Chapitre 4 : « Les démons de notre passé » (1/2)

« C'est dans cet enfer que notre vie a basculé. Ici que nous avons perdu notre humanité, faisant naître des bêtes féroces assoiffées de vengeance. Alors sans surprise, c'est ici, sur ce territoire maudit, que nous mettrons fin à cette cruelle partie en affrontant les démons de notre passé. Nos créateurs regretteront d'avoir éveillé en nous une telle haine viscérale. Je le jure. Leur châtiment sera à la hauteur de leurs crimes et de nos souffrances. »
 
Chapitre 4 : « Les démons de notre passé » (1/2)
 

 
| 6h50 |

 
Le dispositif de sécurité qui protégeait le camp était largement à la hauteur du besoin de conserver ce lieu maudit secret. Les sortilèges utilisés ne relevaient pas d'une grande puissance, mais ils avaient été plutôt bien choisis. Cela faisait dix minutes que je m'acharnais sur les défenses magiques, les faisant sauter une par une comme de simples barrières qu'il suffit de pousser pour faire tomber. C'était excitant comme sensation... de se dire que malgré tous leurs efforts, ils ne pourront pas nous empêcher d'entrer. Leur défense ne sera pas suffisante pour nous repousser Diego et moi. Après des années d'impuissance, je pouvais savourer d'avoir l'avantage sur eux. D'être plus forte.
 
-          Alors ? demanda Diego pour la énième fois en trois minutes.
-          Patience mon frère... calmai-je.
 
Je comprenais tout à fait que ce devait être dur pour lui d'attendre sans rien faire, pendant que moi j'opérais, baguette à l'½uvre. Je faisais des mouvements lents et précis avec mes mains selon les sortilèges que je lançais, concentrée avec intensité sur les enchantements qui essayaient de me repousser. J'analysai chacun d'eux avec grande attention, cherchant la faille pour les annuler. J'agissais avec une patience insoupçonnée en de telles circonstances. Je n'étais pas encore envahie par la haine qui me rendait incontrôlable. Non, pour l'instant, j'étais juste calme. Trop peut-être. Je risquais d'exploser sans prévenir en me retrouvant en présence de ceux que je désirais tant tuer.

 


Un fourmillement me parcourut le corps lorsque le dernier sortilège de défense sauta. Les portes de l'enfer s'ouvraient à nous. Nous n'avions plus qu'à avancer pour retrouver les démons de notre passé.
 
-          La vengeance est à notre portée, soufflai-je.
 
Diego regarda droit devant lui, silencieux, savourant ce moment que nous avions attendu pendant de nombreuses années.
 
-          Finissons-en, finit-il par dire.
 
Avec grand plaisir. Je pris une profonde inspiration, essayant de contrôler mes émotions. J'étais entre joie sauvage et crainte de l'inconnu. Cette défense magique m'avait prouvé que le camp n'était plus tel que je l'avais connu. Cette présence sorcière était-elle la seule nouveauté ? Ou est-ce que d'autres surprises nous attendaient bien sagement ? Je jetai un ½il à Diego, qui avançait avec détermination à mes côtés. Sa présence pour accomplir notre vengeance me procurait autant de réconfort que d'inquiétudes. Nous devions agir ensemble, comme nous l'avions toujours fait au camp, mais je craignais tellement qu'il lui arrive quelque chose... Je ne me le pardonnerais pas.

 

Mes craintes s'évanouirent, balayées par une avalanche de souvenirs. Comme lorsque j'étais revenue au manoir des Halliwell, ma mémoire m'offrit une projection de mes souvenirs. Je vis mon jeune fantôme, au sol, le haut du corps dans les bras d'un Diego affolé, une grande ligne de feu à quelques mètres derrière nous. Il me suppliait de ne pas le laisser, de m'accrocher à la vie... il me disait que je ne pouvais pas mourir maintenant que nous avions réussi à semer nos poursuivants. Et pourtant, je vis mes yeux se fermer lentement. Je me souvins de cette sensation de vide que j'avais ressenti à ce moment-là. Comme lorsqu'on est accroché depuis trop longtemps au bord d'un immeuble de vingt mètres de haut, et que le manque de force finit par faire lâcher prise, contre toute volonté. Le jeune Diego posa sa tête contre ma poitrine ensanglantée, effondré de chagrin. C'était tellement étrange de revivre ce moment, en tant que spectatrice. Les deux fantômes s'évanouirent, et je revins à la réalité, les yeux rivés l'emplacement où j'étais restée inerte.  Je regrettais de ne pas voir la suite. Peut-être que Diego était en train de la revivre, car il fixait le même endroit que moi, là où nous nous étions trouvés tous les deux sept ans auparavant.
 
-          Je ne savais plus quoi faire à ce moment-là, souffla Diego comme s'il avait deviné mes pensées. Je ne voulais pas être l'unique survivant. 
 
Il se tourna vers la lisière de la forêt, où l'on pouvait apercevoir à quelques centaines de mètres la maison qui avait été celle des Lupin à cette époque.
 
-           Je savais que ce n'était qu'une question de minutes avant que les bourreaux nous rattrapent... je n'aurais pas été capable d'atteindre la maison en si peu de temps en te portant. Alors je t'ai pris dans mes bras, et j'ai longé la lisière de la forêt le plus vite possible. Je sentais ton sang continuer de couler contre moi. Je savais que je ne pourrais pas trouver de l'aide à temps pour te sauver, mais je ne voulais pas te laisser derrière moi toi aussi...
 
Je pris la main de Diego avec douceur. C'était la première fois qu'il me racontait vraiment ce qu'il s'était passé après ma perte de connaissance. Il avait été très vague à l'époque, quand je lui avais demandé à mon réveil. Il m'avait juste dit que mon père nous avait retrouvés à temps et m'avait guérie.
 
-         Je n'ai pas eu le temps d'aller très loin. Ton père est apparu devant moi, d'un coup, comme ça. Ça m'a stoppé net. Il voulait que je te pose à terre. J'ai refusé, mais il a dit qu'il pouvait te sauver et qu'il ne me laisserait pas l'en empêcher. Tu avais perdu tellement de sang que j'ai accepté. Je n'avais personne d'autre pour te guérir. Il s'est accroupi à tes côtés, et je l'ai regardé faire avec sa baguette.

Je fermai douloureusement les yeux, sentant la blessure dans mon dos et ma poitrine me démanger, comme à chaque fois que je pensais à ce moment... le sauvetage in extremis de mon père. Sans lui, je n'aurais pas survécu à mon ultime tentative d'évasion du camp. Sans lui, Diego aurait été le seul à continuer la partie. J'ai longtemps considéré ce sauvetage comme une dette envers mon père, mais aujourd'hui, ce moment-là m'apparaissait comme un poids supplémentaire à porter. Mon père m'avait sauvé, c'est indéniable, mais nous en subissions les conséquences, encore aujourd'hui.
 
-          Je ne savais pas ce qu'il faisait et je n'ai rien compris à ce qu'il marmonnait... mais j'ai vu une légère fumée blanche s'élever de ton corps... tandis qu'une noire sortait du sien... elles se sont mélangées, et la fumée grise qui en a résulté s'est divisée en deux... l'une est entrée en lui, et l'autre en toi. J'étais émerveillé de voir le sang disparaître de ta poitrine... de sentir ton coeur battre à un rythme régulier... J'avais l'impression d'être dans un rêve tellement ça me semblait irréel. Et puis, ton père t'a pris dans ses bras et il m'a demandé de le tenir. Nous avons transplané tous les trois, et j'ai su en ouvrant les yeux que le cauchemar du camp était terminé.
-           La froideur du manoir de mon père n'a pourtant pas dû être rassurante au premier coup d'oeil, plaisantai-je.
-              Ça c'est sûr. Mais la douceur dont faisait preuve cet étrange inconnu en s'occupant de toi ne laissait pas de place au doute. J'ai de suite compris que c'était ton père.
-            ...Je regrette de n'avoir aucun souvenir du père attentionné qu'il a été en de rares occasions...

Diego attira ma main à ses lèvres, l'embrassant avec tendresse, avant de se remettre en marche. Je le suivis, mais une quinzaine de mètres seulement après, je m'arrêtai à nouveau, en entendant des bouteilles se fracasser et un souffle familier gronder. Je me retournai, voyant une barrière de feu entre nous et la lisière de la forêt. J'avais bien conscience qu'elle n'existait que dans ma tête, sous l'influence de mes souvenirs. Pourtant, je pouvais sentir la chaleur qui s'en émanait. Cette barrière avait été dressée par nos poursuivants, dans l'espoir de nous faire changer de direction pour nous faire perdre un temps précieux. Seulement déjà à l'époque, je n'avais pas peur du feu. Surtout qu'il constituait un obstacle entre nous et la liberté que je ne pouvais pas refuser de sauter. Je reconnus sans peine le rocher qui m'avait servi d'appui. Mon fantôme réapparut alors, à quelques mètres de moi, courant à en perdre haleine vers le rocher. Je me revis faire le grand saut en direction des flammes. La blessure dans mon dos me piqua plus vivement en voyant mon fantôme percuté en plein vol au moment où un claquement sec résonnait avec force. C'est cette balle, tirée par l'un de mes ennemis, qui avait bien failli me coûter la vie en me traversant le dos pour ressortir par la poitrine. Quelques secondes plus tard, c'était au jeune fantôme de Diego d'apparaître, suivant mon exemple pour sauter par-delà les flammes, avant de me découvrir inerte. Cette grave blessure était à l'origine de ma perte de connaissance, et des grands moyens utilisés par mon père pour me sauver la vie.

 


Je me détournai de cette barrière pour regarder devant, vers l'intérieur de la forêt. Mes souvenirs continuèrent de remonter en arrière, au fur et à mesure que l'on avançait. J'étais en train de revivre mon évasion... à l'envers. Je sentis quelque chose glisser dans ma main, et je revins momentanément à la réalité. Je souris faiblement en voyant que cette fois, c'était Diego qui me prenait la main, probablement en proie aux mêmes flashs que moi. Plus nos souvenirs remontaient, et plus ils étaient douloureux.
« Echec et mat »
Je relevai la tête, me souvenant avec précision du bourreau qui avait prononcé ces paroles, brandissant son pistolet sur moi. J'avais réellement pensé que c'était terminé. Pour la première fois, nos ennemis s'étaient résignés au fait qu'ils ne parviendraient pas à me dompter... et qu'il était donc temps de me tuer. Ils étaient lassés de jouer avec moi. Lassés de mes rebellions. J'incarnais un échec pour eux. Alors à l'époque, j'étais certaine que cette tentative d'évasion serait ma dernière.

 


Mais c'est là que le miracle s'était produit. Un loup-garou avait sauté sur le bourreau, l'empêchant de tirer. Ce même loup-garou qui n'avait pas cherché à m'attaquer alors que ses semblables nous avaient barré la route quelques minutes auparavant. A l'époque, je n'avais pas compris pourquoi cet animal m'était familier. Pourquoi ses yeux dorés me rappelaient quelque chose. J'avais compris que Remus était ce grand loup lors de notre rencontre dans le train, mais je ne savais toujours pas pourquoi il m'avait semblé le connaître lors de mon évasion. C'est en retrouvant la photo de nous deux au manoir que j'avais compris ce qu'il s'était passé cette nuit-là. Pourquoi j'avais été incapable de lui tirer dessus, et pourquoi il m'avait défendu. Ce comportement incompris pendant des années avait trouvé tout son sens avec cette simple photo. Nous nous étions connus dans notre jeunesse. J'avais été proche de Lunard lors de ses premières pleine lune. Même si les années avaient altéré nos souvenirs, nous nous étions reconnus. Ce soir-là, Lunard m'avait sauvé la vie par deux fois, et celle-là était la deuxième. Je lui devais beaucoup. Qui sait ce qu'il se serait passé sans son intervention miraculeuse ? C'est grâce à lui que nous avions pu continuer notre course, vers la sortie de l'enfer. Le bruit des os de l'un de mes ennemis se brisant sous les claquements de mâchoire et ses cris m'avaient apporté satisfaction, alors que je reprenais ma fuite avec mon dernier frère de c½ur.

 


Une décharge me parcourut douloureusement en pensant cela. Diego. Le seul membre de ma « famille » à avoir pu me suivre jusqu'au bout. Une autre vision m'apparut : celle, terrible, de mon autre frère de c½ur au sol, se tenant la jambe en sang. Je m'arrêtai à sa hauteur, baissant les yeux sur la projection de mon grand frère, mon protecteur. Il avait le visage crispé sous la douleur, et pourtant, je parvenais à lire une détermination inébranlable dans son regard. Il nous ordonnait de partir à Diego et moi. De le laisser. J'avais su en posant mes yeux sur sa jambe que l'évasion s'arrêtait là pour lui. Qu'il ne pourrait pas se relever et nous suivre. Et même si cela nous avait déchirés, nous ne pouvions que lui obéir... en lui faisant la promesse de revenir le chercher. Notre conscience nous avait fait payer cher cet abandon. Etait-il encore en vie, après toutes ces années ? Ou était-il mort en pensant que nous l'avions laissé tomber ? J'avais tellement besoin d'une réponse. Continuer à vivre dans le doute m'avait été plus d'une fois insupportable.

 


A une dizaine de mètres, c'est le fantôme de ma soeur de coeur que je retrouvai au sol, mortellement blessée pour s'être interposée entre le patron du camp et moi. Je la tenais dans mes bras, n'arrivant pas à croire que ses yeux se voilaient peu à peu. Ses dernières paroles nous imploraient de continuer à nous protéger les uns les autres, quoi qu'il arrive. Ce fut la première tragédie de notre évasion lorsque son corps se relâcha. Enragée, j'avais levé mon arme à mon tour pour viser mon ennemi juré. Au début, j'avais éprouvé une satisfaction sans borne de le voir percuté par la balle que j'avais tirée... mais dans sa chute, il avait tiré une dernière fois. Pas sur moi. Non, ça aurait été trop simple. Il voulait faire un dernier acte d'une cruauté sans pareille. Il avait tiré à la jambe de l'un de mes frères de coeur... pour nous mettre à l'épreuve encore une fois. Pour nous obliger à faire un choix entre deux options qui ne nous convenaient pas. D'un côté, rester avec notre frère blessé et retourner en captivité à coup sûr ; ou l'abandonner et continuer la fuite, sans aucune certitude de réussir. C'est ce dernier choix que nous avions fait Diego et moi, parce que nous savions que nous ne serions d'aucune utilité si on retournait dans nos cellules. En moins d'une minute, notre évasion avait viré au drame. Et une seule personne en était responsable : le patron du camp.

 


Mes souvenirs défilèrent, moins précis. Les minutes qui avaient précédé la déchirure de notre famille s'étaient résumées à une longue course à travers la forêt, et à quelques échanges de tirs. C'était des séquences de flashs qui s'enchaînaient très vite. Je m'arrêtai et me retournai pour regarder d'où nous venions Diego et moi. Je me souvins très clairement du sentiment de soulagement que j'avais ressenti à l'époque en voyant la forêt s'éclaircir à quelques centaines de mètres. Cette vision nous avait donné l'espoir que le cauchemar prenne fin. Nous pensions gagner. Nous pensions nous en sortir, tous ensemble. Mais des loups-garous avaient bondi pour nous barrer la route et nous faire perdre un temps précieux. Piégés entre les bourreaux du camp derrière nous et ces immenses bêtes devant. Pourtant, je savais que notre seul espoir de survivre se trouvait au-delà des grands loups-garous. La liberté était là... juste là... à quelques centaines de mètres. J'avais refusé de renoncer. Personne ne pouvait s'y résoudre. Pas si près du but. On aurait préféré mourir dans cette forêt que de retourner dans une cellule. Alors j'avais posé un genou au sol, m'armant de mon fusil de précision pour descendre les bourreaux qui approchaient, pendant que les autres visaient les loups-garous, prêts à les descendre. J'avais bien vite dû me retourner en entendant des grognements trop proches derrière moi. C'est là que mes yeux s'étaient accrochés à ceux de Lunard pour la première fois depuis mon enfance. A ce moment-là, je ne savais plus que je le connaissais. Mais ce fort sentiment de familiarité m'avait rendue incapable de lui tirer dessus. Il m'avait provoqué autant de crainte que de fascination. Et puis finalement, lorsque les bourreaux nous avaient rattrapé, le jeune loup-garou leur avait sauté dessus. Bien vite, les coups de feu avaient enragé les autres loups-garous, qui s'étaient détournés de mes frères et s½ur de c½ur pour se focaliser sur leurs nouvelles cibles. Renversement de situation qui nous avait offert une avance précieuse, et qui avait fait un peu de ménage parmi les bourreaux. Premier sauvetage de Lunard, et pas des moindres.

 


Quelques minutes plus tard, mes souvenirs arrêtèrent de se superposer à la réalité. Nous étions arrivés à la lisière de la forêt. A moins de cinq cent mètres, nous pouvions voir le mur d'enceinte du camp. Comme à notre époque, des miradors surveillaient les lieux, tandis que deux gardes étaient devant le haut portail d'entrée. Je regardai Diego, qui fixait nos ennemis avec une lueur meurtrière dans les yeux. J'étais moi-même en proie à des sensations indescriptibles.  J'avais rêvé de ce moment pendant des années. Je me délectais à l'idée de vivre enfin ce jour. Le jour où nous allions enfin pouvoir libérer toute la haine que nos bourreaux avaient attisé. Faire regretter toute la souffrance que nous avions encaissée. Ces salauds étaient restés impunis trop longtemps. Enfin ils allaient payer pour leurs crimes. Il était temps pour nous de revenir à nos sources, aux origines des tueurs que nous étions devenus. Il était temps de retrouver nos bourreaux. Une dernière fois. Juste le temps de leur montrer que la roue finit toujours par tourner. L'histoire s'était jusqu'à maintenant écrite avec notre sang,  aujourd'hui, la fin sera écrite avec le leur. Et alors, nous pourrons refermer à jamais ce livre retraçant les horreurs que nous avions vécues. Aujourd'hui plus que jamais, je ferai honneur à ma réputation de « terreur des bourreaux ».
 
-          Que vengeance soit faite, soufflai-je.
 
Nos mains se lâchèrent, et on s'arma de nos fusils d'assaut équipés de silencieux. En quelques secondes, les miradors s'effondraient deux par deux d'une balle dans la tête, comme tous les gardes à proximité des tours. Je trouvais qu'il y avait beaucoup plus de surveillance qu'à notre époque. Il n'y avait pas autant d'hommes à terre de notre temps, seuls les miradors étaient de garde. Je souris en pensant que notre évasion était sans doute à l'origine de ce renforcement de la sécurité. Leurs efforts avaient peut-être évité d'autres évasions... mais ils étaient vains pour empêcher notre retour.
 
-           Monte dans la tour à l'ouest, dis-je. Je vais me poster à celle du côté est.
 
Diego acquiesça et se dirigea au pas de course vers son objectif. J'en fis autant de mon côté, me faisant léviter en haut de la tour. Le soleil levant commençait à éclairer les vieux murs gris des bâtiments. Je regardai à travers ma lunette, regardant toutes les fenêtres à la recherche d'un sniper. A mon soulagement, il n'y en avait pas. Je me reportai donc sur la cour du camp, repérant les gardes qui y étaient postés. Ils étaient assez calmes, preuve que nous n'avions pas éveillé de soupçons. Il ne fallait pas que ça change. Je réfléchis rapidement à un plan de tir. Nous ne pouvions pas prendre le risque que l'alarme soit déclenchée. Il fallait qu'ils meurent tous dans la discrétion la plus totale. Qui sait ce qu'il se passerait s'ils se rendaient compte d'une intrusion ? Ils seraient capables de tout faire sauter pour effacer les traces... et les prisonniers. Pas question de prendre un tel risque.
 
-           Diego, on commence par les deux à côté de la voiture, à neuf heures, informai-je.
-           Ok, je prends celui de gauche, entendis-je dans l'oreillette.
-           A mon signal, 3...2...1...
 
J'appuyai sur la détente, et les deux gardes s'écroulèrent en même temps.
 
-           On n'a pas perdu la main, félicita Diego.
 
Je souris à son allusion, et me concentrai sur les autres gardes, calculant lesquels il fallait abattre en priorité. Ce n'était pas une tâche facile de les éliminer petit à petit, sans que les autres s'en rendent compte.
En moins de dix minutes, le secteur était quasiment nettoyé. Nous avions gardé le plus dur pour la fin, à savoir tuer un groupe de quatre personnes à la fois. Ils discutaient entre eux depuis plusieurs minutes. Nous allions devoir agir vite et avec beaucoup de précision.

-          Deux options, dis-je à Diego. Soit on les abat deux par deux très vite, mais dans ces cas-là on n'a pas intérêt à se rater ; soit on descend de nos perchoirs et on se rapproche pour essayer de les séparer avant de les éliminer. Qu'est-ce que tu te sens le mieux ?
-          Première option. Si on descend et que notre diversion les alarme, on n'aura pas un champ suffisamment dégagé pour agir rapidement. Je ne te demande pas si toi tu te le sens ?
-      Haha, non, moi j'ai l'habitude de mon joujou. Bon, est-ce que tu peux faire un doublet de là où tu es ?
-          Non. Et toi ?
-         Non plus. On va devoir les descendre les uns après les autres. Je m'occupe des deux à droite. Prêt ?
-          Prêt.

Je visai la tête de ma première cible.

-          A mon signal. 3...2...1...

Deux gardes s'effondrèrent, et avant que les deux autres comprennent ce qu'il se passait, ils étaient eux aussi projetés au sol. Je soufflai de soulagement. Nous avions réussi l'enchaînement.

-          Je descends, prévins-je. On se retrouve dans la cour.
-          Reçu.

Je me mis sur le rebord de la tour et sautai, ralentissant magiquement ma chute pour atterrir sans bruit dans la cour du camp. Des souvenirs m'envahirent, et je ne parvins à les chasser que lorsque Diego me rejoignit. Je ne devais pas me déconcentrer, ce n'était plus le moment de laisser le passé me déstabiliser. On fit disparaitre nos fusils, devenus inutiles maintenant que nous étions dans l'enceinte du camp. Il était temps de privilégier pistolet et couteau pour continuer à l'intérieur.
 
-           On entre, on nettoie, et on va libérer les prisonniers, dis-je.
 
Aujourd'hui, nous n'étions plus privés de magie. Nous pouvions avancer librement, déverrouillant les portes sur notre passage. Il n'y avait plus de barrière. Rien ne pouvait stopper notre avancée. Les deux gardes qui arrivèrent en haut de l'escalier se prirent une balle dans la tête sitôt leur regard posé sur nous. Je me concentrai sur eux pour les retenir, ne voulant pas que le bruit de leur chute alerte les autres. Même si le jour commençait à peine à se lever, les militaires n'étaient pas réputés pour faire la grasse matinée. L'enfer s'activait de bonne heure. Nous aurions dû attendre le lendemain pour arriver plus tôt et agir avec encore plus de sécurité dans la nuit, mais j'aurais été incapable de patienter une journée de plus.
Une fois à l'étage, Diego partit d'un côté du couloir, tandis que je choisis l'autre, entrant dans chaque pièce pour éliminer toute cible, la plupart n'ayant même pas le temps de se réveiller. Pour l'instant, je n'en reconnaissais pas, raison pour laquelle je me contentais de les tuer discrètement, dans leur sommeil.
 

Lorsqu'on eut terminé, on redescendit pour changer de bâtiment, et on recommença notre nettoyage. Pour l'instant, il n'y avait pas de difficulté. On tirait sur toutes les personnes qu'on croisait. Militaire ou non. Eveillée ou non. Armée ou non. Pas de quartier. Du moment que ces gens étaient dans l'enceinte du camp et pouvaient s'y déplacer librement, c'est qu'ils étaient nos ennemis. 

 

Dans le dernier bâtiment, le plus grand, nos exécutions prirent un peu plus de temps. Il y avait plus de cibles à abattre. On monta les escaliers à pas de loup pour poursuivre notre tâche à l'étage. Je tournai à droite et tirai par réflexe sur le militaire qui se dirigeait vers nous, alors qu'il avait esquissé un mouvement vers son arme. Il s'effondra au sol dans un bruit sourd avant que j'ai eu le temps de le retenir. Je retins ma respiration, à l'écoute. J'entendis des pas dans la pièce d'à côté, et je fis signe à Diego de se préparer à entrer. Tout le bâtiment était plongé dans le silence le plus total, alors la chute du corps avait dû éveiller les soupçons. Je me mis à côté de la porte, et d'un signe de tête de Diego, je l'ouvris rapidement à la volée. Il entra aussi sec et tira un seul coup. Je le suivis immédiatement, à la recherche de cibles encore vivantes. Je regardai la victime de Diego, visiblement la partenaire de l'homme qui venait de sortir. Par acquis de conscience, on vérifia chaque pièce pour bien s'assurer que ces appartements étaient désormais déserts. Après quoi, on ressortit en vitesse et on déplaça le corps de ma victime à l'intérieur, refermant la porte derrière nous. Je fis disparaître le sang au sol d'un coup de baguette, l'esprit un peu en ébullition. C'était encore trop tôt pour se faire griller. On continua notre route, mettant à l'épreuve nos réflexes lorsqu'on entrait dans des pièces avec plusieurs personnes. L'effet de surprise jouait beaucoup en notre faveur, et l'adrénaline ajoutée à notre haine déjà immense nous rendaient plus à cran. Nous avions la gâchette facile.

 


Un cri étouffé attira mon attention, vers le fond du couloir que nous étions en train de parcourir. Je fis signe à Diego de me suivre. On se laissa guider par les bruits. Je m'arrêtai en route devant la porte des toilettes pour éliminer le militaire qui était en train de se soulager de l'autre côté. Après quoi, je rechargeai mon arme, continuant vers l'origine des gémissements. Une fois devant la porte, les bruits me laissèrent aisément imaginer la scène qui se déroulait de l'autre côté. Alors sans plus attendre, je fis signe à Diego d'entrer discrètement. Je restai un instant interdite devant la scène. Quatre hommes complètement nus se trouvaient dans la pièce. L'un d'eux était allongé au-dessus d'un corps que je ne parvenais pas à bien voir, mais qui me semblait trop petit pour être celui d'une adulte. Un autre était au niveau de sa tête, effectuant des petits mouvements de va-et-vient. Je tirai sans plus attendre sur celui qui était sur elle. Les deux hommes qui attendaient sans rien faire se retournèrent, mais leurs armes étaient trop loin pour qu'ils puissent espérer les atteindre avant qu'on les abatte. Je ne tirai pas de suite néanmoins, animée par une rage profonde. Maintenant que les militaires s'étaient écartés, je pouvais voir la fille avec laquelle ils jouaient, qui ne devait pas avoir plus de dix ans. Elle était attachée au lit, à la merci de ces bourreaux qui avaient dû faire une tournante. Elle nous regarda, avec un mélange de crainte et de reconnaissance. Nous étions peut-être des inconnus armés, mais au moins, on avait descendu le salaud qui était en train de profiter d'elle. Et les trois autres qui se tenaient debout à côté du lit n'allaient pas tarder à connaître le même sort.
 
-            Qui êtes-vous ? demanda l'un des militaires sans quitter des yeux l'arme pointée sur lui.
-            Ceux qui avaient juré de revenir vous faire payer... répondis-je. Mais avant, on va s'amuser un peu, pas vrai Diego ?
-            Tout à fait d'accord avec toi ma chère Prudence.
 
Une joie sauvage m'envahit lorsque je repérai le seul militaire nous tournant encore le dos réagir à nos identités.
 
-            Mettez-vous en ligne face à nous, ordonnai-je.
 
Les trois militaires s'exécutèrent après quelques instants d'hésitation. Ce devait être vraiment bizarre pour eux de se retrouver à la merci d'inconnus. Enfin, pas inconnus pour tous les trois. Celui que j'avais repéré me connaissait. Je le reconnus moi aussi, et je ne pus empêcher ma mémoire de me faire des tours. Pendant un instant, son visage s'imposa dans mon esprit, alors que je me tenais à la même place que la jeune fille... devant subir sa pervertie pendant des heures, à lui et ses collègues. Le dégoût m'envahit en y repensant, et une haine démesurée s'empara de moi.
 
-         Tu te souviens de moi ? lui demandai-je.
 
Il ne répondit pas, se contentant de me toiser froidement. Oh oui il se souvenait très bien de moi. Aucun bourreau de mon époque ne pouvait m'avoir oublié.
 
-         Parce que moi, je me souviens très bien de toi, continuai-je en me rapprochant de lui. De chaque seconde de calvaire subi. Je vois que tu te tapes toujours les mêmes délires avec tes petits copains...
 
Je posai mon arme contre son front, le faisant déglutir. Je baissai les yeux sur son corps, affichant un sourire moqueur en le regardant à nouveau dans les yeux.
 
-          C'est de suite moins bandant quand on se retrouve en position de faiblesse pas vrai ? lui dis-je.
 
Il soutins mon regard sans ciller, me faisant encore plus péter les plombs. Je voulais voir la crainte dans ses yeux.
 
-           Tiens-les en respect, demandai-je à Diego en rangeant mon arme à feu.
 
Je me saisis de mon couteau, ayant une furieuse envie de réaliser le rêve que je faisais à l'époque. Je sortis ma baguette le temps d'insonoriser et de verrouiller la pièce.
 
-          Vous n'avez plus aucune issue, informai-je. Personne ne pourra venir vous aider. Personne ne vous entendra crier. Vous êtes seuls... face à nous.
 
Mon ancien bourreau savait exactement ce que je faisais. J'inversais enfin les rôles. Je lui attrapai son membre et le coupai d'un geste sec, lui arrachant un hurlement de douleur. Le sang s'écoula avec abondance, alors qu'il se pliait en deux sous la douleur. Je le retournai brusquement et le penchai sur le lit. Il voulut se relever, mais je n'eus besoin que d'une pensée pour l'immobiliser. Et une de plus pour durcir le membre que je lui avais enlevé, en le grossissant bien plus qu'au naturel.
 
-         Allons, détends-toi, soufflai-je. Selon toi, c'est si bon...
 
Je lui enfonçai d'un coup dans le derrière, pour lui provoquer un maximum de douleur, lui arrachant un nouveau cri. Je fis des mouvements brusques de va-et-vient, jusqu'à ce qu'il me supplie. Mais il ne faisait qu'augmenter ma haine.
 
-         Je ne me souviens pas avoir obtenu une quelconque clémence à l'époque... fis-je remarquer. Toi non plus Diego ?
-          Non, aucune, confirma durement mon frère.
-        Tu vois ? Pas de pitié. Alors ferme-la et encaisse. Contrairement à toi, je ne supporte pas tes cris.
 
Mais il continuait, et lassée de l'entendre, je retirai son membre. Je fis une prise à ma proie pour l'allonger sur le lit et lui fourrer son sexe dans la bouche.
 
-         Je t'ai dit de te taire, rappelai-je froidement.
 
Il y avait de quoi être écoeuré par le spectacle que j'offrais, mais il faut bien reconnaître que ce chien ne méritait pas moins. Après tout ce qu'il avait fait, à moi et à d'autres, ce n'était que justice de lui rendre la pareille. Le désir de meurtre me saisit soudainement, et je plantai ma lame dans son coeur, mettant un terme à ses souffrances. Je reportai alors mon attention sur les deux autres.
 
-        A mon tour, lança Diego.
 
Je repris mon arme à feu pour surveiller nos proies pendant que Diego en choisissait une. Contrairement à moi, il ne rangea pas son arme. Il demanda simplement à sa cible de se retourner, et de se pencher. Je ricanai en voyant Diego viser le cul de sa proie. Il tira, non pas entre les deux yeux mais entre les deux fesses, avec une précision remarquable. Sa proie ne manqua pas de hurler en sentant la balle le traverser. Diego le contourna et lui logea une balle dans la tête. Il alla détacher la fillette du lit et l'amena devant le dernier bourreau encore en vie.
 
-          C'est à toi de choisir son sort, lui dit-il.
 
La fillette regarda son bourreau avec haine, en ayant sans doute bavé à cause de lui.
 
-           A genoux, dit-elle.
 
Le militaire refusa de s'exécuter, mais Diego l'y encouragea en tirant dans son genou droit. J'observai la scène avec calme, me demandant quelle mort son ancienne victime avait choisi. Je compris en la voyant défaire le foulard de son cou. Elle avait dû mordre ce morceau de tissu plus d'une fois. Elle le mit en boule et l'enfonça dans la bouche de sa proie. Sauf qu'au lieu de lui permettre de le tenir avec la mâchoire, elle continua à appuyer. Le bourreau hoqueta plusieurs fois, sa gorge refoulant ce tissu épais. Mais à force, la fillette parvint à coincer le foulard bien au fond, et elle recula d'un pas pour admirer le spectacle. En quelques secondes, son bourreau commença à suffoquer, à tousser pour essayer de faire sortir le foulard qui l'empêchait de respirer. Son visage bleuit bien vite, et on resta là à le regarder s'étouffer lentement. En moins de deux minutes, le dernier bourreau succombait.
 
-         Bon choix, lançai-je à la fillette.
 
Même si ce n'était pas nécessaire, je logeai une balle dans la tête du bourreau. Je fis apparaître des vêtements et les tendis à la jeune fille.
 
-         Comment tu t'appelles ? demandai-je.
-         Clara.
-         Moi c'est Prue, et voici Diego. Habille-toi, et suis-nous en silence. On va te tirer de là. Toi et les autres.

On sortit de la chambre, nous dirigeant vers le dernier objectif. L'adrénaline monta encore d'un cran lorsqu'on arriva devant les appartements du patron. Avait-il survécu à la balle que je lui avais logée pendant mon évasion ? Ou avait-il succombé, et la personne que nous allions trouver ici n'était qu'un remplaçant ? C'était le plus plausible... cette nouvelle personne serait le sorcier qui n'était pas dans les rangs à notre époque.

 


Diego ouvrit la porte d'un geste brusque pour mettre un terme à notre impatience. Je braquai mon arme en tous sens, à la recherche d'une cible. Mais il n'y avait personne ici. Les appartements étaient vides. Je fermai momentanément les yeux, craignant que le patron ne soit pas dans le camp. A mon époque déjà, il arrivait qu'il soit absent quelques jours.

-         Il est peut-être déjà dans son bureau, suggéra Diego.
-         Je l'espère.

Alors sans plus attendre, on redescendit pour atteindre les cachots. L'heure continuait de tourner, le camp n'allait plus tarder à s'éveiller. Il fallait qu'on ait éliminé le maximum d'ennemis d'ici là. Même si le surnombre ne serait pas un problème à gérer au vue de nos capacités magiques face à des moldus, je me doutais que ces fous avaient prévu une destruction d'urgence des cachots en cas d'intrusion. Ce serait un échec. La vie des prisonniers était aussi importante que la mort de nos ennemis.

 


Une fois au rez-de-chaussée, on se dirigea directement sur la porte derrière laquelle se trouvait la trappe. A mon époque, il y avait également un garde qui restait dans cette pièce, pour empêcher quiconque de remonter des cachots sans y être autorisé. J'ouvris la porte discrètement, tenant mon arme à hauteur de la tête de ma cible. Le garde était assis, nous tournant le dos. Je fis signe à Diego de ne pas faire de bruit et sortis mon couteau, me rapprochant d'un pas assuré. Je m'arrêtai juste derrière ma proie et plaquai ma main sur sa bouche en même temps que j'enfonçais la lame dans sa nuque. Je ressortis mon arme et l'essuyai sur son uniforme militaire. Après quoi, j'ouvris la trappe et sautai sans même prendre le temps de faire descendre l'échelle.

 

Je sentis une onde se répandre à l'atterrissage, remontant dans tout mon corps. Je relevai la tête, un frisson me parcourant le dos. Revenir ici était à la fois excitant et, je devais bien l'admettre, terrifiant. Me revoilà sur les lieux du drame de mon enfance. C'est au c½ur de ce labyrinthe que j'avais découvert l'enfer. Ici que la souffrance et les drames étaient devenus mon quotidien. Quelques unes de mes épreuves s'étaient déroulées en extérieur, notamment dans la redoutable arène... mais au moins là-bas, j'étais armée. Ici, dans ces cachots, je n'avais rien pour faire face à mes adversaires. Ici, les coups ne partaient que dans un seul sens, excepté les rares fois où j'avais réussi à frapper les bourreaux à mon tour.
Je me relevai, prenant une profonde inspiration pour essayer de calmer mon rythme cardiaque, un peu trop effréné. J'avais beau être Tracker... les souvenirs traumatisants de mon séjour ici me rendait malade.

-          Ça va ? me demanda Diego.
-          Tu me crois si je te dis que cet endroit me file toujours autant la frousse ?
-          Oh que oui, ricana Diego avec amertume. Moi aussi j'ai quelques frissons. Mais nous avons appris à surmonter tout ça n'est-ce pas ?
-          C'est clair.

Nous serions des menteurs si nous disions qu'à l'époque, nous avions fini par ne plus avoir peur. La peur avait toujours fait partie de nos vies. Nous avions appris à la surmonter. A la contrôler. Notre haine était telle que nos peurs n'étaient pas suffisantes pour calmer nos rébellions. Tout comme la souffrance, avoir peur était devenu une banalité de plus dans notre quotidien de fous. Alors si aujourd'hui, les souvenirs douloureux de ces lieux maudits me donnaient encore la chair de poule, ma soif de vengeance était telle que rien ne pourrait me faire trembler.
 
-         Où est Clara ? demandai-je.
-         En haut. Elle garde la trappe.

On se mit alors en route, tournant dans les différents couloirs sans se poser de questions. Le temps n'avait pas suffit à effacer le trajet de notre mémoire. On s'en souvenait toujours aussi bien. Nous l'avions tant de fois parcourus qu'il nous était impossible d'oublier. La carte des cachots était imprimée mentalement dans notre esprit.

 


On s'engagea dans une nouvelle allée, et j'allumai les torches sur mon passage pour nous éclairer. Les prisonniers dans les cellules avaient dû nous entendre, car je les voyais se redresser, regardant dans notre direction. Les cellules étaient aussi bondées qu'à notre époque, preuve que la machine infernale n'avait pas ralenti. Le camp faisait toujours autant de victimes. Je vis des visages apeurés au-delà des barreaux, cireux et cadavériques. Les prisonniers devaient nous prendre pour des bourreaux. Notre venue était synonyme de nouvelle torture. Je déglutis en me souvenant de cette même crainte que nous avions à l'époque, lorsque les bruits de pas résonnaient dans tout le couloir. Certains priaient pour que la lumière de la torche ne s'approche pas de nous. Et quand on voyait un bourreau s'arrêter devant la cellule, tout le monde retenait son souffle malgré nos c½urs affolés, espérant que ce ne soit pas notre nom qui soit prononcé. Oui, je me souvins de cette sueur froide qui me parcourait le dos, pendant que j'espérais intérieurement échapper à une nouvelle séance. Cette sensation me revint en tête comme si c'était hier que j'étais encore prisonnière.

 

Malheureusement, mes nombreuses rébellions m'avaient coûté beaucoup plus de séances en tête à tête avec les bourreaux que les autres prisonniers. Comme si ça ne suffisait pas, l'un des bourreaux faisait une fixation sur moi, voulant à tout prix me posséder. Tout comme le patron qui avait fait une affaire d'honneur à me dompter. Je me souviens qu'à un moment, c'était devenu tellement habituel de devoir les suivre que je me levais de moi-même, prenant la nouvelle séance de torture comme l'occasion de faire rager davantage mes adversaires. J'en avais plus rien à faire de ce qui pouvait m'arriver. Après la mort de Jeff, je m'étais engagée dans la partie tête baissée, jouant dangereusement pour continuer d'exister. Sinon, j'avais le sentiment de n'être un pantin entre leurs mains.
 
-         Prue... appela Diego d'une voix blanche. Prue !
 
J'étais tellement perdue dans mes pensées que je ne m'étais même pas aperçue que Diego ne me suivait plus. Je revins rapidement sur mes pas, choquée qu'il parle à voix haute.
 
-         Moins fort ! grondai-je dans un murmure. Tu veux qu'on se fasse repérer ou quoi ?
-         Prudence... murmura une autre voix.
 
Je me figeai à l'entente de cette voix. Je balayai mon regard à travers les barreaux de la cellule, à la recherche de la personne qui avait parlé. Un jeune homme se leva lentement, nous fixant avec stupéfaction. La surprise me coupa le souffle à moi aussi. Il avait changé... il était terriblement mutilé... Il était en piteux état et maigre comme un cadavre, mais je le reconnus. C'était impossible de l'oublier... et une joie indescriptible de le voir en vie.
 
-         Roy ?! soufflai-je.
 
Le concerné s'approcha des barreaux. D'une pensée, la torche accrochée au mur dans notre dos diffusa encore plus de lumière, et son visage s'illumina lorsqu'il posa ses yeux sur nous. Lui aussi nous reconnaissait. J'avais tant espéré que ce moment puisse se produire ! C'est comme un rêve qui se réalisait.

-         Tu as survécu... murmurai-je, essayant de prendre conscience du miracle.
-         Il semblerait que tu ne sois pas la seule à avoir cette fâcheuse tendance... dit-il avec un sourire entendu.

J'ouvris précipitamment la cellule pour le prendre dans mes bras. Ce jeune homme était... cher à mes yeux. C'était lui le frère laissé au sol pendant notre évasion. Lui qui nous avait ordonné de continuer sans lui. Toutes ces années je m'en étais voulue de m'en être sortie et de l'avoir laissé entre la vie et la mort derrière nous. Toutes ces années j'avais essayé d'accepter l'éventualité de ne pas réussir à tenir ma promesse... de ne pas retrouver le camp à temps pour le sauver. Mais jamais je n'avais réussi à l'oublier et à tirer un trait définitif sur lui. On n'abandonne pas un membre de la famille.
 
-         Vous avez tenu votre promesse, nous dit-il avec reconnaissance.  
 
Je lui pris doucement son poignet droit où notre symbole était tatoué. Roy, Diego et moi avions fait partie des douze sélectionnés pour être envoyés au carnage. Nous nous considérions comme des frères et s½urs... une famille déchirée par la mort de l'une d'entre nous. Le jour de notre évasion, j'avais juré de revenir avec Diego pour le sauver... et nous y voilà. Nous étions de retour. Nous avions réussi.
 
-    Jamais je n'aurais été capable de te laisser pourrir ici alors que nous étions tranquillement dehors. Je suis heureuse de ne pas arriver trop tard.
-         J'avoue que je finissais par ne plus croire à votre retour...
-         On n'abandonne pas son frère, rappela Diego en lui mettant une tape à l'épaule.
-         Doucement ! grondai-je.
-       T'inquiètes ma belle, je ne suis pas en porcelaine, j'ai vu pire, me dit Roy en souriant.

Ce n'était pas une raison. Je jetai un coup d'½il aux autres personnes présentes dans la cellule pendant que Diego prenait Roy dans ses bras à son tour. Mes tripes se nouèrent violemment en regardant plus attentivement les autres prisonniers. Ils étaient tous, comme Roy, maigres, et recouverts de blessures plus ou moins anciennes. Aucun d'entre eux n'étaient épargnés, pas même les plus jeunes. Je lisais à la fois la peur dans leurs yeux, et l'espoir fou que leur calvaire se termine. L'enfer n'avait pas changé d'un poil et était toujours aussi impitoyable, quel que soit l'âge. Et il était temps que ça se termine.

-         Levez-vous, ordonnai-je. On s'en va.
-         J'approuve, s'enquit Roy.
-         Diego, guide-les vers la sortie. Allez sur la colline au sud du camp.
-         Et toi ? demanda Diego.
-         J'ai une autre promesse à honorer.
 
Diego me regarda plusieurs secondes, sachant très bien à quoi je faisais allusion.
 
-         Ne te perds pas en chemin...Tracker, dit-il dans un souffle.
-         Je le connais par c½ur, assurai-je avec un clin d'oeil. On se retrouve tout à l'heure.

Je donnai mon pistolet à Roy, estimant que mon couteau et mes capacités magiques seraient amplement suffisants pour la suite. Je déverrouillai les autres cellules d'une simple pensée pour libérer les autres prisonniers sur mon passage.
 
-         Suivez-nous en silence, ordonna Diego en passant devant.
 
Je m'éloignai rapidement, me déplaçant comme un fantôme à travers les innombrables couloirs que je connaissais par c½ur. Je m'arrêtai devant une porte sur la gauche, la fixant avec intensité.
« La salle blanche ».
Cette salle était l'origine de ma phobie pour les endroits blancs... ou sans issue apparente. C'est dans cette salle que je revenais le plus en cauchemar. Quand on y entre, une lourde pierre descend devant la porte pour condamner la sortie. Dans cette salle, je me retrouvais seule face à un tortionnaire, qui prenait un plaisir sans limite à passer en revue des modes de tortures très variés, sans que je puisse faire quoi que ce soit pour échapper à mon sort, ou ne serait-ce que l'adoucir. Non, dans cette salle, il fallait encaisser et résister à l'appel de la mort. Dans cette salle, les bourreaux menaient leurs victimes jusqu'au point de rupture. Et même au-delà parfois. Des souvenirs atroces me revinrent en tête, attisant davantage ma rage... Je crois bien que j'avais passé plus de temps là-dedans ou dans l'arène que dans ma cellule, à subir, encore et toujours. Je serrai les dents à cette pensée. J'avais trouvé la force de survivre grâce à un seul espoir : celui de les faire payer, et de m'en charger moi-même. Ce jour était enfin arrivé.
« Je regrette que ce soit devenu ta raison de vivre... »

 


Je détournai les yeux de la porte pour les poser sur la silhouette imprécise de Jeff. Je remarquai que ce bon vieux fantôme était moins flou que d'habitude. Peut-être était-ce parce que je revenais sur les lieux où il avait trouvé la mort ? Peut-être que je me rapprochais de lui en revenant ici pour le venger ? Je l'ignorais. Il était là, c'est tout ce qui comptait.
« Moi aussi je le regrette... mais je n'avais rien d'autre à l'époque. Par leur faute. »
« Aujourd'hui ce n'est plus le cas... ? »
« Non. La vengeance n'est plus ma seule raison de vivre, rassure-toi. Mon désir de vivre est aujourd'hui plus fort que celui d'assouvir ma soif de sang »
« Je suis heureux de te l'entendre dire »
Je pris une profonde inspiration et  fermai les yeux en entendant des pas approcher.
« Reste près de moi... je veux que tu sois là quand ma lame transpercera leur corps »
« Je ne te quitte pas »
Je sortis mon couteau et allai à l'encontre de la personne qui venait dans ma direction. Quand le bourreau prit le virage pour se retrouver dans le même couloir que moi, je le plantai dans le foie avant même qu'il ait eu le temps de faire quoi que ce soit. Je fus satisfaite de constater que je le connaissais.
 
-         P-Prue ?! hoqueta ma victime.
-         Pourquoi tant de surprise ? Je vous avais prévenu que j'inverserais les rôles. J'avais juré vengeance. Vous auriez dû vous attendre à me recevoir tôt ou tard...
 
Je lui donnai un second coup de couteau pour l'achever. Je le laissai tomber au sol et enjambai son corps, cherchant d'autres proies à abattre. Je ne mis pas longtemps à retrouver le dortoir. J'entrai dans la pièce où seulement une dizaine de lits étaient occupés. Sans allumer, je m'approchai du lit le plus proche et égorgeai le premier bourreau. Son gargouillement réveilla les autres en sursaut, comme je m'y attendais. L'un d'entre eux alluma la lumière et sortit son revolver en m'apercevant. Je lançai mon couteau avant qu'il ne tire. Les autres se levèrent d'un bond et se jetèrent sur moi, armés de couteau et de pistolet. Mais je les désarmai d'une simple pensée et les immobilisai, les tuant un par un en prenant bien mon temps à chaque fois. Je voulais qu'ils aient ce sentiment d'impuissance. Ce sentiment d'être désarmé et de ne rien pouvoir faire face à la Mort... impitoyable, inévitable... ne pouvoir rien faire d'autre que la regarder approcher, et redouter qu'elle se décide à frapper, sans espoir d'y échapper. Je ne tuai pas de suite le dernier bourreau, le forçant d'une prise à se mettre à genoux.
 
-         Où est le patron ?
 
Il garda le silence, me regardant avec haine. Il me reconnaissait lui aussi, et il n'arrivait pas à croire que l'un de ses anciens jouets le mette à terre. Il y avait de quoi dégoupiller... pendant des années ils m'avaient eue à leur merci. Leur refus de me tuer leur avait coûté de nombreux morts, et aujourd'hui, la fin du camp. Ma victime regrettait de ne pas m'avoir tuée plus tôt. Je saisis ma proie à la gorge et serrai de toutes mes forces, animée par la haine. Je savourai le sentiment que me procura son pouls affolé entre mes doigts. C'était bon de sentir sa vie menacée sous mon emprise. Moi qui avais tant de fois frôlé la mort sous la leur.
 
-         Où est-il ?
-         Dans son bureau. Il sera heureux de te revoir, répondit-il avec un sourire mauvais.
 
Ainsi donc, mon ennemi juré avait survécu ? La haine devint beaucoup plus brûlante. Au fond, ce n'était pas plus mal qu'il soit encore en vie. J'allais pouvoir prendre le temps de savourer ma vengeance.

-         Moi de même, assurai-je en lui plantant la lame dans la gorge.

Il s'écroula au sol maculé de sang lorsque je le lâchai. Je me rendis vers le bureau du patron, tuant avec un plaisir démesuré chaque personne se trouvant sur ma route. C'était peut-être horrible de prendre autant de plaisir à tuer, mais dans les circonstances, avec des monstres pareils, ce n'était que justice. Ils s'étaient permis de jouer avec des gosses, de les briser cruellement, de les assassiner sans raison, de les envoyer  à la guerre... il était bien normal que je leur rende la pareille. Ces gens-là ne méritaient pas de pitié. Il fallait que je les extermine pour mettre un terme à toute cette folie.

 


Le hasard voulut que je croise un groupe de cinq proies. Ils s'arrêtèrent net en me voyant. Certains semblaient ne pas me connaître. Ce qui est sûr, c'est qu'ils ne pourront plus le dire après ça. Seulement deux d'entre eux n'eurent aucun mal à m'identifier.
 
-         Tiens tiens tiens... Prudence... tu reviens vers nous ? lança celui de droite. Tu as conscience du monstre que tu es alors tu reviens te faire enfermer ?
 
J'éclatai de rire devant son air si supérieur, si assuré. Un rire froid digne de mon père. C'était presque amusant de voir que ce crétin pensait pouvoir m'atteindre aussi facilement qu'à l'époque.  Etait-ce parce que j'étais une femme qu'il pensait pouvoir me dominer ? Si c'était le cas, j'allais lui très vite le faire descendre de son nuage. Je n'étais plus une enfant.
 
-         Si tu te souviens bien, je ne me suis échappée que dans un seul but : grandir, progresser, et revenir vous tuer. Tous. Parce que c'est tout ce que vous méritez... crever comme les misérables chiens que vous êtes.
-         Toujours aussi provocante. Je crois que tu as oublié ce qui arrive quand on nous manque de respect.

Je ricanai. Il voyait encore en moi la gamine impuissante. Celle qui se rebellait en vain. Celle dont les combats étaient perdus d'avance.

-         Je crois que tu n'as pas conscience du temps qu'il s'est écoulé depuis la dernière fois, dis-je en me rapprochant d'eux. Si tu crois que je suis restée cette gamine qui ne pouvait pas vous battre, sache que j'ai bien changé depuis... tu peux être fier d'avoir contribué à faire de moi une machine, car aujourd'hui, j'en suis une à la demande.
-         Voyons ça, dit-il en sortant son revolver.
 
Mais je lançai mon couteau qui alla se planter dans son c½ur sans que j'ai besoin d'ajuster magiquement ma visée. Je m'engageai dans des combats rapprochés contre les autres, résistant à quatre militaires à la fois. Ils avaient beau être entraînés, à la fin, ce sont leurs corps qui gisaient au sol. J'étais en proie à une rage digne du soir où j'avais massacré le gang des Cobras. A la seule différence qu'aujourd'hui, je me contrôlais parfaitement. Je retirai ma lame d'un geste sec de ma dernière victime avant de reprendre ma route, vers la sortie, exécutant toute personne encore vivante sur mon chemin.
 
Un courant électrique me parcourut le corps lorsque j'arrivai enfin devant le bureau du patron. J'ouvris lentement la porte, entrant à pas feutrés, resserrant mes doigts un peu plus fort autour du manche de mon couteau. Je fus surprise de découvrir le lit de camp... vide. Où est-ce que ce fumier pouvait bien se trouver ? S'il n'était ni dans ses appartements ni dans son bureau, où était-il ? Peut-être s'était-il déjà levé pour aller faire de l'exercice ? Après tout, j'avais croisé pas mal de bourreaux en venant.
Ne voulant pas prendre le risque de le laisser s'en sortir, je décidai de changer de tactique. Mais c'est alors que je sentis un violent impact au niveau de ma nuque, me coupant le souffle. Une décharge me parcourut les veines, me paralysant complètement. Des bras m'encerclèrent par derrière pour me stabiliser.
 
-         Ravi que tu sois revenue Prudence... nous allons pouvoir savourer nos retrouvailles tous les deux, murmura une voix glaciale à mon oreille.

L'horreur me frappa à l'entente de cette voix. Cette voix qui m'avait traumatisée pendant des années, et qui avait continué de hanter mes nuits, même après mon évasion. De tous les démons de mon passé, c'est bien lui qui incarnait le diable en personne. Le patron du camp.
Une nouvelle décharge me traversa le corps, plus violente, et cette fois je tombai dans l'inconscience... à la merci de mon ennemi juré.
 
~ Fin de la première partie ~
 
Chapitre 4 : « Les démons de notre passé » (1/2)
 
Je sais ce que vous vous dites : AAHH, mais quelle connasse ! Elle n'avait pas dit que ce chapitre serait en 2 parties ! Et pourquoi elle coupe ENCORE au plus mauvais moment ?!
 
Tout d'abord, je m'excuse de publier le chapitre aussi tardivement. Ensuite, oui, j'avoue et j'assume, je suis une véritable s***** de terminer le chapitre ainsi, et oui, ce n'était absolument pas prévu que j'en fasse deux parties. Disons que j'étais partie pour publier le chapitre hier, mais en le relisant j'ai eu une idée, et du coup j'y ai travaillé jusqu'à ce soir pour améliorer le chapitre. Quand je l'ai enfin terminé et que j'ai vu la taille, je trouvais que ça faisait trop d'un coup si je le publiais en entier en une seule fois. Cependant, comme la deuxième partie est déjà écrite, j'ai juste à la peaufiner, donc je la publierai au plus tard le week-end prochain. Ca veut dire qu'elle risque de sortir avant, mais comme je conserve un emploi du temps chargé, je préfère ne rien vous promettre sur la date, mais sur le contenu, je pense que la deuxième partie va vous plaire !
 
Pour en revenir au chapitre en lui-même, j'espère que vous avez aimé ! Comment avez-vous trouvé la vengeance de Prue et Diego jusqu'à maintenant ? Et les infos sur leur passé au camp ? Aller, encore un peu de patience pour la suite  ;)

Tags : L'histoire d'un assassin - Partie 1 : L'amour d'un Assassin - tome 2

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Comments :

  • clochinettedu76

    15/12/2014

    Naaaannnnnn !!!!!! C'est totalement INJUSTE ! Comment c'est possible de couper a moment pareil ??? T'es horrible vraiment !!
    Sinon, je me calme, pour te dire que c'est vraiment génial toutes ces révélations ! Ça nous permet de mieux comprendre l'enfer que Prue et Diego ont vécu la bas ^^
    Hâte de lire la suite !!!

  • crucio-black

    15/12/2014

    J'ai oublié de dire aussi que c'était bien trouvé la scène avec Voldemort qui guérit sa fille. C'est bien là qu'il l'a transformé en Horcruxe..? Parce qu'avec les trucs de fumée et tout... C'est très bien! J'aime 👍

  • crucio-black

    15/12/2014

    Arghhh! T'as pas le droit!!

    Maintenant que ma montée de lait est passée, je peux te dire (très calmement et posément) que c'est un très bon chapitre, qui fait froid dans le dos. J'imaginais la scène, avec Prue et Diego qui marchaient dans les couloirs en tuant tout le monde comme des "badass"! (Ouais je me fais des films dans ma caboche) En tout cas on peut dire que Prue s'est bien vengée sur le bourreau qui abusait de la petite. C'était sadique! Et celle de Diego était plutôt drôle, je dois dire...! x)

    Je n'ai pas encore complètement bien saisi l'utilité du camp... C'est pour faire d'eux des super-soldats? Ou pour exterminer les enfants sorciers? Je ne peux pas croire que c'est simplement pour jouer avec eux...

    En tout cas, je suis très contente que Roy soit toujours en vie, comme ça Prue et Diego ont pu tenir leur promesse. Pour la suite, je suis certaine qu'un drame va arriver, l'un d'eux va mourir ou quelque chose du genre, et je crois que des révélations seront faites entre Prue et le patron du camp...

    J'ai vraiment super méga hâte à la suite! Je ne te mets pas la pression, non non... =P

  • Harry-Potter-generationx

    08/12/2014

    Oh god !!!! J'ai hate !!!!!!! :'( <3

  • MikaWolfeHP

    07/12/2014

    Vraiment hâte de le lire! Ma fin de session sera pimentée par ton merveilleux chapitre :D
    ps : Petite correction pour ta seconde phrase : ...nous *avons* perdu...

  • aSupernaturalLife

    07/12/2014

    Vivement le week-end prochain ! Franchement, j'espère que ça va être sanglant... pour les méchants bien sûr ;)
    Je te dis à bientôt ! Bisous :)

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