9 tagged articles Partie 2 : La (re)naissance de l'Assassin

14/06/2014

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Partie 2 : La (re)naissance de l'Assassin 20/05/2016

Partie 2 : La (re)naissance de l'Assassin

 
Et voici la couverture du troisième tome, qui entame la partie 2 de l'histoire : "La (re)naissance de l'Assassin".
 
Partie 2 : La (re)naissance de l'Assassin
 
L'attente aura été longue (année de master de folie en cause), mais ça y est, je suis de retour avec le tome 3 ! Préparez-vous pour le grand final de l'histoire d'un assassin !  ;)

 

Partie 2 : La (re)naissance de l'Assassin

 


 Préface  
 Prologue 
 Chapitre 1  : Prisonniers 
     Le mot de Tracker : « Peine capitale »  
 Chapitre 2  : L'assaut 
     Le mot de Tracker : « Il faut savoir faire des sacrifices » 
 Chapitre 3  : Sombres retrouvailles (NEWS !)
    Le mot de Tracker : « Interminable nuit » (NEWS !)

 

Partie 2 : La (re)naissance de l'Assassin

Tags : L'histoire d'un assassin - Partie 2 : La (re)naissance de l'Assassin - tome 3 - Sommaire

Préface 24/09/2017

Pour commencer, un grand merci à celles et ceux qui continuent à suivre l'histoire !
 
Je vous souhaite un bon retour dans L'histoire d'un Assassin ! Avant de vous laisser vous replonger dans l'aventure, je tiens à m'excuser pour le temps d'attente, bien plus long que prévu. Pour cause : une réécriture nécessaire de la quasi totalité du tome initialement préparé, en parallèle d'une année de master particulièrement chargée. L'intrigue de la première version du tome 3 ne me convenait pas. Je voulais un tome à la hauteur des personnages, et de vos attentes. Donc j'ai préféré vous faire patienter pour améliorer la suite. Ce tome a été incontestablement le plus difficile à écrire. Beaucoup de trames possibles, menant toutes à des intrigues et une fin totalement différentes. Pour vous donner une idée, j'ai imaginé 4 versions différentes. Ca n'a pas été facile de choisir ! Mais j'ai fini par me décider, et même sur la version que j'ai gardé, j'ai réécrit des chapitres plusieurs fois ! Pas facile donc !

 

Comme pour les précédents tomes, votre avis jouera un rôle majeur, puisque j'en tiens compte pour effectuer des améliorations, ou carrément ajouter des chapitres ! Donc n'hésitez pas à donner vos impressions à l'issue de votre lecture, toute remarque / critique / est bienvenue. Je suis aussi ouverte à la discussion, et toujours prête à répondre à vos questions. 


Trêve de bavardage et revenons-en à l'histoire ! Je vous conseille de relire le dernier chapitre du tome 2 avant de vous lancer, mais si vous avez la flemme, petit rappel.
Lors d'une bataille à la résidence ministérielle, Prue combat Voldemort pour l'empêcher d'atteindre les Maraudeurs. Enceinte, ses compétences sont affectées. Elle perd le duel contre son père, et est gravement blessée. Dans la foulée, Voldemort est tué. Les Mangemorts battent en retraite, mais parviennent à enlever Prue.
Prue sort du coma, prisonnière des Mangemorts. Elle a perdu l'enfant qu'elle portait. Trop faible pour utiliser ses pouvoirs sans baguette, elle cherche un autre moyen de s'évader. Mais un jour, Cygnus lui révèle ce qu'elle a manqué de la bataille : Voldemort est tué, certes, mais ceux qu'elle aimait aussi (Remus, Sirius, James et Lily). Prue trouve la force de tuer Cygnus et tente de s'évader. Mais Orion revient dans la cellule et l'en empêche. Il la torture, mais Bellatrix intervient pour le stopper. Voldemort avait donné des ordres clairs à son sujet : ne pas la tuer. Bellatrix ordonne à Prue de lui donner une explication, sinon elle ira elle-même dans son esprit chercher les réponses. Pour protéger les nombreux secrets qu'elle garde, Prue avoue qu'elle est la fille du Lord, sans dire qu'elle est Tracker. Pour la punir, sans la tuer, Orion fait venir deux Détraqueurs. Anéantie, Prue cède à leur influence. 

Alors, vous êtes prêts ? Bon retour dans la partie ! 

Tags : L'histoire d'un assassin - Partie 2 : La (re)naissance de l'Assassin - tome 3

Prologue 22/04/2017

Prologue

| 31 octobre 1983 – Angleterre |
 
Jack revint d'une excursion, épuisé. Il était seul dans la maison, sa compagne n'était pas encore revenue. Il alluma un feu dans la cheminée, se perdant quelques instants dans la beauté des flammes. Il pouvait déjà sentir une douce chaleur se diffuser dans la pièce. Il s'installa dans le fauteuil, attiré par la Gazette posée à côté sur la petite table basse en verre. Il déplia le journal machinalement, pour connaitre les nouvelles du pays. Son c½ur se serra en voyant les gros titres. Comme l'année dernière à la même date, la Gazette avait publié un article sur la Glorieuse Bataille, en rappelant les moments épiques de ce jour, et en rendant hommage aux victimes. Le 31 octobre était devenu un jour de fête nationale, mais aussi de deuil, par respect pour ceux qui avaient perdu la vie dans la lutte contre l'Armée du Mal. Même si Jack connaissait les détails de cette dramatique journée, il ne put s'empêcher de commencer sa lecture. Il n'arrivait pas à laisser le passé derrière lui. C'est comme si le devoir de mémoire l'obligeait à lire encore et encore ce tragique récit.
 
« Il y a deux ans, la guerre contre Vous-Savez-Qui prenait fin, chassant les ténèbres de notre pays. Après une période de terreur, l'Angleterre a retrouvé le calme et l'harmonie. Chaque année, nous tenons à féliciter nos héros de guerre, et à rendre hommage à ceux qui sont morts en combattant pour la liberté. Ce matin, le Ministre de la Magie s'est rendu sur les lieux de cette bataille, pour rappeler ce que nous avons gagné, mais aussi le prix que ça nous a coûté.
La guerre a dévasté d'innombrables familles. Le jour de la bataille, ce sont les forces de l'ordre qui ont subi les plus lourdes pertes en défendant la Résidence Ministérielle. Une minute de silence sera observée ce soir à 22h17, heure à laquelle les combats ont pris fin, en souvenir des 32 victimes qui ont vaillamment combattu au péril de leur vie.
Cet après-midi, Albus Dumbledore, celui qui a réussi à venir à bout de Vous-Savez-Qui, a fait un discours poignant sur les victimes, et sur le devoir de mémoire que nous avons à leur égard. De son côté, Alastor Maugrey a tenu à rappeler l'importance du courage des combattants, et de la nécessité de s'opposer à tout ennemi qui essaierait d'entraver à nouveau nos libertés. Il a également mentionné que les recherches sur Prudence Lupin étaient toujours en cours. Capturée par les Mangemorts après avoir affronté Vous-Savez-Qui, aucune piste n'a été trouvée depuis pour la localiser. La dissolution de l'Armée du Mal a rendu quasi impossible l'avancée de l'enquête. Prudence Lupin est supposée toujours captive des quelques Mangemorts rescapés qui ont réussi à échapper aux Aurors. Une équipe spéciale est à sa recherche, et nous espérons de tout coeur que la brillante Auror sera un jour retrouvée. »
 
Jack jeta le journal dans les flammes avec amertume. Deux ans. Deux ans que sa protégée n'était plus là. Cela lui paraissait déjà très long, et pourtant, il lui semblait que c'était hier lorsqu'elle était enlevée par Orion Black. Prue avait défié son père pendant la bataille, dans un duel acharné où elle avait bien failli l'emporter. L'invincible Tracker avait malheureusement connu sa première défaite.
Jack s'en voulait encore de ne pas avoir été là pendant la bataille. Quand il avait appris qu'une attaque était en cours à la Résidence Ministérielle, c'était trop tard. Les combats avaient été d'une intensité extrême, mais rapides, car le Lord était vite tombé. Jack était alors arrivé sur les lieux de ce terrible cauchemar, cherchant avec frénésie Prudence. Mais elle n'était déjà plus là. Jack n'avait pas réussi à tenir sa promesse... il n'avait pas réussi à protéger celle qu'il considérait comme sa fille. Qui sait ce qu'elle était en train de vivre ?  
 
Cette question le hantait depuis que Dumbledore lui avait annoncé qu'Orion l'avait kidnappée. Jack avait mobilisé de nombreux tueurs pour retrouver les Mangemorts, et donc indirectement Prue. Jusque-là, la traque n'avait rien donné. Strictement rien. Les Mangemorts qui avaient échappé aux autorités avaient comme disparu de la surface de la terre, emportant Prue avec eux. Le Maître Assassin était brisé. C'était la deuxième fois qu'il la perdait. La deuxième fois qu'il échouait dans son devoir de protection. Il avait peu d'espoir qu'elle soit toujours en vie, car Prue était impossible à canaliser. Grâce à ses pouvoirs, elle aurait dû s'évader depuis bien longtemps. Pourtant, deux ans après, elle n'était toujours pas revenue. Les Mangemorts avaient-ils trouvé un moyen de la maintenir prisonnière ? Jack l'espérait de tout c½ur. Sinon, cela voulait dire qu'elle était morte, et ce dénouement serait invivable pour lui. Ce serait trop cruel.
 
Prudence avait enfin trouvé le bonheur. Jack entrevoyait même l'occasion pour elle de ranger sa lame une fois la guerre terminée. Il l'avait imaginée mère de famille auprès de Remus, entourée de ses amis.  Elle était sur la bonne voie pour y parvenir. Ce rêve s'était soudainement brisé. Elle avait bien tenté de réécrire son histoire, mais la plume lui avait échappé. Jack pensa à Diego, inconsolable depuis le drame. Diego s'était exclusivement consacré à la retrouver. Il avait tout laissé tomber en-dehors de son clan. En tant que chef des Tigres, il avait mobilisé une bonne partie de ses hommes dans la traque de Prue, tandis que l'autre continuait les activités habituelles, dirigées par un second chef. Il ne vivait que dans l'espoir de la retrouver en vie. Il n'était plus qu'un fantôme hanté par cette traque obsessionnelle. 
 
Jack craignait de le perdre lui aussi dans cette quête, car Diego allait de plus en plus mal. Chaque jour sans nouvelle de Prue enfonçait un peu plus le moral de son frère de c½ur. Partenaires de toujours, l'absence de Prue était insupportable à vivre pour Diego. La savoir prisonnière, sans la moindre piste pour la retrouver, le rendait fou. Jack savait à quel point Diego aimait Prue... et qu'elle était tout pour lui. Prue avait réussi à se reconstruire petit à petit après le camp, mais Diego n'était capable de sentiment que pour elle. Celle avec qui il avait traversé l'enfer, pour en sortir victorieux et se hisser parmi les leaders criminels. La perdre serait une tragédie à laquelle Diego ne survivrait pas. Jack le savait, alors il prenait régulièrement de ses nouvelles, pour s'assurer que Diego ne sombrait pas dans le désespoir.

Depuis trois semaines cependant, Diego ne répondait plus à l'appel. C'était anormal, car lorsque Jack tentait de le contacter, Diego se ruait toujours chez lui dans l'espoir d'apprendre de bonnes nouvelles. Désormais, il était injoignable. Avait-il perdu espoir ? Avait-il renoncé ? Jack en doutait. Tant qu'il serait en vie, Diego poursuivrait ses recherches. Rien ne pourrait le détourner de cette quête vitale. Sauf peut-être, d'apprendre la mort de Prue. Une larme brûlante coula sur la joue de Jack à cette pensée. Non. Il ne fallait pas penser une chose pareille. Prue n'était pas morte. Ils allaient la retrouver. Ils n'étaient pas les seuls à la chercher sans relâche. Elle manquait à beaucoup de monde. L'assassin comme l'Auror avait creusé un vide dans bien des c½urs... quelqu'un finirait par la retrouver. Il le fallait.

Le regard de Jack se posa sur le cadre photo posé sur la commode. Il se leva pour aller le voir, comme bien souvent. Prudence était rayonnante sur cette photo. Elle souriait à quelqu'un, qui était hors cadre. Pourtant, il était évident qu'il s'agissait de Remus. Cela se devinait à l'expression de son regard, et à la beauté de son sourire. Prue avait beaucoup changé grâce à lui, devenant une femme plus ouverte et pleine de vie. Malgré tout, seul Remus était capable de lui décocher un tel sourire de bonheur. Jack prit le cadre avec un triste sourire, et le coeur lourd. Il donnerait cher pour revoir sa protégée. Elle lui manquait terriblement. Alors, éternel rituel depuis sa perte, il approcha le cadre de ses lèvres pour déposer un baiser sur son front, comme il aimait lui faire. Il ferma les yeux, oubliant la surface lisse et froide du cadre, pour se remémorer la douceur de sa peau. Il se revit avec elle, dans les trop rares moments de complicité qu'ils avaient partagés, comme un père avec sa fille. Il posa son front contre le sien, silencieux, savourant ce moment où les sentiments étaient si forts qu'ils en étaient palpables.
 
-      Jack ?
 
La voix douce de sa compagne ramena Jack à la réalité. Prue disparut devant lui, pour redevenir une simple photo. Il éloigna le cadre de lui et le reposa avec soin à sa place. Julie Noven avait la mine aussi sombre que lui, et cela n'avait rien à voir avec son travail de légiste. Elle n'eut pas besoin de lui demander quoi que ce soit pour savoir que Prue était à l'origine de son chagrin. Le couple s'était formé dans la douleur de cette perte, plusieurs mois après la disparition de Prue. Jack n'aurait jamais cru que Julie et Hélène Noven étaient si attachées à Prue. Pourtant, elles avaient presque été aussi dévastées que lui en apprenant la terrible nouvelle. Tous les trois, ils s'étaient soutenus moralement. Ils s'empêchaient mutuellement de sombrer. Le temps ne suffisait pas à guérir la blessure. L'absence de Prue était une torture permanente. Ils s'attendaient chaque jour à la voir revenir, un sourire triomphant aux lèvres. Mais ce jour n'arrivait pas. Un quotidien morne s'était installé pour tous les trois. Ils n'arrivaient pas à se résigner, à cesser d'attendre. Le temps s'était comme suspendu après la guerre. Le pays était peut-être en paix, mais pas eux. C'était le problème des enlèvements, on ne pouvait jamais être certain qu'il fallait tourner la page. D'ailleurs, ils ne voulaient pas la tourner. A quoi bon continuer à avancer, quand ce qui nous est le plus cher se trouve déjà derrière nous ?
 
-      Tu as des nouvelles ? s'inquiéta Julie en voyant l'air attristé de Jack.
 
Julie craignait à chaque retour de Jack d'apprendre la mort de Prue. Ca avait été un choc pour elle d'apprendre son enlèvement. Comment une telle tragédie avait-elle pu se produire ? Prue était une femme remarquable et engagée dans son combat contre les forces du mal, mais jamais Julie n'aurait envisagé qu'elle soit engloutie à son tour dans les ténèbres. Elle aurait dû faire tellement plus pour Prue. Les remords rendaient la douleur encore plus vive. Si seulement elle était intervenue pendant la guerre...
Le poids de cette grave erreur pesait lourd sur sa conscience. Cela aurait peut-être permis d'empêcher de nombreux drames, dont le cruel enlèvement de Prue. Julie ne se pardonnera jamais d'être restée à l'écart pendant tout ce temps, et elle craignait de ne pas avoir l'occasion de se racheter.
 
-      Non, aucune, souffla Jack.
 
Julie inspira profondément, essayant de lutter contre les larmes. Quand est-ce que le cauchemar allait se terminer ? Elle donnerait tout pour une nouvelle piste qui puisse ramener Prue auprès d'eux. Jack prit sa compagne dans ses bras dans un geste de réconfort, bien qu'il soit lui-même déchiré. Il espérait de tout son être que l'absence prolongée de Diego soit synonyme d'une piste sérieuse.
 
A peine deux semaines plus tard, à des centaines de kilomètres de là, une personne vêtue de noir au masque tigré se tenait devant la planque supposée des Mangemorts. Pour la première fois, Diego avait bel et bien une piste... mais elle ne mènerait pas au réconfort de l'entourage de Prue.  

Prologue

Bien le bonjour à tous ! Je profite d'un peu de temps libre pour partager le prologue avec vous ! Je tiens à m'excuser pour le temps d'attente depuis le tome 2. Il faudra patienter encore un peu avant le début de la publication du tome 3, le temps que je termine mon master. L'année a été intense, et c'est pire maintenant que je suis dans la dernière ligne droite.
Mais ne nous étalons pas sur le travail, et revenons à l'histoire ! J'espère que ce prologue vous a plu, et qu'il vous donne envie de lire la suite ! Votre avis sera le bienvenue ! Et d'ailleurs, si vous avez des attentes particulières pour le tome 3, c'est le moment de vous exprimer ! :)
En attendant, je vous souhaite un excellent week-end. A bientôt, j'ai hâte de vous entrainer dans la suite de l'aventure !
 

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Chapitre 1 : Prisonniers 17/09/2017

« Suis-je encore en vie ? Il semblerait. C'est si confus. Je ne suis pas sûre. Je suis prisonnière de mon propre corps... de mon esprit... incapable de vivre... incapable de mourir. »

 

Chapitre 1 : Prisonniers

 | 31 octobre 1983 – Angleterre |
 

Darius était assis sur son lit, seul dans la sombre pièce qui lui servait de chambre. Il laissa tomber la gazette du sorcier, qui parlait principalement de la Glorieuse Bataille, durant laquelle le Seigneur des Ténèbres avait été vaincu deux ans auparavant. Le Mangemort s'en souvenait comme si c'était hier.
 
La bataille faisait rage à la résidence ministérielle. Résistants et forces de l'ordre combattaient férocement pour repousser les soldats de l'Armée du Mal. De leur côté, les Mangemorts n'avaient que deux objectifs : tuer le plus d'opposants possible, et capturer les êtres chers au c½ur de Prudence Lupin, pour la forcer par la suite à rejoindre la cause du Seigneur des Ténèbres. Pour une raison longtemps inconnue, le Lord tenait absolument à intégrer la redoutable Auror dans les rangs, bien qu'elle ait fait d'énormes dégâts. C'était une tueuse de Mangemorts et une duelliste incroyable. Mais le plan était tombé à l'eau. Prudence avait livré bataille contre le Lord jusqu'au bout. Le Mangemort se souvint avec précision du moment fatidique, où elle avait reçu un sortilège, la propulsant à travers la pièce, jusqu'à ce qu'elle percute de plein fouet un mur. Le Seigneur des Ténèbres avait été incapable de se détacher d'elle pendant quelques précieuses secondes. Jamais une telle expression de surprise n'avait été vue sur son visage. L'instant d'après, Darius était obligé de se détourner de la scène pour défendre sa vie contre un Auror. Et puis très vite, le temps s'était comme suspendu. Le Seigneur des Ténèbres était au sol, inerte. Albus Dumbledore l'avait terrassé. 
 
Le premier réflexe de nombreux Mangemorts avait été de déserter le champ de bataille en voyant leur Maître mourir, et de ranger définitivement leur masque. Ce ne fut pas le cas de tous les serviteurs. Les plus loyaux étaient restés pour venger leur Maître. La majorité de ceux-là furent capturés, et séjournaient depuis dans la redoutable prison d'Azkaban, condamnés à perpétuité. Certains avaient essayé d'obtenir une remise de peine en échange d'informations, ou de dénonciation. Mais le Magenmagot était impitoyable avec eux. Pas de remise de peine. La seule chose à espérer, c'était d'échapper au Baiser du Détraqueur. Beaucoup l'avaient reçu.
Les Mangemorts qui avaient réussi à quitter le champ de bataille étaient condamnés à une vie de fugitifs. Ils avaient rangé leur masque, et oublié leur Maitre vaincu. L'exil était leur seule issue pour échapper aux forces de l'ordre. Une équipe spéciale était toujours à la recherche des Mangemorts fugitifs. 
Quelques-uns avaient pris la fuite ensemble, comme le petit groupe rassemblé dans cet endroit isolé. Il s'agissait d'une vieille maison de campagne abandonnée au nord du pays, sans le moindre habitant à des kilomètres à la ronde. Les Mangemorts en avaient fait leur refuge. 

Le Mangemort prêta une oreille attentive aux voix qui s'élevaient d'en bas. Il y avait une violente dispute entre Bellatrix et un homme. Le Mangemort soupira avec lassitude et descendit voir ce qu'il se passait.
 
-__Sale traitre ! hurla Bellatrix. Après tout ce que le Seigneur des Ténèbres a fait, tu serais prêt à abandonner les recherches ?!
-__Voie les choses en face Bellatrix ! s'emporta Marco. Il a reçu un sortilège de mort ! Il n'a pas pu survivre !
-__Nous avons déjà eu cette discussion ! répliqua Bellatrix avec fureur. Il est vivant !
 
Darius soupira, et resta sur le premier pallier. L'éternel débat recommençait. Bellatrix et Orion étaient persuadés que le Seigneur des Ténèbres avait survécu. Du coup, ils passaient leur temps à se tenir informés du mieux qu'ils pouvaient, et partaient des journées entières, à la recherche d'une piste. Walburga, la femme d'Orion, et Rodolphus, le mari de Bellatrix, les suivaient toujours, sans grande conviction. En fait, Orion et Bellatrix étaient les seuls motivés dans cette quête. Tous les autres réfugiés de cette maison étaient lassés. Pour eux, le Maître était mort, et ils étaient condamnés à vivre comme des fugitifs. Point. Dire le contraire était un déni de réalité. Pour les Black, c'était une trahison, et ça en devenait exaspérant.
 
-__J'en ai assez, renvoya Marco. Si vous n'apportez pas la preuve de la possible survie du Maitre, c'est terminé ! Je ne vois pas pourquoi on consacrerait le restant de notre vie à chercher un fantôme ! Il est mort, c'est comme ça. Et il est temps pour nous de refaire notre –
 
Mais il n'eut pas le temps de finir sa phrase. Un sortilège de mort le frappa en pleine poitrine. Emportée par la rage, Bellatrix avait dégainé sa baguette à une vitesse impressionnante. Darius resta cloué sur place face à un tel meurtre. Bellatrix était essoufflée par la rage comme une bête. Elle remarqua le témoin de son geste. Darius sentit son coeur dérailler en croisant les yeux fous de la Mangemort. Elle était encore plus cinglée que du vivant du Maitre.
 
-__Qu'est-ce que tu fais là ? demanda sèchement Bellatrix.
-__ J'allais descendre, bredouilla Darius. Je ne voulais pas vous interrompre.
-__Va t'occuper de la prisonnière.
 
Le Mangemort eut du mal à se détacher du cadavre de Marco. Il avait simplement dit tout haut ce que tout le monde pensait en secret. Et il était mort pour ça. Aucun Mangemort présent sous le même toit des Black n'avait le droit de réfuter la survie du Maître. En deux ans, il n'y avait pas eu le moindre signe prouvant indéniablement une éventuelle survie. Il ne s'agissait que de rumeurs, de suppositions... rarement fondées, et dont les indices menaient à des impasses. La logique aurait voulu de tourner la page... mais les Mangemorts ne suivaient aucune logique... sinon ils n'en seraient pas là.
 
-__Tu es sourd ? s'emporta Bellatrix.
 
Darius sortit de sa léthargie et termina de descendre les marches. Il dut enjamber le cadavre de Marco pour accéder au couloir. Il se dirigea en silence à l'autre bout, dans la cuisine. Il prit une poche de perfusion, et une seringue. Il s'arma de sa baguette une fois devant la porte du cellier. Il ferma les yeux et pensa à sa femme. Son adorable femme, avec qui il avait partagé de belles années avant de la perdre. Mais il ne fallait pas penser à ce drame. Seulement à son sourire, son regard... sa douceur. Darius se laissa envahir par ce sentiment d'apaisement et parvint à créer un Patronus. Le chien d'un blanc lumineux se mit devant la porte du cellier, prêt à bondir. Darius ouvrit la porte avec précaution, laissant entrer l'animal de lumière en premier. Le chien fit reculer les deux Détraqueurs à l'autre bout de la pièce, les éloignant de leur victime. Le Patronus les tint en respect pour qu'ils ne viennent pas attaquer Darius pendant qu'il s'occuperait de la prisonnière.
 
A une époque, Darius se portait souvent volontaire pour s'occuper d'elle, malgré la difficulté de la tâche. Il estimait que personne n'avait le droit de souffrir comme elle, surtout une si admirable combattante. C'était une chasseuse de criminels redoutable. Darius la respectait pour ça. Elle s'était battue vaillamment jusqu'au bout, allant même jusqu'à défier le Lord lui-même. Elle avait failli le vaincre. Ça s'était joué à peu de chose. Darius avait tant espéré qu'elle réussisse. Mais elle avait pris un mauvais coup... et depuis, elle était captive des Mangemorts. Même prisonnière, elle avait refusé de se soumettre et de rester docilement attachée à ses chaines. Elle s'était redressée pour venger la mort de son mari en tuant Cygnus, indomptable. Depuis, c'était la déchéance pour elle. Désormais, c'était un fardeau d'aller la voir. Les maigres efforts du Mangemort n'avaient pas suffi à empêcher la prisonnière de sombrer peu à peu. Physiquement... puis mentalement. Elle était détruite. Il n'y avait pas de plus cruelle captivité que celle de Prudence Lupin. Orion avait eu ce qu'il voulait en la brisant de la sorte.
 
Prudence Lupin était inerte, allongée sur une table en fer, inconsciente. Des chaines l'immobilisaient complètement. Cette précaution était autrefois nécessaire, à cause de ses compétences meurtrières. Ensuite, c'était à cause de ses crises, pendant lesquelles elle devenait incontrôlable. Aujourd'hui, c'était inutile. Elle n'était pas morte, mais c'était tout comme. Son corps était si cadavérique que ça en était effrayant. Mais il était là le drame : elle était vivante. La compagnie prolongée des Détraqueurs avait fini par la briser. Elle alternait de longues périodes d'inconscience avec des phases de délires, où elle murmurait des propos incohérents.
 
Darius prépara la perfusion avec soin et planta la seringue dans le bras droit décharné de la prisonnière. C'était le seul moyen de la nourrir et de l'hydrater. Depuis un an, elle était souvent inconsciente... et lorsqu'elle ne l'était pas, elle refusait de boire ou de manger. Elle n'était jamais vraiment là en fait. Soit elle délirait, soit elle était enfermée dans un incroyable mutisme. A contrec½ur, Darius s'assura que la perfusion faisait son boulot. Il se demanda sérieusement combien de temps elle pourrait survivre ainsi. Les perfusions n'étaient pas faciles à obtenir. Sans elles, Prudence était condamnée. Darius ne voyait même plus l'intérêt à ce qu'elle reste prisonnière. Même si le Seigneur des Ténèbres revenait un jour... même s'il rassemblait son armée pour reprendre ses projets là où il les avait laissés, ce serait forcément sans sa fille à ses côtés. Elle n'était plus qu'une ombre. La puissante combattante était définitivement morte. C'est comme si son âme l'avait quittée. Plus rien ne l'animait. Souvent, Darius se demandait si elle était encore de ce monde. Ses périodes d'inconscience étaient si prolongées... peut-être qu'elle avait fini par sombrer dans le coma. Cela faisait des semaines qu'elle ne s'était plus réveillée. Darius se maudissait de ne pas être capable de l'achever. Personne ne méritait de vivre un tel calvaire. Darius la regarda plusieurs secondes, le c½ur lourd, avant de se résigner à se détourner. Il croisa Walburga dans la cuisine. 
 
-__Ses jours sont comptés, dit-elle.
-__Son état semble stabilisé, objecta Darius.
-__Les perfusions ne suffiront plus. Elle a besoin de médicaments.
-__Si tu me dis lesquels, j'irais les chercher.
 
Walburga regarda Darius en silence, le faisant culpabiliser. Il ne devait pas paraitre suspect. Marco venait d'être tué, il n'avait aucune envie de le rejoindre.
 
-__Si tu as vraiment pitié d'elle... laisse-la mourir, dit Walburga à voix basse. Elle a assez souffert.
 
Walburga n'était pas du genre à avoir le c½ur tendre... mais comme elle s'occupait beaucoup de la prisonnière, elle était témoin de l'horreur de sa captivité. Une horreur difficile à supporter. C'était à chaque fois un cas de conscience de se contenter de la nourrir et de repartir. Chaque fois que la porte se refermait, le Patronus disparaissait... laissant le loisir aux Détraqueurs de la torturer mentalement.

 
~ Point de vue de Prue ~
 

J'étais dans le noir absolu. Je ne sentais plus mon corps. C'est tout juste si j'avais conscience d'exister encore. J'avais déjà connu cette sensation, lorsque j'étais bloquée entre la vie et la mort. Le temps s'était arrêté dans le présent pour moi. Je n'y revenais quasiment plus. J'étais enfermée mentalement. Prisonnière de mon corps... et de mon esprit. Il n'y avait plus rien autour de moi.
Plus d'espoir. Plus de chaleur. Rien.
Alors je restais là... dans le néant et l'oubli. Je ne voulais pas me réveiller. Il n'y avait plus rien dans le monde des vivants qui méritait que je me batte. J'étais lassée de lutter pour au final tout perdre. Je ne voulais plus rien ressentir. Plus jamais. Même ça j'en étais privée. Je parvenais toujours à éprouver du chagrin, de la douleur, et un terrible manque. Ça ne me quittait pas, et c'était la seule preuve que j'étais encore un peu rattachée à la vie. Je voudrais tellement que tout s'arrête.
 
Comme si mon existence n'était pas suffisamment lamentable, mon esprit se perdait souvent. Je me voyais alors libre, entourée des personnes qui m'étaient chères. Je n'aurais su dire combien de fois j'avais rêvé me réveiller à leurs côtés. A chaque fois, cette magnifique vision se brisait, et je revenais dans ma prison. Je crois que c'est à force de subir ces faux espoirs que j'avais fini par sombrer. Désormais, plus d'hallucination, plus de retour au présent... mon esprit vagabondait dans les méandres de ma mémoire pour me faire revivre les principaux événements de mon passé. Oh, pas les moments heureux... non, ceux-là étaient devenus inaccessibles à cause des Détraqueurs. Je revoyais les origines de Tracker. L'attaque du manoir familial. Le camp. La guerre. Toutes ces atrocités que j'aurais préféré ne jamais revoir. Ces temps-ci pourtant, je ne cessais de les revivre.
 
J'eus une sensation de chute. Je rouvris les yeux dans l'exaspérante cellule de mon passé. J'étais seule. Isolée des autres. Dangereuse. Malgré la haine qui me consumait, un acide bien plus destructeur me coulait dans les veines. Celui du manque. J'avais perdu le garçon qui me soutenait... celui qui me donnait le force de me battre, et de supporter les épreuves insensées de nos bourreaux. J'avais tué le responsable de sa mort, mais cela ne comblait pas le manque. Jeff n'était plus là. Il ne serait plus jamais là. Par ma faute. Je ne voulais pas que ça arrive. D'ailleurs, si j'avais su où le chemin me mènerait, je ne l'aurais pas emprunté. Mais c'était trop tard. Je l'avais perdu. La seule chose qui me restait, c'était cette haine brûlante au fond du c½ur. Cette soif intarissable de vengeance. Cette bête enragée qui désirait tuer. Cette bête qui était morte aujourd'hui. Mon souvenir se troubla, et je revins dans le néant. La douleur était plus vive.
 
Remus n'était pas le premier à avoir subi les conséquences de me connaître. Dans mon enfance, Jeff était mort parce que l'amour était interdit au camp. Dans le présent, Remus était mort parce que selon mon père, je ne devais pas l'aimer. L'amour, aussi beau puisse-t-il être, avait toujours fini en drame avec moi. Ceux que j'aimais étaient condamnés à mourir. Une bête de mon espèce n'avait pas droit à une vie normale et heureuse. J'aimerais tellement sortir de cette cage. Me libérer. Et mettre fin à tout ça une bonne fois pour toutes. Même ça, je ne pouvais pas. Alors je restais là... incapable de vivre, incapable de mourir.
 

~ Point de vue général ~

 
Darius déglutit en entendant les terribles bruits qui s'échappaient de la cave. Fenrir Greyback y était enfermé à cause de la pleine lune. Le redoutable lycanthrope était furieux ces nuits-là d'habitude. Pour éviter que les Aurors trouvent la cachette des Mangemorts à cause du loup-garou, celui-ci était retenu prisonnier le temps d'une nuit. Privé de proie et de liberté, autant dire que l'animal était plus dangereux que jamais. Mais cette nuit, il avait de quoi se calmer. Bellatrix s'était débarrassée du corps de Marco en le jetant au loup-garou.
 
Pris de nausée, Darius quitta le salon et monta dans sa chambre. A l'étage, il n'entendait plus la bête déchiqueter sa proie. Il s'assit sur son lit, parcouru de légers tremblements. Le prix de la trahison était élevé... et le châtiment abominable. C'est la raison pour laquelle le Mangemort n'avait jamais eu le courage de partir. Pourtant, cela faisait bien longtemps qu'il en rêvait. A l'instant où il avait découvert les véritables intentions du Lord pour être précis. Lui qui pensait s'engager à défendre une juste cause, il s'était retrouvé piégé en découvrant que les projets du Maître n'avaient rien de nobles. Malheureusement, le Mangemort n'avait jamais pu faire marche arrière, craignant d'être assassiné. Alors il s'était conduit en lâche, et était devenu un monstre malgré lui en étant forcé d'obéir au Seigneur des Ténèbres. Chaque fois qu'il recevait un ordre, il avait le choix de l'exécuter et de vivre, ou de refuser et de mourir. Bien sûr, il avait toujours obéi. La perspective de la mort était trop effrayante pour y faire face. Les rares Mangemorts à avoir manifesté leur désir de quitter les rangs avaient servi de repas à Nagini, le monstrueux serpent du Maître. Seuls quelques assassins avaient réussi à rompre leur alliance avec le Lord sans en subir de conséquences. Mais ça, c'est uniquement parce qu'ils étaient aussi craints et dangereux que le Lord lui-même. Pourtant, leur départ avait mis le Seigneur des Ténèbres dans un état de fureur pendant des semaines.

Le Mangemort avait envié ces assassins à de nombreuses reprises. Eux, ils avaient pu partir, comme ça, du jour au lendemain. Ils avaient retrouvé leur liberté, et n'avaient même pas eu besoin de se cacher. Le Mangemort aurait tant voulu pouvoir faire comme eux... partir, tout simplement, sans avoir à fuir ou à craindre des représailles. Lui, il n'avait jamais pu. Il avait trop peur de devenir la proie des autres Mangemorts. Fuir ne suffisait pas, il fallait trouver le moyen de disparaître. Orion avait déjà fait payer un déserteur. Et Bellatrix venait de rappeler ce qu'il en coûtait de se détourner du Maître. Alors Darius se dégonflait chaque fois que l'idée lui venait de fuir. Personne ne se doutait de son dégoût pour l'Armée du Mal et le Maître... il était aux yeux de tous un bon pion, utile et serviable, à défaut d'être puissant. En réalité, Darius n'avait cessé de guetter une bonne occasion pour s'échapper. Il en avait eu des tonnes. Du temps du Lord, il aurait pu se faire passer pour mort lors des nombreuses batailles. Et dans ce refuge, il aurait pu essayer à chaque fois qu'il était désigné pour aller chercher à manger. Mais il revenait toujours docilement. Il se dégoûtait d'être aussi lâche.
 

| 09 novembre 1983 |

 
Darius jouait aux cartes avec les autres Mangemorts. Bellatrix, Orion, Walburga et Rodolphus étaient partis de bonne heure le matin même. Ils disaient avoir une nouvelle piste. C'était un soulagement quand le quatuor partait. En leur absence, les Mangemorts pouvaient discuter librement, et passer un peu plus de leur temps à se divertir. Les parties de cartes étaient longues, et les bouteilles d'alcool descendaient bien. C'était un moyen comme un autre de combattre l'ennui, et l'envie de partir. Darius n'était pas le seul à vouloir quitter cette vie dénuée de but. 
 
-__Ils sont partis combien de temps cette fois ? demanda Greyback en arrangeant ses cartes.
-__Plusieurs jours, répondit vaguement Darius.
-__Bon débarras. Ça nous fera des vacances.
 
Les autres ricanèrent.
 
-__Si nous étions sûrs du temps libre qu'on a devant nous, on pourrait aller se dégourdir les jambes, proposa innocemment Marius.
-__Ce n'est pas l'envie qui manque, maugréa Greyback. Mais si les Black se pointent plus tôt que prévu, on finit tous comme Marco.
-__Pauvre gars... je l'aimais bien.
 
Darius resta silencieux, faisant semblant d'être concentré sur ses cartes. En réalité, il aurait aimé que les autres Mangemorts prennent la décision de faire une petite escapade. Il serait resté seul dans la maison, prétextant la nécessité de rester auprès de la prisonnière. Il pourrait alors tenter une évasion... et peut-être même amener Prudence avec lui. Il ne fallait pas grand-chose pour convaincre les autres de partir.
 
-__Si vous y allez aujourd'hui, vous diminuez les risques, fit remarquer Darius. Quelques heures passeront inaperçues.
-__Ne nous tente pas, railla Greyback. Je meurs d'envie d'aller voir des filles...
-__Ouais. Nous n'avons pas tous la chance d'être exilés avec nos partenaires, renvoya Marius de mauvaise humeur.
 
Darius se retint de sourire. Les esprits étaient faciles à échauffer. Les Mangemorts étaient habitués à vivre en toute liberté autrefois, sous la protection du Lord. L'exil ne les réussissait pas. Ici, ils étaient prisonniers. Et ils craignaient sans cesse que leur refuge soit découvert par les Aurors, toujours à leur poursuite. Le plus touché était Greyback. Le manque de liberté, sous sa forme humaine comme animale, le mettait dans une constante humeur massacrante. Il était au bord de l'explosion. La cage était trop petite pour lui.
 
Les hommes continuèrent à jouer, et à descendre les verres. Darius veilla à ce qu'ils ne soient pas à cours de bouteille. L'alcool aidant, peut-être que les Mangemorts se décideront à sortir. Les discussions étaient plutôt encourageantes. Ils partageaient leur désir de partir... pas seulement pour la nuit. De partir pour de bon. Laisser les Black à leur vaine quête, et recommencer une nouvelle vie loin de tout ça. Loin des Black. Loin des Aurors. Une vie d'exil certes, mais avec un retour à la liberté bien mérité. Sous une nouvelle identité, ils ne seraient pas retrouvés.
 
-__Moi je choisirais un petit pays tranquille, où nos visages ne sont pas connus, dit Marius. Une nouvelle identité suffirait.
-__Moi l'Australie, renchérit Greyback. Il parait que la faune est redoutable là-bas...
 
Darius et Lilian étaient les seuls à rester discrets. Ils laissaient les autres rêver, conscients que tout cela était probablement irréalisable. La discussion revenait souvent sur le tapis, mais personne n'osait passer à l'acte. Il y avait toujours ce doute infâme qui les rongeait. Et si le Lord avait réellement survécu ? C'était peu probable... impossible même quand on y réfléchit. Mais le mage noir avait fait de tels exploits qu'il était difficile de savoir ce qui relevait du « possible ». 
 
-__En attendant, je connais une destination beaucoup plus proche, avec un délicieux embarras du choix pour passer une petite heure agréable, dit Marius avec un sourire complice.
-__Je te suis, déclara Greyback en jetant ses cartes.
 
Ils craquaient enfin ! Darius espéra que Lilian suive le mouvement. Son c½ur battit un peu plus vite lorsque le dernier Mangemort posa à son tour les cartes. Il semblait pris entre deux eaux. Finalement, il céda à la tentation sous l'influence des deux autres.
 
-__Et toi Darius ? demanda Marius.
-__Je reste. A cause de Lupin.
-__Ah oui c'est vrai. Dommage pour toi.
 
Les trois hommes se levèrent, excités à l'idée de s'accorder enfin une petite escapade. On aurait dit une bande d'ados, pressés de faire le mur en l'absence des parents. En quelques minutes, les Mangemorts étaient déguisés, et quittaient la maison. Darius les observa à la fenêtre, pendant qu'ils se dirigeaient vers le portail. Quand il les vit disparaître, son c½ur battit un peu plus vite. C'était le moment ou jamais.

 
~ Point de vue de Prue ~

 
Je me réveillai en sursaut, dans une forêt. Il y avait une barrière de flammes devant moi. Un obstacle sur le chemin de la délivrance. Ma liberté était juste de l'autre côté. J'accélérai encore et sautai sur un rocher. Je pris appui et bondis en avant. Au moment où je traversais la barrière brûlante, je me sentis violemment percutée au niveau de la poitrine. Je tombai au sol, sans vraiment sentir la douleur de la chute. Mon regard resta figé sur les flammes à proximité. Diego traversa à son tour. Il fut horrifié de me voir ainsi. C'est à peine si je sentis ses bras me serrer contre lui. J'étais en train de mourir.

~ Point de vue général ~  

Darius courut dans les escaliers et les monta quatre à quatre. D'un coup de baguette, le peu d'affaires qu'il avait se rangèrent dans un sac à dos. Pendant un instant, le spectre de la prison d'Azkaban le fit hésiter. S'il se ratait, il y avait deux options : soit il était tué par les Mangemorts, soit il finissait ses jours en prison. Il pouvait espérer échapper au Baiser du Détraqueur en échange d'informations, comme l'avaient fait tant de ses camarades capturés... mais il n'était pas sûr que ce soit la meilleure chose à faire. Darius voyait de ses propres yeux le résultat d'une captivité avec seulement deux Détraqueurs. Prudence Lupin était la preuve vivante qu'il valait mieux tout faire pour éviter de rester auprès d'eux trop longtemps. Mieux valait mourir, et le Mangemort n'était pas encore prêt à rejoindre sa femme défunte.
 
-__Aller. Un peu de courage, se dit-il en chassant ses craintes.
 
Il mit son sac et descendit les escaliers, la peur au ventre à l'idée de voir les autres revenir. Il se dirigea vers la cuisine, et fit apparaître un Patronus. Dans le cellier, les Détraqueurs se tapirent au fond de la pièce face à cette soudaine clarté. Darius s'approcha de la prisonnière rapidement. Il resta interdit en voyant du sang s'écouler de sa bouche. Prudence était parcourue d'inquiétants soubresauts.
 
-__Non, souffla Darius.
 
C'était le comble. Après avoir survécu tout ce temps, elle n'allait tout de même pas mourir le jour où Darius avait enfin le courage de partir ! Il sortit sa baguette précipitamment et lui lança des sorts. Le Mangemort repéra de suite qu'elle avait la peau violacée à plusieurs endroits. Il ne comprit pas pour autant ce qui lui arrivait. Darius n'avait aucune connaissance en médecine. Il essaya néanmoins plusieurs sorts. En vain. Le Mangemort poussa un juron. Il se retrouvait face à un cruel choix : fuir tant qu'il le pouvait et la laisser mourir, ou renoncer à partir et tenter de la sauver. Dépité, Darius sortit de la pièce en courant et quitta le refuge. Dans son sprint jusqu'au portail, il se souvint des paroles de Walburga : « si tu as pitié d'elle... laisse-la mourir ».
 

| . . . |
 

Greyback, Marius et Lilian revinrent de leur petite excursion, de bonne humeur. Cela leur avait fait du bien de se changer les idées. Ils avaient trouvé des filles de joie qui étaient en grande partie à l'origine de leur satisfaction. Ils étaient tellement en manque qu'ils n'avaient pu se contenter d'une seule chacun. Ils avaient fait durer le plaisir, ayant encore suffisamment de Gallions pour se l'accorder. 
 
-__On est bête, on devrait faire ça plus souvent, dit Greyback. Les Black partent si souvent qu'on peut se le permettre.
-__C'est vrai, reconnut Marius en enlevant sa fausse moustache.
 
En entrant dans la maison, ils furent surpris de voir tout éteint. Ils s'attendaient à retrouver Darius en pleine lecture sur le canapé, à attendre leur retour. Lilian comprit alors pourquoi Darius tenait tant à les éloigner. Il se rua à l'étage, et poussa un juron en voyant que Darius n'était pas non plus dans son lit.
 
-__Le sale chien, il s'est barré ! prévint Lilian en descendant.
-__Quoi ? rugit Greyback.
-__Il est moins con que nous finalement, maugréa Marius. Tu parles qu'il voulait surveiller la prisonnière !
 
Mais ils entendirent du bruit provenant de la cuisine.
 
-__Darius ? appela Lilian.
 
Les trois Mangemorts se dirigèrent prudemment vers la cuisine, armés. Pendant un instant, l'éventualité de tomber sur des Aurors leur effleura l'esprit. La porte du cellier était déverrouillée. Ils entrèrent accompagnés de leur Patronus respectif. Darius était assis à côté de la prisonnière. Il avait du sang sur lui, et le visage blême. 
 
-__Elle est morte ? s'étonna Marius.
-__Non, mais c'est pas passé loin. J'ai dû aller chercher des médicaments pour la ranimer.
-__Tu t'es fait repérer ? demanda Greyback.
-__Non.
-__Laisse-la mourir la prochaine fois, ordonna le loup-garou. Ça ne vaut pas le coup de risquer notre repère pour la sauver. Regarde-la. Elle empeste la mort. Elle succombera bientôt.
 
Greyback repartit, agacé. Il en avait assez que des risques soient pris pour maintenir Prudence en vie. Peu importe qui elle était pour le Lord. Elle avait beaucoup de sang de Mangemort sur les mains, et on pouvait même dire qu'elle avait contribué à la défaite du Maître.
Dans le cellier, Darius regarda les autres partir, le c½ur lourd. Il avait laissé filer sa chance. Encore. Sauver Prudence n'était peut-être qu'un prétexte pour renoncer une fois de plus à partir. Il se prit le visage entre les mains, fatigué. Il n'avait pas le courage de quitter cette pièce. Tant qu'il était là, son Patronus tenait les Détraqueurs éloignés de la prisonnière. Alors il resta à ses côtés.   
 
~ Point de vue de Prue ~

Lentement, j'ouvris les yeux, avec difficultés, sans vraiment voir ce qui m'entourait. J'avais mal partout, même à l'intérieur de mon être. Ma poitrine me faisait souffrir. J'aurais peut-être mieux fait de ne pas me réveiller si c'était pour subir ça. Je refermai les yeux, craignant de reconnaître l'exaspérante cellule qui constituait mon lieu de vie depuis trop longtemps. Pourquoi je me réveillais encore et toujours ? Pourquoi ne pas mourir une bonne fois pour toutes ?
« Pour la vengeance » souffla ma propre voix dans ma tête.
Oui... c'est vrai... je ne pouvais pas abandonner avant d'avoir accompli ma vengeance. Il fallait que je sorte de là, et que je continue à me battre. J'en avais fait la promesse.
Alors je rouvris les yeux, curieuse de découvrir où je me trouvais. Je tournai la tête sur le côté, me rendant compte avec stupéfaction que j'étais sur un oreiller. Cela faisait combien de temps que je n'avais pas dormi sur un oreiller ? En fait, en faisant plus attention, j'étais dans un lit. Ce confort inhabituel m'intrigua. Jamais je n'aurais eu droit à un tel privilège au camp. Alors où étais-je ?
 
Je me redressai dans la douleur, pour mieux observer la pièce autour de moi. La chambre était grande. Il y avait un mobilier assez sobre. Les rideaux ne laissaient passer qu'un filet de lumière. L'esprit engourdi, j'essayai de rassembler mes souvenirs pour comprendre ce qui se passait. Je me souvins de l'évasion brutalement. Mon coeur se serra en revoyant Sophie s'interposer pour prendre une balle qui ne lui était pas destinée. Ma soeur de coeur s'était sacrifiée pour moi. Je déglutis avec difficulté, refoulant mes larmes. Je me souvins également du regard désespéré de Roy, blessé, qui nous ordonnait de continuer la fuite. Il était sûrement mort lui aussi. Et Diego ? Où était-il ? Il avait franchi le mur de flammes avec moi. Avait-il survécu ? Il fallait que je le découvre.
La douleur à la poitrine me saisit de nouveau, m'arrachant un gémissement. J'écartai la chemise de nuit que je portais, dévoilant une vilaine blessure près du coeur. Je me revis sauter la barrière de flammes... avant qu'une douleur aiguë ne me traverse le corps à cet endroit précis. J'avais pris une balle. Une fois de plus, la chance m'avait fait survivre. Je ricanai à cette pensée. Pouvais-je réellement appeler ça de la chance ? C'était une véritable malédiction d'échapper ainsi à la Mort !
 
L'ouverture de la porte attira mon attention. Qui allais-je affronter cette fois ? Je tressaillis en reconnaissant mon père. Lui aussi marqua un instant d'arrêt en voyant que j'étais réveillée. Que faisait-il ici ? La haine que je portais à son égard se réveilla en croisant son regard.
 
__Comment tu te sens ? demanda-t-il d'une voix neutre.
 
Je ne répondis pas de suite. Cet homme était mon père, je me souvenais très bien de son visage. Un visage que j'avais découvert pour la première fois le soir où ma mère était morte. Un visage impassible. Une voix calme et froide, alors que le monde s'était effondré autour de moi. Cette fois encore, il était d'une exaspérante indifférence. Comment je me sentais ?! Etait-il sérieux de poser la question, alors qu'il m'avait lui-même envoyée dans ce maudit camp ?! La ranc½ur me saisit trop violemment pour que je garde mon calme. 
 
-__Vous vous en préoccupez maintenant ?! crachai-je avec haine.
-__Bien sûr, répondit-il calmement. Tu es ma fille.
-__Quel genre de père envoie sa fille dans un camp de fous ?! répliquai-je avec hargne.
 
Mon père ne sut répondre. J'étais en proie à une colère difficilement contrôlable. Je sentais tout mon être révolté face à mon père. Comment pouvait-il se tenir ainsi devant moi, et me parler comme si de rien n'était ?! C'est de sa faute si j'avais vécu tout ça ! Son entière faute ! Mon père s'approcha lentement. L'envie de le frapper était difficile à contenir. Je lui en voulais trop pour tolérer sa présence. Quand le patron du camp m'avait appris que c'est mon père qui m'avait envoyée là, je l'avais banni de mon c½ur. Je l'avais renié. Cet homme n'était plus mon père, alors pourquoi m'avait-il ramenée chez lui ? Est-ce qu'il comptait me renvoyer au camp ?!
 
-__Je ne voulais pas ce qui est arrivé, informa mon père. Quand je t'ai confiée à ces gens, c'était pour te former à devenir une Sang-Pur. Pour t'éduquer selon les traditions de nos ancêtres, et pour t'entraîner à l'art du duel. J'ignorais qu'ils pratiquaient la torture sur les enfants.  
-__Vous vous êtes bien mal renseigné !
-__J'ai été trompé. Je t'assure que je n'aurais jamais laissé qui que ce soit te toucher comme ils l'ont fait. J'ai vu tes cicatrices... tu n'aurais pas dû vivre ça. Je ne voulais pas que tu vives ça.
 
Seule la colère dans sa voix me permit de déduire qu'il était sincère en prononçant ces mots. Cela ne calma pas la mienne pour autant. C'est moi qui avais payé son erreur. Si je n'avais pas si mal, je lui aurais probablement sauté dessus pour le frapper à coup de poing. 
 
-__Pourquoi vous n'êtes pas venu me chercher dans ce cas ? repris-je avec véhémence.
-__Je ne savais pas ce qu'il se passait... j'étais loin de m'imaginer que tu vivais un calvaire. Je l'ai découvert en voyant tes blessures.
-__Comment ai-je atterri ici ? Je me souviens m'être évadée du camp...
-__J'ai vu le feu de loin... je suis venu voir ce qui se passait. C'est comme ça que je t'ai retrouvée, et que j'ai compris qu'il y avait un problème.
-__Un jeune garçon était avec moi.
-__Il est ici.
-__Où ?
-__Dans la chambre d'à côté.
 
Je rejetai les draps et me levai, non sans peine. C'était étrange comme douleur. Je n'avais encore rien ressenti de tel. Pourtant, les innombrables séances de torture, blessures et pertes subies, m'avaient largement familiarisée avec tous les types de souffrance possibles. Celle-ci était différente. Elle n'était ni physique, ni mentale, ni émotionnelle. C'était encore plus profond. N'y prêtant pas attention, je contournai mon père. Il me retint fermement par le bras, attisant davantage ma haine. Je sentis un frémissement désagréable. Le même qui me parcourait lorsque je voulais attaquer un bourreau du camp. Comment osait-il me toucher ?! Je me dégageai brutalement de son emprise, ne supportant pas son contact froid.
 
-__Je suis vraiment désolé, me dit-il.
 
Je le foudroyai du regard en guise de réponse. Je me fichais pas mal de ses excuses bidons. Il ne s'était jamais comporté comme un père. Il avait été absent de ma vie, dès ma naissance. Et au moment où j'avais eu le plus besoin de lui après la mort de ma mère, il m'avait abandonnée. Dans un enfer... avec des fous, cruels et sadiques. C'était impardonnable. Je quittai la pièce d'une démarche raide, le coeur empli de haine.
La chambre voisine ressemblait beaucoup à celle que je venais de quitter. Diego était endormi dans son lit, le visage crispé. Cette vision suffit à me calmer. Je m'assis auprès de mon frère de coeur, heureuse de le revoir en vie. Je n'aurais pas supporté d'être l'unique survivante de la fratrie. Ce fut donc un soulagement d'être à ses côtés. Il était la seule personne qui me restait désormais. Le seul qui comptait. Lui, et ma vengeance. Le reste n'avait aucune importance.
 
Je me couchai à côté de lui et le pris dans mes bras, comme on le faisait en cellule pour nous tenir chaud et nous rassurer silencieusement. Jamais je ne serais arrivée jusqu'ici sans lui. Il était mon partenaire depuis que j'avais fait naître la bête. Je tenais tellement à lui que je ne pouvais pas envisager de continuer la route s'il n'était pas à mes côtés. J'étais très attachée à Sophie et Roy... leur perte était une véritable déchirure. Mais Diego, c'était différent. Diego, c'était encore plus fort. Plus fort que je n'oserai jamais me l'avouer. Cela me fit penser à Jeff, me serrant le coeur, et je préférai refouler mes sentiments. 
 
Au bout d'un long moment, Diego finit par se réveiller, alors que j'étais complètement perdue dans mes sombres pensées. J'étais affectée par le sacrifice de Sophie et l'abandon de Roy, et le chagrin ne faisait qu'amplifier ma haine. Toute cette rage me consumait de l'intérieur. Le patron du camp avait encore réussi à m'enlever deux êtres chers. J'espérais de tout coeur que mon tir lui ait ôté la vie. Que ce monstre n'ait pas survécu.
 
-__Prue ? murmura Diego.
-__Hmm ?
 
Il se retourna vivement, se détachant de moi. Il me regarda avec étonnement, le sourire aux lèvres.
 
-__Tu es vivante !
-__Comme toujours.
-__J'ai cru que -
-__Chut, calmai-je. Je suis là. Tout va bien.
 
Il me serra contre lui avec bonheur, me réchauffant le coeur. 
 
-__On est chez ton père ? demanda Diego.
-__Oui, répondis-je avec amertume.
 
J'aurais préféré me réveiller ailleurs, quitte à vivre dans l'errance. J'hésitais même à prendre la fuite avec Diego. La perspective d'être sous le même toit que ce monstre me mettait en fureur.
 
-__...C'est lui qui t'a sauvée tu sais... déclara Diego.
 
Je ricanai avec amertume. J'en voulais trop à mon père pour avoir la moindre pensée positive à son égard, même si je lui devais la vie. Il me devait bien ça après tout, puisque c'est à cause de lui que tout cela était arrivé. Je n'avais aucune dette envers lui. C'est lui qui en avait une envers moi.
 
-__C'est fini pas vrai ? espéra Diego.
 
Je lui adressai un sourire confiant. J'ignorais ce que réservait notre avenir... mais oui, ça c'était une certitude : nous étions enfin à l'abri. Le cauchemar était enfin terminé. Terminé les longues séances de torture et les épreuves insensées. Ici, malgré la froideur des lieux, je savais que la mort ne rôdait pas autour de nous. Il n'y avait que mon père dont il fallait se méfier, avec ses idées tordues. J'étais persuadée que nous n'étions pas au bout de nos surprises avec lui. Etant donné que je n'avais pas été formée à devenir une "Sang-Pur" comme prévu initialement, il risquait de vouloir remettre ça sur le tapis.
 
-__Oui... nous sommes libres, assurai-je. C'est terminé.
 
On resta blottis l'un contre l'autre, à prendre peu à peu conscience qu'on ne retournerait plus jamais en enfer. Cette pensée était savoureuse. Après toutes ces années de souffrance et d'épreuves, nous allions pouvoir vivre en sécurité. Nous n'aurions plus à combattre pour défendre notre vie. C'était un véritable soulagement. 
Cependant, il n'y avait aucune place pour la joie. Je n'oubliais pas ce qu'il s'était passé, ni mes promesses. Un jour, je le jure, le camp brûlera. Et si Roy avait survécu, nous le sauverons. Pour ça, il nous faudra beaucoup de patience. Le temps de devenir adultes. D'ici là, nous pourrons nous entraîner et préparer notre retour. Je savais que je ne connaîtrai pas le repos tant que vengeance ne sera pas faite. Jamais je ne renoncerai. Mais il était trop tôt pour parler de tout ça. Diego et moi avions encore besoin de repos. Cela faisait si longtemps que nous n'avions pas pu dormir normalement, sans craindre d'être tués dans notre sommeil. Je jetai un regard à Diego, qui s'était rendormi. Je lui déposai un baiser sur le front, avant de m'endormir à mon tour.
 
Une odeur de nourriture me sortit de mon sommeil. J'étais tellement habituée à crever de faim que je n'avais pas songé à manger dès mon premier réveil. Diego aussi se réveilla, titillé par l'odeur.
 
-__Tu crois que c'est pour nous ? espéra Diego. 
-__Il n'y a qu'un moyen de le savoir. 
 
On se leva précipitamment, attisés par la faim. Pendant des années, on s'était contenté d'un bout de pain rassi jeté de temps en temps dans nos cellules, de rats qui vadrouillaient trop près, et autre nourriture dégueulasse. L'odeur qui nous attirait laissait deviner au contraire un met délicieux. On suivit cette piste alléchante jusqu'à l'étage inférieur. On arriva dans une salle éclairée par des bougies. Mon regard fut tout de suite attiré par l'incroyable quantité de nourriture et d'eau sur une grande table en granit noir. Le seul élément qui gâchait le décor, c'était mon père en bout de table. Je n'arrivais pas à me défaire de ma ranc½ur. Il n'y avait que de la colère en moi lorsque je posais mon regard sur lui. Il m'avait donnée en pâture à des monstres. Même s'il disait qu'il ne savait rien... le résultat était le même. Il était responsable. L'ignorance n'était pas une excuse, car il aurait dû se renseigner avant de me confier à des inconnus.
 
-      Asseyez-vous. Vous devez avoir faim. invita mon père.
 
Méfiante, mais affamée, je pris place à table, loin de mon père. Diego se mit à côté de moi, les yeux brillants devant les plats. On se servit de la viande en quantité, dévorant chaque morceau comme des bêtes. C'était si bon de manger à sa faim ! Et de boire à sa soif ! J'avais l'impression de revivre en goûtant à chaque plat. Mon père semblait un peu dégoûté, mais il eut l'intelligence de ne faire aucun commentaire en croisant mon regard assassin. A la fin du repas, mon père se leva. 
 
-      Veuillez me suivre, demanda mon père.
 
Je m'essuyai les mains et les lèvres avec une serviette, défiant mon père du regard. Que voulait-il ?Après encore quelques secondes d'hésitation, j'aidai Diego à se lever. On suivit mon père en silence, au dernier étage, dans ses appartements luxueux. La froideur et la sobriété étaient encore plus de mise ici. Un frisson désagréable me parcourut en repérant un énorme serpent enroulé près du bureau. Il faisait plusieurs mètres. Quel étrange animal de compagnie. Aussi froid et vicieux que son propriétaire.

Mon père referma la porte derrière nous et nous invita à le suivre près du bureau. Je m'assis dans un fauteuil, attendant patiemment la suite. Je savais que cette discussion serait déterminante.
 
-      Vous êtes ici chez vous, commença mon père.
-      C'est à nous d'en décider, répliquai-je froidement.
 
Mon père me toisa avec une once de colère dans les yeux. Je crois qu'il n'aimait pas qu'on lui tienne tête. Dommage. Il allait être servi avec moi. 
 
-      Tu es ma fille, Prudence. Ta place est ici.
 
Je ne pus m'empêcher de rire avec amertume. Être sa fille ne voulait rien dire. Pas avec ce genre d'homme ! Ce n'était pas à lui de déterminer ma place.
 
-__C'est ici qu'elle aurait dû être, confirmai-je. Mais vous en avez décidé autrement il y a longtemps. D'ailleurs, ça remonte à quand ? J'ai perdu la notion du temps. 
-__... C'était il y a sept ans.
 
Je fus abasourdie par sa réponse. Sept ans. Nous avions passé sept ans en enfer.
 
-__Sept ans, soufflai-je. Les choses ont changé depuis. Moi la première. Par votre faute.
-__Je t'ai déjà présenté mes excuses, rappela mon père avec impatience.
-__Et vous croyez que c'est suffisant ?! explosai-je. Que de simples paroles peuvent compenser ce que vous avez fait ?!
-__Qu'attends-tu de moi ?
-__Mais c'est ça que vous ne comprenez pas ! Je n'attends plus rien de vous. Vous êtes sorti de ma vie à l'instant où vous m'avez abandonnée. 
-__Tu veux partir ?
-__Rien ne me retient ici.
 
Mes paroles énervèrent encore plus mon père. Il avait le regard noir, et les traits durs. On aurait dit qu'il était sur le point d'exploser. Mais il se retenait. Je le voyais. J'avais tant défié les bourreaux, que j'étais capable de reconnaître quand je franchissais les limites.
 
-__Où comptes-tu aller ? s'intéressa mon père.
-__Peu importe. Je veux juste un endroit où Diego et moi pourrons grandir tranquillement, en sécurité. Un endroit où on pourra s'entrainer.
-__S'entrainer à quoi ?
-__A affronter nos ennemis.
-__Et si je te disais que ce manoir est l'endroit idéal pour ça ?
-__Ne me faites pas rire. C'était quoi l'objet de votre formation déjà ? Ah oui, que je devienne une "Sang-Pur". Premièrement, je ne sais pas ce que ça veut dire, et je m'en moque. Deuxièmement, je ne vois pas comment vous pourriez nous préparer à accomplir notre vengeance.
-__Un Sang-Pur est une personne née de parents sorciers.
-__De parents quoi ? m'étonnai-je.
 
La surprise balaya un instant le visage de mon père.
 
-__Des sorciers, répéta mon père incrédule. Ta mère en était une, j'en suis un, et vous aussi.
-__Mais qu'est-ce que ça veut dire ? demandai-je, ne comprenant rien.
-__Tu as des pouvoirs magiques. Des dons surnaturels. Tu ne te souviens pas ? Il me semblait que tu avais déjà des manifestations magiques quand tu étais enfant.
 
Je secouai négativement la tête, fouillant dans ma mémoire. Diego était aussi perplexe que moi. Il y avait bien eu des phénomènes parfois étranges au camp... mais c'était très rare. Le dernier en date était celui qui avait permis notre évasion. Lorsque la porte de la cellule s'était ouverte toute seule. Je ne me souvenais pas avoir entendu parler de magie auparavant. Même si je ne mesurais pas encore ce que ça signifiait vraiment, c'était très agréable de découvrir ces pouvoirs. C'était un atout de taille face aux bourreaux du camp, qui en étaient dénués. 
 
-__Je ne m'en souviens pas. 
-__Mais ta mère a déjà pratiqué la magie devant toi ?
-__Le seul souvenir que j'ai d'elle, c'est celui de sa mort, répliquai-je douloureusement.
 
Le jour où je l'avais tuée par accident.
 
-__Tu ne te souviens de rien d'autre auparavant ?
-__Pas vraiment.

Mon père me regarda avec perplexité. Aurais-je dû me souvenir de mon enfance ? De mes pouvoirs ? Mon ignorance semblait vraiment le déranger.

-__...Ce n'est pas grave, finit-il par dire. Je vous apprendrai ce qu'il y a à savoir. Concernant votre entrainement, je peux vous aider tout simplement car je comptais vous faire suivre une formation un peu... spéciale.
 
La colère que j'abritais tant bien que mal ne fit qu'amplifier. Nous étions à peine sortis du camp que mon père voulait déjà nous proposer une autre formation « spéciale » ?! Il ne pensait pas qu'on avait suffisamment souffert ? Il voulait continuer notre cauchemar ici ?! Je serrai les accoudoirs du fauteuil, essayant de conserver mon calme. Je ne laisserai plus personne me faire du mal. Je ne voulais plus souffrir. Et je protégerai Diego de la folie de mon père !
 
-__Quel genre de formation ? demanda Diego d'une voix tendue.
 
Je compris que la même rage abritait mon frère de c½ur en cet instant. Nous venions à peine de nous réveiller du cauchemar du camp, et mon père nous parlait déjà de remettre ça. Il n'avait même pas la décence de nous laisser nous reposer après ce que nous avions traversé. Mon père avait-il ne serait-ce qu'un soupçon d'humanité dans son être ? Ou n'était-il qu'une vulgaire machine, animée par ses projets et se fichant du reste ?
 
-__Le genre qui fera de vous des personnes puissantes et intouchables, répondit calmement mon père.
 
Ses paroles suscitèrent notre intérêt. Être intouchable... c'est précisément ce que je voulais devenir, pour que plus personne ne puisse jamais me faire souffrir.  
 
-__Je vous garantis le pouvoir, le respect et la richesse, reprit mon père. Vous serez redoutés grâce aux compétences que vous acquerrez au cours des prochaines années.
-__Quel genre de compétences ? questionnai-je.
-__...Diverses.
-__Comme ?
 
Mon père me sonda de son regard. Ma curiosité lui déplaisait ? Tant pis. Contrairement à lui, je n'étais pas du genre à m'engager sans savoir. Je refusais d'accepter aveuglément une proposition sans en connaitre les termes. Après ce qu'il m'avait fait une première fois, pas question de lui faire confiance.
 
-      Je veux savoir ce qui nous attend, repris-je.
-      Je compte faire de vous des espions et des tueurs.
 
Je me levai d'un bond, furieuse. Le patron du camp aussi voulait que je devienne une tueuse ! N'y avait-il donc pas de différence entre ces deux hommes ?! Mon père était-il un monstre de la même espèce ?!
 
-__Alors les méthodes changent de celles du camp, mais le résultat est le même ?! m'écriai-je.
-__Calme-toi.
-__NON ! J'ai souffert le martyr parce que je refusais de tuer des innocents, je ne compte pas changer pour vous !
-__Qui te parle de tuer des innocents ? Je veux libérer la communauté sorcière de l'oppression et la purifier. Mes intentions sont nobles, mais cela ne se fera pas sans combattre. D'où la nécessité d'acquérir ces compétences.
 
Je fis les cent pas en silence, réfléchissant à toute vitesse. Au camp, je refusais de tuer sur ordre, parce que mes adversaires ne méritaient pas de mourir. En revanche, je me faisais un plaisir de tuer des bourreaux à la moindre occasion. Le jour où j'avais accepté de passer à l'acte, c'est parce que j'étais convaincue qu'il fallait être un prédateur pour en traquer un autre. Le camp était empli de monstres... alors il me faudra devenir une excellente chasseuse pour tous les tuer. Si mon père nous offrait la formation adéquate, j'étais prête à supporter sa présence encore un peu. 
 
Je jetai un coup d'½il à Diego, qui semblait aussi emballé que moi par la proposition. Mon père nous offrait ce dont on avait besoin pour nous venger. Grâce à cette « formation », nous pourrions acquérir les compétences nécessaires pour affronter nos bourreaux, et les vaincre.
 
-__Du moment qu'on n'est plus torturés... finit par lâcher Diego.
-__Plus personne ne vous fera le moindre mal. Vous ne serez plus jamais des victimes. Avec cette formation, les rôles seront inversés.
 
Inverser les rôles... mon désir le plus cher depuis la mort de Jeff. Mon père se reporta sur moi, alors que je gardais toujours le silence. Je sentais que ma réponse serait d'une grande importance pour la suite de mon histoire. Mon choix déterminerait celle que je serai demain. Je n'envisageais pas un seul instant de laisser tomber ma quête de vengeance... alors la réponse était évidente à mes yeux.
 
-__Tant que vous ne me demandez pas de tuer d'innocents... j'accepterais de devenir une tueuse, répondis-je. J'en suis déjà une.
 
Mon père eut un sourire triomphant. J'ignore pourquoi il avait une telle satisfaction dans le regard.
 
-__Quel est le prix à payer ? questionnai-je. Il y en a forcément un n'est-ce pas ?
 
Mon père n'était pas un homme de c½ur ou généreux, je l'avais compris très vite. Je me doutais que c'était forcément gagnant-gagnant.
 
-__Vos compétences me suffiront, répondit simplement mon père.
 
Si c'était le seul prix à payer, j'étais prête à accepter. Mon père nous avait garanti qu'on ne souffrirait plus, et que la cause à servir était noble. Il fallait saisir l'opportunité. Il y avait des failles dans la proposition de mon père qui ne me plaisaient guère. Tout était flou. Quelle cause ? Quelles valeurs ? Obéir à quel genre d'ordre ? Qu'y avait-il derrière le mystère qui entourait mon père ? Tant de questions... mais une seule m'intéressait pour l'instant.
 
-__Qui êtes-vous vraiment ? demandai-je.
-__Tom Jedusor, l'héritier de Salazar Serpentard, notre célèbre ancêtre. Mais je ne veux plus jamais être appelé ainsi. Tom Jedusor appartient au passé. Ici, tout le monde s'est forgé une nouvelle identité. Je m'appelle Voldemort. Et je serai bientôt le sauveur de la communauté sorcière anglaise.
 
Je le regardai dans les yeux, essayant de déceler le mensonge. Il semblait sincère, ce qui me rassura au moins sur ce point. 
 
-__Et toi, qui es-tu ? retourna mon père.
-__Tracker. Je suis Tracker.
 
 Et je ferai en sorte de devenir le prédateur suprême.
 

~ Point de vue général ~
 

-      Tracker, souffla la prisonnière.
 
Darius sursauta, n'ayant pas vu la prisonnière reprendre connaissance. Qu'avait-elle dit ? Il n'était pas sûr d'avoir bien entendu tellement c'était incohérent pour lui. Le c½ur battant la chamade, il se pencha davantage sur elle, pour essayer de capter son attention. Mais le regard de la prisonnière restait vague, et ne réagissait pas aux mouvements de Darius. C'est comme si elle ne le voyait pas. Elle semblait ailleurs. Encore en train de délirer.
 
-__Qu'avez-vous dit ? demanda fébrilement le Mangemort.
-__Je suis Tracker, répéta la prisonnière dans un souffle.
 
Darius n'en crut pas ses oreilles. Etait-ce la vérité ? Comment une Auror de son niveau pouvait en même temps être la plus redoutable criminelle du pays ? Darius avait du mal à le croire, et en même temps, la prisonnière était si instable que ça ne pouvait pas être une ruse. Et puis ça expliquait ses compétences meurtrières.
 
Le choc de cette découverte empêcha Darius de bouger pendant plusieurs minutes. Il regardait Lupin murmurer dans son délire, l'esprit en ébullition. Il ne parvenait pas à capter ses paroles, à peine audibles. Il n'arrivait pas à réaliser que Tracker était Auror... que cet immense assassin ait pu être capturé. Il avait toujours eu du respect pour Tracker, si droite et précise dans chacun de ses actes. Elle lui avait sauvé la vie lors de sa première mission, alors que les deux autres Mangemorts qui l'accompagnaient l'avaient laissé derrière eux. Elle, elle n'était pas partie. Elle s'était battue et avait risqué sa propre vie pour le sauver. Elle ne l'avait pas abandonné, parce qu'elle avait un honneur infaillible qui lui dictait de ne jamais laisser un frère d'armes sur le carreau. Aujourd'hui, les rôles étaient inversés. Aujourd'hui, c'était elle qui était à terre, et qui avait besoin d'aide.
 
Darius baissa les yeux sur elle, et une infinie tristesse l'envahit. Le grand prédateur qu'il avait connu avait été touché en plein c½ur. Il n'y avait plus aucune trace de Tracker en elle. C'était dur de la voir dans cet état, elle qui semblait intouchable. Elle avait gravi les sommets, et voilà qu'elle était tombée au plus bas. Darius ferma les yeux. Ça ne pouvait pas se finir comme ça. Elle avait eu le courage de quitter le rang des Mangemorts des années auparavant, ce n'était pas pour mourir en tant que prisonnière.
« Je lui dois la vie » se répéta Darius.
 
Le Mangemort décida de trouver de l'aide. Il ne pourrait pas la faire sortir tout seul. Il n'avait ni le courage, ni la force pour ça. Il l'avait encore prouvé ce soir. Mais à qui demander ? Les Mangemorts n'avaient plus aucun allié. Ils étaient fuis comme la peste. Ce n'était sûrement pas le cas de Tracker... mais qui accepterait de la sortir de là, en sachant que le masque cachait une Auror ? 
 
Darius songea à faire appel aux Aurors, qui étaient toujours à sa recherche. Ses collègues tenteraient forcément de la sauver. Ils étaient nombreux, puissants et déterminés. L'idée de Darius s'enterra aussi vite qu'elle était venue dans son esprit. Faire appel aux Aurors était sûrement la meilleure chose à faire pour elle... mais cela voulait dire finir à Azkaban pour lui. Il pourrait sûrement bénéficier d'une remise de peine... mais il n'obtiendrait jamais l'immunité. Et même s'il l'avait, il serait traqué par les Mangemorts. Il fallait trouver un compromis rapidement. Tracker était mourante. Il avait déjà eu beaucoup de mal à le supporter alors qu'elle n'était qu'une Auror rebelle à ses yeux... il ne pouvait plus la laisser pourrir davantage en sachant qui elle était. Elle l'avait sauvé autrefois. Il devait en faire de même.
 
Darius rouvrit les yeux, l'espoir ravivé par une soudaine flamme. Il avait une idée. Tracker avait toujours été très proche d'un autre Mangemort... Asesino. Il avait quitté les rangs quelques mois après le départ de Tracker. Ces deux-là étaient inséparables. Asesino était sa meilleure chance de sauver Tracker. Et Darius savait déjà où le trouver.
 
Chapitre 1 : Prisonniers
 
Hey ! Après une si longue absence, commencer avec un looong chapitre était la moindre des choses ;) J'ai expliqué les raisons de cette attente dans la Préface, et je m'excuse encore ! En tout cas, ça fait bien plaisir de publier à nouveau, et j'espère vous retrouver au travers de vos commentaires ! J'espère que ce retour vous a plu, bien que sombre. 
Le mot de Tracker suit, fidèle. Le chapitre 2 arrivera dans d'ici 15 jours. 

Au fait, que pensez-vous du nouvel arrière-plan ?  :)

Je vous souhaite une bonne semaine, et à bientôt !

Tags : L'histoire d'un assassin - Partie 2 : La (re)naissance de l'Assassin - tome 3

Le mot de Tracker : Peine capitale 24/09/2017

« La mort n'est pas le pire des châtiments. Vivre, privé de toute liberté, et même de son esprit, être arraché de ceux que l'on aime, sans plus aucun espoir de les retrouver... telle est la peine que je qualifie de "capitale". Il n'y a pas de plus cruel sort que de survivre, quoi qu'il arrive, avec pour seule compagnie celle de monstres qui vous privent de toute lumière, ne laissant en vous que vide et désespoir, chagrin et horreur. »
 

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