Chapitre 36 : Une leçon inhabituelle

« Au-delà des masques, même pour les meilleurs tueurs que nous incarnons Jack et moi, ne se trouvent que des humains. Avec un c½ur qui a le droit de battre plus que pour assurer notre simple survie. Une leçon que je n'aurais jamais pensé recevoir... pas de lui en tout cas. »
 
 
Chapitre 36 : Une leçon inhabituelle
 
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| 5 octobre 1977 – Poudlard – Grande Salle – 12h32 |

 
Chapitre 36 : Une leçon inhabituelle

 
Je lançai le journal sur la table, me retenant bien de sourire. J'adorais voir les policiers ramer de plus en plus à chacun de mes meurtres. Je savais que je venais de marquer les esprits avec de telles méthodes. Un tueur sorcier agissant à la moldue, ça ne courait pas les rues. C'est bien d'innover de temps en temps...
 
-         Encore un taré, soupira Remus qui avait lu, la tête posée sur mon épaule.
 
Je pris un air détaché avant de répondre. Si lire un article de la Gazette parlant d'un meurtre réalisé de ma main procurait une sensation assez spéciale, en discuter avec des personnes l'était encore plus.
 
-         Pas si fou que ça si on en croit l'article... dis-je calmement. C'est un meurtre très réfléchi... une méthode qui sort du commun. Et puis, ce Leg n'a eu que ce qu'il méritait.
-         S'il était véritablement coupable...
-         Il l'était, coupai-je. C'est juste que les flics n'avaient rien pour le prouver.
-         Aucun moyen d'en être sûr.
 
Je levai les yeux au ciel, exaspérée. Je m'attendais à cette réaction de sa part. C'était toujours le même refrain...

-         Bref, dis-je pour conclure.
 
Cette discussion était stérile. Remus et moi avions deux visions totalement opposées. Et puis, difficile d'être objective sur l'un de mes meurtres. Mais franchement, même en admettant que je ne sois pas une tueuse, je serais aussi satisfaite par cette mort. Un tueur comme Leg ne mérite que de mourir. J'eus un sourire amer à cette pensée. La mort, je la méritais également. Peut-être qu'un jour, c'est mon cadavre qui fera la une des journaux, abattue par un autre assassin fantôme venu venger une de mes victimes.

 


Remus me serra un peu plus contre lui, me détournant de mes sombres pensées. J'appréciais toujours plus la proximité de Remus. D'un autre côté, je ne cessais de penser aux conséquences que cela engendrerait avec mon père... ainsi qu'au danger que je représentais à moi toute seule. Mon c½ur se serrait toujours autant dès que je pensais à l'accident que j'avais provoqué. Ça avait le don de me refroidir et de m'empêcher de franchir le pas.
Je soupirai. Mes yeux se posèrent à nouveau sur le journal et cela me redonna le sourire. J'avais réussi ma première mission pour l'Agence, mon arme fonctionnait à la perfection, les policiers étaient largués, et je crois pouvoir dire que j'avais fait une bonne action. Ça au moins, c'était une certitude qui me remontait le moral.
 

~ Point de vue de Remus ~

 
Depuis les révélations sur Prue, et surtout les doutes exprimés par Dumbledore à son sujet, je faisais plus attention à ses attitudes, à ses paroles...  à tout ce qui pourrait me permettre d'en savoir plus. Des petits détails auxquels je n'attachais pas la moindre importance d'habitude faisaient l'objet de questions diverses. Et des questions, je m'en posais beaucoup sur elle. La semaine dernière encore, elle s'était absentée tout le week-end, sans donner de motif. Elle conservait son voile de mystère quant à sa vie en dehors de Poudlard. Ça me gênait un peu qu'elle maintienne cette barrière. J'acceptais qu'elle garde son jardin secret... mais j'avais tellement envie de la connaître totalement. Que l'on puisse partager plus de choses. Elle avait beau être plus proche physiquement, je la sentais toujours aussi distante mentalement. Elle était souvent perdue dans ses pensées... et dans ces moments-là, je donnerais tout pour savoir ce qui la tracassait. Car je voyais bien qu'elle ne rêvassait pas. Elle semblait penser à des choses sérieuses... et réfléchir tout le temps. Je me demandais même si elle n'avait pas des ennuis.
Aujourd'hui encore, alors que sa chouette lui avait apporté le journal ainsi qu'une lettre, elle n'avait pas ouvert cette dernière. Etait-ce notre présence qui l'en empêchait ?
 
Ce n'est qu'en fin de journée, après un isolement de quelques minutes dans le dortoir des filles, alors que nous étions tous dans la salle commune, que Prue m'annonça une fois encore qu'elle devait quitter le château. Elle comprit à mon regard que ça ne me plaisait pas du tout... mais elle s'en alla quand même, sans donner la raison de son départ. Et même si je ne pouvais avoir aucune certitude, mon instinct me soufflait que la lettre reçue pendant le repas en était l'origine. Qui ça pouvait être ? Si c'était la directrice de l'orphelinat, elle n'aurait vu aucun inconvénient à le dire... alors qui ? Qui lui envoyait des lettres ? Etait-ce ce fameux Diego ? Ce frère de coeur qui lui était si cher ? Etait-ce lui qu'elle allait retrouver aussi souvent ? C'était possible après tout s'ils tenaient tant l'un à l'autre... ils devaient apprécier de se voir de temps en temps. Mais si c'était le cas... pourquoi le cacher ? Pourquoi faire tant de mystères ?
Je secouai la tête avec impatience. Ça m'énervait de me poser trente six mille questions. J'avais l'impression d'être accro à cette fille. Mes trois amis Maraudeurs remarquèrent que le départ de Prue me tracassait.
 
-        Détends-toi Lunard. Elle va revenir ta louve, taquina Sirius.
-         Je sais... mais je donnerais cher pour savoir où est-ce qu'elle va dans ces moments-là.
-      Ou plutôt avec qui ? remarqua malicieusement James en faisant un clin d'½il à Peter.
 
Je soufflai avec agacement.
 
-        Vous êtes lourds les gars !
-        Avoue que ce qui te met le plus en rogne, c'est d'imaginer qu'elle soit avec un autre !
-        N'importe quoi ! Je sais très bien que Prue n'est pas avec un autre !
-      Alors selon toi, pourquoi est-ce qu'elle part tout le temps le soir... et qu'elle passe parfois ses nuits dehors ?
 
Je sentis mon c½ur se serrer et mon estomac se retourner sur-le-champ. James venait de pointer un détail qui me rendait malade depuis pas mal de temps. Il avait raison... j'avais un doute... cet infâme et douloureux doute que Prue, malgré toute l'affection que l'on se portait, aille dans les bras d'un autre garçon lorsqu'elle quittait le château. Cela expliquerait pourquoi elle préfère garder le secret... pour ne pas me blesser.
 
-          Eh Remus, appela James en ayant repris son sérieux.
-          Hmm ?
-          Ne fais pas cette tête, je plaisantais.
-          Ouais... mais t'as raison. Je me pose la question moi aussi depuis quelques temps.
 
Mes trois amis soupirèrent en même temps et s'échangèrent un regard complice. Je reportai mon attention sur eux en fronçant les sourcils.
 
-            Quoi ?
-            T'es le dernier des imbéciles si tu penses sérieusement ça, répondit Peter.
-        Et dire qu'il est censé avoir les sens plus aiguisés que nous, s'exaspéra Sirius en faisant un clin d'½il à James. Tu es aveugle mon loulou ! Prue t'aime. Au début j'avais des doutes, mais maintenant j'en suis persuadé. J'ignore ce qu'elle fait lorsqu'elle s'en va... mais crois-moi, tu n'as aucune raison de te torturer l'esprit.
-        Il a raison, renchérit James. Alors tu vas retrouver le sourire vite fait et venir accomplir ton devoir Mauraudesque en nous aidant à préparer la prochaine blague foireuse à nos bien aimés Serpentard !

Je souris et m'intéressai plus attentivement à leur discussion, espérant qu'ils aient raison. Mais l'image de Prue dans les bras d'un inconnu eut du mal à quitter mon esprit.

~ Point de vue de Prue ~

 
Je n'étais pas très contente de devoir encore quitter Poudlard. Même si c'était Jack qui m'avait demandé de venir au manoir de mon père, mes absences répétées commençaient à faire suspect. Remus n'appréciait pas du tout, et les autres Maraudeurs me faisaient passer gentiment sous forme de boutade que si je menais une double vie, il était temps que je leur dise. Je rigolais à chaque fois à ce genre de remarque, bien qu'au fond cela me stresse. Une double-vie. C'était exactement ce que je faisais. Je jouais sur deux tableaux. J'avais beau essayer de les rassurer en répondant à mon tour sur le ton de l'humour, je sentais que j'allais devoir faire un break dans mes activités extrascolaires, le temps que ça se tasse un peu.

 


Mais pour ce soir, je sentais qu'il était important que je réponde à l'appel de Jack. Il voulait sans doute un rapport détaillé sur mon premier assassinat pour le compte de l'Agence. D'autant plus que je n'avais pas été discrète sur ce coup-là. Les médias parlaient beaucoup de ce meurtre insolite. Ce n'était pas dans mes habitudes de sortir de l'ordinaire... en général, je prenais soin de me fondre dans la masse pour ne pas attirer l'attention de la presse. Sortir du lot était risqué car si je réitérais le même mode opératoire, cela prouverait aux policiers qu'ils avaient affaire à un tueur en série. Si je me servais à nouveau de mon fusil, ils pourront faire le lien entre les victimes, chercheront à comprendre mes méthodes, le choix de mes cibles... Et c'était mon objectif. Je voulais qu'ils sachent qu'à partir de maintenant, un tueur s'occupait personnellement de régler le compte aux criminels impunis. Je voulais que les juges réfléchissent bien au verdict qu'ils allaient rendre. Je voulais tout simplement refroidir les criminels et mettre en garde les représentants de la loi sur leurs futurs choix. Ce contrat pour l'Agence commandé par une Brigade de lutte contre le crime extrémiste m'avait donné envie d'épouser davantage cette idéologie de justice radicale. J'avais eu l'impression de renouer avec les véritables origines de Tracker en appuyant sur la détente, et j'avoue que ça m'avait fait du bien. Un bien fou.
 
Je sortis de mes pensées en arrivant devant la porte des appartements de mon Maître. Je frappai trois coups et attendis patiemment. La porte s'ouvrit quelques secondes après sur la personne masquée à laquelle je m'attendais.
 
-         Ah... Tracker. Entre.
 
Jack recula pour me laisser passer et j'entrai en ôtant mon masque. Je jetai un coup d'½il à l'endroit. Je n'avais pas souvent eu l'occasion de venir dans les appartements privés de Jack, cela dit, rien n'avait changé depuis ma dernière visite. Toujours cette ambiance calme sans pour autant être inquiétante. Contrairement à la plupart des appartements de l'immense Manoir, celui-ci était assez bien éclairé. Un canapé confortable se trouvait devant la cheminée qui diffusait une douce chaleur dans la pièce. A gauche, c'était son bureau. Un grand bureau noir. Derrière, une porte laissait deviner la chambre. Quelques meubles par-ci par-là servaient de rangement ou de décoration. Tout était rangé à la perfection, et il n'y avait pas un seul grain de poussière bien qu'il ne vive ici qu'occasionnellement. J'eus un faible sourire en pensant que je me sentais bien dans cette pièce.
 
-         Comment vas-tu ?
 
Je cessai d'observer les lieux et reportai mon attention sur mon Maître. Il avait lui aussi retiré son masque. J'aimais bien parler à visage découvert de temps en temps. C'est comme si je ne m'adressais plus seulement au tueur parfait qu'il incarnait.
 
-         Ça va, répondis-je avec un sourire.
 
Il planta son regard dans le mien, attendant la suite.
 
-         C'est tout ? dit-il comprenant que je n'ajouterai rien.
-         Je n'ai rien d'autre à ajouter. C'est vous qui m'avez fait venir, à vous de me poser des questions, fis-je remarquer.
 
Jack sourit à ma réponse.
 
-         Tu veux boire quelque chose ?
-          Non merci.
-          Dans ce cas, assieds-toi, dit-il en me désignant un fauteuil. 
 
Je le suivis jusqu'au salon et me mis dans le fauteuil indiqué. Un verre de Whisky Pur Feu flotta tranquillement jusqu'à Jack.
 
-      Pour être franc, reprit mon mentor, j'ai été surpris par ton choix de mode opératoire. C'est très inhabituel de ta part de te faire remarquer.  
 
Sa remarque me décocha un sourire. Comme je m'y attendais, Jack était inquiet face à mon changement brusque de comportement. Si mes armes étaient souvent différentes, la discrétion était jusqu'à maintenant ma seule ligne de conduite lors d'une exécution... et je venais de déroger volontairement à l'une de mes règles les plus fondamentales.
 
-       Je sais. J'ai profité de l'occasion pour tester une arme que j'ai mise au point récemment, dis-je calmement.
-          Pourquoi faire ça ? Pourquoi reprendre ce rôle de sniper ? Je croyais que la page était tournée.
 
Je détournai les yeux de mon Maître avec un faible sourire à cette allusion qui me ramena quelques mauvais souvenirs.
 
-         Elle l'est, assurai-je. Mon choix n'a aucun rapport avec le passé. Cette arme m'offre de nouvelles opportunités, rien de plus.
-          Vraiment ?
-      Je croyais que le choix du mode opératoire me revenait entièrement... ? Que je n'avais pas besoin de me justifier... rappelai-je un peu sur la défensive.
-           Bien sûr. Mais tu es ma plus brillante élève, et je ne crois pas me tromper en affirmant qu'il y a plus que ça entre nous...
 
Je me renfrognai, regardant ailleurs. Bien sûr qu'il y avait plus. Je le considérais plus comme mon père que mon père lui-même. Il était le seul dans ce manoir à me comprendre en dehors de Diego. Il était l'un des rares à me connaître aussi bien. Je l'appréciais énormément seulement... même s'il était mon mentor, je ne voulais pas avoir à me justifier sur le choix de mes méthodes. Un tueur attache une affection particulière à ses modes opératoires... pas question de les remettre en cause. Cela fait partie de l'identité du tueur... de son profil... sa façon d'agir le distingue des autres.
 
-         Il n'y a pas le moindre doute là-dessus. Mais mes méthodes ne regardent que moi. 
-         Je veux  juste m'assurer que ce n'est pas une façon comme une autre de revenir dans le passé.
-         Vous pensez sincèrement que j'ai envie d'y revenir ? répliquai-je froidement.
 
Jack comprit qu'il avait été maladroit sur ce coup-là. Pour rien au monde je n'avais envie d'entretenir mes souvenirs passés. Il faudrait être fou pour le vouloir. En fait, je rêvais souvent de perdre la mémoire concernant mes années d'enfer.
 
-         Non. Mais je me pose des questions. Ça ne te ressemble pas d'attirer l'attention sur tes meurtres.
 
Je ne répondis pas de suite, et il se contenta de me regarder, toujours avec grand calme. J'observai ses traits quelques instants et mes pensées se perdirent. Mes méthodes avaient de quoi le surprendre, je l'admets.
 
-         J'ai mis au point ce fusil parce que j'aime avoir des armes personnalisées. La magie est une excellente arme, mais je préfère l'utiliser comme accessoire. Les policiers auraient trop vite fait de trouver des pistes si j'usais trop de la magie... et puis un sortilège qui traverse une rue obscure ne passe pas inaperçu. Avec ce fusil moldu rendu parfait grâce à la magie, j'ai à ma disposition une arme redoutable qui me permet d'atteindre des cibles éloignées en plein lieu public, toujours en restant invisible.
-         Pourquoi prendre de la distance avec tes cibles tout d'un coup ? Pourquoi ce brusque changement ?  
-         C'est le but. Tous les meurtres qui se feront au nom de la justice seront remarquables. Mais ne vous en faites pas... pour les autres meurtres, je serai toujours aussi discrète.
-         Tu as une diversité de facettes qui me dépasse... avoua Jack.
 
Son regard fixa le vide quelques secondes avant qu'un sourire vienne illuminer son visage. Il m'observa avec intérêt, comme s'il était fier de ce qu'il avait fait de moi. D'un côté, ça me faisait plaisir ; d'un autre, son regard intense me brûlait. Je changeai de position, un peu mal à l'aise.  
 
-         Comment as-tu trouvé ta première mission ? demanda Jack.
-         Parfaite. J'ai pu tester mon arme et éliminer un criminel.
 
Il rit de bon c½ur. Je fronçai les sourcils.
 
-         Ça te plait de tuer les criminels ?
-         Et bien, c'est ce que j'ai toujours fait.
-         Donc ça te plairait de tuer des Mangemorts ?
-         Je...
 
J'avoue ne pas avoir pensé à ce léger détail...
 
-         Et bien non étant donné que ce sont les hommes de mon père. Enfin, s'il me demandait d'en tuer un, je le ferais... mais ...pourquoi cette question ?
-         Non, comme ça. On n'a pas souvent l'occasion de discuter ensemble, alors j'en profite. Je te pose des questions. Ça ne te dérange pas j'espère ?

Je croisai à nouveau ses yeux. J'y détectais quelque chose sans parvenir à mettre le doigt dessus. Il avait cette lueur de malice qui pétillait... c'était tellement bizarre sur lui. Je sentis une petite vague de stress m'envahir. Avec lui, je n'avais pas de masque. Je ne pouvais pas me cacher. J'étais à la merci de son sens de l'observation affuté. Il me connaissait depuis mon retour au camp et savait me décrypter pour s'être occupé de moi pendant quatre ans.
 
-         L'Armée du Mal se met lentement en place... reprit-il. Les Mangemorts prennent confiance. Tu devrais être contente, non ? Ton père ne devrait plus tarder à passer à la phase suivante. Je suppose que tu auras une place d'honneur vu tous les services rendus à ton père pour sa cause.
 
Je gardai le silence.  Il avait une façon de dire ça... comme s'il me testait. Il donnait l'impression d'être extérieur au groupe. D'être neutre. Il ne me parlait pas comme l'associé qu'il était. Il parlait en tant que chef des assassins qui faisait un simple constat de la situation. Et j'étais bien incapable de trouver quelque chose à répondre à ses paroles. Oui, mon père me réservait une place de prestige à ses côtés... mais je n'étais plus sûre d'en vouloir. Jack sentit de suite mon hésitation.
 
-         Son rêve se réalisera bientôt, ajouta-t-il.
 
Je ne pus me retenir d'éclater de rire. Un rire un peu amer.
 
-         Quoi, tu n'y crois pas ? s'étonna Jack.  
 
Je pris une grande inspiration.
 
-         Les rêves ne sont faits que pour divertir nos nuits, en aucun cas ils ne peuvent devenir réalité. Pas ceux de mon père en tout cas. Il s'imagine prendre le pouvoir en s'attaquant aux  gens qu'il croise, sans motif ? En tuant pour le plaisir ? Et alors, même s'il prend le contrôle du Ministère... pourquoi faire ? Instaurer une dictature, faire régner la terreur, exterminer les nés-moldus... ?
 
Je ricanai.
 
-         Il y aura toujours une résistance pour le combattre et finir par le vaincre. Une fille me parlait un peu de l'histoire des Moldus dans l'année. J'ai appris que les idées de mon père n'avaient rien d'exceptionnelles. Hitler a fait pareil avec les Juifs. Il avait une haine viscérale envers ces gens, les estimant inférieurs alors que c'est faux. Il y a eu une guerre sanglante, provoquant le plus grand génocide de l'Histoire... et ? Comment a fini la partie ? Aujourd'hui, quand on se promène dans les rues, les juifs sont toujours libres, et Hitler est mort. Tout ce sang versé pour rien. En fait, mon père est juste en train de refaire la même connerie que les nazis, en version magique avec les nés-moldus.
 
Je haussai les épaules.
 
-         Vous savez aussi bien que moi comment ça va finir. La question est : combien de cadavres vont s'ajouter au cimetière avant que ça soit celui de mon père ?
 
Jack  me regarda plusieurs secondes, de façon neutre. Et puis un sourire fendit son visage sur une expression de fierté.
 
-         J'apprécie ton objectivité bien qu'on parle de ton père. Tu as entièrement raison concernant ses projets... malheureusement pour l'Angleterre, le pays sera bientôt plongé dans les ténèbres... j'ignore combien de temps cela durera, mais je doute que ça soit éternel.
 
Je n'étais pas surprise que Jack partage mon avis. On se ressemblait beaucoup lui et moi après tout.
 
-     Je ne regrette pas de t'avoir fait intégrer l'Agence. J'espère que ça va continuer longtemps entre nous.
-         Il n'y a pas de raison que ça s'arrête, dis-je avec raideur.
-         Vraiment ?
 
A nouveau, son regard me brûla. Je ne supportais pas ça. J'avais l'impression qu'il lisait dans mon esprit. Je n'aurais peut-être pas dû enlever mon masque finalement. J'avais l'impression d'être à découvert.
 
-         Qu'insinuez-vous ? demandai-je calmement.
-         N'y a-t-il vraiment aucune raison qui puisse te pousser à ranger ta lame ?
 
Le visage de Remus s'imposa dans mon esprit. Je chassai cette image. Je devais rester concentrée, ce n'était pas le moment de déraper.
 
-         Il est vrai que je suis souvent en désaccord avec mon père... nous ne partageons pas la même vision des choses... mais ce n'est pas un motif suffisant pour que j'arrête. Quant au reste... je suis une tueuse depuis tellement longtemps que j'imagine mal ma vie sans mon masque.
 
Jack haussa les sourcils, affichant une mine peu convaincue. Bon sang, se doutait-il de quelque chose pour remettre ainsi en cause ma parole ?
 
-         Pourquoi vous me demandez ça ?
-        Tu as découvert de nouvelles choses depuis le début de ta mission à Poudlard, non ? interrogea Jack. C'est vrai, avant ça, tu n'avais jamais vraiment côtoyé le monde extérieur, tu te contentais de l'explorer comme un fantôme. Tu n'avais jamais appris à connaître les gens...  
 
C'est sûr... je les tuais avant qu'ils aient le temps de parler.
 
-         Tu fais face à une certaine réalité... tu n'as pas besoin d'écouter ton père pour avoir une opinion des choses, puisque tu y es confrontée... tu as une vie désormais en dehors de tes activités criminelles...
 
Mon c½ur fit un bond, me remontant à la gorge avant de retomber comme une pierre jusque dans l'estomac. Une vague de panique me submergea, et je fis un énorme effort pour rester impassible. Jack voyait terriblement juste.  
 
-       Certes, mais rien ne peut me détourner de mon destin, dis-je avec fermeté.
-       C'est là que tu as faux. Depuis le début, tu fais comme si tu ne pouvais pas changer... comme si rester avec ton père était une fatalité.
-       Parce que vous allez me faire croire que ce n'est pas le cas ?!  Je suis obligée de servir mon père. Il... Il m'a sauvé la vie à deux reprises... C'est le prix à payer. Je ne peux  pas le lâcher et suivre ma voie au dernier moment. Je n'ai pas le droit. J'ai une dette envers lui.
-        Arrête avec ça. Tu es une tueuse. Une tueuse à gages parfaite. Et tu as des pouvoirs qui te permettraient de foutre ton père sur le carreau si tu le voulais. Ta dette envers ton père n'est pas une excuse. Il y a autre chose qui te pousse à rester.
-         Je ne pourrai jamais mettre mon père sur le carreau comme vous dites. On ne peut pas s'atteindre lui et moi. Et puis, je n'en ai pas envie, c'est tout.
-         ... Ne te fous pas de moi ! Vous avez failli vous entretuer lors de votre dernier désaccord. Ose me dire que rien n'a changé entre vous depuis !
 
Je fus incapable de répondre. Bien sûr que ça avait changé. Le fait qu'il me torture m'avait profondément blessé... et les révélations de Dumbledore sur mon passé m'avaient prouvé que je ne pouvais plus lui faire confiance. Alors oui, les choses avaient énormément changé, parce que je me sentais prendre de la distance avec mon père. Je sentais mon affection pour lui diminuer de plus en plus. Mais d'un autre côté, il y avait ce lien qui nous unissait. Ce lien d'une force irrésistible contre lequel je ne pouvais pas lutter.
 
-         Maître, j'ai été envoyée dans un camp de formation où j'ai passé une enfance assez dure. Vous m'avez récupéré et élevé pour m'apprendre à me contrôler. Vous m'avez appris à devenir une tueuse à gages de votre trempe... pour que je puisse devenir le bras droit de mon père... Pourquoi est-ce que je voudrais changer d'avenir ?
-         Je te retourne la question.
 
La réponse, je l'avais. Mais je ne voulais pas la lui donner. Je ne voulais pas qu'il sache que j'étais sur le point de craquer. Qu'il n'avait pas réussi à faire de moi une tueuse insensible.
 
-         Ecoutez, il est vrai... commençai-je. Il est vrai que ça ne me motive plus autant qu'avant de bosser pour mon père... j'ai découvert que la cause de ses projets n'était pas fondée. Mais je suis sa fille. Je ne peux pas l'abandonner.
 
Jack me planta du regard, et je le soutins sans ciller.
 
-       Tu crois qu'il aurait autant de scrupule à ta place ? demanda-t-il un peu froidement.
 
Je fronçai les sourcils, ne comprenant pas son attitude. Jack était l'associé de mon père... il avait consacré énormément de temps à me former... pourquoi cherchait-il à me monter contre mon père tout d'un coup ?
 
-         J'en doute, soufflai-je. Mais pourquoi vous me dites tout ça ?
-         Parce que tu es une tueuse exceptionnelle Prudence... et je trouve dommage qu'un assassin tel que toi reste sous l'aile d'un père aux projets foireux. Tu l'as dit toi-même... ses idées plongeront le pays dans la terreur et le conduiront à sa perte. Es-tu bien sûre de vouloir contribuer à ça ?
 
Je serrai la mâchoire. Jack venait de toucher un point sensible. Je me savais incapable de prendre part à la moindre attaque que programmera mon père. Je l'avais déjà prouvé.
 
-         Je me suis mise d'accord avec lui pour m'en tenir à mon rôle de tueuse à gages.
-         Alors qu'est-ce que tu fais encore ici ?
-         Quoi ?
-         Les tueurs à gages sont indépendants. Ils n'agissent que sur contrat, en échange de rémunération. Les tueurs à gages n'ont pas de camp. Il est temps que tu assumes pleinement ton statut. Tu ne dois pas prendre partie entre le Bien et le Mal... à moins de le vouloir. Est-ce que tu veux être impliquée Prue ?
 
Je détournai le regard... Non. Je ne voulais pour rien au monde participer à tout ça. Mais avais-je vraiment le choix ? Mon père n'accepterait jamais que je quitte ce manoir... que je vole de mes propres ailes. C'est à peine s'il supportait que j'aie des activités en dehors des siennes tellement il était possessif.
 
-         Ça ne m'enchante pas tellement... soufflai-je.
-         Et tu sais pourquoi ?
-         Vous l'avez dit vous-même... j'ai découvert le monde par moi-même... et je me suis rendue compte que les idées inculquées par mon père ne collaient pas avec la réalité. Je me suis rendue compte qu'il avait tord... et je ne parviens plus à trouver le sens de ses projets.
 
Jack resta silencieux, se contentant de me regarder. Je me levai et me mis à marcher lentement dans la pièce.
 
-         Je sais que ce n'est qu'une question de temps avant que ça explose entre mon père et moi... nous sommes incompatibles. Mais je n'arrive pas à me faire une raison... je n'arrive pas à prendre une décision. Il est mon père... le dernier membre de ma famille... comment puis-je me résoudre à lui tourner le dos ? C'est vrai, je n'ai pas envie de m'impliquer davantage dans ses projets. Mais vous avez vu ce que ça a donné la dernière fois que j'ai refusé d'obéir... nous en sommes venus à nous battre.
-         Alors tu préfères te résigner à agir contre ta volonté plutôt que de lui déplaire ?
-       Je n'ai pas envie de le perdre. Malgré ce qu'il m'a fait... malgré nos différences... je suis irrésistiblement liée à lui. J'ai beau le haïr pour ce qu'il fait... je sais qu'au fond, si je regarde bien, une part de moi continue... à l'aimer.  
-         ... Il a fait ce qu'il fallait pour que tu te retrouves dans cette situation.
 
Un fourmillement me parcourut à un endroit précis du dos... puis de la poitrine... Oui, mon père avait fait ce qu'il fallait. Et c'est pour cette même raison que je savais que quoi que je fasse, lui aussi ressentirait toujours la même chose à mon égard. On pouvait se haïr et se déclarer la guerre dès maintenant, une part de chacun sera toujours attachée à l'autre... et à ce titre, on cherchera toujours à se récupérer.
 
-         On ne reviendra pas en arrière, soufflai-je.
-         Tu peux comprendre que ça me rende malade de te voir piégée... ?
-         Pas vraiment non. Je croyais que c'était votre but que je devienne une machine.
-        Faux. Mon objectif a toujours été de faire de toi une tueuse parfaite. Ce que tu es. Et maintenant, je veux faire en sorte que tu mérites le titre de maître-assassin. Mais pour ça... il faut que tu sois une vraie louve. Et une louve digne de ce nom ne reçoit d'ordre de personne.
 
Je soupirai. Entre Jack et le fantôme de Jeff, j'en prenais plein la tête ces temps-ci. Deux des hommes auxquels je tenais énormément voulaient que je sorte les crocs avec mon père...
Je me dirigeai vers la fenêtre, regardant pensivement au dehors. Une question me brûlait les lèvres désormais... une question à laquelle seule une réponse venant de mon mentor aurait de la valeur. Mais j'hésitais à m'engager sur ce terrain. Je savais combien la pente était raide.
 
-         Un maître-assassin peut-il avoir des sentiments contradictoires avec son statut... ? demandai-je au bout d'un long moment de réflexion.
 
Jack ne répondit pas. Je ne me retournai pas, craignant de voir sa réaction après une question aussi improbable de ma part.
 
-         Pourquoi tu demandes ça ?
-         Répondez. S'il vous plait.
 
Je me retournai pour faire face à mon mentor. Il n'était pas en colère comme je l'avais imaginé. Il était toujours aussi calme. Il souriait même. Il me regardait comme s'il me découvrait.
 
-         Avez-vous... déjà eu des sentiments ? demandai-je.
 
Son visage passa de la douceur à l'impassibilité la plus totale. Il fixa un point invisible par terre derrière moi.
 
-         Nous avons beau être des tueurs, cela ne nous enlève pas notre capacité à aimer. Au-delà de nos masques d'assassins... nous restons des humains. Nous avons beau incarner la  « Mort personnifiée », être redoutables et impitoyables... nous le sommes seulement avec nos cibles. Avec nos ennemis. Rien ne nous empêche d'être tout le contraire avec les autres. Nous en avons la preuve dans ce manoir. Les Mangemorts sont bien plus cruels que nous, et la plupart ont une vie de famille. Ton père a également été amoureux... Alors tu ne dois pas être étonnée d'apprendre que j'ai aimé une femme à l'époque... comme je ne le suis pas qu'un jeune homme ait réussi à raviver la flamme que tu as étouffé pendant des années.
 
Je sursautai, me trahissant.
 
-         Co...comment savez-vous ?
-         J'ai vécu avant toi, tu ne peux  pas me la faire !  N'oublie pas que c'est moi qui me suis occupé de toi à ton retour du camp. C'est moi qui t'ai en grande partie éduqué, pour t'apprendre à contrôler les pulsions meurtrières et cette violence qui détruisaient tout sur ton passage. C'est moi qui t'ai formé à devenir une tueuse à gages. Tu as beau porter un masque comme nous tous, je sais reconnaître un changement de comportement. Je sais que depuis ton entrée dans le monde « normal », tu as changé. Parce que tu as goûté aux  joies de la vie en découvrant des sentiments jusqu'alors inconnus... parce que sans que tu saches pourquoi, tu as envie d'y retourner pour sentir à nouveau ce courant électrique te paralyser le corps avant de te laisser submerger...
 
Je ne répondis pas de suite, encore choquée d'avoir été dévoilée si facilement. D'un autre côté... je me sentais rassurée. Rassurée qu'il ait lui aussi été amoureux... et qu'il trouve ça normal.
 
-         Je n'ai pas raison ? demanda Jack avec un clin d'½il.
 
Je le regardai, toujours un peu étonnée de la tournure de cette discussion. Je m'attendais plus à un blâme qu'à de telles paroles, mais je n'allais pas m'en plaindre.
 
-         Si, avouai-je.
 
Inutile de mentir, il avait vu juste. Et puis je pouvais lui faire confiance. Je savais que ce qui était dit entre nous ne sortait jamais. J'eus un sourire ironique face à la situation. Moi... la fille du Lord, tueuse redoutable au parcours parfait, membre de l'élite des assassins... je venais d'avouer à mon mentor, qui était lui aussi un grand criminel... que j'étais en proie à des sentiments. C'était tellement improbable... et pourtant, cette explosion de joie que je m'efforçais de garder à l'intérieur était bien réelle quand je croisais regard de Remus. Ce c½ur qui s'affolait, cette envie d'être auprès de lui, ce frémissement à son contact... Je ne pouvais pas le nier. Je le désirais. Lui et aucun autre.
 
-         Alors, qui est l'heureux élu ?
-         ...Remus Lupin, lâchai-je.
 
A ma grande surprise, Jack ne broncha même pas. Il se contenta de me regarder, toujours avec son regard paisible, son sourire en coin.
 
-         Et tu oses continuer à croire que tu pourras rester auprès de ton père... ?
 
Je baissai la tête. Non c'est sûr... ça posait un gros problème que je sois amoureuse de ma cible. Un vrai cas de conscience.
 
-         Je sais qu'il n'encaissera jamais ça. Mais vous comprenez également pourquoi je ne serai jamais un maître-assassin. Ce qui m'arrive est indigne à mon statut. Je suis tombée amoureuse de la mauvaise personne... un tueur à gages digne de ce nom n'est pas censé avoir de l'affection pour sa proie.
-         Exactement... un prédateur n'a pas de sentiment pour SA proie. Celle qu'il a choisi de traquer. Mais Prue... as-tu choisi de faire de Remus ta proie ? Si ce n'est pas ton père qui te l'avait demandé... aurais-tu accepté de prendre en chasse une bande d'innocents ?
 
Bien sûr que non. Je l'avais encore prouvé en intégrant l'Agence... j'avais prévenu d'avance La Renarde que je ne voulais aucun contrat visant un innocent.
 
-         ... Non, soufflai-je en baissant les yeux.
 
Mon mentor se leva et me rejoignit.

-         Alors tu es toujours digne de te ranger parmi les maîtres... parce que tu n'as fait que rester fidèle à tes valeurs. Et ça, tu n'as pas idée à quel point j'en suis fier.
 
Sans que je ne m'y attende, Jack me prit dans ses bras avec un peu d'élan. Incertaine et à la fois contente, je répondis à son étreinte, à la fois douce et puissante. Il avait toujours incarné le rôle paternel que mon propre père n'avait jamais eu. Comme l'avait souligné Jack, c'est lui qui m'avait éduqué, et pas seulement dans le domaine du crime. Il savait des choses que mon père ignorait totalement. J'étais souvent touchée par son comportement à mon égard. Il était mon unique confident. Le seul à avoir toute ma confiance au milieu de ce tas de serpents. Le seul à essayer de me comprendre, sans me juger. Et il venait de le prouver encore ce soir. J'enfouis ma tête dans son cou et resserrai un peu plus l'étreinte. Il me caressa les cheveux avec douceur. J'étais rassurée à présent au sujet de Remus. Jack avait raison : il fallait que j'ouvre les yeux. La mission de mon père était incohérente avec mes valeurs. Il fallait que j'arrête de transgresser mon code pour lui. J'avais été sacrée prodige des assassins... le fantôme de la Mort... il était temps que prenne totalement le contrôle.
 
Je n'aurais su déterminer combien de temps on resta comme ça, silencieux. Je finis par me détacher un peu, lui adressant un sourire franc. Il me le rendit, et je vis dans son regard que lui aussi était touché par ce rapprochement. C'était la première fois que l'on se montrait aussi démonstratif, et j'espérais au plus profond de moi que ça ne serait pas la dernière. Ça faisait du bien d'avoir un homme comme lui sur qui compter... d'avoir une figure paternelle. Cet amour que mon père ne m'avait jamais donné et dont je manquais tant.
 
-         Ça me fait plaisir qu'on ait eu cette discussion tous les deux... me dit-il doucement.
-         A moi aussi, soufflai-je. Je ne pensais pas qu'elle finirait aussi bien...
-         Je considère ton aveu comme une victoire.
 
Je lui adressai un large sourire auquel il répondit. Mais une question me traversa l'esprit. Qu'était devenue la femme qu'il avait aimé ?
 
-         Le jour où je prendrai ma décision... pensez-vous que je puisse gagner ce combat... ? Ai-je une chance que ça marche ?
-         Ça ne dépend que de toi. Garde en tête qu'un sauvetage ne s'organise pas comme un meurtre.
 
Je plantai mon regard dans le sien.
 
-         ... Vous avez commis cette erreur n'est-ce pas ? dis-je à voix basse en le regardant sans ciller.
 
Il est clair que Jack avait perdu la personne à laquelle il avait tenu.
 
-         Je me croyais fort... j'ai le titre du meilleur tueur de l'ombre de tous les temps... Alors je me disais que rien ne pouvait m'arrêter. Que même si des tueurs se lançaient à ma poursuite, je pourrais les tuer sans problème. Je pensais pouvoir la protéger. Je l'avais choisi depuis longtemps. Dès que j'ai commencé à être avec elle, j'ai complètement basculé. Elle a renversé ma vie. Je n'avais plus peur de laisser les sentiments m'envahir... J'avais à nouveau quelque chose à perdre. Le bonheur à ses côtés. Ça aurait pu continuer si seulement quelqu'un n'avait pas souhaité sa mort. J'ai voulu la sauver, mais il y a eu un imprévu qui a foutu mon plan à l'eau. Et effectivement, j'ai échoué... Je n'ai pas réussi à la protéger.
 
Je lus dans ses yeux que cette blessure était encore vive, même si son visage restait incroyablement impassible.
 
-         Je croyais avoir pensé à tout... que tout était prévu à la perfection, comme d'habitude, que mon plan serait infaillible. C'est l'unique échec de ma carrière. Celui qui m'a coûté le plus cher. C'est pour cette raison... que  je ne veux pas que tu commettes les mêmes erreurs que moi. Profite de mon expérience. Ne sacrifie pas la chose la plus merveilleuse qui te soit arrivée. Accepte ton scénario et joue-le jusqu'au bout. Aucun écrivain ne publie un livre sans l'avoir modifié une dernière fois. Il n'est pas encore trop tard pour changer la fin de ton histoire.
 
J'acquiesçai lentement. Je sentais un souffle me parcourir le corps... un souffle de courage et de détermination.
 
-         Dans ce cas, je n'ai plus qu'à affûter ma plume.
 
Chapitre 36 : Une leçon inhabituelle
Coucou ! Bien contente d'avoir trouvé le temps de finaliser ce chapitre pour vous le faire découvrir ! Dur dur en ce moment avec les examens ^^
Enfin bref, j'espère que cette « leçon inhabituelle » vous a plu. N'hésitez pas à donner vos impressions à l'issue de votre lecture :)
Je prépare le mot de Tracker et l'aperçu du prochain chapitre au plus vite.
Gros bisous, à bientôt !

Tags : L'histoire d'un assassin - Partie 1 : L'amour d'un Assassin - tome 1

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Comments :

  • Dum-Cha

    22/12/2016

    Je pense que prudence à bien fait de parler à jack.

  • LeMaitreDesLieux

    24/10/2015

    Bonsoir,
    Je viens de lire 2 chapitres et comme d'hab, j'adore. Remus est toujours aussi inquiet et l'écart entre Prue et son père se creuse de plus en plus. Et maintenant, voilà qu'elle lâche tout sur Remus à Jack. Elle avait besoin de parler et je pense que ça lui a fait du bien et que cela lui sera profitable. En tout cas, je vais profiter de mes vacs pour continuer ma lecture :)

  • harry-potter-8-fic

    12/07/2014

    Coucou :)
    Encore un merveilleux chapitre.
    Je trouve ça bien que Prue ait enfin avouer à quelqu'un autre qu'elle même qu'elle a des sentiments pour Remus.

  • MikaWolfeHP

    04/07/2014

    Wow!!! J'adore Jack! Il est idéale!! Un père parfait, un vrai mentor que je rêverais d'avoir!!!!!!

  • hostfresh-HarryPotter

    24/06/2014

    Merci Jack !!!! ENFIN ! Depuis le temps que je le demande ce revirement de situation. .....

  • evanalinch-lunalovegood

    04/06/2014

    Vache. Super chapitre avec des leçons à apprendre pour prue sur ce qu'elle doit faire

  • clochinettedu76

    01/06/2014

    Coucou !
    Quelle belle leçon de la part de Jack ! Je comprends que Prue le considère plus lui comme son père que Voldemort. On a vraiment l'impression que c'est lui le père de Prue, et pas Voldemort. Je pense que cette discussion leur a fait du bien à tous les 2, et surtout à Prue qui devait avoir besoin de se confier à quelqu'un avec tous les évènements qui viennent de se passer.
    Et pauvre Remus ! Il doit vraiment être inquiet ! Prue part souvent du chateau ces derniers temps ! Ca se voit qu'il tient à elle, qu'il l'aime vraiment !

  • aSupernaturalLife

    31/05/2014

    Hé bien, j'avais raison d'avoir hâte de lire ce chapitre !
    Il était centré sur Jack et Prue, alors j'ai beaucoup apprécié :P
    On voit que même s'ils ne sont pas liés pas le sang ils se considèrent comme père et fille. Et on peut donc voir que même dans le monde des assassins, il y a de l'affection...
    Je suis contente que Prue ait été convaincu par Jack ! Elle va peut être être plus ouverte avec Remus... à voir.

  • fanfics-maraudeurs-x3

    30/05/2014

    J'aime beaucoup ce chapitre.
    Les mots que tu as employés sont bien choisis. On ressent bien l'hésitation de Prue tandis qu'avance pas à pas sa relation avec Remus.
    Maintenant, elle s'inquiète de ce qu'il va penser de ses absences. Il reste néanmoins leur opposition dans leur vision des choses. Ce qui m'amène à penser au jour où les maraudeurs découvriront la vérité: leur amitié sera t elle plus forte que cela ?
    J'ai hâte de savoir ça mais je me doute que cela ne sera pas pour tout de suite :)
    Bonne continuation !

  • Harry-Potter-generationx

    30/05/2014

    Me re voilà ! ;)
    Hehehe Hugh Jackman en tueur a gage ... Bon choix ;) Il est trop canon !!!!!!! *_* xD

    Ah ! Les prémices d'une histoire d'amour fusionnel et parfaite ... (Ok parfaite c'est un grand mot x) ) Remus est trop mignon de s'inquiéter comme ça pour Prue ! *_* et les maraudeurs toujours le mot pour remonter le moral : blague aux serpentards ! Hehehe ! *rire sadique*

    QuNest-ce que c'est que cette histoire de sniper dans son passe ? :o
    Oh merde ! J'avais jamais fait de parallèle entre Hitler et Voldemort ! C'est pas con ! O.o

    Ouah ! Comment Jack arrive a la faire remettre en cause sa relation avec son père sinon je pense qu'elle serait restée bloquée un bon moment ;)
    Et beh ! Au moins elle regarde la vérité en face ! ;) elle est amoureuse ! Il lui a fallu combien de chapitres ? Au moins une dizaine et dans ton histoire : quelques mois ! ;)

    Ohlala j'ai juste adoré la fin ! Mais est-ce qu'elle va envoyer boulet son père tout de suite ou attendre la fin ? Rha ! Vivement la suite !!! :D

    Bis

    Camille

    PS : ta vu ?! Retard rattrape ! :p

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