Chapitre 14 : Le début d'un long cauchemar

« Je ne comprends pas pourquoi je suis tant touchée par ce qui, je le savais dès le départ, allait inéluctablement arriver. »
 
Chapitre 14 : Le début d'un long cauchemar


 
 
| 9 septembre 1979 – Manoir Halliwell – 0h35 |
 
 
Les Maraudeurs étaient encore en train de s'amuser en bas, loin de s'imaginer que j'étais rentrée. J'avais beau être crevée de ma soirée, je n'arrivais pas à dormir. Je n'arrêtais pas de penser à tout ce qu'il s'était passé. Je me revoyais encore perdre le contrôle de mon esprit, finissant dans les bras de Conan. Je baissai les yeux sur l'anneau en or que je tenais en main depuis maintenant quelques minutes, le faisant tourner pour lire les inscriptions que j'avais faites graver. Mon c½ur battait un peu plus fort à chaque fois que je lisais cette phrase. Cette déclaration à double sens... j'avais tellement hâte de pouvoir la faire. Mais cela ne reposait pas entre mes mains. Ce n'était pas à moi d'avancer la première. Pas cette fois. Il me faudra patienter. Ce n'était pas plus mal après tout. J'apprécierai encore plus ce moment magique lorsqu'il se présentera. Je souris en regardant au-dehors. Il y a tout juste deux ans... jamais je n'aurais pensé à ce genre d'évènement. Encore moins avec le désir qu'il se produise. C'était bien une preuve supplémentaire que j'avais changé.
 
Je fermai brièvement les yeux sous la fatigue, et bien vite, mes joyeuses pensées d'avenir furent assombries par ce que je venais de vivre. J'eus des flashs successifs qui me montrèrent les corps des gardes tués, le cadavre de la traîtresse, puis Moser au bord de l'inconscience. J'avais prévenu La Renarde que ma chasse était terminée, après m'être débarrassée du corps. Elle m'avait félicitée pour ma rapidité. Je m'étais bien gardée de lui parler dans quelles circonstances j'avais réussi à abattre ma proie. Je lui avais juste assuré que j'avais fait en sorte que les flics repartent à la case départ.

 

J'avoue que j'étais impressionnée par la Brigade Criminelle. D'habitude les policiers étaient toujours à la traîne dans les enquêtes sur mes meurtres. Je me pensais avec une longueur d'avance, mais cette soirée m'avait prouvé que malgré mon dispositif de renseignements, des enquêtes secrètes pouvaient m'échapper. Je n'étais à l'abri de rien. Ce soir, la Brigade avait réussi à me tendre un piège... alors qu'avant cela, ils ignoraient mon existence, tout comme celle de l'Agence. Maintenant qu'ils nous avaient en ligne de mire, je savais que la traque ne s'arrêterait pas. Avec Sharp en charge du dossier et Moser à la tête de l'équipe, il était inenvisageable qu'ils lâchent le morceau. Au contraire, après cette soirée, leur motivation n'en sera que redoublée. Nous allions devoir être encore plus prudents à l'avenir. Même si le dossier qu'ils avaient sur nous était maigre, il ne fallait pas leur donner d'autres occasions d'en apprendre davantage. 
 
Je pensai à Moser, qui devait être dans une chambre d'hôpital en ce moment. J'aurais voulu aller le voir pour prendre des nouvelles, mais il me faudrait attendre d'être prévenue de ce qu'il s'était passé, comme mes collègues. Je n'étais pas suffisamment en forme pour lui rendre une visite incognito. J'avoue que je m'inquiétais un peu pour lui. Mon sortilège lui avait sauvé la vie, mais c'était la première fois que je l'utilisais... je ne savais pas s'il serait suffisant pour le guérir complètement.
 
La porte d'entrée se refermant me sortit de mes pensées. Les Maraudeurs venaient visiblement de partir. Je sortis donc par la fenêtre et allai prendre l'air quelques minutes sur le toit. La nuit était douce, c'était agréable. Et puis, je passai par la porte d'entrée, rejoignant Remus dans la chambre alors qu'il venait à peine de se coucher. Je lui racontai brièvement ma « soirée avec Jack », prétextant ma fatigue pour ne pas entrer dans le détail.
 
 
| 10 septembre 1979 – Hôpital Sainte Mangouste – 10h |
 
~ Point de vue général ~
 
 
Sharp n'avait pas fermé l'½il de la nuit. Il était resté au chevet de son ami, qui dormait encore à cause des somnifères. Moser se remettrait de sa blessure en quelques semaines selon les médicomages.  Et ça, Sharp le devait à cette tueuse. Sa proie. Il lui devait la vie de Moser, tout comme la sienne. Conan avait un peu de mal à cerner le personnage. Son comportement était assez étrange. Pourquoi avoir sauvé un procureur... ? Pourquoi cette inquiétude lorsqu'elle avait vu Moser s'écrouler ? Comment diable un assassin pouvait-il vouer autant de respect aux représentants de la justice ? Même pendant son évasion, alors qu'elle était en difficultés, elle n'avait blessé personne. Ce grand prédateur décrit comme le plus redoutable par sa consoeur capturée semblait suivre un code qui le dépassait. Même traquée, même ouvertement menacée, elle restait maître de la situation. Conan la haïssait autant qu'elle le perturbait. Il voulait en savoir plus sur elle. Sur l'Agence. Il voulait comprendre ces gens afin de les cerner... et de les arrêter. C'est tout ce qu'ils méritaient. Tuer pour des Gallions... ça lui donnait la nausée. Comment des humains pouvaient faire de la mort un business ? C'était abject. Il fallait les faire tomber. Eux et les commanditaires qui avaient déjà fait appel à leurs services. Ça prendra le temps qu'il faudra, mais un jour, il montrera à « Kate », cette tueuse qui pense ½uvrer pour le Bien, ce qu'est une vraie justice.
 
-          Je suis content de te voir en vie, mon ami.
 
Sharp sortit de ses pensées, surpris de voir Moser réveillé. Il eut un faible sourire à l'entente de ces paroles. C'est sûr que lui-même n'aurait jamais pensé survivre à cette soirée. Il avait bien cru vivre ses derniers instants lorsque leur indic s'était retournée contre lui. 
 
-          « Kate » n'était pas là pour me tuer... mais pour l'indic.
 
Moser afficha une mine surprise.
 
-          Mais elles étaient pourtant... « collègues », si je puis dire.
-          Ce n'est pas aussi simple.
 
Conan lui raconta alors en détails la soirée après leur échec à l'hôtel. L'arrivée de l'indic, l'aveu de son véritable plan, puis l'assassinat de « Kate », la discussion qui s'en était suivie... il tâcha de tout relater à son ami, car ce court moment de la soirée était le seul qui lui avait permis d'en apprendre un tout petit peu sur leur proie. Son récit laissa Moser perplexe. Lui non plus ne comprenait pas tout dans le comportement de la tueuse. Au-delà du simple meurtre pour trahison... cette tueuse avait sauvé un procureur et un policier. Deux personnes qui l'avaient piégée et qui comptaient bien poursuivre la traque. La logique était dure à trouver. Ou alors elle ne se sentait absolument pas menacée. Ce n'était pas à exclure non plus vu son assurance.
 
-          Et toi ? C'est l'indic qui t'a blessé ? demanda le procureur.
-          Oui... quand je suis arrivé, elle était en train de tuer un de mes hommes. J'ai essayé de l'arrêter... mais elle m'a lancé un sort qui m'a paralysé plusieurs minutes. J'ai réussi à me traîner jusqu'à ta chambre. La suite, tu la connais mieux que moi.
 
Les deux hommes restèrent silencieux quelques instants.
 
-          Ils sont tous morts, pas vrai ? demanda Moser en faisant référence aux gardes.
 
Sharp ferma douloureusement les yeux en acquiesçant. Dix policiers avaient été désignés pour assurer sa sécurité. L'indic les avait tous tués. Tous ces hommes, assassinés... à cause de lui. Il en éprouvait de profonds remords. Il aurait dû refuser plus fermement cette mesure. A la place, ces vies innocentes avaient été brisées par sa faute. Parce que sa fonction imposait une sécurité adéquate. C'est lui qui avait choisi de se mettre en danger en participant personnellement à cette affaire, alors que ce n'est pas un homme de terrain. Il aurait dû en assumer le risque seul. Son obstination avait peut-être permis d'en apprendre plus sur cette Agence... mais cela leur avait coûté la vie de dix braves policiers. Un prix trop élevé. Il s'était rendu compte de l'horreur en amenant Moser à l'hôpital.
 
-          C'est moi qui aurais dû mourir... moi seul, souffla Sharp. Ils n'y étaient pour rien dans toute cette histoire.
-          Une guerre ne se gagne pas sans subir de pertes, fit sombrement remarquer Moser.
 
Sharp serra la mâchoire en croisant le regard attristé de son ami. Il avait perdu dix de ses hommes. Ce devait être très dur pour le chef d'équipe qu'il était. Et ça le sera pour tous les autres policiers qui allaient apprendre la nouvelle aujourd'hui. Sans parler des familles et des amis. Conan se mordit la lèvre en y pensant, retenant des larmes de rage. Toutes ces familles brisées... comme ça... en quelques minutes. Comment leur dire ? Comment leur dire qu'ils étaient morts pour lui ? Dix vies pour en sauver une seule. Cette aberration lui provoquait des étourdissements. Surtout que tout cela n'avait servi à rien. Ils étaient morts pour rien. C'était cruel.
 
-          Et maintenant ? demanda Moser.
 
Conan soupira. Honnêtement, il ne savait pas quoi faire. Il était encore trop frappé par les évènements de la veille.
 
-          Je vais commencer par prévenir les familles, et faire en sorte que ces hommes aient un enterrement digne de ce nom. Ensuite... nous verrons bien. Si nous n'avons plus la moindre piste, l'équipe sera réaffectée au cas des Mangemorts. Vous travaillerez en partenariat avec les Aurors.
-           On dirait que le discours de cette Kate ne t'a pas laissé indifférent.
-          Ça ne change rien à ma volonté de l'arrêter. Elle et les autres. Mais il faut se rendre à l'évidence, elle a raison sur ce point. Les Mangemorts doivent être démantelés avant qu'ils soient suffisamment en confiance pour frapper plus fort. Il y a déjà trop de pertes chez les Nés-Moldus et les Moldus. Le Ministre fait l'aveugle. Il ne veut pas admettre que la menace est nationale.
-          Tu penses qu'elle a raison ? Qu'une guerre va éclater ?
 
Conan n'en savait rien. Mais une chose était sûre : le nombre de victimes né-moldues ne cessait de croître. Plus les Mangemorts prendront de l'ampleur, et plus leur extermination sera massive et impitoyable. Lyall avait affirmé au retour de son infiltration qu'il ne fallait pas les sous-estimer, qu'ils grandissaient de jour en jour et qu'ils étaient déterminés. Ils vouaient tous une loyauté indéfectible à leur "Maître", ce mage noir puissant et redouté qui se faisait appeler Le Seigneur des Ténèbres. Après cette mission, Lupin avait mis le paquet dans son rapport, pour faire sentir la menace à ses supérieurs, et notamment au Ministre. Mais ce dernier faisait l'autruche. Pour lui, les Mangemorts n'étaient qu'une organisation criminelle comme le Gang des Cobras. Des meurtriers très actifs mais pas des soldats. Pour lui, le pays n'était pas la cible des Mangemorts. Alors que pour Lyall, qui avait passé quelques temps dans l'antre des Mangemorts, d'abord comme l'un des leurs et ensuite comme prisonnier, il était évident que le "Seigneur" ne répandrait pas seulement les Ténèbres sur ses cibles... mais partout où il le pourrait.
Sharp se promit de tout faire pour protéger son pays de ces fous furieux. Et si le Ministre continuait à se voiler la face, il montera autant d'équipes "secrètes" qu'il le faudra.
 
-          Je ne sais pas, avoua Sharp. Mais je ne sous-estime pas Kate. Elle semble connaître le cas des Mangemorts. On ne peut pas ignorer ses paroles. Quand Lyall Lupin a infiltré cette organisation, il nous a bien dit qu'elle était bien structurée, qu'ils semblaient nombreux, et qu'ils ne cessaient de monter en puissance. Peut-être que pour l'instant ils ne font que se préparer dans l'ombre. Mais imagine qu'une armée se monte, en secret... ce serait dramatique qu'ils frappent sans qu'on y soit préparé. Le pays est en paix depuis longtemps. Personne ne s'attend à ça.
 
Moser ferma les yeux quelques instants. Il n'avait aucun mal à imaginer une armée grandissante, menée par un mage puissant pour lequel les Forces du Mal n'avaient plus aucun secret. 
 
-          Dommage qu'on n'ait pas réussi à identifier Kate... soupira Moser. On aurait pu lui poser quelques questions à ce sujet. Avec sa mentalité... elle nous aurait peut-être aidés.
 
Conan approuva d'un signe de tête. L'ennui, c'est que cette tueuse ne s'était certainement pas montrée sous sa véritable personnalité. D'ailleurs, "Kate" était faux, mais c'était la seule appellation pour la nommer. Alors comment faire pour identifier une personne qui avait passé sa soirée sous l'effet de Polynectar ?
Conan fronça les sourcils en pensant à cela. Non... elle n'était pas sous Polynectar. Ils étaient restés ensemble bien plus d'une heure, et tout ce qu'elle avait bu avait été servi soit par le personnel de l'hôtel, soit par lui-même. Alors, comme avait-elle fait pour changer d'apparence autant de temps ?
 
-          Dis... si une personne change d'apparence sans prendre celle d'une autre, qui existe déjà, commença lentement Sharp. Est-il possible que les empreintes et l'ADN soient... ceux de la vraie personne ?
 
Moser se redressa sous l'effet de la surprise.
 
-          Les empreintes peuvent être modifiées... mais pas l'ADN. Pourquoi tu me demandes ça ?
-          Parce que je n'ai pas vu Kate boire une seule fois du Polynectar, ou une quelconque autre potion, et elle n'a eu aucune occasion de le faire hors de ma vue. Ça veut dire qu'elle a modifié son apparence avec des sortilèges.
-          Et vu comment tu as "gagné du temps" hier... on a le moyen de récupérer un échantillon.
 
Conan se leva d'un bond, tout excité. Le verre à champagne, le lit, peut-être même le costume de Conan... tout cela était couvert d'ADN. Cette pensée lui décocha le sourire : Kate n'était peut-être pas si parfaite après tout. Sous l'effet de surprise provoqué par l'assaut... sa seule préoccupation avait été de sauver sa peau, pas de couvrir ses traces. D'ailleurs... savait-elle que son choix de métamorphose laissait sa carte d'identité sur les scènes de crime ? Bon sang, ce serait trop beau.
 
-          Je vais au Ministère. Noven doit sans doute être déjà en train d'analyser les échantillons récupérés dans la chambre !
 
 
| Ministère de la Magie |
 
Conan n'avait jamais autant couru dans les couloirs du Ministère, et ça se voyait sur le visage des personnes qu'il croisait, qui le regardaient avec étonnement. Il était tellement pressé de savoir s'ils allaient avoir un vrai nom derrière le masque de la meilleure tueuse à gages qu'il ne voulait pas perdre la moindre seconde. Il arriva avec élan dans le laboratoire où la médicolégale passait ses journées à analyser les moindres détails sur les cadavres ou sur les objets pour trouver la vérité. La légiste présente se retourna en entendant les pas du procureur. Ce dernier eut un mauvais pressentiment en voyant l'air de sa collègue.
 
-          Bonjour Noven, dit-il essoufflé tant par sa course que par l'impatience. Tu as fait des analyses d'ADN ?
 
Noven soupira en guise de réponse.
 
-          C'est ce que je comptais faire oui... si tous les échantillons n'avaient pas disparu.
-          Quoi ?! Disparus ?
-          Quelqu'un s'est introduit dans le labo et a fait disparaître les preuves potentielles contre votre tueuse. J'ai de suite prévenu Wagner, pour qu'ils retournent à l'hôtel... mais à leur arrivée, les policiers qui étaient sur place ont tous été retrouvés endormis. Et la chambre, complètement nettoyée. On n'a plus rien. Votre tueuse a fait le ménage.
 
Sharp sentit une pierre tomber en lui. Il se prit la tête entre les mains et fit demi-tour, dégoûté. Comment avait-elle encore fait ? Même prise au dépourvu, elle restait parfaite.  Elle avait réussi à s'infiltrer au Ministère sans problème, et à retourner dans la chambre d'hôtel, sans que personne ne l'aperçoive.
 
Le procureur se laissa tomber dans le fauteuil de son bureau, ayant besoin de reprendre ses esprits et de réfléchir à ce que Noven venait de lui apprendre. Pour se changer les idées, il décida d'ouvrir le courrier qui était posé sur son bureau, comme tous les matins. Il allait avoir de nouvelles affaires en charge, un témoin à interroger avant un procès, et des demandes de perquisition à signer. Conan sentit une pointe s'enfoncer dans le c½ur lorsqu'il découvrit un parchemin noir. Des écritures rouges apparurent, comme si une personne invisible était en train d'écrire juste sous son nez.
 
« Un fantôme ne laisse pas de trace Sharp. »
 
Conan serra la mâchoire avec force. Elle le narguait en plus ! Il allait déchirer le parchemin de colère lorsque d'autres mots se formèrent :
 
« Au fait, c'est un sortilège issu de magie noire qui a sauvé la vie à Moser... J'espère que ça ne changera rien à votre joie de le voir éveillé ».
 
Et c'était signé Kate. Il serra le parchemin dans sa main avec haine. Ce n'était pas la première fois qu'un meurtrier jouait avec la police. Mais elle, il savait qu'il mettrait plus de temps à lui faire ravaler le sourire qu'elle devait avoir en ce moment même en écrivant ces quelques mots. Et ça l'énervait. Ça l'énervait de devoir admettre qu'elle avait une longueur d'avance sur lui.
 
-          Je défendrai ce pays jusqu'à mon dernier souffle... Je ne cesserai jamais d'essayer de rétablir l'ordre et la justice. Sachez-le Kate. Parole de procureur, je vous retrouverai et vous ferai enfermer. Vos crimes ne resteront pas éternellement impunis. Et ça, ce sera une vraie justice.

 
~ Point de vue de Prue ~
 
 
Je brûlai le parchemin que j'avais utilisé pour envoyer mon petit message à Sharp en voyant Remus venir dans ma direction, la mine défaite.
 
-          Il s'est passé quelque chose de grave, annonça Remus sombrement.
 
Je connaissais la suite, mais je dus faire l'effort de paraître surprise.
 
-          Comment ça ? demandai-je en feintant l'inquiétude en me levant.
-          Une mission a mal tourné hier soir... Conan a failli être tué, dix policiers ont été assassinés, et Moser est à Sainte Mangouste.
 
Là par contre, je n'eus pas trop besoin de forcer pour avoir un air triste. Le simple fait de penser à ces hommes qui avaient perdu injustement la vie me tordait les tripes. Je regrettais tant de ne pas être arrivée avant... j'aurais pu arrêter ma consoeur. J'aurais pu empêcher ce massacre. Mais j'étais arrivée trop tard, et je n'avais réussi à sauver Moser que par chance. Ma tentative aurait tout aussi bien pu échouer.
 
-          Qu'est-ce qu'il s'est passé ? demandai-je sombrement.
-          La mission était confidentielle, je n'ai pas vraiment de détails.
-          Ok... et Moser, dans quel état est-il ?
-          Il s'est réveillé ce matin. Il sera vite remis... physiquement.
-          Qui figure parmi les victimes ?
-          Personne que nous connaissons...
 
J'acquiesçai lentement.
 
-          Wagner remplace Moser pour l'instant. Une famille de nés-moldus a été sauvagement attaquée dans la nuit... il nous veut sur le terrain.
 
La journée commençait bien tristement. Et malheureusement, je savais que ce genre de situation serait amené à se reproduire.
 
 
 
| 19 décembre 1979 – Manoir Halliwell |
 
 
Les ténèbres commençaient à envahir le pays. Ces trois derniers mois, le nombre de nés-moldus agressés ou tués avait augmenté en flèche. Ils ne se sentaient plus en sécurité nulle part, et ils avaient raison : les massacres de familles entières se multipliaient. Les Mangemorts prenaient de l'assurance. Les enquêtes nous menaient de plus en plus facilement à eux. Ils ne se cachaient plus. Ce n'était pas la peine. Je sentais que bientôt, ils seraient connus de tous. De plus en plus d'Aurors étaient affectés à leur traque. Sharp avait finalement suivi mes conseils, ce qui était à la fois un bon point pour le pays, mais aussi pour l'Agence. Notre traque n'était pas abandonnée, mais mise en attente, ce qui était une excellente chose.
 
De mon côté, je mettais les bouchées doubles avec mon clan. Enfin... pourquoi continuer à appeler ça un clan ? Une armée serait bien plus réaliste. Je n'avais cessé de recruter, et j'avais fait passer le mot à mes meilleurs loups que je voulais sérieusement agrandir la meute. J'avais consacré énormément de temps à les former, avec bien plus d'intensité qu'auparavant. Dans le milieu criminel, on sentait bien qu'une violente tempête se préparait. Il y avait des signes. La tension montait. Je pouvais la sentir chaque fois que je mettais mon masque. Il fallait être prêt à traverser la terrible guerre qui allait se déclencher. Alors j'avais fait d'une dizaine de loups des prédateurs quasiment aussi redoutables que moi. Seules mes capacités magiques sans baguette faisaient de moi une tueuse plus efficace qu'eux. Et à leur tour, ils devaient former le restant de la meute. Je ne les envoyais quasiment plus en mission d'assassinat. Pour l'instant, il fallait former les rangs, se tenir informé, placer les pions au bon endroit. C'était le seul objectif : se préparer, dans le secret absolu. Personne ne devait savoir que j'étais en train de constituer une armée. Ce résultat de ce long travail serait un atout inattendu, qui ne devra être sorti qu'en dernier recours. 
 
L'agrandissement de ma meute m'avait demandé beaucoup de temps... j'avais dû lever le pied avec l'Agence, ne pouvant pas être partout à la fois. Je ne voulais pas recommencer comme après la destruction du camp à être trop absente. Le temps qu'il me restait, je le passais avec Remus et les Maraudeurs. Je rendais régulièrement visite à Jack, ainsi qu'à Diego. Ce dernier m'énervait au plus haut point d'être toujours parmi les Mangemorts. Qu'attendait-il pour mettre les voiles ? Que la guerre éclate ? Il restait sourd à tout ce que je pouvais lui dire. Il refusait d'aborder le sujet, et quand je le faisais, il était toujours miraculeusement appelé ailleurs de toute urgence.
 
 
J'allumai la télévision en me laissant tomber sur le canapé, fatiguée de ma journée. Nous avions encore réussi à élucider un meurtre aujourd'hui avec mes amis. Ça n'avait pas été facile, car nous étions partis avec quasiment aucune preuve matérielle. A force de rassembler les pièces du puzzle, le nom de l'assassin était apparu évident à nos yeux. Et comme à chaque fois que nous résolvions un crime ensemble, un apéritif était prévu ce soir, qui allait sans doute déboucher sur un dîner. Chaque évènement était prétexte à se réunir. Cela nous permettait de garder contact avec Peter, que je trouvais de plus en plus éloigné. Si nous n'allions pas vers lui, il ne revenait pas vers nous. Lily au contraire ne raterait nos soirées pour rien au monde. On lui racontait les enquêtes dont nous étions les plus fiers, en passant sous silence les éventuels risques que nous pouvions prendre sur le terrain. Elle pourrait bientôt entendre notre nouvelle aventure policière, dans un peu moins d'une heure. Je souris d'ailleurs en voyant une courte vidéo de notre arrestation à l'écran. Une victoire qui nous avait encore valu des félicitations de Moser, et des bons points auprès de Maugrey. 
 
-          Chérie, la place est libre ! me cria Remus depuis l'étage.
-          Tu aurais pu m'attendre ! lui répondis-je.
-         Tu sais bien que Sirius arrive toujours à l'avance ! C'est pas le moment de s'éterniser sous l'eau !
-          Il peut attendre qu'on ait fini aussi, répondis-je à voix basse pour moi-même.
 
Je me redressai du canapé en voyant des explosions à l'écran. Un village tout entier était devenu la proie des flammes. Je montai le son d'une pensée pour écouter ce qui se disait.
 
-          Le village de Hertley a été pris d'assaut il y a quelques minutes par un groupe terroriste. Les autorités viennent d'arriver pour tenter de reprendre le contrôle sur –
 
J'éteignis la télé, le c½ur battant. Je n'arrivais pas à y croire. C'était arrivé. Mon père déclarait la guerre au pays ! Mes entrailles se tordirent, mais je ne sus dire si c'était de crainte ou de rage.
 
-          Prue, tu ne viens pas ?  rappela Remus depuis l'étage.
 
Je me levai d'un bond, et sans rien dire à Remus, je quittai le manoir. Avec un peu de chance, il n'allumerait pas la télé... et il n'aurait pas idée de me rejoindre sur le front.
 
 
| Hertley |
 
 
Je restai interdite en voyant des flammes d'une dizaines de mètres avaler plusieurs maisons, alors que des sortilèges fusaient dans tous les sens. Je n'eus aucune difficulté à reconnaître la tenue des Mangemorts. Sans plus attendre, je me fis léviter bien au-dessus des lignes ennemies pour ne pas me faire repérer. En hauteur, je pus constater avec effroi qu'il ne restait déjà plus grand-chose du village. Les Mangemorts avaient encerclé leurs victimes, couvrant tous les accès au village. La zone était protégée par un sort anti-transplanage. Pas question de fuir. C'était combattre ou mourir. Et vu l'entraînement des Mangemorts face à des civils... autant dire c'était un carnage. Pendant que les Mangemorts "nettoyaient" les maisons, d'autres tenaient la position contre les Aurors pour les empêcher d'entrer. 
 
Je me postai sur l'un des rares toits encore épargnés des flammes. Je m'accroupis et brandis ma baguette après avoir choisi une cible, qui était sur le point d'exécuter un père de famille. Le sort partit de ma baguette et alla frapper ma cible de plein fouet. Les Mangemorts autour cherchèrent l'origine de l'attaque, pensant que leur défense avait été percée. Je continuai à jouer le sniper, abattant en premier ceux qui s'en prenaient aux civils. Mais je finis par me faire repérer à cause de la traînée lumineuse de mes sortilèges. Je regrettai de ne pas avoir mon fusil, qui m'aurait assuré la discrétion la plus totale.

 

En voyant un groupe de Mangemorts se détacher pour me prendre en chasse, je bougeai pour changer de position. Je ne pourrai pas protéger les civils survivants seule. Je retournai vers le début de la rue principale, où les Aurors ne parvenaient pas à percer la ligne de Mangemorts. Je descendis plusieurs d'entre eux, qui ne pouvaient pas se douter qu'ils pouvaient se faire prendre à revers. Encore moins depuis les hauteurs. A nouveau, mes attaques furent repérées. Une lumière verte passa près de mon visage. Je fis volte-face, mes poursuivants ayant fini par réussir à me rattraper.
 
-          Une dernière volonté ? nargua l'un des Mangemorts.
-          Et toi ? renvoyai-je en lançant un sortilège explosif à leurs pieds.
 
Ce sort était l'équivalent d'une grenade, à la seule différence que l'explosion était sans délai. Les corps de mes ennemis sautèrent, propulsés par le souffle mortel de l'explosion. Le toit déjà fragile céda sous mes pieds. Je me retins de justesse et changeai à nouveau de position, inlassable dans mon rôle de sniper. Les Aurors finirent par prendre l'avantage et entrèrent dans le village. Je continuai de les couvrir depuis les hauteurs, prêtant une attention particulière à ceux que je connaissais. 
Je repérai un groupe de Mangemorts, qui contournait les Aurors dans une rue parallèle pour les prendre à revers. Je sautai devant eux pour stopper leur avancée.
 
-          Tiens tiens, la jeune héroïne dont les journaux ont tant parlé. On dirait que ton succès t'est monté à la tête pour oser nous affronter seule. Où sont tes camarades ? Déjà morts ?
 
Ses provocations me laissèrent indifférente. La seule chose qui me traversait à cet instant, c'était cette douce décharge, intense et enivrante, qui me parcourait chaque nerf... comme à chaque fois qu'une irrésistible envie de meurtre me prenait. La louve avait soif de sang. Et je ne voyais aucune raison de ne pas la satisfaire. Mon couteau apparut dans ma main gauche sans même que j'y pense. Le Mangemort de tête m'envoya un sortilège de mort, que je lui renvoyai d'un coup de baguette. Je me ruai vers mes cibles, emportée par la rage. Je me protégeai de leurs attaques tout en donnant des coups de lame bien précis dans leur gorge. En moins d'une minute, mes cibles étaient toutes étalées dans la ruelle, et l'appel du sang m'ordonna de retourner au c½ur des combats. Je repris de la hauteur en me soutenant par télékinésie. Je reconnus Lyall, Aaron et Maugrey, qui combattaient ensemble tout en se protégeant.
 
Plus loin, des enfants prenaient la fuite, poursuivis par des Mangemorts. Je me dirigeai vers eux et atterris de sorte à couper la route à mes ennemis, engageant le duel pour les occuper. Ils avaient beau être trois, je pris le dessus sur eux assez rapidement et les tuai un à un. Je tâchai de retrouver la trace des enfants, qui ne devaient pas savoir où se mettre à l'abri dans ce chaos. En tournant à un angle de rue, je les retrouvai... allongés sur le pavé. Je me précipitai à leurs côtés, mais le voile de la mort avait déjà assombri leur regard. Je ne pouvais plus rien pour eux. Je sentis une pointe s'enfoncer douloureusement dans ma poitrine lorsque je passai doucement ma main sur leur visage pour clore leurs yeux. 
 
-          Prue ? Qu'est-ce que tu fais là ?
 
Je relevai la tête vers Lyall, qui se trouvait à quelques mètres.
 
-          Ne reste pas là, viens !
 
J'aperçus des Mangemorts passer dans une ruelle perpendiculaire à la mienne. Sans réfléchir, je me relevai d'un bond et les pris en chasse, malgré les appels de Lyall. La chaleur était étouffante tout autour de moi. Tout était en feu, plus aucune maison ne tenait debout. Pour la plupart, il ne restait que les murs... et encore. Je parvins à rattraper mes cibles, qui se dirigeaient tranquillement vers la sortie. 
 
-          Battez-vous bandes de chiens ! leur criai-je pour qu'ils s'arrêtent.
 
Ils se retournèrent et ricanèrent en me voyant.
 
-          Tu arrives trop tard jeune flic ! Ils sont tous morts. Et nous ne nous arrêterons pas là, ce n'est que le commencement.
-          Pour toi en tout cas c'est déjà terminé.
 
Je lui lançai un sortilège qu'il contra, mais il ne para pas le second que j'avais lancé dans la foulée et tomba à genoux. Les autres ripostèrent pour venger leur camarade, mais ils s'écroulèrent à leur tour. Une détonation claqua dans le village, alors qu'un rayon vert allait crever le ciel. Une gigantesque tête de mort se dessina dans une fumée verte. Sa bouche s'ouvrit dans un rugissement strident, alors qu'un serpent en sortait en guise de langue. Je reconnus la signature de mon père. Je vis des Mangemorts transplaner au loin. Ils ne fuyaient pas. C'est juste qu'ils n'avaient plus cibles à abattre.
 
Je tournai autour de moi pour constater l'ampleur du désastre. Toutes les maisons étaient en train de finir de brûler... des cadavres jonchaient le sol partout. Il n'y avait plus que le rugissement des flammes... et moi, immobile et silencieuse, frappée par la violence de cette attaque. Je sortis de ma léthargie, parcourant les rues, à la recherche de survivants. Mais je ne croisai que des morts. Père avait commencé fort. Il avait enfin signé. La guerre venait de commencer, et nous avions perdu notre première bataille. L'odeur de chair brûlée me piquait le nez chaque fois que je passais devant une maison. Les Mangemorts n'avaient laissé aucune échappatoire. Aucun survivant. J'étais complètement sonnée. Je savais depuis longtemps que la guerre éclaterait... qu'elle serait violente... mais je crois que je n'avais pas pris conscience d'à quel point elle serait cruelle. Les Mangemorts avaient décimé tout un village, ce qui représentait au moins deux cent personnes. Et comme l'avait dit l'une de mes victimes... ce n'était qu'un début.
 
Je déglutis péniblement en pensant à mon rôle dans tout ça. Je n'avais rien fait. J'avais quitté mon père pour ne pas contribuer à ce massacre, mais je n'avais rien fait pour l'empêcher. J'étais restée neutre... à cause de l'éternel attachement à mon père. Mais ce soir, quelque chose avait changé en moi. Plus fort que l'amour que je pouvais lui vouer... plus fort que l'espoir de le détourner du chemin qu'il avait choisi... un sentiment nouveau était apparu. La haine. Une haine viscérale était née face à l'injustice de son acte. L'évidence me frappait à chaque cadavre que je croisais... à chaque famille détruite sauvagement. Mon père était un monstre. Un monstre dangereux qui avait une capacité de destruction effrayante. Un monstre qui prônait des valeurs abjectes. Un monstre... qui correspondait largement à « mon type de gibier ». Oui... mon père méritait de mourir.
Et il mourra. Je le jure. De ma propre lame.
 
 
Un corps se mouvant lentement un peu plus loin attira mon attention. Je brandis ma baguette et me ruai dans sa direction, ne sachant s'il s'agissait d'un allié ou d'un ennemi. La colère me reprit d'assaut lorsque je vis une cape de Mangemort, alors que ma cible continuait de ramper, ne m'ayant pas entendu arriver. Je sortis ma lame d'un geste sec. Le Mangemort se retourna, et je tombai à genoux en reconnaissant le masque tigré de Diego. Je lâchai mon couteau sous l'effet de la surprise, le cerveau au ralenti.
 
-          Diego, soufflai-je. Tu es blessé.
-          Prue...
 
J'entendis mes collègues arriver. S'ils tournaient et qu'ils venaient dans ma ruelle, Diego serait fait prisonnier. Alors j'entrai en contact avec lui et transplanai.
 
 
| Planque de Tracker |
 
 
Je déposai Diego sur la table où je confectionnais d'habitude des armes.
 
-          Qu'est-ce qui t'a blessé ? demandai-je en lui enlevant sa cape.
 
Je vis son haut taillé au niveau du ventre.
 
-          Un sort, répondit-il.
 
Son corps tremblait légèrement sous la douleur. La faiblesse de son regard me faisait peur.
 
-          Accroche-toi, lui ordonnai-je.
 
Je fis venir une trousse de premiers secours jusqu'à moi. J'en extirpai une crème fébrilement, et entrepris de l'étaler sur la plaie. Elle n'était pas très profonde, mais assez grande.
 
-          Ça va aller, tu vas voir, assurai-je.
 
En réalité, la peur me tordait violemment le ventre, et mes yeux étaient embués rien que d'envisager l'éventualité de le perdre. Je lançai un sort à un rouleau de pansement. Je dus aider Diego à se redresser pour pouvoir lui mettre un bandage autour du corps pour stopper l'hémorragie. Le sort jeté aux pansements eut l'effet escompté, car le sang finit par s'arrêter de couler.
 
-          Je vais te préparer une potion. Reste allongé.
 
Diego me retint par le poignet et mit sa main sur ma joue avec tendresse.
 
-          Je vais bien Prue. Grâce à toi.
 
J'acquiesçai mais ne pouvais m'empêcher de penser à ce qui aurait pu se produire si je ne l'avais pas trouvé. Il aurait pu mourir sur le champ de bataille. Et même s'il avait survécu, il aurait pu être fait prisonnier par les Aurors. Je l'aurais alors fait évader, mais il aurait dû changer d'identité et disparaître.
 
Je revins quelques minutes après avec une fiole de potion que je fis boire à Diego. Je restai auprès de lui le temps qu'il récupère un peu, c'est-à-dire au moins une bonne heure. J'étais trop inquiète pour partir en le laissant sans surveillance.
 
-          Je vais devoir y aller, me dit-il.
-          Non, répondis-je catégorique. Si tu dois retourner auprès de mon père, c'est non.
-          Tu ne vas pas m'emprisonner ici.
-          Ne sois pas si confiant, menaçai-je. Je ne veux plus jamais que tu travailles pour ce monstre, c'est clair ?
-          Ce n'est pas à toi de décider Prue, rappela Diego.
 
Je me retins de le gifler tellement j'étais en colère.
 
-          Tu es conscient de ce qu'il s'est passé ?! criai-je. Tu es conscient du massacre auquel tu as contribué ?!
-          Je suis un tueur Prue.
-          Tu es mon frère, et je refuse que tu deviennes comme eux ! J'aurais pu te tuer sur le champ de bataille sans même m'en rendre compte ! D'autres Aurors pourraient te tuer, ou t'arrêter ! Je ne veux pas que ça arrive, tu comprends ça ?! Je ne veux pas avoir à me battre contre toi ! Je ne veux pas te perdre  à cause de mon père ! Ça ne t'a pas suffit de participer à une guerre qui n'avait pas de sens pour toi, il faut que tu en fasses une deuxième ?
-          Ça n'a rien à voir.
-          Ça a tout à voir ! Tu n'as rien à faire avec les Mangemorts. Leurs idéaux ne sont pas les tiens ! Qu'est-ce que tu fous auprès d'eux ?!
-          Je te protège !
-          ...Quoi ?
-          Tu crois que ton père te laissera tranquille indéfiniment ?!
-          Tu crois pouvoir l'empêcher de faire quoi que ce soit ?!
-          Je suis toujours à l'intérieur, parmi eux. J'ai accès à plus d'informations que toi. Je suis toujours dans le milieu, et je peux m'en servir.
-          Arrête de jouer l'agent double. Je n'ai pas besoin que tu me protèges de la sorte.
-          Je ne te demande pas ton avis.
-          Si tu retournes dans ce manoir Diego... tu sors de ma vie. Je ne veux plus te voir, c'est clair ? dis-je froidement.
 
Diego me regarda avec étonnement face au sérieux de mes paroles. Jamais encore je ne lui avais parlé sur ce ton. Ca m'avait crevé le c½ur de lui dire un truc pareil, mais il fallait que je mette le paquet pour obtenir ce que je voulais.
 
-          Est-ce que c'est clair ? insistai-je.
-          Oui, répondit-il à voix basse.
 
Je le pris dans mes bras, le serrant avec force.
 
-          Ne porte plus jamais leurs couleurs.
-          ...Je te le promets.


 
| Manoir Halliwell |
 
 
Je revins au manoir après avoir déposé Diego chez lui pour qu'il puisse se reposer. J'étais soulagée d'avoir enfin réussi à lui faire promettre qu'il ne travaillerait plus pour mon père. Mais aucune joie ne parvenait à m'envahir. Je pensais trop aux victimes innocentes de Hertley.
 
-          Prue ! On s'est fait un sang d'encre ! Où étais-tu ? me demanda Lily.
 
Je sortis de mes pensées, ayant la vague sensation de me réveiller d'un cauchemar.
 
-          Où sont les Maraudeurs ? demandai-je.
-          Au Ministère. Un village tout entier a été massacré.


 
 
| Ministère de la Magie – QG des Aurors |
 
 
Tout le monde était regroupé dans la pièce centrale, alors que Maugrey relatait les faits de cette terrible soirée, entouré de Lyall et d'Aaron, ainsi que des autres As. La Brigade Criminelle Magique assistait également à la sombre annonce du chef des Aurors, les Maraudeurs parmi eux. Remus me repéra et se fraya un chemin jusqu'à moi, alors que j'essayais de suivre le discours de Maugrey. Mais à vrai dire, je n'avais pas très envie d'entendre les descriptions poignantes qu'il faisait du carnage. Tout ça, je le savais. Je savais que la folie de nos adversaires n'avait pas de limite... et que le pays allait subir leur sadisme si nous n'arrivions pas à les arrêter. Et le nombre de victimes innocentes se compterait par milliers d'ici là.
 
-          J'ai eu tellement peur pour toi, souffla Remus. Mon père m'a dit qu'il t'avait vue sur le champ de bataille avant que tu prennes en chasse un groupe de Mangemorts. Tu as été blessée ?
-          Non, je n'ai rien.
-         Qu'est-ce qui t'a pris ?
-          Ils ont tué tout le monde, murmurai-je. Il ne reste rien.
 
Il me prit dans ses bras, m'embrassant sur le front au passage. Remus ne pouvait pas imaginer l'horreur qui s'était déroulée sans y être allé. Il n'avait encore jamais rien vu de tel. Il ne savait pas ce que c'était la guerre. D'ailleurs, c'est bien pour ça que j'étais partie sans rien dire. Il n'était pas prêt, ni lui ni les autres Maraudeurs, à se retrouver sur un champ de bataille. Ils se feraient tuer en quelques minutes, aussi doués qu'ils étaient en tant que policiers. Combattre, tout le monde était capable de le faire. Mais survivre, c'était une toute autre histoire.
 
La réunion prit fin... et la seule chose que j'avais pu en tirer, c'est que le Ministère avait enfin pleinement conscience de la menace des Mangemorts. Il ne s'agissait plus d'actes isolés désormais. Ils avaient enfin compris qu'il s'agissait d'une véritable armée, capable de mener des attaques massives. J'espérais que les mesures nécessaires seraient prises.
 
-          Prue, quel soulagement de te voir !
 
Je revins à la réalité en entendant la voix de Lyall.
 
-          Je vais bien, assurai-je. Qu'est-ce qu'on fait maintenant ?
-          Vous, rien, vous rentrez.
-          Mais Lyall on peut –
-          Non Prue. Tu as été courageuse ... et complètement inconsciente de te rendre sur le champ de bataille. Mais maintenant vous rentrez. Vous reviendrez demain pour poursuivre les enquêtes à la Brigade Criminelle avec Moser et Wagner.
-          Le pays est entré en guerre, renvoyai-je. On ne peut pas reprendre le quotidien comme si rien n'était !
-          Vous n'êtes pas Aurors, ni soldats. Vous êtes policiers. Alors si, Prue, toi et les Maraudeurs vous allez reprendre le cours normal des choses. Vous n'êtes pas prêts pour la guerre.
-          Ne sois pas pressée d'aller au front Hunt, trancha Maugrey. Ce qui s'est passé à Hertley n'était qu'une mise en bouche.
 
Je ricanai nerveusement. J'étais contente que Maugrey en ait conscience. Mais j'étais persuadée que même lui ne pouvait se douter de l'ampleur de l'armée qui était derrière tout ça, ni de leur détermination à conquérir le pays. Les Mangemorts qui étaient venus ce soir ne devaient être que des nouveaux... de simples pions. Mon père n'avait montré que la surface de l'iceberg, et il suffisait à lui seul à répandre un souffle glacial sur toute l'Angleterre. Le cauchemar ne faisait que commencer, et on n'était pas prêt de se réveiller.
 
Chapitre 14 : Le début d'un long cauchemar
 
 
Bonsoir mes chers lecteurs ! Pour commencer, je m'excuse pour le retard de publication. Je n'ai pas été là du week-end, et comme ce n'était pas prévu, je ne me suis pas organisée en conséquence. J'avoue que les imprévus sont assez nombreux en ce moment, j'espère que ça va se tasser pour que je puisse reprendre un rythme d'écriture normal.
Bref, pour en revenir au chapitre, que pensez-vous du début de ce cauchemar que toute l'Angleterre va partager ?
Je publierai le mot de Tracker un autre jour dans la semaine, là j'avoue que je suis un peu fatiguée et demain je bosse. Même si je ne vous réponds pas rapidement quand vous postez, je les lis quand même, et ceux du dernier chapitre m'ont fait plaisir :) Gros bisous.
 
 

Tags : L'histoire d'un assassin - Partie 1 : L'amour d'un Assassin - tome 2

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Comments :

  • Dum-Cha

    22/12/2016

    Un super chapitre poignant à souhait j'aime beaucoup le début avec l'anneau, on dirait un indice avec Remus. Sinon Prue s'adoucit, je trouve et je préfère cette nouvelle Prue.

  • harry-potter-8-fic

    21/12/2015

    Coucou :)
    ça y est je suis de retour. Ca m'avais manquer de lire ta fiction,
    C'est un excellent chapitre, ça y est la guerre tant attendue a commencé.
    Je vais vite rattraper mon retard ;)

  • Hurricany

    16/08/2015

    Un chapitre très poignant. J'ai eu vraiment peur pour Diego pendant un instant.

  • hobbits-tale

    29/06/2015

    Hello!

    Comme le titre le dit, c'est le début d'un long cauchemar! J'aime l'approche qui est prise avec la montée des Ténèbres, c'est un aspect qui n'avait pas beaucoup été traité dans l'oeuvre originale. J'ai bien hâte de voir la manière dont ça va tourner, avec Prue dans le décor! Il y aura certainement un affrontement entre sa meute et son père et ses Mangemorts.

    Il y a un petit aspect que je n'ai pas tout à fait saisi, par contre. Les dix policiers qui ont été tués, c'était lors de l'évasion de la traîtresse?

    En tout cas, ne t'en fais pas avec la publication, si tu savais comme j'ai été négligeante avec mon propre blog... Plus d'un mois d'absence car j'avais des semaines de fou!

    À bientôt

    Plume

  • MikaWolfeHP

    28/06/2015

    Ouin! Ça c'était de quoi! Et ils me font trop rire Lyall et Maugrey, ce sont eux qui ne sont pas totalement préparé à ça! Je suis sûr que Prue va trouver un moyen pour faire partie du combat pareil :)

  • aSupernaturalLife

    28/06/2015

    Hello !

    Que dire de ce chapitre... il était sanglant. Le Ministère prend enfin conscience de la menace réel que sont les Mangemorts. Bientôt on devrait entre parler de Voldy aussi. Mais comme l'a souligné Maugrey, ce n'était qu'une mise en bouche... je ne préfère pas imaginer la suite !

    J'espère que Prue a réussi à convaincre Diego. C'est sûr que là, on a l'impression qu'il a compris, mais j'ai peur de découvrir que c'était juste pour faire taire/rassurer Prue et qu'il soit retourner chez les Mangemorts quand même...

    Je sens qu'une confrontation Prue/Voldemort va bientôt avoir lieu... en tout cas je l'espère, la dernière était explosive mais j'adore ça x)

    On approche lentement mais sûrement de l'assassinat de James et Lily... c'était déjà horrible dans les livres, mais avec ta fiction on a appris à les aimer davantage, donc ça va être encore plus dur, je le sens. Et j'ai peur. Je sens que je vais pleurer x,)

    MAIS on n'y est pas encore. J'anticipe trop.

    Vivement la suite, même si elle a du retard, moi j'attendrai le temps qu'il faut et je suis pas un model pour poster rapidement, so... je ne vais pas te juger là dessus. Je trouve que tu publies déjà très régulièrement !

    Bon courage pour la suite, à bientôt !

  • clochinettedu76

    25/06/2015

    Et bah dis... Le moins que l'on puisse dire, c'est que la guerre a vraiment eclaté cette fois, et que Prue a l'air d'avoir du mal à croire ce qu'elle a vu au village...

  • evanalinch-lunalovegood

    25/06/2015

    C'est pas grave tu peux pas toujours être là pour publier tout de suite.

    Enfin les mangemorts attaquent en masse. Super chapitre. Dommage qu'elle ait pas pu sauver les enfants

  • Harry-Potter-generationx

    24/06/2015

    Ouaaaaah !!

    J'ai rien d'autre a dire ... Prue a raison, le cauchemar s'annonce !
    Et ca va etre troooooop bien ! J'ai l'impression d'etre une psychopathe en liberté ! :'(
    J'ai juste trop hate de voir la suite des evenements ! Et je suis sure que l'armée de Prue nous reserve bien des surprises !! :D

    Hate de lire la suite !!!

    A plus :D

    Camille

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