Chapitre 41 : Un cadeau pour Lunard

« J'en ai assez que Remus se sente monstrueux... je compte bien régler le problème à la source. Il doit bien exister une solution... et je promets de la trouver. Ce sera son cadeau pour Noël.  »
 
Chapitre 41 : Un cadeau pour Lunard
 
 
| 28 novembre 1977 – Couloir du sixième étage – 22h |
 
J'accompagnais Remus pendant sa ronde. La moindre occasion était bonne pour que l'on se retrouve tous les deux. Ça me faisait un bien fou de rester avec lui. J'adorais ces petits moments ensemble. Je pouvais enfin les savourer sans m'en vouloir, sans regretter mes actes ou me torturer l'esprit par rapport aux conséquences. J'avais enfin accepté mes sentiments, et ça me changeait la vie. Je pouvais enfin profiter de la chance incroyable qui m'était offerte. Car être avec Remus était une chance, j'en avais bien conscience.

 

Depuis ces quelques jours que j'étais avec lui... je me sentais mieux... plus légère, plus sereine. Même si l'avenir que j'avais choisi s'annonçait difficile. En plus de mon père, qui représentait l'obstacle le plus haut... moi-même j'en étais un. Même si je me rapprochais enfin de Remus, je devais toujours être capable de le maintenir à  distance de ce que j'étais. Je commençais à peine à goûter au plaisir de l'amour d'un homme, mais je savais que l'amour du sang ne faiblirait pas. C'était en moi depuis trop longtemps pour que j'envisage une rupture avec mon côté sombre. J'avais été élevée de sorte à m'ancrer profondément dans le mal. De sorte à ne jamais rester sourde à l'appel du sang et de la vengeance. Il fallait que j'accepte cette double personnalité. Que j'apprenne à vivre avec, car je savais que malgré mon comportement avec les Maraudeurs, mes récentes décisions qui finiraient par m'éloigner de mon père, mes sentiments pour Remus... rien de tout cela ne pourra jamais changer ce que j'étais au plus profond de moi... une louve sanguinaire... nommée Tracker.
Une louve prête à tout pour défendre sa meute, et plus particulièrement son beau loup gris.

 

Je tournai la tête vers Remus et me rendis compte qu'il était toujours aussi préoccupé que le matin. Il avait eu l'esprit ailleurs quasiment toute la journée.
 
-         Tu as eu des nouvelles de ton père aujourd'hui ? demandai-je, bien décidée à savoir ce qui le tracassait.
-         Ça oui. Tu ne vas pas me croire, dès que les médecins lui ont dit qu'il pourrait bientôt sortir, il a contacté Aaron et Maugrey pour se faire briefer sur les derniers évènements. Il veut déjà se relancer dans les enquêtes !
-         C'est un excellent Auror Remus... c'est normal qu'il veuille continuer, dis-je doucement.
 
D'autant plus que Lyall appartenait à la Brigade extrémiste. Alors ce n'était pas le genre d'individu que la mort effraie facilement. La chasse faisait partie de sa vie, le risque aussi, et après ce séjour chez l'ennemi, il devait être impatient de partager ses informations avec ses collègues.
 
-         Je ne veux pas qu'il finisse comme ma mère... ! C'est déjà un miracle qu'il s'en soit sorti ! Et lui, au lieu de rester tranquille, il continue ! Il se comporte comme si la menace était passée, comme si les Mangemorts n'allaient pas vouloir lui faire payer son évasion !
 
Sous l'apparente colère qu'exprimait Remus, je sentais bien la peur dans sa voix. C'est vrai qu'en toute logique, Lyall était un homme mort. C'est même moi qui aurais dû me charger des représailles. Seulement voilà, j'avais réussi à convaincre mon père qu'on avait bien plus d'intérêt à le garder en vie... du coup, je savais très bien que Lyall n'avait rien à craindre. Du moins pour l'instant. Malheureusement, je ne pouvais pas me servir de cet argument pour rassurer Remus... Alors je me contentai de le prendre dans mes bras. Il m'encercla et posa sa tête sur mon épaule.
 
-    Ton père est un vrai pitbull... dis-je. Il a survécu à un séjour dans l'antre des Mangemorts et s'en est même échappé... ne t'inquiète pas pour lui, il s'en sortira.
 
Remus soupira, et je me détachai de lui pour lui déposer un baiser réconfortant. Je sentis une présence dans le couloir, attirant mon attention sur... Dumbledore. Machinalement, je m'éloignai de Remus, mais je savais très bien qu'il nous avait déjà vus.
 
-         Bonsoir professeur, salua Remus un peu gêné.
-         Bonsoir vous deux. Alors cette ronde ?
-        R.A.S. Juste une Gryffondor qui me suit partout, répondit Remus en me regardant avec un sourire.
-         Rien d'alarmant, conclut Dumbledore. Quoi que... il semblerait que  Trelawney ne dise pas toujours n'importe quoi... je vais de ce pas rentrer mes plantes, il risque d'y avoir une tempête.
 
Alors que Remus riait, je fronçai les sourcils en fixant Dumbledore. Je le défiai du regard sans ciller, essayant de deviner ce qu'il pensait, mais je ne vis rien d'autre que son sourire sur son visage joyeux et son air bienveillant. J'aurais donné cher pour avoir une nouvelle crise mentale qui me propulse dans son esprit quelques secondes.

 

Remus reprit sa ronde, et je le suivis, l'esprit ailleurs. Toutes les prédictions de Trelawney à mon sujet étaient dramatiques... alors pourquoi Dumbledore m'avait glissé ça ? Savait-il quelque chose ? A moins qu'il parlait de Remus ? Rah, foutu directeur ! Faut-il vraiment que chacune de nos rencontres me tourmentent ?!
 
 
| 30 novembre 1977 – Poudlard – Tour d'astronomie – 0h02 |

 
J'étais assise sur le bord des pierres, les pieds dans le vide, la tête vers le ciel. Je regardais pensivement les flocons tomber lentement, dont quelques uns venaient fondre sur mon visage. La température était bien en-dessous de zéro, offrant une nuit glaciale. Il n'y avait pas la moindre brise pour perturber le paysage immobile. Seule la très lente chute de neige rendait à Poudlard un semblant de vie. Je me détournai du ciel, admirant encore une fois le paysage nocturne enneigé.  Ça m'apaisait. J'en avais besoin... je ne cessais de penser à Dumbledore. Depuis qu'il avait fait allusion à la prédiction de Trelawney, je m'interrogeais beaucoup. Je savais bien que j'intriguais Dumbledore quasiment depuis mon arrivée... qu'il avait fait des recherches sur moi... qu'il était toujours en train de m'analyser et de me tester à la moindre occasion... mais jusqu'à maintenant, je pensais avoir réussi à ne jamais lui montrer une part de mon côté sombre. Et pourtant, il avait balancé que Trelawney ne disait pas toujours n'importe quoi.
« Vous serez confrontée à un terrible choix Prudence... un choix difficile qui partagera votre c½ur entre deux mondes. Mais quelle que soit votre décision, vous subirez d'immenses pertes dans d'innombrables épreuves... avant de croiser la Mort. Oui, je la vois. Elle vous surveille, prête à vous pousser dans le néant à tout moment ! »

 


Je soupirai. C'était la prédiction la plus noire que cette tarée de prof m'ait dite. En fait, à chaque fois qu'elle avait essayé de « voir » mon avenir, la Mort était toujours de la partie. Je regardai à nouveau vers les étoiles, le c½ur un peu lourd. Je n'avais jamais cru la moindre parole prononcée par cette prof... mais je devais bien reconnaître que jusqu'à maintenant, elle avait raison au moins sur la première partie. Ça faisait des mois que je me torturais l'esprit, prise entre le monde criminel et le normal... mon père et les Maraudeurs... Diego et Remus... J'avais été longue à prendre une décision parce que je savais combien l'avenir serait difficile dans les deux cas. Je n'avais pas choisi la facilité en acceptant de franchir le cap avec Remus... je savais effectivement que j'allais devoir me battre pour assumer cette décision et garder en vie les personnes qui m'étaient chères... mais c'est la dernière partie de la prédiction qui m'inquiétait. Mourir ? J'allais mourir ? Après toutes les épreuves traversées, toutes les fois où j'avais trompé la Mort... étais-je vouée à quitter la partie plus tôt que prévu ? N'avais-je vraiment pas la moindre chance d'échapper à ce destin funeste ?
« C'est à toi d'écrire ton histoire Prudence... »
Je me souvins des paroles de Jack. Pour lui, le destin était entre nos seules mains. Et je ferai tout pour que ça soit le cas. Je ne pouvais pas accepter mon sort. Pas maintenant que j'avais pris trouvé un nouveau goût à la vie.
 

 
~ Point de vue de Remus ~

 
Grâce à la carte du Maraudeur, je savais où Prue se trouvait. Seulement je n'osais pas aller la rejoindre. Elle avait exprimé le besoin d'aller prendre l'air en solitaire. Je l'avais laissé partir, la surveillant de temps en temps sur la carte. En voyant qu'elle avait mis fin à sa promenade en haut de la tour d'astronomie, je n'avais pas pu m'empêcher de me rapprocher. Il faisait froid dehors, mais de là où j'étais, je pouvais voir Prue tout en haut de la tour, assise sur le rebord de la tour. Ça faisait un moment qu'elle était comme ça.
Je sentis mon c½ur remonter dans la gorge en voyant Prue tomber la tour en chute libre. J'eus le souffle coupé par une scène aussi soudaine qu'aberrante, m'empêchant de crier son nom avec effroi. Je sortis ma baguette par réflexe, mais elle s'arrêta à deux mètres du sol et posa les pieds à terre en douceur. Je sprintai vers elle, encore sous le choc de l'émotion. Je la pris dans mes bras avec élan, la serrant avec force.
 
-         J'ai eu si peur... soufflai-je.
-         Pardonne-moi Remus, je ne savais pas que tu regardais...
 
Je pris une profonde inspiration, essayant de calmer le rythme effréné de mon c½ur. Elle allait bien. Ce n'était qu'un jeu. Un jeu bizarre !
 
-         Tu as de ces idées des fois... m'exaspérai-je.
-         Tu sais bien que j'aime les sensations extrêmes.
 

~ Point de vue de Prue ~

 
Ça m'amusait de voir l'air encore apeuré de Remus. Il s'inquiétait vraiment pour rien. Comment une télékinésiste pouvait s'écraser ? Je me détachai de lui et regardai vers le haut de la tour. Sur le coup de l'adrénaline, j'avais presque envie de recommencer tellement c'était excitant.
 
-         Tu te souviens lorsque je t'ai fait chuter du haut de la tour de Gryffondor ? demandai-je avec le sourire.
-         Comme si c'était hier, j'ai cru mourir dans tes bras.
 
J'eus un faible sourire à sa réponse, et je caressai doucement sa joue avant de l'embrasser.
 
-         Ça n'arrivera jamais, assurai-je.
 
J'y veillerai.
 
 

| 18 décembre 1977 – Poudlard – Salle commune des Gryffondor – 23h45 |

 
J'étais dans une salle de potions inutilisée. Je l'avais repéré quatre jours auparavant grâce à la Carte du Maraudeur, subtilisée à James pendant qu'il faisait une bataille explosive avec ses amis. Quatre jours que je m'isolais avec des piles de livres de potions, que je m'éclipsais sans arrêt à la recherche d'ingrédients, que ça soit lors d'escapades nocturnes dans la forêt, dans la réserve de Slughorn, ou au chemin de Traverse. Quatre jours que je faisais des essais infructueux. J'essayais de concocter une potion qui n'existait dans aucun livre... une potion qui dépassait de loin mes compétences. Mais je refusais d'abandonner. Je voulais réussir. Pour Remus.
 

~ Flash back ~

| 2 décembre 1977 – Salle commune des Gryffondor – 17h10 |

 
Je soupirai en voyant Remus aller directement se laisser tomber dans l'un des fauteuils près de la cheminée. Je le rejoignis et m'installai sur ses genoux, entourant sa nuque de mes bras. Il m'adressa un faible sourire mais je vis bien à ses yeux qu'il était un peu triste.
 
-         Qu'est-ce qui t'arrive ? demandai-je.
-         Rien rien, soupira Remus.
-         Le cours de Maxwell... ?
 
Nous avions parlé des loups-garous pendant ce dernier cours de la journée... et je me doutais bien que Remus devait mal vivre le fait d'en savoir plus sur le sujet que son professeur.
 
-         Oui, souffla Remus. Ça me tue d'être ce monstre... ce prédateur « à la recherche de proie humaine de préférence... ».
 
Je lui caressai doucement la joue, ne sachant que faire pour le rassurer. Je me souvins de mes rêves pendant ma période de crise juste après le massacre du gang Cobra... je m'étais vue me rendre chez les Lupin pour libérer Remus de la cave, alors que j'étais restée sous forme humaine. J'ignorais si ce n'était qu'un rêve, ou si ça s'était réellement passé ainsi, cependant, j'étais certaine que c'était plausible. J'eus soudain une idée. Une idée un peu folle, car il me faudrait recourir à mon nouveau pouvoir, alors que j'avais du mal à le maitriser. Cela dit, je me sentais pleine d'assurance.

 

-         Tu me fais confiance ? demandai-je à Remus.
-         Evidemment.
-         Au point de me laisser accéder à ton esprit ?
-         Oui, mais pourquoi faire ? 
-         Je veux te montrer quelque chose.
-         C'est quoi ?
-         Un souvenir. Contrairement à Dumbledore, je n'ai pas de Pensine.

 

Remus fut intrigué par mes paroles. Il devait se demander quel souvenir je voulais lui faire partager. Je posai ma tête contre celle de Remus et me concentrai. Quand je sentis une connexion s'établir comme lorsque ça se produisait avec mon père, je tentai de me remémorer ce moment magique. Cela fut plus difficile que je l'imaginais. C'est comme si j'avais du mal à parcourir ma mémoire lorsque j'étais liée mentalement à Remus. Néanmoins, je finis par remonter au jour que je voulais. Ce terrible jour où j'avais massacré une bonne partie du gang des Cobras, avant de me rendre inconsciemment chez Remus. Je me revis entrer dans la cuisine, puis accéder au cellier où Lunard était retenu prisonnier. Le loup-garou avait tout juste manifesté de l'agressivité avant de me reconnaître quelques secondes plus tard. Je montrai mon souvenir à Remus jusqu'à ce qu'on rejoigne la forêt tous les deux. Quand je pris enfin ma forme animale, je rouvris les yeux pour revenir dans le présent. J'essuyai avec douceur la larme qui coulait sur la joue de Remus.
 
-         Prédateur redoutable n'est-ce pas ? taquinai-je. Cette nuit où je suis venue te chercher, je n'ai pas pris la peine de me métamorphoser de suite... et tu ne m'as rien fait. Au contraire, tu t'es montré affectueux.
 
Je relevai le menton de Remus pour le regarder dans les yeux.
 
-         Tu ne m'as rien fait, répétai-je. Alors arrête de te sentir monstrueux. Tu fais tout pour ne blesser personne. Tu prends toutes les mesures nécessaires. Tes seules victimes sont animales. Tu n'as rien à te reprocher mon ange, rien du tout.
-         Mais comment as-tu fait... ? Je perds toute raison lors de mes transformations... j'ai déjà failli attaquer mon propre père...!
-         A croire que ce n'est pas toujours le cas. Je ne t'ai lancé aucun sort ce soir-là.
 
Remus sourit en me regardant avec beaucoup de tendresse.
 
-         Tu as un pouvoir incroyable sur moi...
 
Je l'embrassai en guise de réponse avant d'aller me caler dans son cou. C'est vrai que c'était assez amusant. J'étais capable d'approcher Remus sous sa forme la plus dangereuse, lorsqu'il n'avait plus le moindre contrôle sur son esprit... et lui avait été capable de transformer la bête humaine que j'étais. A rendre une part de sensibilité à cette tueuse réputée impitoyable. Finalement, nous avions tous les deux un pouvoir adoucissant sur l'autre. Rendre les tueurs les plus redoutables inoffensifs... si ça ce n'est pas de l'amour...
 
-         Je donnerais cher pour me souvenir de ces moments sous ma forme animale... souffla Remus.

 
~ Fin du flash back – Retour au présent ~

 
Voilà pourquoi j'étais dans cette salle  à me prendre la tête avec une potion. Pour trouver une solution au problème de Remus. Pour qu'il cesse une bonne fois pour toutes de se sentir monstrueux. J'avais déjà consacré des journées entières à faire des recherches, à rencontrer du personnel médical, des chercheurs renommés... tous me disaient la même chose : « Aucun traitement n'existe mademoiselle... je suis désolé ». A quoi donc étaient payés tous ces gens ? Ils voulaient me faire croire que l'étendue de la puissance magique n'était pas capable de venir à bout d'une métamorphose intempestive ? Il existait des moyens de tromper la mort, mais pas la pleine lune ? Connerie ! Et je n'étais pas la seule à me pencher sur le problème...
 

~ Flash Back ~
 
| 13 décembre 1977 – Ministère de la Magie – Département de recherches et invention |

 
J'étais enragée. J'avais l'impression que personne n'avait jamais vraiment cherché à soigner ce mal qui rongeait tant de personnes. Bon sang, il n'y avait pas un seul chercheur qui était capable de me donner ne serait-ce qu'un début de piste !
 
-       Si aucun traitement n'existe, c'est peut-être parce qu'il ne s'agit de pas d'une maladie.
 
Je me retournai pour faire face à un homme assez imposant.
 
-       Que voulez-vous dire ? demandai-je.
-      Les rares personnes intéressées par le cas des lycanthropes cherchent un traitement qui empêcherait la métamorphose... mais c'est impossible. Une fois que la bête est née, elle ne peut plus disparaître. C'est pour cette raison que les expérimentations ne donnent rien.
-      Alors c'est sans espoir ?
-     Au lieu de chercher un moyen d'empêcher la métamorphose... il faudrait simplement se concentrer sur l'esprit. La conscience.
 
Je me rapprochai de cet étrange homme. Ses paroles étaient loin d'être stupides. En fait, il avait totalement raison. C'était une question d'approche. Je n'avais pas attaqué le problème sous le bon angle !
 
-         Vous vous êtes penché sur la question n'est-ce pas ? Vous avez trouvé un moyen ?
-         Après avoir sauvé la vie à un policier, vous épousez la cause des lycanthropes... c'est noble de votre part mademoiselle Hunt.
-         A qui ai-je l'honneur ?
-         Damoclès. Suivez-moi.
 
Je retrouvai enfin espoir. L'espoir d'offrir à Remus ce qu'il méritait. L'homme me guida jusqu'à son bureau, où l'on s'enferma.
 
-         Ça fait bien des années que je reçois de rares lycanthropes... commença Damoclès. Pour les étudier plus personnellement, recueillir leurs témoignages, tester des potions sur ceux qui acceptent... Jusque là, mes essais se sont avérés infructueux, mais je me rapproche toujours un peu plus.
-         Dites m'en plus.
-       J'ai réussi à mettre au point une potion dont l'objectif est de laisser au loup son esprit humain.
-         Elle fonctionne ?
-         Hum, oui... oui je crois.
-         ...Que voulez-vous dire ?
-        D'habitude, je note tout ce que je fais. Toutes mes tentatives. Le problème, c'est que cette fois, j'étais tellement excité à l'idée de réussir, que j'ai continué à mélanger les ingrédients...
-         Vous êtes en train de me dire que vous ne savez pas la reproduire ? coupai-je avec colère.
 
Damoclès soupira. Bon sang mais quel abruti !
 
-         Une erreur bien stupide, je vous l'accorde.
-         Vous vous souvenez des ingrédients ?
-       Oui... mais ça fait des semaines que j'essaie de retrouver les bons dosages, les bons gestes... sans succès.
 
Ce fut à mon tour de soupirer. La chance me faisait défaut dans cette quête.
 
-         Vous avez testé la potion en situation réelle ? repris-je.
-         Non, pas encore. C'est pour cette raison que je suis venu vers vous. J'ai besoin d'un cobaye, si vous acceptez bien sûr.
-         Je ne suis pas lycanthrope. Ce n'est pas pour moi que je cherche une solution.
-        Oh je vois... trop dur à vivre ?
-       Absolument pas. Je n'ai aucun problème à accepter sa nature animale... c'est lui qui ne la supporte pas.
-         Réaction classique de nombreux lycanthropes... Pensez-vous que cette personne accepterait de tester la potion ?
 
A quoi bon ? Si ce Damoclès n'était pas fichu de la reproduire ensuite, je refusais de donner de faux espoirs à Remus.
 
-         Je suppose que vous ne pourrez pas me montrer vos notes ? tentai-je.
 
Damoclès sourit.
 
-         Vous savez ce que représente une telle expérience... si elle fonctionne –
-         Vous serez décoré et admiré de tous. Votre notoriété monterait en flèche, ce serait la gloire assurée. Cette potion vous permettrez d'inscrire votre nom dans l'Histoire, et très certainement de recevoir l'Ordre de Merlin... terminai-je.
-         Exact.
-         Je vois.
 
Sans prévenir, je sortis ma baguette et m'infiltrai dans l'esprit de Damoclès, allant récupérer moi-même ce que je voulais. Je ne tardai pas à trouver le souvenir que je voulais et l'extirpai de son esprit. J'attrapai l'une des nombreuses fioles vides se trouvant sur une étagère pour y déposer le souvenir. Lorsque Damoclès revint à lui, je l'immobilisai dans son fauteuil.
 
-         Vous auriez eu l'air d'être ne serait-ce qu'un tout petit peu intéressé par la cause des lycanthropes... je vous aurais permis de visionner le souvenir renfermant la clé de votre gloire... mais je n'ai vu en vous qu'un homme  cherchant sa satisfaction personnelle... un homme voulant se faire du fric en passant pour un héros. Alors je vais vous prendre ce précieux souvenir... je vais cacher soigneusement cette clé en or, et il vous faudra à nouveau la chercher par vous-même pour mériter cette gloire qui vous tient tant à c½ur...
 
Je lui lançai un sort pour lui trafiquer la mémoire, afin qu'il oublie notre rencontre, et disparus avant qu'il revienne à lui.

 
~ Fin du flash back – Retour au présent ~

 
Et voilà comment j'en étais arrivée dans cette salle, à visionner le souvenir en boucle pour reproduire ce que Damoclès avait réussi à faire. Je ne comptais pas m'approprier la réussite d'une telle découverte en cas de succès, loin de là. Si la potion fonctionnait, elle resterait soigneusement secrète. Seul Remus pourrait en bénéficier. Mais je n'avais pas le temps d'attendre que Damoclès y arrive par lui-même. Le plus dur avait été de trouver tous les ingrédients, et en particulier la plante principale de la potion : l'Aconite. Mais même avec les souvenirs de Damoclès, la potion était loin d'être facile à réaliser.

 


Ce n'est que le lendemain que je parvins enfin à la finaliser. J'en récupérai un échantillon avec un franc sourire. J'avais enfin réussi. Il ne restait plus qu'à tester. Et pour ça... je n'avais pas trente six solutions.
 

| 22 décembre 1977 –  Planque de Tracker – 18h45 |

 
-         HMMMM !!!
 
Je soupirai en fermant la porte de ma planque derrière moi. Je m'avançai vers le mur, où mon dernier prisonnier se débattait de ses chaînes.
 
-         Vous êtes la première personne que j'amène dans ma planque sans l'intention de tuer... alors détendez-vous, je ne vous ferai aucun mal. Je veux juste tester les effets de la potion dont je vous ai parlé ce matin. Les choses auraient pu être plus agréables si vous aviez accepté mon offre. Vous seriez probablement assis sur cette chaise avec un verre de Whisky à la main...
 
L'homme était affolé et continuait de se débattre avec frénésie. Je souris en me rapprochant de lui.
 
-         Inutile de vous agiter... je sais que la pleine lune commence à faire son effet sur vous et que vous n'allez pas tarder à vous transformer... alors restez tranquille, ok ?
 
J'enlevai le scotch de sa bouche d'un geste sec.
 
-         Vous ne réalisez pas les risques que vous prenez ! Je risque de vous tuer !
-         Ça n'arrivera pas, assurai-je. Je sais ce que je fais. Maintenant buvez ça.
 
Je déversai de force le contenu de l'échantillon de la potion dans sa bouche. J'attendis plusieurs minutes, rassurée qu'il n'y ait pas d'effets secondaires à déplorer. Je jetai un coup d'½il à ma montre. L'heure du loup n'allait plus tarder à sonner. Je fis apparaître une grande cage et y enfermai mon cobaye. La métamorphose commença cinq minutes après, et j'y assistai avec une pointe dans le c½ur en pensant que Remus était en train de subir la même, dans la Cabane Hurlante. La souffrance que les lycanthropes enduraient une fois par mois était vraiment horrible.

 

Le loup-garou blanc resta allongé quelques secondes, essoufflé. Mais il se redressa bien vite, les sens en alerte. Il fit une fixation sur moi lorsqu'il m'aperçut, grognant méchamment. Il se jeta sur les barreaux de sa cage avec sauvagerie, écumant de rage. Je déglutis péniblement. Un échec. La potion n'avait pas marché. Je voyais bien dans ses yeux que mon odeur l'excitait... qu'il voulait me tuer. La bête était seul maître, l'esprit humain envolé. Damoclès avait tort... il n'avait pas réussi à trouver la bonne recette.

 


Je frappai du poing sur la table, me détournant du loup-garou. Bon sang que j'étais déçue ! Moi qui croyais enfin tenir le moyen de rassurer Remus... Je tournai la tête vers le loup-garou, que l'emprisonnement rendait fou. Je pris avec regret l'arbalète posée sur la table et l'armai. Il était assez difficile de viser entre les barreaux de la cage sur une cible aussi agitée. Néanmoins, je finis par tirer, et le loup-garou s'effondra au bout de quelques secondes après avoir reçu une fléchette imbibée de somnifère. Je ne pouvais pas le libérer avant le lever du soleil, et je ne voulais pas non plus qu'il se fasse mal dans la cage. Le coeur lourd, je quittai ma planque. Moi qui avais dit à Remus que je ne participerais pas à la pleine lune pour lui préparer son cadeau de Noël...  j'avais échoué. Il me faudra poursuivre mes efforts demain... après avoir trafiqué la mémoire de ce lycanthrope pour le relâcher.
 

 
| 23 décembre 1977 – Poudlard – 9h |

 
Je frappai le poing sur la table, énervée. Voilà deux heures que j'étais retournée dans la salle de potions inutilisée pour essayer de trouver ce qui clochait, persuadée que je n'étais pas loin du but... mais sans succès. J'étais capable d'inventer des armes redoutables et d'une efficacité jamais pensée que je fabriquais de mes propres mains, alliant la magie aux techniques moldues... Pourquoi ne pas réussir pour une juste cause alors que je triomphais de toutes les difficultés posées dans le domaine du crime ? Pourquoi pour une fois je ne pourrais pas être aussi douée pour faire le bien ?
 
-         Et bien Hunt, tu fais des heures supp'... ? siffla une voix derrière moi.
 
Je fis volte-face en sortant ma baguette, surprise d'être dérangée.
 
-         Tiens tiens... Rogue. Qu'est-ce que tu fais là ?
-         Je crois que c'est plutôt à moi de poser cette question...
 
Je tournai la tête vers mes notes ainsi que mes échantillons.
 
-         J'essaie de mettre au point une potion un peu spéciale.
-     Ça j'avais compris. Ce que je veux savoir, c'est quoi, et surtout, pourquoi ? Si tu cherches à mettre au point une potion pour rendre tes amis intelligents, ne te fatigue, c'est impossible.
 
Me rappelant des talents de ce serpent-là en potions, je préférai le laisser se défouler verbalement sur les Maraudeurs si ça pouvait le détendre. J'avais un plus grand intérêt à rester calme plutôt que de l'envoyer bouler.
 
-         J'essaie de mettre au point une potion... qui n'existe dans aucun livre, répondis-je simplement. Et j'avoue avoir du mal. 
-         Quel genre ?
-         Le genre... médical.
 
Il haussa les sourcils.
 
-      C'est la connerie de James et Sirius que tu veux soigner ? C'est incurable je te rappelle.
-         Arrête un peu tu veux ? m'énervai-je.
-         Alors explique-toi.
 
Je ne voyais pas comment répondre sans trahir Remus.
 
-         ... A quoi bon ? Qu'est-ce que ça peut te faire ? esquivai-je.
-         Je peux  éventuellement t'aider...
-         Toi m'aider ? ricanai-je. Tu es tombé sur la tête ?
-      Rassure-toi, si je t'aide ce n'est pas pour toi... tu devras me rendre deux énormes services en échange...
-         Du genre ?
-     Que les Maraudeurs cessent de me prendre pour cible. Leur humiliation permanente est insupportable à vivre au quotidien.
-          Ok. Et le deuxième ?
-         Je te ferai passer une lettre... tu devras la remettre à Lily Evans. Interdiction de la lire... ou qu'elle tombe entre les mains d'autres personnes.
-          Ce sera tout ?
-          Oui.
-          Ça me va. Mais moi aussi j'ai une condition.
-          Laquelle ?
-         Ça devra rester secret. La potion que j'essaie de faire résulte des efforts d'une autre personne... interdiction de divulguer la moindre info à ce sujet.
 
Rogue eut un rictus en guise de sourire.
 
-         Pour être franc, ta potion ne m'intéresse pas plus que ça, dit-il en tendant la main.
 
Je la serrai sans plus attendre. J'aimais négocier avec des gens qui ne posaient pas trop de questions.
 
-         Alors... que cherches-tu à faire ? demanda Rogue en se rapprochant de la table.
-         Un... ami m'a fait part de ses tentatives pour... atténuer les effets d'un phénomène magique impossible à contrer. Le problème, c'est que j'ai testé la potion en situation réelle... elle ne fonctionne pas.
-         Tu me laisses jeter un coup d'½il à tes notes ?
-         Bien sûr.
 
Je laissai Rogue lire mes notes. Il les balaya pendant plusieurs minutes, et je restai silencieuse pour ne pas le déranger. Il eut un sourire en coin en reposant mes notes sur la table.
 
-     Tu dois beaucoup tenir à Remus... Les ingrédients que tu as utilisés valent une fortune, lança Rogue.
-         Qui te dit que je fais cette potion pour lui ?
-        Ne me prends pas pour un imbécile Hunt. Tu essaies de mettre un loup-garou dans le même état qu'un Animagus... tu veux qu'il conserve son esprit pendant ses métamorphoses. Remus s'est toujours absenté pendant les nuits de pleine lune, il semble toujours éreinté, et les blessures qu'il porte sur le visage ne sont pas celles d'un chien...
 
Là il fallait bien admettre que Rogue m'impressionnait. En plus d'avoir démasqué Remus, il avait deviné mes intentions rien qu'en lisant mes notes. Rogue était sans nul doute un vrai maître des potions.
 
-         As-tu remarqué un problème dans les ingrédients ou la manière de procéder ? demandai-je pour couper court.
-         Non. La potion marche. Tu as juste oublié un léger détail Hunt... l'Aconite n'a pas un effet immédiat. En boire le soir de la pleine lune ne suffit pas. Je pense qu'il faudrait en avaler plusieurs petites doses, disons... la semaine précédent la métamorphose.
 
J'eus un rire nerveux. Bon sang, alors ce n'était qu'un problème de timing ?! J'avoue qu'il m'aurait probablement fallu quelques jours de plus pour trouver l'erreur... des jours que je n'avais pas.
 
-         Bien joué Rogue. Je te dois une fière chandelle sur ce coup-là.
-         Non, tu m'en dois deux. N'oublie pas : plus de farces, et une lettre à Lily Evans.
-         Si la potion marche.
-         Elle marchera.
 
 

| 24 décembre 1977 – Poudlard – Salle commune des Gryffondor – 23h58 |

 
Le réveillon de Noël... Une journée de plaisirs divers et une soirée absolument magique. Dumbledore avait encore organisé une soirée dansante pour l'occasion, et on s'était bien amusés. Et maintenant, le moment qui me rendait si impatiente arriva enfin. Une montagne de cadeaux apparut autour du sapin au moment où les cloches sonnèrent minuit.
 
-         Joyeux noël mes loustiques ! scanda Sirius en se jetant sur ses amis.
 
James et Sirius se précipitèrent, cherchant leur nom en imitant des gamins faisant la course pour trouver son cadeau le premier. Remus et Peter riaient en les voyant faire les imbéciles. Je souriais devant la scène, plus agréable à regarder que l'an passé.
Peter rejoignit les deux  frères pour chercher ses cadeaux avec plus de calme. Remus se tourna vers moi.
 
-         Tu n'y vas pas ? me demanda-t-il.
-         Je laisse les gamins passer devant.
-         Hé ! s'offensa faussement James.
-         T'as quelque chose à dire l'ébouriffé ?
 
Il attrapa un coussin et me le balança. Je le déviai sur Peter qui le prit en pleine tête.
 
-         Mais !! J'ai rien fait moi ! pleurnicha-t-il.
 
Son petit air de chien battu nous amusa. Remus s'avança vers les cadeaux pour chercher les siens lorsque Sirius et James s'attelèrent au déballage.  

Des accessoires de Quidditch, des livres, des tee-shirts, des objets aux caractéristiques curieuses, des blagues... Voilà un bref inventaire des cadeaux que nous nous étions offerts mutuellement. Du côté de Remus, il ne lui restait que deux cadeaux à ouvrir. Les miens. Il regarda dans ma direction et je l'incitai d'un sourire à accélérer le mouvement.
 
-         Un bout de verre brisé ? s'étonna James, en voyant le premier.
 
Je soupirai.
 
-         Lily, appelai-je. Je t'en prie, fais quelque chose.
 
La concernée et Remus, qui connaissaient l'objet en question, éclatèrent de rire. James afficha une mine boudeuse. Je sortis un autre « bout de verre » de ma poche, identique à celui de Remus.
 
-       C'est un miroir divisé en deux. Il permet de communiquer avec la personne détenant l'autre moitié, expliqua Lily. Un téléphone version magique quoi.
-         Sty-lé ! admira James.
-         Et l'autre ? pressa Sirius.
 
Remus ne se fit pas prier. Pendant qu'il déballait, je me rapprochai de lui.
 
-         Celui-là, il faudra attendre quelques semaines avant que tu comprennes à quoi il sert, dis-je en l'entourant par derrière, posant mon menton sur son épaule.
 
Il ouvrit le coffret et découvrit une fiole bien calée dans son petit coussin blanc. Il la prit délicatement et la leva vers la lumière pour essayer d'analyser son contenu doré.
 
-         Une potion ?
-         Oui.
-         A quoi elle sert ?
-         Patience...
 
J'avais piqué sa curiosité, et ça me faisait plaisir de le faire languir.
 
-         Merci, souffla-t-il en m'embrassant à nouveau.
 
Il me provoquait une véritable explosion à chaque fois qu'il posait ses lèvres sur les miennes. J'avais toujours cette impression que mon c½ur diffusait un courant électrique délicieux dans tout le corps.
 
-         Tu me diras ça quand tu l'auras testé, dis-je.
 
Il se dégagea en souriant pour aller chercher un autre cadeau et revint vers moi.
 
-         Le tien, dit-il en me le tendant.
 
Pendant que les autres Maraudeurs se chambraient un peu plus loin, je déballai le papier rouge pour découvrir un coffret, tout en longueur. Je l'ouvris et eus du mal à cacher mon étonnement tellement c'était... magnifique.
 
-     T'es fou, soufflai-je sans pouvoir me détourner de la gourmette, portant mon prénom gravé d'une écriture fine et penchée.
-         Je l'avoue... murmura-t-il.
 
Même pour moi qui n'étais pas une grande connaisseuse en bijoux, il était impossible de ne pas reconnaître l'origine de cet alliage sublime. L'or blanc.
Remus sortit la gourmette de son coffret et me prit le bras gauche pour l'y attacher.
 
-         Merci... soufflai-je. Elle est magnifique.
 
Machinalement, je la retournai. Je me rendis compte que là aussi il y avait une gravure.« With all my love. RL » Je me mordis la lèvre inférieure en sentant monter une vague d'émotions. J'étais vraiment touchée par un cadeau aussi imprégné d'affection. Je caressai doucement les écritures avec un sourire. Il me tardait vraiment que Remus teste la potion, pour qu'il voie à son tour à quel point je tenais à lui. Je me détournai de la gourmette pour relever les yeux sur Remus. Je le pris doucement dans mes bras pour lui faire sentir mon émotion.
 
-         Merci infiniment Remus... soufflai-je. Tu...
Je m'interrompis, essayant de contrôler ma voix.
-         Tu es le plus beau cadeau de ma vie, avouai-je.

Remus me serra un peu plus fort contre lui en guise de réponse et se cala dans mon cou. Pas besoin de se regarder dans les yeux pour deviner que nous avions tous les deux le c½ur lourd... de joie.

 

| 21 janvier 1978 – Poudlard – Dortoir des garçons –  19h39 |

 
Une semaine que je faisais boire une petite gorgée de la potion à Remus tous les soirs. Il me posait à chaque fois des questions, voulant savoir à quoi pouvait bien servir cette potion qui jusqu'à maintenant le laissait indifférent. Quant à moi, j'étais plus impatiente que jamais. J'espérais que Rogue ne s'était pas trompé. Enfin... c'était le moment d'en avoir le c½ur net.
 

| Cabane Hurlante |

 
Je montai les escaliers quatre à quatre, pressée de voir le résultat. J'ouvris la porte défoncée et découvris un Lunard assez calme.
 
-         Remus ? appelai-je.
 
J'entendis les sabots du cerf me rattraper. Cornedrue se plaça devant moi tête baissée pour me barrer le chemin avec ses bois imposants. Le chien m'attrapa le bas du pantalon et me tira en arrière pour me faire sortir.
 
-         Mais non, arrête Patmol !  grondai-je en essayant de le faire lâcher. Je teste les effets de la potion !
 
Il arrêta de tirer et le cerf releva sa tête majestueuse. Je le contournai et m'approchai prudemment de Lunard qui me regardait, visiblement figé de surprise.
 
-         Hé, Remus ? Tu me reconnais ?
 
Il se leva et s'approcha de moi, incertain. Je tendis une main vers lui et il posa sa lourde tête dessus.
 
-         Ça a marché ! PUTAIN CA A MARCHE !!!!!
 
Je pétai littéralement les plombs, sautant de joie, jouant avec Lunard comme je l'aurais fait avec un chien inoffensif.
 
-         Bon sang, mais qu'est-ce qui lui arrive ? Il ne réagit pas ! s'étonna Sirius.
 
Je me retournai. Les Maraudeurs avaient repris forme humaine eux aussi.
 
-         La potion !!! dis-je tout excitée. Elle permet à Remus de conserver son esprit humain sous sa forme animale ! Comme n'importe quel Animagus !! Sauf que pour lui, la métamorphose est inévitable les soirs de pleine lune ! 
 
Les trois Maraudeurs affichèrent une mine stupéfaite qui se transforma bien vite en une joie sans borne. Il m'était difficile de décrire le plaisir que je ressentais et je n'eus pas le temps de chercher plus loin que deux énormes pattes me plaquaient au sol. J'eus le souffle coupé quelques instants à l'impact. Lunard se comportait comme un chien, et se mit à me lécher avec son énorme langue.
 
-         Big bisou bien baveux, mais pas dégueu ! plaisanta Sirius.
-         Permets-moi d'émettre une objection, répliquai-je.
 
Je me transformai pour pouvoir me dégager et détalai hors de la cabane. Lunard n'eut aucune difficulté à me rattraper. Il me mordillait doucement les cuisses, me bousculait gentiment... j'aimais ce côté joueur. Il se fit rentrer dedans par un Patmol qui venait de lui sauter sur le dos. Après une courte séance de rodéo, le grand chien noir se fit éjecter, et c'est Cornedrue qui le rattrapa au vol dans ses bois. Une excitation nouvelle s'était emparée de nous. Cette potion était un grand pas supplémentaire pour aider Remus à mieux vivre sa lycanthropie.
 

| 7h14 |

 
Comme tous les matins suivants la pleine lune, les rayons flamboyants du soleil transpercèrent la forêt, soumettant le corps de Lunard à une métamorphose des plus douloureuses. Comme à chaque fois, on vint le soutenir, l'aidant à se relever pendant qu'il reprenait son souffle. Mais cette fois, Remus était heureux comme jamais. Il tomba dans mes bras, répétant « merci » entre chaque baiser déposé.
 
-         Je ne sais pas comment te remercier, c'est le plus beau cadeau qu'on ait pu m'offrir. Je n'arrive pas à y croire... j'ai gardé le contrôle ! Je me souviens de tout !
 
Rien n'aurait pu me faire plus de plaisir que de voir un tel bonheur briller dans ses yeux.

-     Je suis heureuse que ça ait fonctionné. Mais ce cadeau n'est pas que le mien, prévins-je. Une autre personne a participé. Je n'aurais jamais réussi sans Severus Rogue.
 
James sursauta violemment, comme s'il avait été piqué.
 
-         Quoi ?! Servilus a participé ?!
-         Par intérêt bien sûr. Cependant, sans lui, je n'aurais pas réussi à arriver au bout.
 
Il y eut un blanc. Bien sûr, ils étaient stupéfaits.
 
-         Ce que je vais vous demander est très simple. Il m'a filé un coup de main à la seule condition que vous cessiez de l'humilier. Etant donné que la potion fonctionne, je compte bien tenir mes engagements...
 
Sirius grimaça en regardant ailleurs. James haussa les épaules.
 
-         S'il le faut... Après tout, c'est pour Remus, dit Peter. On se reportera sur un autre Serpentard, c'est pas les crétins qui manquent !
 
Merci Peter ! Sirius grommela un je ne sais quoi pour approuver. Je passai mon bras autour de Remus pour le soutenir, en direction du château.
 
-         Merci Prue, tu ne sais pas combien je suis heureux.
-         Oh je m'en doute...
-       Toutes ces années, j'avais peur de moi parce que je savais que j'étais un danger les soirs de pleine lune. Et tu m'offres la solution inespérée...
 
Je le regardai avec un sourire, ne pouvant me lasser d'admirer ses traits imprégnés de joie.

-         Maintenant que j'ai la certitude que tout marche bien, je vais pouvoir te donner les autres échantillons... ainsi que la recette pour pouvoir la reproduire. Chaque chaudron t'apportera un an de tranquillité. Tu devras boire une fiole par soir, une semaine avant la pleine lune. Ça te permettra de ne plus jamais perdre le contrôle sur ton esprit humain.
 
Remus m'arrêta en se plaçant devant moi, le sourire aux lèvres. Il était heureux, ça se voyait.
 
-         Qu'est-ce qu'il y a ? demandai-je, cette simple vision me décochant un sourire.
 
Il prit doucement ma tête entre ses mains et m'embrassa tendrement.
 
-         Je t'aime.
 
Mon c½ur sursauta à l'entente de cette déclaration, me ramenant quelques secondes plusieurs années auparavant. Mais je chassai ce mauvais souvenir et l'embrassai avec la même délicatesse pour répondre à ces magnifiques paroles sans avoir à les prononcer. Je serrai Remus contre moi, et adressai un grand sourire aux autres Maraudeurs qui nous regardaient, tous aussi joyeux que nous. Peu importe de quoi l'avenir serait fait... cette aventure méritait amplement d'être vécue.





Chapitre 41 : Un cadeau pour Lunard
 
Et voilà pour ce chapitre servant de « pause » en quelque sorte, centré sur le dévouement mutuel de Prue et Remus. Je vous ménage pour la semaine prochaine ;)
J'espère que ça vous a plu, vos avis sont toujours attendus.
 
INFOS : Concours de nouvelle sur Harry Potter ! Voyage dans les studios à Londres et baguette magique de Dumbledore à gagner pour les premiers ! Rendez-vous sur http://short-edition.com/prix/fanfictions-harry-potter-2014
 
Sinon, j'espère que les résultats de vos examens sont positifs ! Bonnes vacances :)

Tags : L'histoire d'un assassin - Partie 1 : L'amour d'un Assassin - tome 1

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Comments :

  • Dum-Cha

    22/12/2016

    Ce que fait prudence pour Remus est adorable.

  • Harry-Potter-generationx

    14/07/2014

    OMG !!!!!! C'est la plus belle preuve d'amour que j'ai vu et lu de ma vie !!! *_*
    j'adore, j'adore, j'adore !!!!!
    Prue qui pète son câble j'ai trouve ça tellement drôle ! La on peut dire merci a notre Severus préférer ! Je donnerai cher pour savoir se qu'il a écrit a Lily ! :D
    Et Dumbledore, toujours des réflexions mystérieuse pour rendre dingue les gens ;)
    Viiiite ! La suuuiiiiiite !!! ;D

  • harry-potter-8-fic

    12/07/2014

    whoua!!!
    C'est vraiment très gentil ce qu'elle fait pour lui.
    j'adore vraiment ton histoire elle me passione

  • assassin-maraudeurs

    09/07/2014

    Visiteur wrote: "Alyswolf: J'adore ce chapitre et je les ai tous lu quant tu les a publiés"

    Ah bonne nouvelle, je pensais que tu avais arrêté la lecture depuis le temps ^^

  • Visiteur

    09/07/2014

    Alyswolf: J'adore ce chapitre et je les ai tous lu quant tu les a publiés

  • Visiteur

    09/07/2014

    Alyswolf:j'aurais bien aimé t'écrire plus mais j'ai eu un problème de clavier

  • clochinettedu76

    08/07/2014

    C'est un super chapitre ! Ca fait peut etre une petite pause, mais c'est concentré sur Prue/Remus et j'adore ça ! Ce chapitre montre à quel point les deux tiennent à l'autre, surtout Prue !

  • aSupernaturalLife

    07/07/2014

    Coucou ! =)
    Disons que c'est une pause dans le sens où il n'y pas d'action, de meurtre ou de prise de tête ^^ J'ai uniquement centré sur l'affectif.
    Rogue a en effet un rôle assez mineur dans l'histoire... mais j'ai tenu à le faire apparaître, car c'est un personnage que j'ai toujours apprécié malgré sa froideur et dont la vérité sur lui dans le tome 7 n'a fait qu'augmenter l'intérêt que je lui portais =) Après tu as raison, il a un rôle mineur dans l'histoire, on le reverra un peu dans le tome 2 mais c'est tout. Et oui, Prue n'est pas non plus une déesse, elle a des limites xD
    Au niveau du temps, j'avoue que je n'ai pas envie de m'étaler plus que ça dans cette deuxième année... maintenant que Prue est bien ancrée dans l'histoire avec les Maraudeurs, inutile de s'attarder trop longtemps à l'école, le prochain "challenge" est ailleurs ;)
    __

    Oui je comprends, parfois pas de meurtres ça fait du bien x)
    C'est vrai que Rogue m'a toujours fasciné. Et puis apprendre la vérité sur lui dans le tome 7 bah... wahou, en plus il était gentil quoi x)
    C'est vrai que ça ferait peut être un peu répétitif si tu détaillais une autre année. Enfin, moi quoi qui l'arrive ça me plait!

  • Hurricany

    07/07/2014

    Quel beau chapitre ! Beaucoup d'amour et de tendresse entre nos deux tourtereaux ! C'est beau à voir ! En tout cas je suis contente pour eux et j'ai vraiment hâtes de lire la suite... Qui je suis sur réserve encore de très, très, très grosses surprises ! Bisous et à la semaine prochaine :D

  • aSupernaturalLife

    06/07/2014

    Salut :) !

    Hé bien QUEL CHAPITRE :O tu dis que c'est une pause, mais franchement il était génial. Très émouvant. Et puis c'est bien d'avoir amener Rogue dans l'histoire, il est intéressant comme personnage. Après je n'ai pas l'impression qu'on le reverra de si tôt, mais c'était sympa de montrer que Prue n'a pas réponse à tout, malgré son immense intelligence ;)
    Sinon, je vois qu'on avance dans le temps, on est en janvier là. ça veut aussi dire que la fin de l'année approche, et donc, les ASPIC... mais je suis sûr que tu nous réserve encore pleins de chose :p

    Hâte de lire ton prochain chapitre, vu que là tu nous as "ménager" ça veut dire que tu vas envoyer du lourd haha !

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