Chapitre 3 : « Une piste inespérée »

« Depuis que je connais les joies d'avoir une vie hors de l'ombre... j'ai toujours eu la crainte que mes mondes se croisent. J'ai fait du mieux que j'ai pu pour empêcher ça, même si au fond, je savais bien que ce n'était qu'une question de temps avant que ça arrive. A la fois fille du mage noir qui veut soumettre l'Angleterre et protectrice des personnes désignées comme des obstacles à ces sombres projets... A la fois flic et tueuse hors paire... Je m'étais préparée au jour où le contrôle m'échapperait... mais pas à celui où mon passé viendrait à ma rencontre, au hasard d'une enquête, alors que pour une fois, j'avais cessé de lui courir après. »
 
Chapitre 3 : « Une piste inespérée »
 


| 21 avril 1979 |
 
Un mois était passé, pendant lequel j'avais pris le rythme du Ministère. J'aimais beaucoup travailler à la BCM. Les enquêtes ne manquaient pas, et même si c'est malheureux parce que c'était synonyme de mort, j'arrivais chaque jour excitée à l'idée de me rendre sur le terrain. Les Maraudeurs prenaient également goût à leur travail, même s'ils avaient encore du mal à supporter la découverte de la scène du crime. Je reconnais que ce n'était pas donné à tout le monde de pouvoir observer de près un cadavre, ou analyser les lieux et objets qui racontaient le scénario du crime, sans se laisser perturber par l'histoire qui s'était jouée. Les trois Maraudeurs ne s'étaient pas encore forgés une carapace suffisamment solide pour supporter ces moments-là. Et encore, pour l'instant, nous avions eu la chance de ne pas avoir des enquêtes trop hard. Moser nous faisait démarrer en douceur, en nous mettant sur les crimes plutôt « classiques ». Mais je savais qu'un jour, en progressant, on serait envoyé sur des scènes de crime plus impressionnantes pour nous lancer aux trousses de criminels bien plus redoutables. D'ici là, mes amis allaient devoir apprendre à conserver la tête froide pour ne pas être trop affectés par les drames sur lesquels ils devaient enquêter.

 

Mis à part leur mental, les Maraudeurs s'en sortaient plutôt bien pour des débutants. Ils avaient une très bonne logique, qui venait s'ajouter à un esprit vif. Moser n'avait pas souvent besoin de leur faire un dessin pour qu'ils tirent les bonnes conclusions pendant les enquêtes. J'étais vraiment contente de les voir progresser un peu plus à chaque affaire. J'étais certaine qu'ils seraient bientôt prêts pour participer à des enquêtes plus délicates. J'aimais beaucoup travailler avec eux. Ensemble, nous complétions nos hypothèses, suivant le fil de nos idées jusqu'à la vérité. Je m'amusais souvent sur les scènes de crime à glisser quelques remarques pour les mettre sur la bonne voie, tout en restant énigmatique pour leur laisser le plaisir de percer le mystère eux-mêmes. Déjà, parce que je ne voulais pas me faire remarquer en me montrant trop douée dans le domaine. Mon aisance dans l'analyse des scènes de crime et dans mes interprétations m'avait suffisamment placée en haut de la liste des curiosités de la Brigade, pas besoin d'en faire trop. J'avais eu ce que je voulais en faisant mes preuves lors de ma capture en solo de Speers et Freddy, mais depuis, j'essayais de me contrôler. Au moins pour les premiers mois.

 

Alors je me contentais d'être « bonne élève » en suivant le chemin montré par Moser et ses collègues, et d'accompagner les Maraudeurs pour qu'ils me suivent dans cette voie. Nous formions vraiment une bonne équipe, et nous avions sympathisé avec la plupart des policiers de la BCM. Certains d'entre eux étaient loin d'être aimables, et nous avions eu vite fait de les repérer afin d'éviter toute embrouille. Avec James et Sirius ensemble, on avait beau travailler sur des meurtres, ils arrivaient toujours à trouver le mot pour rire lors des repas ou des apéritifs. Comportement largement apprécié par la plupart, jugé énervant par quelques rares grognons. Alors autant dire que mes chers Maraudeurs avaient la côte. C'était très prometteur pour la suite de notre carrière.

 


Et pourtant, même si tout allait pour le mieux, ça ne nous suffisait pas. Bien sûr que l'on était fiers de notre travail... d'arrêter des criminels... de défendre de notre mieux la justice... mais nous voulions tellement devenir Aurors. C'était vraiment le badge le plus prestigieux du Département de la Justice Magique. Même si toutes les brigades étaient aussi utiles les unes que les autres, celle des Aurors était vue comme la récompense suprême. De nous tous, c'était Sirius le plus motivé pour la décrocher. Il crevait d'impatience ! Si je faisais un effort de contrôle pour me faire remarquer, mais sans plus, Sirius au contraire faisait tout pour se montrer à la hauteur. Son seul objectif était de se démarquer des autres apprentis pour rejoindre les Aurors au plus vite. Je savais que cette volonté avait un lien avec ses parents. Il devait rêver d'arrêter son père, ou au moins de profiter de la moindre occasion pour lui pourrir la vie. Chaque fois que mon ami essayait de pommader Maugrey pour suivre les Aurors, notre mentor lui répondait qu'on avait bien de la chance de commencer avec la Brigade Criminelle. D'autres n'en avaient pas tant et se retrouvaient sur les cambriolages ou au service de détention d'objets dangereux. Tout aussi utile mais bien moins palpitant.

 

Il est vrai que les Maraudeurs et moi-même n'avions vraiment pas à nous plaindre : nous étions les mieux  placés. Mais traquer les mages noirs... ça restait quand même le niveau que l'on désirait ardemment atteindre. Raison pour laquelle on se donnait toujours plus à fond pour faire nos preuves. Alastor, Lyall et Aaron nous invitaient souvent à boire un verre au QG des Aurors le soir après le travail, pour que l'on discute. Ils ne manquaient pas la moindre occasion de nous provoquer et de nous faire râler pour nous donner la rage de réussir. Mais ils n'avaient pas besoin d'en rajouter. Les Maraudeurs se transformaient déjà au fil des jours. Observer la mort et être confronté à des suspects parfois crapuleux leur donnait soif de justice. Lyall avait eu raison sur un point : la dureté du travail impactait leur personnalité. Ils avaient le caractère plus pimenté, le regard plus aiguisé... ils avaient gagné en maturité, tout en conservant intacte leur âme maraudesque. Que du plaisir au quotidien !
 
-         On dirait bien que je commence à avoir une meute intéressante... continuez sur votre lancée les jeunes, et la BCM ne sera qu'un passe-temps occasionnel, encouragea Maugrey en nous rendant un rapport rédigé par James.
 
Maugrey nous surveillait souvent au travers des nombreux rapports et nous suivait parfois même sur le terrain pour nous voir à l'½uvre quand il avait le temps. On se doutait bien qu'il savait déjà qui parmi nous aurait sa place avec les grands Aurors sur le terrain et ceux qui resteraient au chaud dans les bureaux. Il nous avait laissé entendre que ce serait le cas de Peter, qui n'avait pas l'étoffe d'un chasseur de mage noir. Pas l'étoffe d'un chasseur tout court d'ailleurs, c'était officiel désormais, et c'était la raison pour laquelle il risquait de ne jamais avoir le plaisir d'intégrer la Brigade. Ça le minait un peu d'ailleurs. Je sentais que ça l'éloignait de nous. Même si pour les autres Maraudeurs, ça ne changeait rien, j'avais le sentiment que ce n'était pas le cas pour Peter. J'avais l'impression que leur lien risquait de s'effilocher en même temps que le nôtre avec la Brigade se renforçait. Même s'il avait eu l'habitude d'évoluer dans l'ombre de ses amis, il avait toujours été à leur côté, et maintenant ce n'était plus pareil. Il faisait comme si c'était le cas, et il arrivait malheureusement à berner ses amis, mais ça ne marchait pas avec moi. Je n'étais pas suffisamment proche de lui pour qu'il puisse m'aveugler. Espérons que c'était seulement temporaire, et qu'il apprendrait à suivre son propre chemin. Après tout, il était rare de suivre la même voie que ses amis, et ce n'est pas parce qu'il ne pouvait pas rejoindre les Maraudeurs qu'il ne se montrerait pas à la hauteur dans d'autres domaines. C'est du moins ce que je lui souhaitais.

 
| 22 avril 1979 - Manoir des Halliwell - 10h |

 
Ça faisait bien trois heures que j'étais réveillée, incapable de me rendormir malgré la semaine intense que nous avions eu. Entre les traques la journée et plusieurs bringues le soir qui s'étiraient dans la nuit, on ne peut pas dire que nous avions un quota de sommeil très important ces temps-ci. Mais les Maraudeurs s'éclataient et profitaient de la vie, alors impossible de freiner leur enthousiasme. De mon côté, malgré tous les bons moments que je partageais avec eux et nos nouveaux collègues de travail, je n'étais pas complètement satisfaite. Exceller au travail ne me suffisait pas, c'est le côté personnel qui me tenait le plus à c½ur. Et depuis cet été, le sujet brûlant était celui du camp. Ça me hantait. Si avec le temps j'avais réussi à apaiser cette douleur, elle s'était ravivée depuis cet été, et je n'arrivais plus à me stabiliser. Je n'arrivais pas à croire qu'après avoir eu une piste aussi solide, mes recherches restent vaines. J'étais revenue au point de départ. Plus de piste. Plus d'indice. Rien. Juste ma haine et mes angoisses. Je pensai à Diego avec un pincement au c½ur. Nous n'avions plus abordés le sujet du camp depuis longtemps. Et malgré tout, j'étais persuadée que lui aussi y pensait souvent, avec la même pointe dans les entrailles. Moi qui avais espéré lui faire le cadeau de lui annoncer que j'avais enfin réussi à retrouver le camp...
 
-         A quoi tu penses ?
 
Je sortis de mes pensées, tournant la tête pour adresser un faible sourire à Remus. Je me doutais bien qu'il sentait que mes sourires étaient souvent faux... mais je ne pouvais pas lui dire quel mal me rongeait depuis des mois. Mon passé avait toujours été un poids lourd et pénible à porter, mais mon échec le rendait insoutenable désormais. Passer si près du but et être toujours aussi perdue me désespérait. J'avais le sentiment d'être incapable de mettre un point final à l'histoire la plus terrible de ma vie. D'être incapable d'honorer ma promesse.
 
-         A ce que je pourrais bien te faire à ton réveil, répondis-je en me rapprochant pour l'embrasser, coupant court à toute discussion.
 
 
| 12h20 |

 
J'allumai la télévision, passant sur la chaine d'informations réservée à la communauté de la sorcellerie pour me tenir au courant des dernières nouveautés. Je restai interdite en lisant l'alerte info.
 
-          Remus ! appelai-je au bout de plusieurs secondes.
 
Il ne mit pas longtemps à me rejoindre, sans doute interloqué par le ton de ma voix.
 
-          Qu'est-ce qu'il se passe ? demanda-t-il en arrivant.
 
Mais je n'eus pas besoin de lui répondre, la journaliste se chargeant de le faire à ma place. La même info devait tourner en boucle depuis ce matin. Un colonel moldu était mort, alors qu'on venait de lui remettre la médaille d'honneur. Froidement assassiné d'une balle dans la tête par un jeune homme à peine majeur... un jeune qui, après enquête, s'avérait être un sorcier. Une exécution choc devant une foule qui n'avait rien vu venir. Je pensai aux Mangemorts, qui faisaient de plus en plus parler d'eux ces derniers temps. De nombreux moldus et nés-moldus disparaissaient ou étaient retrouvés morts... était-ce là encore une ½uvre de mon père ? Etait-ce pour prouver sa loyauté envers le Seigneur des Ténèbres que ce jeune avait commis un meurtre... comme un pion va en détruire un autre en sachant par avance qu'il sera pris lui aussi au tour d'après ? 

 


Je regardai la vidéo du drame avec attention pour m'imprégner des évènements. On voyait le colonel se faire présenter la médaille d'honneur sur un coussin, sous les regards admiratifs. Mais au moment où le Premier Ministre Britannique s'en saisit pour lui remettre, sa tête part brusquement en arrière lorsqu'un coup de feu claque, déclenchant un mouvement de panique dans la foule venue observer. Je fronçai les sourcils en voyant la garde rapprochée former un bouclier humain pour empêcher tout autre tir. Le choix de l'arme écartait mon hypothèse. Ce jeune ne pouvait pas être relié à mon père. Symboliquement, ce serait un choix qui déplairait fortement. D'ailleurs, pourquoi s'être servi d'une arme à feu ? Il l'aurait fait de loin, pour avoir une chance de s'échapper, j'aurais compris, je faisais pareil avec mon fusil... Mais là ce n'était même pas le cas puisqu'il n'avait pas tenté de fuir. Il était juste venu exécuter sa cible. Comme un terroriste. Avec un bon avocat ou un mauvais pour le représenter, ce jeune aurait droit à un aller simple à Azkaban. Il ne pouvait pas en être autrement. Aucune pirouette ne lui permettrait de s'en sortir maintenant qu'il avait été capturé.

-          C'est incroyable, souffla Remus.

Oui, il y avait de quoi être étonné. Un sorcier à peine majeur qui assassine un colonel moldu d'une balle dans la tête, au beau milieu d'un évènement sous haute garde... c'était assez surprenant. Je n'osais zapper sur les chaînes moldus, qui devaient certainement passer en boucle ces images. J'ignore comment diable la BCM avait compris que le coupable était un sorcier, mais ce détail avait dû raviver les tensions entre Fudge et le Premier Ministre Britannique. Ce drame n'était pas bon du tout pour notre communauté. Alors sans plus attendre, j'invitai Remus à passer à table pour qu'on se rende au plus vite au Ministère. Nous étions en repos normalement aujourd'hui, mais j'avais envie d'être de la partie pour cette nouvelle enquête, et Remus aussi.

 
| Ministère de la Magie - Division de la Police Magique - Salle d'interrogatoire n°1 |

 
-          J'aurais été étonné de ne pas voir le bout de votre nez, lança Wagner lorsqu'on entra.
 
Pendant quelques instants, je fus incapable de regarder Wagner. Mes yeux s'étaient accrochés au jeune suspect de l'autre côté de la vitre, assis face à Moser dans la salle d'interrogatoire. Il devait avoir seize ou dix-sept ans tout au plus. Je n'eus aucun mal à deviner sa carrure sous son pull. J'étais impressionnée par le calme dont il faisait preuve. Il avait tué un militaire haut gradé, il se faisait cuisiner par l'un des meilleurs flics d'Angleterre, et pourtant, il conservait son sang-froid. Un profil troublant et intéressant.
 
-          Vous avez tiré quelque chose de lui ? demandai-je à Wagner.
-          Il reste muet comme une tombe. C'est un dur à cuire ce jeune.
-         On a vu aux infos qu'il avait tué devant témoins. Il n'a fait aucune revendication ? s'étonna Remus.
-         Aucune. Il a fait ce qu'il avait à faire, il a été arrêté sur le champ, et depuis rien.
-         Qu'est-ce qu'il va se passer s'il refuse de parler ? m'intéressai-je.
-       Il sera enfermé dans tous les cas. Mais le Ministre a été clair, il veut connaître le mobile. 
 
Rien de plus normal. La justice avait autant besoin du mobile que du coupable... et pour l'instant, l'acte de ce jeune restait injustifié. Pourtant, il devait bien y avoir une origine à une telle détermination dans son regard. Il n'avait pas agi par folie, encore moins par hasard. Cet acte, soudain et brutal, ressemblait plutôt à un coup de sang lié à une pulsion haineuse. Mais pourquoi la satisfaire devant une foule de témoins ? Etait-il à ce point dans sa bulle, fixé sur son objectif, pour en oublier ce qui l'entourait ?
Moser ressortit de la salle, énervé, et je parvins enfin à décrocher mes yeux du suspect.
 
-       Prends le relai Wagner, demanda Moser. Ce petit enfoiré ne doit pas avoir de pause jusqu'à ce qu'il craque.
-           Attendez, on peut y aller ? tentai-je.
-        Désolé, Hunt. C'est une affaire trop délicate, soupira Moser. Vous ne pourrez pas enquêter sur cette affaire, vous êtes trop jeunes. Le Premier Ministre Britannique harcèle Fudge pour avoir des réponses. Un sorcier qui assassine un moldu, c'est pas bon pour nous. Heureusement que ce jeune ne s'est pas servi de la magie pour commettre ce meurtre, sinon l'existence de notre communauté aurait été révélée devant une foule de journalistes qui retransmettait en direct, ce qui aurait été assez catastrophique pour effacer toutes les traces ensuite. Vous pouvez suivre l'enquête, mais vous serez de simples observateurs.
 
J'acquiesçai, quelque peu déçue même si je m'étais attendue à cette réponse. En tant que débutants, nous n'avions pas encore gagné le droit de nous inviter sur les affaires de ce genre. Pourtant, qu'est-ce que j'aurais voulu être de la partie... ce jeune me troublait tellement, j'aurais eu envie de lui parler, d'essayer de comprendre ce qui l'avait motivé à agir ainsi.

 
| 20h |

 
Remus venait de me quitter, contacté par son père au QG des Aurors. Je n'avais pas voulu le suivre de suite, toujours scotché à la vitre de la salle d'interrogatoire. Le suspect n'avait toujours pas prononcé la moindre parole, pas laissé paraître la moindre réaction à toutes les tentatives de chaque policier à le sortir de son mutisme. L'enquête était au point mort. On n'avait même pas réussi à identifier ce jeune. C'est comme s'il n'avait jamais existé. Ma curiosité n'en était que renforcée. Je désirais parler à ce jeune. Je l'avais observé toute la journée, et je sentais qu'il avait vraiment eu une raison d'agir ainsi. Il n'y avait aucune fierté dans son regard, aucune émotion qui puisse trahir son état. Il avait une carapace solide, mais j'étais persuadée que je pourrais l'amener à répondre au moins aux questions de base. Alors que d'autres policiers de la Brigade arrivaient, pour continuer le relai en soirée et probablement une partie de cette nuit aussi, je m'avançai à nouveau vers Moser.
 
-          Tu es têtue Hunt, dit Moser avant même que j'ouvre la bouche.
-        Aller, laissez-moi une chance. Il n'a rien dit de tout l'après-midi de toute façon, vous ne risquez rien à ce que je tente quelque chose.
 
Il soupira, échangeant un regard avec Wagner, qui haussa les épaules en réponse à l'hésitation de son collègue. Je devais le mettre dans une position délicate en lui demandant ça, mais après tout, j'avais déjà prouvé auparavant que j'étais plutôt douée pour cerner les suspects. Une part de lui devait lui souffler qu'une flic du même âge que le suspect aurait peut-être plus de chance de créer un lien.
 
-         Ok vas-y. Mais à la seconde où je te dis de sortir, tu le fais. Clair ?
-        Très.

Il m'ouvrit la porte, et j'entrai avant qu'il ne change d'avis. Le jeune ne me regarda même pas, accueil qu'il avait réservé à tous les nouveaux flics venus l'interroger. Pour ne pas faire comme mes prédécesseurs, je choisis de rester debout derrière lui plutôt que de le forcer à me voir en m'asseyant en face. Il était dans sa carapace de toute façon, inutile de l'obliger à quoi que ce soit.
 
-         Tu dois être las de voir les flics se succéder pour te poser toujours les mêmes questions... mais c'est pourtant ce qui va se passer jusqu'à ton procès. Et après, c'est terminé pour toi. Se faire prendre quand on a tué... c'est pas bon. Quand il y a en plus des témoins, ça se corse... Mais alors exécuter un militaire, haut gradé en plus... tu te doutes bien que tu ne sortiras de cette pièce que pour aller à Azkaban jusqu'à la fin de tes jours si t'as un peu de chance, ou pour recevoir le baiser du Détraqueur dans le pire des cas. Rien de ce que tu me diras ne changera ton sort. Mais ça, tu as dû le comprendre puisque tu refuses obstinément de parler. Tout ce qui nous intéresse, c'est ton mobile. Pourquoi t'as fait ça ? Pourquoi lui ? Pourquoi devant témoins... ? Pourquoi une telle froideur ? Tu n'as même pas essayé de dissimuler ton acte... comme si tu te fichais complètement de te faire arrêter. Comme si les conséquences n'avaient pas la moindre importance.
 
Aucune réaction de sa part. Il savait à l'avance qu'il mourrait pour son geste. Il était prêt à en payer le prix. Quel était son mobile ? Qu'est-ce qui pouvait bien pousser un jeune à détruire sa vie en même temps que celle d'un autre ? Tel qu'il avait été perpétré, ce meurtre ressemblait à un sacrifice à mes yeux. Je me mis à tourner autour de lui, voulant voir ses yeux pour la prochaine étape.
 
-         Les médias sorciers pensent que c'est un attentat de plus contre les moldus... et les moldus pensent que tu es juste un terroriste... honnêtement, je pense que tu avais une raison d'agir. Une raison que tu jugeais valable. Cet homme représente quelque chose pour toi. Quelque chose de particulier. Mais quoi ?
 
Toujours aucun mouvement de sa part, ni la moindre lueur dans ses yeux. Bon sang, comment pouvais-je espérer avancer si je n'avais jamais la confirmation d'être sur la bonne voie ? J'avais l'impression de m'adresser à une statue.
 
-         Si tu ne dis rien, ton acte restera incompris, repris-je. Tout le monde ne souhaitera que ta mort parce que tu as tué sans raison apparente. Les gens dehors pensent que tu es un gamin détraqué... c'est ce que tu veux ? Qu'on se souvienne de toi comme d'un pauvre fou ? Pense au moins à ta famille. Tes parents. Imagine ce qu'ils pensent de toi en ce moment. Ils ne doivent même plus oser regarder la télé ou sortir... horrifiés par les images de ton assassinat qui tournent en boucle. Ils se demandent comment leur fils a pu agir comme un monstre.
-         Ça m'étonnerait, dit-il froidement.
 
Je faillis sursauter tellement je ne m'attendais pas à une réponse. Surtout aussi dure et glaciale. Néanmoins, j'en profitai pour m'infiltrer dans cette faille. Ce jeune avait un problème avec ses parents. J'avais réussi à capter l'amertume dans sa voix.
 
-         C'est ce que n'importe quel parent penserait à leur place, fis-je remarquer. C'est une réaction normale.
 
Retour derrière le masque, et le silence retomba.
 
-         Ils avaient des doutes sur toi ? demandai-je. Sur le monstre que tu renfermes ?
-         C'est leur faute.
-         Quoi ? Si tu es devenu comme ça ? Pourquoi ? Ils ont été violents avec toi ?
-         Pas eux.
 
Je fronçai les sourcils. La bonne nouvelle, c'est qu'il semblait enclin à justifier ses actes... la mauvaise c'est qu'il était trop bref dans ses réponses pour me permettre d'avancer.
 
-         Qui alors ? Quelqu'un d'autre de ta famille ? Un ami ? Un voisin ?
 
Aucune réaction. Je pensai alors à ma propre enfance.
 
-         ...Quelqu'un d'extérieur... ? Quelqu'un que tu ne connaissais pas ?
 
Son visage eut beau rester impassible, je remarquai une lueur dans ses yeux, sans doute sous l'effet d'un souvenir.
 
-         Quelqu'un qui te haïssait sans que tu comprennes pourquoi ? tentai-je.
 
Il leva les yeux sur moi, se contentant de m'observer avec attention, comme s'il était soudainement intéressé par mes tentatives de devinette. Je pris le jeu très au sérieux. Je m'assis bien en face de lui, me préparant à analyser son visage en détail pour repérer la moindre réaction qui puisse me mener sur la bonne voie.
 
-         Mes collègues ont essayé de t'identifier mais n'ont pas réussi... c'est comme si tu n'avais jamais existé... donc je suppose que si ce ne sont pas tes parents qui te faisaient du mal, ce ne sont pas eux non plus qui ont dissimulé ton passé. Tu... tu as été séparé de ta famille, n'est-ce pas ?
-         ...Oui, souffla le suspect.
 
Mon c½ur rata un battement. Je me sentais étrange tout d'un coup. J'avais un pressentiment... mais je n'aurais su dire s'il était bon ou mauvais.
 
-         Ça t'est arrivé jeune ?
-         Six ans.
 
Je déglutis péniblement. Tout ceci ne pouvait être qu'une coïncidence... mais à mes yeux, il y avait trop de similitudes. Il avait l'âge, le profil... sa musculature prouvait qu'il était déjà très bon sportif... et il s'en était pris à un militaire moldu... bon sang, était-il possible que ce jeune soit lié à...
 
-        Où as-tu été amené ?
-        En quoi ça vous intéresse ? renvoya le suspect.
 
J'entendis la porte s'ouvrir dans mon dos.
 
-         A partir de maintenant, ce jeune homme n'est plus forcé de répondre à vos questions avant que je me sois entretenu avec lui.
 
Pour la première fois depuis le début de ma carrière en tant que flic, j'étais contente qu'un avocat vienne interrompre mon interrogatoire.  Si j'avais raison, si ce jeune avait réellement fait partie du camp, je ne pouvais pas continuer à lui poser des questions alors que des flics observaient par la vitre. Je ne voulais pas être enregistrée. Je ne voulais pas que l'existence du camp soit révélée. Pas ici. Il me faudra trouver le moyen d'obtenir un petit tête à tête, officieusement. Il fallait que je sache si oui ou non mes doutes s'avéraient être exactes.
 
-         Je pense sincèrement que tu n'es pas le seul coupable dans cette histoire, dis-je simplement en lui tendant la main. 
 
Le suspect me la serra, après avoir marqué un instant d'arrêt en regardant mon tatouage. Une hésitation qui me déclencha une excitation intense mêlée à un grand malaise. Je sortis de la salle, complètement perdue dans mes pensées, comme dans un état second. Je me sentais fébrile soudainement, comme si j'avais pris un coup derrière la tête. Etait-il possible qu'après tous ces mois de pause... ce soit mon passé qui revienne à moi au grand galop ? Je soupirai, n'ayant plus qu'une envie : me retrouver seule pour faire le point. Mais Moser m'attrapa par le bras. Je remarquai une lueur étrange des ses yeux.
 
-         Tu as vraiment un don pour cerner les gens... me dit Moser.
-         Ça ne m'a pas avancé à grand-chose, dis-je en éteignant les dispositifs.
 
La vitre se teinta complètement de noir et le son ne nous parvint plus, laissant l'avocat libre de discuter avec son client.
 
-         Vraiment ?
-         Vraiment.
 
Je sentais que cette affaire serait celle pour laquelle je trahirais mon badge pour la première fois. J'étais quasiment persuadée que ce jeune était passé par le même camp que moi. Sinon, il n'aurait pas été surpris par mon tatouage. Et puis, ça expliquait tout. Sa haine pour ses parents, qui l'avaient envoyé dans ce camp ; le meurtre du colonel, qui avait dû faire partie des bourreaux. C'est pour cette raison que ce jeune l'avait abattu. Et pourtant, demain, c'est lui qui serait condamné. Lui qui serait traité comme un meurtrier.  Si j'avais raison, je ferais en sorte de remettre les choses à leur place. Mais si j'avais tort... ce serait une nouvelle piste envolée. Encore.

Je sortis de mes pensées en voyant les Maraudeurs venir vers moi.
 
-        Je vous invite à une petite fête ce soir, tu es partante ? demanda Sirius tout enjoué.
-        Euh, excuse-moi Sirius, je ne vais pas être dispo ce soir.
-        Qu'est-ce que tu as ? s'étonna Remus.
-         Je vais voir Diego. Ce n'était pas prévu, pardonne-moi de te prévenir aussi tard.
-         Non non, c'est rien, aucun souci.
 
Je n'étais pas très convaincue par l'air de Remus, mais j'avais pris ma décision. Je l'embrassai avant de lui adresser un sourire réconfortant. J'avais réussi à faire semblant depuis l'été dernier... mais avec ce nouveau doute, je ne pouvais plus tenir. J'avais besoin d'en parler. Et une seule personne pouvait m'écouter. La seule personne qui partageait le même désir obsessionnel que moi de se venger.
 

| Plage de Blackpool Sands - 21h |

 
J'étais assise sur le sable de la magnifique plage de Blackpool Sands, regardant pensivement le mouvement lent de la mer, bercée par le doux bruit des petites vagues qui s'échouaient sur la plage. Ce n'était pas vraiment la saison idéale pour aller sur la plage, surtout la nuit... mais j'avais justement besoin d'un endroit désert. Ça faisait bien une demi-heure que j'étais là, pensive.
 
-        Je n'aurais jamais pensé te retrouver ici. Toi qui préfères la forêt ou les toits de la ville...
 
Je levai la tête et ne fus pas surprise de reconnaître Diego. Je lui avais demandé de me rejoindre. On se voyait moins depuis que j'avais intégré la Brigade, car lui aussi semblait toujours occupé quand moi j'étais disponible. Il m'avait manqué, et le simple fait de le revoir me procurer une sensation d'apaisement. Il me manquait atrocement ces derniers temps, alors ça faisait vraiment du bien qu'il soit là, au rendez-vous. Il s'assit à mes côtés, laissant passer quelques secondes de silence.
 
-         J'ai eu besoin de changer de paysage un peu, avouai-je.
-         Qu'est-ce qui ne va pas ? me demanda-t-il.
 
Je déglutis péniblement en baissant les yeux. Ça faisait des mois que je trompais tout le monde avec mon sourire, mais au fond, malgré mes victoires et tout le plaisir que je pouvais ressentir grâce aux Maraudeurs... il y avait toujours cette lame plantée dans mon c½ur. Et ça, seul Diego pouvait le voir d'un seul coup d'½il, quel que soit le masque que je porte.
 
-        Je suis... un peu perdue.
 
Diego m'encouragea d'un simple regard à développer, étonné par mes paroles.
 
-       Toutes mes enquêtes personnelles sont en suspend... J'ai beau chercher dans tous les sens... je n'arrive pas à débloquer de piste.
-        Toujours rien sur le Cobra de l'époque ?
-       Non. Ni sur le commanditaire. Alors je me suis reportée sur la personne qui avait tenté de m'assassiner en février... mais là encore, je suis dans l'impasse. Et puis cet été...
 
Je soupirai, hésitant encore à me lancer. J'avais eu l'occasion de discuter avec Diego de mon passé, de mon avancée sur l'enquête du mystérieux agresseur, sur l'histoire qu'avait eu mes parents... je lui avais parlé de ma soeur, du fait que j'avais toujours connu Remus... mais je n'avais pas osé aborder le sujet du camp. Je ne voulais pas donner de faux espoirs à Diego. Je savais qu'il tenait autant que moi à retrouver ce qui avait été notre enfer. Alors j'avais attendu, préférant suivre la piste seule... mais je n'étais arrivée à rien, et aujourd'hui, le miracle s'était peut-être produit. Le suspect que j'avais interrogé pouvait peut-être nous conduire sur une nouvelle piste. Et Diego avait le droit de savoir. Cette histoire était aussi la sienne, je ne pouvais pas lui cacher la vérité plus longtemps.
 
-         Cet été ? encouragea Diego.
-         En fouillant les affaires au manoir, j'ai trouvé cette photo, dis-je en lui tendant celle qui montrait le jeune Lunard et moi.
-         En quoi ton attachement avec un chien te perturbe-t-il tant ? taquina Diego.
-          C'est Remus... répondis-je.
 
Diego sursauta sous l'effet de la surprise, et je lus dans ses yeux qu'il avait compris ce que j'essayais de lui dire.
 
-         Attends, tu ne m'avais pas dit que Remus faisait partie des loups-garous qui nous avaient barré la route pendant l'évasion ?
 
Comme je m'y attendais, les souvenirs de ce soir-là étaient gravés avec précision dans la mémoire de mon frère de c½ur. Et pour cause, notre victoire nous avait coûté cher.
 
-        Si, confirmai-je.
-     Tu es en train de dire que la forêt qui est à proximité du camp est aussi celle où Remus se transformait... et donc qu'il habitait dans le périmètre...
 
Diego baissa les yeux sur la photo.
 
-        Dans le même périmètre où se trouve également ton manoir ?
 
Je secouai négativement la tête.
 
-         J'ai effectué des recherches... en vain. J'ai eu un espoir lorsque Remus m'a dit qu'il avait déménagé plusieurs fois... mais là encore, je n'ai rien trouvé. C'est comme si ce foutu camp avait été complètement rasé. Je n'ai pas trouvé le moindre indice qu'il ait pu exister.
-         Tu penses qu'ils l'ont basé ailleurs ?
-         C'est possible... notre évasion a dû compromettre leur sécurité.
-         Si c'est le cas, nous ne les retrouverons jamais.
 
Je déglutis face à l'air de Diego, aussi affecté que moi par cette conclusion. Ce camp, nous n'avions pas seulement envie de le retrouver pour assouvir notre soif de vengeance... nous avions laissé cher derrière nous. Et nos espoirs de retrouver ce que nous avions perdu s'étaient amenuisés au fil du temps.
 
-          C'est ce que j'ai pensé... c'est pour ça que je ne t'en avais pas parlé, avouai-je. Mais j'ai du nouveau.
 
Je me sentis fébrile lorsque Diego reporta son attention sur moi. J'aurais été bien incapable de mettre des mots sur ce que je ressentis en voyant cette lueur dans son regard. Cette même lueur, que je n'avais vu qu'en de très rares moments... lorsqu'on projetait ensemble de nous évader. Cette lueur qui montrait qu'il était encore vivant et prêt à se battre. Une lueur d'espoir, tout simplement. L'espoir de mettre un terme à notre cauchemar. C'est là que je me rendis compte que Diego n'avait jamais tourné la page. Cet Asesino, devenu fort et insensible, n'avait jamais oublié que notre promesse n'était toujours pas honorée. Il avait été rongé par le même remord. Nous n'avions jamais été en paix avec notre passé, ni l'un ni l'autre. Et aujourd'hui était peut-être l'occasion d'y remédier.
 
-        Tu as entendu parler du militaire moldu qui a été assassiné ?
-        Oui, ça fait de sacrés vagues.
-     J'ai interrogé ce jeune, et j'ai remarqué d'énormes similitudes avec notre passé. L'ennui, c'est que je n'ai pas pu lui poser des questions plus précises car je n'étais pas seule, et que j'ai été interrompue par son avocat. Mais quand je lui ai serré la main, j'ai la quasi certitude qu'il a reconnu le tatouage.
-        Tu n'as pas la possibilité de l'interroger tranquillement ?
-        Non... le Ministre veut qu'on plie cette affaire au plus vite. Son procès a lieu demain, et avec le dossier qu'on a contre lui, c'est clair et net qu'il va être condamné... et donc transféré directement à Azkaban. Un avocat commis d'office est arrivé tout à l'heure, je pense qu'ils en ont pour la soirée. Si on laisse ce jeune entrer dans la salle d'audience demain, on perd définitivement notre chance d'en découvrir plus.
-         A moins qu'on le fasse sortir avant.
 
J'eus un faible sourire en échangeant un regard complice avec Diego. Je n'avais pas eu besoin de lui faire un dessin de mes intentions. Ce jeune était notre dernier espoir d'avoir une nouvelle piste. Si nous laissions passer cette occasion, on pouvait dire adieu au camp, à notre vengeance... et à notre promesse. Je n'étais pas sûre que ce jeune apporterait des réponses... mais le doute était suffisant pour me pousser à faire évader un prisonnier. Tout le monde voulait que justice soit faite... et je ferai en sorte qu'elle soit effectivement rendue. Si ce jeune avait vraiment été au camp, c'était lui la victime de l'histoire.
 
-          Tu es avec moi ? demandai-je.
-          Toujours, assura Diego. Quel est le plan ?
 
 
| Département de la Justice Magique - Division de la Police Magique - 4h35 |
 

 
-       Je n'aurais jamais cru foutre les pieds ici, avoua Diego lorsqu'on entra dans le couloir de détention provisoire.
-         Je n'aurais jamais pensé trahir mon badge aussi vite.
 
Tout juste un mois que j'étais flic et je m'interposais déjà entre les tribunaux et un suspect. A vrai dire, même après l'affaire Speers, je savais bien qu'un jour ou l'autre Tracker aurait l'occasion de s'inviter à la fête, mais je pensais que ce serait plutôt pour tuer un suspect... pas pour le faire évader.
 
-          Tu es sûre qu'ils ne pourront pas faire le lien avec toi ? demanda Diego.
-          Tu as vraiment cru que je me servais de mon badge et de ma baguette pour passer les dispositifs de sécurité ?
 
Diego ricana. On s'arrêta devant une bulle transparente, où je pouvais voir le jeune homme assis sur son lit, éveillé. Il avait été amené dans sa cellule depuis tout juste dix minutes. Les flics avaient sans doute estimé préférable de lui laisser deux heures de repos avant qu'il doive se préparer pour assister à son procès. Je passai la baguette du malheureux garde que j'avais assommé quelques minutes plus tôt pour faire disparaître la bulle de protection. Le suspect se leva d'un bond en me reconnaissant.
 
-         J'étais sûr que vous viendriez, lança le suspect. Vous êtes la « terreur des bourreaux », n'est-ce pas ? 
 
Je lançai un regard éloquent à Diego. Le doute n'était plus possible, ce jeune me connaissait. Je confirmai d'un signe de tête. Ce surnom m'avait été donné par les autres enfants du camp. De tous les rebelles qu'il y ait pu avoir parmi les prisonniers, j'étais la seule à avoir réussi à tuer quelques-uns de nos ravisseurs. D'où le surnom. Je leur en avais fait baver à ces enfoirés.
 
-         Alors vous êtes Diego ? conclut le suspect en s'adressant au concerné.
-        Je vois que nous sommes toujours aussi célèbres, railla Diego en me regardant. Qui es-tu ?
-        Alexander Wright. J'ai reconnu votre marque au poignet, dit-il en s'adressant à nouveau à moi. J'ai beaucoup entendu parler de vous deux là-bas. Vous êtes restés les icônes de la rébellion. Même si au fil du temps, beaucoup ont cessé de croire en votre retour, tout le monde a continué de se battre pour la liberté.
 
Je baissai les yeux, sentant la lame toujours présente dans mes tripes se retourner brutalement.
 
-        L'envie de revenir au camp pour faire payer ces salauds et libérer les prisonniers a toujours été ardente Alexander... mais nous n'avons jamais réussi à localiser le camp. Vous avez été transférés dans un autre endroit, n'est-ce pas ?
-        Non. Ou alors ça s'est fait après mon départ à la guerre.
 
Nouveau coup de lame. Le camp avait continué de tourner à plein régime... d'autres gamins avaient été envoyés au front.
 
-      Qui était ce militaire que tu as descendu ? demandai-je. Un bourreau... ou un officier que tu as connu à la guerre ?
-        A l'époque, il était sergent, mais oui, j'ai combattu sous ses ordres à la guerre.
-         Tu avais quel âge ?
-         Douze ans, peut-être treize.
-        Pourquoi le tuer lui en particulier ? demanda Diego.
 
Bonne question. Même si c'était scandaleux de faire combattre des gamins, c'est la période où j'avais été la mieux traitée. Nos supérieurs n'étaient pas des enfants de coeur sur le champ de bataille, mais ils respectaient leurs troupes, car nous étions tous des frères et soeurs d'armes, sur lesquels nous devions pouvoir compter. Jamais ils ne nous avaient torturé ou privé de nourriture.
 
-         J'ai été capturé par l'ennemi, avec un autre officier, auquel j'étais très attaché. Il m'avait apporté un soutien précieux dans les pires moments, c'est grâce à lui que je n'avais pas craqué au front. Mais il a été blessé lors de l'embuscade qui nous a coûté notre liberté, et je l'ai vu mourir lentement les jours qui ont suivi, impuissant. Le sergent Mason n'a rien fait pour nous sortir de ce merdier. J'aurais pu comprendre si j'avais été le seul prisonnier, mais il n'est même pas venu pour son ami. Il nous a tout simplement abandonné, alors qu'il avait suffisamment d'hommes et d'armes pour venir nous chercher.
 
Alexander marqua une pause. Je sentais l'ampleur de sa tristesse et de sa colère dans sa voix. Moi, j'étais dégoûtée pour lui. Il avait été victime d'un combat qui le dépassait... d'une guerre qui n'avait pas de sens pour lui... et prisonnier d'un ennemi contre lequel il aurait préféré ne jamais se battre. Un militaire digne de ce nom ne laisse jamais des hommes derrière lui et pourtant, ce Mason l'avait fait.

-         Quand tu as appris qu'il avait été promu colonel et qu'il allait recevoir la médaille d'honneur, tu as craqué.
-         Ça fait huit mois que mes ravisseurs m'ont rendu ma liberté, estimant que j'avais suffisamment payé pendant ces dernières années... pendant huit mois, j'ai essayé de me reconstruire, d'oublier. Mais quand j'ai appris que ce fumier allait être médaillé... ça a été l'injustice de trop. Ça ne rendra pas la vie à l'ami que j'ai perdu, et ça n'effacera pas les atrocités que j'ai subies... mais j'ai au moins le sentiment d'avoir eu un peu de justice dans ma putain de vie !
 
Je ne pouvais que le comprendre, j'aurais pété les plombs de la même façon à sa place. Quoi que j'aurais quand même essayé de commettre le meurtre parfait. Tuer tout en restant libre, c'était quand même la meilleure vengeance.

-        Tu es parti à la guerre longtemps après notre évasion ? demanda Diego.
-        Je ne pourrai pas vous donner d'indication précise... je n'avais aucune notion du temps là-bas.
 
Bien sûr. Les jours se succédaient sans que l'on sache lequel nous étions... sans que l'on sache précisément depuis combien de temps nous avions été arrachés de la civilisation. Dans nos cellules, impossible de déterminer s'il faisait jour ou nuit dehors.
 
-          Mais il s'est écoulé plusieurs mois, si ce n'est plus, affirma Alexander.
 
Je ne comprenais pas. Si notre évasion avait compromis la sécurité du camp, ils n'auraient pas attendu autant pour déménager et faire disparaître les preuves. Ça n'avait pas de sens.
 
-          Dis-moi que tu te souviens des lieux, suppliai-je.
-          Une vieille caserne... avec une arène aussi en annexe... des murs et des barbelés pour délimiter le périmètre, et une forêt côté... nord-est je crois, à moins de cinq cent mètres.
 
Même décor qu'à notre époque...
 
-         Tu étais inconscient lorsque tu as été envoyé à la guerre ? supposa Diego.
-         Oui.
 
Même si je m'étais attendue à cette réponse, je sentis un poids tomber en moi.
 
-      Est-ce que tu te souviens de quelque chose qui pourrait nous aider à la localiser le camp ?
-        Je crains que non.
 
Non. Pitié, non. Pas une nouvelle impasse. Je refusais de subir un nouvel échec.
 
-         Prue, tu es bien sûre d'avoir fouillé le périmètre autour de la maison de... ton partenaire ? me demanda Diego.
-         Bien sûr. J'ai fait des recherches autour de celle où il habitait dans la même période que notre évasion... et par mesure de précaution, j'ai aussi cherché aux autres. Je n'ai rien vu.
-         Ce n'est pas très étonnant, personne ne pouvait le voir, fit remarquer Alexander.
-         Comment ça ?! s'étonna Diego.
-         Un jour, une épreuve nous a conduit dans la forêt. J'ai eu le faux espoir de ma vie. Alors que j'échappais aux chiens, j'ai vu des gens se balader dans la forêt. J'ai tenté de me diriger vers eux, mais une barrière invisible m'en empêchait. On avait beau hurler pour attirer notre attention, ils ne nous entendaient pas. C'est comme si nous n'étions que des fantômes pour eux.
 
Je restai interdite par les révélations d'Alexander. Il venait de décrire avec précision... les effets de sortilèges de protection d'un lieu. Comment était-ce possible ? Comment diable le camp, dont les bourreaux étaient tous moldus, pouvait-il bénéficier d'une protection relevant de la sorcellerie ? J'étais tellement choquée que je fus incapable de dire quoi que ce soit pendant plusieurs secondes. Je n'arrivais pas à envisager qu'un sorcier ait pu participer à...
Je tournai la tête vers Diego, qui comprit à mon regard à quoi je pensais.
 
-          Je suis passée devant le camp au cours de mes recherches... soufflai-je.
-          Et tu ne l'as pas vu parce qu'il est invisible aux yeux des intrus, termina Diego.
 
Évidemment. Je n'avais pas cherché à détecter un lieu protégé magiquement ! J'étais complètement sonnée. Jusqu'à maintenant, j'avais toujours cru que tous les bourreaux étaient moldus... Mais le témoignage d'Alexander prouvait incontestablement qu'il y avait au moins un complice sorcier. Comment pouvait-on aider des fous à détruire une génération... de sa propre population ? Je pris une profonde inspiration, tentant de contrôler la haine qui montait en moi. Moi qui pensais que rien ne pourrait être pire concernant le camp... voilà que j'apprenais que l'un des nôtres trahissait notre communauté.
 
-          Cette protection est ultérieure à notre évasion, fit remarquer Diego.
 
J'acquiesçai. Bien sûr, sinon nous n'aurions jamais pu nous enfuir. Nous nous serions heurtés au même mur invisible qu'Alexander.
 
-           On a plus qu'à relancer les recherches... en se concentrant cette fois sur les traces magiques, dit Diego.
 
Je perçus l'excitation dans sa voix. Alexander venait de nous redonner espoir. L'espoir de retourner enfin dans notre enfer... pour le réduire en cendres.
 
-           Vous les retrouverez, assura Alexander. Je suis vraiment content d'avoir pu vous aider. Je sais que vous ferez ce qu'il faut pour rendre justice. A vous deux, rien ne vous arrêtera.
 
J'eus un faible sourire. Il avait raison. Rien n'avait pu nous freiner tant que nous étions ensemble.
 
-           Et tu seras là pour fêter cette victoire avec nous, déclarai-je en ôtant les sortilèges de sécurité qui verrouillaient la porte.


| Planque de Tracker - 6h20 |

 
-          Où sommes-nous ? demanda Alexander lorsque je lui ôtai le bandeau des yeux.
-          Dans ma planque, répondis-je.
-          C'est ici que vous vous êtes préparée tout ce temps pour revenir au camp ?
 
Je soupirai. Pas exactement non.
 
-           C'est une longue histoire, Alexander. Et nous avons trop longtemps été privés de justice Diego et moi pour que je te la raconte maintenant. Tu vas rester ici en notre absence.
-           Laissez-moi venir avec vous, supplia Alexander. Je sais me battre, et je me souviens très bien des lieux, je pourrai vous aider.
 
Je lisais clairement son envie de venir se venger avec nous, et je le comprenais entièrement. Seulement... je savais que notre retour au camp serait sanglant, et très dangereux. Alexander avait beau avoir survécu jusque là, il n'était pas un tueur de notre trempe. Il n'avait pas notre entraînement.
 
-       Tu es épuisé par les récents évènements... repose-toi, tu es en sécurité ici. Nous reviendrons te chercher.
-         Prudence, s'il vous plait... j'ai rêvé de ce jour autant que vous.
-         Mais tu n'es pas aussi bien préparé que nous.
-         Ce sont des putains de moldus ! On ne risque rien !
-         Des moldus qui ont réussi à nous priver de nos pouvoirs dans notre jeunesse pour nous maintenir captifs. Nous ne savons pas ce qui nous attend là-bas. Et d'après ton témoignage, il y a au moins un sorcier parmi eux. L'opération ne sera pas sans risque.
 
Alexander soupira, et je m'approchai de lui en sortant ma baguette.
 
-             Crois-moi, c'est pour ton bien, dis-je en l'endormant profondément.
-             Tu ne peux pas t'empêcher de materner les autres, observa Diego.
-         Il a survécu jusqu'ici... je ne tiens pas à ce qu'il meure dans sa tentative de vengeance.
-             Et moi tu t'en fous ?! fit semblant de s'offusquer Diego.
-          Je ne craindrais pas que tu m'en veuilles pour le restant de tes jours, tu serais allongé à ses côtés, répondis-je avec sérieux.
 
Diego leva les yeux au ciel, à la fois amusé et exaspéré.
 
-         Ton attention me touche autant qu'elle me sidère, me dit-il.
 
Je souris en faisant disparaître ma tenue d'assassin.
 
-         Je reviens dans un quart d'heure. Prépare-toi pour notre grand come back !
 

| Maison des Lupin |

 
Je levai les yeux vers la fenêtre de Remus. Je me lançai un sortilège de Désillusion pour me rendre invisible, et me fis léviter jusqu'à la fenêtre de sa chambre. Il dormait encore, avec cet air paisible sur le visage qui avait le don de m'adoucir. Je déverrouillai la fenêtre et l'ouvris tout doucement pour ne pas faire de bruit. Je lançai une poudre dans sa direction pour le plonger dans un sommeil profond. Je pus alors entrer sans craindre de le réveiller. J'allai m'asseoir au bord du lit, arrangeant le drap presque inconsciemment. Je restai là, à le regarder dormir, caressant doucement ses cheveux. Je me penchai pour l'embrasser avec douceur, lui murmurant un « je t'aime » qu'il ne pouvait pas entendre. Malgré mon assurance, je ne savais pas ce qui m'attendait là-bas. Les choses avaient peut-être changé. Peut-être qu'il n'y avait pas qu'un sorcier parmi les bourreaux. Peut-être qu'il y avait des pièges pour protéger ce camp de toute tentative d'intrusion. Contrairement à mon habitude, cette fois je ne chercherai pas à commettre le meurtre parfait. Cette fois, ce ne serait que de l'improvisation. Et je ferai tout pour revenir indemne. Les bourreaux m'avaient tout pris pendant mon enfance... je ne leur permettrai pas de me priver d'une vie de bonheur aux côtés de cet homme. J'y tenais trop désormais.

 

C'est peut-être la raison pour laquelle une toute petite parcelle de moi craignait de revenir au camp. L'idée de redevenir prisonnière ou de mourir dans ma tentative de vengeance avait de quoi me perturber. Ce serait atroce qu'une telle chose se produise alors que j'avais enfin réussir à me reconstruire. En câlinant la joue de Remus, mes yeux se posèrent sur mon tatouage au poignet. Je sentis un souffle de courage qui balaya mes inquiétudes. Remus pouvait dormir tranquille. Je reviendrai. Et alors, même s'il me restera encore des mystères à percer sur mon passé... je n'aurai plus à porter ce fardeau qui m'empêchait de vivre la conscience tranquille. Je me levai et quittai la chambre, sans laisser la moindre trace de mon passage. Les quinze minutes étaient écoulées.
 

| . . . |

 
La nuit était fraiche et humide, à peine éclairée par un croissant de lune. J'avais amené Diego à proximité d'une maison qui avait été autrefois celle des Lupin. Tout était calme autour de nous. Endormi. On marcha silencieusement en direction de la forêt, non loin de là. Cette fois, j'étais persuadée que c'était la bonne. La maison derrière nous avait été habitée par les Lupin en 1972, année à laquelle je m'étais évadée avec Diego. Je n'avais rien trouvé la dernière fois parce que je n'avais pas suivi la bonne piste. Cette nuit serait différente.

 

Une fois la lisière de la forêt atteinte, je marquai un instant d'arrêt, prenant une profonde inspiration. Je laissai les souvenirs de notre évasion me guider au travers de la forêt obscure. L'impatience me rongeait un peu plus à chaque pas que je faisais. Et puis enfin, je reconnus le chemin, et je me mis à courir, suivie par Diego. Il y a cinq ans, nous courions à en perdre haleine pour échapper à la mort. Aujourd'hui, nous refaisions le chemin en sens inverse pour la répandre. A mon évasion, j'avais tout fait pour devenir imbattable, pour devenir une tueuse hors paire... et l'une de mes raisons à cette détermination, c'était celle-là : retourner au camp... dans le but d'échanger les rôles de bourreaux et condamnés. Aujourd'hui, c'est eux  que la Mort allait frapper. Aujourd'hui, ce sont eux qui resteront impuissants face à nous. Une immense joie sauvage m'envahit en sentant une barrière invisible ralentir notre course. Je m'arrêtai, sortant ma baguette pour analyser les sortilèges qui cerclaient le périmètre. Au bout d'une minute, j'adressai un sourire cruel à Diego. Plus de doute, les lieux étaient hautement protégés, comme nous l'avait dit Alexander. Nous étions aux portes de l'enfer. Des portes qui ne résisteront pas longtemps à deux démons désirant plus que tout retourner à la source du Mal qui les habitait.
 
 
Chapitre 3 : « Une piste inespérée »
 
Hello !  :) Je ne sais pas où j'ai trouvé le temps de finaliser ce chapitre, mais je suis bien contente d'avoir réussi à le publier ce week-end ! J'espère qu'il est à la hauteur de l'évènement, car vous l'aurez compris, Prue et Diego vont retourner au camp, ce lieu où leur vie a basculé dans le sang. Dites-moi ce que vous en avez pensé, vos avis sont toujours aussi utiles pour le bon déroulement de l'histoire !
Le mot de Tracker et l'aperçu du chapitre 4 seront publiés le week-end prochain. Je vous souhaite un bon dimanche, et à bientôt !
Bisous

Tags : L'histoire d'un assassin - Partie 1 : L'amour d'un Assassin - tome 2

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Comments :

  • Dum-Cha

    22/12/2016

    On piétine toujours ..et avec toi on sait que Le dénouement sera époustouflant.

  • hostfresh-HarryPotter

    21/03/2015

    Salut ! Je sais ça fait un moment que je ne suis pas passée, mais les devoirs et tout, bref, désolée. En tout cas, merci d'avoir continué à me prévenir.
    Ce chapitre est très très intéressant. On apprend beaucoup beaucoup de choses... Alors je te dis à plus tard pour la suite !

    Lily.
    P-S : Peut-tu désormais me prévenir sur mon autre blog ici : http://skystories.skyrock.com/ ? Mon blog va migrer là bas

  • harry-potter-8-fic

    15/02/2015

    j'ai hâte de voir comment ça va se passer dans le camp

  • harry-potter-8-fic

    15/02/2015

    J'ai encore une fois été plongée du début à la fin du chapitre dans l'histoire.

  • harry-potter-8-fic

    15/02/2015

    Coucou :)
    Désolée pour mon absence mais je suis de retour et je vais rattraper mon retard sur tes chapitres

  • Harry-Potter-generationx

    08/12/2014

    RHAAAAAAA ! Tu ne peux pas couper ton chapitre la !!!!! Non !!!! C'est du meurtre par suspens !!!!!!!!

    C'est chapitres est tout simplement une tuerie ! On retrouve le coté assez sombre de ta fiction et du caractère de Prue !!!!
    Et cette piste inespérée pour Prue mais aussi pour nous pauvre lecteur !!! Enfin on en apprend un peu plus sur se fichu camps et le passé de Prue !!!!! Alleluiah !!!
    Par contre maintenant j'ai encore plus de questions .... Comment de simple moldu peuvent annihiler comme ça le pouvoir des sorciers ? Ok ils sont gamins mais quand même ! Pourquoi un sorcier ferait ça ? Sérieux ! Et COMMENT PRUE S'EST RETROUVÉE LA DEDANS ?!!!! On m’enlèvera pas l’idée que Voldi a quelque chose a y voir !!!!

    Le prochain chapitre risque juste d’être une tuerie !!!! C'est va chier des marmottes pour le camps ! Prue va se déchaîner, sans parler de Diego !!!! Ahhhh ! J'ai hâte !!!!! :DDDDDD
    Paix aux âmes des bourreaux ... en fait non. Ils le méritent ! Mwahahahaha !

    Oulah je suis en forme aujourd'hui ^^'

    Bon. Tu l'auras compris, j'attend la suite avec impatience. Et je ne suis pas la seule !! ;)

    Bis

    a la semaine prochaine

    Camillee

  • aSupernaturalLife

    07/12/2014

    Coucou ! Alors déjà, vraiment désolée d'avoir mis une semaine à lire ton chapitre. Je voulais le lire plus tôt mais je n'ai pas eu le temps :/

    Sinon, rassures toi, ce chapitre était extra ! ENFIN on en apprend plus sur ce camps. On savait qu'ils y avaient enduré les pires souffrances, et pendant un tome tu as réussi à garder le mystère autour de ce fameux endroit. Et voilà qu'on sait que ça a été organisé par des moldus, et qu'on apprend aussi qu'un sorcier est derrière tout ça... ou peut-être même plus.

    Je ne sais pas pourquoi mais j'ai la mauvaise impression que le père de Prue y est peut-être pour quelque chose... j'espère me tromper, car même si Voldemort est mauvais, j'espère qu'il avait au moins de l'affection pour sa fille. Mais j'ai toujours senti qu'il avait tout fait pour que sa fille devienne comme lui. Peut-être que le camp faisait parti de ça ? J'espère me tromper.
    Le retour de Diego dans ce chapitre ! Il m'avait manqué :3 Même si Remus est mon préféré, le lien Diego / Prue est fort, et il donne envie x)

    J'ai hâte de lire la suite, de savoir comment vont se passer les retrouvailles bourreaux / victimes ! J'espère que Diego et Prue vont leur faire payer ! Je suis sadique :3

    Allé, à bientôt ! :)

  • laurie-slater-10

    03/12/2014

    NON! NON! Cela ne peut absolument pas finir comme ça! Je veux dire BING ! Sans rien... Aucune piste... juste Prue qui s'en va vers une mort certaine... Oh noN! Ne me dit certainement pas que Diego va etre blesser...mais bon j'ai bien aimé se chapitre plus court que les précedant on dirait ,mais tout aussi bon et entrainant que les autres! A dans 15 jours.. Ou plutôt 11 pour le Québec... :D

  • Hurricany

    02/12/2014

    Des nouvelles pistes. Je suis contente que Prue est sauvé Alexander, il le mérite. J'ai hâtes de voire sa vengeance, car je sais d'avance qu'elle sera terrible !

  • clochinettedu76

    01/12/2014

    Un super chapitre ! Prue qui retourne sur les traces de son passé en compagnie de Diego ! Je me demande ce qu'ils vont pouvoir en trouver...

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