Chapitre 29 : Le grand jour

« Je m'engage à aimer et à protéger ce beau loup avec lequel j'ai choisi de partager ma vie. Ce sera ma plus belle promesse, et je tâcherai de la tenir en toutes circonstances. »
 
 
Chapitre 29 : Le grand jour

 
| 10 mars 1981 – Manoir Halliwell – 01h30 |
 
Je rejoignis Remus au lit, un peu fatiguée par la soirée festive que nous avions organisée pour son anniversaire. Entourés du cercle restreint des personnes qui lui étaient chères, la soirée avait été agréable, mais pas de tout repos ! Les Maraudeurs s'étaient chargés de pimenter avec leur grain de folie habituel. James, Lily et Sirius, derniers invités à partir, nous avaient quittés il y a à peine quinze minutes. Nous avions déjà tenus plus longtemps à d'autres occasions, mais la semaine passée avait été trop éprouvante.

 

Nous avions réussi à arrêter des Mangemorts, ainsi que quelques-uns de leurs alliés. Parmi ces derniers, j'avais eu la désagréable surprise de reconnaître un mafieux russe. Je ne le connaissais pas particulièrement, c'est son tatouage à l'avant-bras qui m'avait permis de l'identifier. Une tête d'ours, gueule ouverte et regard agressif... Il s'agissait d'une mafia très ancienne, qui avait traversé les générations sans jamais se faire soupçonner par les forces de l'ordre. Les membres menaient leurs activités, réglaient quelques comptes à des rivaux, et évitaient soigneusement d'être projetés hors de l'ombre. Une mafia discrète, en quelque sorte. Les leaders qui s'étaient succédés avaient toujours compris qu'il n'était pas bon pour les affaires d'avoir les flics sur le dos.

 

Cependant, il semblerait que la donne ait changé avec le nouveau leader. Je m'étais donc renseignée auprès de mes sources, et il semblerait que le nouveau chef ait fait une alliance avec l'Armée du Mal. Très loin de la sagesse de son prédécesseur, ce jeune ourson était bien décidé à faire la loi et à changer les règles anciennes de son clan qu'il jugeait absurdes. J'allais donc suivre l'affaire de très près, car cet allié était dangereux pour nous. Si mon père parvenait à convaincre d'autres clans criminels de cette envergure de le rejoindre, tous nos efforts pour l'affaiblir auront été vains. C'était inenvisageable, nous avions encore besoin de temps.
 
Remus me prit dans ses bras lorsque je me glissai sous les draps, chassant les préoccupations de la guerre de mon esprit. Il n'y a qu'avec lui que j'étais capable de trouver l'apaisement. Le stress retombait, tout comme le poids des responsabilités. Avec lui, je pouvais me reposer, m'accordant un court répit avant de retourner sur le front. Et en ce moment, j'en avais encore plus besoin. Mes services étaient sollicités partout. Mon jonglage entre mes différentes couvertures était de plus en plus fréquent. J'avais le sentiment d'être partout à la fois. La fatigue ne cessait de s'accumuler. Je me sentais sur le point d'exploser. J'étais toujours en train de courir. Mais ici, avec Remus, je pouvais me ressourcer dans ses bras, bercée par la douceur de ses caresses.
 
-          Sirius et James m'embarquent demain pour chercher un costume, me souffla Remus.
 
Je souris en songeant à notre mariage. J'avais tellement hâte d'être cet été ! Nous avions enfin fixés la date : le 17 août. Ce jour resterait à jamais gravé comme le plus beau de ma vie. Même s'il n'était que symbolique, puisque Remus et moi nous aimions depuis longtemps et n'avions pas besoin de cette cérémonie pour nous prouver notre engagement, j'étais impatiente de vivre ce jour. Remus n'échappait pas à cette fiévreuse impatience. Sirius et James non plus d'ailleurs. Ils étaient dévoués de nature, mais plus encore quand il s'agissait de préparer la fête !
De mon côté, c'étaient Lily, Julie et Hélène qui m'aidaient. Moi aussi je n'allais pas tarder à partir en quête d'une robe. Hélène avait programmé ça pour le week-end prochain. Elle m'amusait beaucoup. Elle aurait pu être organisatrice dans l'évènementiel tellement elle planifiait tout bien comme il faut. Elle faisait vraiment en sorte que tout se déroule pour le mieux, afin que je n'aie pas de souci à me faire. Avec le boulot, et toutes mes activités parallèles, je lui en étais très reconnaissante, car le temps était un luxe que je n'avais pas. Elle me soulageait en faisant pas mal de démarches à mal place.
 
-          J'ai hâte de voir s'ils ont bon goût, répondis-je avec un sourire.
 
Remus m'embrassa tendrement, et l'on resta l'un contre l'autre pendant un bon moment, silencieux, à savourer pleinement notre bonheur. 
 
-          Il faudra penser à poser les congés dès lundi, rappelai-je.
 
Remus resserra son étreinte, posant ses lèvres dans mon cou à l'évocation de son cadeau d'anniversaire. Pour changer un peu, j'avais réservé deux semaines de vacances aux Caraïbes pour le mois de novembre. Remus avait accueilli la nouvelle avec une immense joie, car ce serait l'occasion de nous exiler peu de temps après notre mariage, pour échapper momentanément à la guerre et se consacrer uniquement à notre couple. J'avais déjà discuté de ces vacances avec Maugrey avant de faire quoi que ce soit, pour m'assurer que c'était faisable. Notre chef m'avait assuré qu'il nous les accorderait, mais qu'il faudra tout de même rester joignable en cas d'urgence. J'avais hâte de partir. Cela nous ferait le plus grand bien, à tous les deux.
 
 

| 07 mai 1981 – Ministère de la Magie – 18h20 |

 
Je rangeais mes affaires, encore fatiguée de cette nouvelle journée sur le terrain. La soirée n'allait pas être de tout repos puisque j'avais une réunion avec l'Ordre du Phénix, suivie d'une autre avec mon clan. Des fois, je me demandais si dormir était une option.
 
-          Ça vous dit de passer à la maison après la réunion ? proposa James à voix basse. Harry a fait ses premiers pas ce matin !
 
Sirius et Remus acceptèrent avec plaisir immédiatement. Moi, il me fallut encore inventer une histoire pour pouvoir m'éclipser. Remus trouvait mes absences un peu trop répétées, et je savais qu'il me soupçonnait de faire autre chose que ce que j'annonçais. Sirius aussi se doutait de quelque chose, car il me faisait souvent des sous-entendus. Autant dire que j'étais gênée lorsqu'ils le faisaient devant Lyall, dont le regard trahissait également la suspicion. J'éveillais la curiosité de tous en m'absentant aussi régulièrement, et pas toujours pour des raisons très crédibles. Malheureusement, je ne pouvais pas faire autrement pour faire baisser leur vigilance. Quand je devais partir, je partais, parce que ce n'était jamais facultatif, je ne pouvais pas reporter. Alors tant pis, je prenais le risque d'être soupçonnée de je ne sais quoi. J'espérais juste que ça ne mène jamais à de dispute, surtout avec Remus. Je m'en voudrais de mettre notre couple en péril, surtout maintenant... et surtout pour une si juste cause.
 
-          Des fois je me demande si tu n'as pas une double-vie, me taquina Sirius à voix basse.
 
Je ricanai. Deux vies ? Non, Sirius, actuellement j'étais plus proche de trois ou quatre. Et il m'était de plus en plus difficile de toutes les gérer. L'excitation que j'avais pu ressentir au début de mon jonglage était bien vite retombée. J'étais constamment sous pression, et fatiguée plus que jamais.
 
-          Fais-moi confiance, répondis-je aussi doucement.
-          Prue, si tu as besoin de quoi que ce soit...
-          Je sais, coupai-je. Mais ça va, ne t'inquiète pas.
 
Sirius était peu convaincu, mais l'heure de la réunion approchait, nous devions partir.
 
La réunion de l'Ordre du Phénix porta sur les alliances de Voldemort avec d'autres clans criminels, car c'était le sujet d'actualité depuis que nous avions trouvé un mafieux combattant aux côtés des Mangemorts. Cependant, celui-ci avait été retrouvé mort dans sa cellule, ne nous permettant pas de l'interroger pour en savoir plus. Depuis, des membres de l'Ordre s'étaient focalisés là-dessus : identifier les alliés qui venaient compléter une Armée du Mal déjà trop grande. Lyall, Franck et Alice Londubat, les Maraudeurs et moi étions affectés à cette mission. 
 

| 21 mai 1981 – QG de la Brigade Secrète – 22h |

 
J'avais été convoquée en urgence par Lyall pour rejoindre la Brigade Secrète. Je me demandais ce qui pouvait bien être la cause de cette soudaine réunion. Je compris en entrant dans le QG que j'allais avoir une autre mission importante. Un homme était immobilisé sur une chaise, dos à moi, surveillé par les autres membres de la Brigade. Croupton le regardait avec une haine intense. Je repérai un tatouage sur sa nuque. Un tatouage qui était familier en ce moment. Une tête d'ours rugissante... voilà que la Brigade avait réussi à capturer un autre mafieux. J'allais enfin avoir l'occasion d'en savoir plus. Entre le prisonnier qui était mort dans sa cellule au Ministère et celui qui nous avait échappé le matin même, autant dire que j'avais espéré qu'un tel moment se produise. Je voulais des réponses, autant que mes collègues.
 
-          Une prise intéressante. Bien joué, dis-je à l'adresse de Lyall.
-         Merci. Nous avons réussi à le détourner de la voie officielle celui-là, pas plus tard que ce matin. Ca a été juste, mais nous avons pensé que ce serait le meilleur moyen d'obtenir des réponses.
 
Je dus m'empêcher de jurer contre Lyall. Voilà donc la raison de notre échec ce matin... Lyall avait volontairement fait échouer notre embuscade pour qu'il puisse amener le prisonnier ici, et non au Ministère. C'était effectivement la meilleure chose à faire pour obtenir des réponses rapides, mais j'étais quand même frustrée.
 
-          Malgré nos efforts, il n'a pas décoché un mot pertinent de la journée, maugréa Alastor.
-           D'où ma présence ce soir... terminai-je.
 
Evidemment. Ils avaient besoin de moi pour faire parler le prisonnier. Il était en trop bon état pour avoir subi un véritable interrogatoire.
 
-          Vous avez pourtant eu l'occasion de découvrir de nombreuses techniques de... persuasion, fis-je remarquer à Lyall.
-              Nous n'avons pas encore recouru à de telles méthodes, précisa Lyall.
-             Ca explique l'absence de résultats.
 
Le prisonnier semblait écouter notre conversation. Il avait tourné la tête sur le côté. 

-            La mafia russe s'est engagée sur un territoire dangereux, lançai-je à l'adresse du prisonnier.
 
Celui-ci tourna la tête, sans pouvoir me voir pour autant. Je m'approchai de lui et le contournai, sachant exactement ce que les membres de la Brigade voulaient que j'obtienne de lui.
L'homme était âgé d'une quarantaine d'années. Son visage était balafré d'une vilaine cicatrice, sûrement due à un maléfice. Il me regardait avec arrogance et colère. Son visage m'était inconnu, il ne devait donc pas avoir un rang très élevé dans la hiérarchie de la mafia.
 
-          Aucun territoire n'est assez dangereux pour les ours, répliqua le prisonnier avec un fort accent.
 
Son assurance me fit rire. J'étais habituée à ce genre de scène. C'était souvent la même chose avec les gros durs : d'abord, le prisonnier se sent supérieur malgré sa situation. Il montre qu'il n'a peur de rien et qu'il me méprise. Et puis, lentement, il comprend son erreur, et finit par admettre qu'il ne pourra pas gagner. La seule variante, c'est le temps. Combien celui-là allait-il tenir avant de me céder ? Nous allions vite le savoir.
 
-          C'est ce que Nikolaï t'a fait croire quand tu as rejoint le clan ? ricanai-je.
 
Le fait que je connaisse le nom du grand patron retint l'attention du prisonnier, qui me regarda avec suspicion.
 
-          T'es qui toi ?
-          Un fantôme...
-          D'où tu connais Nikolaï ?
-          Je connais beaucoup de monde dans ce pays... mais toi, non. J'en déduis que tu ne tiens pas un rôle très important pour le clan.
 
Je commençai à tourner autour de lui lentement, laissant passer un silence mesuré.
 
-          C'est dommage pour toi en fait...  tu n'as pas une grande valeur à mes yeux... ce qui réduit considérablement ton espérance de vie.
 
Ce fut au tour du prisonnier d'éclater de rire.
 
-          Il y a des Aurors dans cette pièce ! Ainsi que le Directeur du Département de la Justice Magique... je doute que tu puisses me toucher.
-          Tu crois ça ? Au cas où tu ne l'aurais pas remarqué, l'Auror qui t'a arrêté ne t'a pas amené au Ministère, comme l'exige la procédure... mais dans cet endroit isolé. Pourquoi cette précaution à ton avis ?
-          Pour que mes camarades ne viennent pas me chercher... ?
-          Pour que je puisse te soutirer des informations... par tous les moyens.
-          Tu perds ton temps, je ne parlerai pas.
-          Ils disent tous ça... avant de changer d'avis.
 
Je sortis ma baguette d'un geste vif et lui lançai un Doloris bien dosé pour qu'il comprenne que je ne plaisantais pas. Je vis dans le coin de l'oeil les membres de la Brigade sursauter. Aucun d'eux ne songea à intervenir pour autant. Je stoppai la torture une bonne minute après pour laisser le prisonnier souffler.
 
-       Est-ce que Nikolaï a passé un accord avec Voldemort ? demandai-je.

Essoufflé, le prisonnier se contenta de me regarder avec haine. De base, c'était un mauvais plan de me résister... mais alors ce soir, ça l'était encore moins. J'étais épuisée, je ne comptais pas y passer la nuit. Ma patience serait de très courte durée. J'allais attaquer fort de suite si c'était nécessaire.

-        La suite de cette nuit ne dépend que de toi, informai-je avec froideur. Si tu coopères, je me montrerais clémente... mais si tu me résistes, je te briserais. Fais ton choix.
-          Va te faire foutre salope.
-          Mauvaise réponse.
 
J'entamai une longue série de torture, alliant soigneusement techniques magiques et moldues pour varier les douleurs.  Je ne voulais pas lui accorder une seule seconde de répit. Quand il tombait dans l'inconscience, je le ramenais et reprenais ma lente destruction. Il fallait que je brise sa carapace au point qu'il en oublie sa loyauté pour son patron. Il fallait que le désespoir l'emporte sur la volonté de résister. Les membres de la Brigade étaient silencieux autour de moi. Parfois, je remarquais qu'ils détournaient les yeux, quand ça devenait trop violent. Je n'adoucis pas mes méthodes pour autant. Ils m'avaient fait venir pour ça de toute façon... parce qu'ils n'étaient pas capables d'aller aussi loin que moi.
 
-          Stop, souffla le prisonnier.
 
Je lui lançai un nouveau sort quand même, faisant mine de ne pas avoir entendu. Il me supplia alors d'arrêter, me promettant qu'il dirait tout ce que je voulais savoir.
 
-          Bien. Si tu me mens, ou si tu refuses de répondre à la moindre question, il ne sera plus la peine de me supplier. Je te tuerai lentement, dans des souffrances bien pires que celles que tu as endurées jusqu'à maintenant. C'est clair ?
 
Il hocha lentement la tête, épuisé. Je l'avais amené à un pas du point de rupture.
 
-          Recommençons. Est-ce que Nikolaï a passé un accord avec Voldemort ?
-          Oui, souffla le russe. Ils sont alliés.
-          Pourquoi ? Ton clan ne trempe pas dans le terrorisme d'habitude... ça ne vous ressemble pas.
-          Nous avons perdu beaucoup de clients avec la guerre... nous sommes à sec. Le Seigneur des Ténèbres nous paye bien, ça nous permet de nous remettre à flot.
-          Est-ce que l'ensemble du clan est impliqué ?
-          Oui.
-          Est-ce que tu sais si Voldemort a d'autres alliés ?
-          Non, je ne sais rien de tout ça.
-          Quels sont les prochains projets du Lord ?
-          Je l'ignore. Même Nikolaï n'est informé qu'au dernier moment.
-          Et ton clan... a-t-il des alliés ?
-          Non.
-          Des ennemis ? J'ai entendu dire que c'était tendu avec les chinois.
 
Encore une fois, le prisonnier me regarda avec suspicion. Il devait se demander comment je pouvais être aussi bien renseignée. Cependant, il ne fit aucune remarque.

-          Le Dragon Noir est responsable de notre chute... c'est lui qui a récupéré nos plus gros clients.
-          Intéressant.  
 
Je me tournai vers Lyall.
 
-          Vous avez d'autres questions à lui poser ?
-          Je veux des noms, répondit Croupton. Quels sont les salopards qui composent ce foutu clan ?
-          Je ne pense pas que cette information ait un véritable intérêt. Le clan va bientôt s'éteindre.
-          Vous n'y arriverez pas, rétorqua le prisonnier.
-          Oh que si... tu sais pourquoi ?
 
Le prisonnier me regarda avec une rage profonde. Malgré son épuisement, il arrivait encore à me haïr. Je me penchai à son oreille pour lui murmurer :
 
-          Je suis Tracker.
 
Mon couteau apparut dans ma main, et je plantai la lame dans son c½ur.
 
-        Qu'avez-vous fait ?! hurla Croupton. Il était notre seule chance d'atteindre Nikolaï !
-          Vous n'avez donc pas écouté ce qu'il a dit.
 
Croupton se calma, interloqué par ma réponse.
 
-          Les russes sont en très mauvais termes avec la mafia chinoise. Et pour cause, le Dragon Noir a précipité la chute des russes ! Imaginez un seul instant que ce cadavre soit retrouvé... et que les chinois soient suspectés...
-          Il y aurait une guerre entre les deux clans, termina Lyall, visiblement excité par mon plan.
-          Il n'y a pas de garantie que les chinois l'emporteront sur les russes, fit remarquer Maugrey. Les russes ont peut-être perdu leur marché, mais pas leur force de frappe.
 
J'éclatai de rire. Maugrey n'était intéressé que par l'anéantissement des alliés de mon père... alors que mon plan allait bien plus loin que ça.
 
-          En fait, il n'y aura pas de vainqueur, expliquai-je.
-          Que voulez-vous dire ? 
-          Le plan est très simple : je vais envenimer suffisamment leur relation pour qu'ils s'entretuent. Et s'il reste des survivants, d'un côté comme de l'autre, je m'occuperais de les achever.
-          Une perspective intéressante, c'est une occasion en or de se débarrasser des deux clans en même temps, fit remarquer Lyall.
-          Ce qui ne ferait pas de mal à l'Angleterre, vous en conviendrez.
 
Croupton acquiesça.
 
-          Comment on organise ça ? demanda-t-il.
-          Vous, vous n'avez qu'à rentrer tranquillement chez vous... demain, vous retournez au travail... et après-demain, vous n'oubliez pas de lire la Gazette du Sorcier.
-          Vous n'allez tout de même pas agir seule ?! s'opposa Lyall.
-          C'est moi la tueuse, c'est ma mission. Alors laissez-moi faire mon boulot, dis-je fermement.
 
Lyall sembla vouloir répliquer, mais je ne lui en laissais pas le temps.
 
-          Bonne soirée messieurs.
 
Je pris congés, faisant flotter le corps de ma victime à côté de moi. Ce cadavre allait m'être utile pour amorcer la guerre entre les deux clans. Ce nouveau petit jeu allait vraiment être très intéressant. Pour une fois, je n'allais pas tuer moi-même, mais provoquer des meurtres... c'était un défi que j'avais hâte de relever, malgré la fatigue !
 
 

| . . . |
 

La paix est fragile. Et c'est d'autant plus vrai lorsqu'on la croit acquise. L'Angleterre en faisait les frais avec les Mangemorts, mais aujourd'hui, une autre guerre était sur le point d'éclater. Elle serait courte, mais terriblement violente. J'avais disposé le cadavre de ma victime sur le territoire de la mafia chinoise, en prenant soin d'y apposer le sceau du Dragon Noir. En moins d'une heure, l'information était remontée jusqu'au clan russe. Je pus donc aller me coucher l'esprit tranquille. J'avais enclenché la machine infernale qui mènerait les deux clans à leur destruction. En attendant, je pouvais enfin me reposer.
 

| 22 mai 1981 |

 
Le meurtre du mafieux russe faisait les gros titres dans la Gazette. Je parcourus rapidement l'article, sans en apprendre davantage sur les éventuelles représailles. Il me faudra attendre les nouvelles de mes sources sur le terrain, pour savoir à quelle vitesse le venin se répandait. J'étais persuadé que les russes préparaient leurs représailles en même temps que l'enterrement. Même si ma victime n'avait pas un rang élevé, son meurtre était une attaque envers tout le clan, qui se devait de riposter pour ne pas se montrer faible.
 
En début d'après-midi, l'évènement tant attendu se produisit enfin. C'était même au-delà de tout espoir. L'un des neveux du Dragon Noir avait été abattu alors qu'il concluait une transaction. Les ours russes avaient choisi de frapper la famille, ce qui était pire que tout. La soirée allait être terrible. Je prévins Remus que Jack m'avait invitée au restaurant ce soir, magnifique excuse pour avoir le champ libre. Je ne pouvais pas rater ça.

 
| QG de la mafia russe |

 
Mes sources m'avaient informée qu'une trentaine d'hommes du Dragon Noir se dirigeaient sur le QG russe. Le clan chinois n'était donc pas au complet pour mener cet assaut, ce qui était assez prévisible. Postée sur le toit d'un immeuble, j'observais tranquillement les chinois se mettre en position autour du QG russe. Dans quelques minutes, la femme de Nikolaï rentrerait de son rendez-vous avec un client. Elle allait forcément servir de clé d'entrée pour atteindre le QG, inaccessible autrement. Ce ne fut donc pas une grande surprise de voir deux hommes bondir sur elle dès qu'elle s'approcha du grand portail. En moins d'une minute, le groupe pouvait entrer dans le jardin. Les chinois étaient de véritables maîtres en matière de discrétion. Et ils étaient redoutables dans tous les types de combats. Je leur faisais confiance pour réduire considérablement le clan russe.

 

Il me fallut attendre plusieurs minutes avant de repérer des lumières à l'intérieur dues aux sortilèges. L'effet de surprise était perdu pour les chinois, qui étaient maintenant engagés dans des duels à mort. Ce qu'ils ne savaient pas, c'est que le clan russe n'était pas au complet lui non plus. Nikolaï était en négociation dans un restaurant sur l'Allée des Embrumes, avec une quinzaine de ses meilleurs hommes pour le protéger. Je transplanai sur le lieu de rendez-vous, portant l'apparence d'une inconnue que j'avais croisée un peu plus tôt dans la journée. Il ne fallait surtout pas qu'on me voie sous le masque de Tracker. Si jamais mon père apprenait que j'agissais contre lui en lui faisant perdre ses alliés, notre accord serait définitivement brisé, et c'était un peu tôt pour ça.
 
Les russes étaient engagés dans une conversation sérieuse autour d'une table ronde. Le grand jeu de séduction était sorti, avec champagne et plats délicieux servis malgré l'heure tardive. En fait, je ne doutais pas un seul instant que le restaurant avait été réservé spécialement pour ce rendez-vous. Je ne voyais que des mafieux autour de moi. D'ailleurs, deux d'entre eux se dirigèrent vers moi dès que j'entrai dans le restaurant.
 
-          Le restaurant est réservé ce soir poupée.
-          Je ne comptais pas rester. Je voulais juste prévenir ton patron que votre QG est attaqué.
 
Les deux gars perdirent vite leur air arrogant. Avec leur situation actuelle avec les chinois, ils me croyaient sur parole.
 
-          Si tu mens - commença le russe.
-       Ne perds pas ton temps avec des menaces. Le temps presse... les chinois sont efficaces.
 
Ils se ruèrent vers la table du patron sans plus tarder. Je repartis aussitôt, sachant que la réaction ne se ferait pas attendre. En effet, il ne s'écoula que quelques secondes après mon retour sur le toit en face du QG russe pour voir les renforts arriver. Les chinois allaient maintenant se retrouver cernés... je n'osais imaginer le massacre. 
 
Après quelques minutes seulement, je vis deux personnes sortir du bâtiment. Je trouvai cela étrange, car je ne m'attendais pas à ce que les russes quittent leur territoire après avoir essuyé un tel assaut. En regardant au travers de mes jumelles, je me rendis compte qu'il s'agissait en fait d'un seul russe, et d'un chinois en piteux état. Le russe poussa violemment son adversaire, le projetant au sol. Le chinois resta à terre , exténué, alors que le russe rentrait au QG. Cette scène me laissa perplexe. La seule raison qui pouvait pousser les russes à laisser un survivant, c'était pour transmettre un message. J'avais intérêt à surveiller le déroulement de près, ce n'était pas normal. Je fis appel à deux de mes hommes pour qu'ils prennent le relai de surveillance pendant que je me repose. L'un resterait ici, l'autre irait sur le territoire des chinois.
 
Malheureusement, je fus réveillée en pleine nuit par une douleur au ventre, après quelques heures de sommeil seulement. La marque de mon clan chauffait, signe que mes hommes voulaient me voir. Je jetai un ½il à Remus, endormi. J'eus envie de rester auprès de lui, de le serrer contre moi et de me rendormir... mais le devoir m'appelait avec insistance. Je lançai un sort à Remus pour qu'il ne se réveille pas en mon absence, avant de remettre ma tenue d'assassin. Je trouvais que je recourais trop souvent à ce sortilège en ce moment, et ça ne me plaisait pas. L'avantage, c'est que Remus avait un sommeil très réparateur avec ça.
 
-          Que se passe-t-il ? demandai-je au loup chargé de surveiller les chinois.
-          Le Dragon Noir souhaite rencontrer Nikolaï. Ils ont organisé une rencontre.
-          Quoi, maintenant ?
-          Oui, le Dragon Noir est déjà parti.
-          Où ?
-          Prends mon bras.
 
Je m'exécutai sur le champ, ne voulant pas perdre une miette de cette rencontre. J'allais me retrouver avec mes deux cibles rassemblées au même endroit ! Même si la situation était étrange, c'était une occasion en or pour moi d'en finir rapidement. Je me matérialisai sur l'Allée des Embrumes auprès de mon loup. Le restaurant où j'étais venue un peu plus tôt dans la soirée pour prévenir les russes étaient encore ouvert. Un sifflement bref attira mon attention au-dessus de nous. Un autre de mes hommes était posté sur un toit, ayant une vue dégagée sur la tablée de mafieux à l'intérieur du restaurant. On le rejoignit tous les deux.
 
-          Il n'y a aucun civil là-dedans... que des mafieux issus des deux clans, m'informa notre partenaire.
-          C'est une bonne chose au cas où ça tourne mal.
-           Tu comptes tous les tuer ?
-          Hmm, si je le fais maintenant, ils sauront qu'il y a une tierce personne impliquée. Je tiens à ce que cette histoire passe pour un règlement de compte entre les deux clans. Mais je n'avais pas prévu que les deux leaders se rencontrent...
 
J'étais très étonnée en fait, car il y avait de grandes chances pour qu'ils soient en train de négocier un accord pour arrêter le massacre. C'était assez peu probable venant de leur part. Que ça soit les russes ou les chinois, ils étaient plutôt réputés pour défendre leur honneur et venger chaque goutte de sang versée, quitte à en mourir.
On attendit tout de même patiemment que la réunion se termine. Le Dragon Noir finit par se lever de table en serrant la main à Nikolaï. Les chinois sortirent, sans craindre de se faire attaquer par derrière.
 
-          Pourquoi personne ne fait rien...? soufflai-je.
 
Je compris en voyant d'autres personnes se matérialiser autour des chinois.
 
-          Des Mangemorts ?! s'étonnèrent mes partenaires .
 
Je fermai momentanément les yeux. Le doute n'était pas possible. Mon père avait jugé l'attaque de ses alliés suffisamment préjudiciable pour envoyer ses propres hommes en renfort pour se débarrasser des chinois. Je ne m'y attendais pas.
 
-          Partez, ordonnai-je.
-          Qu'est-ce que tu vas faire ?
-          Mon travail. Partez maintenant.
 
Ils obéirent tous les deux malgré leur incompréhension. Ma tenue d'assassin laissa place à des vêtements ordinaires. Je pris également une autre apparence, même s'il y avait peu de chances que je me fasse griller en restant en hauteur, hors de portée de mes ennemis. Je sortis ma baguette et visai le groupe de russes restés à l'intérieur du restaurant, alors que les chinois se faisaient tourner autour par des Mangemorts bien décidés à leur faire payer leur assaut. Une lumière orange sortit ma baguette, traversa la porte d'entrée, et s'écrasa sur le sol de l'entrée. Comme s'il s'agissait d'un obus, le sortilège provoqua une explosion qui souffla le rez-de-chaussée. Le grondement ne fut rien comparé au tremblement du bâtiment. Les chinois profitèrent de la déconcentration des Mangemorts pour lancer une offensive. Pris par surprise, deux Mangemorts s'écroulèrent, probablement morts. Des duels s'engagèrent, mais furent de courte durée. Le bâtiment tangua, privé de ses murs porteurs. Les chinois transplanèrent, et les Mangemorts en firent de même, échappant à l'effondrement du bâtiment. Ce bruit d'enfer fit sortir de nombreuses personnes dans la rue, qui se demandaient ce qui avait pu se passer. Les environs étaient plongés dans un épais nuage de poussière.
 
Je restai immobile plusieurs secondes, un peu abasourdie par les évènements. La mission ne s'était pas passée comme prévue, mais j'étais persuadée que les Mangemorts désigneraient les chinois comme les coupables de l'explosion... et donc comme leur prochaine cible. Mon père allait être furieux d'apprendre la perte d'un allié si précieux. Les russes n'étaient plus désormais, il devra faire sans eux. J'imaginais déjà les Mangemorts l'informer de la situation. Après avoir perdu de nombreux Mangemorts lors des batailles, la perte d'un allié allait le rendre fou de rage. Le territoire chinois allait bientôt être le théâtre d'un terrible affrontement, car je savais que mon père allait ordonner à ses Mangemorts d'anéantir leur ennemi. J'eus un faible sourire à cette pensée. Avec un peu de chance, il y aurait encore quelques pertes parmi les Mangemorts. C'est fou les dégâts qu'il était possible de faire, rien qu'avec de la manipulation. Les russes, les chinois... même mon père allait participer à ma mission. Ils étaient tous des pantins. Je retournai donc me coucher avec cette perspective en tête, confiante sur la suite des évènements. Cette fois, je comptais bien finir ma nuit.

 
| 23 mai 1981 - Ministère de la Magie - Département de la Justice Magique - 8h |

 
Je me procurai une Gazette dès que j'arrivai au Ministère. Une joie sauvage m'envahit en lisant les gros titres. C'était officiel : les mafias russes et chinoises s'étaient intégralement entretuées. Il était écrit que Nikolaï avait trouvé la mort dans un restaurant à la suite d'une violente explosion, tandis que le Dragon Noir avait été brutalement exécuté dans son propre manoir, ainsi que le reste de son clan. Les journalistes avaient repéré, tout comme les policiers, l'incohérence sur la chronologie des évènements. Ils ne croyaient pas qu'il y ait eu des survivants russes après l'assaut à leur QG et l'attentat au restaurant... pourtant, c'est après ces deux attaques que le clan chinois avait à son tour était pris pour cible. Par qui ? La question était encore en suspens.

 

Je doutais que les policiers arrivent à trouver des preuves impliquant les Mangemorts. Seuls les Aurors, qui savaient que des russes étaient alliés à l'Armée du Mal, avaient des hypothèses à ce sujet. Mais franchement, ça n'intéressait personne. Si les criminels se mettaient à se battre entre eux, personne ne s'en plaignait, car c'était une plaie en moins pour le pays, qui souffrait déjà suffisamment.
 
Satisfaite de mon travail dans l'ombre, je jetai la Gazette sur le bureau et rejoignis mes collègues pour reprendre mon rôle d'Auror. Lyall et Maugrey étaient également de bonne humeur. Ils avaient eux aussi appris la nouvelle concernant les deux clans, comme je leur avais prédit deux jours avant. J'avais tenu mes engagements, avec précision et ponctualité. J'espérai qu'ils apprécient mes services et reconnaissaient l'utilité que j'avais dans cette guerre. J'aimerais qu'ils n'oublient pas cette facette de Tracker.
 
 
| Manoir Voldemort |
 
~ Point de vue général ~
 
Le Seigneur des Ténèbres était planté devant la fenêtre de son bureau, caressant pensivement la tête froide de Nagini. Il n'avait plus connu la satisfaction depuis trop longtemps à son goût. Depuis cette foutue bataille de l'Arpège, la guerre avait pris un goût amer, alors qu'il tenait les rênes jusque-là. Malgré l'entrainement intensif de ses hommes, bon nombre d'entre eux périssaient au combat contre les forces de l'ordre. Il pensait avoir trouvé la solution en début d'année, en cherchant des alliés parmi les clans criminels de ce pays pour compenser les pertes... mais ces maudits cabots étaient incapables d'avancer ensemble sans se battre. Les russes étaient entrés dans le jeu des chinois en tenant absolument à venger un mort qui n'avait pas eu la moindre valeur de son vivant. Leurs principes les avaient conduits à leur perte. Et voilà que le Lord était encore retardé dans ses projets, par manque d'effectif. Cette frustration quasi permanente le rendait fou de rage. Son humeur était encore plus massacrante que d'habitude. Ses Mangemorts étaient terrifiés de le voir aussi insatisfait, car c'est sur eux que retombait sa fureur.
 
Comme si tous ces évènements fâcheux ne suffisaient pas, il avait appris que sa fille allait se marier. Le Lord n'avait jamais accepté qu'elle puisse avoir une relation avec un tel bâtard... mais au fond de lui, il avait espéré que ça ne durerait pas, que c'était juste une passade et qu'elle finirait par retrouver la raison. Ça ne changeait pas ses plans à son sujet bien sûr... il le mettrait en place quoi qu'il arrive. Seulement, cet évènement était la preuve que Prue était réellement attachée à ce loup-garou, et que l'en séparer serait une redoutable épreuve. Il ne pensait même pas aux conséquences si jamais il échouait. Il se fichait qu'elle soit capable d'entrer en guerre contre lui avec beaucoup plus de violence que jusqu'à maintenant. Il était hors de question que sa fille porte l'infâme nom d'un bâtard. Elle restera à jamais Prudence Jedusor, et elle devait rester digne de ce nom, qu'elle le veuille ou non. Elle était sa seule descendance... la seule héritière de la noble lignée des Serpentard. Il ne pouvait plus la laisser continuer à salir ainsi la mémoire de son ancêtre. Prue devait s'unir à un homme qui la mérite, et ce n'était pas le cas de ce Lupin.
 
Et puis, Bellatrix avait raison sur un point : Prue, en tant qu'Auror, faisait des dégâts considérables. Tant qu'elle se battrait contre eux, les projets du Lord étaient en danger. Même en cas de victoire, Prue avait déjà prouvé dans sa jeunesse qu'elle était largement capable de faire de la résistance, et de renverser la situation. Il ne fallait pas que ça se reproduise. Elle devait reprendre sa place, et il y veillerait. Après tout, elle avait beau être redoutable et puissante... elle avait laissé des failles fissurer sa carapace. Son coeur était accessible, et le Lord se ferait un plaisir de jouer avec. C'était son seul moyen de pression pour la faire obéir. Quelque part, ce mariage avait du bon... car il était la preuve que Prue n'était pas prête à sacrifier ce qu'elle avait de plus cher au monde. Cette faille serait la clé de son projet. L'angle de frappe idéal.
 
| . . . |
 
~ Point de vue de Prue ~
 
Les mois défilaient encore plus vite que d'habitude. Entre le travail, mes activités de l'ombre, et la préparation du mariage, je ne voyais pas le temps passer. C'est triste à dire, mais cette sombre période pour le pays était également la plus lumineuse de ma vie. L'organisation du mariage me poussait à voir encore plus souvent les Noven, qui voulaient à tout prix apporter leur aide. Le partage de cet évènement me rapprochait encore plus d'elles. Je les considérais vraiment comme des amies intimes. Jack quant à lui, passait me voir régulièrement pour prendre des nouvelles. Depuis ses révélations, notre relation était un tout petit peu plus froide... mais on faisait des efforts tous les deux. J'espérais qu'un jour, je puisse à nouveau lui faire confiance comme avant. Le temps suffirait peut-être à panser la blessure.
 
Diego était plus distant par contre. Il m'assurait que ça n'avait rien avoir avec le mariage. Il était très pris depuis qu'il avait agrandi son territoire. L'assaut mené contre le clan des Aigles avait payé. Sa victoire lui avait permis de reconquérir un marché intéressant. Il était donc occupé ces temps-ci à recruter de nouveaux tueurs, et à conclure des affaires. J'étais contente pour lui d'une certaine façon. Il avait réussi à atteindre ses objectifs vis-à-vis de son clan. J'étais fière de lui. D'un autre côté, son absence me pesait, je ne voulais pas que notre relation s'essouffle peu à peu. Ce serait terrible qu'on finisse par se perdre de vue.
 
Malgré le peu de temps que j'avais à consacrer aux loisirs, les Maraudeurs eux ne quittaient quasiment jamais ma vie. Le petit Harry était toujours le centre d'intérêt de nos soirées entre amis. Ce gosse était vraiment agréable à vivre. Il avait le sourire facile, ce qui avait le don d'attendrir n'importe qui. S'il y a bien une journée qui resterait dans nos mémoires, c'était celle de son anniversaire.
 
 
| 31 juillet 1981 – Godric's Hollow |

 
C'était un jour particulier. Nous fêtions le tout premier anniversaire de Harry en cercle restreint. Il avait été émerveillé devant ses cadeaux offerts par nos soins, qu'il s'était fait un malin plaisir de déballer. C'était vraiment agréable de le regarder faire. Cependant, après les avoir tous analysés, un seul captait toute son attention : le balai-jouet offert par Sirius ! Il était inséparable depuis que son parrain lui avait fait essayer. James en était presque aussi fou que son  fils. Il trouvait l'idée brillante pour initier Harry au Quidditch dès son plus jeune âge. Lily avait lancé un regard réprobateur à Sirius, mais elle avait dû céder en voyant à quel point le jouet plaisait à Harry. Il se tenait droit sur son balai avec fierté, à trente centimètres du sol. James et Sirius l'entouraient et avançaient avec lui lentement, pour lui apprendre à conserver son équilibre. C'était vraiment trop mignon de le voir se déplacer ainsi. Il marchait avec assurance depuis peu, et le voilà déjà en train d'apprendre à voler !

 

Soudain, Harry échappa au cercle protecteur de son père et de son parrain, accélérant brusquement. Il n'allait pas vite, loin de là, mais suffisamment pour prendre ses deux protecteurs par surprise. Le temps qu'il se fasse rattraper, il se dirigeait déjà vers une commode décorée de splendides objets fragiles. Je modifiai sa trajectoire au moment où Lily sortait sa baguette, évitant un incident diplomatique. Ou pas.
 
-            Sirius Black ! scanda Lily. Tu lui as pris un modèle rapide ?!
-          Ce n'est pas très rapide, même pour son âge, défendit Sirius. Il faut juste qu'il apprenne à prendre des virages.
 
Elle lui lança un regard qui voulait clairement dire qu'il passerait un sale quart d'heure si son fils se blessait avec ce jouet. James ne semblait pas du tout intéressé par la discussion, suivant son fils avec admiration comme s'il ne s'était rien passé.
 
-          Nous en ferons un excellent joueur ! assura James avec enthousiasme. Je suis sûr que d'ici un an, nous verrons vers quel poste il penche !
-          C'est ça ! répondit Lily. Tu comptes le faire jouer à son âge ?
-          De manière détournée bien sûr. En lui lançant un jouet par exemple, pour voir comment il le rattrape.
 
La jeune maman leva les yeux au ciel avant de mettre au défi Sirius d'avoir l'idée de mettre une batte dans les mains de son fils pour tester son habileté. La scène était vraiment très amusante, car elle était clairement partagée entre les personnes qui trouvaient un peu dangereux de faire voler Harry, et celles qui étaient au contraire très enthousiastes. Heureusement, le balai ne pouvait pas voler plus haut que cinquante centimètres au-dessus du sol, avec une vitesse de pointe qui ne lui permettrait pas d'être une flèche dans toute la maison. Cependant, juste pour assurer ses séances de jeu, Remus et moi lui avions acheté des protections, pour parer toute éventuelle chute. Ca nous avait semblé évident dès que Sirius nous avait dit qu'il avait acheté ce jouet, et ça nous avait fait gagner un temps précieux en n'ayant pas à nous torturer l'esprit pour trouver une idée de cadeau. Je n'étais vraiment pas douée pour les gosses.
 
-          Au futur attrapeur, Harry Potter ! lança James en levant son verre.
-          Qui sera peut-être batteur, glissa Sirius.
-          Ou poursuiveur, continuai-je sur la lancée.
-          Celui qui propose le poste de gardien risque de mal finir, prévint Lily, nous faisant rire.
 
Je regardai Harry voler tranquillement près de nous, persuadée qu'il serait attrapeur ou poursuiveur. Je ne l'imaginais pas au poste de gardien, et il n'était pas assez bourrin pour être batteur.
 
-       Il aura tout le loisir de choisir, conclut Remus.
 
 

| 17 août 1981 - Manoir Halliwell |

 
Le grand jour était enfin arrivé ! Nous l'avions préparé avec attention ces derniers mois, et pourtant, l'évènement nous avait semblé toujours aussi lointain. Aujourd'hui enfin, Remus et moi allions nous marier. Julie et Hélène étaient en train de m'observer sous tous les angles une dernière fois pour s'assurer que tout était bien. Je leur devais beaucoup. Elles m'avaient aidée depuis le début dans les préparatifs, et aujourd'hui encore, elles géraient comme des chefs. Elles étaient totalement responsables de la réussite de cette journée. Elles avaient pensé à tout, ne laissant rien au hasard. J'aurais été bien incapable d'arriver au même résultat toute seule.
 
-          Tu es magnifique, m'assura Julie avec un grand sourire.
-          Merci, soufflai-je.
 
Le choix de la robe nous avait pris tellement de temps ! Moi qui pensais que ça aurait été l'affaire que d'une journée de shopping, je m'étais trompée. Hélène et Julie m'avaient fait découvrir de nombreuses boutiques spécialisées, où j'avais dû essayer quasiment tous les modèles à chaque fois, ce qui nous avait demandé plusieurs journées. Nous avions eu un coup de c½ur au bout du troisième jour de recherche, dans une boutique qui avait pour moi les modèles les plus beaux de tout ce qu'on avait pu voir. La robe blanche était sobre, élégante, et ne manquait pas de mettre en valeur mes courbes. J'avais un peu l'impression de briller avec ce blanc éclatant. Julie m'avait offert un magnifique diadème, cadeau qui m'avait touchée au plus haut point venant de sa part. 
 
-          C'est bientôt l'heure ! dit Hélène toute excitée. Jack va venir te chercher.
 
Je les remerciai pour tout ce qu'elles avaient fait. Les mots n'étaient pas assez forts pour exprimer toute ma gratitude. Elles me quittèrent pour rejoindre les autres invités au-dehors.
 
Je me rendis compte en me regardant dans le miroir à quel point j'étais chanceuse. Sans parler du fait que je ne pensais pas un jour porter une telle robe à la place de ma tenue d'assassin. Même en oubliant ça, en oubliant Tracker et mon passé, j'avais de la chance. Aujourd'hui, j'allais officiellement m'unir à l'homme que j'aimais plus que tout. J'avais eu le privilège de le rencontrer, alors que j'étais à peine majeure. Combien de femmes pouvaient se vanter de trouver leur idéal, et mieux encore, de l'épouser ? C'étaient bien souvent les espoirs de petite fille, que l'âge finissait par classer dans les rêves. Pour moi, ce rêve était ma réalité. Dehors, sous le grand chapiteau, Remus m'attendait avec patience, sous le regard des personnes qui nous étaient chères. Aujourd'hui, plus que les autres jours, je sentais la présence de ceux que j'avais perdus trop tôt. Ma mère, ma s½ur, Jeff, Sophie... et tous les autres. Ils étaient là, dans mon c½ur, pour m'accompagner dans le franchissement de cette nouvelle étape. Aujourd'hui, leur absence ne me pesait pas, car je savais qu'ils étaient là, et qu'ils seraient toujours là.
 
-          Tu es prête ?
 
Je croisai le regard de Jack au travers du miroir. Il me regardait avec un sourire scotché aux lèvres. Il avait opté pour un costume sobre noir, mais très classe. Il avait le don pour avoir du chic dans la simplicité.
 
-          Toujours, répondis-je avec un clin d'½il.
 
J'avais toujours été prête à affronter les pires épreuves... aujourd'hui, j'étais prête à accueillir le bonheur. Malgré mon assurance apparente, j'étais un tout petit peu nerveuse, sans parvenir à déterminer pourquoi. Je n'avais aucune inquiétude à me faire, ni sur l'organisation, ni sur la suite des évènements. Pourtant, mon c½ur battait un peu plus vite qu'à l'ordinaire depuis que je m'étais couchée hier soir. Jack me tendit le bras, m'invitant à le rejoindre.
 
-          Tu n'as vraiment aucun souci à te faire, assura Jack, ayant senti mon léger stress. Tous les hommes voudront t'épouser en te voyant, mais seul Remus aura ce privilège.
 
Je ris à sa remarque, espérant que la tenue plaise effectivement à Remus. Si j'avais supporté deux heures de préparation avec les Noven, c'était uniquement pour lui. Un autre jour, je n'aurais jamais eu la patience de me faire coiffer et maquiller pendant tout ce temps !
 
Je descendis l'escalier au bras de Jack dans le plus grand silence. Le manoir familial était désert. Tout le monde attendait sous le chapiteau que nous avions installé dans le jardin. Mon c½ur battit un peu plus vite lorsqu'on sortit. Les rosiers en fleurs alignés nous guidèrent jusqu'au chapiteau. Je m'imprégnai de leur parfum entêtant au passage, savourant cette odeur qui ne me rappelait que de bons souvenirs.

 

Mon rythme cardiaque devint effréné lorsqu'on ne fut plus qu'à deux mètres de l'entrée du chapiteau. Dans quelques secondes, Remus allait me voir pour la première fois de la journée. Jack me fit marquer un arrêt à l'entrée du chapiteau. Tout le monde se tourna vers nous. Une vague de murmures parvint à mes oreilles, mais ils me semblaient lointains. A l'autre bout de l'allée couverte de pétales de roses rouges se tenait Remus, calme et souriant. Cette vision me rassura, et je repris mon avancée vers lui plus sereine auprès de Jack. J'avais du mal à accorder de l'attention aux invités autour de moi. Remus portait un costume noir élégant. Nous avions tous les deux optés pour le chic et la sobriété. Pas de fantaisies, pas de froufrou. Nous étions une fois de plus en parfait accord dans nos choix. Remus non plus ne se détachait pas de mon regard. Jack m'imposait une démarche lente, ce qui correspondait le mieux aux circonstances. En vrai, j'aurais eu envie de courir pour mettre un terme à l'impatience qui me rongeait depuis que Remus m'avait fait sa demande.
Une fois sur l'autel, face à Remus, le calme s'imposa dans mon esprit. Jack me déposa un baiser sur la main avant de retourner au premier rang, avec les autres invités d'honneur. Mais la salle disparut de mon esprit. Il n'y avait plus que Remus face à moi, et un homme de petite taille qui parlait à côté de nous, récitant les paroles coutumières. Personnellement, je lui aurais volontiers demandé de passer aux choses sérieuses tout de suite. Encore une fois, la patience dut être de mise, jusqu'à ce qu'il nous laisse enfin la parole.
 
-          Remus John Lupin, souhaitez-vous prendre Prudence Katherine Elena Hunt comme épouse ?
 
Cette question, dont la réponse semblait souvent évidente, n'était pas simple en définitive. Dire oui signifiait s'engager à tenir de nombreuses promesses, et ce n'était pas à prendre à la légère. Remus sourit en me lançant un de ses regards dont il avait le secret pour me faire chavirer.
 
-          A l'instant où je t'ai rencontrée à la gare, j'ai su que ma vie allait changer, me dit-il comme si nous étions en train de discuter. Tu es une personne exceptionnelle, avec de nobles valeurs. Tu es mon exemple de bravoure et de persévérance, mon idéal d'amour et d'affection. Je souhaite passer le restant de ma vie entouré de ton voile de mystères. Je te promets d'être ton partenaire, dans les meilleurs moments comme dans les pires, de te protéger et de te chérir... pour toujours. Alors oui, je te veux pour épouse.
 
J'avais dû faire un gros effort pendant sa déclaration pour retenir des larmes d'émotions, par respect pour le temps que les Noven avaient passé à me maquiller. Et puis, il fallait que je garde la voix claire moi aussi.  
 
-          Prudence Katherine Elena Hunt, souhaitez-vous prendre Remus John Lupin comme époux ?
 
Je regardai Remus avec un faible sourire.
 
-          Contrairement à toi, je n'aurais jamais imaginé que ma vie changerait quand je t'ai vu à la gare, avouai-je, déclenchant quelques rires dans l'assemblée. Tu me fascinais, c'était indéniable, mais j'étais trop renfermée pour l'admettre. Tu m'as fait découvrir un chemin dont j'ignorais l'existence... et tu m'as donné la volonté de le suivre. Tu ne m'as pas seulement aidée à m'ouvrir, tu m'as rendue meilleure. C'est en cela que je te considèrerai toujours comme mon merveilleux ange, car tu représentes mon miracle inespéré. Et c'est pourquoi, je te promets ce que j'ai de meilleur en moi, de t'accompagner au quotidien dans toutes les situations que la vie aura à nous offrir, pour toujours. Aujourd'hui je te confie jusqu'à mon âme, car j'ai la certitude que tu sauras en prendre soin. Alors, oui, Remus, mon adorable Lunard, je te veux pour époux.
 
Remus était aussi ému et souriant que moi. Les deux alliances reposaient sagement sur un coussin rouge, n'attendant plus qu'à être échangées ; ce qu'on fit avec précaution. Je sentis mon coeur faire des bonds en pensant l'alliance au doigt de Remus. C'était fait. Nous étions mari et femme... dès cet instant et à jamais.
 
-          Je vous déclare mari et femme. Vous pouvez embrasser la mariée.
 
Remus ne se fit pas prier. Il posa tendrement sa main sur ma joue avec de m'embrasser sous les applaudissements de nos invités. Je lançai le bouquet de roses blanches que je tenais à l'aveugle, magnifique prétexte pour m'en débarrasser et resserrer un peu plus Remus contre moi. En me séparant de lui, je consentis enfin à regarder autour de nous. Mon c½ur fit un bond en voyant Diego, debout au premier rang à côté de Jack, avec un grand sourire. Il tenait le bouquet que j'avais lancé, et m'adressa un clin d'½il lorsque je remarquai une femme inconnue avec lui. J'étais heureuse qu'il soit venu, et encore plus qu'il soit enfin accompagné.

 

Je descendis les marches auprès Remus, tandis que la salle se réaménageait lentement en piste de danse. Les bancs se mirent sur les côtés, et des plateaux commencèrent à apparaître, chargés de coupes de champagne et de verrines. Un slow s'éleva dans les airs. Remus me prit par la taille, et on ouvrit le bal pour inviter les autres à nous rejoindre.
 
-          Tu es encore plus magnifique que d'habitude Madame Lupin, me souffla Remus.
-          J'espérais que ça te plaise, répondis-je aussi bas. Hélène et Julie s'en sont données à c½ur joie.
-          Il faudra que je les remercie alors.
-          Et moi que je salue James et Sirius pour ton élégance. Tu es parfait.
 
Remus rit doucement.
 
-          J'ai cru ne jamais sortir de la boutique le jour où nous sommes allés choisir.
 
Je souris à mon tour en imaginant les deux Maraudeurs prendre un malin plaisir à faire perdre la tête à Remus. On resta silencieux un moment, à savourer l'instant présent. J'avais encore du mal à assimiler que j'étais enfin devenue sa femme. Ça me paraissait presque trop beau pour être vrai. Tout se passait bien. La journée s'annonçait parfaite.
La musique se termina, mettant fin à notre première danse. Je fis signe à Remus de me suivre pour qu'on aille discuter avec les invités. On fut couverts de félicitations et des meilleurs v½ux imaginables pour un couple. Nous avions choisi de faire une fête où seule la famille et les amis les plus proches se trouveraient, et malgré tout, le chapiteau était bien rempli.
 
-          Si tu permets, demanda Diego à Remus en me prenant la main.
 
Remus acquiesça, me laissant retourner sur la piste avec mon frère de c½ur.
 
-          Je suis heureuse que tu sois venue, avouai-je à Diego.
-          Je ne pouvais pas rater un si bel évènement, répondit-il.
 
Je le serrai un peu plus contre moi, savourant sa présence. Jusqu'au dernier moment, je n'étais pas certaine qu'il viendrait. Il me faisait un beau cadeau, et je l'en remerciais.
 
-          Tu es un cachottier, reprochai-je en voyant la femme qui l'accompagnait en train de récupérer un verre de champagne.
-          Je ne voulais pas t'en parler tant que je n'étais pas sûr de parcourir un bout de chemin avec elle.
-          Comment elle s'appelle ?
-          Amelia.
-          Dis-moi tout, vous vous êtes rencontrés comment ?
-          C'est une tigresse, se contenta de répondre Diego innocemment.
 
Je ne pus m'empêcher d'éclater de rire. Diego avait carrément choisi sa partenaire au sein de son propre clan !
 
-          Quel fin recruteur tu fais, taquinai-je.
-          Je lui ai sauvé la vie, expliqua Diego. Elle ne faisait pas encore partie du clan. Mais disons qu'on s'est rapprochés... et puis je me suis rendu compte que c'était une tueuse à gages. Donc je lui ai proposé une place dans le clan.
-          Quel duo de choc vous faites !
 
Ce fut au tour de Diego d'éclater de rire.
 
-          Tu peux parler ! renvoya mon frère de c½ur.
 
Je ne répondis pas à son allusion, regardant vers Remus avec le sourire. C'est sûr que notre couple était pour le moins atypique. C'est juste que personne ne pouvait le savoir, en dehors de Jack et Diego bien sûr.
 
-          Vous faites un beau couple, reprit Diego avec sincérité.
-          Merci.
-          Il n'y a que votre tenue qui est un peu ironique...
-          La couleur ? ricanai-je.
-          Oui. Toi le blanc, lui le noir. C'est un peu inversé tu ne crois pas ?
-          J'y ai pensé quand je l'ai vu, avouai-je avec le sourire.
 
Diego se sépara un peu de moi, pour me regarder dans les yeux.
 
-          Je te souhaite de réussir à combiner ces deux couleurs aussi longtemps que tu l'auras décidé.
 
Ses paroles me touchèrent. Diego savait combien il m'était difficile de continuer à tenir ces deux rôles tellement contradictoires. J'étais heureuse qu'il  me soutienne dans ce choix. Il me raccompagna à Remus, où sa partenaire l'attendait également.
 
-          Prends bien soin d'elle Lupin, ordonna Diego.
-          J'y compte bien, assura Remus toujours aussi calme.
-          Il vaudrait mieux, si tu ne veux pas qu'on te tombe dessus, plaisanta Jack.
-          Menacez encore une seule fois mon mari, et c'est moi qui vais vous tomber dessus, répliquai-je avec amusement.
 
Jack m'enlaça par derrière et m'embrassa sur la joue avec tendresse. Julie arriva à ce moment-là, mais ne dit rien de peur de nous éloigner. Mon esprit me joua des tours face à cette scène. J'étais dans les bras de celui que je considérais comme mon père, face à une femme que j'affectionnais beaucoup et qui ressemblait à ma mère, auprès de l'homme avec lequel j'allais partager le restant de ma vie. Le tableau était parfait. Partout où je portais mon regard, je voyais le visage souriant des personnes qui faisaient parties de ma vie. Cette vision me noua la gorge, car je n'aurais jamais pu envisager recevoir un tel cadeau un jour.
 
-        Tiens, un petit cadeau supplémentaire, que je te demande de ne pas déballer avant ta nuit de noce, me souffla Jack en me présentant un petit paquet rouge.
-         Pourquoi attendre ? m'étonnai-je, piquée par la curiosité.
-         Tu comprendras en ouvrant.
 
Je lançai un regard perplexe à Jack, encore plus impatiente d'ouvrir.
 
-        Il n'y a rien de compromettant, assura mon mentor dans un murmure en me déposant un baiser sur la joue. Julie, vous dansez ?
 
Jack me lança un clin d'oeil avant de prendre la main de Julie pour l'amener sur la piste de danse. Hélène me rejoignit, alors que je rangeais le cadeau de Jack dans mon sac à main.
 
-         Ils sont mignons pas vrai ? me dit-elle en se tournant vers sa mère et Jack.
 
Je reportai mon attention sur eux, le coeur bondissant à leur vue. Jack et Julie se regardaient avec intensité, le sourire aux lèvres. Je n'avais jamais eu l'occasion de les voir ensemble à vrai dire... mais là c'était frappant : ils feraient vraiment un joli couple. Il y avait quelque chose dans leur façon de se regarder qui ne trompait pas.
 
-         Oh oui, assurai-je, un peu rêveuse.
-         Ce serait amusant qu'ils finissent ensemble, lança Hélène, songeuse elle aussi en les regardant.
-         Amusant ? m'étonnai-je. Pourquoi ?
-         On deviendrait soeurs toi et moi, fit-elle remarquer avec un sourire.
 
Je ris à ses paroles. J'avoue que la perspective d'une famille recomposée avec les Noven ne me déplairait pas. Je m'étais vraiment attachée à elles. Julie était une personne adorable, et d'une grande noblesse de coeur. Quant à Hélène, elle était malicieuse. J'étais très complice avec, comme si je l'avais toujours connue. On riait souvent ensemble.
 
-         Ce serait génial, soufflai-je.
 
Jack et Julie s'attiraient, c'était une évidence qui sautait aux yeux. Mais j'avais un peu l'impression de me voir au travers de Julie, à l'époque où j'essayais encore de lutter contre mes sentiments pour Remus. Avec le temps, j'espérais que Julie parvienne à guérir. Ce doux rêve aurait peut-être une chance de devenir réalité. En attendant, j'en avais un autre à vivre pleinement et à savourer, avec Remus.
 
 
Chapitre 29 : Le grand jour

 
Hey ! J'espère que ce chapitre aura été agréable à lire. Je réintègre un peu d'action avec la mission sur la mafia... et je vous laisse vous reposer encore un peu avec Harry et le mariage. Profitez de ce calme, car la fin du tome 2 approche... tout comme la date fatidique du 31 octobre 1981 !  ;)
J'attends votre avis, ça me sera bien utile, encore plus à ce stade de l'histoire.
Bisous
 
 
 
 

Tags : L'histoire d'un assassin - Partie 1 : L'amour d'un Assassin - tome 2

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Comments :

  • Dum-Cha

    23/12/2016

    lol, le mariage est sublime. A l'image de prue et de Remus.

  • harry-potter-8-fic

    22/05/2016

    tu ne voudrais pas organiser le mien un jour? mdr

  • harry-potter-8-fic

    22/05/2016

    et le mariage était trop mignon

  • harry-potter-8-fic

    22/05/2016

    c'est une bonne chose de faite pour les clans de la mafia

  • harry-potter-8-fic

    22/05/2016

    je me régale de tes chapitres

  • harry-potter-8-fic

    22/05/2016

    c'était un super chapitre encore une fois :)

  • harry-potter-8-fic

    22/05/2016

    coucou :)
    J'espère que tu vas bien :)

  • MikaWolfeHP

    15/05/2016

    Genial ce chapitre ^^ je lai lu en plusieurs jours mais ai reussi a suivre pareil! Jadore lhistoire des clans, bien placé dans la réalité, tu fignoles bien ces meurtres et coups de Tracker. Cest credible ^^ jaime aussi les Noven! Elles me piquent ma curiosité solide, je comprends qui elles peuvent bien etre!
    Pendant un moment, jai cru que Voldemort avait pris l'apparence de Jack pour venir au mariage et donner un cadeau mortel a Prue :o
    Jespere que tu ne nous reserve pas de fin tragique pour les Potter :(
    A bientot en commentaire du cadeau de Jack ^^ je vais le lire bientot... Prochainement!!! ^^

  • clochinettedu76

    12/05/2016

    Salut ! Tu commences avec beaucoup d'actions avec les mafias, et tu termines par une note assez romantique avec le mariage (que j'attendais avec impatience depuis la demande !!!). Je dois dire que j'ai réellement adoré ! J'ai trouvé le mariage super mignon ! Je n'en attendais pas moi de la part de Prue et Remus ;) Et je vais précipiter dès maintenant sur le prochain chapitre pour espérer découvrir le cadeau de Jack, parce que je me demande bien ce qu'il peut avoir offert... :)

  • laurie-slater-10

    29/04/2016

    Coucou,
    Que dire... fabuleux serait selon moi le bon mot ce mariage était merveilleux j'en ai presque verser une larme. Les Novens, Jack, Diego et les maraudeurs tous rassembler pour célébrer l'amour de ce magnifique couple, c'est tout simplement extraordinaire!

    La mafia russe et la mafia chinoise m'a fait replonger dans les attaques de Tracker durant les premiers chapitre de cette histoires l'espionnage et tout et tout m'on rappeler le ''Bon vieux temps'' . J'ai adorée cette partie du chapitre.

    Harry! Ce cher petit Harry, dès que tu parles de lui dans l'un de tes chapitres je deviens stressé et me rappelle que cette histoire ne finira pas bien. Je redoute de plus en plus le 31 octobre qui arrive si vite. J'ai hâte de voir si tu vas décrire cette scène en point de vue géneral ou bien décrire la réaction des maraudeurs qui selon moi me feront verser plusieurs larmes. J'attends avec peur se chapitre fatale.

    J'ai adorée la réaction de Voldemort par rapport à Prue devenant de plus en plus forte. Cela emmène le jour fatale du 31 octobre....

    J'attends avec impatience le prochain chapitre, qui sera sans aucun doute merveilleux et triste si tu traites du 31 octobre dans celui ci... Le feras tu?

    À plus!

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