Chapitre 31 : Un effroyable jeu du sort

« C'était prévisible. Je le savais depuis longtemps que ça arriverait. Mon père ne pouvait pas me laisser vivre tranquille indéfiniment. Mais je ne m'étais pas attendue à ça. Pourtant, je connais depuis longtemps son degré de cruauté. »
 
 
 
Chapitre 31 : Un effroyable jeu du sort

 

| 21 septembre 1981 – Ministère de la Magie – QG des Aurors – 18h |
 
 
L'alarme résonna dans tout le QG, me faisant bondir sur ma chaise alors que j'étais en train de relire un rapport. J'échangeai un regard avec les Maraudeurs, qui savaient aussi bien que moi que cela annonçait notre retour sur le front.
 
-          Azkaban est attaquée ! hurla Maugrey.
 
La simple idée d'imaginer les pires criminels et les Mangemorts en train de prendre la fuite nous donna des ailes jusqu'au réseau des cheminées. Je savais que c'était un coup de mon père, pour récupérer ses soldats capturés depuis le début de la guerre. Croupton nous intercepta avant que l'on disparaisse, fou de rage. Il jeta un coup d'½il circulaire aux alentours avant de se pencher vers nous.
 
-          N'essayez même pas de les ramener dans leur cellule... nous dit-il à voix basse. Tuez-les à vue. L'Armée du Mal ne doit pas se renforcer !
 
Des Maraudeurs, seul Sirius semblait éprouver la même joie que moi à l'idée de pouvoir faire diminuer la population carcérale. Remus et James échangèrent un regard qui dénotait clairement leur réticence à tuer des prisonniers désarmés.

 
| Prison d'Azkaban |

 
Tout le monde se bousculait pour sortir de la petite pièce, où seules quelques cheminées hautement gardées permettaient de faire le lien avec le reste du monde. Mes collègues se pressaient au-dehors, à la poursuite des prisonniers qui couraient dans les couloirs dans une seule et même direction. Je me propulsai à l'autre bout du couloir en me mouvant par une épaisse fumée blanche. Une fois à l'autre extrémité du couloir, je créai une barrière de feu pour stopper les fuyards. Certains ne s'arrêtèrent pas pour autant, bien décidés à traverser le rideau de flammes. Cette tentative désespérée aurait pu marcher avec un feu classique... mais pas avec celui-là, qui transformait en cendres tout ce qui entrait en contact avec. Deux morts suffirent à arrêter les autres prisonniers, qui n'eurent pas d'autre choix que de faire demi-tour. Dans l'autre sens, les Aurors les attendaient de pied ferme, baguette brandie dans leur direction.
 
Un courant glacé me balaya le corps. A quelques dizaines de mètres seulement, un trou béant dans un mur de la prison permettait aux prisonniers de sauter. Le sommet de la prison semblait avoir été frappé d'une énorme explosion. Mes entrailles se nouèrent en sachant parfaitement qu'il s'agissait du secteur où les Mangemorts étaient enfermés. Des gardiens étaient déjà devant l'ouverture pour empêcher les prisonniers de s'enfuir. Les maîtriser ne fut pas difficile, car ils étaient désarmés, et affaiblis par leur séjour en prison. Cependant, même décharné, leur corps trouvait la force de se battre, répondant à l'appel de la liberté. Ils savaient tous qu'une telle occasion ne se reproduirait pas de sitôt.
 
Une vague de froid se répandit autour de nous, me coupant le souffle tellement il était saisissant. Des Détraqueurs arrivaient les uns à la suite des autres vers le trou qui servait de sortie aux prisonniers. Ce fut la première fois que j'étais contente de les voir. Ma satisfaction fut de courte durée cependant, car au lieu de s'en prendre aux fuyards, ils s'intéressèrent aux gardiens. Ces ignobles créatures avaient changé de camp ! Je les visai de ma baguette, bien décidée à les disperser. J'entendis un râle juste derrière moi qui me fit frissonner. Un Détraqueur était dans mon dos, j'en étais persuadée. Je fermai momentanément les yeux, essayant de conserver mon calme et mon esprit en paix malgré la vague de désespoir qui montait en moi. Je repensai aux souvenirs que j'avais vus avec Remus, et me préparai à produire un Patronus. Mais lorsque je prononçai la formule, rien ne sortit. Le Détraqueur me contourna pour me faire face. Je reculai d'un pas, sentant le désespoir devenir incontrôlable. J'essayais de lutter mentalement contre l'influence du Détraqueur, mais chaque seconde passée en sa présence sans protection diminuait ma défense et mes chances de le combattre. Un Patronus en forme de léopard lui bondit dessus alors qu'il se rapprochait dangereusement de mon visage. Libérée de son emprise, je parvins à faire sortir mon loup de ma baguette, qui rejoignit l'autre Patronus pour faire déguerpir les Détraqueurs. Je n'eus pas le temps de savoir qui m'avait sauvée. 
 
Une fumée noire tomba sur mon regard, juste avant que je sente le sol se dérober sous mes pieds. La fumée disparut, confirmant ce que je pensais. J'étais en chute libre vers la mer déchainée, qui frappait l'île de ses vagues déferlantes. Je me concentrai sur mon corps pour stopper ma descente, et me lançai à la poursuite du Mangemort qui avait tenté de m'éloigner.  Mais c'était peine perdue. Je me rendis compte avec horreur qu'il y avait de nombreux Mangemorts présents dans les airs, qui transportaient des prisonniers avec eux. Mes collègues arrivèrent à ce moment-là au sommet de la prison. Je les rejoignis en toute hâte pour les retenir de s'élancer dans les airs à leur tour. Les Mangemorts étaient trop nombreux pour qu'on se lance dans une course poursuite. On ne pouvait pas les rattraper de cette manière. Il fallait employer des méthodes plus radicales.
 
-          La mer ! hurlai-je pour dominer les rafales de vent. Il faut les noyer !
 
Maugrey approuva et fit passer le mot. Je commençai alors à me concentrer comme jamais sur les eaux écumantes autour de l'île. Mes efforts, combinés à ceux de mes collègues, parvinrent à créer une gigantesque vague, qui dépassait la prison de plusieurs mètres.
 
-          Repoussez-la ! cria Maugrey.
 
L'ensemble des Aurors présents conjuguèrent leurs forces pour prendre le contrôle de cette vague, et la diriger vers nos ennemis. Pour ma part, je décidai d'ajouter un peu de piquant en dirigeant ma baguette vers le ciel. Je mis toute la puissance dont j'étais capable dans mon sortilège, qui alla crever le ciel obscur. Des éclairs commencèrent à illuminer les environs. Le tonnerre claqua comme un puissant coup de fusil, avant que la foudre commence à s'abattre sur la mer. J'intensifiai la puissance davantage, pour accélérer le rythme des frappes. La foudre s'abattait inlassablement sur la vague que nous avions créée, faisant tomber raide morts les Mangemorts dans les airs, et près des côtes pour achever ceux qui avaient eu la folie de sauter. Une arme redoutable, qui n'épargna rien sur son passage. Lorsque je ne vis plus de prisonniers ou de Mangemorts, je libérai le ciel pour qu'il redevienne normal. La vague retomba dans la mer avec fracas, comme dénuée de force tout d'un coup, provoquant des remous impressionnants.

 

Je scrutai les environs redevenus calmes, la rage au ventre. Combien de prisonniers avaient réussi à s'enfuir le temps que nous arrivions ? Tout cela ne présageait rien de bon. Mon père n'était pas du genre à s'intéresser au sort de ses hommes. S'il avait organisé l'évasion des Mangemorts capturés, il fallait s'attendre au pire. J'étais persuadée que les cibles prioritaires avaient été évacuées avant même que nous arrivions. J'étais très impatiente de connaître l'identité des Mangemorts que mon père avait tant tenu à faire sortir.
 
-          C'était brillant comme idée Prue ! félicita Sirius.
 
Oui... nous avions pu retenir beaucoup de Mangemorts... mais ce n'était pas assez. Mon père avait réussi à pousser les Détraqueurs à se révolter contre le Ministère. Il avait brisé le mythe de cette terrible prison, où personne n'avait encore jamais réussi à s'évader. Fudge n'allait pas se remettre de cette nouvelle... quant à nous, il fallait s'attendre au pire. Dégoûtée, je retournai à l'intérieur de la prison. Je croisai quelques cadavres sur mon chemin, dont un qui s'était fait décapiter par un piège de la prison. Cette vision me donna la nausée, et je fus incapable de retenir la pomme que j'avais mangée dans l'après-midi.
 
-          Prue, ça va ? s'inquiéta Remus.
 
Un tremblement me parcourut violemment, aussi bref que soudain. Je laissai Remus m'éloigner du cadavre. Cela faisait des années qu'un cadavre ne m'avait pas rendue malade. Qu'est-ce qui m'arrivait bon sang ? Malgré l'horreur de cette vision, j'avais les tripes plus solides que ça d'habitude. Je mis ça sur le compte de la fatigue et du stress, permanents depuis trop longtemps.
 
 

| 22 septembre 1981 – Ministère de la Magie |

 
Le coup de la vague et de la foudre, c'était une bonne idée pour empêcher les prisonniers de s'évader... par contre, pour retrouver les corps, c'était la dernière chose à faire. Nous avions passé beaucoup de temps à essayer de repêcher les cadavres. J'étais persuadée qu'il en flottait encore quelques-uns, au large de la prison. Après un premier inventaire, ce dont nous étions sûrs, c'est qu'Orion Black avait réussi à prendre la fuite. Lui, ainsi que Dolohov, Scartapus, et cinq autres. Sirius était furieux que son père ait retrouvé la liberté, après tout le mal que nous nous étions donné pour le capturer. Le mot d'ordre les concernant était très clair : pas de quartier. Cependant, il ne fallait pas se faire d'illusion : les évadés devaient être avec les autres Mangemorts, tapis dans l'ombre. J'imaginais Orion écouter avec attention les paroles de Bellatrix ou de mon père, voulant savoir chaque détail de la suite des opérations.

 

Le mauvais pressentiment que j'avais ne fit qu'augmenter. Je sentais une ombre planer au-dessus de nous. Je sentais la présence de mes ennemis autour de moi, qui n'attendaient que le bon moment pour frapper, tels des prédateurs assoiffés de sang. Mon père avait-il réussi à nous cerner, comme il avait toujours prévu ? Etait-il sur le point de nous asséner le coup de grâce ? Je sentis une barre à l'estomac me contracter à nouveau les tripes. En fait, ce n'était pas le cadavre qui m'avait rendue malade... mais une perception plus aiguë de l'avenir. Le danger avait toujours été présent depuis ma trahison, mais cette fois, mon instinct me soufflait que l'attaque était imminente. 
 
 

| 28 octobre 1981 – QG de la Brigade Secrète – 22h |

 
Un peu plus d'un mois s'était écoulé, et les Mangemorts n'avaient rien fait. Nous avions même constaté une diminution des meurtres, disparitions et accidents liés aux moldus ou nés-moldus. Fudge, naïf, observait les chiffres de bonne humeur. Nous, plus réalistes, étions très inquiets par cette soudaine baisse d'activité. Les Mangemorts s'étaient complètement retirés dans l'ombre, et cela ne voulait dire qu'une seule chose : ils préparaient une nouvelle attaque, de plus grande envergure encore. Alors je profitais de cette trêve pour nous préparer au pire.
 
Chaque semaine, les membres de la Brigade Secrète avaient droit à un entrainement avec moi. Ils faisaient de gros progrès, je devais bien leur reconnaître. Ils s'acharnaient sur moi comme des lions. Je les rendais fous en leur en faisant voir de toutes les couleurs. Ils étaient frustrés de ne pas parvenir à me battre, après tous ces entrainements.
A la fin d'une nouvelle séance avec eux, Lyall resta, voulant m'affronter une dernière fois. J'admirais sa persévérance. Il me rappelait mon professeur de Défense Contre les Forces du Mal à Poudlard, qui tentait toujours de me vaincre. Lyall était pareil, il ne supportait pas de rester sur un échec systématiquement. Il cherchait ma faille inlassablement. 
 
-          Vous vous êtes bien battu, lui dis-je. Allez vous reposer pour ce soir.
-          Je veux essayer encore une fois, insista Lyall.
 
Je soupirai, reprenant ma baguette pour lui faire plaisir. En vrai, je commençais à être fatiguée, j'avais un peu hâte de rejoindre mon homme au lit, que j'avais encore dû endormir pour avoir le champ libre ce soir.

 


Lyall n'attaqua pas, me tournant autour comme j'aimais si bien le faire. Cela m'amusa qu'il essaye de se battre comme moi. Je ne le quittai pas des yeux, tournant sur moi-même pour toujours lui faire face. J'entendis un sifflement derrière moi, et me baissai à temps pour esquiver la barre de fer que Lyall avait tenté de m'assener.
 
-          Ouh, mais c'est qu'il devient vicieux ! narguai-je.
 
Lyall resta concentré, n'accordant pas d'importance à ma provocation. C'est bien, il parvenait à contrôler ses émotions. Au début, il me suffisait de lancer une pique pour le pousser à la faute. Ne comptant pas y passer la nuit, je me résignai à attaquer, puisque Lyall ne semblait pas se décider. Il para habilement, sans jamais se mettre à découvert. J'accélérai un peu le rythme, pour le pousser dans ses retranchements. Je parvins à le désarmer, encore une fois.
 
-          Prochaine, dis-je en me dirigeant vers la porte.
 
Je sentis un impact dans mon dos, qui me propulsa en direction du mur. Je me concentrai sur mon corps pour me retenir, mais je percutai la pierre de plein fouet, sans même parvenir à me ralentir. La douleur me traversa l'épaule sous la violence du choc. Je retombai lourdement au sol, les dents serrées. Lyall fit apparaître des liens autour de mes jambes, m'empêchant de me relever.
 
-          Ne jamais tourner le dos à son adversaire, même désarmé ! rappela Lyall avec joie.
 
Je n'étais pas d'humeur à entrer dans son jeu. La douleur me déchirait l'épaule. J'étais abasourdie. Pourquoi diable n'avais-je pas réussi à me retenir ?! C'était une parade que je maitrisais très bien, et j'avais eu le temps de me concentrer malgré l'effet de surprise. Je tentai alors de défaire mes liens, mais là encore, sans résultat. Cela faisait des années que mes pouvoirs sans baguette étaient parfaitement réglés... pourquoi ce soir je n'arrivais même plus à me servir de la télékinésie ? Etait-ce la fatigue ? Je tirais sur la corde depuis trop longtemps... mon corps était peut-être en train de m'imposer le repos que je ne m'accordais pas.

 


Je fis disparaître mes liens d'un coup de baguette rageur, et me lançai un sort pour guérir mon épaule endolorie.
 
-          Je vous ai bien eu, se réjouit Lyall.
-          Pas mal Lupin, maugréai-je en me relevant.
-          Je m'attendais quand même à une esquive de votre part.
-          Comme quoi, personne n'est intouchable.
 
Mon partenaire me lança un regard entendu, et je pris congés cette fois. Mais lorsque je fus confortablement allongée dans le lit auprès de Remus, je ne parvins pas à trouver le sommeil. J'étais intriguée par cette défaillance. Je ne voyais pas quelle pouvait en être l'origine, et je n'avais vraiment pas besoin de ça en ce moment. « Sans doute la fatigue » me dis-je. J'étais sur tous les fronts depuis des mois, et malgré l'épuisement, j'avais du mal à dormir. J'étais sous pression depuis tellement longtemps que j'avais oublié ce que c'était d'avoir l'esprit tranquille. Le court répit accordé suite au mariage me semblait lointain, comme des années auparavant. Pourtant, seuls deux mois s'étaient écoulés.
 

 
| 29 octobre 1981 – Godric's Hollow – Manoir des Potter – 20h |

 
Je regardais avec amusement Harry foncer avec son balai-jouet dans le salon, confortablement assise dans le canapé auprès de Remus. Sirius avait eu une idée géniale en offrant ce balai à Harry, il jouait tout le temps avec. Lily avait dû refaire la décoration de la maison et lancer des sortilèges pour fixer les objets fragiles, mais à part ça, seul le chat était traumatisé. James avait ramené l'animal deux jours avant en le trouvant blessé sur le bord de la route. Lily l'avait soigné en quelques minutes, mais ils n'avaient pas eu le c½ur à le remettre dehors. Il n'avait pas de collier, et ne semblait manquer à personne dans les environs. Il avait donc intégré la famille Potter, au plus grand plaisir de Harry, qui adorait le caresser... et le courser sur son balai-jouet. Le chat était bien souvent obligé de plonger sous un meuble pour éviter son jeune maître, ce qui nous faisait bien rire.
 
Le chat me sauta sur les genoux, tout essoufflé de sa dernière échappée. Il se blottit contre moi, regardant avec méfiance Harry qui passait devant nous en riant aux éclats. On pouvait le dire maintenant, c'était une flèche ce gamin ! Je serrai doucement le chat contre moi, pour tenter de le rassurer. Je sentais son c½ur battre si vite qu'il me faisait pitié. Il était complètement paniqué le pauvre. 
 
-          Alors, bientôt les vacances ? demanda Lily.
-          Oui ! répondit Remus avec enthousiasme.
 
Bon sang ce que j'avais hâte ! Même si l'on devait s'attendre à devoir revenir en urgence en cas d'une nouvelle bataille, j'étais très impatiente de faire nos valises. L'avantage d'être sorcier, c'est que la distance n'avait pas d'importance. Nous pouvions partir sereinement, on savait qu'en cas de problème, nous serions informés dans la minute, et n'aurions qu'à transplaner pour rejoindre nos collègues. Cependant, j'espérais que ce petit séjour en amoureux ne serait pas écourté. Des vacances sur une île, avec soleil et plage au programme, serait le meilleur moyen d'oublier la guerre momentanément.
 
-          Vous partez quand ?
-          Le 10 novembre, répondis-je.
 
Remus me prit la main, le regard pétillant comme à chaque fois qu'on parlait de ce voyage. Nous étions tous les deux très impatients de nous exiler. Là-bas, nous n'aurons plus qu'à profiter de l'instant présent, rien que tous les deux.

 


Je sursautai en sentant un fourmillement dans le ventre, ce qui déplut fortement au chat. Il me lança un regard empli de reproche pour l'avoir réveillé alors qu'il avait enfin réussi à trouver le repos.
 
-          Qu'est-ce qu'il y a ? demanda Remus.
-          Je crois que j'ai besoin de bouger un peu.
 
Cela faisait une heure que j'étais assise sur le canapé, à discuter avec Lily et Remus pendant que Sirius et James faisaient les andouilles avec Harry. Je me levai donc, me joignant à eux pour me dégourdir les jambes. Harry me fonça dessus et m'esquiva au dernier moment, faisant des tours autour de nous.
 
-          Tu ne crois pas qu'il risque de savoir plus voler que marcher ? plaisantai-je avec James.
 
Il rit à ma remarque, car il est vrai que Harry passait beaucoup de temps sur son balai-jouet.
 
-          Ta marraine n'a pas tort, dit-il à son fils, bien que celui-ci continue ses cercles.
 
James l'intercepta lorsqu'il passa à côté de lui, lui faisant des chatouilles pour continuer à jouer. Le balai se posa un peu plus loin au sol, enfin immobile. James reposa son fils à terre et s'écarta de quelques mètres, pour l'inciter à le suivre en marchant. Harry mit maladroitement un pied devant l'autre en direction de son père, ce qui le rendait encore plus attendrissant. James le félicita lorsqu'il arriva jusqu'à lui, et ce fut au tour de Sirius d'attirer l'attention de son filleul, pour qu'il reparte dans l'autre sens. A mi-chemin, il changea de direction et vint vers moi. Je m'accroupis pour me préparer à l'accueillir, mais à nouveau, j'eus une sensation étrange. Une vague de chaleur me balaya, me provoquant des sueurs. Pour ne pas contrarier Harry, j'attendis néanmoins qu'il arrive jusqu'à moi pour le prendre dans mes bras, et le taquiner tout en le remettant à Sirius. Mon mal être s'intensifia, et cette fois je quittai la pièce pour aller tout droit à la salle de bains.
 
Je me passai de l'eau froide sur le visage et sur ma nuque brûlante pour me soulager et faire redescendre cette soudaine montée de température. Je me sentais bouillonner de l'intérieur. Ce contraste entre l'eau froide que je me passais et la chaleur intérieure me rendit encore plus mal. Une nouvelle vague me submergea, et cette fois je m'enflammai sans même l'avoir voulu. Hier mes pouvoirs sans baguette ne fonctionnaient pas, et voilà qu'aujourd'hui j'en perdais le contrôle. Qu'est-ce qui m'arrivait ? Ce n'était pas normal, et cela commençait à m'inquiéter sérieusement. J'avais réussi à acquérir une parfaite maîtrise... qui se voyait remise en question. Pourquoi ? Je me regardai dans le miroir, essayant de trouver une explication à ce dérèglement. 
 
-          Prue ? appela doucement Lily de l'autre côté de la porte. Tout va bien ?
-          Oui oui, assurai-je.
 
Je parvins à étouffer les flammes et sortis de la salle de bains.
 
-          Tu n'as pas l'air bien, me fit remarquer Lily.
 
J'hésitai à lui parler de mes problèmes. Je ne savais pas quoi lui dire, et en même temps, il fallait trouver une solution. Je ne pouvais pas continuer comme ça. Surtout avec le voyage à venir. Il fallait que je sois en forme. Lily était une bonne médicomage, elle pourrait peut-être avoir une idée de ce qu'il se passait.
 
-          J'ai... des troubles magiques, expliquai-je.
-          C'est-à-dire ? s'inquiéta Lily.
-          Tu sais que j'arrive à maîtriser certains sorts sans baguette ?
-          Oui, bien sûr.
-          Ils ne marchent pas très bien en ce moment. Hier je n'arrivais pas à m'en servir, et là au contraire ils se déclenchent tous seuls.
-          C'est la première fois que ce genre de chose t'arrive ?
-          Ça m'arrivait avant... mais ça fait des années que je suis tranquille de ce côté-là. Je ne comprends pas ce qu'il se passe. Tu penses que ça pourrait être dû à quoi ?
-          Les troubles magiques peuvent survenir pour de nombreuses raisons Prue... il faudrait que je t'ausculte, et si je ne trouve rien, il te faudra passer à Sainte Mangouste pour faire quelques examens.
 
Je soupirai, n'ayant ni le temps ni l'envie de me soumettre à des examens médicaux. Lily m'invita à la suivre dans leur chambre, pour faire quelques contrôles de base.
 
-          Ton c½ur bat vite ! s'étonna Lily en écoutant mon rythme cardiaque.
 
C'est vrai qu'en y faisant plus attention, j'avais le palpitant emballé.
 
-          Tu es fatiguée en ce moment ? me demanda-t-elle.
-          Oui, on se démène au Ministère.
-          Et tu as remarqué d'autres choses anormales, à part tes troubles magiques ?
-          Ça me suffit.
 
Lily semblait embêtée, toujours à l'écoute de mon c½ur.
 
-          Tu es à 118, c'est beaucoup pour quelqu'un au repos.
 
Bon sang, comme si je n'avais pas déjà suffisamment de choses à me préoccuper...
Lily continua à m'ausculter, et me lança quelques sorts pour essayer de révéler ce qui clochait. Au bout de plusieurs minutes, elle rangea sa baguette avec le sourire.
 
-          Tu as trouvé ? demandai-je avec espoir.
-          Oh oui ! se réjouit-elle.
 
Vu sa tête satisfaite, ça ne pouvait pas être grave, ce qui me rassura de suite.
 
-          Alors ?
-          Tu es une jeune maman en bonne santé.
 
C'est comme si je sentais une montagne tomber en moi. J'étais complètement sonnée, choquée même par cette annonce. J'étais enceinte ?! Je dus me le répéter plusieurs fois mentalement pour intégrer cette terrible nouvelle. Je m'assis lourdement au bord du lit, n'arrivant pas à croire que ça avait pu arriver.
 
-          Tu n'es pas heureuse ? demanda mon amie interloquée en s'asseyant auprès de moi.
 
Heureuse ?! C'était la pire nouvelle qu'on puisse m'annoncer en ce moment !
 
-          Je suis Auror et nous sommes en guerre, je suis constamment exposée au danger ! Et j'appartiens à l'Ordre aussi ! Ce n'était pas le moment putain !
 
C'était une véritable aberration ! Ce n'était absolument pas le moment de transformer une louve agressive en maman affective ! Pas en pleine guerre ! Pas quand on peut mourir du jour au lendemain ! Pas quand cela arrive sans concertation des deux partenaires !
J'étais une Auror doublée d'une tueuse ! Je passais mon temps à risquer ma vie dans des missions difficiles, ou à faire la guerre contre les Mangemorts ! Sans parler de mon combat contre mon père, qui était inévitable ! Je ne pouvais pas accomplir mon plan avec un enfant dans le ventre ! Et franchement, je n'étais pas certaine de pouvoir retarder notre ultime affrontement de... de combien d'ailleurs ?
 
-          Tu sais depuis combien de temps ? demandai-je.
-          À confirmer avec un examen bien sûr, mais là je dirais deux mois.
 
Deux mois... ça voudrait dire que la guerre devait encore durer sept mois pour que je puisse aller au bout du chemin périlleux sur lequel je m'étais engagée ! C'était énorme ! Je ne voyais pas comment intégrer cet imprévu. Pour l'instant, la grossesse ne m'avait pas empêchée de faire ce que j'avais à faire, mais ça n'allait plus tarder. Comment pouvais-je continuer le combat avec un ventre rond, et toutes les conséquences que cela engendrait ? J'allais forcément être fatiguée, et mes troubles magiques allaient continuer. Bon sang, je ne voyais pas de solution crédible. C'était... je n'avais pas les mots. Comment avais-pu commettre une telle erreur ?
 
-          C'est merveilleux ce qui t'arrive, dit Lily avec douceur. Pour vous deux.
 
Oui, à une autre époque ça aurait été merveilleux. Mais pas maintenant. C'était trop tôt. Je n'étais pas prête. Et Remus... mon c½ur accéléra davantage en pensant à nos quelques discussions sur le sujet. Il n'allait pas s'en remettre lui non plus.
 
-          Je ne pense pas que Remus partage cet avis, dis-je sombrement en me rappelant sa lycanthropie.
-          Pourquoi ?
-         Sa condition. Il m'a dit qu'il ne pourrait pas avoir d'enfant, pour ne pas transmettre sa lycanthropie.
 
Et voilà que moi je lui en faisais un... de manière tout à fait inattendue. Et en pleine guerre, histoire de pimenter un peu plus la surprise.
 
-          Ce n'est pas forcément héréditaire, assura Lily.
-          Je ne pense pas qu'il y ait eu beaucoup de précédents, dis-je les dents serrées.
 
Tout comme Remus, je doutais qu'il y ait d'autres lycanthropes prêts à prendre le risque. Combien d'entre eux avaient essayé ?
 
-             Tu vas lui dire ?
-      Je ne vois pas comment je pourrais faire autrement, soupirai-je. Mais pas maintenant, je préfère qu'on soit seuls au manoir.
 
Lily approuva d'un hochement de tête. J'avais l'impression d'entendre des coups sourds qui résonnaient dans chaque partie de mon corps. Le pire, c'était dans ma tête. J'étais dans cette espèce d'état second, où tout se brouillait et devenait confus, comme avant que je sombre dans l'inconscience. Sauf que là, je restais dans la réalité. Cette effrayante réalité. Même en admettant que le pays soit en paix et que Remus prenne bien la nouvelle, je n'étais tout simplement pas prête. Je n'avais eu ma mère que jusqu'à mes cinq ans. Par la suite... je n'avais jamais appris à développer l'instinct maternel. L'instinct criminel, l'instinct de survie, l'instinct de chasse... ça oui. Je n'avais appris que la haine et la souffrance. La rage et le combat. On m'avait appris à aimer le sang. A ôter une vie. Comment pouvais-je en créer une et la mettre au monde ?
 
La vérité, c'est que j'avais peur. Peur de perdre le contrôle... peur d'échouer dans mon plan. J'avais pourtant déjà traversé de bien pires épreuves, affronté de nombreuses fois la mort. Mais ces combats n'engageaient que moi. Là, une autre vie était en jeu et c'est ça qui m'effrayait. Une autre vie dépendait de la mienne désormais. Une vie que je ne pouvais pas risquer. 
 
-          Ça va aller ? me demanda Lily.
-          Oui, soufflai-je d'un air absent.
 
Je n'avais pas le choix... il fallait que je réussisse. Je ne savais pas encore comment, mais il fallait que je trouve une solution. 
Lorsqu'on retourna dans le salon Lily et moi, Remus me lança un regard interrogateur. Je luttai contre mes émotions avec difficulté. Je me sentais fébrile. 
 
-          Tout va bien ? demanda-t-il lorsque je me rassis à ses côtés.
-          Oui, assurai-je.
 
Il m'embrassa tendrement et me reprit la main. Je la serrai légèrement... j'allais avoir besoin de lui sur ce coup-là. Je n'y arriverai pas seule. Pas cette fois.
 
 

| 30 octobre 1981 – Manoir Halliwell – 19h15 |

 
Je revenais de Sainte Mangouste, plus nerveuse que jamais. C'était confirmé, j'étais enceinte. D'une fille.  Je n'avais pas eu le c½ur à revenir de suite au manoir. J'étais postée au sommet d'une haute tour, observant pensivement la ville autour de moi. J'essayais de revoir mon plan depuis le début, de trouver une solution... mais pour l'instant, j'étais dans une impasse. Si j'accomplissais mon plan tel quel, le bébé ne survivrait pas tant qu'il serait en moi. La solution était donc d'attendre qu'il vienne au monde... mais cela ne dépendait pas de moi. Mon père pouvait provoquer notre affrontement du jour au lendemain... et c'est pour cette raison que je m'étais tenue prête à le vivre. Si ce duel avait lieu pendant ma grossesse, je ne pourrais pas en faire notre ultime combat. La guerre ne pouvait pas se finir avant que je mette au monde la petite fille que je portais. Sinon, cela revenait à la sacrifier.
 
Alors je réfléchissais. Il fallait que je trouve le scénario qui mènerait notre histoire à une bonne fin. J'étais déchirée entre le désir de mettre fin à la guerre quand l'occasion se présenterait, et le refus d'envisager le sacrifice de notre enfant. Le vent commença à se lever, me sortant de mes sombres pensées. De toute façon, tant qu'il restait des Horcruxes, mon plan ne pouvait se mettre en place. Vu la difficulté de la tâche, peut-être que notre fille sera née d'ici-là. Je l'espérais en tout cas. Sinon, j'aurais à choisir entre l'avenir du pays et le sien. Un choix atroce qui me hanterait dans tous les cas jusqu'à la fin de mes jours.
 
Pour l'heure, un autre problème se posait, et pas des moindres. Il fallait que j'annonce la nouvelle à Remus. Je ne savais vraiment pas comment m'y prendre. Je craignais tellement sa réaction. Je baissai les yeux vers le sol, ayant envie de me laisser tomber dans le vide, comme j'aimais le faire. Je me souvins cependant que mes pouvoirs pouvaient me trahir, et j'y renonçai. Je transplanai au manoir, le c½ur déraillant en constatant que Remus était déjà rentré.
 
Il était plongé dans un livre au salon. Il releva la tête à mon arrivée, et vit de suite qu'il y avait quelque chose qui n'allait pas. J'étais trop troublée pour parvenir à contenir mes émotions ; il devait sentir mon stress à plein nez. 
 
-          Prue, tout va bien ? s'inquiéta Remus en se levant.
-          Oui oui.
 
Il s'approcha de moi, m'observant avec attention.
 
-          Tu es bizarre depuis hier. Dis-moi ce qui te tracasse...
 
Je trouvai le courage de me lancer, mais avant que je n'ouvre la bouche, une lumière aveuglante attira notre attention. Un Patronus en forme de phénix se posa sur l'accoudoir du fauteuil. Son bec s'ouvrit, et c'est la voix de Dumbledore qui en sortit :
 
-          L'Ordre se réunit d'urgence. Venez dès que possible.
 
Je soupirai à l'idée de devoir reporter encore cet inévitable moment. J'avais besoin de me libérer en le disant à Remus. Mais visiblement, cela devra attendre. Pas question de lâcher ça à la va-vite et d'aller en réunion ensuite. Nous devions être au calme pour pouvoir en discuter tranquillement. 
 
-          Bon, on y va ? dis-je.
-          Tu ne veux pas me dire ce qu'il y a avant ?
-          Ça peut attendre, ne t'en fais pas. Allons-y.
  

| Godric's Hollow – Manoir Dumbledore |

 
Il ne fallut pas attendre longtemps avant que l'Ordre du Phénix soit au complet. Tous les membres avaient répondu à l'appel de Dumbledore, y compris Rogue. Son visage était insondable. Pourtant, si l'Ordre était réuni en urgence, j'étais persuadée que c'était à cause d'une information qu'il avait récupérée chez les Mangemorts. J'admirais le calme dont il faisait preuve, malgré sa position très délicate d'agent double. Il était probablement le seul d'entre nous à pouvoir tenir ce rôle à la perfection. Jamais encore sa loyauté envers le Lord n'avait été remise en cause. Il jouait si bien que l'on pouvait même se demander à quel camp il appartenait vraiment. Personnellement, je ne doutais pas de la réponse. Son amour persistant pour Lily était une preuve suffisante. 

 


James et Lily étaient venus avec Harry, n'ayant sans doute pas eu le temps de le confier à quelqu'un d'autre en si peu de temps. Sirius le taquinait discrètement, en attendant que la réunion commence. Il reprit bien vite son sérieux en voyant Dumbledore se placer devant nous. 
 
-          Bonsoir à tous, salua Dumbledore. Merci d'être venus aussi vite.
-          Que se passe-t-il Albus ? s'inquiéta Minerva.
-          Une attaque va avoir lieu demain, déclara gravement Dumbledore.
-          Où ? questionna James.
-          Nous l'ignorons, répondit Rogue. Je n'ai pu surprendre qu'un bout de conversion entre le Seigneur des Ténèbres et Bellatrix Lestrange. Ils disaient que demain sera le grand jour. D'après ce que j'ai compris, seule une poignée de Mangemorts est au courant. Il faut donc s'attendre à une mission de la plus haute importance, et très spéciale.
 
Mes entrailles se contractèrent douloureusement. Je le savais... je savais que ça arriverait. Après l'évasion des Mangemorts à Azkaban, il fallait s'attendre à ce genre de nouvelle. Je réfléchis à ce que tout cela pouvait bien vouloir dire. Qu'est-ce que mon père pouvait bien prévoir ? J'essayais de me remémorer les évènements qui étaient organisés demain, mais à part Halloween, je ne voyais pas en quoi le 31 octobre pouvait être « un grand jour » pour les projets de mon père. Je réfléchis alors pourquoi il avait eu besoin de faire libérer les quelques Mangemorts que nous avions capturés, mais là encore, je n'avais pas d'idée. Ce ne serait visiblement pas basé sur la force de frappe, car mon père aurait pu se contenter des hommes qu'il avait sous la main. Au lieu de ça, il avait accepté d'en perdre dans sa tentative d'en faire évader une poignée. Orion était sans aucun doute le Mangemort que mon père avait absolument voulu faire sortir, plus que les autres. C'était un excellent élément dans ses rangs. Avec Bellatrix, ils étaient redoutables sur le terrain. Déjà à mon époque, ils étaient sélectionnés d'office pour les missions importantes, que mon père n'accordait qu'à ses soldats de confiance. 
 
-          Je pense que nous pouvons nous attendre à une tentative d'assassinat, reprit Dumbledore. Les Mangemorts ont échoué à la Chambre des Lords... demain ils auront une nouvelle occasion en or de s'en prendre au Gouvernement. Fudge et ses conseillers organisent une réception à la Résidence Ministérielle, pour accueillir des dirigeants européens. Si Voldemort choisit de frapper, ce serait effectivement « un grand jour », car il toucherait alors le gouvernement de notre pays, mais il parviendrait aussi à fragiliser celui de nos alliés. Et nous savons tous que Voldemort ne vise pas seulement l'Angleterre...
 
C'était effectivement une cible potentielle qui ferait de gros dégâts en cas de réussite. S'il s'agissait d'une mission d'assassinat, c'était normal que mon père ne nomme que quelques Mangemorts. D'habitude, ce genre de travail était réservé aux assassins expérimentés... mais depuis mon départ, qui avait entrainé celui de Jack et Diego, les choses avaient dû changer. Les autres jeunes assassins qui étaient formés en même temps que moi n'étaient pas prêts pour des missions aussi délicates. 

 

J'échangeai un regard avec Remus, pas rassurée du tout. Empêcher un assassinat serait aussi difficile que de contrer un attentat comme nous l'avions fait à la Chambre des Lords. Cette fois, les Mangemorts allaient essayer de la jouer en finesse. Peut-être même qu'il y aura des tueurs à gages parmi eux, engagés spécialement pour l'occasion. Je ne pus m'empêcher d'être inquiète en regardant James et Lily. La jeune maman berçait Harry avec douceur. Je sentis mon c½ur battre plus vite en songeant que, moi aussi, j'avais un enfant à protéger. Je n'étais plus seule, il fallait que je l'intègre dans mon esprit.

 

Pourtant, demain, je serai en première ligne. En toute logique, les membres de l'Ordre du Phénix rattachés aux forces de l'ordre du Ministère seraient présents et bien visibles à la Résidence Ministérielle, pour assurer la protection des politiques. Les autres membres seraient dispersés à proximité, prêts à intervenir. Dumbledore quant à lui sera parmi les invités, pouvant surveiller les VIP de près. Je n'aurais su dire si j'espérais qu'on ait raison ou pas sur ce coup. Au fond de moi, je savais que nous ne pourrions pas éternellement remporter des victoires sans subir de perte parmi nos proches. Et cette fois, toutes les circonstances étaient réunies pour augmenter la probabilité que ça arrive.
 

 
| 31 octobre 1981 – Manoir Halliwell – 18h |

 
J'étais en train de me répéter mentalement les consignes à appliquer à la Résidence Ministérielle. J'avais eu besoin de m'isoler un peu pour essayer de faire redescendre la pression. Les enjeux étaient énormes aujourd'hui encore. Et pourtant, j'étais toujours aussi fatiguée. Je craignais que de nouveaux troubles magiques viennent me perturber pendant les combats. Cela pourrait me coûter cher si j'avais une défaillance. Jusqu'à maintenant, mes pouvoirs m'avaient permis de me protéger et de me sortir de situations inextricables avec une simple baguette. 

 

Je m'arrêtai devant le miroir, regardant malgré moi mon ventre. C'est vrai qu'avec un peu d'attention, je remarquai qu'il avait commencé à s'arrondir. C'était très léger pour l'instant, ce ne serait plus le cas dans quelques temps. Mon c½ur accéléra davantage à cette idée. J'avais du mal à m'imaginer avec un ventre proéminent comme j'avais vu sur Lily. Cette image de future maman me choquait encore. Je n'arrivais pas à m'y faire. C'est comme si elle était incompatible avec moi. Et pourtant, c'était inévitable. J'avais juste du mal à réaliser que c'était arrivé.
Je passai doucement ma main sur le ventre, les émotions m'envahissant. Cette fois plus que jamais, il m'était difficile de me rendre sur le terrain. Quasiment toutes les personnes que j'aimais allaient risquer leur vie à mes côtés. Leur perte serait encore plus terrible désormais. Ma vie était à l'aube d'un nouveau tournant... et je voulais que la suite de l'histoire s'écrive avec eux. Il fallait que je les protège... et que je me protège aussi. Je n'avais pas le droit d'être blessée. Je devais faire un sans-faute ce soir. Après ça, je pourrai enfin annoncer la nouvelle à Remus. Je ne m'étais pas sentie capable de lui avouer que j'étais enceinte alors que nous nous préparions à une périlleuse mission. Demain, c'était certain, je lui dirai. Mais avant, il y avait un combat à mener... et à gagner.
 
 

| 20h |

 
 
Les personnalités politiques étaient enfin arrivées à la Résidence Ministérielle, accompagnées des meilleurs gardes du corps. Les Aurors étaient dispersés sur tout le périmètre, à l'intérieur et à l'extérieur de la Résidence. Des membres de l'Ordre du Phénix étaient également là, sous couverture. Dumbledore s'était invité à une discussion avec les alliés, qui semblaient heureux de partager leur point de vue avec ce grand sage, connu à l'international. Seul Fudge n'était pas content de sa présence, à en juger par sa tête. Il pensait sans doute pouvoir être au centre de ce grand évènement, et voilà qu'il se faisait voler la vedette par Dumbledore. S'il savait ce qui se préparait... il serait probablement enfermé dans la salle sécurisée en attendant que la menace soit levée. 
 
Rita Skeeter était là elle aussi, pour couvrir l'évènement. Elle arborait fièrement un badge à la poitrine, qui lui permettait de participer à la soirée et de circuler librement à l'intérieur de la Résidence. Ce privilège était accordé à deux journalistes en général, pour ne pas déranger les invités avec des interviews en permanence. J'espérais qu'elle soit suffisamment excitée par la présence de tous ces politiques pour nous oublier, nous les Aurors. Elle ne ratait jamais une occasion de nous approcher, mais ce soir, nous n'avions pas de temps à lui consacrer, pas même pour l'envoyer balader. Nous devions rester concentrés. 
 
James et son père demandèrent aux VIP de ne pas rester dans l'entrée de la Résidence, et les conduisirent à l'étage. Lily n'était pas encore sur les lieux, car elle n'avait aucune raison officielle de l'être. Les membres de l'Ordre qui étaient dans sa situation se trouvaient dans un restaurant à proximité, prêts à venir en renfort à la moindre alerte. J'espérais encore que ce ne soit pas nécessaire, même si je pressentais le danger.
Quand je regardais autour de moi, je ne voyais rien d'anormal, mais j'étais bien placée pour savoir que ça ne voulait rien dire. La dernière fois que j'étais venue à la Résidence Ministérielle, c'était en tant que tueuse, et je n'avais eu aucun mal à entrer... ni mon adversaire, qui se trouvait à l'intérieur depuis bien longtemps. Un frisson me parcourut à cette pensée. Et si des Mangemorts étaient déjà à l'intérieur, sous une autre apparence ? Ils n'étaient pas très doués en discrétion, mais après l'évasion d'Azkaban, mon père avait réussi à récupérer de bons soldats. Orion Black serait forcément de la partie, et il avait eu plus d'une occasion de venir ici quand il travaillait encore au Ministère. Il connaissait les lieux et les procédures, il pouvait les déjouer. D'ailleurs, peut-être était-ce la raison de son évasion... mon père avait besoin de lui pour mener à bien ses projets. Je déglutis péniblement à cette pensée. 
 
-          Je vais patrouiller à l'intérieur, dis-je à Remus.
 
Il acquiesça, et je le laissai avec son père. Je n'aimais le quitter des yeux, mais je devais m'assurer que les prédateurs que nous attendions n'étaient pas déjà en position. Le doute ne cessait d'accroitre ma nervosité. Je détestais rester en attente. Mes cibles étaient inconnues, et pouvaient se trouver n'importe où, avec n'importe quel visage. Comment démasquer des assassins parmi tous ces gens ? Je croisais des invités, des gardes, des majordomes... tous à priori normaux. Peut-être que l'un d'eux était Mangemort.
 
Je me rendis à l'étage, où se trouvait le c½ur de l'évènement. La salle me rappela la soirée où j'étais venue avec Diego, pour assassiner le premier ministre français. Nous n'avions eu aucun mal à nous inviter à la fête. Nous avions réussi à commettre le crime dans une salle bondée, sans nous faire repérer. Nous n'avions même pas été inquiétés au moment de quitter les lieux, passant par la grande porte comme si de rien n'était. Ce soir, les rôles étaient inversés, et la tâche était bien plus difficile, car nous devions protéger toutes ces proies de prédateurs invisibles.
 
Je me postai dans un coin de la salle, observant les gens avec la plus grande attention. J'étais à l'affût du moindre geste suspect. Les invités étaient répartis en plusieurs groupes, occupés à discuter. Certains se servaient à boire et à manger en profitant des plateaux qui voletaient lentement autour de nous. Mon c½ur rata un battement en les imaginant empoisonnés. Ce serait l'arme la plus efficace dans de telles circonstances. Je l'avais fait sur un bateau de croisière... sous le nez de centaines de gens qui n'y avaient vu que du feu. Je fermai les yeux momentanément pour essayer de me calmer. Je voyais des possibilités de meurtres partout. Je n'allais pas tarder à devenir parano. 
 
Remus me rejoignit, m'assurant que l'entrée était bien protégée. Au fil de la soirée, je continuai de repérer des occasions pour les Mangemorts de passer à l'acte. Si j'étais venue en tant que tueuse ce soir, j'aurais eu de quoi improviser de nombreux meurtres, sans avoir besoin de déclencher une bataille. Pourtant, rien ne venait troubler la petite fête. Les discussions allaient bon train.  
 
-          Tout se passe trop bien, soufflai-je.
-          Oui, reconnut Remus.
 
Un autre doute s'empara de moi... plus intense. Et si nous nous étions trompés d'évènement ? Et si la cible des Mangemorts était ailleurs ? Nous avions tous les yeux rivés sur les personnalités politiques, persuadés qu'elles étaient en danger de mort. Mais si mon père avait un autre plan en tête ?
Je détestais cette sensation de passer à côté de la mission. Tout ceci n'était pas normal, les Mangemorts auraient dû agir depuis longtemps. Qu'attendaient-ils pour attaquer ? Dans moins d'une heure, les invités quitteraient la Résidence.
 
-          Prudence Hunt ! s'écria une voix des plus énervantes.
-          Ce n'est pas le moment Skeeter, coupai-je dès qu'elle arriva à ma hauteur.
-          Au contraire !
 
J'écartai Skeeter avec impatience, pour qu'elle arrête de me cacher la vue. Dumbledore passait d'un groupe de discussion à l'autre. Croupton était là aussi, officiellement pour vanter les mesures prises contre les Mangemorts. En réalité, lui aussi était sous couverture, profitant de sa position pour surveiller tout le monde. On échangeait des regards régulièrement, se demandant silencieusement s'il y avait quelque chose d'anormal. Pour l'instant, à part cette foutue Skeeter, il n'y avait rien à signaler. Ni ici, ni ailleurs. 
 
-          Comment vont les jeunes mariés ? demanda-t-elle.  
-          On ira mieux quand vous nous laisserez bosser, répliquai-je froidement.
 
Je n'étais pas du genre agréable avec les journalistes quand il s'agissait de boulot, et j'étais pire quand les questions touchaient la vie privée. Nous n'étions que des sujets pour elle, une sorte d'inspiration pour inventer les histoires les plus déplaisantes à partir de rien. Qu'on lui réponde ou non, elle écrivait toujours sa version des faits. Je ne comptais plus le nombre de fois où j'avais dû me retenir de lui lancer un sort suite à l'un de ses articles. J'avais même songé à l'éliminer une fois, tellement j'étais excédée. Ca n'aurait pas été une grande perte.
 
-          Allons Hunt, tout va bien, assura Skeeter d'une voix doucereuse. Regardez autour de vous... vous pensez réellement que des Mangemorts viendraient ici ?
-          Vous pensez qu'on est là pour décorer ? sifflai-je.
 
James et Sirius arrivèrent à leur tour dans la salle, me soulageant quelque peu. Les Maraudeurs étaient désormais tous dans mon champ de vision. Quoi qu'il arrive, nous étions réunis, et nous pourrions affronter le danger ensemble.
 
-          Je le crains oui, répondit Skeeter.
 
Je reportai mon attention sur elle, étonnée par sa voix étrangement transformée. Elle n'avait plus rien de mielleux. Au contraire, elle était devenue froide et cassante. Des mèches brunes vinrent troubler son blond habituel. Mon c½ur rata un battement en comprenant qui elle était vraiment. Je la saisis à la gorge et pointai ma baguette sur son front. Remus ne comprit pas de suite, occupé à observer le reste de la salle. Il sortit sa baguette à son tour en voyant la lente métamorphose de Skeeter. Pour ma part, je n'avais pas besoin d'attendre davantage pour identifier l'intrus. Cette voix aiguë énervante, cette lueur folle dans les yeux, et ce sourire sadique ne pouvaient appartenir qu'à une seule personne : Bellatrix Lestrange. Mes craintes se révélaient exactes. Ce soir, les meilleurs Mangemorts étaient parmi nous.

Remus donna l'alerte, prévenant que des Mangemorts étaient dans la salle, sous d'autres apparences. Son annonce figea la pièce un instant, mettant un terme à la fête. Tout le monde avait le regard braqué sur lui, puis sur Bellatrix et moi. Mon ennemie me regardait avec ce sourire que je détestais tant. Elle avait un air sauvage et triomphal, alors que je l'étranglais à moitié. Elle ne semblait pas préoccupée par sa position de faiblesse. Elle n'avait même pas essayé de sortir sa baguette. Je resserrai un peu plus mon étreinte, pour effacer son sourire. Je savais que sa bonne humeur était mauvais signe pour nous. Ses chiens d'amis étaient là eux aussi, attendant le bon moment pour se démasquer à leur tour et entrer en action.
 
-          Pourquoi ne pas avoir agi plus tôt ? demandai-je les dents serrées. Tu es là depuis le début...
-          Mes cibles n'étaient pas encore rassemblées dans la même pièce. Maintenant c'est le cas.
 
Je ne compris pas ses paroles. Les politiques étaient tous là depuis le début de la soirée... s'ils n'étaient pas les cibles... qui était-ce ? Je regardai rapidement la pièce, cherchant d'autres personnes présentes qui auraient pu servir de cibles. Je posai à nouveau mes yeux sur Bellatrix, avec une folle envie de la tuer sur-le-champ. Elle était la Mangemort la plus redoutable, et surtout la plus loyale envers mon père. Elle était capable de tout pour lui.
 
-          Tu sais que nous avons pour ordre de vous tuer à vue ? demandai-je en l'étranglant un peu plus.
 
Cette fois, elle perdit complètement son sourire, non pas sous la menace, mais le manque d'air.  Son teint virait légèrement au bleu par le manque d'oxygène.
 
-          Prue... appela Remus d'une voix tendue.
-          Ne me demande pas de l'épargner, répliquai-je sans quitter des yeux mon adversaire.
 
Ma baguette me sauta des mains, et Bellatrix en profita pour me repousser. Je me concentrai sur ma baguette pour la faire revenir dans ma direction et l'attrapai au vol, engageant le duel contre Bellatrix. Il n'était pas question que je la laisse partir. Je jetai un bref coup d'½il autour de moi ; ce n'était pas Remus qui m'avait désarmée, mais bien un autre Mangemort. Des duels se déclenchèrent autour de nous, alors que des visages masqués apparaissaient dans la salle. Il était difficile de se déplacer tellement nous étions nombreux. Les gardes du corps commencèrent à faire évacuer les politiques, pour les éloigner des combats. Mais les Mangemorts ne semblaient pas inquiétés de les voir partir, comme s'ils s'en fichaient au final.
 
Bellatrix provoqua une fumée devant me regard, m'empêchant de voir pendant plusieurs secondes. Lorsque je dissipai la fumée, mon adversaire n'était plus là. Elle n'avait même pas essayé de profiter de l'occasion pour m'attaquer. Venant de sa part, c'était très surprenant. Je la repérai, à l'autre bout de la pièce, en train de tuer des gens sur son passage en se dirigeant vers Dumbledore. Je compris alors le sens de cette attaque. Maintenant que les VIP avaient été évacués, il ne restait que les forces de l'ordre et les résistants. Toutes les personnes déterminées à faire obstacle aux Mangemorts étaient rassemblées dans cette pièce. Les cibles, c'étaient nous. Nous qui représentions la plus grande menace pour le bon déroulement des opérations des Mangemorts. Si la résistance tombait, plus personne n'empêcherait mon père de prendre le pouvoir. 

Je visai le dos de Bellatrix, avec la ferme intention de tuer cette saloperie. Mais Dumbledore se retourna à ce moment-là et engagea le duel. Les déplacements de ma cible rendaient ma tentative dangereuse, car d'autres combattants étaient autour. Je me mis alors à affronter les Mangemorts à proximité, un par un, les tuant sans la moindre hésitation. Mon père avait commis une erreur en ordonnant cet assaut. Je comptais bien lui renvoyer le cadavre de ses meilleurs soldats pour lui rappeler que j'étais toujours là, bien décidée à défendre ceux qui m'étaient chers.
 
Dumbledore devait maintenant faire face à deux Mangemorts en même temps. Craignant qu'il finisse par se faire tuer, je traversai la pièce pour venir en renfort. Bellatrix se battait avec un sourire cruel, amusée par la situation. Elle aimait les batailles, et par-dessus tout faire des victimes. Tuer Dumbledore serait une immense victoire pour elle, car il était le seul mage que mon père redoutait vraiment. Elle s'imaginait déjà couverte de gloire. Je me fis donc un réel plaisir de tuer le deuxième adversaire de Dumbledore, transformant le sourire de Bellatrix en grimace hargneuse. Face au surnombre, elle disparut dans une fumée noire pour changer de position. Je suivis sa longue trainée du regard, pas décidée à la laisser fuir. Mais j'aperçus James et Lily se battre côte à côte, en mauvaise posture. Deux autres personnes masquées firent irruption par les fenêtres cassées, et engagèrent les duels auprès des Potter. Mes loups s'invitaient à la bataille pour protéger les cibles que je leur avais désignées, à mon plus grand soulagement. Je cherchai alors Remus du regard, et le trouvai non loin de moi, se battant contre un imposant Mangemort. Remus vint à bout de lui avant que j'ai eu le temps de le rejoindre. Sirius était introuvable. J'espérai qu'il aille bien.
 
Je me fis bousculer par Lyall, qui me sauva d'un sortilège. Je n'eus pas le temps de le remercier que d'autres Mangemorts s'intéressaient à nous. Trop en fait. C'est comme si nous étions devenues les cibles à abattre soudainement. Derrière la ligne de Mangemorts qui s'était formée devant nous, je vis avec horreur les deux gardiens de James et Lily se faire tuer. La rage s'empara de moi avec une rare violence face à cette double perte. Je m'enflammai instantanément, brûlant les Mangemorts qui s'étaient dressés sur ma route. Lily et James faiblissaient à vue d'½il face au surnombre. Je me laissai envahir par une épaisse fumée blanche, pour me mouvoir plus rapidement dans la pièce. Je fusai dans leur direction, craignant à chaque seconde le coup qui leur serait fatal. Je me fis percuter violemment en plein vol, me détournant de mon objectif. Un Mangemort m'avait interceptée et m'éloignait de Lily et James. Prisonnière de ses bras, je ne pouvais plus changer de direction. Je sortis mon couteau et le plantai d'un geste vif dans le ventre offert par mon adversaire, reprenant le contrôle de mon vol. Lily était à terre, à plusieurs mètres derrière James, qui ne l'avait pas vue, trop occupé à repousser deux Mangemorts. Elle était désarmée. Son adversaire leva sa baguette vers elle. Elle n'avait aucune échappatoire. Je lançai mon couteau, le guidant par télékinésie pour qu'il puisse atteindre sa cible. Mais le Mangemort avait déjà lancé son sortilège mortel. Lily roula sur le côté, l'esquivant de justesse. Mon couteau termina dans le dos du Mangemort avant qu'il ait eu le temps de lancer une autre attaque. J'atterris à côté de Lily, qui m'adressa un regard reconnaissant. Sans m'attarder davantage, je vins au secours de James, brûlant ses deux adversaires sans même engager le duel. A peine soulagée d'avoir sauvé les Potter, je repartis au c½ur des combats.
 
J'étais en proie à une véritable folie meurtrière qui décuplait ma puissance. Les Mangemorts s'effondraient sur mon passage, ou se faisaient piéger par les flammes. Orion Black se dressa devant moi, déterminé à me faire obstacle. Je pointai ma baguette sur cet enfoiré, avec la ferme intention de le tuer. Cette fois, il n'aurait pas l'occasion de s'évader. Mais une fumée noire m'empêcha de viser. Je créai un champ électrique autour de moi, histoire de passer l'envie à ce nouvel adversaire de s'interposer. Ce devait être Bellatrix qui revenait à la charge. La fumée se dissipa, et je vis alors mon père. Je tressaillis à sa vue. Je ne m'attendais pas à ce qu'il se déplace en personne. Ma surprise fut de courte durée, bien vite remplacée par la rage. Il avait brisé notre pacte. Il s'en prenait volontairement aux Maraudeurs. Cet acte ne resterait pas impuni. J'allais massacrer ses hommes pour lui rappeler que je mettais toujours mes menaces à exécution. A défaut de pouvoir le tuer, j'allais briser ses projets. 
 
-          Je me demandais quand est-ce que vous finiriez par venir vous battre, envoyai-je avec mépris.
-          Je ne suis pas venu me battre Prue.
-          Peur de perdre ? narguai-je en commençant à lui tourner autour.
-          Je suis venu te récupérer.
 
J'éclatai d'un rire cynique. Il était fou ! Fou de croire que je pouvais revenir dans les rangs comme si de rien n'était ! J'avais tiré un trait définitif sur lui depuis trop longtemps. Il n'y avait plus d'espoir de réconciliation.
 
-          Rien que ça, ricanai-je.
-          Ce sera de ton plein gré, ou de force... mais c'est la dernière fois que tu te bats contre nous, affirma mon père.
-          Je vous décevrai encore.
 
Voyant que les Maraudeurs se battaient non loin de nous, je lançai un sort à mon père pour engager le duel et capter son attention. Je savais que sa présence sur le terrain aujourd'hui était mauvais signe. C'était la première fois qu'il se montrait auprès de ses hommes, sans masque. Aujourd'hui plus que jamais, il était certain de repartir vainqueur. Il fallait que je le mette en échec. Il voulait encore me soumettre à sa volonté, et j'avais trop à perdre pour céder. Si nous perdions aujourd'hui, l'Angleterre tomberait entre ses mains. Et même si je gagnais, cela ne mettrait pas fin à la guerre, car mon père n'était toujours pas redevenu mortel. 
 
Le duel était d'une intensité extrême, véritable démonstration de puissance. Mon père et moi passions en revue nos techniques de combat les plus redoutables, sans jamais se laisser la moindre seconde de répit. Nos sorts s'entrechoquaient avec violence, propageant des ondes autour de nous. J'avais l'impression d'être dans une bulle électrisée. N'arrivant pas à prendre le dessus, je changeai de méthode, formant un bouclier énergétique. Cette arme redoutable avait toujours fait ses preuves, j'avais bon espoir que ça marche aussi avec lui. Mon père continua d'attaquer avec acharnement, donnant toujours plus d'énergie à mon bouclier. Lorsque la pression devint trop grande, je le renvoyai sur lui. La libération de sa propre puissance magique contenue dans le bouclier provoqua un souffle qui nous expulsa tous avec violence. Je dus me retenir par télékinésie pour ne pas percuter un mur. Je profitai de la hauteur pour repérer les Maraudeurs. Ils se battaient toujours avec hargne. Lily n'avait pas été refroidie d'avoir vu la Mort de si près. Elle combattait auprès de son mari avec férocité.
 
Cette vision ne fit que raviver ma peur la plus profonde. Il fallait que je mette un terme à ces combats au plus vite. James et Lily n'avaient déjà plus de protecteurs, le risque qu'ils se fassent tuer ne cessait de croître. Quant à Remus et Sirius, ils étaient pris pour cible perpétuellement. Un Mangemort venait remplacer chaque adversaire qu'ils faisaient tomber. 
 
Je repérai mon père un peu plus loin, qui se dirigeait vers Remus. Comprenant alors comment il comptait me ramener à ses côtés, je fusai dans sa direction pour lui barrer la route. J'arrivai dans son dos et profitai de l'effet de surprise pour le piéger dans mes bras.
 
-          Si vous choisissez ce chemin... il n'y aura pas de retour en arrière possible, menaçai-je.
 
Remus se battait toujours, ne se rendant compte de rien.
 
-          Je ne compte pas revenir en arrière, répliqua mon père.
 
Ma haine envers lui ne fit que s'intensifier, et l'envie de le tuer en devint irrésistible. Tant pis pour les Horcruxes. Mon père pourra renaître, mais il fallait que je le tue aujourd'hui si je voulais gagner du temps. Je me concentrai sur nos deux corps, pour nous déplacer le plus loin possible de Remus. Je ne le laisserai pas me l'enlever.
Mon père me donna un coup de coude dans le ventre, m'arrachant un gémissement. Il parvint à se défaire de mon emprise, et reprit son vol vers Remus. Notre duel reprit dans les airs. Avec mes troubles magiques, il m'était difficile de me concentrer à la fois sur mon corps pour me maintenir en lévitation, et de combattre mon père. Voyant que je perdais, j'aveuglai mon père en provoquant un flash. Désorienté, il tomba au sol. J'en profitai pour fuser comme une flèche vers Remus. J'atterris dans le dos de son adversaire, et le tuai d'un sortilège de mort.
 
-          Trouve les Maraudeurs, Lily, et partez ! hurlai-je à Remus pour dominer le bruit de la bataille.
-          Pas question !
 
Je pris la tête de Remus entre mes mains tremblantes.
 
-          C'est pour vous qu'ils sont là !
-          Qu'est-ce que tu racontes ?!
-          Vous êtes les cibles de Voldemort ! C'est vous qu'il veut !
 
Remus fut abasourdi quelques instants par la nouvelle. Bien sûr, il ne pouvait pas comprendre pourquoi ils étaient les cibles du Lord. Je dus lancer un sort à un autre Mangemort qui nous visait. Il était dangereux de rester immobiles. Remus devait partir de suite, sans discuter. 
 
-          Il ne nous aura pas, assura Remus.
-          Je n'ai pas le temps de te convaincre ! Fais-moi confiance s'il te plait, et allez au manoir, vous y serez en sécurité. Votre départ mettra fin à la bataille, crois-moi. Il faut que cela cesse !
 
Je vis mon père approcher à une dizaine de mètres derrière Remus, redoublant mes craintes.  
 
-          Trouve-les et partez, répétai-je fermement. Je vous rejoins.
-          Viens avec moi.
-          Je ne peux pas... je dois le retenir.
 
Je poussai Remus sur le côté pour lui faire éviter une nouvelle attaque de mon père. Je déviai son sort et ripostai, relançant notre duel de plus belle. Tant que j'occupais mon père, les Maraudeurs avaient une chance de s'en tirer. Remus hésita encore à me laisser face au Lord. Je lui hurlai d'obéir entre deux sortilèges. Je ne pouvais plus supporter de le savoir ici, plus en danger que jamais. Bellatrix s'invita au combat, malgré les protestations de mon père qui me voulait pour lui tout seul. Elle resta sourde à ses ordres, sans doute parce qu'elle craignait que je finisse par le tuer. De mémoire, personne encore n'avait été capable de tenir tête à mon père en duel.
 
Mes défenses s'affaiblissaient face à ce surnombre. J'étais désespérée d'être en si mauvais état de combattre. Si je n'avais pas été enceinte, j'aurais pu résister. Mais c'était le cas, et je n'arrivais pas à gérer plusieurs duels en parallèle. Heureusement, Lyall arriva à mon secours et me débarrassa de Bellatrix en l'occupant. Je pus reprendre le dessus sur mon père, ce qui le rendit fou de rage. Mon attention fut détournée par les Maraudeurs, qui entraient dans mon champ de vision derrière mon père, à quelques mètres seulement. Si mon père se rendait compte de leur présence, il n'aurait qu'à se retourner pour les attaquer par surprise. Ils nous tournaient le dos, pris en plein combat contre des Mangemorts alors qu'ils essayaient d'atteindre la sortie. J'accélérai donc mes attaques, espérant que mon père soit trop focalisé sur moi pour repérer ses cibles. Je jetai un bref coup d'½il dans leur direction entre deux sorts, et fus horrifiée de voir un Mangemort s'approcher des Maraudeurs par derrière, toujours occupés à repousser d'autres ennemis. J'essayai de l'éloigner par télékinésie, mais l'intensité du duel contre mon père rendait mes tentatives vaines. Je réfléchissais à deux cents à l'heure, essayant de trouver une solution pour tuer le Mangemort tout en contrant les attaques de mon père. Mais lorsque le Mangemort visa les Maraudeurs avec sa baguette, mon amour pour eux fut plus fort que l'instinct de survie. Je détournai ma baguette dans sa direction et lui lançai un sortilège de mort. Je sentis un impact à mon tour, n'ayant pas pu me défendre face à mon père. Je décollai à une vitesse vertigineuse. Tout en m'éloignant de ceux qui m'étaient chers, j'eus la satisfaction de voir que j'avais atteint ma cible. Je me concentrai sur mon corps, devant à tout prix réussir à me ralentir. Tout défilait trop vite autour de moi, un obstacle pourrait m'être fatal. Au moment où je pensais cela, quelque chose me percuta violemment dans le dos... puis la tête. Une douleur aiguë m'irradia, m'envoyant immédiatement dans l'inconscience.
 
 

| . . . |

 
 
Je me réveillai avec la sensation d'avoir dormi trop longtemps. Je voulus tourner la tête en sentant une présence à côté de moi, mais mon corps refusa de bouger. J'étais complètement paralysée. Je ne pouvais même pas parler. C'est comme si les mots ne pouvaient pas sortir. J'avais l'impression d'être brisée intérieurement... sans parler de la migraine épouvantable qui me tenait la tête dans un étau.
 
Où étais-je ? Je ne voyais qu'un plafond de pierre au-dessus de moi. La pièce semblait éclairée par une faible lampe. Bloquée dans ce corps inerte, j'étais prisonnière de moi-même. Que m'était-il arrivé ? Je ne me souvenais pas pourquoi j'étais dans ce lieu inconnu, et surtout dans cet état. L'incompréhension s'empara de moi en voyant le visage de Walburga Black se pencher au-dessus de moi. Je n'étais pas prisonnière de mon corps... mais des Mangemorts, ce qui était pire.
La terrible bataille me revint en tête, ainsi que le sort jeté par mon père, avant la chute infinie dans l'obscurité. Mon c½ur bondit furieusement dans ma poitrine. Que s'était-il passé par la suite ? Les Maraudeurs avaient-ils survécu ? Où était mon père ? Il devait se réjouir de m'avoir enfin à sa merci. Mais ma captivité n'allait pas durer. Mon père était fou de penser que je n'arriverais pas à m'évader. Même privée de baguette, j'avais toujours la possibilité d'user de la magie. L'avait-il oublié ? Je me ferai un plaisir de lui rappeler. Je profiterai de l'occasion pour éliminer tous les Mangemorts présents dans ce lieu. Mon père allait amèrement regretter ses actes. Désormais, il n'y aura plus aucune limite. Il voulait la guerre ? J'allais tellement le briser qu'il me supplierait bientôt de conclure un nouveau pacte ! 
 
-          Elle est réveillée ? demanda une voix que je connaissais trop bien.
 
Orion entra dans mon champ de vision. Il me regardait avec une haine démesurée. Etant donné que je l'avais envoyé à Azkaban et que j'avais tué bon nombre de Mangemorts, c'était assez compréhensible. Quant à moi, je me contentais de le fixer, espérant avoir l'occasion de le tuer lui aussi. Lui et toute sa famille ! 
 
-          Elle n'est pas prête à être interrogée, s'impatienta Walburga. Elle reprend à peine connaissance.
 
Malgré ma haine grandissante, je profitai de l'occasion offerte par Walburga pour refermer lentement les yeux, feintant la faiblesse et une immense fatigue. Il fallait que j'esquive l'interrogatoire d'Orion, qui se traduirait inévitablement par une séance de torture. J'avais besoin d'être en forme pour affronter mes ennemis. J'arrivais quand même à sentir la tension monter dans le couple. Orion ne semblait pas vouloir me laisser souffler, alors que sa femme était déterminée à le tenir éloigné. Je ne comprenais rien à ce qui se passait. Je ne sentais même pas que j'étais blessée. Je réfléchissais à un moyen de me libérer, pour reprendre le dessus sur mes adversaires. Cette situation me déplaisait fortement. Je n'étais libre d'aucun mouvement, et c'était intolérable.
 
-          Quand le pourra-t-elle ? reprit Orion.
-          Pas avant plusieurs jours. J'arrive à la stabiliser par des sortilèges, mais je crains qu'elle retombe dans le coma si je les enlève.
 
Le doute s'empara un instant de mon esprit. Etait-ce pour cela que je ne sentais pas la douleur ? Grâce aux soins de Walburga ? Quelle blessure avait pu m'envoyer dans le coma ? Et combien de temps ? Ne pas savoir ne faisait que m'énerver davantage. Je voulais des réponses, mais je n'arrivais pas à formuler de questions. M'avaient-ils lancé un sort, pour m'empêcher de parler ? J'avais des palpitations sous l'effet de la haine. Ne pas être libre de mes mouvements me rendait dingue. J'avais besoin de reprendre le contrôle de mon corps !
 
-          Ne te fatigue pas à la rétablir, cracha Orion. Fais juste en sorte qu'elle puisse parler. Après on la tuera pour lui faire payer tout ce qu'elle nous a fait !
-          Tu oublies les ordres du Seigneur des Ténèbres !
-          Nous ne savons toujours pas pourquoi il tenait à la garder en vie ! éclata Orion avec fureur.
 
« Tenait » ? Pourquoi parler de mon père au passé ? Était-il mort sur le champ de bataille ? Je l'espérais... même s'il allait revenir grâce aux Horcruxes. Au moins, les Maraudeurs étaient en sécurité d'ici là. C'était toujours ça de gagné jusqu'à la fin de notre quête.
 
-          Pour ses talents, et tu le sais, répondit une voix cassante de femme.
 
Je frissonnai en reconnaissant Bellatrix. Je n'étais pas rassurée de la savoir à mes côtés, alors que j'étais incapable de me défendre. De tous les Mangemorts, c'est bien elle que je redoutais le plus. Je connaissais ses compétences en matière de manipulation mentale, et je ne voudrais pour rien au monde que l'envie lui prenne de jouer avec mon esprit. Tous les prisonniers qui s'étaient retrouvés en sa compagnie étaient devenus complètement fous. Certains avaient même préféré se tuer en se cognant la tête contre le mur plutôt que de subir une nouvelle séance de torture avec elle.
 
-         Tu as vu aussi bien que moi de quoi elle est capable, reprit Bellatrix en approchant.
-          Elle n'acceptera jamais !
-          Nous ne lui demanderons pas son avis.
 
Tout mon corps se révolta à l'entente de ces paroles. Je ne me battrai plus jamais aux côtés des Mangemorts. Je ne redeviendrai jamais ce monstre qui se battait pour une cause des plus abjectes ! La fureur faisait monter la température. Je sentais mon cerveau en ébullition. Il fallait que je me libère. A tout prix. Cependant, je sentis une piqûre dans mon bras, et le sommeil me reprit de force.
 

 
| . . . |

 
 
Je me réveillai à nouveau, dans une pièce plus sombre que l'autre fois. J'étais seule. Je me rendis compte que j'étais allongée au sol. La pierre froide dans mon dos me rappela mon séjour au camp. Sauf qu'ici, j'avais en plus les poignets ferrés, attachés à deux chaines qui me retenaient au mur sale. Il n'y avait pas de barreaux autour de moi, mais une porte sûrement verrouillée. Je n'étais pas au manoir de mon père, c'était une certitude, et la preuve qu'il n'était plus de la partie. J'ignorais encore ce qui lui était arrivé, mais il n'était pas ressorti indemne de la bataille. Sinon, nous ne serions pas dans cet endroit. Cette pensée me décocha le sourire. J'avais au moins la satisfaction de savoir mon père en déroute. Il n'avait pas gagné, c'était déjà une excellente nouvelle pour nous.
 
Je tentai de me libérer de mes chaines par télékinésie, mais j'étais encore trop épuisée pour le faire visiblement, car rien ne se produisit. Je tentai quand même de me lever. L'effort m'arracha un cri de douleur. La bonne nouvelle, c'est que j'avais retrouvé la voix. Par contre, j'avais l'impression que mes os étaient brisés. Je ne comprenais pas pourquoi j'étais dans un état aussi lamentable. 
La porte s'ouvrit, me faisant sursauter. Walburga eut un instant d'arrêt en me voyant debout.
 
-          Vous ne devriez pas vous lever, me dit-elle froidement.
 
Il était amusant qu'elle soit obligée de me soigner, alors qu'elle devait me haïr comme les autres Mangemorts. J'avais tué tant des leurs... sans parler qu'elle me devait l'enfermement de son mari pendant plusieurs mois à Azkaban. Ce qu'il devait être pénible de maintenir en vie une personne que l'on souhaite voir morte...
 
-          Qu'est-ce qu'il s'est passé ? demandai-je sur le même ton.
-          Vous avez subi un choc équivalent à une chute libre du haut d'un immeuble. Vous étiez brisée de l'intérieur, avec une fracture au crâne très importante. J'ignore encore comment vous avez pu survivre à ça.
 
De la même manière que mon père avait survécu lui aussi, quoi qu'on ait pu lui faire. Je me rassis, les jambes trop douloureuses pour rester debout. Cet effort m'avait déjà coûté, comme si je venais de faire un entrainement très intensif. J'avais les muscles tremblants de douleur. Essoufflée, je me résignai à renoncer à toute tentative d'évasion aujourd'hui. Privée de magie et enchainée, je n'avais pas la moindre chance de quitter cette pièce.  Je devais attendre le bon moment pour passer à l'acte. Si j'échouais, les Mangemorts pourraient me paralyser complètement, ruinant toute tentative d'évasion. Je devais me montrer patiente. Je n'aurais droit qu'à une seule tentative. 
 
-          Pourquoi ne pas m'avoir achevée ? demandai-je.
-          Vous le demanderez au Seigneur des Ténèbres.
-          Où est-il ?
-          ...
-          Ah, vous l'ignorez... Le Lord aurait-il été tué au cours de la bataille ?
 
Walburga me lança un regard noir, alors que je souriais de plus belle. J'avais raison ! Mon père était mort ! Ses Horcruxes restants allaient faire leur travail bien sûr, mais s'il n'avait pas ressuscité de suite comme moi, cela voulait dire que son corps était trop endommagé pour son âme mutilée. J'étais curieuse de savoir les circonstances de sa mort pour qu'il en arrive là... et surtout s'il était possible qu'il revienne à la vie dans un autre corps. Mon père se trouvait désormais sur un chemin inexploré, dont j'espérais qu'il ne revienne jamais. Ce serait magnifique qu'il reste bloqué à tout jamais entre la vie et la mort. 
 
Walburga me donna une petite portion de riz, et un peu d'eau. Ce n'était certainement pas suffisant pour satisfaire ma faim. Elle me laissa seule, et je mangeai mon maigre repas en prenant soin de ne pas laisser un seul grain. La sous-nutrition allait encore m'affaiblir, réduisant mes chances de sortir d'ici. Je m'allongeai sur le sol, regardant le plafond avec tristesse. Comment allait Remus ? Et les autres Maraudeurs ? J'aimerais tant avoir de leurs nouvelles. Ne pas savoir était insupportable. Je m'accrochais à l'idée qu'ils étaient en vie. Remus devait se faire un sang d'encre. Je lui avais fait de grosses frayeurs depuis que l'on se connaissait, mais mon enlèvement serait sûrement la pire. Il devait me chercher avec frénésie, imaginant les pires horreurs que pouvaient me faire les Mangemorts. J'aimerais tellement entrer dans son esprit, lui dire que j'allais bien, et que je le rejoindrai bientôt au manoir. Malheureusement, je n'avais aucune chance de me servir de la télépathie dans mon état. Je repensai aux paroles de Walburga à mon sujet. « Vous étiez brisée de l'intérieur, avec une fracture au crâne très importante. J'ignore encore comment vous avez pu survivre à ça. ». Je passai la main sur mon ventre machinalement, me demandant si l'enfant avait pu lui aussi survivre à la violence du choc.
 
 

| . . . |

 
 
Les jours passaient et se ressemblaient. Walburga me rendait visite deux fois par jour, pour m'amener un peu d'eau et de nourriture, en faible quantité. Cela avait déjà eu pour conséquence de me faire perdre du poids, en plus de me maintenir dans un état de fatigue constant. Je m'acharnais toute la journée à essayer de produire un quelconque phénomène magique. Jusque-là, mes efforts n'avaient servi qu'à me fatiguer davantage. Si au début j'étais confiante, je commençais peu à peu à douter de mes capacités à m'évader un jour. Je l'avais déjà fait autrefois mais j'étais retenue prisonnière de moldus, pas de sorciers. Ici, sans mes pouvoirs, je craignais que les portes ne puissent me céder. La crainte de rester enfermée ici s'insinuait de plus en plus en moi. Elle devenait plus réelle chaque jour. Alors je pensais à Remus, et à tous les moments heureux de ma vie. Je ne pouvais tout simplement pas perdre espoir. Il fallait que je sorte d'ici, et que je le retrouve. Je savais que je ne pouvais malheureusement pas compter sur un sauvetage. Tout comme mes collègues n'avaient jamais réussi à localiser le manoir de mon père, je savais qu'ils ne trouveraient pas davantage cet endroit. J'étais seule. Je ne devais pas attendre une aide extérieure. Si je voulais sortir au plus vite, je ne pouvais compter que sur moi.

 


Alors, lassée d'essayer de produire de la magie sans baguette, je passais la plupart de mon temps assise contre le mur, à réfléchir à un plan d'évasion. J'observais Walburga chaque fois qu'elle venait, essayant de trouver des failles dans le rythme qui s'était installé. La fatigue m'empêchait d'user de la magie, mais pas de mon esprit. Je n'avais pas besoin de mes pouvoirs pour la tuer lorsqu'elle s'approchait de moi. Il fallait juste que je m'assure qu'elle portait bien sa baguette sur elle. Si je la tuais et que je n'avais pas de quoi me libérer, je signais mon arrêt de mort. Il fallait que je prémédite le meurtre parfait. 
Une fois de plus, la porte s'ouvrit sur ma nouvelle cible. Je la regardai calmement s'approcher.
 
-          Vous savez que vous l'avez perdu ? me dit-elle sur un ton d'évidence.
 
J'avais la main posée sur mon ventre. Même si je m'en doutais, j'eus l'impression que la foudre me frappait le c½ur en ayant la confirmation de ce que je pensais. Ma fille était morte avant même d'avoir vu le jour. Avant même que Remus apprenne son existence. Je n'avais même pas eu le temps de réaliser que j'allais être mère. Pas le temps de me projeter avec, ou ne serait-ce que de lui choisir un nom.
Walburga laissa le plateau au sol devant moi, mais cette fois lorsqu'elle quitta la pièce, je n'eus pas envie d'y toucher. La faim, qui me tiraillait sans arrêt depuis le début de ma captivité, s'était momentanément envolée. Comme toute pensée dans mon esprit d'ailleurs.
 

 
| . . . |

 
 
Depuis combien de jours étais-je prisonnière ? Je l'ignorais. Le temps m'échappait. La porte s'ouvrit encore, mais cette fois ce fut Orion qui entra, accompagné de son frère, Cygnus. Malgré l'épuisement, je fis l'effort de me redresser, ne voulant pas rester allongée en leur présence. Mes os semblaient s'être rétablis, je ne souffrais plus autant dans mes mouvements.  
 
-          Que me vaut le plaisir de votre visite ? narguai-je.
 
Orion marcha vers moi, impassible. Seuls ses yeux trahissaient la haine qu'il me vouait. Il tentait de se contrôler, mais son calme était fragile. Je le connaissais par c½ur, et je savais que mes provocations ne pouvaient mener qu'à la torture. Pourtant, je ne pouvais m'empêcher de le défier du regard. Je refusais de me soumettre. J'étais sa prisonnière, c'était déjà trop.
 
-          Sais-tu que le Seigneur des Ténèbres n'a pas cherché à te tuer ? demanda calmement Orion.
-          Vraiment ? D'après ta femme, j'aurais dû mourir, répliquai-je avec amertume.
-          Le Maître utilise toujours des sortilèges mortels, ou Impardonnables... mais c'est un puissant Expelliarmus qui t'a touché. Un Expelliarmus...!
 
Orion semblait encore hébété par cette aberration. Il en était même dégoûté. Il s'approcha davantage, sans me quitter des yeux, continuant avec rage :
 
-          Sans parler du fait qu'il nous a formellement interdit de te tuer, alors que tu commençais à faire des dégâts dans nos rangs. Lui qui détruit tout ce qui se dresse sur son chemin, qui torture ses propres hommes quand ils échouent... toi, il ne t'a jamais touchée. La seule chose qu'il voulait, c'était te convaincre de te battre à nos côtés.
-          Et cet inexplicable comportement te dépasse, terminai-je avec un sourire narquois.
-          En effet. Tu es une bonne duelliste, c'est incontestable. Tu es également puissante. Mais je ne crois pas que le Seigneur des Ténèbres ait besoin de toi pour gagner. Alors pourquoi ? Pourquoi te vouloir à ses côtés ? Pourquoi t'épargner quand il suffirait de te tuer ?
 
Orion ne pouvait pas comprendre. Moi-même, je n'étais pas certaine de connaître la véritable raison des actes de mon père. Je n'aurais jamais imaginé qu'il ait pu tenir ses chiens en laisse. J'avais toujours cru que le moment venu, il briserait notre pacte pour me tuer, et anéantir à jamais la menace que je représentais. C'est avec un duel à mort que j'imaginais la suite de notre histoire. Un duel dont je voulais ressortir vainqueur, raison pour laquelle j'avais entrepris la chasse aux Horcruxes. Mais visiblement, je m'étais trompée. J'étais la seule à penser que l'un de nous devait forcément mourir. Mon père ne voulait pas m'enterrer, seulement me récupérer. En d'autres temps, j'aurais pu être touchée. Aujourd'hui, je le méprisais d'avoir été aussi naïf. Rien ne pouvait me ramener auprès de lui. Rien. Notre désaccord était allé trop loin.
 
-          On va passer un marché... proposai-je. Je réponds à ta question...  si tu réponds d'abord à la mienne.
-          Tu n'es pas en position de négocier, trancha Cygnus.
-          Ce n'est pas à toi que je parle, répliquai-je d'un ton cassant.
 
Cygnus sortit sa baguette, et je le regardai sans ciller. Orion lui fit signe de ne rien faire.
 
-          Il ne s'agit que d'une question après tout, calma Orion.
-       Ravie de constater que les Détraqueurs n'ont pas attaqué ton cerveau, provoquai-je.
 
L'allusion à son emprisonnement durcit davantage ses traits. Il devait lui être pénible de ne pas pouvoir me faire payer ce petit séjour.
 
-          Quelle est ta question ? s'impatienta Orion.
-          Comment va Remus Lupin ?
 
Ma demande lui redonna le sourire. Un sourire mauvais. Il se tourna vers Cygnus.
 
-          J'avais presque oublié que notre prisonnière ne savait rien de la fin de la bataille, railla Orion.
 
Son ton ne fit qu'augmenter mes craintes. Ce n'était pas normal qu'il paraisse aussi réjoui. La peur s'empara à nouveau de moi, accélérant mon c½ur. 
 
-          Après que tu aies perdu connaissance, tes amis ont... comment dire ? Ils ont « tenté » de se battre contre le Seigneur des Ténèbres. Mais... ils n'ont pas survécu. Ton cher loup-garou et ses bâtards d'amis sont morts... tout comme la sang-de-bourbe.
 
Je crus que le monde s'effondrait. Je tombai à genoux sous le choc, à bout de souffle. Les larmes me brouillèrent la vue, et je fus incapable de les retenir. Les paroles d'Orion se répétaient inlassablement dans ma tête. Ils étaient morts. Tous. Mon père avait fini par réussir à terminer la mission que j'avais abandonnée. Il avait réussi à me les arracher. Définitivement. J'avais perdu. Tout.
 
-          Tu ne lui as pas dit le meilleur, reprocha Cygnus. Je trouve ta version de l'histoire un peu trop raccourcie. Ne soyons pas avares de détails. Les Aurors aiment entendre la vérité après tout.  
 
Je relevai la tête, ne sachant pas ce qui pouvait être pire. J'avais déjà le c½ur brisé et envie de mourir.
 
-          Lupin n'est pas mort de la main du Seigneur des Ténèbres, expliqua Cygnus. Manque de peau, Dumbledore s'est invité à temps pour lui sauver la mise. C'est moi qui l'ai tué. Il n'a même pas cherché à se défendre, trop occupé à regarder ton corps inerte.
 
Je fus parcourue d'un tremblement de rage. Remus aurait pu s'en sortir ! A la place, il était mort, et son assassin se tenait juste devant moi ! La douleur m'irradiait le corps d'une puissance inouïe. J'aurais voulu mourir sur-le-champ si je n'avais pas l'esprit de vengeance qui s'était subitement éveillé. Oh oui, j'allais très certainement me retrouver dans le même état que mon père... mais j'allais d'abord tuer ce sale chien ! Ce sera mon dernier acte de vengeance. Remus méritait que justice lui soit rendue avant que je m'éteigne. Je ne pouvais pas laisser vivre son assassin. Le simple fait de le regarder respirer m'était insupportable !
 
La voix de Bellatrix appelant Orion retentit dans la pièce d'à côté. Fulminant toujours de rage, je regardais néanmoins Orion quitter la pièce avec une joie sauvage. J'étais aveuglée par la haine et le chagrin d'avoir perdu ce que j'avais de plus cher au monde. Alors, je puisai dans mes réserves pour me relever lorsque Cygnus s'approcha de moi, un sourire cruel scotché aux lèvres. Il se mit à quelques centimètres de mon visage, me faisant face avec défi. J'enroulai les chaines un peu plus autour de mes bras, sans le quitter des yeux.
 
-          Il s'est laissé tuer en te croyant morte... se délecta Cygnus. Mais tu es vivante.
 
Une seule pulsion suffit à me faire perdre patience. Je lui mis un coup dans ses parties intimes, le pliant sous la violence de ma frappe. Je tirai sur les chaines de toutes mes forces pour me soulever et bloquer sa tête avec mes pieds. Il dégaina sa baguette d'un geste vif, mais je lui poussai violemment la tête d'un coup de pied, alors que je lui bloquai toujours la nuque de l'autre. Un craquement net résonna dans la pièce, m'apportant une dernière satisfaction. L'assassin de Remus s'effondra, mort. Sa baguette roula au sol, et j'y vis l'espoir de continuer le massacre. Orion, Bellatrix, et tous les autres fumiers qui étaient réfugiés ici devaient mourir. Même Walburga qui m'avait soignée. Je ne voulais pas qu'ils survivent.
 
Je m'étirai au maximum pour essayer d'atteindre la baguette de ma victime. Je parvins à la toucher du bout du pied. Elle sauta brusquement à l'autre bout de la pièce. Orion était revenu, me visant de sa baguette avec une haine démesurée. Il jeta un ½il au corps inerte de son frère, se demandant sûrement s'il était mort ou simplement inconscient. Il me lança un puissant Doloris qui m'arracha un cri de douleur. Il se rua aux côtés de son frère, lui cherchant le pouls avec frénésie. Il s'immobilisa, frappé par la surprise en constatant que c'était trop tard. Orion leva vers moi un regard assassin. Je savais qu'il ne m'épargnerait pas après ça. Mais je m'en fichais. Je n'avais plus rien à perdre de toute façon. Il pouvait me tuer... ce serait ma libération. Il dut deviner mes pensées, car il pointa sa baguette sur mon c½ur, avec un air bestial.  
 
-          Aller vas-y... fais-le, dis-je. Ton Maître n'est pas là pour te retenir... tu en meures d'envie depuis trop longtemps.
-          Avant, je vais te détruire.
-          Fais-toi plaisir et qu'on en finisse.
 
Un nouveau Doloris me frappa, encore plus violent que le précédent. J'essayais de lutter contre la souffrance, mais Orion maintint la torture si longtemps que je ne parvins plus à me retenir de crier. La douleur devint si forte que mon esprit retrouva subitement le calme. A bout de souffle, je me laissai tomber à genoux, avant de m'effondrer sur le côté. J'entendais le bruit sourd de mon c½ur affolé comme un roulement de tambour avant une exécution. Mon corps était toujours soumis à la torture, mais je n'en ressentais plus les effets. J'étais en train de partir. Mes pensées allèrent à Remus. Des souvenirs de nous deux me revinrent en mémoire. Nos plus beaux souvenirs, mais aussi nos projets. Tout cela s'était brisé. Jamais plus je ne le verrai. Ses yeux dorés s'étaient éteints, mettant fin à notre mariage, et à tout ce que nous avions envisagé. Je n'avais pas réussi à le protéger. Ni lui ni les autres Maraudeurs. J'avais perdu mon plus beau combat. Je n'avais même pas réussi à changer l'histoire des Potter. Harry était devenu orphelin, malgré tous mes efforts pour l'éviter. Je ne voulais pas survivre à cet échec. Sans eux, ma vie n'avait plus de sens, ni de saveur. C'est donc avec un certain soulagement que je me sentis partir.
 
-          Arrête !
 
Ma vue s'éclaircit légèrement à l'entente de cette voix lointaine. Des cris me parvinrent, me ramenant contre mon gré à la réalité. J'étais incapable de bouger, paralysée par la douleur. Orion et Bellatrix étaient en train de se battre à quelques mètres de moi. Leur duel fut de courte durée. Orion quitta la pièce avec fureur, alors que Bellatrix se ruait à mes côtés. Il était assez ironique que sa loyauté envers mon père la pousse à me défendre, alors que je venais une fois de plus de les frapper. Je m'étais attaquée à la famille en plus. J'aurais dû mourir sur-le-champ pour ça.
 
-          Tue-moi, soufflai-je.
-          Le Seigneur des Ténèbres te veut vivante, rappela Bellatrix d'un ton implacable.
 
Elle me prit la tête entre les mains, me regardant avec sa lueur de folie habituelle dans les yeux. Je tressaillis au contact glacial de sa peau.
 
-          Je veux savoir pourquoi, intima Bellatrix. Sois tu me le dis, sois je le découvre à ma manière.
 
Mon c½ur rata un battement à cette idée. Ce n'est pas le fait que Bellatrix puisse me rendre folle qui me faisait peur. Tout cela n'avait plus la moindre importance. En revanche, si elle entrait dans ma tête, elle pouvait découvrir que Dumbledore et Lyall étaient à la poursuite des Horcruxes, que Rogue était un agent double, et que Harry faisait l'objet d'une prophétie contre mon père. A nouveau, je sentis une décharge me parcourir en pensant à cela. La prophétie se réaliserait certainement. Ce gosse devra assumer la responsabilité d'être le seul à pouvoir venir à bout du Lord. Ma volonté de voir mon père mourir me ramena à la raison. Il fallait que je préserve ces secrets à tout prix. Alors, je levai lentement ma main à ma poitrine pour écarter ma chemise. Bellatrix émit un hoquet de surprise en voyant le tatouage du Basilic gravé sur ma peau.
 
-          Je suis sa fille... avouai-je d'une voix faible.
 
On aurait dit qu'elle était au bord de la crise d'hystérie. J'ignore ce que je représentais pour elle désormais. J'étais la fille de son Maître... la descendante de Salazar Serpentard.
 
-          Pourquoi est-ce que tu t'es battue contre lui dans ce cas ? me reprocha Bellatrix. Comment as-tu pu t'opposer à ton propre père ?! Sais-tu la chance que tu as d'avoir son sang dans tes veines ?!
 
Il fallait que j'invente une histoire rapidement, pour ne pas lui avouer que j'étais Tracker, et que je l'avais trahi après plusieurs années de service.
 
-          De la chance ? Qu'est-ce qu'il a fait pour moi, hein ? répliquai-je. Il a abandonné notre famille quand j'étais jeune. La seule chose qui l'ait fait revenir, c'est quand j'ai intégré le Ministère. Il avait besoin d'une taupe parmi les forces de l'ordre. J'ai refusé bien sûr. On aurait pu en rester là lui et moi, mais il a menacé les personnes que j'aimais si je n'obéissais pas. C'est comme ça que je suis entrée en guerre contre lui.
 
Bellatrix fut forcée de me croire tellement j'étais crédible. Le fait que mon père n'ait pas d'attache sentimentale, qu'il ait voulu une taupe, et qu'il m'ait menacé parce que je lui tenais tête... tout ça, c'était son portrait craché. Un courant d'air me fit frissonner. Orion revint dans la pièce, accompagné de deux Détraqueurs.
 
-          On ne peut pas prendre le risque qu'ils la tuent... c'est la fille du Seigneur des Ténèbres ! s'emporta Bellatrix.
 
Orion fut tout aussi surpris qu'elle un peu plus tôt par cette révélation. Pour autant, il semblait toujours aussi déterminé.
 
-          Ils ne la tueront pas, assura Orion. Je leur ai promis des âmes en échange de leur obéissance. Une prisonnière aussi dangereuse a besoin de gardiens à la hauteur... le Maître comprendra. Après tout, c'est bien à cause de ses talents qu'il la voulait. Ce serait dommage qu'elle nous échappe ou qu'elle continue à faire des victimes.
 
Un sourire mauvais se dessina sur les lèvres de Bellatrix, à qui l'idée ne semblait pas déplaire.
 
-          Si tu as la moindre piste pouvant nous mener au Seigneur des Ténèbres, c'est le moment de nous la donner, me dit-elle.
 
C'était ma dernière chance, je le savais.
 
-          J'ignore où il peut se trouver, soufflai-je.
 
Et c'était la vérité. Je regardai avec un désespoir grandissant les Détraqueurs s'approcher de moi. J'allais connaître bien pire que la mort.
 
-          Alors tu n'as plus qu'à espérer qu'on le retrouve rapidement, lâcha Bellatrix en se levant.
 
Le seul espoir que j'avais, c'était que les Détraqueurs cèdent à l'envie de me donner leur Baiser. C'est tout ce que je voulais, c'est tout ce que je méritais.

 
Chapitre 31 : Un effroyable jeu du sort

 
..... * se cache dans un bunker * ....
 
Vous attendiez avec impatience ma version de cette date fatidique... celle du 31 octobre 1981... Et bien la voilà, et elle est presque aussi tragique et cruelle que l'originale.
Le tome 2 s'achève sur ce chapitre sombre, ainsi que la partie 1 de l'histoire. Mais rassurez-vous, un 3ème tome arrive pour entamer la partie 2 ! 
Je marque toutefois une pause, le temps de laisser passer les examens, et de prendre un peu d'avance dans la suite. 
Votre avis est évidemment d'une plus grande importance encore que d'habitude. Dites-moi dans quel état vous êtes, les questions que vous pouvez vous poser, ce que vous en avez pensé... (et si vous avez toujours envie de lire la suite ^^).
Sur ce, je vous souhaite un bon courage pour la fin de votre année, et je vous dis à très bientôt pour la suite de l'aventure :)
Je vous donnerai des nouvelles ! A bientôt
 

Tags : L'histoire d'un assassin - Partie 1 : L'amour d'un Assassin - tome 2

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Comments :

  • Dum-Cha

    23/12/2016

    Non.. c'est horrible..pauvre remus..

  • Selenba

    26/08/2016

    Je laisse un message ici, pour conclure le tome 2 vu que j'ai pris énormément de retard dans ma lecture (examens et vacances ont eu raison de moi). Et je vais répondre à chaud immédiatement... Je ne sais pas si je dois vouloir te tuer ou, au contraire, t'applaudir et dresser une statue à ton honneur. Cette fin est juste magnifique! J'avoue avoir pâli quand j'ai appris que Prue était enceinte et même si la perte de l'enfant me rassure, elle m'attriste également. Tout le monde a le droit à un petit échantillon du bonheur. Enfin, je ne vais pas m'éterniser et écrire un roman :3 Ton histoire m'avait énormément manqué mais laisser le tout mijoter pour pouvoir voyager de nouveau en un coup, en valait la peine et je vais maintenant essayer d'être plus régulière dans mes lectures ici! Enfin, une magnifique fin qui mérite une récompense et un style d'écriture qui arrive facilement à plonger le lecteur dans l'histoire! Sur ce! Je me lance sur la suite! Ciao~!

  • evanalinch-lunalovegood

    04/07/2016

    Put*** ça c'est du chapitre. Alors hâte de savoir si lupin et black sont vraiment morts ou pas car malheureusement c'est sur que les Potter le sont

  • Hurricany

    27/06/2016

    Un des meilleurs chapitres que tu es écrit depuis le début. Il m'a tenu en haleine du début à la fin. Prue me fait de la peine. C'est bien la première fois qu'on la voit brisé à ce point. Mais les maraudeurs sont-ils vraiment mort ? Va-telle ré-apparaître au 11 ans d'Harry ou pourra-t-elle avoir sa garde ? Trop de questions et pas de réponses. Arggg

  • Blenarkel

    28/05/2016

    Je suis pas d'accord. Je suis triste et en colère aussi :( ! je veux la suite ! J'ose encore espéré à un mensonge des mangemorts ! Les maraudeurs sont vivants .... Allez quoi soit sympa avec tes pauvres lecteurs :(

  • MikaWolfeHP

    28/05/2016

    Non mais! Tu peux bien te cacher! Tracker te trouvera et te tuera pour avoir osé tuer Remus!!!! Jespere sincerement que tu as une bonne explication :'( 😭😭😭 franchement! Pourquoi!!!!!!!!!!??? Je vois bien que le ton que tu avais donné a ton histoire au debut est tout simplement revenu, mais tout de meme! Cest bien trop horrible :o trop triste! REMUS!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! 😭😭😭😭😭😭😭😭😭😭😭😭😭😭😭😭😭😭😭😭😭 Impatiente de comprendre :'( bonne continuation my dear, jaime vrmt comment tu ecris, comme tu peux le constater, tu m'as complètement fait entrer dans ton histoire. .... :) :( :) :( garde nous au courant!

  • clochinettedu76

    24/05/2016

    Comment tu peux terminer comme ça ? Et comment tu as pu faire ça à Prue !!! J'espere que ce n'est pas vrai ce qui est arrivé aux maraudeurs et que c'est une bonne grosse blague !!!!!! Et Prue enceinte... qui finit par perdre son bébé ! Non mais t'as vu comment tu t'es déchainé dans ce chapitre !!
    J'avoue j'ai pété un petit cable... Mais c'est pas de ma faute, hein, je t'aime bien quand meme, et j'aime toujours autant ton histoire ! J'ai hate que tu continues à publier ! D'ailleurs, as tu une idée de quand tu recommenceras à publier ou pas encore ?

  • harry-potter-8-fic

    22/05/2016

    en tout cas je te félicite pour ce second tome

  • harry-potter-8-fic

    22/05/2016

    et on sent qu'on repart pour un côté sombre de l'histoire

  • harry-potter-8-fic

    22/05/2016

    j'ai encore été à fond dans le chapitre

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