Chapitre 14 : Iron Heart

« Une nouvelle manche commence pour moi... avec un nouveau rôle, et un nouveau masque. »
 
Chapitre 14 : Iron Heart


| 27 mars 1988 – Manoir Halliwell |


Dumbledore était plongé dans sa réflexion sur les Horcruxes, qui étaient la priorité absolue depuis trop longtemps. Il passait tout son « temps libre » à traquer ces objets maudits, qui rendaient Voldemort immortel. Mais depuis longtemps, le vieux sage manquait de piste. Il était difficile de retracer le parcours complet d'un tueur. Beaucoup de zones d'ombres subsistaient dans le passé de Tom Jedusor. Il y avait un vide de plusieurs années après son départ de chez Barjow & Beurk, avant qu'il ne revienne pour postuler en tant que professeur à Poudlard. Qu'avait-il fait pendant toutes ces années ? Des pistes menaient en Albanie, mais l'information était trop vague pour réussir à localiser précisément un éventuel Horcruxe. L'autre piste évidente était la Chambre des Secrets, mais le directeur n'avait jamais réussi à en trouver l'ouverture. Quelle ironie. Parfois, il avait l'impression de ne pas connaitre sa propre école. Depuis le temps qu'il y était, il n'avait appris que trois ans auparavant l'existence de la Salle sur Demande. C'était la preuve que le château pouvait encore lui réserver des surprises.

Le vieux sage errait dans le manoir Halliwell tout en réfléchissant. Ce lieu lui rappelait de nombreux souvenirs avec la famille légendaire, avec laquelle il avait toujours été proche. Il repensait souvent à Rosalie et ses deux filles. Sandra était morte le même soir que sa mère... quant à Prue, elle aussi avait connu un destin tragique. Alors que Dumbledore entrevoyait un bel avenir pour elle, la brillante Auror était tombée au combat pendant la Glorieuse Bataille. Même s'il n'avait jamais cessé d'espérer au fond de lui que la dernière héritière des Hallliwell soit toujours prisonnière des Mangemorts, bien en vie, il ne voyait pas comment elle pourrait revenir désormais. Les Mangemorts n'avaient pas cherché à se servir de ce précieux otage. Pourtant, l'ensemble des Aurors aurait été prêt à se battre pour elle. Sa capture avait suscité de vives émotions sept ans auparavant. La jeune Auror déterminée, qui avait si souvent fait parler d'elle, avait laissé un vide difficile à combler. Et plus encore dans le c½ur des gens qui l'aimaient. Remus ne s'en était jamais remis. Son absence était si douloureuse qu'il avait fini par quitter le manoir, ne supportant plus d'y vivre. C'est pourquoi, au début de la seconde guerre, Remus avait proposé à Dumbledore d'en faire le nouveau QG de l'Ordre du Phénix. Plus grand et bien mieux protégé, le manoir était l'endroit idéal pour organiser la résistance. Rares étaient les personnes qui en connaissaient son emplacement. A priori, seuls les Maraudeurs étaient autorisés à y entrer à leur guise depuis la disparition de Prue. L'endroit était donc sûr, car ils étaient des gardiens dignes de confiance.

Il soupira à cette pensée, qui lui rappela la faille que représentait ce système. Une personne autorisée pouvait être accompagnée d'un intrus. C'est ce qui avait permis l'attaque de 1965... c'est ce qui permettait aujourd'hui aux membres de l'Ordre de circuler librement sur le domaine Halliwell en présence des Maraudeurs. Le vieux sage se demandait souvent comment aurait pu être l'histoire si les Halliwell avaient survécu. Il aimerait tant revenir en arrière, et effacer cette terrible tragédie. Après tout ce temps, la mort de Rosalie était toujours une plaie ouverte quand il y pensait. Il n'avait pas réussi à protéger Rosalie. Prudence non plus, alors qu'il savait très bien qu'elle était la cible des Mangemorts. L'Auror aussi en était consciente... mais ça ne l'avait pas rendue moins téméraire. Aucun danger ne l'avait jamais freinée. Jusqu'à son duel contre Voldemort.

Dumbledore était arrivé devant la chambre parentale. Il observa la porte obstinément close. C'était la seule pièce dans laquelle il n'avait pas réussi à retourner. Remus lui avait dit que Prue avait condamné l'accès à cette chambre. Et de quelle manière ! Quand il avait essayé d'entrer, le directeur avait eu l'impression de faire face à un mur invisible, impossible à contourner, impossible à détruire. En poussant ses analyses, il avait alors pris conscience de l'ampleur de la sécurité qui entourait cette pièce. Depuis, il essayait de trouver une faille. Quand il était trop emmêlé dans ses pensées, il s'occupait l'esprit avec cette foutue porte. Sa curiosité le poussait à savoir ce que Prue cherchait à défendre de manière si étonnante et démesurée. Ca virait parfois à l'obsession.

Dumbledore jeta un coup d'½il à sa vieille montre. Il avait encore largement le temps avant la réunion. Il pouvait poursuivre son labeur. Il savait qu'il était proche du but. S'il s'était amusé à compter le nombre d'heures qu'il y avait déjà passé, il serait probablement arrivé à une dizaine. Lentement, il s'était évertué à annuler des sortilèges, et à affaiblir certaines protections. Il connaissait le système de défense par c½ur désormais, et c'est pourquoi il savait qu'il n'était plus très loin de réussir. Une demi-heure plus tard, le verrou céda. Dumbledore sourit face à ce qu'il pouvait qualifier d'un exploit. Il pouvait enfin entrer dans cette chambre.

Il ouvrit la porte sans entrer, découvrant une pièce à l'identité de son souvenir. Un sortilège permanent semblait avoir été jeté, pour maintenir l'état de la pièce propre. C'est comme si le temps s'était arrêté après cette tragique nuit de 1965. Emporté par ses souvenirs, Albus fit un pas en avant. Un faible déclic résonna dans la pièce, suivi d'un sifflement. Dumbledore eut le réflexe de se courber en se protégeant la tête de ses mains. Il sentit une vive douleur à la main droite, et un liquide chaud coula abondamment sur le sol. Dumbledore se redressa, découvrant avec stupéfaction sa main ensanglantée. Un couteau était planté dans la porte.

L'esprit en ébullition, Dumbledore fixa la lame ensanglantée le souffle court. Il était tellement sous le choc que pendant plusieurs instants, son esprit fut balayé d'un courant d'air glacial. Prue avait installé un piège dans son propre manoir. Dumbledore regarda à nouveau sa main blessée qui ne cessait de saigner. Après une telle démonstration sur le dispositif de sécurité, Dumbledore était persuadé que si Prue avait voulu installer un piège mortel, il n'aurait pas survécu sous l'effet de surprise. Elle avait dû faire exprès de se contenter de blesser... au cas où elle ait besoin d'entrer elle-même.

Encore confus, Dumbledore se jeta des sortilèges pour stopper le saignement. C'est tout juste s'il fut surpris de constater que son entaille était toujours visible, malgré ses soins. Prue avait dû jeter un maléfice à la lame, pour être sûre de marquer l'intrus qui oserait pénétrer ici. Le doute n'était plus permis : Prue cachait quelque chose d'important ici. Dumbledore était persuadé que c'était en rapport avec l'attaque de 1965. Prue avait dû découvrir une preuve capitale. C'était la seule explication à de tels dispositifs de protection. Alors Dumbledore tâcha de reprendre le contrôle de ses émotions, et observa la pièce avec la plus grande attention.

La chambre était parfaitement préservée. Il n'avait pas franchement eu l'occasion de visiter cette pièce autrefois, mais il était convaincu que Prue avait tout laissé en l'état. Tout semblait à sa place. Il y avait même un discret parfum de rose qui flottait dans l'air. Albus avança un peu plus dans la chambre, prudemment au cas où il y ait un autre piège. Sa prudence fut bien vite balayée pourtant, car son regard reconnut sur une photo une personne qui n'avait rien à faire là. Son esprit devait lui jouer des tours... après tout ce temps à fouiller le passé de Voldemort, il finissait par le voir partout. Albus s'approcha de la commode comme dans un état second, le c½ur un peu plus lourd à chacun de ses pas. Sa vue était nette. Il prit le cadre pour le voir de plus près... Rosalie tenait dans ses bras deux adorables jumelles... et l'homme qui se trouvait à côté était...

-__Tom Jedusor.

Le c½ur du vieil homme s'arrêta de battre pendant plusieurs secondes sous le choc de cette terrible découverte. Prue n'avait pas conservé un secret sur l'attaque de sa famille... mais sur ses origines. Il ne faisait aucun doute que Voldemort était le père de Prudence et Sandra. Il apparaissait sur plusieurs photos, souriants, et toujours trop proche de Rosalie pour n'être qu'un ami.

Dumbledore s'appuya sur la commode, pris de vertiges. Son c½ur s'emballa, et des sueurs froides le saisirent violemment. C'était une aberration. Rosalie avait aimé Jedusor. La femme la plus douce et bienveillante qu'il ait connue... était tombée amoureuse de l'individu le plus monstrueux de l'Histoire. Ils s'étaient mariés... et avaient eu deux filles. Dumbledore essaya de trouver du sens... une explication... mais rien ne lui venait. Rosalie n'avait jamais présenté l'homme qu'elle fréquenté... elle n'avait jamais prononcé son nom. Il y avait toujours un mystère autour de lui. Un mystère qui faisait place à de terribles doutes maintenant que la vérité était révélée.

Pourquoi Rosalie avait-elle caché l'identité de son mari ? Savait-elle ce qu'il était... ? Est-ce qu'elle avait fermé les yeux par amour ? Si c'était le cas... ça n'avait pas duré longtemps, car deux ans après la naissance des jumelles, Rosalie s'était retrouvée célibataire.

Pris d'une soudaine fébrilité, Dumbledore reposa le cadre et ouvrit les tiroirs, pour essayer de trouver autre chose. Il ne savait pas encore quoi, mais il avait besoin d'en savoir plus. Il n'eut pas besoin de chercher longtemps. Il trouva une lettre tellement improbable qu'il dut la relire plusieurs fois pour bien se mettre en tête qu'elle existait vraiment.

Ma chère et tendre Rosalie,
Je peine à poursuivre mes recherches aussi loin de toi et des filles. Votre absence rend mon voyage douloureux. Cependant, là où je suis, vous ne pouvez me rejoindre, et pour que ma quête se finisse au plus vite, je ne peux revenir avant d'avoir terminé. Je suis certain qu'une fois que j'aurais trouvé toutes les réponses que je cherche, plus rien ne pourra nous séparer. Absolument rien, je te le promets, pas même la mort.
Encore un peu de patience ma chérie... je sais que ça fait déjà trop longtemps que je suis parti. J'en souffre autant que toi, mais le sacrifice en vaut la peine. Ce temps sera largement rattrapé, crois-moi.
Embrasse les filles de ma part. Je t'aime.
Tom

Dumbledore relut plusieurs fois la lettre, frappé par ce qu'elle contenait. Etait-il possible que le mage noir le plus cruel ait pu écrire une lettre avec autant d'amour ? La monstruosité de Voldemort faisait parfois oublier qu'il était un homme. Rosalie devait probablement être la seule personne avec laquelle le Lord était un mari aimant, incapable de violence ou de haine. Albus relut la lettre encore une fois, pour essaye de comprendre. Il était clair que Voldemort était parti à la recherche de Horcruxes à l'époque... et de réponses pour pouvoir les créer en toute sécurité. Une immortalité qu'il comptait partager avec sa famille.

Dumbledore sortit de son étonnement pour continuer à fouiller. Il tomba sur d'autres lettres qui parlaient toujours des exploits de Tom mais dont aucun détail n'était donné. Connaissant l'histoire de Jedusor, Albus parvenait à capter les références faites aux Horcruxes, car il était souvent sous-entendu que le temps et la mort ne compteraient bientôt plus. Des allusions qui interrogeaient beaucoup Rosalie à l'époque, à en juger par les réponses de Voldemort, qui se voulaient rassurantes. Il promettait à chaque fois une grande surprise à son retour, de plus en plus imminent, comme le confirmait sa dernière lettre.

Ma chère Rosalie,
C'est avec une joie sans borne que je t'annonce la bonne nouvelle : je suis sur le chemin du retour ! Ma quête est terminée. J'ai réussi à percer les derniers mystères qui me tenaient encore loin de vous. J'ai toutes les réponses désormais. Il ne me reste qu'un dernier lieu à visiter, et nous serons enfin réunis. Ces dernières 48h loin de toi sont insoutenables tant l'impatience me ronge. J'ai hâte que tu sois témoin de mes exploits.
Tendrement,
Tom.

Dumbledore reposa lentement la lettre, l'esprit en ébullition. Cette lettre apportait la preuve que Voldemort avait atteint son objectif : il avait réussi à fabriquer des Horcruxes. Le dernier lieu à visiter était probablement une cachette pour abriter un fragment de son âme. Pourtant, la lettre témoignait toujours autant des sentiments du Lord. La mutilation de son âme n'avait pas altéré son amour. Sa quête de l'immortalité ne l'avait pas détourné de sa famille. Il était donc facile de deviner que la séparation n'était pas de son initiative. C'est sûrement Rosalie qui avait mis fin à leur relation, en découvrant la « surprise » maléfique de son mari. Elle avait dû prendre peur en découvrant la noirceur qui envahissait son époux. Si Jedusor pensait ramener sa plus belle preuve d'amour, Rosalie n'y voyait que l'ignominie qui entourait l'Horcruxe. Jamais elle n'aurait accepté de vivre avec un mage si profondément ancré dans la magie noire. Elle avait protégé ses filles d'un père à l'âme déchirée qui voulait les entraîner sur le chemin de l'immortalité.

Néanmoins, Albus était étonné que Jedusor ait tout simplement accepté de sortir de la vie des Halliwell. Il le pensait plutôt du genre à obliger sa femme à rester auprès de lui, qu'elle le veuille ou non. Le respect pour le choix de sa femme était probablement la dernière preuve d'amour qu'il avait donné de sa vie. Après ça... Lord Voldemort avait enterré la part de lui qui le rendait humain. Il avait renié à jamais les sentiments qu'il considérait « faibles ».

Dumbledore commença à faire les cent pas dans la pièce, essayant de faire du tri dans ses pensées. Jedusor était le père de Prue. A quel moment avait-elle appris pour son père ? Etait-ce à la fin de sa scolarité, en revenant au manoir ? Ou le savait-elle déjà auparavant ? C'était une nuance cruciale, car deux histoires très différentes pouvaient être celle de Prue.

Si elle savait déjà pour son père, Dumbledore n'avait aucun mal à l'imaginer à ses côtés pendant son enfance. Après tout, Prue avait menti sur l'endroit où elle vivait, se disant orpheline alors que c'était faux. Jamais l'orphelinat de Little Hangleton n'avait accueilli de Prudence Blade sous son toit. Ni de Hunt, ni aucun autre nom pouvant la désigner. Un frisson parcourut la nuque de Dumbledore : Prue avait choisi pour sa couverture l'orphelinat où avait réellement grandi son père. Il était difficile d'envisager une simple coïncidence. Alors, avait-elle passé son enfance avec Voldemort ? Était-ce pour cette raison qu'elle se montrait aussi agressive quand le directeur cherchait à en apprendre plus sur elle ? Pour cacher l'identité de son père ? Dumbledore crut devenir dingue. C'était à la fois plausible, et tellement absurde ! Oui, ça expliquait pas mal de mystères... mais c'était en totale contradiction avec la vie de Prue. Le vieux sage ne pouvait pas envisager un seul instant que Prue ait mené un double jeu. Son amour pour Remus était réel, tout comme son combat contre les criminels en tant qu'Auror. Sans compter le nombre de victimes qu'elle avait pu faire dans les rangs des Mangemorts ! Elle avait combattu son père avec acharnement et l'avait même affronté en duel pendant la Glorieuse Bataille. Elle s'était sacrifiée pour sauver les Maraudeurs... alors non, Prue n'était certainement pas une traîtresse !

Dumbledore voyait plutôt Prue conserver le secret sur ses origines pour ne pas être importunée. Pour ne pas qu'on l'empêche de devenir Auror. Ce devait être ça l'explication... elle connaissait son lien de parenté avec Voldemort, mais elle l'avait enterré pour être tranquille. Avouer qu'elle était la fille du Lord lui aurait causé trop de soucis. Les gens ne lui auraient pas fait confiance. Elle était la fille d'un monstre. Dumbledore n'eut aucun mal à se représenter la scène. Il imaginait Prue, heureuse de découvrir l'identité de son père. Puis, en faisant des recherches sur lui, être choquée et dégoûtée de comprendre qu'il s'agissait en réalité de Voldemort. A quoi bon faire une telle révélation ? Elle avait préféré garder le secret. De toute façon, elle avait déjà une fausse identité. Ainsi, ses origines, tant maternelles que paternelles étaient cachées. Sur ce point, elle ressemblait à son père. Elle avait forgé une nouvelle identité pour mener la vie qu'elle avait choisie. Pouvait-on la blâmer pour ça ?
« Ça n'explique pas pourquoi elle a choisi Little Hangleton comme orphelinat... »
Le directeur grimaça. Il ne parvenait pas à expliquer ça. Si Prue n'avait appris pour son père qu'en revenant au manoir, c'est-à-dire après sa scolarité, ça voudrait dire que son choix de l'orphelinat comme couverture était une coïncidence, et Dumbledore n'y croyait pas. C'était trop gros. Le directeur soupira, ne sachant plus quoi penser.

Dumbledore s'assit sur le fauteuil en reprenant la photo du mariage posée sur la commode. Rosalie portait une robe blanche qui la mettait en valeur. Le sourire qu'elle affichait témoignait son bonheur, rendant sa beauté encore plus époustouflante. Jedusor était diablement élégant dans son costume noir. Il avait beaucoup de charme. Le regard posé sur sa femme était intense, et son sourire sincère. Il la tenait dans ses bras par derrière, tendre et protecteur. Cette photo était encore plus troublante que les lettres, car elle balayait tout soupçon de comédie. Voldemort ne jouait pas à l'époque. Il n'avait pas manipulé Rosalie. Il l'aimait vraiment. C'était incroyable d'ailleurs. Ils étaient complètement opposés. Elle, était reconnue comme la sorcière la plus merveilleuse du pays, pour ses incroyables talents de guérisseuse qui avaient sauvé de nombreuses vies. Elle était l'incarnation de la bienveillance et de la tolérance. Elle ½uvrait pour le Bien et faisait de son mieux pour apaiser certaines souffrances du monde. Tom avait une attirance pour la magie noire et la grandeur dès son plus jeune âge. Il aspirait au pouvoir, à la domination. Ses projets étaient sombres, et ses intentions maléfiques. Pourtant, ces deux êtres si différents avaient réussi à s'aimer. Le vieux sage songea que le premier Horcruxe de Voldemort était sûrement rattaché à la famille Halliwell. À l'amour de sa vie. C'était une piste pour le dernier Horcruxe à localiser.

-__Albus ?

Le concerné sursauta en reconnaissant la voix de Remus. Son c½ur battit un peu plus vite en le regardant. Cette chambre renfermait la preuve que Prue était le fruit du Bien et du Mal incarnés. Ce n'était pas forcément une bonne chose qu'il l'apprenne.

-__Vous avez fini par réussir à ouvrir la porte, constata Remus avec un faible sourire.
-__Oui, ça n'a pas été facile.
-__Vous avez trouvé quelque chose ?
-__Que de vieux souvenirs. Rien de bien pertinent, je le crains. Prue n'a verrouillé cette porte que pour conserver le souvenir de sa mère.

Remus ne manifesta pas la curiosité d'en savoir davantage. La mine toujours aussi sombre et triste, il jeta à peine un coup d'½il à l'intérieur de la pièce avant de se détourner et de repartir. Dumbledore soupira avec tristesse. Il n'avait pas le courage d'avouer ses découvertes à Remus. Prue n'était plus là de toute façon. Il ne voulait pas salir sa mémoire avec des doutes qui resteraient à jamais sans explications. Remus souffrait suffisamment, ce n'était pas la peine de le torturer davantage avec de nouvelles énigmes. Alors, Dumbledore abandonna sa fouille et pris soin de tout remettre en place comme il avait trouvé, y compris les dispositifs de protection. Prue avait eu raison de préserver cette chambre. En plus des bons souvenirs de famille, elle renfermait les preuves que Voldemort lui-même n'avait été qu'un homme. Un homme capable d'aimer, avant de déchirer son âme.

Comme il lui restait encore un peu de temps avant la réunion, Dumbledore décida de rentrer chez lui pour mettre à jour les renseignements qu'il détenait sur Prue. Il pouvait enfin ajouter un visage, et répondre à de nombreuses questions. Avec le temps, peut-être qu'un jour il aura toutes les réponses. Peut-être que le mystère des Halliwell sera résolu. En attendant, il s'installa à son bureau et se mit à rédiger une lettre, en espérant qu'elle n'ait jamais besoin d'être lue.

| . . . |

Au manoir Halliwell, Remus n'avait pas pu s'empêcher de retourner dans la chambre qu'il partageait autrefois avec Prue. Il avait eu beau quitter le manoir, chaque fois qu'il revenait, c'est comme si le temps était suspendu. Il se souvenait de sa vie auprès d'elle dans les moindres détails. Chaque pièce était habitée par des fantômes du passé. Sept ans qu'elle n'était plus là. Sept ans... ça semblait être une éternité.

Le manque. Voilà à quoi se résumaient les sensations de Remus depuis l'enlèvement de Prue. Depuis qu'elle n'était plus là, plus rien n'avait de saveur à ses yeux. Il ne trouvait plus de sens à quoi que ce soit. Tout lui paraissait froid, vide... sans intérêt... alors qu'en réalité, c'est lui qui était vide à l'intérieur. Il restait indifférent à tout ce qui l'entourait, aux gens qui essayaient de lui apporter un peu de chaleur... Même les verres de whisky Pur Feu ne parvenaient à le réchauffer. Ce feu intérieur qui lui ravageait le c½ur était mort, étouffé par ce manque d'oxygène vital. Il avait pourtant essayé de retrouver sa femme. De la sauver des griffes des Mangemorts. Sans succès. Ils avaient réussi à la garder prisonnière... ou à la tuer. Qu'était devenue leur fille dans tout ça ? L'enfant qu'elle portait au moment du drame avait-elle survécu ? Remus avait du mal à y croire. Si Prue était encore en vie, les Mangemorts avaient dû faire en sorte qu'elle perde l'enfant.

Le c½ur de Remus se serra en songeant à cela. Prue n'avait même pas eu le temps de lui annoncer la nouvelle. Il se souvenait qu'elle avait essayé d'aborder le sujet... mais l'approche de la bataille avait reporté leur discussion. Ce n'est qu'en fouillant dans la chambre avec Dumbledore un peu plus tard qu'il était tombé sur le compte-rendu de l'examen médical. Le choc de cette découverte avait achevé Remus. D'abord, la surprise que ça ait pu arriver. Puis l'effroi en songeant à la capture de Prue... et enfin, le rêve. L'espoir de retrouver Prue, et d'élever cet enfant. Cette fille. Remus s'était toujours condamné à ne jamais fonder de famille à cause de sa condition. Mais l'horreur de ce drame lui avait fait changer d'avis. Il aurait voulu connaître ce bonheur, et prendre soin de ce bébé. Avec de la chance, peut-être que la fille n'aurait pas hérité de sa lycanthropie. Il ne le saura jamais. Ce rêve était brisé. Tout comme lui.

Au fil des mois, l'absence de Prue avait fini par ronger Remus. Il se sentait responsable de ne pas avoir réussi à la protéger... de ne pas être capable de trouver une piste pour la libérer. En sept ans, il n'était tombé que sur des impasses. Il était malade de l'imaginer prisonnière dans les pires conditions de captivité qui soit... torturée... ou de la supposer morte. Ne pas savoir le rendait fou. Il donnerait tout pour savoir la vérité. Savoir s'il pouvait encore espérer des retrouvailles, ou faire le deuil pour de bon. C'était le plus terrible dans les histoires d'enlèvement et de disparition... ne pas savoir empêchait la guérison.

Pour tenter d'atténuer sa souffrance, Remus se lançait dans les affaires les plus dangereuses. Il traquait les criminels jusque dans leur trou. Sa détermination lui avait valu la reconnaissance du pays en tant que meilleur Auror. Il avait surpassé Maugrey. Rien ne l'arrêtait. Il était devenu un chasseur de criminels à l'image de Prue. Redoutable, efficace, sans égard pour le règlement. Le Bureau des Affaires Internes lui était plus d'une fois tombé dessus, lui reprochant des méthodes parfois un peu décalées. Mais cela ne l'arrêtait pas. Jamais. Il avait l'impression de continuer à faire vivre l'âme de Prue en prenant sa relève. Il était devenu méconnaissable sur ce point. L'homme sage et raisonnable avait bien changé.

En parallèle, il essayait toujours de retrouver les Mangemorts. Il savait qu'il ne pouvait pas s'en remettre à la Brigade des Disparitions et Enlèvements. L'enquête était arrivée dans une impasse. Nombreux de ses collègues avaient lâché prise. Ils avaient accepté son sort... pour eux, Prue était morte. Remus refusait d'y croire tant qu'il n'aurait pas de preuve que c'était terminé. C'était sa seule raison de continuer à vivre. La capture de Prue l'avait réduit à l'état de fantôme. La seule chose qui lui avait permis de survivre, c'était le doute, l'espoir. L'espoir fou de la revoir. L'espoir que tout cela ne soit qu'un horrible cauchemar. Que cette perte atroce n'était que temporaire, que Prue allait revenir. Il en rêvait quasiment toutes les nuits. Il se voyait, perdu dans le brouillard, au-delà duquel attendait une haute silhouette noire. Quand le voile se levait enfin, c'était Prue qui apparaissait, et il pouvait enfin la serrer dans ses bras. Il ressentait alors une vague de joie infinie... il était enfin libéré. Et puis, il se réveillait, et le drame de la réalité le rattrapait. Il était seul dans son lit. Seul dans sa maison. Prue n'était plus là pour le réveiller en douceur de ses caresses et de ses baisers. Plus là pour réchauffer son c½ur. Il revoyait alors ses derniers instants avec elle, avant que sa vie prenne un tournant dramatique. Pour mettre un terme à ces visions du passé, Remus finissait par quitter son foyer pour aller au travail, où là encore, son absence lui pesait toute la journée. Il n'y avait pas un moment où il parvenait à oublier sa peine.


| Manoir Voldemort – Appartements de Tracker – 19h |

~ Point de vue de Prue ~

Mon père m'avait rappelée à l'ordre. Il était temps pour moi de réintégrer les rangs. Revenir ici était une régression à mes yeux. Comme le QG de mon père était une copie du précédent, j'avais l'impression de revenir des années en arrière... de reprendre ma place. C'est comme si tous mes efforts pour quitter l'Armée du Mal avaient été vains. J'étais de retour, forcée de servir malgré moi une cause abjecte qui allait à l'encontre de toutes mes valeurs.
« Voyons les choses positivement... la résistance vient de gagner un nouvel agent double » pensai-je pour m'encourager.
C'était probablement le seul avantage. En reprenant ma place au sein de l'armée, avec un rôle aussi important, j'allais forcément obtenir des informations de grande valeur.

Je m'assis sur le lit, ôtant mon masque pour le regarder. Je savais ce que j'avais à faire... mais réussir à l'accomplir était une autre histoire. J'étais noyée dans l'incertitude quant au déroulement de mon plan. Moi qui avais toujours tout maitrisé à la perfection, voilà que cette mission se retrouvait avec de nombreuses variables. Ça pouvait se finir de bien des façons, et ça ne dépendait pas que de moi. Je pouvais vaincre... ou tout perdre. Il n'y avait aucun compromis. C'était quitte ou double.

Quelqu'un frappa à ma porte fermement. J'allai ouvrir à mon père, qui entra sans tarder. Je refermai la porte derrière lui, me concentrant pour mon nouveau rôle.

-__J'espère que tu as profité de ces quelques jours pour mettre des affaires en ordre, commença mon père.

Je lui lançai un regard interrogatif.

-__Enterrer Diego... confier ton fils... afin d'être entièrement disponible pour me servir.
-__C'est fait, répondis-je froidement. Je suis prête.

Mon père eut un sourire narquois au coin des lèvres.

-__Dans quelques minutes, une réunion va commencer, dit-il. Tu vas faire ton grand retour parmi nous... sous une autre identité.
-__Une nouvelle identité criminelle ?
-__Nous n'avons pas le choix. Tracker est une traîtresse aux yeux des Mangemorts. Je ne peux pas te réintégrer.

Je fus soulagée de ne pas avoir à inventer moi-même une excuse pour convaincre mon père d'abandonner le nom de Tracker. Avec Rogue dans les rangs, ça aurait posé problème. Lyall et Dumbledore auraient su aujourd'hui même que j'étais sur les deux tableaux, mettant probablement fin à notre alliance tout juste renouée. Avec un nouveau masque... le problème était réglé.

-__Vous comptez me rebaptiser comment ? demandai-je avec une pointe d'arrogance.
-__Je pensais que tu aurais une idée.

Je réfléchis quelques secondes. Mon c½ur aurait choisi un surnom qui rende hommage à Diego, ou à mon ancienne vie. Cependant, pour ne pas éveiller les soupçons de mon père, il fallait que je choisisse quelque chose qui soit plutôt évocateur en son sens. Un surnom qui lui ferait croire que la tueuse était à nouveau insensible.

-__Iron Heart ? proposai-je. Seuls les Black m'appelaient comme ça à l'époque, et ils sont réduits au silence à mon sujet.
-__Réduits au silence, c'est le cas de le dire... répliqua mon père avec amertume.
-__Vous m'en voulez pour la mort d'Orion ? demandai-je innocemment.
-__Ne t'imagine surtout pas que ton assassinat restera impuni.
-__C'est le problème avec les affaires de vengeance... c'est un engrenage sanglant. Je devais me venger de lui... vous voulez vous venger de moi.
-__Il n'y a aucun engrenage dans ce cas précis Prudence. Tu ne pourras pas achever ta vengeance. Bellatrix est protégée par ton serment. Quant à toi, je suis libre de te faire payer sans craindre de représailles.
-__Qu'attendez-vous dans ce cas pour faire tomber votre sentence ? défiai-je.
-__Tu es bien placée pour savoir que la vengeance est parfois une affaire de patience...

Je dus me mordre la langue pour ne pas répliquer davantage. J'étais révoltée par les paroles de mon père. Pensait-il sérieusement que j'allais le laisser m'utiliser... pour ensuite me massacrer ? Il n'allait pas être déçu de notre petit jeu. La guerre froide commençait aujourd'hui.

-__En attendant, fais en sorte d'être méconnaissable. Change de tenue, et de masque. Personne ne doit penser que tu es en réalité Tracker.

Voldemort quitta la pièce après un dernier regard assassin. Je me mis face au miroir, réfléchissant à ce que je pouvais modifier, sans pour autant tout changer. Avec ma cape, les gens ne pouvaient savoir si j'étais un homme ou une femme. Alors je la fis disparaitre, laissant la tenue moulante sportive comme seul habit. J'enlevai ma capuche qui rendait mon masque invisible. Lui aussi avait besoin d'un petit changement. Le noir parfait qui le constituait donnait une apparence trop neutre. Je pointai ma baguette dessus, pour le tinter de blanc par endroit. Une mâchoire de mort se dessina. L'emplacement de mes yeux était toujours d'un noir insondable. Je n'eus aucun mal à faire danser des flammes dans mes prunelles pour achever ma petite transformation. Je rejetai ma capuche sur la tête, faisant face à un reflet beaucoup plus terrifiant qu'auparavant. On aurait dit un démon.

Satisfaite du résultat, je quittai la pièce pour rejoindre mon père au rez-de-chaussée. Cela faisait une éternité que je n'avais plus assisté à une réunion de l'Armée du Mal. Les Mangemorts conviés étaient déjà tous rassemblés dans la salle lorsque j'arrivai, assis autour de la table ovale. Je souris en voyant que nous étions en comité restreint. En d'autres circonstances, mon père aurait eu la joie d'annoncer à toute son armée l'arrivée d'un grand assassin dans les rangs. Je prenais ce si petit nombre comme un aveu de sa part... l'aveu de son manque de confiance envers moi, et donc de ses craintes. Malgré son serment... malgré son sentiment de domination... il restait une pointe de doute. Il tenait tant à son armée qu'il s'épargnait le risque de la rassembler.

Le Lord me regarda avec intensité lorsque je m'avançai dans la salle. Je n'aurais su dire si ma nouvelle apparence lui convenait, ou s'il prenait ça comme une provocation. Il se trouvait en bout de table, comme toujours. La place à sa droite était vide. Même si tout ceci faisait partie du plan... je sentis une boule se former dans mon estomac à l'idée de reprendre ma place à ses côtés. Mon jeu était parfait, mais il me coûtait. Je détestais me retrouver parmi eux. Les Mangemorts se tournèrent sur mon passage, interrogatifs. Seule Bellatrix fixait un point invisible près de mon père.

A contrec½ur, je passai dans le dos des Mangemorts pour rejoindre ma place auprès du Lord. Je ne m'assis pas pour autant, n'ayant pas oublié les bonnes manières. Je fis face à l'assemblée, balayant rapidement les visages devant moi. Rogue n'était qu'à deux mètres, toujours aussi impassible. Je reconnus également quelques autres Mangemorts, comme Rodolphus Lestrange. Je me souvins qu'il faisait partie des Mangemorts à m'avoir retenue prisonnière pendant deux ans. Lui et sa femme étaient les derniers survivants de ma captivité. Pour l'instant.

-__Bien, commençons, lança mon père. Je vois que vous semblez tous intrigués par la nouvelle arrivante. Je vous présente Iron Heart.

Bellatrix serra la mâchoire, ce qui me fit sourire. Il devait être pénible pour elle de me voir reprendre ma place auprès de mon père après ma trahison... et le meurtre de son oncle. Quant à moi, il m'était insupportable d'être dans la même pièce qu'elle sans pouvoir la massacrer. Elle avait assassiné Diego. Chacune de ses respirations étaient de trop pour moi. Je désirais ardemment la tuer.

-__C'est une tueuse talentueuse, qui va nous aider dans la prise de pouvoir en éliminant les dernières personnes à nous faire obstacle, expliqua mon père.

Personne ne broncha, me regardant avec curiosité. Mon père n'ajouta rien à mon sujet et commença la réunion. Je n'appris rien de bien intéressant, si ce n'est que mon père disposait d'une armée bien plus conséquente et entrainée que la dernière fois. Cela expliquait la violence des attaques, et la difficulté des forces de l'ordre pour les repousser. Lorsque la réunion prit fin, tout le monde sortit... sauf Bellatrix. Elle me fixait intensément, peinant à masquer sa fureur. Préoccupé par une autre discussion, Voldemort sortit sans rien remarquer. Je ne bougeai pas, pour rester seule avec Bellatrix. Dès que le dernier Mangemort fut sorti, elle claqua la porte et sortit sa baguette.

-__C'est toi qui as tué Orion ! dit-elle avec haine.

Je pouvais lire la promesse de grandes souffrances dans ses yeux fous. Cela me fit sourire. Je me délectais d'avoir à nouveau frappé leur satanée famille. Je m'approchai d'elle d'une démarche calme et féline, sans même prendre la peine de sortir ma baguette.

-__Et je ne m'arrêterai pas avec lui, promis-je.
-__N'oublie pas le serment que tu as fait... tu ne peux plus te retourner contre nous !

Je lui fis une prise et la plaquai contre le mur, la main serrée sur sa gorge avec force.

-__Tu crois que ça te sauvera peut-être ? répliquai-je. Tu as tué Diego... rien ne pourra effacer ta dette de sang ! Ta vie m'appartient désormais.

Je la lâchai à contrecoeur, sentant mes pulsions devenir trop fortes pour rester en sa présence. Il était trop tôt pour la tuer. Comme l'avait très justement rappelé mon père... la vengeance est parfois une affaire de patience. Bellatrix paiera... très cher. Mais pas aujourd'hui. La porte s'ouvrit sur mon père, froid et colérique.

-__Qu'est-ce que vous faites ? demanda-t-il.
-__On a fini, répliquai-je en sortant.

Mon père ne me retint pas. Je pouvais sentir le regard assassin de Bellatrix posé sur mon dos. Elle devait réfléchir à un moyen de se venger. Moi j'avais déjà un milliard d'idées à son sujet.

~ Point de vue général ~

Lord Voldemort regarda sa fille sortir sans rien ajouter. Son comportement le mettait en colère. Prue s'était montrée très arrogante au sujet de la mort d'Orion. Elle se délectait d'avoir pu assouvir partiellement sa vengeance avant d'être piégée par le serment. Le Lord quant à lui devait se faire violence pour ne pas la punir tout de suite. Elle méritait un lourd châtiment pour son crime... mais il était prioritaire qu'elle assure son rôle de tueuse professionnelle. Alors elle bénéficiait d'un sursis.

-__Cette traîtresse... ! pesta Bellatrix. Comment pouvez-vous la supporter à vos côtés ?
-__Parce qu'elle est la meilleure tueuse du pays... et que je préfère l'avoir dans mes rangs, plutôt que parmi mes adversaires, rappela le Lord avec froideur.

Bellatrix dut se retenir de pousser un cri de rage. Elle ne supportait pas de voir Prue vivre.

-__Et je te rappelle que si tu veux pouvoir te venger librement, il nous faut l'atout que conserve un peu trop précieusement ta s½ur, termina Voldemort. Y aurait-il quelque chose dont tu voudrais me parler à ce sujet ? Les jours passent... les semaines mêmes... et je n'ai toujours pas ce que j'ai demandé. C'est pourtant simple non ?

La fidèle Mangemort fut parcourue de tremblements nerveux. Voldemort avait une voix bien trop calme... et elle était trop au bord de la crise de nerfs pour rester prudente.

-__Ils sont partis ! lâcha Bellatrix avec haine.
-__Quoi ?!

Voldemort sortit sa baguette, craignant de comprendre. Bellatrix était si folle de rage, si en colère contre tout, qu'elle en oublia de mettre des gants pour annoncer la mauvaise nouvelle.

-__Qu'est-ce que tu as dit ?
-__Lucius s'est débarrassé de l'atout il y a des années ! cria Bellatrix. Et ces trois lâches ont disparu pour échapper à votre sentence ! Je n'ai plus rien contre cette maudite traîtresse !!!

Le Lord avait rarement vu Bellatrix en proie à une telle folie. Elle s'arrachait presque les cheveux tant elle était frustrée d'avoir perdu sa seule chance de faire payer Prue avec toute la cruauté dont elle était capable. Sans l'atout... le piège restait imparfait. Sans l'atout, le Lord devait se montrer prudent dans sa manière d'utiliser sa fille pour qu'elle ne fasse pas à nouveau du chantage avec sa vie. Enragé, il lança un sortilège de torture à Bellatrix. Même si ce n'était pas sa faute, elle était la seule personne dans la pièce à pouvoir subir la fureur du Maitre. Elle poussa un hurlement de douleur. Le Lord se défoula quelques secondes, avant de rompre le Doloris. Il prit violemment le visage de la Mangemort dans sa main, la foudroyant du regard.

-__Retrouve-les, ordonna le Lord. Je veux qu'ils connaissent un châtiment à la hauteur de leur trahison. Quant à l'atout, tu as plutôt intérêt à retrouver sa trace. Sinon, je pourrais bien réviser ton statut parmi nous !

Bellatrix supplia son Maitre du regard, mais il la jeta par terre et quitta la pièce. C'était l'erreur de trop. 

| Poudlard – Bureau directorial |

Rogue était de retour à l'école après avoir manqué le diner. Dumbledore l'attendait dans son bureau, sachant qu'une réunion avec Voldemort était à l'origine de son absence. L'espion fit son rapport comme d'habitude, pendant lequel Dumbledore ne l'interrompit pas.

-__Plus important encore : je sais enfin quelle était la mission des Black, termina Rogue.
-__Alors ?
-__Ce n'est pas une arme qu'ils avaient pour mission de ramener... mais une alliée. Une tueuse très dangereuse. Elle a été présentée ce soir.

Dumbledore marqua un instant d'arrêt. Etait-il possible que cette tueuse redoutable soit...

-__Elle est surnommée Iron Heart, continua Rogue. Je n'ai pas pu voir son visage, elle était masquée. Je pense que nous aurons bientôt l'occasion de la voir à l'½uvre.
-__A-t-elle une mission ? demanda Dumbledore.
-__Voldemort a dit qu'elle serait chargée d'éliminer les personnes qui faisaient obstacles...
-__A-t-il donné des noms ?
-__Non, mais on peut aisément supposer que vous êtes sur sa liste. Le premier même...

Le directeur se mit à réfléchir, ne semblant pas plus troublé que cela d'apprendre qu'une tueuse allait bientôt le prendre pour cible. Il savait sa vie menacée depuis qu'il représentait un rival pour Voldemort. Et puis, en tant qu'assassin du Lord lors de la première guerre, il figurait forcément sur la liste des personnes à abattre. Ce serait une forme de revanche pour Voldemort. Mais cela ne freinera pas le directeur dans sa lutte contre le Mal. Il comptait bien résister jusqu'au bout, quitte à y laisser la vie.

-__Essayez d'en apprendre davantage sur cette tueuse, reprit Dumbledore. D'où elle vient, ce qui la motive... et surtout quelles sont ses cibles. Je vais prévenir les Aurors d'augmenter encore le niveau d'alerte. Les autres membres de l'Ordre doivent aussi savoir qu'ils sont en grave danger.

Rogue n'était pas du genre à s'inquiéter pour les autres, à l'exception d'une seule personne. Pourtant, en quittant le bureau directorial, il se demanda combien de temps Dumbledore pourrait encore échapper aux Mangemorts. Il serait regrettable qu'une personne aussi bienveillante et sage soit froidement assassinée.


| Godric's Hollow |

~ Point de vue de Prue ~


Cela faisait une demi-heure que je suivais Remus. C'était plus fort que moi. Je voulais savoir comment allait sa vie depuis mon absence. Je n'avais pas pu l'observer suffisamment en détails pendant la réunion, pour ne pas paraître suspecte. Mais le peu que j'avais ressenti en posant mes yeux sur lui avait suffi à m'inquiéter. Il semblait si fatigué... pire encore que lorsque nous étions surmenés lors de la première guerre.
Il entra dans un restaurant de Godric's Hollow, rejoignant Sirius et James, ainsi que Lily et Harry, déjà installés à une table. Ils s'interrompirent brusquement en le voyant, surpris l'espace d'un instant, avant de l'accueillir avec joie. Remus leur fit un bref signe de tête avant de prendre place. Mon c½ur battit un peu plus vite en les regardant ainsi, de l'autre côté de la vitre... comme une étrangère. J'aurais eu envie de les rejoindre moi aussi... de me pencher sur Remus pour l'embrasser, et de saluer mes amis. Ils m'avaient tant manqué. Tous. C'était un bonheur de les revoir, mais aussi une torture. La gorge nouée, j'entrai dans le restaurant à mon tour, et me plaçai à une table seule non loin d'eux.
 
Discrètement, je pus les observer avec un peu plus d'attention. Je ne pouvais voir Sirius et James que de dos. C'est ceux pour lesquels je me faisais le moins de souci. Ils semblaient bien se porter. Le profil de Lily était souriant, comme dans mon souvenir. Elle lançait un regard aimant à son mari, qui devait sans doute raconter quelque chose d'amusant. Harry écoutait avec le sourire lui aussi. Bon sang ce qu'il avait grandi. Il ressemblait à James de manière frappante. Remus en revanche... Remus avait changé. Physiquement, c'est certain... il paraissait réellement fatigué. Malade même. C'était presque choquant. Il avait des cernes très marquées et le teint blême, faisant ressortir davantage ses cicatrices. Son regard était complètement éteint. Il n'écoutait pas ses amis. Il semblait ailleurs. Absent. Je ne pus me détacher de lui pendant plusieurs minutes, essayant de lire sur ses traits ce que j'ignorais. Il était évident qu'il allait mal. Et moi, j'étais là... contrainte de rester hors de sa vie, alors que j'aurais tout donné pour lui rendre le sourire.
 
Il était là le problème : mon plan était plus simple à élaborer qu'à respecter. J'étais déchirée entre le devoir pour ma mission, le deuil pour Diego, et la flamme persistante pour Remus. Sept ans après, le simple fait de le regarder suffisait à éveiller des sensations que je n'avais plus eues depuis longtemps. Mon amour pour Remus n'était pas mort. Alors être si près de lui, constater sa blessure au c½ur et ne rien faire... était insupportable. Les larmes aux yeux, je levai ma carte pour me concentrer sur autre chose, et tenter de reprendre mes esprits. Mais une boule s'était formée dans ma gorge... une main de fer m'empoignait le c½ur avec hargne. Je reposai la carte et me levai précipitamment. Mon geste m'attira le regard de plusieurs personnes, dont Remus. Nos regards se croisèrent l'espace d'un instant. Incapable de le soutenir, je tournai les talons et m'excusai auprès du serveur qui venait à ma rencontre. Il fallait que je sorte. C'était trop dur de rester là... comme un fantôme.
 

~ Point de vue général ~


Remus Lupin prêtait une oreille distraite aux discussions de ses amis. Il se remémorait encore une fois les quelques indices qu'il avait réussi à rassembler sur les Mangemorts. C'était un jeu mental auquel il se prêtait souvent, discrètement, lorsqu'il ne pouvait échapper à certaines situations comme celle-ci. C'était le moyen de ne pas "perdre son temps". Car pour lui, chaque instant passé à faire autre chose que chercher Prue était considéré perdu. Il ne parvenait pas à rire alors que Prue était quelque part, prisonnière des Mangemorts. C'était une véritable obsession. Il avait besoin de trouver une piste. Il s'acharnait, même au point mort. C'était le seul moyen d'apaiser le manque. Rester sans agir était comme une trahison envers elle. Il avait ce besoin irrépressible de la retrouver. Le manque le rendait fou de chagrin. C'est comme si un organe vital lui avait été arraché, et qu'il tentait de survivre sans depuis trop longtemps. 

Son regard fut attiré par une personne qui se leva brusquement. Par réflexe, il posa sa main sur sa ceinture, où était accroché l'étui de sa baguette. Mais il n'y eut aucune attaque. La femme en question semblait simplement chamboulée. C'était si évident sur son visage que ça en était troublant. La femme croisa son regard, et pendant quelques secondes, Remus eut l'impression d'entrer en connexion avec elle... où la seule chose qui les unissait était cette douleur, profonde et inapaisable. Une autre âme blessée, comme lui. Elle parla brièvement au serveur, avant de se diriger vers la sortie, confuse. Remus faillit avoir un élan pour la suivre, tant il était troublé par cette inconnue torturée.
 
-__Remus ? Tout va bien ? 
 
Remus sembla arraché à un rêve. Il détourna les yeux un instant pour regarder Sirius en face de lui.
 
-__Oui oui, assura Remus. 
 
Il leva à nouveau les yeux, mais l'inconnue avait disparu dans la nuit. A contrecoeur, il tâcha de se reporter un peu plus sur ses amis... bien que son coeur lui réclame sans cesse de partir. 
 
Dehors, Prue était toujours là. Malgré la difficulté de la situation, elle n'arrivait pas à se résoudre à partir. Elle voulait rester jusqu'au bout. Alors, elle s'était matérialisée en haut d'un immeuble face au restaurant. Allongée sur le toit, elle était en position idéale pour observer de loin, sans craindre de craquer publiquement si ses sentiments lui jouaient des tours. Avec ses jumelles, elle pouvait presque voir ses amis aussi près que dans le restaurant. Remus semblait toujours autant absent mentalement. Il enchaînait inconsciemment les verres au fil de la soirée, sur un rythme étonnamment régulier. 
 
Vers 23h, le groupe d'amis se sépara. Remus fit signe qu'il restait encore un peu. Seul. Après un dernier regard, et une main réconfortante sur l'épaule, le restant des Maraudeurs accepta de le laisser. Remus baissa les yeux sur son verre, triste. Et puis il le but cul sec. Il en commanda un autre, qui fut servi rapidement. Au bout de quelques minutes, une femme approcha. Prue zooma sur son visage, surprise. L'inconnue s'assit en face de Remus et commanda une bouteille directement. Rien n'indiquait s'ils se connaissaient ou non. C'est tout juste si Remus faisait réellement attention à elle. Ils échangeaient quelques mots entre deux verres. La bouteille fut vide en une heure à peine. 
 
Remus sortit avec sa partenaire d'une démarche titubante. Prue se redressa, inquiète de le voir ainsi. Même si elle savait que le gardien de Remus était dans les parages, elle craignit pour sa sécurité. Avec la quantité d'alcool qu'il avait dans le sang, il n'était pas apte à se défendre si nécessaire. En tant de guerre, ce n'était pas bon pour un Auror de se mettre dans un état aussi vulnérable. Même à Godric's Hollow.
 
L'inconnue prit Remus par le col de sa veste et l'embrassa avec élan. Remus ne la repoussa pas. Au contraire. Il la serra un peu plus contre lui. Après un long échange langoureux, la femme se sépara de lui pour l'attirer ailleurs. Prue redoubla de vigilance. Avec du recul, cette inconnue pouvait être une Mangemort qui tendait un piège à Remus après l'avoir saoulé pour se faciliter la tâche. Baguette à la main, Prue suivit l'étrange couple depuis les hauteurs, jusqu'à une ruelle déserte. Derrière une imposante poubelle, les embrassades reprirent de plus belle. Très vite, la femme passa sa main dans le pantalon de Remus pour l'attiser davantage. Il répondit à ses avances avec ardeur. Prue préféra se détourner de la scène, quelque peu éc½urée. Elle essayait de ne pas prêter attention aux gémissements de la conquête de Remus. Son c½ur saigna davantage. Prue aurait préféré retrouver un Remus heureux avec une nouvelle compagne, plutôt qu'un homme... qu'elle reconnaissait à peine. Que faisait-il dans cette ruelle, à prendre une femme comme une vulgaire chienne après avoir bu comme un trou ?
 
Prue se passa une main sur le visage d'une main tremblante. Un bruit de ceinture ramena son attention sur le couple en bas. Remus se remontait le pantalon d'un geste maladroit, tandis que la femme reboutonnait son chemisier. Remus commença à partir sans l'attendre, luttant contre l'alcool avec difficultés pour avancer sans tomber. La femme l'interpella et le rattrapa. Prue ne comprit pas ce qu'elle bredouilla. Remus se contenta de ricaner en la repoussant. La femme l'attrapa par le bras et lui mit une gifle, offusquée, avant de tourner les talons. Remus continua sa route, indifférent. Il ne semblait pas en état de transplaner. Un peu plus loin, il monta maladroitement sur un balai et décolla en slalomant. Une autre personne prit son envol quelques secondes plus tard. Le gardien de Remus. Ne voulant pas se faire remarquer, Prue se cacha avec un sortilège de Désillusion avant de prendre son envol elle aussi. 
 
L'air frais de la nuit lui fit du bien. Elle en avait besoin après ce qu'elle avait vu. Pour ne pas y penser, elle se concentra sur la trajectoire de Remus, essayant d'anticiper une éventuelle chute. Avec ce qu'il avait bu, c'était surprenant qu'il arrive à voler. La ville défilait à vitesse modérée sous eux. Prue ne reconnaissait pas le trajet du manoir Halliwell. Remus quittait la ville, pour se diriger à la campagne. Après près de quarante minutes de vol, Remus finit par descendre vers une petite maison à proximité d'une forêt. Le gardien disparut dans la nuit. Prue n'eut aucun mal à suivre Remus jusque dans le jardin. Il n'y avait aucun dispositif de sécurité autour de la maison. Absolument aucun, pas même les plus basiques. Prue devina que le gardien de Remus était donc toujours là, quelque part, et qu'il avait transplané seulement pour changer de position, ou se faire relever pour la nuit. 
 
Remus entra dans sa petite maison, à l'intérieur négligé. Il y avait très peu de décoration et de mobilier. C'était vide et froid. A son image. Il ne supportait plus de vivre au manoir Halliwell, alors il avait emménagé ici. Il n'y avait aucun voisin à proximité, seulement une forêt. La configuration requise pour sa condition. Il se laissa tomber sur le lit lourdement, fatigué. Il buvait trop ces dernières années, il en avait conscience. C'était une mauvaise habitude qu'il avait pris. Cela ne résolvait pas ses problèmes, mais au moins ça le soulageait pour quelques heures en engourdissant son esprit torturé. Il tourna la tête vers la photo posée sur la table de chevet. Prue lui adressait un sourire éclatant, serrée contre lui. Son regard pétillait de joie et de malice. Lui-même était illuminé de bonheur. Il était loin le temps où Remus était capable d'afficher une mine aussi réjouie. A côté du cadre se trouvait un joli vase tout fin, contenant une unique rose d'un rouge pur, magnifique. C'était celle que Remus avait choisi pour déposer l'alliance de Prue, au moment de lui faire sa demande en mariage. Après avoir accepté, Prue avait ensorcelé la fleur pour qu'elle ne subisse jamais les ravages du temps. La rose n'avait rien perdu de son éclat. C'est comme si elle venait d'être fraîchement coupée.

Fatigué, Remus reposa la photo. Il tourna l'alliance à son doigt, machinalement, d'un air absent. Comme Prue le faisait de son côté lorsqu'elle pensait à lui. Remus enleva son alliance. Ce geste eut pour effet de le soulager d'un poids. Il avait cette sensation à chaque fois, comme si cette bague représentait un fardeau... celui de son échec. Il avait juré de prendre soin de Prue, de la chérir et de la protéger, mais il n'avait pas tenu sa promesse. Ses yeux se posèrent sur les fines inscriptions à l'intérieur de l'anneau : « My soul is yours ». Remus sentit une vive douleur en lisant cela pour la énième fois. Ces quelques mots témoignaient tout l'amour que lui portait Prue. Un amour qu'il ne retrouverait jamais. Prue restera son unique femme. Il ne la remplacera pas. Alors il remit l'alliance, et se promit encore de continuer les recherches. C'était une sorte de rituel avant de se coucher.

A sa fenêtre, invisible, Prue était là à l'observer, le c½ur aussi déchiré que lui. Remus n'était pas malade. Quant à sa blessure au coeur, c'est elle qui l'avait involontairement provoquée. Tout comme elle, qui n'avait fait que survivre après son exil, Remus subissait les ravages du manque. Ce manque atroce et inapaisable, qui avait creusé un trou béant dans sa vie. Il aurait suffi d'un simple mot pour annuler le sortilège de Désillusion, et réapparaître aux yeux de Remus. Revenir dans sa vie, aussi brutalement qu'elle l'avait quitté. Mais c'était impossible. A cause du serment... et de sa mission. Pour ne pas gâcher l'infime espoir de victoire qu'il restait... Prue n'avait pas le droit à l'erreur. Faire revenir Prudence Lupin à la surface en serait une énorme. Alors, malgré la douleur lancinante dans son c½ur, Prue se résigna à laisser Remus souffrir d'une blessure qu'elle avait le pouvoir de guérir. 
 
Chapitre 14 : Iron Heart


 
J'ai bien cru que je ne le posterai pas cette semaine ce chapitre tant j'ai été occupée ces temps-ci, mais il est là, et j'espère qu'il vous a plu ! Petit chapitre tranquille avant le début réel de la partie dans le prochain ! Qu'en avez-vous pensé ? 
 
D'ici la suite, je vous souhaite Joyeuses Pâques !
 
A bientôt  :)

Tags : L'histoire d'un assassin - Partie 2 : La (re)naissance de l'Assassin - tome 3

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Comments :

  • evanalinch-lunalovegood

    06/04/2018

    C'C'est un de tes meilleurs chapitres. Trop hâte de lire la suite

  • MikaWolfeHP

    29/03/2018

    Yeah!! Trop mignon! Mais si triste tout de même! Pauvre Remus :'(
    Et j'ai bien cru qu'on allait enfin savoir ce qu'est l'atout des mangemorts!
    Et Dumbledore qui a découvert une partie du secret de Prue! Ayayaye!
    Beau chapitre de transition :) hâte à la suite! XD

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