Chapitre 12 : Révélations

« Certaines révélations donnent une vision nouvelle des choses. Cependant, même si elles apportent la vérité, elles ne font que rendre les décisions plus difficiles à accomplir.»

Chapitre 12 : Révélations

| 24 mars 1988 – 7h |


Je n'avais pas fermé l'½il de la nuit. J'étais détruite à l'idée de devoir mettre fin à mes jours. Il n'y avait pas de plus cruel châtiment de devoir se sacrifier dans ces conditions. Je n'avais même pas le temps de goûter au bonheur de retrouver Remus... ni les autres Maraudeurs, ni Jack... les Noven... personne. Ils me croyaient morte depuis sept ans, et c'est maintenant que je pouvais les retrouver que je devais mourir pour de bon, sans espoir de retour. Quant à mon fils... la simple idée de l'abandonner me taillait le c½ur. J'aurais tellement voulu le voir grandir... et l'accompagner dans toutes les étapes importantes de sa vie. Je n'assisterai même pas à son premier anniversaire. Je n'entendrai pas ses premiers mots. Je ne verrai pas ses premiers pas. Et lui... il n'aura aucun souvenir de ses parents. Tout ce que je pouvais faire pour lui désormais, c'était lui trouver une nouvelle famille. Des personnes de confiance avec qui il pourra grandir en sécurité. Je ne pouvais pas me résoudre à le placer dans une institution. Pourtant, j'avais beau chercher, je ne voyais pas à qui confier mon enfant. Mon entourage proche était exclu : trop près de la guerre, ou du milieu criminel... et trop exposés aux Mangemorts. Bellatrix voulait la vie de mon fils... je l'avais vu dans ses yeux... il fallait que je le mette en sécurité.

Je fis mentalement le tour des personnes à qui je faisais confiance, désespérant à chacune d'elles de constater que ce n'était pas possible. Jusqu'à ce que la réponse me frappe comme un éclair. Je me redressai sur mon fauteuil, l'espoir retrouvé. Il y avait effectivement quelqu'un en qui j'avais confiance qui pourrait très bien s'en occuper. Quelqu'un qui n'était pas mêlé à la guerre, ou à des activités dangereuses. Quelqu'un que Bellatrix ne songera pas à aller voir, ni aucun autre Mangemort. Je m'appuyai sur le mur, soulagée. J'avais trouvé la bonne personne... maintenant, le plus dur serait de la convaincre d'accepter.

Mon fils s'éveilla doucement, me sortant de mes pensées tortueuses. Il avait dormi paisiblement sans interruption. Mon c½ur se serra en voyant ses yeux pétiller avec joie. Il avait les mêmes yeux que son père... le même bleu intense. Je ne me lassais jamais de le regarder sourire. Ce matin pourtant, c'est de la douleur qui m'envahit en posant mes yeux sur lui. J'allais bientôt le perdre lui aussi. Alors je profitai de lui encore un peu, le couvrant de tendres baisers. Je finis par me résoudre à le laisser momentanément, dès qu'il se rendormit. Ma planque était suffisamment sécurisée pour le protéger pendant une courte absence. Personne ne pouvait le trouver ici.
 

| . . . |


Je me tenais devant la porte, ne sachant que faire. A mes yeux, venir ici était la meilleure chose à faire. Mais elle... qu'en penserait-elle ? Accepterait-elle de m'aider, alors que j'avais fait la morte pendant sept ans ? Je ne savais pas comment aborder la chose. Devais-je continuer à jouer la comédie... ? A cacher ce que j'avais de plus terrible ? Ou tout avouer ? Mon c½ur dérailla à cette pensée. Si je faisais ça... si je révélais les secrets de mon existence, je perdais ma seule chance de confier mon enfant à un proche. Elle refusera d'aider un monstre de mon espèce si elle découvrait la vérité.

La porte s'ouvrit soudainement, me faisant sursauter. La femme aussi poussa un cri de surprise en me voyant. Et puis elle me reconnut, et ce fut l'effarement total. Je fus incapable de prononcer le moindre mot tant j'étais troublée moi aussi.

-__Prudence ?! s'étouffa Julie Noven. Tu es en vie !

J'ouvris la bouche, mais à nouveau, aucun son ne sortit. Je ne savais pas quoi dire. Julie ne semblait pas vraiment croire à ma présence. Un peu comme moi avec Remus. Elle me regardait comme un fantôme. Et moi, je n'avais pas les mots. Que pouvait-on bien dire à une personne qui vous croit morte depuis sept ans ?

-__Je suis désolée de revenir ainsi, m'excusai-je à voix basse.

Julie sortit enfin de sa stupeur. Elle me prit dans ses bras avec élan, sincèrement heureuse de me revoir. C'était bon de retrouver quelqu'un à qui je tenais. Je la serrai également contre moi, essayant de faire passer dans cette étreinte ce que je ne parvenais pas à formuler. Elle m'avait manquée elle aussi.

-__J'ai cru ne jamais te revoir... avoua Julie. Tout le monde te croit morte. Viens, entre !

Dès que je franchis le seuil, Hélène arriva à son tour dans l'entrée. Elle laissa tomber sa tasse en me voyant, qui s'écrasa sur le sol dans un bruit fracassant. Je m'en voulus de faire mon retour ainsi, sans le moindre ménagement. Elle sembla recevoir un violent choc.

-__Prue ! s'écria Hélène.

Elle me sauta littéralement dans les bras, me réchauffant le c½ur. Je ne pensais pas les Noven si attachées à ma personne, mais c'était bon de le découvrir. Je les avais toujours appréciées, sans jamais leur démontrer. Je m'en voulus de les avoir blessées, en restant dans le silence. J'avais laissé tant de personnes derrière moi... dans cette vie. Je leur avais fait tant de mal en restant dans l'ombre pendant tout ce temps. J'en avais conscience auparavant, mais c'était plus saisissant maintenant que j'étais en leur présence.

-__Les Mangemorts... tu t'es échappée ? demanda Hélène d'une voix blanche.

Je me séparai d'elle doucement, prenant soin de détourner les yeux. Je n'arrivais pas à lui faire face.

-__Oui, répondis-je.
-__Tu as besoin de soins ? Qu'est-ce qu'ils t'ont fait ?!
-__Ça va, assurai-je. Je ne suis pas blessée.
-__Tu n'as pas l'air bien pourtant.

Je ne répondis pas. C'est sûr qu'avec tout ce qui s'était passé en 24h, j'avais de quoi aller mal. La mort de Diego, l'enlèvement de mon fils, mes retrouvailles surprises avec les Maraudeurs, le serment avec mon père, la tentative de meurtre de mon fils... et maintenant le pur et simple abandon de mon enfant, avant le suicide. Je préférais ne pas croiser un miroir. Je devais avoir une mine épouvantable. La mine d'une personne qui met tout en ordre avant de mourir.

-__C'est une longue histoire, soufflai-je.
-__Alors viens t'asseoir !
-__Hélène, doucement, calma Julie.

J'adressai un regard empli de reconnaissance envers Julie. J'admirai la sagesse dont elle faisait preuve dans un moment pareil. Elle conservait son calme, même si elle brûlait d'envie autant que sa fille de me poser des questions.

-__Viens, entraina Hélène.

Je la suivis jusqu'au salon. Elle m'invita à m'asseoir dans un fauteuil, mais je ne pouvais pas tenir en place. Je préférai rester debout. Mon niveau de stress venait d'augmenter subitement. J'étais mal. Si mal.

-__Comment as-tu fait ? demanda Hélène.
-__Quelqu'un est venu me sauver.
-__Qui ?!
-__Diego. Il y a cinq ans.

Nouveau choc pour elles. Elles me regardèrent avec stupéfaction.

-__Cinq ans... ? souffla Hélène.
-__Je suis sincèrement désolée de vous avoir laissées sans nouvelle... mais j'étais trop...

« Lâche » terminai-je dans ma tête.
J'avais beau tourner les faits dans tous les sens, c'était la seule réponse sincère. Rien ne pouvait justifier mes actes. J'avais laissé derrière moi des personnes qui m'aimaient. Je les avais abandonnées. Je me détournai, essayant de dominer mes émotions pour ne pas craquer.

-__Je ne pouvais pas revenir, me contentai-je de dire.
-__Tu avais sûrement de bonnes raisons, devança Julie en voyant que sa fille allait répliquer.

Une fois de plus, j'appréciai la compréhension dont faisait preuve Julie. Elle écoutait plutôt que de blâmer. Mais cela ne suffisait pas à Hélène. Elle semblait vouloir des réponses.

-__Alors pourquoi es-tu revenue aujourd'hui ? demanda Hélène sans réussir à cacher une certaine froideur.
-__J'ai besoin de votre aide.

Hélène me sonda d'un regard plus dur qu'à l'ordinaire. Et je la comprenais. J'avais fait le choix de partir... de renoncer. Ce n'est que par nécessité que je revenais... alors à leur place, j'aurais également du mal à encaisser.

-__Nous t'écoutons, encouragea Julie.
-__J'ai passé ces cinq dernières années à fuir la guerre... et mes responsabilités. Je ne voulais plus me battre. C'est pour ça que je suis restée loin de l'Angleterre... et de tous ceux que j'aime. L'exil était mon espoir de paix.

Je déglutis péniblement en y songeant. Comment avais-pu croire en une telle illusion ?

-__Mon adversaire m'a retrouvée... et a brisé cet espoir. Je n'ai pas d'autre choix que de reprendre le combat là où je l'ai laissé. Seulement... j'ai aussi un fils à protéger.

Julie et Hélène furent tellement surprises qu'elles furent incapables de parler. Elles me regardaient seulement avec stupéfaction.

-__Il s'appelle Enzo, soufflai-je. Il a huit mois.
-__Tu as besoin qu'on le garde, comprit Julie.
-__Je refuse de le confier à une institution... il faut... il faut qu'il soit avec des personnes de confiance. En sécurité. C'est très important. Mes ennemis ne doivent pas le retrouver.

Il y eut un blanc de plusieurs secondes. Elles étaient assez sonnées par ma demande. C'était une lourde tâche que je leur confiais... j'en avais conscience.

-__Je ne le garderai qu'à une condition, prévint Julie.
-__Tu veux savoir la vérité, devinai-je.
-__Oui... je veux savoir qui sont tes ennemis... et quel est ce combat si terrible que tu dois mener.

J'eus un rire nerveux en me détournant d'elles une fois de plus. Je me doutais que je ne pourrais pas éviter ce récit. J'étais sur le point de leur confier un enfant... sûrement pour toujours. Elles avaient le droit de savoir pourquoi elles allaient devenir la nouvelle famille de mon fils.

-__Prue, appela doucement Julie. Tu peux tout nous dire.

C'est ce que les gens pensent tout le temps... être capables de tout entendre. C'est faux. On ne peut pas conter l'histoire d'un assassin sans qu'il y ait de conséquences. Je risquais de les perdre... car la réaction la plus normale serait de me chasser. Que je disparaisse de leur vie, et que j'amène loin mes problèmes. Très loin. J'avais beau m'être convaincue que venir ici était la meilleure solution, maintenant que j'étais au bord des aveux... je n'en étais plus aussi sûre. Leur réaction risquait d'être terrible.

-__Quand j'avais cinq ans... un groupe criminel a attaqué ma famille, commençai-je. J'ai perdu ma mère et ma s½ur ce soir-là. Quant à moi... j'ai été amenée de force dans une sorte de camp pour enfants. Un camp où nous étions torturés... maltraités... nous étions malgré nous entraînés au combat, pour devenir des soldats.

Les Noven furent stupéfaites. Julie en eut même les larmes aux yeux tant elle était sous le choc.

-__Quoi ? Qu'est-ce que tu racontes ? s'étouffa Julie horrifiée.
-__Vous avez sûrement entendu parler des nombreux enfants qui ont été enlevés, repris-je. J'en faisais partie. Au début, j'ai essayé... de ne pas devenir le monstre qu'ils voulaient voir en moi. Mais c'est arrivé. J'ai cédé. J'ai commencé à tuer... par vengeance.

Je baissai les yeux, le c½ur battant très fort. Je n'osais plus regarder mes amies en face. L'expression qu'elles affichaient était trop douloureuse. Elles étaient à la fois sous le choc, et sur le point de craquer.

-__J'ai tendance à dire qu'une bête est née en moi la première fois que j'ai tué... une bête animée par une rage profonde, et une soif de vengeance intarissable. Bon nombre d'entre nous se laissaient tuer... ou n'avaient pas la force de se battre. Moi au contraire, je voulais survivre. Pour faire payer nos bourreaux. Je supportais chaque supplice en m'accrochant à cette promesse de mort.

Nouveau silence. Mon c½ur battit encore un peu plus fort.

-__Un soir, je me suis évadée. Le hasard a voulu que mon père me retrouve ce jour-là. Il s'appelle Tom Jedusor... mais vous le connaissez mieux sous le nom de Lord Voldemort.

Julie déglutit péniblement, mais elle ne m'interrompit pas pour autant. Hélène brûlait de me poser des questions, mais elle était trop absorbée par mon récit pour m'interrompre.

-__A cette époque, Voldemort était toujours dans l'ombre. Il était en plein recrutement. C'était la phase de préparation.
-__Tu es restée à ses côtés ? ne put s'empêcher de demander Hélène.
-__Oui... mais il n'a jamais été un père pour moi. Quand il a su ce que j'avais vécu... il était furieux. Mais il y a aussi vu de l'intérêt. A la sortie du camp, la seule chose que je désirais, c'était acquérir les compétences nécessaires pour réaliser mon rêve de vengeance. Mon père m'a offert cette formation. C'est comme ça que je suis devenue ce que l'on appelle... une tueuse professionnelle.

Julie et Hélène me regardaient avec effarement, sans voix. Elles étaient tellement sonnées par mes révélations qu'elles ne dirent pas un mot. C'est comme si je les avais tuées mentalement.

-__Une tueuse professionnelle ? souffla Hélène d'une voix blanche.
-__Je sais... c'est... monstrueux. Mais à mes yeux, seul un prédateur peut en tuer un autre... alors c'est ce que je suis devenue. Et je me suis rendue compte que mon esprit de vengeance allait bien au-delà du motif personnel. Chaque fois que j'avais connaissance d'un tueur qui échappait aux flics... je me faisais un devoir de l'éliminer.
-__Quel rapport avec ton père ? demanda Julie.
-__J'étais capable de commettre un meurtre en toutes circonstances. Du moment que ma cible n'était pas innocente, il pouvait me demander de tuer n'importe qui, je le faisais.
-__Je ne vois pas l'intérêt pour lui...
-__Mon père n'était qu'un intermédiaire entre une agence de tueurs à gages, et moi. Chaque mission me rapportait beaucoup de Gallions... et mon père prenait une commission dessus. Ça lui a permis de financer une grande partie de ses projets. Il m'arrivait aussi de tuer pour lui. Des rivaux criminels, des traîtres...
-__Des nés-moldus, termina durement Hélène.
-__...J'en ai tué cinq, avouai-je douloureusement. Je les regretterai toute ma vie. A l'époque, je croyais que mon père disait la vérité quand il considérait les nés-moldus comme des voleurs de magie. Je ne connaissais rien du monde... j'avais grandi dans un cachot avec des fous furieux... Je n'avais aucune culture. Rien. Alors j'ai cru les paroles de mon père. Je pensais faire le bien.

Les deux femmes se mordirent la lèvre en même temps. Comme si elles pensaient toutes les deux à la même chose qui leur faisait mal. Moi j'avais le c½ur en miettes de leur raconter tout ça. De leur révéler qui j'étais. Hélène m'en voulait, je le voyais dans ses yeux. Quant à Julie, je lui faisais tant de peine qu'elle ne semblait pas avoir la force de s'énerver. Elle était effondrée.

-__A quel moment as-tu percuté ? demanda Julie.
-__Quand mon père m'a envoyée en mission d'infiltration à Poudlard. Il fallait que je me rapproche de personnes, surnommées les Maraudeurs. Vous les connaissez bien...

Les deux femmes sursautèrent violemment. Elles me supplièrent silencieusement de ne pas dire que tout était faux.

-__C'est à partir de là que j'ai découvert le monde tel qu'il était vraiment. Peu à peu... j'ai vu au-delà du mensonge de mon père. J'ai compris qu'il faisait une erreur, et au final, je l'ai trahi.
-__Alors... ta vie avec les Maraudeurs, ton poste d'Auror... commença Hélène.
-__C'était censé être une mission... mais c'est devenu ma vie. 

Elles furent à peine soulagées par ma réponse. Elles sentaient que le pire était à venir... car jusqu'à maintenant, ce n'était qu'une introduction pour qu'elles comprennent le c½ur du problème. Tout ce que j'avais dit n'expliquait ni mon retour, ni la nécessité de garder mon fils.

-__Pourquoi tu n'as pas tué ton père ? s'étonna Hélène. Quand tu as compris qu'il mentait et qu'il était dangereux...
-__Il n'est pas mortel. Il a fabriqué des Horcruxes.

Hélène sursauta d'effroi. Julie s'assit dans le fauteuil, fébrile.

-__DES Horcruxes ? répéta Julie.
-__Probablement six.
-__Par Merlin...
-__J'ai partagé ce secret avec des membres de la résistance, continuai-je. Ensemble, nous avons cherché les Horcruxes.
-__Vous les avez tous trouvé ? demanda Julie.
-__J'ignore où en sont mes alliés dans cette quête... mais je sais qu'il en reste au moins deux intacts.

Mes amies me regardèrent avec appréhension.

-__...Je porte l'un d'eux en moi, terminai-je.
-__NON ! cria Julie avec douleur.

Je sentis une pointe immense s'enfoncer dans ma poitrine. Tandis qu'Hélène me regardait avec incompréhension, Julie avait saisi la portée de mes mots. Elle savait ce que ce lien impliquait, et c'est comme si je lui avais déchiré le coeur en lui révélant. 
 
-__Quelles sont les conséquences ? s'inquiéta Hélène en voyant la réaction de sa mère.
-__Le soir de mon évasion du camp, j'ai été gravement blessée. J'étais trop proche de la mort pour être guérie sans recours à la magie noire. Voldemort a échangé un fragment de nos âmes respectives. Ainsi, il devenait mon Horcruxe, et moi le sien, nous rendant tous les deux immortels. Ce lien s'est partiellement brisé le jour de ... ma capture. Voldemort a reçu un sortilège de mort, détruisant mon fragment d'âme. Etant donné que je porte encore le sien, je suis toujours immortelle.
-__L'Horcruxe immunise aussi le porteur ? s'étonna Hélène.
-__Indirectement, oui, répondit Julie entre deux sanglots. Pour préserver l'âme qu'il renferme, un Horcruxe est doté de grands pouvoirs de protection. Un sorcier censé ne confierait son âme qu'à des objets, qu'il serait quasiment impossible de détruire... mais Voldemort a confié une parcelle de son âme à un être vivant. Ça revient à rendre le porteur presque immortel. Dans les deux cas, il faut recourir à une magie très puissante pour détruire un Horcruxe... à tel point qu'il soit incapable de régénérer. 

J'étais tout simplement scotchée que Julie ait de telles connaissances sur le sujet. Comme une guérisseuse, devenue légiste, pouvait en savoir autant sur la magie la plus noire du monde ? Une magie dont aucun livre ne parle en détail.

-__Alors, pour détruire l'Horcruxe qui est en toi... comprit Hélène.
-__Mon corps doit l'être aussi, de manière irrémédiable, terminai-je.
 
Ce fut au tour d'Hélène de s'effondrer sous le poids de cette révélation. Je n'aurais jamais cru leur infliger une telle souffrance. Hélène prit sa mère dans ses bras, complètement assommée. Je les observai en silence, le c½ur à vif. J'avais l'impression de leur enfoncer une lame à chaque parole prononcée. Je restai immobile, ne sachant pas quoi faire. La seule façon de cesser le massacre serait de me taire... de cesser de dévoiler une vérité toujours plus sombre et mortelle. Mais elles avaient demandé à savoir... alors elles savaient. J'étais condamnée à mort. J'avais une chance de survivre du temps de la première guerre... lorsque j'étais à l'apogée de ma puissance, et que je maîtrisais le jeu. Même si la résurrection semblait difficile à en juger par le corps mutilé de mon père... j'aurais pu réussir. Il y avait un espoir. Aujourd'hui, non. Tout simplement parce que le problème n'était pas seulement l'Horcruxe en moi... mais le Serment Inviolable que j'avais scellé. Je ne devais pas survivre. C'était le seul moyen d'échapper à mes terribles engagements. Au bout de plusieurs minutes, Hélène essaya de se reprendre : 

-__Il faudrait détruire l'Horcruxe en toi seulement si on voulait tuer Voldemort. Si on se contente de le capturer... et de lui donner le Baiser du Détraqueur, tu n'es pas obligée de mourir, n'est-ce pas ?
-__L'Horcruxe en moi n'est pas le seul problème...

J'expliquai à mes amies ce qu'il s'était passé ces sept dernières années, en commençant par ma captivité chez les Mangemorts, qui m'avaient fait croire à la mort des Maraudeurs et de Lily. Je leur avouai le meurtre de Cygnus, qui m'avait coûté l'enfermement permanent avec deux Détraqueurs. Je leur dis combien cette épreuve longue de deux ans m'avait changée, en leur épargnant les détails. Il fallait qu'elles comprennent pourquoi je n'avais pas pu revenir en Angleterre, malgré mon évasion avec Diego. Je m'excusai encore et encore de ne pas avoir repris contact avec qui que ce soit. J'enchainai sur ma nouvelle vie en Polynésie, qui avait duré cinq ans, pendant laquelle j'avais réussi à me reconstruire, lentement, grâce à Diego. Je terminai mon récit avec la mort de Diego, et l'enlèvement de mon fils. Ce qui m'amena à la véritable raison de ma venue.

-__Hier soir, je me suis rendue au QG des Mangemorts. Je pensais pouvoir libérer mon fils... mais j'ai été piégée. En échange de la vie d'Enzo... Voldemort m'a fait sceller un Serment Inviolable.

Les Noven écarquillèrent les yeux, comprenant soudainement pourquoi je leur avais parlé de mon passé.

-__Il compte utiliser tes compétences... dans la guerre ?! Te forcer à rejoindre les rangs ?! devina Hélène.
-__Oui... et pire encore. Je suis obligée de tuer sous ses ordres. Je ne peux ni m'en prendre à lui, ni à son armée... ni fuir. Je suis complètement piégée. 

Je ne crois pas que j'aurais pu les achever davantage. Elles étaient tout simplement horrifiées par mes révélations. 

-__Alors tu comptes mourir pour échapper à ton serment... comprit Hélène la voix brisée.  C'est pour ça que tu nous amènes ton fils. 
-__Oui... c'est le seul moyen. 

J'étais tellement touchée par leur douleur et leur chagrin que je fus incapable de contenir mes larmes. Une vive douleur s'empara de ma poitrine... de tout mon être. Hélène tomba dans mes bras, effondrée. Julie avait subitement arrêté de pleurer. Elle était immobile, le regard vague, en état de choc.

-__Je suis désolée de vous infliger ça, m'excusai-je. J'espérais... épargner mon fils. Je ne veux pas qu'il subisse les conséquences de mes erreurs.
-__C'est moi qui suis désolée Prue...
-__P-Pourquoi ?!
-__Maintenant c'est à toi de nous écouter.

Hélène jeta un ½il à sa mère, mais Julie était toujours dans sa léthargie.

-__ Maman, appela Hélène.

Julie sembla sortir d'un sommeil profond. Son regard se posa sur sa fille. Pendant quelques secondes... elles semblèrent communiquer dans le silence pesant.

-__Elle doit savoir, dit Hélène fermement.

Julie acquiesça lentement. Elle semblait vidée. Elle me regarda tristement, et pendant un instant, je décelai dans ses yeux la même culpabilité que j'avais ressentie avant de me lancer dans mon récit. Je compris qu'elles avaient aussi de lourdes révélations à me faire.

| . . . |

~ Point de vue général ~


Depuis sept ans, Jack n'avait cessé ses recherches. Il n'avait jamais perdu espoir de retrouver la trace de Prue, sa protégée. Il n'avait pu renoncer à celle qu'il considérait comme sa propre fille. La douleur de sa perte ne pouvait être atténuée que lorsqu'il se lançait à sa recherche. Une traque qui lui changeait de l'ordinaire. Il était dépité de n'obtenir aucune piste, mais il n'abandonnait pas. Il s'était souvent découragé... mais il avait toujours conservé une toute petite flamme d'espoir. Il avait de nombreuses fois rêvé du jour où il la retrouverait, plus vivante que jamais. Il ne pouvait pas envisager d'apprendre sa mort... ou pire, sa corruption. Depuis le début de la seconde guerre, Jack craignait la tournure des évènements. Si Prue était toujours prisonnière des Mangemorts, à la merci de son père... combien de temps pourrait-elle tenir avant qu'il parvienne à la briser ? A la pousser à rejoindre les rangs comme avant ? Cela le hantait. Il avait confiance en Prue... il la savait rebelle. Mais elle n'était pas infaillible. Elle pouvait très bien accepter de faire d'horribles choses pour sauver la vie des personnes qui lui étaient chères. Voldemort en était conscient, et c'est pour cette raison qu'il avait voulu capturer les Maraudeurs sept ans auparavant. C'était la clé pour libérer le monstre que Prue avait dompté depuis longtemps. Par amour, elle serait largement capable de devenir une machine à tuer impitoyable si cela pouvait sauver la vie de Remus, ou d'un autre être cher.

Jack secoua la tête, chassant cette sombre perspective de ses pensées. Il rentrait enfin chez lui après une longue nuit de recherches. En ouvrant la porte, il n'entendit aucun bruit. C'était étrange... Julie était peut-être déjà partie travailler, mais Hélène commençait plus tard. A cette heure-ci, elle devrait être en train de se préparer. Intrigué, Jack sortit sa baguette et avança discrètement dans le couloir, la boule au ventre. Depuis qu'il partageait sa vie avec Julie, la perspective d'un nouveau drame le hantait. Il avait déjà perdu la femme qu'il aimait une fois, il ne pourrait pas supporter une seconde perte. Ses craintes empirèrent lorsqu'il entendit des sanglots étouffés au loin. Que s'était-il passé bon sang ?! Jack pressa le pas, le c½ur battant en songeant que les Mangemorts aient pu entrer dans la maison. Il s'avança prudemment jusqu'au salon, et fit face à une étrange scène.

Julie et Hélène serraient contre elles une troisième personne, qu'il était difficile d'identifier. De dos, Jack sembla pourtant reconnaître la chevelure...

-__Prue ? appela Jack avec espoir.

Le trio féminin sursauta, n'ayant pas entendu Jack arriver. La troisième femme se retourna, et Jack sentit son c½ur faire ses sauts périlleux en reconnaissant Prue. Elle était en vie ! Il en rit tellement il était heureux. Son rêve avait fini par devenir réalité ! Elle était de retour !

-__Jack... dit-elle à voix basse.

Elle essuya maladroitement ses nombreuses larmes. En fait, les trois femmes semblaient avoir partagé un moment très émouvant pour leurs retrouvailles. Jack s'approcha d'elles, incertain. Prue s'éloigna un peu des Noven pour lui faire face. Ils se regardèrent tous les deux en silence, paralysés par des émotions trop fortes. Et puis Jack céda et prit Prue dans ses bras avec élan. Il était heureux plus que jamais. Après toutes ces années à rêver de ce jour, enfin il arrivait. Prue était de retour, en vie, et visiblement en bonne santé. C'était une merveilleuse nouvelle. Jack adressa un franc sourire à sa compagne, mais elle resta impassible, les yeux fixés sur Prue. En fait, en y faisant plus attention, il trouvait que Julie et Hélène avaient une mine étrange au vu des circonstances. Il était loin de se douter du contenu de la longue discussion qui avait précédé. Il n'y avait pas que des larmes de joie dans leur regard... il y avait aussi de la douleur.

-__C'est si bon de te revoir, avoua Jack avec émotion. J'ai cru t'avoir perdue cette fois.

Prue craqua soudainement, comme si elle se retenait depuis trop longtemps. Jack la serra un peu plus fort contre lui, pour exprimer l'intensité de ses émotions. Prue s'accrocha à celui qu'elle considérait comme son père, désespérée. Elle ne savait plus quoi faire. Après toutes ces retrouvailles... comment se résoudre à mourir ?

-__Pardonne-moi Jack... s'excusa Prue. Je suis vraiment désolée.

Jack ne comprit pas les paroles de sa protégée. Quelque chose lui échappait. Quelque chose de grave.

-__Prue, qu'est-ce qui se passe ? demanda Jack en se détachant d'elle.

Elle secoua la tête, incapable de répondre tant elle était touchée.

-__Il...Il faut que je parte, finit-elle par articuler.
-__Quoi ?! Non ! Je viens à peine de te retrouver !
-__Les filles vont t'expliquer. Je leur ai tout raconté.
-__Prue attends !

Mais Prue se précipitait déjà vers la sortie. Elle avait besoin de faire le vide dans son esprit... de se reprendre. Les Noven venaient de lui apprendre une bien étrange vérité. Elle aurait dû être heureuse... mais cela ne faisait que rendre plus tragique sa situation... et sa décision.

Jack se tourna vers les Noven, sans voix. Il ne comprenait pas le comportement de Prue. Pourquoi fuir de la sorte ? Il remarqua que sa compagne et Hélène semblaient elles aussi sous le choc. Qu'est-ce que Prue leur avait dit exactement ? Qu'entendait-elle par « je leur ai tout raconté » ?

-__Qu'est-ce que Prue vous a dit ? demanda Jack. Qu'est-ce qui se passe bon sang ?!

Julie fut à nouveau gagnée par les larmes. Elle s'assit sur le fauteuil, secouée de sanglots incontrôlables. Hélène était également touchée, mais ce fut elle qui raconta l'histoire à Jack. Il en connaissait la majorité bien sûr, en tant que mentor de Tracker. En revanche, il fut abasourdi d'apprendre les circonstances de l'évasion de Prue... et tout ce qui avait suivi, jusqu'à la terrible mort de Diego... et le serment inviolable scellé par Prue pour sauver son fils.

-__Elle va se condamner à mort, pour échapper à tout ça, termina Hélène. Elle vient à peine de revenir... et elle va se tuer !

Hélène plaqua la main sur sa bouche, n'y tenant plus. C'était trop dur. Profondément blessé, Jack alla auprès de sa compagne, le c½ur douloureux. Il n'arrivait pas à réfléchir tant il était sonné. Prue était dans une situation très délicate... il serait difficile de l'en sortir sans dommage. Mais il y avait forcément une solution... autre que le sacrifice. Il n'était pas question que Prue mette fin à ses jours. Ce n'était pas envisageable.

-__Aide-la, supplia Julie.
-__Je te le promets... assura Jack. Prue est peut-être trop sous le choc pour avoir pensé à toutes les possibilités... je suis sûr qu'il y existe un autre moyen.

Jack déposa un baiser sur la joue de sa compagne. Il aurait voulu trouver les mots pour lui témoigner son soutien... mais il était lui-même trop touché. Il se leva d'un bond et sortit à son tour. Il n'était pas question que l'histoire de Prue se termine ainsi.

| Manoir Voldemort |


Un cri attira l'attention des personnes qui se trouvaient au QG de Voldemort. Contrairement à d'habitude, il ne s'agissait pas de la voix terrifiante du Maitre, qui s'ensuivait généralement de châtiments. C'était une voix de femme. Intrigués, plusieurs Mangemorts se dirigèrent vers son origine. Le Lord lui-même sortit de ses appartements pour voir ce qu'il se passait.

-__D'où ça venait ? demanda le Seigneur des Ténèbres en arrivant au premier étage.
-__Des appartements des Black, il me semble, répondit un Mangemort.

Il n'y avait que Walburga à l'intérieur normalement, vu qu'Orion était encore prisonnier des Aurors. Le Lord frappa à la porte. Personne ne répondit, malgré l'insistance du Seigneur des Ténèbres. Le mage noir perdit patience et sortit sa baguette. Il força la porte à l'aide d'un sortilège et entra. C'est là qu'il vit Walburga, étendue sur le sol, inerte. Le Lord ne comprit pas ce qu'il se passait. Pendant un bref instant, il pensa que Prue était revenue au manoir, pour faire un carnage. Mais c'était impossible... le serment l'en empêchait. Le Lord se pencha donc plutôt sur le journal échoué au sol, tout près du corps de Walburga. Il y avait une photo d'Orion Black en grand sur la première page. « Orion Black assassiné au QG des Aurors ! »

Le c½ur du Lord rata plusieurs battements. Il s'accroupit pour s'emparer du journal et lut l'article plus en détails. L'article disait qu'un intrus avait réussi à entrer au Ministère, pour torturer et tuer sauvagement Orion. Grillé pendant sa fuite, l'assassin avait quand même réussi à échapper aux Aurors. Le Lord savait que Prue était derrière ce meurtre. Elle était la seule à pouvoir réaliser un tel assassinat, au sein même du Ministère. Elle avait dû apprendre sa capture... et elle s'était infiltrée pour lui soutirer des informations. Malheureusement, à en juger par les circonstances du meurtre, elle avait également appris qu'Orion était responsable de la mort de Diego, et de l'enlèvement de son fils. Elle avait dû s'infiltrer dans son esprit pour découvrir la vérité. Avait-elle découvert autre chose pendant son enquête ? Comme l'existence de l'autre atout ?
« Non... elle n'a pas fait une allusion à ce sujet » se rassura le Lord.
Si Prue avait su, il était évident qu'elle aurait tout fait pour récupérer ce qui lui appartenait, en même temps que son fils. Elle ne savait pas encore la vérité. Le Lord avait toujours une avance sur elle.

-__Maitre ? appela Rodolphus avec incertitude.

Le Mangemort entra à son tour dans la pièce et découvrit le corps sans vie de Walburga. Il resta interdit plusieurs instants face à cette scène. L'épouse d'Orion s'était de toute évidence suicidée. Elle avait encore le flacon de poison dans la main. Ecoeuré par une telle faiblesse, le Lord appela son serpent, et l'invita à déjeuner pour le débarrasser du corps.

-__Les faibles et les lâches ne méritent pas d'être enterrés avec les honneurs, cracha le Lord en réponse au regard révolté de Rodolphus.

Le Mangemort ne dit rien. Il s'écarta pour laisser Nagini passer à contrecoeur. Il ne pouvait pas remettre en cause la décision du Seigneur des Ténèbres. Il serait probablement tué à son tour s'il osait répliquer. Alors il se détourna pour ne pas assister à l'éc½urant repas du reptile.

-__Vous savez pourquoi elle s'est tuée ? demanda Rodolphus pour oublier le serpent.
-__Parce que son mari a été assassiné avant qu'on le fasse libérer.

Tous les Mangemorts présents dans le couloir avaient entendu. Orion Black était mort. La nouvelle répandit un souffle de stupéfaction. C'était un Mangemort très respecté, et c'est la raison pour laquelle une équipe aurait dû aller le libérer le jour même. Bellatrix arriva à son tour, folle de rage. Il brillait dans ses yeux la sauvagerie et la cruauté à l'état pur. Elle aussi avait appris la mort de son oncle. Et sa haine de fit qu'amplifier en découvrant le corps sans vie de Walburga.

-__Je veux que l'assassin paye ! cria-t-elle.

Le Lord lui passa à côté sans un mot, l'esprit en ébullition. Orion était un serviteur très dévoué... l'un des meilleurs avec Bellatrix. C'était une grande perte pour ses projets. Alors oui, Prue paiera pour ce crime. Quand le Lord aura récupéré le second atout, il pourra finir de piéger totalement sa fille, et n'aura plus à craindre un retournement de situation. En attendant, il valait mieux éviter de s'en prendre à Tracker de trop près. Bellatrix ne pensait pas pareil, furieuse par le manque de réaction de son Maitre. Elle le rattrapa, emportée par la haine.

-__Vous comptez rester sans rien faire ?! s'indigna Bellatrix.

Le Lord la gifla pour lui rappeler à qui elle s'adressait.

-__Tu sais ce dont j'ai besoin pour réaliser ton souhait, siffla le Lord. Alors ramène-la, et on pourra venger Orion comme il se doit.

Bellatrix tourna les talons, des larmes de rage dans les yeux. Elle se chargerait elle-même de retrouver la précieuse faille qui lierait à jamais Tracker à son funeste sort. Il n'était pas question qu'elle s'en sorte une fois de plus indemne. Orion méritait qu'on lui rende justice. Prue l'avait torturé, et sauvagement assassiné. Elle devait payer pour ça... un prix si élevé qu'elle ne s'en remettra pas. Parmi le groupe de Mangemorts témoins de la scène, Rogue avait écouté la conversation en silence.


| Poudlard – Bureau directorial |


-__Ils connaissent l'assassin ? s'étonna Dumbledore après avoir écouté le récit de Rogue.
-__A priori oui. Mais ils ont besoin de quelque chose contre cette personne pour se venger.

Voilà une information pour le moins étrange. L'assassinat d'Orion faisait d'énormes vagues au Ministère. Personne ne regrettait cette pourriture, à l'exception de ses semblables, cependant, les circonstances de sa mort étaient inquiétantes. Qui avait bien pu réaliser un tel exploit ? S'introduire au Ministère... jusqu'au QG des Aurors... et ressortir indemne malgré le surnombre. Le profil du tueur suscitait beaucoup d'intérêt. Il avait fait preuve d'une brutalité effrayante envers sa cible... et pourtant, il n'y avait pas un seul blessé à déplorer parmi les forces de l'ordre. Les hypothèses fusaient dans les journaux, et au sein du Ministère. Certains parlaient de l'assassin comme d'un tueur professionnel... d'autres comme un nouveau genre de résistant. Comme si l'escalade de la violence chez les Mangemorts pouvait engendrer un nouveau type de résistance, plus brutale et extrémiste.

-__Les Mangemorts semblent avoir un ennemi qu'ils redoutent, souffla Dumbledore absorbé par ses pensées.
-__Un ennemi qu'il serait intéressant d'avoir comme allié, fit remarquer Rogue.

Dumbledore ne répondit rien. Il n'était pas franchement disposé à s'allier à nouveau avec ce genre d'individu. La tueuse qui les avait aidés autrefois dans la quête des Horcruxes était probablement l'unique exception qu'il était capable de faire. Parce que Lyall la connaissait, et qu'elle semblait suffisamment en vouloir à Voldemort pour contribuer ainsi à sa chute. Pendant un instant, le vieux sage songea que cette tueuse pourrait être cet ennemi si craint des Mangemorts. Mais après sept ans de silence, il balaya cette idée. Elle n'avait pas donné signe de vie depuis la Glorieuse Bataille... il était peu probable qu'elle soit de retour ainsi dans la partie. Ce devait être quelqu'un d'autre. Les personnes blessées au plus profond d'elles, victimes de la guerre et prêtes à tuer des Mangemorts ne manquaient pas.

-__Essayez d'obtenir un nom auprès de Bellatrix, demanda Dumbledore. Il faut à tout prix qu'on retrouve cet assassin avant les Mangemorts. Je ne suis pas tellement favorable à une alliance de ce genre... mais si c'est la seule personne qu'ils craignent, nous ferions bien de veiller à ce qu'elle reste en vie.

Rogue acquiesça, pressé de repartir auprès des Mangemorts. Il y avait quelque chose qui se tramait dans l'ombre depuis quelques jours... et il avait vraiment hâte de découvrir le fin mot de l'histoire.

| Planque de Tracker |

~ Point de vue de Prue ~


J'étais assise par terre contre un mur, les genoux repliés contre mon buste. J'étais épuisée. Tout était allé trop vite depuis hier. En moins de 48h, je n'avais pas soufflé un seul instant. Et j'avais subi choc sur choc. Je n'en pouvais plus. J'étais complètement perdue. Il y a deux heures encore, ma décision était prise : je devais redevenir mortelle, et en finir. C'était le seul moyen d'échapper à mon serment... et d'empêcher l'Angleterre d'être condamnée. Seulement la donne avait changé. Depuis mon retour, je ne cessais de trouver des raisons de vivre. Des raisons inespérées. Deux de mes rêves les plus chers s'étaient réalisés. A cause du serment, je craignais de les transformer en cauchemar. J'étais déchirée entre deux options incompatibles. Vivre... et accepter les conséquences ; ou mourir, et laisser de nombreux êtres chers derrière moi. A cet instant... je ne savais que choisir.
Chapitre 12 : Révélations

Vous l'attendiez tous : les Noven et Jack reviennent dans l'histoire ! J'espère que ces retrouvailles, bien que sombres, vous ont plu  :) 

Tags : L'histoire d'un assassin - Partie 2 : La (re)naissance de l'Assassin - tome 3

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Comments :

  • evanalinch-lunalovegood

    12/03/2018

    Hâte de lire toutes les vérités qui manquent

  • MikaWolfeHP

    06/03/2018

    Mais non!!! Il reste encore bien trop de mystères!!! Qu'est ce que Voldy cache bon sang! Et qu'est ce que les Noven ont révélé à Prue? Et est-ce qu'elles savent pour Jack et Prue? Damn! Haha! C'était un beau chapitre, ça fait du bien que la vérité commence à sortir :D Il reste combien de chapitres à ce tome ci d'ailleurs? :o Vraiment impatiente d'en comprendre plus!

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