Chapitre 44 : Franc jeu

« Ça fait trop longtemps que je joue sur deux tableaux... il est temps de mettre cartes sur table... d'assumer mes choix... d'être franc jeu. Je suis fatiguée de mentir pour repousser l'échéance. L'heure de vérité a sonné. »
 
Chapitre 44 : Franc jeu
 
 
| 3 mars 1978 – Sainte Mangouste – Chambre 759 – 20h |
 
Les Maraudeurs étaient encore venus me voir, comme tous les jours. Ça me faisait du bien de parler avec eux. Ils me racontaient leur journée, des blagues... j'arrivais à oublier momentanément que j'avais toujours le bas du corps paralysé. Les médicomages disaient que c'était à cause du poison, qui était resté trop longtemps dans mon organisme. Je ne craignais qu'une seule chose : rester ainsi. Ce serait mon plus grand drame. Je ne pouvais pas perdre la chose pour laquelle je m'étais toujours battue : la liberté. Même si d'après eux ce n'était qu'une paralysie temporaire, je ne pouvais pas m'empêcher de m'inquiéter. Ils me croyaient condamnée jusqu'à ce que je m'en sorte seule... ils pouvaient encore se tromper sur ma paralysie. Alors je m'appliquais lors des séances de rééducation et j'acceptais de me reposer... mettant toutes mes chances de mon côté pour que je retrouve ma sensibilité au plus vite. Je ne pouvais pas envisager mon avenir privée de mes jambes.

 

Sirius, James et Peter me dirent au revoir, regagnant Poudlard pour prendre le repas dans la Grande Salle. Ça me faisait plaisir de rester un peu seule avec Remus. Il s'était allongé contre moi et me câlinait doucement le ventre d'une main.
Je fermai les yeux, me laissant bercer, fatiguée des visites de la journée. Jack était passé lui aussi. Je lui avais demandé des nouvelles de Diego, mais celui-ci était reparti en mission, il était donc injoignable. J'avais raconté à mon mentor ce qui s'était passé, et il ne pouvait que comprendre la réaction de Diego. Ce devait être dur d'accepter de se faire prendre la place par... l'une de mes cibles. Surtout que je n'avais jamais rien confié à Diego à ce sujet... c'était vraiment la surprise.

 

Les douces caresses de Remus s'arrêtèrent, et je sentis quelque chose de carré et immobile à la place, me sortant de mes pensées. Je rouvris les yeux et les baissai sur un coffret bleu nuit.
 
-         Ton cadeau d'anniversaire, me dit Remus.
-         T'es trop chou.
 
J'ouvris le coffret et découvris un collier dont le pendentif était en forme de c½ur... sur une moitié, le cristal était bleu, de l'autre, il était couleur ambre. Je souris et embrassai Remus avec passion. Il avait vraiment du goût.
 
-         Merci beaucoup, ça me touche.
 
Le pendentif était juste parfait... il incarnait aussi bien ma double personnalité que Remus et moi. C'était un très bon choix.
Je me redressai légèrement pour que Remus puisse me le mettre autour du cou. Je regardai encore une fois le pendentif sur ma poitrine, avec un large sourire. Je remarquai que le bleu débordait légèrement sur la partie ambrée, et vice versa. C'était un beau témoignage d'amour.

 
| 4 mars 1978 – Sainte Mangouste – Chambre 759 – 11h |

 
J'entendis la porte de ma chambre, ce qui me réveilla. J'ouvris les yeux sur Lyall Lupin et le lieutenant Moser... sans grande surprise. Je savais qu'ils finiraient par me rendre une petite visite. J'étais même étonnée qu'ils ne l'aient pas fait plus tôt.
 
-         Bonjour Prudence, salua doucement Lyall.
-         Bonjour.
-         Excuse-nous, on te réveille ?
-         Oui, mais ce n'est pas grave.
-         Tu te sens de répondre à nos questions ?
-         Oui.
 
Auror et policier s'approchèrent alors et s'installèrent chacun sur une chaise à côté de moi. Je basculai la tête sur le côté pour pouvoir les regarder dans les yeux. Je savais que ce n'était qu'une question de temps avant que je sois interrogée. Je m'étais préparée à ça, heureusement.
 
-         Tu te souviens de ce qui t'est arrivé ? demanda Lyall.
-         Oui.
-         Vous pouvez nous raconter votre agression ? poursuivit Moser.
-        Je me souviens m'être engagée dans une ruelle... il n'y avait personne. J'ai entendu un bruit derrière moi... comme quelqu'un qui atterrit après un saut un peu haut. Je me suis retournée, et là je me suis retrouvée face à une personne masquée. Je n'ai pas eu le temps de réagir, j'avais déjà une lame dans le corps. J'ai repoussé mon adversaire et j'ai sorti ma baguette pour riposter... mais il a transplané.
-         Ok... vous savez qui pourrait vous vouloir du mal ?
-         Aucune idée. Mais il n'y a pas trente-six solutions...
-         Que voulez-vous dire ? demanda Moser en continuant à prendre des notes.
-       Personne ne savait que je serais en ville ce jour-là. Encore moins où est-ce que je serais précisément. Moi-même, je n'avais pas d'idée précise, mes déplacements étaient donc imprévus. Donc déjà, on peut éloigner la préméditation. Ensuite, j'ai pu être prise pour cible au hasard. C'est pas les fous qui manquent, et j'étais une proie isolée dans une ruelle déserte. Idéal pour commettre un meurtre par surprise et disparaître sans laisser de trace. Deuxième option : j'ai été aperçue par mon agresseur, qui avait un mobile, et qui a tout simplement profité de l'occasion pour me tuer.
-        Vous pensez à qui ?
-       J'ai sauvé la vie d'une femme à Pré-au-Lard... tout comme la votre, lieutenant Moser. Les deux coupables ont été condamnés à Azkaban pour quelques années... un membre de leur entourage a donc une raison de me haïr. Comme j'ai fait la une des journaux, mon identité et mon apparence sont connues de tous. Et Rita n'a pas manqué de me faire passer en direct, ce qui a révélé ma position à mon agresseur.
 
Je laissai passer un court silence avant de reprendre. 
 
-         Si cette dernière piste est la bonne, je pencherais plutôt du côté de votre agresseur, lieutenant. L'autre était peut-être un ivrogne agressif, mais je doute qu'il ait des contacts très dangereux...
 
Moser hocha la tête et jeta un coup d'½il à Lyall. A vrai dire, cette dernière option ouvrait la piste sur un autre suspect : Cobra. Il connaissait mon visage puisqu'il m'avait vue lorsque je m'étais retrouvée à sa merci dans l'entrepôt. Au départ, le fait qu'il m'ait échappé ne représentait pas de risque pour moi. Difficile de mettre un nom sur un visage inconnu, surtout qu'aucun document officiel ne relatait mon passé... seulement depuis cet été, j'avais fait la une des journaux pour mon double sauvetage. Pour moi, ça ne faisait aucun doute que Cobra savait désormais que le terrible fantôme qui avait décimé son gang portait le nom de Hunt. La logique voulait donc que je sois devenue sa cible. Ce qui était normal après tout... mais j'étais à Poudlard. Intouchable... Jusqu'à ce que je fasse une brève apparition devant les caméras le 6 février. Cobra m'avait-il repéré à ce moment-là ? C'était plausible. Il aurait alors sauté sur l'occasion pour se venger.

 

Il y avait toutefois d'énormes incohérences à ce scénario :
- connaissant mes aptitudes au combat... comment aurait-il pu commettre l'erreur de faire du bruit dans mon dos ? Il savait que la discrétion était primordiale pour m'attaquer, au risque d'échouer et de mourir ;
- toujours dans la même idée, il aurait dû me porter un coup fatal, même si le poison pouvait me tuer à lui tout seul. A la place, la zone choisie par mon agresseur m'avait permis de frapper à mon tour, peut-être mortellement ;
- et enfin, pourquoi me dire que « la Mort est parfois trompeuse » ? Cela n'avait pas de sens. Avec Cobra, c'était plutôt à moi de dire ça... moi qui avait survécu à leur assaut.

 

Ces contradictions m'amenaient donc à un dernier suspect : une ancienne de mes victimes. Cela me paraissait improbable... car je vérifiais toujours que ma victime soit morte avant de partir... mais cela expliquerait ces incohérences. Mon agresseur ne devait peut-être pas savoir que j'étais une redoutable tueuse... raison pour laquelle il avait pris ces risques. Et surtout, cette hypothèse expliquait le message. « La Mort est parfois trompeuse » : une victime que je croyais morte et qui refait surface. Là oui, ça avait du sens... même si je n'avais pas la moindre idée de quelle victime il pouvait s'agir. J'avais beau fouiller dans mes souvenirs, me remémorer mes nombreux meurtres... je n'arrivais pas à trouver à quel moment j'aurais pu laisser une proie encore en vie derrière moi. C'était si peu probable que je reléguai bien vite cette piste. Jamais une proie n'avait eu de chance de survivre.

 

Je retins un soupir, lassée de tourner en rond dans mes idées. J'avais l'impression d'être dans une impasse... et je n'aimais pas savoir qu'une personne, peut-être toujours en vie, était quelque part, dehors, libre, se préparant sans doute à frapper à nouveau pour finir le travail. Je voyais une ombre au-dessus de moi, sans en comprendre l'origine.
 
-      Dumbledore m'a dit que tu étais sortie sans autorisation ce jour-là... pourquoi ? demanda Lyall, me sortant de mes pensées.
-         Avant de poursuivre cet interrogatoire, j'aimerais vous faire promettre une chose.
-         Quoi donc ? demanda Lyall.
-         Je tiens à assumer pleinement les conséquences de mon imprudence... alors s'il vous plait, calmez les journalistes en disant que j'ai eu une dérogation et que j'étais autorisée à sortir de l'école. Les gens n'ont pas besoin de savoir que j'ai réussi à déjouer la sécurité de Poudlard. Ce ne serait pas bon pour la réputation de l'école... et ça pourrait même intéresser des tarés. Alors dites simplement que j'avais le droit de sortir, ça facilitera la tâche à beaucoup de personnes.
-         Ok... accepta Moser après un hochement de tête de Lyall.
-         Vous êtes bien placé pour savoir que ce sera bientôt l'anniversaire de Remus, dis-je à Lyall. Je voulais trouver quelque chose de spécial. Ça allait être son premier anniversaire en couple. Je voulais marquer le coup. Ce week-end là, nous n'avions pas de devoirs, pas de matchs de Quidditch... ces moments de tranquillité sont assez rares à l'approche des examens. J'ai sauté sur l'occasion pour m'absenter, car il n'y a pas de sortie programmée à Pré-au-Lard avant le 10 mars. Seuls les Maraudeurs étaient au courant de ma petite escapade. Je leur avais simplement dit que j'allais faire des courses... je voulais préserver la surprise.
-         Je vois, dit Lyall.
-       ... Ça aussi il ne faudra pas trop l'ébruiter, ajoutai-je. Remus s'en veut suffisamment de m'avoir laissée partir, pas la peine d'en rajouter en lui apprenant que je suis sortie de l'école pour lui.
-         Vous aimez bien les secrets, fit remarquer Moser.
-    J'aime épargner les douleurs inutiles. Maintenant, si vous n'avez pas d'autres questions, j'aimerais me reposer.
-          Ce sera tout... assura Lyall. Merci de nous avoir répondu.
 

~ Point de vue général ~

 
Lyall et Moser sortirent de la chambre après avoir souhaité un bon rétablissement à Prue. Une fois dehors, ils échangèrent un regard éloquent avant de se diriger vers la machine à café.
 
-         Cette fille sera une bonne Auror, dit Lyall en récupérant sa tasse chaude.
-      C'est ce que j'étais en train de penser... elle a l'esprit clair depuis quelques jours seulement, et elle est déjà arrivée aux mêmes conclusions que nous.
-         Hum... tu sais ce qui me tracasse ? Je la sens capable de nous cacher quelque chose pour résoudre elle-même le mystère de son agression.
-       Elle y a peut-être pensé, mais c'est impossible, assura Moser. Après ce qu'il s'est passé, elle ne pourra plus sortir de l'école. Et comme elle l'a fait remarquer, les examens approchent. Elle a un mois de travail à rattraper, une interdiction de sortie, et des ASPIC à préparer... elle sera bloquée par la charge de travail pendant les vacances d'avril, donc même si elle voulait mener l'enquête, il lui faudra attendre celles d'été. J'espère que nous aurons bouclé cette affaire d'ici là. Je n'aime pas du tout comment l'agression s'est déroulée, ça sort vraiment du commun. Il faut qu'on découvre pourquoi quelqu'un s'en est pris à une élève.
 
Les deux hommes burent tranquillement leur café, continuant à échanger sur les différentes pistes qu'ils avaient, et qui s'avéraient pour l'instant être des impasses. Puis le sujet dériva sur une autre affaire en cours, très médiatisée : le meurtre à la Résidence Ministérielle. Alors que toute l'équipe qui menait l'enquête pataugeait, Lyall savait ce qu'il s'était passé. Il était entré en contact avec l'Agence des assassins pour s'assurer qu'aucun tueur n'avait essayé d'atteindre Fudge. Il avait été surpris d'apprendre qu'un tueur à gages s'était effectivement déplacé ce jour-là, non pas pour tuer le Ministre... mais pour le sauver. Cela expliquait beaucoup de choses et rendait l'histoire tout à fait logique... mise à part qu'il ne comprenait pas une telle intervention. Cependant, le contact de l'Agence n'avait pas jugé nécessaire de justifier ses actes, ni de dévoiler quel assassin avait accompli cette périlleuse mission. Tout ce qu'il y avait à savoir, c'est que l'Agence continuait à respecter le contrat qui la liait à la Brigade. Le souvenir de Tracker lui revint en tête, et il se demanda à nouveau si elle n'était pas derrière cette mission, si contradictoire avec son statut d'assassin.
 
 

| 5 mars 1978 – Sainte Mangouste – Chambre 759 – 15h|

 
Jack m'avait donné quelques nouvelles du Manoir ce matin. Mon père était très occupé, raison pour laquelle il se déplaçait moins souvent. Quant à Diego... Jack avait fini par lui parler... et il n'avait tout simplement pas envie de revenir me voir. J'avais supplié Jack de le convaincre de faire un effort, car je voulais discuter avec lui. Mon mentor était reparti en fin de matinée, me promettant de faire de son mieux. Depuis, j'attendais. J'attendais avec l'espoir de voir Diego arriver. Mon c½ur rata un battement en entendant frapper à ma porte.
 
-         Entrez.
 
La porte s'ouvrit, non pas sur Diego... mais sur Dumbledore. Je cachai ma déception du mieux que je pus en posant mon regard sur le directeur.
 
-         Bonjour Prudence.
-         ... Bonjour professeur.
 
Il s'assit sur la chaise auprès de mon lit, posant son regard bienveillant sur moi.
 
-         Comment vas-tu ?
-         Mieux, merci.
-         J'ai vu Lyall depuis ton interrogatoire...
-         Ah...
-      Prue, je sais que tu tiens énormément à Remus... mais ça ne justifie pas une telle infraction au règlement.
-         Je n'aurais jamais imaginé qu'une telle chose puisse se produire...
-       Pourquoi ne m'as-tu rien dit ? J'aurais pu t'accompagner si tu me l'avais demandé.
-         Génial, comme ça on aurait été deux à l'hosto...
-         Prue –
-         Professeur, coupai-je. Je sais que j'ai fait une énorme connerie, et je m'en excuse, car ça vous a sans doute attiré des ennuis. Mais comme je l'ai dit aux flics, je suis prête à assurer que j'avais votre autorisation pour sortir de l'école ce jour-là. Maintenant je suis prête à assumer. Appliquez le règlement, renvoyez-moi si vous voulez, mais par pitié, ne parlons pas comme si on pouvait revenir en arrière.
 
Dumbledore soupira face à mon attitude. Je n'aimais pas "refaire le monde". Le mal était fait, on ne pouvait pas revenir en arrière.
 
-         Tu me sembles effectivement en bonne voie de guérison, tu retrouves ta forme.
 
J'eus un rire nerveux. Ma forme ? J'étais peut-être toujours aussi distante avec lui, mais j'avais encore le bas du corps paralysé. Je me sentais faible. Prisonnière. Et ça commençait sérieusement à me ronger les nerfs. Je craignais à chaque jour qui passe sans amélioration de rester paralysée définitivement. Ce serait la pire chose qui puisse m'arriver. Je ne pouvais pas envisager d'être privée de ma liberté... de ne plus pouvoir faire des choses aussi simples que marcher, courir, sauter... qui sont banales mais constituent la base de la liberté, les premiers éléments qui composent le bonheur. Je ne me voyais pas continuer à vivre autrement que sur mes deux jambes.  Et puis ça signerait également la fin de tout... ma carrière de tueuse à gages, celle d'Auror... Ce projet allait peut-être s'envoler, avant même de l'avoir commencé. L'éventualité de renoncer à tout me démoralisait. C'était impensable que ma vie s'arrête à dix-huit ans.
 
-         Si je soutiens ta version comme quoi je t'ai donné mon autorisation pour sortir... je n'ai aucune raison de te renvoyer, puisqu'aux yeux de tous, tu n'auras pas enfreint le règlement.
 
J'y avais pensé vieux... d'où la proposition.
 
-         Effectivement, vu sous cet angle, ça pose problème, dis-je.
-         Pas vraiment non... je n'ai pas l'intention de te renvoyer de toute façon.
-         Vraiment ? m'étonnai-je.
-         Vraiment. Tu es majeur après tout... et tu es sortie en dehors des heures de cours. Je regrette juste que ta petite virée se soit si mal terminée. Mais à l'avenir, préviens-moi, tu ne peux pas faire ce que tu veux à l'école comme ça te chante.
-          Promis.
 
Une fois de plus, je m'en sortais bien. Mon séjour prolongé à l'hôpital devait certainement jouer sur la sensibilité du vieux directeur... difficile de sanctionner une élève qui a failli croiser la Mort et qui est encore faible. Je dus reconnaître que le statut de victime avait au moins l'avantage de me sauver la place à Poudlard. Je l'aurais eu trop amer d'être renvoyée si proche de la fin des études. Sans les ASPIC, je pouvais dire adieu à toute carrière légale qui me plaisait.
 
-         Tu as trouvé ce que tu cherchais ? demanda Dumbledore.
-         Non, c'est ça le pire. Je me suis faite agressée avant d'avoir eu le temps de trouver.
 
Dumbledore m'adressa un faible sourire.
 
-         Qu'il ne te vienne pas l'idée d'y retourner. Il existe d'autres moyens de faire plaisir pour un anniversaire.
 
Ça, je n'avais pas besoin de lui pour le savoir. J'avais déjà ma petite idée de « cadeau ».
 

| 6 mars 1978 – Sainte Mangouste – Chambre 759 – 8h10 |

 
Le jour se leva sur un infime espoir. Je recommençais à sentir un peu ma jambe gauche. Je ne pouvais pas encore me lever, loin de là, mais c'était déjà un bon début. Ça me redonnait courage, les séances de soins n'étaient pas vaines. Je souris en massant un peu ma cuisse. Ça faisait du bien de retrouver un peu de sensibilité. Mes jambes étaient restées raides comme des planches jusqu'à maintenant. J'aurais pu y planter mon couteau sans ressentir la moindre douleur. La crainte de rester paralysée me bouffait au quotidien. Je relevai la tête en sentant une présence dans la pièce. J'étais tellement concentrée sur mes jambes que je n'avais pas entendu Diego entrer. Il regardait mes jambes avec un certain étonnement. Je lui adressai un timide sourire.
 
-         Tu es venu... dis-je.
-         Je ne sais pas si c'est une bonne idée... mais je suis là.
-         Diego...
-         Quoi ? Tu es désolée ?
-         ... Je ne voulais pas que tu l'apprennes comme ça.
-         Quand est-ce que tu comptais m'avouer ton double jeu Prudence ? demanda-t-il sèchement.
 
Je sentais la colère dans sa voix, chargée de reproche. Oui, je lui avais caché trop longtemps la vérité... mais je ne pouvais pas faire autrement. J'attrapai péniblement ma baguette et lançai un sort pour insonoriser la pièce. Ce moment allait être pénible, mais il fallait que je passe aux aveux. Au moins pour qu'il me comprenne, à défaut d'approuver mon choix.
 
-           Diego, j'étais moi-même incapable de comprendre ce qui me tombait dessus.
-           Qu'est-ce que tu veux dire ?
-        Ça fait un petit moment que j'ai perdu l'équilibre dans ma mission... mais je ne m'en suis pas rendue compte de suite. Et puis, je pensais pouvoir... me sortir de là, trouver une solution. Seulement...
-         Seulement quoi ?
-         Je l'aime... je ne peux pas lutter contre ça.
-         Ne dis pas n'importe quoi ! s'emporta Diego.
 
Il se mit à marcher d'un pas vif à travers la pièce, le visage durci par la haine. Je comprenais sa douleur... et je m'en voulais de lui infliger.
 
-         Ce n'est pas n'importe quoi.
-         Comment as-tu pu tomber aussi bas ?!   
 
Ça, je me doutais que je le prendrais dans la face.
 
-         Oui, c'est ma cible... mais je ne l'ai pas choisi. Si mon père ne m'avait pas désigné les Maraudeurs, je ne les aurais jamais pris en chasse de moi-même. Je... je n'ai jamais réussi à vouloir leur mort. Tu sais combien c'est difficile pour moi de tuer sans raison...
-         Cela ne veut pas dire tomber amoureuse d'un type comme Lupin ! Tu es consciente des conséquences ?!
-         Tu crois que je n'y ai pas pensé ?! Tu penses que ça ne me bouffe pas de l'intérieur de savoir que je devrai choisir entre mon père et l'homme que j'aime !
-         Arrête de dire ça ! menaça Diego.
-         ... Je sais que c'est dur pour toi, mais il faut que tu l'acceptes. J'ai essayé de m'éloigner de lui, crois-moi... je n'y arrive pas. Mes sentiments sont sincères.
-         Non... je ne peux pas accepter une telle aberration ! Ouvre les yeux Prudence, tu es le fantôme de la Mort en personne, et il sera un Auror... tu ne peux pas envisager de vivre avec ! Vous êtes complètement à l'opposé l'un de l'autre ! Tu comptes passer ta vie à mentir et à porter un masque ?!
-        Je serai moi-même Auror, je te rappelle.
-       Non ça c'est une couverture... un mensonge ! Tu seras toujours Tracker dans l'ombre !
-      C'est bien toi qui m'as dit qu'il ne fallait pas se consacrer au crime... qu'il fallait avoir une vie.
-      Certainement pas avec l'une des cibles de ton père ! Pas avec un futur Auror ! Tu n'as pas conscience du danger ! Tu ne pourras pas jouer indéfiniment sur les deux tableaux ! Une tueuse au milieu d'Aurors et de flics ne peut que finir par se faire démasquer !
-       Je veillerai à ce que ça n'arrive jamais.
 
Diego se passa les mains dans les cheveux d'un geste rageur. Il n'y avait pas seulement le fait que j'aime un autre homme que lui qui le dérangeait. Je le sentais. Il avait peur des répercussions d'un tel choix sur ma relation déjà fragile avec mon père.
 
-          Je n'arrive pas à y croire, dit-il. Je savais qu'il serait difficile de te conquérir, mais je n'aurais jamais imaginé me faire griller au poteau par un balafré qui ne sait rien de toi ! 
-           Surveille tes paroles Diego, prévins-je.
-      Mais merde Prue, on a toujours été faits l'un pour l'autre ! Je suis ton reflet masculin ! Nous sommes pareils, tu peux tout me confier, tu peux vivre avec moi sans mener une double vie... nous sommes complices au possible. Je pensais que tu avais fini par le comprendre cet été.  

Je fermai momentanément les yeux en repensant à cette fameuse nuit après notre mission.
 
-         Tu ne vas pas me faire croire que c'était une erreur, ajouta Diego.
-        Je ne regrette en rien ce qu'il s'est passé entre nous... c'est vrai que j'ai des sentiments forts pour toi depuis pas mal de temps... mais j'ai rencontré Remus, et depuis, je sais que tu resteras mon frère... pardonne-moi de t'avoir donné de faux espoirs.
-         Qu'est-ce que ce type peut t'offrir de plus ? cracha Diego avec haine. A part une guerre avec ton père !
 
Je serrai la mâchoire en sentant la douleur que je lui infligeais. Mais c'était la vérité. J'aimais Diego depuis des années... je l'avais toujours refoulé, parce que je trouvais absurde que deux tueurs tombent amoureux... deux tueurs qui s'étaient toujours considérés comme frère et s½ur. C'est clair que tomber dans les bras de ma cible n'était pas plus logique... mais Remus m'apportait quelque chose de nouveau... et il avait réussi à me détourner de Diego.
 
-         ... Une vie normale. Une conscience. Une part de sensibilité. Avec lui, je ne suis plus Tracker. Je suis juste... une humaine. Avec lui, je ne pense plus au monde criminel... je profite juste de la lumière qu'il peut m'offrir. Après avoir passé ma vie dans les ténèbres... tu peux comprendre que ça me fasse du bien.
 
Diego se prit la tête entre les mains.
 
-         Je n'aurais jamais dû te laisser aussi longtemps toute seule... regretta Diego. Cette année en Italie loin de toi t'a suffi à faire des conneries et à... changer.
-         Je ne fais pas une connerie Diego. Pour la première fois, j'ai le sentiment de vivre.
-         Alors tu aurais peut-être dû mourir...
 
Ses paroles me transpercèrent comme une redoutable lame en plein c½ur. Diego me lança un dernier regard avant de partir en claquant la porte. Je fus incapable de penser à quoi que ce soit d'autre qu'au visage haineux de Diego... et ses paroles terriblement blessantes. Mon frère, mon partenaire de toujours... aurait préféré que je ne survive pas. Je baissai les yeux sur mon poignet, où notre tatouage venait de perdre son sens.
 

 


Le soir, lorsque Remus arriva, je fus incapable de jouer la comédie pour lui faire croire que tout allait bien.
 
-         Prue ? Qu'est-ce qui t'arrive ?
-         Rien.
 
Remus me lança un regard réprobateur en s'asseyant auprès de moi.
 
-         Pourquoi tu es triste ?
 
Je soupirai, la gorge encore nouée.
 
-         Je me suis disputée avec Diego...
-         A cause de nous ?
-         ...Oui.
-         Je m'en doutais... ce n'est pas seulement ton frère de c½ur n'est-ce pas ?
-       Nous avons... été plus loin une fois... juste une fois... mais ça n'a plus d'importance... aujourd'hui, je ne suis plus rien pour lui.
 
Remus m'adressa un regard désolé et m'embrassa sur le front.
 
-         Et pour toi ? demanda-t-il.
-         Il restera à jamais mon frère de c½ur... même si je l'ai perdu.
 
Et cela me fit mal... Diego m'en voulait tant que je doutais qu'il accepte un jour de me revoir. Il ne pouvait pas comprendre ce qui m'arrivait... comment le plus redoutable prédateur qu'il admirait tant a pu tomber sous le charme de l'une de ses cibles. Et moi, je n'étais plus capable de l'aimer comme il l'attendait. Mon c½ur appartenait à Remus désormais, et c'était un fait contre lequel personne ne pouvait faire quoi que ce soit. Ni mon père, ni Diego, pas même moi. Je savais que le prix de notre relation serait élevé... mais perdre mon frère... celui que je considérais comme ma moitié... ça je ne l'avais jamais envisagé. Perdre mon père, mon statut, ça oui... mais pas Diego. Vivre loin de lui ne me semblait pas réalisable, et pourtant, c'est ce qui risquait fortement de m'arriver.
 

 
| 10 mars 1978 – Poudlard – Grande Salle – 10h |
 
~ Point de vue de Remus ~

 
Je jouais avec mes céréales d'un air absent. Prue avait le moral en chute libre depuis quatre jours. Entre sa dispute avec Diego et la paralysie persistante de sa jambe droite, il était de plus en plus difficile de lui décocher un sourire. Elle avait même demandé à ne pas recevoir de visite hier. Ça me faisait mal de la savoir dans cet état. Je donnerais tout pour qu'elle aille mieux.

 


James nous activa pour qu'on aille se changer, ayant prévu un entraînement de Quidditch. Prue étant absente, il avait fallu la remplacer pour la saison, et notre capitaine ne voulait pas que l'équipe baisse de niveau pour autant. On se leva donc pour rejoindre le terrain, mais une fois dehors, je m'arrêtai net.
 
-         Je rêve ou – commença Sirius.
-         Prue ! appelai-je.
 
Elle nous adressa un grand signe de la main en guise de réponse. J'avais du mal à y croire, mais je courus vers elle pour la rejoindre. Je la pris dans mes bras, emporté par la joie.
 
-         Joyeux anniversaire, me dit-elle dans un souffle.
 
Je la serrai davantage contre moi, retenant une larme d'émotion. Ça faisait tellement du bien de la voir en dehors de l'hôpital après tout ce temps. Elle m'embrassa dans le cou avant de se dégager. Je souris en voyant qu'elle semblait de bonne humeur aujourd'hui. Je baissai les yeux sur sa jambe jusque là paralysée.
 
-         Ça y est, tu es guérie ?
-       J'ai encore besoin de rééducation, j'ai du mal à courir et sauter... mais oui, je ne suis plus paralysée. C'est fini.
 
En voilà une merveilleuse nouvelle ! J'étais persuadé que d'ici quelques semaines, elle serait totalement rétablie.
 
-         Attends, ôte-moi d'un doute... les médicomages savent que tu es là ?
-         ...
 
Je perdis mon sourire devant son air innocent qui voulait tout dire.
 
-         Prue, ne me dis pas que tu es partie sans prévenir ?!
-     Hé ! C'est ton anniversaire aujourd'hui ! Ils ne m'auraient jamais laissée quitter l'hôpital si j'avais demandé.
 
Incroyable. Même en difficulté, elle arrivait à déjouer la surveillance d'un hôpital ! Les Maraudeurs arrivèrent à leur tour pour la serrer dans leurs bras. C'était bon de se retrouver enfin. Nous avions tous eu peur de ne jamais revoir Prue vivante... ou qu'elle ait des séquelles irréversibles. Mais au bout du compte, cette pénible épreuve se finissait bien. Prue serait bientôt à nouveau en pleine forme.
 

| Salle commune des Gryffondor – 23h20 |
 
~ Point de vue de Prue ~

 
C'était bon d'être à Poudlard ! Retrouver les Maraudeurs et le château m'avait fait beaucoup de bien. J'avais un peu mal vécu d'assister à l'entraînement de Quidditch en tant que spectatrice, de me faire chambrer par des Serpentard et de me faire engueuler par McGonagall, mais à part ça, je ne regrettais absolument pas d'avoir fait l'effort de me déplacer. Dumbledore m'avait aussi un peu réprimandée après avoir dû calmer une médicomage affolée de ma « disparition ». Mais bon, au bout du compte, j'avais réussi à le convaincre de me laisser jusqu'à demain. Je n'avais plus besoin de soins comme avant, je pouvais me permettre de passer une journée et une nuit dehors.

 


Remus de son côté avait apprécié ma surprise, car nous avions passé la journée ensemble, comme avant. Sirius, James et Peter avaient retrouvé leur humeur blagueuse, tandis que Lily ne s'était pas faite prier pour se joindre à nous. En bref, nous avions passé une excellente journée, qui s'était finie par l'ouverture des cadeaux de Remus. Et maintenant, l'heure était venue d'aller se coucher. Je souhaitai une bonne nuit aux Maraudeurs, et retins Remus lorsqu'il me prit dans ses bras.
 
-         Il te reste un dernier cadeau, soufflai-je.
 
Remus me lança un regard surpris en se dégageant. Je lui souris et lui pris la main pour l'attirer hors de la salle commune. Je l'entraînai jusque devant la Salle sur Demande, éveillant sa curiosité.
 
-         Prue, qu'est-ce qu'on fait devant cette salle ?
-         Si je te le dis, ma surprise perd son intérêt. Maintenant si tu permets.
 
Je passai trois fois devant l'entrée de la mystérieuse salle, pensant à ce que j'avais besoin. Je souris en voyant la porte se dessiner lentement.
 
-         Reste là, ordonnai-je à Remus.
 
Je poussai la porte et m'arrêtai sur le seuil, écarquillant les yeux. Des pétales de roses rouges partout, un parfum entêtant, une multitude de bougies allumées... je refermai la porte en secouant la tête.
 
-         Qu'est-ce qu'il y a ? demanda Remus.
-         Mea culpa, j'ai manqué de précision dans ma demande.
 
Remus haussa les sourcils avec un petit sourire amusé. Je passai à nouveau trois fois devant l'entrée, bannissant de mon esprit les lieux trop romantiques pour être réels. Certes, je voulais rendre ce moment magique, mais sans que ça tourne au conte de fées. J'eus un instant d'hésitation en voyant à nouveau la porte apparaître. Je l'ouvris un peu pour jeter un coup d'½il à l'intérieur. Ambiance tamisée, mobilier sobre, beau tapis, une douce odeur de fleurs sauvages et quelques bouquets de roses... l'inventaire me convenait cette fois. Je me tournai vers Remus et l'autorisai à me suivre. Je le laissai passer devant moi pour qu'il prenne à son tour connaissance des lieux... qui n'était autre qu'une grande chambre. Je fermai la porte, faisant disparaître mes vêtements pour laisser place à la vraie tenue que j'avais prévu pour la soirée : une robe bleue nuit suivant mes formes jusqu'à la moitié des cuisses. Je m'appuyai le dos contre la porte, laissant à Remus le loisir d'apprécier l'endroit.
 
-         Prue, où...
 
Remus s'interrompit en se retournant, surpris par mon changement vestimentaire... mais sans doute plus encore du regard que je lui adressais. Un regard empli d'amour et de confiance. Je me détachai de la porte pour me rapprocher de lui. Remus avait compris en quoi consistait mon « cadeau », mais je le sentais un peu incertain, ce qui me décocha un sourire.

 

Je passai mes bras autour de son cou, collant mon front au sien quelques secondes avant de l'embrasser. Je pris le temps de goûter à ses lèvres, de les mordiller tout doucement, sans rien précipiter. Remus finit par poser ses mains sur mes hanches, tout en faisant glisser ses lèvres chaudes dans mon cou. Je lui caressai le dos d'une main, patiente, lui laissant le temps de se mettre en confiance. Je trouvais sa retenue assez amusante en fait... ce n'était pas un manque d'audace... c'est plutôt comme s'il n'osait pas exprimer par ses gestes ce qu'il ressentait, par crainte de m'offenser en paraissant trop vif. Je terminai ma balade au bas de son dos pour passer sous son tee-shirt, et prendre le temps d'explorer son torse musclé du bout des doigts. Remus se détacha un peu, et je fus ravie de constater que l'incertitude avait quitté son regard pour laisser place à une lueur de malice. J'en profitai pour ôter son tee-shirt d'un mouvement fluide. Je me mordis la lèvre inférieure en balayant son torse du regard avec envie. Remus sourit en câlinant mes épaules dans une tendre caresse, tout en joignant à nouveau ses lèvres aux miennes. L'une de ses mains s'échappa, très vite remplacée par quelque chose de doux et frais. J'interrompis notre échange, curieuse de savoir de quoi il s'agissait. Je ris un peu en découvrant que Remus avait attrapé une rose et s'amusait à poursuivre ses caresses en dirigeant la fleur dans mon cou, me provoquant une cascade de frissons. Je m'enivrai du doux parfum qui se dégageait de la rose lorsqu'il la posa sur ma bouche, sentant mon c½ur accélérer légèrement en lisant la promesse d'une nuit d'amour dans son regard. Il continua de faire glisser la rose, reprenant son chemin dans mon cou, s'invitant dans mon décolleté, avant de descendre, toujours aussi lentement, sur mon ventre. Le tissu fin de ma robe ne m'empêchait pas de sentir la douce caresse de la fleur, qui ne cessait d'augmenter mon désir. Je fronçai les sourcils en sentant que Remus entreprenait le chemin inverse au moment où il aurait dû atteindre le bas ventre. Et là, je lus dans ses yeux joueurs qu'il comptait bien me faire languir... Un seul échange visuel suffit pour qu'il comprenne à son tour que je prendrai ma revanche. Ignorant royalement ma « menace », il reprit tranquillement sa balade sur ma poitrine, tout en me faisant reculer vers le lit. Je m'assis en sentant le rebord derrière mes genoux, invitant Remus à se mettre par-dessus moi tout en m'allongeant sur le lit. Il eut un instant d'arrêt, prenant le soin de me regarder avec attention. Je lui caressai doucement le visage, me perdant un peu dans ma contemplation. Je haussai les sourcils en voyant Remus mettre la rose à l'horizontale dans sa bouche. Il reprit ses caresses au travers de la fleur, en se dirigeant vers mon épaule. Il s'amusa à faire descendre la bretelle de ma robe avec la queue de la fleur. Il répéta l'opération sur l'autre épaule, avant d'entreprendre de faire glisser lentement les bretelles. Il accompagna lentement la robe de ses mains, continuant sa plaisante balade avec la fleur au fur et à mesure qu'il dévoilait mon corps. Je ne pus m'empêcher de me cambrer un peu lorsqu'il s'amusa à faire des ronds sur mon ventre, provoquant de légères chatouilles. Je sentis une douce décharge se propager en moi lorsqu'il se décida enfin à arrêter sa descente pour rendre sa balade beaucoup plus délicieuse. J'étais aux anges. Jusqu'à ce qu'il s'arrête brusquement. Je tournai la tête sur le côté pour voir ce qui lui prenait, et je fus presque offusquée de le surprendre en train de me regarder avec un large sourire, fier de jouer avec mon impatience. Là, c'en était trop. Je lui fis une prise avec les jambes pour échanger nos places, me mettant à califourchon sur lui. Je pris soin de l'immobiliser au niveau des hanches avec mes jambes, me retrouvant dans ma position de domination favorite... que j'avais en toute autre circonstance habituellement. Puisqu'il voulait jouer... jouons. J'entrepris une longue et sensuelle balade de mes lèvres sur son torse, le couvrant de baisers et de petites morsures. Son désir déjà ardent ne fit que s'accentuer, et lorsque je le sentis suffisamment pressant, je ne me privai pas d'effectuer quelques mouvements du bassin pour le mettre au bord de l'explosion. Il se redressa vivement en me prenant dans ses bras, m'embrassant avec plus d'ardeur. Je m'occupai alors de défaire son pantalon, l'envie nous faisant vibrer d'impatience tous les deux. Le ton venait de changer. Nos gestes plus précipités et nos baisers langoureux trahissaient un désir devenant incontrôlable. Mais avant de franchir nos dernières barrières de tissu, je me détachai de ses lèvres pour pouvoir le regarder dans les yeux.
 
-         Joyeux anniversaire, soufflai-je.   

 
| 11 mars 1978 – Poudlard – Salle sur Demande – 10h20 |

 
J'avais rêvé plus d'une fois de pouvoir ouvrir les yeux sur le visage endormi de Remus après une nuit fusionnelle... enfin ça se concrétisait. J'avais découvert un aspect beaucoup plus profond du plaisir cette nuit, et je sentais que je n'étais pas au bout de mes surprises avec lui. J'attendis patiemment son réveil, laissant mon esprit errer. Je l'embrassai lorsque je vis qu'il était en train d'émerger, lui décochant un sourire. Il ouvrit un ½il, encore un peu endormi. Je me blottis contre lui, savourant la chaleur de son corps et ses bras m'encerclant avec leur habituelle douceur. Je souris en le sentant m'embrasser délicatement dans le cou. J'étais trop bien contre lui pour me décider à me lever. L'hôpital attendra encore un peu. Je préférai rester là, à câliner Remus. A mes yeux, l'affection était le meilleur remède après l'épreuve que j'avais traversée.
 

 
| 15 mars 1978 – Hôpital Sainte Mangouste – Chambre 759 – 19h |

 
J'avais à peine regagné ma chambre après une séance de rééducation que j'entendis la porte s'ouvrir. Un plateau flotta tranquillement jusqu'à moi, m'arrachant un soupir. Les menus de l'hôpital me faisaient amèrement regretter ceux de Poudlard. Loin de moi l'idée de faire ma difficile, mais je commençais vraiment à perdre patience ici. J'avais retrouvé l'usage de mon corps, je n'étais plus en danger, et je me sentais à nouveau en forme. Même si je me fatiguais rapidement lors des séances de rééducation qui me mettaient à l'effort, je pouvais tout à fait retourner à Poudlard. Raison pour laquelle je harcelais les médicomages, leur demandant sans cesse quand est-ce que je pourrais sortir. Ils répondaient à chaque fois qu'il fallait me garder en observation encore un peu. Exaspérant. Je me consolais avec les visites encore nombreuses des Maraudeurs, Jack, et quelques professeurs. Mais je devais l'avouer, l'absence de Diego me torturait. J'espérais chaque jour qu'il revienne, et à chaque jour je me rendormais déçue.
 

| 17 mars 1978 – Hôpital Sainte Mangouste – Jardin – 8h |

 
Cette journée de mars s'annonçait étonnamment belle, malgré une température encore un peu fraiche. La pluie de ces derniers jours m'avait dissuadée de sortir, alors j'avais sauté sur l'occasion en ouvrant les volets sur un beau ciel dégagé. Ça me faisait un bien fou de marcher, de respirer l'air frais à pleins poumons. Le jardin de l'hôpital était assez grand et bien fleuri. J'appréciais le calme qui y régnait à cette heure-ci. Je m'arrêtai sur un petit pont en bois, regardant pensivement l'eau claire passer dessous. Je me laissai bercer par l'écoulement paisible, jusqu'à ce que des bruits de pas sur le gravier me ramènent à la réalité. Je tournai la tête et vis qu'une autre patiente venait dans ma direction. Je lui donnais le même âge que moi. Elle semblait calme, mais de bonne humeur. Le beau temps avait le don de ramener le sourire aux patients qui séjournaient ici.
 
-         Bonjour, me dit-elle poliment.
-         Bonjour, répondis-je.
 
Je restai silencieuse lorsqu'elle s'accouda sur le pont, à un mètre de moi.
 
-         Ça fait longtemps que vous êtes là ? demanda la patiente au bout d'un moment.
-         Depuis le 6 février.  
 
Elle me regarda plus attentivement et je vis son regard s'allumer.
 
-         Il me semble vous reconnaître... vous êtes Prudence Hunt, n'est-ce pas ?
-         Oui.
-         J'ai lu un article sur vous dans la Gazette.
 
On dirait que j'avais fait la une des journaux d'une bien triste manière cette fois.
 
-         Alors vous savez déjà pourquoi je suis là.
-      Oui... et non. Disons qu'on sait juste que vous avez été victime d'une agression. Aucun détail n'a été divulgué.
-         ... Hum... à vrai dire, les flics ne savent pas vraiment quoi penser...
-         Et vous ?
-        Moi non plus. Je n'ai rien compris à ce qu'il m'est arrivé. Mon agresseur m'est tombé dessus d'un coup, a frappé, m'a balancé une réplique sans queue ni tête... et a disparu.
-         Oh...
 
Le silence prit ses aises entre nous deux. 
 
-         Et vous ? demandai-je pour changer de sujet.
-         Juste quelques examens à passer, je devrais sortir en fin de journée. D'ailleurs je vais y aller, je ne voudrais pas être en retard.
-         Ok, bon courage.
-         A vous aussi.
 
Elle commença à partir, et je repris ma contemplation de l'eau.
 
-         Miss Hunt ?
 
Je tournai la tête. La jeune patiente s'était arrêtée à quelques mètres.
 
-         Sachez que vous suscitez beaucoup d'admiration... pour vos preuves de courage et de ténacité. Je suis sûre que vous êtes promise à un bel avenir.
-         M-Merci, dis-je un peu surprise.
 
Elle sourit avant de reprendre son chemin, mais je l'interpelai.
 
-         Hé ! Je ne vous ai pas demandé votre nom...
-         Hélène. Hélène Noven, répondit-elle sans s'arrêter.
 
 

| 21 mars 1978 – 10h |

 
Je pris une profonde inspiration, le sourire jusqu'aux oreilles. Libre. J'étais à nouveau libre. Je pouvais reprendre ma vie, laissant derrière moi cette épreuve qui avait bien failli me coûter cher. Ça ne me plaisait pas du tout de laisser une menace planer au-dessus de moi, mais je n'avais pas encore le temps de m'occuper d'enquêter sur mon agression. Il fallait que je rattrape les cours si je voulais être prête pour les ASPIC. De toute façon, je doutais de pouvoir sortir à nouveau de l'école après ce qu'il s'était passé. Remus ne me laisserait plus faire. Alors mon agresseur attendra. La sécurité de l'école me protégerait le temps que je sois prête à me lancer dans la traque. Mais avant de retourner à Poudlard, avant de reprendre mon quotidien, il me semblait primordial de marquer mon retour au manoir de mon père.

 
| Manoir Voldemort |

 
Je frappai pour la seconde fois à la porte de mon père. J'entendis un sifflement de l'autre côté, m'arrachant un soupir. Foutue Nagini, elle ne pouvait pas partir en chasse de temps en temps ? La porte s'ouvrit sur mon père, qui afficha une mine surprise en me voyant.
 
-         Tracker... dit-il dans un souffle.
 
Il me fit entrer et referma la porte derrière moi alors que j'enlevais mon masque. Pendant un instant, je crus que mon père allait me prendre dans ses bras, mais il retint son geste et m'invita plutôt à prendre place dans un fauteuil en me le désignant.
 
-         Tu vas mieux ?
-         Oui. J'ai retrouvé ma forme.
-         Bon... je suis content de te revoir en dehors d'une chambre d'hôpital...
-         Oui... j'ai appris que vous étiez venus.
-    Quelques fois... difficile de trouver un créneau... entre les médicomages et tes nombreuses visites... Tu as vraiment la cote dis-moi... tes cibles, certains de tes professeurs... tu as fait du bon travail à Poudlard.
 
Je me contentai d'acquiescer. Mon père avait employé un ton étrange pour me dire ça. Il frôlait presque le reproche.
 
-          En effet, répondis-je sans m'étaler.
-         Pour tout avouer, j'étais certain que tu parviendrais à te rapprocher de tes cibles... mais j'ai été un peu étonné de voir à quel point... les Maraudeurs tiennent à toi.
 
Je parvins par je ne sais quel miracle à rester impassible, mais à l'intérieur, mon c½ur commençait à accélérer.
 
-         Nous avons eu l'occasion de partager des moments forts... expliquai-je. Je fais partie de l'équipe de Quidditch, je les accompagne les soirs de pleine lune, et j'étais présente pour Remus Lupin lorsqu'il a perdu sa mère... alors c'est sûr qu'ils m'apprécient beaucoup.
 
Mon père ricana.
 
-         T'apprécier ? Allons Prudence... ne sois pas aveugle, c'est bien plus que ça... c'est de l'amitié... de l'amour.
 
Pas de doute, mon c½ur était réellement en train de cogner furieusement ma poitrine. Mon père avait dû être témoin d'une scène particulièrement significative pour parler avec un ton si suspicieux.
 
-         Je ne peux m'empêcher de me demander : est-ce réciproque ? questionna mon père sans me lâcher des yeux.
 
Je fus incapable de répondre spontanément comme j'aurais dû le faire. Je savais qu'à cet instant, mon père lisait la réponse dans mes yeux.
 
-         J'avoue... m'être habituée à eux.
 
Je vis à ses yeux que ce n'est pas ce qu'il attendait.

-      Réponds à ma question, ordonna mon père. Est-ce que oui ou non c'est réciproque ?
-         Pourquoi me demandez-vous ça tout à coup ? J'ai failli crever et la seule chose qui vous préoccupe, c'est un rapport affectif sur ma mission ?
-         J'ai vu Remus Lupin se mettre à tes côtés, effondré de chagrin, et t'embrasser sur le front avec une tendresse que seules deux personnes peuvent avoir : un père... et un petit-ami.
-         Je n'ai pas le souvenir de vous avoir vu faire ce genre de geste... père, provoquai-je.
-        Parce que tu étais à chaque fois inconsciente, répliqua le Lord avec froideur. Tu n'as toujours pas répondu à ma question Prudence... que dois-je conclure de tes esquives ?
-         ... La vérité.
 
J'aurais dû être tétanisée sous le regard brûlant que me jeta mon père à cet instant... mais à vrai dire, je me sentais bien. Ça faisait trop longtemps que je jouais sur deux tableaux... trop longtemps que je cachais mon jeu. Il était grand temps de mettre cartes sur table... d'assumer mes choix... d'être franc jeu. J'étais fatiguée de mentir pour repousser l'échéance. J'en avais assez de jouer au chat et à la souris, surtout que je connaissais le dénouement depuis longtemps.
 
-         La vérité ? répéta mon père incrédule.
-         Oui Père, la vérité... indéniable, claire et limpide... ma relation avec les Maraudeurs est réciproque.
 
Mon père se leva d'un bond sous l'impulsion de la fureur. Je ne le lâchai pas des yeux, toujours aussi calme. Je savais que ce moment arriverait. Et je ne trouvais pas plus mal que ça se soit fait de manière aussi imprévue. J'étais venue uniquement pour lui dire que j'allais bien, mais après tout... puisqu'il m'avait entraînée sur ce pénible chemin, autant le suivre jusqu'au bout.  
 
-         J'espère que c'est une blague Prudence.
-         Comme si c'était dans mes habitudes de blaguer...
-         Parce que tu vas me faire croire que c'est dans tes habitudes d'entretenir des liens affectifs avec tes cibles ?!  cria mon père fou de rage. Toi, l'incarnation de la perfection criminelle !
 
Je le fixai un instant, silencieuse. Etait-ce bien à lui d'être le plus en colère ? Je n'avais qu'une envie, me libérer du poids qui me pesait sur le c½ur depuis des mois :
 
-         Ce n'est pas non plus dans mes habitudes de mener des missions de long terme... de prendre en chasse des innocents... de me battre pour une cause basée sur un mensonge... d'obéir quand ça ne me convient pas... de pardonner un père qui n'hésite pas à me torturer et à me mentir sur ma propre identité. Oui, je l'avoue, ma vie est pleine de nouveautés qui me sortent de mon quotidien criminel... Mais je dois vous en remercier Père... c'est grâce à vous tout ça. Vous qui m'avez confié cette mission.
 
Mon père était au bord de l'explosion. Il avait la respiration saccadée, et la main tremblante tellement il se retenait de se saisir de sa baguette pour me réduire en miettes après un tel discours. Moi, j'étais toujours abritée par ce calme étrange, et je n'avais pas envie de m'arrêter. Ça faisait bien longtemps que je me retenais... j'avais envie de déballer mon sac un peu...
 
-         Vous comptiez m'avouer à quel moment que ma mère ne s'appelait pas Blade mais Halliwell ? repris-je. Que j'avais eu une s½ur jumelle ? Que ma mémoire avait été trafiquée ?
-         Qui t'a dit tout ça ?! cracha mon père.
-         Dumbledore. Ah oui, parce que je ne vous ai pas dit... j'étais tellement en train de péter les plombs après cet été que je devenais légèrement dingue... c'était le bordel dans mon esprit... alors Dumbledore m'a proposé son aide et on en est arrivé à parler du soir de mes cinq ans. Bien sûr, comme il connaissait ma mère, il a de suite compris que mes souvenirs étaient faux...
 
Mon père était figé à la fois pas la surprise et la haine. J'avais un peu l'impression de me tenir face à un serpent prêt à frapper. Face à la non-réaction de mon père, je décidai de poursuivre, mais sur un autre ton, délaissant la provocation pour le reproche et la ranc½ur.
 
-         Pourquoi mentir Père ? Pourquoi m'avoir caché que je suis une Halliwell ?
-        Ce n'est pas moi qui ai crée le nom de Blade... mais je trouvais l'idée plutôt bonne, alors je n'ai pas rétabli la vérité à ton retour du camp... Cette famille devait disparaître.
-        Pourquoi ne m'avez-vous jamais parlé de ma soeur... ?
-       Parce qu'elle est morte ! Tout comme ta mère ! En quoi est-ce si important pour toi ? Tout cela appartient au passé ! Ce qui compte, c'est l'avenir !
-       Ce qui m'importe Père, c'est que j'ai le sentiment d'avoir été un jouet toute ma vie ! Au camp comme ici... et j'estime qu'il est temps que je prenne les choses en mains. Et la raison est très simple : vous m'avez déçue. Je vous ai toujours servi avec loyauté... j'ai toujours fait le travail que vous me demandiez... j'ai tout fait pour être à la hauteur de vos espérances, d'honorer notre noble famille... j'ai cru en vos promesses... j'ai cru en vous. Mais vous n'avez cessé de me mentir et de me cacher la vérité. Peut-être que c'est sans importance pour vous, mais pas pour moi. Alors oui, je l'avoue, je me suis un peu détachée de ma mission... puisque je n'y trouvais plus d'intérêt. J'ai pris du recul... et je me suis rendue compte que le monde n'était pas tel que vous le décriviez... que vos projets perdaient de leur valeur. Alors j'ai décidé de choisir les causes pour lesquelles j'ai vraiment envie de me battre... de suivre mon propre chemin. Un chemin qui, je le regrette sincèrement, ne peut que m'éloigner de vous.
 
La parole de trop. Mon père s'arma de sa baguette et me lança un sort, mais je le déviai sur le mur de droite, creusant un impact.
 
-        Tu n'es qu'une ingrate ! hurla mon père avec dégoût. Je t'ai sauvé la vie par deux fois, j'ai fait de toi une tueuse prodigieuse, je t'offre le pouvoir sur un plateau... et tu y craches dessus ?! Comment oses-tu ?! Comment oses-tu te retourner contre moi ? Ton propre père !
-         De la même manière que vous êtes capable de briser et de manipuler votre propre fille ! renvoyai-je avec fureur.
-         Alors ce n'est ni plus ni moins qu'une putain de vengeance ?! C'est ça ?! Tu veux m'humilier en souillant notre famille avec ce moins que rien et en sabotant la mission la plus importante que je t'ai jamais donnée juste pour me faire payer ?!
-         ... Vous voulez que je vous dise un truc ? Je crois que même si vous ne m'aviez jamais rien caché... même si votre cause en valait la peine... ça ne changerait rien, parce que ce n'est pas ça le vrai problème. La vérité, c'est que tout nous sépare. Nos idéaux, nos caractères, nos choix... j'ai laissé traîner pendant des mois, parce que je n'arrivais pas à me faire à l'idée que j'allais vous perdre...  je ne voulais pas que ça arrive. Mais la vérité est là. Nous ne pouvons plus avancer ensemble. Parce que vous ne me laisserez  jamais libre de mes actes... notre affrontement cet été en est la preuve. Quant à mes choix... à vos yeux, je n'ai pas mon mot à dire. Je vous ai dit que j'aimais Remus... et ce qui vous emmerde, ce n'est pas qu'il soit ma cible... non, c'est juste qu'il soit un loup-garou. Parce qu'à vos yeux, c'est un être inférieur... un simple bâtard qui ne mérite pas une louve pure race. Le vrai problème, c'est que vous ne vivez que pour la grandeur, la puissance, la domination totale... vous préféreriez que je sois avec un crétin du moment qu'il est Sang-Pur, quitte à être malheureuse, plutôt qu'avec celui que j'aime vraiment.
-         Je t'avais donné le feu vert pour Diego ! Tu vas me faire croire que Diego est un crétin ?!
-         Certainement pas. Seulement ce n'est pas avec lui que j'ai envie de partager ma vie...
-         Je ne te laisserai jamais vivre cette infâme relation !
-      Oh, parce que vous osez encore croire que vous avez le pouvoir de m'en empêcher... ?
-         Il me suffirait de le tuer !
 
Une onde de fureur se propagea en moi. Je me levai lentement, me rapprochant de mon père en le fusillant du regard.
 
-         Si vous osez vous en prendre à lui... ou à un autre Maraudeur... je briserais vos rêves en les rendant irréalisables... et je vous laisserais vivre avec ce cuisant échec pour l'éternité. Que préférez-vous ? Perdre uniquement votre fille... ou tout perdre ?
 
Mon père me regardait avec rage, mais aussi avec impuissance. Il mesurait à cet instant à quel point mes menaces étaient sérieuses... et il savait que j'étais largement capable de les mettre à exécution.
 
-         Tu disais ne jamais m'abandonner... cracha-t-il. Mais tu es comme ta mère...
-         ... A la seule différence qu'entre elle et moi... il y a une redoutable lame prête à se planter dans tout ce qui essaiera de m'empêcher de suivre le chemin que je me suis choisi.
-         Alors va ! Suis ton chemin ! Mais si tu quittes cette pièce en traître Prudence, je me comporterais en tant que tel avec toi ! Ton choix infâme ne restera pas impuni... pour l'honneur de mon ancêtre...
 
Je sentis une vive brûlure à la poitrine, à l'emplacement du Basilic tatoué sur ma peau, m'arrachant un gémissement de douleur.
 
-    Tu paieras, finit mon père. Ce lien entre nous qui constitue à la fois notre échappatoire et notre impasse se brisera. Et ce jour-là... on règlera nos comptes... en famille.
-         J'y compte bien...Père.   
 
 
Chapitre 44 : Franc jeu
Bon, je pense que c'est l'un des chapitres qui était le plus attendu... beaucoup d'informations ont été données, et les évènements vont donner un nouveau tournant à l'histoire, notamment la rupture Prue / Voldemort.  J'espère que tout ça a été à la hauteur de vos attentes... dites-moi ce que vous en avez pensé  ;) 
L'aperçu du prochain chapitre arrive prochainement.
Gros bisous, et bon week-end !

Tags : L'histoire d'un assassin - Partie 1 : L'amour d'un Assassin - tome 1

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Comments :

  • Dum-Cha

    22/12/2016

    Voldemort n'est pas aussi horrible ou alors ê il aime sa fille qui démissionne en-fin. J'adore cette fic, votre style est géniale et remplis de détail et votre orthographe est telle que vous nsembliez ne pas avoir besoin de beshrelle

  • LeMaitreDesLieux

    03/11/2015

    La discussion que j'attendais depuis un bail. Bon, Voldemort a pas été aussi horrible en fin de compte, même pas un petit doloris ^^ obligé de lire la suite maintenant !! ^^

  • fichp-lifealwaysrestart

    05/10/2015

    Bon, bon, bon. Dans tous les cas on peut dire que c'est un chapitre chargé. Et très intéressant. Je dois dire que quand j'ai vu le titre, j'ai eu peur car j'ai pensé pendant un instant que Prue aller jouer franc jeu avec Remus et les Maraudeurs, et non avec son père. Et donc quelle ne fut pas mon soulagement lorsque j'qi compris que c'était avec lui que Prue allait régler ses comptes.
    Bizarrement, ça ne m 'étonne pas le moins du monde que Prue ait quitté l'hôpital en douce, on ne change pas les bonnes vieilles habitudes non ? C'est marrant de voir que Remus et Prue ne lâchent jamais cette dimension de jeu entre eux, ils restent fidèles aux personnalités que tu leur a donné.
    Cependant, je ne peux pas m'empêcher d'avoir de la peine pour Diego. Prue lui a vraiment donné de faux espoirs pour le coup.
    J'ai comme l'impression que cette Hélène Noven va jourr son rôle dans le futur de cette histoire... Ceci dit je suis peut être complètement à côté de la plaque ^^ !
    Et pour finir, j'ai vraiment aimé la partie finale entre Prue et Voldemort... Ce dernier ne va pas lâcher si facilement l'affaire, je le sens...

  • Anonyme

    31/10/2014

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  • harry-potter-8-fic

    15/08/2014

    C'est bien qu'elle ait dit à Voldemort ce qu'elle pense et ressent réellement

  • harry-potter-8-fic

    15/08/2014

    Le cadeau de Rémus est vraiment magnifique ;)

  • harry-potter-8-fic

    15/08/2014

    En effet ça doit être dur à vivre la réaction de Diego même si il vit pas très bien cette annonce

  • harry-potter-8-fic

    15/08/2014

    whoa quel chapitre

  • clochinettedu76

    13/08/2014

    Salut à toi ! Ca fait longtemps que j'ai commenté car j'etais en vacances, mais maintenant je suis de retour pour la lecture, et je dois dire que la reprendre avec ce chapitre juste superbe, c'est GENIAL !
    Enfin Prue choisis l'un des deux cotés ! Elle n'aurait pas pu continuer à mentir autant des deux cotés, la vérité à eclaté aux yeux de son pere, et la reaction de celui ci est un peu comme je m'y attendais !! J'ai hate de savoir quelles seront les consequences pour Prue avec ces révélations !
    Concernant la discussion entre Prue et Diego, je me disais que Diego allait forcément mal reagir, mais pas à ce point. J'espere qu'il saura pardonner Prue dans le futur :)

    Aller, je m'attaque aux chapitres que tu as deja posté ;)

  • MikaWolfeHP

    05/08/2014

    Wooooow! Oh oui! C'était excellent et je ne suis pas déçue! J'ai hâte de me trouver un petit temps pour lire la suite pour voir ce que Prue va réagir à tout ça, ce que sera le gros changement dans ses habitudes! Ce que va faire Diego et ce que dira Jack! :D je t'adore!

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