Chapitre 11 : Un terrible serment

« De la réussite de ce sauvetage dépend la suite de l'histoire. Si je parviens à récupérer mon fils sans passer par des négociations... j'ai encore un espoir de vaincre. Sinon... je ne préfère pas y songer. Les conséquences seraient trop catastrophiques pour envisager l'échec. »




Chapitre 11 : Un terrible serment


| 23 mars 1988 – Manoir Voldemort – 22h |
 

Après un dernier détour par ma planque pour récupérer certains accessoires, je me matérialisai devant le manoir que j'avais vu dans l'esprit d'Orion. La magie qui entourait ces lieux était très puissante. Cette fois, j'étais certaine d'être au bon endroit. Je ne voyais pas ce qui se cachait au-delà de ce périmètre invisible... ni ce qui m'attendait. Mais je savais que je n'avais pas d'autres alternatives. Alors je sortis ma baguette et entrepris une tâche que j'avais l'habitude de faire autrefois : trouver la faille dans la sécurité. Il y en a toujours une. Et il me fallut vingt minutes pour déceler celle qui me permettrait de contourner celle qui protégeait le repère des Mangemorts.

Un grand portail en fer apparut devant mon regard, attestant ma réussite. Je n'en ressentis un infime soulagement. Ce ne devait pas être le seul moyen de prévenir les intrusions. J'étais presque persuadée que d'autres pièges m'attendaient sagement à l'intérieur. Mon père savait qu'aucune sécurité ne pouvait me retenir... il devait donc s'attendre à ce que je parvienne à entrer.

Dissimulée sous un sortilège de Désillusion, je traversai le portail en fer en me laissant emporter dans un voile de fumée. Je repris forme juste après, dans l'herbe, et toujours invisible. Je remontai l'allée de graviers lentement, prenant le temps d'observer tout autour de moi. Mais pour l'instant, la seule chose de notable, c'était le rythme effréné de mon c½ur, qui tapait avec force contre ma poitrine. Il fallait que je reste calme. Pourtant, chaque pas qui me rapprochait de l'imposant manoir m'assommait un peu plus. J'étais l'impression de tomber peu à peu dans un état second.

Je fis le tour du manoir, regardant par les fenêtres du rez-de-chaussée. Il n'y avait personne à l'intérieur... aucun mouvement. Tout était calme, comme si tous les Mangemorts avaient quitté les lieux, ou dormaient. C'était improbable à une heure pareille, surtout après la bataille qui venait d'avoir lieu. Où étaient-ils tous ?
N'y tenant plus, je passai par la fenêtre de la salle de réunion. J'avançai silencieusement, baguette et couteau en main. J'étais à l'écoute de l'environnement, essayant de capter des bruits trahissant la présence d'ennemis. C'était le silence total.

J'arrivai dans le hall d'entrée, débouchant sur le grand escalier central. Ce manoir était très ressemblant à l'ancien de mon père au final. Il semblait être configuré de la même manière. Comme si mon père semblait vouloir effacé qu'il avait dû changer de repère. Je montai rapidement les marches, le c½ur battant à son maximum. Ca puait le piège à plein nez. J'aurais dû rencontrer de la résistance. Je ne comprenais pas comment j'avais pu arriver jusqu'ici sans la moindre difficulté. Mon père ne savait pas que j'étais moins dangereuse qu'avant... ce n'était pas normal qu'il me laisse entrer ainsi.

Des pleurs attirèrent mon attention. Oubliant toute vigilance, je me dirigeai au son de ces cris de bébé. La peur s'empara de moi avec violence. Les pleurs devinrent plus forts. J'entendais des coups sourds. Comme des frappes. Je me mis à courir en imaginant le pire. Je fis irruption dans la pièce d'où provenaient les bruits, et fus horrifiée de voir un Mangemort en train de donner des coups de poing dans un berceau. Je lui sautai dessus avec férocité, plongeant ma lame dans sa gorge. Je le poignardai encore, pour l'achever. Mon ennemi tomba au sol, et je me reportai sur le berceau. C'est là que je me rendis compte de mon erreur. Le bébé qui pleurait n'était qu'une poupée ensorcelée. Je vis immédiatement des ombres se projeter autour de moi. J'étais cernée.

-__Jette tes armes, ordonna une voix forte.
-__Où est mon fils ? demandai-je dans un souffle.
-__Si tu ne te rends pas, il sera tué.
-__Votre Maitre aurait-il peur de venir m'accueillir lui-même ? provoquai-je.
-__Nous avons pour ordre de t'amener à lui. Et c'est ce qu'on va faire.

La porte claqua derrière les Mangemorts, les faisant sursauter. Le feu se répandit sur moi en une seconde. Je fis volte-face et projetai un jet de flammes sur mes ennemis. Ils prirent feu immédiatement, poussant des cris de douleur atroce. Je ne pris pas la peine de les achever. Ils pouvaient hurler... j'avais insonorisé la pièce. Je regardai mes bras enflammés avec une très grande satisfaction. Je retrouvais peu à peu mes pouvoirs. La peur et la haine avaient des vertus incroyables. Je regardai mes adversaires se courber sous la douleur dans des cris d'agonie, avec une joie sauvage.

Quand le dernier Mangemort eut fini de brûler, je sortis de la pièce. Le feu disparut de mon corps, et je pus retourner à l'escalier en toute discrétion. Deux Mangemorts se trouvaient désormais en haut, gardant l'accès aux appartements de mon père. Mon couteau fusa sur l'une de mes cibles, tandis que l'autre reçut en même temps un sortilège de mort. La voie était libre pour accéder au dernier étage.

Je m'approchai discrètement de la porte des appartements de mon père. J'étais arrivée à l'objectif. Pourtant, j'hésitai à entrer. Le chemin jusqu'ici avait été trop simple. Les quelques pions qui s'étaient dressés sur mon passage ne représentaient pas un réel obstacle. Mon père voulait que je vienne jusqu'à lui. Pour négocier. Un contrat unilatéral où je n'aurais pas la moindre échappatoire. Si j'entrais dans cette pièce, ça revenait à me faire capturer. Mon père pourra faire de moi ce qu'il voulait. Je redeviendrais son arme. Et son premier ordre sera de tuer les Maraudeurs. Si je n'entrais pas... si je repartais ce soir sans rien tenter pour récupérer mon fils, Enzo serait tué. Ou maltraité pour me faire venir. Dans les deux cas, l'issue n'était pas favorable. Deux options inenvisageables. Alors comme toujours... je pris le risque d'en tenter une troisième. Je ne pouvais pas choisir entre les Maraudeurs et mon fils. Une vague de crainte me submergea... m'emplit avec puissance. La peur revint défier ma détermination. Si j'échouais... ce serait une catastrophe.
« Reste concentrée... »

Il me restait une fiole de diversion. La même que j'avais utilisé un peu plus tôt au Ministère, qui provoquait un flash aveuglant. Si mon père regardait dans sa direction, il serait désorienté et incapable de faire quoi que ce soit de précis pendant deux minutes. J'abaissai la poignée lentement. Il fallait que j'attire l'attention de tous ceux qui se trouvaient dans la pièce sur cette foutue porte. Je lançai la fiole dans l'ouverture et me détournai, pour ne pas subir le flash. Je fis irruption dans la pièce juste après la détonation, baguette levée, à la recherche de cible. Mais il n'y avait personne. Mon père n'était pas là. Il y avait seulement un berceau, et cette fois j'avais le sentiment que c'était le bon. Mais avant de m'en approcher, je regardai bien tout autour. Je lançai même un sortilège pour détecter la présence d'éventuelles personnes invisibles. J'étais seule. Seule avec mon fils. C'était presque trop beau. Y avait-il un piège qui m'empêchait de l'approcher ? Je me souvins avec crainte de la pauvre femme, morte parce que j'avais déclenché un mécanisme en tentant de m'approcher d'elle pour la libérer. Mon père était assez cruel pour mettre en place ce genre de piège mortel sur un bébé.

J'analysai donc le périmètre à l'aide de sortilèges, pour essayer de détecter la moindre anomalie. Il n'y avait rien. Pas de piège... pas d'enchantement particulier... je pouvais approcher en toute sécurité. Je fus immensément soulagée de voir Enzo dedans. Il n'avait pas été amené ailleurs... il était bien là, et visiblement en bonne santé. Il dormait tranquillement. Je voyais sa petite poitrine se soulever régulièrement. Il ne portait pas la moindre marque de maltraitance. Mon fils était sain et sauf. Heureuse, je me penchai sur lui pour le prendre dans mes bras. Je n'avais plus qu'une envie désormais : partir, et le mettre en sécurité. Mais je reçus un violent coup à la tête avant même d'avoir eu le temps de le prendre dans mes bras.

| . . . |


Je me réveillai en sursaut en sentant un torrent glacé me recouvrir. Je vis avec horreur Bellatrix tenir Enzo dans ses bras, avec une lueur cruelle dans les yeux. Je restai interdite devant cette vision qui ne pouvait pas être plus effroyable à mes yeux. Mon fils était dans les mains de la plus grande malade que j'ai jamais rencontrée. M'étais-je trompée sur les intentions de mon père ? J'avais parié qu'il ferait de moi son jouet si je me faisais prendre... mais ne voulait-il pas simplement me punir pour mes actes ?
« Une punition à la hauteur de ma trahison... » pensai-je avec terreur.
Des tremblements commencèrent à me parcourir en imaginant le pire des châtiments : assister avec impuissance à la mort de mon fils.

-__Quelles heureuses retrouvailles, lança une voix aiguë et sifflante dans mon dos.

Mon père entra dans mon champ de vision, et je fus momentanément incapable de me détacher de lui tant j'étais choquée par son apparence. Était-ce bien mon père qui avait parlé dans ce corps... ? Il n'avait plus la moindre ressemblance avec son aspect d'autrefois. On aurait dit un serpent. Un serpent humain. Sa blancheur cadavérique me donnait l'impression qu'il illuminait la pièce. Son crâne chauve et son visage aplati lui donnaient un aspect effroyable, comme s'il était atteint d'une grave maladie qui lui aurait déformé la tête. Je voyais la cruauté et la sauvagerie briller dans ses yeux rouges. On aurait dit un démon. Etait-ce le prix à payer pour pouvoir renaître avec une âme diminuée ? Je frissonnai à cette pensée face à cet immonde résultat. Je ne m'étais pas attendue à une telle vision. Dompter la mort laissait visiblement ses traces.

-__Toutes mes félicitations Prudence, dit-il. Après avoir renoncé à ton masque de tueuse pendant sept ans, tu as réussi à le remettre sans difficulté apparente. C'est très bien.

Je dus me mordre la langue pour ravaler une insulte. Mon père avait fait exprès de m'envoyer des pions pour voir si j'étais toujours apte à tuer et à me battre. Ce n'était qu'un test. Un piège. Et j'avais sauté dedans à pieds joints. J'étais dégoûtée. Mon père s'approcha de Bellatrix et se pencha sur Enzo. Je voulus bondir de ma chaise pour me jeter sur lui, mais des liens magiques me retenaient. Le même genre qu'on utilisait dans la police pour retenir les prisonniers... le genre impossible à défaire.

-__Dis-moi... qu'es-tu prête à faire pour sauver ton fils ? me demanda mon père.

La peur, sourde et profonde que j'avais ressentie jusqu'alors à l'idée d'échouer, me saisit avec plus de brutalité. La réalité était devant moi, implacable. Mes pires craintes s'étaient réalisées. J'étais piégée... et soumise à des négociations pour sauver la vie de mon fils. Je ne pouvais pas me libérer. La seule option qui me restait était de tuer Voldemort et Bellatrix, grâce à mes pouvoirs sans baguette. Mais comment ?

-__Ton hésitation me laisse perplexe... ajouta mon père.

Mon esprit allait à deux cent à l'heure, et pourtant, je me sentais vidée. Désespérée. Il n'y avait rien qui puisse me servir d'arme dans la pièce... rien que je puisse faire léviter pour tuer ces deux monstres. Je me concentrai sur leur propre corps, pour tenter de les neutraliser en empoignant mentalement leur c½ur. Rien ne fonctionnait. J'étais paralysée par la peur... incapable d'agir.

-__Ne perds pas ton énergie à essayer de te libérer Prudence, prévint mon père. Car si tu y parviens... je tue ton fils avant que tu aies eu le temps de réagir.

Mon c½ur fut parcouru d'incontrôlables tremblements. J'avais beau avoir la rage, elle n'égalait pas la peur qui m'abritait... la peur de perdre mon enfant. Mon père s'en rendit compte, car il eut l'ébauche d'un sourire. Il m'avait eue. J'étais à sa merci.

-__Ah... l'amour maternel... dit-il. Si fort qu'il rend faible. Dis-moi, a-t-il hérité de tes pouvoirs ? Bien sûr, c'est un peu jeune pour qu'il ait ses premières manifestations... mais on peut tester s'il est immunisé contre le feu ? Qu'en dis-tu ?
-__Ne le touche pas ! ordonnai-je.

Mais mon père avait déjà sorti sa baguette. Il la pointa sur mon fils, sous le ricanement cruel de Bellatrix. Enzo se réveilla, et commença à pleurer en voyant le visage monstrueux de mon père au-dessus de lui. Je me débattis comme une furie. Les pleurs de mon fils me rendaient folle. De violentes pulsions meurtrières me traversaient. A cet instant, je me sentais capable d'affronter son armée à moi toute seule... mais j'étais piégée. Une flamme apparue au bout de la baguette de mon père.

-__JE FERAI TOUT CE QUE VOUS VOUDREZ ! hurlai-je.

Mon père s'immobilisa, le sourire aux lèvres. Il se détourna de mon fils, triomphal.

-__Vraiment ?

J'étais envahie par le désespoir et la peur. Mon père allait profiter de la situation pour faire de moi son pantin. Des larmes coulèrent sur mon visage sans que je puisse les retenir.

-__Oui, soufflai-je. Du moment que vous me le rendez, je ferai tout ce que vous voudrez ! Vous avez ma parole !
-__Ta parole ne me suffit plus Prudence... je veux que tu en fasses le serment.

Ma gorge se noua davantage, et mes tremblements redoublèrent. Un Serment Inviolable. Mon père voulait m'enchainer à lui définitivement, ne me laissant plus aucune issue. Je sentis un étau se refermer sur mon être, comme si Nagini s'était enroulée autour de moi pour m'étouffer. Si je faisais le serment... je n'aurais plus aucune échappatoire. Si je refusais, mon fils serait tué sous mes yeux sans que je puisse rien faire pour l'empêcher.

-__Es-tu prête à t'engager ? défia mon père.
-__Du moment que vous me rendez mon fils... je m'engagerai. Il est tout ce qui me reste...
-__C'est la seule chose que je suis prêt à te concéder, prévint le Lord.
-__C'est tout ce que je vous demande...

Je savais qu'il était inutile d'implorer grâce pour la vie des Maraudeurs. Mon père ne me l'accorderait pas. Il n'avait aucune raison de le faire, c'est lui qui était en position de force. Alors ma dernière chance était de lui faire croire que j'avais tiré un trait définitif sur mon ancienne vie.
Mon père semblait satisfait de ma réponse. Un sourire cruel apparut sur ses lèvres. Les battements de mon c½ur devinrent plus sourds encore. Je savais que j'étais en train de m'enfoncer dans une impasse. Une impasse minée.

-__Bellatrix... recouche le bébé... et viens être notre témoin, ordonna le Lord.

Cette saloperie de Bellatrix se fit un honneur et un plaisir d'être chargée de nous lier. C'était leur victoire. Je me sentais mal, l'air me manquait. J'étais au bord d'une nouvelle crise d'angoisse.

Mon père s'approcha de moi, s'apprêtant à me détacher. C'était peut-être l'occasion de retourner la situation à mon avantage. A peine je pensai cela, un cercle rougeâtre apparut autour du berceau de mon fils.

-__Qu'est-ce que c'est ?! m'affolai-je.
-__Une assurance, répondit mon père avec évidence. Pour te dissuader de te rebeller quand je t'aurais détachée.

Je sentis les liens disparaitre de mes mains. J'étais à nouveau libre de mes mouvements. Et pourtant, pendant plusieurs secondes, je fus incapable de me lever. Je me sentais très faible. C'est comme si je n'avais plus de force. J'étais vaincue.

-__Lève-toi Prudence, ordonna mon père.

Je pris une profonde inspiration avant de me lever, pour faire face à mon père. Mais je n'avais d'yeux que pour le cercle mortel qui entourait le berceau de mon fils. Mon père avait pensé à tout cette fois... il avait réussi à imaginer le piège parfait.

Voldemort me tendit sa fine main blanchâtre, aux longs doigts presque squelettiques. J'essayai de réprimer les frissons qui me parcouraient tout le corps, dégoûtée à l'idée de faire un serment avec lui. Je me concentrai pour ne pas céder à la panique. En vain. Tout mon corps était opprimé par l'horreur de la situation. Je savais qu'une fois les promesses prononcées, il n'y aura plus aucun espoir pour moi. Le désir de tenter une pirouette me saisissait. C'était le seul moyen d'échapper à ce serment.

-__Prue... rappela la voix menaçante de mon père.

La pression était trop forte. Le choix impossible. Mon père pouvait tout me demander... je ne savais même pas combien de promesses il allait me faire prendre. Ce Serment pouvait lui donner un contrôle total sur ma personne... et mon esprit. Tout. Le connaissant, c'est forcément ce qu'il allait faire. J'allais devenir son jouet meurtrier. L'air me manqua encore plus.

-__Peut-être que tu ne tiens pas tant que ça à ton fils finalement, nargua Bellatrix.

Le cercle autour du berceau devint plus étroit. Vaincue. J'étais vaincue. A contrecoeur, je me résignai à prendre la main de mon père. J'avais l'impression de serrer celle de la mort en personne. Pourtant, c'était moi qui étais censée l'incarner...

-__Regarde-moi, ordonna mon père.

Il me défiait avec un air supérieur, victorieux, et à la fois cruel. Je soutins son regard avec difficulté, cherchant encore un moyen de me libérer. Mon corps tout entier était parcouru de décharges violentes et insupportables. Je ne voulais pas redevenir la Tracker détestable qui servait la cause du Lord. J'avais banni à jamais cette tueuse-là en découvrant la vérité sur les nés-moldus. Et voilà que mon père me forçait à revenir... à reprendre cette maudite place dans laquelle je me sentais si mal. Le désir de me révolter me faisait dangereusement hésiter. La raison quittait peu à peu mon esprit. Le désespoir me poussait à oublier le risque... à me battre.

Je jetai un ½il à Enzo, qui pleurnichait encore. Ma seule issue aurait été de m'enfermer dans une bulle télékinétique avec Enzo, afin de pouvoir prendre la fuite sans risquer d'être blessés. Malheureusement, je n'avais pas la certitude d'être capable d'en former une suffisamment puissante pour résister à mon père et Bellatrix aussi longtemps. Le chemin était long jusqu'au portail... sans compter que d'autres Mangemorts pouvaient être dehors à attendre. La puissance de mon père à elle seule pouvait faire exploser mes défenses. Si ma tentative échouait, il serait tué. Le risque était trop grand pour que j'accepte de le prendre. Je ne pouvais me résoudre à mettre la vie de mon fils en péril. Je finis par renoncer à me battre. Je me sentis immensément faible à cet instant. Impuissante.

-__Prudence Katherine Elena Jedusor, t'engages-tu à planter ta lame dans le c½ur de chaque personne que je te désignerai, et à ne jamais la retourner contre moi ou les membres de mon armée ? demanda mon père sans parvenir à masquer l'excitation dans sa voix.

C'était pire que tout. Mon père ne m'avait pas donné de cibles précises... mais une infinité. Mon c½ur résonna plus fort encore. Le silence total se fit dans mon esprit, comme lorsque je m'apprêtais à commettre un meurtre. La différence, c'est que cette fois, c'était moi la victime. Un simple mot suffisait pour sceller mon engagement, mais il restait bloqué dans ma gorge. Je ne me sentais plus capable de produire le moindre son. J'avais la bouche sèche, le c½ur affolé, et surtout, cette irrésistible envie de fuir. De renoncer. Je compris que j'allais contribuer à la victoire de mon père de manière inacceptable. J'étais sur le point de redevenir son instrument de mort... son atout absolu dans cette guerre, comme les suivantes.

Je croisai les yeux rouges de mon père, froids et menaçants, qui promettaient un sort atroce à mon fils si j'osais refuser. Sa main serra un peu plus la mienne, me dissuadant de la retirer. Je savais sa volonté inflexible. Je n'avais plus d'issue désormais. Je baissai les yeux sur nos mains serrées, le c½ur à vif à l'idée de faire ma plus terrible promesse.

-__Je m'y engage, soufflai-je à regret.

Un premier filament doré entoura nos deux mains, scellant mon engagement. Je l'avais fait. J'avais accepté de condamner l'issue de cette guerre pour sauver mon fils. Des milliers de gens allaient connaitre un avenir empli de ténèbres pour qu'une seule reste en vie.

-__Evidemment, comme il te suffirait de fuir pour échapper à cet engagement, je t'interdis de le faire, précisa mon père. Tu devras répondre à l'appel.

La seule faille que j'aurais pu exploiter venait de disparaitre. J'étais tellement sonnée que je n'arrivais plus à penser.

-__Je m'y engage, dis-je machinalement.

J'avais l'impression de prendre des décharges permanentes. Mon père avait pensé à tout. Je ne pourrai pas le fuir. Je serai obligée de tuer sous ses ordres. Malgré l'horreur de la situation, je devais à mon tour prendre la parole pour sauver mon fils.

-__Tom Elvis Jedusor, vous engagez-vous à me rendre mon fils dès la fin de ce serment, et à nous laisser partir ?

Un sourire mauvais étira les fines lèvres quasi inexistantes de mon père. Son regard était illuminé d'une satisfaction sans borne. Je pouvais presque ressentir son excitation tant elle était forte et imprimée sur ses traits. Lui, le Seigneur des Ténèbres, avait enfin réussi à me plier à sa volonté. Moi, pourtant réputée pour être indomptable, j'avais fini par me courber... par me résigner à obéir. Je l'avais laissé me mettre des chaines. Et en retour, je ne pouvais rien lui demander de plus que ce qu'il m'avait pris. Enzo était le seul que je pouvais sauver. Mon père n'accepterait d'épargner aucune autre vie.

-__Je m'y engage ! dit-il d'un ton victorieux.

Un deuxième filament entoura nos mains. Nous étions définitivement liés. Aucun de nous deux ne pouvait bafouer ses engagements. Le Serment Inviolable punissait de mort ceux qui osaient trahir leur promesse. Et les Horcruxes eux-mêmes ne pourraient rien contre ça. Terminé... j'étais piégée. La louve en moi grondait de rage... mais elle avait désormais une muselière. Je me sentais tenue en laisse... comme un chien. Comme un Mangemort. J'en avais la nausée tant j'étais à la fois dégoûtée et horrifiée. Je savais que le pire était à venir, car désormais, j'étais à nouveau au service de mon père. J'allais devoir tuer pour lui. Fébrile, je n'osai plus croiser son regard. J'étais complètement abattue. Comme une guerrière qui a combattu trop longtemps, en éternelle victorieuse, avant de poser subitement les armes devant son pire ennemi sans même engager le duel. Mon père avait gagné.

Je me dégageai de la main froide de mon père. J'avais la nausée de ce que je venais de faire. Mon père ne m'avait pas encore demandé de tuer les Maraudeurs, mais c'était pire... mon engagement me poussait à tuer n'importe qui. Un nombre illimité de cibles s'offrait à lui. J'avais déjà une idée de leur identité. Tous ceux qui représentaient un obstacle ou une menace seraient condamnés par mon père, et je serai chargée de l'exécution. Alors que je m'étais évertuée à aider la résistance, à protéger mes proches, j'allais maintenant devoir tout détruire. Je me sentais mal. Souillée par ce serment qui faisait de moi le pantin de mon père. A l'époque, je ne tuais que des criminels, ayant des consignes très claires avec mon père... à partir d'aujourd'hui, je pouvais enterrer mon code. Mon père pourrait – et allait se faire un plaisir – de me donner la liste d'innocents qui avaient commis pour seul crime de lui résister.

Assommée, je tentai de me concentrer sur le moment présent. Pour l'heure, je devais sortir mon fils d'ici. Je voulus m'approcher du berceau, mais Nagini se dressa de toute sa hauteur, me menaçant de ses crochets.

-__« Dégage ! » sifflai-je furieusement.
-__« Reste où tu es » répondit le serpent en Fourchelang.

Je lançai un regard mauvais au serpent, me retenant de peu de la brûler vive. J'en mourrais d'envie depuis des années, mais aujourd'hui, ça devenait irrésistible. Le cercle autour du berceau disparut. Bellatrix récupéra Enzo dans ses bras sans douceur, accentuant les pleurs de mon fils. Tout mon corps frémit face à cette maladresse délibérée.

-__Fais-le, dit simplement mon père.

Un sourire victorieux fendit le visage de Bellatrix. Elle ricana en pointant sa baguette sur Enzo avec une joie sauvage.

-__NON ! hurlai-je.

Je regardai mon père, révoltée qu'il me trahisse en se servant de Bellatrix pour contourner le serment.

-__Vous avez fait le serment de me le rendre et de nous laisser partir ! rappelai-je.
-__Tu n'as pas spécifié dans quel état tu voulais le récupérer, fit observer mon père avec un sourire mauvais. Tu es pourtant bien placée pour savoir à quel point les termes d'un contrat doivent être précis.

Il pointa sa baguette sur moi, pour me dissuader d'agir. Je restai figée d'effroi. J'avais commis une terrible erreur. Une erreur qui allait coûter la vie à mon fils. Mon père me tenait en joug d'un côté, et Nagini était prête à m'attaquer de l'autre. Je ne pouvais rien faire d'autre que de regarder Bellatrix avec impuissance.

-__Il faut que tu comprennes... reprit mon père. Ce nourrisson représente une faille intolérable. Regarde-toi... faible et apeurée ! Sans cet enfant, jamais tu n'aurais accepté un tel serment... mais tu l'as fait pour lui. Et puis, en reprenant du service pour moi, tu n'auras plus le temps d'assurer ton rôle de mère.
-__Il ne m'empêchera pas d'accomplir ma mission ! assurai-je. S'il vous plait, ne faites pas ça !
-__Tu as tué trop de Mangemorts pour ne pas payer le prix de ta trahison, rappela durement Bellatrix. Tu ne croyais tout de même pas que tu t'en sortirais aussi facilement ?!

J'étais désespérée, je ne savais pas quoi faire pour éviter ce drame. Supplier mon père était inutile. Au contraire, ce serait une preuve de faiblesse de ma part qui renforcerait sa détermination. D'un geste vif, je pointai ma propre baguette sur ma tempe. Mon geste interloqua mon père, ainsi que Bellatrix qui s'immobilisa. Nagini cracha de fureur, mais n'osa attaquer. Quelque chose de très imprévu s'était produit : moi aussi j'avais trouvé la faille dans mon engagement.

-__Qu'est-ce que tu fais ?! cracha le Lord avec surprise.

Je parvins à détecter une certaine panique en lui. Il ne s'était pas attendu à une telle réaction de ma part. Il n'était pas assez humain pour se rendre compte de quoi était capable une mère pour son enfant.

-__Vous l'avez dit vous-même, soufflai-je. L'amour d'une mère...
-__Dois-je te rappeler que tu n'es pas mortelle ? L'Horcruxe en toi t'empêchera de mourir.
-__C'est pourquoi je ne compte pas me tuer. Je pense plutôt mettre mon esprit dans un état suffisamment lamentable pour que vous ne puissiez plus vous servir de moi !

Mon père m'observait avec une lueur assassine. Ses yeux rouges étaient fixés sur moi, et son visage exprimait clairement la colère. Il devait sûrement se demander si je bluffais ou non. Personnellement, j'étais prête à mettre ma menace à exécution. J'avais accepté le pire pour sauver Enzo... mais s'il mourait, en plus de le perdre, mon sacrifice aura été vain. Autant ne pas donner à mon père ce qu'il voulait.

-__Maître ? appela Bellatrix, attendant ses ordres.

Mais mon père ne répondit pas. Il continuait de me fixer intensément, et je ne cillai pas. Je savais qu'il était en train de réfléchir à un moyen de me désarmer. Je serrai ma baguette si fort que j'en avais les doigts engourdis. Je bloquai mon esprit, pour que mon père ne puisse pas y accéder. Le souffle court, je me préparai à ressentir la pire douleur de ma vie. J'étais déjà en train de songer au sort que je me lancerais si mon père refusait de céder. J'en connaissais un très efficace.

-__Quelle est votre décision ? demandai-je avec défi. Vous préférez m'avoir dans vos rangs ou que je me condamne à être un légume que vous serez obligé d'achever ?

Je ricanai avec une certaine démence dans la voix.

-__Le serment ne servira à rien si je ne suis plus apte à le tenir, enfonçai-je.

Le Lord eut un sourire amer en coin. Je l'avais eu. Il n'avait pas totalement réussi à me piéger. De mauvaise humeur, il fit signe à Bellatrix d'abandonner, et il siffla à Nagini de s'éloigner. Il le faisait à contrecoeur, c'était une certitude. D'ailleurs, il devait sans doute encore réfléchir à un moyen de finir le travail. Mon père n'était pas du genre à lâcher le morceau facilement. Je ne baissai donc pas ma baguette, m'attendant à une nouvelle tentative de sa part.

-__Vous aviez dit qu'elle paierait ! se révolta Bellatrix.
-__Il existe d'autres moyens, assura le Lord. Rends-lui l'enfant.

Bellatrix obéit à regret. Je lus la déception dans ses yeux fous. Son plaisir de tuer un bébé avait été gâché. Elle me dégoûtait. Sa cruauté n'avait pas plus de limite que sa folie. Elle était aussi monstrueuse que mon père. Peut-être même plus, car elle n'agissait que pour le plaisir.

-__Avant que tu t'en ailles, je tiens à ce que tu connaisses l'identité de ta première cible, lança mon père avec un sourire cruel.

Mon c½ur battit plus fort que jamais. A défaut d'avoir pu tuer mon fils, j'étais quasi certaine qu'il allait me demander de tuer Remus. C'était évident. Ce serait sa plus cruelle victoire sur moi. Je le connaissais suffisamment pour deviner que cette idée lui flottait en tête depuis qu'il avait posé les yeux sur mon fils. C'était l'occasion parfaite pour lui de réaliser sa vengeance de la pire des manières. Les secondes qui s'écoulèrent dans le silence me furent pénibles. Je redoutais le nom qu'il allait prononcer. Mon père en jouait. Il avait pris le dessus.

-__Albus Dumbledore.

Je n'aurais su dire si j'étais soulagée ou non. J'étais incapable de penser à autre chose que ma fuite. Il fallait que je sorte de ce maudit manoir, que j'éloigne Enzo de ces fous, et que je le mette à l'abri. Le reste viendrait après. Alors sans plus tarder, je pris mon fils d'une main, menaçant toujours ma vie de l'autre.

~ Point de vue général ~


Le Lord regarda Prue sortir avec son fils. Il était frustré qu'elle ait réussi à avoir le dernier mot, et choqué qu'elle ait pu envisager de retourner sa propre baguette contre elle. C'était très surprenant de la part d'une telle survivante. Et pourtant, il savait qu'elle ne bluffait pas. Elle était prête à se détruire. L'amour avait creusé une immense faiblesse dans sa carapace, la rendant vulnérable. Bellatrix amorça un pas pour suivre son ennemie, mais le Lord la retint.

-__Laisse-la partir, ordonna le Seigneur des Ténèbres.
-__Elle n'a pas payé pour sa trahison ! rétorqua Bellatrix.
-__Elle paiera à chaque cible qu'elle devra abattre. Crois-moi.
-__En attendant, elle repart libre avec son fils !
-__Nous ne pouvons pas lui enlever. Pas encore. Prue serait capable de se mettre hors d'état de combattre... voire de désobéir volontairement au Serment pour se condamner à mort. J'ai besoin d'elle opérationnelle.

Le Lord savait que Prue n'était pas mortelle. Bien qu'il ne porte plus en lui l'Horcruxe de sa fille, détruit pendant la Glorieuse Bataille, elle portait encore le sien. Tant que ce fragment d'âme était accroché à elle, elle serait capable de survivre à la plupart des morts. Le seul point faible était le sortilège de mort lui-même, qui pouvait détruire l'Horcruxe, et le Serment Inviolable, qui la tuerait probablement à chaque résurrection, la condamnant à un cycle infernal dont elle ne pourrait pas sortir. Pour le bien de ses projets, le Lord n'avait aucun intérêt à la pousser au suicide, ou à la désobéissance. Il devait lui donner des cibles utiles pour la victoire de la guerre, mais pas assez personnelles pour qu'elle se condamne. C'était une situation très fâcheuse d'ailleurs, car s'il y a bien une personne que le Lord avait envie de désigner, c'était ce maudit Remus Lupin. Cet Auror lycanthrope méprisable. Lui... Sirius Black, James Potter, et tous ces Aurors qui tentaient de faire obstacle au Seigneur des Ténèbres. En plus de débarrasser le Lord, ça aurait été le juste châtiment de la trahison de Prue. A la place, le Lord devait encore prendre son mal en patience, et attendre le bon moment.

Et ce moment, le Lord était persuadé qu'il arriverait très bientôt. C'est vrai, il avait commis une erreur. Il pensait avoir tout prévu dans les termes du Serment Inviolable : pouvoir tuer n'importe qui, empêcher Prue de s'en prendre aux Mangemorts ou à lui, lui interdire la fuite... mais il n'avait pas pensé à lui interdire de se rendre incapable de tenir ses engagements. Une erreur à corriger rapidement pour empêcher Prue de faire du chantage avec sa vie à chaque ordre déplaisant à ses yeux. Cela reviendrait à rendre le serment nul, et il n'en était pas question.

-__Heureusement, cette erreur sera vite réparée, reprit le Lord. Grâce à l'atout qu'il nous reste...

Bellatrix déglutit péniblement. Elle tâcha de rester naturelle, mais la crainte venait de l'envahir subitement. Elle n'avait pas encore annoncé à son Maitre la fuite des Malefoy. Elle avait gardé espoir de retrouver sa s½ur avant qu'il s'en rende compte. Elle n'avait plus beaucoup de temps désormais.

-__Contacte ta s½ur Bellatrix, ordonna le Lord. Dis-lui que si elle ne ramène pas ce que je lui ai demandé demain, je m'occuperais moi-même d'elle, de son mari, et de son fils. Est-ce bien clair ?
-__Oui Maitre, répondit Bellatrix le souffle court.
-__Où en est le plan d'évasion d'Orion ?
-__Nous y travaillons encore. Le Ministère est très bien protégé, le niveau de sécurité est encore plus élevé qu'auparavant.
-__Hmm... Tracker validera le plan avant de passer à l'action.
-__Pourquoi ne pas lui avoir demandé de le faire aujourd'hui ?
-__Elle n'a pas l'esprit suffisamment clair pour préparer une opération aussi délicate. Elle a subi trop de chocs aujourd'hui... elle n'est pas apte, et je tiens absolument à faire libérer Orion. En plus de le récupérer, ce sera un coup d'éclat au Ministère lorsqu'ils se rendront compte que nous sommes capables de venir jusqu'au c½ur du QG des Aurors. Une humiliation qui montrera une fois encore notre puissance et notre détermination.

Le Seigneur des Ténèbres sortit sur ces mots, sûr de lui. L'avenir était clair à ses yeux. Il savait quel chemin suivre pour réussir cette fois. Dans quelques mois... l'Angleterre sera à lui, et le pouvoir entre ses mains. Avec sa fille de retour dans ses rangs, il pourrait peut-être même en finir plus tôt que prévu. Cette perspective le réjouissait. Tracker était la dernière véritable menace mortelle pour ses projets, et il venait de régler le problème avec brio en le tournant à son avantage. Désormais, sa victoire était inévitable. Peu importe le nombre de résistants... son armée était plus forte, et il était lui-même immortel. Rien ne pouvait le vaincre.


| Planque de Tracker |

~ Point de vue de Prue ~


J'arrivai dans ma planque comme dans un état second. Je serrai mon fils contre moi, le souffle court. J'étais tellement sous le choc de mon serment que tout sentiment m'avait quitté. Je n'arrivais même pas à être soulagée d'avoir sauvé mon fils. Le prix était trop élevé. Mon père pouvait désormais me pousser au meurtre de n'importe qui. Et en retour, je ne pouvais rien contre lui, ni ses Mangemorts. Pire... je ne pouvais pas fuir. Il n'y avait aucune issue. J'étais obligée de redevenir l'instrument de mon père.

Mes retrouvailles avec Remus tournaient au drame. Pendant quelques heures, j'avais eu la joie de le savoir en vie. J'avais même caressé le doux espoir de le retrouver. Maintenant, c'était foutu. Je ne pourrai jamais le retrouver vraiment. Mon père m'ordonnerait bientôt de le tuer. Ce sale monstre se faisait sûrement un plaisir de me torturer l'esprit en me laissant dans l'attente de ce moment fatidique. Je l'imaginais déjà se délecter à l'idée de me donner cet ordre.

Je transformai une table basse en berceau, où je déposai mon fils avec soins. Les larmes me montèrent aux yeux en le regardant, et je fus incapable de rester debout plus longtemps. Je reculai et m'assis par terre, vidée de mes forces. J'étais complètement abattue. Le peu de combativité que j'avais retrouvé face à Orion pour venger Diego venait d'être soufflé par les engagements prononcés. L'avenir me terrorisait désormais. Comment protéger ceux qui m'étaient chers ? Comment éviter la tragédie ? Rien ne me venait. Le serment conclu avec mon père était parfait. Je ne voyais pas de faille.

J'étouffai un sanglot, avant de craquer complètement. J'allais tout perdre... absolument tout. Et comme si ce n'était pas suffisamment terrible, j'allais aussi livrer l'Angleterre à mon père en éliminant les seuls véritables obstacles à sa prise de pouvoir. A commencer par Albus Dumbledore... le plus grand rival de mon père.
La culpabilité vint s'ajouter au sentiment d'horreur que j'éprouvais. Pour sauver mon fils, j'allais faire de nombreuses victimes innocentes. La nausée m'envahit, et je ne pus m'empêcher de rejeter le peu de nourriture que j'avais avalée dans la journée. La peur et le dégoût me nouaient les entrailles. J'avais envie de hurler mon désespoir, mais aucun son ne sortait. J'étais exténuée. J'avais subi trop de chocs aujourd'hui. La mort de Diego... l'enlèvement de mon fils... mes retrouvailles avec les Maraudeurs... la tentative d'assassinat de mon fils... et ce serment. Ce terrible serment. Le poids accablant de mes engagements était déjà insoutenable. Je me sentais incapable de le respecter. Il fallait se rendre à l'évidence, ce n'était même pas envisageable. Je ne supporterai plus de vivre si je devenais le bras armé de mon père. Alors la solution était plutôt évidente... je devais exploiter l'unique faille laissée par mon père : me rendre incapable de combattre. Mourir.

Mes larmes cessèrent de couler subitement. La perspective de la mort n'avait plus rien d'apaisant. Ce matin encore, en découvrant le corps de Diego, j'aurais tout donné pour en finir. Désormais, j'étais brisée d'en arriver là. J'avais eu l'espoir de reprendre ma vie... d'élever mon fils... d'avoir une seconde chance avec Remus. Cet espoir avait été de courte durée. Je ne pourrai jamais réaliser ce rêve. Mais si c'était le prix à payer pour sauver les Maraudeurs et le pays de la destruction... j'étais prête à me sacrifier. C'était la meilleure chose à faire.

Je me relevai, le corps fébrile et l'esprit engourdi. Enzo avait retrouvé son calme habituel. Je me penchai sur lui pour arranger sa couverture, le c½ur douloureux.

-__Tu devras être fort, soufflai-je à Enzo en lui déposant un baiser sur le front.

La fin du chemin était claire à mes yeux désormais. Mon père avait raison sur un point : je ne pourrai plus assurer mon rôle de mère. Il fallait que je trouve une personne de confiance... quelqu'un qui pourrait s'occuper de mon fils. Quand ce sera fait, il ne me restera plus qu'à redevenir mortelle, et mourir pour de bon. Mon père ne pourra pas se servir de moi et il perdra un Horcruxe avec ma destruction. Pour le reste, je comptais sur Dumbledore et Lyall pour achever la quête des Horcruxes. Pour laisser une chance à ceux que j'aimais de vivre, et de remporter la guerre... je devais quitter la partie.
Chapitre 11 : Un terrible serment
La dernière fois que je vous ai fait un coup pareil, c'est à la fin du tome 2... quand tout a basculé. And... I did it again !!! Mouhahaha ! Pardonnez-moi, je sais qu'avec le dernier chapitre, il y avait pas mal d'espoirs... mais vous comprenez... les choses ne pouvaient pas devenir simples. Cette guerre, c'est la dernière manche de la partie... alors préparez-vous à emprunter un chemin obscur et mystérieux d'ici la fin de l'aventure !
Evidemment, vos réactions et attentes pour la suite sont attendues. Qui sait ? Peut-être que j'en tiendrais compte dans l'intrigue ...  ;)  (au passage, ça s'est déjà produit pour ce tome, vous vous en rendrez compte un peu plus tard). 

Tags : L'histoire d'un assassin - Partie 2 : La (re)naissance de l'Assassin - tome 3

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Comments :

  • LeMaitreDesLieux

    25/04/2018

    C'est un chapitre vraiment important de ton histoire qui rebat toutes les cartes. Personnellement, je ne vois pas comment Prue peu s'en sortir sans se donner la mort comme elle projette de le faire. Avec le Serment Inviolable qu'elle a passé avec son père, elle n'a plus d'échappatoire ... Je pense que Prue va demander de l'aide à Lily ou Julie. Je ne vois pas à qui d'autres elle pourrait confier Enzo.

    Bonne journée :)

  • MikaWolfeHP

    21/02/2018

    Ahhhhh!!!! Mais non!!!!! Pourquoi tu nous fais ça?!?! Mais elle va trouver une solutio cest certain! Cest Prue-Tracker! Avec ses deux personnalités, elle est capable de tout! Je suis sur que tu vas twister ça, du genre sa soeur revient, elles règlent une bonne partie des problemes, puis fin tragique pour Prue mais les autres sont saufs. ...
    M'enfin...
    Je veux revoir Jack :') please! Que Prue et Jack se retrouve! :3 jmennuie de ses conseils ^^
    Et j'espère au moins qu'elle reparlera aux Maraudeurs! En tant que Prue! Et qu'ils apprennent à propos de sa double personnalité! Ça serait interessant :o :D
    Tu me fais tjrs vivre autant d'émotions, cest intense!

  • Harry-Potter-generationx

    17/02/2018

    Bon alors, ce chapitre aussi je me suis mis en PLS ! Aucune pitié pour nos sentiments à nous, tes fidèles lecteurs !! :'(

    C'était beaucoup trop simple ! J'arretais pas de le dire ! Mais merde !!!! :'(
    Les pouvoirs de Prue reviennent petit à petit, peut être avec sa volonté !
    Je pense que Prue à commis une erreur en jetant sa grenade dès l'ouverture de la porte, elle aurait du jeter un simple sort avec un effet semblable et garder la grenade en réserve au cas ou, ca aurait pu lui servir. Mais bon, on verra bien ce que tu nous réserve pour la suite ! :D

    Ne JAMAIS faire confiance à Voldemort et as ses mangemorts ! Ils trouvent toujours un moyen pour contourner les promesses / serments inviolables et autres ! Elle s'est laissé avoir comme une bleue mais d'un coté, elle ne pouvait pas réfléchir sainement avec son fils en danger de mort imminente juste devant elle ...
    Bon, elle aussi à trouver une faille à son serment c'est bien ! Un bon début !

    Après, le serment, ne l'empêche pas de révéler la vérité. Quelle a été contrainte à un serment inviolable, demander de l'aide, demander a Dumbledore ou Lyall ou n'importe qui de détruire l'horcruxe dans son corps ect ...

    Pour confier Enzo à quelqu'un, j'avais penser a Lily mais elle devrait lui expliquer le pourquoi du comment et du cou, c'est compliqué. Après j'ai pensé à Julie Nowen et Jack (qui sont en couple rappelons le, de plus, tu as dit dans une réponse à un commentaire que Prue allait les retrouver ...) mais pour ces deux options c'est trop évident. Voldemort pourrait le retrouver facilement. Après il y a peut etre Roy (même si tu n'as pas prévue de le faire réapparaitre) mais lui aussi, si jamais, il aura pas le niveau pour protéger le petit ... Rha !!!

    Après, je ne crois pas que tu vas tuer Prue dans les prochains chapitres. Il y a trop de mystères encore, que s'est-il passé le soirée des 5 ans de Prue ? Pourquoi son esprit à été altéré ? Pourquoi les Nowen ressemblent tellement physique à la maman et la soeur de Prue ? Ainsi que leur histoire ? Sans parler de cet enc*lé de premier ministre moldu avec son armée de sorcier contrôlés par la puce ? Prue ne pourrait jamais laisser passer ça !!!

    Tu as encore beaucoup trop de chose à apprendre à Prue et à lui faire faire pour la tuer tout de suite. TU NE PEUX PAS ! Je n'accepte pas !! xD

    D'ailleurs, tu ne voudrais pas publier les chapitres toutes les semaines et pas toutes les deux semaines ? C'est vraiment sadique de nous laisser mariner si longtemps !!! :'(
    J'essaie de te faire du chantage affectif la, mais je ne suis pas sûre que ça fonctionne des masses xD

    Bon bah voila, j'ai tout dit et j'ai rattrapé mon retard !!
    J'ai vraiment hâte de lire la suite !
    A la prochaine !!
    Bise
    Camille

  • Harry-Potter-generationx

    17/02/2018

    Hello ! Ravie de voir que tu publies les nouveaux chapitres un peu en avance :p
    Bon, vu que ça fais deux chapitres que je n'ai pas commenté, je vais répondre et commenter ce que je dois et je reviens ;)
    A plus !! :D

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