Chapitre 39 : Le choix du sacrifice

« Le moment que je redoutais le plus est arrivé. Je me retrouve face à deux chemins complètement opposés... l'un m'éloigne de mon père, l'autre de Remus. Quel que soit mon choix, j'y perdrai. La question est donc : qu'est-ce que je suis prête à sacrifier ? »
 
Chapitre 39 : Le choix du sacrifice
 
Rappel : Le père de Remus, Lyall, a disparu lors d'une mission secrète d'infiltration. Ne pouvant supporter l'idée que Remus soit sur le point de vivre une seconde tragédie, Prue se fait la promesse de tout mettre en oeuvre pour sauver Lyall. Après une brève discussion avec Voldemort pour s'expliquer sur les récents évènements impliquant le sauvetage du lieutenant Moser, celui-ci lui confie un nouveau travail : soutirer des informations à un prisonnier plutôt coriace. N'ayant pas de temps à perdre, Prue se rend immédiatement dans la cellule...
 
| Manoir Voldemort - Cachots |

Je m'accroupis face au prisonnier et relevai son menton pour voir son visage. Mon c½ur fit un bond et je dus retenir un hurlement d'effroi.
 
-         Lupin ?! m'étouffai-je.
 
L'homme ouvrit faiblement les yeux.
 
-     Encore un nouveau... ? Vous pouvez vous relayer autant que vous voulez, vous n'obtiendrez rien de moi, nargua le prisonnier.
 
Je fus incapable de dire quoi que ce soit, trop sonnée par cette terrible découverte. Lyall Lupin était ici... Quelles étaient les chances qu'une telle coïncidence se produise ? Après avoir juré de retrouver Lyall, voilà que je le découvrais au c½ur de l'antre de mon père ! Prisonnier dans le QG même des Mangemorts ! Et pour couronner le tout, j'avais pour ordre de lui soutirer des informations, par tous les moyens !
Je me relevai lentement et reculai de quelques pas. Je ne voyais aucune issue. Il n'y avait que lui et moi dans cette cellule... ainsi qu'une multitude d'accessoires de torture. La panique m'envahit en posant le regard dessus. Non, le sort ne pouvait pas s'acharner ainsi!
 
-         Dites-moi ce que vous savez, ordonnai-je.
 
Je savais que c'était inutile, mais j'avais besoin de gagner un peu de temps. Le temps nécessaire pour envisager les possibilités que j'avais.
 
-         Ça fait cinq jours que je supporte vos séances de torture... Je ne suis plus à une près. Je ne parlerai pas, alors allons-y.
 
Mon regard se posa sur la table au fond de la cellule, recouverte du matériel habituel soigneusement disposé. Les instruments de torture étaient tous posés là, n'attendant qu'une simple pensée de ma part pour prendre vie. J'avais fait ça tellement de fois... Aucun prisonnier n'avait jamais été capable de me résister indéfiniment. Mais cette fois... la simple idée de m'en servir me donnait la nausée.

Pourtant, un scalpel s'éleva doucement dans les airs et flotta jusqu'à Lupin qui le regarda sans ciller, sachant déjà à quoi s'attendre. La lame se mit à caresser sa joue et descendit lentement dans son cou. Je vis ses muscles se tendre, se préparant à souffrir. Je sentis mes yeux devenir humides... Je retenais des larmes de rage, d'impuissance. J'avais déjà vécu cette scène avec un autre Auror. Comment avait-il fini ? Torturé pendant des heures, et tué sous les yeux d'une assemblée indifférente ! Je revis la souffrance et le chagrin imprégnés sur le visage de Remus, son désespoir à l'idée de ne jamais revoir son père. Le scalpel s'immobilisa, pointé sur une petite veine de la gorge. Comment pouvais-je me résigner à laisser une telle tragédie se produire ? Comment pouvais-je rester sans broncher ? Je ne pourrai jamais me pardonner de l'avoir tué. De n'avoir rien fait pour changer ce triste sort.

 


Le scalpel s'enfonça un peu plus dans la chair, et le sang se mit à perler. La lame se balada sur quelques millimètres. Lupin serra les mâchoires pour retenir un gémissement. Moi, j'étais en apnée pour forcer ma concentration sur ce que j'avais à accomplir. Mais la lame trembla. Je ne me sentais pas capable de continuer. Je fermai les yeux, et j'entendis mon outil de torture tomber au sol. Je pris une grande inspiration, le souffle me manquant de plus en plus. Remus était trop présent dans mon esprit. C'est lui que je voyais à travers son père. Et cette simple vision me rendait  incapable de renouveler toutes les atrocités que j'avais déjà commises. Pourtant, une de plus ou de moins, quelle différence ? Je n'en avais aucune idée, j'étais paumée, et je ne trouvais pas le courage, ni même l'envie de continuer. Je refusais de poursuivre. Cette fois, je n'avais pas peur de l'admettre : je n'avais pas le cran suffisant pour faire ça. Ce n'était pas une question de courage... juste de volonté. J'avais trop d'affection pour Remus pour m'en prendre à son père avec indifférence. Que ça soit dans d'atroces souffrances ou d'un simple coup de couteau. J'avais souvent fait preuve d'une insensibilité inhumaine... mais là c'était au-dessus de mes moyens.
 
-         J'avoue être un peu déçu... votre prédécesseur m'a annoncé votre venue comme la mort personnifiée... provoqua Lyall.
 
Je braquai les yeux sur lui. Il m'observait avec calme et attention.
 
-       C'est exactement ce que je suis... la Mort personnifiée... pas la torture, dis-je les dents serrées.
-         Alors  pourquoi vous le faites ?
-         Ce sont les ordres.
-         Les ordres ? ricana Lupin. Dites plutôt que vous aimez ça.
 
Je déglutis. Oui, il fut un temps où j'aimais. Pas faire souffrir... je n'avais jamais recherché ça. C'est juste que je ne supporte pas que quelque chose me puisse me résister. Alors j'employais les moyens nécessaires pour délier la langue à n'importe qui. Là c'était différent. Je ne voulais pas dominer Lyall. Je m'en foutais qu'il soit Auror et qu'il représente un danger pour mon père. Je serais incapable de le tuer même s'il avait découvert les secrets les plus noirs de notre organisation. Je m'en voulais d'être aussi faible. C'est le genre de situation qui prouvait que l'improbable s'était produit : j'avais désormais une faille. Une faille qui pouvait conduire à ma perte. Parce qu'à cet instant précis, je savais que je me sentais incapable d'obéir. Ce serait trahir Remus... ce serait me trahir moi-même. Je n'avais aucune envie de toucher cet homme. Ça faisait une éternité que je n'avais pas ressenti ça. J'avais l'impression que tout mon corps, tout mon esprit se bloquait, refusait de continuer... j'avais l'impression de redevenir cette petite fille qui préférait se faire torturer que de tuer la proie offerte sur un plateau.
 
-         C'est faux. Je n'aime pas ça, répliquai-je.
-         Je n'en ai pas l'impression.
-         M'en fiche. Je sais ce que je suis.
-         Un monstre ?
 
Un monstre terriblement ramolli par des sentiments qu'il n'aurait jamais dû connaître. Voilà où j'en étais : incapable de m'en prendre à une proie. Moi, l'un des prédateurs les plus redoutables. Quelle ironie ! L'amertume m'envahit face à ce bilan : à force de jouer, voilà où j'en étais ! Piégée ! J'étais incapable de faire du mal à Lyall, mais je ne pouvais pas non plus désobéir à mon père !
 
-         ... Une tueuse. Une tueuse à gages, précisai-je.
-         C'est pire. Vous tuez simplement pour de l'argent.
 
Je ricanai. Les Gallions n'avaient jamais représenté ma source de motivation.
 
-         Au moins je tue pour quelque chose, dis-je en pensant aux Mangemorts.
 
Je regardai le scalpel tombé au sol, repensant à toutes les chairs qu'il avait pu tailler, dans des endroits calculés pour causer la pire souffrance. Tout ça d'une simple pensée... je fermai à nouveau les yeux. Il fallait que je me concentre. Que je garde le dessus sur mes émotions.
 
-         Simple curiosité, vous serez payée combien pour ma mort ? demanda Lupin sur un ton détaché.
 
Il me parlait comme s'il ne me craignait pas. Comme s'il n'avait pas peur de mourir. Je savais que ce n'était qu'une parade. En réalité, il avait peur. Je le sentais dans son attitude. Il essayait de garder contenance, par fierté, pour montrer qu'il était plus fort. Il ne voulait pas mourir en lâche. Mais je savais que la simple idée de ne pas revoir son fils lui rongeait le c½ur comme de l'acide. Il l'avait avoué dans sa lettre. Il n'envisageait pas de laisser Remus orphelin. Je soupirai. Et moi alors... ? Qu'est-ce que je pouvais bien envisager comme suite ? Torturer Lyall... lui faire cracher les informations tant attendues par mon père... le tuer... et revenir à Poudlard comme si de rien n'était ? Impossible. Je serais incapable de regarder à nouveau Remus en face si je commettais ce meurtre. D'un autre côté... si ce n'était pas moi qui m'en chargeais, je savais qu'un autre Mangemort prendrait le relai. Bellatrix par exemple... cette grande malade sadique adorant faire des ravages dans l'esprit des gens jusqu'à les rendre fous. Bon sang, j'étais prise au piège comme Lyall. Je ne pouvais rien faire. Je n'avais aucun contrôle sur les évènements. Alors que je m'étais promis pas plus tard que la veille de sauver le père de Remus...
 
-         Vous avez perdu votre langue ?
-         Tâchez simplement de ne pas perdre la votre, répliquai-je froidement en sortant de mes pensées. Je ne suis pas là pour vous tuer, mais pour vous soutirer des informations. Ce qui, à mes yeux, est bien pire.
-         Dites à votre maître de merde que je préfère mourir que de parler...
 
Le scalpel se redressa brusquement et dessina en moins d'une seconde une vilaine entaille en diagonale sous l'impulsion de la soudaine colère qui m'avait envahie.
 
-         Surveillez vos paroles, ordonnai-je d'une voix menaçante.
-         Bon chien chien qui défend son maître, railla Lyall malgré la douleur.
 
Là par contre, il s'aventurait sur un chemin très dangereux.

-         N'entrez pas dans ce jeu Lupin, conseillai-je avec froideur en me rapprochant de lui.
 
Lyall me fixa droit dans les yeux, avec toujours le même sourire scotché aux lèvres. Il voulait me faire péter les plombs, mais c'est lui qui en paierait les conséquences.
 
-         Sinon quoi ? provoqua Lupin.
 
D'une simple pensée, les chaînes qui le retenaient se tendirent pour le forcer à se mettre debout. Je m'approchai à quelques centimètres de son visage, tentant de garder le contrôle sur la louve orgueilleuse qui souhaitait lui rabaisser le caquet.
 
-         Sinon je vous apprendrais le vrai sens du terme souffrance... Vous voyez tout ce matériel...? Vous n'avez pas idée des dégâts qu'il peut causer... c'est une véritable destruction : lente, intensive et d'une douleur sans pareil. Mes prédécesseurs vous ont fait connaître la torture, moi je vous ferai visiter l'enfer.
-         Je suis prêt... défia Lupin sans ciller.
 
Je restai de marbre. Il savait à quoi s'attendre et pourtant il continuait à me tenir tête. Je serrai la mâchoire. J'avais longtemps été à sa place... Moi aussi j'avais eu peur de la mort, je savais qu'une torture sans égal m'attendait, et pourtant j'avais continué à provoquer, à tenir tête... parce que j'aurais préféré mourir plutôt que de satisfaire mes bourreaux. Je revins dans le présent en fixant Lupin. Il me défiait du regard, et ça me déstabilisait. J'avais l'impression de voir mon fantôme à travers lui. Et c'est pour cette raison que je savais exactement où frapper.
 
-         Vraiment ? dis-je.
-         Vous en doutez ?
 
Je ricanai.
 
-         Nous avons tous nos points faibles Lupin, même si on s'acharne à les camoufler. Vous êtes un brillant Auror, je sais que vous torturer physiquement ne donnera aucun résultat, vous avez trop de cran pour céder. C'est pour cette raison que si vous vous obstinez, je serais obligée de m'attaquer à la chose la plus sensible qui existe... votre c½ur. Garderiez-vous cet air de défi provocant s'il arrivait quelque chose à votre femme... ?
 
Il ne manifesta pas la moindre réaction. Seule une lueur de tristesse passa dans ses yeux.
 
-         Ah non c'est vrai, j'oubliais... elle est morte, raillai-je. Dommage, votre fils devra encaisser pour deux.
 
J'avais touché un point sensible. La haine déforma instantanément son visage. Il m'adressa un regard meurtrier.
 
-         Il s'appelle Remus n'est-ce pas ? poursuivis-je sur le même ton intéressé. Vous devez l'aimer non... ? Elève brillant, gentil... un peu sauvage sur les bords quand même...
-         Ne touchez pas à ma famille sale monstre ! cria-t-il, fou de rage en se débattant.
-        Ça ne tient qu'à vous... croyez-moi ou non, je n'ai pas envie de vous faire du mal... Ni à vous, ni à votre fils.
-         Et pourquoi ça ? Par manque de cran ? nargua le prisonnier.
 
Sur l'impulsion, je le saisis à la gorge d'une main et sortis mon couteau de l'autre pour le pointer sur sa joue.
 
-         Il se trouve qu'en ce jour, j'ai un rare passage de clémence... ne me poussez pas à montrer ma vraie nature. Vous n'en avez pas envie...vous avez trop à perdre, répondis-je avec froideur.
 
Je lâchai prise sur sa gorge pour le laisser respirer. Il lui fallut plusieurs secondes pour reprendre son souffle.
 
-         C'est ce qui fait la différence entre vous et moi... fit remarquer Lupin. Moi, j'ai une famille, des amis... je les aime. Je suis aimé. J'ai tout à perdre. Vous... vous n'avez rien. Vous êtes forts parce que vous n'avez rien à perdre. Personne à regretter, regretté de personne. Vous ne connaissez rien aux  joies de la vie... vous votre truc, c'est de détruire celle des autres !
 
C'était vrai avant Poudlard... aujourd'hui j'avais quelque chose à perdre.
 
-         Comment avez-vous pu en arriver là ? Comment un être humain peut-il devenir une machine à tuer assoiffée de sang ? cracha Lupin avec dégoût.
 
Ses paroles m'atteignirent comme un coup de lame. Je fermai les yeux. Le soir de mes cinq ans me revint en tête... tout comme les sept années suivantes, qui avaient été un véritable enfer, libérant ma partie obscure...
 
-         C'est tellement simple pour des gens comme vous... répondis-je avec une certaine ranc½ur en m'éloignant un peu de son visage. Vous avez grandi dans l'innocence, vous avez eu une vie normale, loin de la violence. Moi j'ai grandi dans le meurtre, dans le sang et la peur de mourir à chaque seconde. Vous croyez quoi, hein ? Que j'ai vécu une vie de rêve et qu'on m'a simplement appris à me servir d'une arme contre une autre personne ? 
 
Je ricanai.
 
-         Ça, c'est le cas des Mangemorts. Pas le mien. 
 
Il me regarda en silence. Je me rendis compte que j'avais laissé découvrir une brèche.
 
-         Vous connaissez bien les instruments de torture que vous utilisez n'est-ce pas ? demanda Lupin.
 
Il n'y avait plus l'ombre de la provocation dans sa voix. Il cherchait juste à comprendre. J'eus un geste d'impatience.
 
-         Qui vous a fait ça ?
-         Ça n'a aucune importance, répliquai-je.
-         Pourquoi êtes-vous devenue à l'image de vos bourreaux ?
 
Pour toute réponse, je fis léviter une dent de dragon repérée sur la table, l'attrapai au vol et la  plantai dans son épaule droite, lui arrachant un cri de douleur. Lupin ne pouvait certainement pas mesurer l'impact de ses paroles.
 
-         Je ne suis pas comme eux ! m'emportai-je.
-         Ça c'est sûr... vous êtes pire ! cracha Lyall.
 
Je tournai la redoutable dent acérée dans la chair pour lui faire passer l'envie de m'insulter de la sorte. Je m'étais battue pendant des années pour ne jamais ressembler à mes bourreaux. Certes, j'étais devenue une tueuse, mais pas une sadique. La conscience que j'avais était peut-être minime, mais mes tortionnaires en étaient totalement dénués. Ils ne respectaient aucun code, aucune valeur. Lupin n'avait aucun droit de m'associer à ce genre d'individu !
 
-         C'est impossible, soufflai-je avec haine. Ces monstres sont atteints d'une folie destructrice... des sadiques de la pire espèce, sans c½ur ni conscience, capables de s'en prendre à des gosses. Je vous interdis de me comparer à eux.
 
Lupin serrait la mâchoire sous la douleur, mais il y avait quelque chose dans son regard. Une lueur qui me rappela celle que je voyais dans les yeux de Remus lorsqu'il sentait la souffrance dans mes réactions ou mes paroles. Cette pensée eut le don d'atténuer la haine qui m'avait envahi. Je baissai les yeux sur l'épaule de Lyall et sentis mon c½ur se serrer en voyant les veines virer lentement au bleu. Bon sang, mais qu'avais-je fait ? J'étais en train de me laisser emporter par mes pulsions. J'étais en train de torturer le père de l'homme... que j'aimais. Le remord commença à me saisir, me tordant les entrailles. Je retirai lentement la dent et me dirigeai vers la table. Lupin poussa des gémissements qui me nouèrent la gorge. Je m'emparai d'une seringue et d'un petit flacon avant de revenir vers lui. Son visage était déformé par la souffrance. Il luttait pour ne pas crier, mais ça lui échappait.
 
-         Même arrachée de la gueule du dragon, la dent est toujours imprégnée de poison, expliquai-je d'une voix calme. Mortel bien sûr. Ce qui en fait un instrument de torture, c'est le temps nécessaire à détruire votre organisme. Malgré la douleur intense qu'il inflige, il ne faut pas moins de huit heures pour succomber. 
 
Je plantai l'aiguille dans le couvercle du flacon et tirai dessus pour récupérer quelques millilitres du liquide jaunâtre.
 
-         Personnellement, je trouve ça un peu long. A moins que vous souhaitiez continuer à me provoquer à tout bout de champ... ?
 
Lupin fit non de la tête, tout en me fusillant du regard. Je plantai l'aiguille dans son épaule sans ménagement et injectai l'antidote. D'un côté, j'étais soulagée qu'il ravale sa langue, je n'aurais pas été capable d'assister à son agonie.
 
-         Nous allons reprendre sur de bonnes bases... dis-je à voix basse.
 
Je détendis les chaînes pour qu'il puisse s'asseoir. Je pris une chaise et me mis dessus à l'envers pour pouvoir m'accouder au dossier.
 
-         Comment vous êtes-vous fait griller ?
 
Lyall me toisa d'un ½il mauvais, la mâchoire serrée.
 
-         Je n'ai pas été capable de prouver ma loyauté en refusant de massacrer une famille moldue... j'ai donc été amené devant votre Maître, et il a senti que je cachais quelque chose. Il m'a lancé un sort qui a annulé mon déguisement. Il m'a de suite reconnu.
-         Stupide, lâchai-je.
-         Quoi donc ?
-         D'avoir refusé de participer au massacre. La famille est morte dans tous les cas... par contre vous, vous êtes dévoilé.
-         Tout le monde n'a pas la capacité à tuer aussi facilement que vous...
-         Dans ce cas vous n'êtes pas taillé pour les missions d'infiltration. C'est le genre de boulot qui implique de tout faire pour ressembler à l'ennemi.
-         Vous êtes là pour me faire la morale maintenant ? s'emporta Lupin.
-         Il faut bien que vous compreniez votre erreur... narguai-je.
 
Lyall soupira, exaspéré. La vérité, c'est que je savais que mon seul moyen d'obtenir ce que je voulais, c'était par la discussion. Torture et menace seraient vaines.
 
-         Quelle est la finalité de votre mission ? demandai-je. Pourquoi nous infiltrer ?
-         ...
-         Lupin. Je vous ai posé une question.
-         Je ne peux pas y répondre.
-       Que croyez-vous ? Qu'un autre Auror tentera sa chance là où vous avez échoué ? C'est mort Lupin. Mon patron se fait avoir une fois, pas deux. Vous ne pourrez plus nous infiltrer. Alors parlez. Je me doute que vous aviez l'intention de servir d'agent double pour fournir des renseignements aux Aurors... mais vous deviez également trouver le moyen de tout arrêter... c'est obligé... vos supérieurs n'auraient jamais pris le risque d'envoyer l'un des meilleurs Aurors dans un tel nid de serpents sinon.
-         Je vois que vous êtes bien renseignée...
-         Le métier oblige.
-         Le « métier »... s'exaspéra Lyall.
-         Quoi ? Vous connaissez le principe des tueurs à gages non ? Je suis liée à des clients par contrat, j'exécute un travail en échange de rémunération, et oui, il faut bien que je me tienne informée pour fournir les meilleures prestations, me moquai-je.
-         Parce qu'en plus ça vous amuse ? demanda froidement Lyall.
-        Vous ne pouvez pas comprendre les subtilités qui régissent le milieu criminel. C'est... un monde à part. Un monde auquel il faut appartenir pour cerner son fonctionnement.
-         Essayez toujours de m'expliquer... tenta Lyall.
-         Ce serait trop facile... il vous faudra apprendre par vous-même.
-         Si je sors vivant de ce merdier.
-         Comme je le disais, ça ne tient qu'à vous.
-         Ne vous foutez pas de moi. Je sais que vous allez me tuer, quoi que je fasse.
-         Pas forcément. On peut passer un « contrat ».
-         C'est-à-dire ?
-         Vous me dites ce que le Seigneur des Ténèbres veut entendre, et je vous relâche.
-         Et vous pensez sérieusement que je vais me faire berner ? Je ne suis pas dupe !
-         Si vous remplissez votre partie, je remplirais la mienne.
-         Je n'ai que la parole d'une Mangemort...
-       Non Lupin. Vous avez la parole d'une tueuse à gages. Je ne suis pas une Mangemort.
-         Je n'aurais jamais imaginé que vous puissiez passer ce genre de deal.
-         Comme quoi... il ne faut jamais avoir de préjugé.
-         Mais le problème reste entier... Je suis soumis au secret de telle sorte que je ne peux rien vous dévoiler sans en mourir.
-         Serment Inviolable ?
-         Précisément.
 
Je sentis une pierre tomber en moi. Une putain d'impasse. Je n'avais réellement aucune issue qui puisse mettre tout le monde d'accord. Aucun compromis n'était possible.
 
-           Vous ne me facilitez vraiment pas la tâche... maugréai-je.
-         Vous ça ne vous change rien que je sache ! Ça ne vous dérangera pas d'avoir à me tuer.
-         Détrompez-vous. Ça me dérange.
 
Lupin éclata de rire.
 
-         La mort personnifiée hein ? Laissez-moi rire !
-         J'incarne la Mort avec ceux qui le méritent... dis-je calmement. Pensez-vous mériter de mourir dans ce cachot ?
-         ... Non.
-         Nous sommes d'accord sur ce point.
 
Je me levai et me mis à marcher dans la cellule tout en réfléchissant. Je ne savais pas quoi faire.
 
-         Je ne sais pas à quel point vous êtes ancrée dans le Mal, mais vous semblez jeune, lança Lyall. Ça se sent. Si vous avez la moindre opportunité de changer de camp, faites-le. 
-         Je n'ai pas de camp. En tant que tueuse à gages, j'offre mes services à des clients, mais je ne leur appartiens pas.
-         Alors cessez d'aider les Mangemorts.
-         Ils n'ont pas besoin de moi pour continuer.
-     Aidez-moi à les arrêter. Tôt ou tard, vous serez renversés. Le Mal ne peut pas triompher.
-         Ce n'est pas une question de renverser le Bien ou le Mal, c'est une question de pouvoir.
-         Et pourquoi faire ? Imposer une dictature, faire régner la terreur, exterminer les nés-moldus et faire des traîtres vos esclaves ?
 
J'eus un instant d'arrêt. Comme si mon organisme s'était mis en pause. N'était-ce pas les paroles que j'avais prononcé lors de ma discussion avec Jack ? Mot pour mot, c'est ce que j'avais dit !
 
-         Par exemple... dis-je calmement.
-         Et pourquoi ? Pourquoi cette haine ?
 
Si je devais répondre honnêtement, je dirais que je ne savais pas moi-même. Je le savais à une époque, mais j'ai oublié. J'ai oublié tout simplement parce que j'étais déjà convaincue depuis quelques temps. La preuve : j'avais des sentiments pour un loup-garou, j'étais amie avec des traîtres et j'appréciais une née-moldue. Ce prisonnier ne faisait que confirmer ce que je pensais et ce que m'avait dit Jack.
Je sentis mon bipper vibrer, me sortant de mes pensées. Je fronçai les sourcils. Je me concentrai à nouveau sur le scalpel qui s'éleva lentement dans les airs. Lupin sursauta. L'outil flotta tranquillement jusqu'à la table, et se remit à sa place. 
 
-         Vous demanderez à Voldemort... lançai-je en me dirigeant vers la porte de la cellule.
-        ...Vous êtes la première personne ici à prononcer son nom, me fit remarquer Lupin.
-         Je ne suis pas une Mangemort, rappelai-je en sortant.
 

| Appartements de Tracker |

 
J'entrai dans ma chambre et verrouillai la porte. Je sortis le parchemin de ma poche et pris ma plume.
 
« Bonjour Tracker... vous avez été rapide pour répondre à l'appel »
« J'étais avec un prisonnier mais j'ai jugé bon de venir maintenant »
« Lyall Lupin ? »
« Comment le savez-vous ? »
« Ne me dites pas que vous venez de le tuer ?! »
« Euh non, pas encore. Il est juste en piteux état, pourquoi ? »
« Cessez la torture et ne le tuez surtout pas. Il fait l'objet de votre prochaine mission. »
« Comment ça se fait ? »
« Il appartient à la Brigade extrémiste dont je vous avais parlé... »
 
Je me mordis la lèvre. Les choses empiraient. Je me doutais bien ce qu'allait me demander La Renarde.  
 
« Je comprends mieux pourquoi il refuse obstinément de parler. »
« Personne ne doit savoir. L'existence de cette Brigade doit rester secrète coûte que coûte. »
« Dépêchez-vous de me dire ce que j'ai à faire. »
« Jack vous a laissé deux  fioles dans votre bureau. L'une contient du poison, l'autre l'antidote. Vous avez vingt minutes pour administrer le remède, sinon il meurt pour de bon. Pensez « QG de la Brigade Secrète » au moment de transplaner. Vous n'avez pas le droit à l'erreur sur ce coup-là. Si un membre de la Brigade meurt suite à un échec de notre part, nous perdons notre plus gros client et notre contrat se rompt. Ils ouvriront un dossier pour traquer chaque membre de l'Agence »
 
J'ouvris le tiroir en question. En plus d'y trouver les deux fioles, il y avait également un parchemin. Je reconnus l'écriture de Jack.
« Il est temps de choisir quelle histoire tu veux écrire Prudence... »
Je déglutis. Oui, je n'avais plus le choix. Obéir à mon père, ou obéir à l'Agence. Deux chemins opposés. L'un m'éloignait de mon père, l'autre de Remus. Quel que soit mon choix, je perdrai gros. La question était donc : qu'étais-je prête à sacrifier ?
Je sortis de mes pensées en voyant que des écritures continuaient d'apparaître.
 
« A partir d'aujourd'hui, Lyall Lupin est un homme mort. Il devra changer d'identité, de vie... disparaître. C'est le prix à payer s'il veut survivre. La réussite de son évasion vous rapportera 30 000 Gallions. Mais avant, veuillez faire votre choix. »
 
Les deux mots qui faisaient office de pacte apparurent : « Accepter » ou « Refuser ».
Je fermai les yeux un instant. C'était le moment de peser le pour et le contre.
Refuser le contrat reviendrait à condamner Lyall à mort. Une mort qui anéantirait Remus. Si j'entourais ce deuxième choix... un autre tueur aurait pour mission de tenter de le sauver, ce qui pouvait mettre en péril la sécurité du manoir. Refuser, ça voulait aussi dire rester loyale à mon père. Ne pas le trahir. Car accepter le contrat serait effectivement une trahison. Père ne le verrait pas sous cet angle puisqu'il n'en saurait rien. Pour lui, ça se traduirait par un échec de ma part. Un échec qui coûterait ma crédibilité aux yeux de tous. Un échec qui viendrait abattre le mythe de Tracker, la tueuse parfaite. Mais le fait est que ça restait quand même une haute trahison. Une trahison qui sauverait la vie de Lyall, mais qui ne le ramènerait pas auprès de son fils. Comme l'avait si bien dit la Renarde... à partir d'aujourd'hui, Lyall Lupin était un homme mort. Remus serait tout aussi anéanti que si j'acceptais de le tuer. Malheureusement, les deux seuls choix qui m'étaient offerts dressaient une barrière infranchissable entre Lyall et son fils. Une barrière qui ne me convenait absolument pas, parce que jusqu'à ce qu'on me propose ce contrat... j'étais incapable d'obéir à mon père pour ne pas faire de mal à Remus. Ce contrat proposé par l'Agence ne constituait pas l'issue inespérée. Ce contrat n'apportait pas la solution à mon problème.
« On a toujours le choix... la question est : jusqu'où es-tu prête à aller pour l'assumer ? »
Je me souvins de ces paroles, prononcées il y a bien longtemps par un inconnu sur une île maudite. Et à l'époque, ma réponse avait été sans détour : « Jusqu'au bout ».
 
« Je ne suis pas obligée de me servir des fioles n'est-ce pas ? » écrivis-je.
 
La réponse à cette question serait décisive.
 
« Jack vous les a laissées pour vous faciliter la tâche. Il m'a semblé comprendre que ce contrat vous mettez dans une position délicate. »
« En effet »
« En ayant recours à cette méthode, vous pouvez vous sortir de cette impasse. Mais ce n'est pas une obligation. Je vous rappelle que le mode opératoire revient toujours à l'exécutant. »
 
Encore une fraction d'hésitation, et j'entourai le mot « Accepter ». Je déglutis pendant que l'encre se cerclait de feu avant de fondre jusqu'à disparaître. Je restai quelques secondes assise, immobile, comme sonnée. Je tournai la tête vers le miroir. C'était étrange comme sensation. J'avais l'impression de me sentir... plus vraie. Plus Tracker.
 
Je retournai au sous-sol, dans la cellule de Lyall. Je repris ma place sur la chaise, les coudes posés sur le dossier. J'insonorisai les lieux avant de me reporter sur Lupin.
 
-         30 000, lâchai-je.
-         Quoi ?
-         Vous m'avez demandé tout à l'heure à combien votre tête était mise à prix. 30 000 Gallions. C'est le prix qu'on vient de me payer... pour vous sortir de là.
 
Lyall se redressa sous la surprise.
 
-         Vous appartenez à l'Agence ?!
-         Oui. Vous auriez d'ailleurs pu vous en assurer lorsque je vous ai dit que j'étais une tueuse à gages... ça nous aurait fait gagner du temps.
-         Jamais je n'aurais imaginé trouver un allié ici... Vous voilà dans une position délicate... Vous allez suivre les ordres de qui ? De Voldemort, ou de l'Agence ?
 
Je sortis les deux  fioles qui étaient censées me servir pour l'évasion.
 
-         On m'a donné ça pour maquiller votre évasion en vous faisant passer pour mort, expliquai-je. Une fiole contient le poison, l'autre l'antidote. Un intervalle de vingt minutes ne doit pas être dépassé si vous voulez survivre.
 
Je sentais son regard posé sur moi. Il avait retrouvé espoir. L'espoir de survivre. De revoir son fils. De continuer la lutte. Quant à moi, je réfléchissais toujours, faisant rouler les deux  fioles dans un léger tintement entre mes mains gantées.
 
-         Il y a une énorme faille dans ce plan... murmurai-je.
-         Laquelle ? demanda Lupin.
-         Si je fais ça, pour ne pas que je sois grillée, vous ne serez pas simplement un homme mort aux  yeux de Voldemort et des Mangemorts, mais aux yeux de tous. Vous devrez changer d'identité, dire adieu à votre vie, votre métier... votre fils.
 
Il me regarda fixement. La tristesse submergea son regard qui s'assombrit. Mais je lus aussi de la résignation si c'était le prix à payer pour continuer le combat.
 
-         En quoi cela est un problème pour vous ? demanda-t-il la voix rauque.
-    ...Je n'aime pas faire les choses à moitié. J'ai toujours rempli mes missions à la perfection. Je n'ai donc pas l'intention de me servir de ces fioles.
 
Je les remis dans la poche intérieure de ma cape. Je fis léviter le scalpel dont je m'étais servi et le mis à hauteur de mon regard. Le chemin à suivre était très clair désormais.
 
-         Que comptez-vous faire ? interrogea Lyall.
 
Je le regardai. L'attente de mon choix devait vraiment être difficile.
 
-         Le choix des méthodes me revient entièrement. Alors voilà comment les choses vont se passer. Vous allez avoir une occasion de vous libérer et de vous échapper. Ne la ratez pas, vous n'en aurez qu'une. Les sous-terrains sont un vrai labyrinthe. En sortant de la cellule, prenez à gauche, puis au bout à droite, et encore à droite jusqu'au fond. Vous allez vous retrouver face à un mur. Ce n'est pas un cul-de-sac, il y a une brique qui fait descendre l'escalier. Montez jusqu'à la trappe mais faites attention, il y a un garde dans la pièce. Vous n'aurez qu'à le neutraliser et mettre sa cape ainsi que son masque. Ensuite, pour sortir, allez au fond du couloir et prenez à gauche. Il y a une petite porte dans l'ombre. Une fois dehors, suivez le chemin de gravier jusqu'au portail. Ayez l'air naturel, marchez calmement, et personne ne fera attention à vous. Une fois au portail, l'un des Mangemorts vous ouvrira. Il ne vous demandera rien normalement, mais si c'est le cas, vous pouvez l'envoyer se faire foutre. Dès que vous aurez franchi le portail, transplanez immédiatement. N'allez pas à l'hôpital sans une garde rapprochée. Si mon plan fonctionne, vous n'aurez pas à craindre de représailles, mais dans l'immédiat et jusqu'à nouvel ordre, restez sur vos gardes. Est-ce que j'ai été assez claire ?
-         Vous ne me dites pas comment je vais me libérer...
-         Vous allez voir. Je ne vous demande qu'une seule chose en retour...
-         Tout ce que vous voudrez.
-      Je vous interdis d'ôter mon masque, dis-je d'un ton sans réplique. C'est le prix à payer pour votre liberté. Un prix bien faible comparé à ce que je vais endurer pour mon échec.
 

~ Point de vue général ~

 
Lupin regardait attentivement la tueuse qui lui faisait face. Il avait bien conscience de la chance qui s'offrait à lui. Il suivit la tueuse du regard lorsqu'elle lui tourna le dos. Lyall sentit alors ses chaînes se dérouler autour de ses mains. Comprenant le signal, il se libéra d'un bond et sauta sur son adversaire, passant les chaînes autour de son cou. Il l'étrangla avec précision de manière à lui faire perdre connaissance. La tueuse n'opposa pas la moindre résistance et se laissa tomber dans ses bras au bout de plusieurs secondes. Au touché de ses formes, Lyall imagina une femme aux courbes séduisantes. Il l'accompagna doucement au sol et se rua sur la table où se trouvait sa baguette. Il allait sortir de la cellule, mais s'arrêta net. Il revint sur ses pas et s'accroupit à côté du corps de la tueuse étendue sur le côté. Il hésita quelques secondes avant de la mettre sur le dos. C'est étrange, le masque qu'elle portait était tel qu'on avait l'impression que la tueuse n'avait pas de visage, invisible dans une sorte d'obscurité artificielle. Lyall approcha ses doigts, troublé par cette impression de profondeur sans fond, et sentit un souffle. Un souffle régulier. Pas de doute, il était bien à quelques centimètres de la bouche de la tueuse. Un filet de fumée noire se dressa à son approche, le faisant enlever sa main par surprise. Lupin repensa aux paroles de la tueuse et se ravisa. C'était l'unique condition qu'elle avait posé. Il pouvait bien respecter ça. Il plongea alors sa main dans la cape de sa sauveuse et chercha à l'aveuglette. Il sentit des objets... taillant, pointus... lisses. Il sortit les deux  fioles et les rangea dans sa poche. Il remit le corps de Tracker sur le côté, annula le sortilège d'insonorisation qu'elle avait lancé, et commença son évasion.
Faible, fatigué, le corps meurtri, il parcourut les longs tunnels éclairés de simples torches, réécoutant en boucle dans sa tête les consignes de la tueuse. Il avait du mal à marcher et se tenait sa hanche endolorie. Il devait se surpasser pour survivre malgré la douleur grandissante à chacun de ses pas. Il aurait tout le temps de se reposer après. Resserrant un peu plus les doigts sur sa baguette, il arriva au mur de brique.
 
-         Lumos.
 
Il chercha attentivement, le c½ur battant à cause de l'adrénaline. L'idée de se faire prendre lui aiguisait les sens. Enfin, il vit qu'en effet, une brique ressortait un peu plus que les autres. Il la poussa et se recula pour laisser l'escalier se déplier. Il monta rapidement et souleva la trappe d'un coup après avoir prit une profonde inspiration. Un Mangemort assis sur un fauteuil, les pieds sur la table, se leva d'un bond en le voyant mais il n'eut pas le temps de sortir sa baguette qu'il était stupéfixé.
 

| Trente minutes plus tard |
 
~ Point de vue de Prue ~

 
Je sortis de l'inconscience en entendant hurler une alarme à faire bondir d'un mètre une fourmi.
 
-       Tracker !
 
J'étais heureuse d'être découverte par Diego. J'ouvris péniblement un oeil, essayant de racoler avec la réalité.
 
-         Tracker ! Que s'est-il passé ?!!!
-         Le prisonnier... murmurai-je.
-         On le cherche.
 
Une boule de stress se forma dans mon ventre. Pourquoi l'alarme s'était-elle déclenchée ? Bon sang, j'espérais que Lupin n'était déjà plus sur le territoire de mon père... 
J'enlevai mon masque pour mieux respirer. Diego m'aida à me relever, me soutenant pour ne pas que je retombe.
 
-         Ça va toi ? s'inquiéta mon frère de c½ur.
-         Oui oui... dis-je en me massant le cou.
-         Qu'est-ce qui s'est passé ? demanda Diego.
-        Je sais pas... je le torturais et au moment où je suis allée vers la table pour changer d'instrument...
 
Je portai ma main derrière la tête.
 
-         Plus rien.
 
Je laissai passer un silence. L'alarme s'arrêta enfin. A la place, ce fut la voix de mon père qui résonna dans tout le manoir.
 
-        Lyall Lupin s'est évadé, dit-il avec colère. Aucun d'entre vous n'est autorisé à quitter le manoir avant que les mesures nécessaires soient prises.
 
Un frisson me parcourut lentement le corps malgré mon soulagement. Ma seule crainte avant de laisser les cartes aux mains de Lyall, c'était de reprendre connaissance en apprenant qu'il s'était fait capturer pendant son évasion. J'étais contente qu'il ait réussi, seulement maintenant il me restait la phase du plan la plus pénible à accomplir.
 
-         Je vais me faire tuer, soufflai-je.
 
Diego me caressa la joue avec douceur.
 
-         Ne t'en fais pas, je te choisirai un bel emplacement pour t'enterrer, taquina mon frère de c½ur.
 
Malgré sa tentative d'humour, je lus dans ses yeux de l'inquiétude. Il savait aussi bien que moi que cet échec allait me coûter cher. Très cher.
 
Chapitre 39 : Le choix du sacrifice
Et voilà pour ce nouveau chapitre ! J'ai veillé tard pour vous afin qu'il soit disponible en ligne dès vendredi matin ! J'espère qu'il a été à la hauteur de vos espérances et de votre suspens après la fin un peu soudaine de la semaine dernière  ;)
Dites-moi ce que vous en avez pensé, et quelles sont vos impressions pour la suite  :)
Mot de Tracker et aperçu du prochain chapitre sont déjà en ligne !
Je voulais aussi vous dire que ça me fait plaisir de retrouver certains lecteurs, qui reviennent peu à peu après la période d'examens. J'espère que tout s'est bien passé pour vous.
Bisous et bon week-end ! 

Tags : L'histoire d'un assassin - Partie 1 : L'amour d'un Assassin - tome 1

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Comments :

  • Dum-Cha

    22/12/2016

    Ouiii victoire.. !!! Prudence à fait le bon choix ?

  • LeMaitreDesLieux

    30/10/2015

    Encore une fois, un chapitre parfait toujours plein de suspens. Enfin Prue se décide à choisir Remus plutôt que son père et c'est sur qu'il va lui faire payer l'évasion de Lyall mais bon, c'est si passionant ! :)

  • Harry-Potter-generationx

    14/07/2014

    Dernière question : tu as pris qui comme acteur pour Lyall ? Sa tête me dit quelque chose ;)

  • Harry-Potter-generationx

    14/07/2014

    Re !!! :D
    Pfiou ! Heureusement que Lyall fait partis des aurors allies a l'agence sinon ... :/
    En fait, le passé de Prue c'est un remake d'Hostel sauf que c'est sur une île et qu'elle s'est échappé mais sûrement en tuant, la pauvre ! Ça a dût être horrible :o
    Elle va prendre trop cher Prue ! Je le demande qu'elle sera sa punition car malgres qu'elle soit la fille de Voldemort il devra la punir, au risque de la perdre définitivement
    Bon aller ! Go to read the suite x)

  • harry-potter-8-fic

    12/07/2014

    dur choix.
    je la trouve vraiment très courageuse

  • MikaWolfeHP

    05/07/2014

    woooooooooow! Vraiment adoré ce chapitre aussi !!! Je n'ai pas été capable de m'empêcher de le lire:P je suis heureuse du choix de Prue... mais j'ai peur pour elle!!

  • ameliarogue

    24/06/2014

    Salut!

    D'abord, je tiens à m'excuser pour mon loooong absence! J'avais énormément de trucs à faire pour l'école. Mais là, je suis de retour!

    Au sujet de ce chapitre… Je l'ai vraiment aimé! Le dilemme de Prue se faisait très bien sentir. Par contre, quand elle reçoit l'offre pour délivrer Lyall, je dois avoué que j'étais un peu perdue. Je ne me souvenais pas de cette Brigade extrémiste… C'était une organisation de lutte contre le crime, est-ce que c'est ça…?

    En tout cas, j'espère bien que Lyall a réussi à sortir du domaine. J'ai vraiment hâte de lire la suite, alors… à la fin de semaine prochaine!

  • hostfresh-HarryPotter

    24/06/2014

    Finalement lupin s' en sort bien mais prue ba avoir de gros problèmes. ...

  • aSupernaturalLife

    23/06/2014

    Ah beh bon courage pour le final alors ! ^^

    Disons que le Lord tient à sa fille, c'est clair, seulement c'est assez compliqué dans les familles de Sang-Purs...
    __

    Merci!

    Oui je me doutes... en tout cas impossible de prévoir sa réaction x)

  • aSupernaturalLife

    23/06/2014

    Hey ! ça fait plaisir de commencer à avoir des avis sur ce chapitre xD Le fait qu'il tombe pendant le rush de la fin d'année, moi aussi j'avais le suspens par rapport aux lecteurs ^^

    Oui Prue a trouvé une solution, mais elle sait d'avance qu'elle va en baver, et c'est malheureusement inévitable ...
    __

    Ahah c'est vrai que tout le monde est occupé là :/ Moi à partir de ce soir je suis libre!
    A voir si son père tient autant à elle que le père de Remus tient à son fils...

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