Chapitre 6 : Une nouvelle guerre

« On peut oublier la personne que l'on était autrefois... s'exiler, fuir... rien ne changera le passé. Il fait partie de nous et continuera à avoir des conséquences, quoi qu'on fasse pour lui échapper »

 

Chapitre 6 : Une nouvelle guerre

 


| 16 janvier 1987 – Polynésie |


L'été austral était désormais bien installé sur l'île. Les averses étaient fréquentes, ternissant un peu le paysage, qui ne perdait pourtant rien de sa splendeur. J'adorais observer la nature. D'habitude, j'allais m'asseoir sur un rocher, sur les hauteurs de la crique à proximité de la maison, pour observer la mer. Je pouvais rester des heures ainsi. Quand le temps ne me le permettait pas, je m'installais dans le fauteuil près de la fenêtre comme en cet instant. Je laissais alors mon esprit s'évader, profitant du calme. C'était apaisant. Rien ne venait troubler mon repos. Enfin ça c'était avant. J'eus le réflexe de poser une main sur mon ventre en sentant de légers coups. C'était étrange comme sensation... de sentir la vie à l'intérieur de soi. Je portais un petit être, qui verrait le jour dans quelques mois. Ça me terrorisait. Je ne savais toujours pas comment accueillir correctement ce gamin. Je faisais des efforts pour aller mieux... améliorer mon moral, et ma relation avec Diego... mais je craignais tellement de ne pas être à la hauteur de la tâche. Etre mère était à mes yeux un rôle bien plus compliqué que tous ceux tenus autrefois. Je ne savais pas comment m'y prendre. J'avais peur de faire un malheureux.

Diego se réjouissait au contraire de devenir père. Il était déjà gaga, ce qui était plutôt amusant venant de sa part. J'avais l'impression de revoir James, l'oreille collé au ventre de Lily, pour écouter les mouvements de son fils. Je chassai ce souvenir de mon esprit. Je ne devais pas penser aux Maraudeurs. C'était nécessaire pour ne pas replonger dans la douleur de mon passé. Je me concentrai donc sur l'évolution de Diego, qui était frappante depuis l'annonce de ma grossesse. Il était tellement plus joyeux et enthousiasme. Depuis mon évasion, j'avais toujours pu compter sur son optimisme et sa détermination, mais ce gosse, c'était comme une résurrection pour lui.

Pour ma part, la naissance me semblait à la fois lointaine, et imminente. C'est comme si j'avais du mal à réaliser, alors que tout me le rappelais constamment. J'avais un peu moins de symptômes qu'au début, mais mon corps continuait à se transformer au fil des semaines. Mon appétit décuplait... mon mal de dos aussi. Je peinais à trouver une position confortable pour dormir. Ce gros ventre rond me gênait. Les douleurs me rendaient parfois de mauvaise humeur. Diego m'accompagnait dans cette nouvelle épreuve, prenant sur lui chaque fois que je m'emportais. Il savait que mon comportement était modifié. Je pouvais passer du rire aux larmes en quelques secondes, sans oublier de m'énerver pour rien. J'essayais de me contrôler, mais c'était toujours très impulsif. Les hormones jouaient avec mes émotions. Diego ne m'en tenait jamais rigueur. En fait, quand j'y pensais, il ne me tenait rigueur de rien depuis l'évasion... pourtant, je lui en avais fait voir.

Une odeur très agréable me sortit de mes pensées. Je reconnus le parfum de Diego, envoûtant, trahissant sa présence derrière moi. Je tournai la tête, le surprenant en train de poser un cadeau sur la table basse du salon.

-__Grillé, dis-je avec amusement.

Diego rit de bon c½ur et vint vers moi, tout souriant. Cette vision me fit chaud au c½ur. S'il y a bien une chose qui me faisait du bien, c'était de voir son regard pétillant et de ressentir sa joie. Après tout ce qu'il avait vécu lui aussi, il méritait d'être heureux. Diego me tendit son cadeau que j'accueillis avec plaisir. Il avait toujours une petite attention à mon égard, que ce soit par un mot, un geste, ou un cadeau. Même avant qu'on franchisse nos frontières. Il était affectueux, et c'était vraiment très agréable.

-__Merci, dis-je avec le sourire.
-__Ouvre, ça va te plaire.

Je déballai avec soins, et fus amusée de constater qu'il s'agissait d'une boite de chocolats.

-__C'est vrai que c'est une bonne idée, admis-je.

Mon appétit n'était pas le seul à s'être transformé. Ma gourmandise avait triplé depuis le début de ma grossesse. Ajouté à ma grossesse, jamais je n'avais vu de tels chiffres sur la balance. Des fois ça m'inquiétait. Je craignais de ne pas réussir à perdre tous ces kilos après la naissance. Et puis finalement, je passais l'éponge et je me faisais plaisir. Après tout, il parait que c'était normal chez les femmes enceintes.
Diego m'embrassa sur le front, et me piqua un chocolat au passage avant de s'asseoir en face de moi. Je regardai la boite avec envie, ne sachant par quel bonbon commencer. Ils étaient tous exquis, je le savais. Ils étaient de confection artisanale, avec des ingrédients de grande qualité choisis avec soins. Je considérais leur fabricant comme le dieu du chocolat. Sa passion et son goût du travail bien fait se retrouvaient dans ses créations. Jamais je n'avais mangé des chocolats aussi délicieux. Je finis par me décider en commençant par un praliné. Un classique dont je ne me lassais jamais.

-__Ce sont vraiment les meilleurs, dis-je après avoir savouré le premier.

Un bonbon en appelle un autre. Diego me regarda avec un sourire un peu moqueur. Je froissai le papier cadeau et lui lançai en guise de réponse, le faisant rire.

-__En revenant, j'ai eu une idée de prénom pour notre fils, annonça Diego.

Je profitai d'avoir la boite sur mes genoux pour faire mine de réfléchir au prochain chocolat à manger. Mon c½ur accéléra un peu.

-__Lequel ? demandai-je.
-__Enzo.

Je fus soulagée que Diego ne propose rien en lien avec un homme de notre ancienne vie. A une autre époque, Jack aurait été mon choix de c½ur, en hommage à mon père adoptif... mais je n'avais pas le courage de donner un tel prénom à notre fils. Cela me rappellerait sans cesse l'homme si cher à mon c½ur que j'avais abandonné.

-__Ça me plait, dis-je.

Diego sourit et posa sa main sur mon ventre.

-__Et toi, ça te plait ? demanda-t-il.

Je souris, touchée une fois de plus par le comportement de Diego. Et puis mon attention fut attirée au-dehors. Par la fenêtre, le grand rosier fleuri se courbait légèrement sous le vent.


| 05 mai 1987 – Polynésie |


Une douleur intense de plusieurs heures... des efforts éprouvants... une fatigue difficilement résistible ... et enfin, la délivrance. Le retour au calme pendant quelques secondes, brisé très vite par des pleurs. Epuisée, et en sueur, je cherchai du regard mon fils tout juste né. Diego me tenait toujours la main, les yeux fixés sur les bras d'une Medicomage.

-__Félicitations, me dit-elle.

Diego s'avança pour le prendre dans ses bras. Il prit délicatement la petite couverture où se trouvait notre fils, émerveillé. Jamais je ne l'avais vu aussi heureux. Diego embrassa notre fils avant de me le tendre, le sourire jusqu'aux oreilles. J'étais si fatiguée que j'avais peur de mal le tenir. Je ne pouvais plus détacher mes yeux de ce petit être qui s'agitait faiblement. Je le pris contre moi avec une infinie précaution. Mon c½ur rata plusieurs battements en le regardant dans mes bras. J'essuyai doucement le sang sur son visage, le c½ur gonflé par l'émotion. Je réalisais enfin que j'étais mère. Je tenais contre moi ce petit être fragile qui ne demandait qu'à être aimé.

-__Bonjour adorable petit Enzo, soufflai-je.

Je le gardai contre moi plusieurs minutes, le berçant doucement pour essayer de calmer ses pleurs. Diego reprit sa place auprès de moi, m'entourant d'un bras protecteur. Nous étions tous deux captivés par notre fils. Je ne comprenais pas encore l'émotion qui m'envahissait... mais je savais que cet enfant en était la cause. Je venais à peine de le rencontrer, mais le lien qui nous unissait était déjà bien plus intense que tous ceux que j'avais pu avoir jusqu'à maintenant. L'instinct maternel s'était éveillé d'un coup, puissant, chassant toutes mes craintes quant à mon rôle de mère.
 

| 23 janvier 1988 – Polynésie |


Le soleil déclinait lentement, baignant la maison dans une lueur rougeoyante. J'adorais ce spectacle journalier. Il n'y avait pas de plus beau paysage. De la fenêtre, je voyais au premier plan le grand jardin, empli de fleurs exotiques aux couleurs vives. J'avais passé des journées entières à m'en occuper, tôt le matin, quand la température était encore agréable pour travailler la terre. Cela avait constitué une activité inédite pour moi. J'y avais tant pris goût que c'était devenu une passion. Ça avait commencé le jour où Diego m'avait ramené des graines pour un rosier. Celui-ci était devenu imposant, et diffusait un parfum intense à plusieurs mètres à la ronde. J'avais continué avec des plantations plus locales. Les fleurs de cette île étaient vraiment étonnantes par leurs couleurs et leur parfum. En fait, la nature était sous sa plus belle forme ici. Les paysages, les plages, les fonds marins ... tout était beau.

Mon regard se perdit au loin, dans le bleu superbe de la mer qui contrastait avec le ciel flamboyant. On aurait dit un tableau tellement la vue était magnifique. Presque artistique. Il n'y avait aucun bruit parasite. Je pris une profonde inspiration, le sourire aux lèvres. Je me sentais privilégiée de vivre ici. Surtout avec le train de vie que je menais avec Diego et notre jeune fils. Nous étions d'éternels vacanciers, avec le loisir et le repos pour seule ligne de conduite. Nous faisions ce que nous voulions, quand nous le voulions. C'est comme si le temps n'avait plus d'emprise sur nous. Il n'y avait plus de contrainte à respecter. C'était la liberté la plus totale. Et depuis huit mois, j'en profitais enfin pleinement. La naissance d'Enzo avait apporté un souffle insoupçonné à ma vie. Je portais toujours les blessures du passé, profondes et incurables, mais elles étaient bien moins vives depuis que notre fils était entré dans ma vie. Je passais tellement de temps à m'en occuper, et à partager des moments de joie avec Diego, que le passé avait moins d'emprise sur moi. J'allais mieux. C'était incroyable d'ailleurs, comment un si petit être, par son simple sourire, avait réussi à m'extirper des ténèbres qui étouffaient mon c½ur et mes pensées. Moi qui avais redouté la venue de cet enfant... finalement, c'est lui qui me permettait de guérir.

J'eus le sourire aux lèvres en entendant un petit gazouillis derrière moi. Je me détournai du coucher du soleil pour me rapprocher du berceau d'Enzo. Il agitait ses petites jambes et ses bras, les yeux attirés par les animaux suspendus au-dessus de lui. J'en fis bouger quelques-uns, pour accélérer un peu leur mouvement. Cela le fit rire, et moi aussi. Son sourire était si contagieux. J'étais aussi émerveillée en le regardant que lui en voyant les jouets bouger. Enzo était un bébé adorable. Il n'était pas difficile et faisait rarement des crises. Il était au contraire très rieur, et déjà curieux de tout. Il allait beaucoup s'amuser sur cette île en grandissant, j'en étais persuadée. Il était déjà très joueur. Il faut dire aussi que Diego et moi prenions beaucoup de plaisir à passer du temps avec lui. Il ne manquait ni de jouet ni de peluche. Il aimait qu'on le promène dans la maison ou dans le jardin. Il adorait les fleurs, sûrement à cause de leur couleur vive, et plus encore les quelques animaux qui s'aventuraient dans notre jardin. Diego jouait beaucoup avec son fils, et le câlinait à la moindre occasion. C'était vraiment beau à voir. L'air coquin d'Enzo lorsqu'on lui parlait suffisait à nous rendre heureux. Jamais je n'avais vu Diego aussi épanoui. Rien ne venait gâcher notre existence, ce qui était réellement merveilleux. Moi qui me croyais condamnée... finalement, j'avais eu droit à une autre chance.

Je me redressai en entendant la porte se refermer. Mon regard se posa instinctivement sur ma baguette, soigneusement rangée à ma ceinture.

-__Prudence ?

Rassurée de reconnaître la voix de Diego, je lui répondis pour me signaler. C'est dans ces moments-là que notre ancienne vie transparaissait. Nous avions peut-être pris un nouveau départ sur cette île, cela n'allégeait pas les menaces qui planaient toujours au-dessus de nous. Je savais qu'un jour, mon père reviendrait à la vie. Combien de temps cela allait-il durer ? Que se passerait-il ? Est-ce qu'il reprendrait ses projets là où ils les avaient laissés, sans plus s'intéresser à moi ? Ou me traquerait-il, bien déterminé à me ramener auprès de lui ? Cette question était celle qui m'effrayait le plus. À l'époque, mon père avait eu pour objectif de s'en prendre aux Maraudeurs pour faire de moi ce qu'il voulait. Il avait failli réussir... seulement nous étions presque morts tous les deux, et aujourd'hui, il ne pouvait plus se servir des Maraudeurs pour m'atteindre. En revanche, s'il apprenait que j'étais avec Diego, et pire encore, que j'avais un fils... ce seraient mes nouvelles failles. Les nouveaux angles d'attaque pour m'atteindre. Mais quelles étaient les chances pour que mon père parvienne à nous retrouver dans un endroit pareil ? Il lui faudrait accéder à mon esprit pour ça, et il ne pouvait pas. L'occlumencie était la première forme de magie que j'avais à nouveau pratiquée dès que ma santé me l'avait permis. J'étais donc à l'abri d'intrusions mentales depuis longtemps.

Je sortis de mes pensées en voyant Diego se pencher sur moi. Il allait encore m'embrasser sur le front, mais je déviai pour rencontrer ses lèvres. Il en fut agréablement surpris... tout comme moi d'apprécier autant ce baiser. C'était la première fois depuis notre première aventure, il y a bien longtemps, que je l'embrassai sincèrement.
 

| 15 mars 1988 – Angleterre – Manoir Voldemort |

~ Point de vue général ~


Enfin ils étaient prêts. L'armée du Mal était à nouveau debout. Il avait fallu passer beaucoup de temps à recruter et à former de nouveaux Mangemorts, à rechercher des alliés et des créatures maléfiques prêts à servir la cause. Etudier les opportunités pour de nouvelles infiltrations, et élaborer une stratégie sans faille. Le tout dans la discrétion la plus totale. Pendant ces années de paix, personne ne devait se douter qu'une nouvelle guerre se préparait. Cela avait demandé beaucoup de précautions, pour ne pas se faire remarquer, et de ne mener aucune action contre les moldus ou les nés-moldus. Le Lord avait pris soin de rester dans l'ombre. Seuls les Mangemorts savaient qu'il était en vie. Enfin, plus pour longtemps.

La détermination du Lord avait payé. Son armée était encore plus grande et puissante que lors de la première guerre. Et pourtant, il n'était pas satisfait. Il lui manquait quelque chose : l'assurance de la victoire. Le Lord n'était pas assez orgueilleux pour prétendre avoir la certitude de triompher. Les forces de l'ordre avaient prouvé leur détermination autrefois... et ils reprendront le combat sans hésiter à l'instant où la guerre sera déclarée. La résistance allait se réveiller, guidée par Dumbledore. Mais par-dessus tout, c'est sa fille que le Lord redoutait. Il se sentait capable d'écraser le monde entier... de s'engager dans la plus terrible des guerres pour obtenir ce qu'il voulait... mais elle, il savait qu'elle pouvait le défaire. Même si elle ne pouvait pas le tuer à cause des Horcruxes, elle pouvait faire des dégâts suffisamment conséquents pour faire obstacles au bon déroulement de ses projets.

Le Seigneur des Ténèbres se mit à faire les cent pas dans ses appartements. La crainte était toujours présente au fond de lui. « Une vie pour une larme ». Cette promesse de mort s'était répétée plus d'une fois dans son esprit depuis son retour en Angleterre. Prue n'avait toujours pas refait surface... malgré toutes ces années. Malgré les personnes qui avaient survécu à la guerre. Mais le Lord savait qu'elle était encore en vie... quelque part. Que ferait-elle lorsqu'elle apprendra le retour de son père ? Restera-t-elle en dehors de la guerre... ? Ou viendra-t-elle accomplir sa vengeance ? Plus il y pensait, et plus le Lord se disait que Prue avait peut-être agi comme lui. Elle avait profité que tout le monde la croit morte pour se préparer minutieusement dans l'ombre. Et maintenant, elle était sûrement prête à frapper. Comme lui. Elle attendait juste d'avoir sa cible en visuel. Le Lord en était convaincu. Sa fille ne pouvait pas avoir abandonné le combat. Ça ne lui ressemblait pas.

La meilleure option pour lui serait de réussir à la forcer à rejoindre les rangs. Ainsi, il disposerait de ses talents à la demande, et n'aurait plus à la craindre. Il avait un argument très convainquant à utiliser contre elle. Une faille insoupçonnée qui ne lui laisserait pas le choix. Mais tant qu'elle n'était pas de retour, il serait dangereux d'utiliser cet atout. Prue était si imprévisible qu'il valait mieux conserver cette assurance. La question était donc : comment l'obliger à se manifester ? Il ne fallait pas l'attaquer personnellement, car cela ne ferait qu'empirer la situation... mais il fallait quand même frapper suffisamment fort pour qu'elle réagisse.

Deux coups à la porte sortirent le Lord de ses pensées. Bellatrix entra dans la pièce, une lueur d'excitation faisant étinceler ses yeux fous.

-__On peut passer à l'action ? demanda-t-elle avec envie.

Le Lord eut une brillante idée pour forcer Prue à sortir de l'ombre. Son esprit vengeur était à la fois ce qu'il y avait de plus redoutable en elle, mais aussi sa faiblesse.

-__Allez-y, autorisa le Lord.

Cette attaque sera la plus mémorable qu'il ait mené jusque-là. Après ce soir, plus personne ne doutera de lui et de ses capacités grandioses. Il était le premier humain à survivre au sortilège de Mort. Il n'y avait pas de plus grande preuve de son infinie puissance. Cette révélation aura un fort impact sur ceux qui osaient encore douter de lui. Ce serait peut-être même le moyen de rallier encore plus de personnes à sa cause.

-__Nous partons sur le champ, se réjouit Bellatrix.
-__Je veux que vous soyez sans pitié, précisa le Lord. Exécutez des pères devant leur famille... ensuite, tuez leur femme et leurs enfants. Faites de cet événement un cauchemar.

Bellatrix eut un sourire cruel. Cela faisait longtemps que l'armée du Mal était réduite au silence dans l'ombre, pendant que les moldus et les Sang de Bourbe vivaient sereinement. Il était temps de remettre les choses à leur place, et d'affirmer la puissance de la nouvelle armée du Lord ! La fidèle Mangemort courut presque pour avertir les autres, le c½ur envahi d'une joie sauvage.

Voldemort se tourna à nouveau vers la fenêtre. Il savait que la cruauté de l'attaque lui offrirait la première page sur tous les journaux du monde, sorciers comme moldus. Peu importe où se cachait sa fille... elle ne pourra pas passer à côté d'une telle nouvelle. Elle saura que son père était revenu à la vie, et prêt pour une nouvelle manche. Elle n'était peut-être pas revenue pour ceux qu'elle aimait, mais elle le fera pour lui. Pour tenter de lui faire payer. Et alors, il sera prêt à l'accueillir.
 

| Wiggle |

Le village était animé par une fête de son et de lumière organisée par les moldus. Des centaines de personnes s'étaient déplacées pour venir y assister sur la grande place. Le jeu de lumière sur les bâtiments émerveillait petits et grands, sur un rythme endiablé. Des sorciers qui habitaient la ville étaient venus aussi, saluant ce que les moldus parvenaient à réaliser sans magie. Certains en profitaient pour lâcher des petits feux d'artifice d'un coup de baguette discret, pour apporter une touche personnelle à la fête. Le public était tantôt illuminé, tantôt dans l'ombre des projecteurs.

Des éclairs verts traversèrent la foule. Les personnes touchées s'effondrèrent, inexplicablement. Des cris de surprise s'élevèrent de part et d'autre, alors que les autres spectateurs restaient scotchés par les lumières projetées, ne se doutant de rien. Ceux qui étaient auprès des victimes essayaient de comprendre ce qu'il se passait.

-__Il est mort ! hurla désespérément une femme en voyant son mari inerte.

Seules les personnes à proximité purent l'entendre, le son du spectacle étant assourdissant. D'autres victimes s'écroulèrent, un peu partout dans la foule. L'incompréhension balaya les spectateurs encore debout. Cette fois, le jeu de son et de lumière n'intéressait plus. Les gens étaient focalisés sur ces évènements étranges qui étaient en train de se produire. Mais il y avait tant de monde, qu'il était bien difficile de voir ce qu'il se passait. D'autres éclairs vinrent frapper la foule, au hasard. Un véritable mouvement de panique balaya les spectateurs. Beaucoup ne comprenaient pas encore ce qu'il se passait, trop loin pour voir les morts. La confusion la plus totale régnait tandis que des éclairs continuaient de frapper. La musique finit par s'arrêter soudainement, et les projecteurs illuminèrent la place. Autour de la foule, des personnes vêtues de noir et de vert émeraude étaient à l'origine du chaos. A leur vue, les spectateurs tentèrent de se disperser, mais ils étaient encerclés. Les assaillants portaient une tenue noire aux reflets vert émeraude, avec des masques effrayants.

-__Les Mangemorts ! s'écria un sorcier dans la foule.

Pas un moldu ne pouvait comprendre qui ils étaient, et pourtant, ils furent aussi terrifiés que les sorciers. Les Mangemrots frappaient sans relâche. On parvenait même à les entendre rire. Leur cruauté semblait avoir franchi un cap ce soir. L'un des sorciers leva sa baguette vers le ciel et provoqua une pluie d'étincelles rouges, pour alerter les secours. Il se fraya un chemin jusqu'aux premières lignes, pour tenter d'atteindre des Mangemorts sans blesser d'innocents. Tant pis pour le secret de la communauté magique. Les Mangemorts l'avaient brisé en agissant devant un public moldu. Demain, le monde saura que la magie existe.

L'Armée du Mal avançait régulièrement, pour refermer l'étau sur la foule. Il n'y avait aucun moyen de leur échapper. Ils ne laissaient personne prendre la fuite. Ils abattaient à vue d'½il tous ceux qui passaient devant leur baguette. Ils durent enjamber des cadavres pour continuer à resserrer leur cercle. Ils commencèrent à provoquer des explosions, pour tuer plus massivement. D'autres éclairs fusaient, depuis la foule. Des sorciers tentaient de cibler des Mangemorts, pour créer des failles dans le cercle. En infériorité numérique, les braves résistants ne tardèrent pas à être éliminés eux aussi. Un enfant se mit à pleurer en voyant sa mère et sa s½ur s'effondrer en même temps. Il regarda avec incompréhension le méchant qui se tenait devant lui. Son regard se posa sur le bout de bois que tenait le terrifiant personnage à quelques centimètres de sa tête.

-__Bonne nuit petit, souffla le Mangemort.

L'enfant serra un peu plus sa peluche contre lui, avant d'être frappé à son tour par un sortilège de mort. L'Armée du Mal continua à abattre toute forme vie humaine sur son passage. Et pas seulement sur la grande place. D'autres groupes étaient dispersés dans le village, à la recherche de cibles. Les bars, les restaurants, les maisons... tout brûlait sur leur passage. Ceux qui avaient le malheur de sortir pour échapper au feu se faisaient abattre. Les Mangemorts ne semblaient pas avoir de cible particulière. Ils se contentaient de défiler dans les rues, détruisant tout sur leur passage. Il s'agissait d'une extermination. Pure et simple.

Les civils qui étaient dehors tentaient de fuir, ou de trouver une cachette. Des voitures passaient comme des fusées dans les rues, avant de se faire retourner brusquement, ou d'exploser en route. Alertés par les cris, les habitants qui étaient chez eux s'enfermaient. Mais les portes s'ouvraient toutes seules. Les Mangemorts nettoyaient chaque maison, en prenant soin de ne laisser personne derrière eux. Ils se délectaient d'entendre les supplications de leurs victimes, avant de les abattre froidement. Ils accomplissaient la volonté du Maitre, en n'ayant aucune pitié. Aucune limite.

En embuscade près d'une fenêtre, un père de famille jetait des coups d'½il au-dehors régulièrement. C'était le chaos à l'extérieur. Membre d'un club de tir depuis plusieurs années, il était propriétaire de plusieurs armes à feu. Il tenait l'une d'elles en ce moment. Un pistolet Beretta. Il avait appris à apprivoiser cette arme au stand de tir, en atteignant sa cible à différentes distances, avec précision. Mais jamais encore il n'avait visé une cible humaine. Encore moins dangereuse. Cet homme était entrainé au tir de précision, non de combat, ce qui était une grande différence. Alors, quand il vit deux criminels passer le portail, sa main trembla légèrement. Il tint plus fermement son arme, et essaya de contrôler sa respiration. Il devait rester calme, malgré la situation. La vie de sa femme et de son fils, cachés dans la chambre, était entre ses mains.

Des voix résonnèrent depuis le salon. Les deux criminels n'avaient mis que quelques secondes à entrer, malgré les verrous sur la porte et les fenêtres. L'homme se mit en embuscade derrière la porte du bureau en entendant ses adversaires monter les escaliers. Le silence le plus total était retombé dans la maison, alors que l'horreur explosait dehors. Les pas se rapprochèrent. Lentement. L'homme vit d'abord un bout de bois dépasser la porte, avant qu'une personne masquée entre. Puis la deuxième. L'homme visa avec difficulté sa première cible. Il n'aurait jamais imaginé qu'il puisse être aussi difficile d'appuyer sur la détente, même en danger de mort. Sur l'impulsion de l'adrénaline, il appuya sur la gâchette, explosant la tête d'un criminel. L'autre fit volteface mais se retrouva lui aussi troué d'une balle dans le front. Le souffle court, l'homme regarda les deux personnes au sol, alors qu'une tâche de sang grandissait autour d'eux. Sous le choc de ce double meurtre, ses tremblements devinrent plus violents. Son esprit était engourdi par la violence, et sonné par la puissance des deux détonations. Il n'osait plus quitter sa cachette, scotché par la peur. Et s'il y avait d'autres tueurs dans la maison ?

L'homme poussa un soupir de soulagement en entendant la sirène de la police tout près de la maison. Il s'avança prudemment de la fenêtre et jeta un ½il discret au-dehors. Des policiers envahissaient la rue toute part. Ils s'arrêtèrent dans un crissement de pneus et commencèrent à sortir. Des jets de flammes percutèrent les voitures, qui explosèrent instantanément. Les policiers autour furent soufflés avant même d'avoir eu le temps de s'éloigner. Horrifié, l'homme recula à grands pas de la fenêtre. Il n'aurait pas de soutien. Les policiers venaient de se faire tuer à peine arrivés. L'homme sentit une pointe dans son dos qui l'arrêta net. Son arme lui sauta des mains, comme aimantée soudainement à l'autre bout de la pièce. C'était surnaturel. De quelle espèce étaient ces gens pour réussir à faire des trucs pareils ? Il avait l'effroyable impression d'être dans l'un de ces films fantastiques, où les gens sont dotés de pouvoirs magiques. Car il s'agissait bien de magie à ses yeux. Pas la magie merveilleuse que les enfants peuvent l'imaginer... non, cette magie-là était terrible et monstrueuse.

-__A genoux, ordonna une voix glaciale.

L'homme obéit, désespéré. Il allait mourir, il le savait. Sans son arme, il n'avait aucune chance de s'en sortir. Il vit avec horreur un autre criminel amener sa femme et ses deux enfants devant lui.

-__S'il vous plait épargnez ma famille, supplia le père.

Mais les Mangemorts visèrent chaque membre de la famille, enfants compris, et les tuèrent impitoyablement. Le père poussa un hurlement de détresse, avant de s'effondrer à son tour, inerte.

Cette scène se répéta de nombreuses fois. Beaucoup essayaient de défendre leurs proches en s'en prenant aux Mangemorts, avec ou sans arme. Cela ne sauva personne. Les Mangemorts apparaissaient de partout dans un voile de fumée noire.

-__Avada Kedavra !

Cette formule se répétait en écho parmi les cris de peur des habitants. Ceux qui avaient survécu assez longtemps pour observer leurs ennemis ne comprenaient pas ce qu'il se passait. Ils ne comprenaient pas comment une si belle soirée avait pu se transformer en cauchemar.

Bellatrix scruta la rue avec attention, le sourire aux lèvres. Il n'avait pas fallu plus de vingt minutes aux Mangemorts pour laisser un tapis de cadavres derrière eux. Le village tout entier était dévasté. Il n'y avait aucun survivant. Satisfaite, la Mangemort leva sa baguette au ciel et fit apparaître la Marque des Ténèbres. Cela faisait sept ans qu'elle n'avait plus flotté. L'Angleterre allait bientôt découvrir l'horrible message laissé par le Seigneur des Ténèbres.


| Poudlard – Bureau directorial |


Une sueur froide saisit soudainement Albus Dumbledore en voyant la Marque des Ténèbres flotter dans le ciel au loin. Elle était étonnamment plus grosse et lumineuse que d'habitude, comme si toute l'Angleterre pouvait la voir. Après toutes ces années de silence, alors que tout le monde avait tourné la page sur cette odieuse guerre, voilà que cette marque de malheur réapparaissait. Quelles atrocités les Mangemorts avaient-ils commis pour officialiser leur retour ? Dumbledore savait qu'un jour, le Lord reviendrait grâce à ses Horcruxes. Et il avait redouté depuis chaque jour d'apprendre son retour. Un Patronus messager en forme de lynx bondit sur le bureau du directeur, le prévenant que c'est au village de Wiggle que les Mangemorts étaient passés à l'acte.

Lorsque Dumbledore se matérialisa au village, il crut d'abord faire un cauchemar. Le village était en feu. Les rues étaient recouvertes d'un tapis de cadavres. Le directeur eut du mal à mettre un pied devant l'autre. C'est comme si son cerveau refusait d'imprimer ce que ses yeux voyaient. Au sol, les victimes étaient de tout âge. Les Mangemorts n'avaient fait aucune distinction. Hommes, femmes, enfants... tous avaient été massacrés. Les Aurors présents avançaient eux aussi comme des fantômes, ahuris devant un spectacle aussi effroyable. Comment les Mangemorts avaient-ils pu commettre un acte aussi atroce ?

Au bout de plusieurs heures d'investigation, le bilan s'avéra très lourd. Il restait des traces de sortilèges anti-transplanage. Les Mangemorts avaient donc veillé à ce que personne ne puisse quitter les lieux par moyen magique. Il y avait des traces de lutte... les gens avaient essayé de se défendre. Pourtant, il y avait tout juste dix morts portant la Marque des Ténèbres. En revanche, du côté des civils, il n'y avait eu aucun survivant. Le village de Wiggle était réduit à néant, ce qui représentait des centaines de morts. Peut-être plus si le spectacle avait attiré des habitants des villages alentours. Les Aurors se regroupèrent, encore assommés par ce qu'ils voyaient. Croupton lui-même semblait trop sous le choc pour manifester sa colère habituelle. Il n'y avait pas de place pour la haine en cet instant... pas encore. Seulement pour le dégoût.

-__Rentrez tous au QG, ordonna Croupton d'une voix éteinte. Il faut laisser les autres équipes opérer. Rendez-vous dans une demi-heure dans la grande salle. Si les Mangemorts ne veulent plus aucune limite, nous non plus.
-__Il faut éviter l'escalade de violence, souffla Dumbledore.
-__Ma seule préoccupation est d'éviter des morts innocents, répliqua sèchement Croupton.

Le directeur préféra ne pas entrer dans le débat. Les c½urs étaient trop à vif pour tenir une discussion raisonnable. Face à un tel spectacle, il était difficile de ne pas avoir de violents désirs à l'égard des coupables. Alors le directeur retourna à l'école, ayant besoin de retrouver ses esprits. Il s'assit dans son bureau comme dans un état second. Il se sentait vidé. Il n'arrivait pas à se détourner des images qu'il avait vues. Son esprit était focalisé sur cette horreur, dont il n'avait aucun mal à imaginer le déroulement. Fumseck, le magnifique phénix, poussa une plainte brève et douloureuse. Dumbledore craignait que ce genre d'extermination recommence. Et il n'y avait malheureusement rien pour mettre un terme définitif à cette folie. Pas encore.

Pendant que tout le monde profitait de la paix, Dumbledore avait continué à la chasse aux Horcruxes. Il savait que le Lord trouverait le moyen de revenir un jour. Mais c'était arrivé trop vite. Malgré ses efforts, en sept ans, le directeur n'avait pas réussi à détruire tous les Horcruxes restants. Et le pire, c'est qu'il était à cours de piste. Il fallait absolument débloquer la situation... sinon, dans quelques mois, le pays sera saigné à blanc par cette armée de fous furieux.

-__Albus ?

Le directeur sortit de ses sombres pensées, surpris d'entendre quelqu'un lui parler. Severus Rogue se tenait face à lui, le visage encore plus cireux que d'habitude.

-__La Marque a brûlé, informa Rogue d'une voix neutre.

Dumbledore acquiesça lentement, désolé que Rogue soit obligé de répondre à l'appel pour ne pas trahir sa couverture.

-__Vous pensez vraiment qu'il a survécu ? demanda Rogue.
-__J'en suis convaincu. Soyez prudent Severus... Voldemort risque de vous en vouloir de n'avoir rien fait pour le retrouver.

Rogue resta impassible, comme à son habitude, et quitta le bureau directorial, prêt à reprendre son double-jeu. Il savait déjà comment convaincre le Seigneur des Ténèbres de sa loyauté, après toutes ces années passées sans le chercher. Se faire accepter n'était pas le problème. Il se demandait juste comment il pourrait retrouver un niveau de confiance suffisant pour aider l'Ordre du Phénix de son mieux.


| QG de l'Armée du Mal |


Rogue fut surpris que la Marque l'ait mené dans un endroit inconnu. Le manoir devant lui était nouveau, bien qu'il ressemble fortement à celui que Rogue connaissait autrefois. Il s'avança sur l'allée, passant le dispositif de sécurité sans problème. Il y avait d'autres Mangemorts qui circulaient un peu partout.

A l'intérieur, il y avait un grand escalier central. Mais dès qu'il s'en approcha, Rogue fut pris de chaque côté par des Mangemorts imposants.

-__Alors Severus, tu étais perdu ces dernières années ? nargua l'un d'eux.
-__Sûrement moins que toi Rosier.

Rogue avait appris à apprivoiser ses émotions depuis longtemps. En fait, il ne les avait plus laissées s'exprimer depuis des années. Il conservait un masque froid et impassible, un regard neutre et un ton parfaitement maitrisé. C'est ce qui lui avait permis de survivre à son double jeu pendant la première guerre. Et c'est ce qui lui permettait de conserver son assurance et son sang-froid dans ce genre de situation.

-__Voyons ce que le Seigneur des Ténèbres en pense...

Les Mangemorts escortèrent Severus au dernier étage. Visiblement, l'intérieur du manoir aussi était ressemblant à l'ancien QG. Comme si le Lord avait voulu masquer au maximum le fait qu'il ait été obligé d'en changer.
Devant la porte du Lord, Rogue se demanda si le Maitre saurait se montrer compréhensif, ou s'il exploserait et le tuerait sur le champ. Il n'eut pas le temps d'y penser, car Rosier ouvrait déjà la porte. Il sentit son c½ur le trahir quelques secondes en voyant le nouvel aspect du Lord. Il était méconnaissable. Encore plus monstrueux qu'auparavant.

-__Tiens, un revenant ! railla Bellatrix dès qu'il entra dans les appartements du Lord.
-__Bonjour Maître, salua Rogue en ignorant royalement sa collègue. C'est une joie de vous revoir.

En réalité, Rogue était dépité que le Lord ait réussi à revenir. Il aurait largement préféré tirer un trait définitif sur l'Armée du Mal.

-__Oh vraiment, je suis toujours ton Maître ? défia Voldemort en le transperçant du regard.
-__Vous le serez toujours, répondit Rogue sans ciller.
-__Alors pourquoi ne m'as-tu pas cherché pendant toutes ces années ?
-__Je vous ai cherché pendant un temps.
-__Et tu as abandonné ! cracha Bellatrix.
-__Je n'avais plus de piste, répliqua Rogue calmement. Et je devais conserver ma couverture auprès de Dumbledore pour être prêt le jour de votre retour. Je suis ravi de constater que je n'ai pas eu à le supporter pour rien.

Le Lord observa son fidèle serviteur, qui n'avait pas manifesté la moindre réaction en voyant son Maitre. Pas la moindre surprise face à son apparence monstrueuse. Il était resté de marbre, comme toujours, et avait répondu aux questions avec sa froideur habituelle. Il n'y avait ni regret ni crainte dans sa voix, preuve de sa sincérité. Aucun Mangemort se sentant coupable n'aurait pu regarder le Seigneur des Ténèbres dans les yeux comme Rogue le faisait en cet instant. Et c'est pour cela que Voldemort aimait bien Rogue. C'était un serviteur discret et dévoué. Il avait peut-être abandonné les recherches, mais au moins, il avait essayé, et n'avait pas trahi la cause. Mieux, il avait fait en sorte de rester opérationnel en protégeant sa couverture. C'était bien la preuve qu'il croyait en la supériorité du Lord face à la mort. Alors le Lord balaya sa colère, ne pouvant se résoudre à perdre un espion aussi bien placé.

-__J'ai entendu dire que tu avais obtenu un poste à Poudlard... lequel ? demanda le Lord.
-__Professeur des Potions. Je suis également le nouveau directeur de Serpentard.
-__Ton poste me sera utile. 

Bellatrix semblait outrée que le Lord n'en tienne pas davantage rigueur à Rogue. Alors qu'il était prêt à châtier et à tuer tous ceux qui avaient déserté, il pardonnait ce serviteur sans même le punir ! Un torrent de jalousie envahit Bellatrix en songeant que le poste de Rogue auprès de Dumbledore était trop important pour être perdu.

-__Avez-vous besoin de quoi que ce soit ? demanda Rogue.
-__Oui... essaie de savoir si Prudence Lupin a cherché à reprendre contact avec son ancienne vie.
-__Cela fait bien des années que je n'ai pas entendu parler de Prudence Lupin. D'ailleurs, je croyais qu'elle était prisonnière avec les Black, dit-il en se tournant vers Bellatrix.
-__Elle a été libérée, répondit le Lord avec amertume. Je voudrais réparer cette petite erreur.

Rogue eut un sourire narquois pour Bellatrix qui la mit en fureur. Elle savait exactement ce qu'il pensait de cet échec.

-__Je me renseignerai, promit Rogue.
-__Tu peux disposer.

Rogue se retira, soulagé de ne pas avoir dû endurer le Doloris. Une fois la porte refermée, il s'appuya au mur, l'esprit en ébullition. Il savait que ce serait pire qu'avant. Il sentait que le mage noir était revenu plus puissant que jamais. La première guerre ne serait rien comparée à celle qui commençait. Rogue prit une profonde inspiration, et reprit sa route d'une démarche calme. La situation était terrible, mais il fallait l'affronter. Il n'avait pas le choix. Alors il repensa à sa première mission, plutôt étrange : se renseigner sur Prudence Lupin. Le Seigneur des Ténèbres n'avait-il pas d'autres priorités que de retrouver une ancienne prisonnière ? Il y avait de quoi être perplexe, mais au moins, certains seraient ravis d'apprendre que la célèbre Auror avait réussi à s'échapper. Même si cela soulevait des questions.
 

| Poudlard – Bureau directorial |


Dumbledore fut immensément soulagé de voir Rogue revenir aussi vite, et surtout en si bon état. Il avait craint une terrible punition de la part du Lord. Visiblement, Rogue se portait bien, preuve qu'il avait toujours la confiance de Voldemort.

-__Je suis heureux de vous revoir, avoua Dumbledore.
-__Le Lord a été facile à convaincre quand il a su pour mon poste à Poudlard.
-__Evidemment... si près de moi, vous avez encore pris de l'importance à ses yeux. C'est bien. Quelles sont les nouvelles ?
-__Déjà, nous avons changé de QG. Il doit sûrement être encore plus protégé que l'ancien. Ensuite, et c'est surtout ça le plus impressionnant... c'est la transformation physique du Seigneur des Ténèbres.
-__C'est-à-dire ?

Rogue sortit sa baguette et la posa sur sa tempe. Dumbledore alla chercher la Pensine pour récupérer le souvenir. Il reçut un nouveau choc lorsque Rogue déposa le filament argenté dedans. Le Lord se refléta à la surface, monstrueux.

-__On dirait que son âme est trop mutilée pour lui rendre un aspect totalement humain, murmura Dumbledore.

Rogue resta silencieux, encore perturbé par sa brève entrevue avec le Lord.

-__Avez-vous appris quelque chose ? demanda Dumbledore en se détournant du reflet.
-__Non, ça a été très bref. Je suppose que si je n'ai pas été contacté avant, c'est qu'il craignait une fuite. Mais maintenant qu'il a lancé une première attaque, je crois qu'il cherche à savoir s'il peut récupérer les anciens Mangemorts, ou s'il doit les éliminer.
-__Hmm... je crains que son retour incite beaucoup de personne à faire le choix de la facilité...
-__Dernière chose : il s'est intéressé à Prudence Lupin.

Dumbledore tressaillit. Une pointe s'enfonça dans sa poitrine en pensant que la dernière descendante des Halliwell avait connu un bien triste sort. Capturée par les Mangemorts, il n'y avait eu aucun signe de vie depuis, ni de piste sérieuse pour la retrouver. C'était donc surprenant que le Lord fasse une telle requête.

-__Je croyais qu'elle était prisonnière des Black ? s'étonna le directeur.
-__C'était le cas. Le Seigneur des Ténèbres a dit qu'elle a été libérée.
-__Mais quand ?!
-__Il n'a pas précisé.

Le directeur dut s'asseoir dans son fauteuil tant il était choqué. Prudence avait réussir à échapper aux Mangemorts... mais elle n'était pas revenue, pourquoi ?

-__Savez-vous pourquoi le Lord tient à la retrouver ? demanda Dumbledore en essayant de rester concentré.
-__Il ne l'a pas dit, mais je suppose que c'est pour s'occuper lui-même de lui faire payer tout ce qu'elle a fait pendant la première guerre. Les Mangemorts la haïssaient, et c'est elle qui l'a combattu le plus longtemps pendant la Glorieuse Bataille.

Oui... Rogue avait déjà prévenu Dumbledore que Prue était dans le collimateur des Mangemorts. Le directeur s'en voulait bien assez de ne pas avoir pu la protéger.

-__Tenez-moi au courant dès que vous avez des nouvelles, dit Dumbledore.

Rogue prit congés sans tarder. Le directeur ne savait plus quoi penser. Il avait reçu trop de chocs dans la journée. Il avait toutefois l'espoir de voir Prudence revenir en vie un jour, même si son absence était pour l'instant un mystère.

-__Le Ministre arrive Albus, prévint un personnage de tableau.

Le directeur était si perturbé qu'il avait oublié la venue du Ministre de la Magie au sein de son école. Le retour de l'Armée du Mal en était forcément la cause. Des flammes vertes illuminèrent le bureau directorial, laissant apparaître un Fudge plus blême que jamais. On aurait dit qu'il venait de croiser la mort en personne.

-__Il est de retour ? demanda Fudge.

Dumbledore déglutit, lui-même à court de mot.

-__Répondez ! s'emporta le Ministre.

Fudge était en proie à une évidente crise de nerfs. Cela faisait sept ans qu'il avait balayé tout ça. La mort du Seigneur des Ténèbres avait été la plus grande victoire issue d'une tragédie. Le pays goûtait à nouveau à la joie de vivre en reprenant confiance... la peur était disparue petit à petit. La guerre était finie. Sept ans de paix et de tranquillité. Il avait fallu du temps pour relever la communauté sorcière... et voilà que tout recommençait.

-__Oui, informa tristement Dumbledore. Le Lord a survécu.
-__Comment est-ce possible ? Vous l'avez tué pendant la Glorieuse bataille ! J'ai vu son cadavre !

Albus soupira avec lassitude. Oui, il l'avait tué. Son cadavre avait été amené au Ministère, pour des analyses complexes effectuées par la très compétente Julie Noven. Dumbledore avait tenu à y assister, craignant une résurrection du Lord grâce à ses Horcruxes. Quand les analyses avaient pris fin, le vieux directeur était au moins assuré que le corps du Lord était trop endommagé pour abriter à nouveau une âme. Alors le cadavre avait été incinéré, et les cendres perdues au gré du vent sur les ruines de l'orphelinat où Jedusor avait passé son enfance. Dumbledore avait espéré ce jour-là que Voldemort ne parvienne pas à renaître dans un nouveau corps... même s'il savait au fond de lui que c'était sans compter sur sa puissance. Fudge se mit à faire les cent pas dans le bureau, les yeux exorbités par la peur.

-__Personne n'a jamais survécu au sortilège de Mort, reprit Fudge avec véhémence. Peut-être que Vous-Savez-Qui n'est pas revenu ! Peut-être qu'il s'agit d'un autre mage noir ! Les Black ont toujours été les leaders chez les Mangemorts d'après les Aurors... et si l'un d'eux avait repris le flambeau ? Orion Black par exemple ! C'est plausible !
-__Je crains que ce ne soit pas le cas, répondit gravement Dumbledore.
-__Il y a tout de même un espoir que ce ne soit pas lui... ?
-__Non Cornelius. C'est lui. Nous savons de source sûre que Voldemort a trouvé un moyen de dompter la Mort. Le retour des Mangemorts est la preuve qu'il a réussi à revenir à la vie. C'est un fait indéniable.
-__Quel est ce moyen ?
-__Des Horcruxes.

Fudge resta interdit, tétanisé par cette révélation. Il savait ce qu'était un Horcruxe. Et il savait aussi que tout était perdu si Voldemort en avait créé. Ce serait un éternel recommencement, une guerre perpétuelle jusqu'à ce que le mage noir parvienne à ses fins.

-__Nous sommes perdus... souffla Cornelius en se laissant tomber dans le fauteuil.

Dumbledore comprenait son désarroi. Le Ministre était loin de se douter qu'une enquête sur le Lord était ouverte depuis longtemps, et avait déjà porté ses fruits plusieurs fois. Cette enquête devait cependant rester secrète. Dumbledore savait que le Ministère était tout sauf un lieu sûr. Il y avait des agents doubles partout. Il ne pouvait pas dire à Fudge que des Horcruxes avaient déjà été identifiés et détruits. Ni qu'une équipe spéciale avait été montée pour continuer la quête pendant que tout le monde croyait la paix acquise.

-__Il reste encore de l'espoir Cornelius, assura Dumbledore. Mais vous devez garder cette information pour vous. Ne dites à personne que nous soupçonnons l'existence de Horcruxes. Pas même aux personnes que vous croyez dignes de confiance. Si Voldemort apprend que nous avons des doutes, alors oui, nous serons définitivement perdus.
-__Je suppose que si vous ne me demandez pas de mettre en place une équipe pour traquer ces objets maudits, c'est que vous avez déjà la vôtre...

Dumbledore ne répondit rien. En d'autres circonstances, Fudge aurait explosé que le directeur cache une telle information, et mène ses actions de son côté sans prévenir le Ministère. Mais le Cornelius ne dit rien. Il semblait vidé. Complètement désespéré. Il avait beau chercher, il ne voyait pas d'issue favorable à cette guerre. Il se passa les mains sur le visage, et prit soudainement dix ans d'un coup.

-__Nous ne pouvons plus assurer la sécurité des citoyens, reprit Fudge. Lors de la première guerre, nous avons déjà eu du mal à tenir tête aux Mangemorts... cette fois sera pire. Les Nés-moldus doivent quitter le pays.

Dumbledore acquiesça lentement. Wiggle était l'un des villages comptant le plus de Nés-moldus, et c'est pour cette raison qu'il avait été attaqué.

-__Je vais faire un discours à la presse pour annoncer le retour de Vous-Savez-Qui, en soulignant bien le fait que Wiggle a été mis en feu et en sang à cause de l'origine de ses habitants. Une façon informulée mais claire d'ordonner aux Nés-moldus de quitter le pays. Je vais prévenir les autorités pour faciliter les départs. Ils ne seront en sécurité nulle part en Angleterre.
-__Vous avez contacté le Premier Ministre moldu pour l'informer de la situation ?
-__Oui. J'ai pris un rendez-vous en urgence, vous êtes également convié. Vous recevrez une lettre sous peu. Sait-on si le secret de notre communauté a été percé ?
-__Les investigations sont encore en cours, répondit Dumbledore. Même s'il n'y a pas de survivant, il y a un risque. Les moldus sont équipés d'un appareil chez eux, qui leur permet de communiquer à distance...
-__Un téléphone, c'est ça ?
-__Exact. Il est possible que certains s'en soient servis, pour prévenir la police, des proches, ou faire des adieux.

Dumbledore ne connaissait pas suffisamment le matériel moldu pour déterminer à quel point la situation était grave. Il espérait que le secret n'ait pas été percé. Ce serait le coup de grâce après une si dramatique journée. Ils seraient vite fixés. Si la preuve de l'existence de la magie avait été apportée, les moldus ne parleraient bientôt plus que de ça.

Fudge serra la main de Dumbledore et repartit par la cheminée, la mine sombre et le teint maladif. Le directeur regarda son phénix, le majestueux Fumseck, qui partageait son air fatigué et inquiet.

-__Une nouvelle manche commence mon vieil ami... et je crains qu'elle soit bien plus sombre et violente que la précédente.

Le phénix poussa une courte plainte en guise de compassion. Dumbledore retourna à son bureau et sortit la Pensine, ayant à nouveau besoin de faire du tri dans ses idées. La guerre faisait aussi rage dans son esprit.


| 16 mars 1988 – Polynésie – Ile de Moorea |

~ Point de vue de Prue ~


Je regardais Enzo faire ses premiers pas avec adoration. L'équilibre n'était pas encore au rendez-vous, mais c'était une grande fierté de le voir dressé sur ses pieds. Je me faisais un plaisir de l'accompagner dans ce moment si important. C'était une étape dans sa vie. Il avait constamment le sourire scotché aux lèvres. Il était vraiment craquant.

-__Prue... souffla Diego.

Je me retournai, interloquée d'entendre une telle surprise dans la voix de mon compagnon. Il se tenait sur le seuil de la porte, le visage blême, un journal dans la main. Je déglutis péniblement, devinant l'origine de sa stupeur.

-__Il est revenu ? demandai-je d'une voix blanche.
-__Oui... ils ne parlent pas de lui directement dans les journaux... mais les Mangemorts ont frappé.
-__Et il est le seul à avoir pu reprendre le flambeau, terminai-je douloureusement.

C'est comme si tout mon corps s'était subitement tétanisé. Mon c½ur rata plusieurs battements, et ma respiration se bloqua. Je reposai précipitamment Enzo dans son berceau, me sentant au bord d'une crise d'angoisse. J'en n'avais pas fait depuis trois ans. Diego me prit dans ses bras et tenta de me rassurer, mais c'est comme si je devenais sourde dans ces moments-là. Je fermai les yeux sous la douleur. Le visage de mon père s'imposa dans mon esprit. J'entendais sa voix froide et sifflante, suivie d'un rire cruel. J'imaginais Remus se faire tuer, le visage peu à peu remplacé par celui de Diego. Puis Enzo. Le souvenir de mes cinq ans me revint en mémoire... je ne voulais pas que l'histoire se répète avec eux.

Je revins brusquement à la réalité, découvrant Diego au sol à l'autre bout de la pièce, recouvert de morceaux de verres brisés provenant de l'armoire éventrée. Je me ruai sur lui pour l'aider à se relever, les larmes me brouillant la vue.

-__Excuse-moi, je ne voulais pas.
-__Je sais, ce n'est rien, assura Diego.

La vue du sang dans son dos ne fit que redoubler ma crise. Je sentais le danger peser sur nous de manière bien plus forte qu'auparavant. J'aidai Diego à se relever, tremblante. Diego tenta de me ramener au calme avec des mots réconfortants, mais rien ne pouvait atténuer la réalité : mon père était de retour. Je savais que ça arriverait, et pourtant, le simple fait que ça devienne réel avait suffi à faire voler en éclat tous mes efforts pour contrôler mes peurs. Elles étaient toujours aussi intenses. Elles ne faisaient que sommeiller, pendant que je croyais avoir retrouvé mes esprits.

-__Il ne peut pas nous retrouver ici... tu te souviens ? rappela Diego.

J'acquiesçai, essayant de me répéter le discours que j'avais appris.

-__Nous sommes exilés sur une île sans rapport avec notre passé... nous n'avons plus aucun contact avec notre ancien entourage... personne sur cette île ne nous connait... la maison est sécurisée... Les Mangemorts ne peuvent pas nous retrouver.
-__Exact. La seule faille est le lien entre ton père et toi, qui pourrait lui permettre d'entrer dans ton esprit. Mais elle ne compte pas ...
-__Parce que je suis redevenue un occlumens comme autrefois. Mes défenses psychiques me protègent de toute intrusion.
-__Une protection remarquable, ajouta Diego avec le sourire. Garde ton esprit au calme, et tout ira bien. Personne ne nous retrouvera ici.

Je pris une profonde inspiration, me répétant encore mentalement tous les arguments pour conserver mon sang-froid. Il n'y avait pas de quoi paniquer. La menace était existante c'est vrai, mais nous étions trop bien cachés pour être localisés.

-__Et si un moment de faiblesse de ma part lui permet d'entrer dans ma tête... ? soufflai-je.
-__Nous avons déjà parlé de cette option, Prue. Tu as retrouvé suffisamment de force mentale pour que ça ne se produise pas. Et dans le pire des cas, même s'il arrivait sur cette île, il faudrait qu'il nous retrouve. Je pense qu'on aurait le temps de changer de planque.

Je tentai de trouver un peu de réconfort dans les yeux de Diego, mais son assurance ne suffisait pas à me calmer. Je pressentais un nouveau drame, et cela me terrifiait. Mon père avait des capacités magiques qui me dépassaient. Il pouvait réussir là où ses Mangemorts avaient échoué. Et si ça arrivait, ce serait un nouveau drame. Je n'avais pas réussi à protéger ceux qui m'étaient chers du temps où j'étais Tracker... je n'avais aucune chance aujourd'hui. J'étais restée pendant des années sans pratiquer la magie, à l'exception de l'occlumencie. J'avais peu à peu retrouvé un bon niveau, en m'entrainant avec la baguette que Diego m'avait donnée... mais ce n'était pas comparable à mes compétences d'autrefois. Je pouvais toujours faire des exploits en matière de sortilèges complexes... mais pour ce qui était du combat, rien n'était pareil. Je n'avais plus les mêmes sensations. Plus la même motivation aussi il faut dire. J'avais renié Tracker. Alors j'étais une bonne combattante, mais je n'étais plus aussi forte qu'avant. Je n'étais plus imbattable, et donc plus apte à tenir tête à mon père ou un Mangemort en cas de nécessité. Je regardai vers le berceau d'Enzo, le c½ur battant toujours la chamade.

-__Intensifions l'entrainement, proposa Diego.
-__Quoi ?
-__Je suis persuadé que Voldemort ne nous retrouvera pas. Mais si jamais cela devait arriver, nous devons être prêts à le recevoir.
-__J'ai abandonné mon masque depuis longtemps Diego, rappelai-je.
-__Je ne te demande pas de redevenir Tracker... juste de maîtriser la magie et l'art du combat comme avant.

J'étais peu convaincue. Je ne voulais pas me préparer à une nouvelle guerre. Je ne voulais pas redevenir cette machine de combat. Je n'étais plus cette personne.

-__Prue... ça avait marché à notre sortie du camp.

Oui... en m'entrainant pour devenir imbattable, j'avais fini par ne plus craindre mes bourreaux. Je regardai Enzo, toujours aussi sage. L'instinct maternel s'empara de moi. Diego avait raison... nous devions pouvoir protéger notre enfant.

-__Ça va prendre du temps, soufflai-je.

Diego me prit la main en signe de soutien et de réconfort.

-__Nous avons toutes nos journées. Tu vas y arriver, assura Diego.

Il m'embrassa avec élan, me faisant ressentir à la fois son amour et sa confiance. Il croyait en moi. Je devais être à la hauteur. Pour lui...et pour notre fils.

Chapitre 6 : Une nouvelle guerre
Bonsoir ! La paix aura été de courte durée pour vous ! La seconde guerre commence, et beaucoup de choses vont se passer !  ;) 
Plusieurs d'entre vous ont des hypothèses assez intéressantes sur la suite... et je suis à votre écoute si vous en avez encore !
Le mot de Tracker sera publié prochainement, sûrement avec un aperçu du chapitre 7. 
D'ici là je vous souhaite un bon courage, je sais que beaucoup d'entre vous préparent leurs examens. 
A bientôt !

Tags : L'histoire d'un assassin - Partie 1 : L'amour d'un Assassin - tome 3

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Comments :

  • LeMaitreDesLieux

    08/01/2018

    Bonsoir, comment vas-tu ? Remise des tes fêtes ? :)

    Ce chapitre commence agréablement. La vie est belle (même si c'est relatif) pour Diego et Prue et l'arrivée de leurs fils ne fait qu'augmenter ce sentiment. Bien sûr, la menace du retour de Voldemort est toujours présente dans l'esprit de Prue mais l'ambiance générale respire l'amour, la joie et l’espoir. Ça fait du bien de voir ça !

    Le retour de Voldemort et des Mangemorts. Tu as fais fort mais j'ai adoré ! Déjà, tu exposes bien l'inquiétude de Jédusor vis à vis de sa fille qui est toujours capable de l'arrêter si elle le souhaitait. Bien entendu, Prue a laissé sa vengeance derrière elle il me semble mais lui ne le sait pas et cherche à la faire sortir de sa cachette pour l'avoir à ses côtés définitivement. Ensuite il y a ce massacre conduit par Bellatrix. Rapide, effrayant, efficace. Personne ne survit. C'est sûr que le message va passer ...

    J'apprécie que tu nous montres la réaction de Dumbledore, Rogue et du ministère face au retour de Voldemort. Je suis assez surprise de la clémence de Voldemort à son égard. Même si il a de l'importance et qu'il reste très convaincant, je me suis au moins attendu à un Doloris ou quelque chose du genre ... Sinon la discussion entre Dumbledore et Fudge était assez crédible même si Fudge me semble trop enclin à croire à ce retour contrairement à l'histoire originale.

    Inévitablement, la nouvelle arrive jusqu'aux oreilles de Prue et Diego. Prue est complètement chamboulée et apeurée mais avec son fils et son amour pour Diego, elle réussira à reprendre des forces au niveau combat, j'en suis sûre.

    Je viens lire la suite prochainement (enfin j'espère ^^)
    A bientôt,
    Dragoste

  • evanalinch-lunalovegood

    11/12/2017

    Trop contente de la voir heureuse même si c'était pas pour longtemps. Chapitre canon soit dit en passant

  • MikaWolfeHP

    29/11/2017

    Yeah! Super chapitre! Eh bien, Prue aura au moins pu gouter à la paix ^^ Decouvrir ce que sait! Pauvre elle pareil. Et ce cher petit Enzo, que lui reserves tu? Ah lala! J'espère que tu ne lui reserves pas le meme destin que celui de Harry dans la version Rowling, ou encore le meme destin que Prue! Peut etre sinon que Prue commencera à lentrainer lui aussi à ce battre ^^ ca pourrait etre une bonne idée! Hate de decouvrir ce qu'est l'atout secret de voldemort :o

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