Chapitre 37 : Douloureuse vérité

« Plus on en sait... et plus on souffre... mais il faut savoir la vérité. Toujours. »
 
Chapitre 37 : Douloureuse vérité

 
| 12 novembre 1977 – Poudlard – Salle commune – 18h30 |
 
J'avais enfin fini mes devoirs, mais je n'avais pas le temps de souffler. J'avais rendez-vous, et il était temps que je parte. Sans plus tarder, je rangeai mes affaires d'un coup de baguette, alors que mes amis étaient encore occupés. 
 
-         Où vas-tu ? demanda Sirius.
-         ... Balader.
 
Je jetai un coup d'½il à Remus. Il comprit de suite que je mentais, mais pour une fois, ce n'était pas pour couvrir une escapade en dehors de l'école.  La vérité, c'est que j'avais rendez-vous avec Dumbledore. Le directeur ne m'avait pas donné la raison de sa convocation, mais je me doutais que ça allait encore avoir un rapport avec mon passé. J'allai donc poser mes affaires dans le dortoir et redescendis. Remus s'était levé et m'arrêta en bas des escaliers.
 
-         Ne me dis pas que tu vas encore t'absenter...
-         Non. J'ai rendez-vous avec Dumbledore, mais je ne veux pas que les autres le sachent.
-         Ah... tu veux que je vienne ?
-         Pas cette fois. Dumbledore veut que je vienne seule.
-         Il t'a dit pourquoi ?
-         Non, mais il n'y a qu'une façon de le savoir.

 


Remus semblait encore plus préoccupé par la demande du directeur. J'avoue avoir été surprise moi aussi. Pourquoi tenir Remus à l'écart, alors qu'il m'avait accompagnée dès le début ?

 

-         Ne t'en fais pas Remus... je te dirai le contenu du rendez-vous à mon retour.
-         Si Dumbledore ne veut pas que je sois au courant, je respecte sa décision.
-         Et si moi je décide de le partager avec toi, tu respecteras la mienne, répondis-je avec un clin d'oeil.

 

Ma remarque eut le don de lui redonner le sourire. C'est sur cette vision que je me détournai, prête à faire face à Dumbledore en tête à tête.
 
| Bureau directorial |
 
Je pris une profonde inspiration avant de me résigner à frapper à la porte du directeur. Comme à chaque fois que je me retrouvais en sa présence, j'étais tendue, et je m'attendais à tout venant de sa part. Il est clair que le directeur nourrissait l'envie de me connaître plus en détails et de percer mes secrets. Ses fameux « tests » de la dernière fois avaient encore un goût amer. Comment avait-il pu jouer ainsi avec moi ? Je m'étais sentie piégée, trahie... et le peu de confiance que j'avais réussi à lui accorder s'était envolé. J'avais vu alors en lui son seul désir de connaître la vérité, quel qu'en soit le prix. Dumbledore restait un homme dangereux pour moi. Un homme dont je devais me méfier. Il n'était pas bon qu'un homme de la pointure de Dumbledore essaie de me cerner. Mes réactions à l'issue des tests pouvaient lui donner des indices très révélateurs sur ma personne... en particulier lorsqu'il avait pris l'apparence de l'un de mes cibles. Avait-il vu la bête en moi à ce moment-là ? Se méfiait-il de moi ? Je le craignais. Je savais que j'en avais trop laissé voir ce jour-là. Une grave erreur que je ne pouvais pas effacer désormais. Au fond de moi, je savais que ces tests étaient la cause de ce nouveau rendez-vous. Et s'il ne voulait pas que Remus soit présent, c'est que ses conclusions n'étaient pas positives à mon sujet.

 

Je pris donc une profonde inspiration, optant pour l'attitude impassible et neutre qui m'allait si bien.
 
-         Bonsoir Prue, salua Dumbledore après m'avoir donné la permission d'entrer.
-         Bonsoir professeur, répondis-je d'une voix calme.
-         Alors, comment vas-tu ?
-         Je vais bien.
-      Je t'ai fait venir, parce que je voulais faire un peu le point sur tes « crises » mentales...
-         Je n'en ai pas eu depuis... l'infirmerie.
 
L'une des rares choses bénéfiques que j'avais retiré de mon aveu à Dumbledore. Je crois que j'avais reçu tellement de chocs émotionnels par la suite de son récit que mon mental s'était remis. Comme quoi, guérir le mal par le mal marchait en toutes circonstances. Ne plus avoir ses horribles crises était une véritable délivrance pour moi. C'est comme si mon esprit m'appartenait à nouveau, complètement. Terminé les excursions étranges dans la tête d'autres personnes dont je ne savais rien. Je parvenais à garder le contrôle. Pour le moment.
 
-         Hum... tu penses que c'est dû à un blocage ?
-         Je ne sais pas... et très franchement peu importe. Ça ne me manque pas.
-     Je comprends... seulement tu ne peux pas renier tes pouvoirs. Il faut que tu apprennes à maîtriser ce nouveau don.
-      Je ne vois pas comment. Jusqu'à maintenant, j'ai toujours été spectatrice de mes crises. Je ne peux ni les provoquer, ni les contrôler quand elles se déclenchent.
-         Ça va continuer à se développer.
-         Je vous tiendrai au courant si j'ai du nouveau de ce côté-là. Ce sera tout ?
-         Pas exactement non...
 
Je me retins de soupirer. Moi qui pensais pouvoir m'éclipser rapidement. Comme je m'en doutais, mes crises n'étaient pas la véritable raison de ma convocation. Dumbledore m'analysait avec attention, ce que je n'appréciais guère. Mon instinct me dit immédiatement en garde. Je sentais que ce rendez-vous allait à nouveau tourner à la dispute. 
 
-         N'as-tu vraiment pas le moindre souvenir de ta petite enfance ? demanda-t-il.
 
Pourquoi cette question ? Qu'allait-il encore me sortir ? Je ne voulais pas replonger dans mon passé ! Je voulais qu'il me laisse tranquille maintenant ! Pourquoi s'acharnait-il sur moi ainsi ?!
Malgré l'agacement qui m'envahit à cette question, je tentai de conserver mon calme.
 
-         Que du soir de mes cinq ans. Et encore, ce n'est plus un souvenir puisque vous m'avez prouvé qu'il était trafiqué. Pourquoi cette question ?
 
Dumbledore soupira.
 
-         Parce que ça fait douze ans qu'un détail me perturbe...
-         Lequel ?
-         Tu comprends bien qu'avec une famille aussi puissante que la tienne... les moyens de sécurité qui protégeaient le manoir familial des Halliwell en avaient fait une forteresse imprenable. Ta mère m'avait confié que la sécurité était telle que seules les personnes autorisées pouvaient franchir le périmètre...
 
Une désagréable décharge commença à me ronger les nerfs. Je compris parfaitement où Dumbledore voulait en venir. Mais c'était impossible... 
 
-         Vous êtes en train de me dire que ma mère connaissait les personnes qui nous ont attaquées ? demandai-je d'une voix blanche.
-         Peut-être pas toutes... une seule personne autorisée aurait suffit à servir de faille.
 
Mon c½ur rata un battement. Je sentis la rage monter d'un seul coup. Je me concentrai sur ma respiration pour ne pas laisser transparaître la haine qui s'emparait lentement de mon être, avec une lenteur étouffante. Je n'arrivais pas à y croire... jamais je n'aurais imaginé que ma mère, cette femme si bonne décrite par Dumbledore, puisse avoir un ennemi... encore moins un ennemi dans son entourage.
 
-           Qui a bien pu la trahir ?
-        Je me suis posé la question pendant tout ce temps. C'est pour ça que je me demandais si tu n'avais pas de souvenir d'une personne en particulier. Ca pourrait nous aider...
 
Je secouai négativement la tête, n'arrivant pas à digérer la nouvelle. Une trahison ! L'attaque avait été permise par une personne qui connaissait ma mère ! Plus j'en apprenais sur mon passé, et plus mon désir de vengeance virait à l'obsession. Ma haine ne cessait d'augmenter. Un sentiment destructeur. Je relevai les yeux sur Dumbledore, essayant de contrôler ma respiration de plus en plus difficile. J'avais envie de retrouver cette personne, et de la massacrer !
 
-         Et vous... vous qui la connaissiez... Avez-vous un suspect ?
 
Si Dumbledore était aussi observateur et détective dans l'âme à l'époque, ce dont je ne doutais pas, il devait avoir une petite idée sur la question.
 
-         Pour être franc, j'ai souvent pensé à l'homme qu'elle fréquentait à l'époque. Il était assez mystérieux.
 
J'en étais sûre. Il avait une piste ! Il fallait que je trouve cet homme !
 
-          Que savez-vous de lui ?
-         Juste qu'elle lui  a sauvé la vie... et qu'ils se sont très souvent vus par la suite. Il vous a même rencontré, ta s½ur et toi. Ta mère me disait que vous l'aviez adopté comme votre nouveau père.
 
A nouveau, je sentis une décharge me parcourir. Bon sang que je regrettais d'avoir oublié les personnes qui avaient marqué mon enfance.
 
-           Qu'est-ce qui vous fait penser que c'est lui s'il était si proche de nous ?
-         Parce que ta mère a toujours été évasive à son sujet. Elle ne m'a d'ailleurs jamais présenté à lui alors qu'elle l'a fréquenté plusieurs mois avant le drame.
 
Suspect en effet, surtout si Dumbledore était si proche de la famille. Pourquoi garder son identité secrète ? Autant je comprenais pour mon père, qui était un mage noir en puissance... mais ce nouvel homme dans sa vie ? Qui pouvait-il être ?
 
-         Elle vous a donné un nom ?
 
C'est tout ce dont j'avais besoin pour lancer une chasse à l'homme.  
 
-         Un surnom, je le crains. Elle s'amusait à l'appeler « Cobra ».
 
Je ne pus retenir un pas en arrière. Je sentis une pierre très lourde tomber en moi... Une lame immense entrer dans mon c½ur et se retourner lentement dans tous les sens... Cobra... le patron du gang.
Un étau se serra autour de ma tête. J'avais l'impression d'avoir l'esprit en ébullition. D'être ravagée de l'intérieur. Le choc de cette découverte était bien plus intense que les précédents.
 
-         Je doute que ça soit son véritable nom, tu en conviens, reprit le directeur.  Ce nom t'est-il familier ?
 
Sa voix résonna dans ma tête. J'eus l'impression de redescendre sur terre en relevant les yeux sur le directeur. Il m'observait toujours aussi attentivement. Moi je me sentais incapable de répondre. Le décor tournait autour de moi. Comme si j'étais au bord de la perte de connaissance. Je faisais tant d'effort pour contenir ma haine qu'elle m'affaiblissait.
 
-          Non, finis-je par répondre d'une voix miraculeusement neutre.
-       Ce ne sont que des hypothèses bien sûr. Je peux me tromper. Peut-être que cet homme n'y est pour rien. Mais j'ai quand même trouvé bizarre qu'il ne se manifeste jamais après ce soir-là...
-         Etrange en effet.
 
Le calme dont je faisais preuve était assez inquiétant à vrai dire. J'avais l'impression d'être au ralenti. D'avoir quitté ce monde. Je me sentais vidée. Le c½ur à vif. A bout de souffle. Le désir de meurtre était insupportable. La louve en moi avait besoin de sang. Du sang de ce traître.
 
-         Je suis désolé de te présenter une nouvelle impasse.
-         Ne le soyez pas.
 
Dumbledore acquiesça lentement en me regardant tristement. J'avais l'impression que ma vie entière était une impasse.
 
-       Je ne vais pas te retenir plus longtemps. Tu as certainement envie de te détendre un peu après une longue journée.
-         Oui.
-         Bonne soirée.
 
Je me dirigeai vers la porte d'une démarche qui se voulait calme pour ne pas me trahir. Je commençai à suffoquer. Je sortis du bureau et fermai la porte derrière moi d'une main tremblante. La pression à laquelle j'étais soumise était immense. J'avais cette envie d'exploser... de tout détruire... mais il ne fallait pas que ça sorte... je ne devais pas perdre le contrôle. Pas ici. J'étais toujours à Poudlard, entourée d'innocents. Ils ne méritaient pas de subir ma fureur.

 

Je descendis les marches avec raideur, essayant de garder le contrôle sur la bête en moi. Mais je ne cessais de penser à Cobra. Son nom se répétait dans ma tête. Cet enfoiré, ce traître ! Ma mère lui avait sauvé la vie et il l'avait trahie ! Celui qui m'avait échappé ! C'était lui le responsable de la mort de ma mère ! Lui à l'origine de mon malheur ! C'est lui qui avait déclenché l'engrenage sanglant de ma vie. Je secouai rageusement la tête, la vue brouillée par la haine. Je débordais d'énergie, j'avais envie de frapper, de tuer... N'y tenant plus, je sortis de l'enceinte du château en passant par les raccourcis habituels et transplanai sur le Chemin de Traverse. Je ne savais pas pourquoi j'allais là-bas, ni ce que j'allais y faire, mais j'avais besoin d'y aller, de suivre mon instinct. De libérer la louve enragée. Je ne pouvais pas la retenir plus longtemps.
 
| Chemin de Traverse |

 
Je m'étais matérialisée sur le toit d'un bâtiment, et j'avais commencé ma course, sautant de toit en toit. J'escaladais des immeubles, me laissais tomber pour me rattraper à des balcons ou à une quelconque autre prise. Je ne ralentissais pas, calculant au fur et à mesure l'itinéraire à suivre. On aurait dit un singe sur les toits de la ville. C'était enivrant de prendre son élan et de sauter dans le vide, de sentir son c½ur se soulever juste avant d'atterrir. J'avais besoin de me défouler. Ce n'est qu'en reconnaissant les ruelles un peu plus bas que je compris ce que je faisais. Mon instinct me menait droit à un nid de proies : l'Allée des Embrumes. Le QG de toutes les crapules. Mon terrain de chasse  favori par le nombre de gibiers qui se trouvaient là. A défaut de pouvoir tuer mon ennemi pour le moment, il fallait que je calme ma haine avec le sang d'autres criminels.
 

 


Je restai au bord d'un toit, observant les gens juste en dessous de moi qui ignoraient ma présence. Je fis apparaître mon masque dans une bulle de fumée noire et le mis pour cacher mon visage. Je  sortis mon couteau, ayant repéré une cible. Mon mobile était très simple : les deux  personnes dans la ruelle avaient attisé ma haine et mon désir de meurtre. L'une, parce qu'elle représentait ce que je détestais le plus ; l'autre, parce qu'elle me rappelait moi il y a des années.
L'homme avait plaqué sa victime contre un mur de cette ruelle déserte, une main devant sa bouche pour étouffer ses cris de détresse. Je reculai pour prendre de l'élan et sautai sur le toit d'en face. Je descendis sans difficulté le vieux bâtiment comportant de nombreuses prises. Une fois à terre, je me dirigeai vers le violeur et je vis la femme écarquiller les yeux en me voyant. J'agrippai le type à l'épaule pour le forcer à se retourner et plantai mon couteau dans son ventre à deux reprises, avant de le laisser s'écrouler sur le pavé. Sentir sa vie de chien aspirée par la lame me faisait vibrer de l'intérieur. La fille s'était laissée glisser le long du mur, pleurant à chaudes larmes. Elle l'avait échappé belle.
 
-         Merci mon dieu, merci...
 
J'eus un instant d'arrêt en la fixant avec hésitation. Mon désir meurtrier était si grand que je n'avais même pas réfléchi à un moyen de commettre l'assassinat parfait. Non là ça n'avait aucune importance. J'avais juste besoin de tuer. Devant témoin ou non.
 
-         Ne restez pas là, ordonnai-je d'une voix froide.
 
Elle se releva avec peine, les jambes tremblotantes et se dirigea incertaine à l'autre bout de la rue. Je jetai un coup d'½il au cadavre de ma victime et y mis le feu, ne prenant pas la peine de faire ça ailleurs.
Après quoi, je continuai ma route d'un pas rageur, à la recherche d'autres proies. J'avais un immense besoin de faire couler le sang. En tournant à l'angle de la rue, je me rendis compte trop tard qu'une transaction était en train de se faire. Les gars s'arrêtèrent d'un seul coup de parler et de s'échanger les marchandises, regardant tous dans ma direction. J'aurais très bien pu m'en aller sans faire d'histoire, seulement j'étais dans un tel état de rage que je ne pouvais refuser un combat impliquant plusieurs personnes. C'était l'occasion parfaite de faire monter l'adrénaline.

 


Sans attendre qu'ils se décident à attaquer, je lançai mon couteau sur l'homme le plus proche, déclenchant une réaction immédiate de la part des autres qui se ruèrent sur moi en sortant leur baguette. Je me jetai sur le premier qui arriva, lui fis une prise pour le retourner et lui trancher la gorge. J'esquivai un sortilège lancé par un autre et fis fuser mon arme pour aller lui ôter la vie dans la seconde. Le couteau revint dans ma main juste à temps pour poignarder un troisième. Les autres prirent la fuite en voyant leurs copains tomber comme des mouches. Je leur courus après, bondissant sur le dos de l'un deux pour le clouer au sol et lui planter la lame dans la nuque. Les autres transplanèrent pour m'échapper, et je repris de la hauteur, à la recherche de nouvelles proies.
Contrairement à d'habitude, tuer ne me soulageait pas. Ma haine semblait ne plus vouloir s'apaiser... ma soif demeurait intarissable. Parce que de tous les enfoirés que je pouvais soustraire à ce monde, aucun d'entre eux ne portait le tatouage qui était devenu mon obsession.
 
 

| Poudlard – Tour de Gryffondor – 23h |

 
J'étais revenue il y a à peine vingt minutes. J'avais dû passer par ma planque pour prendre une douche et me changer.
Mon envie de meurtre s'était tout juste apaisée. Ma haine ne m'avait pas quittée. Elle semblait seulement un peu enfouie. Oh, pas bien profond. Je sentais encore sa flamme cuisante dans ma poitrine.

 

J'avais éliminé onze  personnes au total. Elles étaient toutes coupables de quelque chose. Même si j'étais un peu calmée, je ne cessais de penser à Cobra. Savoir qu'il était le chef du gang avait fait de lui ma cible dès le départ... mais apprendre qu'il connaissait ma mère... qu'il avait eu une liaison avec... qu'il m'avait même connue, ma s½ur et moi... pour finalement nous trahir et conduire à notre perte... C'était pire que tout. Le jour où je le retrouverai, je ne me contenterai pas seulement de le tuer. Je le briserai. Lui comme tous ceux qui avaient détruit ma vie. Je devais retrouver Cobra et l'éliminer pour venger ma mère. Je devais retrouver le camp pour exterminer tous les bourreaux  pour ME venger. Le seul moyen de dominer mon passé, c'était de tuer ceux qui faisaient de son souvenir un enfer. Tous ceux qui rendaient ma haine incontrôlable. J'avais laissé la traque de côté par manque de piste. Elle devait reprendre. Dumbledore m'avait prouvé que tout chemin ressemblant à une impasse finissait par se débloquer. Il fallait que je reprenne la traque. Je devais tenir parole. Il fallait que j'honore la raison pour laquelle j'avais choisi le nom de Tracker. 
 
-         Prue ?
 
Je sursautai légèrement, mais je me calmai en relevant la tête sur Remus.
 
-         Ça va ?
-         ... Non.
 
Remus se laissa glisser le long des pierres et me fit basculer contre lui. Je serrai la mâchoire, essayant de ralentir les battements de mon c½ur qui propulsaient un courant de haine dans tout mon corps.
 
-          Qu'est-ce qu'il s'est passé ? On s'est inquiété en voyant que tu ne revenais pas...
-         Dumbledore m'a appris... que la sécurité du manoir des Halliwell ne pouvait être passée que par les personnes autorisées à s'y rendre...
 
Je n'eus pas besoin de voir Remus pour deviner qu'il venait de prendre une claque, comprenant les conséquences de mes paroles. Je me dégageai de lui pour le regarder dans les yeux. Il dut lire autant de rage que de souffrance dans mon regard.
 
-         Elle le connaissait... l'enfoiré qui a permis cette attaque... il l'a trahie ! dis-je la voix tremblante de rage.
 
Je déglutis péniblement, sentant la haine revenir me ravager le c½ur. Remus me prit dans ses bras, et je le serrai contre moi avec force.
 
-         On le retrouvera, assura Remus en me caressant le visage avec douceur.
 
Il le fallait. Je ne pourrai pas vivre en paix tant que je ne l'aurais pas retrouvé.
 
 

| 14 novembre 1977 – Pré-au-Lard – Rues – 11h |

 
Trois jours seulement s'étaient écoulés depuis mon affreuse découverte. J'étais rongée par la haine provoquée par cette révélation. Dumbledore ne devait sans doute pas se douter qu'il avait réarmé la bombe sans le vouloir. Une bombe encore plus puissante qu'auparavant. Les Maraudeurs avaient senti mon changement de comportement, mais seul Remus en comprenait la cause. J'étais à cran... agressive... un rien me faisait dérailler... un malheureux Gryffondor en avait fait les frais en me taquinant un peu trop. Je m'étais littéralement jetée sur lui, et seule l'intervention de James et Sirius m'avait empêchée de lui refaire le visage. Remus essayait tant bien que mal de m'adoucir, mais même lui ne parvenait à ôter les épines qui s'étaient enfoncées dans mon c½ur.

 


Les journaux quant à eux avaient mentionné un nouveau tueur qui veillait sur la ville en s'en prenant aux  délinquants qui traînaient. La BCM menait l'enquête, mais même les nombreux témoignages qu'ils recueillirent ne suffirent pas à remonter jusqu'à moi. Les gens parlaient d'une personne agile, à peine visible dans la nuit tombante par la rapidité des déplacements. Disparaissant aussi vite que j'étais apparue sur mes scènes de crime, certains commencèrent à me comparer à un fantôme.
Cet incident n'avait pas empêché l'école d'organiser une sortie à Pré-au-Lard en vue des fêtes de fin d'année qui approchaient. Ça me faisait du bien de prendre l'air. Je comptais profiter de cette sortie pour me détendre et me changer les idées.
 
-         On va où ? demanda Peter.
-         On se promène, répondit Sirius. Et s'il y a une boutique qui nous attire, on y va.
-        Je crois qu'elles vont toutes m'attirer... il fait un froid de canard ! dit-il en se frottant ses mains gantées.
 
En effet, nous étions tous très bien couverts à cause du froid sec qui nous piquait. Personnellement, le feu en moi suffisait à me réchauffer. Je marchais aux côtés de Remus, son bras croché au mien. J'étais plongée dans une réflexion très inhabituelle, mais qui avait au moins eu le mérite de me faire oublier momentanément Cobra. Un cadeau. Il fallait que je leur trouve un cadeau. Déjà que j'avais du mal pour une personne, voilà que je devais en trouver plusieurs. Autant j'étais ingénieuse et pleine d'idées pour commettre des meurtres, autant j'étais incapable de deviner ce qui pourrait leur faire plaisir. Ce n'était pas dans mes habitudes d'avoir ce genre de geste. Le pire, c'était pour Remus. Que pourrais-je bien lui offrir ? Si seulement j'avais autant d'imagination que pour mes meurtres, tout serait plus simple.
 

 


Alors que je me creusais la tête, à la recherche d'une quelconque idée, j'entendis des voix se discerner parmi le brouhaha de tous les gens qui marchaient dans la rue mêlé à la brise glaciale. On aurait dit une dispute. Je reportai mon attention dessus, cherchant d'où ça venait. J'eus beau regarder autour de moi, je ne vis rien qui corresponde à ce que j'entendais. Pourtant, les cris d'un homme et d'une femme se disputant résonnaient dans ma tête. Je regardai Remus. Il ne semblait pas réagir. Pourtant avec ses sens, ils devraient les entendre aussi bien que moi.
 
-         Tu entends ? demandai-je en m'arrêtant.
 
* Espèce de chienne. Tu es à moi ! Tu m'appartiens ! *
Je fronçai les sourcils. J'entendis quelque chose se briser, comme du verre qui se répandait. Je me dégageai de Remus, cherchant autour de nous. Il neigeait un tout petit peu... quelques flocons tombaient lentement sur la fine couche blanche.
* Lâche-moi !! Arrêêêête !! Je t'en prie, ne me touche pas ! Ne me fais pas de mal ! *
La voix de femme poussa un cri qui me fila une migraine insupportable. Je sentais l'angoisse mêlée à la haine. Je pris ma tête entre mes mains, me courbant, les yeux  fermés. Il fallait que je me concentre. Je sentis des mains se poser sur mon corps, et j'entendis les voix lointaines des Maraudeurs qui me demandaient ce qu'il se passait. Mais je ne parvins à rester dans la réalité. Mon esprit s'ouvrit de lui-même, et j'eus une sorte de flash. Le couple était dans une chambre miteuse, la femme à terre, en petite tenue et couverte de blessures, l'homme debout, agressif. Je remarquai une fenêtre cassée dans ma vision.  Je fus ramenée à la réalité par deux mains qui me prenaient le visage. Je rouvris les yeux et me dégageai brusquement de Remus. Je ne fis pas attention à mes amis et levai la tête, à la recherche d'un indice à la hauteur des fenêtres qui nous entouraient.
 
-         Prue ? Est-ce ça va ? s'inquiéta une voix.
 
Mes yeux se posèrent sur une fenêtre trouée. Je sentis quelque chose basculer en moi. Sourde aux questions des Maraudeurs, je me mis à courir, me dirigeant vers le vieil hôtel à la façade délabrée. Je n'avais qu'une idée : retrouver ce couple. Pourquoi ? ...Aucune idée. Il fallait que je le fasse, c'est tout.
 
 

~ Point de vue de Remus ~

 
Je courrais après Prue, les autres Maraudeurs et Lily derrière moi. Je savais qu'elle avait eu une nouvelle crise. Cependant, je ne compris pas pourquoi elle s'engouffra dans un hôtel miteux. Beaucoup de gens nous regardèrent étrangement par notre brusque arrivée. Prue s'était arrêtée pour ne pas attirer l'attention du réceptionniste sur elle, et marcha d'un pas vif vers les escaliers. Sirius me passa devant, sans doute voulant l'arrêter pour lui demander ce qu'elle faisait. Je poussai la porte de la cage d'escalier et entendis que Prue les montait quatre à quatre, poursuivie par Sirius. Je m'élançai à mon tour, essayant de comprendre la tournure des évènements. Lorsqu'on arriva à l'étage, Prue avait ralenti l'allure. Sirius marchait à ses côtés.
 
-         Mais où vas-tu ?! s'énerva Sirius face au silence de notre amie.
 
Pour toute réponse, elle s'arrêta devant une porte en sortant sa baguette. L'instant d'après, la porte s'ouvrait toute seule et Prue entrait d'un pas décidé.
 

~ Point de vue de Prue ~

 
Je n'aurais su dire si je perdais les pédales ou quoi, mais j'entrai dans cette chambre, plus motivée que jamais. Le couple cessa immédiatement la dispute, surpris par mon intrusion.
 
-         Non mais qu'est-ce qui vous prend vous ?!! Dégagez !!! hurla le gars, complètement saoul.  C'est ma chambre ici !!!
 
Sourde aux menaces de mon adversaire comme aux interrogations de mes amis derrière moi, je me préparai au combat. Je jetai un coup d'½il à la femme, recroquevillée au sol et en piteux état. Elle était terrorisée. Elle me regarda avec supplication, le visage noyé de larmes. Tout son être vibrait dans l'espoir que son calvaire s'arrête.
 
-         T'ES SOURDE ??? JE T'AI DIT DE SORTIR !!!!!! A MOINS QUE TU VEUILLES QUE JE M'OCCUPE DE TOI !!!!!
 
J'étais paralysée. Par quoi ? Je ne savais pas. Toujours est-il que j'étais plantée dans cette pièce, la respiration de plus en plus saccadée. Je sentais mon côté obscur basculer, prendre les commandes. J'avais cette envie... cette envie grandissante et irrésistible... de me battre.
 
-         Prue, viens ! appela une voix derrière moi.
 
Je n'eus pas besoin de me retourner pour deviner que mes amis étaient sur le seuil de la porte, se demandant ce que je pouvais bien faire. A vrai dire, moi aussi je me demandais ce que je foutais là. L'homme se dirigea vers moi, la main gauche levée tenant sa baguette. Geste qui eut l'effet d'une bombe sur moi. Sur l'impulsion, je lui lançai un sort qui le propulsa sur le mur du fond avec violence. Il se releva péniblement et me visa à nouveau, mais je ne lui laissai pas le temps de répliquer. Il tomba à genoux, le corps tétanisé par la décharge à laquelle je le soumettais. Son corps se crispa de plus en plus, et je me rapprochai de lui lentement, intensifiant le sortilège. Ma baguette me sauta des mains, stoppant mon terrible sort. Je tournai la tête, à la recherche de celui qui avait osé s'interposer. Je croisai une paire d'yeux ambrés, qui contrairement à d'habitude, ne parvint pas à me calmer.
 
-         C'est bon Prue, il est hors d'état de nuire. Laisse-le.
 
Je me dirigeai vers Remus d'un pas menaçant. De quel droit se permettait-il de se mettre en travers de mon chemin ?!
 
-         Je pensais pourtant que tu avais compris à quel point je n'aime pas qu'on me barre la route... rappelai-je d'une voix froide.
 
Remus fronça les sourcils mais ne se laissa pas intimider pour autant.
 
-         Calme-toi, demanda-t-il d'une voix douce.
 
Ça aurait pu en voyant la douceur dans les yeux de Remus. Ça aurait pu si je n'avais pas entendu ma proie se relever dans mon dos. Je fis volte-face, l'esprit à nouveau focalisé sur ma cible. Il tendait la main vers sa baguette. Avant qu'il ait eu le temps de l'atteindre, je lui mis un coup de pied dans l'estomac. Je tendis la main vers lui et serrai le poing lentement en me concentrant sur sa gorge pour l'étrangler à distance.
J'entendis des pas précipités, mais il n'y avait que cet homme qui comptait. Cette espèce d'ivrogne agressif dont le souffle manquait de plus en plus sous mon emprise. J'étais bloquée dans cette position, le regard planté dans celui de l'homme, attendant de ne plus voir de trace de vie dans ses putains d'yeux de fouine pour lâcher prise.
 
Deux bras m'encerclèrent avec force par derrière pour me faire baisser le bras. Ma proie prit une grande bouffée d'air, libérée de mon emprise.  
Je me dégageai de Remus en lui faisant une prise mais il se plaça entre moi et ma proie.

-           Arrête ! dit-il fermement.
-           Cet homme allait la tuer ! répliquai-je avec froideur.
-          Sirius a donné l'alerte aux flics. Elle est sortie d'affaire. Il ne pourra plus la toucher. Laisse-le maintenant !
 
La détermination de Remus à m'empêcher de retourner à la charge était aussi forte que la mienne à vouloir tuer cet homme. Parvenant enfin à me raisonner, je me détournai de ma proie. La pauvre femme s'était écroulée dans les bras de Lily qui essayait de la rassurer, lui apportant des mots et gestes de réconfort que je n'aurais jamais su trouver. La femme me lança un regard empli de reconnaissance. J'entendis du bruit au-dehors. Je me dirigeai vers la fenêtre brisée  et vis les policiers arriver en bas de l'hôtel. Je sortis de la chambre sans demander mon reste. Remus me suivit bien entendu.
 
-         Prue, où tu vas ?
-         Je sors.
-         Mais les policiers arrivent !
 
Je ne répondis pas et sortis par l'issue de secours, évitant ainsi les forces de l'ordre. Une fois dans la rue, Remus me rattrapa. Il me prit le bras pour me forcer à me retourner.
 
-         Tu vas me dire ce qui se passe ?! dit-il énervé.
 
C'était la première fois qu'il haussait le ton sur moi.
 
-         Je ne sais pas moi-même ! répondis-je sur le même ton. J'ai entendu des cris et... et j'ai eu une sorte de flash ! Je sais pas pourquoi mais j'ai jugé bon de me rendre sur les lieux ! Et j'ai bien fait sinon elle serait morte sans mon intervention !
 
Remus me regarda avec effarement.
 
-         Une nouvelle crise...?
-         Oui... Dumbledore avait raison... ça se développe...
 
Remus soupira et regarda vers la fenêtre de la chambre que nous venions de quitter. Je savais que je n'aurais jamais dû me comporter ainsi devant eux seulement... j'étais devenue incontrôlable. A l'instant où l'homme avait braqué sa baguette sur moi... c'était devenu entre lui et moi.
 
-         Je sais que je n'aurais pas dû l'agresser de la sorte, dis-je. Mais quand j'ai vu l'état de la femme et lui qui me visait de sa baguette... je n'ai pas réfléchi !
 
Une brise glaciale me gifla le visage. L'air frais me faisait un bien fou, car je bouillonnais intérieurement. Remus reporta son attention sur moi et me prit dans ses bras. Je resserrai l'étreinte. Je collai mon front au sien, mes mains sur ses joues, les yeux  fermés. J'avais besoin de ressentir ce courant électrique qu'il me provoquait après avoir été ravagée par le désir de meurtre. Après quelques secondes, on se sépara un tout petit peu. Je balayai doucement les quelques flocons tombés sur ses épaules.
 
-         On y retourne ? me demanda Remus.
-         Non, je ne préfère pas. Je n'ai rien à dire aux  flics de toute façon. Viens, on rentre. Les autres nous rejoindront.
 

 
| Poudlard – Hall d'entrée |
 
 
On arriva dégoulinants dans le hall. La chute de neige s'était intensifiée d'un coup et n'avait mis que quelques minutes à nous tremper, le temps que Rusard arrive au portail pour nous ouvrir. La neige avait fondu sur nous, mouillant nos vêtements gelés. Dans le couloir suivant, Remus s'arrêta, tremblant de froid. Je m'approchai de lui et posai mes mains au niveau de son torse. Je me plaquai contre lui et me concentrai. Une toute petite flamme bleue vacilla sur ses vêtements trempés. Puis elle s'agrandit au fur et à mesure que j'influais sur elle. Le feu, d'un bleu électrique, se répandit sur nos deux corps. Contrairement aux flammes oranges, celles-ci ne me faisaient pas bouillonner. C'était un doux souffle chaud qui nous caressait le corps.
 
 

~ Point de vue de Remus ~

 
Je m'arrêtai, soufflant dans les mains pour essayer de les réchauffer. J'étais paralysé par le froid, même les articulations me faisaient mal. J'étais parcouru de tremblements.  Prue s'approcha et se colla à moi. Ce simple contact suffit à me faire monter une bouffée de chaleur. Une toute petite flamme bleue vacilla sur mes vêtements trempés. Je la regardai avec curiosité. La dernière fois que j'avais vu ce bleu électrique, c'est lorsque j'avais calmé Prue lors de son altercation avec les Serpentard. Mais c'était bien la première fois que les flammes se répandaient sur moi. Je balayai tout souvenir, l'esprit enivré par ce phénomène incroyablement agréable. Nous étions tous les deux enflammés, et je savourai cet instant qui était pour moi la plus belle forme de magie. Une douce chaleur m'envahit, me réchauffant instantanément. Je souris lorsqu'on se serra davantage en même temps. Prue était comme ça. Il y a une demi-heure, elle était agressive en se battant comme une lionne... et maintenant elle était douce et affectueuse. Je fermai les yeux, ne pensant plus à rien, me délectant de ce plaisir. Je pris une profonde inspiration pour m'enivrer de son parfum et fronçai les sourcils en captant une odeur. Je rouvris les yeux et aperçus Dumbledore dans le dos de Prue. Il ne bougeait pas, nous regardant avec un sourire en coin. Prue sentit elle aussi la présence du directeur car elle se décolla de moi et se retourna pour suivre mon regard. Les flammes s'éteignirent petit à petit.
 
-         Une bien belle façon de se réchauffer, taquina le directeur.
-         Efficace surtout, rectifia Prue un peu raide.
-         Où sont les autres Maraudeurs ?
 
Je regardai Prue qui détourna les yeux, visiblement agacée.
 
-         Nous devons vous faire part d'un évènement qui est venu chambouler notre sortie, professeur, commençai-je sans quitter Prue des yeux.
 
Elle déglutit et releva les yeux sur moi, m'incitant à poursuivre d'un signe de tête. Dumbledore quitta bien vite sa figure joyeuse pour laisser place à l'attention et au sérieux.
 
-         Je vous écoute.
-         Je pense que tu es mieux  placée que moi pour raconter, dis-je à Prue.
-         Je le pense aussi, répondit-elle après un instant d'hésitation.
 

~ Point de vue de Prue ~

 
Putain, il avait fallu que Dumbledore vienne interrompre ce moment de pur plaisir entre nous. Et en plus, je devais lui raconter notre incident ! J'aurais apprécié que Remus laisse son rôle de préfet cette fois.
 
-         Ça a recommencé, lâchai-je.
-         Les crises ?
-         Oui. On se baladait tranquillement dans les rues de Pré-au-Lard quand j'ai entendu des gens se disputer... pourtant, je ne les voyais pas. Et puis, les cris se sont mis à résonner plus fort dans ma tête et j'ai eu un flash : j'ai vu le couple, comme si j'étais dans la même pièce. J'ai à peine eu le temps de voir où ils étaient que je revenais à la réalité. J'avais remarqué une fenêtre brisée, ce qui m'a permis de les localiser dans un hôtel à proximité. J'y suis donc allée, et j'ai cherché la chambre. Avec les hurlements qu'ils poussaient, ça n'a pas été difficile de les retrouver.
 
Je marquai un arrêt. Remus prit la suite.
 
-         Prue a fait irruption dans la chambre en question. Une femme était à terre. Son état laissait supposer qu'elle avait subi la torture. Son compagnon était complètement ivre. Il a menacé Prue de sa baguette...
 
Il hésita. J'avais le regard endurci à l'évocation de ce souvenir. Je savais que j'avais donné une nouvelle occasion aux Maraudeurs de me cerner. Je savais que je leur avais montré la facette la plus détestable de ma personnalité.
 
-         Et là je l'ai ... neutralisé, terminai-je avant que Remus ne le fasse.  Sirius a appelé les flics, j'ai quitté l'hôtel, fin de l'histoire.

Dumbledore m'analysa plusieurs secondes avant de reprendre la parole.
 
-         Neutralisé ? répéta le directeur, ayant compris que les choses n'avaient pas été aussi simples.
-         Oui, neutralisé, affirmai-je plus froidement. Il allait m'attaquer donc je l'ai mis hors d'état de nuire. Un problème avec cette partie de l'histoire ?
-           Prue, calme-toi, tenta Remus.
-          Tu crois que je suis aveugle ?! m'emportai-je. Ce regard apeuré et hésitant que tu as posé sur moi... le même que vous avez en ce moment, lançai-je au directeur.
-         Tu l'as à moitié étranglé !  rappela Remus.
-         Je me suis défendue Remus ! répliquai-je.
-         Pourquoi tu ne l'as pas stupéfixé ?
 
J'eus un instant d'arrêt. La faille était évidente. Si j'avais seulement voulu le neutraliser, j'aurais dû le stupéfixer... mais j'avais voulu aller tellement plus loin. Je soupirai avec agacement.
 
-         Je t'ai dit que je n'ai pas réfléchi sur le moment. Dois-je justifier tous mes actes ? demandai-je énervée.
-         Prue...
 
Je l'esquivai et partis, le pas rageur. Je ne supportais pas de voir cette lueur dans les yeux de Remus lorsqu'il les posait sur moi... il y avait à la fois de la crainte et de la colère. Je savais qu'il n'aimait pas cet aspect de ma personnalité, mais c'était plus fort que moi. J'étais cette louve, que ça lui plaise ou non !
 

~ Point de vue de Remus ~

 
Je soupirai en voyant Prue s'éloigner. Elle était vraiment sur les nerfs depuis plusieurs jours. Il fallait trouver une solution, elle ne pouvait pas rester comme ça.
 
-         Excusez-la, dis-je à Dumbledore. Elle est tendue ces derniers jours...
-         Depuis le dernier entretien que j'ai eu avec elle ?
-         Oui... elle était effondrée d'apprendre que sa mère avait été trahie par quelqu'un de familier...
-         Et une fois de plus, Prue a transformé son chagrin en haine...
 
Je soupirai, encore perturbé par le brusque changement d'attitude dont était capable mon amie. Elle pouvait passer d'une extrême à l'autre de manière imprévisible. Je saisis enfin pourquoi Dumbledore était si inquiet en parlant de sa double personnalité. Le directeur m'invita à le suivre dans les couloirs.
 
-         J'ai du mal à la cerner, avouai-je. Vous l'auriez vue tout à l'heure... ! Elle ne semblait pas vouloir s'arrêter face à son adversaire ! Pas tant qu'il bougeait encore en tout cas. Je ne la reconnais pas dans ces moments-là... toute cette violence... ce n'est pas elle ça.
-         C'est bien elle pourtant, dit Dumbledore à voix basse.
 
Mon c½ur rata un battement. Le directeur avait une façon de dire ça... assez troublante. Je repris néanmoins.
 
-         Je suis content qu'elle ait sauvé la vie à cette femme... mais d'un autre côté, j'avoue qu'elle est imprévisible. J'ignore jusqu'où elle serait allée sans mon intervention.
-         La question ne se pose pas... tu es intervenu, c'est le principal.
 
Mais je ne pouvais pas m'empêcher de me la poser ! J'avais vu une telle haine dans son regard... !  Une telle détermination !
 
-         Je sais, seulement... Prue renferme tellement de souffrance et de haine... j'ai peur de ce qu'elle serait capable de faire. Elle semble sans limite dans ces moments-là. J'ai l'impression qu'elle devient incontrôlable !
 
Dumbledore sembla hésiter à répondre.
 
-         Je peux me tromper bien sûr, tout n'est qu'hypothèse... commença lentement Dumbledore. Mais je pense sincèrement qu'il y a eu autre chose après le soir de ses cinq ans. Quelque chose qui l'a brisée et qui a fait naître sa... double personnalité.
 
J'eus un rire nerveux en me souvenant d'une ronde effectuée avec Prue récemment.
 
-         Elle me l'a avoué, oui... 
-         Vraiment ? s'étonna Dumbledore en arrêtant de marcher.
-        Oui... après l'accident... quand je lui ai demandé pourquoi elle avait autant pété les plombs à l'infirmerie, elle m'a confié qu'elle avait déjà perdu une personne par sa faute... et que ça l'avait brisée.
 
Une lueur de tristesse passa dans les yeux du directeur.
 
-         Le problème avec Prue... c'est qu'en plus d'avoir perdu des êtres chers, elle pense en être responsable. Tu étais là lorsque je tentais de la rassurer sur son acte concernant le souvenir de ses cinq ans... tu as vu sa réaction... elle se haïe de toute son âme pour avoir retourné l'arme contre sa propre mère. Jusqu'à ce que je lui apprenne que sa mémoire avait été trafiquée, elle pensait être l'assassin de sa mère. Elle se sent monstrueuse pour ça. Le souvenir de cette nuit lui rappelle à chaque instant son geste. Et si elle avait grandi en entretenant cette noirceur ?
 
J'eus l'impression qu'un flash me percutait de plein fouet. Je me souvins d'une phrase qu'elle avait prononcée juste après avoir découvert sa véritable identité :
 
-         «   Je ne sais plus qui je suis... et ce que je suis devenue a perdu du sens... » soufflai-je avec effarement.
 
J'avais l'impression que des pièces de puzzle s'assemblaient lentement... mais que le dessin était toujours aussi abstrait à mes yeux.
 
-            Que dis-tu ?
-         Elle m'a dit ça l'autre jour. Quand vous lui avez appris que ses souvenirs avaient été trafiqués... qu'elle s'appelait Halliwell... Prue était perturbée parce qu'elle a souffert depuis ses cinq ans d'avoir tué sa mère alors que c'est peut-être faux.
-         « Ce que je suis devenue a perdu du sens » ? répéta Dumbledore en réfléchissant.
-         Que voulait-elle dire à votre avis ?
 
Dumbledore ne répondit rien et s'arrêta sur le pont pour s'accouder au bord. Il regardait le paysage, pensif. « Ce que je suis devenue a perdu du sens ». Je secouai la tête. Qu'était-elle devenue ? Je ne pouvais pas nier la peur qui s'installait en moi chaque fois qu'on abordait le sujet. Quelque part, je redoutais de la connaître complètement. J'avais un mauvais pressentiment qui amplifiait à chaque nouvelle facette révélée. Mystère, passé douloureux, violence, combat, puissance, dangerosité... qu'est-ce que l'avenir me réservait encore ? Alors qu'elle semblait si douce et proche de nous. Dumbledore avait raison, elle avait une sorte de double personnalité, et je craignais chaque fois que j'affrontais son... espèce de côté sombre. Quelque part, elle n'était pas si différente de Sirius. Sourire bienveillant sur le visage qui masquait une souffrance intérieure. Douceur avec les amis et violence avec ses ennemis. Mais cette agressivité, avait-elle la même limite que mon ami ? Savait-elle s'arrêter ? 
 
-       Il ne fait aucun doute qu'elle s'est préparée à affronter un jour les responsables de l'attaque... répondit lentement Dumbledore. Tu as bien vu comment elle s'en est pris à moi lorsque je lui ai fait découvrir le miroir. Je voulais tester sa réaction, et elle a malheureusement réagi comme je le craignais.
 
Je baissai la tête. Prue m'avait avoué juste après qu'elle tuerait ces personnes le jour où elle les retrouverait.
 
-         Prue a grandi en nourrissant au plus profond d'elle le désir de vengeance, continua Dumbledore. Je ne me permettrai jamais de la juger. Prue aimait énormément sa famille. Elle a été privée d'une belle enfance auprès de ceux qu'elle aimait... et justice n'a jamais été rendue. La quantité de souffrance et de haine qu'elle retient dans sa carapace depuis tout ce temps fait d'elle une vraie bombe. Une bombe aussi redoutable par sa puissance que son instabilité.
 
Je soupirai face à ce triste bilan sur mon amie.
 
-         Je donnerais cher pour connaître la vérité sur elle... murmurai-je.
-         Tout comme moi. En particulier sur ce qu'elle a vécu après l'attaque. Je sens que cette zone obscure est d'une importance capitale... si seulement nous avions un moyen de découvrir ce qui a suivi...
-         Elle a dit qu'elle avait été amenée directement à l'orphelinat...
 
Dumbledore détourna le regard, et je perçus de suite une certaine gêne de sa part.
 
-         Professeur ?
-         Je crains que Prue ne soit jamais allée dans un orphelinat...
 
J'eus l'impression de recevoir un coup de lame en plein c½ur. Je levai les yeux  vers Dumbledore, effaré. Qu'avait-il dit ?!
 
-         Pardon ?!
-        Je me suis rendu à l'orphelinat de Little Hangleton... La directrice affirmait avec aplomb que Prue vivait effectivement dans l'orphelinat depuis plusieurs années. En discutant un peu et l'alcool aidant, j'ai fini par découvrir qu'elle n'y a jamais mis les pieds.
 
La lame s'enfonça davantage, se retournant à chaque mot prononcé par Dumbledore. Prue m'avait menti. Sur son enfance. A chacun de ses soi-disant moments passés avec la directrice qui justifiaient ses absences...  Pourquoi ? Ma gorge se serra. Dumbledore se rendit compte qu'il venait de frapper un grand coup en me faisant part de ses découvertes.
 
-        J'ai hésité à te le dire... confia Dumbledore. J'ignore pourquoi elle ne dit pas la vérité sur l'endroit où elle vit. J'ignore pourquoi elle refuse de nous avouer ce qu'elle a fait pendant toutes les années qui ont suivi la mort de sa mère. Mais ça ne veut dire qu'une seule chose : ce qu'elle cache est suffisamment grave pour aller jusqu'à fausser son passage dans un orphelinat.
-         Je n'arrive pas à comprendre... pourquoi avoir fait une chose pareille ?! C'est insensé !
-         Au contraire, je pense que Prue a de bonnes raisons de rester dans l'ombre. Seulement, je doute qu'elle ait brouillé les pistes toute seule. Elle était trop jeune à l'époque pour être capable de manipuler ainsi une personne.
-         Donc selon vous, elle vit chez une personne, qui s'évertue à enfouir son passé ? Pour que personne ne sache ce qu'elle a traversé ?
-         Oui. Cette même personne qui a récupéré Prue au manoir des Halliwell après le drame. Cette même personne que Prue a volontairement occulté des souvenirs que nous avons visionné dans la Pensine. Ils se cachent mutuellement.
 
Je me sentais vidé. Qui ça pouvait bien être ? Pourquoi mentir sur sa vie ? Pourquoi ne pas dire simplement où elle habitait, et avec qui ?
 
-         Pourquoi agir ainsi ? demandai-je incrédule.
-         Je n'ai malheureusement pas le moyen d'avoir les réponses par moi-même. Prue est la seule à savoir, et elle ne dira rien. Peut-être que cette personne ne cherche qu'à la protéger. Nous sommes nous-mêmes obligés de garder le secret sur sa véritable identité pour la conserver à l'abri de la curiosité du monde.
 
J'espérais qu'il n'y avait que ça. J'espérais sincèrement que tous ces mensonges ne soient qu'un moyen de la protéger. Qu'il n'y avait rien d'autre autour.
 
-         Je ne sais plus quoi penser professeur, avouai-je abattu. Je pensais qu'elle me faisait confiance. Je pensais pouvoir lui faire confiance.
-         Tu peux lui faire confiance Remus. Elle tient beaucoup à vous. En particulier à toi. Elle l'a prouvé plusieurs fois. Je pense juste qu'elle est victime de son passé et qu'elle cherche simplement à le fuir en l'enterrant. Si je t'ai parlé de tout ça, c'est parce que je pense sincèrement que tu peux l'aider à s'en sortir. Il serait dommage de laisser un être tel que Prue mal finir. Mais si tu veux vraiment l'aider, ce que je vais te demander va te coûter un gros effort. 
-         Je vous écoute ?
-         Surtout, ne lui en parle pas. Fais comme si je ne t'avais rien dit. Fais comme si tu penses toujours qu'elle est à l'orphelinat.
-         Comment voulez-vous que je fasse ?!! m'énervai-je. Elle ment depuis le début !
-         Fais-le s'il te plait. Apprends à la découvrir avec des pincettes, sans la forcer, sans éveiller ses soupçons... c'est bien clair ? La confronter ne servirait à rien.
-         Qu'attendez-vous de moi ?
-        Continue d'être normal avec elle, comme si je ne t'avais rien dit. Tu as pu remarquer qu'elle faisait des progrès depuis l'an dernier. Elle s'ouvre davantage. Si tu te montres méfiant, elle s'enfermera à nouveau dans sa carapace et restera inaccessible. Ça ne doit pas arriver. Si tu veux  découvrir qui elle est véritablement, ne l'affronte jamais de face. Elle est fragile quand il s'agit de son passé, et c'est ce qui la rend si méfiante et redoutable. Je ne pense pas que l'histoire de l'orphelinat soit totalement un mensonge. Je crois simplement que ça signifie autre chose pour elle. Elle doit certainement faire un parallèle, sinon tu aurais senti le mensonge bien avant grâce à ton odorat.
 
Je ne dis plus rien pendant un moment, essayant de digérer ce que j'avais appris. Ça me faisait tellement mal que Prue m'ait menti... mais d'un autre côté, Dumbledore avait raison. Celle qui souffrait le plus dans l'histoire, c'était elle, et elle essayait juste d'oublier à sa façon. Maintenant qu'il me le faisait remarquer, c'est vrai que je n'avais jamais capté l'odeur du mensonge lorsque Prue parlait de l'orphelinat et de la directrice. Peut-être que tout cela n'était qu'une vérité transformée.
Je fronçai les sourcils en me souvenant des paroles du directeur. Il était allé loin dans son enquête au sujet de Prue... très loin même.
 
-         Monsieur, pourquoi vous vous intéressez tant à elle ?
-         ...Parce que j'ai déjà eu un cas similaire dans le passé... Je ne veux  pas recommencer la même erreur. Cette fois, je compte bien intervenir tant qu'il est encore temps. J'ai fait une promesse à sa mère il y a longtemps, et je tiendrai parole. J'ai vu Prudence pour la première fois quand elle était toute petite... je ne voudrais pas que le petit ange que j'ai connu tourne mal...
-         Je ferai tout pour que ça n'arrive jamais.
-     Et je suis persuadé que tu y parviendras. Tu n'as peut-être pas conscience ... de l'importance que tu as pris pour elle. Elle tient beaucoup à toi. Je crois qu'elle ne s'en doutait pas elle-même jusqu'à l'accident qui t'a envoyé à l'hôpital. Tu es probablement le seul à pouvoir l'atteindre parce qu'elle te fait confiance. Prue porte un masque impénétrable avec tout le monde, sauf avec toi. Tu es le seul à pouvoir percer ses défenses. Alors continue dans cette voie, et ce n'est plus qu'une question de temps avant que sa carapace ne se brise totalement. Quelle que soit la vie qu'elle mène en dehors de l'école... c'est auprès de vous qu'elle se sent le mieux. Il ne reste plus qu'à faire en sorte que ça continue ainsi.
 
Je baissai les yeux, le c½ur gonflé par les révélations du directeur. Les mensonges de Prue resteraient comme une blessure dans mon poitrine, difficiles à guérir. Et en même temps, j'étais bien plus inquiet pour elle qu'auparavant. Quel que soit son secret, je savais désormais qu'il était énorme, et lourd de conséquences.

 
| Tour de Gryffondor |

~ Point de vue de Prue ~

 
J'avais les mains crispées sur la pierre finement gelée, le regard perdu dans le paysage enneigé. Les flocons avaient cessé de tomber, rendant l'environnement calme et immobile. Je repensais à ce que j'avais fait dans la chambre d'hôtel... et je regrettais. Pas de m'en être pris à l'homme. Ça jamais. Non, je regrettais d'avoir à nouveau montré une facette violente aux Maraudeurs. Je n'aimais pas qu'ils voient ce visage imprégné de haine. Ce regard assassin. J'avais une fois de plus perdu le contrôle. Seul Remus m'avait ramenée à la raison. Encore. Que devait-il penser de moi ? Je fermai les yeux douloureusement. Je n'osais imaginer la discussion qu'il avait avec Dumbledore. Je craignais d'avoir brisé quelque chose entre nous à force de me montrer agressive. Je m'étais encore montrée menaçante lorsqu'il s'était  interposé. Une décharge désagréable me parcourut à l'idée qu'il finisse par se lasser de mes sauts d'humeur. De ma carapace. De mon passé.

 


Je sursautai légèrement en sentant deux mains se poser avec douceur sur mes épaules. Je me retournai, surprise de voir Remus. Comme s'il avait senti mes angoisses à son sujet. A notre sujet. J'étais incapable de savoir ce qu'il en était désormais. Remus souriait faiblement et pourtant, je lus dans son regard de l'hésitation. Je baissai les yeux, redoutant la suite. Mais Remus garda le silence. Il se contenta de rester face à moi. Alors c'est moi qui me lançai.
 
-         Je suis désolée, Remus. Je sais que tu n'aimes pas le côté que j'ai montré tout à l'heure... ni mes mystères. Mais c'est ce que je suis.... c'est ma vie.
 
Remus eut un rire nerveux. Il me releva le menton avec douceur pour me forcer à le regarder.
 
-         Moi aussi je suis désolé Prue. Je sais que tu n'aimes pas qu'on essaie de percer ta carapace... mais je le ferai. Parce que ta vie... je veux continuer à en faire partie.
 
Il me déposa un baiser si près des lèvres que même une chute vertigineuse en arrière depuis le haut de cette tour n'aurait pu me provoquer plus d'effet.

Chapitre 37 : Douloureuse vérité



Il a été long à arriver, mais ça y est, il est là ! Je tiens à m'excuser pour le retard, mais ma longue période d'examens s'est achevée cette semaine, et j'avoue avoir ressenti le besoin de décompresser après deux années intenses, et j'avais pleins de trucs à faire aussi, donc le temps m'a manqué pour écrire. Comme ce chapitre est assez important (et long, je pense que vous l'avez remarqué), pas question de le bâcler, d'où l'attente. Surtout que je l'ai un peu allongé pour me faire pardonner du temps de la publication.


Merci pour les messages d'encouragement (et d'impatience :P), ça me booste ! D'ailleurs au sujet du temps d'attente, j'essaie de mettre la date de publication sur l'article des nouveautés (au début du blog) pour vous tenir informé de mon avancée. Pensez à y jeter un coup d'oeil en fin de semaine ;)
Bref ! Qu'avez-vous pensé de ce chapitre ? Je ne vous ai pas perdu en route ? xD Comme toujours, vos impressions, questions, avis, quels qu'ils soient, sont les bienvenus !
Courage à ceux qui bossent encore, et les autres, détendez-vous bien !
Le mot de Tracker et l'aperçu du prochain chapitre seront en ligne demain.
Gros bisous
 

Tags : L'histoire d'un assassin - Partie 1 : L'amour d'un Assassin - tome 1

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Comments :

  • Dum-Cha

    22/12/2016

    Encore des des doutes pour Dumbledore.. espérons qu'il saura découvrir la vérité ce vieux renards

  • LeMaitreDesLieux

    25/10/2015

    encore un chapitre parfait et pleins de découvertes, bravo ! :)

  • fichp-lifealwaysrestart

    06/09/2015

    Hoho.. Si Dumbledore pense à Voldemort en voyant Prue ça sent le roussi... J'ai beaucoup aimé la discussion Remus/Dumbledore, presque autant que la discussion Prue/Jack dans le chapitre précédent. Quant à ses pouvoirs de télépathe, j'ai hâte de voir comment ios vont évoluer

  • harry-potter-8-fic

    12/07/2014

    magnifique chapitre.
    c'est bien que remus reste auprès d'elle.
    et dumbledore est vraiment un géni

  • MikaWolfeHP

    05/07/2014

    Oh myyyy goooood! Ils sont proche de la vérité!!! Remus va finir par deviner! Ou Dumbledore! Je le sens! Il a même parler de Voldemort en parlant d'une erreur passée! Je sens qu'il va bientôt faire le lien!!!! :D

  • hostfresh-HarryPotter

    24/06/2014

    Et voilà petit a petit Remus découvre Prue.....

  • Harry-Potter-generationx

    12/06/2014

    Coucou ! :D

    Je ne me souvenais plus si j'avais déjà commenter ton nouveau chapitre, on dirais que non ;)
    Ahhhhh .... attendre une semaine pour un chapitre c'est trop dur maintenant que j'ai pris l'habitude de lire au moins 2 chapitres par jour ! :'(

    Suuuuuuuper chapitre ! Rien a re-dire ! ;)
    Je m'y attendais juste pas que la maman de Prue connaissait Cobra, j'étais persuadé que Voldemort était mêlé à l'attaque de prés ou de loin, c'est vrai que c'est vachement suspect quand meême qu'il débarque juste après les événements ... Mais bon après, il lui a fait quand même des petites filles alors ... ;)

    Eh bien ... les Maraudeurs n'ont pas fini d'en voir de toutes es couleurs avec elles. En plus j'ai l'impression que Dumbledore perce son secret doucement, s'il était si proche de la maman de Prue il ne pouvait ignorer que son père est l'un de ses élèves préféré qui a si mal tourné ...

    RHA !!!!!!!!!!! Encore des questions et des questions comme dans tous les chapitres précédents ! :'(

    J'a trop hâte de lire la suite !!!!! :D

    Bisous

    Camille

  • Hurricany

    10/06/2014

    Oui , bien sûr que je souhait être dans la liste des prévenus pour les chapitres à venir ! :)

  • clochinettedu76

    10/06/2014

    Coucou !
    Un superbe chapitre pleins de révélations comme je les aime ! Dumbledore semble chaque fois se rapprocher un peu de la vérité, meme si il est surement loin se douter que Prue mène une double vie comme celle ci :)
    Dans quel état doit etre Remus ! Il doit etre completement bouleversé après ce qu'il vient d’apprendre... Et puis juste une petite question sur la toute fin du chapitre... POURQUOI EST CE QU'IL N'A PAS VISE LES LEVRES DE PRUE !!?? C'est pas compliqué quand meme ! Il veut peut-etre qu'on lui montre comment on fait pour embrasser une fille ?!

    Toujours hâte de lire la suite, surtout avec ces révélations ! (et désolée pour mon petit pétage de plomb sur le fait que Remus n'ait pas embrassé Prue, mais j'aimerai un jour le voir, ou le lire serai plus exact, ce moment là)

  • assassin-maraudeurs

    10/06/2014

    Hurricany wrote: "Bon sang ! Remus aurait pu viser les lèvres quand même ! Super chapitre ! Plein de rebondissement ! La perte de contrôle de Prue était géniale... C'est toujours un réel plaisir de lire tes écrits ! J'espère que Mumus va vite se remettre de ses émotions, dû à la bombe que nous à lâché Dumbledore ! Bisous et à la semaine prochaine !"

    Et bien merci beaucoup pour ton commentaire ! =)
    C'est vrai que Remus aurait pu mieux viser, mais il garde en tête l'échec lors de sa dernière tentative. Il préfère ne rien brusquer, surtout lorsque Prue a des moments de faiblesses.
    Remus va avoir droit à son lot d'émotions pour les chapitres à venir...
    Souhaites-tu être ajoutée à la liste des prévenus pour la mise en ligne des chapitres ?
    Bonne journée !

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