Chapitre 40 : Amour et Châtiment

 
« Aux yeux de tous, je viens de subir l'échec le plus  cuisant de ma carrière... mais pour moi, je viens de réaliser l'un de mes plus beaux exploits. »
 
Chapitre 40 : Amour et Châtiment
 
| 18 novembre 1977 – Sainte Mangouste – Chambre 301 – 11h |
 
~ Point de vue de Remus ~

 
J'étais assis sur un fauteuil à côté du lit de mon père. J'avais appris une heure avant qu'il s'était évadé, jusqu'alors prisonnier des Mangemorts. L'imaginer à la merci de ces dangereux criminels en puissance me donnait froid dans le dos. Je comprenais mieux le sens de sa lettre désormais. Il avait accepté cette mission d'infiltration pour nous donner une longueur d'avance sur les pires ennemis de notre pays. J'étais fier de lui, et en même temps, une part d'égoïsme en moi me soufflait qu'il n'aurait jamais dû y aller. En acceptant, il avait pris le risque de mourir... de me laisser orphelin. C'était aussi ça être un Auror... et chaque jour je craignais qu'une tragédie se produise.

 

Je soupirai en posant ma main sur la sienne, bandée. Je n'osais soulever le drap pour voir dans quel état était le reste du corps. Après avoir passé plusieurs jours aux mains de l'ennemi, je me doutais bien que mon père avait dû énormément souffrir. Pour me consoler, je me rappelais que les docteurs étaient confiants quant à son état de santé, et qu'il avait juste besoin de beaucoup de repos.
 
Mon père finit par se réveiller, me sortant de mes pensées. Il sourit faiblement à ma vue.
 
-         Heureusement que j'avais dit que je serais là à ton réveil, dit-il à voix basse. On a échangé les rôles.
 
Je souris à son allusion à sa lettre.
 
-         Comment tu te sens ? demandai-je doucement.
-         Fatigué.
-         Les docteurs disent que tu seras vite sur pied.
 
Mon père acquiesça lentement et referma les yeux. Il semblait immensément soulagé de se réveiller ici, à l'hôpital. Qui sait ce qu'il avait vécu avant d'arriver là...
 
-         Comment as-tu fait pour t'évader ?
 
Cette question me perturbait depuis que j'étais arrivé auprès de mon père. Comment avait-il pu échapper à ses assaillants dans un tel état ? Il n'était pas apte à se battre, ni à remporter une course poursuite.
 
-         J'ai eu de la chance... j'étais mal attaché. Quand j'ai réussi à me libérer discrètement, j'ai profité que mon tortionnaire tourne le dos pour l'attaquer. Je l'ai assommé, j'ai récupéré ma baguette et je suis sorti.
-         ... Surprenant, soufflai-je.
 
Mon père ne mentait pas, je le savais... seulement il ne me disait pas tout. Pourquoi ? Qu'avait-il bien pu se passer ? Mon père poussa un gémissement en essayant de se redresser, et je balayai mes questions momentanément. J'étais tellement heureux qu'il soit là, bien en vie, qu'il ne me vint pas à l'esprit de continuer à l'importuner avec mes questions. Je lui en reparlerai plus tard, lorsqu'il sera remis.
 
-       J'en ai profité pour observer les lieux... reprit mon père. Je n'ai pas beaucoup d'éléments, mais je pense pouvoir commencer les recherches pour localiser l'endroit.
-         Et l'identité du tortionnaire ? Tu le connais ?
-         Je ne sais pas, il était masqué.
-         Mais... tu m'as bien dit que tu l'avais assommé, non ? Pourquoi ne pas lui avoir ôté son masque ?
-         Tu sais, mes chances de m'en sortir étaient minces... je ne voulais pas perdre une seule seconde. Il fallait que je m'évade avant que les autres Mangemorts se rendent compte de ce que j'avais fait.
 
Cette fois, je sentais le mensonge. Que pouvait-il bien me cacher ? Pourquoi ne pas me dire comment il s'était réellement échappé ? Je ne comprenais pas l'intérêt de garder le secret là-dessus...
 
-         Je savais qu'une telle occasion ne se reproduirait pas, souffla mon père en refermant les yeux.
 
Oui, c'est sûr que c'était un vrai miracle. Ca n'existe pas d'être "mal attaché" dans le monde magique. Les chaînes ne se détendent pas...
 

| Manoir Voldemort – Appartements Tracker – 12h20 |
 
~ Point de vue de Prue ~

 
J'étais assise au bord du lit, le dos courbé et la tête posée sur mes poings serrés. Je pensais à ce que j'avais fait. Mon choix, mes paroles, mes pensées... tout cela me revenait lentement en tête, me murmurait... j'avais trahi les miens. La mission de l'Agence pouvait justifier mon acte... mais il était inutile de se mentir, j'aurais fait évader Lyall de la même façon, sous contrat ou non. La preuve, j'avais refusé d'utiliser le mode opératoire de l'Agence. Ça aurait pu m'éviter d'être encore au manoir. J'aurais pu m'en tirer sans faire de vague auprès de mon père. Mais j'avais préféré suivre mon idée. Quel aurait été l'intérêt de faire évader Lyall si c'était pour le condamner à faire le mort aux yeux de tous ? Je soupirai. J'avais fait ce choix... pour Remus. Pour ne pas lui provoquer une peine supplémentaire. C'était un peu délirant, mais je l'avais fait. Et je ne le regrettais pas.

 


Aux  yeux de tout le monde ici, je venais de subir un échec cuisant. Et j'allais devoir assumer. Je devais payer le prix d'une telle défaite. Ma première. Je ricanai à cette pensée. Pouvais-je appeler ça une défaite ? Je n'avais fait que suivre mes envies après tout... Le véritable échec aurait été d'agir contre ma volonté. Enfin ça, c'était mon point de vue, et personne ne le saurait jamais. Personne ne devait savoir que la redoutable Tracker s'était sacrifiée pour l'une de ses proies. Il valait mieux que tout le monde pense à une erreur. Sinon, ce n'est pas un simple châtiment que j'aurais à subir.

 


J'entendis frapper discrètement à ma porte. Je déverrouillai d'une pensée, n'ayant pas envie de bouger. Je jetai un coup d'½il à l'arrivant et ne fus pas étonnée de voir Jack entrer dans la pièce. On se regarda quelques secondes, silencieux, et chacun comprit les pensées de l'autre. Il avait dû comprendre à l'instant même où l'alarme s'était déclenchée.
 
-         Comment tu te sens ? demanda Jack.
-         Aussi bizarre que ça puisse vous paraître... bien. Je me sens très bien même.
-         Je savais que tu choisirais Lupin... mais pas de cette manière. Tu es consciente de ce qui t'attend ?
-         Oui. Je savais ce que mes actes impliqueraient.
 
Je tournai la tête vers la fenêtre.
 
-         Je suis prête à assumer, terminai-je.
 
J'entendis Jack se rapprocher, et je reportai mon attention sur lui. Il me tendit la main, et j'y glissai la mienne pour me lever. Il m'attira à lui pour me prendre dans ses bras avec élan, et je sentis l'émotion dans ses gestes.
 
-         Tout le monde pensera que tu viens de subir le premier échec de ta carrière... mais à mes yeux, tu restes le meilleur contre-exemple de tout ce que l'on peut croire d'un maître-assassin... La preuve vivante que même les tueurs les plus redoutables peuvent avoir un coeur en or.
 
Je fermai les yeux et savourai cette étreinte, car je savais que j'allais avoir besoin de force pour faire face aux conséquences de mon choix. Je pensai à Remus et me souvins des bons moments passés avec lui... et je me rendis compte que je ne regrettais rien. Je finis par me détacher de mon cher Maître.

 

-           J'aimerais que vous me rendiez un grand service, dis-je à Jack.
-          Tout ce que tu veux.
-       Empêchez Diego d'assister à ça. Enfermez-le dans ses propres appartements s'il le faut...
-         Prue...
-        Non. Je sais qu'il envisage d'être présent pour me soutenir moralement... mais ce sera plus simple pour moi s'il n'est pas là. C'est valable pour vous aussi d'ailleurs.
-         Tu n'es pas obligée d'affronter cette épreuve seule.
-         C'est ma volonté. Respectez-la.

 

Il était temps d'y aller. Je sortis de la pièce et ne fus pas surprise de voir un groupe de Mangemorts qui attendaient sagement. L'un d'eux s'avança vers moi en sortant sa baguette, mais j'eus un geste d'impatience.
 
-         Je ne compte pas fuir, lançai-je froidement.
 
Car c'est bien pour cette raison que ces chiens montaient la garde devant ma porte. Ils craignaient que la responsable de l'évasion d'un Auror disparaisse pour ne pas avoir à subir le prix de son échec. Mais je n'étais pas lâche. Contrairement à eux, cette idée ne m'avait pas effleuré l'esprit. Je ferai face à mon père, et à sa terrible fureur, sans broncher.
 
Je me dirigeai donc vers l'étage inférieur, me préparant mentalement à la suite des évènements.

 
| Salle de réunion |

 
J'entrai calmement dans la pièce, désarmée. Tous les Mangemorts étaient venus pour l'effroyable spectacle imposé par mon père.
La grande table de granit noir avait disparu. Les Mangemorts se tenaient debout, en ligne, de part et d'autre de la pièce. Au centre, mon père avait commencé par déverser sa colère sur toutes les personnes chargées de la surveillance ce matin. Tous avaient été torturés pour une erreur qu'ils n'avaient pas commise. Celui qui avait attaché Lupin, le garde du cachot retrouvé inconscient, les deux Mangemorts du rez-de-chaussée, une dizaine de sentinelles qui vadrouillaient dehors, et bien sûr, celui qui gardait le portail et qui avait aveuglément ouvert. Tous avaient payé sans exception. Et maintenant, c'était mon tour. Moi, la vraie coupable de cette évasion. Les Mangemorts tournèrent la tête vers moi, et il y eut une vague de murmures surpris lorsque je m'approchai du centre de la pièce pour rejoindre le Seigneur des Ténèbres. Beaucoup ignoraient encore que je faisais partie des fautifs, et ce devait être un choc pour eux d'apprendre que Tracker, le Fantôme de la Mort en personne, était sur la liste des personnes à punir. D'un mouvement de poignet, mon père expulsa les Mangemorts qu'il venait de châtier à l'autre bout de la pièce. Il se tourna pour me faire face, le visage dur et froid.
 
-         J'avoue que je ne m'attendais pas à ça de toi... Tracker... lança le Lord d'une voix glaciale.
 
La colère et la déception étaient clairement audibles dans sa voix basse. Même si je ne regrettais pour rien au monde ma décision, ça me faisait quelque chose de voir une telle lueur dans ses yeux. Jamais encore je ne l'avais déçu. J'avais toujours été à la hauteur de ses attentes, et même plus. Et voilà qu'aujourd'hui, je devais répondre de mes actes pour une erreur volontaire.
 
-       Pour être franche, je n'aurais jamais envisagé que cela puisse m'arriver un jour... répondis-je.
 
Mon père fit tourner sa baguette entre ses doigts en me fusillant du regard. Je serrai la mâchoire en voyant l'incompréhension dans ses yeux. Je me doutais bien que la situation était surprenante pour lui. Comment avais-je pu échouer aussi bêtement après avoir accompli des exploits lors de missions mille fois plus difficiles ? Comment avais-je pu laisser un Auror nous ridiculiser ? ME ridiculiser ?! Moi que personne n'avait jamais réussi à battre... moi qui ne laissais jamais aucune chance à mes proies de m'échapper... aujourd'hui, ma réputation de tueuse infaillible s'envolait avec Lupin. C'était faux bien sûr... mais ça personne ne pouvait s'en douter. L'idée que j'ai pu laisser volontairement Lyall s'enfuir ne pouvait effleurer aucun esprit dans cette salle. Personne ne pouvait se douter que par amour, j'avais fait le choix de les trahir.
 
-       Asesino m'a raconté que tu n'avais pas entendu le prisonnier bouger... que tu n'avais rien vu venir parce que tu étais persuadée que Lupin était suffisamment attaché pour baisser ta vigilance... Tu confirmes ?
-         Oui. Je n'aurais jamais imaginé qu'il puisse se libérer, raison pour laquelle je n'ai pas hésité à lui tourner le dos pour changer d'instrument de torture. Une erreur stupide, je l'admets.
-     Le Mangemort chargé de l'attacher a suffisamment pris pour son erreur, tu en conviendras...
 
Je suivis son regard qui s'était tourné dans un coin d'ombre de la pièce. Mes entrailles se nouèrent en discernant un corps au sol... soigneusement découpé en plusieurs morceaux pour que Nagini puisse l'engloutir. C'est moi qui avais provoqué sa mort. Je me surpris moi-même à ressentir une soudaine satisfaction sous mon masque. Je parvins même à ébaucher un sourire en songeant que je les avais manipulés à la perfection. Personne dans cette pièce ne pouvait se douter que j'avais gagné. Qu'une fois de plus, j'avais rempli ma mission sans que mes véritables intentions soient découvertes. J'avais même semé la zizanie en poussant mon père à torturer ses hommes qui, pour une fois, n'étaient pas responsables. Quel doux sentiment d'injustice avais-je réussi à insuffler dans les rangs...?  
 
-         Je suis prête à prendre pour la mienne, dis-je en reportant mon attention sur le Lord.
 
Mon père me défia du regard quelques secondes. J'avais l'impression que toute l'assemblée de Mangemorts était en apnée. Ils s'étaient transformés en fantômes tellement la rage de mon père était palpable. Aucun ne voulait voir sa fureur se détourner de l'unique cible restante : moi. Mais il n'allait pas se détourner. Je le savais. Mon père ne ferait pas exception pour sa propre fille. Il me ferait payer sans la moindre considération. Il était sur le point de me briser comme l'un de ses propres chiens. Cette pensée déclencha une nouvelle décharge de haine en moi, alors que je regardais mon père. 
 
-         Que comptes-tu faire pour racheter l'honneur que tu viens de souiller ?
 
J'avais l'impression que mon c½ur battait dans ma gorge. Il est clair que tout le monde était impatient de savoir le sort que je réservais à l'Auror pour avoir ainsi abattu mon image de tueuse parfaite. Je m'attendais bien évidemment à ce moment. A ce terrible moment où je devais faire comprendre l'impossible.  
 
-         Rien, répondis-je très calmement.
 
J'entendis des voix surprises autour de moi, mais je n'y prêtai aucune attention, car mon père, outré, avait fini par lever sa baguette d'un geste vif.
Je tombai à genoux, me retenant de crier avec difficulté. Le sortilège était d'une intensité insoutenable. Toujours ces putains de lames chauffées à blanc qui me donnaient l'impression de me faire transpercer la chair sans cesse. Pas une seule parcelle de ma peau n'était épargnée. On dit souvent que le temps passe vite, mais dans ces moments-là, les secondes semblaient s'éterniser. Une violente migraine me saisit. Mon sang se mit à bouillonner. Mes nerfs étaient à vif. J'étais au bord de la déchirure. J'avais envie de me cogner la tête contre le sol pour tomber dans l'inconscience et que ça s'arrête. Je retenais mon souffle pour ne pas crier, mais je commençais à manquer d'air. J'aurais voulu laisser exploser ma haine et ma souffrance, mais je ne pouvais rien faire. Je ne pouvais pas me rebeller contre mon sort. J'étais en tort, il fallait que j'accepte le prix de mon « erreur » si je voulais espérer garder ma place. Sinon j'étais grillée.

 


La torture s'intensifia davantage, et je frappai le sol du poing si fort que je sentis une vive douleur m'élancer. Fracturé. Je venais de me péter le poignet toute seule. Mon corps tout entier tremblait de souffrance. Je concentrai toute mon énergie à lutter contre la douleur, à l'encaisser... mais l'envie de me redresser et de frapper à mon tour devenait de plus en plus irrésistible. J'avais envie de tout détruire. Je dus faire un effort surhumain pour empêcher ma lame d'apparaître dans ma main... pour refouler l'incendie qui ne demandait qu'à sortir. Au moment où je commençais à avoir des pulsions meurtrières, les lames se retirèrent lentement de mon corps, l'étau disparut peu à peu... mon corps était toujours raidi sous la douleur qui me courbaturait chaque muscle... mes nerfs étaient comme électrisés... mon sang était aussi bouillonnant que lorsque je m'enflammais... j'étais essoufflée, je manquais d'air. Mais même ça, respirer, ça me faisait mal. A cet instant, mon corps n'était qu'une plaie ouverte. Et pourtant, l'envie de meurtre ne disparaissait pas. La louve en moi avait envie de sauter à la gorge de son tortionnaire. Celle de mon père. La rage en moi fut difficile à contenir. Très difficile.
 
-         Je n'ai pas très bien entendu ce que tu as répondu... reprit mon père. Alors je repose la question : « que comptes-tu faire pour racheter ton honneur ? »
 
Le ton de sa voix laissait clairement deviner que j'avais intérêt à bien choisir ma réponse. Je me redressai lentement pour regarder mon père dans les yeux.
 
-         Vous avez très bien entendu, parvins-je à articuler. Je ne compte rien faire pour le moment, tout simplement parce que ce n'est pas dans l'intérêt de la mission que vous m'avez confiée. J'ai commis une grave erreur, mais je n'en ferai pas une autre en tentant de la réparer.
 
Mon père était sur le point de me torturer à nouveau, mais ma réponse avait piqué sa curiosité. Il serra la mâchoire, me regardant avec suspicion.
 
-         Tu me parleras de ça en privé... en attendant...
 
Il fit un signe de tête dans mon dos, et je compris que la torture infligée par mon père n'avait été qu'une mise en bouche. Je fis face à mes adversaires, surprise de voir Orion lever à son tour sa baguette. Tout comme mon père, le Mangemort que je croyais avoir de mon côté était sur le point de me briser. Un torrent de haine me submergea en pensant que mon père me livrait à ses chiens.

 

Orion me lança un sortilège de torture, que je détournai sur le Mangemort d'à côté. Choqué par mon acte, les autres Mangemorts sortirent leur baguette à leur tour. Je fis apparaître mon couteau et sortis ma baguette, emportée par la rage. J'allais tuer Orion lorsqu'un sort me frappa dans le dos, m'immobilisant.

 

-       Comment oses-tu sortir ta lame ? cracha mon père en me contournant.
-       C'est à vous d'infliger les châtiments, rappelai-je. Pas à vos Mangemorts, ni personne d'autre.

 

Mon père me fusilla du regard face à une telle insolence de ma part. Mais je ne comptais pas reculer. Le Lord s'était toujours fait un plaisir de châtier ses soldats à la moindre erreur. Aujourd'hui, c'était moi la fautive. Il avait alors deux uniques options : continuer la torture... ou en rester là après m'avoir déjà fait souffrir. Mais il n'avait pas le droit de fuir en confiant la tâche à ses hommes. Non, ce serait beaucoup trop simple. Il devait choisir maintenant quel genre d'homme il était.

 

-         Rangez vos baguettes, ordonna mon père.

 

Les Mangemorts obéirent après une franche hésitation. Je crus voir une lueur d'excuses dans les yeux de mon père... avant qu'il ne lève à nouveau sa baguette pour terminer ce qu'il avait commencé. Un choix qui resterait à jamais gravé dans mon esprit.

 
| . . . |

 
Je me réveillai lentement d'un profond sommeil. Je sentis des bandes collées un peu partout sur mon corps. J'ouvris les yeux et vis Diego, assis sur mon lit, en train de me soigner.
 
-         Qu'est-ce que tu fais ? murmurai-je. Tu n'as pas le droit d'effacer les marques de ma punition.
-         Je le prends, répliqua Diego fermement.
 
Je crus m'évanouir de crainte en voyant mon père débarquer dans mes appartements. Il s'arrêta net en voyant Diego. Le regard qu'il lança à mon frère de c½ur me fit froid dans le dos. Il était hors de question qu'il le touche. Moi il pouvait me faire ce qu'il voulait. Mais pas lui. Pas Diego. Je ne saurais tolérer qu'il lui fasse du mal.
 
-         Laisse-nous Asesino, ordonna mon père.
 
Au lieu d'obéir, Diego se leva lentement en sortant sa baguette.
 
-         Hors de question. Vous l'avez suffisamment fait souffrir.
 
Mon père haussa les sourcils, et je vis briller une lueur assassine dans ses yeux.
 
-         Va-t-en Diego, soufflai-je.
 
Mais mon frère de c½ur ne semblait pas m'entendre. Il serra davantage sa baguette. La réponse du Lord ne se fit pas attendre. Il sortit sa baguette d'un geste vif et la pointa sur Diego. Une lumière verte en sortit et fusa, mais je la détournai d'un revers de bras. Le sort percuta mon armoire qui explosa. Diego engagea le duel sans tarder.
 
-         Arrêtez ! criai-je.
 
Au prix d'un immense effort, je me redressai. Lorsque mon père parvint à désarmer Diego, je me servis de la télékinésie pour me placer entre eux.
 
-         Ça suffit, intimai-je.
-         Prue, écarte-toi, ordonna froidement mon père.
 
Un voile de fumée noire m'enveloppa pour me recouvrir de ma tenue de tueuse. Je me mis face à mon père, sortant mon couteau d'une main tremblante sous la douleur.
 
-         Je vous interdis de le toucher... dis-je d'une voix menaçante.
 
Mon père parut scandalisé.
 
-         Tu oses te dresser contre ton propre père pour lui ? cracha le Lord avec rage.
-         C'est vous qui m'y poussez... vous n'avez pas le droit de me l'enlever.
 
Je me tournai vers Diego.
 
-         Sors, s'il te plait, suppliai-je.
-         Je ne veux pas qu'il t'achève ! répliqua vivement mon frère de c½ur.
-         Je ne compte pas la toucher, assura froidement mon père.
 
Je pris la main de Diego et la portai à ma bouche pour lui déposer un baiser rassurant.
 
-         Vas-y, dis-je.
 
Je lus la crainte dans les yeux de Diego. Il ne faisait pas confiance à mon père. Il consentit néanmoins à partir, fusillant mon père du regard au passage. Je fixai ce dernier avec froideur lorsqu'il s'approcha de moi. Je tournai les talons, laissant ma tenue de tueuse se volatiliser. Je dus me soulever par télékinésie pour regagner mon lit sans souffrir. Je me laissai tomber, épuisée par cet effort. Je faillis retomber dans l'inconscience.
 
-         Pourquoi venir me voir ? demandai-je sur un ton glacial.
-         Tu as laissé entendre que tuer Lyall Lupin pouvait compromettre ta mission...
 
J'eus un rire amer. Bien sûr que mon père ne s'était déplacé que par intérêt. Il se fichait pas mal de voir dans quel état IL m'avait mise !
 
-         Je pensais que c'était évident... Lyall Lupin représente une faille énorme pour Remus... surtout depuis que la mère est morte. Une faille que je trouve dommage de combler si tôt. D'autant plus que j'ai gagné la confiance de Lyall en me montrant très proche pendant la période de deuil de Remus. Ce que je veux dire, c'est qu'en plus de manipuler les Maraudeurs lorsqu'on sera au Ministère, je pourrai influencer Lyall, qui fait partie des Aurors expérimentés. Si je tue Lyall maintenant, je me prive d'un pantin très intéressant... alors que si j'attends, en plus de racheter mon honneur, je causerais énormément de dégâts.
 
Mon père me regarda fixement pendant plusieurs secondes. Je soutins son examen sans ciller, espérant m'être montrée suffisamment convaincante.
 
-         Une bonne vengeance doit se faire au bon moment... terminai-je.
 
Il finit par acquiescer, comprenant mon raisonnement. Plus je m'avançais sur le chemin que j'avais choisi, et plus il se rétrécissait. Mais au moins, j'avais gagné du temps, et c'est tout ce dont j'avais besoin pour l'instant. Repousser l'échéance. Faire gagner des années de vie à « mes cibles ». Je ne pouvais rien faire d'autre pour l'instant.
 
-         Quand comptes-tu retourner à Poudlard ? demanda mon père.
-      Quand j'aurai suffisamment de force pour me lever toute seule ! balançai-je avec amertume.
 
Je m'allongeai et me tournai vers le mur, faisant comprendre à mon père qu'il était temps qu'il me laisse tranquille.
 
-         Je me serais passé de te faire vivre ça Prudence... mais tu sais bien que je n'avais pas le choix.
-         On l'a toujours, renvoyai-je.
 
Je l'entendis se diriger vers la porte.
 
-         Père, rappelai-je.
 
Il s'arrêta. Je me retournai.
 
-         Ne tentez plus jamais de faire du mal à Diego...
 
Mon père ne répondit rien, comprenant d'un seul regard la menace que je laissais planer dans le cas où il oserait s'en prendre à lui. Mon père ouvrit la porte, et Diego lui passa devant pour venir reprendre sa place auprès de moi. Jack entra à son tour après un échange visuel avec mon père. J'accueillis Jack d'un franc sourire malgré la douleur qui continuait à me déchirer le corps. J'étais heureuse qu'il vienne me soutenir après une épreuve aussi difficile.

 
| 19h30 |

 
J'avais dormi tout l'après-midi pour retrouver des forces. Pourtant à mon réveil, j'étais encore exténuée. Jack et Diego étaient toujours là apparemment. Je les entendais discuter près de la cheminée.

 

-          Son père ne l'a pas épargnée, souffla Diego avec haine.
-          D'après ceux qui étaient là, il a essayé.
-          Comment ?
-       Il l'a torturée une première fois, mais rapidement. Il comptait laisser quelques Mangemorts prendre le relai. Mais elle s'est rebellée, et a rappelé le Lord à ses responsabilités. C'était à lui de le faire.
-          Pourquoi elle a tenu à ce que son propre père continue ?
-          Je pense que c'était un test.

 

Comme bien souvent, Jack lisait clair dans mon esprit. Evidemment que c'était un test... et mon père avait lamentablement échoué. Je savais à quoi m'en tenir désormais avec lui.

 

-        Toujours prête à défier ses bourreaux, cracha Diego avec peine. Au camp, elle faisait pareil, et elle revenait dans un piteux état.
-        Elle ne serait pas devenue Tracker si elle avait accepté de se soumettre.

 

J'essayai de me tourner, voulant mettre un terme à cette discussion en me levant. Mais l'effort réveilla les douleurs encore trop vives dans tout mon corps et stoppèrent mon élan.
 
-         Prue !
Jack et Diego vinrent à mes côtés. Mon frère de coeur m'aida à changer de position.

-         Ça va ? demanda Jack.
-         J'ai mal partout.
 
Je me levai péniblement, usant de la télékinésie pour ne pas tomber. Mes muscles se tendirent à bloc lorsque je voulus marcher, m'arrachant un gémissement de douleur. Diego me soutint et je m'appuyai contre lui pour soulager mes jambes. Lorsqu'il mit sa main dans mon dos, je ne pus retenir un cri. Diego ôta vivement sa main, et je sentis mon tee-shirt se mouiller.
 
-           C'est quoi ça ?! s'exclama Diego.
-        Tu croyais vraiment que mon père se contenterait du Doloris ? soufflai-je avec hargne.
 
Jack lança un sort pour faire disparaître mon haut, me laissant en soutien-gorge. Diego ouvrit de grands yeux en regardant mon dos dévoilé. Mon père avait dessiné une terrible plaie dans ma chair. Jack récupéra le tube de pommade régénératrice et me contourna pour me l'appliquer. Une brûlure me raviva la douleur, et je m'éloignai d'un bond de Jack pour l'empêcher de continuer.
 
-         Prue... laisse-toi faire, demanda Jack. Ça va te faire du bien.
 
Du bien ? Pour l'instant, ça me torturait davantage ! Diego me prit dans ses bras par devant et me caressa doucement les cheveux. Jack recommença alors à me soigner, et je serrai Diego plus fort que jamais sous l'effet de la souffrance pendant que les tissus de ma peau se mettaient à bouger pour se refermer. Le feu guérisseur aurait pu me soulager si je le faisais apparaître. Mais il n'y avait que de la haine en moi à cet instant, et je doutais de ma capacité à le créer. A la place, ce serait plutôt un incendie destructeur qui sortirait, et je ne pouvais pas prendre un tel risque en la présence de Jack et Diego.
 

| 23h10 |

 
Jack et Diego n'avaient cessé de me soigner depuis mon réveil. Entre sortilèges et pommades, ils avaient fini par réussir à guérir la plupart de mes blessures. Celle de mon dos continuait à me faire souffrir. Je soupçonnais mon père d'avoir lancé un maléfice pour rendre toute tentative de guérison infructueuse. Si la plaie était refermée, la vilaine cicatrice qui la remplaçait me piquait toujours. Comme pour que je me rappelle bien qu'il ne faut jamais tourner le dos à un adversaire, quel que soit le motif.
 
-         Merci, soufflai-je lorsque Jack termina enfin de me soigner.
 
Il me sourit tristement en arrangeant une mèche rebelle que j'avais sur le visage. Il me prit doucement dans ses bras en soupirant.
 
-         Tu repars à Poudlard ?
-         Oui. Il le faut. Mon absence sur la journée doit déjà suffisamment faire suspect...
-         Bon courage.
 
Jack me déposa un baiser sur le front. Je savais bien que les évènements l'affectaient. Aucun maître digne de ce nom ne peut rester indifférent à la punition de l'un de ses protégés. Je le suivis du regard lorsqu'il sortit avant de me reporter sur Diego. Ce fut à son tour de me prendre dans ses bras. J'avais l'impression de le sentir bouillonner de rage et de chagrin. Je lui caressai doucement le dos en soupirant.
 
-         C'est fini Diego, soufflai-je. Je vais bien. Grâce à Jack et toi.
 
Je me détachai un peu pour lui adresser un faible sourire réconfortant. Je savais que Diego ne supportait pas que je souffre, alors j'essayais de lui montrer que j'avais déjà tourné la page. Même si, au fond, la torture continuait.
 
-         Je dois y aller, dis-je.
-         Sois prudente...
-         Ce n'est pas à Poudlard que je suis le plus en danger, fis-je amèrement remarquer.
 
Après un dernier regard qui en disait long sur nos pensées respectives, Diego me laissa seule, et j'entrepris alors la pénible tâche de me préparer. La douche fut une torture supplémentaire. Mes muscles me faisaient souffrir à chaque mouvement. Mais je n'avais plus de temps à perdre. A cette heure-ci, les Maraudeurs devaient déjà être inquiets depuis un moment. Surtout que j'avais dit à Remus que je reviendrais vite. Sans plus tarder, je quittai donc le manoir.
 

| Poudlard – Salle commune des Gryffondor |

 
-         Prue ! Mais qu'est-ce que tu faisais ?! On s'est fait un sang d'encre ! s'exclama James en me voyant arriver dans la salle commune.
-         Excusez-moi les gars, j'étais...
 
Je marquai un arrêt en remarquant l'absence de Remus.
 
-         J'ai été retardée, terminai-je.
 
Les trois Maraudeurs s'approchèrent et me prirent dans leurs bras dans un câlin collectif. Si leur geste aurait pu me faire plaisir dans n'importe quel autre moment, là ça me faisait juste mal. Mon corps ne supportait vraiment aucun contact.
 
-         Tu ne pouvais pas nous prévenir non ? reprocha Sirius.
-         Je n'ai pas vu le temps passer, répondis-je.
-         Mais où étais-tu ? demanda Peter.
-      A l'orphelinat. Comme je suis majeure et que je projette de partir à la fin de ma scolarité, il faut qu'on règle certaines choses. Ça a duré pas mal de temps, donc je suis restée manger sur place. Il est où Remus ?
-         A l'hôpital. Son père s'est évadé ! répondit James.
 
Je me dégageai des garçons, feintant l'étonnement. 
 
-         Mais qui le détenait ? demandai-je stupéfaite.
-         Les Mangemorts... le même groupe qui a attaqué à Great Horse.
-         Bon sang... mais comment a-t-il fait pour s'en tirer ?
-        Pour l'instant mystère. Remus n'est pas rentré de la journée, on n'a pas eu d'autres nouvelles depuis.
 
Je soupirai. C'était pour lui que j'avais fait le pénible effort de sortir de mes appartements. Pas question de me coucher sans l'avoir vu.
 
-         Je vais le rejoindre, informai-je. A demain.
-         T'es pas raisonnable quitter à nouveau l'école, fit remarquer Sirius.
 
Je lui pinçai la joue.
 
-         Et c'est le pire Maraudeur de l'école qui dit ça ? taquinai-je en lui faisant un clin d'½il.

 
| Hôpital Sainte Mangouste |

 
J'avais l'impression de déambuler dans les couloirs faiblement éclairés de l'hôpital. Je sentais mes forces diminuer à chacun de mes pas. Mais j'avais tellement envie de retrouver Remus que je faisais abstraction de la douleur. Je m'arrêtai devant la chambre 301, gardée par deux hommes qui encadraient la porte.
 
-         Bonsoir messieurs, dis-je à leur adresse.
-         Bonsoir miss.
-         Remus Lupin, le fils du patient, est-il à l'intérieur ?
-         Oui.
-         Je peux entrer ?
-         Il est tard pour une visite.
-         Je sais, mais je suis une amie de Remus, et je pense qu'il a besoin de soutien.
 
L'autre garde soupira.
 
-         Levez vos bras.
 
Je m'exécutai et attendis patiemment que le garde ait fini de me fouiller au corps avec sa baguette.
 
-         C'est bon, entrez.
 
J'ouvris la porte discrètement. La pièce était plongée dans la pénombre. Seul l'éclat du premier quart de lune me permit de distinguer Remus, assis dans le fauteuil auprès du lit de son père. Je me doutais bien que Lyall dormait à cette heure-ci.
 
-         Prue ? chuchota Remus en se levant. Mais qu'est-ce que tu fais là ?
 
Pour toute réponse, je le pris dans mes bras. Et là, je me sentis bien. Malgré mes douleurs. Mes yeux se posèrent sur le visage de Lyall, endormi. Je repensai à ce qu'il s'était passé dans le cachot... à ma décision... ses conséquences... qui n'étaient rien comparé au plaisir de voir Remus retrouver le sourire.
 
-         J'ai appris que ton père s'était évadé... murmurai-je.
-         Oui... un vrai miracle...
 
Je caressai son dos avec douceur, sentant qu'il en avait gros sur le c½ur. Sans doute le contrecoup de l'émotion. Voir son père bien en vie avait dû être un véritable soulagement après l'angoisse de l'attente. Je lui déposai un long baiser dans le cou, inspirant profondément pour m'imprégner de son parfum. Cela suffit à me faire oublier tout le reste. La douleur semblait s'apaiser dans ses bras. Je n'avais plus envie de le lâcher tellement j'étais bien contre lui.
 
-         Comment s'en est-il sorti ? demandai-je au bout d'un moment.
 
Remus resserra légèrement son étreinte, et je dus retenir un gémissement pour ne pas éveiller les soupçons. J'avais l'impression d'être en porcelaine.
 
-         Coup de chance phénoménal. Ses chaînes ont fini par se relâcher et il a profité que son tortionnaire tourne le dos pour attaquer.
 
Je repensai aux évènements en question qui m'avaient coûté si cher.
 
-         Il a eu beaucoup de chance, dis-je doucement.
 
Plusieurs secondes s'écoulèrent dans le silence.
 
-         Prue ?
-         Hum ?
-         Merci...
-         De quoi ?
-         D'être là. De m'apporter ton soutien... à chaque fois.
 
Je souris faiblement en me détachant un peu de lui pour pouvoir le regarder dans les yeux. L'éclat de la lune faisait briller son doux regard, imprégné de sincérité. Je passai lentement mes doigts sur ses cicatrices en partant du front, avant de m'arrêter sur ses lèvres.
 
-         Toujours, soufflai-je.
 
Une lueur de surprise passa dans ses yeux, me faisant davantage sourire. Je fis glisser doucement ma main sur sa joue et l'embrassai tendrement, ne pouvant plus résister au désir que m'inspiraient ses lèvres. Au diable les conséquences. Je m'étais de toute façon déjà trop engagée sur un chemin miné... alors un peu plus un peu moins... Et puis, il fallait bien admettre que je n'avais encore jamais été traversée par une décharge aussi agréable qu'en ce moment. J'avais l'impression d'avoir le c½ur irradié de plaisir.
Je me détachai légèrement de Remus, et je lus dans son regard à la fois de la joie et de la surprise. Je collai mon front au sien, caressant sa nuque avec douceur. Remus me serra un peu plus contre lui et m'embrassa, échange auquel je répondis sans me faire prier. Il approfondit davantage, et je compris rien qu'aux sensations qu'il me provoquait dans un simple baiser, que je tuerai tous ceux qui tenteront de m'éloigner de lui. Je l'aimais bien trop pour laisser quiconque représenter un obstacle entre nous. A partir de ce soir, je ne comptais plus renier mes sentiments. J'osais croire que notre relation méritait mieux. Remus finit par se dégager un peu, la joie imprégnée sur son visage, et cette vision fut l'une des plus belles de ma vie.
 
 

| 19 novembre 1977 |

 
Je clignai plusieurs fois des yeux, dérangée par la clarté du soleil. J'ouvris difficilement un ½il, grognant contre la forte luminosité soudaine. Je m'étais endormie contre Remus, dans le fauteuil que nous avions un peu agrandi pour pouvoir être tous les deux. Je tournai la tête en entendant la porte s'ouvrir. J'aperçus une infirmière qui m'adressa un sourire tout en se dirigeant vers Lyall. Elle entreprit de le soigner, et je refermai les yeux, encore un peu sonnée par la fatigue. Mes blessures me faisaient toujours souffrir, ce qui n'était pas très agréable au réveil. Je sentis Remus se redresser, et j'ouvris à nouveau les yeux pour le regarder. Il marqua un instant d'arrêt en me voyant contre lui, avant qu'un large sourire vienne illuminer son visage encore endormi.
 
-         Alors ce n'était pas un rêve ? demanda-t-il.
 
Je souris à sa question.
 
-         Non, assurai-je en allant chercher ses lèvres.
-         Et bien ce n'est pas trop tôt ! Depuis le temps que vous tournez autour du pot tous les deux, on a failli attendre ! s'exclama une voix d'homme.
 
Je fronçai les sourcils et tournai la tête vers Lyall, qui s'était réveillé. L'infirmière eut un sourire amusé avant de repartir.
 
-         Vous n'êtes pas censé vous reposer ? lançai-je avec un clin d'½il.
-         Vous n'êtes pas censés être en cours ?
 
Hum. Un partout.
 
-         Disons que votre fils a tenu à assurer personnellement votre sécurité, et que je me suis dévouée pour l'aider dans sa tâche, répondis-je avec un sourire entendu.
 
Je me redressai pour laisser Remus se relever. Il alla s'asseoir sur le lit de son père.
 
-         Comment tu te sens aujourd'hui ? demanda Remus.
-         Bien mieux après une nuit de repos... surtout en me réveillant sur un si joli tableau.
 
Je ne relevai pas la remarque. Moi aussi je me sentais mieux. Comme ... plus légère. Comme si quelque chose s'était brisé en moi, sauf que ça faisait du bien. Beaucoup de bien. Je me sentais plus libre. Plus vivante.
 
-         Je suis contente de vous savoir en meilleure forme, lançai-je en me levant.
-         Bon, maintenant que vous avez enfin officialisé, il faudra qu'on se voie aussi pour des moments plus joyeux à partager.
 
Je souris à sa proposition.
 
-         Ce sera avec plaisir, assurai-je. Remus, je retourne à Poudlard donner des nouvelles.
 
Je quittai la chambre, laissant père et fils discuter tranquillement. Quant à moi, je regagnai l'école, sereine.

 
| Poudlard – Grande salle – 7h30 |

 
Après un rapide crochet à la salle de bains des Gryffondor, je rejoignis le restant du clan Maraudeurs dans la Grande Salle pour le petit-déjeuner.
 
-         Hey ! saluai-je en mettant une tape à l'épaule de Sirius en passant derrière lui.
-         Coucou ! Tu as l'air de bonne humeur, dis-moi ! remarqua le jeune Black.
-         Pff, comme tous les jours.
 
Peter et James firent semblant de s'étouffer. Je leur lançai un regard réprobateur.
 
-         Hem, comment va le père de Remus ? demanda Lily pour couper court.
-         Bien. Il a l'air de récupérer assez rapidement. Je pense qu'il sortira bientôt.
-         Remus doit être rassuré... il était très inquiet hier, dit sombrement James.
-         Et ça se comprend. Ses jours de captivité ont dû être pénibles...
 
Le silence tomba, chacun n'osant imaginer les scènes de tortures qui avaient dû se produire. Je me servis du jus de citrouille ainsi qu'un bol de céréales bien plein. N'ayant pas mangé la veille, j'avais un petit creux, surtout après l'épreuve physique à laquelle avait été soumis mon corps.
 
La journée passa assez vite. J'étais impatiente d'aller rejoindre Remus à vrai dire. Mais au moment où je m'apprêtais à quitter la salle commune après avoir torché un devoir de DCFM en moins de deux, je vis Remus entrer. Ses trois frères de c½ur se levèrent d'un bond pour aller l'accueillir d'une étreinte collective. Lily alla également à sa rencontre pour le prendre dans ses bras quelques secondes.
 
-         C'est bon de te revoir avec le sourire, dit-elle.
 
Remus me fit un clin d'½il en se dirigeant vers moi. Il prit mon visage entre ses mains avec douceur avant de m'embrasser.  
 
-         Bonjour ma louve, me dit-il en se détachant.  
-         Bonjour mon ange, soufflai-je quelques instants après.
 
On s'adressa un sourire complice avant de se rendre compte qu'il y avait un blanc autour de nous. J'éclatai de rire en voyant la tête éberluée de James et Sirius, et Remus se joignit à moi de bon c½ur.
 
-         Et bien, reprenez-vous ! lança Remus.
-          ... James, pince-moi, demanda Sirius.
 
Pas besoin de le dire deux fois.
 
-         AÏE !!! Bon sang, moins fort ! s'indigna Sirius.
-         Désolé, s'excusa James. Fallait que tu cries assez fort pour me réveiller dans le cas où je rêve.
 
Je ricanai. Bon ça va, pas besoin d'en faire un plateau non plus.
 
-         J'ai pas les mots, lâcha Peter.
-         Moi non plus, reconnut Sirius. Depuis le temps qu'on attendait ça ... !
 
James se dirigea vers moi et prit un air très solennel en posant ses mains sur mes épaules.
 
-         Nous te confions notre frère de c½ur... prends-en soin, dit-il sur un ton théâtral.
-         J'y compte bien, assurai-je avec un sourire en faisant un clin d'½il au concerné.

 

Il ne pouvait plus en être autrement désormais, même si je savais que ce choix serait lourd de conséquences. Je ne comptais plus reculer.
 
 
Chapitre 40 : Amour et Châtiment
... Est-il vraiment nécessaire de préciser que j'attends vos avis avec impatience... ? ;) J'espère que le moment que vous avez tant attendu depuis presque le début de la fiction ne vous a pas déçu ! Ni le reste d'ailleurs xD
Mot de Tracker et aperçu du chapitre 41 déjà en ligne !
Aller, gros bisous ! Merde à ceux qui attendent encore les résultats des examens, bon courage pour ceux qui bossent encore, et bonnes vacances aux autres

Tags : L'histoire d'un assassin - Partie 1 : L'amour d'un Assassin - tome 1

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Comments :

  • Dum-Cha

    22/12/2016

    J'aime le réalisme de Cette fic.. c'est hallucinant. J'aime l'idée que prudence oscille entre plusieurs de ses choix mais il y a beaucoup de longueur.. sinon j'aime beaucoup Cette fiction.

  • fichp-lifealwaysrestart

    12/09/2015

    Hey ! Il fallait bien que le commente un jour ce chapitre, non ? (sans compter que je n'ai pas commenter le précédent alors qu'il s'y passe un certain nombre de choses...)
    Je vais donc faire un commentaire groupé :
    Déjà, j'ai bien aimé toute la partie ou Prue a oscillé entre l'idée d'obéir à son père et de torturer Lyall, ou respecter sa volonté et ramener Lyall à Remus. J'étais certaine qu'elle allait opter pour cette seconde option... Mais j'ai adoré voir qu'elle torturait néanmoins un peu Lyall, ça donnait plus de réalisme à son choix, qu'on imagine très dur de part les lourdes conséquences qu'il entraine. Je t'avoue que tu m'as bien surprise avec la mission de l'agence ! Je ne m'attendais pas du tout à ce qu'elle intervienne à ce moment précis de ta fiction : J'étais un peu paumée au début, parce que je n'avais pas bien compris certaine choses, mais tout s'est remit en place bien vite, je te rassure ^^ !
    Passons à ce chapitre... Qui était certainement l'un des plus attendu de ta fiction. Et aussi l'un des plus réussi, à mon humble avis. La réaction de Voldemort par rapport à la fuite de son prisonnier était très réaliste quant au personnage décrit dans les livres. Mais ce qui diffère dans ta fiction, c'est que il a beau tuer les gardes etc. , il n'arrive pas à opter pour le même jugement avec Prue. Ce qui est compréhensible vu que c'est sa fille. Mais c'était assez violent (au sens moral, hein ?) de le voir la torturer, puis la laisser au mains des Mangemorts. Tiens, parlons en des Mangemorts ! Prue semblait bien apprécier Orion dans les premiers chapitres... ça n'a pas vraiment été rendu vu ce qu'il lui a fait...
    Et puis bien sûr, la partie avec Diego et Jack montrait l'attachement des deux personnages pour Prue, et l'attachement de cette dernière envers eux. Et enfin, Prue semble décidée à se laisser enfin aller avec Remus ! J'ai adoré voir la réaction des Maraudeurs lorsque Remus rentre de l'hôpital, et celle de Lyall quand il se réveille. J'aurais bien aimé être là pour voir !

    Bref, merci pour ces agréables moments de lecture que tu nous fait partager, et je viens lire la suite dès que possible !
    Bonne soirée !

  • Harry-Potter-generationx

    14/07/2014

    Mais la réaction de Lyall était la meilleure ! ;)

  • Harry-Potter-generationx

    14/07/2014

    Tin' le CON ! Même pas les couilles de la punir lui même et après il demande pas de ses nouvelles mais le comble c'est qu'il s'en prend a son frère !!!!! Salaud jusqu'au bout ce serpent mal lèché xD
    C'est moi ou Prue et Remus de sont embrasse dans une chambre d'hôpital ? Ah bah non, ils se sont vraiment embrassé et devant les maraudeurs en plus ! J'imagine tellement bien leur tête que je suis morte de rire ! ;)
    C'est vrai qu'on l'attendait depuis longtemps se petit événement !
    En fait, Prue ne s'en ai pas rendu compte mais en embrassant Remus et en libérant son père pour lui, elle a déjà choisis son camp, il faut juste qu'elle s'en rende compte maintenant :)
    Bon et bien je vais lire la suite !!! :D
    Voir comment évolue leur jolie relation ! ;)

  • harry-potter-8-fic

    12/07/2014

    pauvre prue elle a vraiment prit cher.
    c'est trop mignon q'il soient ENFIN ensembles :p
    et les réaction de lyall, james et sirius m'ont beaucoup fait rire par rapport au petit couple :)

  • MikaWolfeHP

    05/07/2014

    Yeahhhhhhhh!!!!! Ouin! Enfin! Mais j'étais certaine que Lyall reconnaîtrait Prue! J'ai hâte que quelqu'un découvre son entière vrai personnalité :P

  • evanalinch-lunalovegood

    04/07/2014

    Je suis pas déçue du tout. Je suis contente que ça se soit fait naturellement. Même si j'aurais préféré qu'elle soit pas blessée par son père avant. Mais pour moi c'est le meilleur des chapitres pour l'instant

  • aSupernaturalLife

    30/06/2014

    Hello !
    Et oui, 20 chapitres après leur premier baiser, j'estime qu'il était temps de franchir le cap, surtout après les derniers évènements.
    Pour Voldemort, il n'avait pas vraiment le choix. Prue a fait une erreur, elle paie le tarif, comme tout le monde. Surtout que ça n'aurait pas été crédible qu'il ne la punisse pas, car à part Jack et Diego, personne ne sait que Tracker est sa fille.
    Et effectivement, Prue s'est engagée dans une voie que peu de gens de son entourage criminel seront capables de comprendre.
    __

    Ah oui, 20 chapitres, je ne m'étais pas rendu compte que ça faisait autant !
    Oui c'est sûr, si elle n'avait pas été punie ça n'aurait pas été crédible du tout. Mais si encore il avait regretté...

  • laurie-slater-10

    30/06/2014

    Enfin il etait temps!! Remus et prue la scene est tellement mignonne j'aurais pas pu rever mieux ! Et Voldemort espèce de chien verreux! Et les mangemort ! mais tracker n'aurais pas pu mieux faire ! J'adore j'ai hate au prochain!

  • Sasha---Pieterse

    29/06/2014

    Coucou, excuse moi de te déranger, pourrais-tu de voter EMMA WATSON sur le sondage s'il te plait ? :)♥
    http://1erecompagnie.skyrock.com/3223403821-Nomination-Finale-Saison-12.html
    Merci de ta gentillesse et bonne soirée ♥

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