Chapitre 12 : Après la mission

« La mission ne s'arrête pas toujours à l'arrestation du coupable. Il faut ensuite rendre des comptes... et ne pas oublier que pour la victime et sa famille... il y aura un après. Un après qui sera long. »
 
Chapitre 12 : Après la mission
 
| 30 août 1979 |

 
Comme m'avait prévenue Moser, je reçus une convocation dès mon arrivée à la brigade.
Les souvenirs de mon dernier entretien me revinrent en tête alors que mes yeux balayaient rapidement les mots écrits sans aucun style. La plume qui avait glissé sur ce parchemin était neutre... les phrases respectaient le strict modèle officiel à appliquer en ce genre de circonstance.

 

Je soupirai en fourrant le parchemin dans la poche intérieure de ma veste. Quelle serait la sanction cette fois ? Serais-je encore mise à pied ? Ou pire ? J'avais commis un meurtre après tout... et la situation de légitime défense serait compliquée à expliquer étant donné que malgré l'agression... mon adversaire avait une arme moldue, et moi ma baguette. La victoire m'était assurée d'avance. J'allais avoir du mal à expliquer mon geste, sans faire ressortir mon simple désir de meurtre, qui m'avait trahie une fois de plus sous une impulsion... instinctive. Je pouvais peut-être jouer la carte de la surprise... 

 


Je relevai la tête, croisant le regard de Moser, qui apparemment m'observait déjà. Je lus dans ses yeux qu'il me rappelait silencieusement de ne pas oublier ses bons conseils de la veille. Je lui adressai un signe de tête, pour lui assurer que j'avais compris le message.
 
-          Bon courage ma belle, me souhaita Sirius avec un sourire. Tiens-nous au courant dès que tu en as fini avec eux.
 
J'acquiesçai. J'aurais préféré que ça soit Remus que je voie juste avant cet entretien. Mais il avait été embarqué sur une affaire par Wagner, avec James. Je sentis mes entrailles se tordre légèrement en quittant le QG de la Brigade, ne voulant pas que cet endroit me soit à nouveau interdit d'accès, quelle que soit la durée.
 

 


Je me rendis au bureau indiqué dans la lettre sans plus attendre, impatiente d'en finir avec ça. Je frappai à la porte après quelques instants d'hésitation. Une grande femme blonde m'ouvrit, et son visage jusque là neutre s'éclaira d'un faible sourire lorsqu'elle posa ses yeux compatissants sur moi.
 
-          Agent Hunt, me présentai-je. J'ai reçu une convocation de la part du lieutenant Tavoy. 
-          Bonjour miss Hunt. Je suis le lieutenant Tavoy. Entrez.
 
Ce que je fis sans ajouter quoi que ce soit. La pièce était assez petite. Une armoire prenait tout le mur de gauche, tandis que le bureau était installé sur la droite. Des dossiers étaient soigneusement empilés dessus. La femme me fit asseoir sur une chaise. Elle prit le dossier du dessus avant de se mettre en face de moi. J'attendis sans rien dire, me contentant de réfléchir à comment j'allais pouvoir faire ma pirouette.
 
-          J'ai lu votre rapport au sujet de votre dernière mission, m'informa Tavoy. J'avoue avoir été frappée par le professionnalisme de votre écrit. Vous n'avez laissé aucune place à l'émotion. Votre rapport est clair et concis. Mais je suppose que les évènements ne vous ont pas laissée aussi neutre que ça, n'est-ce pas ?
-           Disons que je me souviendrai de cette mission, répondis-je simplement, me maudissant d'avoir écrit ce foutu rapport comme tous les autres, sans rien laisser transpirer d'un état émotionnel chamboulé.
-          Je m'en doute, dit-elle à voix basse en me regardant gravement. Je vais devoir procéder à un interrogatoire. Tout ce que vous direz sera consigné dans un procès verbal.
 
J'acquiesçai, regardant mon interlocutrice sortir une plume qui se dressa au contact du parchemin, prête à glisser au rythme de mes paroles.
 
-          Commencez par décliner votre identité, me dit-elle.
-          Prudence Hunt, agent de la Brigade Criminelle Magique.
-          Rappelez les grandes lignes de votre mission.
-        J'ai été intégrée à la mission de sauvetage d'Emily Close. Hier, je devais m'infiltrer dans la soirée privée organisée par Henry Blunt pour protéger Kevin Close. Il avait accepté de donner une rançon en échange de sa fille.
-          Pourquoi vous êtes-vous retrouvée seule ?
 
Je me retins de soupirer, me résignant à répéter ce que j'avais déjà écrit dans mon rapport.

-          Au début de la mission, je devais isoler des invités pour que mes collègues prennent leur place. Un imprévu a fait arriver Kevin trop en avance pour me permettre de le faire. J'ai dû poursuivre la mission seule en attendant que mes collègues trouvent un moyen d'entrer sans se faire repérer. Kevin n'était pas censé avoir prévenu les flics... comme toujours dans ce genre d'histoire.
-          Racontez-moi ce qu'il s'est passé.
-          Kevin a été accompagné dans une... sorte de soirée parallèle, qui se tenait aux sous-sols. Pendant qu'il attendait le responsable de l'enlèvement pour procéder à l'échange, je suis partie à la recherche d'Emily. Il fallait que je la mette en sécurité au plus vite, nous ne comptions pas laisser les ravisseurs récupérer la rançon.

Je marquai volontairement une pause, laissant mon regard se perdre sur la plume qui relatait mon récit.

-          Continuez.
-          J'ai réussi à atteindre une zone sécurisée, à l'écart du public. J'ai commencé mes recherches. Je suis tombée sur une porte verrouillée. Je me suis dis qu'Emily pouvait s'y trouver, alors je suis entrée. Il n'y avait personne. J'entendais un air d'opéra derrière une autre porte, au fond de cette pièce. Je me suis approchée... et au moment où j'allais ouvrir, un homme est sorti en me bousculant et en hurlant comme un fou. Il tenait un hachoir. Il l'a abattu sur moi, et je l'ai esquivé de justesse. J'ai reculé comme j'ai pu pour m'éloigner de lui. Je ne comprenais pas très bien ce qu'il se passait. Il a récupéré son arme et l'a lancée sur moi.
 
Je marquai à nouveau une pause, déglutissant volontairement.
 
-          Et ? encouragea Tavoy.
-          J'ai renvoyé le hachoir sur lui.
 
Je baissai la tête, regardant mes mains.
 
-       Ça l'a tué, terminai-je dans un souffle. JE l'ai tué.  
 
Tavoy me laissa quelques instants dans mon silence. Elle reprit d'une voix douce, et un peu embarrassée. 
 
-     Pourquoi avez-vous renvoyé le hachoir sur lui ?
 
Je haussai les épaules, relevant les yeux sur elle.
 
-       Je ne sais pas, avouai-je. J'ai eu peur... et c'est allé tellement vite. Je crains d'avoir eu un mauvais réflexe.
 
Elle acquiesça. Même si elle affichait un air compatissant, je sentais que du haut de sa quarantaine, l'expérience l'empêchait de se laisser prendre par les émotions que j'essayais de lui faire passer. 
 
-         Je comprends tout à fait que la situation n'a pas dû être facile à gérer hier soir. Mais j'ai lu pas mal de rapports à votre sujet... vous y êtes toujours décrite comme une excellente duelliste de grand sang-froid. Vous l'avez prouvé en sauvant Moser dans ce ministère... et lors de la prise d'otages dans la banque. A votre avis, qu'est-ce qui a été différent hier soir ?
-         L'effet de surprise, répondis-je après un instant de réflexion. Il est vrai que je suis une excellente duelliste. Les combats que j'ai perdus sont très peu nombreux. Mais à chaque fois, je m'étais préparée à me battre et c'est pour ça que je garde une bonne maîtrise. Hier, j'ai été prise de vitesse. J'ai réagi sans réfléchir, parce que je ne m'attendais pas du tout à ça.
 
La plume termina ma dernière phrase et marqua une pause, redressant sa pointe vers moi comme si elle attendait la suite. J'avais toujours été amusée par l'âme qui semblait abriter ces objets.
 
-         Je comprends, répéta Tavoy.
 
Elle comprenait, mais elle n'en avait pas encore terminé...
 
-        Avec du recul... à quoi pensez-vous lorsque vous vous remémorer cet instant ?
-        Au hachoir qui aurait dû se planter dans le mur, et non dans sa gorge. A une lumière rouge qui aurait dû stupéfixer mon adversaire au lieu de le tuer.
-         Vous éprouvez des remords ?

 

Je la regardai un peu plus durement. Je lus sur son visage qu'elle essayait de trouver une faille dans mon récit... une incohérence dans mes propos. Elle me soupçonnait d'avoir ressenti de la satisfaction à commettre ce meurtre. Evidemment, c'était le cas... parce que j'étais Tracker. Mais cette Tavoy ne pouvait pas savoir que j'étais une tueuse. Alors, pour quel genre de flic me prenait-elle ? Un ripoux ? Un flic qui n'a pas sa place au Ministère ? Il était temps que je sorte le grand jeu. 

 

-        Mon métier ne consiste pas à tuer... rappelai-je sèchement.  Même lorsque ma vie est menacée. Alors oui, je regrette que ce fou ne soit pas enfermé à Azkaban plutôt qu'entre quatre planches.
 
Je sortis mon badge et le plaquai sur le bureau.
 
-         Ce badge représente la loi et la justice que je suis censée incarner... hier soir, je l'ai éclaboussé de sang. Agissez en conséquence, mais ne doutez pas de mes remords, dis-je froidement en me levant. 
 
Des fois je me demandais pourquoi je n'avais pas fait actrice. J'aurais fait fureur. J'allais quitter le bureau lorsque Tavoy me rappela :
 
-       Agent Hunt.
 
Je me retins de sourire et me retournai. Elle prit mon badge et me le lança. Je le réceptionnai au vol, attendant la suite.
 
-       Prenez la semaine pour vous reposer et vous remettre de vos émotions. A votre retour, vous irez voir une psychologue.
 
Elle se leva en prenant un parchemin plié qui était dans mon dossier. Elle me le tendit avant d'ouvrir la porte.
 
-        Ce sont les seules conditions pour réintégrer pleinement votre travail. Vous avez besoin de souffler avant de retourner sur le terrain. Il serait imprudent de vous laisser reprendre aussi vite alors que vous êtes encore sous le choc.
 
J'acquiesçai et lui serrai la main sans demander mon reste. Lorsque la porte se ferma derrière moi, je poussai un soupir de soulagement. Je m'éloignai le plus vite possible de ce bureau, de peur que Tavoy me rappelle.






A mon retour au QG, Moser n'était plus là. A la place, Wagner était de retour. J'en profitai pour lui demander où se trouvait Remus.
 
-         Il est parti faire une enquête de voisinage avec James.
-         Ah... je ne vais pas le déranger alors.
-         Et toi, comment ça s'est passé ?
-         Une semaine de vacances forcées et un passage obligatoire chez la psy, dis-je en montrant le parchemin, sur lequel était indiqué mon rendez-vous.
-         Hum. Ne le prends pas mal, mais c'est le mieux pour toi. Tu as besoin de te poser après ce qu'il s'est passé. C'était un peu intense pour une première mission en solo. Une semaine ne sera pas de trop pour t'en remettre et revenir en pleine forme.
-          Oui... tu préviendras Moser pour moi ?
-          Pas de problème.
-        Des nouvelles de la petite Emily ?
-         Pas encore.
-         Ok. Je vais passer lui rendre visite avant de rentrer chez moi.
-         Tu feras tourner les nouvelles.
-        Compte sur moi.

 
| Hôpital Sainte Mangouste |
 
Lorsque je demandai à voir Lily Potter à l'accueil, on me répondit qu'elle était en consultation. A la place, une présentation de mon badge me permit d'avoir le numéro de chambre de la petite Emily Close.
 
Une fois devant la porte 380, je dus me convaincre de frapper. Contrairement à moi qui avais dû jouer la comédie pour faire celle qui était sous le choc, Emily devait réellement être traumatisée. Je n'étais pas certaine d'être capable de trouver les mots pour la réconforter.
 
-        Agent Hunt ?
 
Je sursautai, mais retrouvai bien vite contenance face à Kevin Close. Il avait de profondes cernes sous les yeux.
 
-        Bonjour, dis-je. Comment allez-vous ce matin ?
-         La nuit a été difficile, avoua Kevin. La petite a eu un sommeil très agité. Et moi, je n'ai cessé de repenser à toute cette histoire.
-        Je m'en doute.
-       Vous voulez la voir ? Ma femme est à l'intérieur. Elle sera heureuse de vous rencontrer, je lui ai raconté votre sauvetage.
 
Je lui adressai un faible sourire et le laissai entrer dans la chambre en premier. La femme, une belle rousse, se releva en nous voyant. Elle semblait fatiguée elle aussi.
 
-        Chérie, je te présente l'agent Hunt. Elle faisait partie de l'équipe de sauvetage. C'est elle qui m'a accompagné hier soir.
-         Merci pour tout ce que vous avez fait, vous et vos collègues, me dit la femme en me serrant la main. Je vous serai éternellement reconnaissante de m'avoir ramené ma fille et mon mari sains et saufs.
 
J'acquiesçai, concentrée à ne pas laisser ses émotions m'envahir. En revenant à la réalité, je me rendis compte que le lit était...vide.

 

-        Votre fille est avec un médecin ? demandai-je.
-        Non, l'un de vos collègues vous a précédée. Il est sorti avec dans le jardin.
 
La mère eut un faible sourire.
 
-        Vous êtes vraiment une équipe formidable. Emily ne voulait pas quitter la chambre tellement elle avait peur de se faire à nouveau enlever. Votre collègue a réussi à la convaincre de l'accompagner. Je me suis dis que j'allais pouvoir en profiter pour me reposer un peu. La nuit a été courte.
 
J'avais l'esprit en ébullition. Aucun de mes collègues n'était censé venir ici. Qui était cette personne ? Sirius et Wagner étaient au poste, Remus et James sur le terrain... était-ce Moser ? Une once de crainte m'envahit, et je sortis sur-le-champ sans rien laisser paraître de mon inquiétude pour ne pas faire paniquer les parents. 
 
Une fois dans le jardin, je balayai les environs du regard, à la recherche d'une petite fille. Il n'y en avait pas beaucoup ici. De nombreuses personnes étaient dehors pour profiter de la journée, la plupart accompagnées d'une infirmière ou d'un proche. Si j'avais voulu accompagner Emily dehors, j'aurais certainement choisi un coin plus tranquille, pour ne pas qu'elle soit effrayée par tous ces inconnus. Je pris alors le chemin du pont sur lequel j'étais allée me changer les idées lors de mon dernier passage dans cet hôpital. Je fus surprise de voir Remus assis dans l'herbe près de l'eau, avec Emily. Mes craintes retombèrent immédiatement, ma protégée était entre des mains bienveillantes. Remus releva la tête dans ma direction en me voyant arriver, m'adressant un beau sourire.
 
-         Tu n'étais pas censé faire une enquête de voisinage avec James ? demandai-je.
-         On a trouvé le témoin qu'on espérait. J'ai voulu voir comment allait la petite princesse, expliqua Remus en s'adressant à Emily en la chatouillant, la faisant éclater de rire. 
 
Je regardai la scène avec un sourire, envahie d'un sentiment étrange en voyant l'air paternel qu'arborait Remus à cet instant. Je sortis de mes pensées lorsque la petite Emily se retourna. Elle arrêta de rire, et je devinai que je lui rappelais de mauvais souvenirs. 
 
-           Bonjour Emily, dis-je doucement. Tu me reconnais ?
 
Elle acquiesça lentement sans me lâcher des yeux. Je me demandais même si c'était une bonne idée d'être venue. En la voyant, je repensai à sa prise en otage et à la lame sur sa gorge... j'osai espérer que les mêmes souvenirs n'étaient pas en train de lui traverser l'esprit. Je chassai ce moment de ma tête, m'asseyant à côté d'elle.
 
-       Alors, comment trouves-tu ce prince ? demandai-je en désignant Remus d'un signe de tête, le faisant sourire.
-        Gentil, dit-elle d'une voix timide.
-        Ah bon ? Et qu'est-ce qui le rend gentil ?
-        Il m'a protégée des gens tout à l'heure.
 
J'échangeai un regard avec Remus, qui soupira discrètement.
 
-        Tu n'as pas à avoir peur d'eux, tu sais ?
 
La petite fille me regarda étrangement.
 
-        Tous les inconnus ne sont pas méchants, continuai-je.
 
Elle baissa les yeux, jouant avec l'herbe machinalement.
 
-        Ils l'étaient beaucoup, dit-elle au bout d'un moment. J'avais peur. 
-        Ils t'effrayaient ?
-        Ils m'ont laissée dans le noir. Et quand je pleurais, ils me criaient dessus.
-        Tu ne les reverras plus jamais, assura Remus.
 
Elle acquiesça, mais elle semblait perturbée.
 
-        Tu veux nous dire quelque chose ? demandai-je pour l'encourager.
 
Emily me regarda, hésitante.
 
-        Pourquoi ils ont fait ça ? J'ai rien fait moi...
-        Ce n'était pas à cause de toi, Emily, répondis-je.
-        Les méchants n'ont pas besoin de raison pour l'être, ajouta Remus.
 
Je n'étais pas trop d'accord avec lui, mais ce n'était pas le moment de débattre là-dessus. Surtout en la présence d'Emily. Je pointai doucement mon doigt sur le côté de son ventre, sans prévenir, la faisant rire à nouveau malgré elle. Remus en fit de même de l'autre côté.
 
-      C'est pas du jeu, vous êtes deux ! râla Emily.
-      C'est vrai, reconnut Remus en se jetant sur moi. 
 
Prise par surprise, je me retrouvai allongée de force dans l'herbe, en proie à des chatouilles irrésistibles. J'éclatai de rire, lui demandant d'arrêter. Emily vint à ma rescousse en s'agrippant à Remus, dans ce qui ressemblait plus à un câlin qu'à une attaque. Remus se redressa pour reporter le jeu sur elle à nouveau, me laissant respirer.
 
On joua encore un bon moment comme ça, tous les trois, à rire à la moindre occasion. Essoufflée, je me laissai tomber dans l'herbe, le sourire aux lèvres en voyant Remus inlassable avec Emily. J'inspirai profondément pour m'imprégner de l'odeur des marguerites qui nous entouraient. Remus finit par me rejoindre, s'allongeant à mes côtés. On regarda le ciel pensivement, les yeux suivant le déplacement lent des rares nuages de passage. Un bouquet de marguerites vint m'en masquer la vue. Je tournai la tête vers Emily, qui me tendait ces fleurs avec une pointe de timidité sur le visage.
 
-         Tiens, me dit-elle.
-         Merci, elles sont belles !
 
Je l'attirai contre moi pour l'embrasser sur la joue, lui décochant le sourire. Elle s'allongea entre nous deux et regarda les nuages à son tour. Je lançai un bref coup d'oeil à Remus, me demandant si les mêmes pensées le traversaient à cet instant face à cette scène. Un simple sourire de sa part suffit à me donner la réponse. On resta tous les trois silencieux, nous reposant de notre séance de jeux. Et puis, vint le moment de ramener Emily dans sa chambre. Au moment de lui dire au revoir, elle tendit ses bras vers moi. Sur le coup, j'hésitai à la porter, mais finalement, je me baissai pour la prendre dans mes bras, craquant face à ses yeux d'anges.
 
-       Au revoir madame l'agent, me dit-elle, me faisant sourire.
-       Au revoir Emily.
 
Ça me faisait bizarre de serrer ce corps fragile contre moi. Elle se tourna vers Remus après m'avoir déposé un long bisou sur la joue. Il la prit dans ses bras à son tour.
 
-         Au revoir princesse, lui dit-il en la chatouillant légèrement une dernière fois. 
 
Et c'est le coeur léger qu'on sortit de cette chambre après avoir salué les deux parents. Remus me prit la main une fois qu'on eut quitté l'hôpital. On marcha un petit moment, pendant lequel je lui racontai mon interrogatoire, et lui sa nouvelle enquête. L'heure l'obligea à retourner au travail, et je le laissai transplaner après une étreinte silencieuse.






| 4 septembre 1979 - Londres |
 
Initialement, ma semaine de congés forcés aurait dû me servir de repos. A la place, ces journées de liberté, avec Remus au travail, m'avaient poussée à remettre le masque de Tracker. Mon clan avait besoin d'un maître présent de temps en temps, et pas que pour donner des directives. J'avais ainsi profité de ces derniers jours pour prendre moi-même en charge quelques entraînements. J'avais également fait suivre les meilleurs nouveaux sur des missions d'assassinat que j'avais concoctées spécialement pour eux. Les archives non classées de la Brigade Criminelle Magique ne manquaient pas de cibles à désigner. Ainsi, je leur avais fait des démonstrations, les entraînant sur des situations de meurtres variées pour qu'ils aient un meilleur aperçu de la palette de compétences qu'un tueur de notre clan devait maîtriser. Ils en étaient tous fascinés et admiratifs.
 
Ce temps libre m'avait également permis de revoir Jack. Il me manquait toujours un peu lorsqu'on passait quelques temps sans se voir. On avait beaucoup discuté. Il était content lui aussi de me revoir et n'avait pas manqué de me le faire comprendre. Il m'avait également glissé que l'Agence aurait certainement bientôt besoin de mes services.
 
Diego quant à lui était introuvable, soi-disant parti en mission selon l'un de ses hommes. Ça m'avait enfoncé une pointe dans la poitrine qu'il parte ainsi sans me prévenir. J'aimais bien être au courant lorsqu'il s'absentait. Depuis, je m'inquiétais pour lui, demandant chaque jour à un membre de son clan s'il avait donné signe de vie. Je devais me faire violence pour ne pas lancer quelques-uns de mes hommes à sa recherche. Ne pas savoir comment il allait et s'il avait besoin d'aide ou non me rongeait.
 
Enfin, entre une chose et une autre, je ne vis pas la semaine passer. Le temps de remettre mon badge arriva, pour me relancer dans des chasses un peu plus... légales. Mais avant, il me fallait voir la psychologue indiquée. Je n'étais pas du tout motivée, et je savais que ça ne servirait à rien. Par contre, j'allais me retrouver face à une spécialiste... je n'aurai pas le droit au moindre écart. Je savais que tout, jusque dans les moindres détails de mon comportement, serait analysé. Je n'avais pas intérêt à laisser entrevoir quoi que ce soit dans mes paroles, ou mes réactions. J'allais devoir réaliser le difficile exercice d'avoir un contrôle parfait tout en passant pour une femme perturbée par les récents évènements. Un nouveau rôle à jouer, en cohérence avec ce que j'avais montré à Tavoy.
 
| 8 septembre 1979 - Ministère de la Magie - 8h |
 
-          Content de te revoir Hunt, salua Moser.
-          Moi de même. Quelles sont les nouvelles ?
-         Tu le sauras quand tu auras passé ton entretien psy.
 
Je le regardai d'un air blasé, haussant les épaules en tournant les talons.
 
-       Rabat-joie, lançai-je en sortant.
 
Je me rendis au bureau de la psychologue, dénommée Alice Grant. Elle m'ouvrit la porte avec un sourire d'une douceur déstabilisante.
 
-         Bonjour, je suis l'agent Hunt.
-         Bonjour miss Hunt. Entrez je vous prie.
 
Elle me laissa découvrir un bureau assez grand, aux couleurs douces et à l'éclairage faible. Ça ne ressemblait pas vraiment à un bureau à vrai dire. On aurait plutôt dit un salon d'appartement. Il y avait des fauteuils, une cheminée, une bibliothèque... Son bureau était au fond, comme s'il était secondaire dans cette pièce censée être un lieu de travail. J'eus un sourire ironique. Pas mal pour mettre en confiance. La psy avait crée un lieu chaleureux, dans lequel on pourrait presque oublier qu'on est au Ministère.
 
-           Asseyez-vous, me dit-elle en me désignant un fauteuil à l'aspect très confortable.
 
Sa voix était vraiment douce. Avec son allure bienveillante, elle devait amener beaucoup de personnes à se confier ici... mais aujourd'hui, elle allait se heurter à un mur.
 
-         Comment allez-vous miss Hunt ? demanda la psy en prenant place dans un fauteuil en face de moi.
-         Bien, merci. Et vous ? plaisantai-je.
 
Ma pirouette sembla l'amuser à en juger par son regard.
 
-         Aussi. Je vais devoir vous poser quelques questions... vous êtes libre de ne pas y répondre.
-         Ça va de soi.
-         Bien. Par ailleurs, j'ai beau être une psy rattachée au ministère, mon rôle peut s'étendre au privé. Je suis là pour vous aider, gardez ça à l'esprit. Donc si vous souhaitez parler d'autre chose... je suis à votre écoute.
-         C'est très clair.
-         Alors, par quoi voulez-vous qu'on commence ?
-         A vous de me le dire.
-         ... Bon, alors venons-en à la raison principale de votre rendez-vous... l'affaire Close.
-        De quoi voulez-vous que je parle ?
-        De votre ressenti par rapport à cette mission. Je suis certaine qu'elle a laissé des traces.
-          C'est pas tous les jours qu'on tue des gens, renvoyai-je. 
 
C'est vrai en plus... j'en tue pas tous les jours. Souvent, mais pas tous les jours.
 
-        Oui, c'est sûr. Comment vous sentez-vous aujourd'hui à l'égard de tout ça ?
 
Je haussai les épaules.
 
-        Ça va. Je vis avec.
-        Vous avez déjà eu l'occasion de vous confier à d'autres personnes à ce sujet ?
-        Oui, mon compagnon.
-         Ça vous a fait du bien ?
-         Il sait se montrer réconfortant.
-         Vous avez de la chance de l'avoir.
-         C'est ce que je me dis tous les jours, oui.
 
Elle ébaucha un sourire. C'est l'unique phrase que j'avais prononcée sans froideur.

-         Miss Hunt, est-ce que vous faites des rêves depuis la mission ?
-         Quelques-uns.
-         Vous vous en souvenez ?
-         Oui. Je rêve que le corps torturé que j'ai découvert au cours de cette mission était réellement celui d'Emily.
 
Elle acquiesça lentement.
 
-         J'ai lu votre rapport de mission... j'ai été étonnée que les affaires internes ne vous aient posé des questions que sur le meurtre par légitime défense, alors que cette scène de torture a dû énormément vous choquer également.
-        Le corps était un faux.
-        Mais le temps que vous le sachiez, les atrocités de la scène vous avez déjà marquée. Ce que vous avez ressenti au moment de la découverte est resté en vous... parce que vous savez que même si cette fois c'était un faux, il y a de fortes chances que de vrais cadavres comme celui-ci existent.
 
Je déglutis. Touché. Après enquête sur ma victime... il y avait effectivement de quoi le penser.
 
-     J'avoue que l'horreur de la scène m'a filé un coup beaucoup plus violent que le meurtre en lui-même, dis-je en essayant de ne pas repenser à la scène en question.
-        Qu'avez-vous ressenti... à cet instant ?
-        Sur le coup, rien. J'étais sous le choc, je pensais que c'était Emily. Et puis après, un profond dégoût. De la colère. Du chagrin. C'était assez confus à vrai dire.
 
Je m'étais sentie fragile sur le coup... et pourtant, une puissante haine m'avait gonflée de fureur.
 
-         Avez-vous senti le poids du remord s'alléger à ce moment ?
 
Hum, bien vu la psy. Ça aurait pu.
 
-      Pas vraiment non. J'étais hors réalité. Je ne pensais même plus à ma victime tellement j'étais focalisée sur ce corps.
-        Ensuite ?
-        En touchant le cadavre, je me suis rendue compte que c'était un faux.
-        Hmm. Et vous vous retrouvez prisonnière juste après...
-         Exact. Ce n'était qu'un piège.
-         Parlez-moi des combats.
-         Ils étaient intenses. Mes adversaires étaient nombreux, et j'avais une personne à protéger. Je ne savais plus trop où donner de la tête. L'arrivée de mes collègues a été un soulagement. C'est grâce à eux si Emily est encore en vie.
-         Mais c'est vous qui avez solutionné la prise d'otage qui s'est ensuivie n'est-ce pas ?
-         Chose que je n'aurais jamais pu faire tant que j'étais prise par les duels.
-         A ce sujet... comment avez-vous réussi ? D'après des témoignages, l'homme aurait subitement lâché Emily, avant d'approcher la lame de sa gorge...
 
Je souris à la remarque.
 
-        Je me souviens pourtant avoir écrit dans mon rapport que j'avais lancé un sortilège de confusion...
-        Ce genre de sort ne pousse pas au suicide.
-        Qui vous parle de suicide ? répliquai-je. Je ne comptais pas le tuer. Je voulais juste lui faire peur. Histoire qu'il sache ce que ça fait d'avoir une lame placée sous la gorge.
 
Elle haussa les sourcils.
 
-         Pourquoi ça ?
-         Ce mec a clairement dit qu'il voulait faire payer Kevin Close... il était sur le point de trancher la gorge d'une gamine de sept ans pour une histoire de Gallions. La moindre des choses était de lui faire un peu peur. Ces gens-là ont rarement l'occasion de se retrouver en position d'impuissance... j'ai estimé qu'il devait connaître ça une fois dans sa vie.
 
Elle acquiesça lentement, comme si elle comprenait mon raisonnement.
 
-         Faites-vous d'autres rêves...? demanda-t-elle pour relancer le sujet. 
-         Je revis les duels... la prise d'otage... je pense à l'avenir d'Emily avec ce fardeau. Je suis allée la voir le lendemain du sauvetage... elle a peur de tout le monde désormais et craint de sortir. Elle n'a plus confiance. Elle ne se sent plus en sécurité. Elle n'est plus insouciante comme le sont tous les gamins de son âge. Elle sait désormais que dans le monde dans lequel elle vit, le danger peut surgir de n'importe où. Imprévisible. Ça l'effraie.
-        Vous vous inquiétez pour elle ?
-        Je m'inquiète des conséquences que ce genre d'épreuve peut avoir sur une gamine sur le long terme. Mais je ne suis pas psy...
 
Grant sourit faiblement.
 
-        Il lui faudra beaucoup de temps pour s'en remettre, dit-elle. Cette peur de l'inconnu ne passera pas du jour au lendemain. En grandissant, avec l'aide de son entourage, elle parviendra à guérir. Mais je pense qu'il y aura toujours au fond d'elle une appréhension. Une certaine méfiance. Son enlèvement restera gravé dans son esprit, même si elle ne tombe pas dans la paranoïa.
 
Je détournai les yeux vers la fenêtre en soupirant. J'espérai effectivement qu'elle ne tombe pas dans cette peur extrême.
 
-          Revenons-en à vous si vous le voulez bien.
-          J'ai fait le tour des évènements de la soirée.
-          Ok. Qu'avez-vous fait pendant cette semaine de repos ?
-          Ce qui m'apaise.
 
Elle comprit au ton que j'avais employé que je n'en dirai pas plus à ce sujet. Une bonne chose, car j'avais répondu sans réfléchir, et je n'aurais pas su quoi inventer en si peu de temps pour répondre quelque chose... de normal.
 
-          Et aujourd'hui... comment vous sentez-vous à l'idée de reprendre le travail ?
-          Bien. J'avais hâte.
-          Vraiment ?
-        La chasse est une véritable drogue Miss Grant. Surtout lorsqu'il y a une source inépuisable de gibier. Il y a tant de justice à rendre...
-          Ce travail a l'air de vous passionner.
-           La raison pour laquelle je l'ai choisi.
-           N'est-il pas épuisant à la longue ? Vous êtes témoin de nombreuses atrocités... vous faites souvent face à des scènes de crime difficiles, aux mobiles crapuleux...
-          L'Homme est le pire monstre qui existe sur Terre... j'ai accepté ça il y a longtemps. Et c'est pour cette même raison que j'ai choisi de prendre en chasse les prédateurs les plus redoutables.
-          Une vision inspirée par votre vécu. Il faut avoir été particulièrement écoeuré pour en arriver à de telles pensées, n'est-ce pas ?
-         Je le suis. Et vous le seriez également à ma place. Nous le sommes tous au poste. Parce que vous l'avez dit... dans le métier, nous sommes témoins de la cruauté, du sadisme... de l'instinct primaire dont les pulsions poussent au meurtre, pour des raisons pas toujours légitimes. Nous avons une vision de l'espèce humaine plus négative que les gens comme vous... qui êtes loin de tout ça. Loin de vous imaginer de quoi un humain est capable. Et c'est tant mieux.Vous pourriez ne plus en dormir si vous saviez.
 
Elle acquiesça, ne doutant pas de mes paroles.

-        Comment faites-vous pour ne pas laisser le travail empiéter sur vous ? 
-        Je me défoule à ma manière... je passe du temps avec les personnes que j'aime. Pour l'instant, ça me suffit.
-         Bien. Voudriez-vous avoir un suivi... un accompagnement à votre reprise ?
-         Je vous remercie, mais ce ne sera pas nécessaire.
-         C'est un peu tôt pour le dire Miss Hunt. La plupart des policiers ou Aurors qui tuent pour se défendre lors d'une intervention ont souvent des troubles post-traumatiques. Tout se passe comme avant, jusqu'au jour où ils se retrouvent à nouveau face au danger. Certains n'osent plus dégainer leur baguette, ou alors ils le font mais tremblent... ou sont incapables de prononcer une formule, paralysés par les souvenirs qui reviennent. Dans votre cas, ça pourrait également survenir lors d'une prise d'otage.
-        N'êtes-vous pas censée me rassurer ?
-        Je suis là pour vous aider. Et je tiens à vous prévenir. Les gens comme vous, qui ne sont pas fragiles, ont tendance à ne pas faire attention aux répercussions de certaines épreuves. Vous continuez d'avancer sans prendre le temps de guérir. Ça peut être néfaste à la longue.
-        Ne vous en faites pas pour ça.
-      Bien. Sachez toutefois que si vous changez d'avis, ma porte vous sera toujours ouverte. N'ayez pas honte de revenir si vous avez besoin de parler à quelqu'un... d'extérieur à votre vie.
 
Je ricanai et me levai, lui tendant la main. Comme la plupart des gens qui ne me connaissaient pas, elle s'attarda sur mon tatouage.
 
-         Le lien infini... dit-elle pensive. Que symbolise-t-il pour vous ?
-         Un lien très fort avec un homme...
-         Votre compagnon ?
-         Non. Il s'agit d'un lien fraternel.
-         Je croyais que vous étiez fille unique...?
-         Je le suis. C'est mon « frère de c½ur » qui porte ce tatouage.
-         Votre frère de c½ur... quelle sont les origines d'un lien aussi fort entre vous ?
 
Je refermai mon poing en pensant la réponse au travers de souvenirs.
 
-         Ça fait longtemps qu'il fait partie de ma vie.
-         Hum hum... Et bien au plaisir de rediscuter avec vous, dit-elle en me tendant la main.
-         J'espère ne jamais en avoir besoin, répondis-je en lui serrant.
 
 
De retour au QG de la Brigade, j'eus la surprise de voir un rassemblement. Tous les policiers avaient délaissé leur travail en cours, regardant dans la même direction.
 
-        Je ne crois pas me tromper en affirmant que cette année sera un excellent cru, entendis-je.
 
Je reconnus la voix de Moser, mais il était hors de portée de vue, caché par la masse de collègues autour de lui. Je me rapprochai en me frayant un chemin pour voir de quoi il s'agissait. Je fus surprise de voir les Maraudeurs entourés de Moser et de Wagner, tous le sourire aux lèvres.
 
-       Nous savons tous ici que le taux de criminalité augmente... mais heureusement, grâce à vous tous... grâce à ces jeunes nouvelles recrues qui font tout pour devenir d'excellents chasseurs, le taux de résolution de crimes permet de conserver un certain équilibre. Alors je tiens à vous féliciter à tous... et vous plus particulièrement, dit-il en se tournant vers les Maraudeurs. Votre dernière enquête a été menée avec brio, et sa résolution vous appartient entièrement. Vous formez une excellente équipe, aux profils divers et complémentaires. 
 
Je me joignis aux applaudissements, le sourire aux lèvres. Remus m'avait raconté qu'ils étaient sur une enquête tous les trois avec Wagner et Moser, mais il m'avait caché qu'elle s'était aussi bien passée. Trop modeste mon ange. A en juger par l'enthousiasme de Moser, les garçons avaient de quoi être fiers. Et moi-même, j'étais très fière d'eux. Ils ne cessaient de progresser. Moser avait raison. A eux trois, ils se complétaient à merveille. Ils formaient une équipe d'enfer. J'avais tellement hâte de les voir s'améliorer encore... de voir quels Aurors ils allaient devenir.
 
-        Même si elle a été absente sur cette enquête, il ne faut quand même pas oublier qu'elle est la première à leur avoir montré le chemin. Mes amis, saluez Prudence Hunt ! Viens, approche, me dit-il.
 
Je le rejoignis, regrettant que Moser ne laisse pas l'exclusivité aux Maraudeurs pour ce moment qui devait les mettre dans tous leurs états. Avoir droit aux félicitations de leur mentor devant le restant de la Brigade, c'était quelque chose ! Cette journée resterait dans leur mémoire un bon bout de temps.
Moser me mit la main sur l'épaule dans un geste presque paternel.
 
-       Tu n'as cessé de nous surprendre jusque là... et je sais que c'est loin d'être fini. Je n'arrive pas à déterminer ce qui fait de toi... une flic pas comme les autres. Tu es une chasseuse dans l'âme. Je suis sûr que tu parviendras à devenir Auror. Vous quatre d'ailleurs. Vous avez l'étoffe d'assurer la relève. Je parie que vous deviendrez au fil des années les nouveaux As.
 
J'échangeai un regard avec Remus, dont les yeux étaient emplis de fierté et d'émotions. Ce n'était pas un maigre pari que venait de faire Moser. Ceux qu'on appelait "les As" était une équipe composée des meilleurs Aurors d'Angleterre, avec à leur tête, Alastor Maugrey. Lyall Lupin et Aaron Potter en faisaient partie. Alors, pour James et Remus, le compliment relevait d'un certain honneur pour eux. Je pris la main de Remus avec le sourire, lui serrant légèrement. Au-delà de la joie de recevoir des félicitations, je me doutais bien qu'il pensait à sa mère défunte. A cet homme qu'il voulait devenir pour que son père soit fier. Cette pensée me décocha le sourire. Il n'avait pas besoin de forcer pour devenir cet homme. A mes yeux, il l'était déjà.
 
Chapitre 12 : Après la mission
 
Me revoilà pour vous publier ce chapitre ! Je m'excuse encore d'avoir sauté une publication, mais comme prévu, je me suis absentée tout le week-end dernier, pas moyen d'écrire avant.
J'espère que ça vous a plu et que vous avez bien profité de vos trois jours de repos ! A la semaine prochaine pour l'aperçu du prochain chapitre et le nouveau mot de Tracker.

Tags : L'histoire d'un assassin - Partie 1 : L'amour d'un Assassin - tome 2

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Comments :

  • Dum-Cha

    22/12/2016

    À quand le mariage avec Rémus ?

  • Hurricany

    02/08/2015

    Encore un super chapitre. J'ai bien aimé son passage chez la psy. Bien que Prue la mène un peu par le bout du nez, la psy arrive tout de même à discerner certaines faiblesse. Le passage entre Remus et Prue était touchant. A quand le bébé ? ;)

  • MikaWolfeHP

    22/06/2015

    Génial! J'adore le réalisme que tu mets dans ta fiction! Hâte de voir si elle se fera découvrir un jour :o je lis la suite bientôt :)

  • clochinettedu76

    12/06/2015

    J'aime beaucoup ce chapitre. Il n'y a peut etre pas beaucoup d,'action, mais, c'est tout aussi bien de faire un chapitre sur le "psychologique" de temps en temps :) Et puis la scène avec Emily est génial !
    Je m'attaque dès maintenant à la suite !

  • harry-potter-8-fic

    08/06/2015

    C'est vrai que ça fait longtemps que l'on a pas vu Traker

  • harry-potter-8-fic

    08/06/2015

    Encore un super chapitre

  • plumebleuetraduction

    31/05/2015

    Hello!

    Alors, je commence par t'avertir que j'ai lu ce chapitre par petits bouts, quand j'avais le temps, alors désolée si c'est un peu court comme commentaire, j'y vais selon ce que je me souviens!

    Très mignonne, la scène avec la petite Emily. Je crois que ça va donner des idées à Prue et Remus, ou au moins à Mumus. =P

    ... C'est pas mal tout ce que je trouve à dire sur ce chapitre x) à part peut-être que comme toujours, Prue a réussi à bien esquiver les questions de la psy.

    À la semaine prochaine!

    Plume

  • evanalinch-lunalovegood

    29/05/2015

    Pas grave car c'est un super chapitre comme d'hab.

  • Selenba

    26/05/2015

    Hellow! Un super chapitre :3 je pense bien mon préféré ! :3 Je te revois au prochain chapitre à plus ;)

  • aSupernaturalLife

    26/05/2015

    Salut !

    Un vrai régal ce chapitre, vraiment. Certes "l'action" à proprement parler n'est pas très présente dans le sens où il n'y a pas de sang et de combat mais... Prue a subit plusieurs "interrogatoires" qui n'étaient pas de minces affaires. C'était impressionnant de voir sa répartie face à deux personnes si différentes. J'ai l'impression que la psy l'a mieux cerné que le lieutenant, mais le contraire m'aurait étonné : ok Prue est très forte pour cacher ses émotions, mais ce serait une très mauvaise psy si elle ne remarquait pas un truc. Après, au moins de la démasqué, je ne sais pas, mais... j'ai hâte de savoir si elle va réapparaître.

    Glisser quelques moments entre Tracker et son clan, c'était sympa aussi. Même si c'est bref, on n'oublie pas son côté assassin.

    La fin était touchante, avec les Maraudeurs. Ils peuvent être fier d'eux car ça n'a pas été facile, tu as su rendre la tache ardue et donc crédible, ça aurait été bizarre qu'ils soient super fort direct. ;)

    Vivement la suite, bisous !

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