Chapitre 15 : Black Blade & Noven

« Il y a des prédateurs que même les meilleurs chasseurs ne peuvent espérer attraper... il faut être une bête pour en traquer une autre. »
 
Chapitre 15 : Black Blade & Noven

 
Un tapis de cadavres. Une odeur de mort et de sang. J'étais complètement sonnée. Mon fusil reposait contre ma jambe, froid. Je me sentais vidée. Mon cerveau était paralysé par ce que je voyais.
Une main se posa sur mon épaule. Je tournai la tête vers Diego, qui avait le regard aussi triste que le mien. Pourtant, autour de nous, les hommes en uniforme se félicitaient pour leur assaut.
 
-          En avant.
 
Comme un robot, j'obéis aux ordres en avançant dans ce cauchemar. Je baissai les yeux, croisant l'horreur de ce que nous avions fait sur le cadavre de nos victimes. Troués par les balles de fusil... déchiquetés par les mitrailleuses... démembrés par les grenades... nos adversaires n'avaient pas eu la moindre chance avec leurs épées et leurs flèches. Hommes, femmes, enfants... ils s'étaient tous battus jusqu'à leur dernier souffle pour défendre ce qui leur appartenait. Ce que nous étions venus prendre de force. Je tombai à genoux en voyant deux petits garçons, troués de balles. Je passai doucement ma main sur leurs yeux pour les clore, sentant une larme couler sur ma joue. Je n'avais pas tiré la moindre balle pendant cette attaque, incapable de tuer ces innocents. J'avais assisté avec impuissance et effroi à ce massacre injustifié.
 
Je me réveillai en sursaut, et la première chose que je vis fut le regard de Remus. Image apaisante. Je soupirai, essayant de calmer les battements de mon c½ur. Je me rendis compte que les larmes n'avaient pas seulement coulé dans mon rêve. Elles étaient bien réelles, sur mes joues... comme la lame dans mon c½ur. Remus me caressa doucement le visage, avec inquiétude.
 
-          Qu'est-ce qui t'arrive ma puce ?
-          Mauvais rêve...
-          L'autre soir ?
 
Je soupirai en me passant une main sur le visage. Cela faisait quelques temps que je n'avais plus rêvé de la guerre de mon enfance. Et pourtant, suite à la bataille contre les Mangemorts, des scènes revenaient me hanter la nuit.
 
-          Oui, soufflai-je.
 
Cela faisait maintenant trois jours que je n'arrêtais pas de penser à toutes ces vies que je n'avais pas réussi à sauver. Les deux enfants étaient en tête de liste. D'ailleurs, c'était sans doute pour cette raison que je repensais plus particulièrement à ce souvenir de mon enfance. Pour me rappeler qu'à l'époque déjà, le fait de ne pas vouloir m'impliquer dans la guerre n'avait jamais sauvé de vie à personne. Ni d'un côté ni de l'autre.
 

 
| 24 décembre 1979 – Godric's Hollow – 23h55 |

 
Toutes les maisons étaient décorées pour Noël. Les sapins étaient tous entourés de cadeaux, qui n'attendaient qu'à être déballés.
Cette année, c'est chez James et Lily que nous nous étions réunis. L'ambiance était toujours à la rigolade et à l'amitié. Nous avions réussi à oublier momentanément le massacre qui s'était déroulé à Hertley, qui continuait à peser dans nos esprits. James et Sirius y étaient pour beaucoup, ils arrivaient toujours à improviser des sketches ou à sortir des vannes inattendues pour nous faire rire. Ça faisait du bien de se détendre.
 
A minuit tapantes, comme de vrais gamins, on se souhaita un joyeux noël, et c'est Lily qui se chargea de la distribution des cadeaux. Lorsque tout le monde eut terminé de déballer et de se remercier, Lily sortit un dernier cadeau pour James. Très plat. L'attention se braqua sur James lorsqu'il sortit un parchemin soigneusement plié du papier doré.
 
-          Qu'est-ce que c'est ? demanda James.
-          Regarde, tu verras.
-          On dirait les résultats d'examens de Sainte Mangouste, lança Sirius, faisant rire Lily.
-          Tu as raison en plus, confirma James.
 
J'échangeai un regard surpris avec Remus, ayant de suite compris de quoi il s'agissait. James comprit lui aussi, car une seconde plus tard, il ouvrit de grands yeux. Des larmes apparurent dans son regard alors qu'un sourire s'étirait de plus en plus. Il se tourna vers sa femme, qui attendait sa réaction avec impatience. Il se leva en éclatant de rire pour l'embrasser avant de la serrer dans ses bras avec émotions.
 
-          C'est incroyable, ne cessait de répéter James.
-          Mais quoi ?! s'impatienta Sirius.
-          Sirius, tu vas être parrain !
 
Sur le coup, Sirius resta bouche bée, nous faisant rire. On aurait dit que quelqu'un l'avait pétrifié. James embrassa Lily avec passion, encore et encore, heureux de la nouvelle.
 
-          C'est le plus beau cadeau de toute ma vie, lui dit-il la voix un peu éraillée sous l'émotion.
 
Sirius sortit enfin de son étonnement et se leva pour aller sauter dans les bras de James, fou de joie. Il se calma pour Lily, comme si elle s'était transformée en objet fragile. Peter, Remus et moi en fîmes de même, heureux pour eux. C'était une nouvelle aussi surprenante que magnifique.
 
-          Tu veux bien être la marraine ? me demanda Lily alors que je l'avais dans mes bras.
 
Je sursautai sous le coup de la surprise, me détachant d'elle pour la regarder dans les yeux. Je ne m'étais pas du tout attendue à ça. Je me souvins de la prophétie au sujet de cet enfant, et du choix que j'avais fait pour empêcher qu'elle se réalise. La réponse me parut alors évidente.
 
-          J'en serais honorée.
 
Elle sourit de plus belle en me reprenant contre elle.
 
-          Ça fait combien de temps ? demanda Peter.
-          Un mois. Ce sera pour juillet, répondit Lily avec ravissement.
 
J'avoue que je redoutais un peu l'arrivée d'un enfant alors qu'une guerre se déclarait... mais quand je voyais le bonheur briller sur le visage du couple, je me disais que c'était une excellente chose. Après tout... il fallait continuer à vivre. Cette nouvelle apporterait la lumière au c½ur des ténèbres qui allaient se répandre dans nos vies.

 
| 7 février 1980 |

 
Les Mangemorts n'avaient pas fait de nouvelles frappes. La nouvelle année avait donc plutôt bien commencé. Enfin, façon de parler. Pour répandre la peur, l'incertitude de la guerre était aussi efficace qu'une nouvelle attaque. Les gens ne savaient pas quoi penser... ils savaient juste qu'il y avait une ombre au-dessus d'eux... des bêtes féroces qui les surveillaient, prêtes à frapper à nouveau. Le quotidien suivait donc son cours... tout en restant sur nos gardes.
 
James et Lily étaient sur un nuage, se préparant à leur futur rôle de parents. Le ventre de Lily s'était arrondi, et l'épanouissement sur son visage la rendait encore plus belle. J'étais vraiment contente pour eux.
 
Aujourd'hui, pour la première fois depuis notre intégration à la Brigade Criminelle, nous allions mener une enquête en partenariat avec les Aurors. Une belle récompense pour nous, qui attendions ce genre d'occasion depuis longtemps. Un cadeau d'anniversaire inattendu pour mes vingt ans.
 
C'est donc avec impatience que je me matérialisai avec Remus devant une maison encerclée par les policiers. Je saluai d'un signe de tête des collègues avant d'entrer. Je me rendis dans la chambre, qui était la scène du crime et restai interdite en voyant une femme sur le lit, la tête penchée sur le côté, le buste adossé à la tête de lit, couvert de sang. Tout comme les draps. Je m'approchai un peu plus du cadavre et sentis mes entrailles se tordre. Elle avait une plaie béante dans sa poitrine. Je remarquai ses nombreux hématomes sur tout le corps.
 
-           Tes impressions ? demanda Lyall.
-           ...Le tueur était très en colère, soufflai-je. 
 
La surprise de la scène passée, je pus regarder le cadavre avec un regard neutre pour commencer mon analyse.
 
-           C'était une belle femme, commençai-je. Je pense que c'est pour ça qu'il l'a choisie. Il lui a massacré le corps mais il n'a pas touché au visage, comme pour préserver sa beauté. Je pense que les analyses révèleront un viol. Cette femme était attachée au lit et s'est acharnée sur ses liens pour essayer de se libérer, dis-je en montrant les traces rouges aux poignets. Quand le tueur a eu fini de profiter d'elle, il l'a détachée et...
 
Je fronçai les sourcils. La scène me parlait, mais mon récit ne collait pas avec une logique criminelle. Pourquoi l'aurait-il détachée avant de la tuer ? C'était bien plus simple en la laissant prisonnière ! Je passai de l'autre côté du lit et vis une lame de rasoir dans la main de la victime. Je regardai à nouveau les poignets, puis mes yeux glissèrent jusqu'aux cuisses. Je remarquai que la fémorale était profondément taillée en une blessure mortelle.
 
-           Alors ? encouragea Lyall.
-           Ça n'a pas de sens. Le tueur a forcé la victime à se tailler la fémorale, comme pour faire croire à un suicide. Mais la blessure à la poitrine prouve clairement que c'est un meurtre, elle n'aurait jamais pu s'arracher le coeur toute seule.
 
J'essayai de chasser les images que j'imaginais au fur et à mesure que je parlais. Mais la scène me laissait facilement imaginer l'horrible crime qui y avait été perpétré. Un éclair me traversa l'esprit. Je connaissais ce mode opératoire. Il était unique.

-           Je suppose que c'est la jeune flic dont tu m'as tant parlé, lança une voix de femme.
 
Je détournai le regard de la victime et me redressai pour faire face à une femme aussi grande que moi. Je sentis une espèce de décharge en croisant son regard doux.
 
-          Prudence Hunt, n'est-ce pas ? me dit-elle.
 
Je fus incapable de répondre sur le coup tellement j'étais choquée. Cette femme me ressemblait, à l'exception de la maturité de son âge dessinée sur les traits de son visage.
 
-         Oui, soufflai-je. Vous êtes ?
-         Julie Noven, médecin légiste. Et voici Gwen Taylor, dit-elle en désignant la victime.
 
Noven. Ce nom m'était familier. Pourtant, je savais que je ne l'avais jamais rencontrée, car je n'aurais pas pu l'oublier. Je tentai de reprendre contenance en revenant au sujet principal, à savoir le meurtre. Même ça, j'avais du mal à reprendre le fil de mes idées. Où en étais-je déjà ?
 
-            Vous confirmez ma version... ?
-           Exact. Le tueur l'a violée, puis l'a détachée pour la forcer à se tailler la fémorale. Il a attendu qu'elle se vide pour lui arracher le c½ur.

J'eus un faible sourire en me tournant vers Lyall.
 
-           Je suis honorée que notre première collaboration se fasse sur l'enquête de Black Blade.
-           Madame est une grande connaisseuse, apprécia Lyall.
-           Qui est-ce ? demanda Remus.
-           Un tueur en série, répondis-je. Le 6 février de chaque année, il tue une femme. La victime est toujours une belle blonde. Et il répète toujours le même mode opératoire.
-           Je me souviens en avoir entendu parler... dit lentement Remus. Il tue un homme aussi. Un ex en général. On a retrouvé le corps ?
-           Pas encore, répondit Lyall. Ce n'est pas son ex le plus récent, on l'a contacté et il est bien en vie.
-           Les victimes sont bien souvent des coureuses... le temps qu'on fasse le tour des ex, on nous aura déjà signalé le meurtre, dis-je en sortant.
-           Où tu vas ?! s'étonna Remus.
-           Je laisse les analystes faire leur boulot.
 
En vrai, j'avais vraiment besoin de prendre l'air. Mon c½ur m'avait méchamment trahie, et la douleur en était assez vive, m'empêchant de garder l'esprit clair. Remus me rattrapa alors que je dépassais la zone de sécurité qui tenait éloignés les curieux... et surtout les journalistes.
 
-          Agent Hunt, une déclaration ?
 
La question se répéta comme un écho au fur et à mesure que je traversais la foule de journalistes. Je les écartai sur mon chemin, de mauvaise humeur. Finalement, je parvins à leur échapper en transplanant.

 
| Manoir Halliwell |

 
Mon c½ur devint plus lourd lorsque je me matérialisai devant la porte du manoir. Quinze ans. Quinze ans que j'avais perdu ma mère et ma s½ur. Même si l'enquête n'avait jamais été résolue... même si ma mémoire avait été trafiquée... il y a une chose dont j'étais absolument certaine : ma famille était morte ici. Pourtant, en voyant Noven, la ressemblance avec ma mère m'avait troublée l'espace de deux secondes. La joie m'avait envahie, avant de retomber aussi sec. Comment avais-je pu penser à elle, après tout ce temps ? Pourquoi j'y croyais encore ? C'était insensé, et pourtant, pendant un instant, j'avais bien cru au bonheur de revoir ma mère, vivante. Comme si au fond, je n'avais jamais cessé d'espérer qu'elle ait survécu par je ne sais quel miracle. Comme la première fois que j'avais croisé le miroir du Risèd, le simple fait de la voir en vie avait balayé toute logique de mon esprit. J'avais une fois de plus cru en un rêve, alors que la réalité était immuable. Ma mère était morte. Ma s½ur aussi. Il fallait que j'arrête de penser à elles. Peut-être était-ce l'anniversaire de leur mort qui les rendait si présentes dans mon esprit ? En tout cas, le hasard m'avait fait un bien étrange cadeau de me faire rencontrer Noven.

Je sentis quelque chose vibrer dans ma poche. Ce n'était pas mon bipper, c'était trop faible. Je sortis le petit miroir qui me servait à communiquer avec Remus.
 
-          Prue, je ne sais pas ce qui t'arrive, mais Moser vient d'arriver et il n'est pas très content que tu sois partie. Reviens, on a trouvé un deuxième corps.
 

| . . . |

 
De retour sur la scène de crime, je me rendis compte qu'il ne restait quasiment plus d'analystes. Noven n'était plus là, sans doute sur l'autre scène de crime. En fait, il ne restait que Moser, qui m'attendait. Il ne semblait pas très content, je le compris à son regard.
 
-          Prue, où étais-tu ?
-          Désolée Moser, j'avais besoin de m'isoler, répondis-je à voix basse.
-          Ca va ? C'est la scène de crime qui t'a mise dans cet état ?
-          Non non t'en fais pas, ça va passer.
-          Bon. Alors au travail.
 

| . . . |

 
J'entrai dans un appartement assez ordonné. Mes amis Maraudeurs étaient là, avec Lyall, Aaron Potter... et Noven.
 
-          Alors ? demandai-je en arrivant.
 
Remus se tourna vers moi, m'interrogeant du regard, mais je me reportai sur le père de James pour lui serrer la main avant de m'intéresser au cadavre.
 
-          Qu'en penses-tu toi ? retourna Lyall.
 
Je m'approchai du cadavre dans son fauteuil, et de Noven par la même occasion, toujours auprès de la victime. Je jetai un rapide coup d'oeil circulaire... aucune lutte n'avait eu lieu ici, tout était en place.
 
-        Le tueur est arrivé par derrière, dis-je en contournant le fauteuil pour me mettre dans le dos de la victime. Il a immobilisé sa victime en le bloquant à la gorge avec son bras. Il a fait basculé le fauteuil en arrière pour s'offrir un meilleur angle de frappe. De l'autre main, il a planté le couteau dans le coeur. D'ailleurs... vu la forme de l'entaille, notre tueur est gaucher. Il a retiré l'arme d'un geste sec, d'où les projections là.
 
Refaisant les mouvements du tueur, je me remis face au cadavre.
 
-       La victime est morte sur le coup. Il a ensuite contourné le fauteuil et lui a arraché le coeur, comme avec la femme.
 
Je haussai les sourcils en voyant l'organe en question dans la main de la victime, transpercé par un couteau où seul le manche noir dépassait. C'était... impressionnant de voir ça en fait. C'était vraiment horrible comme spectacle, sans parler de l'odeur qui avait de quoi retourner l'estomac, mais j'arrivais quand même à y voir un côté artistique et soigné. Pas au sens que c'était beau, loin de là. Pour la mise en scène.
 
-          Belle analyse, félicita Noven.
-         Merci, soufflai-je sans la regarder, toujours intriguée par le coeur. C'est bien le sien ?
-          Pardon ?
 
Je me sentis obligée de lever les yeux sur elle, ce qui me provoqua une nouvelle décharge.

-          Euh... je me demandais... si c'était bien le c½ur de l'homme dans sa main. On n'a pas retrouvé celui de la femme tout à l'heure donc je préfère être sûre...
 
Elle sourit.
 
-          Bien vu. C'est le c½ur de la première victime.
 
Je balayai la pièce du regard, me demandant où pouvait bien se trouver le deuxième coeur.
 
-          Inutile de chercher, reprit Noven comme si elle avait lu dans mes pensées. Le c½ur de l'homme n'est pas ici. On ne le retrouvera probablement pas.
 
Je soupirai. Ok, donc si je comprenais bien, on connaissait par c½ur le mode opératoire de notre tueur, mais on n'avait aucun moyen de remonter jusqu'à lui. Pourtant, il devait bien y avoir un moyen de le retrouver, non ? Ce n'était pas des meurtres anodins... chaque année, il répétait les mêmes gestes... il devait bien y avoir un message là-dedans qui puisse le trahir. 

Je regardai à nouveau le corps de l'homme et soupirai. Ça faisait dix ans que ce malade frappait. Ça allait être dur de l'arrêter. Pas de preuves, pas de témoins... juste ce double meurtre effroyablement mis en scène. Mon regard s'accrocha au manche qui dépassait du c½ur, me faisant faiblement sourire. Cette traque allait opposer un tueur en série à une chasseuse de prédateur... deux assassins parfaits... deux fines lames. Qui stoppera l'autre en premier ?
 

| Ministère de la Magie |

 
Je me rendis à la salle des archives pour récupérer le dossier intitulé « Black Blade ». Je restai sur place, voulant profiter du calme pour me replonger dans cette affaire. A chaque fois, Black Blade avait répété le même mode opératoire. Ce qui m'intriguait, c'était le choix de ses victimes. Pour la femme, toujours des belles blondes... bon pourquoi pas. J'ignorais encore sa raison, mais elle devait être valable puisqu'elle ne changeait pas. Par contre pour l'homme... c'était toujours un ex de la femme tuée, certes, mais pas forcément le dernier. C'était d'ailleurs vrai pour la plupart : l'ex en question avait quitté la vie de la victime depuis des années. Alors, quel était le critère de choix pour la victime masculine ? Ce n'était pas basé sur le physique, ça c'était sûr.

Je refermai le dossier, sachant que la réponse ne s'y trouvait pas. Il fallait que j'aille interroger les familles des victimes. Pour coincer ce tueur, j'allais devoir comprendre sa logique. En sortant de la salle, je fus interceptée par Lyall.
 
-          Tu remontes dans le temps ? dit-il en montrant le dossier que je tenais.
-          Oui... je voulais voir s'il y avait d'autres éléments dans le dossier.
-          Tu as manqué un debriefing, Moser n'est pas très content.
-          Mince, j'ai complètement oublié. J'ai eu cette idée en tête...
-          Et tu as oublié le reste.
-          Oui.
 
Lyall sourit.
 
-        Tu as déjà prouvé la fiabilité de ton instinct, et j'avoue avoir été impressionné par la justesse de tes interprétations sur les scènes de crime. Tu as un bon sens de déduction... où sens-tu que tu dois aller maintenant ?
-          ... Chez les Taylor.
-          Je t'accompagne.
-          Je vais chercher Remus. 
-        Je préfère éviter de travailler avec mon fils pour l'instant. Tout comme qu'Aaron ne sera pas en duo avec James. Vous avez besoin d'apprendre avec des personnes extérieures, vous êtes déjà entre amis, il ne faut pas que ça devienne en famille.
-         Je comprends.

| Manoir Taylor |

 
Je frappai à la porte du manoir et attendis. Une femme vint m'ouvrir. Elle était fatiguée et semblait dévastée. Je m'en voulais de venir lui poser des questions, si tôt, alors qu'elle avait déjà été interrogée.
 
-          Madame Taylor ?
-          Oui.
-          Je suis l'Agent Prudence Hunt. J'aurais quelques questions à vous poser.
-          Vos collègues sont déjà passés... je n'ai rien de plus à vous apprendre.
-          Accordez-moi quelques minutes. Je souhaite autant que vous retrouver l'assassin de votre fille.
 
Elle acquiesça et me laissa entrer, m'amenant au salon.
 
-          Que voulez-vous savoir ? me demanda Taylor.
-          J'aimerais en savoir plus sur ses relations amoureuses.
-          En quoi cela peut vous aider ?
-          Cerner le tueur. Je ne vais pas vous le cacher, nous manquons d'indices... alors j'aimerais essayer de comprendre sa logique.
-          Vous voulez dire qu'il en a tué d'autres ?
-          Oui. Il s'agit d'un tueur en série.
-          ...Ma fille avait des relations éphémères avec les hommes. L'amour était compliqué pour elle.
-          Savez-vous pourquoi ?
-          Elle était éperdument amoureuse d'un homme... ils filaient le bonheur tous les deux, jusqu'au jour où il l'a laissée tomber brusquement. C'est depuis qu'elle n'a plus jamais eu de relations sérieuses. Elle ne voulait plus s'engager. Elle avait trop peur de souffrir à nouveau. 
 
Elle secoua la tête, les larmes lui revenant. Je lui tendis une photo.
 
-          C'est cet homme ?
-          Oui. Jason Harper. Il l'a brisée.
 
Elle écarta la photo avec dégoût. Les deux scènes de crime me revinrent en tête malgré moi. J'avais peut-être trouvé le sens de ce mode opératoire. Je ne comprenais pas encore l'histoire complète... mais j'avais peut-être capté la trame.
 
-          Merci de m'avoir accordé du temps Madame Taylor, dis-je en me levant.
-          Ça vous a aidé ?
-          ...Je pense avoir une idée. Je vais devoir confirmer ma théorie auprès des familles des anciennes victimes. Je vous tiendrai au courant.
-          Retrouvez celui qui a fait ça s'il vous plait, supplia-t-elle un sanglot dans la voix.
-          Je vous le promets. Ce monstre a frappé pour la dernière fois.
 
Une fois dehors, je pris quelques secondes pour réfléchir à la prochaine étape. Je me répétai les informations recueillies jusque là afin d'en dégager un début de scénario criminel.
 
-          Ne fais pas de promesse que tu n'as pas la certitude de pouvoir tenir, me dit Lyall.
-          Je crois sincèrement ce que j'ai dit, répliquai-je. On va arrêter ce fou.
-          N'oublie pas que ça fait dix ans qu'il nous échappe.
 
Je ricanai et me remis en route vers le portail pour quitter les lieux. Ca faisait dix ans qu'il échappait à des flics. Moi, j'étais une tueuse.
 

| . . . |

 
Je retrouvai les familles que je voulais interroger sans difficulté grâce aux vieux rapports. Une à une, elles confirmèrent ce que je pensais. J'avais enfin trouvé le critère de choix de la victime masculine : 
 
-          Un briseur de c½ur, conclut Lyall, qui ne m'avait pas quittée.
-          Un poignardeur serait plus précis, rectifiai-je avec un clin d'½il.
 
Il n'y avait pas de doute possible à ce sujet. Le critère était simple : la victime masculine était à l'origine des peines de c½ur de la victime féminine, au point que celle-ci, dégoûtée des hommes, se laissait aller à des relations sans lendemain.
 
-          Dites donc les deux cavaliers seuls, où étiez-vous ? demanda Moser.
-          Sur une piste, répondit Lyall. Nous avons trouvé le critère de choix de la victime masculine.
 
Moser haussa les sourcils.
 
-          Je vous écoute.
-          Black Blade raconte la même histoire chaque année, expliquai-je. Une femme, détruite par un échec amoureux, se livre à des hommes pour des aventures sans lendemain, et finit par « se suicider »... à cause de l'ex qu'elle avait tant aimé. Cet ex qui tenait son c½ur entre ses mains et qui l'a « poignardé ».
-          Hum... ça expliquerait pourquoi Black Blade a arraché le c½ur de Taylor pour le laisser dans la main de son ex.
-          Black Blade est né du suicide d'une belle blonde détruite par un échec amoureux... Que représentait-elle pour lui... ? Je l'ignore, mais il l'aimait. Il n'a pas supporté sa mort. Et il a fait payer l'homme à l'origine du suicide. Depuis, il répète inlassablement le même schéma avec d'autres.
-          Le plus simple serait de commencer par identifier cette fameuse fille qui s'est tuée... ça fait dix ans que Black Blade tue chaque année à la même date. Serait-il vraiment aussi évident que le suicide ait eu lieu le 6 février 1969 ?
 
Je réfléchis. Si c'était le cas, ce tueur n'avait rien de parfait.
 
-          Je l'ignore... mais le 6 février représente quelque chose de très important dans son histoire.
-          Creuse ton idée Prue... fouille dans les dossiers. Si tu retrouves ta suicidaire, tu préviens le reste de l'équipe. Bon boulot.
 
 

| 12 janvier 1980 – Ministère de la Magie – Salle des Archives |
 

 
L'enquête piétinait. Et moi ça m'énervait. Des suicides le 6 février 1969, il y en avait eu... mais pas qui correspondent à l'histoire de Black Blade. J'étais remontée jusqu'en 1965, car j'étais partie du principe qu'il n'était peut-être pas devenu tueur l'année suivant le suicide... mais là encore, mes pistes étaient tombées à l'eau, et je ne voyais pas l'intérêt de remonter encore le temps. Pour moi, l'écart de temps ne pouvait pas être plus grand, sinon l'origine du tueur en série perdait son sens.
 
Je fermai les yeux, faisant le tri dans mes idées, et toutes les informations que j'avais pu récolter jusque là. Le tueur a perdu une femme, très proche, qu'il aimait beaucoup. Cette femme s'est suicidée avant le 6 février 1970 en se taillant la fémorale, détruite par un échec amoureux. Le tueur figurait donc parmi l'entourage proche... ça pouvait être son père, son frère ou un ami... pas son mari en tout cas, car si elle aimait tant l'homme qui lui avait brisé le c½ur, je ne pouvais pas croire qu'elle avait un amant. Bon sang, il fallait que j'identifie cette femme. Mais si elle ne s'était pas suicidée le 6 février... que représentait cette date pour notre tueur ? C'était forcément important...
 
Je me passai les mains sur le visage en soupirant, fatiguée. L'enquête occupait mon esprit, mais je tournais en rond dans mes idées. Il fallait que je trouve un autre angle d'attaque. Mais lequel ? Où chercher ? J'essayai de me mettre à la place du tueur... apprenant que la femme qui comptait dans ma vie avait fini par céder à la souffrance sentimentale en se donnant la mort. Je secouai la tête, essayant de ne pas faire le rapprochement avec le suicide de Jeff, qui m'avait anéantie. Mes les souvenirs remontèrent à la surface. Je me revis tenir son corps inerte, effondrée de chagrin. Le désespoir m'avait envahie. Sur le coup, j'avais voulu en finir, mais une force s'était emparée de moi. Cette force, c'était la haine. L'irrésistible désir de vengeance. Le besoin de faire couler le sang du monstre qui avait provoqué sa mort pour rendre justice.

 

Je sursautai en pensant à cela. Moi, j'avais eu l'occasion de tuer ma cible dans la foulée, car elle était à portée de lame... mais ce n'était peut-être pas le cas de Black Blade. Il n'avait pas assisté à la mort de la femme à laquelle il était tant attaché... le responsable de son suicide n'était pas à côté de lui... donc s'il voulait se venger en toute impunité, il avait besoin de préméditer le meurtre parfait. Et ça prenait du temps. Si le 6 février ne correspondait pas au suicide... ça voulait dire que ça correspondait à son premier meurtre. A son jour de justice.
 

| QG des Aurors |

Pressée d'annoncer le fruit de mes recherches à mes collègues, je me dirigeai vers la salle de travail qui était réservée à notre équipe. En chemin, je croisai Noven, qui m'interpella.
 
-         Agent Hunt ?
-         Oui ?
-         J'ai analysé le couteau qui était dans le coeur. Il a bien servi aux deux meurtres. Il porte également un symbole sur le manche.
-         Qui représente quoi ?
-          Une tête de cerf.
-         Ok... euh, venez avec moi pour l'annoncer aux autres, j'ai des infos à communiquer aussi.
 
La joie de mon avancée dans l'enquête venait de retomber par cette courte conversation avec Noven. Le malaise ne me quittait pas en sa présence. Il fallait que j'arrive à surmonter ça, j'allais être amenée à travailler avec elle lorsque je deviendrai Auror.

-          Votre attention s'il vous plait, lançai-je en arrivant dans la salle.
 
Tout le monde s'arrêta de parler et tourna son attention vers moi, sans doute plus par surprise que je prenne ainsi la parole qu'autre chose.
 
-          Merci. Pour l'enquête sur Black Blade, je suis allée interroger toutes les familles des victimes... leurs réponses m'ont permis de dresser un profil de notre homme. Le tueur a perdu une femme, très proche, qu'il aimait beaucoup. Cette femme s'est suicidée en se taillant la fémorale, détruite par un échec amoureux. Par la suite, notre tueur assassine le fameux briseur de c½ur. On peut donc aisément supposer que le tueur est... le père de la suicidaire, le frère, ou un ami intime.
-          Tu as fini par identifier cette femme ? demanda Lyall.
-          Oui. Ca n'a pas été facile, parce qu'en fait, contrairement à ce que je pensais, le drame qui a fait basculer notre tueur n'a pas eu lieu le 6 février 1969... mais le 20 décembre 1968.
-          A quoi correspond le 6 février alors ? demanda Moser.
-          Au meurtre de la victime masculine : l'ex de la suicidaire, Ethan Alvec, tué à 25 ans d'un coup de couteau. Le c½ur a été arraché, mais jamais retrouvé. Tout comme le tueur d'ailleurs. J'ai suis allée interroger son entourage pour identifier notre suicidaire. Contre toute attente, c'est un ami d'Alvec qui a réussi à me donner un nom : Kayla Amilton. Il m'a confié qu'Alvec ne savait pas pour le suicide, et que lui-même ne l'avait appris que trois ans après, tout à fait par hasard.
-          Il t'a dit comment ils avaient rompu ?
-         Kayla était issue d'une famille assez modeste, contrairement à Ethan. Ils se voyaient en secret. Ethan l'avait même demandée en mariage. Il faut savoir que cette union aurait poussé Ethan à tourner définitivement le dos à sa famille. Seulement son père est décédé, et Ethan s'est retrouvé propulsé à la tête de l'entreprise familiale. Se détacher de sa famille n'était plus envisageable pour lui, ils ont donc annulé leur projet ensemble et se sont séparés. Ils n'ont plus jamais été en contact, raison pour laquelle Ethan n'a même pas su pour elle.
-          Combien de temps s'est écoulé entre leur séparation et le suicide ? demanda Moser.
-          Quatorze mois.
-          Il y a eu des altercations entre les Amilton et les Alvec après le suicide ? demanda Remus.
-          Pas à la connaissance de l'entourage non.
-          Es-tu bien certaine qu'il s'agit de la bonne suicidaire ?
-          Disons que je me fie à la concordance entre l'histoire qui s'est déroulée entre ces deux familles... et celle que notre tueur raconte chaque année.
-          Même en partant du principe qu'on arrive à identifier notre suspect, intervint Sirius, on fait comment pour l'inculper ? Ta théorie tient la route mais ne suffira pas pour le faire tomber. On n'a pas de preuve... ni de témoignage.
-           Mais on peut toujours obtenir des aveux.
 
Il haussa les sourcils. Bon ok, ce tueur était suffisamment intelligent pour ne pas laisser de trace pendant dix ans... mais ça ne voulait pas dire qu'il avait des nerfs en acier. Il n'avait jamais été soupçonné jusque là... ce serait très déstabilisant pour lui d'être confronté à des flics après une décennie de tranquillité. C'était facile de faire le malin dans l'ombre. Que se passerait-il si je braquais un projecteur sur lui ? 
 
-          Pourquoi avouer quand on se sait hors de danger ? fit remarquer Lyall.
-          On connaît son histoire... il nous la raconte depuis une décennie. Malgré la maîtrise parfaite de son acte, Black Blade est perturbé. La blessure laissée par le suicide est très profonde et douloureuse. Si on joue avec... crois-moi, il pètera les plombs. Il faut être très calculateur pour être capable de commettre le meurtre parfait... mais il faut être fou pour en faire un rituel annuel.
 
Il y eut un silence.
 
-          C'est notre seule piste de toute façon, dit James. Ça vaut le coup d'essayer.
-          Les parents de Kayla sont toujours en vie. Elle avait également un frère. Côté amis, je n'ai pas eu le temps de chercher.
-          Peut-on vraiment soupçonner un membre de la famille quand on sait que le tueur viole ses victimes ? objecta Remus.
-          Nous parlons d'un tueur en série qui répète un drame... un fou furieux. Personne n'est à exclure de notre enquête.
-          Ok, intervint Lyall. Je veux un duo pour interroger les parents, et un autre pour le frère. Les autres, vous fouillez dans la vie de Kayla pour retrouver les personnes qui ont pu avoir une place importante dans sa vie. Epluchez son dossier. Quand vous les aurez identifiés, allez les interroger. A aucun moment ils ne doivent se sentir suspectés. Allez-y en douceur. Dès que vous pensez avoir une piste, vous en parlez à Moser ou moi. Des questions ?
 
Personne ne broncha, impatient de retourner sur le terrain. C'était la première piste valable depuis le début, j'avais hâte de voir où elle mènerait.
 
-          Remus, tu vas avec Moser pour interroger les parents. Prue et moi on s'occupe du frère.
 

| . . . |

 
Je pris une profonde inspiration avant de frapper à la porte. Le frère de la victime, David Amilton, faisait partie des suspects potentiels. Cependant, il était peut-être innocent, et ne méritait donc pas de souffrir davantage en devant se rappeler encore une fois cette tragédie. Je me souvins de mes réactions excessives lorsque le sujet de Jeff était abordé... Chaque fois c'était une souffrance insupportable. La porte s'ouvrit sur un homme d'une trentaine d'années.
 
-          David Amilton ?
-          Oui ?
-          Bonjour, je suis l'Auror Lupin, et voici ma collègue, l'Agent Hunt, présenta Lyall en montrant son badge. Nous aimerions vous poser quelques questions.
-          C'est à quel sujet ?
-          ...Votre s½ur, Kayla.
-          Je n'ai rien à vous dire. Elle est partie, c'est du passé, je n'ai pas envie d'en reparler.
-          Je comprends. Seulement, nous enquêtons sur une affaire de meurtre, et nous avons besoin de quelques informations.
-          Vous avez cinq minutes.
-          Merci. Pouvez-vous nous dire pourquoi elle s'est tuée ?
-          ...Elle était fiancée à un homme. Ils devaient se marier... mais une semaine avant, son fiancé a annulé. Ils se sont séparés, et elle a entamé une longue phase de dépression avant d'y mettre un terme le 20 décembre 1968. Fin de l'histoire.
-          Vous avez revu son fiancé après leur séparation ?
-          Non. Je ne voulais pas avoir affaire à cet homme. Il a détruit ma s½ur... comme un objet.
-          Vous savez pourquoi il a quitté votre s½ur ? demandai-je.
-          Parce que ma s½ur n'était pas suffisamment bien aux yeux de sa richissime et noble famille. 
-          Je vois... Merci de nous avoir répondu, remercia Lyall.
-          Je peux savoir sur quelle enquête vous êtes ?
-          ...Nous travaillons sur le meurtre d'Ethan Alvec, devançai-je avant de laisser le temps à Lyall de répondre. L'affaire n'a jamais été résolue.
 
Le visage de David Amilton se déforma par la haine et une lueur assassine traversa ses yeux.
 
-          Vous n'avez pas mieux à faire ?! cria David. Les vraies victimes ne manquent pas pourtant !
 
Il nous claqua la porte au nez et j'entendis les verrous se remettre en place. 
 
-          Pourquoi tu lui as dit une chose pareille ? murmura Lyall sur le chemin du retour.
-          Je voulais voir sa réaction, répondis-je calmement. Et puis, ce n'est pas totalement faux. Si on résout le meurtre d'Alvec, on arrête Black Blade.
 

| Ministère de la Magie – QG des Aurors |

 
De retour au QG, James et Sirius abandonnèrent leurs dossiers pour venir à notre rencontre.
 
-          Moser et Remus sont revenus il y a cinq minutes, annonça Sirius.
 
On suivit les deux Maraudeurs pour faire le point avec l'autre duo.
 
-          Alors ? demanda Moser à notre approche.
-          Le frère ne nous a pas apporté grand-chose, répondit Lyall. Le sujet de sa s½ur est épineux, et il a effectivement détesté l'homme à l'origine du suicide. Rien de surprenant. Et vous ?
-          Les parents ont bien évidemment étaient écroulés suite à la mort de leur fille. Le soir même du suicide de Kayla, son père s'est rendu au domicile de l'ex, avec la ferme intention de lui faire payer. C'est son fils, David, qui l'en a empêché.
-          Qui suspecte le père ? demanda Lyall.
 
Mes trois Maraudeurs levèrent la main. Ils me regardèrent avec des yeux ronds en voyant que je ne bronchais pas.
 
-          Tu suspectes le frère ?! s'étonna Sirius.
-          Oui.
-          Mais tu as entendu ! Il a empêché son père de le tuer, dit Remus.
-       Il a empêché son père de faire une erreur. Sa famille avait suffisamment souffert à cause d'Ethan... imagine si le père finissait en prison. Non, la véritable victoire était de se venger en toute impunité.
-          Tu te bases sur quoi pour affirmer ça ? demanda James.
-          L'instinct. Notre cher Black Blade est capable de commettre le meurtre parfait depuis dix ans... c'est un fantôme calculateur. Le père est un impulsif.
-          Vos impressions sont belles les jeunes, mais ne suffiront pas à inculper vos suspects. Il va falloir trouver quelque chose de plus solide, rappela Lyall.
 
Voilà pourquoi je préférais mettre mon masque pour traquer les proies. Ici, il y avait des règles à suivre, l'instinct ne suffisait pas. Et mes méthodes d'interrogatoire n'étaient pas réalisables. Dommage. Pour moi, le tueur, c'était le loup solitaire que j'avais rencontré. Contrairement à ce que pensaient mes amis, je ne m'appuyais pas seulement sur une intuition... j'étais une tueuse, et je côtoyais le monde criminel depuis mon plus jeune âge... alors je savais reconnaître un tueur quand j'en voyais un.
 

| 15 février 1980 – Manoir Halliwell – 20h |

 
Nous venions à peine de rentrer au manoir. J'étais de mauvaise humeur. Ça faisait trois jours que l'enquête n'avançait plus. Le seul moyen de confronter nos suspects était de prouver qu'ils étaient impliqués soit dans le meurtre d'Ethan, soit dans les tueries qui avaient suivi. Malheureusement, les deux affaires concernaient un tueur méthodique et parfait qui n'avait laissé aucune trace derrière lui. Nous n'avions donc ni preuve, ni témoignage, et pour la première fois, je fus confrontée au problème que j'infligeais habituellement aux policiers. Normalement, c'est moi qui rigolais de la justice, car je savais que personne ne pouvait me soupçonner. Cette fois, c'était moi l'enquêtrice qui cherchait désespérément une preuve et n'en trouvait pas. C'était frustrant.
 
-          Tu veux que je te dise ? Cette affaire va finir comme toutes celles sur Black Blade... Non résolue ! Et ce taré pourra recommencer tranquillement le 6 février prochain ! dis-je vivement.
-          Nous sommes malheureusement dans le rare cas de figure du meurtre parfait.
 
Je soupirai avec agacement. Je ne pouvais plus supporter de perdre mes journées sur cette affaire. Mon instinct avait déjà désigné le tueur, il était temps de changer de méthode.
 
-            Demain on ira réinterroger David Amilton, décidai-je.
-            On va à nouveau se heurter à un mur.
-       Et bien on a qu'à le détruire ! Je veux ramener son cul dans nos salles d'interrogatoire, et je peux t'assurer qu'il viendra !
-          Calme-moi.
 
Me calmer ? Comment ? La Traqueuse était incapable de trouver une piste !
 

| 16 février 1980 |
 

J'arrivai avec élan sur la porte de David Amilton. Je frappai énergiquement et attendis impatiemment qu'il daigne ouvrir. J'étais seule sur ce coup-là, car Lyall et Moser avaient donné de nouveaux ordres. Ayant fait exprès de ne pas assister au briefing, je profitais de la dernière heure qu'il me restait avant d'être rappelée à l'ordre pour suivre mon idée. Nouvelle désobéissance délibérée de ma part... c'est à croire que je ne pouvais pas m'en empêcher. Enfin, la porte s'ouvrit.
 
-          Encore vous ? lança Amilton.
-          Oui. Veuillez m'excuser de vous déranger encore, mais j'aimerais revenir sur l'une de vos dépositions. La dernière fois, vous nous avez dit que vous n'aviez pas revu Ethan Alvec...
-          C'est la vérité.
-          Même pas lorsque vous vous êtes rendu à son domicile pour empêcher votre père de le tuer pour venger votre s½ur ?
 
Je vis une lueur passer dans ses yeux. Il serra la mâchoire.
 
-          Qu'est-ce que ça change ?
-          J'aimerais savoir comment ça s'est passé ce jour-là... avec un peu plus de détails.
-          Désolé Agent Hunt... je ne suis pas disposé à répondre à vos questions.
-          Peut-être le serez-vous davantage au Ministère... ?
-          Vous n'avez rien contre moi.
-          Pourquoi avoir empêché votre père d'agir ?
-          Je ne voulais pas que mon père se salisse les mains.
-          Vous préfériez vous en charger ? Vous estimiez que c'était VOTRE vengeance ?
-          Qu'est-ce que vous racontez ?!
-          A la seconde où vous avez appris le suicide de votre s½ur, votre c½ur a explosé entre haine et chagrin. A partir de cet instant, le sort d'Ethan vous appartenait entièrement.
-          Vous dites n'importe quoi ! Je n'ai pas tué cet homme !
-          Avouez que c'est étrange qu'il se fasse assassiner quelques mois après...  
-          Vous dépassez les bornes Hunt. Vous n'avez pas le droit de m'accuser sans preuve.
-          Où étiez-vous le 6 février 1968 à 21h30 ?
-          Vous pensez sincèrement que je m'en souviens douze ans après ? Vous avez d'autres questions du genre à me poser ?!
-          Quel était votre métier à l'époque ?
-          Je vois où vous venez en venir...
-          Effectivement, Ethan a été poignardé. Je suppose que les armes ne manquent pas dans le magasin de chasse où vous étiez, n'est-pas ?
-          Ça ne prouve rien.
-          Vous n'avez pas d'alibi... vous aviez l'arme, le mobile, et l'occasion. Je regrette Monsieur Amilton, pour moi c'est suffisant. Je vais vous demander de me suivre au Ministère.
-          Vous perdez votre temps.
-          C'est ce qu'on verra.
 

| Ministère de la Magie – QG des Aurors |
 

Mon arrivée au QG des Aurors provoqua un long silence. Tout le monde se retourna pour regarder avec des yeux ronds David Amilton, forcé de me suivre jusque dans une salle d'interrogatoire. Je le laissai aux mains d'un collègue pour l'installer dans une salle.
 
-          Je peux savoir à quoi tu joues ? demanda Lyall.
-          On n'a rien... strictement rien... le seul moyen qu'il nous reste, c'est de le faire avouer.
-          Tu n'es même pas sûre que c'est lui !
-          TU n'es pas sûr que c'est lui ! Moi  je le suis depuis le début. Et je vais vous le prouver.
-          Je viens avec toi pour l'interroger.
-          Non, coupai-je fermement. Non... je veux être seule avec lui.
 
Lyall haussa les sourcils et je soutins son regard. Je n'avais pas à contester son autorité, mais je voulais David pour moi toute seule. C'était ma proie. Mon adversaire.
 
-          Je reste dans la salle d'enregistrement, dit-il.
 
Je lui adressai un signe de tête et entrai dans la salle d'interrogatoire.
 
-          Je demande un autre flic pour l'interrogatoire, lança David.
-          Malheureusement pour vous, ce sera moi et personne d'autre. Vous êtes mon suspect, c'est moi qui pose les questions. D'autres requêtes ?
-          Posez-moi vos questions, qu'on en finisse.
-          Vous vivez seul ? demandai-je, commençant à tourner autour de lui.
-          En quoi ça vous regarde ?
 
Je dus me retenir de lui mettre un coup derrière la tête.
 
-          C'est moi qui pose les questions. Est-ce que oui ou non vous vivez seul ?
-          Oui.
-          Avez-vous déjà eu des relations auparavant ?
-          Je ne vois pas le rapport avec l'affaire.
-          Pourtant il y est... vous allez comprendre à la prochaine question.
 
Il soupira et me regarda avec un regard proche de la pitié pour moi.
 
-          J'attends une réponse.
-          Quelques-unes, dit-il évasif.
 
Ça voulait dire non.
 
-          Aimiez-vous votre s½ur ?
-          Bien sûr que je l'aimais.
-          ... L'aimiez-vous comme un frère ?
-          Je ne saisis pas le sens de votre question Agent Hunt, dit-il calmement après l'ombre d'une hésitation.
 
Je ricanai.
 
-           Alors laissez-moi vous expliquer... Votre s½ur aimait énormément Ethan Alvec. Et puis un jour, incapable de se dresser contre sa famille, celui-ci l'a larguée... Elle a été détruite. Dans la période qui a suivi, elle a eu de nombreuses aventures sans lendemain... elle acceptait de se donner au premier venu, espérant peut-être oublier son amour perdu. Vous n'aviez que dix-huit ans... vous aimiez votre s½ur, et je vous comprends. Elle était tellement belle... et douce. Mais vous ne supportiez pas de la voir souffrir ainsi. Elle se jetait dans les bras de n'importe qui, mais pas dans les vôtres. Elle cherchait désespérément du réconfort, mais pas auprès de vous. Pourtant vous étiez là. Vous auriez tellement voulu lui donner ce dont elle avait besoin.
 
Je m'arrêtai dans son dos, et me penchai à son oreille.
 
-          Mais ce n'est pas de vous dont elle avait besoin. Elle avait besoin de l'amour d'un homme, pas de celui d'un frère, puisqu'elle l'avait déjà. Elle ne comprenait pas... que vous étiez prêt à lui donner... Vous n'étiez... qu'un fantôme pour elle. Elle ne vous voyez que comme son petit frère. Que pouviez-vous espérer obtenir de plus ?
-          La ferme, cracha David avec haine. Vous dites n'importe quoi !
 
Oh que non... j'avais pincé une corde sensible. J'avais capté cette once de rage qui avait fait légèrement trembler sa voix. J'avais réussi à trouver la faille. J'avais enfin compris toute l'histoire qu'il racontait depuis dix ans.
 
-          Dans tous les cas, vous l'aimiez énormément... et sa mort vous a anéanti. Vous avez perdu une partie de vous ce jour-là. Vous n'avez pas compris pourquoi elle ne s'était pas accrochée à la vie. Même pas pour sa famille.
 
Je marquai un instant d'arrêt avant d'enfoncer le clou.
 
-          ...Vous ne comptiez pas suffisamment pour la retenir...
 
Il tourna vivement la tête vers moi, et je vis la fureur dans ses yeux. Là, je venais de lui faire très mal. Un coup de poing en plein coeur. 
 
-          C'est compréhensible pourtant vous savez ? repris-je d'une voix doucereuse. Elle avait perdu son unique raison de vivre... elle ne voyait pas l'intérêt de continuer. Vous savez David, l'instant qui précède le suicide est très similaire à celui où vous affrontez un Détraqueur... vous ne ressentez que le désespoir, vous ne gardez de votre vie que les souvenirs les plus douloureux, vous êtes assaillis par ce rassemblement d'idées noires... ça s'appelle un moment de faiblesse. C'est ce qu'a eu votre s½ur après quatorze longs mois sur la pente glissante de la dépression. Elle n'avait plus la force de se battre. Elle savait qu'elle vous ferait mal... mais elle était loin de se douter qu'en mettant fin à ses jours... elle mettait également fin aux vôtres.
-          Est-ce que vous savez seulement ce que c'est de perdre un proche parce que celui-ci a décidé d'en finir ?
 
Je frappai violemment mes mains sur la table et me penchai au-dessus pour mettre mon visage à quelques centimètres du sien.
 
-          J'ai senti un être cher mourir dans mes bras... parce que trente secondes plus tôt il avait choisi d'en finir en se taillant les veines. J'étais là quand la mort est venue assombrir ses yeux ! Alors oui David, je sais ce que ça fait... je connais les ravages de cet acide qui vous ronge le coeur... cette haine, ce désespoir... l'envie de mourir. Seulement il y a un problème, et vous avez eu le même... si je m'étais tuée ce jour-là, qui l'aurait vengé ?
 
Je laissai passer deux secondes, le temps de me calmer par la même occasion. Il ne fallait pas que je laisse mes émotions me dominer. Il n'était pas question de son passé, mais du sien. De son drame. 
 
-          Vous vous êtes retrouvé dans la même situation... attiré par la mort, mais pas assez pour rester sourd à l'appel de la vengeance. Vous seul étiez capable de rendre justice. Vous et votre père. C'est d'ailleurs ce qu'il a voulu faire, emporté par le chagrin. Mais vous l'en avez empêché. Il n'était pas envisageable que votre père aille à Azkaban. Ce monstre d'Ethan avait suffisamment fait de mal à votre famille. Bien sûr, il y avait une autre raison... Une raison beaucoup plus profonde...
 
Il me regarda en silence, attendant la suite.
 
-           Vous vouliez vous en charger. Vous aviez une telle haine, un tel désir de meurtre, que vous ne pouviez pas laisser votre père agir à votre place. Vous aimiez votre s½ur, vous auriez tout fait pour elle... c'était à vous de la venger. Ethan était votre proie. Alors vous avez retenu votre père... vous l'avez ramené à la maison... et puis vous avez réfléchi à un moyen de faire payer votre ennemi... sans vous faire prendre. Préméditer le meurtre parfait vous a pris deux bons mois, et je dois vous en féliciter, parce que vous avez réussi à le commettre.
 
Je me redressai.
 
-          La vengeance est une réaction légitime. Là où je ne vous comprends plus... c'est pour les autres meurtres. Chaque année, vous avez tué une femme, qui, comme Kayla, se donnait à n'importe qui suite à un échec. Vous avez choisi une belle femme blonde parce qu'elle représentait votre s½ur... vous l'avez violée pour imposer cet amour que votre s½ur vous a toujours refusé... vous l'avez forcée à se trancher la fémorale pour répéter le geste de votre s½ur... et enfin, vous lui avez arraché le c½ur pour aller le mettre dans les mains de l'homme qui l'avait détruit, tout comme Ethan avait tenu le c½ur fragile de Kayla dans ses mains. Puis vous avez tué l'homme, pour le punir, et lui avez arraché le c½ur, parce que c'est ce qu'il était : un être sans c½ur. 
 
Il bouillait intérieurement, je le voyais. Mais c'était ça le problème : ce n'était qu'intérieurement. Malgré toute la haine que je voyais dans ses yeux, il ne disait rien, il ne craquait pas. 
 
-          C'est cette partie-là de l'histoire que je ne comprends pas... pourquoi faire tout ça ? demandai-je. Vous étiez vengé... pourquoi faire des victimes innocentes ?
-          Je n'ai rien fait de tel.
-          Alors qui ? On est d'accord, seul un proche pouvait raconter l'histoire. Si ce n'est pas vous... c'est votre père ?
-          Laissez-le !
-          Alors c'est vous ?
-          Qui vous dit que ce n'est pas tout simplement un de ces hommes avec lesquels elle a joué pendant des mois ! Elle les attirait, les séduisait, leur donnait de faux espoirs, pour les larguer comme des merdes une semaine après au grand maximum ! Ils sont tous aussi suspects !
-          Bien tenté David, dis-je calmement. Un amour follement passionné aurait pu conduire un de ses amants à tuer pour elle... pour la venger et pour continuer cette histoire devenue impossible... mais je n'y crois pas. Ce n'est pas une amourette d'une semaine qui éveille une telle folie.
-          Vous n'avez AUCUN moyen de prouver que j'ai tué Ethan... et donc que j'ai tué les autres par la suite.
-          Et vous n'avez aucun moyen de prouver que vous ne l'avez pas fait. Beaucoup d'éléments pointent sur vous : pour le meurtre d'Ethan, vous n'avez pas d'alibi, vous aviez le mobile et l'occasion, ainsi que l'arme. Et pour les autres... et bien je dirais que vous aimiez trop votre s½ur pour accepter d'en aimer d'autres, raison pour laquelle vous êtes resté un loup solitaire... un loup, qui traquait ses victimes pour satisfaire ses pulsions. La mort de votre s½ur vous a transformé. C'est normal, vous étiez jeune à l'époque. En ce qui concerne le meurtre d'Ethan, vous avez agi comme un humain, par simple désir de vengeance... mais pour les autres, vous n'êtes qu'un fou détraqué par le suicide de votre s½ur.
 
Une lueur passa dans ses yeux au moment où je le traitai de fou.
 
-          ... ... Si j'étais réellement... le tueur dont vous parlez... je crois bien, que vous seriez une raison valable de faire exception dans le choix des victimes... après tout, une belle brune détruite par le suicide d'un être cher... il n'y a que la couleur des cheveux qui change. Qui a poussé votre compagnon au suicide ?
 
Je me penchai vers lui, le visage plus menaçant que jamais et le regard assassin. 
 
-          Un homme dont le c½ur est déjà transpercé par une lame, dis-je avec froideur.
-          Dommage pour la petite histoire...
-          Vous savez comment elle va se finir votre histoire ?
-          Je vais tranquillement quitter cet endroit, parce que vous n'avez strictement rien contre moi, et retourner à mes occupations. Et étant donné que je n'ai pas tout mon temps à vous accorder, autant vous prévenir : vous ne trouverez jamais rien pour m'inculper de quoi que ce soit. Je vous échapperai toujours parce que comme vous l'avez dit... je ne suis qu'un fantôme.
 
Je m'approchai un peu plus de lui pour mettre ma bouche au niveau de son oreille, afin que les autres ne puissent pas m'entendre depuis l'autre salle.
 
-          ...Vous échapperez toujours à la Justice, David. Moi, personne ne m'échappe. 
 
 
 
Chapitre 15 : Black Blade & Noven
Tadaaaam ! Beaucoup de choses dans ce chapitre, j'espère que ça vous a plu  ;)
Bonne vacances à ceux qui en ont, restez au frais !
A bientôt pour la suite :)

Tags : L'histoire d'un assassin - Partie 1 : L'amour d'un Assassin - tome 2

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Comments :

  • Dum-Cha

    22/12/2016

    À y est bébé Harry. Va être la ❤️

  • harry-potter-8-fic

    21/12/2015

    Et alors l'interrogatoire j'adore!!!!

  • harry-potter-8-fic

    21/12/2015

    C'est cool que Lily soit enceinte d'Harry

  • harry-potter-8-fic

    21/12/2015

    Eh ben dis donc ça c'est un chapitre!!!

  • LeMaitreDesLieux

    06/12/2015

    Coucou,
    Toujours pareil, des chapitres parfaits. Mais bon j'avoue que Prue joue un peu beaucoup avec l'autorité parce que la façon dont elle a parlé à Lyall ... Et puis là elle vient clairement de dire qu'elle allait le traquer. Encore une fois, les meurtres décrits sont dignes d'une bonne série policière bravo ! :)

  • Hurricany

    18/08/2015

    Un super chapitre.
    Très original pour le meurtre en série, ça m'a fait un peu passé à l'éventreur, bien que l'histoire ne soit pas la même. Tu as vraiment beaucoup imagination et j'adore la manière dont Prue cerne ses proies. Va-t-elle réussir à l'inculper ?

  • plumebleuetraduction

    17/07/2015

    Hey!

    Désolée, ça fait un bon moment que j'ai terminé de lire ce chapitre, mais je n'ai pas eu le temps de laisser un commentaire digne de ce nom!

    Alors, en partant, très original les meurtres en série, j'aime beaucoup, ce serait digne d'Esprits criminels ;) Après, on ne se demande pas ce que va faire Prue, ou plutôt Tracker, face à cette « impasse », si l'on peut dire... Le sang va couler à nouveau, et pas de la même lame!

    Sinon, le début était bien, avec le souvenir de la guerre à laquelle a pris par Prue étant enfant. À ce propos, par simple curiosité, est-ce que s'en était une en particulier? La guerre du Vietnam?

    Noven m'intrigue... Serait-ce la tante de Prue? Ou véritablement sa mère, qui a orchestré son meurtre pour les mettre à l'abri, ses filles et elle? Peut-être... peut-être que c'était ça, que la mère de Prue a fait semblant qu'elles avaient été attaquées pour les protéger, et qu'elle comptait partir avec Prue et sa soeur, mais que vu que Prue s'est cachée, elle n'a pas pu partir avec elle...! Mais, non, il y aurait trop d'incohérences.... Mmm... En tout cas, j'imagine que tu vas l'expliquer éventuellement! :)

    À la prochaine,

    Plume

  • Selenba

    09/07/2015

    Ohhhhhhhhh :o Le caractère de Prue, la chasseuse se réveille :o C'est un magnifique chapitre et j'attends la fin de cette affaire avec impatience ;) Bisous!

  • clochinettedu76

    09/07/2015

    Ce chapitre est tout simplement GENIAL ! Prue (ou plutôt Tracker), a un adversaire à sa taille ! Dommage pour lui qu'elle l'ai démasqué ;)

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