Chapitre 3 : Sombres retrouvailles

« Après deux ans de cauchemar incessant, il est temps de se réveiller. Pour de vrai. Mais ce ne sont pas vraiment des retrouvailles. Ce sont plutôt des adieux. Des adieux à la personne que je ne serai plus jamais. »
 
Chapitre 3 : Sombres retrouvailles
 

| 12 novembre 1983 – Italie |
 
 
Diego ne savait pas quoi faire. Il avait installé Prue confortablement dans un lit, mais il ne savait pas par où commencer pour la soigner. Elle était si fragile qu'il craignait de lui lancer des sortilèges, ou de trop la manipuler. Il lui fallait un Medicomage à tout prix. Alors à contrecoeur, il se résolut à partir et à la laisser seule quelques minutes, le temps de trouver de l'aide. Le temps pressait.
 
Diego sortit en toute hâte. Il hésita encore quelques secondes une fois dehors. Il venait à peine de retrouver Prue... l'idée de la laisser sans surveillance ne lui plaisait pas. Mais il n'avait pas le choix. Ils étaient seuls désormais, sans plus personne sur qui compter. Alors il regarda une dernière fois vers la fenêtre de la chambre et transplana à l'hôpital le plus proche. Il y avait peu d'employés en pleine nuit, et les visites étaient interdites. Ce serait difficile de passer inaperçu. Diego resta derrière un mur près de la porte d'entrée, réfléchissant à un moyen de passer l'accueil. La porte était verrouillée, il n'aurait aucun moyen de faire ça en douceur. Alors il pointa sa baguette sur l'employé à l'entrée, et le soumit à l'Imperium. De suite, l'homme se leva et vint lui ouvrir la porte. Diego entra et lui ordonna de retourner à sa place. Le temps que sa cible reprenne ses esprits, Diego avait déjà disparu dans les escaliers.
 
Il monta discrètement les marches, se demandant comment il allait trouver un Medicomage expérimenté en plein milieu de la nuit. Des bruits de pas dans l'escalier attirèrent son attention. Il se cacha avec un sortilège de Désillusion, croisant incognito les deux infirmières qui descendaient. Diego continua à monter discrètement, regardant l'écriteau de chaque étage. Il s'arrêta des soins intensifs, et s'engagea dans le long couloir silencieux. Il n'y avait que quelques veilleuses ici, disposées régulièrement pour fournir un éclairage suffisant à un déplacement nocturne. Le calme inquiéta Diego... il n'y avait pas d'activité ici. Il devait sûrement y avoir des infirmiers de garde dans une salle un peu plus loin, mais il se voyait mal débarquer et leur demander de le suivre hors de l'établissement. Il fallait qu'il isole une cible. Alors il entra dans la chambre la plus proche de lui.
 
Il n'y avait qu'un patient dans la pièce, profondément endormi, et en piteux état. Ses blessures avaient tout l'air d'un maléfice puissant. Le jeune homme avait fait une très mauvaise rencontre. Il portait de nombreuses marques, et ne pouvait respirer qu'au travers d'un masque. Diego lui enleva, déclenchant une alarme dans la pièce. Il se mit derrière la porte, n'ayant plus qu'à attendre que quelqu'un vienne au secours du patient. Ce ne fut pas long. Quelques secondes après, une personne se mit à courir dans le couloir. Diego prépara sa baguette. La porte s'ouvrit à la volée. Une personne fit irruption dans la pièce en allumant, et se rua auprès du patient. C'était une femme. Elle remit immédiatement le masque au patient, qui commençait à suffoquer. Diego ferma la porte et la verrouilla, faisant sursauter la femme qui fit volte-face. Diego sourit en voyant qu'elle portait le titre de Medicomage sur sa blouse. La chance lui souriait. Elle le regarda avec surprise et crainte, sachant qu'elle était tombée dans un piège. 
 
-__Que faites-vous ici ? demanda la Medicomage en italien.
-__J'ai besoin de votre aide, répondit Diego dans un parfait italien. J'ai une amie gravement blessée, qui ne peut pas être déplacée. Pouvez-vous me suivre ? 
 
La Medicomage garda le silence, méfiante et apeurée. Elle sentait le danger à plein nez. Elle refusait de suivre cet inconnu, qui ne lui inspirait aucune confiance. 
 
-__Vous devriez contacter une ambulance, conseilla la femme.
 
Diego ne chercha même pas à la convaincre. Il savait que son comportement était trop suspect pour que la femme accepte de le suivre de son plein gré. Il fit un pas en avant et lui saisit fermement le bras, l'emportant dans un transplanage d'escorte jusqu'à son refuge. A leur matérialisation devant la porte d'entrée, la Medicomage tenta de se libérer de l'emprise de Diego. Celui-ci perdit patience et lui lança un sortilège pour l'obliger à le suivre. Il l'amena de force dans la chambre où se trouvait Prue. La Medicomage s'immobilisa nette en la voyant. Elle ne sut ce qui était le plus terrible : voir une humaine dans un tel état, ou être en présence de celui qui lui avait potentiellement fait vivre ça.
 
-__Je vous en supplie... elle a besoin de soins, dit Diego.
 
La Medicomage regarda Diego, hébétée. Elle avait toujours la peur au ventre, mais le sens du devoir lui donna du courage. Il y avait une vie en danger. Une vie à sauver. La femme s'approcha de Prue avec crainte. Les mains tremblantes, la Medicomage sortit sa baguette, pour commencer l'auscultation. La patiente semblait à peine vivante. Diego, toujours prêt à intervenir, scruta la Medicomage, à l'affût de la moindre tentative de sa part. Mais la femme observait Prue avec attention, tout en faisant ce qui semblait être des analyses avec sa baguette. Diego ne parvenait pas à entendre les formules qu'elle prononçait à voix basse. L'impatience le rongeait. Il voulait savoir si elle allait s'en sortir, et connaitre l'étendue des dégâts.
 
Au bout d'un moment, la Medicomage écarta un peu plus les vêtements de la prisonnière. Elle retint un hoquet de surprise en voyant les innombrables cicatrices de la blessée. Cette femme avait indéniablement subi une torture extrême, il y a longtemps, avec des outils variés. C'était étrange... cela ne ressemblait pas à une torture magique. Elle essaya de ne pas s'attarder là-dessus. Les cicatrices étaient anciennes, et n'avaient donc aucun rapport avec l'état actuel de la patiente. Encore revanche, elle souffrait d'une indéniable malnutrition. Sa peau violacée par endroit dénotait une très mauvaise circulation sanguine. La docteur souleva les jambes délicatement pour voir les talons, et à nouveau, son c½ur bondit d'effroi dans sa poitrine. Elle vérifia les coudes, et l'arrière du crâne. La peau était nécrosée. Malade. C'est comme si les tissus étaient incapables de se reformer. Cette femme avait été immobilisée très longtemps. La Medicomage ne comprit pas comment c'était possible. Elle pensait que cette femme était une prisonnière évadée... une criminelle. Mais les prisonniers n'étaient pas immobilisés de la sorte, et étaient nourris. La docteur en déduit que la patiente était donc davantage une victime. Mais de qui ? Quel genre de fou pouvait infliger ça à une humaine ?
 
-__Alors ? pressa Diego en voyant que la Medicomage s'était arrêtée.
-__Elle a besoin de médicaments. Sa vie est menacée si nous ne faisons rien.
-__Elle est malade ?
-__Ce n'est pas une maladie, mais plutôt un trop grand cumul. Elle souffre d'une évidente malnutrition. Elle manque de force, et elle est tout juste hydratée. Elle présente également tous les symptômes d'une personne alitée trop longtemps. 
-__...Elle était effectivement immobilisée. Quelles sont les conséquences ?
-__Quand le corps reste allongé pendant une trop longue durée, la circulation sanguine devient plus difficile. Des caillots se forment, et bouchent les veines.
-__C'est pour ça que sa peau est violette ?
-__Oui. Elle a eu de la chance de ne pas faire une embolie pulmonaire. Et vous voyez ces nécroses ? La peau est si fragilisée que des escarres se forment...
-__Que puis-je faire contre ça ?
-__Il faut injecter des anticoagulants sans plus tarder... pour fluidifier le sang et empêcher la formation de nouveaux caillots. Elle va finir par avoir un grave problème sinon. Il lui faut aussi des anti inflammatoires, à cause des nécroses. Il va falloir aider les tissus à se reformer. J'ai des crèmes réparatrices qui feront ça en quelques jours avec une application régulière. 
-__Si on lui injecte tout ça... et qu'on la réhydrate par perfusion, ça devrait aller non ? 
 
La Medicomage regarda Diego avec tristesse. Il y avait dans ses yeux la promesse d'une mauvaise nouvelle. Il n'avait pas fallu chercher très longtemps pour que la Medicomage détecte un grave traumatisme. Malgré l'état physique déplorable de la patiente, ce n'était pas le plus grave. 
 
-__J'ignore si elle se réveillera un jour, avoua la Medicomage.  
-__Pourquoi ? Elle est dans le coma ?! s'affola Diego.
-__Non, je pense plutôt qu'elle ne souhaite pas se réveiller, ce qui est pire dans son cas. 
-__Comment ça ? Je ne comprends pas.
-__Son esprit est actif, et son cerveau en bon état. Il n'y a aucune trace de somnifère, ou d'enchantement du sommeil. On dirait plutôt qu'elle dort profondément, mais ce n'est pas non plus le cas. J'ai vraiment besoin d'en savoir plus sur ce qui lui est arrivé pour comprendre ce qui l'empêche de se réveiller.

Diego soupira, hésitant. Il ne voulait pas trop en révéler à la Medicomage, mais il ne pouvait pas non plus tout garder secret. Il fallait aider Prue, alors il s'occupera de la docteur plus tard.
 
-__Elle était retenue prisonnière avec deux Détraqueurs... pendant deux ans, finit par avouer Diego. Mais c'est tout ce que je sais. Je ne connais pas les détails de sa captivité, je l'ai récupérée cette nuit dans cet état. 
 
La Medicomage plaqua sa main sur la bouche. Elle avait déjà soigné des prisonniers... leur état était toujours déplorable, et très difficile à stabiliser. Elle regarda Prue avec tristesse, essayant de trouver une explication avec cette nouvelle information. Elle se pencha à nouveau sur Prue. Une lumière bleue apparue au bout de sa baguette, qu'elle passa près de la tête de Prue. Diego regardait sans comprendre, le coeur emballé à l'idée d'apprendre une terrible nouvelle. Au bout de quelques minutes, la Medicomage se redressa, intriguée.
 
-__Je ne pense pas qu'elle ait reçu le Baiser du Détraqueur, finit-elle par dire. Son état serait végétatif, et ce n'est pas le cas. Au contraire... son esprit est très actif. On dirait qu'elle rêve. 
-__Alors on pourrait la réveiller...?
-__Malheureusement, elle ne fait pas que dormir. J'ai détecté des barrières psychiques dans son esprit. C'est très rare.
-__Des barrières psychiques ? 
-__Certains Medicomages recourent à cette méthode pour stabiliser un esprit. Quand le patient est trop agité, en proie à la folie, ou trop dangereux. Il arrive aussi que des malades, ou des prisonniers, fuient la réalité en s'enfermant mentalement. Littéralement. 

Diego ferma les yeux sous l'horreur des révélations. Jamais Prue n'avait fui la réalité. Même au coeur de l'enfer, au camp comme à la guerre, elle avait toujours affronté la situation. Qu'avait-elle pu vivre de si atroce pour en arriver à s'enfermer elle-même ? La Medicomage quant à elle ne savait plus quoi penser sur cette prisonnière. Elle pensait que c'était une criminelle... puis une victime... et voilà qu'elle se remettait à douter. Son kidnappeur parlait très bien italien, mais il avait un accent étranger. Anglais. Un pays où les prisonniers sont gardés par des Détraqueurs.
 
-__Est-ce que ça a pu la protéger des Détraqueurs ? espéra Diego.
-__Cette défense a sûrement limité les dégâts sur sa santé mentale, oui... mais je crains qu'ils aient continué à avoir de l'influence sur elle. Rares sont les personnes qui sont ressortis indemnes de leur captivité avec des Détraqueurs.
 
Diego soupira, épuisé. Il ne pensait pas que l'état de Prue serait si grave. Lui qui se voyait déjà lui reparler, la retrouver pleinement... mais peut-être que cela n'arrivera jamais. Peut-être que Prue restera comme ça... inconsciente... ou qu'elle se réveillera complètement folle. Mais Diego refusait de baisser les bras. 
 
-__Que dois-je faire ? demanda Diego.
 
La Medicomage ne sut pas très bien quoi répondre. C'était un cas à part, qui avait besoin d'être plus analysé. La patiente était très touchée... physiquement et mentalement. 
 
-__C'est difficile de répondre comme ça, sans faire davantage d'examens.
-__Essayez quand même.
-__...Ce ne sont que des suppositions, mais je pense que son esprit capte encore l'environnement. Faites en sorte qu'elle détecte un changement... qu'elle prenne conscience qu'elle n'est plus en compagnie de Détraqueurs. Peut-être que ses défenses s'abaisseront, et lui permettront de reprendre connaissance.
-__Et si ça ne marche pas ?
-__Son cas dépasse mes compétences. Il faudrait sûrement un psychologue, voire un psychiatre selon son état. Un médecin qui connait les dégâts causés par les Détraqueurs...
 
Diego soupira, dégoûté de ne pas pouvoir offrir à Prue l'aide médicale dont elle avait besoin. Il ne pouvait tout simplement pas enlever une équipe médicale pour s'occuper de Prue... ça finirait par devenir suspect. Aucune rumeur ne devait se répandre. Etre loin de l'Angleterre n'était pas une protection suffisante. Les Black devaient sûrement être à leur recherche... et il n'était pas question de laisser le moindre indice.
 
-__Vous allez me laisser partir ? demanda la Medicomage avec espoir.
 
Diego la regarda avec dépit. Cette femme ne pouvait plus l'aider. Diego resta silencieux quelques secondes, perdu dans ses pensées.
 
-__Oui, souffla Diego. Mais pas de suite. J'ai besoin de votre aide pour la laver. Est-ce possible dans son état ?
-__Avec beaucoup de précautions, oui.
 
Alors ensemble, ils déplacèrent magiquement Prue jusqu'à la salle de bains, et la mirent dans la baignoire. Ils la nettoyèrent avec soins, enlevant la crasse de son corps. Cela révéla une peau d'une pâleur maladive. Prue n'avait pas dû voir le jour depuis longtemps. Diego avait les entrailles nouées de la voir dans un tel état. Il avait l'impression de la revoir à sa sortie du camp... mais encore plus touchée.
 
 
~ Point de vue de Prue ~
 
 
Ma première douche consciente après mon évasion. Je m'en souviens comme si c'était hier. J'étais dans la salle de bains de mes appartements. Ça faisait tellement longtemps que je ne m'étais pas lavée normalement ! Je n'en avais pas vraiment besoin à vrai dire, c'était juste par plaisir, car je n'étais plus couverte de la couche de saleté que je portais habituellement. Mon père avait dû me laver pendant que j'étais inconsciente, juste après m'avoir sauvée. J'eus un frisson à cette idée. Le simple fait de l'imaginer me déshabiller me donnait la nausée.
 
Je me glissai dans la baignoire, qui était en train de se remplir d'eau chaude. Ça me fit un bien fou. C'était si bon ! Je pris un flacon de savon, et en vidai une bonne quantité. Trop sans doute, car en quelques secondes, la baignoire déborda de mousse. Cela me fit sourire. Ma tête dépassait à peine de cette couverture légère et parfumée. Comme après mon premier repas, j'avais ce sentiment de renaître. Je profitai de ce bain, avant de me laver avec précautions. Je savourai ce moment avec un plaisir démesuré. J'avais passé les dernières années à croupir dans une cellule humide et froide, souillée par la pisse et le sang, où j'avais dû apprendre à supporter l'odeur de souffrance et de mort. Et ensuite à la guerre, j'avais beau être à l'air libre, l'hygiène était guère mieux. On se lavait dans les ruisseaux que l'on trouvait, ou dans la mer, souvent à cours de savon. Et même quand on avait la chance d'en avoir, j'avais toujours l'impression d'être sale. Ici enfin, l'air était pur. Je détestais le manoir de mon père par sa seule présence... mais je lui devais mon retour aux fondamentaux de la vie. Manger et boire autant que nécessaire, se laver tous les jours, et dormir en sécurité. J'avais été privée de tout ça pendant sept ans. Sans parler de... tout le reste. Tout ce que j'avais vécu... et commis.
 
Je soupirai en songeant à cela et me résolus à quitter le bain. L'eau avait fini par se refroidir tant j'y étais restée longtemps. Je me séchai, dans une serviette chaude. C'était si agréable. Si doux. Il y avait une tenue propre qui m'attendait sagement sur mon lit. Mon père avait dû la sortir pendant que j'étais dans la salle de bains, elle n'y était pas avant. Ce geste suffit à réveiller la colère qui persistait contre lui. Le placard était rempli de tenues... j'étais capable d'en choisir une moi-même ! Par principe, je ne porterai pas celle qu'il avait sortie. Je tenais vraiment à ce qu'il se mette dans le crâne que j'étais libre désormais. Malgré notre entente. J'acceptais de rester ici uniquement parce que j'avais à y gagner. Pour le reste, je refusais tout contrôle.
 
J'allais me rendre au placard, mais je croisai mon reflet dans un miroir. Je m'arrêtai nette en regardant avec plus d'attention l'aspect que j'avais. Mon corps tout entier portait les marques du camp. Des marques atroces. J'étais très mince, mais le peu que j'avais sur les os était musclé. J'étais couverte de vilaines cicatrices, souvenirs d'interminables séances de torture et blessures de combat. Mais à mes yeux, ce n'était pas les pires. Mes blessures les plus profondes étaient celles qui ne se voyaient pas. Les pires tortures étaient celles qui se passaient d'instruments. Mon regard, déjà dur et froid, devint plus assassin en y repensant. Ma respiration devint plus saccadée. Mon être tout entier était empli de haine. Je me détournai de ce terrifiant reflet, énervée. Cette apparence était insupportable. Au-delà de la souffrance témoignée par mon corps... je voyais une bête. Une bête enragée assoiffée de vengeance. 
 
J'ouvris le placard et poussai un juron en constatant que toutes les tenues arboraient les mêmes couleurs. Celles de mon père. Du noir avec des reflets verts. J'en pris une au hasard, pour cette fois, mais je mis un point d'honneur à m'en trouver une autre. Je n'obéirai qu'à ma seule volonté. Je porterai mes propres couleurs.
 
 
~ Point de vue général ~
 
 
Ça avait été laborieux, mais Prue était enfin toute propre. La Medicomage aida Diego à remettre Prue dans le lit. Elle n'avait pas bougé un cil. Diego avait pourtant espéré que l'eau finisse par la réveiller. Comment pouvait-elle rester insensible à toutes ces manipulations ? La Medicomage leva les yeux sur Diego, espérant silencieusement être enfin libérée. Il le comprit. Elle ne pouvait plus rien pour lui de toute façon, ce n'était pas la peine de la retenir plus longtemps. Il devra se débrouiller seul. 
 
-__J'ai besoin de tout le nécessaire pour la soigner ici, informa Diego.
-__Vous devriez l'amener dans mon service... aux soins intensifs, insista la Medicomage. C'est ce dont elle a le plus besoin. Vous mettez sa vie en péril en la gardant ici.
-__Ce serait pire si je l'amenais dans un établissement non sécurisé. Elle est recherchée par de dangereux criminels. Je ne peux pas prendre de risque.
 
La Medicomage n'insista pas, sentant qu'elle avait tout intérêt à quitter les lieux au plus vite. Elle ne souhaitait pas être prise pour cible à son tour pour les avoir aidés. Elle avait une famille à protéger. Elle ne pouvait rien faire de plus pour cette femme de toute façon. Pour elle, la patiente était condamnée d'avance à une triste vie. Même en cas de réveil, elle sera brisée. C'était malheureux, mais la Medicomage n'était pas compétente pour gérer son cas.
 
-__Très bien, se contenta-t-elle de dire.
 
Diego la ramena à l'hôpital, où elle lui donna un stock de médicaments et une fiche avec toutes les recommandations qui lui venaient à l'esprit. Une fois en possession des précieux médicaments, Diego hésita sur la marche à suivre désormais. Il ne pouvait pas laisser de témoin. Il fallait réduire la Medicomage au silence. La solution de facilité aurait été de la tuer... mais Prue n'aurait pas voulu qu'une innocente soit tuée. Alors Diego se contenta de trafiquer les souvenirs de la Medicomage, pour qu'elle oublie tout de cette soirée. Il la regarda reprendre son travail dans le couloir, un peu déroutée. Mais lorsqu'elle se retourna, elle crut voir Diego pour la première fois.
 
-__Je peux vous être utile ? demanda-t-elle.
-__Non, merci. J'allais partir, répondit Diego en tournant les talons.
 
De retour au chevet de Prue, Diego mit en place une perfusion. Il était épuisé par la nuit. Pourtant, il n'avait aucune envie de dormir. Il était encore sous le coup de l'émotion. De l'évasion, puis de ses découvertes sur la santé de Prue. Il refusait qu'elle reste comme ça. Mais il craignait par-dessus tout que Prue soit devenue folle. Ce serait le pire. Qu'elle soit en vie... mais pas vraiment de retour. Diego se prit le visage entre les mains, essayant de retrouver son calme. De prendre du recul. Il ne devait pas se laisser emporter par les émotions. Il devait réfléchir à ce qui était le mieux pour elle. 

 

Il commença par transformer la chambre. La Medicomage avait dit que Prue pouvait encore sentir son environnement. Alors il devait faire en sorte qu'elle se sente bien, quelle que soit la profondeur de son sommeil. Il plaça un multitude de bougies à proximité du lit, et les ensorcela pour qu'elles ne se consument pas trop vite. Cela apportait une douce chaleur constante près de Prue. Après avoir passé deux ans dans la froideur des Détraqueurs, cela ne pouvait que lui faire du bien. Le souffle des flammes pouvait également faire écho à ses pouvoirs. Il ajouta des oreillers, ainsi qu'une couverture, pour que ça soit plus confortable. Plus douillet. Il mit également une musique apaisante en fond, pour rompre le silence. Un morceau de piano. Il s'assit ensuite auprès d'elle, pour lui parler. Il lui disait qu'il était auprès d'elle... qu'elle n'était plus prisonnière. Il espérait qu'elle finisse par l'entendre, et par sortir de sa prison mentale. Diego ne pouvait pas croire qu'elle allait rester ainsi. Ce serait pire que tout. Pire encore que si elle était morte.
 
 
~ Point de vue de Prue ~
 
 
J'étais dans ma chambre, au manoir de mon père, assise sur le lit. Je regardais mes mains rougies par le sang, envahie d'une rage aveugle. Mon premier professeur, présenté il y a tout juste une heure, m'avait frappée pour avoir raté un exercice. La réaction avait été sans appel : je l'avais tué. Il avait suffi d'une étincelle pour que j'explose. Je n'avais pas réussi à contrôler mes pulsions meurtrières. Ma frappe avait été soudaine, violente. Disproportionnée. J'avais à peine eu le temps de me rendre compte moi-même de ce que j'étais en train de faire. J'avais juste eu une seule envie : tuer mon ennemi, et je l'avais fait. Le sentiment de monstruosité à mon égard ne fit qu'augmenter. Je ne comprenais pas ce qui m'arrivait. Avant, j'étais consumée par la haine à l'égard de mes bourreaux... mais là, mes sentiments étaient décuplés. Ma rage était plus profonde... et ma fureur plus ardente. Je fis le vide dans mon esprit, pour essayer de retrouver mon calme. Je me concentrai sur la musique que j'entendais au loin. C'était agréable... apaisant. 
 
Mon père n'avait rien dit sur mes actes. Il avait constaté la mort du professeur, impassible, et m'avait annoncé qu'il en trouverait un autre. Etait-ce normal pour lui que sa fille soit capable de tuer ainsi ? Ou était-ce qu'il attendait de moi, comme le patron du camp ? Je ne savais plus quoi penser. Ni de lui, ni de moi. C'est comme si la louve en moi avait pris le dessus... comme si elle était soudainement devenue incontrôlable. Que m'arrivait-il ? Ce brusque accès de violence me troublait. D'un côté ça m'avait fait du bien de libérer cette rage, et d'un autre, j'étais inquiète. C'est comme si j'avais franchi un cap. Comme si je m'enfonçais un peu plus dans la noirceur de mon être.
 
-__Prue ?
 
Je sursautai, n'ayant pas entendu Diego entrer dans ma chambre. Mon partenaire était là, inquiet. Ses yeux étaient posés sur le sang sur mes mains. Il ne savait pas encore ce qui s'était passé.
 
-__Tu es blessée ? demanda-t-il.
 
Je ne répondis rien pendant plusieurs secondes.
 
-__Je l'ai tué, me contentai-je de dire en guise d'explication. Il me rappelait trop les bourreaux du camp.
 
Diego resta impassible. Calme et posé. J'aimais ça chez lui. Je savais qu'il ne me jugerait pas. Au contraire, il me comprenait. Il me comprenait toujours. Je me perdis un peu dans son regard. Je pouvais y lire l'assurance, et la complicité que nous partagions. Même si je m'étais privée de devenir dépendante à nouveau d'une autre personne après Jeff... Diego m'apportait réconfort et soutien. Et ça faisait du bien. Je savais que je pouvais compter sur lui. C'était important. 
 
-__Tu n'es plus prisonnière de ces monstres... rappela Diego calmement en s'asseyant à mes côtés.
Mon souvenir se troubla. Cette voix... c'était effectivement celle de Diego, mais quand il était adulte. Je perdis le fil de mon souvenir... la scène m'échappa.
 
-__Plus personne ne te fera de mal. Plus jamais.
 
Le souvenir s'envola. J'eus l'impression de faire une chute avant que tout redevienne noir autour de moi. J'étais à nouveau aux portes du présent... de la réalité. 
 
-__Tu es libre et en sécurité.
 
J'essayai de me fermer, de ne pas entendre cette voix. Je savais que c'était un effet de mon imagination. Mon esprit me jouait des tours. Ce n'était pas réel. Je ne voulais pas me réveiller. Il n'y avait rien d'autre qui m'attendait à part les Détraqueurs, ou les Mangemorts. Je le savais. Trop de fois j'avais entendu des voix... trop de fois j'avais espéré retrouver la liberté, avant de me rendre compte qu'il ne s'agissait que d'illusions. J'avais perdu tous ceux qui m'étaient chers. Ça, c'était la réalité. Les Maraudeurs étaient morts. Diego et Jack étaient sûrement en vie, mais jamais ils ne me retrouveraient. Ils ne pouvaient pas. Personne ne pouvait savoir où j'étais détenue. Alors je devais cesser d'écouter la voix de Diego... car il n'était pas vraiment là. C'était un effet de mon imagination... des Détraqueurs. Il résidait seulement dans mon c½ur, avec les fantômes des autres personnes qui me manquaient, et que je ne reverrai plus jamais. Il fallait que je ferme mon esprit.
« Ce n'est pas réel. Je ne dois pas y retourner. Diego n'est pas là. C'est une illusion. Ce n'est pas lui. C'est dans ma tête. Ça n'existe pas. Je ne dois pas y retourner. » 
 

~ Point de vue général ~

 
Deux jours étaient passés, sans le moindre signe d'amélioration. Diego consacrait ses journées à trouver une solution. Il parlait inlassablement à Prue, pour essayer de la sortir de son sommeil forcé. Il avait l'impression de parler dans le vide. Le corps de Prue restait obstinément inerte. Diego aurait donné cher pour réussir à lui faire reprendre connaissance. Il ne savait plus quoi faire. Il n'en dormait plus. Il commençait à dépérir lui aussi. Il ne supporterait pas de voir Prue rester bloquée ainsi. Il était complètement impuissant. Perdu.
 
-__Pardonne-moi Prue... pardonne-moi de ne pas être intervenu à temps. Je sais que tu t'es mise hors d'atteinte pour te protéger des Détraqueurs... mais tu ne risques plus rien ici. Tu n'es plus avec les Mangemorts. Ouvre les yeux, et constate par toi-même. Je refuse que tu gâches la seconde chance qui t'est offerte. Réveille-toi. Que je puisse voir tes yeux encore une fois.
 
Diego scruta le visage de Prue, immobile. Il soupira et s'allongea à ses côtés, comme il le faisait autrefois. Le c½ur en miettes, il prit Prue contre elle.
 
-__Tu as toujours été mon guide... lui dit-il à l'oreille. Tu te souviens ? Au début quand on s'est rencontrés... je n'y croyais plus. Je ne pensais pas qu'une évasion était possible. Qu'on pourrait sortir un jour de ce foutu camp. Mais tu n'as jamais craqué... tu t'es toujours relevée, animée par cette rage de vaincre et de survivre. Tu m'as transmis ta combativité et ton courage. Tu m'as rendu l'espoir que j'avais perdu. J'aimerais tellement te rendre la pareille aujourd'hui.
 
Il enfouit son visage dans le cou de Prudence, brisé.
 
-__Je t'en supplie Prudence... réveille-toi. Juste une fois. Laisse-moi te prouver que le cauchemar est terminé.
 
Il eut beau attendre avec espoir une réaction de sa part, Prue resta bloquée dans son sommeil. Diego s'allongea avec elle, épuisé. Le soleil se levait à peine. Une sieste lui ferait le plus grand bien. Mais il sentit du mouvement à côté de lui. Il se redressa brusquement, espérant que ce ne soit pas un effet de son imagination. Son c½ur battit un peu plus vite en voyant que Prue reprenait lentement connaissance. Ses paupières frémissaient, tandis que de légers soubresauts agitaient ses mains. Son corps redevint immobile, avant qu'elle ouvre les yeux, le regard rivé au plafond. Diego fut choqué de voir son regard aussi dénué de vie. S'il ne l'avait pas vue se réveiller à l'instant, Diego aurait pu croire qu'elle était morte.
 
-__Prue... souffla Diego.

Elle tourna la tête vers lui, et ne sembla même pas surprise de le voir. Elle le regardait avec indifférence, les yeux fatigués et injectés de sang. Elle semblait exténuée. Diego ne comprenait pas son absence de réaction. Elle se réveillait en dehors de sa prison, sans plus aucun Détraqueur autour d'elle... auprès de son frère de c½ur... elle aurait dû réagir. Ce n'était pas le cas. Comme si finalement, ce qu'elle voyait était normal. Diego aurait voulu savoir ce qui se passait dans sa tête à ce moment-là, car son calme l'inquiétait beaucoup. Ce n'était pas normal. Que lui arrivait-il ? Etait-elle bien consciente ?
« Elle est instable » avait prévenu Darius. Diego secoua la tête. Prue était réveillée, c'était le moment de savoir si elle était indemne mentalement ou non.
 
-__Content de te revoir, avoua Diego. Comment tu te sens ?
 
Prue ferma douloureusement les yeux, une larme coulant sur sa joue. Elle se mit à murmurer d'une voix à peine audible. Diego, décontenancé par cette réaction, se rapprocha néanmoins pour entendre ce qu'elle disait.
 
-__... par Orion Black lors d'une bataille contre les Mangemorts. Remus est mort... Sirius... James... ma fille...

Diego se redressa légèrement, le coeur s'emballant furieusement. Il ne comprenait pas le sens de ses paroles. Pourquoi elle disait ça ?

-__Prue ? rappela Diego. Prue, tu es avec moi ? 

Mais Prue ne répondit pas et continua.

-__Mon père s'est fait tuer par Dumbledore, reprit Prue avec difficultés. Il reviendra.

Elle s'arrêta à nouveau, à bout de souffle.  

-__J'ai tué Cygnus. Orion a fait venir deux Détraqueurs... pour me punir.

Diego déglutit en écoutant les paroles de Prue. Sa respiration devint sifflante... difficile.

-__Chuut, ne te fatigue pas, murmura Diego. 
-__Il n'y a rien d'autre autour de moi, poursuivit Prue comme si elle ne l'avait pas entendu. Rien d'autre n'est vrai. Ce ne sont que des hallucinations...

Diego était sous le choc. Prue lui avait donné les grandes lignes de sa captivité. Elle n'était plus capable de faire la distinction entre le rêve et la réalité, sans doute trop souvent bernée par de cruelles illusions. Diego regarda sa protégée avec peine, mais aussi un peu de fierté. Elle avait réussi à conserver une part de lucidité. Elle savait que les Détraqueurs étaient capables de la plonger dans des visions réalistes. Son récital prouvait qu'elle avait lutté mentalement, pour ne jamais oublier qui elle était, où elle se trouvait, et pourquoi. Il lui restait une part de combativité pour ne pas sombrer totalement. Diego resta plusieurs secondes interdit, le c½ur battant de ses découvertes. Il savait pourquoi Prue avait lâché prise. Pourquoi elle avait préféré fuir la réalité.
 
-__C'est bien réel Prue... je suis venu te chercher, dit-il doucement.
 
Une autre larme coula sur les joues de Prue, preuve qu'elle entendait Diego. 
 
-__Ce n'est pas réel, dit-elle dans un souffle. Je dois me rendormir...
-__Non !
 
Diego était désespéré. Il ne savait pas quoi faire pour la convaincre qu'elle était bien dans la réalité. Il était hors de question qu'elle s'échappe à nouveau dans son armure mentale !
 
-__Regarde autour de toi, encouragea Diego. Tu vois bien que tu n'es pas dans ta cellule !
 
Prue ferma les yeux avec force, comme si elle luttait intérieurement.
 
-__Il faut que ça s'arrête, dit-elle d'une voix tremblante. Rien n'est vrai.
-__Mais si c'est vrai ! désespéra Diego. Je t'en prie Prue, regarde-moi !
-__Tu n'es pas réel ! cria Prue. Sors de ma tête !
 
Diego était désemparé. Prue se croyait en proie à une nouvelle hallucination. Diego resta muet plusieurs secondes tant il était choqué. Il ne savait plus quoi faire. Même éveillée, Prue n'était pas encore avec lui. Elle avait dû avoir trop de visions similaires à ce moment pour y croire. Combien de fois avait-elle rêvé retrouver la liberté et ceux qu'elle aimait, avant d'avoir la déception de se réveiller en enfer ? Trop, c'était certain à son regard.
 
-__S'il te plait Diego... va-t-en, supplia Prue. Je sais que tu essaies de m'aider... comme les autres... mais il faut que tu me laisses me rendormir...
 
Diego était abattu, mais il ne comptait pas la laisser sombrer à nouveau. Il s'était donné trop de mal pour la réveiller. Il secoua négativement la tête, d'un air désolé. 
 
-__Je ne t'abandonnerai pas, souffla Diego en lui prenant la main. 
 
Prue sursauta violemment à son contact. Elle baissa les yeux sur sa main, stupéfaite. Diego ne comprit pas l'effarement dans ses yeux. On aurait dit qu'elle venait de subir un violent choc. Elle leva les yeux sur Diego, au bord des larmes. 
 
-__Tu es venu me sauver, dit-elle dans un souffle, comme si elle n'y croyait pas.
 
Diego sentit sa gorge se nouer. Il comprit qu'elle avait lâché prise il y a longtemps. Elle n'avait jamais cru que quelqu'un la retrouverait et la sauverait. Elle s'était résignée à sa situation. C'est pour ça qu'elle avait tant de mal à croire en la réalité. 
 
-__Je n'ai jamais cessé de te chercher Prue, lui dit Diego. Je n'ai jamais renoncé.
-__Merci...
 
Prue ne pensait pas retrouver un être cher un jour. Elle avait accepté de rester prisonnière en enfer après avoir perdu Remus, ainsi que ses amis. Elle avait cessé de combattre, recevant le châtiment qu'elle estimait mériter pour son échec. Jamais plus elle n'avait voulu retrouver la liberté, ou sortir de sa cage. Les Détraqueurs l'avaient achevée mentalement en la replongeant sans arrêt dans son passé. Affaiblie par les conditions de sa détention, et traumatisée de revivre son passé avec tant de réalisme, elle avait perdu pieds. Quand elle était éveillée, elle était si fébrile qu'elle hallucinait. C'est dans ces moments-là qu'elle revoyait les Maraudeurs en vie... qu'elle serrait Remus dans ses bras... Elle n'aurait su dire combien de fois elle avait imaginé Diego, Jack ou l'un de ses loups réussir à la retrouver et à l'extirper de cet endroit. Rester prisonnière ou mourir ne l'effrayait pas, car elle ne voulait plus vivre de toute façon. En revanche, vivre dans l'illusion auprès des personnes perdues était une atroce souffrance qui l'avait presque rendue folle. Elle était lassée de croire se réveiller auprès des personnes qu'elle désirait revoir, avant de se rendre compte qu'elles n'existaient que dans sa tête. Mais cette fois, c'était différent. Elle savait que Diego était réel... car jamais elle n'avait réussi à entrer en contact avec un fantôme de son coeur. Et la main de Diego posée sur la sienne n'était pas un effet de son imagination.
 
Diego se pencha pour l'embrasser sur le front, et la prit dans ses bras. C'était bon de la retrouver enfin. Prue quant à elle était encore perdue. Elle avait du mal à réaliser que c'était fini. Qu'elle était enfin libre. Loin des Black et des Détraqueurs. Le cauchemar de sa captivité était terminé. Il ne restait plus que la terrible réalité désormais. Celle d'une vie sans les Maraudeurs. Une vie sans Remus. Cette pensée lui arracha des larmes brûlantes, comme chaque fois qu'elle pensait à lui. 
 
-__Tu vas te rétablir, reprit Diego au bout d'un moment.

Prue ferma les yeux, en proie à une immense lassitude. Pourquoi guérir ? A quoi bon toujours se relever ? La vie n'en valait plus la peine. Elle avait perdu sa plus belle bataille. Elle avait perdu Remus. Elle n'avait plus la force de se redresser. Elle avait survécu uniquement parce qu'elle avait un atout qui l'empêchait de mourir. Mais seul son corps était encore en vie. Dans sa tête... Prudence Lupin Halliwell était morte. Il ne restait plus rien de cette femme. Rien. Prue se sentit partir, et ne fit rien pour rester accrochée à la réalité. Quand Diego se redressa... elle était à nouveau inconsciente.  
 
| . . . |
 
Diego était au bord de la crise de nerfs. Il s'accrochait à l'espoir de réussir à guérir Prue, même si son état n'avait rien d'encourageant. Prue passait la plupart de son temps inconsciente. Alors il prenait soin d'elle comme il pouvait. Il lui injectait des médicaments, et veillait à ce que la perfusion fasse son travail pour l'hydrater et la nourrir. Il lui passait de la crème sur ses plaies, qui seraient bientôt refermées. Malgré ses efforts, l'état de Prue ne s'améliorait pas. Il lui arrivait de se réveiller, mais c'était toujours très court, et elle était toujours aussi faible. Elle avait du mal à respirer et à parler, alors Diego l'incitait à économiser son énergie. Mais Prue répétait son récital à chaque réveil. Elle terminait en disant que c'était fini... qu'elle était avec Diego, libre. Comme si elle avait besoin de se le dire à chaque fois pour ne pas oublier que c'était réel. 
 
Diego brûlait de haine envers les Mangemorts. Les rares fois où il ne s'occupait pas de Prue, il pensait à eux. A Orion surtout... lui qui avait eu l'idée d'amener les Détraqueurs dans la cellule de Prue. A Bellatrix, qui avait dû se faire un plaisir cruel de voir Prue sombrer. A tous ces monstres qui avaient brisé la femme qu'il aimait. Un jour, comme les bourreaux du camp avaient payé... eux aussi paieront. Ils regretteront leurs actes avant de mourir dans d'atroces souffrances. 
 
Un gémissement sortit Diego de ses furieuses pensées. Il se reporta sur Prue, qui reprenait à nouveau connaissance. Il l'écouta patiemment répéter son récital. Et puis, elle posa les yeux sur Diego, lassée. Il lut dans ses yeux l'envie d'en finir. C'était insupportable. Diego s'assit auprès d'elle et lui prit la main, la gorge nouée.
 
-__On fera payer ces monstres, promit Diego. 
-__Non... ! gémit Prue.
 
Diego ne comprit pas son refus. Elle ne devait rêver que de ça non ? De briser ceux qui lui avaient supprimé sa raison de vivre... et qui l'avaient brisée.
 
-__Je ne veux plus me battre Diego... expliqua Prue d'une voix tremblante. C'est fini. Tracker est morte... et moi aussi.
-__Ne dis pas ça !
-__Regarde-moi... je n'ai plus rien de celle que tu as connue.
-__Parce que tu as besoin de te reposer et de retrouver des forces ! Après, tu iras mieux, crois-moi. Tu peux te relever... tu l'as toujours fait ! 
-__Tracker est morte, répéta Prue fermement. Je n'irai pas me venger. Toute ma vie n'a été qu'une longue bataille... que j'ai perdue. C'est fini pour moi. Je dépose les armes.
 
Diego garda le silence, assommé par ses paroles. Il n'arrivait pas à croire qu'elle abandonne. Elle avait été la victime des Mangemorts pendant deux ans, et elle ne voulait même pas se venger. « Je dépose les armes ». C'était surréaliste venant de sa part. Prue n'avait jamais abandonné un combat. Même au plus mal, elle s'était toujours relevée. Elle avait toujours été la dernière à frapper. Diego réalisa à quel point elle était mal pour parler de la sorte. Elle était lassée de vivre. Lassée de lutter. Elle acceptait sa défaite. 
 
-__Repose-toi, on en reparlera plus tard, conclut Diego.
 
Il lui déposa un tendre baiser sur le front et la laissa dormir. Il avait besoin de réfléchir. Il s'assit dans un fauteuil près de la fenêtre, vidé. Il était effaré que sa captivité ait tué la louve en elle plutôt que de l'enrager. Il se rappela qu'elle avait perdu les Maraudeurs. La mort de Remus avait dû la détruire. Peut-être était-ce pour cette raison qu'elle renonçait au combat. Et ce n'était peut-être pas plus mal. Diego voyait un intérêt à ce que Prue choisisse de ranger sa lame. Un avenir jusque-là inenvisageable. 
 
| . . . |

 
Le soir, Diego retourna dans la chambre de Prue. Elle était éveillée, le visage marqué par le chagrin et la douleur. Elle déprimait complètement. Diego avait du mal à supporter de la voir ainsi. Il ne dit rien pour autant.
 
-__Je t'ai apporté ton repas, dit-il.
 
Prue tourna la tête vers Diego, comme sortie de ses pensées. Il avait préparé une bonne soupe. C'est la seule chose qui lui avait traversé l'esprit au vue de l'état de Prue. Elle n'était pas apte à faire un vrai repas. Il fallait commencer par du liquide, pour qu'elle n'ait pas à mâcher. Diego posa le grand bol sur la table de chevet, et aida Prue à se redresser dans son lit. Elle gémit malgré la délicatesse des mouvements de Diego. Elle avait mal partout. Diego s'assit auprès d'elle et reprit le bol, bien décidé à la faire manger. Mais Prue regardait la soupe avec tristesse. 
 
-__Je n'ai pas faim, dit-elle sur un ton d'excuse.
-__Fais un effort... juste quelques cuillères. Tu ne peux pas continuer avec des perfusions...
 
Prue lança un regard dépité à Diego. Pourquoi faisait-il semblant de ne pas comprendre ? Ne voyait-il pas qu'il devait la laisser partir ? Diego soupira avec un certain agacement en reposant le bol.
 
-__Ce n'est pas seulement Tracker que tu comptes abandonner, dit-il avec colère.
-__Je n'en peux plus.
 
Diego ne savait plus quoi dire. Il était à la fois en colère et chagriné. Il se sentait vidé. Tous ses efforts pour la retrouver auront été vains. Il avait perdu Prue. Il avait perdu la femme de sa vie. Elle était morte intérieurement.
 
-__Je te comprends... dit Diego. Tu aimerais en finir. 

Prue resta silencieuse, honteuse. Diego avait consacré ces deux dernières années à la chercher... pour rien. Elle ne parvenait pas à trouver une raison de se battre. La mort de Remus et de ses amis abritait constamment son esprit. Elle n'arrivait pas à se faire à ce manque... à cette absence. Elle se faisait du mal en se souvenant des moments partagés avec eux... de ses projets avec Remus... de la fille qu'elle aurait pu avoir... avant que tout se brise. Sa vie avait basculé en quelques heures. Alors oui, elle aimerait en finir. Elle savait qu'elle ne serait jamais heureuse. Chaque fois qu'elle essayait... ça finissait mal. Alors pourquoi continuer ? La mort serait tellement plus simple. Presque agréable.
 
-__Mais tu ne peux pas mourir, et tu le sais, rappela sombrement Diego. 
 
Il se leva et se mit à la fenêtre, revenant un instant sur sa décision. Voir Prue souffrir était une véritable torture... mais il ne pouvait rien faire contre ça. Il ne pouvait pas la ramener chez elle... lui rendre son ancienne vie. Tout ceci était impossible désormais. Prue n'était plus Tracker, et refusait de porter à nouveau le masque. Elle ne pouvait plus retourner en Angleterre. Elle serait la cible des Mangemorts, et un jour, de son père. Il était hors de question qu'elle se retrouve à nouveau au milieu de cette guerre. Il fallait tourner la page. Recommencer loin de tout ça. Loin de tout ce qui pourrait la faire souffrir. 
 
-__Vu que tu es condamnée à survivre... je ferai tout mon possible pour que tu profites de cette seconde chance, promit Diego en la regardant à nouveau dans les yeux.
 
Prue se maudit en voyant encore une fois la souffrance dans les yeux de Diego. Lui était resté loyal et dévoué... et elle se comportait en égoïste. En lâche. Elle s'en voulait d'être monstrueuse, même avec ceux qui lui étaient chers. C'était cruel et injuste que Diego continue de l'aimer ainsi. Elle ne le méritait pas. Il était prêt à tout pour elle... et elle, tout ce qu'elle voulait, c'était en finir. En d'autres termes, lui infliger la même torture subie à la perte de Jeff et de Remus. Diego comprit ce qu'elle ressentait en voyant les larmes couler encore. Il revint vers elle et lui prit la main avec douceur, malgré la lame qui se retournait dans sa propre poitrine. Prue avait le coeur à vif. 
 
-__Je sais ce que tu ressens... murmura Diego. Mais tu ne dois pas gâcher le restant de tes jours. Tu es en vie Prue... il n'aurait pas voulu que tu renonces.
 
Prue sentit une nouvelle déchirure à l'allusion de Remus. C'était trop dur de songer à se relever... sans lui. Elle ne voyait pas l'intérêt de continuer. Mais elle ne pouvait pas mourir non plus. Pas encore. Alors elle accepta son bol de soupe. Diego lui tint le bol, et l'aida à manger. La première cuillère arracha à Prue une grimace de douleur. Cela faisait si longtemps qu'elle n'avait rien avalé... sa gorge était comme irritée. En feu. Alimentée par perfusion pendant tout ce temps, cela faisait trop longtemps qu'elle n'avait pas eu un repas normal. Les maigres portions de riz données par Walburga lui semblaient appartenir à un autre siècle. Tout comme son dernier verre d'eau. Au prix d'immenses efforts, Prue parvint à la moitié du bol. Et puis elle fit signe à Diego d'arrêter. Sa gorge commençait à se nouer, et ses entrailles à se contracter. Elle en eut les larmes aux yeux. Elle se sentait encore mourante. C'était atroce d'être à peine rattachée à la vie. 
 
-__Je ne peux plus, dit Prue sincèrement.
-__C'est déjà bien. Tu mangeras un peu plus tard. Il faut y aller doucement. 
 
Prue ne répondit rien, blessée. Même à la sortie du camp elle n'était pas aussi mal. 
 
-__Tu verras, ça va aller, promit Diego. Tu ne manqueras plus jamais de rien.
 
Elle ferma douloureusement les yeux. Cette phrase... son père l'avait prononcée à son retour du camp. Et pourtant, bien des années après, elle avait connu à nouveau la captivité et la souffrance. Elle avait été une nouvelle fois privée de sa liberté, alors qu'elle s'était jurée de ne plus jamais laisser quiconque l'atteindre. Rien n'était jamais acquis, et il était impossible d'avoir de réelles certitudes. Elle avait eu tort de penser que le prédateur qu'elle était devenue ne retomberait jamais au statut de proie.  

 


-__Comment m'as-tu retrouvée ? demanda Prue. 
-__L'un des Mangemorts, Darius. Il a découvert que tu étais Tracker. Comme il avait une dette envers toi, il est venu me le dire.

Le regard de Prue se perdit dans le vide.

-__Je ne l'en croyais pas capable, dit-elle dans un souffle.
-__Qu'est-ce que tu veux dire ? 
-__Je l'ai reconnu. Il s'occupait de moi de temps en temps. J'aurais pu lui dire qui j'étais vraiment... il y avait des chances qu'il m'aide...
-__Pourquoi ne l'as-tu pas fait dans ce cas ?!
-__Parce qu'il était lâche... et peureux. Je ne pouvais pas prendre le risque de révéler mon identité. J'avais trop de secrets à protéger. Que lui est-il arrivé ?
 
Diego resta impassible quelques instants. Il ne voulait pas donner les détails de son sauvetage. Il ne se sentait pas de lui dire la vérité. Trop de personnes étaient mortes ce soir-là. Prue souffrait suffisamment, ce n'était pas la peine de la culpabiliser. 
 
-__Il s'est offert une nouvelle vie, mentit Diego.
 
Prue acquiesça d'un air absent.
 
-__Tu as des nouvelles de Jack ? demanda-t-elle.
-__...Il va bien.
-__Diego ?
-__Il va bien, je t'assure. C'est juste que... ton enlèvement a été un coup dur pour beaucoup de personnes. Lui en particulier.
 
Prue déglutit en détournant le regard. Jack lui manquait. Elle aurait voulu le revoir.
 
-__Tant de personnes ont continué à te chercher, souffla Diego. Tu as beaucoup manqué.
 
Prue ne répondit pas. Diego remarqua de légers tremblements. Elle faisait des efforts, il en avait conscience. Mais elle était encore très fragile, sur tous les plans. Surtout émotionnellement. 
 
-__Ils devront m'oublier, dit-elle. 
-__Pourquoi tu dis ça ? 
-__Je ne reviendrai pas. L'exil est ma seule option, tu le sais. 
 
Diego ne dit rien. Une fois encore, Prue était surprenante, mais ça l'arrangeait. Il n'aurait pas à la convaincre de choisir l'exil, qui restait la meilleure solution compte tenu de la situation. Elle avait l'esprit suffisamment clair pour le savoir.
 
-__Où sommes-nous ? demanda Prue en regardant par la fenêtre.
-__A Florence, dans -
 
Prue se redressa soudainement, terrifiée. Diego se demanda ce qui pouvait la mettre dans un tel état de détresse.
 
-__Les Black sauront que c'est toi qui m'as fait évader ! Et ils savent aussi pour tes origines !
-__Prue, calme-toi, c'est un endroit isolé et très bien protégé, ils ne pourront pas –
 
Diego s'interrompit en voyant Prue s'étouffer. C'est comme si elle manquait subitement d'air, étouffée par une main invisible.
 
-__Prue ! paniqua Diego. Qu'est-ce qui t'arrive ?!
 
Elle était en train de suffoquer, comme si elle avait le souffle coupé. Diego sortit sa baguette et lui lança un sort, pour l'oxygéner. Il fallut plusieurs minutes à Prue pour retrouver son calme, bien qu'elle fût encore parcourue de tremblements.
 
-__Je t'en prie... supplia Prue. Ne restons pas ici.
 
Une crise d'angoisse. Voilà ce qu'elle venait de faire. Diego était effaré par une telle peur dans les yeux de Prue. Comme une proie traquée, elle ne se sentait pas en sécurité. La peur la rendait encore plus instable. En voyant son état, Diego eut un déclic. Il ne voulait pas qu'elle vive avec la crainte de croiser les Black... il ne voulait pas qu'elle passe le restant de sa vie à regarder derrière elle, même si elle ne craignait rien ici. C'était l'opportunité pour Diego d'aller au bout de son idée.
 
-__Ok... nous partirons, rassura Diego en lui prenant la main. Nous irons dans un autre pays... sous une nouvelle identité. On repart de zéro... ensemble. Personne ne pourra jamais nous retrouver. Tu es d'accord ?
 
Prue le regarda avec hésitation. Repartir de zéro... loin de tout... elle en rêvait. Plus rien ne la retenait. Elle aurait pu retourner en Angleterre, pour Jack, les Noven, ou Harry, dont elle était la marraine. Mais elle n'en avait pas le courage. Ni la force. Tout le monde devait la croire morte depuis le temps, et elle ne voulait pas que ça change. Les Mangemorts étaient à sa poursuite, elle ne pourrait jamais reprendre sa vie d'avant. C'était trop dangereux... pour elle, et ceux qu'elle aimait. Et puis, elle n'avait aucune raison de le faire. Remus n'était plus là. Cette vie n'avait plus de sens. Diego avait raison... puisqu'elle était condamnée à vivre, autant essayer autre chose que de sombrer éternellement. Alors, elle acquiesça lentement, retrouvant peu à peu son calme. Diego réfléchit à toute vitesse à une destination qui pourrait lui plaire. Une destination qui lui inspirerait le calme, la sérénité, et surtout la liberté. La réponse lui sembla évidente. Prue aimait les paysages dominés par la nature.
 
-__Ça te dirait de vivre sur une île ? proposa Diego avec le sourire.
 
Au moment où il posa cette question, Diego eut le souvenir cuisant de leur guerre, qui s'était justement déroulée sur une île. Il chassa cette image de plage ensanglantée. Prue versa une larme, la mâchoire serrée. Pensait-elle aussi à leur terrible enfance ? Diego s'insulta de n'y avoir pas pensé avant. Bien que ce soit loin... cette cicatrice était l'une de leur plus terrible.
 
-__Prue ?
 
En réalité, Prue repensait à ce voyage de noces brisé avec Remus, qui aurait dû se faire aux Caraïbes. C'était une déchirure chaque fois qu'elle avait un souvenir de lui... de se dire qu'elle n'en aurait jamais d'autre. Qu'elle ne le reverra plus. Seulement en rêve... ou en fantôme. C'est tout ce qui restait d'eux. Un drame dont elle ne se relèverait jamais. 
 
-__Pas les Caraïbes, se contenta de répondre Prue à voix basse.
 
Jamais elle n'irait. Elle refusait de découvrir cette île qui aurait dû être son coin de paradis avec Remus. Diego lui caressa doucement le visage pour essuyer ses larmes. Il comprenait ce qu'elle ressentait. La douleur qu'elle éprouvait était presque contagieuse. Diego eut les larmes aux yeux lui aussi l'espace d'un instant. Voir souffrir Prue était insupportable. Mais il savait quel était le meilleur chemin à suivre pour elle... alors pas question de revenir en arrière.
 
-__Je pensais à Moorea, reprit Diego. C'est une petite île en Polynésie. C'est loin, isolé, et les paysages sont sublimes. Et c'est français... la cuisine est bonne, ça changera de l'Angleterre.
 
Prue sourit faiblement à la remarque. La proposition de Diego lui convenait. Elle voulait fuir le plus loin possible de l'Angleterre. Quitter ce pays maudit où elle avait tout perdu. 
 
-__Nous partirons quand tu seras en état de voyager, décida Diego.
 
Prue lança un regard reconnaissant à Diego. La perspective de partir semblait la rassurer. Avant qu'elle se réveille, Diego pensait qu'il devrait la convaincre de choisir l'exil. Mais il n'avait pas eu à le faire, et c'était un grand soulagement. Ce sera plus simple. Moins douloureux. Diego regarda Prue, une once d'espoir retrouvé. Il allait se consacrer à sa guérison. Et quand ce sera fait, ils pourront vivre ensemble. En paix. 
 
Chapitre 3 : Sombres retrouvailles
 
Salut ! Prue est enfin de retour dans la réalité ... et s'apprête à s'exiler avec Diego ... qu'en pensez-vous ?  ;)  J'espère que vous avez apprécié ce chapitre, bien qu'il soit sombre. 
Le mot de Tracker suit, comme toujours ! 
Je vous souhaite un bon week-end, et à très bientôt pour le chapitre 4 !

Tags : L'histoire d'un assassin - Partie 2 : La (re)naissance de l'Assassin - tome 3

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Comments :

  • Harry-Potter-generationx

    Yesterday at 12:36 PM

    Hello ! je suis de retour ! :D

    Quel chapitre ! Très fort en émotion ! Ca fait plaisir de revoir Prue. Elle revient doucement à elle mais elle est tellement brisée ...! Fallait s'y attendre, après tout ce qu'elle a enduré !

    Je trouve Diego extrêmement égoïste, il profite de la situation pour partir avec elle et tout abandonner. Parce qu'il faut bien l'avouer, il l'aime toujours, bien sûr il aurait préférer retrouver la Prue combattive mais voila, il ne pense pas à Prue, ce n'est pas en fuyant qu'elle pourra se reconstruire et encore moins recommencer à zero ...

    Je ne pense pas que Prue puisse encore avoir des sentiments amoureux pour quelqu'un ... Même si un jour elle arrive à tourner la page "Remus", elle a trop souffert et je pense qu'elle aura trop peur d'aimer à nouveau et de souffrir encore et encore !

    Vu que Diego ne parle pas de Remus, c'est qu'il est vraiment mort le soir de l'attaque ?!!! Ou alors il n dit rien pour pouvoir partir avec Prue ?!
    J'ai vraiment du mal à croire que tous les maraudeurs soient morts ce soir la ... mais tu ne donnes aucunes indications et c'est vraiment frustrant !!!!!! :o
    Ca fait longtemps que je ne te l'avais plus dit ... TU ES SUPER SADIQUE AVEC NOUS !!!! C'est inhumains de nous faire ça, à nous, des fidèles lecteurs et fans !!! Ca suffit maintenant hein !!! :p

    Bon, je crois que j'ai tout dit, j'avais surtout à dire sur le comportement de Diego mais je comprends aussi celui de Prue. J'espère juste qu'un jour elle surmontera tout ça mais je ne pense pas que cela soit pour tout de suite :)

    Hâte de lire la suite et de voir l'évolution de notre héroïne préférée !
    Bise et à Bientôt

    Camille

  • MikaWolfeHP

    Yesterday at 5:50 AM

    :'( :'( :'(
    Nooooooooo!!!!!!
    C'est trop réaliste :( ca donne tlmt envie de pleurer!!!
    J'adore ton imagination, tu as de merveilleuses idées, wow!
    Merci de nous partager cette magnifique histoire. Je l'aime tellement! Bravo!
    Je garde tjrs espoir concernant les maraudeurs.... Désolé mais cest trop triste. Je suis incapable d'abandonner.
    J'ai aussi espoir que la paix sera vrmt là aussi. Déjà, Diego l'a sauvé et elle est réveillée! C'est déjà ça!!! Un bon pas en avant dans la guérison :D
    Cest tlmt triste de la voir dans cette état par contre :'( my gosh... Elle voulait tout abandonné! Et en grande partie, Tracker! Mais c'est l'une des choses qui rend ça ultra réaliste. Elle change! Évolue! Tu es merveilleuse! Continue :D je te suis fidèle, j't'adore. Et je te fais confiance. Je vais aimer la suite, quoique tu es décidée! <3

  • Ashley-Stones

    21/10/2017 at 2:30 PM

    Hello !

    Alors, je viens donner mon avis sur ce chapitre particulièrement.

    Quelle joie de retrouver Prue ! Enfin !
    Bon son état est quelque peu pitoyable mais on ne peut pas lui en vouloir, elle vient tout juste de se réveiller.
    J'aurai espéré que Jack soit là à son réveil mais je peux comprendre que ce soit compliqué et trop dangereux pour qu'il puisse revoir Prue, toutefois, j'espère que cela arrivera assez rapidement qu'ils se retrouvent enfin.
    J'aimerais voir Prue reprendre du poil de la bête et de revenir en Angleterre afin de se venger, pourquoi ne pas revoir Dumbledore après tout ce temps ? Je me demande ce qu'il en est de Sirius est-il mort lui aussi ? Ou bien est-il à Azkaban comme l'histoire originelle pour une quelconque raison ? Leurs retrouvailles pourrait être touchante et révélatrice surtout s'il a eu affaire aux Détraqueurs lui aussi...
    J'ai toujours ce doute sur la mort de Remus... Est-il vraiment mort ? Ou étais-ce un stratagème de la part des Mangemorts ? J'ai l'espoir qu'il soit toujours en vie.
    Enfin, j'ai surtout des gros doutes concernant la mort de leur fille. Je pense que Prue a bel et bien accouchée sans réellement le savoir.

    Tant de théories qui mériteraient une explication dans tes prochains chapitres ! J'ai hâte de savoir la suite, continue comme ça !

    Bien à toi,
    NS.

  • Dimension-Voyage

    10/10/2017 at 8:48 PM

    J'ai hâte de le lire ;)

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