Chapitre 47 : Blood Justice

« Je n'aurais jamais pensé que l'un des plus beaux cadeaux de ma vie serait... en chair et en os. Encore moins que ce serait les membres de mon clan qui me l'offriraient. »
 
 
Chapitre 47 : Blood Justice
 
 
| 19 juin 1978 – Poudlard – Dortoir des filles de Gryffondor – 7h |
 

 

Le grand jour était arrivé : dans une heure et demie, la semaine des examens serait lancée. Cela faisait trois mois que j'étais à fond. Entre le mois de cours que j'avais dû rattraper, tout en suivant les cours actuels et en me préparant à l'examen, autant dire que je n'avais pas chômé. Et pourtant, même si ces derniers mois avaient été intenses, j'avais eu l'impression de faire une coupure en goûtant au quotidien d'une étudiante normale.

 

Pour la première fois, je m'étais uniquement consacrée à ma vie à l'école. Je n'avais eu que peu de contact avec Jack et Diego, juste assez pour prendre des nouvelles. A part ça, pendant ces trois mois, je n'avais rien fait se rapportant à mes activités criminelles. J'avoue que c'était uniquement sous la contrainte, car j'avais bien senti que j'avais intérêt à me tenir à carreaux après mon agression. Entre mon entretien avec Dumbledore qui avait failli virer au meurtre, et la dispute avec Remus qui aurait pu mener à une rupture, j'avais pris la sage décision de ranger ma lame le temps que ça se tasse.

 

Je prenais également beaucoup sur moi pour ne plus me montrer agressive lorsque des Serpentard me provoquaient, et j'évitais du mieux que je pouvais tout sujet de discussion pouvant dévier sur ma quête de vengeance ou mon passé. J'essayais vraiment de poser les limites sans pour autant être sur la défensive. Si je voulais tenir les gens en dehors de mon voile de mystère, il fallait que je le rende invisible. Et pour l'instant, ça marchait plutôt bien. Remus et moi ne nous prenions plus la tête avec mes histoires, et ça me soulageait. Je n'aimais pas qu'on se dispute... surtout sur des sujets sur lesquels Remus ne pouvait rien faire. Malgré toute sa bonne volonté, il restera à jamais impuissant concernant mes problèmes. C'était à moi de les régler... moi et personne d'autre.

 

D'ailleurs, j'avais beaucoup pensé à une solution pour faire disparaître la menace qui planait sur moi. Je devais bien évidemment retrouver Cobra et mon agresseur, mais je ne savais pas trop par où commencer ma traque. Alors souvent, lorsque je faisais une pause dans mes révisions, j'y pensais. J'avais beau être bien avec les Maraudeurs, la vie de chasseuse me manquait. La quantité de travail m'avait empêchée de trop préméditer des meurtres, mais lorsque je faisais une pause, mon esprit s'égarait naturellement dans mon monde criminel. Je pensais alors à Diego, à Jack, aux hommes de mon clan... mais aussi à des proies intéressantes que je remarquais dans les journaux, à mes parties de chasse inachevées... La traque me manquait. Même si je n'avais pas de pulsions comme cela m'arrivait avant lorsque j'étais en manque de gibier, je sentais bien que ça me tiraillait. Je parvenais à contrôler mon impatience en me disant  que d'ici peu, je serai en vacances, et libre comme jamais.

 

Pourtant, même si j'étais impatiente de goûter à mon indépendance, cela me faisait bizarre de quitter Poudlard définitivement. Tous ces bons moments avec les Maraudeurs à rigoler, nos escapades nocturnes, les blagues, les jeux à la con, nos soirées délirantes, nos parties de Quidditch... tout cela serait bientôt du passé. Sans grande surprise, notre équipe avait gagné sa dernière coupe sportive le mois dernier. On voulait à tout prix finir en beauté, et on avait réussi. L'après match nous avait déjà rendu nostalgiques en pensant que ce serait le dernier. Je devais bien reconnaître que le château tout entier allait me manquer. Après cette dernière semaine qui allait passer à la vitesse de l'éclair à cause des examens... ce serait terminé. Adieu Poudlard... tous ces lieux empreints de magie, toutes ces personnes qui avaient fait partie de notre scolarité... ce monde allait bientôt fermer ses portes, et nous ne pourrions plus nous y balader qu'en souvenirs. Et ça me faisait bizarre. Je me sentais attachée à cette école. Ma vie avait basculé entre ces murs. J'y avais découvert la vérité, l'amitié... l'amour. J'avais également pris la délicate décision de choisir un autre avenir. Un avenir sans mon père... à mi-chemin entre le Bien et le Mal. J'avais tellement hâte de prendre le temps de goûter à ma liberté ! De construire quelque chose de mes propres mains !

 

Mais avant d'envisager quoi que ce soit dans ma vie, la priorité était d'anéantir Cobra une bonne fois pour toutes. D'en apprendre plus sur le commanditaire. J'avais également l'enquête sur mon agression à mener. Et après, je pourrai retourner au manoir Halliwell. Ce lieu qui avait été ma maison pendant ma petite enfance m'attirait presque autant qu'il me repoussait. D'un côté j'avais hâte d'y retourner, d'un autre je craignais que les souvenirs qu'il abritait me hantent et m'empêchent d'y rester. Je poussai un soupir en pensant qu'une partie de ma vie était consacrée à la recherche du passé... A cette traque infernale de la vérité et de la vengeance.

 

Enfin, avant d'envisager tout cela, il fallait que j'obtienne les ASPIC. C'était une étape incontournable pour la suite. Même si l'abandon de ma mission aurait pu me permettre de faire un autre métier, je tenais à rejoindre le rang des Aurors. C'était un moyen comme un autre d'être proche du monde de la criminalité. Je pourrai à la fois être avec les Maraudeurs, garder un ½il sur les enquêtes qui pourraient éventuellement me concerner, et celles portant sur les Mangemorts.
Je souris en pensant à cela. D'un côté représentante de la loi, de l'autre assassin. Dans les deux  cas j'étais une traqueuse de criminels... palpitant comme avenir.

 

Je revins sur terre en entendant la porte de la salle de bains claquer. Je tournai la tête, amusée de découvrir une Lily plus que stressée qui vérifiait pour la énième fois ses affaires. Ah... les examens. Une semaine entière à plancher dans chaque matière. Une semaine où le stress tiraille les uns, épargne les autres... mais quel que soit l'état de chacun, tout le monde est d'accord pour se dire qu'il est temps d'en finir.
 

 

Dans la Grande Salle, ce n'était pas l'excitation habituelle. La nervosité était assez palpable en fait. Les cinquièmes années passaient leur BUSE, nous les ASPIC, et les autres avaient leur évaluation annuelle. De mon côté, le stress était un compagnon habituel dans les situations importantes, j'avais appris depuis longtemps à le contrôler pour qu'il reste avantageux. J'étais bien plus attentive et réactive avec une dose de stress bien maîtrisée que totalement détendue. D'ailleurs, la petite boule dans mon estomac ne m'empêcha pas de prendre un bon petit-déjeuner. Pas question d'avoir un coup de pompe au beau milieu d'une épreuve.
Enfin, lorsqu'on se retrouva devant la salle des épreuves, chacun s'encouragea comme avant un match de Quidditch. Enfin presque.
 
-         Que toutes les bouses de dragons du monde vous tombent dessus mes amis, lança Sirius. 
 
Quelle charmante façon de souhaiter bonne chance.
 
 
| 24 juin 1978 – Poudlard – 18h |

 

 
Là, je n'avais qu'une seule chose à dire : ENFIN !!! La pression retomba à l'instant où je franchis la porte. La dernière épreuve mettait fin à la semaine d'examens. C'était à la fois passé vite et lentement. Bien évidemment, pendant les épreuves, j'avais toujours eu l'impression que quelqu'un s'amusait à avancer l'heure en cachette tellement je ne voyais pas le temps passer. Par contre, l'attente des épreuves semblait toujours durer une éternité. Mais bon, tout ce qui importait désormais, c'est que c'était fini, et que je me sentais sereine pour les résultats. J'avais le sentiment de m'en être bien sortie dans quasiment toutes les épreuves, je n'avais donc pas de souci à me faire. Je doutais fortement qu'il y ait une mauvaise surprise à la mi-juillet. Et ce qui me faisait plaisir, c'est que cette impression était également partagée par les autres Maraudeurs, et Lily bien évidemment. Je sentais qu'il y allait avoir grosse fiesta cet été.

 

Je proposai aux Maraudeurs d'aller dehors, ayant envie de prendre l'air. J'avais l'impression d'être arrivée au bout d'un marathon. Sans doute l'adrénaline qui retombait enfin. Je me laissai glisser contre le large tronc du Saule Pleureur à côté du lac, soupirant de soulagement. Qu'est-ce que ça faisait du bien de se dire que je pouvais ranger mes cours définitivement. Terminé les études pour le restant de ma vie ! Ca, ça ne me manquerait pas, c'était certain. J'appréciais les cours, mais je n'aimais pas les examens.

 

Je fus rejoint par Remus, qui me prit contre lui. Ça faisait vraiment du bien de se détendre. Les autres Maraudeurs étaient devant nous, allongés dans l'herbe à l'ombre des branches tombantes de l'arbre. J'échangeai un regard complice avec Remus en voyant Lily et James côte à côte. On avait tous remarqué un sérieux rapprochement entre eux ces derniers temps. J'étais prête à parier qu'ils passeraient enfin le cap au courant de l'été. Je pense qu'ils avaient besoin de se retrouver tous les deux. C'est clair qu'à Poudlard, le restant du groupe n'était jamais très loin.
 
-         Je n'arrive pas à croire qu'on quitte Poudlard la semaine prochaine... dit Remus au bout d'un moment.
-         Ça va faire bizarre, c'est sûr... mais après on sera au Ministère. On va entrer dans la vie active. Les cours, ça va bien, mais le travail c'est autre chose. Et puis on sera tous ensemble normalement.
-         Ah c'est sûr que tu peux compter sur nos deux machines à conneries pour insuffler un vent de délire au Ministère.
-         Dit-il comme s'il était un saint, lança Sirius.
 
Je ricanai à la remarque. C'est vrai que Remus avait beau être le plus sage et le plus raisonné de tous, il n'avait jamais raté l'occasion de se laisser embarquer dans les bêtises de ses amis. Il était même doué dans le domaine.
 
-         Bref, tout ça pour dire que notre ambiance maraudesque n'est pas prête de disparaître, coupa Remus. Au fait, où vas-tu aller vivre ? me demanda-t-il dans un murmure.
-         Je... Je ne sais pas, dis-je aussi bas. J'ai envie de retourner au manoir familial... mais je ne sais pas si j'arriverais à y rester. Je prendrais un appart' sinon.
-         Tu pourras venir chez moi si jamais tu as besoin.
-         C'est gentil Remus... mais pour l'instant, je préfère garder mon indépendance... si tu n'y vois pas d'inconvénient.
-         Non, bien sûr que non. C'est un peu tôt pour vivre ensemble... même si j'ai hâte. Mais bon, si t'as besoin d'un toit une nuit ou deux le temps de te poser... tu sais que tu peux venir.
-         C'est noté.
 
Je souris en sentant un long baiser sur ma joue. Je préférais que les choses soient claires avec Remus : je n'étais pas prête à vivre en ménage. J'avais encore besoin d'indépendance. Je voulais savourer pleinement ma liberté. Ça allait être la première fois que j'allais vivre seule, sans dépendre de personne. Et puis j'avais tant de choses à faire... j'allais devoir m'absenter des journées entières pendant l'été. Pas question d'avoir du monde dans les pattes. Même si j'aimais Remus et que j'avais envie de construire quelque chose avec lui, il faudrait attendre un peu pour cela. Je ne me sentais pas encore prête. Je préférais attendre un peu... Au moins le temps qu'on se lance dans la vie active, et que je trouve l'équilibre entre mes deux mondes.
 

 

| 1er juillet 1978 – Poudlard – Quai – 10h42 |
 

 

Je m'apprêtais pour la dernière fois de ma vie à faire le trajet entre Poudlard et la gare King's Cross. Je me retournai pour admirer encore une fois la silhouette imposante de Poudlard. Une image que je n'oublierai probablement jamais. J'y étais entrée pour empêcher une prophétie de se réaliser, et voilà que j'en ressortais avec pour ambition de veiller à ce qu'elle se déroule comme prévu. Cette école m'avait ouvert les yeux sur la réalité, j'y avais rencontré de merveilleuses personnes qui m'avaient arrachée au mensonge et qui m'avaient fait voir les choses différemment. Grâce à eux, je n'étais plus cette tueuse qui assassinait sans réfléchir, sans vraiment savoir pourquoi, juste parce qu'on lui demandait. J'étais devenue indépendante et faisais mes propres choix. C'est comme si j'avais repris connaissance après un long état de veille où j'agissais comme un automate.

 

Je montai dans le train avec mes amis Maraudeurs, qui avaient la mort dans l'âme. Ce château avait été leur maison, leur seconde famille, où ils s'étaient rencontrés et avaient vécu des moments inoubliables pendant sept ans. Les meilleurs de leur jeunesse. Lorsque la locomotive démarra en sifflant, je regardai une dernière fois à travers la vitre, avec le regret de n'avoir passé que deux ans dans ce merveilleux endroit. Enfin, je me retournai pour faire face à mon avenir. Il était temps de tirer un trait sur l'adolescence et de prendre les commandes. Une nouvelle page de ma vie se tournait. Et celle-là, je n'avais pas envie de la déchirer.
 

 

Lorsque la gare de Londres apparut au loin devant nous, chacun prit vraiment conscience que c'était la dernière fois qu'il descendait de ce train. J'attrapai mes valises et suivis les Maraudeurs à travers les wagons encombrés, où tout le monde faisait déjà la queue devant les portes. Lorsque la locomotive s'arrêta, c'est avec un pincement au c½ur que l'on descendit sur les quais. Les familles respectives des Maraudeurs attendaient leurs enfants, sauf celle de Sirius bien entendu. Le temps des séparations arriva bien vite à mon goût.
 
-         Tu me donnes de tes nouvelles cette fois, me dit Remus en me prenant dans ses bras.
-            Je te le promets. On va très vite se revoir.
 
Il allait me manquer le temps que je me pose, c'était certain. Les autres aussi d'ailleurs. Je pris chacun des Maraudeurs dans mes bras, avant d'étreindre Remus une dernière fois.

 

-            Si tu as besoin de quoi que ce soit, commença Remus.
-            Je sais, assurai-je. Et c'est valable pour toi aussi.

 

Remus se dégagea un peu pour me regarder dans les yeux avec inquiétude. Je savais à quoi il pensait... il se doutait bien que maintenant que j'étais libérée, j'allais retourner sur les traces de mon passé.

 

-           Ne commets pas d'imprudence, demanda-t-il.

 

Je souris faiblement en l'embrassant tendrement pour le rassurer.

 

-           A très bientôt... mon bel ange sauvage.

 

Je lui fis un clin d'oeil pour lui redonner le sourire. Cela me faisait quelque chose de lui dire au revoir... mais c'était nécessaire. Même si j'avais profité des derniers jours à Poudlard, depuis la fin des examens, mon esprit s'était à nouveau focalisé sur mes proies. Je crevais d'impatience de reprendre les parties de chasse où je les avais arrêtées.
 
 

 

Chapitre 47 : Blood Justice

 

| Forêt de Dean – 22h |
 

 

J'avais passé la journée à faire du rangement dans ma planque, qui serait ma résidence le temps que je me décide à retourner au manoir Halliwell. Pour l'instant, j'estimais que ma planque était l'endroit le plus sûr en partant du principe que j'étais la cible d'au moins deux personnes. Mais avant de me remettre en chasse, j'avais organisé une réunion avec les membres de mon clan. J'étais très impatiente de les retrouver après tout ce temps. Il me semblait prioritaire de les revoir avant d'être à nouveau prise par la traque.

 

C'est pourquoi je marchais depuis quelques minutes dans la forêt de Dean, que je connaissais par c½ur. Je me demandais ce que mes hommes avaient bien pu faire en mon absence. C'était la première fois que je les laissais aussi longtemps sans mission, ils avaient dû prendre ça comme des « vacances ». Je souris en apercevant plusieurs silhouettes à travers les arbres, à une dizaine de mètres. Les discussions cessèrent à mon approche, et l'attention se braqua sur moi.
 
-         Bonsoir à tous. Contente de vous retrouver enfin.
 
Ils m'adressèrent un signe de tête respectueux en guise de réponse. 
 
-         Je suis désolée d'avoir été moins présente pour vous ces derniers mois. J'ai eu beaucoup à faire. Quelles sont les nouvelles de votre côté ?
-         Oh, rien de spécial, on s'est maintenu en forme, répondit l'un des membres du clan.
 
Plusieurs ricanèrent à sa remarque. Je trouvais ça étrange d'ailleurs. Qu'appelaient-ils « se maintenir » ?
 
-         Ah, c'est bien, bonne initiative, dis-je. Dans quel domaine ?
-         Un peu tous. Mais surtout celui de la traque.
-         De la traque ? m'étonnai-je. Mais qui avez-vous traqué ?
-         Tu veux une liste ? rit un autre membre de mon clan.

 

Grr, je n'aimais pas du tout la tournure des évènements... encore moins le ton qu'employaient mes hommes. Avaient-ils profité de mon absence pour...

-          Arrêtez de lui faire perdre son temps les gars, intervint un autre. Il est temps de lui dire.
-          Ou plutôt de lui montrer ! rectifia le premier homme à avoir pris la parole.
-          De me montrer quoi ? demandai-je.
 
J'entendis un crac et vis une masse tomber au sol dans un bruit sourd. Je regardai plusieurs seconde la masse obscure devant moi, essayant de deviner ce que c'était... sans succès.
 
-         Euh... c'est quoi ça ?
-         Un cadeau...En chair et en os... pour célébrer ton retour.
 
« En chair et en... » ? Bon sang ! Un corps ?! J'allumai un feu d'un coup de baguette pour me permettre d'y voir plus clair. C'est bien ce qui me semblait... il y avait un corps à mes pieds. Je ne connaissais pas l'homme qui était bâillonné, inerte. Etait-il seulement inconscient... ou mort ? Putain, mais depuis quand mes hommes me ramenaient-ils un corps comme un chat rapporte des têtes de souris à son maître ?
 
-         Votre attention me touche, mais qui est cet homme ?
-         Le frère du chef des Cobras.
 
Mon c½ur rata un battement sous l'effet de la surprise. Avais-je bien entendu ? Il avait dit le frère... de Cobra ?
 
-           Comment avez-vous fait pour le retrouver ?! demandai-je d'une voix blanche.
-       Nous sommes parvenus à identifier le chef. Mais on s'est dit que le plaisir de le traquer te revenait... alors on a plutôt chopé son frère. Comme ça, tu vas pouvoir l'interroger et mener ta petite enquête.
 
Je n'arrivais pas à y croire... mes hommes avaient réussi. Et ils m'avaient préparé le terrain sur la traque la plus importante de ma vie ! J'eus envie de les étreindre chacun leur tour, mais je me retins. Je n'étais pas sûre de pouvoir avoir un tel geste d'affection... entre loups. Mais... bon sang que j'étais touchée. J'étais bien contente d'avoir mon masque, car j'avais bel et bien les larmes aux yeux. C'était l'un des plus beaux cadeaux de ma vie... et je n'aurais jamais imaginé que ça soit les hommes de mon clan qui puissent me l'offrir, malgré tout le respect et l'attachement que je leur vouais. Là, ils m'avaient prouvé leur dévouement, leur loyauté... leurs compétences aussi. Ils avaient réussi à identifier un fantôme. Mes petits loups jusqu'alors inexpérimentés dans le domaine de la traque m'impressionnaient. 
 
-         Je n'ai pas les mots... c'est un cadeau inespéré... je vous en suis très reconnaissante, vous n'avez pas idée à quel point ça me fait plaisir. En plus ce n'était pas une traque facile... et vous avez réussi...

Je fus bien contente que l'un des membres de mon clan m'interrompe en me prenant dans ses bras, parce que j'avais la voix qui menaçait de flancher sous le coup de l'émotion. Lentement, je sentis d'autres bras m'enlacer de tout côté, et je serrai la mâchoire avec force pour ne pas craquer. C'était magnifique pour un chef de voir une telle démonstration d'affection de la part de ses hommes. Après une bonne minute les uns contre les autres, on finit par se dégager, et on n'avait pas besoin de voir au-delà de nos masques pour deviner l'émotion de chacun. Elle était palpable.

-         Aller... va déballer ton cadeau et délie-lui la langue à ce vaurien, m'encouragea l'un des membres.
 
Avec grand plaisir ! Je m'accroupis pour entrer en contact avec mon « cadeau » et transplanai dans ma planque. Mon c½ur accéléra d'excitation lorsque j'accrochai ma proie au mur avec les chaînes. L'émotion s'était bien vite envolée pour laisser place à la froideur habituelle qui m'envahissait dans ce genre de circonstances. Ma vengeance était enfin à portée de lame. Je lançai un sort à ma cible pour la réveiller. Pas question de patienter une seconde de plus. Ça faisait trop longtemps que j'attendais ça. Je dus néanmoins prendre un mètre de recul à cause de l'odeur infecte de l'alcool et de la sueur que dégageait ma proie.
 
-      Putain, c'est quoi ce bordel ?! s'affola l'homme en posant ses yeux sur moi. Qui êtes-vous ? Qu'est-ce que vous me voulez ?
-         C'est moi qui pose les questions. Ce qui m'intéresse, c'est qui es-tu toi ? Et surtout, qui est ton frère ?
-         En quoi ça vous regarde ?
 
Le sortilège de Doloris sortit presque tout seul de ma baguette pour aller le percuter avec violence dans la poitrine, lui arrachant un cri de douleur. Il n'avait fallu qu'une minute à la louve réfugiée en moi pour qu'elle se réveille.
 
-         Comme je le disais : c'est moi qui pose les questions, rappelai-je.
 
Je stoppai le sort pour le laisser reprendre son souffle.
 
-         Je m'appelle Gareth Sabouraud... et mon frère c'est Basher.
-         Bien... on progresse. Tu sais où je peux le trouver ?
-         Je ne dirai rien !
-         Permets-moi d'en douter.
 
Je lançai à nouveau le terrible sortilège de torture, l'intensifiant à chaque seconde de résistance.
 
-         Je ne te veux rien, dis-je en stoppant le sortilège au bout de quelques minutes. Je me fous de toi en fait. Ce que je veux, c'est ton frère. Et si tu ne me le donnes pas de toi-même, je vais devoir t'arracher l'information... dans d'atroces souffrances.
 
Ma proie ne répondit rien, trop essoufflée. Je voyais la peur briller dans ses yeux. Il avait raison de me craindre... car j'étais en proie à une rage profonde.
 
-         Je peux t'assurer que ça ne vaut pas le coup, continuai-je. Avec l'identité de ton frère, je peux le retrouver dans la journée de demain. Toi, tu vas juste me permettre de le retrouver dès ce soir. Est-ce que tu crois que ça vaut la peine de mourir lentement... pour faire gagner quelques heures de vie à ton misérable frère ?
-         Mais qu'est-ce qu'il vous a fait ?
-         Oh, il a juste détruit ma famille... et mon enfance au passage.
-         Qui -

Je lançai mon couteau qui alla se planter juste à côté de sa gorge.

-         Où il est ? demandai-je plus fermement.
-         Il... Il tient un bordel en ville depuis peu, finit par avouer Gareth.
-         Intéressant. Mais il va falloir que tu me précises lequel.
-       Au bout de l'Allée des Embrumes... il y a une rue étroite sur la droite... vous ne pourrez pas le rater, c'est un grand bâtiment un peu ancien, avec des tissus pourpres accrochés aux balcons.  

Je m'approchai lentement de lui pour récupérer mon couteau.

-         ... Je vais m'y rendre. Si je m'aperçois que tu m'as baladé, je reviens jouer avec toi avant de t'achever. Clair ? demandai-je en plaçant la lame sous sa gorge.
-         Vous le trouverez !
-         Il vaudrait mieux  pour toi, menaçai-je. Dis-moi Gareth, que fais-tu dans la vie ?
-         Je... Je recrute des filles pour mon frère. Je les choisis avant de les lui présenter.
-         Hum... intéressant.
 
Je lui lançai un sortilège pour l'endormir profondément le temps que je m'absente. Je transplanai immédiatement à l'endroit indiqué, impatiente comme jamais. Je m'engageai dans la rue étroite au pavé démonté. Gareth n'avait pas menti : la rue grouillait d'hommes qui vadrouillaient, chauffés par des femmes plus dévergondées les unes que les autres. Les putains de ces messieurs. Je ne pus retenir un rictus de dégoût en passant à côté d'elles. Cela constituait l'un des plus vieux métiers du monde... et je n'avais jamais compris comment elles faisaient pour se supporter. C'était peut-être une question de mentalité... je suppose que les personnes saines d'esprit ne pouvaient pas non plus comprendre comment on pouvait faire du meurtre une profession.

 

Quoi qu'il en soit, je me frayai un chemin tant bien que mal à travers ce nid de prostituées, qui essayaient d'attirer mon attention en jouant de leurs atouts. Si elles savaient que cette tenue cachait une femme, elles seraient peut-être moins engageantes. J'arrivai enfin devant la porte d'entrée et frappai énergiquement. Une femme mûre vint m'ouvrir quelques secondes après. Ne voyant ni mon visage ni mes formes à cause de la tenue, elle dut me prendre pour un homme, comme toutes les autres. Je suppose que les seules femmes qui se trouvaient dans le coin étaient des « employées ».
 
-         Que puis-je pour vous cher monsieur... ? me demanda-t-elle mielleusement.
 
Elle était maquillée à outrance et habillée de façon provocante d'une robe très courte rouge à dentelle, avec un décolleté à faire loucher le plus timide des hommes. Comme toutes ses collègues présentes d'ailleurs... l'excitation commençait avec la tenue qui invitait à déshabiller un peu plus que du regard.
 
-         Devine... répondis-je en aggravant ma voix.
-         Veuillez me suivre... dit-elle en me tirant par le devant de la cape.

Je la suivis en réfléchissant à ce que j'allais faire ensuite pour atteindre mon objectif. J'étais ici en territoire complètement inconnu. C'était bien la première fois que j'entrais dans une maison close, et en toute honnêteté, j'avais hâte d'en ressortir. Je ne me sentais pas très à l'aise... ça baisait dans tous les coins. Il n'y avait pas d'autres termes pour décrire ça. Seuls les clients les plus riches allaient dans une chambre apparemment... ou alors ça faisait partie de l'ambiance. Les couples éphémères étaient dispersés un peu partout dans l'immense salon, ou alors cachés d'un simple voile où l'on devinait tout à cause des silhouettes et des bruits qui s'en échappaient. Mon regard ne put s'empêcher de s'arrêter sur une femme qui hurlait de plaisir, trois hommes s'occupant d'elle. Ce devait vraiment être une question de mentalité...
 
-         Vous voulez la choisir ? demanda la femme qui m'avait accueilli en se retournant.
-         Je vous fais confiance pour m'en trouver une expérimentée.
 
Pas de jeunette, j'avais besoin d'une fille qui connaissait bien la maison.
 
-        J'ai exactement ce qu'il vous faut ! Vous prendrez une chambre ou vous voulez essayer le parcours du lapin ?

Le parcours du... oh bon sang, je rêve ou ils avaient réinventé le parcours du combattant en version sexuelle ?!

-         Je ne partage pas le plaisir, répondis-je avec assurance.
-         Dans ce cas, suivez-moi.   
 
Elle tourna les talons et me conduisit dans un couloir, où d'autres prostituées attendaient patiemment un client. Leur attention se braqua sur moi dès que je mis un pied dans le couloir.
 
-         Je vous souhaite un agréable moment, me dit la femme mûre en s'arrêtant devant l'une d'elles.
 
Je souris sous mon masque en voyant une femme d'une quarantaine d'années qui me regardait de haut en bas avec un air plus que coquin sur le visage. Si elle savait...
Elle ouvrit la porte de la chambre derrière elle et m'attira à l'intérieur. Je jetai un rapide coup d'½il circulaire pour m'assurer qu'il n'y ait personne d'autre, ou ne serait-ce qu'un miroir ou une vitre qui permettrait à un pervers de regarder au lieu d'agir.
 
-         Alors mon beau... si on enlevait tout ça... ? proposa la femme d'une voix sensuelle en désignant ma tenue.
 
Liant le geste à la parole, elle posa ses mains sur... ma poitrine.
« Merde... »
 
-         Une femme ?! s'étonna-t-elle.
 
Je lui fis une prise pour la retourner et la bloquer contre moi d'une main, tandis que je plaçais ma lame sous sa gorge de l'autre.
 
-         Tu cries, t'es morte, prévins-je.
-         C'est bien la première fois que je vois une femme venir se faire -
-         Je ne suis pas là pour toi ! coupai-je. C'est ton boss que je veux.
-         Il ne reçoit pas de clientèle, désolée chérie.
-         Je ne suis pas une cliente, crétine ! Où est-il ?
-         ...
-         Je ne reposerai pas la question... menaçai-je.
-     ...Au dernier étage, lâcha-t-elle la voix tremblante en sentant la lame s'enfoncer légèrement dans sa gorge.
-         Et beh tu vois, murmurai-je en laissant la lame de mon couteau se balader sur sa joue. C'était pas difficile. Et ça te sauve la vie. Ne t'en fais pas, il n'en saura rien.
-           Qu'est-ce que vous allez me faire ?
-          Je vais t'attacher au lit... et je vais t'y laisser. Le temps que les autres remarquent ton absence trop prolongée, je serai loin. Mais si tu as le malheur de parler... je reviendrais m'occuper de toi.
 
Elle acquiesça précipitamment, ayant saisi l'étendu des risques qu'elle encourait si elle osait tenter quoi que ce soit de stupide. Comme promis, je la bâillonnai au lit. J'usai du sortilège de Désillusion pour me rendre invisible avant de quitter la chambre. Les filles, trop occupées à parler entre elles, ne remarquèrent pas la porte qui s'ouvrit et se referma derrière moi. Je passai avec prudence dans le couloir pour ne pas me faire griller. A l'autre bout, j'atteignis un grand escalier recouvert d'un tapis aussi pourpre que les tissus accrochés aux façades extérieures.
 
Une fois à l'étage, il ne me fallut que dix secondes pour localiser le bureau du patron à l'autre bout du couloir. Je me collai à la porte et écoutai. Rien... mais ça pouvait être insonorisé. Je doutais fortement que Cobra ne soit pas dans son bureau alors que c'était l'heure de pointe en bas. Je déverrouillai la porte d'une seule pensée et entrai discrètement. Je me figeai en apercevant mon ennemi affalé dans son fauteuil, la tête rejetée en arrière dans un râle de plaisir. Je devinai une femme accroupie devant ses jambes écartées derrière le bureau. Il ne m'avait pas vu. Refoulant mon désir d'attaquer sur-le-champ, je me glissai derrière un paravent le temps qu'ils finissent. Mais la chance n'était visiblement pas avec moi car je les entendis changer de pièce.

 

Je sortis de ma cachette, observant le bureau. J'avais un peu de temps devant moi pour fouiller avant qu'ils ne reviennent tous les deux. J'ouvris tous les tiroirs, les armoires... je ne trouvais que des infos sur les femmes « employées » ici. Rien d'intéressant sur lui. J'entendis des cris de l'autre côté de la porte. Un bruit de lutte aussi. Cobra devait être en train de profiter un peu trop de la situation. Je m'immobilisai, le souffle court. Je ne pouvais pas intervenir maintenant... je devais attendre de me retrouver seule avec Cobra. Je ne pouvais pas prendre le risque qu'il m'échappe une fois de plus en me voyant. Après tout... c'était le boulot de cette femme d'assouvir les désirs masculins.

 

Je poursuivis ma fouille, bien qu'inutile, essayant de faire abstraction des bruits qui me répandaient des ondes de rage. Mais la femme criait de plus en plus, et je finis par entendre des coups sourds. Cobra semblait furieux et ne cessait de l'insulter. La femme poussa un hurlement déchirant, bien vite étouffé. Je sortis ma baguette et ouvris la porte à la volée. La femme était attachée au lit, en larmes, pendant que Cobra assouvissait son désir de manière brutale, menaçant sa proie en tenant une bouteille de champagne au-dessus de sa tête, prêt à frapper. Je lançai un sort à ma cible pour l'immobiliser. Pas question qu'il transplane en m'apercevant. Je me concentrai sur les liens de la fille de joie pour la libérer. Elle s'éloigna de son bourreau figé, titubante. Elle portait de nombreuses marques de coups et saignait à plusieurs endroits. Mais le pire, c'est qu'elle devait être à peine majeure. Elle me lança un regard suppliant, ne sachant pas si sa situation allait s'aggraver en ma présence ou non.
 
-         Quitte cet endroit et ne reviens pas, dis-je.
-         Je ne peux pas... ils ne me laisseront jamais partir.
 
Elle semblait vraiment terrorisée. J'ignorais comment elle s'était retrouvée là, mais ce n'était certainement pas de son plein gré, contrairement à la majorité de ses collègues. Je regardai Cobra, toujours immobile à genoux sur le lit, à moitié dénudé. Je refusais de prendre le risque de le laisser sans surveillance... mais je ne me sentais pas non plus capable d'abandonner cette fille à son triste sort.
 
-         Je suppose qu'on ne peut pas transplaner à l'intérieur... ? demandai-je.
-         Non. Que le patron.
 
Le contraire m'aurait étonné. Je lançai successivement deux sorts à ma proie : le premier pour le libérer et remonter son pantalon, le second pour l'attirer à moi. Je me plaçai dans son dos, posant ma lame sous sa gorge.
 
-         Ne songe même pas à t'échapper, lui dis-je.
 
Je fis signe à la fille de s'approcher, ce qu'elle fit avec prudence en jetant des coups d'½il apeurés à ma proie. Dès qu'elle entra en contact avec moi, je transplanai dans ma planque. J'envoyai un sort à la fille pour l'endormir avant qu'elle prenne connaissance des lieux. Tandis que Cobra... je l'attachai solidement d'un mouvement de baguette à une chaise métallique. J'ôtai mon masque en me rapprochant de lui, en proie à une excitation sans limite. Je le tenais. Cobra était à ma merci.
 
-         Hunt, souffla Cobra avec haine.
-         Tu as bien fait tes devoirs... Basher.
 
Exactement comme je m'en doutais... Cobra m'avait remarquée dans les journaux... il connaissait ma nouvelle identité.
 
-         Qui es-tu vraiment ? demanda-t-il. Comment as-tu fait pour venir à bout de mes hommes ? Et comment m'as-tu retrouvé ?
-         Oh, tu as déjà entendu parler de moi... sous un autre nom. Tracker, ça te dit quelque chose ?
 
Cobra redressa la tête en me toisant froidement. Bien sûr qu'il connaissait ce nom. Quel criminel pouvait l'ignorer ?
 
-         Sachant cela, tu as la réponse à tes questions, terminai-je. Mais en vrai, je m'appelle Prudence Halliwell.

Contrairement à notre dernière rencontre, cette fois il comprit de quelle famille il était question. Cette illustre famille dont l'extinction avait coûté la vie à une bonne partie des hommes de son gang.

-      Ta vengeance est vaine, dit-il. Nous ne sommes pas responsables de ce qui t'est arrivé. Tu dois le comprendre mieux que personne en tant que tueuse à gages. Tu sais ce que c'est de remplir un contrat... il n'y avait rien de personnel.
-       Je sais qu'il me faut le commanditaire... mais tu as personnellement contribué à la réussite de cette mission en trahissant ma mère.
-         De quoi tu parles ?
-         Tu t'es rapproché d'elle afin de gagner sa confiance... et d'être habilité à passer la sécurité du manoir.
-         Je ne connaissais ta mère qu'au travers des journaux, qui parlaient souvent d'elle grâce à l'étendue de ses pouvoirs de guérison.

Un sort percuta Cobra, lui arrachant un cri de douleur.

-        Je sais de source sûre que tu as eu une liaison avec, repris-je les dents serrées.

Cobra ricana, faisant couler un filet de sang de sa bouche.

-        J'ai chopé plus d'une femme... mais si ça avait été le cas de ta mère, je m'en souviendrais.
-         Endoloris !
 
Il hurla sous l'intensité du sortilège. Je lui fis passer toute la puissance de ma haine dans cet unique sort.  
 
-         Tu mens... Je sais qu'un homme qui se faisait appeler Cobra était avec elle... n'essaie pas de me faire avaler que c'était une simple coïncidence.  
 
Je fis durer le sortilège encore un peu, savourant la souffrance imprégnée sur son visage. Mais j'y étais allée trop fort, car il tomba dans l'inconscience. Je stoppai le sort immédiatement, ne voulant surtout pas le tuer. Je n'en avais pas fini de le faire baver.
 
Je décidai de ne pas le ramener de suite pour prendre le temps de le fouiller. Je remarquai son portefeuille qui dépassait de la poche de sa chemise. En l'ouvrant, j'eus la surprise de voir une photo de lui, avec une femme et une petite fille.
« Quoi... ? Ce monstre a une vie de famille ?! »
« Tous les tueurs ne finissent pas leurs jours seuls... »
Je levai les yeux vers le fantôme noir, toujours aussi flou que d'habitude. J'étais étonnée qu'il apparaisse dans un moment comme celui-là.
« Cette vengeance n'a rien à voir avec toi Jeff...»
« Non, mais je sais que tu vas avoir besoin d'être raisonnée »
« Personne ne pourra me raisonner sur cette fois... même pas toi »
 
 
 | . . . |
 
Lorsque Cobra se réveilla, il me chercha du regard autour de lui. J'étais appuyée contre un pilier, le fixant sans ciller.
 
-         Tu ne peux  pas imaginer le nombre de nuits où j'ai rêvé de ta mort. Je peux te dire que j'ai de l'imagination quand il s'agit de meurtre... je te réservais une mort différente presque à chaque fois. Comme je n'arrive pas à me décider, je vais faire un petit mixe. Toutes les souffrances que j'ai pu endurer depuis ce soir-là par ta faute, je vais te les faire subir en quelques heures. Tu ne ressortiras pas vivant d'ici.
 
D'une simple pensée, la chaise pivota pour faire face au mur où j'avais attaché le frère de Cobra, toujours inconscient.
 
-         Inutile de faire les présentations, repris-je. 
 
Je m'approchai de lui et me penchai à côté de son visage.
 
-         Je vais démolir à coup de lame tout ce que tu as pu construire si tu t'obstines à me cacher la vérité, soufflai-je froidement.
-         Tue-moi mais ne touche pas ma famille, dit-il enragé.
 
Je ricanai.
 
-         Tu as bien détruit la mienne. Sans le moindre scrupule. Ainsi qu'un nombre incalculable d'autres. Comme ça. Juste pour de l'argent. Alors donne-moi une simple raison de me montrer clémente. 
-         Je ne suis pas le responsable que tu cherches !
-         Alors dis-moi qui t'a engagé pour mener cette attaque ?
-         J'en sais rien putain !
 
J'étais comme possédée par une bête sauvage. Une bête enragée assoiffée de vengeance. Je sentais toujours ce courant électrique dans mon corps, précédant généralement les pulsions les plus violentes dans ce genre de situation.
Je le contournai d'un pas vif tout en tendant ma main vers son torse. Je me concentrai pour m'imaginer ses organes vitaux. Je m'amusai alors à les tordre, à leur effectuer des pressions, sans pour autant le tuer. Cobra hurlait à la mort. Je lui offrais une torture bien plus douloureuse qu'avec le sortilège Doloris. Cela dit, je m'en servis également. Et bien plus encore... Usant de tous les accessoires que je connaissais, je réduisis son corps à l'état de plaie ouverte. Aucune parcelle de son corps n'était épargnée. Il ne cessait de hurler, me suppliant d'arrêter. Mais plus il implorait ma pitié, et plus j'employais des moyens douloureux. Je ne supportais pas qu'il puisse imaginer que me supplier me calmerait... pas après ce que j'avais vécu... Supplier ne servait qu'à m'enrager davantage.
Ma haine envers lui était telle que je m'impressionnais même par les idées que j'avais. Ça faisait tellement longtemps que je cherchais cet homme. Tellement longtemps que mon désir de le tuer me rongeait de l'intérieur. Enfin... enfin je pouvais lui faire payer le juste prix de ses actes. Enfin je me vengeais. Mais il était temps d'en finir... ma proie n'avait même plus la force de gémir ou de m'insulter. J'avais atteint le point de rupture.
 
-      Pour la dernière fois... qui t'a engagé pour attaquer ma famille la nuit du 6 au 7 février 1965 ? Qui est le commanditaire ?
-         Va... te faire foutre... je suis mort... de toute façon...

 

Je le redressai violemment sur sa chaise et immobilisai sa tête pour l'obliger à regarder son frère. Je rapprochai la chaise du mur, de sorte à placer Cobra juste devant. D'un coup de baguette, le frère revint à lui. Il écarquilla les yeux en voyant son frère juste en dessous.
 
-      Pardonne-moi Basher... j'ai... le sortilège Doloris... j'ai pas pu résister... s'excusa Gareth.
-         Dans deux secondes, c'est ton frère qui demandera pardon, assurai-je.
-       Qu'est-ce que tu fais ? demanda Cobra à bout de souffle en me voyant sortir mon couteau.
-         Je te dissuade de me tenir tête.
 
Je plaçai la lame sur la gorge de Gareth.
 
-         Regarde ton frère... lui murmurai-je. Regarde-le bien. C'est par sa faute si tu meurs aujourd'hui.
-         NON !!! cria Cobra. JE T'EN SUPPLIE, ARRETE !
 
J'eus un flash où c'est moi qui avais hurlé ces paroles, tout mon être étant ravagé par la peur. J'avais moi aussi supplié... mais ça avait été inutile. La tragédie s'était à nouveau abattue sur moi, implacable, insensible à mes supplications.
Alors lentement, je tranchai la gorge de Gareth en faisant bien en sorte qu'il se vide de son sang sur la tête de Cobra, impuissant.
 
-         Ce n'est qu'un aperçu de ce que j'ai subi après cette nuit à cause de ton gang de merde... Je n'ai jamais cessé de désirer la vengeance... pour cette famille que je ne pourrai jamais aimer, pour toutes ces années de jeunesse qui auraient dû être belles mais qui ont été un véritable enfer... pour ce que je suis devenue... Te tuer ne ramènera pas ma famille ni tous ceux  que j'ai perdu, ça n'effacera pas mes souvenirs, ça ne guérira pas mes blessures, et ça ne changera certainement pas ce que je suis devenue... mais au moins, je sais que tu ne recommenceras pas. J'ai la satisfaction d'être vengée. Il y a douze ans, j'étais victime, aujourd'hui je suis assassin. Ton assassin. Et ce n'est que justice. Alors épargne-moi tes supplications... souviens-toi que tu es resté sourd à celles de tes victimes.
 
J'armai mon bras, prête à frapper.
 
-         Je n'étais pas le chef en 65 !! cria Cobra.
 
J'interrompis mon geste sous le coup de la surprise. Quoi... ?
 
-         Cobra est le nom d'un grade, expliqua ma proie. Pas d'une personne. Tous les chefs du gang se sont appelés comme ça. J'ai pris la succession après cette nuit-là...
-         Pourquoi ?
-         Le chef de l'époque avait disparu.
-         Comment ça « disparu » ?! m'énervai-je.
-         Il faisait partie du commando qui a attaqué... mais il n'était pas parmi les cadavres. Personne ne sait ce qu'il est devenu. Il n'a jamais refait surface.
 
Je me redressai lentement, ne parvenant pas à y croire. Basher aurait très bien pu inventer cette histoire pour me mener en bateau, mais je voyais la sincérité dans ses yeux. Et ça expliquait pourquoi il ne connaissait pas personnellement ma mère. Ce n'était pas lui le traître... il n'avait fait que prendre la relève.
 
-         Tu ne le retrouveras jamais. Personne...
-         Ça c'est ce qu'on verra. Revenons-en au commanditaire. Si tu as pris la succession juste après ce drame, les membres du gang qui n'ont pas participé à l'attaque ont dû te donner les détails du contrat...
-         Je sais seulement que le client est extrêmement puissant... et très bien protégé. Il est passé par des intermédiaires pour donner les directives et la rémunération.  Je ne pense pas que ça soit un type du milieu criminel.
 
Je fermai momentanément les yeux, ravagée par la frustration et la colère. Ça aurait dû se terminer ce soir... j'aurais dû progresser dans ma vengeance en retrouvant Cobra... mais à la place, qu'est-ce que j'apprenais... ? Que le chef qui m'intéressait avait filé il y a longtemps... et que le client avait fait en sorte qu'on ne puisse pas remonter jusqu'à lui. Désespérant. Il n'y avait pas de mot suffisamment fort pour décrire ma déception. Ne pourrais-je donc jamais envisager d'être apaisée ? Devais-je accepter de vivre... en sachant que les responsables du drame de ma vie demeureraient impunis ?  
 
-         C'est tout ce que je sais... je te le jure, assura Cobra.
-         Dommage pour toi...
 
Je plantai lentement la lame dans son c½ur, le regardant droit dans ses yeux qui s'étaient figés à la vue de la mort toute proche.
-         Ma... Ma famille... murmura Cobra.
-         Leur sort m'appartient, coupai-je froidement.

 

Je retirai le couteau d'un geste vif pour abréger ses souffrances. Sa tête bascula, faisant couler un filet de sang de ses lèvres. Je n'avais peut-être pas réussi à me venger... mais au moins, le gang Cobra était définitivement mort. Ce gang ne pourra plus jamais frapper. Cette légende criminelle venait de tomber.
Je passai ma main sur les yeux de ma victime, savourant l'extinction de ce fléau. Mais je ne ressentis aucun apaisement. Les révélations de Cobra m'avaient privé de ma vengeance. Je n'étais toujours pas libérée... et ça s'annonçait mal pour que je le sois un jour. Mes espoirs de rendre justice s'amenuisaient.
 

 

| Godric's Hollow |
 

 

Grâce au portefeuille de Cobra, j'avais trouvé l'adresse de sa femme et de sa fille. Je m'étais faite léviter dans un arbre et m'étais calée sur une grosse branche. Je regardais pensivement par la fenêtre une pièce à demi-éclairée par la lune. Une femme était endormie dans son lit, une fillette contre elle, un nounours en peluche coincé sous son bras tandis qu'elle avait encore le pouce à la bouche.
« Qu'est-ce que tu fais là ? »
Je reportai mon attention sur la silhouette de Jeff, accroupie sur une branche non loin de moi.
« Je voulais voir à quoi pouvait ressembler une famille... comportant un dangereux criminel. Regarde-les... elles semblent si paisibles... »
« Cesse de douter de toi Prue... tu as droit au bonheur toi aussi. Tu n'as qu'à le saisir »
Je souris en jetant un dernier coup d'½il à travers la vitre. Les paroles de Cobra m'avaient peut-être fait perdre un peu d'espoir dans ma quête de vengeance... mais la vision de sa famille me redonnait confiance en mon avenir en dehors du crime.  
 

 

| Allée des Embrumes – Maison close – 3h |
 
~ Point de vue général ~
 

 

-         Cause de la mort ? demanda Moser au médecin légiste.
-         Coup de couteau en plein c½ur.
 
Le lieutenant Moser regarda pensivement le corps. Dans sa carrière de policier, il en avait vu des atrocités, mais ce cadavre faisait partie de ceux qui resteraient plus gravés que les autres dans sa mémoire.
 
-           Blessures multiples, continua le médecin. Cet homme a été torturé avant de se faire poignarder. Les techniques utilisées et les coups infligés dénotent un acharnement... le tueur était sans doute dans un état très colérique.
 -           Tu penses à un psychopathe ?
-     Non. Chacune des frappes montre une grande précision. Notre tueur savait exactement ce qu'il faisait... il est très lucide. Il y a eu une véritable recherche de la souffrance, mais je pense avoir l'explication. Regarde.
 
Le médecin souleva la chemise ensanglantée de la victime. Moser écarquilla les yeux en reconnaissant un tatouage bien connu de sa Brigade : une tête de mort transpercée d'un poignard et d'un cobra. Sauf qu'il avait subi une modification : du sang coulait par les yeux et la mâchoire ouverte de la tête de mort pour former un V. La lame qui transperçait le crâne était également ensanglantée. Lyall Lupin arriva à ce moment-là.
 
-         Qu'avons-nous là ? demanda le nouvel arrivant.
-         Une nouvelle victime du gang des Cobras, répondit Moser sans quitter le corps des yeux.
 
Lyall s'avança et constata à son tour la brutalité du tueur empreinte sur le cadavre de la victime.
 
-      Ce n'est pas un règlement de compte comme nous l'avions imaginé mon ami, déclara Moser. C'est bien plus personnel.
-       Une vengeance, souffla Lyall en remarquant le V ensanglanté.
-      Ça explique la violence dont fait preuve le tueur à chaque fois... il ne se contente pas de tuer ses victimes... il les punit.
-     C'est plausible, seulement... si c'est bien une vengeance, la logique voudrait que notre tueur se trouve parmi les victimes du gang.
-         C'est le plus probable oui, confirma Moser. Où est le problème ?
-    Officiellement, aucune victime n'a jamais survécu. Ce gang ne s'en prenait pas seulement à une personne, mais à des familles entières. Les membres les plus proches en tout cas. Je doute que ça soit une personne qui vienne venger un cousin ou une nièce.
 
Moser fronça les sourcils.
 
-        Mais il est possible que l'une des victimes qu'on croit morte... soit toujours en vie, non ? demanda le lieutenant.
-         Si c'est le cas, nous cherchons un fantôme... qui a sans doute changé d'identité et qui vit dans l'ombre. Un fantôme très bien entraîné qui sait exactement ce qu'il fait.
-        Ouais... le genre quasi-impossible à retrouver.
-       Pas tant que ça... Regarde la pièce. Le meurtre n'a pas pu être commis ici, tout est clean. Le tueur a pris la peine de revenir déposer le cadavre alors qu'il aurait très bien pu faire disparaître le corps. Il voulait qu'on trouve ce message. Et en faisant ça, il nous fournit des pistes sur son profil, ses intentions... c'est un challenger. Le genre qui se dévoile un peu plus à chaque meurtre.  
 
 
| Planque de Tracker – 3h15 |
 
~ Point de vue de Prue ~
 

 

Je vérifiai l'état de la jeune fille que j'avais ramené dans ma planque. J'aurais pu la réveiller maintenant, mais je choisis de la laisser dormir. Avec ce que je lui avais mis, j'étais tranquille jusqu'au lendemain si je ne lui lançais pas le contre-sort. Je ne comptais pas la mettre dehors en pleine nuit de toute façon, inutile de la réveiller. Je la fis léviter jusqu'à ma table et l'y allonger doucement. D'un coup de baguette, ses vêtements disparurent. Je soupirai en constatant le nombre de blessures qu'elle portait. Je me munis de ma mallette de soins et entrepris de lui étaler de la pommade un peu partout. J'essayais de ne pas imaginer les coups qui se cachaient derrière chaque blessure. Je ne voulais pas reconstituer la scène mentalement. Ce que j'avais aperçu tout à l'heure était suffisamment explicite. Lorsque j'eus terminé, je la rhabillai d'un peignoir en soie et la déplaçai dans mon lit. Je ne comptais pas dormir cette nuit... j'étais bien trop réveillée.
J'allai donc prendre une douche pour me détendre et laver le sang de mes victimes. En sortant, je m'occupais de nettoyer ma tenue de tueuse, ainsi que les accessoires que j'avais utilisés. Cela me prit pas mal de temps, car j'y prenais un grand soin et accordais de l'attention à chaque arme.

 

Je terminai avec mon couteau, que j'observai avec attention dans les moindres détails. Cette arme semblait insensible aux ravages du temps et au nombre de fois où je m'en étais servie. La lame était toujours aussi tranchante, et le manche impeccable. Je passai doucement mes doigts sur le côté de la lame froide. Ce couteau était redoutable et parfait. Je le croyais unique jusqu'à ce que je me fasse agressée. Mon piètre meurtrier avait planté une arme identique à la mienne. Visuellement, c'était de parfaites copies. La seule différence, c'est que la sienne était empoisonnée. J'avais mis ce redoutable couteau ici, dans ma planque, accroché parmi d'autres. Cette arme représentait une leçon de morale à mes yeux... et un avertissement. Elle aurait pu être l'arme de ma mort.

 

Je reportai mon attention sur mon couteau, qui m'avait suivie toutes ces années. Il représentait tellement pour moi. Ce n'était pas pour rien qu'il était mon arme préférée. Je sortis ma baguette et entrepris une fine gravure sur la lame. Au bout de cinq minutes, je souris en finissant d'écrire deux simples mots : « Blood Justice ». C'était une évidence pour moi... c'était ce qui justifiait mes actes... et c'est principalement avec ce couteau que j'agissais. Ces deux mots étaient la raison pour laquelle Tracker était née... et ne mourra jamais.
 

 
Chapitre 47 : Blood Justice
 
Et voilà comment Prue termine son année scolaire... et débute ses vacances ! :P 
J'espère que ça vous a plu, j'attends vos impressions avec impatience !
 
Le mot de Tracker et l'aperçu du chapitre 48 sont en ligne.
A très bientôt pour la suite et fin de ce premier tome  ;) 
Gros bisous
 

Tags : L'histoire d'un assassin - Partie 1 : L'amour d'un Assassin - tome 1

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Comments :

  • Dum-Cha

    22/12/2016

    Ca y est .. c'est bientôt fini..

  • fichp-lifealwaysrestart

    17/10/2015

    D'ailleurs j'ai oublié quelque chose de CAPITAL (enfin, qui me semble capital ^^) dans mon précédent commentaire : plus l'intrigue avance, et plus l'on entrevoit le lieutenant Moser et Lyall Lupin, plus j'ai l'impression que les pièces d'un puzzle s'assemblent, et que ce puzzle, c'est l'effroyable secret de Prue. Je sens que ces deux là seront loin d'être les derniers à démasquer Prus, surtout Lyall...

  • fichp-lifealwaysrestart

    17/10/2015

    Dès que j'ai lu la phrase au dessus du chapitre, j'ai pensé à Cobra... Mais je sentais que Prue n'allait pas pouvoir assouvir son désir de vengeance immédiatement, ça aurait été trop simple, et puis il n'y aurait pas eu de tome 2. La cruauté de Prue lorsqu'il est question de vengeance sautait aux yeux dans ce chapitre, c'en était presque choquant, particulièrement le moment où elle tranchait la gorge de Gareth devant Cobra sans aucun scrupule. Parce que ce n'était qu'un pauvre type en soit, qui vivait dans l'admiration pour son frère. La violence était omniprésente dans ce chapitre, mais ça ne m'a pas empêché de l'apprécier. L'intrigue se complexifie de plus en plus, et j'ai vraiment hâte de lire la suite. J'ai bien aimé également le passage final où Prue bravait ces mots sur son couteaux. Etonnant ce que les objets peuvent représenter pour nous parfois...

  • harry-potter-8-fic

    15/08/2014

    Ta manière d'écrire est vraiment très agréable à lire
    j'ai vraiment hâte de lire la suite.
    A bientot :)

  • harry-potter-8-fic

    15/08/2014

    En tout cas c'était encore un super chapitre
    je suis encore restée plongée dans l'histoire du début à la fin du chapitre.

  • harry-potter-8-fic

    15/08/2014

    je me demande si à l'époque le chef du gang cobra n'était pas voldemort
    j'y pense depuis un petit moment déjà et j'ai hâte de savoir ce qu'il en est

  • harry-potter-8-fic

    15/08/2014

    ça faisait un bon petit moment que prue n'avait plus tuer personne

  • Hurricany

    14/08/2014

    Début de vacances mouvementé ! Dommage pour Tracker ! La quête continu ! Vivement la suite !!

  • clochinettedu76

    14/08/2014

    Pauvre Prue ! Ok, elle a ete cruelle avec Cobra, mais elle qui pensait que tout s'arreterait en trouvant Cobra... Le gang est peut etre maintenant hors d'etat de nuir, mais la vengeance de Prue n'est pas terminée on dirait....
    Hate de lire le prochain !

  • Selenba

    10/08/2014

    Le retour de Tracker et sa vengeance :o J'aime bien les vacances de Prue x) Assez... vivantes :p L'arrivée de Prue dans la vie active et le mystère du chef des Cobra qui planent toujours (j'ai de bonnes hypothèses je verrais bien par la suite :o) Vivement le dernier chapitre :o voir comment vont tourner les choses ;p

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