Chapitre 22 : « L'élève contre son Maître »

« Lorsqu'on crée une arme capable d'agir par elle-même, il faut toujours envisager le pire... c'est-à-dire le jour où elle se retourne contre son propre créateur et échappe à tout contrôle, car il faut alors pouvoir l'arrêter. »
 
Chapitre 22 : « L'élève contre son Maître »
 

| 5 avril 1980 – Restaurant l'Arpège – 12h |

 
Le restaurant que nous avions l'habitude de fréquenter avait enfin rouvert ses portes. Il n'y avait plus le moindre indice permettant de deviner la terrible bataille qui s'y était déroulée. Pourtant, la clientèle habituelle n'était pas au rendez-vous. Peut-être que cet endroit rappelait trop de mauvais souvenirs.

 

Personnellement, mes pensées accordèrent un hommage à Wagner, qui était mort lors de la bataille, et aux autres victimes civiles innocentes. Ces pensées ne firent que raviver ma haine envers les Mangemorts... et mon père. Je n'aurais su déterminer comment je me sentais depuis la destruction du premier Horcruxe. Je savais que le chemin était encore long à parcourir, car si la maison des Gaunt m'avait semblé évidente à fouiller, j'ignorais désormais où aller. Oh, j'avais bien la Chambre des Secrets en tête... mais même en admettant qu'un jour je parvienne à trouver cet endroit au sein de Poudlard, où continuer les recherches ensuite ?

 

Mon père avait beaucoup voyagé dans sa vie, mais peu de lieux méritaient de garder un précieux Horcruxe. Si on récapitulait : un objet de valeur à Poudlard... Nagini au manoir de mon père, moi... et enfin mon père. Ca faisait quatre fragments. Nous avions détruit la bague de Serpentard. Cinq. Si ma logique était bonne, il restait encore deux Horcruxes à identifier... et à localiser. Pour résumer, nous avions deux lieux inconnus, et un autre qui était demeuré introuvable jusqu'à maintenant, à savoir la Chambre, abritant un monstre selon la légende.
 
Je revins parmi mes compagnons lorsque Remus s'assit en soupirant avec agacement. J'avais presque oublié la présence des Maraudeurs à mes côtés. Depuis que la traque des Horcruxes était lancée, j'avais du mal à ne pas me perdre dans mes pensées. J'espérai que Dumbledore puisse avoir une illumination, nous ne pouvions pas rester ainsi bloqués, sinon la guerre était perdue d'avance. Nous devions à tout prix trouver une nouvelle piste.
 
-          Peter est injoignable.
 
Je sursautai légèrement, ne m'étant pas attendue à ce que le sujet soit si vite abordé. Il était coutume que Peter s'absente régulièrement, sans éveiller l'inquiétude des autres Maraudeurs. Il pouvait parfois se passer plusieurs semaines sans qu'on entende parler.
 
-          Depuis longtemps ? demanda James pas plus soucieux que ça.
-          Je lui ai envoyé une lettre il y a cinq jours. Et une autre encore avant-hier. Je voulais faire un repas, ça fait un petit moment qu'on n'en a pas fait tous ensemble.
 
Je fis l'effort de lever les yeux de mon verre, et de prendre un air naturel, pour ne pas paraître gênée. Remus ne devait en aucun cas sentir ma culpabilité.
 
-          Ah. Nous n'avons qu'à passer le voir ce soir si tu veux, proposa Sirius. Tu connais Peter, il a peut-être tout simplement oublié de répondre.
 
Remus acquiesça, avant de se reporter sur la carte du restaurant pour choisir son menu. Un frisson me parcourut alors que j'imaginais leur état quand ils se rendront compte que l'appartement de Peter est déserté. J'avais choisi de punir ce traître, sans lui laisser de seconde chance... sans laisser le choix aux Maraudeurs de lui pardonner ou non. Je savais que c'était la meilleure chose à faire. Compte tenu du risque qu'il représentait pour eux, je ne pouvais tout simplement pas le laisser vivre. Je ne regrettais en rien mon acte, mais être responsable du chagrin des Maraudeurs ne m'enchantait guère.

 
| Ministère de la Magie – Département de la Justice Magique – 18h |

 
Jamais je n'avais vu un tel rassemblement dans notre département. C'est comme si tous les services qui en dépendaient étaient venus. Revenant à peine d'une série d'interrogatoires sur le terrain, je ne savais pas trop pourquoi nous étions là. Remus m'avait juste attrapée au vol à mon retour pour me dépêcher vers le rassemblement.
 
Cornelius Fudge arriva quelques minutes après, et monta sur une petite estrade pour dominer le reste de la foule d'employés. Sa présence piqua ma curiosité, car c'était bien la première fois que je le voyais venir dans nos quartiers. Je n'étais pas la seule à trouver cela étrange, car bon nombre de personnes s'étaient arrêtées de parler et regardaient le Ministre avec interrogation. Qu'allait-il nous annoncer de si important ?
 
-          Bonsoir à toutes et à tous. Je vous ai réuni pour vous annoncer la démission de Christopher Holard de son poste de Directeur du Département de la Justice Magique.
 
Je dus me retenir d'applaudir face à la nouvelle. Holard n'avait pas les épaules pour faire face à la situation de crise que le pays traversait. La nouvelle répandit cependant une vague de murmures étonnés parmi la foule. C'était assez soudain comme décision, personne ne l'avait vue venir. Je me tournai vers Maugrey qui, bizarrement, avait un sourire en coin. C'était rare de le voir satisfait, je me demandais bien ce qui pouvait le mettre de si bonne humeur. Je cherchai du regard les autres As des Aurors, mais ne parvins à trouver qu'Aaron, qui regardait le Ministre, imperturbable. Qu'est-ce qui avait bien pu pousser Holard à se dérober de ses fonctions ? Avait-il été "aidé" dans ce choix ?
 
-          Pour le remplacer, j'ai nommé Bartemius Croupton, que je vous demande d'applaudir chaleureusement, annonça Fudge une fois le calme revenu.
 
Un tonnerre d'applaudissements retentit, alors que ledit Croupton n'était pas encore apparu. Je m'arrêtai d'applaudir sous l'effet de la surprise lorsque je le vis rejoindre Fudge. L'homme était grand et mince, d'un âge mur, avec une moustache carrée au-dessus des lèvres, et une coiffure soignée qui ne laissait pas le moindre cheveu dépasser. Ou bien je rêvais, ou bien un membre de la Brigade Secrète venait d'être propulsé à la tête de notre Département ! Cet homme était là lors de la réunion avec la Brigade, je m'en souvenais très bien. Je compris mieux pourquoi Maugrey était si satisfait : avec un homme qui partageait les valeurs de la Brigade... les méthodes allaient très certainement changer pour tout le monde. L'excitation m'envahit à cette idée. Entre Croupton qui allait diriger le Département, et Maugrey qui était déjà chef des Aurors depuis un bon bout de temps... nos chances de rétablir l'ordre venaient sacrément d'augmenter.
 
-          J'ai déjà entendu parler de lui, souffla James. Mon père m'a dit que ce type a un avis assez... tranché sur le traitement des criminels.
-          Intéressant, souriai-je.
-          Ouais. Parait qu'il a toujours dit qu'il fallait se battre à armes égales. Il est aussi extrémiste que les Mangemorts, mais en faveur des forces de l'ordre. Je ne serais pas étonné qu'il nous permette bientôt de durcir nos méthodes.
-          Merveilleuse nouvelle. Enfin quelqu'un qui n'a pas peur de se remonter les manches.
-             Oui, mais c'est vraiment surprenant que Fudge l'ait nommé à un tel poste. Les Brigades étaient déjà en train de s'enflammer avec la guerre et les récents évènements, là c'est comme s'il donnait son accord pour que la bride soit lâchée.
-           Peut-être qu'il a enfin compris que s'il veut ramener la paix d'ici la fin de son mandat, il va falloir oublier les belles paroles et passer à l'acte, fit remarquer Sirius avec un sourire en coin.
 
Cette idée me déclencha une joie sauvage. Croupton se lança dans un bref discours, où il fit hommage au travail réalisé par son prédécesseur, et annonça les grandes lignes de sa stratégie pour les prochains mois. Et en effet... la bride était sacrément lâchée ! Premier changement, et pas des moindres : nous étions déjà officiellement autorisés à « éliminer » tout individu menaçant la vie de civils ou de collègues si la situation était trop risquée. D'habitude, nous étions obligés de nous contenter de neutraliser nos adversaires, à moins d'être en situation de légitime défense. J'allais enfin pouvoir descendre les Mangemorts à la moindre occasion, sans avoir besoin de passer la journée suivante avec la Brigade des Affaires Internes. Bonne nouvelle. La Brigade Secrète avait réussi un tour de maître en plaçant l'un de ses membres sur un poste aussi stratégique.

 
| Manoir Halliwell – 22h |

 
Remus n'était toujours pas revenu au manoir. Après l'apéritif qui avait suivi le discours de Croupton, les Maraudeurs avaient décidé de se rendre chez Peter, comme prévu. Depuis, plus aucune nouvelle. Il me fallut attendre encore une heure de plus pour voir Remus revenir, la mine défaite. Son air m'attrista, car je sus alors que la disparition de Peter était devenue officielle.
 
-          Qu'est-ce qu'il se passe Remus ? demandai-je dès qu'il arriva. Je me suis inquiétée.
-          Désolé de ne pas t'avoir prévenue... Peter a disparu. Nous avons essayé de trouver des indices dans son appartement, mais pour  l'instant, aucune piste.
-          Vous avez prévenu la Brigade des Disparitions et Enlèvements ?
-          Oui oui... mais ça n'annonce rien de bon. L'appartement a été nettoyé, c'est comme si Peter n'y était plus depuis longtemps. Nous sommes allés chez ses parents, mais eux aussi sont introuvables... tout est impeccable. Rien ne laisse croire à un enlèvement... alors la BDE a déjà commencé à nous prévenir que l'enquête avait peu de chance de voir le jour. Avec la guerre, beaucoup de familles prennent la fuite et quittent le pays soudainement. Ce n'est pas une nouveauté.
-          Qu'en penses-tu toi ?
 
Remus haussa les épaules en soupirant, avec lassitude.
 
-          Je ne sais pas... je vois mal Peter disparaître du jour au lendemain sans nous prévenir. D'un autre côté, il faut bien reconnaître qu'il a toujours été trouillard. Ça pourrait aussi être un coup des Mangemorts. Nous étions leurs cibles après tout... ils auront fini par nous atteindre.
-          J'en doute. Tu connais comme moi les méthodes des Mangemorts. Les scènes de crime sont nettoyées de preuves... mais pas maquillées en enlèvement ou autre. S'ils avaient massacré la famille de Peter, ils auraient voulu qu'on le sache. Ça aurait été leur victoire, et le pire moyen de nous provoquer.
-          C'est ce que mon père nous a fait remarquer oui.
 
Devant son air triste, je ne pus m'empêcher de me sentir coupable. Les Maraudeurs ne connaitraient jamais la vérité sur leur ami. Je pris Remus dans mes bras, seul réconfort que je puisse lui apporter sur cette affaire, qui devra rester non-résolue, pour le bien de tous. Ce nouveau secret serait lourd à porter.
 
 

| 7 avril 1980 – Allée des Embrumes – 1h20 |

 
Remus et moi avions été réveillés en pleine nuit, à cause d'un meurtre signalé ici, sur l'Allée des Embrumes.
 
-          Bonsoir vous deux, salua Julie Noven, déjà sur les lieux du crime.
 
Lyall était également présent, perplexe. Un périmètre de sécurité avait été mis en place pour tenir les curieux à l'écart. Une dizaine d'autres collègues s'étaient également déplacés, pour prévenir tout dérapage. Nous n'étions pas les bienvenus ici, et je ne serais pas étonnée qu'il y ait un petit échange de sortilèges entre nous et les quelques personnes peu fréquentables qui rôdaient dans les parages. Je jetai un ½il à la ruelle où nous nous trouvions : sans éclairage, étrangement vide, ce couloir de pierres froides était inquiétant.
 
-          Qui est-ce ? demandai-je en me reportant sur la victime.
-          Dean Pertman. Un mafieux relâché récemment pour avoir donné des infos utiles.
 
J'en voulus presque à Lyall de m'avoir fait déplacer en pleine nuit pour ça.
 
-          Ses copains ont appris qu'il avait balancé, et il s'est fait refroidir... conclus-je.
-          Pas si vite, arrêta Noven.
 
Je jetai un ½il en biais vers Lyall, qui avait vraiment l'air préoccupé.
 
-          Prue, tu ne veux pas te prêter à l'analyser habituelle ? reprit Noven.
 
Un peu incrédule, je bredouillai un "oui" avant de m'accroupir à ses côtés pour considérer la victime avec un peu plus d'intérêt que jusqu'à présent. Mes yeux se posèrent sur la chemise tâchée de rouge sur le côté gauche. Noven avait déjà dû regarder, car le vêtement était défait. Comme je m'y attendais, je découvris une blessure témoignant d'un coup de couteau mortel dans le c½ur. Ce n'était pas logique... si la victime était morte ainsi, l'enquête devait revenir à la Brigade Criminelle Magique, pas aux Aurors. Je fermai les yeux, me concentrant sur le cadavre de la victime en posant une main sur son ventre. Il ne me fallut pas plus de cinq secondes pour sentir que de la magie noire avait été pratiquée. Un maléfice tout aussi mortel que le coup de couteau.
 
-          Pourquoi avoir recouru à de la magie noire ? demandai-je plus à moi-même qu'aux autres.
Je ne dénigrais pas la BCM, car avoir Moser sur le dos n'était pas plus confortable pour un criminel. Cependant, les Aurors étaient réputés pour n'être composés que de l'élite, alors pourquoi devenir leur proie quand il est possible de les éviter ? Le tueur aurait très bien pu se contenter d'un couteau. La précision de la frappe avait donné la mort sans détour.

-          De la pure et simple provocation, me répondit Lyall en me tendant un morceau de parchemin tâché de sang. C'était dans la main de la victime.
-          « Sauras-tu me reconnaître ? », lut Remus par-dessus mon épaule.
-          Un défi, soufflai-je. Le tueur a pris pour cible l'un des nôtres.
 
Lyall acquiesça, la mine sombre :
 
-                Le tueur n'avait pas besoin de magie noire pour tuer sa victime, il lui avait déjà planté un couteau dans le coeur... mais en recourant à de la magie noire, c'est nous qui prenons l'enquête. Le tueur vise donc un Auror.
-          « Me reconnaître »... répétai-je. Lyall, ça pourrait être un tueur au mode opératoire particulier, qui serait dans les affaires non résolues.
-          C'est ce que j'ai pensé oui.
-          Alors ?
-           Il y a effectivement un tueur qui sévit depuis quelques années, qui prend pour habitude de tuer au couteau avec une précision redoutable. Moser, qui est sur l'enquête de ce fantôme, m'en a déjà parlé, mais je ne pense pas que ce soit lui.
Mes entrailles se contractèrent. Ce tueur dont il parlait pouvait être moi. Je savais que Moser avait déjà eu de rares occasions d'enquêter sur mes crimes.
-         Qu'est-ce qui te fait croire que ce n'est pas lui ? m'intéressai-je.
-        L'autre tueur est un pro. Quasiment aucun recours à la magie, meurtre d'une précision chirurgicale, jamais de preuve ou de témoin. Celui-ci a volontairement utilisé un maléfice, et il joue avec nous. Alors que l'autre, il fait ce qu'il a à faire, et se fiche pas mal de nous. Et s'il avait un jour envie de nous narguer, il s'en prendrait à la BCM, les Aurors n'ont jamais été mêlés à cette enquête.
 
Je me redressai lentement, échangeant un regard inquiet avec Remus. Ce tueur nous défiait. Il voulait jouer avec nous, et nous savions combien ce genre de profil était difficile à cerner. L'enquête commençait, mais nous avions déjà un train de retard, car c'est lui qui menait la danse. Ce genre de jeu impliquait forcément des meurtres en série, où chaque cadavre serait l'occasion de nous envoyer un message. Bon sang, nous n'avions pas besoin de ça en ce moment.
 
-          C'est étrange, remarqua Remus.
-          Hmm ?
-          Le choix de la cible.
-          Oui, approuvai-je. Avec ce genre de tueur, on s'attend plus facilement à des cibles innocentes, choisies bien souvent pour un motif qui nous dépasse.
-          Peut-être que son côté criminel n'est qu'une coïncidence, suggéra Noven. Peut-être que la cible a été prise au hasard.
-          En venant ici, Allée des Embrumes, les chances sont minces.
 
C'était mon nid de proies favori lorsque je n'avais pas de cible particulière à traquer et que l'appel du sang était trop irrésistible. Il y avait une fréquentation criminelle bien plus élevée qu'ailleurs. Si le tueur souhaitait nous entraîner dans son jeu... rien n'avait été laissé au hasard. J'étais certaine que le choix de la cible avait du sens pour lui. Le mot adressé par le tueur laissait deviner qu'une enquête avait déjà eu lieu sur lui, mais avait échoué. Il était donc plus plausible que ça soit un Auror plus expérimenté qui soit visé, mais cela ne me rassurait pas. Remus avait été choisi par son père pour rejoindre l'équipe, à mes côtés. Je n'aimais pas qu'il soit mêlé à ce genre d'enquête. Des tarés, j'en avais fréquenté, et je n'avais jamais trouvé de limite à leur folie. Jusqu'où irait celui-ci ?
 
-          Pas de témoins je suppose ? demanda Remus.
-          Nous ne sommes pas entourés de gens très coopératifs, maugréa son père.
 
J'entendis des cailloux tomber tout près de nous. Par réflexe, je levai les yeux vers le haut des immeubles miséreux qui nous entouraient, mais ne vis rien. Je me soulevai néanmoins jusqu'au toit, pour m'assurer que le tueur n'était pas là, en train de nous observer depuis les hauteurs. J'eus à peine le temps d'apercevoir une silhouette un peu plus loin, qu'elle disparaissait dans un crac sonore. Je poussai un juron en redescendant comme une furie.
 
-  QUI A OUBLIE DE METTRE EN PLACE LA SECURITE ANTI-TRANSPLANAGE ?! m'emportai-je.
-          Qu'est-ce qui se passe ? s'étonna Remus face à ma soudaine colère.
-          Il était là-haut cet enfoiré ! Il a transplané dès qu'il m'a vue !
-          C'était à Aaron de le faire, je n'arrive pas à croire qu'il ait oublié ! me dit Lyall. D'ailleurs, où est-il ?
 
Je cherchai le père de James des yeux parmi mes collègues, prête à lui passer un savon. Qu'est-ce qui pouvait bien être plus important que ça ?! Pourquoi ne l'avait-il pas fait ?! C'était la première mesure à mettre en place à notre arrivée sur les lieux d'un crime ! Je partis à sa recherche, bien décidée à avoir une explication.

Peu à peu, la colère laissa place à l'inquiétude, car on ne trouva pas Aaron parmi nos collègues.
 
-          Il ne serait quand même pas rentré au QG sans nous le dire ? demanda Remus.
-        Aucune chance, répondit Lyall d'un ton ferme. Je te rappelle que nous sommes tous censés prévenir au moins un collègue de nos agissements, par mesure de sécurité.
 
Nous étions clairement inquiets de ne pas réussir à trouver Aaron sur les lieux du crime. Le tueur avait-il choisi de démarrer fort en enlevant l'un des nôtres ? Mon esprit commença à imaginer un jeu de piste, où il était question de vie ou de mort pour Aaron, dont le dénouement reposait entièrement sur nos performances. Ou pire, peut-être l'avait-il déjà tué...

Ne tenant pas à apprendre à James la mort de son père, surtout après la disparition révélée de Peter, je conseillai à Remus de prendre de la hauteur pour voir les ruelles voisines. Lyall se joignit à nous. Je me fis léviter sur le toit le plus proche, les entrailles remuant furieusement. Remus et son père prirent chacun une direction différente. Je marchai au bord des toits avec frénésie, mais ne voyais que des passants miséreux contre les murs crasseux, ou des personnes un peu suspectes marcher sans s'arrêter. Une petite détonation attira mon attention un peu plus loin, avant de voir une fusée rouge éclater dans le ciel comme un feu d'artifice. Je me mis à courir dans cette direction, retrouvant mes sensations lors de course-poursuite ou de balade sur les toits de la ville. A la différence que j'étais tout sauf détendue. Je sautai dans le vide à hauteur du signal, retrouvant Remus accroupit auprès du corps inerte de Aaron. Cette vision me figea un instant.
 
-          Dis-moi qu'il respire.
-          Il est simplement stupéfixé.
 
Je poussai un soupir de soulagement, tandis que Remus ramenait Aaron  parmi nous. Celui-ci reprit connaissance assez vivement, se demandant où il était.
 
-          Qu'est-ce qui s'est passé ? demanda-t-il.
-          On espérait que tu nous le dises, répondis-je.
-          J'étais en train de sécuriser le périmètre... et puis plus rien.
 
Je serrai la mâchoire en pensant au tueur. Il avait prévu de nous provoquer en disparaissant sous notre nez. Et pour se permettre de le faire sans prendre de risque, il avait besoin de pouvoir transplaner, raison pour laquelle il s'en était pris à Aaron. Cet enfoiré confirmait mes doutes à son sujet : il était calculateur, et nous étions des pantins à suivre le jeu qu'il nous dictait.
 
-          Retournons sur la scène du crime, dis-je avec mauvaise humeur.
 
A notre retour, il n'y eut pas de nouvelle surprise, et l'enquête suivit son cours sans embûche. Mais j'étais persuadée que ce n'était que le début. L'avantage de ce petit incident avec Aaron, c'est qu'on pouvait avoir la certitude qu'il n'était pas la cible du tueur. Quand il avait volontairement fait du bruit pour attirer l'attention sur le toit, il n'y avait que Lyall, Remus, Noven et moi-même. La cible était forcément l'un de nous quatre. A moins que ça soit une fausse piste, pour nous embrouiller davantage. Je ne savais pas quoi penser.
 
Au QG, Lyall entreprit de faire un rapport détaillé à Maugrey, qui affecta deux Aurors de plus à l'enquête, persuadé que cette affaire allait nous donner du fil à retordre.

 
| 8 avril 1980 - Impasse du Tisseur - 22h20 |

 
Nouvelle scène de crime, identique à celle de la veille. La victime était morte d'un coup de couteau, puis frappée d'un inutile maléfice. Pas de preuve, pas de témoin, juste un nouveau message que Noven trouva dans la poche intérieure de la cape de la victime.
 
-          « Déception. Tu n'es pas capable de te reconnaître toi-même », lut Noven.
-          Il me gave avec ses énigmes, m'énervai-je.
 
J'avais passé une bonne partie de ma soirée à éplucher les archives avec Lyall et Remus, à la recherche d'un tueur similaire qui aurait pu échapper aux Aurors auparavant. Nous avions également lancé un avis auprès de nos collègues Aurors, pour voir si l'un d'eux ne pouvait pas reconnaître le mode opératoire. Mais pour l'instant, nos recherches s'étaient avérées vaines. On n'avait rien. Ce tueur, ou cette tueuse, semblait nous connaître, mais ce n'était pas réciproque.
 
-          Apparemment, la cible aurait dû reconnaître le tueur hier soir... dit Remus tout en réfléchissant.
 
J'entendis, comme la veille, le faible bruit de petits cailloux, tombant non loin de nous. Cette fois, le périmètre de sécurité était établi... si le tueur se trouvait dans les parages, il ne pourrait pas m'échapper. Je me fis donc léviter en flèche sur le toit, mais ne vis personne cette fois. Evidemment. Le tueur n'aurait pas pris le risque de jouer deux fois de la même manière. Ce serait trop prévisible.
 
Alors que je m'apprêtais à redescendre, mon regard fut attiré en bas par une personne immobile au milieu de la foule qui se séparait autour d'elle. J'étais convaincue qu'il s'agissait du tueur. Calme, les mains dans les poches, l'individu gardait la tête levée dans ma direction, alors que je l'avais repéré. Sa capuche rejetée sur la tête projetait une ombre sur son visage, m'empêchant de l'identifier depuis ma position. Ne pouvant prévenir mes collègues, qui étaient de l'autre côté du bâtiment, je me déplaçais de quelques mètres sur le toit pour observer le comportement de ma nouvelle proie. Sa tenue entièrement noire rendait difficile l'analyse de la corpulence, ses formes étant masquées à tel point que je n'aurais pu déterminer s'il s'agissait d'un homme ou d'une femme.

L'individu reprit sa route tranquillement, et je le suivis, regardant alternativement devant moi et ma cible. L'arrivée au bord du bâtiment sur lequel j'étais m'obligea à quitter des yeux quelques secondes de plus ma proie. Quand je regardai à nouveau dans la foule, je ne parvins plus à retrouver ma cible, comme si elle s'était soudainement fondue dans la masse. Je savais que la sécurité anti-transplanage s'étalait sur un périmètre d'au moins un kilomètre, il était impossible que ma cible se soit enfuie par voie magique. Fouillant la foule des yeux, la rage au ventre à l'idée d'avoir laissé filer le tueur, je me demandais sérieusement ce que tout cela signifiait. Hier Aaron, aujourd'hui moi... le tueur semblait décidé à nous mettre en échec un par un.

 
| 10 avril 1980 – QG de la Brigade Secrète |

 
L'enquête continuait de battre son plein. Remus et moi étions en train de devenir dingues en nous acharnant à résoudre le double meurtre. Les hypothèses fusaient, nous les trouvions plausibles, mais il y en avait tellement que nous n'arrivions pas à déterminer la direction à prendre. Le tableau magique représentait en son centre une silhouette encapuchonnée en guise de tueur. Nous avions noté tous les faits constatés, ainsi que les suggestions auxquelles nous avions pensées. Nous en avions parlé avec Sirius et James, qui n'étaient pas sur l'enquête, espérant qu'un avis extérieur puisse nous éclairer. C'était sans succès. J'avais l'impression d'être un chien tournant en rond pour se mordre la queue. Cela faisait deux jours que le tueur n'avait pas agi, alors que je m'attendais au contraire à ce qu'il maintienne son rythme.
 
Remus avait rejoint James et Sirius à la pause déjeuner pour interroger des voisins de Peter. Leur détermination à essayer de le retrouver m'enfonçait une pique dans la poitrine à chaque fois que je les entendais parler de lui. J'avais proposé mon aide, ce qui me semblait le plus naturel dans ce genre de situation, mais Remus m'assura qu'il valait mieux que je continue l'enquête, car ils n'avaient pas besoin d'être nombreux pour aller voir les voisins.
N'ayant pas l'intention d'insister, je rentrai au QG, dans l'espoir de trouver Lyall ou Aaron, ou encore Maugrey, pour partager le repas avec eux. Mais à mon arrivée, je ne vis pas mes collègues Aurors favoris. Alors que j'allais à mon tour quitter le Ministère, résolue à manger seule, je tombai sur Julie Noven dans l'ascenseur. Elle eut un instant d'arrêt en me voyant avant de m'adresser un grand sourire. Personnellement, je me demandai la raison de sa présence.
 
-          Bien le bonjour Aurore Hunt ! me dit-elle avec un grand sourire.
-          Bonjour Noven. Comment allez-vous ?
-          Bien merci et vous ?
-          Aussi.
-          Où sont vos inséparables collègues ?
-          Oh, ils avaient une affaire personnelle à régler. Et vous, que faites-vous ici ?
-          Je prends une pause bien méritée. Les analyses ont été difficiles ce matin.
 
Noven était le médecin légiste principal des Aurors, on lui confiait donc des cadavres de différentes enquêtes.  Maugrey était sur une grosse affaire également, et si le mage noir ne jouait pas avec les Aurors, il ne se privait pas de le faire avec ses victimes. James et Sirius nous avaient appris que les victimes semblaient servir de cobayes au tueur, qui essayait sans doute d'inventer de nouveaux sortilèges issus de magie noire. Les deux Maraudeurs trouvaient l'enquête presque aussi difficile que celle de Black Blade.
 
-          Un bon repas serait donc apprécié ? demandai-je.
-          Oui, je commence à avoir faim.
-          Voulez-vous vous joindre à moi ?
 
J'eus une fraction de surprise en découvrant le ton que j'avais employé pour poser cette question, comme si j'espérais qu'elle accepte et que je redoutais en même temps sa réaction. Après tout ce temps à être perturbée par sa présence, j'éprouvais une attirance depuis qu'elle m'avait sauvée la vie. Noven retrouva le sourire et hocha la tête.
 
-          Avec plaisir.
-          Où voulez-vous manger ? demandai-je.
-          Ça m'est égal. Je vous suis.
 
Il y avait un monde pas possible à cette heure-ci. Tous les employés quittaient leur bureau pour aller manger. Ce fut donc un soulagement de sortir enfin et de respirer l'air frais de cette belle journée. Je tendis mon bras à Noven, qu'elle prit sans hésiter, et l'embarquai dans un transplanage immédiat à l'Arpège, le restaurant qui nous servait de cantine.
 
-          Bonjour Auror Hunt, me salua le responsable du restaurant. Toujours un plaisir de vous voir. Vous avez réservé ?
-          Non, je n'avais pas prévu de venir... c'est possible une table pour deux personnes ?
-          Bien sûr, je vais vous trouver ça. C'est votre mère ?
 
Je sentis mon coeur dérailler, me faisant perdre contenance. J'avais beau avoir pris l'habitude qu'on m'attribue un lien de parenté avec Noven, c'était toujours source d'une décharge électrique à chaque fois. Tout ce qui relève de l'émotionnel n'avait décidément aucune logique. Je me tournai vers Noven, qui m'adressait un doux sourire.
 
-          Euh, non, c'est l'une de mes collègues, balbutiai-je. Julie Noven, notre médecin légiste.
-          Enchanté Madame, et pardonnez-moi pour la confusion, vous vous ressemblez beaucoup.
 
Je souris sans rien répondre et invitai Noven à prendre place. Lorsque je m'assis en face d'elle, je me sentis encore plus mal. Son regard bienveillant et à la fois perçant me donnait l'impression qu'elle allait tout découvrir rien qu'en posant les yeux sur moi. J'eus l'impression de revenir à mes débuts à Poudlard, lorsque c'est Remus qui avait le don de me déstabiliser d'un simple regard. Bon, c'était toujours un peu le cas, mais pas pour les mêmes raisons.

Je remerciai intérieurement le serveur de distribuer les cartes, magnifique prétexte pour briser l'échange visuel. Pourtant, je fus incapable de me concentrer sur le menu pendant une bonne minute. Le serveur avait malheureusement ravivé mon éternelle blessure. Une fois la commande passée, j'observai Noven en essayant de contrôler mes émotions. Elle regardait autour d'elle, semblant apprécier l'endroit.
 
-          C'est agréable comme restaurant, me dit-elle Noven. C'est bien ici que vous venez avec vos collègues ?
-          Oui, plusieurs fois par semaine. Et vous, où mangez-vous d'habitude ?
-          Ca dépend. Des fois au restaurant, des fois je rentre chez moi pour manger avec ma fille.
-          Oh, vous avez une fille.
-          Oui, me dit-elle avec un sourire. Je crois bien que vous êtes du même âge d'ailleurs.
-          Elle a vingt ans ?
-          Oui.
-          Nous avons effectivement le même âge. Comment s'appelle-t-elle ?
-          Hélène.
 
Je tressaillis, m'insultant presque d'avoir oublié cette rencontre à Sainte Mangouste, lorsque j'avais survécu à l'agression au couteau.
 
-          Bien sûr, soufflai-je. Hélène Noven.
 
Ma collègue me regarda avec incompréhension.
 
-          J'ai croisé votre fille à Sainte Mangouste lors de ... enfin, il y a deux ans, expliquai-je. Nous avions discuté brièvement à l'époque.
 
Une lueur passa dans les yeux de Noven, mais elle ne perdit pas son sourire pour autant. Quant à moi, je m'étonnais de ne pas avoir pensé à elle lorsque j'avais vu Julie pour la première fois. Son nom aurait dû m'être familier.
 
-          Le monde est petit, se contenta-t-elle de dire.
 
Le serveur revint avec notre entrée. J'avais pris un gratin de jambon au fromage, qui dégageait une odeur appétissante. Les noix de Saint-Jacques de Noven, qui baignaient dans un peu de crème avaient l'air d'être également appréciées par ma collègue.
 
-          Bon appétit, dis-je en me saisissant de mes couverts.
 
Les entrées ne firent pas long feu. Au bout de quelques minutes, le serveur pouvait déjà nous débarrasser.
 
-          L'enquête avance ? demanda Noven en attendant le plat.
-          Pas trop, avouai-je en haussant les épaules. Ce tueur est plus complexe que ce que nous avons eu à appréhender jusqu'à maintenant. Il nous manque encore trop de pièces pour envisager de réussir le puzzle.
 
Noven m'adressa un regard curieux.
 
-          Vous n'avez pas l'air affolé par ce constat, me dit-elle.
-          Tant qu'il s'en prend à des criminels, je n'ai pas de raison de l'être. L'arrêter n'est pas une nécessité aussi impérieuse que s'il y avait réellement des vies à sauver. Je n'accorde aucune valeur à la vie des criminels, mais ça, je crois que vous l'avez compris rapidement.
-          Oui.
-          Donc, s'il a envie de continuer à nous envoyer des messages au travers de victimes criminelles... eh bien qu'il s'amuse. Nous finirons par l'attraper, comme les autres.
-          Maugrey et Lyall vous déteignent dessus... observa Noven.
-          Pourquoi ça ?
-       Cette haine qu'il y a en vous chaque fois qu'il s'agit de criminel... cette détermination à défendre la justice envers et contre tout...
 
Je me tendis légèrement à l'entente de ces paroles, comme à chaque fois que je repensais à l'origine de tout ça. A l'origine de cette haine.
 
-          La longue carrière de Maugrey lui a permis de découvrir la pire face de l'humanité et de la magie, en combattant les forces du Mal, dis-je sur un ton calme. Il a plus d'une fois été blessé, mais je doute que ça soit les cicatrices physiques qui soient à l'origine de sa haine. C'est également le cas de Lyall, qui a en plus perdu sa femme.
-          Et vous ? Quelle est cette origine ? Pourquoi avoir choisi cette carrière ?
 
Je fus incapable de regarder Noven dans les yeux à cet instant. L'image de ma mère s'imposa dans mon esprit, très clairement... trop peut-être, car ma gorge se noua en posant à nouveau mon regard sur Noven, qui lui ressemblait tant. Des images furtives du camp, de Jeff, et de la guerre passèrent comme des éclairs dans ma tête. Le c½ur gonflé de rage, j'essayai néanmoins de conserver un ton calme.
 
-          J'ai perdu ma famille quand j'avais cinq ans. Justice n'a jamais été rendue. J'ai grandi avec la volonté de combattre le crime... avec cette haine à l'égard des monstres qui rôdent dans ce monde et qui doivent être arrêtés... et cette soif intarissable de justice.
 
Une lueur passa dans les yeux de ma collègue, attristant son regard.
 
-          Je suis désolée, dit-elle dans un souffle. Je suis certaine que votre famille serait fière de la personne que vous êtes devenue.
-          Merci, dis-je.
 
« Mais j'en doute », ne pus-je m'empêcher de penser avec amertume.
Que dirait ma mère si elle était en vie ? Cette grande guérisseuse, qui était restée digne de la lignée des Halliwell jusqu'au bout en étant une femme exemplaire... que dirait-elle si elle était là, et apprenait que sa fille est une tueuse assoiffée de sang ? Alors que le nom de ma famille maternelle sera à jamais associé au Bien et à la défense de nobles causes, moi, la dernière descendante, avais délibérément choisi d'être une incroyable force du Mal. Je ne regretterai jamais mon choix. Je ne renierai jamais Tracker, car j'avais mes raisons d'être celle que j'étais. Mais je doute qu'il existe une personne dans ce monde, qui ne soit pas rattachée au milieu criminel, capable de comprendre. Je n'étais ni une Halliwell, ni une Jedusor. J'étais entre les deux. Un mélange aussi étrange que redoutable.
 
-          Et vous ? repris-je au bout de plusieurs secondes de silence.
 
Noven m'adressa un regard interrogateur, me décochant le sourire.
 
-          Nous avons parlé de moi jusqu'à maintenant... à vous. Vous m'aviez dit que vous étiez devenue légiste parce que votre métier à l'hôpital ne vous permettait pas d'accorder suffisamment de temps aux personnes qui vont sont chères. Honnêtement, je ne comprends toujours pas votre choix. Légiste... c'est dur moralement comme métier.
 
Elle eut rire doux qui eut le don de me détendre.
 
-          On me le dit souvent ! reconnut Noven. Avant je soignais les vivants, maintenant je m'occupe des morts... un peu surprenant, c'est vrai, mais je ne regrette pas mon choix. Les morts sont les premiers témoins de leur meurtre, et ils nous apprennent beaucoup de choses. C'est ma contribution à la lutte contre le crime.
 
J'avais une envie irrésistible d'en apprendre davantage sur elle, seulement je ne voulais pas paraître brutale en la questionnant sur sa vie privée. Je savais que Noven portait un fardeau, mais je n'osais pas aborder le sujet. Pourtant, un évènement important avait bien dû se produire pour qu'elle ait envie de « contribuer à la lutte contre le crime », alors qu'elle était guérisseuse avant. Sa préoccupation était de sauver des vies avant de rejoindre le Ministère... pas de leur rendre justice.
 
-          J'ai perdu deux êtres chers, répondit Noven comme si elle avait lu mes pensées. J'ai le sentiment de m'être rapprochée d'eux depuis que j'ai changé de vie.
 
Un fourmillement parcourut mes veines aux tempes, me donnant une sensation d'engourdissement. Voilà donc l'origine de sa souffrance... elle aussi avait perdu des gens qu'elle aimait. Je baissai les yeux en songeant à ce qu'elle venait de me dire : « j'ai le sentiment de me rapprocher d'eux... ». Là encore, Noven me ressemblait.
 
-          Je suis désolée, murmurai-je. Le coupable de votre drame a-t-il été arrêté ?
-          Non.
-          Vous voulez que j'essaye ?
 
Noven se figea, affichant une mine surprise. Je me rendis compte de mon manque de tact.
 
-          Pardonnez-moi mais... je sais à quel point ne pas connaître la vérité dans un drame familial est douloureux... donc si vous souhaitez que je vous aide à résoudre l'enquête...
-          Je suis touchée par votre attention... mais je crains de ne plus vouloir découvrir la vérité. L'enquête a tellement piétiné sans mener nulle part... je me suis résignée, et j'avoue ne pas avoir envie de rouvrir cette blessure.
-          Comme vous voudrez, dis-je malgré mon étonnement.
 
C'était tellement bizarre. Comment avait-elle réussi à renoncer ? A accepter l'idée que le coupable soit toujours en liberté, impuni ? Ca me dépassait.
 
Malgré les sujets abordés, le restant du repas se passa dans la détente et la bonne humeur, comme si cette discussion nous avait rapprochées. Je me rendis compte que j'étais plus encline à parler de ce genre de choses avec elle, alors que je ne me confiais jamais d'habitude, sauf à Remus des fois. Peut-être était-ce sa bienveillance et sa douceur qui me mettaient à l'aise ? Le fait qu'elle ressemble à ma mère ? Ou tout simplement le fait que nous partagions le même type de blessure ? Je l'ignorais, mais j'étais bien. J'aimais discuter avec elle, et je ne crois pas me tromper en affirmant que c'était réciproque.

A la fin du repas, j'allai régler la note pour nous deux, invitant avec plaisir Noven, qui m'en remercia sans cacher sa surprise.
 
-          Merci pour l'invitation, mais vous n'auriez pas dû, dit-elle.
-          Ça me fait très plaisir. Et puis comme ça, vous serez obligée de m'inviter une prochaine fois, répondis-je avec un clin d'½il.
-          Ce sera avec plaisir.
-          Alors à bientôt Docteur Noven.
-          Appelez-moi Julie. Et je pense qu'on peut se tutoyer si cela vous convient.
-          Très bien Julie.
-          A bientôt Prudence. J'ai vraiment passé un bon moment.
-          Moi aussi.
 
J'attendis qu'elle disparaisse dans un crac sonore avant de retourner également au travail.
 

| 11 avril 1980 - Cambridge |

 
Je retrouvai Noven dès le lendemain, sur une nouvelle scène de crime. Un jeune homme était allongé par terre, sur le carrelage d'une petite cuisine, les yeux clos sur la mort. Je m'accroupis auprès de lui, frappée par la précision du coup mortel dans le c½ur. La scène de crime était assez propre si on omet la flaque de sang qui s'était formée sous le cadavre. Rien ne laissait supposer un combat ; la victime avait sans doute été attaquée par derrière, sans avoir entendu son assassin approcher. Le tueur n'avait pas eu besoin de s'y reprendre. Un seul coup avait suffi. J'observai la blessure à la poitrine pensivement. L'expérience du tueur se confirmait avec ce nouveau meurtre, il ne ratait jamais le coeur.
 
-          Un nouveau message ? demandai-je à Noven.
-          Je ne l'ai pas encore trouvé.
 
Je me relevai et fis signe à Remus de me suivre. Il fallait qu'on trouve comment ce tueur avait réussi à entrer dans cette propriété privée. Contrairement au monde moldu, les maisons des sorciers étaient très bien protégées. Le niveau de sécurité variait, bien sûr, tout le monde n'était pas capable de se doter d'une haute protection, mais j'étais tout de même étonnée que le tueur choisisse de continuer son jeu ainsi. C'était tellement plus simple de s'en prendre à des victimes dehors. Voulait-il nous prouver qu'il était fort ? Qu'il était capable de jouer à un niveau supérieur ?

Je fis le tour de la maison avec Remus, cherchant une trace d'effraction. Mon c½ur rata un battement en ouvrant la porte d'une chambre, où la femme de la victime était avec Lyall, essayant de témoigner entre deux sanglots. Ne voulant pas les interrompre, je ressortis, cherchant ailleurs. C'est dans le bureau d'à côté que je trouvai enfin comment le tueur était entré. La fenêtre avait subi un sortilège qui avait créé une faille dans la sécurité.
« Ingénieux » pensai-je.
J'avais moi-même recours à ce genre de méthodes des fois. Une fiole argentée attira mon attention sur le bureau. En me rapprochant, je me rendis compte qu'il s'agissait d'un souvenir. La fiole était posée trop en évidence pour qu'une personne de cette maison l'ait volontairement laissée ainsi. Les pensées et les souvenirs ne se laissent pas n'importe où. Je pris place dans le fauteuil en sortant ma baguette. Je fis sauter le bouchon d'une pensée et récupérai le fil argenté du bout de ma baguette pour le faire entrer dans ma tête, tout en fermant les yeux.
 
Je vis alors une salle éclairée à la lumière du jour, à côté d'une table où un couple discutait de projets de vacances. Je sentis mes entrailles se tordre en reconnaissant le jeune homme en train de manger ; il s'agissait de la victime. Je regardai autour de moi, à la recherche du tueur. S'il m'avait fait partager son souvenir, il se trouvait forcément dans la salle. En faisant plus attention à ce qui m'entourait, je fus surprise de reconnaître la salle de restauration où j'avais amené Noven. D'ailleurs, serait-il possible que...
Je remarquai un serveur passer devant moi, avec des plateaux vides. En regardant d'où il venait, je reconnus Noven, à cinq mètres seulement, ainsi que moi face à elle. Je pus entendre la conversation que nous avions eu à ce moment-là.
 
-            L'enquête avance ? demanda Noven.
-          Pas trop, avoua mon double du passé en haussant les épaules. Ce tueur est plus complexe que ce que nous avons eu à appréhender jusqu'à maintenant. Il nous manque encore trop de pièces pour envisager de réussir le puzzle.
-          Vous n'avez pas l'air affolé par ce constat.
-          Tant qu'il s'en prend à des criminels, je n'ai pas de raison de l'être. L'arrêter n'est pas d'une nécessité aussi impérieuse que s'il y avait réellement des vies à sauver. Je n'accorde aucune valeur à la vie des criminels, mais ça, je crois que vous l'avez compris rapidement.
-          Oui.
 
Le brouillard tomba sur la scène, alors que je me demandais bien pourquoi le tueur m'avait fait revivre ce moment.
 
-           Ai-je toute ton attention désormais ? résonna une voix grave.
 
Je sursautai et revins à la réalité en ouvrant les yeux, le souffle court par le choc de cette découverte. Je me ruai hors de la pièce, emportant la fiole au passage, l'esprit en ébullition. Je retrouvai Lyall auprès de Noven, alors que la femme de la victime était assise sur le canapé du salon, silencieuse et immobile, comme dans un état second.
 
-          Lyall, qu'est-ce qu'on a sur le casier judiciaire de la victime ?
-          Prue, mais qu'est-ce qui t'arrive ? s'étonna Lyall en me voyant toute essoufflée.
-          Réponds s'il te plait.
-          Rien du tout. On va approfondir les recherches, mais selon nos informations, la victime est innocente. Le tueur ne semble pas choisir ses victimes en fonction de leur statut criminel tout compte fait.
 
Je restai interdite, assommée par la nouvelle. C'était à cause de moi si le tueur avait changé de méthode ! J'étais sa cible ! Ca remettait en cause la logique que je pensais avoir devinée. Je croyais que le tueur narguait l'un des Aurors, après une précédente traque... j'avais tort. Aucune des affaires à laquelle j'avais participé n'était restée non-résolue, exceptée celle de Black Blade, mais je l'avais tué. Les autres criminels étaient enfermés à Azkaban, et nous aurions été avertis s'il y avait eu une évasion. Un frisson me parcourut très désagréablement l'échine à cette pensée... si je n'étais pas liée au tueur par le travail, ça voulait dire que je l'étais plus personnellement.

Je baissai les yeux sur la victime, un sentiment de culpabilité m'envahissant. C'est parce que j'avais avoué mon désintérêt pour les victimes criminelles que le tueur avait changé de méthode. En s'en prenant à un innocent, il me forçait à m'impliquer davantage... et avec plus de détermination. Il ne voulait pas seulement jouer... il voulait un duel. Il voulait que je l'affronte.
 
-          Tu as découvert quelque chose ? demanda Remus, me sortant de mes sombres pensées.
-          Le tueur a lancé un sort à la fenêtre du bureau pour créer une faille dans la sécurité, répondis-je d'un air absent.
 
Un courant de haine glissa le long de mon corps. Qui était ce tueur ? D'où venait-il ? Pourquoi me prenait-il pour cible ? J'avais beau fouiller dans ma mémoire, je n'arrivais pas à trouver qui pourrait être à l'origine de tout cela. J'avais tué plus d'un criminel, ma mémoire pouvait défaillir... j'aurais très certainement besoin de plonger dans mon propre esprit pour fouiller mes souvenirs, à la recherche d'un tueur que j'aurais pu prendre en chasse pour ses crimes. Mais je doutais que cette piste aille très loin, car à part les responsables de la mort de ma famille, aucune cible ne m'avait échappé. "Sauras-tu me reconnaître ?". "Déception. Tu n'es pas capable de te reconnaître toi-même ". Les messages du tueur me revenaient en tête mais ne prenaient pas davantage de sens. La seule personne que je connaisse capable d'entrer dans les maisons ainsi, de frapper avec une mortelle précision sans se faire repérer, tel un fantôme, c'était moi.

 
| Ministère de la Magie – Département de la Justice Magique |

 
J'entrai en coup de vent dans le QG des Aurors, n'accordant pas un regard au tableau composé de tous les éléments de l'enquête. J'avais besoin de m'isoler dans un bureau et de me concentrer. Il fallait que je mette de l'ordre dans mes idées. Les Maraudeurs et moi partagions le même bureau. Il n'y avait certainement pas assez de place pour que l'on y travaille tous les quatre en même temps, mais comme nous étions souvent sur le terrain, il était rare qu'on se rassemble ici. Ce bureau nous servait davantage à entreposer nos affaires.
 
Assise sur la chaise, les coudes posés sur le bureau et les doigts sur mes tempes, je parcourais ma mémoire, à la recherche d'un indice. Une main posée sur mon épaule me fit sursauter et stoppa mes recherches, me ramenant dans le présent. Remus m'adressa un regard inquiet.
 
-          Tout va bien ? me demanda-t-il.
-          Oui, soufflai-je sans chercher à être convaincante.
-          Tiens, on a reçu cette enveloppe pour toi.
 
L'enveloppe en question attira mon attention, car je recevais rarement du courrier ici, et quand c'était le cas, c'était une convocation. Je n'avais fait aucun dérapage ces derniers temps, je ne savais donc pas de quoi il pouvait s'agir. De toute façon, en l'observant, je me rendis compte qu'elle ne portait pas le sceau d'une quelconque brigade. Elle était neutre. Ayant un mauvais pressentiment suite aux évènements de la journée, je la déchirai en toute hâte. Mes craintes se justifièrent, car le message était écrit en lettres d'un rouge sang :
 
« J'ai décidé de te donner un indice plus explicite. Pour cela, j'ai pris une passante au hasard que je vais tuer dans trente minutes si tu ne viens pas la sauver. Elle se trouve dans une boutique fermée sur le Chemin de Traverse. »
 
Mon c½ur accéléra furieusement. Je ne devais pas échouer.
 
-          Qu'est-ce que c'est que ça ? s'horrifia Remus en lisant par-dessus mon épaule.
-          Je suis la cible du tueur... et tant que je ne l'aurais pas reconnu, il tuera pour me laisser des indices.
 
Je jetai un coup d'½il à ma montre et me dépêchai de sortir, Remus sur mes talons.
 
-          Préviens les autres, dis-je à Remus. Je passe devant.
-          Je ne te laisse pas y aller seule !
-          On n'a pas le temps, Remus ! grondai-je, m'attirant plus d'un regard surpris.
 
Je me ruai vers la cheminée la plus proche et disparus dans un tourbillon de flammes vertes. J'arrivai dans une pièce à l'arrière du Chaudron Baveur. Je traversai le bar sans un regard pour personne, focalisée sur mon objectif. Il n'y avait pas beaucoup de boutiques fermées sur le Chemin de Traverse, je n'aurai aucune difficulté à trouver l'endroit. Par contre, je me demandais bien pourquoi cette fois le tueur me donnait la chance de sauver sa victime. A quoi tout cela rimait ?
 
Je courus une fois sur le Chemin, cherchant avec frénésie une boutique fermée. Je m'arrêtai devant une vieille boutique de livres barricadée de planches en travers de la porte. Après avoir fait un trou dedans, je m'engouffrai dans la boutique sans prêter attention aux commentaires des passants qui m'avaient vu faire. Malheureusement, je ressortis rapidement, car il n'y avait rien d'autres que des étagères couvertes de poussières. D'un coup de baguette, les planches se remirent en place, et je repris mes recherches.
 
La deuxième cible potentielle que je trouvai était plus loin. C'était une vieille boutique d'accessoires en tout genre. Je m'y étais servie une fois. Baguette brandie, je me dirigeai rapidement dans l'arrière-boutique. Il me restait très exactement huit minutes vingt-deux  pour sauver cette pauvre femme. Je m'arrêtai nette en la voyant suspendue au plafond, attachée par les poignets, le corps pendant à une trentaine de centimètres au-dessus du sol. Elle était inconsciente. Je m'approchai pour la libérer, mais j'eus la sensation de franchir un voile invisible. Des écritures enflammées apparurent au-dessus de la tête de la prisonnière :
« Tu es l'Ange de la Mort... je suis ton démon ».

Avant que j'aie pu réagir, les écritures se rejoignirent et prirent la forme d'une tête de loup. L'animal de flammes ouvrit la gueule en grand en poussant un rugissement, avant de se refermer sur la victime. Les flammes disparurent en même temps que des ailes noires se dépliaient dans son dos, alors que je vis avec horreur du sang couler abondamment de sa poitrine, comme si elle se vidait. Je sortis de ma léthargie en lui jetant un sort pour la détacher et la poser au sol. Je déchirai son haut pour voir la blessure, et constatai qu'une lame invisible lui avait transpercé le c½ur. C'était fini, je ne pouvais plus rien faire pour elle.
 
A genoux auprès de la victime, je fus incapable de penser à quoi que ce soit pendant plusieurs minutes. Je n'avais pas réussi à la sauver. Pire, c'est moi qui avais provoqué sa mort. Incapable de détourner mes yeux de ceux de la victime, voilés par la mort, les images ne cessaient de se répéter dans mon esprit. Le tueur venait de me mettre bien pire qu'un mort sur la conscience... car j'avais enfin compris son message.

Le tueur avait commis plusieurs fois le meurtre parfait, au couteau. Il était capable de déjouer la sécurité d'un lieu. Il était capable de disparaître dans une foule. Il portait une tenue rendant tout identification impossible. Il connaissait très bien le milieu criminel, puisque « L'Ange de la Mort », c'était moi... l'un des surnoms de Tracker. J'étais démasquée. Je ne pouvais pas en dire autant... la seule chose dont j'étais certaine, c'est que l'apparition d'un loup enflammé ne pouvait pas être une coïncidence. C'était la marque de mon clan. Le tueur était l'un des miens. Cette vérité me creva le c½ur et me glaça le sang.
 
 
Chapitre 22 : « L'élève contre son Maître »
 
Wouah ! C'est la première fois depuis longtemps que je poste un chapitre dans les temps ! :P
Alors, que pensez-vous de ce chapitre ? Entre la nomination de Croupton, le repas avec Noven, et ce "loup" qui  défie son Maître, j'avoue que votre avis est attendu ;)
Le mot de Tracker est en ligne.
A bientôt !
 

Tags : L'histoire d'un assassin - Partie 1 : L'amour d'un Assassin - tome 2

Leave a comment

We need to verify that you are not a robot generating spam.

See legal mentions

Don't forget that insults, racism, etc. are forbidden by Skyrock's 'General Terms of Use' and that you can be identified by your IP address (54.92.197.82) if someone makes a complaint.

Comments :

  • Dum-Cha

    23/12/2016

    wahou... Quelle surprise et la disparition de peter, il est peut-être en train de pactiser avec les mangemorts ?

  • clochinettedu76

    03/04/2016

    Je ne m'attendais absolument pas à ce renversement à la fin !! Tu me surprends à chaque fois, et j'adore !!

  • assassin-maraudeurs

    21/01/2016

    Visiteur wrote: "Bonjour, faites vous une pause? Au sinon à quand le prochain chapitre? Car ce chapitre mets tellement l'eau a la bouche que on a envie d'en savoir plus!!"

    Bonjour,

    J'ai effectivement dû faire une pause depuis le dernier chapitre à cause de mes examens. Mais maintenant, c'est terminé, et je peux me remettre à l'écriture. La suite arrivera donc bientôt, je ne peux pas encore dire de date, mais en tout cas le chapitre avance rapidement :) Merci en tout cas d'être venu prendre des nouvelles, et à bientôt !

  • Visiteur

    18/01/2016

    Bonjour, faites vous une pause? Au sinon à quand le prochain chapitre? Car ce chapitre mets tellement l'eau a la bouche que on a envie d'en savoir plus!!

  • Hurricany

    17/01/2016

    Rahhh ! Tu me laisse encore avec une faim de loup ;). C'était un chapitre plein d'action et de suspense. Maintenant qu'elle sait qu'il fait partie de son camps, elle va pouvoir l'identifier bcp plus rapidement. Sauf si il décide de dévoiler sa vrai identité à tous.

  • Selenba

    11/01/2016

    C'est un chapitre crescendo! Tu accélère le rythme avec tout ça :o J'ai des questions pleins la tête, des tonnes de supposition >.< Ah tu n'as pas le droit de nous laisser sur ça :o Quel est le rôle de Noven? Qui est ce démon de l'Ange de La Mort? C'est un super chapitre et j'attends la suite avec hâte!! :3

  • MikaWolfeHP

    24/12/2015

    ouah!!! Merveilleux chapitre! Je l'adore!!!! Ayoye... Un de ses loups qui se revirent contre elle... probablement conciamment, je me demande pourquoi!? Hâte de lire la suite pour le savoir! Ouf, je me demande bien aussi si elle pourra encore cacher longtemps sa double identité? Ouf..... Et ce pauvre Wagner! Non!!! Et Noven, je ne me rappelais pas de Hélène... Et cache-t-elle autre chose cette médecin légiste ressemblant un peu trop à Prue la mère de Prue...

  • harry-potter-8-fic

    22/12/2015

    Normalement je la lirait plus vite que là :p
    A bientôt :)

  • harry-potter-8-fic

    22/12/2015

    J'ai vraiment hâte de lire la suite :)

  • harry-potter-8-fic

    22/12/2015

    En tous cas je suis contente j'ai réussi à rattraper mon retard :)

Report abuse