Chapitre 10 : L'atout secret

 
« Les secrets ne sont pas faits pour être révélés... c'est le principe. Pourtant, ils le sont bien souvent, tôt ou tard. Dans mon cas, il ne faut surtout pas que ça arrive. Je jure de tout faire pour rester l'unique gardienne. Une révélation, à un camp comme à l'autre, serait dramatique et m'empêcherait de conserver cette longueur d'avance que j'ai dans la terrible partie sur le point d'éclater. Ma victoire dépendra de ma faculté à garder le contrôle sur ces précieuses d'informations. C'est une double assurance. Mais, je dois bien le reconnaître, j'espère ne jamais avoir à m'en servir. »
 
Chapitre 10 : L'atout secret
 
 
| 29 juillet 1979 |
 
Trois jours après sa vengeance, Alexander avait fait le choix de retourner vivre auprès de sa mère. Il n'avait pas pu retourner à ses côtés le soir même, trop chamboulé par le meurtre de son père. Le temps qu'il se calme, je lui avais accordé quelques jours de repos par rapport à ses activités avec le clan. J'étais contente de sa décision. Il méritait amplement de vivre avec une mère dont il avait été privé trop longtemps. Et puis, il avait un petit frère à voir grandir. Il serait bien dommage qu'il en reste éloigné. 
 

 


De mon côté, je me préparais à vivre un grand jour pour le clan Maraudeurs : le mariage de James et Lily. A la veille de leur mariage, je m'étais enfin décidée à prendre le temps d'enfiler la robe que j'avais achetée deux jours plus tôt et d'essayer plusieurs coiffures pour décider laquelle je me ferais le lendemain. J'avais opté pour une robe cocktail en satin d'un bleu sombre. Contrairement à la plupart de mes robes qui étaient parfaitement moulantes, celle-ci suivait mes formes avec des plis volontaires par endroit. Le décolleté en V faisait ressortir le collier en cristal offert par Remus à mon réveil après la tentative d'assassinat.

 

Je soufflai en détachant mes cheveux après une énième tentative. J'essayais de sortir un peu de mes habitudes, mais je me rendais compte que le reflet que je préférais face au miroir était celui où j'avais les cheveux détachés, au naturel. J'envoyai donc balader le catalogue de coiffure que j'avais pris en achetant la robe, me reportant sur mon reflet, à l'affût du moindre défaut. C'est drôle, mais en regardant bien, je me trouvais changée. Comme... plus mystérieuse encore. J'avais l'impression que mes traits étaient légèrement plus durs, et mes joues plus creusées. Je n'avais pourtant pas la sensation d'avoir perdu du poids... il faudra que j'aille m'en assurer sur la balance quand j'en aurais fini ici.

 -         Prue, tu n'aurais pas vu la gourmette que tu m'as offerte ? 
 
Je sortis de mes pensées en entendant Remus arriver dans la chambre. On resta interdit tous les deux lorsque nos regards se croisèrent par l'intermédiaire du miroir. Remus portait un élégant costume du même bleu que ma robe, avec une chemise beige clair en dessous et une cravate de la même couleur. Nous nous étions assortis sans même en avoir discuté. Remus sourit de plus belle en se rapprochant, et je me retournai pour lui faire face.

 -         Tu es sublime,me dit-il.
-         Je n'ai pas les mots pour te décrire... avouai-je, subjuguée par son charme.
 
Il sourit face à mon trouble avant de m'embrasser tendrement, me provoquant toujours la même décharge intense. Il n'y a pas une seule chose sur cette terre que je ne donnerais pas pour rester à ses côtés aussi longtemps que possible. Cela me rappela la raison initiale de sa venue dans la chambre.

 -         Au fait, ta gourmette, dis-je en lui remettant au poignet.
-         Qu'est-ce que tu faisais avec ?
-         Des choses obscures...répondis-je sur un ton énigmatique très théâtral.
 
Remus pouffa en y jetant un oeil peu convaincu, m'arrachant un sourire ironique.
  
| 30 juillet 1979 – Godric's Hollow |
 
Je souris en voyant la nervosité sur le visage de Lily, alors que je m'efforçais de lui arranger sa robe. J'avais beau essayer de la rassurer, j'imagine que ce jour si spécial se savoure autant qu'il reste stressant jusqu'au « oui » du partenaire. 
 
-         Tout va très bien se passer Lily, assurai-je. 
 
Elle prit une profonde inspiration en acquiesçant. Je la détournai du miroir pour mieux la regarder, alors que je prenais du recul pour m'assurer que tout était parfait.
 
-         Magnifique. James va être transporté en te voyant.
-         Merci Prue, dit-elle timidement. 
 
Je la laissai seule dans la chambre et verrouillai derrière moi, que James ne rentre pas par habitude dans la chambre qu'il partageait avec sa fleur de Lys. Je croisai Sirius dans le couloir, courant à l'autre bout pour rejoindre son frère de coeur. Je n'osai même pas imaginer dans quel était devait se trouver James en ce moment. Le sachant entouré de ses frères de coeur, je ne me fis aucun souci pour lui et allai me préparer à mon tour. La cérémonie allait démarrer dans moins d'une heure. Tous les invités étaient déjà arrivés. Les parents de James et Lily s'étaient organisés de sorte à ne pas avoir à trop travailler le jour J, et c'était réussi. Tout le monde était détendu, mis à part les deux concernés. 
 
| . . . | 
 
Remus et moi étions en première ligne, tout comme les parents des mariés et Peter. Sirius était quant à lui auprès de son frère de coeur, témoin de son union avec la délicieuse Lily Evans. Je souris en voyant le visage qu'arborait Sirius. Il était vraiment rayonnant. Ajouté à cela son charme naturel, il s'était attiré le regard des quelques femmes célibataires présentes à la cérémonie. Je décrochai de la réalité pendant quelques instants, mon esprit me jouant des tours, inspirée par l'évènement. En regardant James et Lily s'échanger leurs voeux, je n'avais aucun mal à imaginer Remus et moi à leur place. Je secouai la tête en souriant en revenant à la réalité. Voilà que je me mettais à rêver comme le commun des femmes. 
 
-         James Potter, voulez-vous prendre Lily Evans pour épouse, jusqu'à ce que la mort vous sépare ? 
 
Un non serait signe de folie pour notre cher James. Et pourtant, la tension monta légèrement pendant la fraction de seconde que James mit à répondre un oui évident. Phénomène qui se renouvela pour Lily, qui s'ensuivit par des applaudissements et quelques larmes d'émotions pour la famille. Je tournai la tête vers Remus en sentant son regard posé sur moi. Il prit ma main dans la sienne et la serra doucement avant de l'embrasser et de se reporter sur un James fou de joie qui prenait sa femme dans ses bras pour la conduire hors du chapiteau sous lequel nous étions. Les quelques quarante-deux personnes invitées leur lancèrent des pétales de roses blanches et rouges sur leur passage en les félicitant. On suivit à notre tour au-dehors. Je levai les yeux vers un ciel bleu magnifique, le sourire aux lèvres. C'est le genre de moment enivrant qui nous faisait oublier tous les problèmes et les tempêtes à venir. 
 
| 6 août 1979 – Ministère de la Magie – BCM |
 
Moser soupira en fermant un dossier. Il ne parvint pas à décocher un sourire pour saluer mon arrivée avec Remus. 
 
-         Hé Moser, qu'est-ce qui se passe ?
-         Les disparitions et meurtres de nés-moldus ne cessent d'augmenter... il faut à tout prix qu'on arrive à trouver une piste sur ces satanés Mangemorts. 
 
Je déglutis péniblement. Le nom des Mangemorts commençait lentement à se répandre, comme un souffle de terreur. Le peu d'informations sur eux ne faisait que les rendre plus effrayants. L'ombre imprécise de ces monstres aux contours flous planait au-dessus de l'Angleterre... et je savais que bientôt, tout le monde les connaîtrait.
 
-         On peut se rendre utile ? demandai-je.
-       Allez à Londres... une née-moldue a été retrouvée morte chez elle, et une autre personne a été tuée. Wagner est déjà sur place, dit-il en nous donnant le parchemin sur lequel était écrite l'adresse.
-         Et vous ? demanda Remus.
-         Je bosse déjà sur une autre affaire. 
 
Sans plus attendre, on se rendit sur les lieux du crime. Je ne pus empêcher mes tripes de se serrer légèrement. C'est la première fois que j'allais travailler sur le meurtre d'une née-moldue... dont les assassins seraient très certainement des Mangemorts. 
 
-         Stressée ? s'étonna Remus.
 
J'en avais presque oublié que Remus pouvait tout sentir. 
 
-         Moser commence à nous laisser aller sur les enquêtes délicates... il va falloir qu'on se montre à la hauteur si on veut continuer, répondis-je simplement.
 
Mentir par le biais d'une vérité... un art que j'avais dû apprendre pour pouvoir vivre avec Remus, sans craindre que ses sens surdéveloppés me démasquent. 
 
| Londres |
 
 -         Bonjour à vous deux, salua l'un de nos collègues à l'entrée de la maison. Wagner est à l'intérieur avec le légiste. 
 
On entra donc dans la maison sans plus tarder. Une jolie maison d'ailleurs, décorée avec soin. J'étais persuadée qu'il se dégageait une ambiance chaleureuse d'habitude... mais la moitié du corps visible depuis l'entrée refroidissait les lieux. On se rapprocha de ce premier cadavre, un homme d'une cinquantaine d'années. Il avait les bras en croix, les yeux vides fixés au plafond. Abattu d'un sortilège de Mort sans le moindre doute possible. Sa baguette était serrée dans sa main droite. Je levai les yeux, découvrant Wagner au milieu du salon, accroupi auprès d'un corps inerte. Le légiste rangeait déjà ses affaires, prêt à partir. 
 
-         Qu'est-ce qu'on a ? demanda Remus pendant que j'observais la scène, essayant de freiner mon imagination qui n'avait aucun mal à me faire deviner le déroulement du meurtre.
-         Judith Memphis, 32 ans. Mère de deux enfants. Tuée d'un sortilège de mort ce matin. 
 
Les débris dans la pièce laissaient deviner une courte bagarre. La pauvre femme avait rapidement été dominée. 
 
-       Lui c'est Jonas Fritz, le voisin de droite. Sa femme est actuellement interrogée. Jonas était en train de lire un livre lorsqu'il a aperçu les enfants de Judith qui faisaient des signes depuis la fenêtre de l'étage, paniqués. C'est lui qui nous a prévenus de l'attaque. Il a alerté sa femme pour qu'elle ne sorte pas. Et puis en voyant que les enfants étaient de plus en plus effrayés, Jonas s'est rué à leur rescousse. Malheureusement, même si on est arrivés deux minutes après avoir été alertés, la femme de Jonas a vu les deux assassins prendre la fuite. 
 
Je m'agenouillai auprès de la femme, frappée elle aussi du sortilège de mort. Un rapide coup d'oeil me fit deviner ce qu'il s'était passé. 
 
-         Premières impressions ? demanda Wagner comme d'habitude. 
 
Je soupirai. Wagner et Moser nous demandaient toujours de donner un premier avis sur le déroulement du meurtre, à partir de la scène de crime et des premières informations. C'était un moyen d'entraîner notre esprit de déduction. Voyant que Remus me laissait la parole, je me lançai : 
 
-         Les deux tueurs sont entrés discrètement par la porte d'entrée... ils ont pris la femme par surprise, qui a à peine eu le temps de jeter un sort pour se défendre. Une fois à leur merci, les deux assassins ont joué avec leur victime, dis-je en montrant les traces rouges aux poignets de la femme et sur les cuisses. Elle a dû crier et se débattre, c'est pour ça que les enfants à l'étage ont paniqué. Jonas est arrivé en trombe, découvrant la scène. Malheureusement, il n'a pas réussi à faire face aux deux individus, qui l'ont tué sans hésitation. Les deux assassins ont compris qu'ils avaient été repérés, et qu'ils devaient partir rapidement. Ils ont donc tué la femme, effacé les traces compromettantes, et ont pris la fuite.
-         Le scénario que nous avons également déduit après les observations du légiste... la victime a bel et bien été violée avant d'être tuée. 
 
Je reconnaissais bien là les pratiques d'humiliation des Mangemorts. J'étais certaine que ce meurtre était signé de leur main. Des sanglots me sortirent de mes sombres pensées, et je me dirigeai vers leur origine. Dans la cuisine, une femme d'une cinquantaine d'années était interrogée par l'un de mes collègues, Colins. Je compris qu'il s'agissait de la femme de Jonas. 
 
-           Il n'a pas voulu attendre votre arrivée, dit-elle, secouée de tremblements à mon collègue.
-         Votre mari a eu beaucoup de courage, dis-je. Il ne s'est pas dérobé en voyant les deux tueurs... Son intervention a sauvé la vie aux enfants de Madame Memphis.
-         Où sont-ils d'ailleurs ? demanda Remus.
-         Dans la chambre à l'étage... une femme s'occupe d'eux, répondit Colins.
-         Et le mari de la victime ?
-         Il rentre. Il était parti à l'étranger pour son travail, on a eu un peu de mal à trouver la personne qui pouvait le prévenir.
-         Ok merci.
-         On attend le retour du père ? demanda Remus en retournant vers le salon.
-         Oui. Mais je n'attends que peu d'informations de sa part... je suis certaine que ce double meurtre vient se rajouter à tous ceux des nés-moldus qui ont eu lieu jusque là.
-         Les Mangemorts ?
-         Ça ne fait aucun doute pour moi. Si c'était un meurtre plus « classique », il n'y aurait eu qu'un seul tueur. Là, ils étaient deux... alors que ce n'était pas nécessaire en l'absence du mari.
-         Ces monstres sont vraiment des lâches... ils ne se mouillent pas en venant à plusieurs. 
 
Je pensai à ceux qui avaient été mes collègues autrefois. Oh oui ils étaient lâches. Lâches et sadiques. J'étais persuadée qu'ils auraient tué leur victime beaucoup plus lentement s'ils n'avaient pas été dérangés par le voisin. Les enfants aussi auraient connu un triste sort. Ils me dégoûtaient. Je les haïssais davantage à chaque tragédie qu'ils faisaient. Et j'étais encore plus enragée de savoir que c'était mon père à l'origine de tout ça. Si seulement je pouvais le détourner de cet effroyable chemin... malheureusement, mes espoirs s'amenuisaient au fil des victimes innocentes qu'il faisait.
 
 | Poudlard | 
 
Ça me faisait vraiment bizarre de revenir à l'école... surtout pour interroger Dumbledore. Le mari nous avait appris que sa femme voyait Dumbledore ces derniers temps, sans vraiment savoir pourquoi. Wagner m'avait donc chargée d'aller demander au directeur, persuadé qu'il serait coopérant. J'avoue que j'étais assez curieuse de connaître l'origine de leurs rendez-vous. Quand Dumbleodre était mêlé à une affaire, ce n'était jamais anodin. McGonagall m'accueillit lorsque la porte du château s'ouvrit. On discuta un peu en chemin vers le bureau directorial. Elle retourna à ses occupations après avoir lancé le mot de passe à la gargouille gardant le bureau de Dumbledore. Je montai les escaliers, me remémorant les entretiens que j'avais passés avec le directeur, au sujet de mon passé. L'avantage de ne plus être dans cette école, c'est que je n'avais plus à craindre d'être observée par Dumbledore. Je venais en tant que flic, c'était à moi de poser les questions.
 
J'allais frapper à la porte lorsque j'entendis une voix que j'aurais reconnue entre mille. La voix paniquée de cette chère professeur Trelawney. Je remarquai tout de même un ton étrangement plus grave que d'habitude.    
 
« Celui qui a le pouvoir de vaincre le Seigneur des Ténèbres approche... il naîtra de ceux qui l'ont par trois fois défié, il sera né lorsque mourra le septième mois... et le Seigneur des Ténèbres le marquera comme son égal, mais il aura un pouvoir que le Seigneur des Ténèbres ignore... et l'un devra mourir de la main de l'autre car aucun ne peut vivre tant que l'autre survit... celui qui détient le pouvoir de vaincre le Seigneur des Ténèbres sera né lorsque mourra le septième mois ... » 
 
Un frisson me parcourut le long du dos, me provoquant une sueur froide. J'avais toujours considéré cette prof pour une tarée, incapable de voir l'avenir. Mais cette fois, j'étais persuadée que je venais bel et bien d'entendre une prophétie. Et la raison était simple : à l'heure actuelle, le peuple anglais ne savait que le maître des Mangemorts se faisait appeler le Seigneur des Ténèbres. Seuls les Mangemorts eux-mêmes et les forces de l'ordre du Ministère le savaient. Trelawney ne pouvait donc pas être au courant. Je me répétai ses mots dans la tête pour m'en imprégner. Qui pouvait bien être cet enfant au destin funeste... ?
 
Un bruit près de moi me fit sursauter. Je sortis ma baguette et lançai un sort, me rendant compte de la présence d'une tierce personne. Je dus retenir une exclamation en dévoilant Severus Rogue en annulant le sortilège de Désillusion qui lui avait servi de couverture. Je vis la stupeur dans son regard, mais avant qu'il ne songe à s'enfuir, je le paralysai, bien décidée à l'amener loin d'ici pour l'interroger. Seulement la porte s'ouvrit à la volée sur un Dumbledore troublé, nous découvrant par surprise. 
 
-         Il faut qu'on parle, le devançai-je. 
 
Il me laissa entrer, les yeux rivés sur Rogue. Il verrouilla la porte derrière nous et insonorisa la pièce. Je remarquai le professeur de Divination, évanouie devant le bureau directorial. Ce n'était pas de la comédie. Je serrai la mâchoire, le rythme cardiaque un peu affolé. 
 
-         Que faisiez-vous là ? demanda fébrilement le directeur.
-         J'étais venue vous poser des questions au sujet de Judith Memphis. A mon arrivée, j'ai entendu la voix de Trelawney... je n'ai pas rêvé, c'était bien une prophétie ?
-         Je le crains, oui. Et Severus ?
-         Il l'a entendu lui aussi... il était là depuis plus longtemps que moi, seulement il était invisible. Je ne me suis pas rendue compte de suite de sa présence. Une maladresse de sa part m'a permis de le découvrir. 
 
Le professeur passa sa main sur le visage. Il devait amèrement regretter de ne pas avoir insonorisé la pièce plus tôt. Je voyais bien qu'il était sous le choc de la révélation de la prof de Divination.
 
-         Vous savez ce que ça veut dire... repris-je. Rogue est un espion du Mal en personne.
-         Oui... et il va falloir le convaincre de rallier notre cause.
-         Le convaincre ?! Il faut effacer ce souvenir de sa mémoire oui !
-         Laisse-moi gérer ça Prue.
-         Pas question. C'est moi le flic dans l'histoire... et il se trouve que Rogue fait partie de l'organisation que les Aurors traquent depuis des mois... alors vous m'excusez, mais pour une fois dans votre vie, ce n'est pas à vous de mener l'enquête. Maintenant asseyez-vous, et racontez-moi ce qu'il s'est passé avec Trelawney.
 
Dumbledore soupira. Il n'avait pas d'autre choix que de répondre à mes questions.
 
-         Elle a demandé un rendez-vous tout à l'heure, paniquée. Elle m'a dit qu'elle faisait des rêves étranges depuis plusieurs semaines et qu'il fallait à tout prix intervenir. Selon elle, c'était une question de vie ou de mort. Tu connais le professeur Trelawney... elle s'affole souvent. Mais elle semblait vraiment perturbée alors j'ai accepté de la recevoir rapidement. Quand je lui ai demandé le sort qui était réservé aux personnes de son rêve, elle est entrée en transe. La suite, tu la connais.
-         La prophétie concerne les personnes dont elle rêve depuis des semaines ?
-         Je pense, oui.
-      Elle vous a dit de qui il s'agissait ? 

 

Dumbledore marqua un instant d'hésitation. Je voyais bien qu'il voulait garder cette information pour lui.

 

-       Ne m'obligez pas à vous amener au Ministère pour continuer cet interrogatoire, dis-je.
-       Promets-moi de rester calme. 
 
Une onde de choc se répandit en moi. Si Dumbledore disait ça... c'est que des personnes que j'aimais étaient forcément impliquées. Et si c'était Remus, cela voudrait dire que... 
 
-         Qui ? répétai-je férocement.
 
Dumbledore sembla surpris par le ton de ma voix.
 
-         Franck et Alice Londubat... ainsi que James et Lily Potter. 
 
J'eus l'impression que quelque chose frémissait dans mon cerveau. Comme si mes neurones étaient parcourus d'une décharge, à la fois douce et puissante. 
 
-          De quoi rêvait-elle à leur sujet ?
-         Elle n'a pas su me décrire précisément... elle disait juste qu'elle les voyait face à un humain au visage de serpent... elle entendait siffler, crier, rire... elle voyait des lumières vertes... 
 
Je me passais une main sur le visage, en proie à une étrange peur. J'étais persuadée que la prophétie concernait James et Lily. Après tout, James faisait déjà partie d'une prédiction contre Voldemort. Si jamais mon père apprenait que le futur enfant de ses ennemis serait également son assassin désigné par le destin... je n'osai imaginer le carnage qu'il ferait. 
 
-       Personne ne doit jamais savoir, dis-je d'une voix blanche. Trelawney doit oublier... tout comme Rogue... et vous aussi.
-           On ne peut pas ignorer le destin Prue...
-        Si personne n'apprend jamais cette prophétie, le Seigneur des Ténèbres « ne marquera » jamais l'enfant comme son égal. C'est le seul moyen de protéger les deux couples.
-         Cette décision ne nous appartient pas.
-         Bien au contraire... le destin est entre nos seules mains.
-         Si cet enfant est voué à tuer le Seigneur des Ténèbres, il faut qu'on le sache. Il est peut-être notre seul espoir d'en finir.
-          Si c'est le cas, ça voudrait dire qu'on devrait attendre une bonne quinzaine d'années avant que ce gosse soit apte à tuer le Seigneur des Ténèbres... ce n'est pas envisageable. Il faudra qu'on s'en charge avant.
-          Et s'il était le seul capable de le faire ? La prophétie parle d'un pouvoir que le Seigneur des Ténèbres ignore.
-            Si c'est le cas, nous préparerons ce gosse au pire. Mais en attendant, je dois empêcher qu'un drame arrive... et ça passe par un petit nettoyage de souvenirs.
-             Nous ne pouvons pas perdre cette précieuse information.
 
J'eus un sourire en coin en regardant mon ancien directeur. 
 
-         Ai-je parlé de trafiquer ma propre mémoire... ?
-         Tu ne peux pas rester la seule au courant ! S'il t'arrive quelque chose, le secret de cette prophétie disparaîtrait avec toi !
-         Rassurez-vous. Je suis un maître en ce qui concerne les secrets. Maintenant, si vous voulez bien m'excuser... j'ai des amis à protéger. 
 
Je dégainai ma baguette sans plus attendre, soumettant Dumbledore à l'une de mes opérations les plus courantes : le nettoyage de la mémoire. J'en fis de même avec Trelawney, redoutant toutefois qu'elle soit capable de réitérer cette prophétie dans une nouvelle transe. Il faudra que je la surveille de très près. Quant à Rogue... je ne comptais pas m'occuper de sa mémoire tout de suite. Il fallait qu'on ait une petite discussion.
 
 | Planque de Tracker |
 
Je me passai les mains sur le visage en soupirant, essayant de reprendre mes esprits après cette funeste révélation. Une nouvelle prophétie contre mon père... qui sous-entendait une période plongée dans l'obscurité. Je craignais de plus en plus le début de la guerre... car apparemment, elle allait être longue. Très longue si ce mystérieux enfant devait être le seul capable de venir à bout de mon père. Que se passerait-il en attendant qu'il soit prêt ? Combien de victimes périraient ? Je refusais de passer les deux prochaines décennies en guerre.

 

Je secouai la tête. La question qui me perturbait le plus, c'est pourquoi ce n'était pas moi qui représentais la menace mortelle du "le Seigneur des Ténèbres" ? J'avais toujours cru que j'étais la seule personne capable de le vaincre. En étant sa fille, et ancienne membre de son organisation, j'avais des connaissances que personne d'autre n'avait. J'étais même au courant pour son petit secret qui rendait toute tentative de meurtre vaine. Je savais exactement quoi faire pour le rendre touchable. J'avais les compétences meurtrières et la puissance magique nécessaires pour lui faire face. Et enfin, la menace que les Maraudeurs représentaient le pousserait forcément tôt ou tard à vouloir s'en prendre à eux, m'obligeant à l'empêcher.

 

C'était le scénario le plus plausible, que j'avais tristement accepté de jouer le jour où j'avais choisi Remus. C'est pour ça que j'avais pris quelques précautions... pour ça que j'avais récemment pris la terrible décision de contourner le problème du lien qui m'unissait à mon père. Même si j'espérais encore pouvoir éviter d'en arriver à ce règlement de compte familial mortel, au fond, je savais que notre duel était inévitable. Cependant, si l'aperçu du futur vu par Trelawney désignait un autre assassin... cela voulait dire que mon plan allait échouer, non ? J'allais forcément perdre.

 


Je me levai, énervée par cette conclusion. Comment serait-ce possible ? J'étais capable de commettre le meurtre parfait... tout le temps. Quand je décidais de tuer quelqu'un, j'y arrivais forcément. Aucune cible ne pouvait m'échapper. Je portai ma main à la poitrine, où le Basilic était tatoué. Tracker pouvait effectivement tuer le Seigneur des Ténèbres si c'était nécessaire... mais est-ce que Prudence Jedusor était capable de planter une lame dans le corps de son propre père ?

 


Je soufflai d'agacement face à mes doutes. Je haïssais mon père pour ses actes, pour ce qu'il m'avait fait, pour ses choix... je savais déjà qu'il représentait une menace... et malgré tout, je doutais encore de mes capacités à le tuer. D'ailleurs, était-ce pour ça que je me préparais à la guerre alors que je pouvais l'éviter ? Est-ce pour ça qu'une autre personne devrait se charger de vaincre mon père ? Parce que j'étais incapable de le faire ? Parce que j'avais encore cet espoir de le détourner du chemin qu'il avait choisi ?

 


Ou alors, j'étais capable de le tuer... et mon plan allait tout simplement échouer pour une autre raison. Y avait-il quelque chose qui clochait dans le scénario que j'avais prévu ? Quelle erreur avais-je commise, ou allais-je commettre ? Je déglutis péniblement. C'était terriblement angoissant de découvrir que j'allais échouer. Jusque là, même si je n'étais pas sûre et certaine de mon coup, je pensais que mon plan de secours me donnerait une seconde chance de parvenir à mes fins. Il fallait que je reste vigilante... la victoire n'était pas acquise d'avance. Si je ne voulais pas que cet aperçu de l'avenir devienne réalité, je devais parvenir à identifier les évènements clés qui permettraient de changer le futur... pour sauver cet enfant de sa destinée... et pour jouer le scénario que j'avais prévu et auquel je m'étais résignée. Ce n'était pas à lui de tuer mon père. Ni lui, ni personne d'autre. Ce combat était le mien. Sa vie m'appartenait. Contrairement à Dumbledore, je refusais de croire que le destin était immuable. Chacun de nos actes avait des répercussions sur l'avenir. Il n'y avait rien de plus imprévisible que le futur.

 

 
Je revins à la réalité, mes yeux se posant sur Rogue, que j'avais installé sur une chaise métallique à mon arrivée dans ma planque. Je l'avais immobilisé avec des liens magiques pour assurer sa paralysie totale. Nous étions dans une toute petite pièce, sans mobilier. Il n'y avait rien d'autre que lui et moi. Je ne tenais pas à ce qu'il voie le reste de ma planque, car je ne portais pas mon masque actuellement. Il allait bien ouvrir les yeux sur moi, et non sur Tracker. Mais ce n'était pas encore le moment d'interroger Rogue. Si je voulais retourner voir Dumbledore sans paraître suspecte, il fallait que je fasse mon boulot de flic maintenant. Le sort jeté à Rogue devrait le maintenir inconscient encore un bon moment. Je quittai donc ma planque, impatiente de revenir.
 
 | Poudlard |
 
Une fois calmée, je retournai au château comme si c'était la première fois de la journée, en esquivant Rusard et McGonagall. Il fallait que j'interroge Dumbledore sur Judith Memphis. J'avais l'esprit encore engourdi par les derniers évènements. L'avenir me faisait vraiment flipper en vrai, et pas seulement pour moi. Je me rendais compte à quel point la menace des Maraudeurs était réelle pour mon père. La prophétie à leur sujet, source de ma mission à Poudlard, était confirmée. En plus de leur motivation professionnelle à se battre contre le crime et leur talent incontestable dans le domaine, ils étaient tous impliqués personnellement dans la guerre à venir. Sirius éprouvait une haine viscérale contre ses parents, qu'il rêvait de faire tomber... James, fils d'Auror, se retrouvait à son tour lié à une prophétie impliquant, j'en étais persuadée, son futur enfant... Remus était l'homme que j'aimais, et pour lequel j'étais prête à tout pour le défendre contre mon père. Quant à Peter, il n'y avait pas encore de raison personnelle, mais j'étais certaine que ça finirait par arriver.
 
« Il naîtra de ceux qui l'ont par trois fois défié... ». Je déglutis péniblement... si James et Lily étaient destinés à l'affronter trois fois... ça voulait dire que le reste du clan Maraudeurs aussi. Nous étions inséparables... ce qui les concernait eux nous impliquait tous. Ils étaient voués à être en première ligne dans les combats qu'il faudra mener contre mon père. Les Maraudeurs... Diego... moi... nous étions tous liés de très près à Voldemort... trop près.  « Un humain au visage de serpent... ». Ce n'était pas vraiment la description qui correspondait le mieux à mon père à l'heure actuelle... mais si c'est à ça qu'il devait ressembler un jour, quelle pourrait en être la cause ? 
 
-         Bonjour Prudence, que me vaut le plaisir de ta visite ? 
 
Je revins à la réalité en croisant les yeux de Dumbledore. 
 
-         J'ai le regret de vous annoncer le décès de Judith Memphis. 
 
Le sourire de Dumbledore s'effaça bien vite. La tristesse balaya furtivement son visage. 
 
-         Les Mangemorts ? demanda-t-il.
-         Nous n'avons pas encore de preuves... mais ce sont nos hypothèses oui. Pourquoi avez-vous pensé à eux en premier ?
-         Ce que je vais te dire ne doit pas sortir de cette pièce. Même pas pour Remus. Du moins pas encore, c'est trop tôt.
 
Bon sang, ça ne finissait jamais... qu'allait encore m'annoncer Dumbledore ?
 
-         Trop tôt pour quoi ?
-       Tu es bien placée pour savoir que depuis quelques temps, les nés-moldus sont devenus des proies... et que même le monde moldu subit de plus en plus d'attaques mystérieuses. Les Mangemorts sont une organisation criminelle redoutablement bien orchestrée, à l'origine de tout ça.
 
Oh oui... je le savais que trop bien.
 
-         Je sais aussi qu'une guerre va bientôt éclater. C'est pourquoi j'ai décidé de créer une organisation secrète. Je l'ai nommée l'Ordre du Phénix. Nous avons pour but d'incarner la résistance face aux Mangemorts.
 
Je me sentis assommée pendant deux secondes. C'est fou... la guerre n'avait pas encore véritablement éclaté, mon père avait déjà de nombreux ennemis. Les Aurors, les Maraudeurs, Dumbledore... il y avait même déjà des résistants.
 
-         Et Judith en faisait partie... terminai-je.
-         Oui. C'est l'une des premières à m'avoir rejoint.
-         Vous pensez que c'est son appartenance à l'Ordre qui l'a tuée ?
-         J'espère bien que non... ça voudrait dire qu'il y a une taupe parmi nous.
-         Qui est dans vos rangs ?
-         Je ne peux pas te délivrer les noms Prudence... l'Ordre n'a que quelques mois, nous sommes encore en pleine structuration. Tout ce que je peux te dire, c'est que je n'ai pas de critère spécial pour accepter les gens qui souhaitent se joindre à moi. Il faut juste vouloir lutter contre celui qui se fait appeler le Seigneur des Ténèbres. Un certain Voldemort, autoproclamé Lord.
-         Je suis certaine que les Maraudeurs se feraient une joie de vous rejoindre.
-         Je sais. Et je leur proposerai. En temps et en heure. Pour l'instant, l'organisation est trop fragile. Si nous avons déjà une taupe, ce n'est pas le moment de recruter de nouveaux membres.
-         ... Je vous tiendrai au courant si j'en apprends à ce sujet. Maintenant, dites-moi sur quoi travaillait Judith. D'après son mari, vous la voyiez souvent dernièrement.
-         Oui... nous travaillions sur un moyen efficace d'en apprendre davantage sur les Mangemorts et leurs plans. Nous voulions mettre en place une mission d'infiltration.
-         Vous savez que les Aurors ont déjà essayé et ont échoué ?
-         Les Aurors ont essayé d'infiltrer l'un des leurs... nous on essayait plutôt de prendre le problème à l'envers.
-      C'est-à-dire ?
-      Convaincre un Mangemort de devenir un agent double.
-    Cela impliquerait de savoir lesquels ne servent pas le Seigneur des Ténèbres par volonté. Une information que vous ne pouvez pas avoir de l'extérieur.
-        Nous menions quand même l'enquête. 
Je soupirai, un peu dépitée.
 
-         Ok... qu'est-ce que je dis à mes collègues ? Je suppose que vous allez me demander de ne pas dévoiler la véritable raison de vos rendez-vous avec Judith.
-         Je ne peux pas te demander de mentir pour moi Prudence. Ce serait faire obstruction à la justice.
 
Ce serait ironique pour le Président du Magenmagot. Cependant...
 
-         Je pense que votre organisation mérite de rester dans l'ombre. Le Ministère n'est pas un endroit sûr pour les secrets.
-         Alors dis-leur que je travaillais simplement sur un projet pédagogique. Judith était botaniste.
-         Ok. Merci pour votre coopération.
-         Merci à toi pour ta discrétion.
 
Je lui serrai la main avant de prendre congé. J'avais bien fait de revenir voir Dumbledore avant d'interroger Rogue. 
 
| Planque de Tracker |
 
 Je lançai un sort à mon prisonnier pour le ramener à la réalité. 
 
-         Où sommes-nous ? demanda Rogue en regardant autour de lui.
-         Dans un endroit où personne ne pourra te trouver.
-         Qu'est-ce que tu comptes faire ?
-         Comprendre. Tu bosses pour le Seigneur des Ténèbres... pourquoi ?
-         En quoi ça te regarde ? Nous faisons tous nos choix.
-         En choisissant le Seigneur des Ténèbres, tu acceptes le traitement qu'il réserve aux nés-moldus. Ca me surprend venant de toi... toujours amoureux de Lily Evans.
-          Je ne suis pas amoureux d'elle !
-       Alors tu ne vois pas d'inconvénient à provoquer sa mort en allant raconter la prophétie de Trelawney à ton maître ?
-           Qui te dit que ça la concerne ?
-         Il n'y a que deux couples possibles... les Londubat et les Potter. Es-tu prêt à prendre le risque d'être le responsable de la mort tragique de la femme qui continue à faire battre ton coeur ? 
 
Je vis dans les yeux de Rogue qu'il n'avait pas forcément eu conscience de ça avant que je lui dise. Il avait simplement vu la valeur de l'information pour son maître... sans prendre la peine de mesurer les conséquences. D'ailleurs, peut-être qu'il n'était même pas au courant que Lily était potentiellement au coeur de cette prophétie ?
 
-         Si tu dévoiles cette prophétie... tu condamnes Lily à mort. Le Seigneur des Ténèbres n'aura aucune pitié. Dans le doute, il s'en prendra aux deux couples. Est-ce vraiment ce que tu veux ? 
 
Il secoua négativement la tête. 
 
-         C'est bien ce qu'il me semblait.
-         Et maintenant, que vas-tu faire ? M'arrêter ?
-         Si je t'arrête maintenant, mes collègues me demanderont pour quel motif. Et je ne peux pas leur donner. Si je te laisse partir, je cours le risque que notre petit secret soit dévoilé si le Seigneur des Ténèbres s'amusait à faire un petit tour dans ta mémoire.
 
Severus eut un instant d'arrêt.
 
-         Comment sais-tu qu'il fait ça ?
-         C'est ce que je ferais si j'étais à sa place.
 
Rogue ne semblait pas trop convaincu. Je devais faire attention à "cloisonner" mes connaissances. J'avais tendance à oublier que je n'étais censée rien savoir au sujet du Seigneur des Ténèbres.
 
-         Tu vas me laisser pourrir ici ?
-         Non... je vais juste faire un tour dans ta mémoire... quand j'en aurai fini avec toi, tu te présenteras à Dumbledore d'ici quelques jours pour lui avouer que tu travailles pour les Mangemorts, que tu le regrettes, et que tu veux te racheter.
-         Pourquoi ferais-je ça ? 
-         Tu le feras, crois-moi. Mais avant, je voudrais savoir... est-ce que les Mangemorts savent pour l'Ordre du Phénix ?
-         Ça ne me dit rien.
-         Bien. Tu ne pourras plus dire ça dans peu de temps. 
 
J'entrepris de mettre à exécution mon plan. Rogue devait à tout prix oublier la prophétie. Même si j'étais certaine qu'il ne la divulguerait pas en sachant désormais le risque de mort qu'elle représentait pour Lily, je savais que mon père parcourait la mémoire de ses serviteurs de temps en temps, à l'improviste. Pas question qu'il tombe sur un tel souvenir. James et Lily venaient de se marier... il serait bien tragique qu'ils soient déjà séparés. Surtout si un bébé était prévu. Hmm... le septième mois... ça ne pouvait pas être pour cette année, c'était déjà passé. Peut-être l'année prochaine ? Oui, il fallait que je m'assure que leur famille puisse se construire. 
 
Rogue tomba dans l'inconscience lorsque j'en eus fini avec lui. Il fera un excellent agent double pour l'Ordre. Je déglutis en pensant à mon père. Aujourd'hui, je le privais d'une information cruciale en enterrant la prophétie... et en faisant de l'un de ses Mangemorts un agent double pour le compte de son ennemi juré : Dumbledore. Rogue ne méritait pas de n'être qu'un simple Mangemort. Il n'était pas un monstre. Intelligent comme il était, j'étais persuadée qu'il aurait un rôle précieux pour l'Ordre... et donc dans la résistance. Une véritable mine d'informations... et une faille pour mon père. J'espérais juste qu'il ne se fasse pas démasquer.
 
| Ministère de la Magie – Département de la Justice Magique |
 
 -         Alors, qu'a dit Dumbledore ? demanda Wagner à mon retour.
-         Ils travaillaient ensemble sur un projet pédagogique. Rien qui puisse nous aider à élucider son meurtre. Et vous, de votre côté, vous avez trouvé quelque chose ?
-         Pas vraiment non. Les gosses sont traumatisés, ils ont entendu la scène depuis l'étage. Ils sont encore trop sous le choc pour répondre à nos questions. D'après le doc qui les a pris en charge, l'un d'eux disait qu'il avait entendu « deux méchants traiter leur mère de sale Sang-de-Bourbe ». Et que « plus elle criait et pleurait, plus ils riaient fort » 
 
Une boule de rage se forma dans mon estomac. La seule bonne nouvelle dans ce court témoignage, c'est que les deux monstres n'avaient visiblement pas cherché à se renseigner sur l'Ordre. Le secret de Dumbledore n'avait pas encore été percé. L'Ordre allait pouvoir continuer à se fortifier... pour être fin prêt lorsque la guerre éclatera.
Tant qu'à moi, je devais rester l'unique gardienne de la prophétie concernant l'enfant prodigue. C'était le seul moyen d'empêcher mon père de le briser. Le seul moyen d'espérer changer le cours de l'histoire... tout en gardant mes atouts dans la manche. 
 
Chapitre 10 : L'atout secret
 
Hello ! Me revoici enfin ! Au revoir les examens, bonjour le stage et le temps libre ! :p
L'histoire d'un Assassin reprendra avec ce dixième chapitre ! J'espère que la réadaptation de la prophétie concernant Harry vous a plu, j'ai dû faire des modifications par rapport à la version originale pour la faire coller à mon histoire. Le prochain mot de Tracker sera publié le week-end prochain, avec l'aperçu du chapitre 11. D'ici là, je vous souhaite une bonne semaine. Je suis vraiment contente de reprendre la publication, ça m'avait manqué ! :P
Bisous, et à bientôt !

Tags : L'histoire d'un assassin - Partie 1 : L'amour d'un Assassin - tome 2

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Comments :

  • Dum-Cha

    22/12/2016

    On a la mise en place avec l'ordre et la phrophetie. Je trouve ce Chapitre hyper cool.

  • LeMaitreDesLieux

    01/12/2015

    Ce chapitre me plait beaucoup car il met bien en place la suite de l'histoire avec la prophétie et l'Ordre du Phénix. Je ne doute pas que je vais apprécier les prochains chapitres :)

  • harry-potter-8-fic

    04/06/2015

    A bientôt :)

  • harry-potter-8-fic

    04/06/2015

    Je lirai la suite dans quelques jours.

  • harry-potter-8-fic

    04/06/2015

    Surtout que Rogue ne devient un agent double qu'après la révélation de la prophétie qu'il fait à Voldemort.

  • harry-potter-8-fic

    04/06/2015

    Mais du coup pour la prophétie je me demande comment Voldemort va l'apprendre

  • harry-potter-8-fic

    04/06/2015

    On a enfin entendu parler de la prophétie et Lily et James se sont mariés, ça c'est trop cool.

  • harry-potter-8-fic

    04/06/2015

    C'était encore un très bon chapitre

  • harry-potter-8-fic

    04/06/2015

    Coucou :)

    Désolé de mon retard, j'ai eu pas mal de choses à faire ces derniers temps

  • MikaWolfeHP

    03/06/2015

    Yes! Ça avance! J'aime bien ce chapitre qui met en place l'histoire de la version originale! C'est nice :) je lis la suite bientôt :)

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