Chapitre 1 : Bienvenue au Ministère

Le 31 octobre est une date particulière, jour de fête des sorciers :
 
... Dans la saga Harry Potter, c'est : 
- Fête d'Halloween : moldus et sorciers se confondent incognito le temps d'une soirée, avec un léger avantage pour les sorciers quand il s'agit de faire peur ;
- 1981, tragédie de Godric's Hollow : Lily et James Potter sont assassinés par Voldemort ; ce dernier périt dans sa tentative de tuer Harry, qui devient le Survivant ;
- 1991, Quirrell introduit un troll à Poudlard pour faire diversion pendant qu'il tente de voler la pierre philosophale. Episode qui aurait pu être dramatique pour Hermione Granger, mais qui tourne à l'épique (et au comique) grâce à Harry et Ron, venus la sauver ;
- 1992 : Ginny Weasley écrit un message ensanglanté sur un mur de Poudlard, sous l'influence du journal intime de Jedusor ;
- 1993 : Sirius Black, activement recherché par les Aurors, s'introduit dans la salle commune des Gryffondor, traumatisant la Grosse Dame au passage ;
- 1994 : Le Tournoi des Trois Sorciers est organisé à Poudlard. Ce jour-là, les noms des représentants de chaque école sont choisis par la Coupe de Feu. Ensorcelée, la Coupe tire un quatrième nom, celui de Harry Potter, alors qu'il n'avait ni l'âge ni la volonté de participer.
 
... dans L'histoire d'un Assassin, c'est aussi :
- une nuit de prestige pour les tueurs, dont les tenues et les actes peuvent paraître normaux en se fondant dans une masse de proies « monstrueuses »;
- 1976 : Tracker prend pour cible Le Boucher de Londres, un serial killer notoire qui échappait depuis des décennies à la justice ;
 
... Et dans la vraie vie :
- 2014 : retour de Prue et des Maraudeurs avec le début de la publication du tome 2 !
 
Alors pour vous faire patienter encore une petite semaine, voici un court extrait du chapitre 1, qui sera publié intégralement pour cette fête emblématique de la sorcellerie.

 

Chapitre 1 : Bienvenue au Ministère

 

 
« Cette fois, les Maraudeurs et moi-même ne faisons pas notre rentrée à Poudlard... mais au Ministère. Un cap de plus franchi dans nos vies. L'impatience règne. Mais que les choses soient claires, aller sur le terrain est un privilège qui ne sera accordé qu'aux meilleurs d'entre nous. »
 
Chapitre 1 : Bienvenue au Ministère
 
| 1er septembre 1978 – Ministère de la Magie – QG des Aurors – 7h |
 
-         Alors, qu'avons-nous là, hum ?
 
Alastor Maugrey, dit Fol ¼il à cause de son ½il bleu magique qui tournait dans tous les sens, passait à travers les rangées de nouvelles recrues alignées comme à l'armée, de sa démarche claudicante, appuyé sur son énorme canne. C'était notre premier véritable contact avec un Auror, alors autant dire que nous étions tous à la fois excités et tenus en respect. Maugrey était l'image même du guerrier qui ne lâche jamais, le soldat qui retourne au front malgré ses innombrables blessures, celui qui mourra au combat et pas ailleurs. Il dégageait une autorité assez impressionnante. Je pense que nous n'allions pas rigoler tous les jours avec lui. Je le connaissais au travers des journaux seulement, et c'était amplement suffisant pour savoir que c'était un dur à cuire, qui se ferait un plaisir de nous en faire baver pour que l'on soit digne de notre badge. Sa réputation de chien enragé à l'instinct redoutable le précédait, et c'est ce qui faisait de lui l'Auror le plus efficace et connu du pays. Il était à la tête de l'élite des Aurors, ces grands chasseurs qui ne débusquaient que les plus gros et redoutables prédateurs rôdant sur le territoire national.
 
-         Potter et Lupin, vous avez plus qu'intérêt à honorer vos paternels en suivant leurs traces, ordonna le chef des Aurors.
 
La remarque me décocha un sourire. Je jetai un ½il à James et Remus, droits comme des piquets face à celui qui leur promettait d'un simple regard toute la misère qu'il leur ferait vivre s'ils le décevaient. D'un côté, il est vrai que ça allait être difficile pour eux d'avancer dans l'ombre de Lyall et Aaron. Ces deux-là faisaient parties de l'élite, et ils étaient à ce titre aussi connus que Maugrey. Si je me doutais bien qu'ils n'attendaient pas des exploits de la part de leur fils, car ils ne voulaient pas leur mettre de pression, j'étais en revanche persuadée que ce n'était pas le cas de Maugrey.
 
-       Aah Black ! se réjouit-il en s'arrêtant devant Sirius. Vous par contre, j'espère que vous n'avez rien hérité de vos parents. Sinon, j'ai le regret de vous annoncer que vous ne pourrez pas jouer avec ma patience aussi impunément qu'eux. 
-        Rassurez-vous sur ce point, rigola Sirius. Ce sera un grand plaisir pour moi d'aller leur botter le cul au premier faux pas de leur part.
 
Fol Oeil continua alors son analyse sur les visages figés des autres, lâchant un commentaire pour chacun de nous. Je ne le quittai pas des yeux, une seule seconde, me préparant à devoir relever une remarque de sa part. Il s'arrêta pour me faire face une fois à ma hauteur. Il m'examina attentivement de son ½il valide pendant que l'autre bougeait en tout sens pour surveiller les autres jeunes. Je ne cillai pas sous son regard inquisiteur, soutenant son examen sans broncher.
 
-         Et voilà la fameuse « héroïne » prématurée dont les journaux ont tant parlé. A mes yeux, vous avez tout à prouver si vous voulez rester à la hauteur de votre réputation, prévint mon supérieur.
 
J'eus un sourire narquois en entendant ces paroles. Je me doutais bien que pour ce vieux cabot, mes bonnes actions passées n'auraient pas la moindre influence sur son jugement à mon égard. Et il avait entièrement raison : mon double sauvetage n'avait rien prouvé. Aux yeux de tous, j'avais eu de l'instinct... alors qu'en réalité, je ne devais ma gloire qu'à mes récentes capacités magiques mentales. Il n'y avait aucun exploit dans ce que j'avais fait... je n'avais réalisé aucune performance.
 
-        Je n'y resterai pas, annonçai-je. Je compte bien la dépasser.
 
Et pour cela, il me faudrait faire plus que remporter de simples duels.
 
-        Hum, nous verrons ça. 
 
Il continua sa route, tapant sa canne sur le sol dans un bruit sourd.
 
-        J'ai pu lire sur certains visages de l'appréhension, du stress... j'ai croisé des regards absents, éteints, craintifs... Sachez que je refuse ça ici. Je ne veux que des chiens enragés qui n'hésitent pas à sortir les crocs et les griffes pour aller au bout de leur piste et ramener leur proie derrière les barreaux. Vous me semblez encore bien doux. Beaucoup trop faciles à impressionner. Nous traquons les Forces du Mal. Alors à ce titre jeunes chiots, vous n'avez pas le droit de baisser les yeux ou de fuir la queue entre les jambes. Vous serez amenés à confronter des prédateurs redoutables qui ne feront qu'une bouchée de vous au moindre signe de faiblesse de votre part. 
 
Il décrocha son badge de sa ceinture, le mettant à hauteur de notre regard. LE badge que convoitaient toutes les recrues, moi y comprise.
 
-        Ce n'est pas un simple badge, reprit Maugrey. Le Mal a toujours existé... et ne disparaîtra jamais. Mais ce badge, comme celui de la Brigade Criminelle Magique et toutes les autres divisions, est le symbole d'une éternelle et inlassable résistance aux forces obscures. Ce badge est la promesse de perpétuer cette interminable chasse aux prédateurs.
 
Surprenante manière de nous motiver, mais très réaliste.
 
-         Vous devrez toujours vous battre avec la même ardeur, traquer avec la même faim... et le jour où vous vous sentirez fatigués... le jour où vous vous demanderez pourquoi vous vous levez le matin pour reprendre cette immense chasse sans fin... souvenez-nous qu'en portant ce badge, vous incarnez les forces de l'ordre, l'esprit de la justice, la voix des victimes. Vos enquêtes contribueront à faire reculer les ténèbres, à rendre notre territoire plus sûr. Nous ne serons jamais en paix avec le crime, mais notre objectif est de maintenir l'équilibre. De ne pas laisser les ténèbres nous engloutir. Alors je veux voir la lueur de votre détermination briller dans vos yeux... car chacun de vous aura le devoir de porter une flamme... une flamme que rien ne doit étouffer. C'est pourquoi je ferai de vous de vrais chasseurs. Je ferai de vous les protecteurs de la nation. Je vous pousserai dans vos derniers retranchements pour vous obliger à toujours faire face et à vous relever inlassablement. Je vous donnerai une soif intarissable de justice. Les faibles n'auront leur place que dans les divisions les plus ennuyantes ! Seules les fines truffes et les instincts affûtés iront sur le terrain de chasse ! Des questions ?
 
Personne ne broncha. Son discours me décocha un sourire. Si Maugrey voulait faire de nous des chiens aussi enragés que lui... il sera sans doute ravi de découvrir sous peu qu'il avait une véritable louve dans ses rangs. Une louve qui ne comptait pas rester tapie dans l'ombre et qui avait bien l'intention de s'inviter à la chasse.
 
-       Non ? relança Maugrey. Alors au nom du Département de la Justice Magique, je vous souhaite la bienvenue au Ministère. Profitez de cette journée pour jouer aux touristes. A partir de demain, vous comprendrez pourquoi seulement vingt pourcents des candidats parviennent au bout de leur formation d'Aurors, trente se réorientent dans des brigades moins ambitieuses, et le reste se détourne du terrain.
 
 
| 2 septembre 1978 – Ministère – QG des Aurors – 19h30 |
 
S'il y avait bien une chose à retenir de cette première journée de travail, c'est que lorsque Maugrey nous accueille le matin avec un petit sourire en coin, c'est une putain de mauvaise nouvelle pour nous ! Quand il nous avait dit hier qu'on allait en baver, je ne pensais pas que ce serait à ce point !

 

Je me laissai tomber sur une chaise, les muscles fatigués et déjà courbatus. Au programme de notre première véritable journée en tant qu'apprentis Aurors : physique. Et rien d'autre. Qu'on se le dise, dans le monde de la sorcellerie, les capacités physiques étaient largement secondaires. Notre « professeur » en était la preuve pure et parfaite, puisque sa vieille blessure le rendait incapable de faire le dixième de ce qu'il nous avait fait endurer aujourd'hui. En clair, le seul objectif était de mettre notre mental à l'épreuve pour repérer les faibles qui se décourageaient assez vite, et accessoirement pour nous forger le caractère. 

 

Comme si chaque phase de son entraînement n'était pas suffisamment crevante, Maugrey les avait organisées de sorte à ce qu'elles se succèdent le plus mal possible. Genre nous faire faire cinquante pompes alors qu'on a les bras douloureux après avoir porté du poids pendant vingt minutes, nous faire monter et descendre de grands escaliers une dizaine de fois alors qu'on a déjà le rythme cardiaque soutenu après avoir fait des sprints... nous demander de prononcer les formules les plus longues et difficiles alors qu'on manque de souffle...

 

Maugrey estimait que c'est lorsque la fatigue s'emparait de nous que l'entraînement commençait vraiment. Il voulait nous apprendre à travailler sur des muscles douloureux, continuer à se battre malgré un désavantage par rapport à l'adversaire, en clair : se surpasser. Ne jamais céder. Et avec Maugrey comme « coach », la première chose que nous avions comprise, c'est que l'abandon n'était pas autorisé. Les quelques apprentis qui s'étaient arrêtés pendant l'épreuve d'endurance s'étaient vus obligés de reprendre leur course, à rythme plus soutenu que le restant du groupe. Ceux qui s'écroulaient en faisant des pompes pouvaient avoir la certitude qu'ils allaient devoir en faire le double. Aucune triche n'était permise, il n'y avait pas moyen d'échapper à l'½il de Maugrey, qui veillait à ce que tout le monde suive ses ordres à la lettre et jusqu'au bout.

 

Il ne cessait d'aboyer, nous insultant presque pour éveiller notre envie de nous surpasser. Il n'était jamais satisfait de nos performances. Ça aussi nous l'avions très vite compris. On pouvait s'appliquer du mieux que l'on pouvait, réussir toutes les épreuves... pour lui, c'était normal. Ce sont ceux qui échouaient qui sortaient de l'ordinaire. Lui arracher un compliment serait à peu près aussi difficile que de voler un ½uf sous les yeux d'une dragonne. Ceux qui espéraient se faire remarquer n'avaient pas d'illusion à se faire : ils avaient signé pour en baver, et il faudra vraiment être exceptionnel pour attirer l'attention du célèbre Auror. Et je me fis la promesse d'y parvenir.
Je ne voulais pas être une simple débutante parmi tant d'autres. J'avais déjà une condition physique de feu, un mental d'acier, des compétences magiques hors normes, et une expérience dans le domaine du crime à faire pâlir les meilleurs Aurors. Alors parole d'honneur, je serai bientôt sur le terrain de chasse. Je ne recherchais pas la gloire, loin de là. Je voulais juste que la terrible formation subie dans ma jeunesse et mes compétences criminelles me servent à me ranger parmi les As des Aurors. Je rêvais que pour la première fois de ma vie, Tracker ait enfin une facette reconnue de tous. Une facette que je n'aurai pas à cacher. 
 
-         Ravi que vous ayez survécu à votre première journée, railla Lyall en venant s'asseoir à la grande table du QG.
 
On fut nombreux à avoir un rire un peu amer. Maugrey nous avait crevés, et nous étions persuadés que demain serait pire. Personnellement, je n'avais rien contre un peu d'exercice. J'avais l'impression de me décrasser après plusieurs semaines d'inactivité. Cinq pour être précise. Cinq semaines que je m'étais relâchée. La raison ? Un cuisant échec.

 

En juillet, lorsque j'avais appris que l'un des domiciles de Remus se trouvait forcément à proximité de la même forêt que celle du camp, j'avais retrouvé espoir de débloquer l'enquête. J'avais eu l'impression de faire un bond en avant. Et pourtant, la semaine suivant ma découverte, ma joie était retombée aussi sec. Je m'étais rendue à la lisière de chaque forêt où je soupçonnais le camp d'être dissimulé... mais je ne l'avais pas trouvé. Mes recherches n'avaient absolument rien donné. Comme s'il n'avait jamais existé. Ou comme si on l'avait rasé pour en effacer la trace à jamais. Avait-il été déplacé ailleurs ? C'était possible... et ça me rendait malade. J'avais l'impression que le peu de pistes que j'avais sur mon passé se transformaient peu à peu en impasses. La peur de ne jamais trouver la lumière dans les ténèbres entourant ma vie me tordait les tripes. Je ne voulais pas que ces deux histoires dramatiques n'aient jamais de fin. Je ne voulais pas que ces enquêtes qui me tenaient tant à coeur restent non résolues. Et pourtant, malgré tous mes efforts pour essayer de débloquer une piste, j'étais larguée.

 


C'est face à ce pénible constat que j'avais décidé de faire une pause. Je ne renonçais pas, loin de là, mais ma déception avait été si grande que j'avais ressenti le besoin de lâcher prise temporairement, pour me ménager moralement. Après la mort de Basher, où j'avais appris que mes chances de retrouver les responsables de l'attaque de ma famille s'amenuisaient, arriver à la même conclusion sur le camp m'avait comme... assommé. En très peu de temps, j'avais eu l'espoir de percer les deux mystères de mon passé, pour finalement les trouver toujours aussi épais. J'osais espérer qu'une pause me permettrait de reprendre la traque, avec une vision neuve.

 


Ainsi, je m'efforçais de vivre en faisant abstraction de mon passé. J'essayais de voir le bon côté de ma vie, de m'impliquer à fond dans ce que je savais faire. J'avais passé beaucoup de temps avec Remus, ainsi que le restant du groupe Maraudeurs. James et Lily sortaient enfin officiellement ensemble depuis le milieu de l'été, au plus grand plaisir de la bande. On ne passait pas une seule semaine sans se voir au moins une fois. Fêtes, sorties et bons repas se succédaient, nous offrant la possibilité de savourer nos dernières grandes vacances avant notre entrée dans la vie active.
Mais bien souvent, même entourée des personnes qui m'étaient chères, je me rendais compte que ça ne me suffisait pas. Qu'il y avait toujours le même vide en moi. J'avais beau essayer de prendre du bon temps, je n'arrivais pas à savourer pleinement le présent. J'avais la conscience trop lourde. Et le pire, c'est que j'avais la désagréable sensation que les personnes autour de moi se rendaient compte que je n'allais pas si bien que ce que je le laissais paraître.

 

Remus avait bien souvent essayé de me faire parler, Diego et Jack s'inquiétaient clairement à mon sujet, et même Sirius me posait parfois des questions étranges. J'essayais de les rassurer à chaque fois, d'esquiver le sujet comme je savais si bien le faire. Je ne voulais pas seulement berner mon entourage, je voulais également me persuader que j'allais bien. J'aimerais tellement parvenir à porter mon passé sans qu'il m'écrase. A chaque fois que je sentais mon moral flancher, je me rappelais combien j'avais de la chance d'être arrivée jusque là, d'être libre, d'aimer et d'être aimée... de pouvoir concilier ma vie au grand jour avec celle de l'ombre. J'avais la chance extraordinaire de pouvoir prétendre à une vie normale. Je savais déjà que je me plairais au Ministère, dans un rôle à la fois contradictoire et complémentaire avec celui que j'avais jusqu'à maintenant en tant qu'assassin. Et malgré toutes ces bonnes choses, je n'étais pas satisfaite. D'autant plus que le passé n'était pas le seul à me tourmenter : l'avenir aussi me posait problème. J'essayais de prioriser, afin de ne pas m'éparpiller, mais ce n'était pas toujours aussi simple.

 


Alors j'essayais de m'occuper l'esprit différemment pour m'empêcher de gamberger. Quand je n'étais pas avec les Maraudeurs, je poursuivais mes activités criminelles. Elles avaient un peu évolué. J'avais ralenti la cadence sur les contrats d'assassinat pour pouvoir me consacrer davantage à la formation des « loups » de ma meute. Lorsque je repérais des cibles intéressantes, au lieu de les prendre en chasse moi-même comme j'avais l'habitude de faire lorsque je m'accordais des extras, c'est à mes élèves que je confiais la mission de les exécuter. Cela me demandait encore plus de travail et d'attention, car je devais veiller au bon déroulement de leur mission pour qu'ils ne paient pas le prix de leur manque d'expérience. J'avais dû intervenir à quelques reprises pour empêcher des erreurs regrettables. Mais bon, dans l'ensemble, ils apprenaient assez bien et suivaient mes conseils, ce qui m'évitait des crises de panique dans les moments délicats. Je savais que je n'avais pas d'impulsif dans le groupe, qui s'amuserait à n'en faire qu'à sa tête au lieu de suivre mes directives. Ils étaient plutôt attentifs, car ils avaient une totale confiance en moi. Ils savaient que je pouvais les conduire jusqu'au sommet. Ils avaient encore beaucoup de chemin à parcourir, mais ils étaient sur la bonne voie, et je m'appliquais à les guider du mieux que je pouvais. J'appréciais leur motivation et l'esprit d'équipe qui régnaient dans le clan. Nous ne partagions que des entraînements et des parties de chasse, et pourtant nous étions soudés comme si l'on vivait des moments forts. J'essayais d'être un mentor pour eux, comme Jack l'avait été pour moi. Ce n'était pas toujours aussi simple car ils étaient nombreux, mais je pense pouvoir dire que je m'en sortais plutôt bien. Ils m'appelaient « la mère louve » pour me taquiner. Je trouvais le surnom très adapté.
 
-           Alors papa, ta journée ? entendis-je à côté de moi.
 
Je sortis de mes pensées, reportant mon attention sur Remus et son père. J'avais tellement laissé mon esprit vagabonder ces dernières minutes que j'avais presque oublié où je me trouvais. J'eus l'impression de sortir d'un demi-sommeil. Les discussions étaient assez fournies autour de nous, me donnant un peu mal à la tête. Je décidai de suivre la conversation avec Lyall, histoire de ne pas repartir mentalement. Celui-ci avait un visage un peu fatigué, comme la plupart de ses collègues. Ils donnaient l'impression de revenir d'un long et pénible combat.
 
-         La routine, répondit Lyall. Il y a toujours des mages noirs à chasser. On en a arrêté un dans l'après-midi, après dix jours de traque.
 
J'eus un faible sourire à ces paroles, jetant un coup d'½il rapide autour de la grande table. Ça me faisait tellement bizarre d'être là. J'étais au Quartier Général des Aurors, en train de boire un verre avec quelques uns d'entre eux qui étaient venus nous rejoindre, curieux de voir à quoi ressemblaient les nouvelles recrues. Et aussi étrange que cela puisse paraître, je n'avais pas du tout l'impression d'être assise à la mauvaise place. Je me sentais bien dans cette pièce sobre aux teintes claires, majoritairement vitrée comme la plupart lieux rattachés à la Division de la Justice Magique. C'était la salle de réunion et d'apéritifs, selon l'heure de la journée, où les Aurors se rassemblaient autour de l'immense table en granit blanc. D'autres salles, plus petites, se situaient autour, où chaque équipe d'Aurors tenait à jour les tableaux comportant la chronologie des faits sur leurs enquêtes en cours. Des salles dans lesquelles j'avais hâte de me trouver, pour autre chose que de simples visites. Je souris à cette pensée. Il y a deux ans, je m'indignais d'apprendre que je devrais intégrer les rangs des Aurors, et aujourd'hui, alors que plus rien ne m'y obligeait, je voulais obtenir ce badge. Comme quoi, il ne fallait jamais commettre l'erreur de penser que l'on ne pouvait pas changer.
 
-            J'ai tellement hâte de participer aux enquêtes ! avoua James.
 
Désir partagé par tous les apprentis, surtout après la journée que l'on venait de passer.

-       Tu ne diras plus ça lorsque tu auras observé quelques scènes de crime, assura sombrement Lyall. Vous découvrirez bientôt le côté obscur de l'humanité.
 
Je baissai momentanément les yeux, comprenant tout à fait à quoi Lyall faisait allusion. Observer la mort empreinte sur le corps d'une personne est une vision particulière, qui donne des sensations profondes. C'est pire lorsque le crime est perpétré de façon odieuse, car l'état du cadavre révèle la folie du meurtrier, et il est parfois difficile de surmonter le choc d'une telle découverte. Je ne doutais pas de la force des Maraudeurs... mais je savais comme Lyall que le jour où ils verraient pour la première fois ce qu'un homme est capable de faire, ils ne seraient plus pareils. Quelque chose se brisera en eux. Comme ça s'est brisé en chacun des Aurors, policiers... moi. Il n'y avait rien d'excitant à se rendre sur une scène de crime... seule l'arrestation pouvait procurer un semblant de satisfaction. Et encore.
 
-           Merci de stopper notre élan, ironisa Sirius.
-           Je préfère vous prévenir, répondit simplement Lyall. Ne vous attendez surtout pas à passer des journées agréables et excitantes. Vous rentrerez le soir épuisés, habitués malgré vous au choc que provoque l'observation de la mort sur un corps, éc½urés du mobile, et enragés par vos interrogatoires avec les suspects. Même l'arrestation du coupable ne suffira pas à vous rendre le sourire. Parce que la victime sera quand même morte, et que vous n'aurez réussi à rallumer qu'une infime lueur dans l'immensité de ténèbres qui nous entoure.
-           Mais nous aurons révélé la vérité, intervins-je. Nous aurons apporté des réponses aux familles des victimes, et arrêté un meurtrier.
-          Je suis entièrement d'accord avec toi Prudence, c'est le coeur de notre métier. Mais je veux que vous soyez conscients de ce qui vous attend. J'aime mon travail, et je sais combien il est nécessaire. Mais il est difficile psychologiquement. Il faut un mental d'acier et une grande motivation pour supporter tout ce que l'on voit. Même si je sais que Maugrey vous a sans doute parlé de notre travail comme d'une lutte noble... je peux vous assurer que lorsque je me réveille, je ne ressens aucune impatience à l'idée de « partir en chasse ». Au contraire, j'aimerais ne pas avoir à le faire. Le badge que je porte est à la fois un honneur et un fardeau.

Mais un monde sans ténèbres ne serait qu'un rêve utopique et irréalisable. Le Bien et le Mal ne pouvaient survivre l'un sans l'autre. Maugrey avait eu raison la veille lors de son discours : c'était un duel éternel. Tout ce que l'on pouvait faire, c'est faire en sorte que la partie reste équitable. Il n'y aura jamais de vainqueur, à moins de faire disparaître l'espèce humaine. Ce qui n'était bien sûr pas une solution.
 
-          Qu'est-ce qui t'a poussé à le porter ? demandai-je doucement.
 
Après la mort de sa femme, je comprenais tout à fait que Lyall soit impliqué dans la lutte contre le crime... mais ce n'était pas encore arrivé lorsqu'il avait choisi ce métier. Alors pourquoi s'orienter vers le monde du crime ? Pourquoi accepter d'y baigner ? Je compris au regard de Lyall que sa femme n'était pas sa première perte tragique.
 
-         Mon frère a été assassiné à vingt ans, expliqua Lyall. J'en avais seize. Le tueur n'a jamais été arrêté.
 
Je baissai les yeux, n'ayant aucun mal à comprendre la douleur qui l'avait déchiré. Perdre un frère, c'est perdre un repère, un confident... une part de soi. Lyall avait subi un choc alors qu'il n'était qu'adolescent... je comprenais mieux désormais pourquoi il s'était très vite rangé parmi l'élite. Les meilleurs chasseurs sont bien souvent ceux qui ont déjà été victimes d'une traque. Il faut une motivation personnelle pour se lancer aux trousses des prédateurs les plus dangereux. Et avec la mort de sa femme... son appartenance à la brigade extrémiste de lutte contre le crime apparaissait comme une évidence à mes yeux. Lassé, blessé, il ne se battait plus désormais que pour une justice tranchante et implacable.

-       J'étais encore stagiaire quand Maugrey m'a surpris dans la salle des archives, continua Lyall avec un faible sourire. J'étais plongé dans le dossier, croyant dur comme fer que je pourrais trouver un indice qui avait échappé aux autres.
-         Tu as réussi à trouver des pistes ? demandai-je.
-        Des impasses. Je suis au point mort depuis des années. J'ai fini par accepter que cette affaire reste non résolue.
 
Mon regard se perdit dans le vide. Comment avait-il réussi à laisser tomber ? Comment avait-il pu se résigner à ne jamais savoir ? Lui qui cherchait la vérité pour les autres... comment pouvait-il accepter de ne jamais la connaître pour lui-même ? Je n'arrivais pas à comprendre... j'étais bien placée pour savoir à quel point rester dans l'ignorance était douloureux... à quel point ça rongeait de l'intérieur. Peut-être que ça s'estompait avec le temps ? Je soupirai discrètement. Si c'était le cas, ça devait vraiment être long, car je sentais la plaie toujours aussi à vif.
 
-           Et toi ? Qu'est-ce qui t'a poussé vers ce métier ? retourna Lyall.
 
Je sortis de mes pensées en sentant un effleurement sur ma cuisse. Je souris faiblement en posant discrètement ma main sur celle de Remus sous la table. J'avoue que je n'avais pas moi-même la réponse complète et précise à cette question. Plusieurs raisons me motivaient.
 
-          J'ai toujours voulu travailler dans le crime. J'aime bien remonter des pistes,  traquer une proie... et plus que tout l'attraper.
 
Lyall rigola en se servant un verre de Vodka Pure Flamme.
 
-           Je vois que Maugrey vous déteint déjà dessus avec ses analogies à une partie de chasse.
-        Elle était déjà comme ça avant, glissa Remus avec un clin d'½il. C'est une vraie louve.
 
Un sentiment de malaise faillit m'envahir lorsque je vis le regard que Lyall posa sur moi.
 
-            Une gentille louve j'espère, taquina celui-ci sans me quitter des yeux.
-            Une adorable louve, assura Remus en me déposant un baiser sur la joue.
 
Le seul point sur lequel tout le monde pouvait être d'accord, c'est que j'étais effectivement une louve. Après, « adorable »... l'avis était partagé...
 
| 15 septembre 1978 - Ministère de la Magie - 18h |
 
Les quinze jours que nous venions de vivre s'étaient déroulés de manière sensiblement identique, à la seule différence que les entraînements se durcissaient. Je devais reconnaître que les méthodes de Maugrey étaient efficaces. Bon nombre d'entre nous avaient fait des progrès remarquables en l'espace de ces quelques jours seulement. C'était surtout le cas en duel. Le travail de la condition physique n'avait pas vraiment d'importance, mais la difficulté nous poussait à ne jamais abandonner, et c'était important en duel. Surtout lorsque quelques Aurors expérimentés s'invitaient à l'entraînement. Il fallait être capable de tenir tête malgré le déséquilibre. Ainsi, à force de nous affronter les uns les autres, la plupart des apprentis pouvait se réjouir de faire de meilleurs résultats.
En fait, j'étais la seule personne dont la marge de progression était faible depuis le début. Contrairement aux autres, qui avaient beaucoup à apprendre, moi je conservais ma place indétrônable d'imbattable. Apprentis ou Aurors, impossible de me mettre au tapis. Autant j'essayais parfois lors des entraînements physiques de ne pas faire de trop bonnes performances pour ne pas paraître suspecte, autant je refusais de perdre un seul duel.
 
-           Hunt ! aboya Maugrey à travers la salle.
 
Je me retournai, délaissant un adversaire que j'avais battu pour la dixième fois ces deux dernières semaines, avec une facilité éc½urante. Je me dirigeai vers l'Auror, qui se tenait à l'autre bout de la salle, esquivant les autres duellistes. J'espérais que le moment que j'attendais tant soit sur le point de se réaliser. Je cherchai Remus du regard et le localisai un peu plus loin devant moi, se débrouillant plutôt bien face à un Auror qui lui faisait voir des sortilèges de toutes les couleurs.
 
-           En place, ordonna Maugrey.
 
Bingo ! Un sourire provocant étira instantanément mes lèvres. Enfin j'obtenais un duel avec lui. Dès les premiers combats, je m'étais évertuée à ne faire aucun cadeau à mes adversaires, voulant prouver à Maugrey que personne ne pouvait rivaliser avec moi. J'avais éveillé la surprise générale en battant chacun des Aurors qui m'avaient défiée en duel. Même Lyall m'avait défiée, et il avait perdu aussi sèchement qu'Aaron et Moser. Et maintenant, il était temps que je me mesure à celui qu'on désignait comme le meilleur Auror d'Angleterre...

 

Je me présentai face à lui sans me faire prier, baguette serrée énergiquement. Je m'inclinai légèrement sans le quitter des yeux. Maugrey en fit de même, et je lançai une attaque dès que l'on fut en place. Il répliqua aussi sec, détournant mon sort sans grande difficulté. Je continuai alors de le harceler d'attaques, ne lui laissant aucune seconde de répit. Il n'avait aucun mal à me repousser, résistance à laquelle je m'étais attendue.
 
-            Pas mal pour une débutante, lança mon adversaire.
-            Plutôt mobile pour un blessé, répliquai-je.
 
Comme offensé, il tapa sa grosse canne contre le sol, propulsant une vague d'ondes qui me fit décoller en arrière. Me rattrapant avec aisance, je revins vers lui comme une fusée, répandant à mon tour une onde de choc en reposant pieds à terre. Maugrey traversa la salle sous le regard ahuri des autres apprentis Aurors, et je me fis un devoir de rattraper notre professeur... le clouant au sol avec un peu d'élan. Je le maintins allongé, baguette brandie sur lui, malgré ses efforts pour se défaire de mon emprise. Je sentais qu'il luttait comme un beau diable, mais le contrôle que j'avais sur lui était quasiment impossible à renverser tant que je restais concentrée. Arrivée à sa hauteur, je le retournai face contre le sol d'une simple pensée et me mis au-dessus de lui, me baissant lentement pour m'asseoir doucement mais fermement sur son dos. Je lançai un nouveau sort pour que ses poignets se rejoignent, et je fis apparaître des liens, comme si je venais d'appréhender un criminel.
 
-            Alastor Maugrey... vous venez de perdre face à une nouvelle recrue... vous avez le droit de garder le silence. Tout ce que vous direz pourra être retenu contre vous lors de l'apéritif avec vos collègues. 
 
Quelques apprentis rigolèrent de bon c½ur, dont les Maraudeurs, mais d'autres se contentèrent d'observer la scène, aussi choqués par ma victoire que mon audace. Maugrey grommela comme un chien auquel on a retiré un os de force. Je me relevai le sourire aux lèvres, le libérant de ses liens. Il me lança un regard réprobateur en soupirant avec agacement.
 
-            Pas mal Hunt, dut reconnaître l'Auror.
 
Il pouvait faire mieux comme compliment, mais venant de sa part, c'était déjà un bon début. Je rejoignis les Maraudeurs, assez fière de mon coup. J'avais attendu ce moment pendant des jours, et il était aussi jubilatoire que ce que j'avais imaginé. Même si je n'avais jamais douté de mes capacités en duel, ce n'est pas tous les jours qu'on rivalise avec le meilleur Auror du pays.
 
-            Félicitations, glissa Sirius lorsque je passai à côté de lui. 
-            Black ! aboya Maugrey. Cinquante pompes !
 
Je pouffai discrètement face à l'air outré de Sirius, qui dut accomplir sa pénible tâche sans discuter, au risque d'en prendre davantage. Je croisai le regard de Remus, qui me sourit faiblement, mais je ne parvins pas à deviner ce qu'il avait pensé de ma prestation.
 
| QG des Aurors - 19h |
 
Alors que nous profitions de la présence de quelques Aurors pour discuter vaguement des affaires en cours, je fis signe à Remus que j'avais envie de rentrer. Non pas que je m'ennuyais, loin de là, mais j'aurais aimé que l'on passe un petit moment de détente ensemble après une journée aussi intense. J'avais besoin de faire une coupure.
 
-            Félicitations pour votre performance, entendis-je.
 
Je me retournai et contins ma surprise en faisant face à Bradley Moser. Même si je le voyais plusieurs fois par semaine, je n'avais pas souvent eu l'occasion de parler en tête à tête avec lui, et j'avoue que je n'étais pas très à l'aise en sa présence. J'avais toujours l'impression qu'il cherchait à me connaître un peu plus que les autres. D'un côté c'était une bonne chose de bien s'entendre avec le lieutenant le plus populaire de la BCM, mais d'un autre, j'avais quand même affaire à un flic, et je ne devais pas lui donner l'occasion de me cerner.
 
-          Oh, vous en avez entendu parler... dis-je.
-         Tout le monde en parle, sourit Moser. Maugrey n'avait pas perdu un duel depuis très longtemps.
-         J'espère ne pas l'avoir trop froissé...
-         Ne vous en faites pas, Maugrey n'est pas du genre à ignorer le potentiel d'une recrue pour préserver sa fierté. Tout le monde avait remarqué lors de votre double sauvetage que vous étiez plutôt douée en matière de duel... et vous n'avez fait que le confirmer ces derniers jours, en remportant absolument tous vos combats. Je suis sûr que ce cher Fol ¼il fera en sorte que vous puissiez exploiter au mieux cet atout.
 
J'acquiesçai, comme si j'étais rassurée par ses paroles. A vrai dire, je n'avais pas douté un seul instant de mes actes. Je savais que Maugrey était de ceux qui aiment bien enlever la muselière... et cette petite démonstration n'était qu'un début. Bientôt, je lui prouverai ma valeur sur le terrain. 
 
| Manoir Halliwell |

 
Je ne pouvais pas rêver mieux comme moment de détente après une journée aussi chargée. J'étais dans les bras de Remus, dans la baignoire. L'eau chaude soulageait nos muscles fatigués et douloureux. J'étais dans un demi-sommeil, savourant ce moment dans ses bras, ma tête contre la sienne. Même si j'étais contente de la journée, notamment avec ma victoire sur Maugrey, la formation était quand même assez intense. Ça faisait du bien de se poser un peu. Je souris en sentant la main de Remus glisser doucement sur mon ventre, dans une caresse chatouilleuse qui faillit me faire sursauter. J'ouvris les yeux, lui déposant un tendre baiser dans le cou.
 
-         Mon tatouage t'intrigue ? taquinai-je.
-         Non non, je trouve qu'il te correspond tout à fait.

Ses paroles me décochèrent le sourire. Remus ne voyait que ma personnalité au travers de ce tatouage, mais en réalité, c'était la marque de mon clan. Elle était ensorcelée de sorte à ce qu'aucune autre personne étrangère au clan ne puisse se faire la même. Elle était donc la preuve incontestable de mon appartenance à cette meute. Tout comme pour le gang des Cobras, c'est l'emplacement de la marque qui prouvait que j'en étais la chef. Les autres membres pouvaient se la faire où ils voulaient, mais pas sur le ventre. Je laissai Remus continuer son inspection, ses caresses étant particulièrement agréables. Il me retourna doucement le poignet, passant deux doigts sur le lien infini.
 
-         J'ai vu que Diego avait le même, dit-il.
-         Oui... il symbolise la force de notre attachement l'un pour l'autre.
 
Remus sourit faiblement, mais je sentis que ma réponse lui avait fait quelque chose. Je me blottis davantage contre lui, comme pour balayer tout doute de son esprit.

-          Je me tatouerais « Lunard » sur les fesses si ça peut te rassurer, plaisantai-je.
 
Remus rigola en me serrant un peu plus contre lui.
 
-         Ce ne sera pas nécessaire, assura Remus en me déposant un baiser sur la poitrine.
 
Sentir ses lèvres sur le tatouage du Basilic me provoqua une décharge dans tout le corps. Elle n'était pas violente, mais désagréable. Comme un courant qui court le long des veines, électrisant chaque nerf sur son passage. Mes poils se hérissèrent sur tout mon corps tandis qu'un frisson remontait le long de ma colonne jusque dans la nuque.
 
-           Celui-là par contre, j'ai du mal à le comprendre, avoua Remus. 
 
Je fermai les yeux, repensant au moment où mon père m'avait gravé la marque de notre ancêtre sur la peau. J'eus un léger pincement dans la poitrine, soudainement envahie de tristesse et de regrets, comme à chaque fois que je pensais à lui. Cette marque m'avait brûlée lors de ma dernière dispute avec mon père, comme si je n'étais plus digne de la porter.
 
-           C'est un coup de c½ur... me contentai-je de dire.

On resta silencieux pendant plusieurs minutes, et je finis par retomber dans mon demi-sommeil, ne voulant plus penser à rien.
 
| 28 septembre 1979 |

J'avançais à pas feutrés, rasant le mur de droite tout en tenant ma baguette brandie, prête à riposter à tout et n'importe quoi. Concentrée sur mon objectif, j'étais à l'écoute du moindre bruit qui pourrait signaler la présence d'un ennemi. Je n'avais qu'un seul but : appréhender un mage noir retranché dans un quartier peuplé de criminels. Celui-ci m'avait échappé quelques minutes plus tôt, déclenchant une course-poursuite assez mouvementée. Heureusement, j'avais défini une zone anti-transplanage avant même d'intervenir pour pallier à ce genre de problème. Ainsi, je n'avais qu'à m'assurer qu'il prenne la fuite dans des directions qui ne le faisaient pas sortir du périmètre. Une telle situation ne se serait jamais produite si j'avais agis seule, seulement voilà, je n'étais pas recouverte de ma tenue d'assassin, et ma cible ne devait pas mourir ce soir. Je travaillais en équipe avec deux autres apprentis Aurors, et l'un d'eux avait voulu faire l'intéressant en suivant son idée plutôt que mes conseils. Résultat : nous étions obligés de jouer au chat et à la souris en territoire hostile, où chaque rue pouvait devenir le théâtre d'une embuscade. Là était le point négatif d'être Auror : pas question de la jouer en solo. Il fallait travailler au moins par deux, et avec des débutants pareil, ce n'était franchement pas un atout pour moi. Je devais trop souvent rattraper leurs conneries. D'ailleurs, j'espérais qu'ils ne soient pas en train d'en faire une. Pour rendre notre traque plus efficace, nous nous étions séparés, et très franchement, je n'aurais su dire si c'était une bonne chose. J'étais peut-être plus libre de mes mouvements, mais je ne pouvais pas les surveiller.
 

 


Je m'arrêtai à l'approche d'une intersection en voyant une ombre projetée sur le pavé. Etait-ce ma cible ? Si je me fiais à la direction qu'avait pris le suspect la dernière fois que je l'avais vu, c'était tout à fait possible car j'avais fait en sorte de pouvoir lui couper la route. Cependant, je le trouvais bien imprudent d'avancer dans une rue aussi dégagée. Ça pouvait aussi être l'un de mes collègues, ou tout simplement une tierce personne. Ne voulant pas prendre le risque de me faire repérer inutilement, je me fis léviter sur le toit le plus proche. Je m'accroupis au bord, suivant la personne du regard avec beaucoup d'attention. Elle avançait prudemment, baguette le long du corps, se préparant au duel. Attitude louche, certes, mais le faible éclairage n'était pas suffisant pour me permettre de déterminer si cet individu était ma cible ou non. Impossible d'intervenir maintenant. Avec le silence qui régnait, je n'avais pas le droit de me tromper de personne.

 

Je devais être la seule à penser cela, car j'aperçus deux de mes partenaires se rapprocher rapidement dans le dos de l'individu. Je voulus les avertir de ne pas intervenir, mais toute tentative de communication de ma part me grillerait. D'autres personnes étaient peut-être en train d'observer la scène, ce n'était pas le moment de me faire repérer. Je laissai donc faire, attentive à l'environnement. Au moment où mes deux partenaires neutralisèrent l'individu, je repérai du mouvement à l'autre bout de la rue. Comme je m'en doutais, ce n'était qu'un leurre. Je me mis donc à courir sur les toits pour rattraper le véritable suspect, mais un claquement m'arrêta nette. Je me retournai et me rendis compte que mes deux collègues s'étaient faits encercler. Je regardai à nouveau vers le fuyard, qui continuait dangereusement son avancée vers la sortie du périmètre. Je refusais de le laisser m'échapper une seconde fois, mais je ne pouvais pas non plus laisser mes collègues en si mauvaise posture. Sans plus attendre, je levai ma baguette en direction du suspect, me concentrant sur ma respiration pour me stabiliser. Ne se doutant pas que je l'avais repéré, il avait une course droite, facilitant ma visée.
 
-        Stupéfix, prononçai-je.
 
Le sort fusa et rattrapa le suspect pour le percuter en plein dos, le projetant au sol. Je fis donc demi-tour et profitai d'être en hauteur pour mieux analyser la situation. Mes deux partenaires avaient les mains en l'air, baguettes posées au sol devant eux. Six autres individus les tenaient en respect en approchant lentement, en ligne. J'aurais pu les expulser d'une simple pensée, mais je ne voulais pas mettre à jour mes capacités magiques. Alors je choisis de la jouer différemment. Je pris de l'élan pour sauter entre mes partenaires et nos ennemis. Lorsque j'atterris, je provoquai une onde de choc pour renverser nos assaillants. Profitant de la diversion, mes deux collègues récupérèrent leur baguette, et on parvint à neutraliser nos adversaires pendant qu'ils étaient encore sonnés. Cette technique avec l'onde de choc me plaisait bien : après m'avoir permis de gagner face à Maugrey, elle s'avérait tout aussi efficace sur plusieurs adversaires. A conserver. Une fois toute menace sous contrôle, je courus vers notre suspect initial, toujours stupéfixé au milieu de la rue. J'eus un sourire triomphant en reconnaissant le bon suspect. Je fis apparaître des liens dans son dos avant d'envoyer des étincelles rouges dans le ciel obscur pour signaler l'accomplissement de la mission.

 


Immédiatement, les bâtiments s'éloignèrent à vitesse vertigineuse, disparaissant peu à peu. Mon suspect s'évapora dans le sol, dont le pavé se remplaça bien vite par du plancher. Le ciel étoilé se creva, remplacé par une lumière éclatante. Bientôt, je me retrouvai dans une salle toute simple, blanche, dénuée de mobilier, avec mes coéquipiers. La première fois que j'avais vu cette salle, il m'avait fallu un certain temps pour me convaincre d'y entrer, en proie à de nombreux souvenirs. Mais depuis une semaine, c'était coutume de venir ici, et j'y prenais même un malin plaisir. Cet endroit, c'était la Salle sur Demande de Poudlard, en mieux ! Elle créait un monde parallèle fictif, mais au combien réaliste, configuré par Maugrey. Il ne fallait que quelques secondes pour qu'une porte apparaisse sur l'un des quatre murs, avec le thème de la mission à remplir. Une fois cette porte franchie, nous pouvions nous balader dans des villes, affronter des ennemis, interroger des témoins, sauver des otages, arrêter des suspects... alors que rien de ce qui nous entourait n'était réel. C'était perturbant d'ailleurs, car la plupart du temps, Maugrey demandait une simulation dans une copie du monde réel. Sirius avait ainsi rencontré son « père » à Pré-au-Lard, et avait profité d'être en simulation pour se défouler sur lui. Mais la projection de son paternel s'était bien vite évaporée, sous nos éclats de rires. Je trouvais que cette salle était un formidable moyen pour nous former. On pouvait ainsi nous immerger totalement, sans pour autant courir de graves conséquences en cas d'erreur.

 

Maugrey s'en servait également pour nous entraîner au combat, en nous faisant affronter des Forces du Mal soigneusement configurées par son esprit timbré. Et là, autant dire que la salle nous plongeait au coeur d'un cauchemar dont il fallait savoir ressortir. Ces séances-là étaient mes préférées. C'était les seules où j'étais vraiment mise à l'épreuve. Même si j'avais appris depuis longtemps à contrôler mes peurs, j'étais fascinée par la diversité des forces obscures que choisissait de nous faire affronter Maugrey. Elles existaient toutes réellement, sauf quelques extras créées spécialement par l'Auror. Elles étaient difficiles à battre, pouvaient avoir n'importe quelle apparence, et jamais le même point faible. Créatures maléfiques ou sortilèges de pure magie noire, il fallait rester attentif pour ne pas se « faire tuer ». Même si la mort ne se traduisait que par une éjection du monde fictif, ce n'était agréable pour personne de se faire éliminer en pleine simulation. J'étais l'une des rares à rester jusqu'au bout. Seuls Sirius, Remus et un certain Ralph faisaient des performances remarquables dans ce domaine. Les autres finissaient toujours par se faire piéger à un moment ou un autre. Etre en équipe ne suffisait pas à nous protéger les uns les autres, car ça surgissait parfois de tous côtés, et sans forcément qu'on l'ait vu venir.
 
-           Belle prise Hunt, félicita Moser.
-           Mais tu te la joues encore trop perso, coupa Maugrey. 
 
Je levai les yeux au ciel, exaspérée que ce cher Alastor trouve toujours quelque chose à redire. J'avais beau réussir chaque mission et éviter tous les pièges dans lesquels beaucoup d'autres tombaient, aux yeux de Maugrey, il y avait toujours un pète de travers. Heureusement que Moser était là quelques fois, pour relativiser.
 
-          Je n'aurais pas à le faire si mes chers camarades suivaient mes conseils, balançai-je en regardant vers le concerné.
-           Pourquoi on t'écouterait ? se défendit Jeremy, celui qui avait provoqué l'échec de notre première intervention en me désobéissant. Tu es aussi débutante que nous.
-           Parce que tu remarqueras à la longue que j'ai plus souvent raison que toi.
-           Hunt, tu passes à l'atelier cinq : protection VIP, trancha Maugrey pour mettre fin à la discussion. Vous deux, vous refaites un exercice d'arrestation.
 
J'acquiesçai, me dirigeant vers la porte comportant l'écriteau « défense et protection ». J'aimais toutes les missions de terrain, que ça soit pour chasser ou pour défendre.
 
-           C'était un sacré lancé de sortilège, glissa Moser en passant derrière moi.
 
Je souris à sa remarque. J'avoue que je n'étais pas mécontente de moi sur ce coup. Autant il m'était facile de tirer avec une arme moldue, autant c'était plus compliqué avec une baguette. L'avantage d'un sort par rapport à une balle, c'est qu'il n'était pas influencé par la distance ni par le vent. L'inconvénient, c'est que c'était beaucoup moins précis, car une baguette n'avait pas de viseur. J'étais donc assez contente d'avoir réussi à atteindre ma cible. Et qu'il n'en déplaise à Maugrey, pour moi, j'avais pris les bonnes décisions. Mes talents sur le terrain avaient parfois du mal à être reconnus, car ce qui était pour moi de l'expérience était souvent considéré comme un simple coup de chance. Personne ne pouvait se douter que chacun de mes actes résultait d'un instinct fiable particulièrement aiguisé. Il me faudra renouveler mes victoires, encore et encore, pour prouver à tout le monde que j'avais vraiment du talent.
 
| . . . . . . . |

 
La formation nous installa dans un rythme effréné de plusieurs mois non-stop. Entre les entraînements physiques et l'apprentissage des lois et des protocoles, autant dire que l'on ne chômait pas. Quatre mois furent nécessaires pour apprendre les bases et forger le mental. Les deux mois suivants furent l'objet d'un tout autre programme : apprentissage d'enchantements et de sorts en tous genres, premiers secours, établissement d'une zone de sécurité... L'écart entre nous était moins important qu'aux épreuves physiques. Ayant tous de très bons dossiers pour avoir une place dans la formation des Aurors, nous étions assez doués dans la maîtrise de la magie. Quoi que là encore, j'avais un train d'avance sur les autres à cause de ma puissance surdéveloppée. Et comme si je ne m'étais pas suffisamment faite remarquer, je n'avais pas pu m'empêcher de me montrer aussi douée que les experts eux-mêmes... dans le lancé de sortilège à distance. Après mon essai concluant lors de ma première simulation d'arrestation, j'avais renouvelé ce genre d'attaque à plusieurs reprises. Du coup, la Brigade des Tireurs de Baguette Magique me voulait dans ses rangs. Je ne ratais jamais ma cible, même à des distances importantes. Seulement Moser ne voulait pas me lâcher, car je cumulais les performances dans la résolution d'enquêtes. Après nous avoir appris à mener une enquête, régler la paperasse, interroger les témoins et les suspects, et arrêter un criminel, Maugrey et Moser organisaient régulièrement des jeux d'enquêtes dans la salle fictive. Nos deux professeurs faisaient en sorte qu'on forme toujours des équipes différentes pour résoudre les affaires, de sorte à nous habituer à travailler les uns avec les autres.

 

Ces simulations nous permettaient de mettre en application les bases du métier, et de commencer à avoir un aperçu de ce qui nous attendait, tout en restant dans l'irréel. Nous pouvions ainsi nous entraîner à poursuivre un criminel, à dénouer des situations délicates de prise d'otages, nous défendre face à une menace imminente... sans craindre d'échouer. Nos erreurs n'avaient pour seule incidence que la défaite d'une équipe. Et jusqu'à maintenant, j'étais celle qui avait le meilleur score. J'avais réussi à résoudre toutes les enquêtes, à me sortir de toutes les situations et à sauver toutes les « personnes » en danger. Moser estimait que je serais bientôt prête à continuer la formation sur le terrain, avec la Brigade Criminelle Magique. Parmi les « inexpérimentés », j'étais la seule capable de reconstituer un crime avec précision, et de voir clair dans l'esprit des suspects lors des interrogatoires. Moser me disait souvent : « un bon flic, c'est celui qui est capable de réfléchir comme un criminel, et c'est inné chez toi »... inutile de faire le moindre commentaire à ce sujet, n'est-ce pas ?

 

Dans le genre remarquable, il y avait aussi les Maraudeurs. Ils avaient un bon nombre de victoires à leur actif. Leur talent m'impressionnait, car contrairement à moi, ils ne devaient leurs réussites à aucune expérience criminelle ou formation intense. Ils étaient simplement doués, et les voir à l'½uvre me faisait souvent penser à la prophétie à leur sujet, qui n'aurait aucun mal à s'accomplir. Seul Peter était un peu à la traîne, mais je ne doutais pas que ce n'était qu'une question de temps avant que l'on rejoigne le terrain pour les vraies enquêtes. Nous étions largement au-dessus du lot, avec quelques rares autres apprentis. J'étais persuadée qu'il ne leur faudrait pas très longtemps pour se faire une réputation. Ils avaient un avenir prometteur.
En fait, avec eux, tout allait bien. On s'entendait toujours aussi bien, si ce n'est mieux. A force de passer quasiment nos journées entières ensemble et de tout partager, j'étais devenue fusionnelle avec l'ensemble du groupe Maraudeurs. J'étais déjà officiellement accro à Remus depuis quelques mois, mais maintenant c'était aussi le cas avec les autres. Bon bien sûr, ce n'était en rien comparable, mais j'avoue que je m'étais vraiment attachée à eux.

 


C'est du côté de mon « autre vie » que ça coinçait. Je subissais une prise de distance avec Diego, et ça n'avait rien à voir avec le fait que je sois souvent avec les Maraudeurs. La plupart du temps, c'est lui qui était trop occupé pour que l'on se voit. J'avais déjà remarqué pendant l'été qu'il était de plus en plus difficile de se voir, mais je me disais qu'on finirait bien par se retrouver comme avant. Ce qui m'inquiétait, c'est qu'en cinq mois, nous ne nous étions quasiment pas vus, et il ne semblait pas faire le moindre effort pour que ça change. Chaque fois que j'essayais d'organiser quelque chose, ça tombait à l'eau au dernier moment. Il arrivait toujours à me trouver une excuse pour reporter. Qu'est-ce qu'il se passait ? Pourquoi me tenait-il si loin de lui ?  Et puis pourquoi continuait-il à travailler pour mon père alors que je savais pertinemment qu'il avait perdu sa raison de bosser pour lui le jour où j'avais fait mes valises ? Il était toujours sur la défensive les rares fois où j'avais tenté d'aborder le sujet. Alors je prenais mon mal en patience, et je lui laissais du temps. Je n'étais pas sa mère après tout, mais ça ne me plaisait pas du tout qu'il continue à servir la cause de mon père.

 

Les Mangemorts faisaient de plus en plus parler d'eux. Leur nom avait commencé à se répandre. Mais là où mon père avait fait fort, c'est que l'existence d'une réelle menace n'était pas officielle. Personne ne savait avec précision quelles étaient les intentions des Mangemorts, qui ils étaient, quelles étaient leurs méthodes... Officieusement, les policiers et les Aurors redoublaient d'effort pour essayer de cerner l'ampleur de cette organisation criminelle et de comprendre son fonctionnement. Mais les Mangemorts étaient prudents. Provocants mais discrets. On constatait que les disparitions suspectes de moldus et de nés-moldus augmentaient, tout comme leur meurtre... que des personnes s'affichant publiquement comme tolérantes avaient subitement des accidents... mais il n'y avait jamais de preuve. Jamais de témoin. Je reconnaissais bien là mon père. Il ordonnait des frappes publiques mais ne revendiquait rien. Pas encore. Pour l'instant, il voulait juste répandre la terreur. La crainte. Et il savait que la peur n'en est que plus grande lorsqu'on ne sait pas grand-chose de l'adversaire. C'est pour ça qu'il restait dans l'ombre. Que ses hommes ne signaient pas leurs meurtres. Mon père estimait que l'heure n'était pas encore venue de se révéler au grand jour. Il laissait volontairement planer le doute.

 

Mais je sentais que ce n'était plus qu'une question de temps. Je n'avais pas besoin de connaître le personnage pour deviner que la guerre était imminente. Les Mangemorts frappaient de leur côté... et les autorités se préparaient à réagir du leur. Bientôt, le jeu ne se jouera plus seulement dans l'ombre. Et c'est pour cette raison que je redoutais tant l'avenir. Je savais que les jours heureux que nous étions en train de vivre seraient bientôt remplacés par une période noire. Pour l'instant, on jouait aux Aurors, mais bientôt, il nous faudra en être de vrais. J'avoue que je redoutais ce moment. J'avais peur pour les Maraudeurs. Ils me prouvaient chaque jour qu'ils étaient doués... mais étaient-ils prêts pour la guerre ? Lorsque je les voyais rire et s'amuser, insouciants, je me sentais parfois coupable de ne pas les prévenir sur ce qui les attendait. Mais honnêtement, j'étais moi-même incapable de prévoir avec précision ce que serait cette guerre. Je savais juste qu'elle serait sanglante, acharnée... et c'est pour ça que j'espérais ne pas compter Diego parmi les Mangemorts. Même si je doutais encore du rôle que je tiendrai dans cette guerre, ce dont j'étais persuadée, c'est que je serai envoyée au front pour combattre les Mangemorts. Et pour rien au monde je ne voudrais avoir à me battre contre mon propre frère.




| 17 mars 1979 - QG des Aurors - 19h |
 
Je trinquai avec les Maraudeurs, le sourire jusqu'aux oreilles. Nous avions eu le plaisir de faire équipe dans la journée sur une enquête fictive particulièrement difficile, et nous avions réussi à la résoudre alors que tous les autres étaient complètement largués. Il n'y a pas à dire, nous étions chacun doués, mais lorsqu'on travaillait ensemble, on faisait tout péter ! Moser se leva et demanda le silence, ce qu'il obtint en quelques secondes.
 
-          Je tiens à vous féliciter à tous pour ces derniers mois. Vous avez tous montré votre potentiel, et je suis persuadé que vous serez bientôt prêts à rejoindre les rangs des Aurors. Comme vous n'avancez pas tous au même rythme, nous allons faire des groupes pour les prochains mois. Certains continueront les entraînements en duel, d'autres réviseront la théorie... et d'autres encore iront sur le terrain !
 
Les nouvelles recrues se redressèrent, accordant toute leur attention à Moser. Aller sur le terrain... enfin !
 
-          Sirius, Remus, James et Prudence, vous intégrez dès demain la Brigade Criminelle Magique. Vous travaillerez dans mon équipe.
 
L'excitation et la joie était telle que je ne parvins pas à écouter la suite de la répartition. La BCM était la brigade la plus intéressante après celle des Aurors. C'était vraiment celle qui se rapprochait le plus de notre objectif, puisque la seule différence résidait dans le type de gibiers : les flics traquaient les criminels « classiques », tandis que les Aurors s'occupaient des mages noirs. C'était donc un très bon début pour nous. J'étais un peu désolée pour Peter, qui devait encore se mettre à niveau dans la maîtrise magique. Il était très déçu d'être séparé de ses amis, et ça se comprenait. Il s'était vraiment donné à fond.
 
-         Ne t'en fais pas Peter, Moser a dit que c'était normal qu'on n'avance pas tous au même rythme... je suis sûr qu'après un peu d'entraînement, tu rejoindras toi aussi le terrain, rassura James.
-           Ouais... mais ça m'étonnerait que je sois sélectionné dans la BCM.
 
Il n'avait pas tort sur ce point... Peter ne me semblait pas avoir l'étoffe d'un chasseur. Mais je lui souhaitais quand même de réussir, car je savais combien il comptait pour le restant du groupe. Ces quatre là n'avaient jamais été séparés, ce serait dur pour eux que l'un des frères soit mis à l'écart. 
 
-           Félicitations les jeunes, vous allez avoir un super coach, lança Lyall.
 
Ça je n'en doutais pas. Nous avions beaucoup de chance de continuer la formation avec Moser, l'un des meilleurs policiers du pays. Au fil du temps, ma relation s'était améliorée avec lui. Je n'avais plus ce sentiment de malaise qu'il m'avait tant de fois provoqué en m'analysant de trop près. Je le suivis du regard avec un grand sourire en le voyant se diriger vers nous. Il nous remit à chacun le badge de la BCM à notre plus grand plaisir.
 
-          Bienvenue dans la brigade, dit-il avec un sourire. A partir de demain, vous devenez officiellement les nouveaux combattants du crime.
 
Je baissai les yeux sur le badge, ressentant une joie étrange. J'étais contente de gravir cet échelon. Je ne trouvais pas ce métier si opposé à ce que j'étais... la seule différence entre la BCM et moi, c'est qu'un flic arrêtait les meurtriers, alors que moi je les tuais. Pour le reste, Tracker ne serait pas dépaysée. Au contraire !

 
Chapitre 1 : Bienvenue au Ministère
 
Hello !
C'est avec plaisir que j'ai publié ce loong chapitre, qui entame le tome 2 ! Encore désolée pour la durée de la pause, qui s'est étendue un peu plus que prévu, mais j'en avais vraiment besoin pour concilier un emploi du temps chargé et une inspiration... assez débordante ;)  Je suis bien contente de revenir, car vous m'avez quand même un peu manqué pendant tout ce temps !
J'espère que le retour de Prue et des Maraudeurs vous a plu. Dites-moi ce que vous en avez pensé, et si ce chapitre vous a donné envie de connaître la suite de l'histoire. 
Encore un grand merci pour tous vos messages, ça m'a vraiment fait chaud au coeur de recevoir vos encouragements en cette période un peu difficile !
Concernant la fréquence de publication, je pense l'allonger à deux semaines. Ainsi, ça me permettrait de conserver mon avance, sans mettre en péril ni l'histoire, ni mes études, ni la vie que j'ai à côté ! Du coup, pour ne pas rester 15 jours sans publier, je pense que je mettrais en ligne le mot de Tracker et l'aperçu du chapitre suivant au bout d'une semaine, pour faire patienter  :)
Pour les nouveaux lecteurs que j'ai eu le plaisir d'accueillir pendant la pause, sachez que vous pouvez vous inscrire à la liste des prévenus pour être tenu au courant de toutes les nouveautés du blog  :)
Sur ce, je vous fais de gros bisous, bonnes vacances à ceux qui en ont, bon courage aux autres, et à très bientôt pour la suite des aventures ! 
 
Chapitre 1 : Bienvenue au Ministère
 
 

Tags : L'histoire d'un assassin - Partie 1 : L'amour d'un Assassin - tome 2

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Comments :

  • Dum-Cha

    22/12/2016

    Je viens d'attaquer ce second Chapitre, c'est une bonne mise en bouche que tu nous offre la et je trouve l'entraînement des aurors hyper réaliste.

  • LeMaitreDesLieux

    14/11/2015

    Début du tome 2 très intéressant et qui donne très envie de lire, encore une fois. Tu décris bien l'entraînement pour être Auror et je trouve cela hyper bien vu qu'on ne sait rien à la base. Rien à ne redire sur l'écriture et le contenu. J'approuve ;)

  • evanalinch-lunalovegood

    21/12/2014

    Génial comme 1er chapitre. Dsl du retard pris dans la lecture de ta fic mais ai pleins de trucs à faire

  • Harry-Potter-generationx

    09/11/2014

    Coucou !!! :D

    Ce premier chapitre est juste une tuerie !!! :D (sans mauvais jeux de mots ;) )
    En plus il est suuuuuuper long et tu as un véritable talent pour donner un caractère et une forme à tes personnage ! Je crois que tu n'as pas fini de me voir sur ton blog et ta fiction ;)
    J'adore leur formation, avec les exercices physiques et dur, les exos dans la salle magique sont trop cool ! :D
    et le petit moment avec Remus dans la baignoire ... *_* ahh ça fait rêver ;)
    J'ai hâte de voir ce que ça va donner avec nos maraudeurs préférés dans la brigade criminelle !!! :D
    par contre je m'attendais plutôt à ce Peter et Remus fassent autre chose qu'auror parce qu'il faut avouer que Peter n'a pas vraiment le profil type et Remus n'avait pas parler de devenir prof ?
    Bon et bien à bientôt
    j'attend avec impatience la suite !! :D

    Bis

    Camillee

  • clochinettedu76

    09/11/2014

    Coucou,
    et oui, ca fait un moment que je devais deja te donner mon avis, mais je n'ai pas eu beaucoup de temps cette semaine.

    Donc, pour commencer, je dois te dire que c'est un chapitre super ! Il confirme ce que l'on savait deja a propos de Prue : elle a un veritable potentiel, surtout face à Maugrey ;)
    Ensuite, on voit que la formation est longue et dure, et qu'il faut vraiment etre doué, et en vouloir pour y arriver.
    Je me doutais aussi que Peter avait du retard par rapport aux autres Maraudeurs. C'est donc un peu "normal" qu'il ne soit pas dans la BCM avec les autres. Ca aurait été un peu bizarre sinon ^^

    Voila voila :)
    Ah une derniere chose, j'adore quand tes chapitres sont longs comme ca... Ok d'habitude on ne va pas dire qu'ils sont courts, mais ça ne me derange pas qu'ils soient aussi longs, au contraire ! Et je vais reprendre mes bonnes habitudes quand tu etais au tome 1 en disant : J'ai hate d'avoir la suite à lire !

    PS : 15 jours à attendre a chaque fois entre les chapitres... ca va etre loooonnnnggg....

  • aSupernaturalLife

    08/11/2014

    Hey :)

    C'est vrai que si Peter avait été aussi bon que les autres ça n'aurait pas été crédible... déjà qu'il soit arrivé jusque là c'est fort de sa part ! x)

    Bisous & à bientôt :)

  • Hurricany

    07/11/2014

    J'aime ce chapitre ! Ça nous montre vraiment que les aurors ne sont pas des chochotes. Et magnifique défaite de Maugrey ! ;)

  • aSupernaturalLife

    04/11/2014

    Coucou ! :)
    Comment vas tu ?

    Désolé d'avoir mis tant de temps pour lire ce chapitre. Je devais passer dès vendredi mais franchement je n'ai pas eu le temps :/

    Bref. Que dire ? J'ai adoré ! Il s'en passe des choses dans ce chapitre, et même si je m'attendais à ce que Prue soit douée, tu as quand même su bien décrire tout ça, je sais pas si je suis claire mais ce n'était pas barbant de lire ce dont j'étais sûr, bien au contraire. Et Remus, James et Sirius sont des pros eux aussi, ça je m'y attendais moins. Comme Prue l'a dit dans le chapitre, eux n'ont pas d'expérience dans ce domaine. J'ai été étrangement surprise que Peter ait tenue le coup, j'aurais pensé qu'il laisse tombé au bout de quelques jours x)

    Et même si il y a un saut dans le temps de plusieurs mois dans ce chapitre (en général je n'aime pas ça, j'aime la description de ces moments) je ne me suis pas senti perdue, car Prue décrit très bien ce qui leur arrive pendant ces 6 mois. Je pense que ça aurait été un peu long si tu avais tout décris x) Maintenant, les maraudeurs (et prue, mais pour moi elle fait membre à part entière du groupe!) vont avoir un peu plus d'action, j'ai hâte de voir ça.

    Pour le moment, ce travail ne met pas en danger la vie secrète de Prue, mais ça va bien finir par arriver... non? Genre ils vont devoir enquêter sur un meurtres de l'un de ses louveteaux, ou même sur un des siens ?

    J'ai vraiment hâte de lire la suite, c'est un retour en force que tu nous fait là ! :) A bientôt ♥

  • crucio-black

    02/11/2014

    Hello!

    Très bon premier chapitre! Totalement à l'opposé du premier-premier chapitre, niveau opinion de Prue. =P On voit toujours à quel point notre chère Prue est douée, mais aussi comment les Maraudeurs se débrouillent. Le petit fossé commence à se créer entre Peter et les autres, malheureusement.

    Sinon, c'était un bon récapitulatif de tout ce qui se passe dans le monde sorcier. Tu jettes bien tes bases, et ça augure bien pour ce nouveau tome!

    À la prochaine!

  • MikaWolfeHP

    02/11/2014

    Waouh!!!! C'était génial! Je me demande bien si l'identité de Tracker va se faire révéler un de ses quatre! Et j'ai bien hâte de voir les performances de Prue sur le terrain! Puis, travaille-t-elle encore pour Jack? Je m'ennuie de lui!! :P

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