ne s'en est pas sortie.
 
Mon regard se perdit au souvenir de ce terrible moment.
 
-         Ça m'a achevée, soufflai-je. Je n'ai plus été la même ensuite... je n'ai l'impression de revivre que depuis mon entrée à Poudlard. Grâce à toi et les autres Maraudeurs. Alors quand j'ai appris que je t'avais blessé... j'ai cru que c'était sur le point de recommencer... et je ne l'ai pas supporté. Je me suis enflammée, j'ai mis le feu à la moitié de l'infirmerie. J'ai également perdu le contrôle sur la télékinésie... ça a failli virer à la tragédie pour toute l'école.
 
Il me prit dans ses bras, et je sentis de l'émotion dans ses gestes. Je déglutis en voyant le fantôme noir de mon passé apparaître quelques mètres derrière Remus. J'entendis sa voix claire dans ma tête.
« Je suis le seul responsable de ma mort Prudence... ce n'est pas ta faute »
« Si. J'ai commis l'erreur de t'avouer mes sentiments. Sans ça, tu serais encore en vie »
« Tu ne referas pas ton passé... tout ce que tu peux faire maintenant, c'est te construire un avenir. Un avenir qui te convienne, auprès des personnes que tu auras choisi »
« Cela mènerait à leur perte... je refuse cet avenir »
« Je croyais que la peur n'existait plus pour toi »
« J'ai compris la leçon... je ne commettrai pas deux  fois la même erreur »
« Je me souviens d'une petite fille prête à tout pour garder le contrôle de sa vie... une gamine désarmée qui tenait tête à des adultes. Regarde ce que tu es devenue... tu as beau être un assassin hors paire... tu te laisses pousser sur un chemin qui ne te plait pas... Reprends le contrôle. Tu es une louve crainte et respectée de tous... ne te transforme pas en jeune chiot lorsqu'il s'agit de ton père. Il ne mérite pas ta loyauté. Pas après ce qu'il t'a fait. Tu t'es toujours battue pour la liberté et pour suivre tes choix... prouve que tu es encore cette personne. Redeviens la vraie Tracker, libre et indomptable. Reste seul maître de ta vie »
 
Je souris faiblement aux encouragements de ce bon vieux fantôme. Les paroles sont aisées... mais les actes... parfois impossibles.
« Regarde cet ange... si je l'accepte dans ma vie, je lui ferais courir de hauts risques. Je suis un assassin au passé plein de mystères à percer... ma vie est emplie de dangers. »
« Il ne tient qu'à toi de prendre les mesures nécessaires pour assumer ton choix. Mais je veux que ça soit TON choix. Pas sous l'influence de ton père... de Jack, de Diego, ni même de Remus. Je veux que tu choisisses ton chemin et que tu te battes pour le suivre jusqu'au bout. Je veux retrouver cette fille courageuse aux volontés inflexibles. »
 
Je souris faiblement à cette allusion et soupirai discrètement en me séparant un peu de Remus. En lui avouant cet épisode marquant qui m'avait fait plonger en chute libre... je lui avouais à quel point je tenais à lui. A quel point il avait illuminé ma vie. Je ne pouvais pas me passer de lui, mais je craignais trop ce qui pouvait arriver si on allait plus loin. J'étais prise entre deux  eaux, et je ne savais toujours quoi faire pour y remédier. Toujours aussi déroutée par la proximité avec Remus, je ne pus résister à l'envie de lui déposer un tendre baiser sur la joue pour le rassurer. Je pouvais au moins m'accorder ça.
Lorsque je regardai à nouveau Remus dans les yeux, il avait retrouvé le sourire et m'observai avec une douceur à faire frémir n'importe qui. On reprit la ronde qui avait plutôt un air de balade, plus sereins, discutant de tout et de rien.
 
 
Chapitre 35 : Bienvenue dans l'Agence
Coucou ! Voilà pour ce chapitre qui marque une petite pause avec le passé de Prue pour remettre un peu en avant Tracker avec cette première mission de mise en bouche.
Vos avis sont toujours autant les bienvenus :)
Mot de Tracker et aperçu du prochain chapitre sont déjà en ligne.
J'espère que celui-ci vous a plu !
Bisous et à bientôt !

Tags : L'histoire d'un assassin - Partie 1 : L'amour d'un Assassin - tome 1

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Comments :

  • Dum-Cha

    22/12/2016

    Vous gérer parfaitement ces scènes de crimes.

  • fichp-lifealwaysrestart

    06/09/2015

    Aaah. Je commençais à m'impatienter sans scènes de crimes... J'ai adoré la description des armes, on rentre plus facilement dans la danse avec. A chaque fois Prue gère à la perfection ses scènes de crimes. Quant à ce fantôme du passé, je ne comprends vraiment plus rien à son sujet...

  • MikaWolfeHP

    04/07/2014

    Oh que oui il était bon ce chapitre aussi! J'adore ta façon d'amener tranquillement le développement, les infos, l'avancement de ton histoire. Tu es vraiment bonne :)

  • hostfresh-HarryPotter

    24/06/2014

    Elle reprend de l'action mais ce que j'aimerais savoir c'est comment va réagir Remus en apprenant la condition de Prue. Si il l'apprends bien sur ;)

  • harry-potter-8-fic

    13/06/2014

    C'est bien de la revoir à l'oeuvre en tant que Tracker.

  • Harry-Potter-generationx

    30/05/2014

    Hey !!! :D Me re voila ! J'ai survecu a ma journée de cours ! ;)

    Super chapitre ! :D

    Franchement j'adore l'idée du parchemin, elle est juste géniale ! Digne des maraudeurs ;) Ca fait plaisir de voir que Tracker à repris du poil de la bête ! Surtout avec tous se qu'il lui est arrivé ! Je pense que Prue va adorer travailler avec l'agence ! ;)

    Et son fusil ! Juste épique ! Les balles reviennent toutes seules ! Mais ou est-ce que tu trouves toutes ces idées c'est pas croyable ! ;)

    nos deux loups préférés sont toujours aussi proche ! ;)

    Bref je vais aller lire ton chapitre 36 puisque tu l'as publié (timing de fou ! :p )

    A toute !

    Camille

  • clochinettedu76

    25/05/2014

    Coucou !
    Ca fait plaisir de retrouver la Tracker que l'on connait bien ! Bon c'est vrai, j'aurai bien aimé connaitre un peu plus le passé de Prue encore dans ce chapitre, mais le consacrer à Tracker est tout aussi bien, car ça faisait longtemps qu'on ne l'avait vu avec tout ce qui s'est passé dans les derniers chapitres !

    Bon dimanche, et bonne fin de weekend !

    P.S : j'adore l'image au début du chapitre !

  • Kleacrazy

    25/05/2014

    Cette nouvelle agence m'a l'air bien intéressante. Tracker va avoir de la concurence. Les moments avec Remus sont toujours magiques. Que dire de plus, c'est super bien écrit, mais ça tu le sais déjà ;). Vivement le prochain chapitre :D. Kiss !

  • Les-fics-de-Vic

    23/05/2014

    Aaaaaaaaaaaaaaaah je peux redire que ton chapitre est wouah ? En tout cas tu m'as pas déçue franchement ce chapitre est génial et je me demandes comment tu as pu imaginer le... pistolet (on va dire le pistolet hein) de Tracker, faut en avoir de l'imagination là quand même :b
    Enfin bref comme à ton habitude un chapitre parfait (et le petit bisous sur la joue de Remus à la fin ça apporte ce qu'il faut de "romantique" et c'était... WOUAH ;) )

  • aSupernaturalLife

    23/05/2014

    Salut ! :)
    Quel joie de découvrir ton nouveau chapitre, j'ai adoré !
    Je pensais que j'allais être un peu déçue parce qu'il n'y aurai pas de nouvelles révélations au sujet du passé de Prue et pourtant ce n'était pas du tout le cas. Tracker est de retour et passe sur le devant de la scène !
    Comme à chaque fois, le meurtre était très bien décrit (comme si tu l'avais toi même vécu... ;)).
    Je vais lire le mot de Tracker !

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