Chapitre 38 : Le sort s'acharne sur Remus

« Il n'y a décidément aucune justice... le sort a le don d'être intraitable avec les personnes qui le méritent le moins. A ce stade, c'est de l'acharnement. Mais cette fois, je jure d'intervenir à temps. Je ne laisserai pas Remus se prendre une seconde lame dans le c½ur.»
 
Chapitre 38 : Le sort s'acharne sur Remus
 En haut, de gauche à droite : Lyall Lupin et Bradley Moser.
En bas : Remus et Prue.

 

 
| 15 novembre 1977 – Poudlard – Grande Salle – 7h30 |

 
Je finissais de manger mon bol de céréales, l'esprit rivé sur mes pensées. Depuis hier, il n'y avait que deux choses qui m'importaient : Cobra et Remus. Deux sujets aussi vastes et bourrés d'obstacles que compliqués. Deux sujets qui avaient le don de me mettre à cran. L'un parce qu'il m'étouffait de haine, l'autre parce qu'il attisait une flamme de plus en plus difficile à contrôler. Deux désirs bien différents m'abritaient quand je pensais à eux. J'avais de plus en plus l'impression de perdre la raison. Le baiser de Remus d'hier soir avait comme laissé une marque près de mes lèvres... jusque dans mon coeur. Et en même temps, alors que j'avais d'agréables pensées pour Remus, des vagues de haine me submergeaient à cause de Cobra, rendant mon humeur instable.

 


Les Maraudeurs ne discutaient pas trop pour une fois. J'avais jeté un froid en envoyant Sirius sur les roses. Il avait voulu plus de détails sur l'incident de la veille, et je n'étais pas disposée à lui en parler. Ils avaient tous envie de savoir comment j'avais pu deviner qu'un drame était sur le point de se produire. Seul Remus connaissait la réponse, et je n'avais pas envie que ça change. J'avais déjà deux personnes qui s'intéressaient de trop près à moi, je n'avais pas besoin d'allonger la liste.
 
A la fin du petit-déjeuner, on se leva de nos bancs, agrippant nos sacs respectifs pour aller en cours. A peine sortis de la Grande Salle, mon regard fut attiré par un homme qui discutait avec Dumbledore. Je sentis une onde désagréable me parcourir en remarquant son badge de flic à sa ceinture. Les deux hommes s'arrêtèrent de discuter et tournèrent la tête vers moi d'un même mouvement. Pas de doute, ce flic était là pour moi. Pour ce qu'il s'était passé hier. Il se dirigea vers moi, et je me préparai mentalement à toute éventualité.
 
-         Prudence Hunt ? appela le policier.
-         Oui.
-         Lieutenant Grings. Nous avons quelques questions à vous poser au sujet d'hier.
-         Je vous écoute.
-         Pas ici. Nous souhaitons vous interroger dans nos locaux.
 
Je jetai un coup d'½il à Dumbledore, qui ne semblait pas très enthousiaste. Je me tournai vers les Maraudeurs, conservant mon masque d'impassibilité.
 
-         Tu peux me garder ça ? demandai-je à Remus en lui tendant mon sac.
-         Bien sûr.
 
Remus semblait inquiet, et les autres Maraudeurs perplexes. Je n'y prêtai aucune attention, essayant de rester détachée. Il ne fallait pas que je montre de signe suspect devant le policier. Alors je reportai mon attention sur lui et le suivis d'une démarche tranquille. Je me doutais bien que cette histoire n'était pas terminée. Après avoir quitté les lieux aussi vite, c'était obligé que je sois interrogée.
 
 

| Ministère de la Magie – Salle d'interrogatoire |

 
-         Asseyez-vous Mademoiselle Hunt, m'invita le policier dès que l'on entra dans la salle d'interrogatoire.
 
Petite pièce carrée faiblement éclairée, avec une table et une chaise de chaque côté pour seul mobilier. Voilà à quoi ressemblent les salles classiques où les flics essaient de faire surgir la vérité. Je jetai un rapide coup d'½il à la vitre fumée qui prenait tout un mur, au-delà de laquelle je devinai les dispositifs d'enregistrement. Je pris place sur la chaise désignée par le lieutenant Grings. En tant que tueuse, j'avais souvent pensé au jour où un policier viendrait me chercher pour m'amener dans ce genre de salle. Mais je n'aurais jamais deviné que ce serait pour avoir sauvé quelqu'un.
 
-        Vous savez pourquoi vous êtes là ?
-        Parce que j'ai commis l'erreur d'aider une femme sur le point de se faire tuer par son ivrogne de mari ? proposai-je avec une pointe d'ironie.
-     Parce que vous êtes entrée par effraction dans une chambre et avez agressé un homme, répondit calmement le lieutenant en se rapprochant de la table.
-        Rectification... je suis entrée, le mec m'a menacée, je me suis défendue.
-       J'aimerais avoir votre version des faits. Le procès du mari est demain, et nous ne savons toujours pas comment expliquer votre intervention.
-         Je me baladais avec mes amis à proximité de l'hôtel. J'ai eu un flash qui m'a montré la dispute.
-         Un flash ?
-        Mon esprit m'a abandonnée quelques secondes... ça s'apparente à de la legilimencie si vous préférez. Sauf que c'était totalement incontrôlé. Mon esprit s'est connecté à un autre, très affaibli, et je me suis retrouvée mentalement dans cette chambre.
-         Vous avez consulté un médecin ?
-         Je ne suis pas malade lieutenant. Ce n'est qu'une manifestation magique qu'il va me falloir apprendre à maîtriser.
-        Poursuivez.
-      Pendant mon flash, j'ai vu ce couple se disputer violemment. La femme était en mauvaise posture. J'ai localisé l'endroit et je m'y suis rendue pour agir avant qu'il ne soit trop tard. Une fois sur place, j'ai neutralisé l'individu armé. Fin de l'histoire.
-         Courageux. Pourquoi n'avez-vous pas attendu l'arrivée des policiers ensuite ?
-       Ces flashs ne sont pas sans conséquence... une fois la menace contrôlée, j'ai eu besoin de quitter les lieux. De prendre l'air, vous comprenez ?
-      En parlant de « contrôle »... les témoignages à votre sujet sont éloquents... vous semblez être une bête de combat.
 
Grings ne me quittait pas des yeux. Moi non plus d'ailleurs. Je savais qu'avec ce genre d'individu, je n'avais pas le droit à l'erreur. Il fallait que je choisisse mes mots avec soin, que je contrôle mes réactions, et même mes expressions du visage. Ne rien laisser paraître. C'était primordial ici.
 
-         Vous devez certainement déjà le savoir, puisque vous avez discuté avec le professeur Dumbledore, fis-je remarquer. Je suppose qu'il vous a fait part de mes talents de duelliste.
-         Il m'a effectivement fait savoir que vous étiez capable de battre votre propre professeur.
-         Alors pourquoi êtes-vous surpris que j'arrive à maîtriser un homme saoul ?
-         Ce que je me demande, c'est où avez-vous appris à vous battre ? Vous êtes jeune, et d'après votre directeur, vous saviez vous servir d'une baguette aussi bien pour vous défendre qu'attaquer avant même d'entrer à l'école.
 
Enfoiré de Dumbledore ! Il devrait apprendre à tenir sa langue. Je haussai les épaules, toujours aussi indéchiffrable.
 
-         Nulle part. Chacun a ses points forts. Moi, c'est le combat.
 
Il haussa les sourcils, peu convaincu de ma réponse.
 
-         J'aimerais une vraie réponse, dit Grings.
-       Je vous l'ai donnée. Maintenant, si vous n'avez rien d'autre à demander en rapport direct avec l'affaire, je vais vous souhaiter une bonne journée.
 
Le lieutenant soupira et me fit signe de me lever. Il me guida jusqu'au hall du Ministère pour que je rentre à Poudlard, via le réseau des cheminées. Alors que nous n'étions plus qu'à une dizaine de mètres, mon attention fut inexplicablement attirée par un homme pourtant banal. Taille moyenne, cheveux châtains, une fine barbe, un air plutôt calme... mais déterminé. Je ne le quittai pas des yeux lorsqu'on se croisa. Il ne se sentit même pas observé tellement il était concentré. Ses mains se balançaient faiblement, au rythme de sa démarche. Il portait une chevalière, et je trouvai étrange qu'il la mette par-dessus de fins gants noirs. Je m'arrêtai et me retournai pour continuer à le suivre du regard. Ce détail était suspect. Personne ne ferait une chose pareille, à moins d'avoir envie de ...
 
-         Mademoiselle Hunt ?
 
* Cible en visuel *
Je secouai la tête pour chasser cette voix étrangère de ma tête. Une seconde... « cible » ? Je jetai un coup d'½il bien au-delà de l'étrange homme pour voir qui se trouvait sur son chemin. Taille moyenne, brun à la coiffure négligée avec une barbe de quelques jours, je reconnus de suite le lieutenant Bradley Moser. C'était un flic de la Brigade Criminelle Magique très connu, réputé pour son taux de résolution assez élevé, ainsi que ses nombreux témoignages à la presse. Il marchait dans la direction de l'étrange homme, le nez plongé dans un dossier. Instinctivement, je suivis l'inconnu, ayant un mauvais pressentiment.
 
-         Mademoiselle Hunt ?!
 
J'accélérai le pas, les yeux rivés sur le dos de l'homme. J'avais l'impression que tout avait disparu autour de moi. Tout sauf lui, et Moser. Ce dernier, toujours dans sa lecture, ne se rendait pas compte du danger qui approchait de lui à pas de plus en plus précipités. Lorsqu'il ne fut plus qu'à trois mètres de Moser, il leva le bras en faisant mine de se gratter le visage de la main qui portait la chevalière. Prête à parier que ce bijou servait d'arme, je dégainai ma baguette et lui fis faire un vol plané, l'éloignant de Moser. L'homme se releva d'un bond, me foudroyant du regard. Je faillis me recouvrir de ma tenue de tueuse par réflexe pour me protéger de tout contact avec ce bijou suspect, mais c'était le dernier endroit où j'avais intérêt à montrer le masque de Tracker. Moser venait enfin de relever la tête de ses dossiers et nous regarda avec incompréhension. Comme tout le monde d'ailleurs. Ma cible en revanche me lançait un regard assassin. Je venais de lui faire manquer sa proie. Cette pensée me décocha un mauvais sourire.
 
-         Raté ! provoquai-je.
 
L'homme sortit sa baguette, mais je ne lui laissai pas le temps de jeter un sort, engageant le duel. La réaction ne se fit pas attendre. Une bande de policiers et d'Aurors nous encercla, baguette pointée sur nous deux. Ils nous ordonnèrent de cesser le combat, mais nous étions incapables d'y prêter la moindre attention. Il n'y avait plus que lui et moi désormais. Je parai une attaque de mon adversaire et lui renvoyai, le mettant à genoux. Les forces de l'ordre avaient resserré leur cercle autour de nous et ne cessaient d'ordonner de poser nos baguettes. J'étais sur le point de laisser mon adversaire aux mains des autorités lorsque je le vis se relever.

 

-      Tu vas me payer ça ! cracha mon adversaire en me menaçant de sa baguette.

 

Geste qui me propulsa une décharge dans tout le corps. Je fis un mouvement circulaire avec la baguette pour dessiner un rond autour de nous. Un périmètre infranchissable. Ma cible s'approcha, les traits de son visage déformés par la haine. Il leva les poings, prêt au combat. Même désarmé, il refusait de s'avouer vaincu. Je rangeai ma baguette et me dirigeai vers lui, bien décidée à lui mettre une raclée pour un tel affront. Dès que j'approchai, il se jeta sur moi, et j'esquivai son attaque d'un bond sur le côté. Je répliquai immédiatement en lui mettant un coup dans les côtes. Mon adversaire poussa un gémissement et me fit face à nouveau. Nouvelle attaque de sa part, il essaya de me toucher avec sa main portant la chevalière. Je le saisis au bras, et l'envie de retourner son arme contre lui me démangea un instant. Estimant que ce n'était pas une bonne idée de tuer devant des flics, je me contentai de lui mettre un coup de pied dans le genou. Il laissa échapper un cri sous la douleur. Il tenta de rester debout, et cette fois, je n'attendis pas une nouvelle attaque pour lui mettre un puissant uppercut dans la mâchoire. Mon adversaire tomba en arrière, k.o. Je fis disparaître la ligne qui avait retenu les flics et me dirigeai vers les cheminées, mais je fus arrêtée par Moser. J'eus l'impression de redescendre sur terre en croisant son regard noisette qui avait l'habitude de braquer ses interlocuteurs.
 
-         Nouvel interrogatoire mademoiselle Hunt, lança Grings en nous rejoignant.
-      Ce ne sera pas nécessaire, intervint Moser. Acceptez-vous un café ? J'aimerais discuter quelques minutes avec vous.
 
Que les choses soient claires, ce flic était sans doute le meilleur d'Angleterre. C'était Maugrey version policier. Alors l'idée de me retrouver seule avec lui était... comment dire ? Déplaisante. Je n'étais pas de ces tueurs qui prenaient plaisir à jouer avec leur chasseur. J'étais plutôt de ceux qui faisaient en sorte de ne jamais les croiser. Et je savais bien qu'en tant que membre de la BCM, Moser avait eu plus d'une occasion d'enquêter sur mes meurtres. D'un autre côté... comment refuser ? J'en paraîtrais encore plus suspecte. J'étais piégée.
 
-         Ok, dis-je. Ne touchez pas directement la chevalière, lançai-je à Grings.
 
Je suivis Moser jusqu'à son bureau. J'eus une fraction d'hésitation avant d'entrer, n'appréciant pas l'idée de me retrouver en tête à tête avec lui sur son territoire. Je jetai un coup d'½il à la pièce. Petite, un simple bureau où des dossiers étaient empilés, quelques cadres accrochés aux murs. Ca se voyait qu'il ne devait pas passer beaucoup de temps dans cet endroit.
 
-         Asseyez-vous, invita Moser en me désignant un fauteuil en face de son bureau.
 
Il s'installa à son tour, attrapant à la volée un plateau qui arrivait doucement alors qu'une cafetière servait deux tasses.
 
-         J'ai entendu parler de vous à propos d'hier, commença le lieutenant en me tendant une tasse.
-         Vraiment ?
-         Vous avez certainement empêché un drame. Nous d'habitude, on arrive juste après qu'il se soit produit.
 
Sa remarque me décocha un sourire. Il essayait de faire celui qui était de mon côté.
 
-         Coup de chance pour la femme. Je passais dans le coin quand j'ai entendu ses cris.
-         Et pour moi ? Comment avez-vous senti le coup venir ?
-         J'ai un bon instinct.
-         Ça ne me suffit pas.
-         C'est pourtant la réalité.
 
Un petit duel visuel s'entama. Moser savait que je ne lui disais pas tout, et moi je ne voulais pas faire durer la conversion.
 
-         J'aimerais ne pas avoir à poursuivre cette discussion dans une salle d'interrogatoire, lança Moser calmement tout en continuant à me braquer du regard.
 
J'eus un petit rire. Evidemment, jouer aux mystères avec un flic a de fortes chances pour piquer trois fois plus sa curiosité.
 
-       Sincèrement lieutenant, je n'ai rien de plus à ajouter. Ce type a retenu mon attention lorsque je l'ai croisé. Je trouvais bizarre qu'il porte une chevalière par-dessus son gant. Je n'avais aucune certitude sur la menace lorsque je l'ai attaqué.
-         Hum. Et bien je vous suis reconnaissant d'être intervenue en tout cas, car je n'avais rien vu venir.
 
Je répondis d'un simple hochement de tête. Moser but une gorgée de son café encore fumant.
 
-         J'ai été assez impressionné par votre duel, reprit Moser. Vous avez agi vite et avec beaucoup d'efficacité.
 
Ce fut à mon tour de prendre une gorgée de café. Je ne voulais pas m'aventurer sur le même terrain que lors de mon interrogatoire.
 
-         Le lieutenant Grings pourra vous confirmer que je suis effectivement assez douée dans ce domaine, répondis-je avec un sourire.
 
Je terminai ma tasse d'un trait et la reposai sur le plateau. Je me levai après avoir jeté un coup d'½il à ma montre.
 
-         Si vous voulez bien m'excuser, je vais rentrer à Poudlard maintenant, informai-je en tendant ma main.
 
Moser m'adressa un sourire entendu qui s'effaça lorsqu'il baissa les yeux sur ma main. Il eut un instant d'hésitation avant de la serrer, et je crus un moment avoir vu ses traits se tirer. Qu'est-ce qui l'avait perturbé ? Mon tatouage ?
 
-         J'espère qu'on se reverra Mademoiselle Hunt, dit-il en relevant les yeux sur moi.
 
Sa voix était plus basse, son regard interloqué. Il était temps que je parte.
 
-        On se reverra, assurai-je. Je ferai partie des apprentis Aurors en septembre prochain.
 
Moser haussa les sourcils et retrouva un faible sourire.
 
-          Je vous raccompagne.
 
Quel soulagement de sortir de ce bureau. Même si je n'y étais pas restée longtemps, j'avoue avoir senti ma barre de stress monter d'un cran. Je n'appréciais pas me retrouver seule avec un flic. Je souris toute seule à cette pensée. Si j'avais déjà du mal à prendre un simple café avec l'un d'entre eux, qu'est-ce que ça allait être à la rentrée prochaine ?!
 
Je fus ramenée brusquement à la réalité par un cri enthousiaste... un peu trop aigu à mon goût. Je tournai la tête et découvris une femme blonde frisée, maquillée comme une poupée, qui me souriait de toutes ses dents blanches. Je haussai les sourcils et lui lançai un regard noir au-delà de ses lunettes rectangulaires. Qu'est-ce qu'elle avait à rester sur mon chemin et à me regarder comme un objet de décoration intéressant ? Son sourire pimbêche me rappela malheureusement l'identité de la personne que j'avais eu le malheur de croiser : la très énervante Rita Skeeter, journaliste épuisante.
 
-         Ma chère ! Me feriez-vous l'honneur d'accepter une interview ?
-         Fous-lui la paix Skeeter, aboya Moser.
 
La plume qui tenait en l'air toute seule devant un calepin se pointa vers le lieutenant en même temps que Skeeter lui lançait un regard courroucé.
 
-         Et la liberté de la presse alors ?! s'offusqua la journaliste.
 
La plume cracha un jet d'encre sur le costume du policier avant de se pointer dans ma direction.
 
-        C'est bon lieutenant, intervins-je en voyant Moser sur le point d'exploser. Vous avez deux minutes, dis-je à Skeeter.
-         Parfait ! Alors pour commencer, pouvons-nous connaître votre nom ?
-         Prudence Hunt.
-         Et quel âge avez-vous, ma chère ?
-         Dix-sept ans.
-         Une jeune héroïne à peine majeure !
 
Je fronçai les sourcils. Héroïne ? Avais-je bien entendu ? L'envie de rire me saisit, mais je me retins. La plume écrivait si dynamiquement sur le calepin que je me demandai comment elle ne traversait pas le parchemin.
 
-         Dites-nous tout ! reprit Skeeter. Que ressentez-vous en ce moment ? Après avoir sauvé la vie à une femme hier, vous empêchez aujourd'hui un attentat contre le lieutenant Moser !
 
Les médias = l'art d'amplifier les informations pour faire tout un plateau d'un fait divers. Skeeter semblait vibrer de l'intérieur, comme si elle détenait un scoop palpitant. Ok, je venais de sauver la vie du flic le plus apprécié d'Angleterre... mais pas besoin de trop en faire non plus, j'avais maîtrisé le type en moins d'une minute.
 
-         Rien de particulier. J'ai juste envie de rentrer à Poudlard.
 
Skeeter sembla déçue, ce qui me fit sourire.
 
-         Mais encore ?
-         Rien de plus, terminai-je.
 
La plume s'arrêta d'écrire et me pointa. C'est fou, j'avais l'impression que cette chose me regardait, qu'elle avait une âme. C'était désagréable comme sensation.
 
-         Comment ça, « rien de plus » ? Vous n'avez pas eu peur ?
-         Non.
-         Quel sang-froid ! Digne d'une vraie combattante !
 
J'étais exaspérée de voir qu'elle s'excitait toute seule. Le lieutenant m'adressa un regard qui en disait long sur sa pensée. Note pour l'année prochaine : se tenir le plus loooooin possible de cette femme. Question de sécurité... Pour elle.
 
-         Comment avez-vous deviné les intentions du « meurtrier » ?
-         Je l'ai trouvé bizarre. Il s'est grillé tout seul.
-      Quelle observatrice ! Et pourquoi avez-vous formé... cette espèce de périmètre autour de vous pendant le duel ?
-         C'est moi qui ai débusqué le gibier... il est normal que sa prise me revienne.
-         Une chasseuse ! Taillée pour rejoindre vos rangs, n'est-ce pas lieutenant Moser ?
-         Cette jeune femme vise un peu plus haut, confia le concerné.
-         Vraiment ? s'étonna Skeeter en me regardant à nouveau.
-         Je souhaite devenir Auror, précisai-je.
-         Et bien je suis prête à parier que l'on entendra beaucoup parler de vous !
 
Je pris conscience avec amusement que Skeeter allait écrire un article sur moi... un article que lirait certainement mon père. J'essayais de deviner sa réaction pendant que la plume continuait de s'agiter.
 
-        J'aimerais en savoir plus sur vous. Les gens ont envie de connaître leur jeune héroïne en détails ! Racontez-nous votre histoire, d'où vous venez, parlez-nous de vos parents, vos amis...
-         Vos deux minutes sont écoulées.
 
Je lui passai à côté sans rien ajouter et pris une poignée de poudre de cheminette pour regagner Poudlard. Je lançai un dernier regard à Moser, qui m'analysait avec un sourire en coin. Je lui adressai un clin d'½il avant de disparaître dans un tourbillon de flammes vertes.
 

~ Point de vue général ~

 
Rita Skeeter était offusquée que son interview se soit terminée aussi soudainement, alors qu'elle était sur le point d'aborder la vie privée de Hunt. Le lieutenant Moser quant à lui était plongé dans ses pensées. Sa rencontre avec cette jeune femme le perturbait énormément. Il lui avait proposé un café pour en apprendre plus sur son « héroïne » à l'instinct décidément bien aiguisé. Mais cette Prudence Hunt avait pris un tout autre intérêt en lui disant au revoir. Le tatouage qu'elle portait au poignet n'avait pas échappé au lieutenant. Cette vision lui avait provoqué une sacrée décharge. Comme une révélation. Un espoir. Parce qu'elle portait la même marque... elle avait l'âge, et elle avait prouvé qu'elle savait très bien se battre. A son âge, c'était plutôt remarquable. Mais ça pouvait être une coïncidence. Sans preuve, il ne pourrait pas espérer lui soutirer des informations. Prudence Hunt semblait réservée. Elle venait de le prouver en mettant fin à l'interview dès que les questions s'étaient orientées sur sa vie privée. A ce sujet, il lui faudra mener une petite enquête pour essayer d'en savoir plus sur elle, avant qu'elle n'arrive dans leurs rangs. Quelle bonne nouvelle... si ses soupçons s'avéraient justifiés, il pourrait enfin reprendre cette enquête qui le tenait tant à c½ur.

 
|  Poudlard – 10h30 |
 
~ Point de vue de Prue ~

 
Les Maraudeurs m'avaient assaillie en me voyant les attendre à la sortie du cours de Sortilèges.
 
-           Alors, comment ça s'est passé ? pressa Sirius.
-         Au sujet d'hier, bien. Les flics voulaient juste avoir ma version. C'est après que ça s'est corsé.
-           C'est-à-dire ?
-      Et bien je pense que la Gazette va me faire une affiche. J'ai empêché un type d'attaquer le lieutenant Moser.
 
Les Maraudeurs étouffèrent une exclamation.
 
-         Woaw, mais qu'est-ce qu'il s'est passé ? s'intéressa James.
 
Je haussai les épaules.
 
-         J'ai eu du flair, rien de plus, répondis-je en jetant un coup d'½il à Remus.
 
Le lycanthrope comprit de suite à mon regard que mon pouvoir s'était à nouveau invité à l'improviste. Mais pas question d'en parler maintenant. Pour l'heure, il était temps de nous rendre en cours de Métamorphose avec cette bonne vieille McGonagall.

 
| Salle commune des Gryffondor – 17h20 |

 
Remus et moi pouvions enfin nous isoler un moment. Pendant que les autres Maraudeurs finissaient leurs devoirs, Remus me rejoignit sur le canapé près du feu. Je le regardai s'asseoir avec un sourire. C'est fou, mais avant, ça m'énervait lorsque Remus me posait trente six mille questions sur moi. Depuis que j'avais partagé le souvenir de mes cinq ans... ça avait un peu changé. Je ne pouvais pas aborder n'importe quel sujet bien sûr, tout ce qui se rapportait de près ou de loin à Tracker devait rester profondément enfoui. Mais au moins, en ce qui concernait ma famille et mes pouvoirs, je pouvais discuter avec lui. Je dois reconnaître que ça me soulageait, raison pour laquelle je ne le repoussais plus comme avant. Il m'apportait du réconfort, c'était indéniable.
 
-         Je suppose que tu veux la vraie version sur mon « sauvetage » ? demandai-je à voix basse.
 
Remus hocha la tête avec un air d'évidence.
 
-         J'ai l'impression que mon pouvoir dépend... des émotions. Plus elles sont fortes, plus mes crises sont incontrôlables. Hier, l'homme était fou de rage, et la femme terrorisée, raison pour laquelle je n'ai pas pu résister. Mais tout à l'heure, l'homme qui a attiré mon attention était... calme. Du coup, je n'ai même pas perdu le contact avec la réalité. J'ai juste entendu quelques-unes de ses pensées dans ma tête.
-         Qu'est-ce qu'il pensait ?
-         « Cible en visuel ». C'est comme ça que je l'ai grillé.
-         Hum. On dirait que le lieutenant Moser a eu de la chance...
-         Oui... je doute qu'il serait encore vivant. Je suis sûre que sa chevalière est ensorcelée pour tuer d'un simple contact.
-         Hum... c'est une bonne chose que tu n'aies pas eu de flash cette fois. Peut-être qu'à force d'avoir des crises, ça va finir par s'atténuer.
-         Je l'espère...
 
Je laissai mon regard se perdre dans la cheminée, réfléchissant toujours. Mon pouvoir ne me faisait plus aussi peur. Si j'arrivais à le maîtriser... être capable d'entrer dans l'esprit des gens sans qu'ils ne s'en aperçoivent serait un immense atout supplémentaire.
 

| 16 novembre 1977 – Poudlard – Grande Salle – 7h30 |

 
Nous étions à table en train de discuter paisiblement. Un hululement se fit entendre, très vite suivi d'autres. J'avais l'impression que la même scène se répétait tous les matins. Les discussions cessèrent à cause du brouhaha strident provoqué par les centaines de hiboux qui s'engouffraient  dans la Grande Salle pour apporter le courrier. Remus attrapa le journal au vol et le posa à côté de son bol, machinalement, reprenant sa discussion avec James. J'attrapai à mon tour la Gazette, impatiente de lire l'article au sujet du petit incident d'hier.
 
Chapitre 38 : Le sort s'acharne sur Remus

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Je jetai un rapide coup d'½il à l'interview, m'attendant au pire. Mais finalement, Skeeter n'avait que peu modifié notre court échange. Elle me qualifiait juste de louve téméraire et glaciale. Rien de méchant.
Je posai donc la Gazette, essayant d'imaginer la tête de mon père en voyant la une. Je sens que je n'allais pas tarder à être contactée pour raconter les détails de l'histoire.

A la fin du petit-déjeuner, je suivis les Maraudeurs en-dehors de la Grande Salle. Je m'arrêtai nette en ayant une sensation de déjà vu : Moser était en train de discuter avec Dumbledore. Les deux hommes semblaient nous attendre car ils tournèrent la tête dans notre direction. Sauf que cette fois, ce n'est pas moi que le directeur regardait avec inquiétude... mais Remus.
 
-         Monsieur Lupin, appela Dumbledore. Nous aimerions vous parler.
 
Je n'aimais absolument pas le ton de sa voix, ni la lueur dans son regard. Moser n'en menait pas large non plus. Il avait cet air que réservent les policiers aux familles des victimes... lorsqu'ils ont une mauvaise nouvelle à annoncer.
Remus nous adressa un signe de tête, et je vis l'inquiétude traverser ses yeux. Si moi j'avais un mauvais pressentiment, je n'osais imaginer ce que Remus avait réussi à capter grâce à ses sens. Je suivis le restant du groupe à contrec½ur à travers les couloirs pour regagner le cours de DCFM.
 

 


Je ne parvins pas à me concentrer sur le cours de toute l'heure. Remus ne nous avait pas rejoints, et je ne pouvais m'empêcher de m'inquiéter pour lui. Je sentais qu'il était arrivé quelque chose de grave. Le professeur Maxwell avait bien essayé de me détendre en me lançant quelques vannes par rapport à ma soudaine célébrité dans les journaux, mais je n'avais pas réussi à décocher le moindre sourire.
A la fin du cours, je n'eus pas besoin de demander à James de sortir la Carte du Maraudeur pour qu'il la fasse apparaître dès le seuil de la salle franchi. On se rassembla tous les trois autour de lui pour l'aider à localiser Remus parmi le nuage de points en perpétuel mouvement.
 
-         Là ! s'écria Peter en pointant le haut de la tour de Gryffondor.
 
J'échangeai un regard inquiet avec Sirius. Ce n'était jamais bon signe lorsque Remus s'isolait. Sans se consulter, on prit naturellement la direction de la tour, incapables d'aller en cours sans savoir ce qui pouvait tracasser notre ami.

 


Une fois à quelques mètres, je laissai les garçons s'avancer. Remus se retourna en nous entendant arriver, et j'eus l'impression de prendre un coup de poing dans le c½ur. Son visage était décomposé par le chagrin, et son regard complètement éteint.
 
-         Remus... qu'est-ce qu'il se passe ? demanda James en redoutant la réponse.
 
Remus déglutit péniblement. Il lui fallut plusieurs secondes pour parvenir à murmurer :
 
-         Mon père a disparu...
 
Je sursautai sous l'effet de la surprise. Comment ça « disparu » ? Je fus la première à sortir de ma stupéfaction pour serrer Remus contre moi.
 
-         Qu'a dit Moser ? demandai-je au bout d'un moment.
-       Il voulait savoir si j'avais eu des nouvelles... mon père est sur une mission délicate depuis plusieurs semaines. Ses collègues ne savent pas s'il a disparu parce qu'il s'est fait enlever, ou s'il est juste dans l'incapacité de communiquer pour ne pas se faire griller.
-          Mission d'infiltration ?
-         Ça m'en a tout l'air. Moser n'a pas pu me donner de détails, c'est confidentiel bien sûr.
 
J'étais quelque peu rassurée.
 
-       Tu sais, ça arrive souvent que l'infiltré ne puisse pas donner de nouvelles.
-       Oui... mais dans son dernier rapport, il précisait qu'il pourrait rejoindre ses collègues dans une planque. Sauf qu'il ne s'y est pas rendu.
-       Il a peut-être eu un imprévu...
 
J'espérais que ce soit le cas. Sinon, si Lyall s'était vraiment fait griller, la suite des évènements allait être tragique. Il serait certainement torturé pour lui faire cracher des informations... avant d'être exécuté pour trahison. Un avenir odieux et inenvisageable... mais inéluctable si on ne le retrouvait pas rapidement. Il fallait que j'en apprenne davantage sur cette mission.
 

| 17 novembre 1977 – Poudlard – Cours de Potions – 13h |

 
J'étais très inquiète. Remus avait reçu une lettre le matin même, et depuis, aucune nouvelle. Il avait quitté la Grande Salle en prenant la Carte du Maraudeur avec lui, et il avait raté les cours toute la matinée.
En sortant des cachots, je prévins donc les Maraudeurs que je partais à sa recherche. Les laissant se diriger vers la Grande Salle, je sortis du château sans plus tarder. Je marchai d'un pas énergique dans la neige vers le parc pour vérifier qu'il ne soit pas près du lac. Ne le voyant pas, je changeai de direction pour me rendre à la Cabane Hurlante. Une fois devant le Saule Cogneur, je l'immobilisai pour pouvoir passer tranquillement. A l'intérieur, j'accélérai le pas. Je ne sais pas pourquoi j'étais impatiente de le retrouver. J'avais un mauvais pressentiment tout à coup. Je me dépêchai donc de monter les escaliers. Lorsque j'ouvris la porte à la volée, la scène que je découvris me stoppa nette. J'eus un flash qui me fit exploser le c½ur. Je ressentis une profonde colère m'envahir. Remus était à genoux, le visage tendu sous la douleur, la main droite se tenant le bras gauche pour stopper l'hémorragie causée par ses nombreuses entailles.
 
-         MAIS QU'EST-CE QUE T'AS FAIT ???!!
-         La vitre... souffla Remus.
 
Je levai les yeux sur l'unique fenêtre et vis en effet qu'une partie de la vitre avait explosé. Il avait dû mettre un coup de poing dedans, sauf que le verre l'avait taillé lorsqu'il avait retiré son bras. Je soupirai de soulagement. Ce n'était pas ce à quoi j'avais pensé. Juste un accident. Je me laissai tomber à genoux auprès de lui et passai doucement ma main sur ses plaies. Les flammes bleues léchèrent son bras, refermant les entailles comme si elles ne s'étaient jamais dessinées dan sa chair.
 
-         Merci, me dit Remus.
 
Je le pris dans mes bras, le serrant avec plus de force que jamais.
 
-         Qu'est-ce qui te prend de faire ça ? soufflai-je sans parvenir à masquer le reproche dans ma voix.
-         Je suis désolé, dit-il confus. Je voulais juste me défouler... le coup est parti tout seul, j'ai pas fait attention à la vitre.
 
Je soupirai et le serrai un peu plus contre moi. Je sentis mes yeux s'embuer malgré moi, incapable de repousser les souvenirs qui m'assaillaient.
 
-         Hé... Prue ? Qu'est-ce qui t'arrive ? interrogea Remus en se détachant de moi.  
-         J'ai cru...
 
Mais ma voix se coupa par l'émotion de ce souvenir atroce.
 
-         Tu as cru que j'avais fait exprès ?
-         Pardon d'avoir pensé ça, dis-je en baissant les yeux.
 
Il colla son front au mien, m'entourant avec douceur.
 
-         J'aime mon père... j'aime mes amis... et je t'aime. Je ne ferai jamais ça, même si je crève de douleur.
 
Je me dégageai un peu, surprise par son aveu. Il avait parlé avec un calme et une sincérité déconcertants. Je lui caressai la joue du bout des doigts et descendis doucement sur ses lèvres.  Je reposai mon front contre le sien, soulagée.
 
-         Tu as eu d'autres nouvelles ? demandai-je. 
 
Remus acquiesça lentement et se dégagea de moi. Il ramassa un parchemin plié abandonné sur le sol et me le tendit. Je devinai que c'était la lettre de ce matin.
 
 
Je repliai le parchemin lentement une fois ma lecture terminée, l'esprit en ébullition. Lyall avait écrit cette lettre juste avant de se lancer dans la mission il y a des semaines de cela, devinant que ça pouvait mal tourner d'un moment à l'autre. Et pourtant, malgré sa crainte et l'apparente difficulté de la tâche, il avait une détermination de fer à ne pas mourir. Evidemment, cela ne dépendait pas seulement de sa volonté. Mais cette lettre me rassurait sur une chose : si Lyall s'était fait griller, il ne parlerait pas, même sous la torture. Cela me laissait plus de temps pour agir. J'eus un faible sourire en tendant la lettre à Remus. Lyall tiendrait bon. Pour son fils.

| Dortoir des garçons – 22h10 |

 
Sirius, James et Peter tentaient de réconforter Remus. Celui-ci se sentait un peu mieux, entouré de ses amis. Quant à moi, je m'étais isolée près de la fenêtre. J'avais du mal à rester en place. Je pensais aux ravisseurs de Lyall... que je mettais un point d'honneur à retrouver. J'allais devoir mener ma propre enquête. Il fallait que je le retrouve avant qu'il ne soit trop tard. Je ne pouvais pas le laisser mourir. Après la mort d'Espérance, ce serait la pire chose qui puisse arriver. J'allais retrouver son père et le libérer. Peu importe ce que ça me coûterait. Je n'envisageais pas une mauvaise fin pour cette nouvelle épreuve à laquelle était soumis Remus.

Un étau familier me saisit le crâne, et je baissai mes défenses psychiques pour laisser entrer mon père dans mon esprit.
« Bonsoir Père »
« Bonsoir la jeune héroïne »
« Ah, vous avez lu l'article ? »
« Comment échapper à ta photo et à ton nom ? »
« Hum, alors, qu'en pensez-vous ? »
« Je suis un peu surpris par les nouvelles, mais je suis persuadé que tu as une bonne explication »
« En effet. »
« J'aimerais que tu viennes au manoir quelques heures demain pour m'en parler plus en détails. Et puis, j'ai un petit travail pour toi... »
 
Aïe, j'avais effectivement prévu de quitter l'école le lendemain, mais pas pour consacrer du temps à mon père.
 
« Ça ne peut pas attendre ? »
« Je crains que non »
« Ok. Je passerai »
 
 

| 18 novembre 1977 – Salle commune des Gryffondors – 7h |

 
Je m'étais levée de bonne heure pour pouvoir quitter l'école tranquillement. Premier jour de week-end, il n'y allait pas avoir foule dans les couloirs. Pourtant, au moins une personne était dans la salle commune.
 
-         Tu n'as pas réussi à dormir ? lançai-je en descendant les escaliers.
 
Remus se redressa du canapé.
 
-         Non, dit-il.
 
Je soupirai et me dirigeai vers lui.
 
-         Tu te lèves de bonne heure, fit remarquer Remus.
-         Je sais que ça tombe mal, mais il faut que je parte. Je n'en ai pas pour longtemps.
 
Remus soupira discrètement. Ça me serrait le c½ur de le laisser seul, mais c'était pour une bonne cause. Je ne pouvais pas retrouver son père depuis l'école... il fallait que je parte. Je pris son visage entre mes mains et lui déposai un long baiser sur le front.
 
-         Courage mon loulou... je reviens très vite, promis-je.
 
 

| Manoir Voldemort – Appartements du Lord |

 
-         Bonjour Père, lançai-je en entrant.
-      Bonjour. Alors, raconte-moi un peu toute cette histoire dont parlent tous les médias.
 
Je lui racontai alors ma sortie à Pré-au-Lard, ainsi que mon petit rendez-vous au Ministère, en prenant bien soin de ne pas révéler ma nouvelle maîtrise magique. Si mon père apprenait pour mon pouvoir, ses prochaines missions seraient beaucoup plus difficiles pour moi. Il pourrait me demander d'entrer dans l'esprit de n'importe qui pour servir ses projets.

-      Bref, toute cette histoire m'a tracée un boulevard pour entrer au Ministère, lançai-je pour terminer mon récit. Si j'ai les ASPIC - et je les aurai - je serais intégrée sans problème.
-         Toujours aussi opportuniste.
-         Exact. Vous m'avez parlé d'un travail à faire...
-     Oui. Nous avons un petit souci avec un prisonnier. Très coriace. Il a résisté à nombreux Mangemorts, et à moi-même... j'aimerais que tu tentes quelque chose toi aussi. Peut-être que tu sauras trouver le point faible.
 
Il y eut un silence. Je regardai mon père, réfléchissant quelques secondes. Je n'étais pas très enthousiaste à l'idée de torturer... j'avais une chasse très inhabituelle à mener...
 
-         Je vais faire mon possible, finis-je par lâcher.
-         Je veux des réponses. Tu as carte blanche.
-         Reçu.
 
Je lui adressai un bref signe de tête avant de quitter la pièce en remettant mon masque. Je descendis aux cachots et cherchai le prisonnier en question. Je m'arrêtai devant l'unique cellule occupée. L'homme était assis par terre contre le mur de gauche, les bras levés retenus aux poignets par des chaînes. Il avait la tête complètement relâchée, probablement inconscient. Son haut était déchiré de partout, dévoilant de vilaines blessures encore suintantes. Je serrai la mâchoire. Déjà que je n'étais pas motivée, mais alors m'acharner contre un gars déjà en piteux état...
Je soupirai et me concentrai sur le verrou qui se décala, me permettant d'entrer. Je m'accroupis face au prisonnier et relevai son menton pour voir son visage. Mon c½ur fit un bond et je dus retenir un hurlement d'effroi.
 
-         Lupin ?! m'étouffai-je.
 
Chapitre 38 : Le sort s'acharne sur Remus
 
Coucou ! Et voilà pour ce nouveau chapitre, qui va amorcer un nouveau tournant. Après s'être jurée de retrouver Lyall... voilà que Prue le retrouve dans l'antre de son père, avec pour ordre de lui délier la langue ... comme je suis mignonne (lol), je vous laisse une semaine pour imaginer la suite  :P D'ailleurs à ce propos, le mot de Tracker et l'aperçu du prochain chapitre sont déjà en ligne.
J'attends vos réactions, comme toujours, car ça m'aide énormément à améliorer l'histoire !
Au fait, vous n'avez pas eu de problème pour « ouvrir » la lettre de Lyall ?  J'ai fait une tentative pour ce chapitre pour essayer de changer un peu, plutôt que de mettre la lettre directement en entier...
Bref, je vous fais de gros bisous !

Tags : L'histoire d'un assassin - Partie 1 : L'amour d'un Assassin - tome 1

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Comments :

  • Dum-Cha

    22/12/2016

    Mise au pied du mur, elle est obligée de choisir..

  • fichp-lifealwaysrestart

    08/09/2015

    Comment Prue n'a-t-elle pas pu penser une seconde à son père pour avoir captué Lyall ?! Là elle est mise au pied du mur, elle est obligée de faire un choix : soit elle accepte de ne plus jamais pouvoir regarder Remus en face (ce dont je doute), soit elle trahi son père et subbit les conséquences...

  • harry-potter-8-fic

    12/07/2014

    Merveilleux.
    Je me doutait que le père de remus voulait "faire tomber" les mangemorts. Mais je ne pensais pas qu'il était prisonnier.
    J'ai hâte de lire la suite.

  • MikaWolfeHP

    05/07/2014

    Oh myyyyy goooooooooooooooooooooooooooooooooooood!!!!! Mais qu'est ce que
    Prue va faire?!? Tu sais que tu es vraiment sadique toi!? Pauvre Lyall!!

  • hostfresh-HarryPotter

    24/06/2014

    Nn mais comment elle va se sortir de la ?????

  • evanalinch-lunalovegood

    18/06/2014

    Pas de Pb du tout. J'ai trouvé ça génial.

    étonnée mais en même temps connaissant prue elle trouvera une solution pour le faire sortir sans que son père ne le sache

  • Selenba

    17/06/2014

    Euh... Elle est où la suite? Quoi?! C'est fait exprès? Ah mais non >.< C'est pas juste...
    Mais j'ai déjà mes hypothèses concernant la réaction de Prue et ce qu'elle "pourrait" faire :3
    Après c'est vrai que tu t'acharne sur le pauvre Remus comme si il n'avait pas assez de problèmes :s Mais bon.. Super chapitre rempli de suspense.. Et doublement vivement la suite!

  • clochinettedu76

    15/06/2014

    Coucou :(
    Je crois que l'on ne va pas s'entendre longtemps toi et moi... Déjà que la semaine dernière, j'ai pété les plombs parce que Remus n'avait pas embrassé Prue, mais là, en plus, tu coupes au meilleur moment ! Comment peux tu faire ça ?!!!

    Sinon, super chapitre, pleins de suspens ! Quand Voldemort a dit a Prue qu'il avait un type coriace à interroger, je me suis dit, à tous les coups ça va etre le père de Remus, je ne vois pas qui ça pourrait être d'autre... et là Bingo ! C'etait bien ça... Le pauvre Remus... N'empêche que j'ai hate de lire le prochain chapitre pour savoir comme Prue va s'en sortir : libérer Lyall s'en se faire repérer, et ainsi trahir son père, pour Remus... Ou le laisser ici sous peine de prendre le risque de faire tuer Lyall... J'espere bien qu'elle fera le 1er choix !

  • aSupernaturalLife

    14/06/2014

    haha, sadique toi même alors xD
    Je comprends, il m'est arrivée de suivre des fictions, et il y en a une particulièrement où chaque chapitre se terminait en suspens. Sur le coup c'est dur, mais c'est aussi ce qui faisait le charme de l'histoire xD
    __

    Je plaide coupable :p
    Oui, c'est sûr que du coup tu as hâte de revenir pour lire la suite!

  • aSupernaturalLife

    13/06/2014

    Haha, c'est pas souvent que je coupe ainsi un chapitre, mais j'avoue que là, c'est sadique ^^ Mais bon, je ne pouvais pas mettre la suite, sinon le chapitre serait vraiment trop long (déjà là il est pas mal niveau longueur...). Mais bon, ça fait du bien un peu de suspens non ? xD
    Comme tu dis, Prue est à nouveau face à un choix difficile...
    __

    Mais en même temps ça n'aurait pas été drôle si tu avais continué, donc je comprends :p Je fais tout le temps ça moi... donc je suis mal placé pour critiquer x) !
    Oui le suspens c'est bien! Mais pour le lecteur c'est horrible aussi !x)

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