Chapitre 48 : Sur les traces du passé

« Lorsque l'on perd quelque chose, le premier réflexe est de refaire le chemin parcouru... pour les enquêtes c'est pareil. Il faut marcher dans les pas du tueur... revivre le meurtre à partir des indices qui racontent le scénario... et observer attentivement la scène pour dénicher des parcelles de vérité »
 
Chapitre 48 : Sur les traces du passé

 
 
| 2 juillet 1978 – Planque de Tracker  – 11h35 |
 

 


Je levai les yeux sur le corps de la fille que j'avais sauvée de la maison close la veille. Elle commençait à avoir de légers spasmes, signe que les effets de mon sortilège s'estompaient. J'entrai en contact avec elle et transplanai sans plus tarder. Pas question qu'elle voie l'intérieur de ma planque.
On se matérialisa dans une chambre d'appartement, où je la déposai sur le lit. Une minute plus tard, elle ouvrait les yeux. Elle prit peur en me voyant dans ma tenue de tueuse.
 
-         Tout va bien, assurai-je. Tu es en sécurité ici.
-         Où sommes-nous ?
-         ... Dans ton nouveau foyer.
 
Elle me lança un regard interrogateur avant d'observer les lieux... comme une gamine émerveillée devant un paysage merveilleux.
 
-         Que m'est-il arrivé hier ? Après le transplanage...
-         J'ai dû t'endormir.
-         Et le patron ?
-         Mort.
 
Elle acquiesça lentement. En se redressant, elle se rendit compte qu'elle ne portait plus aucune blessure.
 
-         Vous m'avez soigné ? s'étonna ma protégée.
-         Oui.
-         Merci... mais qui êtes-vous ?
-         Ça n'a aucune importance. Tu ne me reverras jamais. Voici le titre de propriété... et une petite avance pour te permettre de vivre en attendant que tu trouves un travail honorable, dis-je en désignant la valise posée sur une table basse.
-         Pourquoi faites-vous ça ?
-         Je t'ai fait sortir de cet enfer... ce n'est pas pour te laisser dans la rue.
 
Je me levai et lui tendis sa baguette, que j'avais retrouvée en allant mettre le corps de Cobra dans son bureau.
 
-         Tu es libre. Ne gâche pas ça.
-         Je ferai tout pour... j'espère qu'ils ne me retrouveront pas.
 
La crainte qu'une telle chose se produise était tellement audible dans sa voix que je compris à quel point cette fille n'avait jamais voulu faire du sexe son travail.

-         Comment t'es-tu retrouvée dans une maison close ? Tu sembles un peu jeune pour ce genre d'endroit.
-         Je me suis faite piéger...
-         Comment ça ? dis-je en m'asseyant auprès d'elle.
-         J'avais rendez-vous avec un jeune homme... ça faisait plusieurs fois que je le voyais... on s'entendait bien, il était assez sympa. A notre dernier rendez-vous, j'ai accepté de le suivre chez lui... mais il n'était pas seul. Un autre homme d'une quarantaine d'années s'y trouvait.
 
Je vis ses yeux briller davantage, et je devinai bien vite ce qu'il s'était passé.
 
-         L'homme disait que je correspondais au profil qu'il recherchait... mais qu'il devait « m'essayer » d'abord. Au début, je ne comprenais pas de quoi il voulait parler... et puis ils m'ont injecté une potion pour me droguer... pour que je ne me débatte pas. Et ils...
 
Elle s'interrompit dans un sanglot.
 
-         Je comprends, soufflai-je.
 
Gareth était une ordure à l'image de son frère... j'avais bien fait de tuer ce misérable chien.

-         A... A mon réveil... j'étais dans une chambre. Il y avait d'autres femmes plus âgées que moi. Elles m'ont expliqué où j'étais... et ce que l'on attendait de moi. Elles disaient que si je faisais bien mon travail, je serais rémunérée, nourrie et logée... mais que si j'essayais de m'enfuir, je serais condamnée à passer plusieurs nuits attachée à un lit... à la merci des pires clients.
 
Je déglutis péniblement. Alors voilà comment les prostituées étaient tenues en laisse... par des menaces obscènes. Privé de baguette, il est bien difficile d'échapper à des ravisseurs sorciers.
 
-           Pourquoi tu étais avec le patron hier... ? demandai-je. Tu n'es pas censée être disponible pour les clients ?
-         Je n'ai pas atteint mon quota le mois dernier... le patron disait que je devais le dédommager.
 
Une onde de rage se propagea en moi. C'était tout bonnement éc½urant d'entendre ce genre de discours. Le business du sexe faisait des femmes de simples jouets... des jouets en vitrine, que les hommes pouvaient toucher, choisir... et s'amuser avec. Elles étaient traitées comme des chiennes soumises qui n'avaient pas le droit de se rebeller. Je comprenais mieux pourquoi les prostituées que j'avais croisé se jetaient ainsi sur les clients et faisaient si bien valoir leurs atouts... elles avaient des quotas à atteindre pour ne pas subir la fureur perverse du patron. Comment avais-je pu songer un seul instant qu'elles pouvaient être consentantes...? Personne n'aimerait être traité comme un objet.
Je fermai momentanément les yeux, essayant de chasser les images observées la veille lors de ma visite. Je les rouvris en entendant la fille continuer de pleurer à chaudes larmes, sans doute envahie du terrible souvenir de son viol. Je fis apparaître une boîte de mouchoirs et la lui tendis.
 
-         Rassure-toi... il ne pourra plus te faire de mal. Ni lui ni le recruteur... ils sont morts tous les deux.
-         Ils seront remplacés.
-        Pas avec le meurtre du patron... les flics ont investi les lieux... la maison va fermer. J'ai également récupéré ta fiche personnelle pour que personne ne puisse remonter jusqu'à toi. Tu peux dormir tranquille.  
 
Je me levai après lui avoir adressé un signe de tête.
 
-         Attendez !
 
J'eus à peine le temps de me retourner que ma protégée me prenait dans ses bras avec élan.
 
-         Merci pour tout.
 
Je me sentis bizarre à ce moment-là en prenant conscience de la chance que je lui offrais. Je me sentais puissante... comme lorsque je prenais le droit de mort sur une personne... je me rendais compte que sauver une vie et lui permettre de mieux exister... était aussi bon que de tuer un monstre de la pire espèce.
 

 

 


| Londres – 12h |
 

 


Je me matérialisai au bout de la rue qui aurait pu être mon tombeau en février dernier. Instinctivement, je levai les yeux vers les toits, à la recherche du moindre indice suspect. A part quelques pigeons, rien à signaler. Je m'engageai dans la ruelle étroite, revivant mon agression au fur et à mesure que j'avançais. Je m'arrêtai à l'endroit précis où j'avais été frappée, baissant les yeux sur le pavé qui avait été lavé de mon sang. Je me souvenais de tout dans les moindres détails : les bruits, les paroles de mon agresseur, son apparence, mes pensées alors que j'étais à terre, ma discussion avec Remus... tout était gravé avec précision dans ma mémoire. Et pourtant, je ne comprenais toujours pas mon agresseur.

 

J'écartai les bras pour me faire léviter jusqu'aux toits. Je voulais observer la scène sous un autre angle. Je revins au début de la ruelle, où mon agresseur avait commencé sa filature depuis les hauteurs. Je jetai un coup d'½il aux alentours : j'avais beau être debout et ne pas me cacher, personne ne me remarquait. J'étais trop haute pour attirer le regard des passants. Je baissai les yeux en voyant une personne s'engager dans la ruelle. La reconnaissant, je choisis d'en faire mon cobaye avec un sourire. Je me mis à la place de mon agresseur, suivant la personne en bas en imaginant que c'était moi. Je sautai en sortant ma baguette lorsque ma cible ne fut plus qu'à un mètre de l'emplacement où je m'étais arrêtée. La hauteur m'obligea à ralentir ma chute, mais je fis exprès de ne pas l'amortir pour faire volontairement du bruit. Sans surprise, mon cobaye se retourna en sursaut. Je fis le geste comme si j'avais eu envie de le poignarder avec ma baguette... et ma zone de frappe se situa dans l'intestin, du côté gauche de ma cible.
 
-         Bonjour Lyall, saluai-je avec un sourire.
-         Bon sang Prue, tu aurais pu prévenir avant de faire un truc pareil !
-         Désolée, il fallait que la mise en situation soit parfaite.

 

Il souffla, laissant passer le coup de la surprise.

-         Conclusion ? demanda Lyall.
 
Je baissai les yeux sur ma baguette. Si ça avait été moi le tueur... je n'aurais laissé aucune chance à ma cible. J'en avais fait des attaques surprises depuis les toits... et je n'avais jamais laissé à ma proie le temps de se retourner. Elle était à chaque fois morte sans même m'avoir vu venir. Sauf... quand je ne voulais pas la tuer sur-le-champ.
 
-         Mon agresseur faisait ma taille... donc j'aurais dû recevoir le coup de couteau ici, expliquai-je en enfonçant légèrement la baguette pour lui faire sentir. C'est l'emplacement qui correspond au geste le plus naturel... seulement je l'ai reçu bien à côté, dis-je en déplaçant la baguette sur la gauche pour me rapprocher du nombril. L'écart n'est pas normal, même pour un droitier.
-         Et donc... ? encouragea Lyall.

 

Je reculai pour laisser Lyall libre de ses mouvements, tout en réfléchissant.

-         Mon agresseur a commis deux énormes erreurs : la première en faisant du bruit à l'atterrissage, la seconde en ratant sa frappe... je trouve que ça fait beaucoup de maladresses, même pour un débutant. Je pense... qu'il tenait à me voir de face... et que ça soit le poison qui me tue, pas la blessure en elle-même.
-         Il voulait que ta mort soit lente.
-     Exact. Peut-être envisageait-il de m'emporter dans un autre endroit... peut-être voulait-il avoir une dernière discussion avec moi... ou alors il désirait me voir agoniser.
-         Donc selon toi... l'agresseur te connait ?
-        ...Oui. Le choix de l'arme en est presque la preuve : il aurait pu m'atteindre de loin... à la place, mon agresseur est descendu de son perchoir... le couteau implique une proximité entre le tueur et la victime... de la force pour faire pénétrer la lame dans le corps... c'est une man½uvre plus risquée qui expose le tueur dans le cas où sa victime se débattrait...
-         Alors soit il était inconscient des risques...
-       Soit il savait exactement ce qu'il faisait. Ses maladresses n'en sont pas. Le profil est donc changé : mon agresseur est effectivement un débutant, mais il est aussi calculateur... téméraire... déterminé...
 
Et trop confiant pour penser que je ne retirerais pas moi-même l'arme de mon corps pour la planter dans le sien. Il n'avait pas envisagé que son choix pourrait lui coûter la vie. Je devais être sa première victime... il n'avait encore jamais vu ce dont une proie était capable pour se défendre... il n'avait pas imaginé que je tenterais un dernier coup.
 
-         Qui pourrait bien te vouloir du mal ? demanda Lyall.
 
Oh, il y avait bien une liste de personnes qui me voulaient beaucoup de mal... mais elles ne correspondaient pas au profil.
 
-         Aucune idée, avouai-je. Mais je vois que je ne suis pas la seule à ramer...
-         Je t'avoue que nous sommes dans une impasse. Les suspects que nous avions ont un alibi solide, alors on continue les recherches. Je suis revenu aujourd'hui pour reconstituer la scène une dernière fois... mais je ne m'attendais pas à ce que tu me la fasses revivre !
-         Au moins maintenant tu sais exactement comment ça s'est passé.
 
A quelques détails près...
 
-         Hmm... je comptais manger au resto ce midi, ça te dit de te joindre à moi ?
-         Ça aurait été avec plaisir, mais je suis déjà attendue.
-         Remus ?
-         Non, mon amant, lançai-je avec un clin d'½il.
 
Lyall me lança un regard réprobateur auquel je répondis d'un sourire.
 
-         Eclate-toi bien alors !
-         Haha, merci. Et pas un mot à Remus bien sûr !
-         C'est ça, compte là-dessus.
 
 Je commençai à partir mais Lyall me rappela.

 

-          Prue !
-          Oui ?
-      J'ai hâte de te voir à l'½uvre sur le terrain... je suis sûr que tu seras une bonne enquêtrice. 

Alors ça mon cher Lyall... tu ne crois pas si bien dire.

 

 


| 3 juillet 1978 – Domaine des Halliwell – 8h10  |

 
Un grand portail en fer noir, par-dessus lequel de majestueuses volutes reposaient, formant une élégante lettre H au milieu... un sentier de graviers gris clair qui zigzague entre deux étendues d'herbe par-delà les hautes grilles... Une douce brise qui couche des fleurs sauvages magnifiques et qui rend plus respirable cette journée étouffante de début juillet... Un ciel bleu faisant rayonner une fontaine blanche sur le côté droit du jardin... Et à l'autre bout du sentier, roi déchu de cet immense domaine, se dressait l'imposant manoir de la célèbre famille des Halliwell. J'étais bien incapable de me détacher de cet incroyable paysage. La Nature s'était proclamée reine sur ce territoire abandonné depuis treize ans, où avait habité une famille ancestrale. Ma famille. 

 


Je posai une main sur la ferraille chaude du portail qui trembla sous mon emprise. Je sentis un souffle chaud intérieur, comme si j'avais traversé une barrière de feu. L'instant d'après, le portail s'ouvrait pour me laisser le passage. Les sortilèges de la sécurité ne pouvaient pas refouler une Halliwell. J'avançai lentement, laissant des scènes oubliées de mon enfance revenir dans ma mémoire. Je me voyais gambader dans ce jardin aux côtés de ma mère. On riait. On s'amusait. Je pouvais apercevoir le bonheur dessiné sur nos visages. Entendre les rires de ma mère était aussi agréable que douloureux. Je ne pus m'empêcher pourtant de marcher dans les pas de mon fantôme enfantin, qui gambadait vers la fontaine. Je ris de bon c½ur en me voyant attraper un poisson, avant qu'il me glisse entre les doigts pour passer au-dessus de ma tête. Je ne pus me détacher du fantôme de ma mère qui se rua sur le pauvre animal pour le remettre à l'eau. Je souris en entendant ma mère me réprimander gentiment. J'aimerais tellement avoir plus de souvenirs d'elle... de nous...

 

Les visions de mon passé disparurent lorsque je me retrouvai devant la fontaine. L'eau claire aperçue lors de mon enfance autrefois refuge de poissons paisibles était aujourd'hui vaseuse et inerte. Mon regard fut attiré par du mouvement un peu plus loin : une nouvelle vision de ma mère, assise dans l'herbe. C'est fou comme elle paraissait réelle. Ce n'était pas un fantôme translucide comme à Poudlard... non, là c'était une véritable projection d'un réalisme troublant. Elle portait un élégant chapeau blanc. Je me rapprochai d'elle, voulant l'observer de plus près. Elle tourna la tête dans ma direction, affichant un magnifique sourire. C'était si bon de voir son visage rayonnant... son regard pétillant... moi qui m'étais uniquement souvenue jusqu'à maintenant de la froideur de son corps et de son regard vide. Je fus attendrie devant mon propre fantôme apportant un bouquet de fleurs du jardin à ma mère. Il me fallut plusieurs minutes avant que je me décide à laisser le souvenir de ma mère allongé dans l'herbe, à mes côtés.
Je me dirigeai vers le manoir, le c½ur accélérant légèrement à chacun de mes pas. Si l'extérieur m'avait rappelé de bons souvenirs... je savais que l'intérieur ressasserait le drame de ma vie.

 

Une fois au pied de la bâtisse, je levai la tête et constatai que le lierre étouffait les murs dans ses bras énormes. Je posai une main dessus, répandant une flamme qui courut le long des branches pour se répandre sur le végétal. En moins de dix secondes, le manoir tout entier était libéré de son emprise. Je baissai alors les yeux sur la poignée sale de la porte en bois, hésitant encore à faire face à la scène du drame. Les gonds hurlèrent lorsque je me décidai enfin à ouvrir la porte, me laissant découvrir une entrée dévastée. Je m'arrêtai nette sur le seuil, sentant le souffle glacé de la stupeur me traverser le corps. Rien n'avait changé depuis la nuit du drame. Rien. Enfin si, juste une chose : il n'y avait plus le corps inerte de ma mère. C'est la seule chose qui manquait à l'appel. L'endroit était toujours aussi dévasté. Le temps s'était arrêté le 7 février 1965 dans ce manoir, pour raconter perpétuellement à demi-mots l'histoire tragique qui s'y était déroulée. Des images furtives passèrent devant mes yeux pendant que je les balayais sur des morceaux de bois qui avaient autrefois constitués des meubles. Je revis le combat de ma mère face à ses nombreux assaillants... son air inquiet en me découvrant dans l'escalier, témoin de la scène... son dernier regard... et son effondrement au sol. Je secouai la tête en baissant les yeux sur les flaques de sang dont le plancher s'était imprégné. Il faudra que je me procure les rapports de police lorsque je serai au Ministère. Avec mon regard d'assassin, je pourrais peut-être mieux interpréter le peu d'indices qui avaient été trouvés. Je me mis à genoux à côté de la flaque de sang la plus large, comme je l'avais fait auprès du corps de ma mère. J'eus l'impression de voir son cadavre allongé sous mon regard paniqué à l'idée qu'elle n'ouvre plus les yeux. Je caressai du bout des doigts le sang séché et sentis ma gorge se nouer. Je fermai les yeux sous la douleur, revoyant sans cesse le couteau fuser sur moi avant que je le renvoie sur ma mère.
 
-         Pourquoi je t'ai visée toi et pas un autre... ? soufflai-je. Qu'est-ce qui m'est passé par la tête ?
 
« Tu n'as pas voulu la tuer Prue... tu l'aimais trop pour ça »
Je levai les yeux sur le fantôme de Jeff avec un faible sourire. Toujours là dans les moments difficiles pour m'apporter du réconfort.
Je regardai à nouveau au sol, là une autre tâche de sang avait séché. Je devinai qu'il s'agissait de l'endroit où ma soeur Sandra avait elle aussi trouvé la mort. Mais ça n'avait pas de sens...
« Prends du recul »
 
-        Hum ?
 
« Reprends le fil des évènements »
Je soupirai. Jeff avait raison, il fallait que je me replonge dans le passé. Je fis l'effort cuisant de me remémorer la soirée du drame... encore une fois.
 
-      D'après mes souvenirs, qui ont été trafiqués : j'ai repéré l'arrivée du gang par la fenêtre, ma mère m'a demandée de monter à l'étage, je suis restée dans les escaliers et j'ai assisté aux combats. J'ai... j'ai tué ma mère, je suis montée au grenier me cacher, les hommes m'ont suivie, mon père les a tués. Je suis redescendue, ma mère était toujours là, morte. Je suis sortie avec mon père quelques minutes, et puis je suis revenue auprès du corps de ma mère. Après quoi, je suis partie définitivement. Dumbledore, qui avait rendez-vous avec ma mère l'après-midi du 7, s'est rendu au manoir, et a découvert les restes du drame : l'entrée dévastée et les flaques de sang de ma mère et de ma s½ur. Pas d'autres corps, pas de preuve, pas de témoin.

« A ce stade, deux questions se posent. »

 

-       Qui a tué ma s½ur ?

« Et quand ? »

-       J'ai quitté l'entrée des yeux le soir de l'attaque à deux reprises : la première pour me cacher dans le grenier... mais son corps n'y était pas lorsque je suis redescendue ; et la seconde quand je suis sortie avec mon père. Seulement le délai était bien trop court, et nous aurions probablement entendu quelque chose.

« Donc elle aurait été tuée après que tu sois partie avec ton père, près du corps de ta mère »
C'était logique... ma s½ur avait dû se cacher quelque part... et lorsqu'elle n'a plus entendu de bruit, elle est sortie... elle a découvert ma mère, et c'est à ce moment-là qu'elle a été tuée. Je soupirai de lassitude. Une nouvelle question se posait : qui était venu entre le moment où j'avais quitté le manoir et l'arrivée de Dumbledore ?
 
« Qui que ce soit, c'est cette personne qui a tué ta s½ur... et a fait disparaître les corps »

 

-         Le chef Cobra de l'époque...

« C'est le plus probable... c'est la seule personne impliquée qui était encore vivante après ton départ. En tant que chef, il ne faisait sans doute pas partie de l'attaque. Voyant que ses hommes ne revenaient pas, il s'est déplacé... a trouvé ta s½ur, l'a tuée et a fait disparaître les preuves. »
 
Oui, le scénario était crédible. C'était cet enfoiré de Cobra qui avait tué ma soeur... alors qu'elle aurait pu survivre. Comme à chaque fois que je pensais à lui, la haine m'envahit par vague régulière.

-        Ok... si on part de ce principe, il ne reste plus qu'une question : où était ma s½ur pendant l'attaque ?
 
Un flash me percuta, me renvoyant au soir du drame. Je me revis entrer dans la maison après avoir regardé le ciel avec mon père, cherchant quelle étoile pouvait être celle de ma mère. Je fixai un point un peu plus loin quelques instants. Puis, je m'agenouillai et déposai un bisou sur le front de ma mère. Je regardai le couteau et souris faiblement. Je jetai à nouveau un ½il plus loin avant de me reporter sur ma main pour lui clore à jamais les yeux. Je me relevai et sortis.
Je rouvris les yeux pour revenir à la réalité, essoufflée.
« Tout va bien Prue ? »
Je sortis du manoir et entrai à nouveau, essayant de trouver ce que j'avais fixé par deux  fois dans mon souvenir. Si je me fiais à la direction, on aurait dit que je regardais vers la cuisine.
« Pourquoi la cuisine ? »
Je m'y rendis lentement, essayant de comprendre ce qu'il s'était passé. Mon instinct me soufflait que ma soeur s'était cachée dans cette pièce. J'ouvris les placards, le garde-manger, le dessous de levier... et mon c½ur sembla s'arrêter.
« Prue ? »
J'étais incapable de me détacher du carrelage. Une peluche. Il y avait une petite peluche en forme de jeune loup. Je tendis lentement ma main pour l'attraper.
Je la regardai longuement sous toutes les coutures, sentant l'émotion m'envahir. C'était ma peluche. Je l'approchai de mon visage pour la sentir et ma gorge se noua. Le simple fait d'imaginer ma soeur serrant fort cette peluche contre elle, terrorisée par ce qu'elle entendait, me consumait de rage et de chagrin. Elle était morte seule... cruellement assassinée auprès de sa mère baignant dans son sang.

 

-         Je te promets de retrouver le monstre qui t'a fait ça... ton meurtrier ne restera pas impuni Sandra... j'en fais le serment.

 

« ... Rends vie à ce manoir Prudence... les dernières questions qui te restent ne trouveront pas leur réponse sur la scène de crime. »
J'acquiesçai lentement et retournai dans le hall d'entrée. La suppression des preuves clés avait été faite jusque dans ma mémoire... aucune chance qu'il y ait un indice ici. Je sortis alors lentement ma baguette, formulant quelques sorts pour entamer la réparation des dégâts. Jeff avait raison. Il était temps de redonner un souffle de vie à ce manoir en lui rendant toute sa splendeur. Les morceaux de verre s'élevèrent en tourbillonnant pour recomposer une vitrine, qui elle-même alla se mettre à son emplacement sur une large armoire qui se remontait petit à petit. Tous les autres meubles s'agitèrent en même temps, se réparant, retrouvant leur place initiale dans un vacarme qui ne suffisait pas à me sortir de mes souvenirs. Quand tout s'immobilisa enfin, je revins à la réalité et souris en voyant la pièce... comme si rien ne s'était jamais passé.

 


Je passai dans le salon, fidèle à l'image que j'en avais toujours eu dans mes rêves. J'avais beau avoir très peu de souvenirs, ils étaient conformes à la réalité, à l'exception de la poussière qui s'était accumulée en masse. D'un coup de baguette, la poussière se souleva et tourbillonna jusqu'à la fenêtre qui s'ouvrit pour la laisser passer. Je n'eus pas besoin de ranger ici, tout était déjà en état. J'admirai les meubles en bois de noyer aux ornements dorés finement sculptés, la table pouvant accueillir de nombreux invités, la cheminée en pierres qui devait tenir chaud l'hiver, les fauteuils en cuir confortables disposés en demi-cercle pour favoriser les moments de détente en famille le soir... tout était chaleureux dans la pièce et laissait deviner les habitudes d'une famille qui aimait partager du temps ensemble.

 

Je montai les escaliers pour passer à l'étage, m'arrêtant un instant face au long couloir. Je n'avais pas idée de ce qui pouvait bien se cacher derrière la plupart des portes. C'était troublant d'avoir à visiter son propre domicile... comme une étrangère. J'entrai dans la première pièce sur la droite, le c½ur bondissant en me rendant compte qu'il s'agissait de la chambre parentale. La première chose qui me frappa, c'est le sentiment de sérénité qui se dégageait de la pièce.  Je m'approchai de la commode et souris en voyant une photo de mes parents posée dessus. Mon père tenait ma mère par la taille, et lui déposai un baiser sur la joue, élargissant le sourire de ma mère avant qu'elle le regarde dans les yeux avec tendresse. Pour moi qui n'avais jamais eu de souvenir de mes parents lorsqu'ils étaient encore ensemble... cette scène de complicité pourtant simple me fit monter les larmes aux yeux. Ils étaient beaux et souriants... et il se dégageait de ce moment un fort attachement. Je n'avais jamais vu mon père avec une telle expression sur le visage et une lueur aussi pétillante dans le regard. Il semblait... bien. Tellement plus vivant que depuis qu'il se faisait appeler Lord Voldemort.
« Il va falloir ranger tout ce qui relie ta famille à Voldemort... »
Je levai les yeux sur le fantôme noir de Jeff.
 
-         Ce ne sera pas nécessaire... une fois mes recherches terminées dans cette pièce, je la verrouille et la sécurise.
 
J'ouvris la commode et souris en voyant des lettres soigneusement empilées dans le coin gauche. Des lettres entre mes parents bien sûr. J'en lus quelques unes, étonnée à chaque ligne que mon père ait pu les écrire un jour.
Je fouillai un peu partout dans la chambre, espérant en apprendre davantage sur ma famille, et peut-être même sur Cobra. Mais au bout d'une heure, je n'avais toujours rien trouvé qui puisse vraiment m'aider. Je finis par mettre la main sur un grand album enfoui dans un placard. Je m'assis sur le lit et l'ouvris lentement. Je souris en voyant deux bébés dans les bras de ma mère. Elle regardait le photographe qui était sans doute mon père, comblée de joie. Elle était magnifique. Je retournai la photo où était inscrit : Prudence & Sandra – 7 février 1960. Elle  avait été prise dans une chambre d'hôpital. Je sentis ma gorge se nouer un peu en regardant à nouveau les deux bébés, semblables comme deux gouttes d'eau.

 

Je continuai de regarder les photographies animées suivantes, plus magnifiques les unes que les autres, sans jamais me lasser. Tout ce que je voyais, c'était une famille unie et heureuse. J'assistai à nos premiers pas un peu maladroits avec ma jumelle, nos premiers jeux, nos câlins, nous quatre réunis... et puis à partir de 1962, mon père n'apparut plus sur les photos. C'était donc cette année-là que ma mère avait appris les projets de mon père, la conduisant à la rupture ? J'aurais tellement voulu que les choses se passent différemment. Mais bon, je connaissais la volonté inébranlable de mon père... et la bonté de ma mère qui rendait ce couple incompatible. L'histoire de mes parents me faisait désagréablement penser à mon couple avec Remus. En voyant ces photos, et en me souvenant des rares paroles de mon père au sujet de ma mère, je compris à quel point la séparation entre eux avait été rude. Au-delà de la terrible vérité découverte par ma mère... je sentais qu'elle n'avait jamais vraiment cessé d'aimer mon père. Difficile de quitter quelqu'un que l'on aime encore. Mais elle l'avait fait... à cause des risques que pouvait nous faire courir mon père. Et lui, il ne l'avait pas récupérée... refusant de se détourner de ses projets. Avais-je une chance de ne pas répéter le même scénario avec Remus ?

 

Je soupirai. J'avais déjà failli me confronter à la même situation, lors de ma dernière dispute avec Remus. Lui ne voulait pas que je m'engage sur le chemin de la vengeance... et moi je me savais incapable de lâcher prise. J'avais réussi à le dissuader de continuer d'enquêter sur moi, mais j'avais toujours cette crainte qu'un jour la vérité éclate. Car je savais, que si un tel évènement se produisait... ma vie à ses côtés serait terminée. Remus ne pourrait pas vivre avec moi en sachant qui j'étais vraiment. Malgré son amour. Ce serait contraire à toutes ses valeurs.
Je continuai à faire défiler les photos pour ne plus penser à l'avenir. C'est incroyable comment ces courtes scènes parvenaient à témoigner la force de l'attachement qui nous liait ma s½ur et moi. Nous étions vraiment très proches. Nous étions toujours fourrées ensemble, et nous avions une manière de nous regarder qui ne trompait pas. Nous nous étions adorées. Je donnerais cher pour pouvoir retrouver ces souvenirs... pouvoir me rappeler de ma petite enfance. De ce court bonheur que j'avais savouré avec insouciance.

 


C'est avec le c½ur lourd que j'arrivai à la fin de l'album. Mes yeux se posèrent sur le dernier emplacement, où une photo s'était trouvée. Pourquoi n'y était-elle plus ? Qu'est-ce qu'elle représentait ? Se trouvait-elle dans l'un des nombreux cadres dispersés dans tout le manoir ? Il faudra que je la cherche avec attention... d'après la photo précédente qui nous montrait ma s½ur et moi en train de déballer nos cadeaux lors du Noël 1963... la dernière photo devait dater de 1964. Notre dernière année de bonheur et d'insouciance... ma dernière année d'innocence avant le début de ma descente aux enfers.

 


Je soupirai et rangeai l'album où je l'avais trouvé. La fouille de cette chambre m'avait permis d'observer des moments que je n'aurais jamais dû oublier... et ça me faisait du bien d'avoir pu les connaître.
Je sortis de la pièce et la verrouillai avec soins, mettant des sortilèges suffisamment puissants pour empêcher quiconque de revenir sur les traces du passé de ma famille. Il fallait que je préserve cette pièce et ses secrets, sans effacer cette histoire aussi belle qu'improbable entre mes parents. Je voulais conserver soigneusement la preuve qu'un jour, aussi éloigné qu'il soit, Tom Jedusor avait été capable d'amour. Tom Jedusor avait été un mari aimant... un père joueur et attentionné.

 


Je me détournai de la porte et continuai un peu dans le couloir, m'arrêtant devant ce qui ne pouvait être qu'une chambre d'enfant. Je pris une profonde inspiration avant d'entrer. Je n'avais pas vraiment de souvenirs de cette pièce que j'avais visiblement partagée avec ma s½ur... Ma mémoire avait vraiment été manipulée de sorte à ce que je pense être fille unique. Cela me paraissait insensé et dépourvu d'intérêt... mais il devait bien y avoir une raison. La chambre contenait deux petits lits sur lesquels il y avait pas mal de peluches, et un peu de mobilier. Je fis disparaître la poussière et ouvris les rideaux pour mieux y voir. Je souris en voyant des photos de ma s½ur et moi en train de faire les pitres accrochées au mur. Comme dans la chambre de ma mère, j'entrepris de fouiller, mais je ne trouvai que des vêtements soigneusement pliés dans les deux commodes, et des jouets rangés dans le grand placard. Je finis par regarder dans le tiroir du chevet entre les deux lits et tombai sur une photo. Ma s½ur, ou moi je ne sais pas, soufflait un baiser avant de sourire. Je la retournai machinalement : « Je t'aime ma jumelle adorée ». Et c'était signé Sandra. Je caressai doucement son visage qui me souriait, me mordant la lèvre inférieure en essayant de retrouver mon souffle. J'avais aimé... j'avais été aimée... toutes ces preuves d'affection et de plaisir qui unissaient notre famille...  tous ces moments de bonheur partagé ne faisaient que renforcer mon désir de découvrir la vérité. J'avais été privée d'une belle enfance avec ma famille... et ce petit ange joueur que j'avais été s'était transformé en bête sanguinaire... tout ça pourquoi ? J'aimerais tant le savoir.

 


J'essayai d'enfouir ma ranc½ur, continuant de jeter un ½il à la pièce en rangeant la photo de ma jumelle dans ma poche. Je m'approchai de mon lit pour mieux voir ce que représentait le cadre accroché au-dessus. La photo qui se trouvait dedans avait été prise de nuit. J'étais dehors, entourée d'arbres, à genoux sur le sol. Un chien était juste devant moi et posai lentement une à une ses pattes avant sur mes épaules. Après quoi, j'entourai son corps de mes bras comme j'aurais serré une personne dans une étreinte affective. C'était bizarre, je ne me souvenais absolument pas avoir eu un chien. Il faut dire aussi que je semblais vraiment jeune.
 
-         Une minute...
 
Je récupérai le cadre et me mis à la lumière du jour près de la fenêtre. Ce n'était pas un chien. C'était un jeune loup. Je pris une loupe pour mieux regarder la tête de l'animal... et mon c½ur rata un battement en voyant trois cicatrices lui barrer la gueule en diagonale.
 
-         Remus...
 
« On dirait que le soir de ton évasion n'était pas ta première rencontre avec lui... »
Je tournai la tête vers le fantôme de Jeff, qui regardait la photo par-dessus mon épaule. Je profitai d'une telle proximité pour essayer de déchiffrer son visage flou... pourquoi son fantôme n'était-il qu'une silhouette ? J'aurais tellement voulu le revoir, rien qu'une fois.
 
-         Ça expliquerait pourquoi il ne m'a pas attaquée... soufflai-je. On se connaissait déjà. Il a dû reconnaître mon odeur.
 
Je souris et caressai doucement la photo. C'était amusant. J'avais toujours connu Remus, seulement je ne le savais pas. Je croyais l'avoir rencontré pour la première fois lors de mon évasion, alors que c'était encore antérieur. Je sursautai en pensant cela. J'avais connu Remus sous sa forme animale lorsque j'étais ici, au manoir... et je l'avais également croisé lors de mon évasion... ça ne voulait tout de même pas dire que...
Je regardai à travers la fenêtre, fixant la forêt avec stupéfaction. Ce n'était quand même pas LA forêt ?! Je déglutis péniblement, sentant mon cerveau comme au ralenti. Mon enfer se situait à moins de cinq cent mètres de la lisière d'une grande forêt... Etait-il possible qu'il se trouve dans un périmètre de moins de vingt kilomètres de ce manoir... ? Lunard était capable de parcourir de grandes distances lors des nuits de pleine lune, mais je l'imaginais mal quitter la forêt à proximité de son domicile pour aller dans une autre. Je rangeai la photo d'une main légèrement tremblante dans ma poche, effarée à l'idée que ma prochaine pleine lune aux côtés de Remus puisse me ramener sur les chemins de mon enfer.

 

Un peu fébrile par ma découverte, je continuai néanmoins ma visite dans toutes les autres pièces, triant, rangeant, nettoyant grâce aux sortilèges pendant que mes souvenirs glissaient devant moi comme des ombres. Je laissai des faux immenses s'occuper de l'herbe au-dehors, pendant que des sécateurs taillaient les énormes rosiers des deux côtés de l'allée.
A la fin de la journée, j'eus la satisfaction de pouvoir dire que j'étais enfin chez moi. Le manoir était à nouveau en état, comme avant. A un objet prêt : un immense coffre fort dissimulé dans le grenier et criblé de sortilèges de hautes protections. Tracker aussi avait sa place dans le manoir familial.
 
 
| 18 juillet 1978 – Manoir familial des Halliwell – 20h14 |

 
Remus apparut dans la cheminée au travers de flammes vertes. On ne s'était pas vraiment perdu de vue depuis le début des vacances, puisqu'on faisait une sortie en ville au moins tous les deux jours. Et le reste du temps, on se contactait par l'intermédiaire du miroir. Mais aujourd'hui, pour la première fois, j'étais prête à faire venir Remus au manoir. Les fantômes de ma famille brisée n'apparaissaient plus aussi souvent, me donnant l'impression que même si je n'avais pas tourné la page, je pouvais au moins me consacrer à mon présent. C'est pourquoi, j'estimais qu'il était temps que Remus prenne connaissance de mon domicile. Je voulais qu'il soit la première personne à entrer dans ce manoir en dehors de moi après toutes ces années désertées. Il m'adressa un sourire radieux en me voyant, que je lui rendis bien. 

-         Woaw ! s'exclama Remus en sortant de la cheminée tout en regardant la pièce du sol au plafond. C'est magnifique !
 
Je souris face à son expression étonnée.
 
-       Bienvenue dans mon humble demeure, plaisantai-je en m'approchant de lui pour l'embrasser. Prêt pour la visite guidée ?
-         Carrément !
 
Je lui fis alors découvrir chaque pièce, en prenant le temps de lui expliquer le peu que j'en savais. Il était tout aussi impressionné par la richesse du mobilier que l'immensité du manoir. De largeur, il était aussi grand que celui de mon père. En revanche, je n'avais qu'un étage et pas deux... et j'allais profiter des vacances pour aménager les sous-sol. Non pas que je manquais de place, loin de là... mais je voulais installer des pièces spéciales... genre une salle d'entraînement, une salle de tir à la baguette magique... je ne comptais pas rapatrier quoi que ce soit de ma planque bien sûr, car je ne voulais rien de suspect à la maison, mais j'estimais que Tracker aussi pouvait avoir certaines activités sur place. Et quoi de mieux que les sous-sols pour une tueuse de l'ombre ?  
 
-         C'est vraiment magnifique, complimenta Remus pour la énième fois en sortant de la chambre de mes grands-parents, que j'avais arrangé à mon goût pour en faire la mienne.
-         Merci, dis-je amusée par son émerveillement.
-      ... J'ai du mal à croire que je suis dans le manoir de la famille la plus célèbre d'Angleterre. En fait, quand j'y pense... ça me fait bizarre... d'être avec toi.
 
Je fronçai légèrement les sourcils. Comment ça ?
 
-         Tu sais, j'étais petit mais... cette soirée-là a fait la une des journaux et on en a parlé pendant longtemps. Cette célèbre famille qui s'est éteinte tragiquement dans des circonstances mystérieuses... ça a alimenté les journaux pendant des mois. Mon père faisait partie de l'équipe qui enquêtait sur le drame... il serait heureux d'apprendre que tu as survécu.
 
Je restai silencieuse plusieurs secondes. Oui, j'étais la survivante d'un drame qui avait frappé une famille historique. Et pourtant, le pays n'était pas au courant. Cette survie, ce miracle si je peux l'appeler ainsi... était resté secret. Et ça ne changerait pas. Tout le monde croyait ma famille éteinte, et c'était très bien ainsi. Des gens avaient voulu notre mort... il serait particulièrement suicidaire d'annoncer publiquement qu'ils avaient échoué en dévoilant ma véritable identité.
 
-         Ça me fait bizarre à moi aussi Remus. Je n'en sais pas plus sur cette histoire alors que je l'ai vécue. J'étais là... mais je ne me souviens pas de la vérité. J'ai été manipulée... et tant que les responsables seront toujours dehors, pas question de dévoiler quoi que ce soit.
 
Remus m'embrassa sur le front.
 
-         On finira bien par percer ce mystère, assura Remus.
 
Je repensai aux révélations de Cobra... qui avaient un peu réduit mes chances que cela arrive.
 
-         Je l'espère.
-         Il y a quoi dans cette pièce ?
-         ... La chambre de mes parents... seule pièce que je ne te ferai pas visiter.
-         Je comprends.
-         ... J'ai faim, tu viens ?
-         Avec plaisir.
 
On mangea tout en discutant et en se remémorant les bons souvenirs de Poudlard. J'avais encore un peu de mal à réaliser qu'en septembre, je ne me rendrai pas à l'école mais au Ministère. Après le repas, on resta longuement l'un contre l'autre sur le canapé moelleux, silencieux. J'adorais ces moments de câlins.
Se faisant tard, j'invitai Remus à rester dormir, ce qu'il accepta volontiers. Je revêtis une nuisette noire dans la salle de bains après avoir fini de me préparer. J'allai ensuite dans la chambre de mes grands-parents, seule pièce parentale restante. Je n'avais pas voulu réaménager les chambres d'enfants existantes, les trouvant adorables et très adaptées... dans le cas improbable qu'un jour... moi aussi j'aie une famille. Je me postai à la fenêtre en attendant que Remus me rejoigne, attirée par la clarté de la demi-lune qui éclairait mon domaine. J'étais fière que ce vaste espace soit mon territoire. Je sentis néanmoins mon c½ur se serrer en posant les yeux sur la forêt un peu plus loin. Au début, j'avais trouvé le manoir très bien situé... mais depuis que j'avais découvert la photo de Remus sous sa forme animale, je craignais que le tombeau de mon humanité se trouve quelque part, au-delà de cette immensité d'arbres. J'avais hâte que la pleine lune se montre pour en avoir le c½ur net.

 


Je revins à la réalité en sentant deux mains se poser doucement sur mes hanches pendant que des lèvres chaudes se baladaient dans mon cou. Je souris à ces gestes, qui étaient toujours aussi doux. Il n'y avait rien de brutal dans les mouvements de Remus, rien de précipité. Il était calme, patient, amoureux... Je me retournai pour qu'il m'encercle avec ses bras puissants et allai rencontrer ses lèvres. Ce contact me faisait perdre les pédales. Il fit descendre lentement l'une de ses mains, passant sur mes hanches, allant jusqu'à ma cuisse avant de remonter sous ma nuisette. Il me serra un peu plus contre lui et notre baiser s'approfondit davantage sous l'envie ardente qui s'emparait de nous. Il ne m'en fallait pas davantage pour oublier momentanément ma vengeance. Dans ses bras, même l'appel du sang de mes ennemis ne me parvenait plus.
 

| 6h36 |

 
Je me réveillai en même temps que le soleil commençait à peine à inviter doucement la nuit à se retirer. Les rayons un peu pâles vinrent caresser nos corps encore délicieusement engourdis de plaisir. Remus dut sentir mon éveil, car il ouvrit lui aussi lentement les yeux. Je lui souris, encore un peu endormie. Il déposa un baiser sur mon front et je me laissai bercer par ses caresses. Je me redressai un peu, m'appuyant la tête sur un coude replié pour le contempler. Mon regard s'aimanta à ses trois longues cicatrices qui lui barraient le visage. Comme souvent, je suivis leur tracé du bout des doigts, avec une fascination que je ne parvenais pas à expliquer. Je l'embrassai avant de me blottir contre lui, le temps que les rayons du soleil se fassent plus ardents. J'étais tellement bien. Quelque part, je remerciais mon père de m'avoir envoyé à Poudlard. Grâce à lui, j'avais rencontré l'homme qui me correspondait tout à fait. Remus représentait mon idéal. Souvent, je pensais à la chance que j'avais d'être avec lui. Moi, le monstre sanguinaire, j'avais le privilège d'être aimée par cet ange. Je culpabilisais parfois... s'il savait qui j'étais vraiment, il me rejetterait sans doute. Je sais que c'est égoïste, mais j'étais obligée de lui mentir. Je ne pouvais pas lui avouer... je risquais de le perdre, et je ne pouvais pas accepter cette éventualité. J'étais trop heureuse depuis que j'étais avec lui. Il avait redonné un goût à ma vie... un sens à mes jours. Le perdre serait terrible. C'est pourquoi je ferai en sorte que ça n'arrive pas. Je finis par sombrer en pensant à l'avenir que nous pouvions partager à deux.
 
Je me réveillai à nouveau vers onze heures. Remus aussi s'était rendormi, mais il ouvrit un ½il en me sentant bouger.
 
-         Où tu vas ? me demanda-t-il.
-         Faut que je me lève.
-         Ooooh...
-         Je reviens dans deux minutes.
 

~ Point de vue de Remus ~
 
Prue repoussa les draps pour se libérer. L'instant d'après, elle se levait, et j'admirai son corps de rêve pendant qu'elle sortait. Elle était vraiment bien sculptée. Je savourais chaque moment passé auprès d'elle comme si je goûtais à un plaisir défendu. Je repensai à celui, encore plus pur, que nous avions partagé cette nuit. Comme notre première fois, ça avait été parfait. Elle me rendait fou. Fou de joie. Fou de bonheur. Fou d'elle. Je l'aimais d'une force incroyable. Je n'aurais jamais envisagé vivre aux côtés d'une  femme aussi belle qu'exceptionnelle. Moi le loup-garou, le balafré, le monstre dangereux. Ma condition ne semblait pas la gêner. Au contraire, elle l'aimait. De même, elle n'attachait pas la moindre importance aux cicatrices qui me marquaient le corps. C'était tellement inespéré que je me demandais souvent si tout cela était bien réel. J'avais trouvé le bijou le plus précieux de ma vie à peine l'âge adulte atteint. Je ne voulais qu'elle. Pouvoir l'aimer. La protéger. Faire son bonheur.
Je tournai la tête vers mon pantalon échoué par terre, attrapant ma baguette sur la table de chevet :  
 
-         Accio coffret, murmurai-je.
 
Une petite boite rouge sortit de la poche de mon pantalon et vint jusqu'à moi. Je l'ouvris doucement, poussant un soupir en voyant la bague de fiançailles que j'avais acheté la veille. Je savais qu'il me faudrait attendre le bon moment pour lui offrir, car c'était bien trop tôt... mais en passant la journée en ville hier, je n'avais pas pu résister en la voyant. J'avais tellement hâte du jour où je lui ferai ma demande... j'en stressais déjà.
En entendant une porte se refermer, je rangeai précipitamment le boitier dans la poche de mon pantalon d'un coup de baguette. Prue entra à ce moment-là, et je lui adressai un sourire innocent. Ce n'était pas le moment qu'elle tombe accidentellement sur le coffret. Le jour où nous serons prêts, je ferai en sorte de rendre ce moment inoubliable.
 
| 20 juillet 1978 - Maison des Lupin - 19h |
 
~ Point de vue de Prue ~
 
Je ne crois pas qu'il soit nécessaire de préciser que j'étais en proie à une excitation sans borne. J'avais eu l'occasion de rencontrer Remus sous sa forme animale les soirs de pleine lune, aussi bien lorsque j'étais au manoir qu'au camp. Et le point commun entre la maison de Remus, le manoir familial et le camp... c'est qu'il y avait une immense forêt à proximité. Etait-ce la même... ? Le hasard avait-il vraiment formé cet incroyable triangle entre ces trois lieux ? Il n'y avait qu'un moyen de le savoir.

 

Remus m'accueillit, le visage un peu plus pâle que d'habitude. L'arrivée imminente de la nuit devait déjà commencer à le travailler. Je remarquai l'absence de son père, sans doute encore au travail.
Lorsque le soleil commença à décliner, j'accompagnai Remus à la lisière de la forêt, le c½ur battant. Je me transformai après l'habituelle torture de la métamorphose subie par Remus. Grâce à la potion concoctée avec Rogue, il était parfaitement conscient de ce qu'il faisait de son corps de loup. Alors si je trouvais une piste, je ne pourrais pas la remonter. Hors de question de me rapprocher du camp avec Lunard.
Je pris les devants, menant Remus à travers les bois pendant que je fouillais l'air du museau, essayant de trouver un indice. On passa la nuit entière à se balader dans tous les sens... sans que je parvienne à trouver ce que j'espérais.
 
Lorsque les premiers rayons du soleil apparurent, Lunard me guida vers la lisière de la forêt. Je le regardai tristement reprendre forme humaine dans la douleur, le recouvrant de vêtements dès qu'il eut fini. Je l'aidai se relever et mis son bras par-dessus mes épaules pour le soutenir. Lorsque je relevai la tête vers la maison, j'eus un flash qui me ramena quelques années en arrière... à la fin de mon évasion, lorsque j'avais été blessée alors que je faisais le grand saut vers la liberté... avant de sombrer, j'avais vu une maison à moins de deux cent mètres. Mais ce n'était pas celle des Lupin, car je ne la reconnus pas. Même si elle y ressemblait, ce n'était pas tout à fait la même. Je soupirai, guidant Remus jusqu'à chez lui. Je montai le coucher et restai longuement à ses côtés, à le veiller alors qu'il s'était écroulé de fatigue. Je pensais pourtant avoir raison... j'avais tellement espéré que cette nouvelle piste mène quelque part. Remus habitait forcément à proximité de la même forêt que celle qui bordait le camp. Peut-être que je n'avais pas suffisamment cherché cette nuit ? 

 

Remus se réveilla sur les coups de onze heures. Je lui apportai le petit-déjeuner au lit à son plus grand plaisir. Mais j'avoue que je n'arrivais pas à sortir de mes pensées. Retrouver le camp m'avait toujours obsédé... mais le manque de piste m'avait freinée. Et maintenant que j'avais enfin un indice... je ne voulais pas arriver dans une nouvelle impasse. Je ne voulais pas que mes espoirs s'envolent encore une fois.
 
-           Tout va bien Prue ? demanda doucement Remus.
 
Je reportai mon attention sur lui, affichant un air désolé.
 
-            Excuse-moi Remus... je réfléchissais.
-            A quoi ?
-            A ça, dis-je en sortant la photo de nous deux.
-            Il est adorable ce chien ! C'est trop mignon comment il se comporte. C'est toi à genoux ?
-            C'est nous, rectifiai-je.
 
Remus me regarda avec étonnement.
 
-           Quoi ?
-           Ce n'est pas un chien Remus... c'est toi. Regarde les cicatrices sur la gueule.
 
Remus regarda encore la photo, ne croyant pas à ce câlin entre une petite fille... et un jeune loup-garou. Il releva les yeux sur moi, tout étonné.
 
-       Alors on s'est toujours connus ? demanda-t-il. 
-       Il semblerait. J'avais quatre ans cette nuit-là.
-       Ce devait être l'une de mes premières pleines lune... mes parents n'étaient pas encore très au point pour m'enfermer.
-       Et c'est tant mieux, assurai-je en m'asseyant à côté de lui. Regarde ce que nous avons vécu. On semblait si complices...
 
Remus sourit sans quitter la photo des yeux, m'entourant d'un bras par la taille.
 
-        Pas étonnant qu'on se soit toujours bien entendu, fit remarquer Remus.
-        C'est clair !
 
Mais par la suite, moi j'étais partie au camp... et lui passait ses nuits de pleine lune enfermé. Nous nous étions revus que lors de mon évasion. Ce qui m'amenait à une nouvelle question :
 
-         Tu dis que tes parents n'arrivaient pas toujours à t'enfermer ? relançai-je.
-          En fait ils pensaient vraiment que j'étais enfermé dans la cave... sauf que j'avais trouvé une ouverture apparemment. Un matin ils m'ont retrouvé dans le jardin et c'est là qu'ils ont compris que j'avais certainement passé plusieurs nuits dehors. Comme j'étais jeune, ce n'était pas très dangereux. Du moins, pas pour les autres.
 
Mais il avait réussi au moins une autre fois... plusieurs années après.
 
-          Et en grandissant ? demandai-je.
-          Une ou deux fois, oui, soupira Remus. Ajouté à cela mon comportement bizarre lorsqu'on approchait des nuits de pleine lune, je peux te dire qu'on a dû déménager souvent.
 
Mon c½ur rata un battement. Voilà pourquoi je n'avais pas reconnu la maison des Lupin... ce n'était pas ici qu'ils habitaient à l'époque.
 
-        Vous avez déménagé beaucoup de fois ?
-        Hum, six je crois.
 
Rien que ça.
 
-      Toujours à proximité d'une forêt je présume ? dis-je.
-       Bien sûr. Et pas trop proche des voisins aussi.
 
J'acquiesçai lentement. Il ne me restait plus qu'à aller aux archives nationales et à chercher quels avaient été les différents lieux de résidence de Remus. Lorsque ce sera fait... je n'aurai plus qu'à me rendre à la lisière de chaque forêt, à la recherche de ce foutu camp. Une vague d'impatience me submergea... je n'avais qu'une envie : lancer la traque. Mais pour l'heure, Remus avait encore besoin de ma présence après sa pénible épreuve.




| 22 juillet 1978 - Manoir Halliwell |
 
J'étais assise à la grande table du salon, le nez plongé dans le plan général du pays. J'étais passée à la salle des archives la veille pour récupérer les anciennes adresses de la famille Lupin. Je m'étais rendue à la lisière de la forêt à proximité de chaque maison... et comme les choses ne sont jamais simples, je m'étais rendue compte avec colère que la plupart des nouveaux habitants avaient... fait des chantiers. Je ne reconnaissais aucune maison avec certitude. Mon souvenir était bien trop flou et incertain comme j'étais en train de perdre connaissance lorsque je l'avais aperçu à l'époque. Résultat : étant donné que la maison actuelle des Lupin n'était pas la bonne, mes recherches allaient s'étendre sur cinq lieux différents. Le camp se trouvait à moins de cinq cent mètres de la lisière... je n'aurai qu'à prendre de la hauteur au-dessus de chaque forêt pour le repérer.

 

Je sursautai en voyant des flammes vertes apparaître dans la cheminée. Je donnai un coup de baguette précipité en direction de la table pour faire disparaître tout ce qui se rapportait à mes recherches. Je jetai un coup d'½il à l'horloge : 11h30. J'étais tellement absorbée dans mes réflexions que j'en avais oublié l'heure d'arrivée de Remus.
Je tâchai de paraître détendue lorsqu'il apparut une seconde après dans la cheminée, lui adressant un large sourire.
 
-          Coucou ! Bien reposé ? demandai-je.
-          Je suis levé depuis une demi-heure si tu veux tout savoir.

Je me regardai en direction de la fenêtre en entendant des petits coups secs contre les carreaux. J'allai ouvrir à mon hibou, contente d'avoir une raison de reprendre mon souffle.
 
-        Les résultats ! m'exclamai-je en reconnaissant le sceau de Poudlard sur une grande enveloppe.
 
Remus me rejoignit alors que j'ouvrais à mon messager. Je défis l'enveloppe, le c½ur accélérant malgré moi. Je ne m'étais pas prise la tête depuis la fin des examens, mais le moment de vérité me rendait toujours aussi fébrile. Je me calmai au fur et à mesure de ma lecture... j'avais cartonné ! J'étais reçue haut la main, je pouvais être satisfaite de mon travail.
 
-         Waow, tu as fait péter le score ! félicita Remus en m'embrassant.
 
Comme je le voulais... ah ! C'était trop génial ! Ce fut au tour de Remus d'être tout excité en voyant son hibou arriver. Je pris Remus dans mes bras par derrière, le regardant défaire l'enveloppe avec la même fébrilité que moi. Putain d'adrénaline quand tu nous envahis... mon propre c½ur ne s'était pas calmé, battant impatiemment contre le dos de Remus. J'étais stressée pour lui.
 
-         YES !!! s'exclama Remus.
 
Soulagement... lui aussi était reçu, avec des résultats plus qu'honorables. Il poussa un soupir en se laissant aller dans mon étreinte, et je l'embrassai sur la joue avec un large sourire.
 

| Godric's Hollow – Manoir des Potter – 19h |

 
James nous avait tous invité à faire la fiesta chez lui. Ses parents avaient laissé le manoir libre pour la soirée, afin qu'on puisse s'éclater entre nous.
 
-         Après toi, invita Remus en me laissant passer.
 
Je sonnai et n'eus pas le temps d'attendre que la porte s'ouvrait sur un James et Sirius excités. Ils me sautèrent littéralement dessus. Je compris mieux tout d'un coup pourquoi Remus m'avait laissé passer devant...
J'entrai tant bien que mal dans le manoir, m'extirpant de mes deux amis complètement fous qui s'étaient enfin reportés sur Remus. Je souris en apercevant Lily, qui m'accueillit avec beaucoup plus de calme.
 
-         Contente de te revoir Prudence, me dit-elle en m'étreignant chaleureusement.
-         Moi aussi. Alors ce début de vacances ?
-         Génial ! Je décompresse enfin !
-         C'est vrai que ça fait du bien après ces derniers mois. Bon, je ne te demande pas si tu as été reçue... ?
 
Lily me répondit d'un large sourire.
 
-         A toi non plus, dit-elle avec un clin d'½il.
-         Effectivement. Où est Peter ?
-         En Irlande, avec ses parents. Il nous a envoyé une lettre pour nous annoncer qu'il était reçu lui aussi, et qu'il nous félicitait à tous, certain qu'on l'avait.
-         C'est bête que Peter ne soit pas là... dit Sirius en me passant un bras autour des épaules. Il faudra refaire une fête à son retour !
 
Les deux garçons rigolèrent et nous entraînèrent au salon, où la musique s'éleva dès qu'on franchit le seuil. En voyant le nombre et la diversité de bouteilles qui recouvraient la grande table à manger, je compris qu'il me faudrait un certain temps pour me remettre de cette soirée.
 

| Jour, heure et lieu indéterminés |  

 
J'ouvris péniblement un ½il, l'esprit complètement engourdi. Je parvins à redresser ma tête lourde et souris en découvrant Remus endormi à côté de moi. En jetant un coup d'½il à la pièce, je me rendis compte que nous étions revenus au manoir familial. Comment et à quel moment... ça par contre c'était une autre histoire. Je me laissai retomber sur l'oreiller, pas du tout décidée à bouger. Je fis l'effort d'essayer de me remémorer la soirée, ce qui me valut de nombreux sourires. On s'était éclaté ! Rigolades, bonne bouffe, danse, bonnes bouteilles... et pour couronner le tout... Lily et James avaient échangé leur premier baiser. L'alcool et l'ambiance plus que joyeuse y étaient sans doute pour quelque chose, mais comme on dit : « seul le résultat compte ».
Je n'eus pas le temps de me souvenir de la soirée dans son intégralité que le sommeil me reprit d'assaut. Mais avant de sombrer, j'eus un large sourire aux lèvres en me remémorant mon arrivée dans la chambre avec Remus... un moment épique et inoubliable, même après une cuite.
 
J'émergeai à nouveau en sentant un effleurement dans mon dos. Je tournai la tête et souris en voyant que c'était Remus qui me couvrait de tendres baisers. Il se cala dans mon cou tout en me prenant dans ses bras, et je restai immobile contre lui, à savourer l'étreinte. Pour rien au monde je ne regretterais le choix que j'avais fait... ma vie était à ses côtés, libre et indépendante... à cheval sur la barrière séparant le Bien et le Mal. 
 

 
| 24 juillet 1978 – Godric's Hollow – 19h |

~ Point de vue général ~

 
Dumbledore releva la tête de ses parchemins en attendant sonner. Il jeta un ½il à l'horloge posée sur son buffet, et se demanda qui pouvait bien venir chez lui alors qu'il n'attendait personne.
Il alla ouvrir et sourit en voyant qu'il s'agissait de Lyall Lupin.
 
-         Bien le bonsoir Albus !
-         Lyall, quel plaisir ! Viens entre.
 
L'Auror entra dans la maison qu'il connaissait bien.
 
-            Quel bon vent t'amène mon ami ? demanda Dumbledore.
-           Un nouveau rapport sur le gang des Cobras concernant l'enquête en cours... je me suis dis que tu voudrais suivre l'avancée des investigations.
 
Sur le coup, Albus Dumbledore ne comprit pas. Il avait entendu parler de ce dangereux groupe criminel bien évidemment... mais il ne se souvenait pas avoir demandé à Lyall des informations. Il préféra tout de même faire comme si de rien n'était. Lyall n'était pas du genre à partager inutilement ses résultats d'enquête.
 
-      Ah, merci beaucoup ! remercia Dumbledore en récupérant le rapport en question. Quelles sont les nouveautés ?
-         Nous avons découvert le corps sans vie d'un nouveau membre du gang le 2 juillet dernier, dans une maison close. Nous n'avons pas réussi à l'identifier car il ne figure dans aucun fichier... mais nous pensons que l'emplacement du tatouage signifie que c'était le chef. Et si c'est vraiment le cas, le gang des Cobras n'est plus. Enfin, tu verras ça dans le rapport.
 
Dumbledore essaya de fouiller dans sa mémoire pour se souvenir à quel moment il avait pu dire à Lyall qu'il s'intéressait à ce gang, mais sans succès. Des investigations étaient pourtant très logiques, puisque Cobra était également le surnom que Rosalie avait donné à son petit-ami de 1964.
 
-         Je t'offre un verre ? proposa Dumbledore.
-         Oh non, merci Albus, pas ce soir. Remus m'attend pour le dîner.
-         Dans ce cas, bon appétit. Et merci pour ta visite.
 
Pour la première fois de sa vie, Albus fut content de voir son ami partir si vite. Il était très préoccupé. Malgré son âge, il n'était pas dans ses habitudes d'oublier. Surtout un évènement aussi important. Fumseck poussa un petit cri strident alors que Dumbledore ouvrait le rapport de police. Un éclair lui traversa l'esprit lorsque son regard se posa sur une photographie de la marque du gang. Une marque qu'il avait vue lorsque Prue lui avait fait partager son souvenir du drame des Halliwell, et qui était la preuve que le gang des Cobras était derrière l'attaque. Sans plus attendre, il se rendit derrière son bureau. Il leva ses bras devant le mur, qui s'avança dans un bruit sourd avant de se décaler sur le côté, dévoilant une frise chronologique sur plusieurs étages... et des photographies reliées entre elles. Il regarda la dernière frise de plus près et fut stupéfait que le dernier évènement inscrit soit... une convocation avec Prue... dont il n'avait jamais écrit le compte-rendu. Il entreprit alors de relire tout ce qu'il avait écrit, pour se rafraîchir la mémoire, et de compléter en ajoutant une nouvelle date.
 
-       Tu n'as pas suffisamment fouillé dans ma mémoire Prudence... souffla Dumbledore.

Il se tourna ensuite vers les photographies des différentes personnes, et rajouta un lien entre la photo de Prue... et celle des « Fantômes vengeurs », surnom trouvé aux responsables de l'impitoyable vengeance qui s'était abattue sur le gang des Cobras.
 
 

 
Dumbledore balaya encore une fois ce schéma énigmatique. Chaque fois qu'il apportait une réponse à une question... chaque fois qu'un visage venait se rajouter... il espérait voir la vérité apparaître... mais le voile obscur était toujours là pour lui masquer. Et il savait aujourd'hui qu'il ne pouvait plus compter sur des confrontations avec Prue pour le percer. Il comptait bien profiter que Prue pense être tranquille pour poursuivre ses investigations seul, et dans la plus grande discrétion. Il veillera toujours sur Prue, car il ne pouvait pas s'en empêcher... mais il savait désormais qu'il ne pourrait jamais la détourner du chemin qu'elle s'était choisie. Elle désirait la vengeance. Elle ne voulait pas sortir de cette marre de sang... elle voulait continuer à la faire couler. Jusqu'à la dernière goutte. Jusqu'au commanditaire. Lui parler ne servirait à rien... elle ne se laisserait pas convaincre. La dénoncer ne servirait à rien... il n'y avait ni preuve ni témoignage. L'arrêter serait inutile... c'était un fantôme. Et avec les fantômes, il y a toujours le risque qu'ils disparaissent lorsqu'on s'y intéresse de trop près. C'était inenvisageable pour Dumbledore. Il avait réussi à retrouver un membre de la famille Halliwell, ce n'était pas pour le perdre à nouveau. Prudence était la seule à pouvoir apporter la réponse à toutes ses questions. Sur le gang, le commanditaire, le drame... et même son mystérieux père. Cette jeune femme de l'ombre était la seule à pouvoir apporter la lumière sur toute cette affaire.
 

Chapitre 48 : Sur les traces du passé

 
Wouah, il est 4h du matin, et j'ai enfin réussi à poster ce très looong chapitre !  Je m'excuse de publier aussi tardivement, mais avec la semaine de fou que je viens de passer, je peux être fière d'avoir réussi à boucler ce très long chapitre (32 pages word...). J'ai tenu à vous montrer la frise chronologique faite par Dumbledore, ainsi que les tableaux photos... et c'est l'une des raisons de mon retard. Créer ces éléments sous format numérique, mais surtout les mettre en ligne de manière lisible a été l'affaire de plusieurs heures... j'espère que vous n'avez pas eu de problème pour visionner les SEPT photos.

 

Le tome 1 est ainsi donc terminé. A ce stade, tout ce que je peux vous dire, c'est un grand merci de m'avoir suivi jusque là ! Ça a été un véritable plaisir de voir toujours vos photos de profil s'afficher dans mes visites dès que je publiais un nouveau chapitre, et de lire vos avis qui ont été un moteur de l'histoire. Vous n'avez pas idée de la différence qu'il y a entre la version originale du tome 1, que j'avais préparé avant la publication, et celle que vous connaissez, que j'ai amélioré au fil des semaines. Ce sont vos remarques, impressions, critiques, et compliments qui m'ont permis de garder un rythme d'écriture soutenu, pour vous offrir le meilleur de ce que je peux faire à chaque chapitre. J'espère donc que la fin de ce premier tome vous a plu, car j'ai l'impression d'arriver au bout d'une longue course !
Mais l'aventure ne s'arrête pas là, car il y aura un tome 2 prochainement. Je compte faire une pause, au moins jusqu'à la mi-septembre. J'aimerais prendre de l'avance sur les chapitres avant de commencer à mettre en ligne, pour me permettre de garder une fréquence de publication régulière. D'ici là, vous aurez droit à des petits aperçus du tome 2 : la couverture sera en ligne d'ici dix jours, et j'espère pouvoir finir la vidéo bande-annonce fin août / début septembre.
Voilà pour les news ! Sur ce, je vous fais de gros bisous, et bonnes vacances ! Moi, je vais me coucher, je suis claquée :P

Tags : L'histoire d'un assassin - Partie 1 : L'amour d'un Assassin - tome 1

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Comments :

  • Dum-Cha

    22/12/2016

    Voila une belle fin et le fait de savoir que tom Jedusor soit capable d'être un père aimant et joueurs.. ❤️

  • fichp-lifealwaysrestart

    18/10/2015

    Me revoilà, comme promis ! Je trouve que tu as terminer ce tome 1 en beauté. J'attendais avec impatience que Prue revienne sur les traces de son passé pacifiquement. Ce retour au manoir était très mouvementé, j'ai adoré que Prue retrouve ses souvenirs, et qu'elle décide d'habiter au manoir. Toute sa découverte de ce dernier était très touchant, et en plus en sent que l'intrigue va encore plus se complexifier, notamment avec sa découverte de la photo où elle jouait avec Remus. Il est clair que Prue n'en a pas fini entre indices et confusions de son passé.
    Je sens que Prue ne perdra jamais son caractère joueur, lorsqu'elle prend Lyall par surprise nous le montre clairement. La relation entre Voldemort et Rosalie m'intrigue de plus en plus, et je me met à me poser les mêmes questions que Prue, ce qui est assez amusant et génial dans ta fiction. Remus ne voit vraiment pas sa vie sans Prue, à ce que je vois... Mais le pauvre, il n'est pas au bout de ses peines à mon humble avis...
    Le moment ou Prudence se rendait dans la cuisine avec l'impression que Sandra aurait pu s'y cacher, puis qu'elle découvrait la peluche dans le placard sous l'évier m'a mis les larmes aux yeux, ce qui est très compliqué à faire avec moi, vu que je pleure plus en écoutant des chansons qu'en lisant ou en regardant un film, aussi triste soit-il.
    Et enfin Dumbledore... Prue pourra faire tout ce qu'elle voudra, je pense qu'il ne se retrouvera jamais hors-jeu... Elle l'a sacrément sous-estimé sur ce coup, et en plus, Dumbledore a établit un lien présumé entre elle et Tom Jedusor, alors je dirais que ça craint sérieusement pour elle...
    En tout cas j'aime vraiment beaucoup ta fiction, j'ai mis du temps à rentrer dedans, mais je ne regrette pas d'avoir persévéré car ton style d'écriture m'a vraiment transporté dans la vie de Prue. En plus en voit vraiment que tu t'investis à 100% dans cette histoire, rien qu'à voir la longueur de tes chapitres, l'heure à laquelle tu te couches pour les poster, et tous les documents, images, et frises chronologiques que tu mets à disposition.
    Je vais aller donner mon avis sur ta fiction sur quelques répertoires, elle le mérite vraiment !!
    Bisous et bonne fin de week-end !

  • fichp-lifealwaysrestart

    17/10/2015

    Je commenterais ce trèèèèèès long chapitre demain, il y a vraiment trop de choses à dire pour me permettre de bâcler mon commentaire ^^ ! Je suis soulagée en tout cas d'avoir fini ce premier tome, il faut dire que ce n'était pas tip top de s'arrêter entre chaque chapitre et de laisser s'écouler du temps avant de commenter et de lier la suite. Je vais attendre un peu avant de lire la suite, histoire de prendre de l'avance sur ma fiction et mes devoirs (accessoirement ^^), alors à bientôt !

  • Hurricany

    26/08/2014

    Super chapitre ! Tu es véritablement douée ! Créer un aussi grand mystère et egnime... Je te dis bravo ! J'ai vraiment hâtes de lire la suite ! Je n'ais bien entendu pas oublier de voter pour toi ;).
    Ps: Ce serait bien (enfin si tu as le temps), de mettre des passages vidéos dans ta bande-annonce et pas uniquement que des photos :).
    Vivement la suite et VIVE Remus et Prue : les futurs époux (enfin peut-être) .

  • Selenba

    26/08/2014

    Le chapitre "passé" :o Prue repasse tout ses souvenirs et découvre enfin les incohérences ;p et j'avoue avoir espéré que Sandra ne soit pas morte >.< Peine perdue. Sinon, il va falloir régler le compte à Dumbledore parce qu'il approche un peu trop de la vérité, il faudra lui retirer cette manie de fouiller dans le passé des gens, il va finir par le payer cher. Non mais faire une chronologie sur la vie d'une famille, l'est vicieux! Mais le meilleur pour la fin, la rencontre de Prue et Remus alors qu'ils n'étaient qu'enfants c'est trop chou ;p et savoir maintenant qu'ils sont ensembles des années plus tard, c'est... Le Destin ;p
    Magnifique chapitre qui ferme bien le tome 1, vivement le tome 2 mais repose toi en attendant ;p

  • assassin-maraudeurs

    26/08/2014

    indiramanga wrote: "J'ai vraiment aimer ta fic, j'ai même adoré. Tu mérite bien une pose. J'attendrai le tome 2"

    Hey ! merci beaucoup ! j'espère que le tome 2 te plaira autant que le 1 ;) à bientôt !

  • harry-potter-8-fic

    24/08/2014

    prends ton temps pour la suite de l'histoire tu as du épuiser pas mal d'énergie en nous écrivant tout ça.
    A très vite :)

  • harry-potter-8-fic

    24/08/2014

    j'ai hâte de voir si dumbledore arrive à découvrir la vérité, savoir comment voldemort va agir avec prue maintenant, voir comment ça se passe au ministère pour prue et les maraudeurs, continuer à découvrir la relation entre prue et rémus et savoir si l'amour sera plus fort que la vengence.

  • harry-potter-8-fic

    24/08/2014

    j'ai adorer ta fiction et j'ai vraiment hâte de lire la suite

  • MichabereQuinn

    20/08/2014

    Ce chapitre est génial. Merci et groos bisous !

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